Revue de presse du Vendredi 31 Juillet 2020

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Côte d’Ivoire : les raisons du divorce entre Ouattara et Duncan

https://www.financialafrik.com Qu’est-ce qui n’a pas pu bien marché entre le président Alassane Ouattara et son désormais ex vice-président, Daniel Kablan Duncan, deux amis de longue date qui ont mis fin il y a quelques jours à leur compagnonnage de plusieurs décades ? C’est la question que tout le monde se pose. Kablan Duncan, un homme effacé, prompt à la tâche, un grand commis de l’Etat, a pris la décision de quitter le navire pour des raisons de «convenance personnelle», traversé qu’il est, comme écrit dans son communiqué, par une «période de turbulences et de doute».

Décryptage.

Alassane Ouattara et Daniel Kablan Duncu sont, à l’instar de charles Konan Bany, parmi les premiers cadres qui ont constitué le premier contingent de l’africanisation des postes lancés par le gouverneur de la Banque des Etats d’Afrique de l’Ouest (Bceao) de l’époque Abdoulaye Fadiga, juste après la délocalisation du siège Rue de Colisée pour Dakar. C’est dire que la relation entre Alassane Ouattara et Daniel Kablan Duncan date des années 70 , 80. Les deux hommes ont fait carrières ensemble à la Bceao et au Fmi avant que chacun ne prenne de son côté une voie différente après le décès du président Félix Houphouët Boigny.
Après leurs premiers pas à la Beceao, les deux hommes connaîtront des trajectoires professionnelles différentes. Entré en 1971 en tant qu’économiste au Fonds monétaire international (FMI), Alasanne Alassane Ouattara intègre l’année suivante la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), dont il est vice-gouverneur de 1983 à 1984. Il retourne ensuite au FMI pour y occuper les fonctions de directeur du département Afrique à partir de novembre 1984, après quoi il devient, en octobre 1988, gouverneur de la BCEAO ;
Quant à Kablan Duncan , lui de 1970 à 1973, il débute sa carrière à Abidjan où il occupe le poste de sous-directeur des interventions et des relations économiques extérieures au ministère de l’économie et des finances. L’année suivante, il entre au FMI, puis en 1974, il rejoint la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest à Dakar, d’abord en tant que chef de service puis au poste d’adjoint au directeur national à Abidjan , et ce jusqu’en 1986 . Daniel Kablan Decan est nommé par la suite par le président Houphouët à la tête de la direction de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) . Au sein de cette entité étatique dans laquelle siégeait encore au conseil d’administration la Caisse française des dépôts et consignation, Daniel Kablan Duncan connaîtra sa première mésaventure.

Première mésaventure de Duncan

En effet, le président Houphouët qui avait confié la gestion du patrimoine de l’Etat de Côte d’Ivoire à madame Nouvian Dominique qui plus tard devint madame Ouattara avait instruit le ministre de tutelle de Duncan de lui demander de céder une partie de la gestion du patrimoine immobilier de la Cnps à la structure de madame Dominique Nouvian. En cadre intègre, Daniel Kablan Duncan veut appliquer les règles de l’art en soumettant l’affaire au conseil d’administration pour avoir son approbation. Malheureusement, l’affaire fuite et se retrouve à la une du journal satirique français le «Canard Enchainé».
L’affaire prend une autre proportion. Furieux, le président Houphouët fait limoger Daniel Kablan Duncan avec suspension de salaires. Ce dernier connaîtra une traversée du désert et de la savane entre 87 et 89. A la désignation de Alassane Ouattara comme Gouverneur de la Banque Centrale en remplacement de feu Abdoulaye Fadiga, le vent tourna. Alassane Ouattara réussit à convaincre le président Houphouët pour réintégrer Kablan Duncan au sein de la Bceao. Ducan est nommé de 1989 à 1990, directeur central du patrimoine et de l’informatique au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest. Selon nos sources, la banque lui fait à titre exceptionnel un rappel de salaire.
En 1990, quand Alassane Ouattara est nommé Premier ministre par le président Houphouët, il propose à ce dernier Kablan Duncan au poste de ministre des Finances. Le protégé de Ouattara occupera ce poste durant 3 ans . Au décès du président Houphouët Boigny, en décembre 1993, qui coïncida avec l’arrivée de Henri Konan Bédié au pouvoir, Duncan est nommé premier ministre en remplacement de son ami et ex patron Alassane Ouattara. Aussi, Kablan Duncan demeurera premier ministre sous l’ère Bedié de 1993 jusqu’au coup d’état de 1999.
A la chute du régime Bédie, le 24 décembre 1999, Kablan Duncan ne prend pas la voie de l’exil mais reste au pays dans l’anonymat total. Il connait une nouvelle traversée du désert jusqu’en 2011, date à laquelle Alassane Ouattara prend les rênes effectifs du pouvoir après sa sortie du Golf hôtel. Le vent tourne une nouvelle fois pour Duncaun, nommé Ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères sous les gouvernements Soro et Ahoussou avant de prendre, en 2013, la tête du gouvernement en qualité de premier ministre dans un arrangement politique entre le président Ouattara et son allié de l’époque, l’ex président Henri Konan Bédié.
En 2016, sous la bannière de la 3 ème République, Alassane Ouattara nomme Duncan comme Vice Président. Lorsque la crise éclate au sein de la coalition au pouvoir dans le cadre de la création du parti unifié Rhdp entre Bédié et Ouattara, le si bien nommé Kablan Duncan à la tête d’une frange des cadres issus du Pdci fait le choix de demeurer avec Ouattara en créant le courant «Pdci Renaissance», poursuivant une alliance qui remonte aux années 70.
C’est pourquoi la démission annoncée le lundi 13 juillet relève de la surprise. Très effacé sur le terrain depuis son accession à la vice-présidence, rien n’indiquait publiquement que ce grand commis de l’État se trouvait en désaccord fondamental et profond avec Alassane Ouattara depuis le 27 février 2020, date révélée de sa démission.

Les raisons d’un divorce

Dans un communiqué, Daniel Kablan Duncan précise en effet que sa lettre de démission, la deuxième, date du 27 février. Pour de nombreux observateurs, ce divorce est la résultante non concertée du choix du feu le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly comme candidat du pouvoir à la présidentielle d’octobre prochain. Cette dans ce contexte précis notamment, à trois mois du scrutin présidentiel, que Alassane Ouattara a rendu officiel la démission de Daniel Kablan Duncan. Cette démission , on ne le dira jamais assez , constitue tout de même un coup dur pour Alassane Ouattara et son parti qui recherche un candidat. Daniel Kablan Duncan aurait-il jugé ne pas avoir été récompensé à la hauteur de sa loyauté ?
Cela va s’en dire car selon nos sources, après l’appel de Daoukro du 17 septembre 2014 durant lequel le président Bedié appela à se ranger derrière Ouattara, ce dernier avait laissé entendre à Duncan que si jamais son dauphin devrait être issu des rangs du Pdci, il jetterait son dévolu sur lui. Le président Ouattara faisait comprendre à son vieil ami qu’il le nommerait Vice-président après la réforme constitutionnelle intervenue en 2016 . Une source proche des deux hommes nous a même fait savoir que le président avait placé a barre très haut pour faire espérer à Duncan en lui disant qu’il n’allait pas terminer son mandat, qu’il allait se retirer en 2019, soit une année avant la fin de son mandat, pour lui laisser, en sa qualité de vice président, le soin de continuer le mandat afin de se porter candidat en 2020 sous les couleurs du parti au pouvoir.
Dans la foulée, Kablan Duncan avait réuni les notables de sa région pour annoncer la bonne nouvelle afin de bénéficier de leur protection et de leur bénédiction. Ce fut un simple faux départ. Devant cet état de fait, Duncan qui avait compris que le président avait porté son choix sur feu le premier ministre Amadou Gon dès la fin de 2019, a décidé de rendre sa première lettre de démission le 27 février. Pour bien clouer Duncan au pilori, Alassane Ouattara soumet au congrès le 5 mars une modification constitutionnelle dans laquelle le mode de scrutin en ticket gagnant, président et vice président élus au même moment comme aux Etats –Unis et au Ghana, est modifié.
Désormais le président élu nomme son vice présent. Malgré les concertations et les négociations souterraines impliquant même les épouses des deux dirigeants pour ramener Duncan sur sa décision, ce dernier est resté droit dans ses bottes. Toutefois, un proche des cercles du Palais présidentiel ivoirien avec qui nous avons eu des échange affirme que Daniel Kablan Duncan a démissionné par «vengeance» à la suite d’une série de vexations et d’humiliations, notamment après avoir été proposé au poste, jugé secondaire, de président du Conseil économique et sociale (CESEC) au mois de janvier dernier.
L’annonce de sa démission a été faite lundi 13 juillet par le secrétaire général de la présidence Patrick Achi, alors que le pays était en deuil après le décès du premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le 8 juillet. Une source nous indique que c’est à l’issue du conseil des ministres du 8juillet que le président Ouattara avait enfin accepté la démission de Duncan en prenant un décret mettant fin aux fonctions de vice président. Dans un communiqué lu sur le perron du palais présidentiel Patrick Achi déclarait : « Le vice-président Daniel Kablan Duncan a remis au président de la République sa démission (…) pour des raisons de convenance personnelle le 27 février (…). Après plusieurs entretiens dont le dernier a eu le 7 juillet, le président Alassane Ouattara a pris acte et procédé le 8 juillet à la signature d’un décret mettant fin aux fonctions de M. Kablan Duncan».
« Le président de la République voudrait rendre hommage à un grand serviteur de l’Etat, un homme de pouvoir et d’engagement », selon le texte. Il sied de noter que même si les rumeurs de démission de Kablan Duncan circulaient déjà depuis plusieurs jours, ce départ reste une surprise. Jusqu’à récemment, Kablan Duncan était considéré comme un proche du président Ouattara, même s’il appartenait au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), formation ancienne alliée d’Alassane Ouattara passée dans l’opposition en 2018. Il est très difficile d’imaginer que entre Alassane Ouattara et Kablan Duncan, plus rien ne va plus. Comment en sont-ils arrivés là ? Leur histoire commune pouvait-elle se conclure autrement ?
“Il n’y eut dans leur relation ni coup de foudre ni coup de sang”, commente-t-on. Tout fut soumis à la raison : leur mariage, ses hauts et ses bas… Et même leur divorce. Quand contentieux il y avait, c’est à huis clos qu’il se réglait, loin des regards et sans fracas, nous fait remarquer un proche des deux hommes qui a requis l’anonymat . Et de glisser une critique : “quand des personnalités à la dimension de Duncan prennent le courage de remettre une démission rédigée à deux reprises; il faut s’interroger sur le personnage Ouattara» .

Les dernières heures de Duncan au Palais

Dans la journée du 8 juillet, date du décès de Amadou Gon Coulibaly, ce dernier avait eu peu avant le conseil des ministres un échange avec le vice président Kablan Duncan dans son bureau situé au premier étage du palais. Les deux personnalités furent par la suite rejoint  par Hamed Bakayo et Patrick Achi . Au cours de cette séance de travail, Kablan Duncan avait informé le défunt premier ministre que sa décision de démissionner était irrévocable, le chef de l’Etat et son épouse, selon nos sources, n’avaient ménagé aucun effort pour éviter le clash. Pour Kablan Duncan, il avait assez différé ce départ. Craignant un éclat en plein conseil de ministres, Duncan  ne lâche pas son coude. Quand le président a interrompu le conseil suite au malaise du premier Ministre, Duncan est remonté dans ses bureaux pour faire ses cartons car le président venait de  prendre le décret mettant fin aux  fonctions du vice président. Il se sont  séparés au conseil  tôt, sans s’être revu jusqu’à ce jour. Durant les funérailles du défunt premier ministre,  le vice président avait vu son nom retiré du communiqué publié par le protocole d’Etat. Il n’a pas eu non plus eu droit  d’aller  présenter ses condoléances à la famille du défunt premier ministre.
Le personnage Duncan nous fait penser jadis  à Roch Kaboré  (actuel président du Burkina Faso ) proche collaborateur durant des années de Blaise Compaoré. Dans les salons feutrés  d’Abidjan, on comprend difficilement la démission du vice-président Daniel Kablan Duncan après près de trente ans d’amitié avec le président Alassane Ouattara. Pour certains Ivoiriens, le moment était  mal choisi pour rendre public  cette démission car le pays était en deuil. Pour d’autres, le départ du vice-président est le signe de la fragilité du régime d’Alassane Ouattara.
Du côté de tous les proches de l’ex vice président que nous avons approché, le mot d’ordre est le même : “le vice président Daniel Kablan Duncan a démissionné pour des raisons de convenance personnel”. La rupture radicale, inexpiable même dès le 27 février, date du dépôt de la lettre démission du vice président Kablan Duncan , dit cependant davantage une concurrence d’égo qu’une divergence de ligne. De bonne guerre, vu la ­stature des  deux hommes. Par Fénélon Massala Kengue, grand reporter

Lettre ouverte au président Alassane Ouattara de Côte d’ivoire Par Adama WADE

Non, monsieur le président, pas vous !

L’élan économique extraordinaire pris par la Côte d’Ivoire depuis votre arrivée au pouvoir, au terme d’une crise post-électorale meurtrière, force le respect. En dix ans, l’éléphant a progressé à pas de géant, avec des moyennes de croissance record du PIB, la construction de routes et d’autoroutes, l’augmentation de la puissance électrique installée.
Certes, cette relance keynesianiste n’a pas toujours correspondu avec la création d’emplois, ni entraîné de véritables gains de bien-être. Le taux de pauvreté est criard puisque plus de 40% de vos concitoyens vivent dans des conditions précaires ; celui du chômage est encore plus important. Mais qu’est-ce que l’élan que vous avez imprimé à l’économie de la Côte d’Ivoire, à travers les deux plans nationaux de développement (PND) successifs, a été fructueux, en termes d’attractivité des investissements, de création des entreprises et d’amélioration du climat des affaires !
En dix ans, vous avez relié le fil conducteur de l’économie ivoirienne avec l’idéal d’une économie ouverte et prometteuse. Autant d’efforts, monsieur le président, ne devraient être “bazardés”par un hypothétique troisième mandat qui, quand bien même il serait par extraordinaire conforme à la lettre de la nouvelle constitution que vous avez fait adopter par référendum, violerait l’esprit de la démocratie, de la bonne gouvernance (dont vous êtes supposé être un des champions) et condamnerait la Côte d’Ivoire, pays où l’âge médian tourne autour de 25ans, à retomber tel Sisyphe, au pied de la montagne pour un éternel recommencement du cycle de l’absurde.
Monsieur le président, en cédant aux courtisans qui vous demandent de rester, vous condamnez en même temps ce bilan économique qui force le respect et vous forcez le libéralisme à reprendre son chemin de croix sous les tropiques à la recherche d’un autre leader qui l’incarnerait mieux, en alliant nécessité de croissance économique et exigence de bonne gouvernance politique. En vous laissant bercer par les sirènes des mobilisations folkloriques dont vous n’ignorez du reste rien des orchestrations, vous détricotez votre crédibilité et vous dévaluez la valeur et le poids de votre parole ! Se faisant, vous compromettriez votre droit à la trace indélébile dans l’esprit de vos concitoyens, des africains et des démocrates en général.
En cédant aux passions du moment, vous ouvrez la boîte de Pandore que d’autres de vos compères attendaient pour faire voler en éclat le verrou -impérieux sur notre continent-de la limitation des mandats. Nul n’est indispensable, monsieur le président et c’est là une vérité biologique, sociale et politique que d’autres essayent de vous faire oublier pour leurs intérêts économiques, politiques ou sociaux.Panafricainement vôtre.

Archives :

Il y a 10 ans, nous écrivions à Laurent Gbagbo pour le même souci de la consolidation de la démocratie en Afrique

Monsieur le président, à vous qui êtes brillant historien, on n’aura pas l’inélégance de le dire : l’histoire choisit ses hommes. Vous voilà donc, aujourd’hui à un rendez-vous crucial avec l’histoire, la favorite des hommes d’exception. L’Afrique et le monde entier vous implorent de faire le choix qui vous portera à jamais dans la postérité.
En reconnaissant les suffrages exprimés par vos compatriotes et proclamés par la CEI, vous emboitez ainsi le pas à un grand homme qu’est Abdou Diouf du Sénégal, votre frère socialiste qui, par ce seul geste, a hissé une carrière modeste au niveau des corps célestes qui éclairent la nuit des hommes. Souvenez-vous, monsieur le président de la Côte d’Ivoire de 1999, quand, le général Robert Guei, incapable de grandeur, voulut confisquer le vote des ivoiriens, précipitant ainsi ce pays que vous aimez tant dans la crise la plus sanglante de son histoire. Vous étiez ce jour-là dans le cas de votre «frère » Ouattara aujourd’hui. Vous avez agi avec détermination comme naguère, Boris Eltsine contre les chars nostalgiques de l’URSS.
A Robert Guei qui, comme Néron lorsque Rome brûlait, écouta trop jouer la lyre des courtisans alors qu’Abidjan sombrait dans la violence, vous dîtes, «Mon Général, soyez Abdou Diouf ou Milosevic ». Nous vous retournons aujourd’hui cette expression. A croire, comme le disent les chartistes, que l’histoire se répète toujours. Monsieur le président, certes, la pression de l’instant, l’émotion, cette ennemie de la raison, vous fait voir tout le contraire. Levez seulement le regard par-dessus cette petite foule, regardez votre beau pays, considérez l’Afrique, le monde.
Oui, n’en déplaise à certains de vos partisans, il y a une autre destinée, plus grande, pour le camarade Gbagbo Laurent que celle du Birmane Ne Win qui, après avoir emprisonné le vainqueur légal des élections, est aujourd’hui au ban de l’histoire. Il y a une autre destinée pour l’historien que vous êtes que celles des généraux anti-démocratiques comme Sani Abacha. Osez franchir le pas. Vous trouverez, en face du Palais de la présidence, un char qui vous élèvera dans l’histoire de la démocratie africaine. Au patriote que vous êtes, il n’y a qu’une défaite possible : celle de la Côte d’Ivoire renouant avec la violence et la guerre identitaire. Celle de la Côte d’Ivoire sous administration étrangère.
Si les sacrifices et les concessions que vous fîtes de Pretoria à Ouagadougou, à votre corps défendant, ont permis aux ivoiriens du Nord et du Sud de se retrouver à l’occasion de ces élections historiques, faites, monsieur le président, que ces efforts aient un sens. Reconnaissez ces résultats et attendez avec sagesse le verdict du conseil constitutionnel qui aura à trancher si la Côte d’Ivoire et l’Afrique sont mûres ou non pour la démocratie. Trop souvent, nous accusâmes l’autre, le blanc, d’être responsable de nos maux alors que la clé du succès a toujours été entre nos mains.
Au regard du potentiel immense de votre pays, locomotive de l’Afrique de l’Ouest, il est scandaleux qu’il soit aujourd’hui, à l’heure de l’émergence et des BRIC, sous perfusion de la Banque mondiale et du FMI. Monsieur le président, la force des grands hommes c’est d’avoir su exprimer la voix de l’intérêt général contre celle, oppressante et tyrannique, séduisante et égoïste, de l’intérêt particulier, de l’intérêt des proches. Songez, monsieur le président, à ces millions de jeunes, à qui on a volé 10 ans de leur vie pour une crise qui a transformé un pays naguère prospère et respecté en une terre divisée, assistée, et presque sous tutelle de l’international. Vous êtes le président de la paix, dites-vous. Certes, l’appellation est belle. Mais que de sacrifies ce diadème exige, que de compromis monstrueux pour mériter cette couronne des sages. Osez encore, monsieur le président, osez aller au devant des ivoiriens d’Abidjan à Bouaké pour, à tout prix, empêcher un troisième tour où le bulletin de vote sera remplacé par la Kalachnikov.L’Afrique vous sera à jamais reconnaissante.https://www.financialafrik.com/

