ESTIMATION MASSE MONETAIRE UEMOA : Elle se situe à 32 146, 1 milliards en juin 2020

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ESTIMATION MASSE MONETAIRE UEMOA : Elle se situe à 32 146, 1 milliards en juin 2020

http://www.enqueteplus.com/nod Les estimations de la masse monétaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se situent à 32 146, 1 milliards en juin 2020, contre une réalisation de 28 416, 2 milliards un an plus tôt. C’est ce qui ressort de la note mensuelle de conjoncture économique de mai 2020, publiée hier par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Les perspectives d’évolution de la situation monétaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) montrent qu’avec le maintien de ses adjudications au taux fixe de 2, 00 %, les conditions de mobilisation de ressources au niveau des marchés monétaires poursuivraient leur détente. D’après la note mensuelle de conjoncture économique de mai 2020, publiée hier par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la hausse attendue des concours de la banque centrale et des besoins réels des banques renforcerait les agrégats monétaires.
‘’En effet, les prévisions des besoins réels de liquidité pour la proche période se situerait autour de 3 488, 3 milliards sur le guichet hebdomadaire, en hausse de 59, 6 milliards ou 1, 7 %. En conséquence, selon les estimations, la masse monétaire de l’union se situerait à 32 146, 1 milliards en juin 2020, contre une réalisation de 28 416, 2 milliards un an plus tôt. La hausse de 3 729, 9 milliards (ou +13, 1 %) qui en résulterait, serait imputable à la progression de 3 801, 0 milliards (+12, 5 %) des créances intérieures et à la consolidation de 1 144, 3 milliards des actifs extérieurs nets’’, informe la note de la BCEAO.
En particulier, la même source indique que l’accroissement des créances intérieures serait lié à la hausse attendue, en glissement annuel, des créances nettes sur les unités de l’Administration centrale, qui est de 2 748, 5 milliards ou de 35, 3 %.  Et à celle des créances sur l’économie sont évaluées de 1 052, 4 milliards, soit de 4, 6 %. ‘’Sous l’angle de ses composantes, l’accroissement de la masse monétaire se traduirait, à fin juin 2020, en glissement annuel, par la hausse des dépôts de 2 700, 0 milliards, soit 12, 2 %, et de la circulation fiduciaire de 1 029, 9 milliards, soit 16, 4 %’’, renseigne le document.

Les créances intérieures établies à 39 942, 2 milliards

Il ressort également de la note de la BCEAO que les créances intérieures ont progressé, en glissement annuel, de 13, 1 %, pour s’établir à 39 942, 2 milliards. Ceci en liaison avec la hausse des créances sur les administrations publiques centrales (APUC) et celles sur l’économie. La Banque centrale explique que la baisse du rythme de progression des créances sur l’économie, entre avril et mai 2020, de 4, 8 % contre 5, 1 % en avril, est en phase avec le repli de nouvelles mises en place de crédits. En glissement annuel, les nouveaux concours bancaires ont reculé de 8, 9 % en mai 2020, après un accroissement de 2, 3 % en avril. ‘’Sur une base mensuelle, les crédits nouvellement mis en place ont baissé de 9, 8 %, après une réalisation de -6, 5 % en avril et +11, 3 % en mars 2020. Ainsi, le cumul mensuel, toutes maturités confondues, est estimé à 1 150, 6 milliards en mai 2020, après un niveau de 1 275, 9 milliards le mois dernier, en lien avec le repli des crédits aux particuliers et aux sociétés d’Etat et établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC). Quant aux dépôts mobilisés par les banques de l’UEMOA, ils ont enregistré une hausse de 7, 6 % en mai 2020, en ressortant à 695, 3 milliards contre 646, 5 milliards le mois précédent’’, précise notre source.
Concernant l’augmentation du volume des dépôts bancaires, la BCEAO signale qu’elle est ‘’imputable’’ notamment aux entreprises individuelles, aux Etats et organismes assimilés, ainsi qu’aux particuliers. ‘’La baisse relevée au niveau des dépôts des entreprises privées du secteur productif, de la clientèle financière et des sociétés d’Etat et établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) a modéré la tendance. S’agissant du volume moyen hebdomadaire des opérations sur le marché interbancaire, toutes maturités confondues, il s’est limité à 236, 5 milliards, en hausse de 10, 7 % par rapport à avril 2020’’, lit-on dans le document. Dans ce contexte, les concours de la BCEAO aux banques se sont renforcés de 15, 2 %, selon l’institution, en passant de 5 249, 7 milliards à 6 045, 9 milliards en mai 2020. Cette situation est intervenue au moment où les banques ont réduit leurs demandes de liquidité de 4, 6 %, notamment sur le guichet hebdomadaire (-11, 3 %), la hausse notée sur le guichet mensuel ayant modéré la tendance (+12, 0 %).
Au niveau du financement de l’Administration centrale, les institutions de dépôt ont accru leurs concours de 2 854, 9 milliards, entre mai 2019 et mai 2020, largement au-dessus de sa valeur de 2 186, 8 milliards au mois d’avril 2020. ‘’En particulier, les financements sous forme de titres publics se sont accrus de 3 352, 7 milliards, après celui de 2 317, 7 milliards en avril. Les administrations centrales publiques ont eu recours au marché régional pour la couverture d’une partie de leurs dépenses liées à la crise, notamment les bons Covid-19 où 889, 5 milliards ont été mobilisés au cours du mois sous revue, ce qui renforce leurs engagements vis-à-vis des banques’’, rapporte la Banque centrale.

