Acquisition de vaccins anti-Covid : membre de l’Initiative COVAX, pourquoi le Sénégal négocie avec la Chine…

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Acquisition de vaccins anti-Covid : membre de l’Initiative COVAX, pourquoi le Sénégal négocie avec la Chine…

https://www.dakaractu.com Ce mardi 12 janvier, un tweet supprimé du ministre de la Santé a fait couler beaucoup d’encre. Abdoulaye Diouf Sarr a annoncé un don de 200 000 doses du vaccin chinois au Sénégal avant d’effacer le post aussi bien sur Facebook que sur Twitter.
Contacté par Dakaractu, ses collaborateurs ont avoué une erreur de communication. Plus tard, le ministre a rectifié en « pourparlers » avec la Chine en vue de disposer d’au moins de 200 000 doses de son vaccin Sinopharm efficace à plus de 70%.
Au-delà de la bourde communicationnelle que le ministère a eu du mal à étouffer, il devenait pertinent de savoir pourquoi le Sénégal a décidé d’explorer la piste chinoise.
C’est une option épousée par les autorités sénégalaises pour éviter toute mauvaise surprise ou contourner les lenteurs rencontrées par l’Initiative Covax. Selon le ministre de la Santé, le président Sall a donné des instructions pour que d’autres pistes soient explorées pour permettre au Sénégal d’avoir accès au vaccin anti-covid dans un contexte de remontée des cas covid expliquant d’ailleurs le retour de l’état d’urgence dans deux régions (Dakar et Thiès). Ladite stratégie sera déposée sur la table du chef de l’exécutif ce mercredi 13 janvier au cours de l’hebdomadaire réunion du Conseil des ministres.

Il faut admettre qu’en procédant ainsi, le Sénégal prend les devants surtout que la Facilité Covax est loin de donner les résultats escomptés.

Initiative mondiale visant à garantir l’accès rapide et équitable aux vaccins anti-covid, elle regroupe 190 économies, soit 98 économies à revenu élevé et 92 économies à revenu faible et intermédiaire. Le Sénégal fait partie de cette catégorie, mais spécifiquement dans le groupe des pays à revenu intermédiaire, comme l’a rappelé le ministre de la Santé lors du face à face du gouvernement avec la presse jeudi dernier.
Dirigé par l’Alliance Gavi, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) et l’OMS, le Covax s’est fixé l’objectif d’avoir accès à 2 milliards de doses en 2021 dont plus de la moitié est destiné aux 92 économies à revenu faible et intermédiaire éligibles à la garantie de marché (AMC) COVAX, sous réserve de la mobilisation des fonds nécessaires.
« La garantie de marché de Gavi est un instrument de financement novateur qui soutiendra la participation de 92 économies à revenu faible et moyen à la Facilité COVAX, permettant l’accès à des doses de vaccins COVID-19 sûrs et efficaces financées par des donateurs… », renseigne Gavi.org visité à Dakaractu.
L’opération aurait permis de rassembler 2 milliards de dollars en 2020 grâce au « soutien généreux des donateurs souverains, des donateurs du secteur privé et des donateurs philanthropiques ».
Cependant, il reste à mobiliser 4, 6 milliards de dollars supplémentaires en 2021 pour se procurer les doses de vaccins pré-réservées au fur et à mesure de leur arrivée sur le marché.
C’est là où la machine s’est grippée mettant ainsi certains pays membres de l’Initiative dans l’obligation de chercher parallèlement d’autres voies qui seront sans doute moins contraignantes que COVAX qui, quand bien même serait encline à fournir un financement de 150 millions de dollars (78 milliards de FCFA) aux pays éligibles à la garantie de marché en guise de soutien à la préparation à la livraison de vaccins.

Hausse de malades en réanimation au Sénégal : Quand les autorités se cachent derrière le coronavirus

« Des morts sont en train d’être mis dans le dos du coronavirus», a laissé entendre le réanimateur à Bordeaux le docteur Mansour Diouf. Selon ce dernier, la majorité des cas admis en urgence y sont parce que la pathologie chronique dont ils souffrent n’est pas bien prise en charge. Une thèse soutenue par plusieurs de ses pairs. Une démarche des autorités sanitaires et de l’Etat qui permet de cacher les failles du système sanitaire sénégalais »
les salles de réanimation sont quasiment bombées de cas graves de Covid. Une situation qui s’est empirée en ce mois de janvier avec des prévisions journalières dépassant la vingtaine. Selon plusieurs spécialistes de la santé, au rythme où vont les choses, le Sénégal risque d’être confronté à un problème de places pour la prise en charge des cas graves.
«Nous sommes dans une période, hormis le coronavirus, où plusieurs patients sont admis en réanimation. Cela est dû au changement climatique et ce sont les gens qui souffrent de pathologies respiratoires comme l’asthme, les problèmes de cœur et des gens aussi qui doivent faire de la dialyse», a laissé une blouse blanche à l’- hôpital de Fan. Selon ce dernier qui a préféré garder l’anonymat avec la pollution, il faut s’entendre à des complications. Une situation qui trouve son fondement dans la sortie du médecin réanimateur Mansour Diouf.

Selon le spécialiste basé à Bordeaux, «beaucoup de morts sont aujourd’hui mis surle dos du coronavirus car, il y en a qui sont directement liés à la pandémie et d’autres non». Pour docteur Diouf, le Sénégal doit s’investir dans le relèvement du plateau technique et mettre le matériel là où il faut.

«Il urge aujourd’hui de changer de paradigme dans la gestion des cas graves et pour le réussir, le Sénégal gagnerait à investir dans la prise en charge des autres pathologies qui posent beaucoup de problème de santé publique comme les pathologies du cœur, du rein, le diabète entre autres», a-t-il laissé entendre. Selon d’autres spécialistes de santé publique à l’image du docteur Moussa Thior, il y a des pathologies qui tuent plus que le coronavirus et pourtant leur prise en charge pose problème.
Toutefois, des spécialistes s’accordent à dire que le gouvernement du Sénégal a pêché dans la communication en donnant à la pandémie du coronavirus un taux de létalité qui ne lui correspond. Une démarche qui a plombé toutes les réponses dans plusieurs pathologies comme le Vih-Sida, le paludisme, les campagnes de vaccination ou encore les séances de don de sang.
«Nous n’avons pas tenu les campagnes de distribution de moustiquaires à cause du coronavirus. Tous nos prestataires sont orientés dans les prélèvements ou le suivi des cas asymptomatiques dans les domiciles.
A cause de la pandémie, nous avons un problème de main et nos autres activités ne peuvent plus être tenues comme les causeries sur l’importance des visites prénatales entre autres», a relevé un des personnels soignant de FannSud Quotidien


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