LA PLUIE S’ANNONCE DANS PLUSIEURS RÉGIONS, CE VENDREDI

Dakar, 31 juil (APS) – Les ‘’activités pluvieuses’’ de ce vendredi vont intéresser les régions de Saint-Louis, Louga (nord), Thiès, Dakar (ouest), Fatick, Kaolack, Kaffrine (centre), Ziguinchor, Sédhiou et Kolda (sud), indique un bulletin de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM).
‘’La chaleur diurne sera relativement ressentie dans le pays, avec un pic de 40°C, qui sera enregistré à Kédougou (sud-est)’’, ajoute le bulletin. ‘’Les visibilités seront généralement bonnes’’, assure l’ANACIM, qui annonce des vents d’intensité faible ou modérée.ESF

ESTIMATION MASSE MONETAIRE UEMOA : Elle se situe à 32 146, 1 milliards en juin 2020

http://www.enqueteplus.com/nod Les estimations de la masse monétaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se situent à 32 146, 1 milliards en juin 2020, contre une réalisation de 28 416, 2 milliards un an plus tôt. C’est ce qui ressort de la note mensuelle de conjoncture économique de mai 2020, publiée hier par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Les perspectives d’évolution de la situation monétaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) montrent qu’avec le maintien de ses adjudications au taux fixe de 2, 00 %, les conditions de mobilisation de ressources au niveau des marchés monétaires poursuivraient leur détente. D’après la note mensuelle de conjoncture économique de mai 2020, publiée hier par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la hausse attendue des concours de la banque centrale et des besoins réels des banques renforcerait les agrégats monétaires.
‘’En effet, les prévisions des besoins réels de liquidité pour la proche période se situerait autour de 3 488, 3 milliards sur le guichet hebdomadaire, en hausse de 59, 6 milliards ou 1, 7 %. En conséquence, selon les estimations, la masse monétaire de l’union se situerait à 32 146, 1 milliards en juin 2020, contre une réalisation de 28 416, 2 milliards un an plus tôt. La hausse de 3 729, 9 milliards (ou +13, 1 %) qui en résulterait, serait imputable à la progression de 3 801, 0 milliards (+12, 5 %) des créances intérieures et à la consolidation de 1 144, 3 milliards des actifs extérieurs nets’’, informe la note de la BCEAO.
En particulier, la même source indique que l’accroissement des créances intérieures serait lié à la hausse attendue, en glissement annuel, des créances nettes sur les unités de l’Administration centrale, qui est de 2 748, 5 milliards ou de 35, 3 %.  Et à celle des créances sur l’économie sont évaluées de 1 052, 4 milliards, soit de 4, 6 %. ‘’Sous l’angle de ses composantes, l’accroissement de la masse monétaire se traduirait, à fin juin 2020, en glissement annuel, par la hausse des dépôts de 2 700, 0 milliards, soit 12, 2 %, et de la circulation fiduciaire de 1 029, 9 milliards, soit 16, 4 %’’, renseigne le document.

Les créances intérieures établies à 39 942, 2 milliards

Il ressort également de la note de la BCEAO que les créances intérieures ont progressé, en glissement annuel, de 13, 1 %, pour s’établir à 39 942, 2 milliards. Ceci en liaison avec la hausse des créances sur les administrations publiques centrales (APUC) et celles sur l’économie. La Banque centrale explique que la baisse du rythme de progression des créances sur l’économie, entre avril et mai 2020, de 4, 8 % contre 5, 1 % en avril, est en phase avec le repli de nouvelles mises en place de crédits. En glissement annuel, les nouveaux concours bancaires ont reculé de 8, 9 % en mai 2020, après un accroissement de 2, 3 % en avril. ‘’Sur une base mensuelle, les crédits nouvellement mis en place ont baissé de 9, 8 %, après une réalisation de -6, 5 % en avril et +11, 3 % en mars 2020. Ainsi, le cumul mensuel, toutes maturités confondues, est estimé à 1 150, 6 milliards en mai 2020, après un niveau de 1 275, 9 milliards le mois dernier, en lien avec le repli des crédits aux particuliers et aux sociétés d’Etat et établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC). Quant aux dépôts mobilisés par les banques de l’UEMOA, ils ont enregistré une hausse de 7, 6 % en mai 2020, en ressortant à 695, 3 milliards contre 646, 5 milliards le mois précédent’’, précise notre source.
Concernant l’augmentation du volume des dépôts bancaires, la BCEAO signale qu’elle est ‘’imputable’’ notamment aux entreprises individuelles, aux Etats et organismes assimilés, ainsi qu’aux particuliers. ‘’La baisse relevée au niveau des dépôts des entreprises privées du secteur productif, de la clientèle financière et des sociétés d’Etat et établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) a modéré la tendance. S’agissant du volume moyen hebdomadaire des opérations sur le marché interbancaire, toutes maturités confondues, il s’est limité à 236, 5 milliards, en hausse de 10, 7 % par rapport à avril 2020’’, lit-on dans le document. Dans ce contexte, les concours de la BCEAO aux banques se sont renforcés de 15, 2 %, selon l’institution, en passant de 5 249, 7 milliards à 6 045, 9 milliards en mai 2020. Cette situation est intervenue au moment où les banques ont réduit leurs demandes de liquidité de 4, 6 %, notamment sur le guichet hebdomadaire (-11, 3 %), la hausse notée sur le guichet mensuel ayant modéré la tendance (+12, 0 %).
Au niveau du financement de l’Administration centrale, les institutions de dépôt ont accru leurs concours de 2 854, 9 milliards, entre mai 2019 et mai 2020, largement au-dessus de sa valeur de 2 186, 8 milliards au mois d’avril 2020. ‘’En particulier, les financements sous forme de titres publics se sont accrus de 3 352, 7 milliards, après celui de 2 317, 7 milliards en avril. Les administrations centrales publiques ont eu recours au marché régional pour la couverture d’une partie de leurs dépenses liées à la crise, notamment les bons Covid-19 où 889, 5 milliards ont été mobilisés au cours du mois sous revue, ce qui renforce leurs engagements vis-à-vis des banques’’, rapporte la Banque centrale.

La liquidité bancaire dégradée de 767, 7 milliards

Au cours du mois de mai 2020, la liquidité propre des banques s’est dégradée de 767, 7 milliards, en lien avec le solde négatif des opérations avec les Etats et autres facteurs nets (-542, 3 milliards). Pour le retrait des billets aux guichets des banques (-205, 2 milliards) et les émissions de transferts à destination de l’étranger, le solde est ressorti déficitaire de 20, 2 milliards. Et le solde des opérations des banques avec les Etats est ressorti déficitaire, en raison des importants concours accordés par les banques aux Etats en mai 2020.
En effet, la BCEAO relève qu’au cours de la période sous revue, le programme d’émissions de bons Covid-19, structuré par la Banque centrale pour permettre aux Etats de mobiliser des ressources pour faire face aux dépenses urgentes de la crise, a connu un ‘’réel engouement’’ auprès des banques. Les titres émis dans le cadre de ce programme ont enregistré un taux de souscription de 359, 0 % et permis aux Etats de lever 1 172, 6 milliards auprès du système bancaire. La majeure partie de ces émissions de bons Covid-19 de 889, 5 milliards ou 75, 9 %, a été réalisée au cours du mois de mai 2020.
L’analyse de la mise en œuvre du dispositif des réserves obligatoires, au terme de la période de constitution échue le 15 mai 2020, fait apparaître une situation excédentaire pour les banques de l’union par rapport aux réserves requises. Les réserves libres des banques, évaluées sur la période, sont ressorties à 1 339, 0 milliards, soit 177, 5 % des réserves requises. Le niveau des réserves des banques de l’union est en hausse de 96, 2 milliards ou 7, 7 % par rapport à la situation du mois précédent. En lien avec l’orientation des facteurs autonomes, les engagements des banques envers la Banque centrale en mai 2020 ont augmenté de 796, 2 milliards, après un niveau de 76, 2 milliards en avril 2020.

1 338, 5 milliards de ressources levées sur le marché financier régional

Sur le marché de titres de la dette publique, la Banque centrale fait savoir que les Etats membres de l’UEMOA ont poursuivi leurs émissions sur le marché financier régional. Ceci en vue de lever des ressources pour le financement des plans de riposte contre la pandémie à Covid-19. ‘’Au cours du mois de mai 2020, le volume des ressources levées sur le marché financier régional s’est ainsi accru de 564, 5 milliards par rapport au mois précédent, pour s’établir à 1 338, 5 milliards, dont 1 157, 5 milliards de bons et 180, 9 milliards d’obligations. Cette progression des ressources levées sur le marché financier régional est notamment liée aux émissions des bons Covid-19 sur la période sous revue’’, relève la note.
En effet, tous les pays de l’union, à l’exception du Sénégal, ont eu recours à cet instrument financier pour un montant de 889, 5 milliards. Le taux de couverture des émissions est ressorti, en moyenne, à 261, 5 % en mai 2020 contre 216, 7 % un an auparavant. Les bons ont représenté 86, 5 % des émissions.
La Banque centrale note que la situation monétaire de l’union à fin mai 2020 est marquée par une progression, en glissement annuel, de la masse monétaire de 13, 6 %. D’après la même source, cette évolution est portée par l’accroissement des créances des institutions de dépôt sur les secteurs résidents de 3 922, 6 milliards et de leurs acquisitions nettes d’actifs extérieurs de 1 477, 3 milliards. Les dépôts se sont accrus, en glissement annuel, de 13, 3 %, et la circulation fiduciaire s’est améliorée de 14, 5 %. ‘’D’une année à l’autre, les actifs extérieurs nets (AEN) des institutions de dépôt de l’union ont augmenté de 1 477, 3 milliards, soit 25, 6 %, en liaison essentiellement avec l’accroissement des AEN de la BCEAO estimés à 1 475, 0 milliards, l’augmentation des AEN des banques étant limitée de 2, 3 milliards. Cette dynamique a été particulièrement soutenue par les mobilisations de ressources extérieures effectuées par les Etats pour faire face à la crise sanitaire’’, poursuit le document.
En particulier, la BCEAO précise que les tirages sur les ressources du Fonds monétaires international (FMI) ont induit une hausse de 1 358, 8 milliards des avoirs en droit de tirage spéciaux (DTS). ‘’Les autres levées de fonds auprès des bailleurs internationaux et les encaissements de recettes d’exportation par les banques ont également contribué à améliorer le solde des dépôts inclus dans les réserves de change de 552, 6 milliards. Cette bonne dynamique des réserves a permis de maintenir leur couverture en mois d’importations à un niveau de plus de 6, 0 mois, pour un troisième mois consécutif. Quant au taux de couverture de l’émission monétaire, il s’est établi à 75, 3 %, après 79, 8 % le mois précédent’’, renchérit la note.MARIAMA DIEME

Mobiliser les ressources intérieures pour se financer aisément Par Sory Keita, Analyste Financier, Directeur Associé du Cabinet  PMC Afrique – Cabinet d’expertise en Système de Management, Finance et Droit des marchés publics (à Conakry, Guinée).

https://www.financialafrik.com « La faible dépendance aux ressources extérieures favorise une certaine autonomie dans la mise en œuvre des politiques de développement »
La crise actuelle a mis à l’épreuve le système économique mondial. Les pouvoirs publics sont restés en premières ligne pour protéger les populations et tenter de trouver des solutions contre le virus covid-19 et ses conséquences sur l’activité économique. Dans ce rôle, certains gouvernants ont la chance de pouvoir s’appuyer sur des systèmes organisationnels performants pour agir promptement face à des situations aussi incertaines qu’improbables.
Les pays les moins avancés comme bon nombre de pays africains, bien que relativement moins impactés par la maladie elle-même, manquent souvent de mécanismes adéquats pour riposter contre un tel bouleversement systémique inattendu. Pour ces pays, il est impérieux de se donner les moyens pour une stratégie de développement socioéconomique durable. Les bonnes idées ne manquent pas car nous avons la chance de pouvoir nous servir des expériences réussies ailleurs. Toutefois la question de la disponibilité des ressources nécessaires et celle de leur gestion efficace et efficiente restent essentielles.
En raison d’écueils importants pour financer les projets de développement socioéconomique, il est primordial d’accroître la mobilisation des ressources intérieures pour réduire les contraintes liées à l’accès aux ressources extérieures. Il s’agit d’un processus laborieux, long et dont les résultats sont peu perceptibles à court terme. Ainsi, la question de la mobilisation des ressources intérieures est souvent considérée à tort comme anodine.
Pour autant, la prédominance des ressources intérieures dans le besoin de financement présente des avantages évidents. D’abord, parce qu’elle entraîne une faible dépendance aux ressources extérieures – celles-ci étant fortement orientées et assujetties à des considérations stratégiques et/ou géopolitiques des bailleurs. La faible dépendance aux ressources extérieures favorise ainsi une certaine autonomie dans la mise en œuvre des politiques de développement.
L’épargne intérieure et les recettes publiques qui constituent les principales ressources intérieures sont très faiblement mobilisées. D’une part, à cause de la faiblesse de la performance de l’administration fiscale – un taux de pression fiscale maigre par rapport au potentiel ; d’autre part, parce que les marchés financiers locaux sont étroits (faiblesse du secteur financier formel) – dû à la prééminence de l’épargne non productif des ménages et des entreprises. Ces dernières privilégient le financement par fonds propres du fait de l’insuffisance de crédits abordables. C’est l’une de raisons pour lesquelles l’Etat doit orienter massivement les crédits vers le secteur privé pour augmenter le financement des petites et moyennes entreprises[1].
Il faut de surcroît admettre que la difficulté de collecte des ressources fiscales réside foncièrement dans la structure même de ces économies  : une forte présence du secteur tertiaire avec des contribuables ne tenant pas ou peu de comptabilité et étant difficilement localisables. De plus, l’impôt n’a toujours pas été synonyme de l’amélioration de services publics. Le déficit d’efficience et d’efficacité dans l’utilisation des ressources constitue l’une des principales contraintes pour que la mobilisation des ressources intérieures puisse se faire aisément et amplement.
En somme, il n’est pas itératif de soutenir qu’il est inéluctable de travailler à se donner les moyens de financer nos politiques de développement, tout en réduisant au maximum notre dépendance à l’extérieur. Ceci ne serait cependant, qu’une vaine corvée si les ressources mobilisées ne sont pas utilisées de façon efficace et efficiente.https://www.financialafrik.com/
[1] [TRIBUNE] : La Covid 19, une opportunité économique à saisir (par Sory KEITA) parue sur https://www.financialafrik.com/2020/05/19/la-covid-19-une-opportuniteeconomique-a-saisir/

Entretien exclusif avec Baba Hady Thiam, associé gérant du cabinet Thiam & Associés

https://www.financialafrik.com « Nous avons débuté l’aventure à trois en 2017 et aujourd’hui nous sommes une quinzaine d’avocats et juristes dotés d’une formation et d’une expérience professionnelle dans des universités et cabinets d’affaires internationaux »
Inscrit aux barreaux de Guinée et de Paris, Baba Hady Thiam a débuté sa carrière au sein du prestigieux cabinet français Gide Loyrette Nouel, avant de rejoindre en janvier 2015 le cabinet américain Dechert LLP. Depuis janvier 2017, il est l’associé gérant du cabinet d’avocats Thiam & Associés, basé à Conakry, qui est régulièrement classé parmi les cabinets de référence en Afrique.

Monsieur Thiam, comment se présente le cabinet Thiam & Associés dans ses différentes lignes de métier ?

Le cabinet Thiam & Associés est né d’une idée simple : mettre en place un cabinet indépendant ancré localement et offrant des services totalement en ligne avec les standards internationaux des grands cabinets d’avocats à travers le monde. L’objectif était également d’offrir sur place le meilleur service juridique aux investisseurs étrangers et africains désireux d’investir sur le continent. Nous avons débuté l’aventure à trois en 2017 et aujourd’hui nous sommes une quinzaine d’avocats et juristes dotés d’une formation et d’une expérience professionnelle dans des universités et cabinets d’affaires internationaux.
Nous intervenons dans les différentes disciplines du droit des affaires avec nos départements Conseil et Contentieux/Arbitrage et dans tous les secteurs clés de l’économie. Ainsi, sur l’année 2019, nous avons notamment conseillé HPX, membre du Groupe Ivanhoe, dans le cadre de l’acquisition d’une participation de 95 % dans le gisement du minerai de fer de Nimba pour un investissement estimé à 3, 7 milliards de dollars US, les prêteurs (notamment la Société Financière Internationale (SFI), l’U.S. International Development Finance Corporation (DFC), BNP Paribas et Société Générale) dans le cadre du financement de l’extension des infrastructures minières de la Compagnie des Bauxites de Guinée pour un montant de 873 millions de dollars US, le Groupe Aéroports de Paris et Africa50 dans le cadre de la nouvelle concession de l’aéroport international de Conakry ou encore Oryx Energies dans le cadre de la concession et de la construction du dépôt pétrolier du Port de Bargny-Sendou, au Sénégal.

La Covid-19 a un impact important sur l’activité économique.Comment les secteurs miniers que vous suivez vivent-ils la situation?

La pandémie a effectivement bouleversé tous les pans de l’économie et le monde d’après dans le secteur minier est déjà là. Si on prend l’exemple de la République de Guinée, ses revenus miniers n’ont cessé d’augmenter ces dernières années et ont même connu un bond de 46 % entre 2016 et 2017, s’établissant à 505 millions de dollars US, d’après les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). La limitation de l’impact de la pandémie a donc été, dès le départ, une priorité étatique, d’autant plus que l’épidémie a débuté en Chine, principal débouché et partenaire minier du pays. Trois mois et demi après le premier cas de Covid-19 dans le pays, nous notons que les projets matures en phase d’exploitation ne sont globalement pas impactés dans leur production et leurs exportations. De même, le principe et les modalités de leur financement acquis avant le début de la pandémie n’ont pas été remis en cause.
En ce qui concerne les projets en phase de recherche ou dans le processus d’obtention de leur premier financement, ils sont généralement les plus touchés, allant du ralentissement du projet au report voire à l’annulation de leur financement à ce stade. Enfin, il est intéressant de noter que cette période est propice à l’émergence d’un nombre plus important de nouveaux projets, comparativement à la période pré-Covid-19. Il sera intéressant de voir comment ces projets évoluent, en termes de pourcentage de réalisation, notamment dans la phase de financement. Cette évolution dépendra inéluctablement de facteurs externes comme l’importance et l’efficacité de la réaction des pouvoirs publics et des régulateurs pour rassurer le marché, les investisseurs et les banques et impulser le redémarrage de l’activité économique.

La Guinée fait partie de l’espace OHADA, une zone d’harmonisation de la règle de droit mais avec différents codes miniers parfois divergents. Comment dans ce contexte peut-on développer une approche minière commune au niveau de la CEDEAO et de l’Union Africaine ?

