Revue de presse du Mardi 28 Juillet 2020

Partagez ce contenu!

LEVEE DU CORPS DU DEFUNT PDG DE SUD COMMUNICATION BT,à jamais!

http://www.sudonline.sn Des journalistes, des proches collaborateurs, des hommes politiques, des autorités religieuses et coutumières, des officiels, sans parler de la famille biologique du journaliste lui-même ont rendu hommage hier, lundi 27 juillet, au fondateur du Groupe Sud Communication Babacar Touré, décédé avant-hier, dimanche 26 juillet. La levée du corps a eu lieu à l’hôpital Principal de Dakar où on s’est souvenu d’un journaliste émérite. Les témoignages étaient unanimes sur la grandeur de l’homme qui repose désormais à Touba.
Décédé avant-hier, dimanche 26 juillet, à l’âge de 69 ans des suites d’une maladie, le fondateur du Groupe Sud Communication, Babacar Touré, a été inhumé dans l’après-midi d’hier, lundi 27 juillet à Touba. Quelques heures plus tôt dans la matinée, la levée du corps du journaliste à l’hôpital Principal de Dakar n’a laissé personne indifférent. Elle rassemblait à la fois parents, amis, proches collaborateurs, journalistes, hommes politiques, autorités religieuses et coutumières, officiels. A 10h30 déjà, la foule était immense.

Sous un soleil de plomb, chacun, enfilant son masque à cause de la pandémie de Covid-19, tenait à assister à la cérémonie pour marquer sa solidarité au défunt, «doyen» pour certains, «ami et frère » pour d’autres.

Des mouchoirs épongent les visages perlant de larmes. Des sanglots, des yeux rougis, des bras croisés dans le dos ou à la poitrine. C’est l’expression de la totale consternation des personnes devant le cercueil. Au cours de cette cérémonie, on s’est rappelé d’un homme aux multiples qualités. «Journaliste émérite», «professionnel hors pair», «régulateur discret», «grand intellectuel», «combattant de la presse ». Bref, c’est un pionnier de la presse et de la démocratie sénégalaise qui est parti. «Babacar Touré et moi, on s’est connus au Soleil. C’est après notre départ de ce journal qu’on a créé le Groupe Sud Communication. Babacar était un leader qui faisait le journal d’un commun accord avec tout le monde. Il recueillait l’avis de toute la rédaction. Il était véridique dans ce qu’il faisait. Je pense que son héritage sera bien assuré après tout ce qu’il a fait dans le groupe », a témoigné Abdoulaye Ndiaga Sylla au nom du Groupe Communication. Pour sa part, le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop embouche la même trompette. « Babacar Touré était engagé en tant que panafricaniste. Il appartenait à tout le monde. C’est ce qui justifie d’ailleurs la présence de l’ambassadeur de la Guinée Conakry pour présenter les condoléances du Président Alpha Condé.
C’est un fils du pays, quelqu’un qui était très engagé pour la consolidation de la démocratie », a fait savoir le représentant du Président de la République, Macky Sall empêché par le Sommet extraordinaire de la Cedeao. Aux prises de parole, s’ajoute celle de la famille du défunt. « Je remercie la famille. Je ne peux pas raconter tout ce que j’ai vécu avec Babacar Touré ici. Je remercie tout le monde. Babacar appartenait à tout le monde. Il était quelqu’un d’un grand cœur. Il était très véridique», a confié le représentant de la famille. Non sans donner une consigne à l’assistance. Pas de photo du cercueil de Babacar Touré sur les journaux ou les réseaux sociaux. « Babacar avait demandé lors de la levée du corps du défunt rédacteur en chef de Sud Quotidien, Madior Fall qu’on ne publie pas la photo du cercueil dans les journaux, je veux que vous fassiez de même aujourd’hui », at-il ajouté. Aussitôt, les discours terminés, les prières sont dites par les autorités religieuses sous la houlette de Serigne Abdourahim Mbacké pour le repos éternel de l’ancien président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra). Le cortège funéraire prend la direction de la cité religieuse de Touba. Les condoléances seront reçues aujourd’hui, mardi 28 juillet, avec une journée de prières chez le défunt à Ngaparou.

REACTIONS…

ABDOULAYEDIOP, MINISTRE DELA CULTUREET DELA COMMUNICATION : «Babacar Touré était de tous les combats de la démocratie»

Le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, a présenté ses condoléances au nom du président de la République Macky Sall et tout son gouvernement, à la famille éplorée et au monde de la presse tout court, lors de la cérémonie de levée de corps, à l’hôpital principal de Dakar hier, lundi. «Le Président de la République, Macky Sall, m’a raconté son lien avec le doyen Babacar Touré, son engagement par rapport à la démocratie, son dévouement par rapport à la liberté de la presse», a déclaré Abdoulaye Diop. Selon le ministre de la Culture et de la Communication, le président fondateur du Groupe Sud Communication était « un digne fils du pays et de l’Afrique et il a beaucoup contribué pour le développement du Sénégal, de la presse. Il était de tous les combats de la démocratie ».

AMINATA KOBELE KEITA, AMBASSADRICE DELA REPUBLIQUE DE GUINEE «Babacar Touré était pour mon président un jeune frère, un Guinéen…»

Venue assister à la cérémonie de levée du corps au nom propre d’Alpha Condé, président de la République de Guinée Conakry, l’ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire Aminata Kobélé Keita a magnifié la profondeur et la qualité des relations d’amitié liant son président et le défunt disparu. Aussi a-t-elle dit : «J’ai fait la connaissance de Babacar Touré par l’entremise de mon président Alpha Condé. Il était pour mon président un jeune frère, un Guinéen, un Sénégalais. Je puis témoigner ici, la sincérité de l’amitié entre les deux amis et la loyauté de Mr Babacar Touré à l’endroit de mon président Alpha Condé que je représente ici. Je lui ai rendu visite une fois dans sa résidence à Ngaparou sur demande de mon président. Cela montre à suffisance la profondeur et la qualité des relations qui lient mon président et le disparu Babacar Touré et qui étaient sans égal». Non sans révéler que « le président Condé venait tous les jours à ses nouvelles depuis l’hôpital. Bref, Mr Touré était un confident à mon président».

MACKY SALL, PRESIDENTDE LA REPUBLIQUE «Babacar Touré était un journaliste chevronné, un homme de consensus et de dialogue»

Le Président de la République a rendu hommage à Babacar Touré, décédé dimanche soir à l’âge de 69 ans dès suite d’une longue maladie. Selon le Chef de l’Etat, l’ancien Directeur général du Cnra était un journaliste chevronné et pionnier dans l’entreprise de presse. «Journaliste chevronné et pionnier dans l’entreprise de presse et la formation des journalistes, homme de consensus et de dialogue, Babacar Touré aura été de tous les combats pour la liberté et la démocratie. A sa famille, au groupe Sud et à la presse, je présente mes condoléances émues», a écrit le Président de la République dans un post publié sur sa page Facebook.

ALASSANESAMBADIOP, DIRECTEUR D’IRADIO ET D’ITV «si beaucoup de gens osent aujourd’hui entreprendre dans le journalisme, c’est grâce à… Babacar Touré»

«Le décès de Babacar Touré est une grosse perte pour la presse sénégalaise, pour le Sénégal. C’est une grosse perte pour l’Afrique parce que Babacar Touré est un monument. Si aujourd’hui, beaucoup de gens osent entreprendre dans le journalisme, c’est grâce à l’exemple qu’a donné Babacar Touré au groupe Sud communication. C’est le premier groupe de presse au Sénégal en termes d’investissement et de groupe. Je garde également de Babacar Touré un homme affable, généreux. Généreux sur le plan intellectuel, généreux naturellement. Ily a quelques années, il y avait une fille à Kaolack qui avait une préinscription au Japon pour aller étudier. Mais, elle n’avait pas les moyens. C’était une orpheline. Les frais étaient de quatre millions de francs CFA. La famille de la fille avait réussi à rassembler deux millions. Quand sa famille a fait une annonce dans l’Obs, Babacar Touré m’a appelé en me disant qu’il voulait rencontrer les parents de cette fille. Ses parents étaient à Kaolack. Je les ai appelés au téléphone. Babacar Touré m’a donné rendez-vous au Jet d’eau, devant l’agence de la BHS. Il m’avait remis une enveloppe de quatre millions de francs CFA. Il m’a conjuré de ne jamais dire aux parents de la fille que c’est lui qui avait fait ce geste. Les parents de la fille ont tout fait pour savoir leur bienfaiteur mais Babacar Touré m’a défendu de divulguer son nom. La fille a, aujourd’hui, terminé ses études et travaille en Australie. À chaque fois qu’elle vient en vacances, elle insiste pour rencontrer son bienfaiteur mais Babacar Touré m’avait défendu de le faire. Aujourd’hui, je suis obligé d’appeler la famille pour leur dire votre bienfaiteur, c’était Babacar Touré».

BACARY DOMINGO MANÉ, ANCIEN DIRECTEUR DE PUBLICATION DE SUD QUOTIDIEN  : «De Babacar Touré, je retiens trois dimensions»

«Pour parler de Babacar Touré, permettez-moi d’énumérer trois dimensions de l’homme. Le premier est en tant que citoyen, Babacar Touré s’est battu pour l’instauration de la démocratie au Sénégal par son engagement total. Lorsqu’ils ont créé le groupe Sud communication, ils étaient de jeunes journalistes qui étaient au quotidien national «Le Soleil» avec une situation économique disons plus prometteuse que celle de la presse privée. Néanmoins, du fait de cette dimension de l’homme pour le combat démocratique, ils ont cru à cet idéal et c’est leur engagement qui a permis à la démocratie sénégalaise d’atteindre son niveau actuel. La deuxième dimension de l’homme que je veux souligner, c’est le professionnel. Babacar était quelqu’un de rigoureux qui aime le métier de journalisme qu’il a choisi par conviction et non pas comme un visiteur du dimanche qui visite le métier pour s’enrichir. Il a cru à ce métier et il s’est tout donné pour son rayonnement. D’ailleurs, quand vous passez dans le groupe Sud communication, on vous apprend à mettre de l’avant la déontologie et l’éthique en vous demandant de toujours de relater les faits de manière objective. Sud nous a aussi appris que le journaliste doit préserver sa dignité en évitant la compromission à tout prix, quelle que soit la situation de précarité dans laquelle on se trouve, cela ne doit pas justifier des écarts de comportements. Et, il y avait chez lui beaucoup plus de place pour le quotidien que pour la radio. D’ailleurs, on a appris que jusqu’à son dernier souffle, il était au cœur de la gestion du journal. La dernière chose que je voulais souligner, c’est la dimension humaine de l’homme. Babacar était quelqu’un de généreux et tous ceux qui ont eu la chance de l’approcher le savent. Il était quelqu’un qui donnait sans compter, quelqu’un qui donnait dans la discrétion».

EL HADJ MOUSSA THIAM, JOURNALISTE À SUD FM  : «il ne nous considérait pas comme ses employés»

«Je retiens de Babacar Touré sa générosité, son humilité et sa rigueur dans le travail. Il nous a inculqué ses valeurs qui guident aujourd’hui notre action sur le terrain chaque jour. Il nous a beaucoup marqués par son professionnalisme. Très souvent, il n’hésitait pas à prendre son téléphone pour nous appeler soit pour nous féliciter du travail que nous abattons, soit pour nous rectifier de manière très professionnelle. Babacar Touré était également un homme très généreux dans l’effort mais surtout dans sa poche pour tout le monde. Il en faisait même trop dans le social et il était très attentif à ses collaborateurs parce qu’il ne nous considérait pas comme ses employés, un terme qu’il n’utilisait d’ailleurs jamais puisqu’il disait toujours qu’on est ses collaborateurs. Cette estime qu’il avait pour nous est notre source de motivation pour aller de l’avant dans le travail. Il est donc parti mais il est toujours là et il restera toujours avec nous parce que son héritage sera sauvegardé par les jeunes qu’il a laissés à la tête du groupe ».

 DIADINE NIANG, COMMERCIAL DE SUD QUOTIDIEN ET NEVEU DE BABACAR TOURÉ : «il n’a jamais voulu que nos relations familiales interfèrent dans mon travail à sud quotidien»

«Babacar a été plus qu’un patron pour moi. Il me répétait souvent que c’est toi mon fils ainé. Pourtant quand il s’agit du travail, il faisait tout pour prendre de la hauteur sur l’affection qu’il me vouait. Ainsi, il me demandait toujours de me référer à la direction de Sud quotidien. Il n’a jamais voulu que nos relations familiales interfèrent dans mon travail à Sud quotidien. C’était un homme très professionnel et très généreux. J’ai vraiment perdu un oncle, un père et même une mère si je peux m’exprimer ainsi tellement, il était tout pour moi et il faisait tout aussi pour moi. Il laisse un grand vide dans mon cœur».

ALIOUNE MBENGUE, ANCIEN CHAUFFEUR DE SUD QUOTIDIEN  : «il me répétait aussi très souvent qu’il n’y a pas de patron dans cette maison»

«De Babacar Touré, je retiens un homme travailleur, ambitieux et très courtois. Il était également d’une grande générosité qui a dépassé les murs du groupe Sud communication. Il aimait beaucoup son travail et vouait un grand respect à ses collaborateurs. Il veillait personnellement à ce que tout travailleur de Sud, peu importe son rang ou statut, soit bien traité. Très souvent, il m’appelait dans son bureau pour échanger avec moi sur les conditions de travail mais aussi s’informer de ma famille. Il me répétait aussi très souvent durant les vingt-sept ans que j’ai passés dans le groupe comme chauffeur qu’il n’y a pas de patron dans cette maison et ce qui importe, c’est le travail. De ce fait, chacun pensait qu’il l’aimait plus que les autres, tellement il était proche de tout le monde. Durant tout le temps que j’ai passé dans le groupe, il n’a jamais haussé le ton sur moi. Il est parti en laissant derrière lui un grand vide. Puisse Dieu lui rendre jusqu’au centuple de toutes les bonnes actions qu’il a accomplies sur terre sans tambours ni trompette !».

DIOMANSI BOMBOTÉ, JOURNALISTEMALIEN À BAMAKO : BABACAR TOURE, ÉMINENT JOURNALISTE SÉNÉGALAIS

Toute la presse sénégalaise, inconsolable, avec elle, toute la presse continentale, pleurent un géant ! Fondateur du groupe Sud Communication en 1986 et ancien président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), Babacar Touré, a été une des locomotives de la presse moderne au Sénégal et en Afrique. Devant sa mémoire, les médias sénégalais, unanimes, rendent un vibrant hommage à la mesure de son rôle de pionnier. Sa solidarité professionnelle allait au-delà du Sénégal. Ils sont nombreux au Mali, de Cheick Oumar « Gilbert » Maïga, Secrétaire général au ministère de l’économie numérique à Hameye Cissé de la Haute autorité de la communication (HAC), en passant par Souleymane Drabo, ancien Directeur de l’Agence malienne de presse (AMAP), Saouti Haïdara (DG de la Société malienne de presse /SOMAPRESSE), Moussa Diarra (AMAP), Tiégoun B. Maïga, qui, dans la presse et en dehors, ont tissé de solides relations conviviales avec Bab’s, son petit nom affectueux. “Babacar était un homme dont la caractéristique principale était la fidélité en amitié et la générosité en toutes circonstances”, commente Gilbert, profondément meurtri par le décès de celui qui fut son promotionnaire au CESTI (Centre d’études des sciences et techniques de la communication) de l’Université de Dakar. Un homme au mental d’acier, d’une force de caractère exceptionnelle, d’un courage professionnel et intellectuel hors du commun. Ses propos pouvaient être aussi tranchants que la lame d’un rasoir. Ils ne les lâchaient pourtant jamais à contre-courant. Propos téméraires, certes, mais toujours pertinents ! Un parrain du journalisme s’en est allé laissant orphelins les médias sénégalais et africains ! Les semences qu’il a plantées, germeront pour inspirer les générations futures ! À sa famille, à ses inséparables compagnons Abdoulaye Ndiaga Sylla, Saphie Ly, Latif Coulibaly, Sidy Gaye, Ibrahima Bakhoum et tant d’autres, nos condoléances les plus attristées ! Dors en paix, jeune frère et ami !Mariame DJIGO Jean Pierre Malou et Nando Cabral GOMIS

L’ULTIME HOMMAGE À UN HOMME MULTIDIMENSIONNEL

http://www.emedia.sn La morgue de l’hôpital principal de Dakar s’est révélée trop exigüe pour accueillir le monde qui a fait le déplacement pour rendre un dernier hommage à Babacar Touré, décédé le dimanche 26 juillet 2020. Toutes les chaises étaient assises, obligeant même certains à se tenir debout durant toute la cérémonie.
Journalistes, autorités religieuses et coutumières, parents, amis et proches ont été tous présents pour dire adieu au défunt, bravant le chaud soleil. Il était un peu difficile de respecter la distanciation sociale mais, le port du masque était obligatoire pour tout le monde. Ses enfants, assis au premier rang, vivent avec dignité la douleur. Le marabout du défunt, Serigne Abdourahmane Mbacké a fait le déplacement pour assister à la levée du corps. La délégation gouvernementale est conduite par le ministre de la culture Abdoulaye Diop. Il était accompagné, entre autres, de la présidente du Conseil économique sociale et environnemental, Aminata Touré, du ministre d’Etat, Mbaye Ndiaye, du ministre, Mansour Faye.
Les témoignages ont été unanimes. La bonté, le courage, l’abnégation et la générosité de l’homme sont mis en exergue par tous ceux qui se sont succédé devant le micro pour témoigner sur l’homme. De El Hadji Mansour Mbaye au ministre de la Culture en passant par Abdoulaye Ndiaga Sylla et le porte-parole de la famille, les propos ont été identiques.
Venue représenter le président de la République de Guinée Conakry, l’ambassadrice dudit pays, Mme Touré, Adja Aminata C. Keita, témoigne  : « Je suis venue représenter le président Alpha Condé pour qui le défunt était un jeune frère, un ami et vraiment un parent tout court. Ils étaient très intimes. Quand j’ai pris service au Sénégal, il m’a demandé de rendre visite à Babacar Touré. Ce que j’ai fait. Depuis ce jour, jusqu’à son dernier souffle, presque chaque deux semaines, je l’appelais ».

Babacar Diagne, président CNRA  : « Nous devons préserver son legs »

Pour sa part, l’actuel président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel recommande aux jeunes de préserver le legs du défunt. « Si son legs est bien préservé Babacar Touré sera bien content. Il a eu à diriger le Conseil national de l’audiovisuel. Il n’a jamais quitté le CNRA. Depuis le 10 septembre 2018 que je l’ai remplacé, il ne s’est pas passé une semaine que Babacar ne m’a pas appelé. Il y a 20 jours, il était chez moi, pendant deux heures. Il a cessé de m’appeler le 15 juillet dernier parce qu’il était malade sinon il m’appelait constamment et échangeait avec moi sur les entreprises de presse, le sort des journalistes, leurs conditions de travail. Tous ces sujets intéressaient Babacar Touré au plus haut point. Nous devons préserver son legs et c’est à la jeune génération de le faire. Il faut maintenir cette passion, cette flamme qu’il a pour le journalisme, dans la rigueur et la dignité », soutient-il.

 « Babacar Touré c’était le journaliste, c’était l’entrepreneur mais aussi l’humaniste »

Président directeur général du groupe Emedia-Invest, Mamoudou Ibra KANE retient de l’homme  : « le journaliste accompli ». Selon lui, on retrouvait totalement et entièrement toutes les qualités d’un journaliste chez le défunt. « Nous perdons quelqu’un d’une dimension internationale parce qu’il a œuvré pendant toute sa vie pour le rayonnement de la presse sénégalaise, africaine et mondiale. Il était multidimensionnel. Babacar Touré, c’était le journaliste, l’entrepreneur mais aussi l’humaniste », a déclaré M. Kane.

 « Il a vécu utilement »

Ndèye Rokhaya Mbodji journaliste de la 13e promotion du Cesti a abondé dans le même ordre d’idées. « Babacar Touré représentait beaucoup pour nous pour avoir été un ainé valeureux qui incarnait beaucoup de vertus et de qualités et surtout d’une générosité sans faille qui nous a toujours couvés, inculqués des valeurs qui régissaient notre profession. Chaque fois qu’on le rencontrait c’était un plaisir parce que nous ressentions la sympathie qu’il nous vouait. En même temps, nous saluons toutes les initiatives qu’il a prises au cours de sa vie. Il avait des qualités et avait le courage de ses idées. Il était là pour tout le monde, généreux dans son savoir et savait nous encourager dans le bon sens. Et, si on s’éloignait du droit chemin, il savait nous faire revenir. Il a vécu utilement ».

Il prenait toujours, 5 minutes, pour nous parler d’éthique et de déontologie

La journaliste Seynabou Mbodji, a embouché la même trompette pour rendre hommage au défunt. « En tant journaliste, Sud a été le premier journal à m’accueillir en tant que stagiaire, j’étais alors étudiante en première année au Cesti. J’ai trouvé un Babacar Touré ouvert, professionnel et qui croyait aux jeunes. C’est quelqu’un qui nous a toujours encouragés à aller de l’avant. Et chaque rencontre avec lui, était un moment pour lui de faire une session sur l’éthique et la déontologie. Il prenait toujours, au moins 5 minutes, pour nous parler de l’éthique et de la déontologie. C’est un homme courtois », témoigne-t-elle.
Babacar Touré sera inhumé dans la cité religieuse de Touba et les condoléances seront reçues chez lui, à Ngaparou. Aliou DIOUF & Pape D. DIALLO (Photos)

LA MORT DE BABACAR TOURÉ : TOUS, GENOUX À TERRE ! PAR AMADOU LAMINE SALL

J’oubliais de te présenter, mon cher Moustapha Dieng de Sud-Fm, mes condoléances pour notre patrimoine commun Babacar Touré.
Si seulement tu pouvais savoir combien cela me peine. Il était un frère et un ami. Nous nous entretenions régulièrement au téléphone, faute de se voir. Il m’avait entretenu d’un projet d’écriture. Il était unique. Un homme apaisant. Un homme de très grande culture qui dépassait le journalisme. Avec lui, ce métier avait une autre dimension, une autre résonance, une autre âme. Cet espace n’est plus tout à fait le même. Il a été cambriolé et souillé. On l’a sorti du bois sacré. Babacar en était profondément meurtri.
Notre pays a muté. Il a mal muté. L’esprit n’est plus la quête. Et partout où l’esprit s’enfuit, s’installent dans le confort la médiocrité, l’indignité, l’inculture. Babacar était éclectique. Il était lumineux. Il était généreux. Il aimait rire. Il était bon.
Le Sénégal se réveille chaque jour avec des étoiles qui s’éteignent. Que se passe-t-il donc ? Pourquoi la mort se presse t-elle tant, en nous prenant les meilleurs de nos enfants ?
Ce pays doit s’arrêter une minute et tous, genoux à terre, prier ensemble car c’est ensemble que ce pays se désintègre moralement. Qu’il fond. Une minorité tente de tenir le ciel afin qu’il ne s’affaisse. Cela ne pourra pas durer.
Ce pays a besoin d’autorité, de discipline, de respect mutuel.
Le Sénégal comme pays fait près de 16 millions d’habitants. Des villes, de simples villes, en font plus et on y vit dans le respect des uns et des autres. Pourquoi pas chez nous ?
Nous aimons ce pays. Nous prions pour lui. Nous sommes inquiets pour lui comme nous le serions pour notre enfant insoumis. Nous le voulons à l’image de ses fils comme Babacar Touré qui l’a honoré et fait respecter ici et de par le monde.
Mes condoléances à toute la presse sénégalaise. Que les jeunes aillent voir et lire qui était Babacar Touré. Mes pensées émues à sa famille, ses amis nombreux et peinés.
Laissons Dieu masser nos cœurs. Laissons LE encore nous aider à tenir devant la douleur. Qu’IL garde notre pays. ce 27 juillet 2020

Le Président BABACAR TOURÉ,…tel que nous l’aimions au CNRA Par Jeanne LOPIS SYLLA.

http://www.sudonline.sn Babacar TOURÉ nous a quittés la nuit dernière et les hommages fusent, commandés par la circonstance et par l’émotion, certes, mais si concordants, si remplis de vérité
En guise d’hommage à celui qui, avec nous, partagea pour ainsi dire au quotidien, la vie au sein du CNRA, pendant six années, de 2012 à 2018, de manière parfaitement démocratique et en toute objectivité, je voudrais transmettre à sa famille, à ses amis et confrères, à nos compatriotes ces deux textes qui furent échangés dans un cercle restreint, parce qu’ils illustrent, dans toute sa vérité, la personnalité de Babacar TOURÉ. Notre mandat achevé, il remercie et présente ses vœux, (et avec quelle modestie !) à ses anciens partenaires du Conseil dont il était le Président.
La réponse qui s’est imposée à moi, n’importe lequel des membres du CNRA aurait pu l’écrire parce que nous avons tous réellement vécu les mêmes expériences sous son leadership.