La liquidité bancaire dégradée de 767, 7 milliards

Au cours du mois de mai 2020, la liquidité propre des banques s’est dégradée de 767, 7 milliards, en lien avec le solde négatif des opérations avec les Etats et autres facteurs nets (-542, 3 milliards). Pour le retrait des billets aux guichets des banques (-205, 2 milliards) et les émissions de transferts à destination de l’étranger, le solde est ressorti déficitaire de 20, 2 milliards. Et le solde des opérations des banques avec les Etats est ressorti déficitaire, en raison des importants concours accordés par les banques aux Etats en mai 2020.
En effet, la BCEAO relève qu’au cours de la période sous revue, le programme d’émissions de bons Covid-19, structuré par la Banque centrale pour permettre aux Etats de mobiliser des ressources pour faire face aux dépenses urgentes de la crise, a connu un ‘’réel engouement’’ auprès des banques. Les titres émis dans le cadre de ce programme ont enregistré un taux de souscription de 359, 0 % et permis aux Etats de lever 1 172, 6 milliards auprès du système bancaire. La majeure partie de ces émissions de bons Covid-19 de 889, 5 milliards ou 75, 9 %, a été réalisée au cours du mois de mai 2020.
L’analyse de la mise en œuvre du dispositif des réserves obligatoires, au terme de la période de constitution échue le 15 mai 2020, fait apparaître une situation excédentaire pour les banques de l’union par rapport aux réserves requises. Les réserves libres des banques, évaluées sur la période, sont ressorties à 1 339, 0 milliards, soit 177, 5 % des réserves requises. Le niveau des réserves des banques de l’union est en hausse de 96, 2 milliards ou 7, 7 % par rapport à la situation du mois précédent. En lien avec l’orientation des facteurs autonomes, les engagements des banques envers la Banque centrale en mai 2020 ont augmenté de 796, 2 milliards, après un niveau de 76, 2 milliards en avril 2020.

1 338, 5 milliards de ressources levées sur le marché financier régional

Sur le marché de titres de la dette publique, la Banque centrale fait savoir que les Etats membres de l’UEMOA ont poursuivi leurs émissions sur le marché financier régional. Ceci en vue de lever des ressources pour le financement des plans de riposte contre la pandémie à Covid-19. ‘’Au cours du mois de mai 2020, le volume des ressources levées sur le marché financier régional s’est ainsi accru de 564, 5 milliards par rapport au mois précédent, pour s’établir à 1 338, 5 milliards, dont 1 157, 5 milliards de bons et 180, 9 milliards d’obligations. Cette progression des ressources levées sur le marché financier régional est notamment liée aux émissions des bons Covid-19 sur la période sous revue’’, relève la note.
En effet, tous les pays de l’union, à l’exception du Sénégal, ont eu recours à cet instrument financier pour un montant de 889, 5 milliards. Le taux de couverture des émissions est ressorti, en moyenne, à 261, 5 % en mai 2020 contre 216, 7 % un an auparavant. Les bons ont représenté 86, 5 % des émissions.
La Banque centrale note que la situation monétaire de l’union à fin mai 2020 est marquée par une progression, en glissement annuel, de la masse monétaire de 13, 6 %. D’après la même source, cette évolution est portée par l’accroissement des créances des institutions de dépôt sur les secteurs résidents de 3 922, 6 milliards et de leurs acquisitions nettes d’actifs extérieurs de 1 477, 3 milliards. Les dépôts se sont accrus, en glissement annuel, de 13, 3 %, et la circulation fiduciaire s’est améliorée de 14, 5 %. ‘’D’une année à l’autre, les actifs extérieurs nets (AEN) des institutions de dépôt de l’union ont augmenté de 1 477, 3 milliards, soit 25, 6 %, en liaison essentiellement avec l’accroissement des AEN de la BCEAO estimés à 1 475, 0 milliards, l’augmentation des AEN des banques étant limitée de 2, 3 milliards. Cette dynamique a été particulièrement soutenue par les mobilisations de ressources extérieures effectuées par les Etats pour faire face à la crise sanitaire’’, poursuit le document.
En particulier, la BCEAO précise que les tirages sur les ressources du Fonds monétaires international (FMI) ont induit une hausse de 1 358, 8 milliards des avoirs en droit de tirage spéciaux (DTS). ‘’Les autres levées de fonds auprès des bailleurs internationaux et les encaissements de recettes d’exportation par les banques ont également contribué à améliorer le solde des dépôts inclus dans les réserves de change de 552, 6 milliards. Cette bonne dynamique des réserves a permis de maintenir leur couverture en mois d’importations à un niveau de plus de 6, 0 mois, pour un troisième mois consécutif. Quant au taux de couverture de l’émission monétaire, il s’est établi à 75, 3 %, après 79, 8 % le mois précédent’’, renchérit la note.MARIAMA DIEME


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