Le secteur minier, du fait notamment des recettes et des retombées qu’il est susceptible d’engendrer, est un domaine sensible du point de vue politico-économique dans nos États. Ainsi, ce secteur n’est pas régi par les actes OHADA et chaque pays dispose de sa propre législation en la matière. Cette situation s’explique en grande partie par le fait que les pays africains sont souvent en compétition pour attirer les investisseurs dans ce secteur. Or, la CEDEAO, que vous mentionnez, est composée de 15 pays dont quelques grands pays miniers comme la République de Guinée, le Ghana, le Mali et le Burkina Faso, ainsi que des destinations minières émergentes telles que le Nigeria, le Sénégal, ou la Côte d’Ivoire.
En dépit du fait que les intérêts des différents pays ne sont pas forcément alignés, des démarches sont en cours en vue de cette harmonisation. Ainsi, ont notamment vu le jour la Directive de la CEDEAO de 2009, le projet de loi-modèle de la CEDEAO, ou encore le Code Minier Communautaire de l’UEMOA qui ouvrent la voie à une possible harmonisation des Codes Miniers à terme. Par ailleurs, bon nombre de législations africaines s’inspirent aujourd’hui des textes de l’ITIE. Ces efforts doivent être poursuivis avec l’objectif final, bien que lointain à cette date, d’un Code Minier commun, qui pourrait conduire à une réduction de l’évasion fiscale, une meilleure prise en compte de l’environnement et des communautés et une plus grande transparence dans la gouvernance minière.
En ce sens, il convient de louer à nouveau l’avènement de la zone OHADA et de continuer à encourager les États membres à mettre en œuvre les efforts nécessaires pour l’améliorer. La pandémie a mis en lumière le fait que certaines dispositions des actes uniformes pourraient constituer un frein ou une cause de retard du développement de certains projets, tout particulièrement dans les nouvelles conditions du monde d’après. Par exemple, l’exigence de présence physique d’au moins un tiers des administrateurs pour la validité des réunions du conseil d’administration ou l’exigence de tenue de l’assemblée générale annuelle dans les six mois de la clôture de l’exercice. Il est important que les États membres apportent rapidement davantage de souplesse et de pragmatisme à ces dispositions.

Dans beaucoup de pays, il y a un débat intense sur les incitations fiscales considérées comme de l’évasion fiscale. Quel regard portez-vous sur cette question ?

Dans un contexte généralisé de baisse des recettes fiscales pour les États africains, ce débat revêt une vraie acuité et il est légitime qu’il soit remis sur la table. C’est un fait que les investisseurs sont généralement gourmands en termes d’incitations fiscales afin d’améliorer la rentabilité de leurs projets. D’un autre côté, il est dans l’intérêt des pays hôtes de bien négocier ces incitations fiscales, au risque de perdre plus d’argent qu’ils n’en reçoivent au titre de ces investissements. Historiquement, les incitations fiscales sont octroyées pour encourager à investir dans les pays dits à risque. C’est donc quelque part la rétribution du risque. Tant que nos États resteront dans cette catégorie, les investisseurs seront enclins à réclamer ces incitations. En l’état actuel, trois éléments simples sont essentiels du côté étatique afin de contrôler efficacement ces incitations. Tout d’abord, réformer la législation pour réduire l’éventail des incitations fiscales susceptibles d’être octroyées. Ensuite, disposer d’une équipe de négociation compétente sur les aspects fondamentaux, notamment le juridique et le financier. Enfin, l’intervention d’une assemblée nationale indépendante ou à tout le moins outillée pour contrôler et ratifier les dispositifs incitatifs octroyés et s’assurer de leur caractère raisonnable.
Bien naturellement, ces préalables ne pourront produire les effets escomptés qu’à la condition de disposer d’une administration compétente et efficace pour contrôler l’exécution et sanctionner les manquements. En tout état de cause, ces incitations ne doivent pas se doubler de flux financiers illicites ou abusifs qui constituent la vraie évasion fiscale. Selon les statistiques, l’Afrique perdrait chaque année plus de 50 milliards de dollars US du fait de ces flux financiers. Je l’évoquais tout à l’heure mais l’absence d’harmonisation des législations des pays africains constituent un vecteur incitatif à cette évasion.

LES DÉCISIONS JURIDIQUES ET POLITIQUES POUR LUTTER CONTRE L’ÉVASION FISCALE SE PRENNENT, À CE JOUR, AU NIVEAU NATIONAL. OR, IL EST AUJOURD’HUI PLUS QUE NÉCESSAIRE DE METTRE EN PLACE, AU SEIN DES STRUCTURES COMMUNAUTAIRES À L’INSTAR DE L’UEMOA OU DE LA CEDEAO, UN ÉCHANGE EFFECTIF D’INFORMATIONS ET DES ORGANES PERMETTANT L’APPLICATION D’UN ENSEMBLE DE RÈGLES CONTRE L’ÉVASION FISCALE, ASSORTIES DE SANCTIONS EFFECTIVES.

En ce sens, la prochaine mise en place de la ZLECA pourrait accélérer ce mouvement d’harmonisation et de mise en cohérence avec pour corollaire, une réduction de cette évasion. Par ailleurs, les décisions juridiques et politiques pour lutter contre l’évasion fiscale se prennent, à ce jour, au niveau national. Or, il est aujourd’hui plus que nécessaire de mettre en place, au sein des structures communautaires à l’instar de l’UEMOA ou de la CEDEAO, un échange effectif d’informations et des organes permettant l’application d’un ensemble de règles contre l’évasion fiscale, assorties de sanctions effectives. Il existe donc des outils à réfléchir, à l’instar de la taxation des recettes, ou d’ores et déjà à disposition afin que ces incitations demeurent des incitations et ne rentrent pas dans la catégorie de l’évasion fiscale. Il s’agit là du vrai enjeu à mon avis. Ce débat remet par ailleurs sur la table toute l’importance d’une plus grande mobilisation des ressources domestiques que les autorités africaines doivent également considérer comme une priorité en ces temps de restrictions, et de leur utilisation, avec un besoin toujours accru de mise en place de processus efficaces de lutte contre la corruption..  Adama WADE

RESULTATS 2E TRIMESTRE 2020–ORANGE MAINTIENT LE CAP EN AFRIQUE, MALGRÉ LE CORONAVIRUS

NETTALI.com – Malgré le coronavirus, le groupe Orange conserve un chiffre d’affaires quasi stable. Les ventes en Afrique de l’opérateur télécoms sont d’un apport décisif. Toutefois, il est noté un recul du bénéfice net.
Sur le deuxième trimestre, le plus concerné par la crise provoquée par la pandémie du coronavirus, l’opérateur historique conserve un chiffre d’affaires quasi stable (-0, 1%), la progression des ventes en France (+2, 8%) venant compenser le recul plus marqué en Espagne (-6, 8%) et dans le reste de l’Europe (-5, 1%).
“Le groupe démontre sa très bonne résistance dans un contexte de crise sans précédent. des résultats qui reflètent des tendances commerciales solides malgré le quasi arrêt de l’économie notamment en France. La France ainsi que l’Afrique et Moyen-Orient sont en croissance et font plus que compenser la totalité de la baisse des autres segments”, explique le directeur financier du groupe, Ramon Fernandez, lors d’une conférence de presse téléphonique ce jeudi.
Selon plusieurs publications tricolores dont Capital et La Tribune, en Afrique, Orange profite notamment d’une accélération sur ses réseaux 4G, qui permettent d’augmenter la consommation de données (+26, 5%), ainsi que d’une hausse sur le haut débit fixe (+31%), même si ce marché reste encore faible avec 1, 4 million de clients. A l’inverse, l’Espagne, deuxième marché du groupe, est en recul de 4, 6% en raison de la crise sanitaire et d’un marché resté très concurrentiel, et malgré une stabilité de l’ARPO.
Par contre, rapporte la même source, l’opérateur télécoms a annoncé un bénéfice net en recul d’un peu plus de 10% (-10, 7%) sur le semestre, à 1, 04 milliard d’euros, qui s’explique principalement par une hausse des provisions liées aux risques et litiges, et confirmé ses objectifs pour l’année.

Légère hausse du chiffre d’affaires du groupe Sonatel au premier semestre 2020

https://www.financialafrik.com Le chiffre d’affaires consolidé du groupe Sonatel (Société nationale des télécommunications du Sénégal) qui comprend des filiales au Mali, en Guinée, en Guinée-Bissau et en Sierra Leone, a enregistré une légère hausse de 0, 7% au premier semestre 2020 comparé à la même période de 2019, ont annoncé les dirigeants de cette société de télécommunication basée à Dakar.
Ce chiffre d’affaires est passé de 583, 3 milliards de FCFA au premier semestre 2019 à 587, 3 milliards de FCFA durant la période sous revue, soit une augmentation de 4 milliards de FCFA. Cette hausse est imputable aux activités de l’internet mobile et Orange Money dont le poids respectif dans le chiffre d’affaires est de 23, 6% (contre 19, 6 en 2019) et 12, 3% (contre 10, 3%). Le poids des revenus issus de l’international dans le chiffre d’affaires est en recul, passant de 8, 7% au premier semestre 2019 à 6, 5% durant la période sous revue.
En dépit de leur légère régression, les activités cœur de métier de la Sonatel (Voix, Sms et des SVA) occupent encore une place prépondérante dans la génération de revenus. Le poids de l’activité Voix, SMS mobile représente ainsi 44, 8% du chiffre d’affaires contre 48, 5% en 2019. Quant à l’Ebitda (revenus avants intérêts, impôts et taxes et amortissements), il a évolué plus que les revenus du groupe avec une progression de 5, 10%, à 247 milliards de FCFA contre 235 milliards de FCFA au 30 juin 2019.
Au premier semestre 2020, le résultat courant avant impôts du groupe Sonatel est en repli de 2, 57% avec une réalisation qui se situe à 141 milliards de FCFA contre 145, 8 milliards de FCFA au 30 juin 2019. Quant au résultat net, il suit la même tendance baissière (-1, 10%) à 89, 9 milliards de FCFA contre 90, 8 milliards de FCFA au terme du premier semestre 2019. Le Free Cash Flow est en nette progression de 11, 40% avec un niveau de 156, 3 milliards de FCFA contre 140, 3 milliards de FCFA un an auparavant.
Malgré une baisse de 4, 20%, le niveau des investissements de la Sonatel demeure élevé, s’établissant à 90, 8 milliards de FCFA contre 98, 3 milliards de FCFA au 30 juin 2019. Ces investissements ont porté principalement sur le déploiement mobile et les projets fibres. En perspectives pour le second semestre 2020, les dirigeants du groupe Sonatel avancent que leur structure poursuivra son programme d’investissement dans le but de préparer ses réseaux et plateformes de services à écouler encore plus de trafic avec une excellente qualité de service mais aussi de déployer de nouvelles offres et innovations pour accélérer sa transformation en opérateur multi-services.
«Face à la crise, le groupe mettra en œuvre dans tous ses pays de présence des mesures d’optimisation sur les charges afin de pouvoir délivrer les prévisions de résultat malgré le risque de retard sur le chiffre d’affaires», projettent-ils.  Albert Savana

Maroc : le Club Afrique Développement du groupe Attijariwafa bank lance les AfricaDev Sessions

https://www.financialafrik.com La première Session est diffusée ce jeudi 30 juillet 2020 à partir de 10h00 GMT sur les plateformes digitales et réseaux sociaux du Groupe et de ses filiales.
Le Club Afrique Développement du groupe Attijariwafa bank lance les AfricaDev Sessions, un cycle d’émissions de débat en ligne à destination de ses membres, des institutionnels et partenaires du Groupe sur le continent africain. AfricaDev Sessions a pour vocation de répondre, sous un nouveau format d’interaction, aux préoccupations des entreprises africaines mettant en avant les thématiques économiques africaines et permettant d’engager des réflexions sur les sujets d’actualité à destination des grands acteurs économiques et des PME du continent.
La crise actuelle a engagé le groupe Attijariwafa bank où qu’il se trouve à renforcer ses dispositifs d’accompagnement de ses clients et de proximité avec eux. Soucieux d’être à la hauteur de sa mission dans ce contexte particulier, la première émission adresse le thème
COVID19 : Enseignements et meilleures pratiques en Afrique
. Cette Session accueille pour en débattre : Florence Boupda, Directrice Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale de la SFI, Gérard Mangoua, DG et Co-fondateur du groupe Ubipharm et Ismaïl Douiri, Directeur Général du groupe Attijariwafa bank, en charge du Pôle Banque de Détail à l’International et Filiales de Financement Spécialisées.

À propos du Club Afrique Développement

Le Club Afrique Développement, créé en 2016 par le groupe Attijariwafa bank, a pour ambition de fédérer la communauté des affaires, les dirigeants, les représentants publics afin de dynamiser de manière pragmatique les investissements à l’échelle du continent. Espace de mise en relation et d’échange dédié aux opérateurs économiques désireux de se développer en Afrique, par le développement de courants d’affaires ou/et d’investissements. C’est aussi une plateforme donnant accès à des informations, formations, services et expertises à dessein de favoriser la concrétisation des projets d’entrepreneurs, des grands projets structurants des Etats, ainsi que la coopération Sud-Sud et Nord-Sud.
Outre le Forum International Afrique Développement organisé à Casablanca, le Club Afrique Développement compte aujourd’hui plus de 3000 membres, et a organisé, avec les banques du Groupe, 20 missions multisectorielles dans 15 pays, mobilisant plus de 2500 chefs d’entreprises du continent. Depuis son lancement en 2010, le Forum International Afrique Développement a réuni plus de 10.000 entreprises de 40 pays du continent et des pays partenaires, réalisant plus de 22.000 rendez- vous d’affaires structurés et générant des investissements conséquents un peu partout en Afrique.

Restrictions De Voyage : L’UE Actualise Sa Liste Des Pays Exemptés, Le Sénégal Encore Zappé

http://www.walf-groupe.com L’Union Européenne (UE) a actualisé ce jeudi 30 juillet sa liste de pays exemptés de restrictions de voyage, en raison de la pandémie de coronavirus, a annoncé le Conseil de l’UE dans un communiqué
Cette liste est désormais réduite à douze pays, ainsi qu’à la Chine, sous conditions. Ainsi, les pays exemptés de restrictions de voyage  sont : Australie, Canada, Géorgie, Japon, Maroc, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Corée du Sud, Thaïlande, Tunisie, Uruguay, et la Chine avec une condition de réciprocité. Le retrait de l’Algérie suit ceux de la Serbie et du Montenegro. Le Sénégal est toujours zappé.
C’est la deuxième fois qu’elle est actualisée depuis sa création il y a un mois. Elle comptait alors quatorze pays.Avec AFP

La banlieue de Dakar sinistrée par les pluies diluviennes, faute de planification urbaine

https://www.seneplus.com –https://www.voaafrique.com -Au Sénégal, c’est devenu la tradition : chaque année les populations de la banlieue dakaroise souffrent des méfaits de l’hivernage. Cette semaine, avec les premières pluies, plusieurs familles sont une nouvelle fois sous les eaux.
DAKAR — Une route impraticable, des maisons sous les eaux, un plan d’assainissement inexistant, c’est le nouveau paysage de Warouwaye, un quartier oublié dans la lointaine banlieue dakaroise.
Astou Thiam, l’une des premières habitantes de Warouwaye, raconte le calvaire que la communauté vit à chaque saison des pluies. « Dès que le ciel devient orageux on meurt d’inquiétude parce qu’on pense automatiquement aux inondations« , fulmine la dame qui indique qu’ils perdent la totalité de leurs biens lorsqu’il pleut.
Abandonnés, les habitants de Warouwaye se sentent marginalisés. « On dirait qu’on n’est même pas des citoyens », peste Astou. Pour elle et les autres habitants, les eaux stagnantes représentent un danger pour la santé notamment celle des enfants qui « traînent souvent des maladies » après chaque hivernage. Le comble, pour Astou Thiam, c’est que les autorités sont « fantomatiques ».
La situation n’affecte pas que les familles. Dans les édifices publics et lieux de commerces de la banlieue, usagers et professionnels sont mécontents. Mouhamed Sy, vendeur au marché de Pikine, souligne que cette situation est un risque sanitaire supplémentaire car il y a les marchés qui profitent de la pluie pour « ouvrir leurs fosses et évacuer les eaux usées ». Et pour lui,  « tout cela combiné au coronavirus rend la situation critique« .
Dakar sous l’eau après les pluies de septembre

Mouhamed s’inquiète aussi du retour des enfants en classe en plein hivernage et en pleine pandémie du coronavirus.
« L’eau est partout dans les rues comme vous le voyez et c’est très difficile de circuler même les élèves qui doivent rejoindre les collèges ont des soucis. Le collège de Pikine par exemple est inaccessible à cause des eaux de pluie. Vous comprenez bien que dans ce cas de figure aucune mesure ne peut être respectée« , explique-t-il.
Malgré leurs nombreuses annonces, les autorités sont désavouées par les populations.
Pape Cissé affirme que les politiques ne joignent pas souvent l’acte à la parole afin de régler définitivement le problème des inondations.
« La situation ici est très difficile et le plus inquiétant c’est qu’on ne voit aucune autorité essayer de nous soutenir. Toutes les rues sont inondées alors que le ciel vient juste d’ouvrir ses vannes. La situation est plus que critique« , c’est à travers ce cri de cœur que le jeune homme lance un appel à tous les bienfaiteurs.
Du côté des pouvoirs publics, on a conscience du problème. C’est d’ailleurs pour cette raison que le directeur de l’Office national de l’assainissement du Sénégal a invité les plus hautes autorités à revoir le code de l’assainissement, le code l’environnement et le code de l’urbanisme pour arriver à trouver des solutions durables sur toute l’étendue du territoire national. Seydina Aba Gueye

Résilience des impactés du Covid-19 : La Fao assiste 3000 ménages pastoraux

https://www.lequotidien.sn Le projet Assistance d’urgence aux éleveurs transhumants particulièrement affectés par le Covid-19, financé par la Fao, a été lancé lundi. A terme, 3000 ménages pastoraux vulnérables vont bénéficier d’un appui financier.
3000 ménages pastoraux vulnérables vont bénéficier de transferts monétaires en raison de 50 mille francs Cfa pour un kit alimentaire, afin d’améliorer leur pouvoir d’achat, leurs moyens de subsistance et leurs conditions nutritionnelles. Cela, grâce au soutien du Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) à travers le projet Assistance d’urgence pour renforcer la résilience des éleveurs pastoraux impactés par la pandémie du Covid-19 qui a été officiellement lancé lundi.
Il s’agit à travers cet appui d’apporter un soutien aux filières pastorales face aux contraintes engendrées par la pandémie du Covid-19. Aussi, 5 mille tonnes d’aliments de bétail vont être mis à la disposition des populations vulnérables en une phase d’assistance d’urgence pour renforcer la résilience des éleveurs pastoraux impactés par la pandémie pour environ 10 mille ménages pastoraux vulnérables, soit environ 80 mille éleveurs localisés dans les départements les plus touchés par le déficit fourrager. Il y aura une phase d’appui au renforcement et à la redynamisation du mécanisme de sauvegarde du bétail pour améliorer la résilience des exploitations pastorales face aux crises et aux chocs.
«Nous avons certes fourni beaucoup d’efforts pour développer et pour mettre en œuvre ce plan d’actions en réponse à la pandémie du Covid-19, mais il reste encore beaucoup à faire pour vaincre la pandémie et contenir de façon efficace ses impacts et conséquences néfastes sur le secteur de l’élevage», a soutenu le coordonnateur de la Fao au Sénégal. Dr Gouantoueu Robert Guei affirme que la Fao et d’autres partenaires financiers, comme la Banque islamique de développement, sont ensemble aux côtés du département de l’Elevage pour mobiliser près de 1 milliard 400 millions de francs Cfa, afin de mettre en œuvre ces interventions d’urgence.
«Cette assistance de la Fao comporte aussi un volet sensibilisation et communication pour freiner la propagation de la pandémie. S’y ajoute un autre volet tout aussi important, relatif au contrôle de la fièvre hémorragique du Crimée Congo qui sévit dans la sous-région, en vue de protéger les communautés d’éleveurs et notamment les transhumants, contre cette zoonose qui affecte l’homme avec une létalité pouvant être supérieure à 30%», a expliqué le ministre de l’Elevage et des productions animales, Samba Ndiobène Kâ.
Le secteur de l’élevage est l’un des secteurs les plus affectés par la pandémie du coronavirus. Du fait de l’Etat d’urgence et du couvre-feu, les ménages d’éleveurs n’avaient pas pu accéder aux marchés ruraux et urbains pour mener leurs activités économiques. Ceci a engendré de fortes baisses de leurs revenus. Par ailleurs, la fermeture des restaurants et hôtels a durement affecté les filières ovine, volaille, lait avec des pertes considérables sur les stocks et les revenus des acteurs.
Le projet lancé lundi s’inscrit dans la volonté commune du gouvernement du Sénégal et de la Fao de mettre en œuvre des actions pertinentes visant à renforcer la résilience des ménages pastoraux affectés par la pandémie. Il s’agira par conséquent de soutenir les moyens de subsistance des producteurs affectés par la crise du Covid-19, par un soutien à la mise en place de filets de protection sociale en direction des familles d’éleveurs rendus vulnérables par la crise.