I/ – LE MARDI 25 DÉCEMBRE 2018 À 10 : 52 : 27 UTC, MBAYE TURE A ÉCRIT :

Mes très chers A vous toutes et tous qui m’avez l’honneur et le privilège d’avoir partagé ces moments de sacerdoce au service de notre société , je redis toute ma gratitude et mes sentiments de profonds respects et considération. les difficultés de l’exercice, les aspérités et les atermoiements et les sautes d’humeur ont plutôt renforcé vôtre sens du devoir et de l’équilibre tout au long de ces six longues années de mise à l’épreuve constante et souvent démotivante.je vous en sais gré et vous en donne acte. La promesse de Noël et le nouvel an qui pointe me donnent l’occasion de vous redire juste Merci. Joyeux Noël et excellente année 2019 de santé et de bonheur partagé.

II/ – FROM : LOPIS JEANNE SENT : SUNDAY, DECEMBER 30, 2018 2 : 02 PM

Bien cher Président,

Votre message de Noël et du Nouvel An par anticipation accompagnant la fin de nos six années de compagnonnage dans la régulation de l’audiovisuel, au sein du CNRA, ne me surprend ni dans le contenu ni dans la démarche : gratitude et modestie. Mais mon sentiment personnel, et largement partagé par les membres de notre collège, est que c’est à nous qu’il revient de dire « merci ».
Merci d’abord pour avoir porté votre choix sur nos personnes au moment de constituer votre équipe il y a six ans. Merci surtout de nous avoir donné l’inestimable occasion de participer à cette belle et exaltante aventure, cette odyssée ; une odyssée, en ce sens qu’il s’agissait réellement pour nous d’aborder des « contrées » jusque-là inconnues, faisant littéralement des découvertes de domaines pour nous nouveaux. Merci parce que travailler avec vous a été instructif à des degrés divers, avec six années de partage généreux et de créativité, sans jamais dévier de la ligne que nous nous étions choisie – quelles que fussent les circonstances -, parce que votre choix personnel, de vie autant que professionnel, était clair, éclairé, précis et sûr, parce que vous aviez toute notre confiance, la confiance de ceux qui vous connaissaient déjà et celle de nos collègues qui vous connaissaient de loin ou de réputation.
Merci pour ces moments de partage et pour la valorisation de ce que chacun apportait de ses talents au bénéfice de notre société. Merci pour avoir, vous, fait preuve de sacerdoce en allant jusqu’au bout des six années de notre mission, au lieu des deux années pour lesquelles vous aviez pris l’engagement de diriger le CNRA. Bonne et heureuse année 2019 à vous, à votre famille, à tous nos anciens collègues du CNRA, conseillers, staff administratif et technique et à tous ceux qui leur sont chers. Avec toute mon amitié et mon affection.Jeanne LOPIS SYLLA.Membre du Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), 2012–2018

Babacar Touré,pionnier de la presse indépendante africaine, s’en est allé

https://www.lepoint.fr/afrique Ancien président du groupe Sud, qu’il avait cofondé en 1985, Babacar Touré est décédé le 26 juillet d’une longue maladie. La presse africaine pleure un journaliste emblématique.
Homme de média, Babacar Touré était aussi un citoyen très engagé dans la lutte pour la démocratie en Afrique.  © DR
« Il a marqué de son empreinte le paysage médiatique du Sénégal et au-delà », résume d’emblée le site seneplus.com en hommage au grand patron de presse qu’était Babacar Touré, décédé ce dimanche 26 juillet à l’âge de 69 ans des suites d’une maladie. Depuis l’annonce officielle de son décès, les témoignages pleuvent et ils sont unanimes  : « Un monument de la presse s’effondre », titre Walf Quotidien. « La presse africaine, en particulier sénégalaise, perd l’un de ses monuments qui a gravé son nom dans les annales du pluralisme médiatique », renchérit Le Soleil. « Un géant s’est effondré » pour l’AS. Mais qui était Babacar Touré ?

Pionnier de la presse indépendante

Né en 1951 à Fatick dans le centre du Sénégal, Babacar Touré ou « BT » comme le surnommaient ses plus proches amis avait fondé et présidé le groupe privé Sud Communication en 1985. « Il commence alors par éditer le journal Sud Hebdo, qui deviendra Sud Quotidien plus tard », renseigne l’Agence de presse sénégalaise, APS. En 1994, le groupe Sud Communication se fait connaître sur le plan national en ouvrant Sud-FM, la première radio privée du Sénégal et aussi le premier-né de la famille Sud Communication. La cérémonie d’inauguration s’est tenue en présence de l’ex-président Abdou Diouf ainsi que de certains de ses homologues de la sous-région. Ce qui a permis au média de trouver un écho hors des frontières du pays.
Khadim Samb, communicant et compagnon de route, témoigne dans la presse sénégalaise  : « Lorsqu’on a créé en 1986 Sud Hebdo dont les bureaux étaient à cette époque près de la salle de vente en centre-ville, avec feu Ibrahima Fall, Abdoulaye Ndiaga Sylla ou encore Bira Kane, nous étions un groupe soudé », a-t-il ajouté. « On avait des amis comme Malick Sow, Idrissa Seck, Pierre Babacar Kama, Djibril Ngom, Cheikh Tidiane Sy, Mayoro Faye, nous étions les noyaux durs de ce journal. Pendant trois à quatre ans, nous avons cheminé ensemble jusqu’à ce que Babacar Touré exprime le souhait de créer la première radio privée du Sénégal. C’est ainsi que Sud-FM a été créée en 1992 et inaugurée en 1994 », se souvient-il face à la presse sénégalaise. « Babacar avait par la suite ouvert une télé LCA (La Chaîne Africaine) qu’il a finalement décidé de déplacer en France à cause de quelques difficultés qu’elle rencontrait, puis en Gambie avant que la télé ne cesse d’émettre. Mais la radio Sud-FM a été la première radio privée du Sénégal avec plus tard les antennes régionales qui ont fleuri depuis », poursuit Khadim Samb.

Derrière le journaliste, un infatigable défenseur de la démocratie

Mais ce n’est pas tout. Babacar Touré, diplômé en sociologie, en sciences politiques, en journalisme et communication, et titulaire d’un Certificat de maîtrise d’anglais, était passé par les bancs de l’Institut français de presse, puis au Centre de perfectionnement des communicateurs africains de l’Université de Montréal au Canada, au Michigan State University et à l’université du Kansas aux États-Unis. Il a commencé a travailler au quotidien Le Soleil avant de poursuivre ses études aux États-Unis d’Amérique, d’où il est rentré pour intégrer l’ONG Enda Tiers-Monde, informe l’Agence de presse sénégalaise (APS).
L’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication, une école de formation de journalistes installée à Dakar, est également une création de son groupe de presse. Pour Abdoulaye Bathily, historien et homme politique sénégalais, au-delà d’avoir été un journaliste et une voix qui a compté, Babacar Touré a aussi joué sa partition dans les « luttes pour la démocratie ». « Avec le Groupe Sud, il a été le pionnier de la presse indépendante et professionnelle dont l’exemple a rayonné dans beaucoup de pays du continent, brisant le monopole des médiats d’État, citadelles de la pensée unique et de l’intolérance », a-t-il dit aux médias locaux. En effet, on apprend au lendemain de son décès qu’il avait endossé un rôle d’intermédiaire dans des conflits politiques majeurs dans son pays en plaidant notamment la cause de l’ancien président Abdoulaye Wade lorsque ce dernier a été envoyé en prison par Abdou Diouf. Babacar Touré a aussi été le conseiller du président guinéen Alpha Condé, qu’il connaît depuis les années où ce dernier était dans l’opposition.
Babacar Touré a par la suite été nommé à la tête du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), en plus d’avoir exercé de nombreuses fonctions dans des institutions sénégalaises, africaines et en dehors du continent en tant que « membre du conseil d’administration de l’Institut Panos, du Collège des conseillers africains de la Banque mondiale, et coprésident de la Conférence ministérielle Afrique/États-Unis, avec Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’État américaine », détaille encore l’APS.

Pluie d’hommages de personnalités

Pour le défenseur des droits de l’homme, Alioune Tine, « le décès de Babacar Touré est une perte immense pour le Sénégal et l’Afrique, leur leader politique et intellectuel, un humaniste absolu avec une identité narrative inédite, doué de tous les talents ». « Nous partageons la tristesse du groupe Sud communication, la tristesse de toute la presse. Babacar Touré était un vrai visionnaire, une intelligence pratique perpétuellement en éveil. Un des promoteurs de la démocratie en Afrique », a-t-il réagi sur sa page Twitter. Sur ce même réseau, le chef de l’État Macky Sall a présenté ses condoléances au groupe Sud et à la presse ainsi qu’à la famille du défunt en ces termes  : « Journaliste chevronné et pionnier dans l’entreprise de presse et la formation des journalistes, homme de consensus et de dialogue, Babacar Touré aura été de tous les combats pour la liberté et la démocratie ». Autant d’hommages en disent long sur le professionnel et sur l’homme. Nul doute que son souvenir continuera à nourrir l’attachement des journalistes à apporter leur contribution à la construction de l’Afrique, dans ses dimensions politiques, économiques et de formation.

Babacar Touré : La première pierre !

https://www.seneweb.com Première pierre de la maison de la presse libre au Sénégal, Babacar Touré est aussi un grand intellectuel doté d’une grande capacité d’analyse. Le patron de Sud communication est aussi peint en homme généreux, une « sécurité sociale ambulante ».
Babacar Touré n’est certainement pas le premier Sénégalais à s’essayer dans la presse privée, mais il reste sans conteste la première racine de cet arbre qu’est la presse indépendante au Sénégal. C’est lui qui a tracé, avec d’autres, le premier trait du chemin emprunté par les médias privé. Avant Babacar Touré, Abdou Rahmane Cissé a créé la Lettre fermée en 1972, un journal qui disparaît à son deuxième numéro.
Il y avait aussi d’autres comme Mame Less Dia, avec son journal Politicien, un titre paraissant « régulièrement à l’improviste » à la fin des années 1970. Sans oublier Sidy Niass qui s’est essayé avant (1984) avec une presse d’orientation religieuse, avant qu’il ne rencontre le journalisme, comme il l’explique lui-même.
Le défunt PDG du Groupe Sud communication reste donc sans conteste le pionnier de la presse privée d’aujourd’hui, en ce sens qu’il est le premier à avoir fondé un journal indépendant dès le début et qui a fait du chemin. « Il fallait être courageux pour créer une entreprise de presse au début des années 80 au Sénégal, parce que tous les journalistes qui sortaient d’une formation allaient travailler dans le service public », déclare son camarade de promotion Mamadou Koumé.
En effet, ce contexte était marqué par une hostilité ouverte des tenants du pouvoir vis-à-vis de la presse non étatique. « Il n’existe pas dans notre vie politique un quatrième pouvoir qui serait le pouvoir journalistique et qui ferait régner sa loi – pour ne pas dire sa terreur – par le chantage à la délation et à la calomnie», lançait Senghor en 1979.
10 ans plus tard, c’est-à-dire en 1989, Abdou Diouf qui lui a succédé à la tête de l’Etat accusait la presse privée de «verser dans la diffamation, l’intox, la déstabilisation morale de la nation, et le discrédit des institutions républicaines ».

Les quatre mousquetaires

Qu’importe, le vent du changement dans l’espace médiatique s’annonçait. Babacar Touré qui travaillait alors à Enda après son retour des Etats-Unis décide de démissionner à la recherche de la liberté. Il croise sur son chemin d’autres jeunes qui avaient besoin de plus d’espace que Le Soleil, médias d’Etat ancré à la propagande au profit du parti-Etat, ne pouvait leur offrir.
Il s’agissait de Sidy Gaye, Abdoulaye Ndiaga Sylla et le défunt Ibrahima Fall qui vont saisir l’occasion d’une affectation contestée dans les régions pour démissionner du média public. Leur soleil à eux se lèvera plus tard au Sud. Au point de faire de l’ombre au grand astre de Hann, grâce à la naissance de trois autres hebdos qui constituera les quatre mousquetaires des années 80 : Sud, Walf, Témoin, Cafard Libéré.
Plus qu’une entreprise de presse, Babacar Touré est aussi le premier Sénégalais à avoir mis en place un groupe de presse.  En effet, après Sud Magazine qui devient hebdo puis quotidien en 1993, l’enfant de Ngaparou lance la première radio privée du pays, Sud fm en 1994. Aujourd’hui, Sud Communication est sur toutes les palettes. Journal, radio, télévision (satellite) et même une école de formation en journalisme (Issic).
Cette réussite s’explique aussi par la vision de l’homme. Comme l’indique son nom, Sud traduisait le côté panafricain de Babacar Touré. Celui qui croit beaucoup en l’Afrique a voulu en faire une tribune des idées pour la population du Sud. Ainsi, il a fait le choix d’ouvrir Sud magazine à des non journalistes, sans jamais rompre avec la rigueur de la profession.
En fait, Sud devait être un creuset d’échanges. « Sud n’était pas une entreprise de journalistes, mais un espace intellectuel. Il y avait des sociologues, des philosophes, des humanistes, des historiens… C’était une diversité. Et il a construit un référentiel autour duquel tout le monde se reconnaissait. Il faut être un grand leader pour réunir les contraires », souligne El Hamidou Kassé. Ce choix éditorial va rapidement propulser le support.

Trois chefs d’Etat à Sud fm

Né en 1951, Babacar Touré est un Sénégalais émérite. Homme de plume, ses éditoriales étaient un régal. L’un des plus célèbre reste sans doute : ’’Non, monsieur le Président’’, en réponse à Abdou Diouf. Issu de la 7è promotion du Cesti (1979), l’étudiant avait déjà quelques bagages intellectuels avant d’arriver à l’école de journalisme de l’Ucad. En fait, ce bilingue est entré au Cesti par voie professionnelle, alors qu’il travaillait à l’ambassade du Nigéria en Mauritanie.
Homme ouvert aux idées, Babacar Touré a fréquenté les groupes d’étudiants maoïstes. C’est donc un homme de gauche qui aime la confrontation des idées. « A chaque fois que je le rencontre, on parle de livre », soutient le journaliste-philosophe El Hadji Kassé. Celui qui est affectueusement surnommé B. T. a une bibliothèque fournie dans laquelle on trouve aussi les récentes publications.
Outre sa rigueur professionnelle et son côté intellectuel, Babacar Touré est aussi un homme de réseau. Il a su réunir 3 chefs d’Etats africains (Sénégal, Mauritanie, Mali) à l’occasion du lancement de Sud fm. Ami de l’actuel président de la Guinée, il était aussi proche de Wade, dit-on.
Une relation qu’il a aussi mise au service des autres. « Il a partagé les possibilités que lui offraient ses relations. Babacar était un Seigneur », témoigne Mamadou Koumé. Ce seigneur que le journaliste Ibrahima Bakhoum qualifie de « sécurité sociale ambulante » est peint en homme d’une générosité légendaire.
Une générosité que le groupe Sud pourra toujours perpétuer, par le biais du partage des idées. Même si le groupe n’a plus sa force d’antan, après avoir subi les foudres du régime de Wade pendant presque 12 ans.
Quant à l’homme, décédé à l’hôpital Principal dimanche dernier, il repose désormais au cimetière de Touba.

HOMMAGE A BT : Ses relations avec Serigne Moutakha,qui a dirigé la prière mortuaire

https://www.lequotidien.sn Le khalife général des Mourides, qui a dirigé la prière mortuaire et choisi l’emplacement de la tombe où repose le fondateur de Sud, avait une relation particulière avec Babacar Touré, qui était aussi une voix qui compte dans le monde mouride.
A Touba, l’émotion était forte au moment d’enterrer Babacar Touré qui était un fervent talibé mouride. Signe de la grandeur de l’homme, c’est Serigne Moun­takha Mbacké en personne qui a dirigé la prière mortuaire et choisi l’emplacement de sa tombe. Il a fait un témoignage élogieux sur le défunt, qui a marqué son époque et était une voix qui compte dans l’univers mouride. Mais il était d’une discrétion «extraordinaire» malgré le poids de sa renommée dans le pays.
Entre Babacar Touré et le khalife général des Mourides, c’est une histoire amicale particulière. Avant son intronisation à la tête de la confrérie mouride, le patriarche de Touba se rendait régulièrement chez Babacar Touré à Ngaparou. Conscient que le guide avait besoin de discrétion durant ses visites, Babacar Touré lui avait construit un pavillon spécial avec une mosquée pour lui offrir toutes les commodités.

Décédé dans la nuit du dimanche, Babacar Touré, 69 ans, est une figure médiatique respectée partout en Afrique. Fondateur du groupe Sud communication, il laisse derrière lui une réputation et une aura qui font l’unanimité.

Précurseur dans le milieu de la presse, Babacar Touré était à la fois un journaliste et un homme d’affaires né en 1951 à Fatick. Diplômé en sociologie et sciences politiques, en journalisme et communication, et titulaire d’un Certificat de maîtrise d’anglais, il complète sa formation au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), au sein de la promotion 1979. Ses premières expériences professionnelles auront lieu au sein du quotidien gouvernement Le Soleil. Ensuite, cap sur les Etats-Unis, la France et le Canada. Avec quelques anciens collègues comme Abdoulaye Ndiaga Sylla, Ibrahima Fall et Sidy Gaye, il écrit les lettres de noblesse de la presse.
Après la création du magazine Sud Hebdo, qui deviendra Sud Quotidien en 1993, naquirent la première radio privée du Sénégal (Sud Fm) en 1994, une école de formation de journalistes et de communicants (Issic) en 1996 et La chaîne africaine (Lca) qui a connu une courte existence. Durant toute sa vie, Babacar Touré s’est battu pour la liberté de la presse et les combats nobles.

Latif Coulibaly : «La couverture par Sud Fm des élections de 93 a abouti à l’annulation d’une partie du scrutin à Dakar»

https://www.lequotidien.sn Le journaliste Abdou Latif Coulibaly fait partie des hommes qui ont vécu aux côtés de Babacar Touré, partagé ses combats et réalisé avec lui ses rêves. Dans cet entretien, il revient sur leur première rencontre, la création du groupe Sud et rend hommage à un mentor dont la vie a été utile à la Nation sénégalaise.

Vous vous rappelez votre première rencontre avec Babacar Touré ?

Babacar Touré, si je peux dire, d’abord c’est une rencontre intellectuelle. Je m’explique : J’avais lu un article qu’il avait publié sur l’anthropologue Jean Roux. Quand j’ai lu l’article, j’ai été profondément séduit par le style d’écriture et également par la culture générale du journaliste qui avait fait l’entretien. Et comme je n’avais pas l’habitude de lire son nom dans Le Soleil, je me suis mis à chercher c’était qui ce journaliste-là. Parce que quand vous êtes à l’école de journalisme, vous aimez lire les journaux et retenir des noms de journalistes. J’avais retenu Ndiaga Sylla que j’avais retrouvé comme professeur au Cesti. Mais Babacar Touré parce que quand je suis entré à l’école de journalisme (Cesti), il n’était plus au Soleil, il avait déjà rejoint Enda Tiers-Monde et il avait fait ce travail qu’il avait proposé au Soleil et je l’ai lu. Il se trouve qu’à la même période, j’avais publié une tribune dans le Soleil sur le conflit qui avait opposé à l’époque Thomas Sankara et le staff de la Cao (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Lui-même avait lu cette tribune-là et trouvé pertinent l’article et en avait parlé avec son épouse qui se trouvait être une étudiante à l’époque. J’ai trouvé que sa femme avait fait la Fac de droit avec mon grand frère (Cheikh T. Coulibaly), qui lui a dit ce jeune journaliste, je connais son grand frère avec qui j’ai fait la faculté, mais lui je le connais à peine. Comme ça de fil en aiguille, un jour je suis parti avec des copains au club de la presse, nous étions de jeunes journalistes, donc on aimait bien fréquenter ces lieux où il y avait de grands journalistes. Quand je suis arrivé, je les ai trouvés attablés. Alors Saliou Traoré, paix à son âme, lui a dit : «Vous ne vous connaissez pas ? Latif, c’est Babacar Touré et Babacar, c’est Latif, c’est un jeune journaliste.» Babacar me dit : «Vous êtes le jeune qui a publié récemment dans le Soleil une tribune sur Thomas Sankara ?» J’ai dit : «Oui.» J’ai dit : «Mais c’est vous qui avez réalisé l’interview avec Jean Roux.» Voilà comment notre relation est partie. Et quand je l’ai vu, on a échangé, c’était très agréable. On avait beaucoup parlé de politique, de tout. J’étais curieux d’apprendre auprès de lui beaucoup de choses dans le métier d’abord et comme il se trouve que j’avais également quelques connaissances générales, parce que c’était la base. On a échangé longuement et sur le coup il me dit : «Tu viens me voir dans mon bureau lundi, on va discuter.» Nous étions le vendredi. Aussitôt, le rendez-vous est pris. Moi, je vais le voir lundi, nous étions à deux semaines de l’ouverture des classes. J’arrive, il me dit : «Je prépare un numéro spécial de la revue Vivre autrement (qu’Enda publiait à l’époque). Je souhaiterais que tu me fasses une enquête sur la préparation de l’ouverture des classes de l’année scolaire par les parents, la vente des livres etc.» C’est une enquête que j’ai passé une quinzaine de jours à faire, j’ai rédigé l’enquête, je suis parti lui amener le document. Quand je suis arrivé, il m’a reçu et a pris le document. Il a commencé à le lire. Je savais qu’il approuvait ce que j’avais écrit dans le texte et il en était content. Ensuite il me dit : «Ecoute, nous sommes en train de préparer pour mettre en place un projet important. Je souhaiterais que tu fasses partie de ce projet là quand il va démarrer.» Il m’a expliqué le projet de Sud communication. J’étais enthousiaste, parce qu’à l’époque je faisais des piges au Soleil et à la Pana. Donc sur ces faits, l’engagement est pris, on coordonne et puis comme ça je deviens un de ses jeunes frères. J’étais assidu dans son bureau, je venais, on partait ensemble déjeuner, c’était très agréable avec lui. J’étais à un an de mon départ pour le Canada pour aller faire ma thèse de doctorat. On crée le groupe, mais avant mon départ, j’ai eu le temps de le présenter à mon grand frère qui est à peu près de son âge et ils sont devenus des amis très proches, l’actuel président de la Cour suprême, Cheikh Tidiane Coulibaly. C’est son ami personnel. Donc quand je suis revenu évidemment, j’ai repris mes relations avec lui et j’étais à Sud, mais il me disait : «Ecoute, tu es mon petit frère. C’est ton grand frère qui est mon ami. Il faut bien que tu comprennes les choses.» Donc je suis devenu son petit frère et mon grand frère, c’est son ami. Ils peuvent se parler pendant des jours, ou des semaines. Moi je ne suis pas même pas au courant. Il me dit : «Tu restes à la place du petit frère et moi j’ai mes relations avec mon ami.» J’ai dit : «Je n’ai jamais de problème par rapport à ça.» Et il m’a pris sous son aile. J’ai été le plus jeune membre fondateur de Sud communication. Voilà comment nos relations ont cheminé. J’ai fini ma thèse de doctorat et je suis revenu. J’étais recruté à l’Université, mais j’étais en temps plein à Sud en tant que journaliste.

Quel héritage laisse-t-il au monde médiatique ?

