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Dakar, le 26 novembre 2025

Le Sénégal vit des moments difficiles et complexes qui nous interpellent tous et nécessitent une prise de conscience collective et une attitude courageuse et responsable de la part de chaque sénégalais, particulièrement nos représentants au niveau des pouvoirs publics.

Les crises multiformes à la fois financière, économique, sociale, politique et écologique plongent le pays dans un émoi collectif ankylosant, et menacent les perspectives de progrès économique et social durable. Face à une situation des finances publiques en déliquescence avec un service de la dette très élevé et des marges de manœuvre budgétaires étriquées, une économie à l’arrêt, un pacte social qui ne tient toujours pas ses promesses, et une situation politique crisogène au sommet de l’État, il est impératif de rompre avec l’inaction et de nous unir pour défendre l’intérêt général et empêcher notre pays d’entrer dans une ère d’instabilité politique et une nouvelle crise institutionnelle. Cette déclaration vise à alerter sur les faits, à interpeller les autorités sur leurs responsabilités et à appeler chaque Sénégalais à se lever pour reconstruire un Sénégal uni, souverain et prospère.

La situation économique : une dette impayable et des finances publiques en péril
Le Sénégal traverse une période de croissance apparente, dopée par l’exploitation des hydrocarbures, avec un PIB en hausse de 6,1 % en 2024 et une prévision de 8 % en 2025. Pourtant, cette embellie masque une réalité alarmante : la dette publique centrale a atteint 118,8 % du PIB à fin 2024, incluant une dette irrégulière voire illégale estimée à près de 4 000 milliards de francs CFA dont 2 500 milliards réintégrés dans la LFR 2025. Le service de la dette atteindra ainsi un niveau record de 5 490 milliards de FCFA en 2026. Ces chiffres révèlent une vulnérabilité extrême, aggravée par des négociations prolongées avec le FMI, pour discuter d’un programme de réformes. Malgré une mobilisation de 3 655 milliards de FCFA de ressources pour le budget 2025, les coûts élevés de l’énergie et des intrants industriels freinent la compétitivité et diminuent le pouvoir d’achat des sénégalais, tandis que le chômage et le sous-emploi, particulièrement chez les jeunes, constituent un frein structurel à la croissance inclusive.

La situation sociale : une population en souffrance
Avec une population de plus de 18 millions d’habitants, dont un quart concentré à Dakar, nous faisons face à une explosion démographique de 2,5 % par an, qui accentue les inégalités et la pauvreté. Bien que des transferts monétaires aient atteint 200 000 ménages vulnérables après plusieurs mois de trêve, ces mesures palliatives ne suffisent pas à endiguer la précarité sociale. Le taux de chômage élevé, combiné à un sous-emploi massif chez les jeunes, représente un défi économique et social de long terme, risquant d’alimenter des tensions explosives. Dans un contexte où les investissements publics peinent à créer des emplois durables, et où un plan de redressement économique et social contraignent les sénégalais à plus d’efforts fiscaux, la population reste exposée à l’insécurité alimentaire, a la fragilité sociio-économique, mais aussi aux menaces sécuritaires et à la criminalité transfrontalière.
Le pacte social manque de mobiliser tous les travailleurs qui doutent de la volonté et de la capacite des pouvoirs publics à faire face à leurs engagements, pendant que les services sociaux de base comme l’éducation, la santé et la protection sociale sont de plus en plus inaccessibles aux populations les plus vulnérables.

La situation politique : une crise qui sape la stabilité
Après avoir démontré, en mars 2024, son statut d’exception démocratique et de stabilité en Afrique, en passant de « partiellement libre » à « libre » en 2025, grâce à la résistance des citoyens et l’intervention des institutions judiciaires face aux tentatives de report de l’élection présidentielle, le Sénégal est plongé par la la coalition au pouvoir dans crise institutionnelle majeure. Les désaccords au sein du duo dirigeant déçoivent les populations, effritent la confiance des investisseurs et des partenaires économiques multilatéraux et bilatéraux et menacent la gouvernance institutionnelle du pays. Les discussions avec le FMI, qui tardent à se concrétiser à ce jour, entravent les engagements des partenaires au développement et ralentissent la maturation et la mise en œuvre de programmes et projets structurant la Vision Sénégal 2050, et aggravent la crise de la dette. Les autorités executives et parlementaires doivent rendre des comptes sur les pratiques qui ont accumulé des dettes illegales selon le rapport de la Cour des comptes et sur les réformes qui tardent à aligner les investissements publics avec la création d’emplois et la protection sociale.
Depuis l’élection du Président Bassirou Diomaye Faye, en mars 2024, des réformes anticorruption ont été lancées, d’autres pour améliorer le système judiciaire et le système politique sont impatiemment attendues, quand les pratiques judiciaires continuent d’indigner les citoyens sur le respect et la protection des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et la liberté de presse. Cette situation qui inquiète les citoyens et organisations encore accrochées aux valeurs et principes de la République s’empire avec la crise politique au sommet de l’Etat qui fragilise les institutions,menace l’indépendance de la justice,et compromet l’efficacité gouvernementale. Une nouvelle situation qui érode la confiance des citoyens aux pouvoirs publics et fragilise la cohésion nationale.

Interpellation des autorités : assumez vos responsabilités !
Nous interpellons solennellement Son Excellence le Président Bassirou Diomaye Faye, le Premier Ministre Ousmane Sonko et l’ensemble des institutions publiques sur leur responsabilité historique dans cette crise.
Pour faire face à ces urgences impératives, ils doivent taire les conflits secondaires relatifs aux enjeux de conservation du pouvoir, pour consacrer la plénitude de leurs énergies et temps aux préoccupations urgentes des sénégalais. Nous les invitons à agir avec transparence, pour la justice et la souveraineté économique dans des cadres et délais appropriés, pour éviter les conséquences d’une crise qui pourrait plonger le pays dans le chaos.

Appel aux citoyens : restons debout, organisés et engagés pour l’intérêt général de la Nation !
Le temps de l’attentisme spectateur est révolu. Les affaires publiques sont notre bien commun. Face à ces défis, et à l’attitude inconséquente de nos représentants au niveau des pouvoirs publics, MESURe vous appelle à vous mobiliser pour la défense de l’unité nationale, la refondation des institutions et de la République, la reddition des comptes, la souveraineté économique. Notre constitution nous donne ce droit et interpelle notre devoir à travers l’article 25.3.

Mobilisons-nous pour exiger une sortie de cette crise au sommet de l’Etat, une gestion responsable des finances publiques, de la dette et du budget, en exigeant plus de transparence, des décisions éclairées, par des réformes endogènes,une relance économique et une politique sociale inclusive qui priorise l’emploi des jeunes et la réduction des vulnérabilités pour impulser définitivement les conditions du progrès économique et social durable.

Ensemble, tenons debout pour l’intérêt général à travers des débats citoyens, des manifestations pacifiques et des initiatives locales pour refonder un Sénégal uni, prospère et progressiste.

Notre nation mérite mieux que des crises politiques récurrentes ; elle mérite une mobilisation collective pour un avenir prometteur.

MESURE – Mobilisation Citoyenne pour la Souveraineté, l’Unité et la Refondation