126 nouveaux cas testés positifs au coronavirus, 51 nouveaux guéris, 1 nouveau décès et 43 cas graves en réanimation

https://www.dakaractu.com Sur 1373 tests réalisés, 126 sont revenus positifs au coronavirus soit un taux de positivité de 9, 17%. Il s’agit de 106 cas contacts suivis, 2 cas importés (District Sud et AIBD) 18 cas issus de la transmission communautaire répartis comme suit :  Kaolack (3), Keur Massar (2), Mbour (2), Ouakam (2), Thiès (2), Guédiawaye (1), Khombole1, Mbao (1), Médina (1), Pout (1), Rufisque (1), Saint-Louis (1).
51 patients ont été testés négatifs et déclarés guéris.
43 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation.
1 nouveau décès lié à la Covid-19, enregistré.
A ce jour, le Sénégal compte 10232 cas positifs dont 6776 guéris, 205 décès et 3250 encore sous traitement.

Prof. Abdoulaye Touré : «Le relâchement peut rendre difficile la gestion Covid-19 en Afrique»

Près de 900.000 cas de contamination, plus de 18.000 décès… si l’Afrique reste moins touchée par le coronavirus que les autres continents, l’épidémie continue tout de même de se propager. Ce qui inquiète l’OMS. Pour tenter de contenir son évolution, certains chercheurs appellent à tester plus massivement les populations pour mieux identifier les cas positifs et réduire le nombre de décès. Parmi ces chercheurs, le professeur Abdoulaye Touré, maître de conférence en Santé publique à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry et acteur de La Riposte en Guinée.

RFI : Avez-vous constaté une progression de l’épidémie ces dernières semaines sur le continent?

Abdoulaye Touré : Oui, ces dernières semaines nous constatons une augmentation du nombre de cas, probablement liée, aussi, aux stratégies de dépistage qui sont mises en place.

Etes-vous inquiet par l’accélération de l’épidémie dans certains pays? En Afrique du Sud, le pays le plus touché du continent, on enregistre aujourd’hui plus de 10000 cas par jour.

Oui, cette situation est effectivement extrêmement inquiétante. Et cela peut être inquiétant, aussi bien pour les Sud-Africains que pour l’ensemble du continent. Parce que, lorsque l’on regarde l’épidémiologie sur le continent africain, nous nous apercevons que la zone sud est beaucoup plus touchée, même s’il y a, effectivement, beaucoup de cas partout ailleurs.

Avec d’autres chercheurs, vous estimez que le nombre de cas sur le continent est largement sous-estimé, en raison notamment du manque de tests.

Oui, depuis le début de cette épidémie, certes, il y a eu beaucoup d’efforts de la part des États, de la part des organisations internationales, notamment l’Union africaine, l’OMS et les autres organisations régionales de la santé, notamment pour l’Afrique de l’Ouest -l’Organisation ouest-africaine de la santé-, mais nous estimons que ces capacités restent toujours un peu en-deçà des besoins, parce que les capacités de dépistage qui sont déployées dans les différents pays sont essentiellement concentrées dans des capitales et à l’intérieur du pays. Les zones un peu reculées sont un peu les parents pauvres, donc il y a besoin de renforcer ces capacités.

Plus on teste et plus on trouve, évidemment, de cas -expliquez-vous dans cette analyse que vous avez faite récemment avec d’autres chercheurs-, mais surtout, plus la proportion de décès est faible. Expliquez-nous…

Plus on teste, plus on trouve… Je pense que c’est plus facile à comprendre, parce que cela veut dire qu’on a la possibilité d’identifier le maximum de personnes et surtout que l’épidémie est, en Afrique, essentiellement asymptomatique. Donc, beaucoup de personnes ne se sentent pas concernées, ne se sentent pas toujours porteuses du virus et ne se présentent pas toujours dans des centres de dépistage, alors que les gens sont parfois porteurs du virus, sans le savoir. En dépistant le maximum de personnes, on augmente la chance de retrouver le maximum de cas positifs qui seraient au sein de la communauté. Lorsque l’on dépiste beaucoup de personnes avec un diagnostic qui est très précoce, cela optimise, cela augmente leur chance de survie. Et surtout, comme la population africaine est relativement jeune, on n’aura pas beaucoup de décès.

À vous entendre, il faudrait tester beaucoup plus massivement les populations et pas seulement les cas suspects…

Oui, on doit dépister le maximum de personnes. Nous devons aller vers un dépistage systématique, offrir à toute la population, à celui qui se sent un peu à risque ou celui qui a envie de faire son test… Je pense que ce doit être cela, notre stratégie à ce stade. Il faut tester, tester, tester suffisamment et assurer la prise en charge, donc isoler les cas positifs, pour leur offrir la possibilité d’une meilleure prise en charge. C’est ce qui pourra permettre de rompre la chaîne de transmission.
« De façon générale, la maladie a désormais une transmission communautaire, ce qui rend difficile son contrôle ».

Ces mots sont ceux de Michel Yao, le responsable des opérations d’urgence de l’OMS en Afrique. Vous êtes d’accord avec ce constat ?

Oui, je suis tout à fait d’accord. La transmission est communautaire en Afrique, et cela est actuellement extrêmement inquiétant, parce qu’on constate par ailleurs un relâchement des mesures de prévention, donc des gestes barrière, la distanciation… La population est en train de revenir progressivement à une vie normale, alors que nous sommes encore en pandémie. Donc, ces relâchements sont un risque extrêmement important et cela peut entretenir la transmission communautaire et rendre difficile la gestion de l’épidémie.

Le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint, visiblement, sur le continent. Est-ce qu’il est possible de prévoir le moment où il se sera ?

Actuellement, nous sommes près de 872 000 cas sur le continent, avec plus de 18 000 décès. Mais malgré cela, il est difficile actuellement de dire de façon formelle si le pic est atteint ou pas. Parce que, lorsque l’on regarde les courbes épidémiologiques dans certains pays, nous nous rendons compte qu’il y a souvent des variations. Il y a une tendance parfois à la baisse, qui dure un peu, et après il y a une légère montée, encore. Mais je pense que, ce qui est important, c’est de prendre conscience -encore-, de l’existence de l’épidémie, de prendre conscience de la fragilité de nos systèmes de santé, et donc, de renforcer la communication, encourager la population à aller davantage vers les structures -les centres de dépistage-, et à accepter l’isolement ou l’hospitalisation lorsque le résultat est positif.

La Covid-19 malmène le petit commerce au Sénégal

APA-Dakar (Sénégal) : Par Oumou Khary Fall-A quelques heures de la célébration de la fête de Tabaski, commerçants et tailleurs peinent à écouler leurs articles. Tous pointent du doigt la pandémie de nouveau coronavirus.
Le marché Tilène, en plein de Dakar, refuse du monde en cette veille de célébration de la fête de l’Aid El Kabir. Sur fond de musique traditionnel, les vendeurs rivalisent d’ardeur pour attirer les clients. En vain. Derrière sa table, garni de robes traditionnelles prêt-à-porter pour enfant de 2 ans à 15 ans, le vieux Cheikhouna Same guette les clients. «  Je vends des robes pour enfants depuis 2003, mais pour cette Tabaski, les clients sont un peu rare, il m’est très difficile de vendre 15 robes par jour » ? lâche-t-il derrière son masque de protection.

Pas au bout de sa peine, il ajoute : « Cette situation est certainement due au Coronavirus. Les gens n’ont pas beaucoup d’argent et d’autres dépenses les attendent ailleurs ».

A quelques encablures de là,  Assane Mbow, un jeune cordonnier, essaie en vain d’apostropher les passants. « Comme vous le voyez, les gens ne prennent même pas la peine de regarder nos articles », se plaint-il, l’air fatigué. A l’en croire, le coronavirus a beaucoup impacté sur la vente des chaussures locales qu’ils fabriquent « depuis plusieurs années ».
« D’habitudes nos clients viennent de la sous-région (Guinée Conakry, Gambie…) mais avec la fermeture des frontières terrestres, on n’a pas encore fabriqué 200 paires de chaussures, alors que d’habitude on en écoule au minimum  3000 paires», se désole le jeune cordonnier.
Au-delà des conséquences économiques de la pandémie, Assane Mbow déplore « la forte présence des chaussures importées de la Chine » qui inondent le marché sénégalais.
Chez Babacar, tatoueur à henné au marché HLM, l’on ne se bouscule pas non plus. Seules quelques-unes de ses clientes habituelles ont fait cette année le déplacement pour se faire de faux ongles, de faux cils ou se tatouer les mains et les pieds.
« Elles étaient plus nombreuses les années passées et je me faisais beaucoup d’argent. Mais cette année, peu d’entre elles viennent se faire belle à cause du virus qui circule », soutient-il.

Ce constat d’une activité morose est le même chez les vendeurs de tissu. Ici l’affluence n’est pas au rendez-vous.

« Nous avions une forte clientèle étrangère qui venait acheter des tissus ou des boubous déjà confectionnés. Mais cette fois-ci avec la pandémie la conjoncture est un peu difficile, les sénégalais ont juste acheté des tissu +Bazin riche+ qui ne sont pas très chers. Cette année les tissus de luxe sont zappés », se désole Moussa Gueye vendeur de tissu et de boubou africain prêt-à-porter.
Tout compte fait, les Sénégalais comptent bien fêter l’Aid El Kabir et ce, malgré la circulation active  du virus.OKF/ard/cgd/APA

Samba Ndiobène Kâ Et Aminata Assome Diatta Tuent La Tabaski Au Sénégal

https://www.xibaaru.sn Samba Ndiobène Kâ et Aminata Assome Diatta laissent les Sénégalais à la merci des spéculateurs
Que faut-il faire face à l’incompétence des ministres Samba Ndiobène Kâ et Aminata Assome Diatta. Voilà deux ministres qui viennent d’étaler toutes leurs limites avec la fête de la tabaski. L’année dernière, beaucoup de chefs de famille n’avaient pu se sacrifier à la tradition et avoir un mouton, faute d’approvisionnement en nombre suffisant de moutons. Pour cette année, ce n’est pas le cas, il y a eu des moutons suffisants, mais une hausse exagérée de leurs prix.
Pourtant à Xibaaru, nous n’avions de cesse d’alerter sur les conséquences fâcheuses du manque d’initiatives, mais aussi de prises de décisions adéquates de la part du ministre Samba Ndiobène Kâ pour permettre d’éviter une telle situation. Voilà ! Samba Ndiobène Kâ a voulu corriger son échec de l’année dernière en approvisionnant à suffisance le marché en moutons, tout en ne tenant pas compte que la tabaski de cette année, coronavirus oblige, se déroule dans un contexte particulier. Un facteur important dont il fallait tenir compte, mais que lui, a royalement ignoré.
Samba Ndiobène Kâ a, à la limite, poussé les vendeurs de moutons à verser dans la surenchère en procédant à une hausse effrénée des prix du mouton. Au lieu de prendre toutes les dispositions nécessaires en empêchant qu’une telle situation n’arrive, c’est Samba Ndiobène Kâ lui-même qui incite les vendeurs de moutons à faire dans la surenchère, en jetant la panique au sein des populations. Il a créé la psychose en demandant aux populations d’acheter leur mouton, cinq jours avant la tabaski, faute de quoi, elles s’exposent à une hausse des prix du mouton.
Une déclaration irresponsable de la part du ministre de l’Elevage qui offre là une véritable aubaine aux vendeurs de moutons d’augmenter les prix, alors qu’avec la covid-19 qui a conduit à une baisse des activités économiques, tout le monde savait les conséquences que cela pourrait entraîner.
Aminata Assome Diatta, ministre du Commerce n’est, elle aussi exempte de reproches. Qu’a fait cette dame pour éviter la flambée des prix de certaines denrées. Rien, sauf qu’elle s’est montrée impuissante face à la situation. Tout le monde sait que certains commerçants spéculateurs n’attendaient que la fête de la tabaski pour pouvoir résorber leurs déficits liés à la crise née de la covid-19 en augmentant les prix face à des Sénégalais impuissants du fait de l’incompétence de Mme Aminata Assome Diatta qui n’a jamais su prendre les mesures idoines permettant de faire face à la situation.
Ainsi pour cette année, les consommateurs sénégalais ont fait les frais de l’incompétence des deux ministres qui ne se soucient guère de leurs conditions de vie.La rédaction de Xibaaru

LE MESSAGE DE MACKY SALL AUX JEUNES

NETTALI.COM  – Comme lors de la fête de Korité, le Président Macky Sall a effectué la prière de l’Aid-el-kabir chez lui à cause de la pandémie de Covid-19. Dans son message, le chef de l’Etat s’est particulièrement adressé aux jeunes pour les sensibiliser sur les dangers du coronavirus.
Le virus est toujours parmi nous et il reste actif. C’est le message que le président de la République a tenu à faire comprendre aux Sénégalais. Macky Sall s’est exprimé après la prière de l’Aid-el-kabir qu’il a effectuée chez lui avec sa famille. Selon lui, il faut renforcer la mobilisation contre la pandémie de Covid-19. Et ce sont les jeunes qui ont un rôle central à jouer, d’après Macky Sall. “Au début, on disait que la maladie ne pouvait pas atteindre les jeunes. Mais on se rend compte que personne n’est épargné“, souligne le chef de l’Etat. Qui admet que l’écrasante majorité des personnes décédée du Covid-19 sont des sujets âgés. “C’est pourquoi, dit-il,  les jeunes doivent protéger les personnes âgées. Quand on aime ses parents, on les protège.
Le chef de l’Etat a, par ailleurs, salué le travail remarquable des soignants. Aussi bien dans les hôpitaux que dans les Centres de traitement des épidémies (Cte). “Le gouvernement aussi a fait des efforts, mais il nous faut redoubler de vigilance“, a dit le président de la République. Qui appelle au respect des mesures barrières, notamment le port du masque et la distanciation sociale.
Malgré tout, le chef de l’Etat salue la résilience du Sénégal et de l’Afrique en général contrairement à d’autres parties du monde où on compte des millions de cas.

Le message de Idrissa Seck au peuple Sénégalais.

https://www.dakaractu.com A l’occasion de cette belle fête de Tabaski, il me plait d’adresser à l’ensemble du peuple sénégalais, d’ici et de la diaspora, mes meilleurs vœux de sécurité, de bonne santé et de prospérité.
Je partage avec vous les peines engendrées par la pandémie qui nous frappe avec son lot de conséquences économiques et sociales qui rendent le quotidien des populations encore plus difficile. Je n’ai aucun doute cependant qu’à force de travail et d’engagement patriotique, le génie du peuple sénégalais viendra à bout de cette crise multiforme.Bonne fête et Dewenati à tous, Idrissa SECK, Président Parti Rewmi

Tabaski : Le sermon de Serigne Mountakha

https://www.beut7.com Après la prière de la Tabaski à Touba, le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a appelé au pardon et à la droiture. “Je pardonne à tout le monde et je demande à ce que tout le monde se pardonne mutuellement. La droiture ouvre toutes les portes. Ayons plus de considération envers notre religion et renforçons notre attachement à Serigne Touba”, a déclaré le marabout.  Avant de poursuivre : “C’est grâce à Serigne Touba  que nous sommes parvenus à surmonter certaines épreuves. Que Dieu nous assiste davantage et nous aide à avoir un bon hivernage”

TOUBA/LE KHALIFE EN 03 MINUTES : «Je pardonne à tout le monde…La droiture est la porte de tous les bienfaits…Plus de considération à notre religion»

https://www.dakaractu.com C’est dans un discours succinct de moins de trois minutes que le Khalife Général des Mourides a circonscrit son message annuel à l’occasion de l’Aïd-El-Kébir.
Serigne Mountakha Mbacké Bassirou,  à la suite du khoutba et des 2 rakas dirigés par Serigne Fallou Mbacké Abdou Khadre,  a souhaité que tous les musulmans s’accordent le pardon et se mettent davantage à adorer le Seigneur.
« Je pardonne à tout le monde et je demande à ce que tout le monde se pardonne mutuellement. La droiture est la porte de tous les bienfaits. Ayons plus de considération à notre religion et renforçons notre attachement à Serigne Touba. Toutes les vertus sont diffuses dans le statut de talibé. Serigne Touba n’a fait que suivre le prophète ».
Le Patriarche de Darou Miname de poursuivre son discours « c’est grâce à Serigne Touba  que nous sommes parvenus à surmonter  certaines épreuves. Que Dieu nous assiste davantage et nous aide à avoir un bon hivernage et que nos espoirs soient concrétisés ».
Comme pour les années précédentes,  le Khalife avait à ses côtés une grande partie des dignitaires mourides dont son porte-parole Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre.