Pour résumer, la pratique, la liberté de pratique du journalisme tel qu’on la connaît aujourd’hui, les gens sont libres de pratiquer, les journalistes ont plus de devoir qu’ils en avaient avant, c’est l’héritage de Babacar Touré. Le paysage médiatique assez fourni en radios et en télévisions, c’est également lui quelque part. Il ne faut pas oublier que la première radio privée du Sénégal, c’est Sud Fm. C’est au prix d’une bataille, vraie bataille qu’il a menée et à ses côtés nous-mêmes. Quand on a installé la radio Sud Fm, il a fallu deux ans pour que Dunya s’en sorte, plus de trois ans pour Walfadjri parce qu’elle est arrivé en 98. La seule radio qui était là, c’était Sud Fm. C’est une bataille épique à l’époque. On avait constitué d’ailleurs sous sa responsabilité une batterie d’avocats pour attaquer le gouvernement à l’époque pour avoir donné une fréquence à Rfi, discriminant ainsi les Sénégalais qui avaient fait la demande depuis des années. Et à la suite d’une audience qu’il a eue avec le Président Diouf, ce dernier a accédé à sa demande. Aujourd’hui, c’est l’un des héritages. Le journalisme tel que nous le connaissons aujourd’hui, nous le pratiquons, c’est grâce à l’œuvre de ce qu’on a appelé les quatre mousquetaires au sein desquels Babacar jouait un rôle très important. C’est une vérité absolue. Mais c’est également aujourd’hui tout ce que Babacar a contribué du point de vue de la formation des jeunes journalistes, de la lutte pour la promotion démocratique au Sénégal et l’apport que les médias ont aujourd’hui par rapport au développement de la presse et de la démocratie. Babacar a été le pionnier quelque part. Parce que les premières élections surveillées au Sénégal et sous contrôle des médias ce sont celles de 1996. Il n’y avait que Sud qui existait comme radio privée et qui faisait la relation des faits au point que son travail avait culminé et abouti à l’annulation d’une partie du scrutin à Dakar, dans au moins quelques quartiers, et la reconnaissance par le gouvernement du Sénégal des fraudes qui ont été engagées à Dakar et crée la mise en place de l’Onel (Observatoire national des élections) qui procède de ce travail à l’époque. Parce que le soir des élections, le lendemain Abdou Diouf a mis en place une commission dirigée par l’administrateur civil Pierre Babacar Kaba. Là également, c’était l’œuvre de la radio privée Sud Fm et c’est une vérité historique. Il est là, le gouverneur de l’époque de Dakar, qui s’est présenté dans les locaux de Sud à 12 h pour nous supplier de lui donner des résultats que nous avons publiés sur nos antennes pour lui permettre d’aller en discuter avec le Premier ministre. Tout cela, c’est des faits d’armes que nous avons par rapport à la lutte démocratique. C’est incontestable.

Quel lien entreteniez-vous avec Babacar Touré ?

Babacar Touré, c’est un frère. Je ne vais pas parler de nos relations personnelles. J’ai parlé de la relation professionnelle, c’est le plus utile pour les Sénégalais. Babacar Touré a 3 qualités essentielles. C’est un homme de vertu, un amoureux de la vérité. C’est un homme déterminé, de courage et très compétent, honnête.

Qu’est-ce qui explique cette unanimité autour de sa personne ?

Ces qualités que je viens de citer. Ce sont elles qui font qu’il y a unanimité autour de la personne, c’est la vérité. Vous chercherez difficilement et dans le corps de la presse et à l’extérieur quelqu’un qui médira de Babacar. S’il le fait, c’est gratuit. Si vous n’êtes pas un homme de vertu, de courage, de détermination, si vous n’êtes pas compétent, ce n’est pas sûr que votre cheminement soit un long chemin. Il a beaucoup apporté à la presse dans ce pays et la presse panafricaine d’ailleurs pas qu’au Sénégal.

Comment les projets Sud Fm et Issic ont-ils vu le jour ?

Il faut savoir que ce qu’on a appelé Sud communication, c’est un projet, mais surtout une vision. Quand je dis vision, Babacar n’a jamais pensé qu’il y avait possibilité de faire une démocratie réelle et authentique dans un pays sans qu’à la base qu’il y ait une presse libre, compétente et engagée. Pendant que le débat international battait son plein pour l’instauration d’un nouvel ordre mondial de la communication engagé par l’Unesco sur la base d’un rapport qui avait été produit par les Britanniques, en Afrique, Babacar Touré et ses amis pensaient qu’il était sans aucun doute juste de poser la problématique de la lutte de la promotion de la démocratie, mais il était tout aussi important qu’il y ait dans nos pays un ordre national de la communication. Donc le mot «Sud» procède de la volonté d’installer dans le Sud, partout dans chaque pays du Sud, un ordre national de la communication. Il s’est battu à ses fins avec son groupe d’abord en le nommant Sud communication et ensuite tous les corps de journalisme : la presse écrite, la radio, la télévision à un moment donné et la mise en place d’une école. Donc c’est à l’origine du projet Sud que tout ça est né. Il faut être très clair par rapport à ça. Il n’y a pas possibilité de détacher l’Issic, la radio, le journal. L’objectif était de produire une information juste à la hauteur des ambitions des Séné­galais.

Avec le recul, auriez-vous pu faire d’autres projets ?

Mais bien sûr, on aurait pu faire d’autres projets, mais nous nous sommes concentrés sur 4 projets qu’on a faits.

Quelles épreuves vous ont marqués dans la marche de Sud ?

Il n’y a pas d’épreuves particulières qui nous ont marqués. C’était un travail qu’on a fait ensemble. Nous aurions pu faire encore davantage. Nous n’avons pas totalement réussi dans le cas de la télévision. Nous n’avons jamais eu la fréquence. Nous en avons demandé, le gouvernement de l’époque pensait qu’on ne devait pas en avoir. On n’en a pas eu. Ça a été pour nous quelque chose d’inacceptable, d’injuste. Je l’ai trouvé très injuste et inacceptable d’ailleurs. Je ne vois pas pourquoi on l’avait fait. Pour moi, ce n’était pas un échec à nous, mais c’était un concours de circonstances particulier, une injustice qui nous a été infligée par un Etat.

UN BON À TERRE-L’hommage du Sommet extraordinaire de la Cedeao

https://www.lequotidien.sn La réputation de Babacar Touré avait traversé les époques et les frontières sénégalaises. Le Sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), consacré à la situation du Mali, a rendu hommage au fondateur du groupe Sud communication. A l’entame de cette rencontre virtuelle, le Président Sall a annoncé à ses pairs le décès du journaliste qui compte parmi eux de vrais amis comme le Président Alpha Condé de la Guinée.
Cette reconnaissance montre le poids de l’illustre disparu qui a donné sens à sa vie en se battant pour un idéal : la création d’une presse privée libre. Ce combat lui avait a valu une standing-ovation lors des assises de l’Union de la presse francophone à Conakry en 2017. A l’époque, les relations entre l’Upf et le Président guinéen étaient tendues. Mais BT avait réussi à faire baisser la tension en parlant au chef de l’Etat guinéen. Comme toujours, sa voix compte.
Aujourd’hui, c’est une vie de rêve qui s’achève. Les témoignages de Macky Sall sur Babacar Touré qu’il avait nommé à la tête du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) confirment l’envergure de ce personnage qui n’a jamais renoncé à ses principes nonobstant son aura. Il dit : «Journaliste chevronné et pionnier dans l’entreprise de presse et la formation des journalistes, homme de consensus et de dialogue, Babacar Touré aura été de tous les combats pour la liberté et la démocratie. A sa famille, au groupe Sud et à la presse, je présente mes condoléances.»

Hommage : Babacar Touré, le Sénégal orphelin (Cdeps)

Dimanche 26 juin 2020, tombait la triste nouvelle de la disparition de Babacar Touré, président du Groupe Sud Communication
C’est la perte d’un immense homme pour sa famille, la presse sénégalaise, la Nation tout entière, mais aussi pour l’intelligentsia africaine
Babacar Touré est non seulement un pionnier pour la presse sénégalaise, mais il a aussi été un exemple de rigueur morale et professionnelle pour tous ses confrères
L’action de Babacar Touré et celle de ses confrères ont permis l’alternance dans les médias au Sénégal jusque-là dominés par la pensée unique du parti-Etat. Ce sont ces germes de la pluralité dans la presse qui ont ensuite permis les alternances politiques en 2000 et 2012. C’est cette pluralité dans la presse qui nous vaut aussi la stabilité politique et sociale au Sénégal.
Babacar Touré, doyen de la presse sénégalaise, a été le confident de tous ses confrères pour lesquels il n’a jamais été avare de conseils, voire des fois des remontrances.
Artisan de la création du Conseil des Diffuseurs et Editeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), le patronat de la presse pleure l’un de ses plus illustres membres.
C’est un homme d’une grande stature qui disparaît et c’est tout le Sénégal et toute l’Afrique qui en sont orphelins.Mamadou Ibra KANE (CDEPS), 27 juillet 2020.

LE TESTAMENT DE BABACAR PAR L’ÉDITORIALISTE DE SENEPLUS, PENDA MBOW

EXCLUSIF SENEPLUS – Babacar Touré est mort relativement jeune mais il donne l’impression d’avoir vécu une centaine d’années, tellement son influence aura été grande, son apport immense. Il mérite une place de choix au Panthéon du Sénégal
C’est aux alentours de 4H du matin, ayant jeté un coup d’œil sur mes messages, je tombai sur celui d’une mes sœurs. Tel un couperet : « Babacar Touré n’est plus ». Suis-je dans un monde irréel ou quoi ? J’essaie de comprendre ce qui se passe.
Deux jours avant son hospitalisation, nous nous sommes parlé Babacar et moi. Ensemble, comme le font tous les patriotes, nous avons exprimé quelques préoccupations au sujet du pays, de la sous-région, de la jeunesse…bref de notre avenir. Babacar préconisait entre autres sujets, la reprise de la Commission Nationale de la Réforme des Institutions (CNRI) que dirigeait le Professeur Amadou Mahtar Mbow. Il faut anticiper sur les problèmes qui ne manqueront pas de se poser dans l’après-covid.
Au fond, lorsqu’on y réfléchit, Babacar « sentant sa mort prochaine », reprit sa plume pour partager avec ses compatriotes ce que j’appelle son testament, à travers ses éditoriaux mais surtout une série de textes qu’il a publiés dans Sud quotidien. Profitant des 25 ans de Sud FM, il est revenu sur des histoires inédites comme le premier plateau de Sud FM, avec Viviane Wade, Amadou Mahtar Mbow, le père du Nouvel Ordre Mondial de l’Information et la Communication (NOMIC)… la rencontre inattendue entre le président Diouf et les artistes libertaires que furent Issa Samb Joe, Djibril Diop Mambetty et leur groupe mais surtout ses réflexions autour de la « culture au culte de la violence ». Son texte intitulé l’arc de feu sous-régional se trouve particulièrement dense et mérite d’être décortiqué à l’aune des évènements que nous vivons dans la sous-région.
Finalement, Babacar est mort relativement jeune mais il donne l’impression d’avoir vécu une centaine d’années, tellement son influence aura été grande, son apport immense. Au début de l’aventure, ce furent quatre dissidents du quotidien Le Soleil ; ne pouvant plus supporter la toute-puissance du Président Directeur général de leur journal, ils portèrent sur les fonts baptismaux, le Groupe Sud Communication. Ils partirent de l’idée de lancer une coopérative à partir de cotisations modiques. Les quatre mousquetaires que furent Babacar Touré, Sidi Gaye, Ibrahima Fall et Abdoulaye Ndiaga Sylla, par la force des convictions et un travail sans relâche, finirent par convaincre des nationaux mais aussi des fondations étrangères. On dit que Sud reçut très tôt le soutien d’Abdourahmane Sow, ancien Directeur de la Caisse de Péréquation mais aussi celui de la fondation Ford.

Petit à petit, de belles plumes et de grandes voix viendront s’adjoindre au groupe originel  : Boubacar Boris Diop, Cherif Elvalid Sèye, Moussa Paye, Madior Fall, Abdou Latif Coulibaly, Baba Diop, Henriette Kandé Niang, Bocar Niang, Birima Fall, Vieux Savané, Saphie Ly, Omar Diouf Fall, Ndèye Fatou Sy, Demba Ndiaye, El hadj Kassé, Hawa Ba, Pape Alé Niang, Baye Omar Guèye, Lika Sidibé, etc.

Personne ne peut écrire l’histoire de la démocratie au Sénégal sans le Groupe Sud Communication. Sa collaboration avec le Métissacana de la styliste Oumou Sy et son mari Mavrot préfigure du rôle que jouent aujourd’hui, les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.
Sans la radio Sud FM, l’alternance aurait été hypothétique en 2000. Sud a accompagné toutes les luttes démocratiques entre les années 90 et 2000, encadré les balbutiements d’une société civile qui finira par devenir une actrice majeure de la démocratie.
Babacar, tu as vécu utile, en homme d’influence et ta contribution pour ce pays est réelle. D’une générosité sans limites, tu as tout donné à ton pays et à l’Afrique. Tu mérites une place de choix dans le Panthéon du Sénégal. Que Babacar Touré ne meure jamais !

BABACAR, LE HÉRAUT PAR MAMADOU NDIAYE

http://www.emedia.sn Babacar Touré avait fait don de sa personne à son pays qui le lui a rendu lors de ses obsèques lundi à Dakar et à Touba. Celles-ci furent sobres et grandioses à la fois. Visages déconfits, l’air hagard et lèvres serrées, hommes, femmes et jeunes de toutes conditions se sont massés hier à la morgue de l’Hôpital principal pour les ultimes honneurs à ce digne fils du Sénégal.
De nombreux témoignages convergent pour saluer l’œuvre monumentale du fondateur du Groupe Sud Communication. Si nul n’est prophète chez soi, Babacar a eu le mérite toutefois de mener avec honnêteté des combats couronnés de succès qui lui valurent la reconnaissance de ses pairs, l’admiration de ses compatriotes, le respect de ses adversaires -si jamais il en a eu- mais aussi et surtout la considération de tous les pouvoirs (politiques, économiques, religieux financiers, sociaux).
Face aux épreuves de vie qui ont jalonné son exceptionnel parcours professionnel, il a fait preuve d’habileté, de doigté parfois même de subtilité toute florentine pour déjouer des pièges, franchir des obstacles, désamorcer des radicalités inutiles pour obtenir des victoires d’étapes qui se résument en un seul mot  : libertés. Oui, libertés au pluriel car Babacar Touré concevait l’élargissement des espaces d’épanouissement comme le point d’ancrage des avancées démocratiques.
En d’autres termes, la liberté d’expression va de pair avec la liberté d’entreprendre. Celle d’aller et venir ne s’apprécie qu’à l’aune de la liberté d’association. Et il appelait de ses vœux à la vigilance, convaincu que la concession d’un jour pourrait être la confiscation du jour d’après. Rien ne s’obtient définitivement, aimait-il à répéter. Il était à l’avant-garde. A ses yeux les pouvoirs se valent ou s’équivalent dans leur volonté cachée de pérenniser leur règne quitte à renoncer à des principes, à des acquis et à changer d’échelle de valeurs à mesure que grossit l’appétit de pouvoir.
Le réalisme habitait ce journaliste atypique adepte de la technique de l’édredon  : ne jamais lâcher tout en donnant l‘impression de lâcher avec une claire conscience que la position n’est pas abandonnée. Cette ruse avec les détenteurs de pouvoir a été pour beaucoup dans l’éclosion d’initiatives de presse dans ce Sénégal friand de débats. Dans les rangs de la presse sénégalaise, la tradition de gauche était, un moment, prépondérante. Les plus grandes plumes d’alors ne s’accommodaient pas de rapprochement avec les tenants du pouvoir d’alors, socialiste pour ne pas le nommer.
Pendant longtemps, ce clivage a prévalu. A peine perceptibles, les évolutions n’en étaient pas moins certaines, la conséquence d’une succession de faits politiques majeurs qui ont jalonné la marche du pays au point de rendre possible le réexamen des positions antagoniques. A cette fin, Babacar n’a cessé d’ouvrir des brèches, examinant les situations avec sa lucidité légendaire et surtout avec sa déconcertante témérité. Il bousculait les certitudes.
De part et d’autres, il détectait les « porteurs de paroles ouvertes » et n’arrêtait de souligner que les conquêtes de positions s’obtiennent parfois au prix de compromis dynamiques et non de compromission. Car, chez lui, la perte de crédibilité du journaliste équivaut simplement à un purgatoire. Le réalisme qui l’habitait et qu’il voulait insuffler trouve sa légitimation dans l’expansion des forces du marché sous l’impulsion d’un très puissant courant doctrinaire d’essence libérale venue de l’Ecole de Chicago. Nous sommes à l’aube de la décennie 80. Ce qu’il a appelé avec justesse « les années de braise » au Sénégal correspondait à ce contexte d’ajustement des politiques publiques pressées de privilégier l’efficacité au détriment des investissements sociaux de base.
Ce combat de la presse faisait chorus avec celui de l’opposition, ce qui incitait les tenants du pouvoir à les confondre paresseusement pour les renvoyer dans les cordes du ring. Or Babacar Touré s’obstinait à jouer les prolongations. Les positions se rapprochent. Les extrémités se touchent enfin. Le dialogue s’amorce. Les rigidités de perception se détendent de part et d’autre, parce que certaines forces y ont travaillé d’arrache-pied.
Guidé par son flair, sa puissance de persuasion et sa connaissance intime de son pays, Babacar Touré considère désormais que la conquête des libertés n’est pas à proprement parler une fin en soi. Au contraire. Une fois celle-ci acquise, reste à mener le combat de l’indépendance économique qui passe par une mutation des médias. En clair, le contenu doit refléter les évolutions et, désormais, la seule vente au numéro ne suffit plus pour assurer la pérennité des journaux qui s’exposent par ailleurs à une autre menace venant cette fois de l’Internet et de la dématérialisation du mode de lecture.
Autrement dit, cette petite « révolution copernicienne » modifie le modèle économique des médias, obligés, pour s’adapter et assurer leur survie, de suivre le basculement en cours. Faute de quoi, la disparition est programmée si les médias classiques ne parviennent pas à prouver « leurs vertus contemporaines ». La logique de marché s’impose de même que ses forces. Tout s’apprécie à l’aune du pouvoir d’achat, des besoins de consommations, des goûts, des tendances, des innovations, de la créativité, de l’audace et de l’impertinence, des publics et des techniques (variées) de diffusion et du renouvellement de l’offre éditoriale.
Même l’information modifie sa texture  : la télévision déploie un trésor d’imaginations pour ne pas s’aliéner ses audiences, base d’appréciation des annonceurs. Le Journal télévisé a cessé d’être ce grand-messe, un rendez-vous solennel, institutionnel même qui caracolait en tête d’affiche des grilles de programmes. En outre, l’émiettement des médias n’est pas une source de viabilité économique. C’est même une menace potentielle avec les dérives redoutées qui, non seulement affaiblissent l’échiquier médiatique mais dégagent un large boulevard pour les médias occidentaux qui viennent, à « armes inégales » rafler des parts d’audience et de marché.
Le défunt patron de Sud Communication prônait l’affirmation de chefs d’entreprise de presse avertis et aguerris. Selon lui, la presse militante a vécu. D’autres conjonctures sociopolitiques prévalent qui nécessitent une requalification des acteurs de presse, notamment les journalistes. A eux, Babacar Touré demande un réexamen de conscience pour mesurer la part tragique du danger qui guette  : un journalisme assis et atavique qui développe l’instinct de peur, renonce à son rôle de veille, de critique et d’aiguillon

TOUBA-INHUMATION DU DEFUNT PDG DE SUD : Bakhya, dernière demeure de BT

http://www.sudonline.sn Le Président Directeur Général du Groupe Sud Communication repose désormais aux cimetières de Bakhya. Babacar Touré, l’un des membres fondateurs de ce grand groupe de presse qui a été inhume hier, lundi 27 juillet, aux environs de 16 heures a été accompagné par une foule immense composée de parents, de journalistes, des autorités religieuses et politiques
L ’émotion a été à son paroxysme quand le corbillard qui transportait le corps du Président Directeur Général du Groupe Sud Communication débarqua aux environs de 14 heures, devant la grande Mosquée de Darou Miname. Les quelques salamalecs ont cédé rapidement la place à un silence de cathédrale. Quelques minutes plus tard, les personnalités qui ont accompagné Babacar Toure à sa dernière demeure regagnent la foule. Peu après, le Khalife Général des Mourides et son staff arrivent sur les lieux et la prière mortuaire qui s’est déroulée à la mosquée de Darou Miname, est dirigée par Cheikh Abdoulatif, en présence du Khalife Général des Mourides et de Serigne Moussa Nawell Mbacké. Apres la prière, le cortège funèbre s’ébranle en direction de Bakhya où Babacar Touré repose à jamais.
Le maire de Ngaparou Mamadou Mbengue a tenu à soutenir pour sa part que Babacar Touré était une icône pour sa commune. Selon lui, il a beaucoup fait et sur tous les plans. « C’était un frère et on se connaissait depuis 1993. Lors de notre accession à la tête de la commune de Ngaparou, il m’a soutenu sur tous les plans, c’est lui qui nous a poussés à avoir un collège et un lycée pour décongestionner sur fonds propres ».
Me Khassimou Touré, avocat à la Cour, dira pour sa part : « nous avons perdu un grand ami, nous avons perdu un parent qui nous est très proche, qui était une référence pour tout le monde. Il nous disait ma véritable famille, c’est la presse. Ma famille biologique venait en seconde position. Il était un patrimoine africain. Il était un homme juste qui pouvait parler avec tout le monde ».
Toute chose que confortera le Prêcheur Alioune Sall : « Babacar Toure respectait ses collaborateurs. Il était un homme juste qui défendait des principes. Il était posé. Nous allons perpétuer son legs avec le Directeur Général Baye Omar Guèye. Tout au long de son mandat au Cnra, il n’a jamais mis les pieds à Sud Fm. C’est dire qu’il avait déjà préparé la relève ».
Pour le député Mamadou Diop Decroix, « C’est le Sénégal qui perd mais aussi l’Afrique car Babacar Touré était très respecté par beaucoup de décideurs africains. Il avait le don de dire ce qu’il pensait à qui que vous soyez sans équivoque. Il avait des tournures qu’il utilisait sans vous heurter. C’est un grand intellectuel. Sa disparition est une grosse perte pour le Sénégal et pour l’Afrique »

HOMMAGE A BABACAR TOURE : “Avec Babacar,seule la compétence comptait”

http://www.sudonline.sn Je suis entré à Sud Quotidien en 1996. Ibrahima Bakhoum, un des membres fondateurs du Groupe Sud communication, m’y avait envoyé pour un stage d’un mois avant de retourner chez lui dans le cabinet de conseil en communication BKM média services qu’il venait d’ouvrir.
Deux semaines après, je rencontre Babacar Touré dans les couloirs de Sud Quotidien au 5ème étage de l’immeuble Fadh. Il me demande : ”C’est toi, le stagiaire de Bakhoum ?” je réponds oui.
Il enchaîne : “oublie ton patron. Tu restes avec nous”. Étonné, je pose la question : “qu’est-ce que je vais lui dire ?” il répond : ”Je m’en occupe”.
Ainsi, je reste 10 ans à Sud. Quand j’ai voulu partir, je suis passé le voir dans son bureau pour le lui dire. Sa réponse : ”non tu restes. Si tu veux, je te fais une faveur. Vas travailler la où tu veux et l’après-midi, tu viens reprendre ta place à Sud”. Je n’ai pas dit non puisque je ne pouvais pas lui refuser quelque chose comme beaucoup de gens d’ailleurs mais je ne suis plus retourné à Sud. Mon aventure s’est ainsi achevée au Groupe Sud communication mais pas avec l’homme dont les souvenirs se bousculent dans ma tête depuis l’annonce de sa disparition.
Professionnel jusqu’au bout des ongles, formateur hors pair, Babacar Touré pouvait se signaler également par ses coups de gueule d’une rare violence qui se dissipaient rapidement dans une générosité légendaire dont il avait seul le secret. Humain et humble, l’homme savait être courtois sans rancune car il avait déjà oublié sa grosse colère dès lors qu’il l’a exprimée. Babacar Touré est l’une des rares personnalités au Sénégal autour de laquelle l’unanimité était faite sur son professionnalisme, son charisme et sa rigueur dans l’analyse et la profondeur de ses textes. Il me vient à l’esprit cette phrase écrite par une autre icône de la presse sénégalaise, Mamadou Oumar Ndiaye, directeur de publication du Témoin, quand il commençait un de ses éditoriaux par “si c’est Babacar Touré qui le dit…”. Ceci renseigne sur le degré de crédibilité dont jouissait le président du Groupe Sud communication tant au Sénégal qu’à l’international.
Très tôt, il a ouvert son groupe de presse à toutes les nationalités. Sud Quotidien était le seul organe de presse au Sénégal à avoir en son sein des journalistes venus du Mali, du Tchad, du Togo, de la Mauritanie, de la Tunisie et ailleurs et qui étaient traités sur un même pied d’égalité que tout le monde.
Pour Babacar Touré et ses amis, seule la compétence comptait. Merci pour cette ouverture d’esprit, cette clairvoyance et cette confiance en toutes les compétences sans distinction de nationalité et d’origine.
Merci, Babacar Touré et tes amis Ndiaga Sylla, Sidi Gaye, Vieux Savané, Demba Ndiaye (notre copain et protecteur) et toute cette famille de Sud communication pour l’accueil dont nous avons bénéficié et la possibilité qui nous a été offerte de faire nos premiers pas dans un grand groupe de presse de dimension panafricaine qu’est Sud communication.
En cette veille de Tabaski dont le mouton n’aura certainement pas le même goût ni la même saveur pour nous qui avons connu Babacar Touré, nous prions Allah Soubhanallah Watallah d’accueillir notre cher PATRON dans son Paradis Éternel. Que la terre de Touba où tu reposes désormais pour l’éternité te soit légère. Que Dieu veille sur le repos de ton âme. Adieu patron

