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Conséquence de la baisse des prix : Les détaillants menacent de fermer boutique

https://lequotidien.sn Les nouveaux prix des denrées alimentaires de première nécessité sont appliqués dans la commune de Ziguinchor, où les commerçants se prêtent au jeu depuis vendredi dernier. La baisse des denrées de première nécessité est entrée en vigueur à Ziguinchor. Un tour effectué hier au Marché Boucotte, l’un des plus grands marchés de la commune a permis de faire le constat. Selon les commerçants abordés, les prix ont été appliqués au-lendemain même de la sortie du décret concernant Ziguinchor. Mais ils ne l’ont pas fait par gaieté de cœur. «Quand l’Etat décide, nous ne pouvons que nous pliez à sa volonté, les amandes et autres mesures, cela n’en vaut pas la peine», fulmine Amadou Ba, assis au fond de son magasin d’alimentation général au marché Boucotte, pointant du doigt, l’affiche des nouveaux prix sur le mur. Pas loin de lui, Mor Mbacké, propriétaire d’un autre magasin d’alimentation général tient à peu près le même langage. Chez lui comme chez nombre de commerçants, les prix sont entrés en vigueur depuis samedi. Cependant, en lieu et place par exemple de 1250 francs le litre d’huile raffiné, les commerçants ont arrondi le chiffre pour vendre à 2250 francs, soit une marge de 25 francs non appliquée. Pour cause, «Cela nous évite les problèmes liés à la petite monnaie de 25 francs, souvent source de disputes entre nous et nos clients», explique Ahmed Guèye. L’oignon, la pomme de terre, l’huile, le riz, les œufs, le sucre, la viande, le poulet, la carotte, le lait ont tous connu une baisse, aussi légère soit-elle. Ainsi, les prix sont fixés comme suit : l’huile végétale raffinée à 1225 le litre, le riz brisé ordinaire indien à 345 francs le Kg, le sucre cristallisé à 600 francs le Kg, le lait en poudre d’origine végétale à 2770 francs le kg, l’oignon local à 425 francs le kg, l’oignon importé à 525 francs le kg, la pomme de terre locale à 425 francs le kg, pomme de terre importée à 525, même prix pour la carotte. La viande de bœuf est vendue à 3600 francs le kg, celle du mouton à 4600 francs. «Aujourd’hui, nous insistons pour avoir la facture auprès des grossistes afin de justifier pourquoi nous ne pouvons pas appliquer exactement certains prix. Il nous arrive d’appliquer la baisse sur certain prix même si cela ne nous arrange pas, mais sur d’autres, on préfère ne pas en vendre. Ce qui pourrait provoquer la rupture de certains produits et si cela arrive, l’on finira par vendre encore plus cher que les prix actuels», explique Mor Mbacké. Le commerçant trie des oignons pour enlever ceux qui commencent à pourrir avant de vendre en détail le kg à 400 francs. «Si l’Etat nous force les prix, on va ne plus en vendre, nous aussi on va attendre que les producteurs par exemple du sucre, des œufs, du riz … baisse leurs produits, que les banquiers baissent leur taux d’intérêt ou que les bailleurs baissent le loyer des magasins», dira Mor Mbacké. Il aurait souhaité que l’Etat accord un plus long délai avant d’appliquer les prix, et commencer par les producteurs des denrées au lieu de passer directement par les commerçants. Du côté des bouchers, même son de cloche, le kg est vendu à 3 mille 600 francs au lieu de 4 mille. Par Khady SONKO