Imam Thierno Seydou Nourou Tall : « La covid-19 est un des signes de la volonté divine »

https://www.dakaractu.com Aujourd’hui, la communauté musulmane célèbre la fête de la Tabaski sous un climat de pandémie qui est, selon l’Imam Ratib de la mosquée Omarienne, « un des signes du Tout Puissant qui a voulu nous donner des enseignements par rapport à nos comportements de tous les jours ».
Ainsi, il insistera dans son Kut’Ba d’après prière sur certaines habitudes qui pourraient justifier cette épidémie que nous sommes en train de vivre. Revenir sur nos valeurs et nos coutumes sont donc plus que jamais nécessaire pour faire revivre ce que nous ont laissé nos aïeux.
L’Imam Thierno Seydou Nourou Tall a également appelé les fidèles à prendre conscience de l’urgence de se conformer aux recommandations de Dieu. Cette crise est  donc, selon l’Imam de la mosquée Omarienne,  » une occasion pour tout musulman de se ressaisir et de se débarrasser de ses actes qui tendent à dégrader nos valeurs, notre histoire et notre religion…

Médina Baye : L’appel de Serigne Mahy Niass à l’Etat

https://www.dakaractu.com Médina Baye célèbre ce vendredi l’Aid El Kabir. A cet effet, l’imam de la grande mosquée, Cheikh Ahmed Tidiane Aly Cissé a dirigé la prière en présence des fils, petits-fils et talibés de Baye Niass.
Parlant au nom du Khalife général de Médina Baye, le vice-khalife, Serigne Mahy Niass, a invité l’Etat du Sénégal à redoubler d’efforts en dépit de ses nombreux chantiers pour booster l’économie du pays.
« Que nos prières soient exaucées afin que cette pandémie puisse être éradiquée le plus rapidement possible. C’est l’occasion aussi d’inviter nos gouvernants à redoubler d’efforts parce que tous les actes que l’Etat pose ont forcément un impact sur la population. Soyez pleins de sollicitude à l’égard de la population qui a décidé de vous confier ses biens. C’est vrai, vous êtes en train de faire des efforts et  c’est bien, mais pressez davantage le pas pour que le père de famille soit à l’abri de certains besoins. Construisez des écoles et aidez davantage vos gouvernés car ces derniers ont tout fait pour vous à travers leur soumission et les prières qu’ils formulent tous les jours à votre endroit… », a-t-il souligné.
Pour sa part, l’imam de la grande mosquée a rappelé la quintessence de l’Aïd El Kabir avant de prier pour un Sénégal de paix et de prospérité…

Massalikoul Djinane : Pour l’imam Serigne Moustapha Mbacké Abdou Khadre le coronavirus est une punition divine contre ceux qui vivent dans le péché.

https://www.dakaractu.com Massalikoul Djinaan a accueilli ses fidèles pour la prière de l’Aïd El Kébir dans le respect des mesures barrières. La prière a été dirigée par Serigne Moustapha Mbacké ibn Serigne Abdou Khadre Mbacké, qui a prononcé un serment en langue arabe, puis en Wolof.
Lequel frère aîné de l’actuel porte-parole de la confrérie mouride, Serigne Bass Abdou Khadre, a d’emblée évoqué la pandémie du nouveau coronavirus. L’imam a tenu des propos similaires à certains chefs religieux lors de son sermon de la grande prière : « Cette maladie est une sanction divine pour le monde entier. Donc, seule la prière pourrait protéger les gens », a-t-il déclaré.
Il a rajouté encore que l’épidémie était une punition divine pour ceux qui vivent dans le péché. « Le coronavirus est une punition divine contre les mauvais comportements des croyants », a-t-il insisté. L’Imam a ainsi assimilé la propagation du virus à un « acte d’Allah » pour « rappeler à l’ordre les croyants ».
Il est urgent de se repentir, selon l’imam Serigne Moustapha Abdou Khadre . « Obéir à Dieu protège l’humanité contre des maladies telles que le coronavirus », enseigne l’Imam. D’après lui, les hommes seraient épargnés par le virus s’ils sont sur le droit chemin.
Serigne Moustapha Abdou Khadre a incité les fidèles à adorer Dieu, faisant  référence au Saint Coran, à la Sunna du Prophète et aux enseignements de Serigne Touba. L’Imam a rappelé pourquoi chaque année, nous célébrons la Tabaski, l’une des plus grandes fêtes de la religion musulmane.
Le marabout a rappelé que «dans la vie sur terre, nous sommes soumis à des interdits à éviter et des recommandations à respecter. « Le Coran  demande aux fidèles de s’éloigner des interdits et des péchés », a-t-il enseigné.
Faisant allusion aux enseignements de Serigne Touba, l’imam Moustapha Mbacké a insisté sur la réconciliation et le pardon. Dans le sillage de la célébration de la Tabaski, l’imam a prié afin que tous les vœux des musulmans soient exhaussés par Dieu afin que la pandémie soit endiguée.

Thiès : «Comment peut-on céder des hectares à une seule personne au moment où les populations n’ont pas de toits?» (Imam Babacar Ndiour)

https://www.dakaractu.com Marquée par la pandémie à coronavirus, la célébration de la fête de l’Aïd El Kébir s’est déroulée à la mosquée de Moussanté. Soumis au respect des mesures de distanciation minimale et du port de masques, les fidèles ont sacrifié à la traditionnelle prière des deux rakkas en respectant les consignes des autorités sanitaires.
Comme à l’accoutumée, l’imam Tafsir Babacar Ndiour n’a pas dérogé à la régles. Il a, dans son sermon, passé en revue presque toutes les questions qui ont émaillé l’actualité ces derniers jours.
Evoquant la question foncière, l’imam Tafsir Babacar Ndiour a déploré les dérives enregistrées sur le foncier. « Comment peut-on céder des hectares à une seule personne au moment où les populations n’ont pas de toits », s’est-il interrogé.
Interpellé sur la question foncière, le leader du mouvement « Siggi Jotna », Abdoulaye Dièye qui a pris part la prière de deux rakkas est d’avis que « les autorités sont en train de travailler pour une meilleure organisation dans la gestion du foncier ». Cependant,  il a invité les autorités à accélérer le processus mais aussi à la sauvegarde du foncier pour l’intérêt des citoyens.

Layenne : «Toutes les mosquées doivent être rouvertes»(Serigne Mandione Lahi, porte-parole)

https://www.dakaractu.com Le porte-parole de la communauté Layenne, Serigne Mandione Thiaw Lahi a, à l’occasion de la prière de l’Aid El Kébir, célébrée, ce vendredi 31 juillet, plaidé pour la réouverture des mosquées.
L’absence de prière dans plusieurs mosquées du pays notamment à la grande mosquée de Dakar a motivé son intervention.
Selon le guide spirituel, les lieux de cultes peuvent bien sacrifier aux prières collectives en s’inscrivant aux recommandations édictées par les spécialistes de la Covid-19.
Il est aussi revenu sur la stratégie déroulée par vision 129 rassemblant les jeunes fidèles pour une bonne organisation de la prière de la présente édition.
Serigne Mandione Thiaw Lahi s’est aussi exprimé sur les raisons de la prière qui s’est tenue un peu plutôt que d’habitude en raison de la pandémie.

Ousmane Sonko : “L’instrumentalisation de sensibilités ne saurait prospérer dans Pastef”

https://www.beut7.com Le leader du parti Pastef/Les patriotes, Ousmane Sonko, s’est, lui aussi, adressé aux Sénégalais, à l’occasion de la Tabaski célébrée ce vendredi. Le député en a profité pour revenir sur ses relations avec Me Abdoulaye Wade, la religion et surtout sur le «projet» de son parti, précisant que «l’instrumentalisation de sensibilités ne saurait prospérer dans Pastef».

l’intégralité de sa déclaration

Chers compatriotes,

Au sortir des meilleurs jours de l’année, il nous fait plaisir de nous adresser à tous nos compatriotes ce jour d’Arafat (ndlr, le message a été délivré hier), où Le Tout Miséricordieux a transformé l’épreuve en fête.
Le sacrifice d’Abraham, que les musulmans du monde entier vont perpétuer en communion (aujourd’hui), est la manifestation suprême de la confiance au Tout Puissant.
À Pastef, nous croyons fermement que la politique dans laquelle nous nous investissons est une forme d’adoration, car notre seul objectif étant le mieux-être de chaque Sénégalais. Sans absolument rien attendre en retour.
Sans moyens, nous nous sommes investis corps et âmes pour servir le peuple, sourds et aveugles à toute tentative de corruption et résistants à tout obstacle ou peau de banane.
Une telle entreprise nécessite de la patience. Une patience à toute épreuve. Le pouvoir n’est pas une fin en soi. Il est du domaine de Dieu.
Une victoire ne se matérialisera pas par l’obtention de ce que l’on désire, mais par la mise en œuvre de tous les moyens légaux à notre disposition

Chers compatriotes,

Après l’annonce des Vap, la maladie nous a empêchés d’être dès le début à vos côtés. Nos craintes d´un relâchement de l’initiative ont rapidement fait place à l’étendue verdoyante de 200 ha de terres labourées par des patriotes conscients des enjeux de l’heure.
Cette conscience citoyenne, révélée une fois de plus par la réussite de la campagne de don de sang vient de se perpétuer à travers les Vaps. Nous comptons la poursuivre à travers des Week-end d’Actions patriotiques (WAP). Il s’agira de mener des activités de reboisement, de promotion de comportements sains, etc.)
Nous magnifions cette conscience citoyenne qui nous porte même à croire que beaucoup de patriotes méritent autant sinon plus que nous notre place de président des patriotes.

Chers compatriotes,

Soyez conscients que nos pas de géants ne font pas que des heureux.
Ils suscitent la jalousie, qui mène à la haine.
La jalousie s’est dressée devant tous ceux qui se sont mis résolument debout pour promouvoir le bien, en combattant un système. Tous les hommes politiques véridiques en ont fait les frais.
Serigne Touba Khadimou Rassoul a très bien expliqué ce vil et dangereux sentiment, qui détruit d’abord celui qui l’eprouve, dans Houtbou zawal.
Le Prophète Insa en a fait les frais. Mais il est resté résolument sur la voie de la droiture jusqu’à son ascension, car son entreprise, le bien être de l’humain, en vaut la peine.

Chers compatriotes,

Nul ne saurait se réclamer de la religion et chercher à séparer et semer la discorde entre les gens. Quand on se réclame de la religion on doit avoir un cœur pur pour souhaiter à l’autre tout ce qui lui arrive de bien.
Beaucoup de personnes ignorent mes relations avec le Président Abdoulaye Wade, mais sachez que je l’apprécie surtout pour sa générosité de cœur envers tous, même ses adversaires. Bien que nos intérêts politiques soient divergents, il a été le premier à me mettre en garde contre la jalousie et la haine.

Chers compatriotes,

Le projet Pastef n’est pas un projet religieux.
Il est large et il est juste un projet ayant en son cœur l’humain. Ce projet veut ce qu’il y a de meilleur pour les fidèles de chaque religion, de chaque confrérie, de chaque ethnie.
La politique devrait permettre la mise en commun de tout ceci et ne devrait en aucune façon être une source de division et de menace sur la paix et de la cohésion sociale qui ont toujours prévalu au Sénégal.

L’instrumentalisation de sensibilités ne saurait prospérer dans Pastef.

Parce que Pastef ne fonde pas son espoir sur l’appartenance à tel ou tel groupe, plutôt que tel autre. Il se fonde sur l’amour qu’a chacun des 16 millions de Sénégalais pour la bonne gouvernance, les valeurs communes, la démocratie, et leur engagement pour la lutte contre le clientélisme et le recouvrement de la souveraineté.
Chers compatriotes, je vous donne rendez-vous très prochainement pour de l’action, car Pastef est un parti d’action.

Le message de Khalifa Ababacar Sall

À l’instar de la Oumah islamique, notre pays célèbre l’Eid El Kebir marquant la commémoration du sacrifice d’Abraham.
En ces moments de pardon et de grâces, j’adresse mes vœux les meilleurs à la communauté musulmane.
Je souhaite à toutes les familles une excellente fête dans la ferveur et la joie malgré la morosité du climat social marqué par la persistance de la pandémie de la covid 19 et ses conséquences économiques, sociales et sanitaires.Eïd Mubarak !

Les vœux de Abdoul Mbaye

L’ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, présente ses vœux aux sénégalais en cette période de Tabaski.
“L’Aïd El-Kebir (Tabaski) rappelle le sacrifice du prophète Abraham. C’est un moment de totale dévotion, de compassion, et donc de paix et de partage.
Que l’Homme puisse pardonner son prochain et que la grâce de Dieu se répande sur nous.
Je vous souhaite une très belle fête de Tabaski. Une pensée pour nos compatriotes qui loin des leurs ne sont pas en mesure de la célébrer en famille. Dewenety!”

Le message de Thierno Alassane Sall.

https://www.dakaractu.com C’est avec un plaisir renouvelé que nous nous adressons à vous en cette heureuse occasion de la fête de Tabaski. Nous rendons grâce à Allah qui nous a permis de célébrer ce jour béni dans la quiétude, la joie et la santé.
Nous avons la chance d’être au RV d’une nouvelle période de grâces et de réjouissances.
Excellente fête à toute la Ummah islamique..
Que la pandémie qui entache toutes les activités humaines de cette année 2020 soit très vite un mauvais souvenir.
A cet effet, en plus de nos prières, observons les gestes barrières, que l’on tend d’autant plus à oublier qu’il y a un dangereux relâchement collectif. Se protéger, c’est également protéger toutes les personnes que nous visitons pour présenter nos vœux et nos souhaits de longévité.Aïd Mubarak à toutes et à tous !

Le message de Karim Wade «Assalamu alaikum wa Rahmatullahi wa Barakatuhu

Au nom d’Allah, le Clément et le Miséricordieux,
Chers compatriotes, nous célébrons cette année la fête de l’Aid El Kébir dans un contexte très particulier, marqué par la lourde présence de la pandémie du Coronavirus dans notre pays et partout à travers le monde.
En cette occasion, je voudrais d’abord rendre grâce à Dieu, Le Tout Puissant, qui par sa majestueuse volonté nous a permis de sacrifier encore à sa recommandation, perpétuée depuis l’époque du prophète Ibrahim. Que la Paix d’Allah soit sur Lui.
Je voudrais ensuite formuler, des vœux chaleureux de prompt rétablissement à l’endroit des malades et des prières ardentes pour le repos de l’âme de celles et ceux qui ont été arrachés à notre affection au cours de l’année.
La situation sanitaire inédite en cours nous appelle tous, quelle que soit notre appartenance politique, ethnique ou religieuse à travailler de concert, pour endiguer la pandémie du coronavirus, en respectant les mesures barrières recommandées par les autorités de la santé.
Cette année plus que les autres, nous prierons ALLAH (SWT) d’accepter notre sacrifice ainsi que nos invocations pour plus de santé, de sérénité, de sécurité et de stabilité au Sénégal et dans notre sous-région.
J’implore enfin, en ce jour sacré, célébré par les musulmans du monde entier, le pardon de chacune et de chacun d’entre vous tout en vous adressant mes chaleureux vœux de bonheur et de réussite.Baal leen ma akh, baal naa leen !Que Dieu veille sur le Sénégal et l’Afrique !Déwenati !Karim Wade, Doha, le 30 juillet 2020″

GOUVERNEMENT D’UNION–Qui ça peut bien intéresser ?

NETTALI.COM  La montagne risque d’accoucher d’une souris, au sujet du Gouvernement de majorité présidentielle élargie ainsi théorisé. Le Pds a officiellement décliné l’offre ; tandis qu’à Rewmi, des voix qui engagent la parole de Idrissa Seck, ne sont pas consentantes.

Toute la question est maintenant de savoir qui ça peut bien intéresser de faire dans l’entrisme, à part des politiques sans poids électoral consistant et en perte de vitesse ?

Au moment où le Comité de pilotage du Dialogue national (Cpdn), dirigé par Famara Ibrahima Sagna, fait son bilan à mi-parcours, via la réalisation d’un documentaire, des voix, au sein de l’opposition significative se font entendre pour exclure toute perspective d’enter dans le Gouvernement de majorité présidentielle élargie annoncé par les cancans. Pourtant, de nombreux chroniqueurs croyaient savoir que ces concertations devaient déboucher sur la mise en place d’un Gouvernement dit « d’union nationale », sous le mode sous lequel Me Abdoulaye Wade intégra à deux reprises l’équipe d’Abdou Diouf dans les années 90, consécutivement à la pacification de l’espace politique, via la mis en place d’un Code électoral consensuel.
Invité mercredi passé à l’émission « Faram Facce », Doudou Wade a soutenu que contrairement à une rumeur répandue, le Parti démocratique sénégalais n’est pas obnubilé par une entrée dans le gouvernement. « Le Pds a défini depuis longtemps quel comportement il doit adopter, une fois dans l’opposition. Nous ne sommes pas un parti qui va participer à ce gouvernement. Nous resterons un parti d’opposition parce que nous avons des solutions pour les Sénégalais. Notre responsabilité n’est pas de participer à un gouvernement. Nous sommes un parti de conquête du pouvoir », a éclairé l’ancien président du groupe parlementaire affilié au Parti démocratique sénégalais.
Ce neveu du président Wade accuse toutefois la bande à Oumar Sarr de négocier en messe basse pour intégrer l’attelage.  Il trouve que « le gouvernement d’union nationale, s’il voit le jour, n’ira pas loin ». Aussi, souligne-t-il que certes le président Sall est « esseulé depuis la suppression de la Primature »,  mais, dit-il, il a assez de collaborateurs pour travailler, tout en « laissant l’opposition s’opposer ».
La position de Rewmi de Idrissa Seck est toutefois moins claire. Si l’ancien Premier ministre observe l’omerta sur ce dossier, un élément de son entourage de premier cercle, Yankhoba Seydi en l’occurrence, dit que la formation politique orange n’est pas prête à rejoindre le gouvernement de Macky Sall. Seydi, qui était invité ce 28 juillet à Rfm Matin, n’a toutefois pas manqué de mettre en garde certains responsables de Rewmi qui « s’activent » dans l’ombre pour pouvoir intégrer l’attelage gouvernemental. « Cela peut intéresser d’autres. Je sais qu’il y a des responsables de Rewmi qui s’activent dans l’ombre, mais je les avertis, ils ne doivent pas trahir les valeurs du parti», prévient-il.

Ce que Yankhoba Seydi n’a pas mentionné : d’éminents membres de la méga-coalition qui a soutenu la candidature de Idrissa Seck, à la dernière présidentielle, tels que Mamadou Diop Decroix et surtout Malick Gackou, sont soupçonnés de vouloir intégrer l’attelage.

Ont-ils l’onction de Idy ? Mystère et boule de gomme !
Ousmane Sonko, arrivé 3e à l’élection de 2019 et des leaders de l’opposition de moindre envergure électorale, réunis dans le Congrès de la renaissance démocratique, ne sont pas non plus partants, en ce qui concerne le gouvernement ainsi mis en perspective historique.
Toutes choses qui amènent à se demander qui ça peut bien intéresser de rejoindre le gouvernement de Macky Sall ? L’offre est d’autant plus inopportune que l’économie sénégalaise, en direction de 2024, subira les contrecoups néfastes du coronavirus qui viennent exacerber « la tension de trésorerie » alléguée avant l’apparition de la vague pandémique
Le dialogue pourrait ainsi se réduire à l’exigence de meilleures conditions démocratiques pour des élections moins contestées. Pour le Pds, il peut s’agir d’une voie pour obtenir la réhabilitation de Karim Wade. Et au milieu de tant d’incertitudes, demeure le mystère sur la volonté prêtée à Macky Sall de briguer un 3e mandat.