In memoriam : «Président Babacar, la dernière conversation…» Par Nafissatou DIOUF, Journaliste

Hier, une fois n’est pas coutume, j’ai veillé tard. Impossible pour moi de trouver le sommeil, avec l’annonce de votre décès.
Président, comme j’aimais vous appeler ces dernières années, l’annonce de votre disparition m’a surprise, me replongeant dans les souvenirs de mes premiers pas de journaliste-reporter. La dernière fois que nous nous sommes parlés, c’était encore pour échanger sur ce qui nous a toujours liés : le métier si passionnant de journaliste. Un métier dont la pratique vous a occupé certainement presque un demi-siècle.
Toute jeune étudiante en journalisme, j’ai eu la chance de côtoyer, il y a plus de vingt ans maintenant, votre bienveillante et rassurante personne un jour de l’an 1999, au cinquième étage de l’immeuble Fahd, au cœur de Dakar. Sud Fm émettait alors à partir de cette prestigieuse tour, un peu comme en écho à sa renommée éclatante : la première radio privée du Sénégal n’était en effet pas seulement première que de nom. L’information crédible, recoupée et impartiale, c’était sur la 98.5 et nulle part ailleurs.
Fraîchement diplômée de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, ma maîtrise de Lettres Modernes en poche, vous m’avez mis le pied à l’étrier avec la belle équipe composée de feu Chérif El Valid Sèye (que vous avez rejoint au ciel), Abdou Latif Coulibaly, Oumar Diouf Fall, Abdoulaye Ndiaga Sylla, entre autres. Me revient en mémoire, l’une de nos premières discussions. J’avais couvert un sujet dont je ne me rappelle, hélas, plus de la nature et, comme la rédaction de Sud Quotidien n’avait pas envoyé de reporter, on m’avait confié la lourde tâche de rédiger un article pour le compte  des milliers de lecteur dont le rendez-vous avec leur journal préféré était un culte  quotidien.
Le lendemain, nous nous croisâmes dans les couloirs propres et feutrés de la rédaction. Très attentionné mais surtout très psychologue, c’est avec tact que vous m’avez abordée sans m’impressionner : je rencontrais le Président Directeur Général du Groupe Sud Communication. D’un ton bourru vous me félicitiez pour le reportage que vous aviez lu dans les colonnes de votre journal, ne manquant pas de vous interroger sur mon cursus . Je me surpris à entretenir avec vous, le plus naturellement du monde, comme je le ferai avec un confrère de ma génération, une conversation sur l’écriture et ses nombreuses possibilités, sur l’actualité et le journalisme. Une conversation à bâtons rompus pendant laquelle, contre toute attente, je vous entendis m’exhorter à écrire plus régulièrement, car j’avais « une belle plume », disiez vous.
La sincérité qui vous caractérisait ne me laissa pas le temps de douter de l’honnêteté de vos propos. Je me promis, plus à moi-même qu’à vous, de faire miens vos conseils avisés d’alors.
Sans le savoir, je venais de rencontrer, plus qu’un patron, un ami sur le plan intellectuel, un mentor dans le métier et une référence, car je me mis à vous lire un peu plus régulièrement. Dans ces moments où l’on perd un proche, ami ou parent, le chagrin étreint le cœur mais vivifie l’esprit afin de garder intact l’héritage riche que lègue le disparu De votre legs, cher Président, je conserve trois choses essentielles : le professionnalisme, la bienveillance et l’amitié. Dans le premier on retrouve la rigueur inhérente à la pérennité dans la profession et gage de respect et de reconnaissance des confrères d’abord et de l’opinion ensuite.
La deuxième valeur est un don de soi, une baraka, que j’espère avoir entrepris d’acquérir pour vous avoir cotôyé, hélas pas autant, finalement, que je l’aurais souhaité . Dans le métier que nous exerçons, cette disposition permet de savoir séparer la bonne graine de l’ivraie et de travailler avec une passion mesurée et l’esprit alerte.
Enfin, l’amitié, une denrée hélas, qui se raréfie de plus en plus et que j’ai eu la chance d’entretenir avec votre précieuse personne. Alors que ma mémoire renfloue les riches conversations qui ont nourrit nos échanges intellectuels pendant toutes ces années, je ne peux m’empêcher de constater votre constance dans le respect des principes du journalisme, de la pratique de l’éthique, du sens du dialogue et des échanges que vous avez toujours portés en bandoulière. Peut-être que ce souvenir atténuera un peu la douleur de savoir que nous ne converserons plus, même si, comme le disait l’autre, le silence est l’art le plus perfectionné de la conversation. Et, de votre retraite aux cieux, dormez du sommeil du juste Babacar, Président que l’on espère élu de Dieu. Votre amie, Nafissatou  Diouf

Hommage à Babacar Touré, par Kalidou DIALLO, ancien Ministre de l’Education

Pour rendre hommage à M. Babacar Touré, PDG du groupe Sud Com, le Pr Kalidou DIALLO, ancien Ministre de l’Education a dépoussiéré cette contribution que le regretté a signée il y’a deux ans. Dans ce texte, Babacar Touré se désolait du fait que “les enseignants constituent le corps le plus marginalisé de la fonction publique”. Une piqûre de rappel au gouvernement pour une meilleure considération du corps enseignant. Lisez…

CONTRIBUTION : L’éducation nous coûte chère,vous dites ? Par Babacar TOURE

« Il ne sert à rien de dire “Nous avons fait de notre mieux”. Il faut réussir à faire ce qui est nécessaire. » Winston Churchill
Depuis quatre mois, l’école sénégalaise s’est enlisée dans une grève sans précédent. Un blocage total qui agace toutes les parties prenantes de l’institution scolaire. Entre des acteurs du savoir qui galèrent depuis la nuit des temps entre stagnation de carrières et système de rénumération biaisée, et un gouvernement qui, malgré ses 7 % de croissance et sa bonne santé financière clamée sur tous les toits, dit niet à toute augmentation de l’indemnité de logement. Le bout du tunnel est loin pour les potaches, si l’on se fie aux déclarations du porte parole du gouvernement M. Seydou Gueye qui, dans une lettre qui avait des allures d’ultimatum pour les enseignants, disait que l’État a assez fait pour les enseignants.
Pourtant les enseignants constituent le corps le plus marginalisé dans la Fonction Publique, c’est-à-dire ils sont moins considérés et respectés que les autres. L’Etat du Sénégal a déconstruit le mythe de l’enseignant au fil des années si bien qu’il est finalement rabaissé au rang d’un individu ordinaire dont l’existence se résume tout simplement à la quête de pitance.
D’abord, la marginalisation professionnelle se caractérise par un ensemble de traitements défavorables aux enseignants. Les pionniers de l’éducation sont injustement rétrogradés au bas de l’échelle des Fonctionnaires en matière de rémunération et de privilèges. Leurs salaires et leurs prérogatives frisent le ridicule surtout lorsqu’on les compare à certains agents de l’Etat. Le salaire mensuel d’un enseignant de la catégorie A1 est largement inférieur à l’indemnité de logement d’un simple membre du gouvernement. Alors que le salaire total d’un professeur de lycée de classe exceptionnelle, par exemple un censeur ou un proviseur, ne fait même pas 500.000f Cfa, l’indemnité de logement d’un membre du gouvernement avec ou sans diplôme est de l’ordre d’un 1.000.000f Cfa. Cette discrimination est flagrante dans la mesure où l’enseignant de classe exceptionnelle en service dans un lycée a eu une maîtrise académique au terme de quatre (04) années accomplies et un diplôme professionnel au bout de deux (02) ans, communément appelé C.A.E.S. (Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Secondaire), tandis que « les sans diplômes », propulsés au sein du gouvernement par un militantisme effréné et crapuleux, jouissent de privilèges extravagants que le gouvernement cache soigneusement aux citoyens par d’immenses efforts.
Ensuite les enseignants qui sont estimés à 80% de la Fonction Publique, n’absorbent pourtant que 12% de ladite masse salariale. Cela illustre largement au fil des ans que les serviteurs du savoir sont rétrogradés à la base de la hiérarchie de la Fonction Publique. Leur dignité est bafouée par une série de traitements déshumanisants qu’ils doivent cependant restaurer par une synergie dans une lutte opiniâtre de très longue durée. Aujourd’hui, l’enseignant n’est rien dans ce pays où on le regarde comme un être misérable, c’est-à-dire tirant le diable par la queue à l’image des familles les plus démunies.
Dans la société actuelle, les gens n’ont du respect, de la considération uniquement que pour les gens riches. Ainsi, la diabolisation de l’enseignant n’est pas immanente au manque de connaissances, de compétences et de vertu, mais elle se trouve à la base de son niveau de vie très faible par rapport aux autres fonctionnaires appartenant à des corps très bien traités par l’Etat. L’enseignant n’est plus envié, et beaucoup de parents conseillent à leurs enfants d’aller faire la politique pour gagner énormément d’argent et se mettre à l’abri du besoin le plus tôt possible avant la chute inévitable du régime dans lequel ils ont fait fortune.
En revanche, dans un pays, tout le monde ne peut faire de la politique, sinon ce serait l’anéantissement de l’Etat même, car toutes les personnes voudraient occuper les meilleurs postes pour accaparer les plus grands biens. Cette ruée vers le profit personnel va déboucher inéluctablement sur une guerre civile sans précédent. D’ailleurs, personne ne peut démontrer, au risque même de se ridiculiser, que les pays développés ou en voie de développement, excepté le nôtre qui est dans le trou noir du sous-développement, ne s’est développé que grâce à la politique politicienne.
Autrement dit, la politique est seulement utilisée pour satisfaire des désirs et fantasmes personnels qu’on n’aurait jamais pu assouvir dans la vie professionnelle, pour entretenir une clientèle politique arriviste en vue des prochaines échéances électorales par la création d’institutions encombrantes et la nomination à des postes juteux de « responsables politiques ». C’est qu’au Sénégal la politique, qu’on appelle généralement « polotique », est une sinécure. Beaucoup de mauvais citoyens s’en servent abusivement de nos jours. Ils sont appréciés pour leurs capacités individuelles à amasser très rapidement de l’argent. C’est à ce propos qu’ils se sont fait tresser des lauriers par les griots qui valident le détournement de deniers publics par la valorisation des « voleurs patentés de la République ». Par conséquent, même nos propres élèves ne veulent pas devenir des enseignants de peur de vivre à leur tour les nombreuses mésaventures que nous vivons actuellement. Mais, dans un pays sous-développé comme le nôtre, si personne ne veut enseigner, c’est que l’avenir du pays est déjà sérieusement compromis. En outre, le développement n’est qu’un vain mot pour nous, car l’éducation est la clef de voûte de l’essor d’un pays.
Finalement, il est clair que le mal enseignant est beaucoup plus profond qu’on veuille nous le dire. Il est sociétal, institutionnel. La supposée rencontre nocturne entre le G6 et le président de la république pourrait sauver l’année scolaire. Mais quand ferons nous les sacrifices nécessaires pour sauver l’école ? » L’art de la politique, ce n’est pas de faire ce qui est possible, mais de rendre possible ce qui est nécessaire. » Cardinal de Richelieu.Par Babacar TOURE

Alassane Kitane Sur Le Décès De Babacar Touré : «Les Grands Hommes Ne Meurent Pas»

Les wolofs disent fort justement « ku diur dééwulo » (en donnant naissance à des enfants les parents assurent d’une certaine façon leur perpétuité, leur victoire sur la mort). Mais la plus belle victoire sur la mort, c’est la transcendance de nos œuvres. Les bonnes œuvres, les conquêtes de l’esprit en premier, constituent la seule certitude d’une descendance durable et profitable à l’humanité. Babacar Touré  : tout le monde retient de lui le pionnier, pilier et modèle de la presse libre dans notre pays.
Mais il y a mieux  : Babacar aimait les Sénégalais qui se battent pour leur pays et pour leurs idées. C’est ce qu’on appelle générosité, car comme disait ma grand-mère en sérère les présents matériels ne sont pas avantageux  : les vrais cadeaux sont d’ordre moral. Babacar Touré aimait les plumes engagées, il savait les dénicher ; il savait vous prodiguer des conseils et apprécier vos textes pour vous pousser courtoisement à vous parfaire. O mon Dieu quelle grosse perte pour nous !
Quand il m’a envoyé son dernier article  « De la culture au culte de la violence » que j’ai beaucoup apprécié, mon dernier commentaire était « vivement la suite », il n’a pas répondu… La vie est injuste dit-on ! Je ne sais pas si c’est juste de dire que la vie est injuste, mais je peux affirmer que sa cruauté incontestable peut briser des élans. Mais il faut qu’on se batte puisque nous sommes des hommes. La vertu, c’est-à-dire l’excellence, d’un homme réside dans sa contribution au progrès de l’humain, à celui de son peuple. Il n’y a pas d’humanisme en dehors ou au-delà de ce souci de l’humain constamment exprimé dans ses rapports au monde. Merci Babacar d’avoir fait preuve d’un tel humanisme !
Babacar aimait son pays, il encourageait ceux qu’il croyait se battre pour le progrès de leur patrie. Pour parodier Hegel, je dirais que la valeur d’un homme se mesure par sa volonté  : l’homme vaut ce qu’il veut. Ce qu’il veut, c’est son œuvre, celle pour laquelle il a consacré sa vie  : il n’y a pas meilleur témoignage sur terre que nos œuvres. Merci Babacar ! Le pays vous doit beaucoup parce que vous l’avez servi avec foi et intelligence.
Il y a des gens dont l’œuvre dans l’ombre est plus lumineuse que les « soleils » diurnes de la charité. Babacar aimait ceux qui aiment les idées  : il n’y a rien de plus réconfortant pour une modeste personne comme nous que de recevoir des encouragements et des conseils d’un homme que l’on considère comme un héros. Merci Babacar. J’aurais tellement voulu vous dire tout ceci de vive voix, mais le sort en a décidé autrement. Merci Babacar !
Babacar Touré es allé pour un repos éternel à Touba  : c’est une lumière humaine qui va vers une lumière divine. Que la miséricorde divine soit le manteau qui le couvre le jour de la résurrection. Toutes nos condoléances à sa famille et au groupe Sud Communication

Chronique : La presse orpheline, Par Pape Sadio Thiam

https://directnewsinfo.com Le Sénégal pleure la mort d’une icône de la presse africaine et même mondiale. Babacar Touré, Président Babacar Touré, membre fondateur du groupe Sud Communication et ancien président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) a été rappelé à Dieu. A des journalistes qui viennent d’embrasser la profession, venus le consulter, il leur dira  :  « Entre le bon à tirer et le rien à cirer, c’est à vous de choisir ». Ce bout de phrase fort allusif, résume le professionnalisme de cet acteur de premier plan du pluralisme médiatique dans notre pays. Si ce n’est même une propédeutique à l’autonomie des journalistes, garante du respect de la déontologie professionnelle.
L’honnêteté dans l’exercice de la profession, il en avait fait un sacerdoce. Babacar Touré était convaincu que l’honnêteté n’est pas seulement une exigence morale, mais qu’elle est, et surtout une exigence intellectuelle, sans laquelle le travail de l’intellectuel en général et du journaliste en particulier n’est que compromission, surenchère ou simple onanisme intellectuel. Le désormais ex Président du groupe Sud Communication      disparait à un moment où la presse, ce pilier essentiel de la démocratie connait des mutations inquiétantes pour la démocratie et pour la citoyenneté. Le contexte politique que vit présentement notre pays, conjugué à une situation économique difficile, est en train de ronger les ressorts traditionnels de la déontologie et de la neutralité.
Ce contexte devenu hostile à l’épanouissement d’une presse libre  : l’arrivée des réseaux sociaux, le chamboulement des rédactions, la difficulté de creuser les sujets, le métier de journaliste a beaucoup changé ces dernières années, au point d’être au cœur d’une vraie crise de confiance et d’audience. Le verrouillage de l’information par la presse pour en faire parfois un enjeu de pouvoir est en train de sauter, car le citoyen fait maintenant du journalisme sur le journalisme, de l’investigation sur les investigations de ce dernier.
Aucune démocratie ne peut aujourd’hui s’enfermer sur elle-même, car  grâce aux réseaux sociaux, le calvaire des citoyens sénégalais est partagé par les citoyens des autres pays. Une des anomalies de la démocratie sénégalaise est justement cette profonde perversion du métier de journaliste qui fait de lui, non un simple acteur du contre-pouvoir, mais le dépositaire d’une alternative au pouvoir ou le pilier central de la conquête du pouvoir lui-même. C’est devenu tellement banal que tous ceux qui sont pressés ou qui n’ont pas d’autre métier s’engouffrent aujourd’hui dans cette brèche ouverte par l’évolution démocratique. L’homme d’État allemand Otto Von Bismarck a donc raison de penser qu’un journaliste, « c’est quelqu’un qui a manqué sa vocation ».
En effet, en plus d’être tentés par l’omniscience et par le dogmatisme, le journaliste d’aujourd’hui n’hésite plus à utiliser la surenchère ou le lynchage médiatique pour être associé d’une manière ou d’une autre à la façon dont la société est gérée. La plus subtile façon de faire passer son opinion et son combat politiques sans courir le risque d’affronter la rudesse de l’adversité politique, c’est de porter le manteau de journaliste. La surenchère du sensationnel, dans le seul but de vendre ou d’avoir des « vues » a condamné la presse à installer le pays, dans une sorte de guérilla abstraite où la surenchère est la seule règle, c’est même risqué pour certains journalistes de s’écarter dans cette curieuse norme qui a l’allure d’une mode.
La recherche du buzz est en train de fragiliser tous les repères journalistiques dans la presse, d’où l’urgence d’une législation plus ciblée dans ce domaine. L’usage du sophisme, le recours à des titres pompeux, complétement déconnectés des contenus, sont devenus les succédanés d’un pluralisme qui implique de véritables choix éditoriaux  ayant pour but l’information, totalement libérées des enjeux financiers. Le contexte économique dans lequel la presse a vu le jour au Sénégal et celui dans lequel il se débat actuellement, ne sont pas identiques, mais aucun des deux contextes, n’est en réalité propice à une véritable indépendance d’esprit du journaliste.

UN SEIGNEUR S’EN EST ALLÉ PAR MAMADOU KOUME

Les uns et les autres ont suffisamment évoqué, les qualités professionnelles du journaliste, du visionnaire et du chef d’entreprise que Babacar Touré a été. Mon propos ici est de se souvenir brièvement de nos années du Cesti qui ont forgé notre relation
La vie est l’ombre de la mort, dit-on. J’ai vu Mbaye comme je l’appelais pour la dernière fois, le 1er juillet dernier à Louga. Chez nous. L’objet de son déplacement était de venir présenter ses condoléances à ma famille suite au décès de ma mère intervenue trois jours plus tôt.
Le 1er juillet est l’anniversaire de Mbaye, sa famille voulait célébrer avec lui ses 69 ans . Mais Mbaye tenait plutôt à venir à Louga. La veille pourtant, il était convenu d’attendre mon retour à Dakar…Surprise, il est venu donc cet après-midi là, à Louga. Ça c’était Mbaye dans sa générosité de cœur, son sens aigu du partage dans le bonheur comme le malheur et sa fidélité en amitié. Il était venu avec Pape Ndoye, un ancien de Sud établi à Louga. Ce jour sans que nous ne l’imaginions, était donc celui de nos adieux …Nous nous étions souvenus de nos années d’étudiants et de nos camarades maliens et nigériens dont il était presque le «Ndiatigue»
Mbaye était déjà ce protecteur, ce défenseur pour tous ceux qui vivaient des aventures avec lui. Ma relation avec Mbaye vient de nos années d’étudiant. Octobre 1976, nous nous sommes retrouvés au Cesti, notre futur alma mater après avoir tous deux, connu une expérience professionnelle dans une autre vie. Lui, issu de l’ambassade du Nigeria à Nouakchott et moi de l’administration des postes. Ce que nous avions de commun c’est l’intérêt pour le journalisme., Mbaye avait débarqué avec une solide formation nourrie aux idées de gauche mais il n’était pas du tout sectaire. Pour lui, j’étais Cheikh, le prénom de ma famille .
Fidèle en amitié, il était attentif à chaque fois que j’étais concerné. Les uns et les autres ont suffisamment évoqué ces jours, les qualités professionnelles du journaliste, du visionnaire et du chef d’entreprise qu’il a été. Avec ce destin fabuleux patiemment entrepris grâce à sa compétence, son sens de l’humain et son entregent. Mon propos ici est de se souvenir brièvement de nos années du Cesti qui ont forgé notre relation. Mbaye était le « grand frère » des Sénégalais de la 7eme promotion du CESTI : Fatoumata Sow, le regretté Ibrahima Fall qu’il appelait Petit Chef, Sidy Gaye, Martin Faye, Ibrahima Souleymane Ndiaye et moi-même. Nous avons passé trois années académiques (1976-1979) fécondes en compagnie de camarades venus de pays de l’Afrique de l’Ouest francophone. En plus de ses potes maliens et nigériens , Mbaye était lié au Burkinabé Sié Offi Some dont il contribua, plus tard, à la venue à Enda, au Béninois Philippe Hado et à l’Ivoirien Max Guede.
Sur les vingt cinq étudiants de notre promotion, Mbaye avait donc une relation particulière avec une grande partie d’eux. Son charisme et son leadership naissant fondaient ces rapports amicaux et fraternels. Le compagnonnage de Mbaye avec les Sénégalais qui avaient opté pour la presse écrite, notamment Sidy, Ibrahima et moi, s’était poursuivi au quotidien le Soleil en cette fin d’année 1979. Après nos grandes enquêtes de fin d’études et son sujet brillamment traité portant sur « les maisons familiales rurales » du côté de Mboro.
En première année, sous la conduite de notre professeur M. Diomansi Bombote, nous y avions fait un séjour rural . Le sens prononcé des relations que Mbaye avait nouées avec les gens du terroir lui avaient permis d’y revenir deux ans plus tard, à l’issue de la 3e année et de réaliser son travail dans de bonnes conditions. Au Soleil, Mbaye pourtant apprécié par le patron Bara Diouf qui trouvait en lui de grandes capacités n’y restera pas longtemps. Il avait préféré saisir l’opportunité d’une bourse du CESTI offerte dans une université américaine pour renforcer ses capacités. L’aventure de Sud est celle du courage d’un groupe de journalistes notamment Abdoulaye Ndiaga Sylla, Sidy Gaye et Ibrahima Fall, tous armés d’un savoir faire et qui estimaient que la pratique de leur métier pouvait emprunter des voies reflétant finalement mieux le débat public que l’offre qui existait sur place. Mbaye avait le courage et la lucidité pour être au-devant de ces pionniers. Il avait cette sincérité dans les rapports avec tous les interlocuteurs qui lui ont permis d’installer durablement l’esprit qui a accouché de Sud. Enfin, l’homme était la générosité discrète, qui a soulagé, aidé et soutenu des initiatives, des projets et des hommes. Un seigneur s’en est allé, ton souvenir Mbaye demeurera vivant dans ma mémoire

MERCI BABS PAR RENÉ LAKE

Babacar Touré a joué un rôle déterminant dans le processus de démocratisation du Sénégal mais aussi de la sous-région – C’est une énorme perte pour le pays – Une vie utile, certainement. Un professionnel. Un militant. Un patriote.
Membre de la famille Sud, René Lake, l’administrateur de SenePlus, depuis Washington a réagi tard dans la nuit de dimanche à lundi au décès de son ami, son frère et camarade Babacar Touré, l’un des fondateurs du Groupe Sud Communication, éditeur de Sud Magasine qui deviendra plus tard Sud Hebdo avant d’être Sud Quotidien. Amis depuis plus de 40 ans, ils ont mené ensemble d’innombrables combats pour la liberté de la presse au Sénégal et en Afrique. A Paris, ils ont collaboré, entre autres, sur des projets de l’Institut Panos et René Lake a été le premier correspondant à l’étranger de Sud Hebdo et plus tard Sud Quotidien. SenePlus publie ci-dessous l’intégralité de sa réaction à chaud.

« Babacar Touré. BT pour les uns. Mbaye pour d’autres. Babs pour moi.

