Bons Covid : Coris Bank International a sauvé les Etats de l’UEMOA

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Bons Covid : Coris Bank International a sauvé les Etats de l’UEMOA

https://www.financialafrik.com Les Bons Covid mis en place au sein de la zone de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA)  au lendemain du déclenchement de la pandémie pour soutenir les Etats dans leurs besoins urgents ont été souscrits principalement par les banques natives de la sous –région.
Ainsi, sur la première phase, Coris Bank International s’est classée première dans l’Union, en souscrivant pour 320 milliards de FCFA, soit 27,35% des souscriptions totales qui se sont élevées à 1 172 milliards de FCFA.  Derrière le Groupe bancaire d’origine Burkinabé, la Banque de Développement du Mali (BDM) suit pour des souscriptions estimées à 205 milliards de FCFA, soit 17,48% de l’encours global.  La panafricaine Ecobank pointe à la troisième position avec 140 milliards de FCFA, soit une part de 11,95%, devant Orabank (128 milliards de FCFA; 1,89%), la BNI (105 milliards de FCFA; 8,95%), la UBA (59 milliards de FCFA;  5,05%), la BDK (38,57 milliards de FCFA; 3,29 milliards de FCFA) et la BGFI (24 milliards de FCFA; 2,06%).
Fait notable, la première banque à capitaux étrangers dominants n’arrive qu’à la dixième position. Il s’agit de la BNP pour 21 milliards de FCFA. Chiche pour une mastodonte présente depuis plus d’un siècle dans la sous-région.  Toute aussi prudente que la BNP, la Banque Atlantique, détenue majoritairement par la marocaine BCP, montre peu d’appétit pour des risques souverains garantis et quasiment sans risques en souscrivant pour seulement 15,5 milliards de FCFA soit 1,32% de l’encours total.  La sud-africaine Stanbic pointe  à la douzième position pour 12 milliards de FCFA représentant 1,02%, devant la BSCI (11,5 milliards de FCFA;  0,98% des parts). La marocaine Attijariwafa Bank souvent présentée comme le premier groupe bancaire de la zone CFA est aussi sur la marge pour seulement 9 milliards de FCFA, soit 0,77% de l’ensemble des souscriptions. La NSIA Banque et la Citibank ferment la liste des souscripteurs avec respectivement 2 milliards et 1 milliard soient 0,17% et 0,09% de l’ensemble des contributions.
Si cette première phase a montré ce que l’on savait depuis longtemps, à savoir que les banques natives et les banques étrangères n’ont pas le même appétit pour le risque local ni les mêmes objectifs en matière de distribution de dividendes, quid alors de la deuxième phase ?
Dans cette phase 2, les Etats ont levé 831 milliards de Franc CFA dont 53,26% proviennent de Coris Bank International.  Le Groupe Bancaire présidé par Monsieur Idrissa Nassa a levé pour 442,643 milliards de FCFA.  La BMS arrive en deuxième position avec 149 milliards de FCFA souscrits soit 17,93% de l’encours. Arrivent ensuite dans l’ordre Orabank (68,7 milliards de FCFA; 8,28%), la BDM (62 milliards de FCFA ; 7,48%), la BDK (37 milliards de FCFA; 4,45%); Stanbic (30 milliards de FCFA; 3,61%); UBA (23,24 milliards de FCFA; 2,8%); BGFI (9,8 milliards de FCFA; 1,18%); Banque Atlantique (5,5 milliards de FCFA; 0,66%) et la BNP (3 milliards de FCFA; 0,36%).
Dans cette deuxième phase, l’on relève aussi une forte présence des banques natives alors que les banques françaises et marocaines marquent le pas.  Le tableau suivant qui fait la synthèse des phases I et II doit inciter la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ainsi que la Commission Bancaire à tirer tous les enseignements du système bancaire local et à méditer l’importance pour la région de disposer de banques locales fortes capables d’accompagner la politique de développement des Etats et d’appuyer les efforts d’intégration.   En tout, les banques ont servi 2003,76 milliards de FCFA aux 8 Etats de l’UEMOA dans ce qui constitue un instrument novateur, qui montre sans conteste la capacité de la BCEAO, de l’Agence UMOA-Titres et des organes de régulation du marché financier à faire face aux chocs exogènes.

Tableau de la ventilation des participations bancaires dans les phases 1 et 2 cumulées du programme Covid- Bonds

RangBanqueVolume (milliards FCFA)Parts
1Coris763,438,1%
2BDM267,09513,33%
3Orabank196,4649,8%
4BMS1497,44%
5Ecobank140, 1526,99%
6BNI1055,24%
7UBA82,434,11%
8Non Affilié79,53,97%
9BDK75,5773,77%
10Stanbic422,10%
11BGFI33,9431,69%
12BNP24,71,23%
13Banque Atlantique211,05%
14BSIC11,50,57%
15Attijari90,45%
16NSIA Banque20,10%
17CITI10,05%
Cumul2003,76

Sources : compilation données BCEAO et intermédiaires du marché

Quid du soutien des PME et des grandes entreprises ?

C’est la grosse interrogation qui secoue le marché financier et bancaire en ce moment. “Le marché financier gagnerait à être unifié pour une meilleure coordination”, rappelle un expert mettant en parallèle le dynamisme de l’agence UMOA-Titres comparé à la discrétion du marché de syndication du compartiment obligataire de la BRVM dédié au financement à long terme. Aux yeux des acteurs, la concurrence actuelle entre le marché par adjudication et le marché par syndication devrait évoluer vers un compartiment obligataire unifié allant des bons aux obligations, des maturités à court terme vers celles à long terme avec une plus grande palette de produits aux clients corporate. Dans cette configuration, la BRVM verrait son rôle renforcé dans le compartiment actions qui ne pourrait se développer avec un engagement réel des Etats à y faire transiter toutes les opérations de privatisation et à prendre les mesures fiscales et incitatives nécessaires pour le développement du troisième compartiment.
Du point de vue bancaire, le gouverneur de la BCEAO le rappelait dans son interview croisé avec Pierre Legland accordé à Financial Afrik , la banque centrale a mis en place un dispositif pour apporter les liquidités nécessaires au secteur bancaire. “Ainsi, depuis fin mars 2020, la Banque Centrale conduit les adjudications de liquidité sur ses guichets de refinancement à taux fixe. Dans cette configuration, toutes les demandes présentées à ses guichets sont généralement satisfaites. Cette mesure a permis de réduire considérablement les risques de pénurie de liquidité sur le marché monétaire, mais aussi d’aller vers une contraction sévère de la distribution du crédit bancaire”.
En outre, la BCEAO dit avoir pris des mesures pour les entreprises. “Déjà vers la fin mai
2020, près de 800 entreprises et 3.500 particuliers ont été concernés par ces reports
d’échéances”, rappelle le gouverneur. A cela s’ajoute le Dispositif de soutien au
financement des PME mis en place depuis 2018, avec un cadre spécifique pour faciliter le
refinancement des effets qui seront tirés des PME, afin de fournir la liquidité aux
banques qui acceptent de s’engager dans ce mécanisme. Pourtant en dépit de ce
mécanisme, les PME restent encore et de loin le parent pauvre du financement
bancaire.  Adama WADE


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