Une apparente dissonance s’installe au sommet de l’État autour du rôle et des prérogatives du Premier ministre. Alors que le président Bassirou Diomaye Faye évoque un chef du gouvernement « hyper puissant », le Premier ministre Ousmane Sonko affirme, lui, être « le moins puissant de l’histoire du Sénégal ».
Lors d’une réunion virtuelle avec les responsables départementaux et les représentants de la diaspora, Ousmane Sonko a tenu à clarifier sa position institutionnelle. Selon lui, plusieurs structures initialement rattachées à la Primature ont été transférées vers la Présidence, réduisant ainsi le périmètre administratif de ses services.
« La Primature n’est pas forte parce qu’on m’a donné des super-pouvoirs, mais parce que c’est moi qui y suis », a-t-il déclaré, soulignant que l’influence actuelle du chef du gouvernement repose davantage sur sa personnalité politique que sur un élargissement formel de ses prérogatives.
Le leader du PASTEF a également dénoncé des manœuvres internes visant, selon lui, à affaiblir son rôle. Tout en se disant respectueux de l’architecture institutionnelle, il a affirmé que tant qu’il occupera la Primature, la gouvernance reflétera la vision politique de son parti.
Cette divergence de perception entre le Président et son Premier ministre alimente les débats sur l’équilibre réel des pouvoirs au sein de l’Exécutif. Si aucun conflit ouvert n’est officiellement déclaré, ces prises de position publiques mettent en lumière les subtilités et peut-être les tensions d’une cohabitation politique encore en phase d’ajustement.
Reste à savoir si ces déclarations traduisent une simple clarification stratégique ou les prémices d’un débat plus profond sur la répartition effective des responsabilités au sommet de l’État.
Kémo DAFFÉ