C’est une énorme perte pour le pays. Mais pour nous tous, ses amis et camarades, nous sommes tous fiers de sa contribution positive à la construction de notre pays.
Il a joué un rôle déterminant dans le processus de démocratisation du Sénégal mais aussi dans la sous-région.  Et bien entendu Babs a été une figure de proue de l’éclosion de la presse privée professionnelle dans une bonne partie de l’Afrique francophone.
Une vie utile, certainement. Un professionnel. Un militant. Un patriote. Il tourne les talons après avoir accompli une bonne partie de la mission. Je ne peux que dire en pleurs : Merci Babs

UN MONUMENT DE LA PRESSE S’EST AFFAISSE

L’As- La presse sénégalaise a subi, hier soir, une très grosse perte avec le rappel à Dieu de Babacar Touré, journaliste éminent et membre fondateur du groupe Sud Communication.
La presse sénégalaise a subi, hier soir, une très grosse perte avec le rappel à Dieu de Babacar Touré, journaliste éminent et membre fondateur du groupe Sud Communication. Intellectuel reconnu, homme de réseaux et ayant marqué de son empreinte le paysage médiatique, «BT» comme l’appelaient ses proches s’est éteint à l’hôpital Principal des suites d’une maladie.
Un grand deuil frappe la presse sénégalaise en général et plus particulièrement le Groupe Sud Communication. Babacar Touré, «BT», pour les intimes, a tiré sa révérence dans la soirée d’hier à Dakar, laissant ainsi orphelin le paysage médiatique dont il fut l’un des plus illustres pionniers. En effet, sa sortie du CESTI en 1979 après avoir décroché son certificat de maitrise d’anglaise, Babacar Touré a intégré «Le Soleil» avant de s’envoler pour les Etats Unis pour y poursuivre ses études. Plus tard, il se forme à l’Institut français de presse, au Centre de perfectionnement des communicateurs africains de l’UQAM, au Michigan State University et au Kansas State University.
Bardé de diplômes mais loin d’être rassasié de savoir, il rentre au bercail et travaille au sein de l’ONG Enda Tiers monde. Appartenant à la 7ème promotion du CESTI en compagnie des Mamadou Koumé (ancien directeur général de l’Agence de Presse Sénégalaise), le défunt fait partie des précurseurs de la presse indépendante. D’autant qu’avec ses anciens collègues du quotidien national «Le Soleil» que sont Sidy Gaye, Abdoulaye Ndiaga Sylla et feu Ibrahima Fall, il crée en 1986 «Sud Hebdo» qui deviendra «Sud Quotidien» en 1993. Doté d’une plume alerte et d’une grande culture générale, le natif de Fatick en 1951 jouit d’une immense admiration auprès de ses pairs grâce à la richesse et à la profondeur de ses papiers. D’Abdou Diouf à Macky Sall en passant par Abdoulaye Wade, tous les régimes se sont abreuvés à la source intarissable de ses conseils avisés.
Son aura a dépassé les frontières sénégalaises car il a tissé de solides relations en Mauritanie (avec l’ancien Président Maaouiya Oul Sid’Ahmed Taya renversé en 2005) et en République de Guinée dont l’actuel Président, Alpha Condé, est un de ses plus proches amis. Décrit comme un grand visionnaire d’après les nombreux témoignages faits à son endroit, Babacar Touré met en place, avec ses compagnons, le groupe Sud Communication composé, à partir de 1994, de «Sud Fm», première radio privée du Sénégal, de «Lca», chaine de télévision basée en France et de l’Institut Supérieur des Sciences, de l’Information et de la Communication (Issic), école de journalisme.
En dépit de sa notoriété dans le paysage médiatique et de sa forte influence auprès des décideurs du pays, Babacar Touré cultive une certaine discrétion. Depuis la fin de sa mission à la tête du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (Cnra), il a tenté de mener une vie tranquille loin du tumulte qui agite régulièrement l’espace public sénégalais. Mais en véritable passionné de médias, il avait repris dernièrement la plume pour gratifier les lecteurs de «Sud Quotidien» de ses Editos de haute facture. Hawa BOUSSO

TRISTE NOUVELLE PAR AMADOU TIDIANE WONE

Je viens de prendre connaissance des informations.  Babacar Touré était un homme bien. Nous avions des relations et des affinités intellectuelles très poussées même à distance. Les esprits n’ont pas besoin de se voir pour se féconder.
Je me définissais comme un « Sudiste » depuis l’inauguration de Sud FM et cela lui plaisait bien. Il avait un sens élevé de l’humour, un esprit fécond, un sens des relations humaines qui lui aura permis de tisser un réseau dense dont il savait user pour servir son pays. Aider à dénouer des crises. Agir comme facilitateur, sans forcément apparaître au-devant de la scène. Une qualité rare au pays des « m’as-tu vu ? »
Avec la mise sur pied du Groupe Sud Communication, il aura révolutionné le paysage médiatique sénégalais et ouvert la brèche qui a fini par la libéralisation quasi intégrale des médias. Le fait le plus notable est que le Groupe Sud s’est construit avec des hommes et des femmes solides. Chaque journaliste fondateur de Sud a l’étoffe d’un leader. Le mérite était déjà immense de fédérer tant de fortes personnalités autour d’un projet éditorial puissant. Car Sud, c’est d’abord une vision, une ambition pour l’Afrique… Et plus généralement un idéal pour tous les pays du Sud confinés dans des rapports inégaux.
Est-ce pour cela que la dorsale humaine du Groupe Sud est restée quasiment la même depuis le début ? Cette stabilité est, en tous cas, un indicateur à évaluer et à partager dans la quête d’une remise en ordre de notre paysage médiatique.
Tout cela porte l’empreinte de Babacar Touré et de son groupe d’amis, forgés à la grande école du quotidien national le Soleil sous la houlette de Bara Diouf, qui a initié les plumes les plus alertes de la presse nationale sénégalaise.
Nous prions Allah le Tout-Puissant afin qu’il ouvre, grandement, les portes de sa miséricorde infinie à notre frère Babacar Touré.Que la terre de Touba lui soit légère

BAD : chaudes empoignades entre non régionaux et régionaux

https://www.financialafrik.com A la Banque Africaine de Développement (BAD), la réunion des gouverneurs prévue ce 27 juillet a commencé à 13 heures temps universel avec un seul ordre du jour : la possibilité de tenir des assemblées générales électives virtuelles. Au final, après d’interminables joutes, le principe d’une résolution a été acceptée, ouvrant la voie à la tenue d’une assemblée générale élective le 25 août prochain.
La résolution entrera en vigueur le 15 août à la demande des membres non régionaux qui ont exigé ce délai au préalable le temps de se faire une religion du rapport de la revue indépendante du comité des experts. La résolution maintient le principe d’une assemblée générale élective virtuelle le 25 août doublée d’un vote tout aussi virtuel. Entre temps, les gouverneurs auront lu l’intégralité du rapport (nous y reviendrons).
L’arrangement négocié d’arrache-pied n’était pas gagné d’avance, l’Angleterre exigeant dès le départ que l’on ne dissocie pas la tenue des Assemblées générales d’avec la revue indépendante. Une position rejetée par les pays africains (membre régionaux), emmenés par le Sénégal, le Nigeria, le Tchad, la Centrafrique et le Congo qui ont exigé de faire la distinction entre le vote et les conclusions du rapport. Un point de vue africain rejeté par les membres non régionaux et au premier desquels les Etats Unis.
Pour le deuxième actionnaire de la Banque Africaine de Développement (BAD) et premier contributeur du FAD (Fonds africain de développement), soutenu par au moins 13 pays non régionaux, il faut avant de passer au vote pour la réélection du président Akinwumi Adesina, exercice politique par essence, évacuer le rapport qui relève, lui, d’une question technique, de gouvernance.
Pendant plusieurs heures, les points de vue se sont cristallisés, chacun campant dans sa position jusqu’à ce que madame Kaba Nialé, président du bureau des gouverneurs, qui avait demandé à ses pairs d’exonérer le président de la BAD des accusations à son encontre, ne fasse la révélation du jour : “j’ai le rapport, je l’ai reçu ce matin, je vous l’enverrai demain”. Une révélation qui tombe après plus de deux heures d’intenses discussions. Les gouverneurs devront recevoir le document dans sa texture originale, en anglais, dès demain, à moins d’un rebondissement.
Au final, l’on peut le dire à la fin de cette rencontre, la fissure entre membres non régionaux et régionaux est béante, expliquant le fait que plus de 10 mois après l’augmentation du capital, seuls 6 pays ont libéré leurs parts. L’on se dirige à coup sûr vers un mois d’août à suspens au sein d’une institution traversée par la plus grave crise interne de son histoire depuis sa création en 1964.  Adama WADE

Banque Africaine de Développement : le rapport Mary Robinson blanchit Adesina sur les 16 allégations

https://www.financialafrik.com Le rapport du panel des experts indépendants tombé finalement ce lundi 27 juillet blanchit le président Akinwumi Adesina de la Banque Africaine de Développement (BAD) des 16 allégations des lanceurs d’alerte tout en rappelant que «l’absence de preuve n’est pas une preuve de l’absence», appelant en outre à faire la distinction entre une défaillance institutionnelle alléguée à la Banque et la conduite du président.
Sur les 16 allégations des lanceurs à l’encontre du président Akinwumi Adesina, voici les conclusions de l’équipe des trois experts conduite par l’ancienne présidente irlandaise, Mary Robinson, en compagnie du juge Hassan Jallow de Gambie et du sud-africain Leonard McCarthy.

Allégation numéro 1 : non –respect des règles et règlements internes en matière de recrutement

Les lanceurs d’alerte ont accusé le président de la Banque d’avoir joué un rôle très actif dans le recrutement à tous les postes de direction, agissant de facto en tant que directeur des ressources humaines; d’avoir exclu les candidats les mieux notés des listes restreintes et d’avoir avoir annulé les listes restreintes établies par des comités de recrutement indépendants.
Dans sa réponse, le rapport des experts a conclu que l’allégation était dénuée de fondement et devait être rejetée au motif que le règlement du personnel confère autorité au président à l’égard de tout le personnel, lui donne le pouvoir de nomination et de promotion du personnel. Les experts se sont basés sur l’avis du conseiller juridique général.

Allégation numéro 2 : nomination d’un membre du staff

Les pétitionnaires allèguent que ce membre du personnel avait été nommé à la Banque alors qu’il avait été licencié de la Commission nationale des pensions du Nigeria à la suite d’allégations de conduite inappropriée et que le président de la Banque devait être au courant de ces circonstances. Il est également déclaré que ce membre du personnel avait été nommé consultant à la demande du Président pour un montant considérablement plus élevé que la norme applicable et que, pour protester, le responsable des ressources humaines avait démissionné. “Les plaignants ont refusé de fournir des preuves à l’appui de l’une de ces allégations”, lit-on dans le rapport Mary Robinson.
 Le comité a conclu que l’allégation n’était pas fondée et l’a rejetée. “La conclusion du Comité est donc raisonnable et correcte”, lit-on dans le rapport Mary Robinson.

Allégation 3 : nomination et promotion d’un beau-frère

Le membre du personnel en question est prétendu être le beau-frère du président, nommé expert principal auprès du vice-président de l’agriculture à la demande du président et promu conseiller dans les deux cas sans concours, puis à un autre poste supérieur, alors que le titulaire était toujours en place, ce qui a entraîné le versement de deux salaires pour le même poste par la Banque en violation du Manuel de recrutement de la Banque. Cette allégation a été à juste titre rejetée par le comité au motif que les lanceurs d’alerte n’ont pas fourni de preuves.

Allégation 4 : mauvaise gestion alléguée d’un programme de technologie agricole

Les plaignants allèguent qu’une subvention de 40 millions de dollars a été versée par la Banque à un bénéficiaire désigné “seulement après que le président ait personnellement utilisé tout son poids politique pour défendre l’opération et lever” les doutes du conseil d’administration. Il est en outre allégué que cela était dû au fait que le président était un ancien employé du bénéficiaire et que les règles de passation des marchés avaient été violées par l’achat direct de 5,46 millions de dollars de pesticides alors que le contrat de subvention interdisait spécifiquement une telle méthode d’achat.
“Les plaignants ont refusé de fournir des éléments de preuve à l’appui des allégations”, lit-on dans le rapport Mary Robinson, qui s’est borné à la lecture du rapport du comité d’éthique. “Le Comité a eu raison de rejeter cette plainte car il n’y avait aucune preuve de la responsabilité personnelle du Président dans un quelconque acte répréhensible dans ce programme”, ajoute Mary Robinson et son équipe. Le comité avait raison de rejeter l’allégation. Cela suffit pour rejeter cette plainte.

Allégation 5 : nomination et promotion d’une personne désignée

Il est allégué que le membre du personnel nommé entretenait des liens professionnels de longue date avec le Président et travaillait pour lui lorsqu’il était Ministre de l’agriculture du Nigeria; que le membre du personnel a été nommé directeur du cabinet du Président en avril 2017 sans concours avec un salaire qui a été augmenté en violation du règlement du personnel et qu’en 2018, malgré sa disgrâce, ce membre du personnel a été nommé par le président en tant que directeur dans un poste de direction pour remplir une fonction qui n’existe pas dans l’organigramme actuel; quasiment aucune trace de son travail réel ne peut être trouvée et que, selon les informations des plaignants, le «devoir spécial» qui lui a été confié par le président était de prendre soin de sa femme qui serait prétendument en traitement en Afrique du Sud.
Les plaignants ont refusé de fournir des éléments de preuve à l’appui de l’une de ces allégations. Le comité a décidé que l’allégation n’était pas fondée et qu’elle devait être rejetée car elle manque de preuves crédibles et a été affaiblie par l’inclusion de ouï-dire. Le Comité estime que cette allégation a été rejetée à juste titre par le Comité d’éthique.

Allégation 6 : contrat direct et nomination d’une personne désignée.

Les plaignants allèguent que la personne nommée, qui serait un ami d’enfance du Président, a obtenu un contrat de consultance en 2017, contrat qui avait été signalé par l’audit interne comme étant potentiellement en situation de conflit d’intérêts. “Les plaignants ont refusé de fournir des éléments de preuve à l’appui des allégations autres qu’une photographie du président en compagnie du membre du personnel”. Le comité a rejeté cette allégation comme non fondée. Ils soulignent que les plaignants n’ont pas signalé les apparences de conflit d’intérêts dans les nominations des consultants, comme l’exigent les dispositions de la directive présidentielle n ° 02/2012. Le comité est convaincu que la décision du comité d’éthique était correcte. Le Comité considère que la plainte est sans fondement.

Allégation 7 : contrat d’une personne désignée

La plainte allègue qu’une personne en particulier a été nommée consultant par le président immédiatement après sa retraite et a été maintenue en fonction moyennant des honoraires mensuels prétendument confortables et que son engagement continu en tant que consultant ne tient pas compte de la présence du directeur général adjoint à Pretoria. Le Comité partage l’avis du Comité en rejetant l’allégation au motif que les faits allégués ne révèlent aucun acte répréhensible ni aucune règle spécifiée par les requérants comme ayant été violée par le Président pour son rôle dans l’attribution du contrat de consultant en question.

Allégation 8 : nomination d’une personne nommée

La plainte allègue que cette personne a été reconnue coupable de harcèlement sexuel sur un collègue pendant la période de probation et que le directeur des ressources humaines de l’époque a refusé de confirmer son contrat à la fin de la période de probation en raison de sa a faute. C’est le président qui a demandé la confirmation du contrat de l’individu malgré ce prétendu harcèlement sexuel et que l’action du président a à son tour contribué à la démission en 2019 du directeur des ressources humaines de l’époque.
Les plaignants n’ont fourni aucun élément de preuve à l’appui de cette grave allégation. Cette allégation, outre qu’elle n’est pas étayée par des preuves, s’est avérée fausse. Les allégations formulées contre la personne citée à cet égard ainsi que contre le Président sont totalement fausses et infondées, et le Comité a eu raison de les rejeter.

Allégation 9 : traitement préférentiel pour le Nigéria et les Nigérians

Les plaignants allèguent que sous l’actuel président, le Nigeria a été promu à presque une région à part entière de la Banque et qu’en outre, dans la campagne de recrutement massive qui a suivi sa nomination, le président a accordé un traitement préférentiel en recrutant un nombre important et disproportionné de Nigérians dans la Banque. Les plaignants ont refusé de fournir des preuves au-delà de leurs simples allégations. Le comité s’est penché sur cette allégation et a conclu qu’elle n’était pas fondée et qu’elle devait être rejetée. La décision du Comité était correcte. Le Groupe spécial observe en outre que le Comité a estimé que les lanceurs d’alerte avaient commis une erreur en attribuant à la structure nationale actuelle de la Banque la responsabilité du Président. Le Conseil d’administration a joué son rôle statutaire comme l’exige l’article 32 de l’Accord portant création de la Banque.

Allégation 10 : services reçus par le président

Les plaignants ici allèguent qu’en 2017 et 2019, le président a reçu deux prix majeurs, l’un étant le Prix mondial de l’alimentation de 250000 $, et l’autreétant le prix Sunhak pour la paix de 500 000 dollars. Les plaignants déclarent que la Banque a pris en charge les coûts associés à la participation d’un grand nombre de personnes aux cérémonies de remise des prix. Les plaignants n’indiquent pas clairement s’il s’agissait de récompenses décernées personnellement au président ou en tant que président de la Banque. Ils affirment en outre que des dizaines de personnes – membres du personnel de la Banque, directeurs, membres de la famille, etc. ont assisté à ces cérémonies de remise de prix aux frais de la Banque. Ils n’ont cependant pas donné de détails sur les participants et les coûts impliqués et n’ont pas confirmé que ces coûts étaient supportés par la Banque elle-même.
Les plaignants n’ont fourni aucun élément de preuve à l’appui de leur allégation ni, en fait, aucune preuve d’une allégation d’irrégularité. Le Panel partage l’avis du Comité quant au rejet de cette plainte. Il n’y a pas de liste des personnes qui y ont participé. Il n’y a aucune indication du coût impliqué. Il n’est pas clair si ces coûts ont été assumés par la Banque ou non par la Banque. Le comité a donc eu raison de conclure que les allégations, telles qu’elles sont incertaines, n’étaient en aucun cas fondées et devraient être rejetées.

Allégation 11 : règlements pour les départs de personnel

L’allégation ici est très générale selon laquelle certains plans de séparation ont été négociés par la Banque et qu’ils semblent être inutilement et déraisonnablement coûteux ou généreux. Un seul cas précis est cité, à savoir une personne qui aurait reçu une indemnité de départ de plus de 400 000 $ au moment du renouvellement de son contrat. Mais même en ce qui concerne ce cas précis, il n’y a pas d’allégations spécifiques d’actes répréhensibles ou d’irrégularités, seules des questions sont soulevées par les plaignants au sujet de cet ensemble particulier. En ce qui concerne la preuve, cela serait parfaitement compatible avec les sommes fondées sur les prestations accumulées en fonction des années de service. Les plaignants semblent eux-mêmes incertains quant à savoir si cela était approprié ou non et soulèvent des questions. Attendu qu’ils auraient dû être plus catégoriques et fournir des preuves à l’appui pour établir qu’il s’agissait d’un arrangement inapproprié. Le Comité est donc d’accord avec le Comité pour rejeter cette allégation. Outre ces considérations, le Comité lui-même a suffisamment expliqué les circonstances du départ du fonctionnaire ainsi que le niveau d’indemnité de départ qu’il a reçu et le comité est satisfait de cela et de la décision du comité de rejeter l’allégation.

Allégation 12 : Démission d’un membre du personnel désigné

Les plaignants allèguent tout d’abord que ce fonctionnaire a signé deux contrats de service par passation de marchés directs d’un montant de 2,5 millions de dollars au profit d’une société de recrutement kenyane dans laquelle il aurait un intérêt et qu’il a également outrepassé ses pouvoirs en ce qu’il ne pouvait, en tant que directeur, ne signer que des contrats de moins de 100 000 $ alors que ces deux contrats s’élevaient à 2,1 millions de dollars. En outre, les plaignants allèguent que le président de la Banque, une fois qu’il a eu connaissance de ces irrégularités et pendant que le fonctionnaire faisait l’objet d’une enquête, lui a permis de démissionner de la Banque et lui a versé une indemnité de départ substantielle.
Les plaignants ont refusé de fournir des éléments de preuve à l’appui de l’allégation. En ce qui concerne la première allégation, bien que le comité ne s’y soit pas référé dans son rapport, le directeur du PIAC a informé le comité lors de sa réunion du 26 mars 2020, que cette allégation avait fait l’objet d’une enquête du PIAC et que le président de la Banque n’avait été en aucune manière impliquée dans cette opération et que s’il l’avait été, l’affaire aurait été signalée au Comité d’éthique étant donné qu’il est élu. Le Panel approuve donc la décision du Comité de rejeter cette allégation contre le Président.
En ce qui concerne la deuxième question, à savoir la séparation du fonctionnaire avec l’autorisation du Président et le paiement de ce que l’on dit être une indemnité substantielle, le Comité est lui-même arrivé à la conclusion que le Président, en vertu du Règlement du la Banque n’a pas le pouvoir de refuser d’accepter la démission d’un membre du personnel même pendant qu’il fait l’objet d’une enquête. Donc, il n’y avait rien de mal à accepter la démission. En ce qui concerne le forfait de départ, les requérants n’ont fourni aucune preuve à l’appui du montant que le fonctionnaire a reçu et s’il était convenable qu’il l’ait reçu.
En tout état de cause, le Comité a rejeté cette allégation et a estimé à juste titre que non seulement le Président ne pouvait pas empêcher la démission d’un fonctionnaire faisant l’objet d’une enquête, mais qu’un tel fonctionnaire avait droit à tous ses avantages en vertu des Règles et celles-ci ne pouvaient lui être refusées. Le Groupe spécial souscrit donc à la conclusion du Comité sur cette allégation particulière.

Allégation 13 : démission d’un membre du personnel désigné

Ce fonctionnaire, qui était le représentant de la Banque dans un pays désigné, a été accusé par les plaignants d’avoir été reconnu coupable de faute grave après une enquête d’audit. Le grief est qu’au lieu d’être sanctionné par la Banque, le membre du personnel a été autorisé à démissionner et à recevoir ce que les plaignants ont appelé un «parachute doré» dans le cadre d’un règlement à l’amiable. Les plaignants n’ont fourni aucun détail ni élément de ce prétendu parachute doré. Le Comité a conclu à juste titre, comme dans le cas précédent, que lorsqu’un fonctionnaire démissionne même sous enquête, il a droit à l’intégralité de ses prestations. En outre, il convient de noter que le PIAC, dans son rapport au comité d’éthique du 26 mars 2020, a indiqué que le comportement de ce membre du personnel avait fait l’objet d’une enquête mais qu’il n’y avait eu aucune preuve de faute du président dans cette affaire. et si le PIAC avait trouvé de telles preuves, elles auraient été signalées au comité d’éthique. Le comité souscrit à la conclusion du comité d’éthique dans cette affaire.

Allégation 14 : la nomination d’une personne désignée à un poste de direction au sein de la Banque.

Les plaignants allèguent que le fonctionnaire a utilisé son poste et a frauduleusement attribué deux contrats à des entreprises pour un montant total de plus de 18 millions de dollars et que l’affaire avait fait l’objet d’une enquête, la responsabilité du fonctionnaire établie mais que jusqu’à présent aucune mesure n’a été prise par la Banque contre lui et qu’en octobre 2019, il a été nommé par le Président à un poste de direction. Le comité a estimé que cette allégation n’était pas fondée et devrait être rejetée compte tenu de l’information qu’il a reçue du PIAC selon laquelle le fonctionnaire n’a pas été impliqué dans un acte répréhensible à la suite des résultats des enquêtes sur l’octroi du contrats.
Dans le même sens, le Conseil d’administration de la Banque, en discussion avec le Président de la Banque et sur l’avis du Conseiller juridique général, est parvenu à la conclusion qu’il n’était pas légalement justifié de punir le fonctionnaire parce qu’il suivait les conseils qui lui ont été fournis par le Département des achats de la Banque lors de l’attribution des marchés. Il n’y avait donc aucune justification pour qu’il soit sanctionné. Par conséquent, l’attribution de ces contrats n’a pas empêché sa nomination à des postes de direction à la Banque. En conséquence, l’allégation des plaignants dans cette affaire a été à juste titre rejetée par le comité.