MACKY, OUMAR SARR ET ALIOU SOW–DOUDOU WADE DÉBALLE

NETTALI.COM – Au lendemain de la création d’un parti politique par les « exclus » du Parti démocratique sénégalais sous la houlette de Oumar Sarr, Doudou Wade monte au créneau. L’ancien président de groupe parlementaire croit savoir que les pourparlers entre Macky Sall et l’ex-maire de Dagana datent de longtemps. C’est ainsi qu’il est revenu sur les péripéties de la mise à l’écart de Aliou Sow, en dévoilant le rôle secret joué par l’ex-numéro 2 de la formation politique sopiste.
Ce mercredi 29 juillet, Doudou Wade, invité de l’émission “Faram Facce” de la Tfm, n’a pas raté Oumar Sarr et Cie. C’est ainsi qu’il a fait des révélations sur les péripéties de la mise à l’écart de Aliou Sow, ancien ministre de la Jeunesse sous le magistère de Me Abdoulaye Wade.
Tout a commencé quand Mamour Cissé, consécutivement aux législatives de 2012, a renoncé à son mandat de député. Aliou Sall devait le remplacer. Selon le récit de Doudou Wade, Oumar Sarr a manœuvré dans l’ombre pour que ce soit Mamadou Lamine Keïta et non Aliou Sow qui hérite du siège. D’ailleurs, à en croire M. Wade, Macky Sall en avait discuté avec l’ex-maire de Dagana et que, par la suite, Aliou Sow a été reçu par Moustapha Niasse. Suivant les termes de l’arrangement secret, M. Sow devait aller au Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) en renonçant au mandat de député. Doudou Wade en déduit que les pourparlers en tapinois entre le chef de l’Etat et Oumar Sarr, datent de longtemps.
Auparavant, Pape Ngagne Ndiaye l’a interrogé sur la nomination de plusieurs secrétaires généraux adjoints alors que dans les statuts du Parti démocratique sénégalais, un seul poste de secrétaire général adjoint est prévu.  « Le Parti démocratique sénégalais a toujours fonctionné comme ça et Oumar Sarr s’accommodait bien de ce mode de fonctionnement, auquel il doit son ascension. Quand Me Wade en faisait coordonnateur en 2012, il n’avait demandé la permission à personne. On peut aussi lui répondre que ce n’est pas normal de cumuler les postes de coordonnateur et de secrétaire général adjoint et pourtant, il l’a fait par le bon vouloir de Me Abdoulaye Wade», répond M. Wade. Mieux, précise-t-il, quand Oumar Sarr était aux commandes, il utilisait les mêmes méthodes. Il en veut preuve : les rares fois où le Secrétariat national s’est réuni, quand Sarr était coordonnateur, ce fut pour exclure Fada Diagne, Pape Samba Mboup ou encore Farba Senghor.
Doudou Wade souligne ainsi qu’Oumar Sar s’est exclu de fait en répondant favorablement au dialogue convoqué par Macky Sall, sans l’aval de la direction du Parti démocratique sénégalais. M. Wade, à ce propos, ébruite le contenu d’une conversation qu’il a eue avec l’intéressé, en présence de Lamine Thiam. « J’ai dit à Oumar Sar,  ce que tu fais là pour des raisons personnelles en participant au dialogue sans l’accord du parti, tu seras en face d’un mur que tu ne pourras pas escalader ».

Cheikh Ahmed Tidiane Ba (CATB) Dépanne 700 Ménages De La Médina

La Cellule d’appui pour le Triomphe du Benno (Catb) a adressé à la rédaction de xibaaru un communiqué à travers il est fait mention d’un don soutien  du Directeur général de la Caisse des Dépôts et de Consignations (CDC), par ailleurs Président de la CATB, Cheikh Ahmed Tidiane Ba, à 700 ménages de Médina en pour la fête de Tabaski. Selon le communiqué « des concitoyens de la Medina, sans distinction aucune, ont reçu, par transferts, des aides comprises entre 25000 et 500.000 francs CFA. »

Communiqué intégral du CATB

Tabaski 2020 : Cheikh Ahmed Tidiane Bâ vient  encore au chevet des populations médinoises
La solidarité est une priorité en période de crise. La fête de l’Eid El Kébir, en cette période de COVID, est assurément un moment opportun pour la manifester.
Suivant les enseignements du Prophète Muhammad (PSL) et la ligne directrice de la CATB,  basée sur le soutien constant aux couches surtout vulnérables, Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane Ba, le Directeur général de la Caisse des Dépôts et de Consignations (CDC), par ailleurs Président de la CATB, est encore venu au chevet des populations médinoises.
Pour cette année, le Président Cheikh Ba a apporté un modeste soutien à pas moins de 700 personnes ou ménages. Des concitoyens de la Medina, sans distinction aucune, ont reçu, par transferts,  des aides comprises entre 25000 et 500.000 francs CFA.
Aucune tranche de la population n’a été mise à l’écart, notamment les personnes âgées, les Imams, les délégués de quartiers, les jeunes, les femmes et les groupes des populations les plus vulnérables. Il reste évident, compte tenu de l’insuffisance des moyens, que tout le monde n’a pu en bénéficier car il a fallu malheureusement procéder à dés arbitrages.
Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane Bâ a, par ailleurs, envoyé, personnellement, un message écrit à des milliers de Médinois pour leur dire DEWENETI; ce qui a été fort apprécié par les populations, très sensibles à ces marques de considération qui subliment et priorisent la dignité humaine.
Le Comité de Pilotage de la CATB, salue ces actions humanitaires de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane Bâ et lui souhaite une excellente fête de Tabaski.
Il remercie aussi toutes les bonnes volontés internes au mouvement et les bienfaiteurs qui ont soutenu le Président dans ces nobles démarches.
Enfin, Le Copil saisit cette opportunité pour souhaiter une bonne fête de l’Aid El Kébir au Président de la République, son Excellence Macky Sall, à son épouse, à l’ensemble du gouvernement et aux populations de la Médina et du Sénégal.Fait à Dakar Dakar le 31 juillet 2020-Le Comité de Pilotage de la CATB

SERIGNE MODOU BARA DOLLY : « Je souhaite un audit de la distribution de l’aide alimentaire à Touba et la construction de routes à… »

https://www.dakaractu.com « Malgré la crise sanitaire qui a fini de provoquer une crise économique au Sénégal et dans le monde, le Président Macky Sall a bien été à la hauteur des attentes des Sénégalais… » voilà qui est l’avis de Serigne Modou Bara Dolly Mbacké. À Touba pour soutenir quelques familles en cette veille de Tabaski, le chef religieux et leader politique de l’Apr en a profité pour solliciter des routes pour plusieurs localités de la cité religieuse comme Sam, Tindôdi, Darou Karim et Touba Fall. Évoquant la distribution de l’aide alimentaire à Touba, il ne manquera pas de souhaiter la mise en place d’une mission d’audit pour éclairer la lanterne des populations sur ce qu’il considère comme étant une nébuleuse…

Audience Avec Macky : GOUDIABY Atepa Dans Le Prochain Gouvernement ?

http://www.walf-groupe.com Macky SALL et Pierre GOUDIABY Atépa se sont retrouvés, hier mercredi, au palais de la République. En dépit de la réunion du Conseil des ministres, le chef de l’Etat s’est aménagé un temps pour recevoir en audience l’architecte porteur d’un projet de développement.
Le chef de l’Etat a reçu, hier, en audience l’architecte Pierre GOUDIABY Atépa avec qui il s’est longuement entretenu. Des retrouvailles, loin de la politique, essentiellement axées sur des questions de développement économique. Car, indique Atépa, ce qui est important, c’est le devenir du Sénégal
Fondamentalement attaché à son projet «Nouvelle Route de l’Acier et de l’Aluminium», Atépa indique avoir trouvé une oreille attentive auprès de Macky SALL . «Il m’a demandé de lui faire un rapport détaillé qu’il aura dans 2 ou 3 semaines, pour voir les modalités pratiques de comment faire pour que effectivement notre pays puisse être un hub sidérurgique. Nous avons parlé également de la possibilité de faire du Sénégal un hub pour l’or, un grand comptoir pour raffiner l’or du Sénégal. En gros, il s’agit de grands programmes de développement de ce que j’ai appelé la révolution industrielle de l’Afrique après la Covid»,  explique Pierre GOUDIABY Atépa contacté par WalfQuotidien
Selon le fondateur du mouvement « Sénégal Rek », avec un tel projet, « les matières premières des pays environnants seront transformées ici, au Sénégal ». « C’était la base de notre discussion. Vous vous souvenez, quand je disais qu’on devait revoir en profondeur la base de notre option économique. Et là, je suis heureux de vous dire que le président a adhéré à 100 %»,  poursuit-il.  Avant d’ajouter :  «Maintenant, il faut qu’on voit les modalités de structuration de ce projet pour le bien de notre pays surtout dans le domaine sidérurgique»
L’architecte qui estime être entré en politique par accident se veut avant tout homme de développement. Et pour avoir bourlingué un peu partout, il se dit convaincu que le Sénégal dispose des ressources nécessaires à son essor économique. « On va pouvoir travailler pour le développement du Sénégal et non en politique. Mon incursion en politique c’était pour le développement. Mais puisqu’il a adhéré à 100 %, je suis là comme un technicien qui veut apporter son savoir-faire et ses relations internationales pour voir comment on peut développer ce pays»,  déclare GOUDIABY Atépa qui a réitéré à Macky SALL son souhait de le voir devenir Secrétaire général de l’ONU après son magistère.
Un discours qui pourrait inciter le président SALL à aller au-delà du projet d’Atépa en enrôlant l’architecte dans son prochain gouvernement. Ce dernier ne s’est certes pas épanché sur ce sujet, mais cette audience aux relents de consultation post-formation gouvernementale intervient au moment où il est prêté à Macky SALL l’intention de procéder à un  remaniement ministériel.

L’apériste Djibril Bâ distribue des kits à 50 familles démunies

https://www.lequotidien.sn Djibril Bâ a procédé, mardi dernier, à une remise d’équipements à la Croix Rouge dans le cadre de la riposte contre le Covid-19. Ce lot distribué par ce cadre de l’Alliance pour la République aux Parcelles Assainies est composé de masques, de javel, de savons, de gels hydro-alcooliques, entre autres. Mais aussi, la fête de la Tabaski ayant coïncidé cette année par la crise sanitaire et ses effets économiques et sociaux, le responsable du parti présidentiel a mis à la disposition d’une cinquantaine de familles démunies des Parcelles Assainies des kits alimentaires composés de pommes de terre, d’oignons, etc. «Je l’ai toujours fait, surtout en cette période de Tabaski, mais aussi à diverses occasions comme Pâques, la Korité», a-t-il dit face à la presse. Et il ajoute :  «Cette initiative vient à son heure, dans un contexte marqué par une crise sanitaire et sociale sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Je ne bénéficie d’aucun poste de responsabilités nominatives ou électives, mais je compte m’investir dans le social à l’image de mon leader, le président de la République Macky Sall, qui place le bien-être des populations au cœur des politiques publiques.» M. Bâ rappelle, en effet, que le chef de l’Etat a «offert 3000 moutons» aux populations vulnérables. Et cela, estime-t-il, «après avoir impulsé une distribution salutaire de denrées alimentaires à 1 100 000 ménages vulnérables dans 554 communes du Sénégal». Pour lui, c’est cela «un Sénégal en voie d’émergence». Djibril Bâ a, dans ce sens, invité ses camarades de parti à «penser à la population s’ils veulent aider le chef de l’Etat dans sa politique». Du côté des familles ciblées, c’est un grand soulagement.

Niamatoss UNE CHRONIQUE MÉDIA : De quoi Gassama serait-il coupable ?

http://www.enqueteplus.com/nod Les avocats des prévenus, dans l’affaire dite de la dame de Sacré-Cœur, sont-ils atteints du syndrome de Peter Pan, en voulant ériger une bulle qui mettrait leurs clients hors du champ du vrai débat ? Sachant que leurs clients sont dans un sacré pétrin qui les amènera à passer plus que la Tabaski en prison, ils n’ont rien trouvé de mieux que de s’en prendre au directeur d’Amnesty
International/Sénégal, Seydi Gassama.
Son ‘’crime’’ : avoir diffusé sur les réseaux sociaux la vidéo montrant les sévices infligés à la dame accusée de vol. Kekh kekh…, rigolons-en ! Que la famille de la dame, affligée par ces images, eût préféré leur non-divulgation et ne jamais les voir sur la toile, on aurait pu comprendre sa volonté de se prévaloir du droit à l’image. Mais que    les avocats des suspects de faits délictuels s’en prennent au défenseur des Droits de l’homme qu’est Gassama, on en boyaute ! Nul ne plaidant par procuration, donc ne pouvant parler au nom de la dame victime, c’est pour le compte de leurs clients prévenus dans l’affaire qu’ils reprochent à Gassama d’avoir mis sur la place publique les images incriminées.
La question est de savoir dans quelle mesure une personne peut-elle se prévaloir d’un droit à l’image pour empêcher ou dénoncer la diffusion de scènes filmées ou photographiées et dans lesquelles elle est impliquée ? En le faisant, que cherche-t-elle vraiment : à défendre son honorabilité (ou ce qu’il en reste) ou empêcher la production de preuves des crimes ou délits qu’elle aurait commis ? Il est évident que sans la diffusion sur les réseaux sociaux, comme évoqué dans ces pages, la semaine dernière, l’affaire de la dame de Sacré-Cœur n’aurait pas eu la même ampleur.

SE PREVALOIR DE… 

Récemment, sur le web, a été racontée l’histoire d’un jeune homosexuel banni et en errance sur une plage de Dakar. Les premières nuits où il a été chassé de son domicile familial, il explique avoir vécu une agression et, pire, avoir été violé par… trois gaillards. Qui en parle ? Personne ! Qui est-ce qui en était informé ? Personne ! Sauf, seuls les protagonistes, dont la victime, auteur du récit. Ce viol aurait-il été filmé par un témoin et lâché sur les réseaux sociaux, la chronique en eût été défrayée pour le moins ? Pas de témoins, pas de preuves, les criminels courent toujours librement.
Revenons-en aux faits de Sacré-Cœur. Il sera intéressant de savoir comment les juges vont trancher cette affaire, une fois qu’elle se retrouvera au tribunal. En attendant, rappelons que la protection du droit à l’image, qui est considéré comme un droit fondamental,  admet quelques limites. « Sont considérées notamment comme licites et exemptes d’autorisation, les images diffusées qui répondent au besoin de l’information du public (fait d’actualité, phénomène de société, fait divers tragique, catastrophe nationale ou internationale« , à condition que les images diffusées aient un rapport avec l’information véhiculée (Source agoravox.fr).
Les faits diffusés par le représentant d’Amnesty International sortent-ils de cette jurisprudence ? Non, manifestement ! Il y a lieu de relever, d’une part, que cette vidéo filmée par des témoins des atrocités circulait largement sous cape sur les réseaux sociaux, avant même que Gassama ne portât le débat sur la place publique. D’autre part, il existe plusieurs versions diffusées dont certaines qui floutent, fort heureusement, le corps et le visage de la dame. Laquelle est attribuable à Gassama ? En tout état de cause, le partage de la vidéo, quelle qu’en soit la motivation, aurait dû être précédé par le floutage de la dame. Sa personne en serait mieux respectée.
In fine, en diffusant de telles images sur les réseaux sociaux, Seydi Gassama enfonce certes ses auteurs, mais, et c’est sans doute cela son objectif principal, il contribue à décourager la répétition de tels faits attentatoires à la dignité humaine en général et féminine en particulier. Rappelons-le aux auteurs des faits incriminés, si besoin en est  : nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude !

TOUT A COUP, BT :

Certains lecteurs ont fait à Pépessou l’ultime flatterie de penser que derrière ce pseudo se cachait la plume de Babacar Touré. Que non ! Bab’s l’Eléphant… ou BT pour les « gars de Sud », avait une stature imposante et une plume savante et bien trempée qui ne font pas partie des prétentions de Pépessou. Dans la presse sénégalaise, son parcours en avait fait un pachyderme qui s’est affaissé, tout à coup,  ex abrupto, un certain dimanche, alors que personne ne s’y attendait.
Sa vie de journaliste aura été, en grande partie, celle d’un grand combattant pour le développement de la presse, la sauvegarde de sa liberté et des valeurs démocratiques au Sénégal. Parmi les moments les plus épiques de l’existence du groupe Sud Communication qu’il laisse derrière lui, il y a eu la forte opposition à Me Wade et son régime dont il fut pourtant un des proches à une certaine époque. Mécontent de la liberté de ton de certaines des ouailles de Sud, Babacar Touré fut alors combattu, jusqu’à l’esseulement, par le pouvoir de Wade qui voulait à tout prix la perte de son groupe de presse.
Comment évoquer l’essor des médias privés au Sénégal sans parler de son challenge fou avec sa bande de copains, au milieu des années 80, de lancer un hebdomadaire, ‘’Sud Hebdo’’, qui deviendra plus tard parmi les journaux de référence et donnera naissance à un groupe de presse parmi les plus influents du pays ? Ou encore Sud FM, qui devint, en 1992, la première radio privée sénégalaise. Il y eut aussi, LCA – La Chaîne Africaine, disparue depuis – première expérience de télé privée du Sénégal à vocation panafricaine, obligée de se baser à Paris d’abord et en Gambie ensuite, faute d’autorisation d’émettre depuis Dakar.
Journaliste devenu homme d’affaires, il était un influent conseiller de plusieurs chefs d’Etat de la sous-région, mais avait l’humilité et la discrétion pour étendard au point de refuser médailles et hommages. De BT, on aurait pu dire, il fit comme il put. Il fit courageusement et généreusement, pourra-t-on retenir. Avec Sidy Lamine Niasse, disparu il y a plus d’un an, il fait partie des figures marquantes de l’essor de la presse privée au Sénégal.Qu’il repose en paix auprès des élus de Dieu !PEPESSOU

