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« LA FRANCE, RESPECTEZ-NOUS » (AMADOU TIDIANE WONE)

https://emedia.sn Invité du Jury du dimanche, ce 13 novembre 2022, l’ancien ministre de la Culture sous Wade, Amadou Tidiane Wone, a précisé qu’il ne dit pas « France dégage ». Mais, « La France, respectez-nous ». Une façon pour lui de déplorer la conduite de dirigeants africains. « Je ne comprends pas parce que France dégage, c’était en 1960, après les prises de pancartes sur la place Protêt. C’était après le discours de Valdiodio Ndiaye. 62 ans après, nos enfants et petits-enfants sont encore là à dire ‘’France dégage’’. Mais, il y a un problème », a-t-il justifié. L’écrivain-éditeur et panafricaniste revient à la charge  : « Moi, je dis ‘’la France, respectez-nous’’. Nous sommes vos partenaires naturels. Parce que nous parlons la langue que vous nous avez appris. Je pense en pulaar, en wolof, avec le génie créateur de mes gènes familiaux. Je suis né en France parce que mon père était allé faire sa médecine, et il était avec son épouse, Sénégalaise pure souche. Je suis né sur le territoire français et j’aime la France au sens où l’on aime le pays où on a poussé son premier cri, d’une part. D’autre part, je suis de ceux qui pensent que la terre toute entière appartient à Allah. Je n’ai pas de frontière. » Par contre, il met un bémol  : « Je n’aime pas la France politique. Celle qui nous a réduits en esclaves. Celle qui nous a colonisés. Celle qui nous néocolonise. Celle qui bride nos énergies dans une monnaie qui doit être revisitée. » C’est là que l’ancien directeur de Cabinet du Président Wade s’en prend aux dirigeants africains, relevant  : « Pour être respectable, il faut se faire respecter. Pour se faire respecter, il faut d’abord éviter de se mettre dans des situations où vos interlocuteurs peuvent voir vos faiblesses et en profiter. Si vous n’êtes pas capable de prendre sur vous, faire un effort pour que vos peuples émergent, il y a problème. La plupart des dirigeants africains ont des appartements en France, ailleurs. Mais, ils devraient quand même méditer. On a vu ce qui est arrivé à la fortune de Mobutu (Sese Seko, ancien Président de la Rdc). On a vu ce qui arrive à la famille Bongo. On a assez de références pour comprendre que ceux ne sont pas nos amis. Un homme politique africain qui va acheter un appartement en France alors que des millions de jeunes sont ici sans emploi, c’est criminel. Aujourd’hui, il y a des outils qui permettent d’attraire des gens devant la Cour pénale internationale (Cpi). Les gens ont de beaux 4×4 mais si le régime change, c’est la Cpi. C’est tout ». Mais, il a précisé que des dirigeants africains ont incarné ce modèle de respectabilité. A l’en croire c’est le cas de Wade et Diouf mais pas de l’actuel occupant du Palais. Il dit  : « Je ne peux pas nommer une personne mais si on agrège un peu de Nelson Mandela, un peu de Julius Nyerere (ancien président de la Tanzanie), un peu de Thomas Sankara, un peu de Léopold Sédar Senghor, un peu de Abdoulaye Wade, un peu de Abdou Diouf. Je suis en train de vous nommer des gens inattendus mais dont chacun a un trait de personnalité qu’il faut revisiter. On juge vite les gens. Je vais vous donner un exemple. Le président Abdou Diouf a nommé Directeur national de la Statistique Landing Savané alors patron de la gauche clandestine. C’est une Direction stratégique où les informations les plus solides transitent. Il ne l’a pas radié, il ne l’a pas humilié. Il ne l’a pas traqué. Il l’a laissé exercer dans la démocratie. Il a accueilli dans son gouvernement le président Abdoulaye Wade, (qui lui a succédé au pouvoir). De nos jours, c’est des séquences qu’il faut revisiter dans cette période difficile de raideur, de suspicion et de chasse à l’homme ». Pour lui, le président Macky Sall devait « inviter toutes les composantes de la Nation à se retrouver autour de lui » pour « un réexamen des assises pour qu’elles deviennent nationales ». Par ailleurs, il « ne partage pas les postures violentes et insultantes de certains de ses collaborateurs alors que nous les payons pour qu’ils gouvernent », a-t-il souligné. Dié BA, Abdoulaye SYLLA (Photo)