Allégation 15 : non-respect des règles concernant les congés des vice-présidents ou les déplacements des dirigeants

Les plaignants allèguent ici que la haute direction abuse de la politique de voyages sans sanction. Les plaignants affirment qu’ils «ne peuvent pas imaginer que les absences de ce personnel n’aient pas été autorisées par le président». Les plaignants n’ont fourni aucun élément de preuve indiquant que le président de facto ou de jure a le pouvoir d’accorder un congé à ces agents et de s’abstenir de les sanctionner pour des absences non autorisées. Ils n’ont fourni aucune preuve, autre que des suppositions, que le Président était en fait au courant ou autorisé. Pour cette raison, le Comité a eu raison de rejeter l’allégation contre le Président. Il est vrai que les plaignants sont assez précis. Ils fournissent des détails sur deux personnes nommées qui auraient pris des périodes de congé excessives.
Bien que le Panel partage la conclusion du Comité d’éthique selon laquelle l’allégation contre le Président devrait être rejetée au sujet de ces absences, le Panel est néanmoins d’avis que ces abus allégués de la politique de voyage de la part de la direction, en particulier ceux spécifiés par les plaignants, devraient être examinées pour s’assurer que les règles et réglementations de la Banque concernant les voyages et les congés sont pleinement respectées. Cela n’affecte pas l’opinion du Comité selon laquelle la plainte contre le Président a été rejetée.

Allégation 16 : Lobbying politique des chefs d’État

Les plaignants décrivent le président comme «le champion incontesté des voyages de la Banque». Ils affirment qu’il utilise les opportunités de ces voyages pour rencontrer avec les chefs d’État et faire des promesses, en contournant efficacement la direction de la Banque afin d’obtenir un soutien pour sa réélection à un second mandat et d’étouffer la concurrence. Le comité a jugé ces allégations non fondées et les a rejetées. Le Comité juge cependant ces allégations frivoles. Il faut reconnaître que le président, en tant que chef élu de la Banque, doit s’engager dans une action diplomatique. Cela ne concerne pas nécessairement sa propre réélection, mais est nécessaire pour garantir le soutien politique et diplomatique le plus large possible à l’institution. L’allégation a été correctement rejetée.
En conclusion, le Panel des experts indépendants se dit convaincu que le Comité d’éthique a examiné les plaintes qu’il a reçues le 19 janvier 2020 de manière complète et responsable et a suivi les procédures appropriées. Il les a examinées, à la fois comme des plaintes déposées conformément à la résolution et conformément au paragraphe 4 de la politique sur les dénonciateurs. Il a correctement suivi les conseils de l’avocat général pour définir son devoir. Il a procédé à un examen préliminaire des plaintes au besoin. Il a pris bonne note des critères fixés pour l’évaluation des plaintes et du caractère suffisant des preuves à l’appui. Il a consulté le PIAC et le vérificateur général. Il a engagé des discussions et des débats sur chaque plainte individuelle et est parvenu à un consensus sur le résultat. Il a appliqué la norme correcte et a préparé un rapport à soumettre au Président du Bureau du Conseil supérieur. Le Panel partage les conclusions du Comité concernant toutes les allégations formulées contre le Président et estime qu’elles ont été dûment examinées et rejetées par le Comité. Adama WADE

Mali : la Cedeao n’exclut pas des sanctions

https://www.lepoint.fr/afrique Au sortir de leur réunion ce lundi 27 juillet, les chefs d’État ont affiché leur détermination à l’endroit de tous les protagonistes de la crise malienne.
Réunis en visioconférence, les 15 chefs d’État de la Cedeao ont brandi la menace de sanctions contre les opposants à son projet de résolution de crise. D’autant que les opposants maliens réclament toujours le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta
La Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a fait preuve de fermeté en menaçant ce lundi 27 juillet de sanctions les opposants à son plan de sortie de crise au Mali, qui prévoit le maintien au pouvoir du président Keïta mais prône la constitution rapide d’un gouvernement d’union nationale incluant l’opposition et des élections législatives partielles. Pendant ce temps, la mobilisation ne faiblit pas, le mouvement de contestation du M5-RFP continue de réclamer la démission du dirigeant malien et appelle à de nouvelles manifestations à partir de lundi prochain, soit après la grande fête musulmane de l’Aïd al-Adha prévue le 31 juillet.
Il faut dire que les deux missions de médiation menées par l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan et par la suite cinq chefs d’État, Muhammadu BuhariMahamadou IssoufouAlassane Ouattara, Nana Akufo-Addo et Macky Sall à Bamako, la semaine dernière n’ont pas donné les résultats escomptés.

Le temps presse pour la Cedeao

Alors, les 15 chefs d’État de la Cedeao, à l’issue d’un sommet virtuel, ont haussé le ton et prévu un régime de sanctions « contre ceux qui poseront des actes contraires au processus de normalisation », à mettre en œuvre avant vendredi, a déclaré en conclusion des travaux le président en exercice de l’organisation régionale, le chef de l’État nigérien Mahamadou Issoufou. En ouverture du sommet, ce dernier a demandé à ses pairs d’adopter des « solutions fortes pour une sortie de crise rapide » et appelé à « l’union sacrée de tous les Maliens. »
Dans tous les cas, le sommet a appuyé les recommandations de la médiation menée par la Cedeao sous l’égide de l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, qui n’ont jusqu’ici pas obtenu l’aval du mouvement du 5-Juin (M5-RFP), qui réclame depuis le mois de juin la démission du chef de l’État malien Ibrahim Boubacar Keïta, a-t-il expliqué. Une aggravation de la situation à Bamako aurait des répercussions dans les pays voisins comme le Niger et le Burkina Faso, également théâtres d’attentats djihadistes meurtriers, « et même au-delà », a averti le chef de l’État nigérien.
« Le temps presse et les risques sont grands. Nous devons donc sortir de ce sommet extraordinaire avec des solutions durables et des décisions fortes, à même de garantir la stabilité du Mali et donc de la région », a-t-il dit.
Pour le président ivoirien, Alassane Ouattara, « la crédibilité de la Cedeao est en jeu dans cette crise », a-t-il justifié, ajoutant  :  « Nous sommes du côté du peuple malien, mais nous ne sommes pas du côté du désordre. »

Le président IBK attaque l’imam Dicko

Prenant ensuite la parole depuis son palais de Koulouba, sur les hauteurs de Bamako, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », a fustigé un « coup d’État rampant » mené par une opposition guidée par un influent chef religieux, l’imam Mahmoud Dicko, et désireuse, selon lui, de remettre en cause la laïcité du pays. Le chef de l’État malien n’a pas mâché ses mots contre son ancien allié. « C’est là, la rançon de guerre de l’imam Dicko, un crime impardonnable » a-t-il appuyé.

La Cedeao maintient son plan

Pour sortir de la crise, dont l’élément déclencheur est une décision controversée de la Cour constitutionnelle, qui a révisé partiellement les résultats des législatives de mars-avril, ces demandes incluent la « démission immédiate des 31 députés dont l’élection est contestée, y compris le président du Parlement », Moussa Timbiné, a indiqué le président de la Cedeao.
Le 10 juillet, la troisième grande manifestation contre le pouvoir avait dégénéré en trois jours de troubles meurtriers à Bamako, les pires dans la capitale depuis 2012, qui ont fait entre 11 et 23 morts.
La majorité du président Keïta devra « tout mettre en œuvre pour obtenir cette démission qui ouvrira la voie à des élections partielles ». En attendant, le Parlement « pourra fonctionner avec les 116 députés restants », a dit Mahamadou Issoufou. « Le Mali a aujourd’hui besoin d’une Assemblée nationale conforme aux résultats des élections législatives, d’un gouvernement d’union nationale, d’une nouvelle Cour constitutionnelle (et) d’une enquête sur les événements des 10, 11 et 12 juillet », a-t-il encore affirmé.
Le sommet préconise également une « recomposition rapide de la Cour constitutionnelle », dont les 3 membres choisis par le Parlement seront désignés après la démission des 31 députés contestés. En cas de blocage,
le président Keïta pourra nommer les 9 membres de la Cour, a-t-il dit.
Conformément au plan déjà présenté, les chefs d’État ont également demandé lundi la « mise en place rapide d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de l’opposition et de la société civile ». Ils « encouragent » en particulier le mouvement du 5-Juin à « participer » à cet exécutif « dans un esprit de patriotisme ».
Les ministres régaliens « pourront être nommés avant la formation d’un gouvernement d’union nationale », a aussi expliqué le président en exercice de la Cedeao, citant « la Défense, la Justice, les Affaires étrangères, la Sécurité intérieure et les Finances ».
La visioconférence, un format inédit dans cette crise, a débuté vers 10 h 30 GMT et s’est achevée environ trois heures plus tard.

LE PIB EN REPLI DE 1, 7 % AU PREMIER TRIMESTRE 2020 (ANSD)

Dakar, 27 juil (APS) – Le Produit intérieur brut du Sénégal a enregistré, au premier trimestre 2020, une baisse de 1, 7 % comparativement au dernier trimestre de l’année précédente, a-t-on appris de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).
« Au premier trimestre de l’année 2020, le Produit Intérieur Brut (PIB) en volume, corrigé des variations saisonnières (CVS), a connu une baisse de 1,7 %, par rapport au quatrième trimestre de 2019 », rapporte la structure dans une note sur les évolutions économiques récentes.
Le document consulté à l’APS souligne que ce résultat était imputable à un recul de 3, 2 % de l’activité dans le secteur tertiaire alors qu’une bonne tenue du secteur primaire a été relevé à travers une bonification de 1, 6 %.

Dans le même temps, un repli de 3, 2 % des taxes nettes de subventions sur les produits a été notée, relève le rapport.

Il y est fait état d’une bonne tenue de l’activité dans le secteur primaire à la faveur d’une hausse de 32, 2 % de la valeur ajoutée dans le secteur de la pêche bien qu’amoindrie par la baisse de 3, 1 % de la valeur ajoutée de l’élevage et de 0, 5 % de celle de l’agriculture
L’ANSD indique également que la légère hausse de l’activité du secteur secondaire résultait des performances enregistrées dans les sous-secteurs de la fabrication d’autres produits manufacturiers (+4,3%) et des activités chimiques (+2,5%), entre autres.
Cet accroissement noté dans le secteur a été contrebalancé par les baisses notées dans l’activité de certaines branches telles que la fabrication de produits agro-alimentaires (-2,7%) et la fabrication de ciment et d’autres matériaux de construction (-3,9%), fait-on savoir.
Le rapport lie ainsi la contraction secteur tertiaire au recul de l’activité dans la quasi-totalité des sous-secteurs tels que l’hôtellerie (-12,2%), les services immobiliers (-11,0%), le transport (-7,6%), les autres activités de services (-6,6%), l’information et la communication (-5,7%) et le commerce (-0,6%).
Du côté de la demande, en variation trimestrielle, la formation brute de capitale fixe et la consommation finale ont baissé respectivement de 5,2% et 4,4% au premier trimestre de 2020, assure l’ANSD.AKS/ASB

AMADOU HOTT VEUT MISER SUR LE SECTEUR PRIVE ET INFORMEL

https://www.seneplus.com L’As-Afin d’éviter une récession du fait de la chute de la croissance économique, le Sénégal par le biais du Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération a mis sur pied un Plan de relance économique.
Prenant part à un webinaire organisé le 23 juillet dernier par The Africa CEO Forum sur le thème « Dette : quelle stratégie pour préserver les intérêts de l’Afrique en long terme ? », le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a émis le souhait de faire du secteur privé national et de l’informel des pans essentiels dans son plan de sortie de crise afin de relancer l’économie sénégalaise. En outre, Amadou Hott a milité pour le rabaissement des taux d’intérêts sur la dette publique africaine jugée trop élevée.

Le Coronavirus a complètement mis la machine économique sénégalaise et mondiale à genou. C’est pour cela qu’afin d’éviter une récession du fait de la chute de la croissance économique, le Sénégal par le biais du Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération a mis sur pied un Plan de relance économique.

Ainsi, d’après Amadou Hott, la Covid-19 est une opportunité pour repenser les priorités des pays africains, notamment celles du Sénégal. A cet effet, indique-t-il, le Sénégal compte, dans le cadre de la relance de son économie, accélérer la loi sur les partenariats publics-privés. Car il reste convaincu que le secteur privé national doit jouer pleinement son rôle dans la transformation économique de notre pays. C’est pour cette raison, estime-t-il, que la relance va passer par l’investissement privé qui va être stimulé en partenariat avec les banques commerciales, des structures de microfinance parce qu’il ne faut pas aussi oublier que le secteur informel est une réalité dans nos pays. « Le secteur informel, c’est plus de 80% dans le tissu économique de beaucoup de pays. Il faut également travailler avec ce secteur pour le formaliser davantage. Formaliser ne veut pas dire que ce secteur va payer plus d’impôts. Mais c’est simplement pour que ce secteur puisse être identifié par l’Etat », a déclaré le ministre sénégalais en charge de l’Economie, du Plan et de la Coopération, en marge de ce webinaire. Parce que, ajoute-t-il, les outils dont dispose l’Etat la plupart du temps nécessitent une certaine formalisation.
Et, poursuit-il, dans ce cas, il est plus facile pour l’Etat d’appuyer une entreprise en cas de crise comme celle de la Covid-19. « Nous allons aussi soutenir le secteur privé informel avec des appuis directs comme l’ont fait certains pays, mais aussi à partir des lignes de financements structurées avec les microfinances, les sociétés de services financiers décentralisés », s’est-il engagé. Par ailleurs, dit-il, à l’instar de beaucoup de pays, il faut que le Sénégal consomme plus localement, transforme davantage ses produits et qu’il assure plus de souveraineté dans certains produits stratégiques.
En outre, fait savoir le ministre, dans le cadre de la relance, un programme quinquennal pour rehausser les plateaux médicaux et faire disposer au Sénégal des hôpitaux de niveau 4 et 3 est en cours et va être validé prochainement sur le plan sanitaire. Et parmi le paquet de réformes proposées, selon Amadou Hott, il y a une partie qui concerne l’industrie pharmaceutique pour la rendre plus compétitive et aider les investisseurs privés à investir plus facilement dans ce secteur. Par ailleurs, le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération mise également sur la mobilisation des ressources en interne. Il s’agit d’abord, assure-t-il, du côté des recettes d’élargir l’assiette fiscale de l’Etat et de mobiliser l’épargne nationale. C’est-à-dire de convertir une épargne en des financements à long terme. D’ailleurs, renseigne Amadou Hott, dans le cadre du redémarrage des activités économiques, le Sénégal va dans le sens de mettre en place un fonds commun de placement à long terme, pour prendre des participations au côté du secteur privé, dans des projets structurants qui sont moins risqués et qui peuvent mobiliser l’épargne nationale.

PASSER SOUS LA BARRE DES 4% POUR LE TAUX D’INTERET SUR LA DETTE

A en croire le ministre, pour atteindre ce but, il faut d’abord une gestion saine de nos économies et des mesures permettant davantage d’obtenir une meilleure efficacité de la dette et de pouvoir surtout mobiliser des ressources en interne. « Si nous continuons à travailler davantage et à augmenter la mobilisation de recettes intérieures et en la rendant beaucoup plus vigoureuse, à avoir des croissances économiques importantes et à payer les services de la dette sans faire défaut, il n’y a pas de raison que la prime de risque ne baisse pas », a martelé M. Hott.
Mieux, ajoute-t-il, il n’y a pas de raison que l’Afrique paye toujours des primes de risques aussi élevées. Toutefois, indique-t-il, c’est en continuant ce travail qu’on va espérer obtenir une baisse drastique des taux d’intérêts. Ce qui va permettre aux pays africains, dit-il, d’accéder directement au marché à des taux beaucoup plus réduits. Et pour cela, il faut lutter contre l’évasion fiscale, formaliser davantage notre économie et élargir l’assiette fiscale. Par contre, ce qui est anormal, à ces yeux, c’est que les pays remboursent leurs dettes quelles que soient leurs difficultés

Cairn énergie cède ses actifs à la société russe, lukoil

La société Cairn Energy  a annoncé ce lundi, à la Bourse de Londres, avoir cédé la totalité de ses parts dans les Blocs Rufisque Offshore, Sangomar Offshore et Sangomar Offshore Profond. Désormais, tous ses actifs ont été octroyés à la compagnie pétrolière russe Lukoil.
Cette annonce survient à la suite des discussions initiées depuis plusieurs mois après la publication par Cairn Energy de son intention de céder tout ou partie de ses parts dans les blocs RSSD’’, est-il écrit dans un communiqué dudit ministère.
Lukoil, candidat acquéreur des 40% de Cairn Energy dans le projet pétrolier Sangomar, est le plus grand producteur russe de pétrole, rappelle le texte.
Selon le communiqué, cette compagnie est également présente en Afrique (Egypte, Ghana), au Moyen-Orient (Iran, Irak, etc.) et en Amérique du Sud (Colombie, Venezuela).
Il précise que ‘’les processus de cession sont encadrés par des lois et règlements dont le code pétrolier [du Sénégal] et ses textes d’application’’.
Les partenaires du Blocs sont naturellement, Petrosen, avec 10% avec l’option de pouvoir monter à 18%, la compagnie australienne Sar qui détient 15% et Woodside, une autre compagnie australienne qui est l’opérateur et qui détient 35%, a-t-il fait savoir.

Intelligence artificielle : Sidy Ndao, père du premier ordinateur thermique au monde

http://lesoleil.sn Ne dit-on pas qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années. Cette boutade colle bien au génie sénégalais en robotique et mécanique, Dr Sidy Ndao, enseignant à l’Université de Nebraska-Lincoln, aux États-Unis. Spécialiste en nanotechnologie, il est le premier technicien à créer un ordinateur thermique dans le monde.
Dr Sidy Ndao figure parmi les dix jeunes scientifiques du monde qui suscitent beaucoup d’espoir, selon World economic forum. Il est le premier à mettre au point un ordinateur thermique. L’appareil fonctionne sous chaleur. Un mode qui lui ouvre plusieurs possibilités pour explorer les espaces et les profondeurs de la croute terrestre, renseigne un document publié sur le site dédié à la recherche scientifique « Nature.com ». C’est sur cette plateforme que les travaux du Sénégalais ont été publiés. Professeur assistant au Département d’ingénierie mécanique et des matériaux de l’Université de Nebraska-Lincoln, aux Etats-Unis, depuis 2012, Sidy Ndao est aussi le fondateur de l’association « Senecole ». Une organisation dont l’objectif est d’encourager les étudiants africains à opter pour des études en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (Stim). Dr Ndao a été auparavant associé de recherche postdoctorale au Département de génie chimique et à l’Institut de nanotechnologies de Cambridge, dans le Massachussett. Professeur de génie mécanique, le roboticien sénégalais est à la tête d’un ambitieux programme panafricain de robotique. Dr Ndao est qualifié par ses pairs comme étant le chantre de la robotique scolaire en Afrique. Son ambition est d’impulser chez les jeunes la créativité et le leadership en matière d’intelligence artificielle. Convaincu de l’importance des disciplines scientifiques dans les programmes scolaires, il a été le premier promoteur du concours de robotique chez les jeunes en Afrique. Une initiative qui vise à encourager l’élaboration de solutions technologiques répondant aux besoins et aux problèmes sociaux de l’Afrique. En 2016, Dakar avait accueilli une des éditions de ce concours. 350 élèves des lycées et collèges de Gambie, du Mali et du Sénégal avaient pris part à l’événement, renseigne la source. « J’ai pris cette initiative car je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas beaucoup de chercheurs noirs ou africains dans les hautes filières scientifiques », a dit Dr Ndao, dans un entretien publié sur le site scientifique.
Dans son cursus universitaire aux Etats-Unis, Sidy Ndao a eu à décrocher tour à tour une licence en génie mécanique en 2005, puis un master dans la même discipline en 2007 au City college of New York, avant de soutenir avec brio une thèse de doctorat en génie mécanique en 2010, au Rensselaer polytechnic institute. L’ordinateur qu’il a créé offre la possibilité d’effectuer des recherches scientifiques sur des surfaces comme Vénus où la température peut excéder les 400°C.Seydou Prosper SADIO avec Nature.com

Tabaski  : les chauffeurs augmentent illégalement les prix des transports à la Gare des Baux Maraichers de Dakar

https://www.pressafrik.com Un pays sans Etat, sans Gouvernement responsable expose ses populations à subir l’anarchie et le diktat de certains groupes avantagés. Le Sénégal en est la parfaite illustration. Sinon comment expliquer qu’à chaque approche d’un événement qui implique un déplacement en masse des citoyens, des chauffeurs piétinent les tarifs homologués par l’autorité pour imposer une hausse des prix du transport aux citoyens.
A la gare Beaux maraichers, la grande inquiétude des voyageurs est la hausse des prix du transport. Conséquence : certains étaient prêts à en découdre avec les chauffeurs. Ce qui a donné beaucoup de tensions. « A  chaque approche de la fête, certains chauffeurs spéculent  pour augmenter les prix de transpor. D’habitude, je payais 8000 francs pour me rendre  au  Fouta.  Aujourd’hui  (ndlr  :   Hier lundi), on  m’a fait comprendre que le billet coûte  10 000 F sans compter le supplément que je dois payer pour le transport de mesbagages. C’est inadmissible ! Cela doit arrêter.  Il  faut  que  le  ministre  des  Transports fasse    entendre    raison    à  ces  chauffeurs.
Qu’il réglemente son secteur  » exhorte Ramata Ndiaye dans le journal Le Témoin, ne pouvant contenir sa colère.
Au niveau des gares routières clandestines de bus « horaires », la situation est pire. Les bus en partance pour Matam, Vélingara et Touba sont stationnés à la station d’essence de Diamaguène. Aucun respect des gestes barrières entre les clients. Des voyageurs dont certains voulant faire voyager leurs moutons se bousculaient. L’espace réservé à ces bus se révélait ainsi très exigu pour contenir le nombre fou des passagers aux alentours de la station d’essence Les prix sont passés de 7000 à 8000 F au niveau des bus en partance pour Matam. Pour cette destination, on fait peu cas des mesures édictées par les autorités sanitaires. Certains passagers voyagent parfois sans masque. «  Tabaski à Matam, c’est la meilleure. J’imagine déjà l’ambiance qui prévaut là-bas à l’approche de la fête avec les retrouvailles avec des amis. Cette année,
les chauffeurs ont augmenté le prix du transport malgré  le fait que  la distance  se soit raccourcie  avec la nouvelle  route  de Linguère. Et  plutôt  que de  diminuer  le  prix, ils  en profitent   pour  l’augmenter.  Ce qui n’est  pas  normal »  se plaint Aliou Diaw, décidé tout de même à se faire violence pour être au rendez-vous familial. Encore un citoyen qui a jeté aux orties l’invite du ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr à fêter la Tabaski sur place…AYOBA FAYE

Momar Ndao : «L’ARTP doit annuler l’augmentation des tarifs et sanctionner orange»

iGFM-(Dakar) Le Président de l’Association des consommateurs du Sénégal, Momar Ndao estime que Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes ne fait pas son travail dans la mesure où, elle tarde à rappeler l’opération orange à l’ordre. Il soutient d’ailleurs, que des sanctions doivent tomber car cette augmentation sur les tarifs est injustifiées et le contexte est mal choisi. « Il faut taper fort empêcher que certains fassent du n’importe quoi ou posent des actes contraires aux intérêts  du pays. », a-t-il dit

Wari De Kabirou Mbodj En Faillite À Dakar

https://www.xibaaru.sn Une révélation de nos confrères du Témoin sur « Wari »…En cette période de Tabaski, c’est le grand rush vers les points d’argent où de nombreux clients effectuent des envois s’ils ne font pas des retraits. Vous conviendrez avec « Le Témoin » quotidien que c’est le moment où il y a le plus de transactions financières compte tenu de la très forte demande sociale. Malheureusement, la boîte de Kabirou Mbodj peine à faire exploser son réseau contrairement aux années précédentes.
Tenez ! Hier, un de nos chauffeurs a sillonné presque tout Dakar (Castors, Bène-Tally, Bopp, Hlm etc.) pour pouvoir effectuer un retrait d’argent. Et plus 17 points d’argent et multiservices ont été visités. Résultats des courses : aucun d’eux ne dispose de Wari. Partout, la réponse est la même : « Amoul ! Orange money rék mo aam ». Et au bout des courses, notre pauvre client a été conseillé d’aller dans les banques pour le retrait. A ce rythme, il n’est pas interdit de constater la décadence du système Wari qui pourtant fut leader au Sénégal il y a quelques années. Ndeyssan, que dieu sauve notre Wari national et international !

Rassemblement Des Abonnés D’Orange : Dame MBODJI, Clédor SENE,Abdou Karim GUEYE…Montent Au Front

http://www.walf-groupe.com Les derniers tarifs de l’opérateur de téléphonie mobile commencent à mobiliser les Sénégalais.
Réunis dans un collectif dénommé « Rassemblement  des Abonnés d’Orange (RAO) »,  Dame MBODJI, Clédor SENE, Abdou Karim GUEYE et d’autres élèvent la voix pour dire non à Orange. En ce sens, le Rassemblement  des Abonnés d’Orange organise une conférence  de presse ce mercredi 29 Juillet 2020 à 15h précises.
« A cette occasion, le Rassemblement mis sur pieds suite à la récente augmentation de tarifs opérée sur les offres de services de l’opérateur de téléphonie Orange, va décliner son plan de riposte face à cette forfaiture inacceptable destinée à enfoncer davantage les populations dans la pauvreté et l’asservissement », indique le mouvement dans un communiqué.