Faidherbe ou la fascination du bourreau Par Boubacar Boris Diop

« L’art suprême de la guerre est de réussir à assujettir l’ennemi sans avoir à combattre » (Sun Tzu)
Nous sommes des milliers à passer, chaque jour que Dieu fait, devant le Théâtre National Daniel Sorano. Que savons-nous de son parrain qui fut, semble-t-il, un grand acteur français ? La réponse à cette question est aussi simple que troublante : nous ne savons rien de ce monsieur Sorano. À part un insignifiant hasard biographique – son père a été greffier à Dakar au début du siècle dernier – rien ne le rattache à notre pays. De son riche répertoire, pas une pièce ne concerne, même de loin, l’Afrique ou encore moins le Sénégal où il n’a du reste jamais mis les pieds.
On pourrait en dire presque autant du philosophe Gaston Berger dont une de nos meilleures universités porte le nom. « L’inventeur de la prospective » – comme Senghor aimait, curieusement, s’en vanter à tout bout de champ – né à Saint-Louis, petit-fils de Fatou Diagne, a toutefois quitté le Sénégal dès sa plus tendre enfance et, que l’on sache, n’y est jamais revenu.
Que l’histoire humaine soit avant tout ce qui en subsiste au fil des âges dans l’esprit des vivants, chacun en est bien conscient. Mais quoi de plus absurde qu’une mémoire historique tournant à vide ? On ne peut sommer un peuple de cultiver le souvenir de personnalités auxquelles rien ne le relie et qui n’ont eu aucun impact sur sa destinée. C’est pourtant, à en juger par ces deux exemples, ce à quoi nous conviait Senghor. Il aurait pu tout aussi bien, sous le même prétexte chic et tellement irritant – »métissage culturel », « civilisation de l’universel » – appeler ce théâtre « Alexandre Pouchkine » ou « Alexandre Dumas ».
Le plus remarquable toutefois, à mon humble avis, c’est qu’une situation aussi cocasse ne nous ait jamais fait ni chaud ni froid. En son temps, personne n’a cru devoir souffler avec déférence à l’oreille du président-poète : « Pourquoi pas Cheik Aliou Ndao, Aimé Césaire, Douta Seck ou Doura Mané ? » entre autres figures théâtrales majeures. Il se pourrait bien qu’au fond, nous nous en moquions complètement de ces noms au fronton des édifices publics. Peut-être aussi préférons-nous éviter toute confrontation avec notre véritable passé, si compliqué voire embarrassant à bien des égards, comme nous l’a délicatement rappelé Fadel Dia dans Sud Quotidien.
Que l’on me permette de donner un autre exemple de ce désir d’amnésie qui doit avoir des racines très profondes. À la fin du mois d’octobre 1986, le président Abdou Diouf et son ministre de la Culture, Makhily Gassama, ont fait construire le mausolée de Lat-Dior sur l’ultime champ de bataille de notre héros national. Avant cette louable initiative, Dékheulé et son fameux puits étaient complètement à l’abandon, comme j’avais eu l’occasion de m’en rendre compte moi-même avec stupéfaction. Eh bien, en fin 2017 un article du journal Le quotidien nous apprenait que trente ans après, le lieu était redevenu encore plus misérable qu’avant. Venant d’un peuple si prompt à exalter ses valeureux ancêtres, de telles attitudes incitent à parler, au moins, de schizophrénie. On n’a d’ailleurs pas assez relevé que de Lat-Dior lui-même à Aline Sitoé Diatta en passant par Alboury Ndiaye, Cheikh Omar Foutiyou Tall, Sidiya Ndaté Yalla Diop et d’autres encore, l’épopée de nos figures héroïques se conclut presque toujours par la disparition pure et simple de leur corps et souvent loin de leur patrie. Tombouctou. Dosso au Niger. Les falaises de Bandiagara. La forêt gabonaise de Nengue-Nengue. Ce sont là quelques-unes des terres lointaines où se sont perdues leurs traces. Pour toujours ? On espère bien que non.
Au final, seule une certaine désinvolture mémorielle peut expliquer qu’il n’y ait pas depuis 1960 une imposante statue – qui aurait pu être, quoi qu’on pense de lui par ailleurs, celle de Senghor – symbolisant notre accession à la souveraineté internationale. Le monument de la Renaissance ? Ses géants mal dégrossis ne daignent même pas nous regarder dans les yeux. On les dit occupés à scruter le soleil. Grand bien leur fasse. Eussent-ils été des éléphants ou des cachalots qu’ils ne nous parleraient pas davantage.
Ces réflexions m’ont été inspirées par la polémique en cours à propos d’un certain Louis-Léon César Faidherbe. À ce général français quasi caricatural – moustache fournie, binocles, menton volontaire, uniforme flamboyant – le Sénégal a déclaré sa flamme de mille et une manières. En plus de la statue et de la place qui sont aujourd’hui au centre de toutes les controverses, une avenue, un hôtel, des rues et, last but not least, le pont de Saint-Louis, lui ont été dédiés. Ce n’est pas tout, puisqu’à Dakar une autre de ses statues a trôné jusqu’en août 1983 en face du Palais de la République, dans la cour de l’actuelle Maison militaire.
L’homme ainsi glorifié a massacré, pillé, violé, incendié des bourgades et écrasé en toutes circonstances notre peuple de son mépris raciste. Le Professeur Iba Der Thiam a résumé avec sobriété ses sanglants exploits : « En huit mois, dit-il, Faidherbe a tué 20 000 Sénégalais. » Et c’est là une évaluation à minima. Tous ces crimes sont bien documentés et personne à ce jour n’a osé les mettre en doute. Soit dit sans passion, c’est se rouler dans la fange que de chercher la moindre excuse à un conquérant aussi brutal. Lors du siège de Fatick, le guerrier, comme enivré par sa propre cruauté, lâcha dans un petit moment d’abandon philosophique : « Ces gens-là, on les tue, on ne les déshonore pas ! » Très sympa, ce compliment, à l’instant même où il taillait en pièces les nôtres. Mais voilà : Senghor a tellement adoré ce propos condescendant qu’il l’a repris dans un somptueux poème de Chants d’ombre avant d’en faire la devise de l’armée nationale, pourtant une des institutions les plus respectées de ce pays. Il est temps de s’interroger sur cette humiliante anomalie.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Ma génération et celles qui l’ont précédée ne sont pas exemptes de reproches. Nous les aînés, avons fauté et c’est pourquoi la campagne Faidherbe doit tomber, initiée par des jeunes, ne peut que nous interpeller. On est bien obligé d’admettre que les symboles de la colonisation nous encerclent depuis soixante ans et que, pour être franc, ils n’ont jamais dérangé grand monde. J’avouerai moi-même sans façons n’avoir pas été épargné par une aussi étrange indifférence. Au plus fort de cette querelle sur la statue de Faidherbe, j’ai trouvé fascinant ce vide émotionnel, ce flottement mental qui empêche la victime de sentir les fers à ses pieds s’il ne l’amène à en aimer la musique… Pointer du doigt cette sorte de folie douce, ce n’est pas jeter la première pierre à qui que ce soit. Je sais bien que je suis mal placé pour sonner, avec des hurlements patriotiques, la charge contre une malheureuse statue. Après tout, malgré plusieurs années passées à Saint-Louis, je n’en avais jamais relevé l’incongruité ni peut-être même l’existence. À ma connaissance, à part Sembène, auteur en 1978 d’une lettre incendiaire à Senghor, personne n’avait protesté contre la statue de Faidherbe avant la présente campagne. Et Dieu sait si des milliers de rebelles en ont eu l’opportunité à Saint-Louis la turbulente ! Ndar-Géej en a vu défiler, des femmes et des hommes de refus qui avaient toutes les raisons de tenter un petit coup d’éclat contre cet oppresseur étranger continuant à crier victoire d’outre-tombe. Si tant d’ennemis de l’ordre colonial ou néo-colonial sont quotidiennement passés à côté de ce cri de révolte-là, c’était sans doute moins par mollesse idéologique que du fait d’une distraction bien compréhensible.
Le fait est qu’à force de se fondre dans le paysage, le monument érigé en 1886 par des négociants français, avait fini par devenir invisible. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne paie pas vraiment de mine. Nous ne sommes pas en train de parler ici d’une sculpture géante plantée au cœur de la ville et la narguant du haut d’on ne sait quelle glorieuse épopée coloniale. Sans être évidemment un petit machin de rien du tout, la statue de Faidherbe n’est même pas, pour le dire ainsi, à la hauteur de sa mauvaise réputation. La place qui l’abrite est excentrée et exiguë et l’œuvre elle-même, quoi qu’à l’air libre, donne l’impression d’y être à l’étroit ou même au rebut. Il est dès lors normal qu’en un siècle et demi l’image, délestée de toute charge politique, ait fini par tirer sa seule légitimité d’une forme de droit du premier occupant du sol. Le monument est juste là, prisonnier du passé, si peu en résonance avec la vie des gens qu’il en devient irréel. Comment pourrait-il déranger ? Mais aussi comment se résigner à ce qu’il ne soit plus là ? Tel est sans doute le dilemme des habitants de la ville. Pas de tous ses habitants, j’imagine, puisqu’on peut être, me semble-t-il, Saint-Louisien, natif de Saint-Louis, sans être Doomu-Ndar. C’est de ces derniers qu’il est question ici. Il se pourrait qu’ils soient moins hantés par l’effacement de la figure de Faidherbe – à laquelle ils ont rarement prêté attention – que par le trou qu’une telle opération risque de creuser dans leur mémoire. Mais il y a tout lieu de craindre qu’il ne leur restera plus sous peu que leurs yeux pour pleurer : si jamais une statue a été à l’article de la mort, c’est bien celle-là. Son sort semble en effet définitivement scellé depuis le matin de 2017 où le vent est entré dans la danse, prenant sur lui de l’arracher et de la jeter par terre. Simple caprice de la météo ? Cela est possible mais on aura bien du mal à expliquer aux sceptiques pourquoi le vent a choisi de frapper à l’aube du 5 septembre, jour anniversaire de la condamnation, dans le palais situé juste en face, de Cheikh Ahmadou Bamba à sept longues années d’exil au Gabon..
Quoi qu’il en soit, cet orage nocturne a donné des idées à de jeunes activistes qui ont créé il y a trois ans le collectif Faidherbe doit tomber.. Surfant fort à propos sur la vague du Black Lives Matter, ses initiateurs, parmi lesquels Khadim Ndiaye, Pape Alioune Dieng, Thierno Dicko et Daouda Guèye, ont réussi à changer la donne du tout au tout. Ils sont jeunes et cela est bien normal, car en dépit des apparences ce qui se joue a plus à voir avec le futur qu’avec le passé comme en témoigne l’appel que leur a lancé Pierre Sané. En fait, leur action a consisté à retenir par la manche des passants au bord des routes – et sur les autoroutes de l’information ! – pour leur dire : « Regardez bien le Toubab sur cette statue avec l’infâme mention ‘‘Le Sénégal reconnaissant ! » et à leur demander, après le récit des atrocités commises par le soudard : « Est-il normal que nous fassions de notre bourreau un héros ? » Bien sûr que c’est un scandale, une honte, la preuve d’un inquiétant mépris de soi-même. Voilà ce que presque tout le monde a toujours pensé sans juste trouver le temps de s’y arrêter. À présent, les mots n’en finissent pas de donner corps à cette colère longtemps endormie, inconsciente d’elle-même. Et ces mots cristallisant désormais toutes les passions sur Faidherbe sont la pire chose qui pouvait lui arriver. Ses victimes vont le réveiller d’entre les morts pour bien s’assurer que son deuxième trépas sera, si on ose dire, le bon. Au bout du compte, il est tout simplement devenu impossible de passer devant le monument dédié à Faidherbe sans s’interroger sur sa présence à cet endroit précis. Et rien que cela est une victoire des militants du collectif. Je ne sais si les partisans du maintien de la statue constituent ou non la majorité à Saint-Louis mais cela n’a plus grande importance. Faidherbe est en train de mourir de sa belle mort et chaque mot proféré dans cette dispute – peu importe si c’est pour ou contre lui – est un clou de plus à son cercueil. Mon ami Louis Camara a déclaré l’autre soir sur une télévision : « Si la statue de Faidherbe disparaît, j’éprouverai peut-être un peu de nostalgie mais en aucun cas du regret ». C’est à la fois courageux et d’un raffinement tout saint-louisien mais j’ai cru aussi entendre des paroles d’adieu…
Il est du reste essentiel de savoir qu’au moment où la polémique bat son plein, Faidherbe repose en paix dans une petite pièce du Centre de Recherche et de Documentation de Saint-Louis. Le débat porte donc sur un monument « décapité » pour cause de travaux sur la place. D’après les officiels, la statue devrait être remise sur son piédestal entre janvier et mars 2021. La situation ainsi créée est pour le moins insolite et on a bien du mal à savoir quoi en penser. Il n’est même pas exclu que ce soit pour le gouvernement une façon de se débarrasser en douce du problème, à la sénégalaise en quelque sorte. Mais quelles qu’aient été ses intentions, il aura seulement réussi à faire marquer de nouveaux points aux adversaires de l’ancien Gouverneur. Ce n’était en effet pas pour eux une mince affaire que de se battre pour faire déboulonner Faidherbe. À present, il leur suffira de rester mobilisés pour qu’il ne soit pas reboulonné. C’est là une tâche infiniment plus aisée depuis que le meurtre de George Floyd fait braquer les projecteurs du monde entier sur tous les symboles de « la férocité blanche » – pour parler comme Amelia Plumelle-Uribe – à l’égard des autres races humaines. Même pendant la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis et celle contre l’apartheid, l’anti-kémitisme n’avait pas fait l’objet d’une réprobation aussi universelle. On ne voit pas comment le pouvoir de Macky Sall pourrait ne pas en tenir compte. Reboulonner Faidherbe par peur de fâcher Paris serait, dans le contexte actuel, un aveu si spectaculaire de larbinisme que personne n’en croirait ses yeux. Cela ferait assurément rire toute la planète à nos dépens, surtout au moment où les Français eux-mêmes commencent à en avoir assez du personnage. Et les autorités de notre pays ne pourront pas non plus se tirer d’embarras en escamotant la statue pour ensuite faire comme si elle n’a jamais existé. Malheureusement pour elles, tant que la place ne sera pas débaptisée, le problème – leur problème – restera entier.
L’histoire est d’ailleurs en train de s’accélérer et certains signes ne trompent pas : il est surtout question désormais de savoir par qui remplacer Faidherbe. Deux personnalités politiques de premier plan, Mary Teuw Niane, ancien ministre de l’Enseignement supérieur et Aminata Touré, ex-Premier ministre et actuelle présidente du Conseil Économique, Social et Environnemental, ont clairement pris position contre cet insultant vestige de l’époque coloniale. Un autre ancien ministre, de l’Education nationale cette fois-ci, le Professeur Iba Der Thiam, avait ouvert la voie en 1984, en donnant au lycée Faidherbe le nom de Cheikh Omar Foutiyou Tall. Soit dit au passage, c’est aussi grâce à Iba Der Thiam qu’à Kaolack, la même année, le lycée Gaston Berger – comme on se retrouve ! – est devenu Valdiodio Ndiaye. Le célèbre pont de Saint-Louis et une grande avenue dakaroise attendent leur tour d’être renommés. Tout cela peut donner l’impression d’un acharnement contre cet administrateur colonial. Il n’en est rien. Des toubabs comme lui, le Sénégal en a vu passer beaucoup mais aucun d’eux ne reste aussi envahissant tant d’années après sa mort. Ceux qui le défendent, d’ailleurs non sans gêne, on l’a bien remarqué, devraient s’interroger sur l’hyper-célébration d’un tel individu. Sembène avait bien raison d’apostropher en termes assez rudes le président de l’époque :  » Notre pays n’a-t-il pas donné des femmes et des hommes qui méritent l’honneur d’occuper les frontons de nos lycées, collèges, théâtres, universités, rues et avenues ? » C’est une excellente question. Même si la réponse semble couler de source, il faut aussi se demander, en toute honnêteté, pourquoi presque un demi-siècle plus tard, elle reste d’actualité.
S’il est une leçon à retenir de l’histoire des relations entre les nations, c’est qu’un peuple conquis ne guérit jamais tout à fait des blessures de la défaite. En somme, il n’y a rien de nouveau sous le soleil et les Africains ne sont pas les seuls à qui la petite Europe a imposé au cours des siècles sa volonté de puissance. Partout l’Europe a d’abord détruit des royaumes par le fer et par le feu avant de s’ingénier à pétrir longuement, lentement, presque avec tendresse, tel un potier sa glaise, la cervelle des élites. D’avoir ainsi fragilisés les humains et leurs Dieux lui a permis de bouleverser à son avantage la production économique et les rapports sociaux.
Dans l’histoire du Sénégal, il existe un véritable cas d’école de ce processus de fabrication du fantoche par le maître venu de l’autre bout du monde. Je fais allusion ici à la tentative – heureusement avortée – de Faidherbe de faire de Sidiya Diop, prince héritier du Walo, un Brack blanc à la peau noire. L’histoire, pourtant avérée mis à part certains points de détail, est difficile à croire. Il est encore plus incroyable que si peu de Sénégalais la connaissent.
Destiné à régner sur le Walo, Sidiya Diop était le fils de la Reine Ndaté Yalla Mbodj, dont notre peuple chérit tant la mémoire. Aminata Touré a d’ailleurs récemment proposé que la place Faidherbe porte désormais son nom. Sidiya avait à peine dix ans quand il fut envoyé de force à l’Ecole des Otages de Saint-Louis. Frappé par sa vivacité d’esprit et sa précocité, Faidherbe entreprit, avec sa détermination habituelle, de faire du futur souverain un étranger parmi ses sujets, un être humain totalement différent de celui qu’il était à sa naissance. Si on l’appelle encore aujourd’hui Sidiya Léon Diop, c’est parce que Faidherbe avait ajouté son propre prénom à celui de l’adolescent lors de son baptême chrétien. C’était, littéralement, une entreprise de dévoration de l’âme du jeune homme. À l’école française, Sidiya Léon Diop se montre si brillant que Faidherbe n’hésite pas à l’inscrire au « Lycée Impérial » d’Alger. Mais la ville ne plaît pas à Sidiya et au bout de deux ans son puissant protecteur le fait revenir à Saint-Louis où il complète sa formation dans un établissement tenu par des religieux. Bien né, bon catholique, d’une intelligence supérieure, chouchouté par les colons et, dit-on, féru de stratégie militaire, Sidiya Léon Diop avait tout lieu d’être content de son sort. Croquant la vie à belles dents, il était tout à fait à l’aise dans les costumes, les manières, la nourriture et la langue des toubabs. Inutile de préciser que, formaté pour mépriser les siens, il ne s’en priva pas.
Il en fut ainsi jusqu’au jour où, lors d’un rassemblement public à Mbilor, le griot Madiartel Ngoné Mbaye refusa de chanter, comme il se devait, les louanges de Sidiya Léon Diop. Lorsque ce dernier voulut savoir pourquoi il se comportait ainsi, le griot lui répondit ceci : « Sidiya, je ne peux plus te chanter car je ne te reconnais plus, tu n’es pas habillé comme nous, tu n’agis pas comme nous et personne au Walo ne comprend les mots qui sortent de ta bouche ! » Sans doute le Prince héritier du Walo se sentait-il déjà mal dans sa peau, car il reconnut sur-le-champ s’être fourvoyé et entama sa seconde métamorphose allant, dit-on, jusqu’à ne plus proférer un seul mot de français. Il renoua aussi avec la religion de ses ancêtres, se débarrassa du « ‘Léon » dont son mentor l’avait affublé et redevint Sidiya Ndaté Yalla Diop.
Pour Faidherbe qui s’était senti poignardé dans le dos, le revirement de son « fils » valait déclaration de guerre. Et celle-ci eut lieu mais plus tard. Sidiya Ndaté Yalla finit par prendre les armes contre les successeurs de Faidherbe et leur imposa par ses succès militaires d’importantes concessions. Fait prisonnier à Bangoye, exilé dans la forêt de Nengue-Nengue au Gabon, Sidiya y devint si populaire parmi les colons de l’époque que ceux-ci décidèrent de le faire rentrer au Sénégal à l’insu de l’administration française. Lorsque le Colonel Brière de Lisle apprit que le bateau le transportant avait accosté au port de Dakar, il monta à bord et lui fit savoir qu’il serait abattu à la seconde même où il en sortirait. Le même bateau le ramena au Gabon. Sidiya Ndaté Yalla Diop, qui n’avait pas encore trente ans, réalisa alors qu’il ne reverrait plus jamais sa terre natale. Une nuit de juin 1878, il se tira une balle en plein cœur.
Il est facile de comprendre à partir de ces faits historiques pourquoi Sidiya Ndaté Yalla Diop aurait dû être au centre de l’actuelle controverse. En raison même de sa relation personnelle avec Faidherbe, tout ce qui se dit et s’écrit en ce moment évoque, en creux, le destin tragique et singulier de Sidiya. Or, tout se passe depuis un siècle et demi comme s’il n’a jamais été de ce monde. Il se pourrait que sa mémoire se perpétue d’une façon ou d’une autre au Walo mais ce serait bien l’exception. Sa volte-face de Mbilor n’était pourtant pas anodine car on peut penser, avec le recul, qu’elle a modifié en profondeur le cours de notre histoire politique. Tout porte en effet à croire que Faidherbe le préparait à la magistrature suprême, comme on dit aujourd’hui. Sous-lieutenant de l’armée française à seulement vingt ans et doué pour l’art de la guerre, il aurait pu devenir le premier Général ou même le premier Gouverneur noir de l’Empire colonial français. S’il en avait été ainsi, il serait aujourd’hui la référence absolue de notre pays toujours si prompt à se pâmer devant tout compatriote ayant réussi à être « le-premier-quelque-chose-noir.” Qu’il s’agisse de Blaise Diagne, de Léopold Sédar Senghor ou de Lamine Guèye, les exemples ne manquent pas chez nous de grosses carrières politiques bâties sur ce genre de malentendu. En tout état de cause, il est quasi certain que si Faidherbe était arrivé à ses fins avec Sidiya, le Sénégal aurait à l’heure actuelle un visage bien différent. Et probablement pas pour le meilleur…
Débarrasser nos artères des noms de Jules Ferry, Pompidou, Charles de Gaulle et autres Béranger-Ferraud est certes une œuvre de salubrité publique. Pourtant la présente querelle – une affaire sérieuse, s’il en est – va bien au-delà de quelques boulevards et monuments. Elle nous installe au cœur de formidables enjeux historiques car il y est surtout question de la finalité de notre présence sur terre. Il n’est dès lors pas étonnant que la connexion se soit faite si aisément entre le mot d’ordre Faidherbe doit tomber et le slogan Black Lives Matter. C’est le prisme au travers duquel il faut analyser le choix existentiel de Sidiya Ndaté. En plus de nous avoir donné à lire, concrètement, dans sa trop brève vie tout notre rapport à l’occupation étrangère, il fut ce qu’on pourrait appeler un résistant stratégique. Son combat anti-colonialiste ne fut jamais inscrit dans le court terme ni rythmé par des alliances et revirements eux-mêmes dictés par le rapport de forces sur le terrain. Sa propre mésaventure lui avait fait prendre conscience qu’au-delà de la trivialité des jeux de pouvoir, l’occupant vise à détruire chez les peuples conquis ce qui en fait des humains, leur imaginaire et leur sens moral. Jusqu’à sa capture, il essaya de persuader ses homologues de l’impératif d’une grande coalition contre l’occupation étrangère. Sans succès, on l’a vu.
Ce grand homme mérite que l’Etat sénégalais mette tout en œuvre pour que ses restes soient rapatriés du Gabon. Des élus de Dagana ont paru s’y activer il y a quelques années mais cela ne semble plus être à l’ordre du jour. Sékou Touré avait bien réussi en son temps à se faire restituer par Libreville la dépouille mortelle de l’Amamy Samory Touré. Pour notre pays, c’est le moment ou jamais de marcher sur ses traces. Ce serait un sacré clin d’œil à l’histoire si la chute de Louis-Léon César Faidherbe devait se traduire par le triomphal retour d’exil de Sidiya Ndaté Yalla Diop.