Crise Covid-19 : Un milliard sera remis aux écoles privées

https://www.pressafrik.com/Le ministre de l’Éducation nationale, Mamadou Talla va remettre une somme à hauteur d’un milliard à la Fédération des écoles privées du Sénégal ce mardi.
Après plusieurs mois sans salaire à cause de la suspension des cours liée à la pandémie de la Covid-19, le ministre va leur venir en aide en guise d’appui de l’Etat et sur instruction du président de la République dans le cadre du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la COVID 19 informe le journal L’As Quotidien de ce mardi 28 juillet 2020
Au total 1400 Établissement privées vont en bénéficier. Les concernés sont les écoles privées reconnues et celles en phase de reconnaissance. De même les effectifs des enseignants et des élèves seront tenus en compte. C’est le Collectif des promoteurs des écoles privées qui a fixé, de concert avec les autorités éducatives, les critères de répartition des fonds.

BAISSE DES CAS COMMUNAUTAIRES ET DU TAUX DE POSITIVITÉ

http://www.emedia.sn Le Sénégal a enregistré 4 nouveaux décès liés au coronavrus, ce mardi 28 juillet 2020. Au total, 198 décès ont été enregistrés depuis la présence de la pandémie sur le territoire national, le 2 mars 2020.
Par ailleurs, sur 824 prélèvements effectués, 41 sont revenus positifs soit un taux de positivité de 4,9%. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, ledit taux à moins de 5%. Le nombre de cas communautaires a également connu une baisse considérable ce mardi.
Les nouvelles contaminations du jour sont réparties comme suit  : 33 contacts suivis par les services du ministère de la Santé et 08 cas issus de la transmission communautaire enregistrés dans les localités suivantes  : Sicap Amitié (1), Bignona (1), Diamniadio (1), Matam (1), Mbao (1), Saint Louis (1), Richard Toll (1), Ziguinchor (1).
50 patients contrôlés négatifs et déclarés guéris vont devoir quitter les structures sanitaires dans les prochaines heures tandis que le nombre de cas graves reste stabilisé à 50 patients.
À ce jour, 9805 patients ont été contrôlés positifs au Sénégal, 6591 patients guéris, 198 décès. Actuellement, 3015 malades sont suivis par les agents du ministère de la Santé. Babacar FALL

4 décès supplémentaires 41 nouvelles contaminations et 54 en réanimation

Le ministère de la Santé et de l’Action Sociale a fait le point sur la situation de la pandémie de la Covid-19, ce mardi 28 juillet 2020… Sur 824 tests effectués, 83 sont revenus positifs, soit un taux de positivité de 7,66%. Il s’agit de 33 contacts suivis dans les centres de traitement et 8 issus de la transmission communautaire repartis comme suit :
Sicap Amitié 1 (2), Bignona (1), Diamniadio (1), Matam (1), Mbao (1), Richard Toll (1), Saint louis (1) et Ziguinchor (1).
Le Directeur de la prévention Docteur Mamadou Ndiaye a annoncé la guérison de 174 patients qui étaient sous traitement, 54 cas graves admis en réanimation et 4 nouveaux décès liés à la Covid-19.
A ce jour, le Sénégal compte 9805 cas confirmés, dont 6691 guéris, 198 décédés, et donc 3115 malades sous traitement.

Coronavirus au Sénégal : bientôt le démarrage des essais cliniques de l’Artemisia

https://actusen.sn Le Sénégal dispose, désormais d’un protocole de recherche sur la Covid Organic pour un traitement préventif et curatif contre le coronavirus. Selon SourceA, après que le comité scientifique sénégalais a délivré un quitus pour l’utilisation de l’Artémisia, les essais cliniques vont bientôt démarrer.

L’invitation à une « Tabaski confinement »déchirée, un parfum de scandale sur les combinaisons,Diouf Sarr au bord de la rupture?

https://www.leral.net Au-delà du refus des populations à aller dans leur région d’origine vaille que vaille, Direct News se demande si le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr a démissionné.
Selon le journal, des décisions qui n’agréent pas ont été prises par les autorités. Comme le fait « le fait de ne plus tester les personnes asymptomatiques est un recul manifeste dans la riposte et même un abandon », a affirmé le Dr Kanny Touré Kaïré.

Scandale des combinaisons

Selon Dakar News, des combinaisons qui n’auraient servi à rien, destinées aux professionnels de la santé, chiffrées à plusieurs milliards de F CFA et livrées par une dame qui évoluerait dans la restauration et inconnue dans la vente de matériel médical. ce quotidien se demande même s’il ne faut pas auditer le matériel médical et autres services payés aux hôtels dans le cadre de la Covid-19?
Le comble, c’est quand le Dr Boussou affirme que l’on ne peut rien faire sans ressources, alors 60 milliards F CFA avaient alloués au ministère de la Santé.

 «Le déni de la pandémie par les Sénégalais est compréhensif…»,selon le Psychologue Abdou Sy

https://www.pressafrik.com Lors d’un atelier sur la stigmatisation et le déni de la maladie à coronavirus organisé par L’Association des journalistes en Santé, Population et développement (AjSPd) en partenariat avec le Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS), le psychiatre et coordonnateur national de la cellule de soutien psycho-social du ministère de la Santé et de l’Action sociale , Dr Abdou Sy ,a estimé que le déconfinement était impératif et appelle seulement les Sénégalais à respecter les gestes barrières. « On doit savoir que le déconfinement est un processus naturel et normal  qui  ne  pouvait  pas  manquer.  Et dès l’instant qu’il est là, il faut voir que
c’est une chose salutaire et voir comment faire pour améliorer ces conditions », a-t-il expliqué à nos confrères du journal Le Témoin.
Il estime que le combat est loin d’être gagné et qu’on devrait continuer à se battre pour stopper le virus. « Le déni de la pandémie par les Sénégalais
est compréhensif dans l’ordre naturel de la  maladie  quand  on  connait  un  peu  la culture des Sénégalais. Je pense qu’il y a
encore un travail à faire pour pouvoir arriver à bout de ce déni et de cette stigmatisation qui constituent des freins dans la prise  en  charge  globale.  On  est  encore dans  la  pandémie  et  nous  continuons  à
lutter. A ce sens, nous continuons à prendre en charge pour lutter contre le déni et la  stigmatisation », a-t-il dit.

Avant de conclure :

« La prise en charge des personnes infectées est très bien jugulée dans la  mesure  où  elle  a  commencé  depuis  le début et elle continue à se faire, autant pour les patients qui sont prises en charge à domicile et ceux qui sont dans les centres de traitement. Dans cette nouvelle dynamique, la prise en charge d’engagement communautaire, la cellule est en train de se mouvoir pour entamer des formations au niveau des 45 districts pour pouvoir aller dans le sens d’un engagement communautaire accompagné par la prise en charge ». Le Témoin

LUTTE CONTRE LA DEPIGMENTATION : Corps médical, intellectuels et acteurs sociaux unissent leurs forces

http://www.enqueteplus.com La lutte contre la dépigmentation est un combat de longue haleine. Un webinaire initié par l’AIIDA, en collaboration avec les membres ‘’Des ateliers de la pensée’’, s’est penché sur la question.
L’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (AIIDA) a organisé, avant-hier, un webinaire dont l’objectif est de lutter contre le racisme et la hiérarchisation des couleurs de la peau et de revenir à des valeurs d’humanité, à l’ère de la pandémie de la Covid-19. Une question a été au cœur de la rencontre qui a enregistré la présence de plusieurs personnalités  : pourquoi tant de haine vis-à-vis de sa propre peau, simplement parce qu’elle présente une dose importante et normale de mélanine ? Une autre a été débattue  : comment expliquer, dans les imaginaires sociaux, la persistance de stigmates négatifs, encore associés à la noirceur de la peau, par rapport à un phénomène qui est essentiellement naturel et purement biologique ?
De l’avis des participants, il faut d’abord commencer par décoloniser les imaginaires et les mentalités en Afrique. Pour répondre à ces différentes interrogations, depuis bientôt 5 ans, des universitaires, artistes et intellectuels africains ont lancé un nouveau paradigme intellectuel dénommé « Les ateliers de la pensée ».
« Notre discours et notre expertise, en tant que médecins et praticiens de la santé, sont d’abord et avant tout médicaux. Après des décennies de consultations pour essayer de contrer cet immense et insensé chantier d’autodestruction de soi par le ‘xeesal’, nous avons finalement compris que les professionnels de la santé n’avaient pas toujours toutes les cartes en main. En tant que médecins, nous avons toujours cherché à avoir le maximum d’informations sur la peau et nous n’avons pas toujours compris pourquoi des patients, très abimés, s’acharnent, encore et encore à vouloir toujours délester leur peau de cette substance fondamentale qui fait leur particularité en tant que noirs : la mélanine’’.
En effet, qu’est-ce qu’avoir la peau noire, sinon une production de cette substance, sélectionnée par la nature et l’évolution, pour permettre à certains humains de s’adapter à un environnement socio-climatique bien déterminé ? », renseigne le document contenant les termes de référence de cet atelier de l’organisation dirigée par le Dr Fatoumata Ly.
Selon la note, la pigmentation normale de la peau est déterminée par des facteurs génétiques (avec plus de 250 gènes actuellement identifiés), mais également par l’intensité du rayonnement ultraviolet (UV). En effet, poursuit-il, plus les rayons UV sont intenses, plus la couleur de la peau est foncée. « Une pigmentation très sombre correspond à une adaptation à des niveaux élevés de rayonnement UV. La variabilité de la couleur de la peau dépend également de l’origine géographique. En effet, les teintes de peau les plus foncées se retrouvent à proximité, près de l’équateur, tandis que les tons les plus clairs près des pôles. Il existe donc un dégradé de couleur de peau allant du plus sombre au plus clair, de l’équateur aux pôles. Le désir de changement de la couleur de la peau est une préoccupation constante, quel que soit le phototype. Ainsi, les sujets à peau blanche ont recours au bronzage, tandis que les sujets mélanodermes utilisent des produits dépigmentant à visée cosmétique. Ces deux pratiques ayant un impact considérable en termes de risques sanitaires », renseigne le document.
Réunis autour de ses initiateurs, le philosophe Souleymane Bachir Diagne, l’historien Achille Mbembé et l’économiste Felwine Sarr, ‘’Ces ateliers de réflexion’’ tentent de déconstruire un discours occidental centré et qui a contribué, depuis longtemps, à inférioriser l’homme noir, en faisant croire que l’Afrique n’a pas de ‘’civilisation’’, pour justifier sa colonisation.
Pour Felwine Sarr, il faut produire un nouveau discours sur l’Afrique, par les Africains eux-mêmes, et dessiner des perspectives créatrices, concernant ce renouvellement d’une pensée critique, surtout ce qui a été dit et écrit sur l’Afrique par les penseurs de la colonisation.
Enfin, pour une collaboration plus rapprochée entre professionnels de la santé, acteurs de terrain et penseurs africains en sciences sociales et humaines pour mieux comprendre les représentions négatives associées à la noirceur de la peau. D’où l’urgence, pour eux, de la nécessité de compléter, aux plans méthodologique et épistémologique, les approches biologiques et médicales, par le regard complémentaire des sciences dites douces, pour mieux décoder l’autre phénomène qu’est le racisme associé à la noirceur de l’épiderme. CHEIKH THIAM

IDIOVISUEL, LA CHRONIQUE MEDIA DE NETTALI.COM DANS LA COHUE SÉNÉGALAISE !

NETTALI.COM – « L’émission est un espace d’échange et de courtoisie où il n’est pas question de chercher à avoir raison sur l’autre. » Au contraire, fait remarquer Babacar Gaye, l’ancien membre du Pds, « l’objectif doit être de donner sa part de vérité et de laisser les téléspectateurs se faire une opinion ». L’ancien porte-parole du Pds a fait cette déclaration à l’émission « Jakarloo » de ce vendredi 24 juillet sur la TFM. Une partie du débat portait sur l’affaire de la vidéo apparue sur les réseaux sociaux et qui mettait en scène une dame violentée et humiliée, après avoir été accusée de vol par de jeunes hommes. En prononçant ces phrases, M. Gaye donne tout simplement une leçon de journalisme à certains présentateurs d’émissions télévisuelles qui annoncent mal, mais vraiment mal, le thème de leurs émissions.
Il est vrai que certains animateurs d’émissions ont cette fâcheuse tendance à tirer des conclusions avant l’heure en étant dans la caractérisation pure et simple dès l’annonce du thème voire dans la formulation de certaines questions.
La rediffusion de l’émission « Ndoumbélane » de la Sen TV du vendredi 13 juin, ce vendredi 24 juillet aurait quand même pu être signalée à l’écran et c’est un minimum. La temporalité de la rediffusion est importante parce que beaucoup d’évènements se sont produits entre temps sur certains sujets et des faits peuvent du coup se révéler anachroniques ; notamment avec l’affaire Ndingueler qui a connu des développements notables. Mais enfin, ils feront attention la prochaine fois.
Certaines précisions faites, ce que Babacar Gaye a déclaré, prend tout son sens ici. L’émission ne doit avoir comme projet que de présenter les faits et de laisser les téléspectateurs apprécier. La notion de “scandale de…” y est abusivement utilisée. En choisissant de qualifier telle ou telle autre affaire de « scandale de… », il y a une prise de position à ne pas en douter avant l’heure qui influence de fait le téléspectateur. Il aurait sans doute été plus judicieux de parler de « Affaire de… ou « Dossier… » et démontrer en quoi, au cours du débat, cette affaire ou cette question est constitutive d’un scandale. Mais lorsqu’on en arrive à considérer une affaire comme un scandale, a-t-on encore besoin de démontrer en quoi elle l’est par la suite ? La partie mise en cause a le droit à la parole et doit impérativement donner sa version des faits. L’option complémentaire peut être d’inviter en plus des hommes de l’art ou un journaliste ayant écrit sur le sujet pour avoir mené des investigations, dans de davantage éclairer l’opinion.
L’objectif de l’information comme le mot l’indique, est de donner les clefs de la compréhension d’un sujet et non d’accabler, de manipuler voire de distiller des contrevérités. Les téléspectateurs ont la capacité de comprendre lorsqu’on leur présente des faits et leur explique les tenants et les aboutissants d’une affaire dans une logique contradictoire. Cet acte est d’autant plus nécessaire dans le cadre d’un dossier technique qui nécessite en général davantage de pédagogie, de clarté, d’explications plus longues et parfois plus terre à terre pour une bonne compréhension du sujet.
Qui aimerait se faire accuser et jeter en prison sans procès et jugement ? Assurément personne. Dans un procès, il y a l’accusation, le juge du siège qui est censé être indépendant, l’avocat de la défense et l’accusé. Chacun doit présenter sa version des faits. La défense et la société sont toutes représentées par des hommes de l’art que sont le parquet et l’avocat de la défense. C’est en effet un domaine technique et parce que c’est un domaine éminemment technique, que l’accusé ne peut se représenter seul. Et parfois même lorsque la situation paraît compliquée, l’instruction à la suite des investigations des officiers de police judiciaire, peut approfondir l’enquête pour des compléments d’informations. Ce qui fait parfois intervenir le juge d’instruction avant le jugement.
Une manière de procéder de la mise en œuvre de la justice qui devrait fortement influencer la pratique journalistique car la production d’une information devrait aussi suivre ce canevas très rigoureux à quelques différences près. Celle-ci requière en effet la connaissance des faits, l’équilibre en ayant des sons de cloche différents, mais aussi le recoupement des informations pour corroborer les faits.
C’est cela qui amène à se poser des questions sur la marche de cette émission globalement composée de « chroniqueurs », ce jour-là. Entre le professeur de philosophie que l’on désigne abusivement par le terme de « philosophe », les nommés Pape Matar, Talla et Oumar Faye, etc qui passent désormais pour des censeurs et moralistes de la société, l’émission est tout simplement une compilation d’opinions personnelles, une sorte de tribunes, faites d’indignations et d’énonciations de grands principes moraux. Autant, ils dénoncent des choses qui peuvent leur paraître anormales -concédons le leur- autant lorsqu’ils qualifient une chose de scandale, il faut pouvoir l’étayer par des faits qui tendent à l’accréditer. Ce phénomène s’atténue parfois quelque peu,  lorsque le très rigoureux journaliste, Abdoulaye Mbow ou un autre y officient.
Mais ce jour-là, on a eu affaire à un plateau de chroniqueurs. Loin de dire qu’il n’existe pas de scandales au Sénégal, ce qui est en cause, c’est la maîtrise des sujets, la connaissance des faits pour étayer ce qu’on affirme. Comment peut-on débattre d’un sujet dont on  ne connait pas les tenants et les aboutissants ? Suffit-il de répéter des rumeurs ou des ouï-dire, de balancer des généralités ou de manifester son indignation pour prouver quelque chose ? Voilà une bonne manière d’induire le téléspectateur en erreur à partir du moment où il a une certaine empathie avec le chroniquer qui émet une opinion. Le téléspectateur non averti est dans bien des cas loin de savoir ce qu’est une info vérifiée et recoupée et même équilibrée. Il ne reçoit que ce qui lui paraît être une information. Il n’a ni le recul, ni la distance critique qui lui permettent dans beaucoup de cas, de douter de sa fiabilité.
Beaucoup sont en effet influencés par la première info ou le commentaire d’une revue de presse. C’est pourquoi dans ce genre de situations, à défaut de pouvoir occuper les plateaux en priorité par des journalistes, il est tout aussi indiqué d’inviter un journaliste qui a mené une investigation et écrit sur un sujet donné lorsqu’on veut débattre d’un sujet donné. Dans le cas de la pandémie de la Covid 19, la plupart des animateurs d’émissions cherchaient plutôt à inviter des épidémiologistes, des virologues ou encore des chercheurs dans ce domaine. Eh bien leur regard est bien plus pointu que celui du médecin généraliste sur ce sujet lié à la médecine même si celui-ci peut évoquer certains aspects de la question. Pourquoi voudrait-on dès lors dans le cadre de la production du journaliste, composer un plateau exclusivement composé de chroniqueurs  et non de journalistes ?
Abdoul Mbaye, invité de l’émission de ce vendredi-là, même si elle était une rediffusion, n’avait eu aucun mal à y trouver une tribune et à dérouler tranquillement sans trouver de contradicteurs dignes de ce nom. Bien au contraire, l’on a senti des précautions dans les critiques qui ont viré aux fleurs. Certains chroniqueurs sont même allés jusqu’à inviter l’éthique que prônait son feu père dans un mémorable discours, pour l’encenser. Et l’on ne peut manquer de se demander le rapport entre l’action du père et celle de l’invité. On ne doit pas pouvoir caresser un invité de la sorte, l’on se doit de rester objectif. Oumar Faye, fidèle à son habitude, a par contre cherché à poser des questions colle, invitant le dossier Global Voice et la question des appels entrants sur la table pour tenter de soulever une supposée collision dans ce dossier, de l’invité avec son frère Cheikh Tidiane Mbaye, alors DG de la Sonatel. Il a même tenté de le charger sur la question des scandales fonciers en invoquant l’attribution du terrain de Pompiers aux Marocains d’Addoha.

A quoi donc sert le chroniqueur s’il ne connait pas les faits ? S’il  ne doit émettre que des généralités à grand renfort d’indignation. Beaucoup d’émissions télévisuelles auraient sans doute gagné à être transformées en divertissement sur des sujets plus légers, moins engageants et moins impactant sur une certaine opinion.

Au-delà de la connaissance des faits, une certaine presse Sénégalaise semble avoir beaucoup de soucis avec l’équilibre de l’information. Comment par exemple comprendre ce qui est arrivé à notre confrère Ben Matar Diop, ex-directeur de l’information qui a subi un lynchage en règle dans des supports médiatiques qui ont annoncé son limogeage. Il a en effet été accusé de choses peu amènes qui ne peuvent qu’entacher l’honorabilité d’une personne sans que ces médias prennent la précaution de lui donner la parole. Le titre de la presse écrite et les sites d’informations  qui ont commis cet acte malveillant devraient revoir leur copie.

La politique, toujours aussi politicienne !

Mais qu’est ce qui est arrivé à notre cher Sénégal ? Il semble bien marcher sur la tête par ces temps qui courent. La politique est plus que jamais présente et elle se mène dans une cohue extraordinaire, tant c’est le flou et un bordel intégral qui règnent dans ce pays, dans un contexte de crise où l’économie file tout droit vers la récession. Pendant que les Sénégalais se débattent avec la Covid qui ne cesse de galoper et les difficultés du quotidien qui s’accumulent, les politiciens eux se positionnent  : les uns pour un remaniement dans l’espoir de la formation d’un gouvernement d’union nationale ; d’autres se radicalisent dans l’espoir de se tracer un chemin rectiligne vers 2024.
Toujours est-il que les forces en présence s’observent au moment où les météorologues qui avaient annoncé, il y a un mois, l’imminence d’un remaniement, gardent toujours espoir. Si Idrissa Seck observe le silence, Sonko toujours fidèle à sa politique de dénonciation, est retourné dans sa coquille après s’être agité un moment sur l’histoire du foncier. Les transfuges du PDS en l’occurrence Oumar Sarr, Babacar Gaye et El hadji Amadou Sall se sont récemment signalés par la création d’un parti sans véritable buzz. Babacar Gaye a lui, déjà annoncé la couleur, en déclarant sa disponibilité. Il est au moins clair. Ils doivent espérer, ces anciens du PDS, quelques postes juteux, soit dans le prochain gouvernement, soit dans une station de PCA ou autre. Enfin, Macky trouvera bien où les caser.
C’est le PDS de Me Wade qui est bien aphone par ces temps qui courent. Un silence bien assourdissant qui amène à se demander s’il n’y aurait pas quelque chose qui se tramerait en douceur. Les retrouvailles de Massalikoul Djinaan sont bien loin. Remaniement imminent ou pas, ce ne sont pas des peaux de banane qui manquent dans certains journaux parce que certains voudraient récupérer des postes ministériels très stratégiques en invoquant des crises qui n’existent que dans leur imagination ou en balançant des fake news dans des journaux sur tel ou tel autre ministère.
Toujours est-il que le Sénégal est plongé dans une situation d’après Covid bien compliquée qui ne peut se suffire d’un simple changement de gouvernement et même de la composition d’un gouvernement d’union nationale. Une situation qui ne ferait que les affaires de Macky Sall et des personnes casées. Mais nullement les affaires des Sénégalais plus préoccupés par une résolution de la crise qui ne peut s’accommoder d’une distribution de fromages ou de la composition d’un gouvernement pléthorique.

Pour l’heure, les problèmes s’accumulent. Depuis les questions foncières en passant par les organes de contrôle de plus en plus critiqués pour aboutir à cette étrange gestion de l’épidémie de la Covid, le Sénégal semble bien malade.

Avec l’IGE , l’Armp, l’Ofnac et la Cour des comptes, des rapports sont produits, des avis sont donnés, des marchés sont cassés et d’autres autorisés. Mais rien de nouveau sous le soleil sénégalais. Il y a comme une sorte de mainmise et de gestion politique de ces organes qui entachent très fortement leur crédibilité. Le regroupement récent des rapports de l’IGE sur plusieurs années, est tout simplement inquiétant pour une gouvernance qui reposait sur la vertu. Beaucoup d’observateurs notamment Birahim Seck du Forum civil, Cheikh Tidiane Dièye entre autres, n’ont pas manqué de relever le manque de confiance en ces organes de contrôle et surtout le caractère très sélectif des poursuites, demandant au passage leur déconnexion de la tutelle de la Présidence de la République. Les recrutements dans ces organes n’ont plus lieu et le maintien du DG de l’ARMP Saër Niang à son poste, pose toujours problème. Tout se passe comme si l’État testait la capacité d’indignation des sénégalais et les poussait jusque dans leurs limites. Se pose désormais la question de leur crédibilité d’autant plus qu’il y a eu de plus en plus de gré à gré autorisés.
Ce dimanche 26 juillet, l’invité de l’émission « Grand Jury » de la RFM, le coordonnateur du Forum Civil, Birahim Seck a ouvert un autre front en demandant l’audit de la Fondation « Servir le Sénégal » dirigée par la première dame, Marième Faye Sall. « Cette fondation, fait savoir celui-ci, récolte de l’argent au nom du peuple sénégalais, convoquant au passage l’article 6 du statut de l’Inspection générale d’Etat qui donne la possibilité aux agents de vérifier tous les organismes qui récoltent de l’argent au nom de la générosité publique, surtout s’ils sont déclarés d’utilité publique. Ce besoin d’audit, il a demandé son extension à d’autres institutions tout aussi épargnées  : « On n’a jamais vu l’Inspection générale d’Etat vérifier ou bien publier la gestion  l’administration de l’Assemblée nationale et de la Présidence de la République, ne serait-ce que le secrétariat général. Ni un rapport de la Cour des comptes sur les services judiciaires de la gestion administrative et financière du Conseil constitutionnel qui est un organe de régulation assez important…. »

L’inconséquente gestion de la Covid !

Mais s’il y a un domaine qui pose bien des problèmes, c’est bien celui de la santé au regard de la confusion qui y règne dans la gestion de la Covid 19. L’idée agitée par beaucoup de techniciens de la santé qui ont développé la théorie de l’immunité collective afin de créer des anticorps pour lutter contre le coronavirus, ne semble pas très partagée. Selon les tenants de cette théorie, on doit laisser le virus circuler pour que le maximum de personnes puisse être contaminé. Mais selon le docteur Ibou Guissé qui faisait, ce vendredi 24 juillet, une communication intitulée « Informations générales sur la Covid-19 : communication de risque », au cours d’un atelier de formation organisé par le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS) à l’intention de l’Association des journalistes santé, population et développement (Ajspd),  il y a de graves dangers autour de cette immunité collective. A son avis, pour que cela arrive, il faut que 12,5 millions de Sénégalais soient atteints de la maladie, soit un taux de 70 à 90 % de la population. « Parmi ces malades, il y aura combien de personnes vulnérables qui vont aller en réanimation ou mourir de la Covid-19 ? Les personnes âgées ont un système immunitaire moins robuste, moins adaptatif, car produisant moins de globules blancs et s’emballe rapidement pour devenir inflammatoire. De plus, elles vivent souvent avec des comorbidités. Ce qui les rend fragiles. Elles ont aussi une mobilité assez réduite et sont très fréquentées par des membres de leurs familles », a-t-il fait savoir.
Mais ce sont surtout les déclarations d’Abdoulaye Diouf Sarr, le ministre de la Santé et de l’Action sociale qui risquent de faire rire certains. Figurez-vous qu’il a demandé aux populations de passer la Tabaski là où elles sont. « Il y a un risque, et il est toujours là. Il faut le signaler. C’est le risque de dispersion et de propagation de la maladie. Jusque-là, on disait que Dakar, Thiès et Diourbel étaient les foyers. Nous sommes dans une phase d’endiguement de la maladie. Et nous croyons la contenir. Mais, il ne faut pas que la Tabaski soit une occasion de propagation de la maladie au niveau national. Ça va encore rendre notre mission et tâche un peu plus compliquée. C’est pourquoi le message que je lance à partir de Thiès, c’est de demander à chaque Sénégalais de rester là où il est et d’y fêter la Tabaski », a averti le ministre Sarr. Vient-il d’être au courant que la maladie circule ?
Pour une gestion du Covid pour laquelle, les autorités sanitaires ont livré les populations à elles-mêmes en leur demandant d’apprendre à vivre avec le virus, la posture du ministre est bien inconséquente. Pour avoir cédé à des manifestations contre l’état d’urgence et la circulation interurbaine, il est sans doute trop tard pour une sensibilisation face aux risques liés à la Covid. L’épidémie progresse via les transmissions communautaires, ainsi que l’attestent les points quotidiens. Le nombre de morts est aussi révélateur d’une gestion calamiteuse. Comment dès lors avoir l’indécence de s’adresser à des populations qui sont passées à autre chose depuis lors ? C’est d’ailleurs se moquer des Sénégalais, dans un tel contexte, que de brandir un trophée « Abdoulaye Diouf Sarr, meilleur ministre de la Santé d’Afrique ».
Le médiateur de la République, en marge d’une cérémonie de don de sang organisé ce samedi 25 juillet dans les locaux de l’institution qu’il dirige milite pour   que le gouvernement sénégalais applique « des dispositions plus draconiennes et applique « des mesures autrement plus rigoureuses pour pouvoir stopper
l’épidémie. »« Malheureusement, regrette le médiateur de la République, cette pandémie se poursuit, se propage et s’étale. ». ABC ne manque d’ailleurs pas d’alerter :   « Si nous ne le faisons pas, nous serons là un an encore à tourner autour de ravages qui s’accomplissent, de familles qui se dénudent et de corporations entières qui cesseront de fonctionner.”, dénonçant au passage les mesures d’assouplissement prises par le chef de l’Etat alors que la pandémie ne cesse de gagner du terrain. Selon lui, ces mesures d’ouverture ont été prises sans organisation préalable. « En fin de compte, nous sommes retournés à la case de départ. Et la situation est difficile à rattraper. Le couvre-feu avait permis de régler beaucoup de problèmes. Les jeunes, eux-mêmes, avaient fini par comprendre qu’un pays se construit dans la discipline“, fait noter Me Cissé.

PS  :

 Nous ne saurions terminer cette chronique sans rendre un hommage posthume à Babacar Touré ou BT pour les intimes. Un hommage fortement mérité pour ce militant acharné de la liberté de presse et ce travailleur inlassable qui a su tenir toujours si haut le flambeau de « Sud communication » ; pour avoir également toujours su maintenir cette flamme du journalisme, contre vents et marées. Sud c’est une école. Une école de formation qui a enfanté une génération de journalistes des plus réputés. C’est aussi une institution. BT avait quitté le Conseil National de régulation de l’audiovisuel (CNRA) après de bons et loyaux services, mais était resté l’éternel journaliste. Il nous a récemment gratifié d’une tribune dans « Sud Quotidien ». Dans ce texte aux accents prémonitoires,  il mettait en garde ses compatriotes contre les méfaits de la violence verbale et physique en revisitant l’Histoire du Sénégal, ses tournants et ses tourments. Un vrai adieu ! Un adieu que toute la presse sénégalaise et même au-delà des frontières sénégalaises, ceux qui le connaissaient, qu’ils soient des confrères, proches et amis, auront du mal à dire. Car avec la disparition de l’homme connu pour une générosité sans bornes, c’est un géant, un monument, un grand seigneur que la presse a perdu. Repose en paix BT.

Yankoba Seydi : «Ce régime a procédé à un vol intelligent de la présidentielle de 2019»

iGFM-(Dakar) Le débats sur la dernière présidentielle remportée par, le Président Macky Sall n’est pas encore fermé. Le Secrétaire national aux relations internationales du parti Rewmi a remis sur la table la question du manque de  transparence sur les résultats sortis des urnes. Il soutient que le régime au pouvoir a volé les élections. « Ils ont procédé à un vol intelligent des élections. Idrissa Seck devait, normalement, être élu président s’il y’avait la transparence », a-t-il déclaré dans l’émission Invité de RFM matin.
Il a également livré la position de son parti sur la proposition d’un Gouvernement d’union nationale. Il soutient que Idrissa Seck et les responsables de Rewmi  ne prendront jamais la responsabilité de s’allier avec un régime qui a déjà échoué.  «Les valeurs incarnées par Idrissa Seck ne riment  pas avec les actes posés par ce gouvernement qui ne respecte rien. Le parti Rewmi n’a pas besoin de faire partie d’un gouvernement d’union nationale. Nous sommes un parti politique et nous comptons participer aux prochaines élections. Nous savons qu’il ya des camarades de Rewmi qui manoeuvrent pour le rapprochement entre Macky et Idy mais cela n’aboutira pas».

Yankhoba Seydi,Rewmi : 2024, ce sera l’élection de Idrissa Seck…»

https://www.dakarmatin.com Invité de Rfm matin ce mardi, Yankhoba Seydi, enseignant chercheur  a fustigé en premier la surpopulation  universitaire.
Membre du Conseil des fac qui est une haute instance de décision au sein du temple du savoir, Yankhoba indique que ce sont les politiques qui sont derrière la reprise des cours  alors qu’en ce moment, le ministre de la santé avait parlé d’atteinte du pic avec 1886 cas positifs au coronavirus et 18 décès.
En effet le responsable du parti Rewmi avance que la reprise des cours au niveau des universités et la fête de tabaski constituent un cocktail explosif pou la maladie à coronavirus.
Selon lui, les universités dépassent de loin leurs capacités, ce qui ne favorise pas un enseignement de qualité.
Il a aussi parlé des abris provisoires qui existent à l’Ucad et qui constituent une sorte de prolongement des abris de fortune qui existent dans tout le pays.
Yankhoba Seydi   a aussi décrié la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement et précise que parler ne peut rien régler dans ce pays.
Interpellé sur un gouvernement d’union nationale, l’univesitaire d’indiquer que leur parti n’en a pas besoin. Qu’il y aurait  des militants qui s’activent sur cela mais qu’il leur somme de savoir raison garder.
Pour 2024,il précise que ce sera l’élection de Idrissa Seck et que ceux qui ont gagné lors de la dernière présidentielle ont procédé à un vol intelligent. Assane SEYE

AFFAIRE NDINGLER-SEDIMA, LOIS SUR LE FONCIER : Les vérités de l’expert foncier Alla Kane

http://www.enqueteplus.com Le conflit opposant les habitants de Ndingler-Djilakh et la Sedima, est loin de connaitre son épilogue, pour certains. Ceci, malgré la décision de l’Etat de rendre les terres aux populations pour qu’elles puissent poursuivre leurs activités agricoles, en cette période d’hivernage. Dans cette interview avec ‘’EnQuête’’, l’expert foncier et ancien inspecteur des impôts, Alla Kane, retrace l’histoire du foncier au Sénégal, avec les différentes réglementations foncières avant l’indépendance jusqu’à maintenant.

Depuis presque un mois, un litige foncier oppose les habitants de Ndingler et le DG de la Sedima, Babacar Ngom. En tant qu’expert foncier, quelle lecture faites-vous de ce différend ?

Les Sénégalais doivent chercher à comprendre ce qui se passe dans ce pays, en matière foncière. L’histoire de Ndingler est la manifestation d’un combat qui dure depuis des décennies. C’est un combat entre régime de la propriété coutumière et celui de la propriété foncière. La propriété coutumière date même d’avant la colonisation. C’est une propriété axée sur la coutume qui est partie du droit de feu, d’âge, de parcours, du plus fort, etc. Tout cela a donné naissance au régime coutumier de la gestion de la terre. C’est ancestral. Quand la colonisation est venue, elle est arrivée avec son régime de propriété, qui est celui de propriété foncière axée sur la propriété privée. Ils ont ainsi tout fait pour transformer la situation, faire disparaître la gestion coutumière et installer sa propriété privée en matière de gestion domaniale et foncière.
D’abord, il y a eu le décret du 20 juillet 1900, qui était déjà axé sur la politique foncière au Sénégal. Ensuite, le 24 février 1906, un autre décret qui réglait la politique foncière en Afrique occidentale française (AOF). Ils ont amené, le 26 juillet 1932, un autre décret appelé le ‘’décret foncier’’ qui portait sur la réorganisation de la politique foncière en AOF et en Afrique équatoriale française (AEF). C’est ce décret qui a été en vigueur jusqu’en 2011. Le dernier décret qu’ils ont pris, toujours dans la lutte contre le régime de la propriété coutumière, c’est le décret 55-580 du 20 mai 1955, portant réorganisation foncière et domaniale en AOF et en AEF.
Enfin, le colonisateur a reconnu le droit de la gestion coutumière sur les terres. Parce que dans l’article 3 de ce décret, il est bien dit  : que ‘’sont confirmés les droits coutumiers qui seront exercés collectivement ou individuellement sur les terres non-appropriées, selon le code civil ou l’immatriculation.’’ Voilà enfin, en 1955, le droit coutumier l’a emporté sur toute la stratégie que le colonisateur a développée, de 1900 à 1955. Ainsi, ils ont confirmé les droits coutumiers. A cette période, de 1906 à 1964, date de la prise de la loi relative au domaine national, c’est ce décret-là qui régissait les terres au Sénégal. Donc, il y avait déjà trois régimes de gestion des terres qui étaient reconnus légalement par ce décret.

Et quels sont ces régimes ?

C’est d’abord le droit coutumier, ensuite le code civil français et, enfin, l’immatriculation. Quand le pays accédait à la souveraineté internationale, voilà les trois régimes que le Sénégal indépendant a trouvés sur le terrain. En 1964, 4 ans après l’indépendance, quand il y a eu lieu d’évoluer au-delà du décret de 1955, on a pris la loi 64-46 du 17 juillet relative au domaine national. Ce qui est grave, c’est qu’on a pris le droit coutumier, qui était reconnu par le décret de 55, et on l’a versé dans le domaine national, en disant que toutes les terres qui ont été relevées sont du domaine public, toutes les terres qui ne sont pas immatriculées, qui ne sont pas régies par le code civil sont versées dans le domaine national. On a pris plusieurs choses qui relevaient du droit coutumier et on en a fait un domaine national. Mais on a maintenu le droit privé, la propriété privée et même dans la Constitution sénégalaise, en son article 15, il est dit  : ‘’Le droit de propriété est garanti par la présente Constitution. Il ne peut y être porté atteinte que dans le cas de nécessité publique légalement constatée, sous réserve d’une juste et préalable indemnité.’’
Donc, on a spolié les paysans, ceux qui géraient les terres. Voilà les raisons fondamentales qui font que, jusqu’à maintenant, ce combat continue. C’est le combat entre les immatriculés et les héritiers du droit de feu et d’âge. A chaque fois, on constate que c’est les immatriculés qui l’emportent sur les héritiers. Ce qui se passe à Ndingler, même la loi sur le domaine national, n’est pas respectée.

Qu’est-ce qui justifie cette violation de la loi, dans ce contexte ?

Dans la loi sur le domaine national, on comprend 4 zones distinguées. Il y a les zones urbaines ; les terres qui sont dans les communes, les zones classées comme les forêts classées, les zones des terroirs et les zones pionnières. On a dit dans la même loi que des décrets seront pris après avis des conseils régionaux techniques pour répartir en zones des terroirs et en zones pionnières les terres du domaine national. Ce qui veut dire que, depuis 1950, aucun décret n’est intervenu pour répartir ces terres-là. Même dans le décret d’application, on dit que la zone doit être délimitée par un décret. Les choses ne sont pas délimitées. Mais la loi dit, dans son article 8  : ‘’Les terres de la zone des terroirs sont affectées aux membres des communautés rurales qui assurent leur mise en valeur et les exploitent sous le contrôle de l’Etat et conformément aux lois et règlements.’’
Donc, les zones des terroirs reviennent aux membres des communautés. Et il est précisé, toujours dans l’article 7, que les terres correspondantes aux zones des terroirs sont des terres qui sont régulièrement exploitées  : la culture, l’élevage et l’habitat rural. Donc, c’est la terre des paysans et ces terres sont affectées aux membres des communautés. Ainsi, quand quelqu’un vient d’une ville, un immatriculé, qui est allé jusqu’à obtenir un titre foncier, c’est une agression. Parce que ces terres-là, qui relèvent des terroirs, c’est l’article 8 qui les affecte aux membres des communautés rurales pour l’habitat rural, la culture ou l’élevage. Donc, Ndingler est une agression de l’article 8.

Mais la Sedima obtient un titre foncier…

Cela aussi est une agression de la loi. Parce que la loi dit  : ‘’Quand une zone des terroirs et les zones pionnières, il faut, pour pouvoir les posséder, que cela soit des opérations déclarées d’utilité publique.’’ Est-ce qu’on a respecté la procédure d’immatriculation pour faire du projet de Sedima un projet de caractère public ? Deuxièmement, je me pose la question de savoir comment la Sedima est arrivée à être propriétaire d’un titre foncier sur les terres des paysans. Parce que quand ces terres ont été immatriculées, elles sont rentrées dans le domaine de l’Etat et on est dans le code du domaine privé de l’Etat. Et ce code dit, dans son article 41  : que ‘’pour vendre une terre du domaine public de l’Etat, il faut une loi’’. L’article 42 dit que ‘’si cette terre fait l’objet d’une construction, d’installation, d’aménagement, cela nécessite une loi’’. Quelle est la loi que l’Assemblée nationale a prise pour permettre à l’Etat de vendre le titre foncier à la Sedima ? C’est une question qu’il faut éclairer. Sinon, la vente est illégale, parce qu’aucune loi n’est intervenue pour autoriser la vente du titre foncier-là à la Sedima.                                                             
Maintenant, il faut se féliciter du fait que les paysans sont en train d’entrer dans l’histoire. Nous sommes à moins de 100 ans de notre indépendance et jusque-là, les paysans étaient exclus. S’ils viennent maintenant prendre en charge leurs propres préoccupations, il faut s’en féliciter. Il faut les féliciter, les organiser. Parce que, depuis 1960, tout ce qu’on fait pour les paysans, on le fait en leur absence, dans les bureaux du ministère de l’Agriculture, etc. On ne tient pas compte de leurs souffrances, de leur passé, de leurs expériences en matière agricole, etc.
C’est toujours dans des bureaux climatisés des ministères qu’on pense développer l’agriculture  : autosuffisance en riz, Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas), etc. Ils pondent sans tenir compte de l’avis des paysans. Je pense qu’il faut moderniser le monde rural avec, par et pour les paysans. Pour cela, il y a deux conditions pour changer les conditions de vie du monde rural. Il y a une révolution foncière et celle culturelle. Il faut faire une réforme foncière pour régler le problème définitivement. Il faut, en même temps, former la paysannerie sénégalaise. Il faut qu’au niveau de chaque commune, qu’on ait un collège agricole ; au niveau de chaque région, un institut agricole, pour que les paysans aillent apprendre ce qu’ils doivent faire et on verra apparaître de nouveaux paysans.
Aujourd’hui, les paysans ne représentent rien. En 1968, ils étaient 90 % de la population. Aujourd’hui, on parle de 55 ou 51 % de la population. Avant, il n’y avait pas d’école en milieu rural et maintenant, les fils de paysans vont à l’école. Il faut créer des conditions pour le retour de ces enfants-là en milieu rural, en installant des collèges ruraux, des instituts pour transformer la campagne afin qu’on ait un agriculteur moderne, capable de se prendre en charge.

Mais est-ce qu’il est possible de dédommager la Sedima et de rendre définitivement les terres aux populations ?

En appliquant l’article 8 de la loi, ces terres sont des terroirs qui appartiennent aux paysans de Ndingler, de Djilakh, de Ndiaganiao, de Fimela. Il faut leur rendre leurs terres. La Sedima n’a qu’à se retourner contre l’Etat. Et je répète que le nom de Sedima sur le titre foncier me donne des vertiges. Parce qu’il n’y a pas de loi pour ça. Il faut des lois pour qu’un bien qui appartient au domaine privé de l’Etat soit vendu. Si c’est un terrain bâti ou nu, il faut une loi. Quand on a voulu vendre des maisons dans les zones rurales, on a pris une loi en 1947. Quand on a voulu vendre des terrains domaniaux autorisant la vente des terrains destinés à l’habitation en zone urbaine, on a pris la loi n°87-11 du 24 février 1987. Quand on a voulu vendre les terrains domaniaux à usage industriel et commercial, on a pris la loi n°94-64 du 22 août 1994. Quand on a voulu vendre les terrains dans le domaine privé de l’Etat à usage d’hôtel et de réceptif touristique, on a pris la loi n°95-11 du 7 avril 1995. Et quand on a voulu transformer les permis d’habiter et les titres similaires en titre foncier, on a pris la loi n°2011-06 du 30 mars 2011.
Donc, à chaque fois que l’Etat se débarrasse d’un terrain nu ou bâti, il faut l’intervention d’une loi. Est-ce que quand l’Etat a immatriculé les terres de Djilakh de 225 ha et les a mises dans son domaine privé immobilier, en vendant ce terrain à Sedima, est-ce qu’il est passé par l’Assemblée nationale ? Les terroirs sont des terres affectées par la loi aux membres des communautés qui sont destinées à l’habitat rural, à l’agriculture et à l’élevage. Ces terres-là, il ne faut pas y toucher. Il faut les laisser aux paysans. Quand l’Etat a besoin de terres, il faut aller vers les terres pionnières. Là aussi, l’Etat ne peut pas intervenir, que ce soit le domaine d’opérations déclarées d’utilité publique. MARIAMA DIEME

Vols Et Agressions : Le Fouta Sous La Coupe Réglée Des Malfrats

http://www.walf-groupe.com Les vendeurs de moutons de la commune de Pété ne dorment plus sur leurs deux oreilles. A moins de 4 jours de la célébration de la fête de Tabaski, ils sont envahis par des voleurs de bétail armés jusqu’aux dents. Dans la commune de Guédé Village, ce sont de faux douaniers armés de pistolets qui écument les commerces.
Les lourdes peines prévues par la loi ne découragent guère les voleurs de bétail. Dans la commune de Pété, ce sont des réseaux de voleurs professionnels et très organisés en matière de vols de bétail qui créent la psychose. Cette mafia de voleurs en bandes organisées prenne tout sur leur passage. Très organisés,  âgés entre vingt et trente ans, après leur forfait, ils revendent leur butin dans les loumas, soit à des bouchers soit à ceux-là qui n’ont pas encore trouvé de mouton pour la fête. Parfois, selon certaines indiscrétions, le fruit du vol est même conservé dans des lieux abandonnés tels que des bâtiments délabrés. Selon des jeunes de Pété, seuls les ânes et chevaux sont ignorés dans cette razzia. D’ailleurs, selon ces populations qui ont joint WalfQuotidien, certains de ces voleurs constituent une véritable menace pour elles, car quand ils opèrent la nuit et sont lourdement armés. Selon un responsable des jeunes de Pété, pendant une seule nuit, ces voleurs visitent trois à quatre maisons avant d’emporter des moutons. A l’en croire, ces voleurs peuvent rester une semaine avant de refaire surface. «Hier seulement (samedi dernier, Ndlr), un homme a été surpris aux environs de vingt heures dans une maison avant d’être cueilli par des populations du quartier Sinthiane 1. Et ce qui est bizarre dans ce vol, c’est qu’il s’agit d’un ouvrier qui travaillait dans un projet au niveau de Pété  qui voulait emporter le mouton de ses colocataires. Après son arrestation, il a balancé les noms de ses acolytes avec qui il faisait son sale boulot. Par la suite, deux jeunes de la commune de Pété seront arrêtés et un autre de Ngouye aurait pris la fuite», renseigne la source. Selon cette dernière, aucun des quartiers de la commune de Pété n’est épargné par ces vols répétitifs.
Quant aux boutiquiers, ils ne sont guère mieux lotis. Récemment revenu de Dakar où il était allé chercher des marchandises, un commerçant aura la surprise de sa vie. En effet, le lendemain il a constaté que sa boutique qu’il venait de charger la veille a été dévalisée. Sa nouvelle marchandise d’une valeur de 3 millions de F Cfa a ainsi été emportée.
Dans les villages de Ngawlé, Mboyo, Diatar et dans la commune de Podor, ce sont des faux douaniers à bord d’une Mercedes 190, armés de pistolets, qui dictent la loi aux populations. Leur modus operandi consiste à immobiliser les charretiers en partance pour le marché de Podor-ville. Entre 8h et 10h, ces faux douaniers ont soutiré de nombreux bidons d’huile et des sacs de sucre qui se trouvaient sur ces charrettes. Selon Ndiaga Sarr, un tailleur habitant au village de N’Gawlé c’est aux environs de 8h 30mn que les faux douaniers ont interpellé une femme commerçante en partance vers le marché de Podor. «Ces faux douaniers m’ont aperçu et m’ont intimé l’ordre d’immobiliser ma moto. Je me suis exécuté. Mais lorsqu’ils ont compris que je n’avais aucun produit frauduleux par devers moi, ils m’ont aussitôt demandé de poursuivre mon chemin», renseigne Ndiaga Sarr.
Poursuivant sa narration, le tailleur informe que ces faux douaniers étaient au nombre de trois. Selon lui, après avoir cueilli tous les produits alimentaires que détenaient les charretiers, ces faux douaniers revendent leur butin au marché de Podor. Il soutient que c’est vers les coups de 13h que ces faux douaniers ont été aperçus au niveau des villages de Mboyo et Diatar. Une situation qui met les populations locales de ce département dans une grande psychose. Car nombreux sont aujourd’hui des pères de famille et autres femmes commerçantes qui ne vivent que du produit de leurs ventes. Ces populations interpellent les services de sécurité afin que ces malfrats soient cueillis et mis hors d’état de nuire.Abou KANE


Partagez ce contenu!

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*