Six cent soixante-quatorze (674) personnes graciées par le Chef de l’Etat

https://www.dakaractu.com A l’occasion de la fête de la Tabaski, le Président de la République, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la Constitution, a gracié six cent soixante-quatorze (674) personnes informe un communiqué du ministère de la Justice. Il offre ainsi à certains condamnés définitifs, une chance de resocialisation et de passer les fêtes avec leur famille commente la note.
La mesure de démence concerne des délinquants primaires, des condamnés présentant des gages de réadaptation sociale, des personnes âgées de plus de soixante-cinq (65) ans, de grands malades et des mineurs.

3.731 détenus élargis en 4 mois : Le président Macky Sall a (presque) désengorgé les prisons.

https://www.dakaractu.com La tradition républicaine a été respectée à la veille de la commémoration de l’indépendance du Sénégal, le 4 avril dernier, mais aussi avant les fêtes de Korité, le 24 mai 2020, et de la Tabaski, prévue ce vendredi. Au total, 3.731 détenus ont été graciés en quatre mois marqués par la pandémie du nouveau coronavirus.
Les services de la chancellerie avaient annoncé aux autorités judiciaires, lors d’une réunion en mars, qu’ils visaient la libération d’au moins 3.000 détenus, afin de désengorger les prisons, a appris Dakaractu, de source judiciaire. C’est déjà chose faite. D’autant que la grâce a été accordée par le président de la République, entre mars et juillet, à 3.731 personnes condamnées pour différents délits et détenus dans les établissements pénitentiaires du Sénégal.
Le chef de l’État Macky Sall a accordé hier mercredi, la grâce présidentielle à 674 détenus, à l’occasion de la fête de Tabaski, qui sera commémorée vendredi prochain au Sénégal, a appris Dakaractu, du ministère de la Justice.
Il avait déjà ordonné, vendredi 22 mai 2020, la remise en liberté de plusieurs centaines de personnes emprisonnées pour avoir été en conflit avec la loi. Le président de la République avait gracié 1.021 personnes détenues dans les divers établissements pénitentiaires du pays. Cette décision est survenue à deux jours de la célébration de l’Aïd El fitr coïncidant avec la fin du mois béni de ramadan.
Bien avant cela, 2.036 prisonniers avaient bénéficié de la mesure de clémence prise par le président de la République. Cette décision du chef de l’État est survenue à l’occasion de la commémoration de la fête de l’indépendance du Sénégal et de la célébration de la fête de Pâques.

Désengorger les prisons pour éviter une propagation du virus

Les personnes graciées étaient condamnées pour des infractions diverses et détenues dans les différents établissements pénitentiaires du Sénégal. Il s’agit de délinquants primaires, des condamnés présentant des gages de réadaptation sociale, mineurs, personnes âgées de plus de 65 ans, de grands malades, etc. Qui, généralement, se sont bien comporté en prison.
Cette fois, la prise des mesures de clémence a coïncidé avec la lutte contre la Covid19. Et le Chef de l’État s’efforce de réduire la population carcérale, afin d’éviter une propagation du coronavirus. Le gouvernement a entrepris avec les services compétents une vaste revue des effectifs afin de désengorger les prisons et de limiter le risque de les voir se transformer en foyer de la Covid-19.
Avec les mesures de libération anticipées, à Rebeuss, maison d’arrêt qui concentre le plus grand nombre de personnes incarcérées, la décrue a été plus marquée.

Pape Ndiaye, le dernier de la bande à Ino, gracié après 24 ans de prison

https://www.seneweb.com Il était le seul élément de la fameuse bande à Alioune Abatalib Samb alias Ino, mort en détention, à rester encore en prison. En effet, le cerveau de ce redoutable gang, en l’occurrence Alassane Sy dit Alex, a été libéré.
Selon L’Observateur, cette fois, c’est le benjamin du groupe, Pape Ndiaye, qui recouvre la liberté. En effet, il fait partie, après 24 ans derrière les verrous, des bénéficiaires de la dernière grâce présidentielle qui concerne 674 détenus.
Pour rappel, Pape Ndiaye, alors âgé de 18 ans, qui devrait purger la perpétuité, avait été arrêté et incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Rebeuss après avoir commis un vol à la Seras de Rufisque, la localité d’où il est originaire.
En prison, ce jeune garçon subit l’influence d’Ino et Cie et devient, du coup, un dur à cuire qui réussit, avec ses nouveaux maitres, une spectaculaire évasion qui fait date dans les annales de l’histoire carcérale au Sénégal.

Luc Nicolaï gracié par le président Macky Sall

Le président de la République Macky Sall a gracié 674 détenus hier pour la fête de la Tabaski. Le promoteur de lutte Luc Nicolaï fait partie de ce lot. A en croire notre source, Luc Nicolaï est sorti de prison et va fêter AID El Kebir auprès de sa famille. Selon des informations de Dakaractu.

Luc Nicolaï Gracié, Moustapha DIAKHATE Pilonne Macky

http://www.walf-groupe.com Après Mamadou Woury DIALLO, condamné pour trafic de faux médicaments, le président SALL a gracié Luc Nicolaï, reconnu coupable «d’association de malfaiteurs, détention de drogue et de complicité de tentative d’extorsion de fonds ».
Une décision qui suscite de nombreux commentaires dont celui de l’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (BBY). Pour  Moustapha DIAKHATE, c’est un « Abus du droit de grâce » et «  une entorse à la gouvernance vertueuse ».
Le Président Macky SALL abime encore la République en accordant la grâce à un condamné pour « détention de drogue, association de malfaiteurs et complicité de tentative d’extorsion de fonds » après avoir illégalement fait bénéficier de la même mesure à un vendeur de faux médicaments dont le procès n’était pas arrivé à un jugement définitif.  La grâce présidentielle est une grave entorse à la séparation des pouvoirs en permettant au  Président de la République de défaire des décisions de justice. Au regard de ces précédents dangereux, la grâce présidentielle doit être abrogée ou tout au moins encadrée et limitée aux seules primo infractions mineures.
S’indigne l’ancien directeur de Cabinet de Macky SALL sur sa page Facebook. Moustapha DIAKHATE  est un des premiers à s’offusquer de cette décision hasardeuse mais ne sera pas le seul.

Grâce de Luc Nicolaï : illégale et moralement inacceptable ! Par Cheikh Faye, Ph.D

L’article 47 de la Constitution dispose que « le Président de la République a le droit de faire grâce.» C’est un pouvoir discrétionnaire que le Président Macky Sall s’est prévalu pour gracier 674 personnes qui étaient dans les liens de la détention à l’occasion de la fête de Tabaski. Parmi ces personnes figure le promoteur de combats de lutte répondant au nom de Luc Nicolaï. En ce qui concerne ce dernier, la grâce qui lui est accordée est illégale en plus d’être moralement inacceptable.

Un grâce illégale

Quoique relevant du pouvoir discrétionnaire du Président de la République, le pouvoir de gracier doit répondre à un certain nombre de conditions impératives, lesquelles balisent son exercice. La condition sine qua non est que la condamnation de la personne, qui va être bénéficiaire de la grâce, doit être définitive, donc n’est plus susceptible de recours. La récente décision de la Cour Suprême dans l’affaire Amadou Woury Diallo (condamné d’une peine de 5 ans et 200 millions d’amende pour trafic de faux médicaments) conforte le respect préalable de cette conditionnalité.
Lorsqu’une personne est condamnée suite à une affaire de drogue, le respect d’une seconde conditionnalité s’impose au Président de la République dans l’exercice de sa prérogative constitutionnelle de gracier. En effet, l’alinéa 2 de l’article 143 du Code des drogues du Sénégal dispose que « la libération conditionnelle ou la grâce ne peuvent être accordées à aucun condamné avant l’exécution des 4/5 de la peine prononcée ». Pour rappel, Luc Nicolaï a été condamné d’une peine définitive de 5 ans d’emprisonnement dont 1 avec sursis. Soit, en termes simples, 4 ans de geôle et 1 an de sursis. Le calcul des 4/5 de la peine d’emprisonnement donne 3 ans et 2 mois (38 mois) avant de pouvoir prétendre à une grâce. Or, lors des péripéties entourant sa grève de la faim puis son transfert de la prison de Saint-Louis à celle de Thiès, le mois dernier (juin 2020), la presse rapportait que Luc Nicolaï n’avait purgé, en ce moment-là, que 2 ans de prison sur les 4 ans qu’il était censé faire. Si cette durée de 2 ans était confirmée, cela voudrait dire que la décision qu’il vient bénéficier est frappée du sceau de l’illégalité.

Une grâce moralement inacceptable

Aujourd’hui, au moment où nous nous apprêtons à célébrer la Tabaski entourés des nôtres, dans la chaleur familiale, il y a une famille sénégalaise qui passera la fête sans la présence de leur unique fille. Elle célébrera l’Aïd dans la douleur et en se posant moult questions sans avoir nécessairement de réponses. Il s’agit de la famille de la demoiselle Hiba Thiam, cette jeune fille morte, à la fleur de l’âge, dans des circonstances en lien avec la drogue et qui restent à éclaircir. Comment cette famille pourrait t-elle comprendre la décision de Macky Sall d’accorder la grâce à une personne condamnée pour « détention de drogue, d’association de malfaiteurs et complicité de tentative d’extorsion de fonds » ? C’est sûr qu’elle ne comprendra pas. Et nous, non plus ! Si l’âme de nos enfants et de nos jeunes est pervertie par la drogue, si plusieurs d’entre eux, espoirs de leurs familles et de la Nation, en sont arrivés à organiser des party où la drogue est présente, c’est parce que cette substance psychotrope est introduite au Sénégal et rendue disponible sur d’obscurs marchés clandestins. Aujourd’hui, ce sont les parents de Hiba Thiam qui pleurent l’absence de leur fille, demain cela pourrait être n’importe quelle autre famille si des mesures de lutte contre la drogue ne sont pas entreprises de façon radicale. Le danger est parmi nous. Nous avons tous reçu un signal qu’il convient de décoder avec justesse : la saisie, l’année dernière, de plus d’une tonne de cocaïne à Dakar, sans que le Gouvernement ne fasse preuve de fermeté (les principaux responsables sont exfiltrés), prouve que nos enfants, nos jeunes sont menacés. La drogue est à portée de main à Dakar. Tout le monde le sait. Par conséquent, toutes les personnes, peu importe leur statut social, leurs appuis politiques et/ou maraboutiques, qui trempent de près ou de loin, dans ces histoires de drogue doivent être débusquées, traquées, condamnées fermement et mises hors état de nuire. Sans exception. Luc Nicolaï fait partie de ces personnes, car ayant fait l’objet d’une condamnation ferme en lien avec la drogue de la part des tribunaux sénégalais. Dire ou faire le contraire, relèverait de l’hypocrisie et de la pure fumisterie. Comme nous savons le faire au Sénégal.
Cette grâce accordée à Luc Nicolaï serait grave en plus d’être révélatrice d’un autre dysfonctionnement dans la procédure d’octroi des grâces. Elle sent un nouveau scandale après celui du trafiquant Amadou Woury Diallo, lequel avait défrayé la chronique et valu l’ouverture d’une enquête. À date, cette enquête, ordonnée par le Président de la République, est restée sans suite. Hier c’était un trafiquant notoire de faux médicaments qui avait bénéficier d’une grâce présidentielle. Aujourd’hui, c’est une personne condamnée dans une histoire de drogue qui en est le bénéficiaire. Il faut être aveugle pour ne pas voir que les procédures d’octroi de la grâce présidentielle sont corrompues et provoquent un large sentiment d’injustice.

Balla Sidibé n’est plus : L’Orchestra Baobab perd sa voix

https://www.lequotidien.sn C’est l’un des orchestres les plus prestigieux du Sénégal. Depuis un demi-siècle, l’Orchestra Baobab écrit en lettres d’or l’histoire de la musique sénégalaise. Et Balla Sidibé était un des piliers de ce groupe aux côtés de Ndiouga Dieng. Avec sa disparition, c’est une page qui se tourne.
Le chanteur de l’Orchestra Baobab est mort. L’Association des métiers de la musique (Ams), qui donne la nouvelle, informe que Balla Sidibé est mort dans la nuit du mardi au mercredi. «Le grand Balla Sidibé du mythique Orchestra Baobabs n’est plus. Après une journée de répétition bien remplie avec ses camarades musiciens, le chanteur ne s’est pas réveillé ce matin», écrit l’association. Lead vocal du mythique orchestre, Balla Sidibé en était aussi membre fondateur. «Le musicien sénégalais est parti se reposer cette nuit. Il s’en va alors que le mythique Orchestra Baobab, dont il a été membre fondateur en 1970, prépare son cinquantenaire», écrit le journaliste culturel, Aboubacar Demba Cissokho, sur son mur Facebook. Il lui rend aussi hommage en évoquant sa vaste contribution à la musique sénégalaise. «Dans sa marche, l’être humain pose des actes et laisse des traces. Des traces, Balla Sidibé en a laissé à la postérité. Du Standard à l’Orchestra Baobab, en passant par le Guinea Orchestra et le Star Band, il a apporté sa contribution à la grande partition de la musique au Sénégal et au-delà», poursuit-il. «Nous avons perdu un sage, un papa, un ami», assure l’Ams dirigée par Daniel Gomes. La célèbre maison de production Syllart rend aussi hommage au disparu en ces termes  : «Nous venons d’apprendre la disparition du légendaire chanteur de l’Orchestra Baobab : Balla Sidibé. Pionnier du syncrétisme musical dit afro latin, fusion des musiques du folklore sénégalais et des musiques cubaines, Balla Sidibé était un gentleman de la Belle Epoque.»
L’Orchestra Baobab est né dans les années 1970 autour d’un noyau de musiciens constitués de Ablaye Mboup (chant), Balla Sidibé (chant et timbales), Rudy Gomis, Barthélemy Attisso (guitare solo) et du guitariste saint-louisien,  Mohamed Latfi Ben Geloune (guitare rythmique). Le groupe qui se produit au Club Baobab, un établissement huppé de la capitale, lui emprunte son nom et devient Orchestra Baobab. En 1978, c’est avec le label Syllart que l’orchestre enregistre pour la première fois. Mariant avec bonheur les influences variées qu’apportent ses membres issus des multiples ethnies formant la société sénégalaise, le groupe connaîtra une célébrité croissante dans toute l’Afrique de l’Ouest, enregistrant une quinzaine d’albums jusqu’en 1985, peut-on lire sur des documents numériques relatifs à l’histoire de cette bande. En 1987, c’est la rupture et il faudra attendre les années 2000 pour voir l’orchestre renouer avec le succès. Avec la disparition de Balla Sidibé, c’est une page de l’histoire musicale du Sénégal qui se referme.

Décès de Gora Ngom, le patron de Khelcom Bâches

On a appris ce vendredi 31 juillet, jour de la célébration de l’Aïd el-Kebir, le décès de Gora Ngom, le patron de Khelcom Bâches. Il a été rappelé à Dieu très tôt ce matin à l’hôpital Principal de Dakar où il était hospitalisé depuis plus d’une semaine

«Akon City» au Sénégal, l’écologie akonlogique Par Damien Glez, dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

https://www.jeuneafrique.com L’artiste et entrepreneur Akon confirme l’érection d’une ville futuriste sur les terres sénégalaises de ses ancêtres. Subtile combinaison de business, de conscience écologique et de culte de la personnalité.
« Akoncentré », Alioune Badara Thiam ? Après la cryptomonnaie « Akoin » et le programme « Akon lighting Africa », le chanteur de RnB américain accole son nom d’artiste à la ville durable « Akon City ». Lentement mais sûrement, la nouvelle localité « pousse » dans la zone de Mbodiène, sur la côte sénégalaise.
Même né dans le Saint-Louis du Missouri, le premier artiste en solo à avoir par deux fois placé deux titres simultanément numéro 1 et 2 au Billboard américain « Hot 100 » a toujours revendiqué des racines ancrées dans le pays de l’autre Saint-Louis, celui d’Afrique de l’Ouest.
« I’m from Senegal, West-side », chantait-il en anglais, il y a plus de quinze ans. Logique que ses démangeaisons entrepreneuriales se déploient vers l’Afrique. À l’aise dans les palais présidentiels, le fondateur du label Konvict Muzik et de la ligne de vêtements Konvict Apparel est rapidement intervenu sur le continent, notamment avec la commercialisation de lampadaires et micro-centrales via la société « Akon Lighting Africa » et son objectif d’un million de ménages ruraux africains électrifiés. Avec la fondation « Konfidence Foundation », il vient en aide aux enfants défavorisés.
Capable de vêtir avec sa marque de vêtements, de remplir les portefeuilles virtuels avec sa cryptomonnaie, de distraire avec sa musique et d’éclairer avec ses systèmes solaires, Akon ne pouvait que franchir le pas d’un laboratoire urbain autonome.

6 milliards de dollars

En exergue du projet de dynamisation touristique de la Petite-Côte porté par le gouvernement sénégalais, la ville verte et durable « Akon City » s’étendra sur 800 hectares et mobilisera 6 milliards de dollars. D’ici 2023 apparaîtront des routes, un commissariat, une station de traitement des déchets, une centrale électrique et des centres médicaux, éducatifs et commerciaux. D’ici 2029 seront érigés des parcs, des universités, un complexe sportif et un stade.
Là aussi, les bons sentiments environnementaux et culturels rencontrent le lobbying politique et la stratégie managériale, avec des objectifs de rentabilité dans le secteur du tourisme durable. Même si les simulations visuelles évoquent les cités psychédéliques de la science-fiction occidentale, Akon souhaite voir émerger « une architecture propre au Sénégal ». Objectif louable, quand les logements individuels des classes aisées ressemblent souvent au « Palais idéal du facteur Cheval » et le monument de la Renaissance africaine à une statue propagandiste nord-coréenne…


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