Revue de presse du Mardi 14 Juillet 2020

Partagez ce contenu!

COUPLAGE DES LOCALES ET DES LEGISLATIVES : C’est encore le flou

http://www.sudonline.sn L’idée du couplage des élections locales et celles législatives serait en gestation au plus haut sommet de l’Etat dans le but de soulager les caisses de l’Etat, fortement impactées par la pandémie de la Covid-19. Cependant, des experts électoraux sont unanimes qu’un tel assemblage des deux types d’élections ne serait pas de tout repos pour l’administration qui serait obligée d’installer 3 urnes dans les bureaux de vote, mais aussi cela pourrait créer un flou politique pour les populations et même pour les acteurs politiques
L’information fait son petit bonhomme de chemin. Le président de la République, Macky Sall, serait tenté, mieux aurait même décidé, de coupler les prochaines élections locales et législatives et qu’il serait en train d’attendre le retour à la normale et la reprise du dialogue politique pour soumettre ladite proposition à la Commission nationale du dialogue politique. Une telle idée serait motivée par les conséquences économiques de la crise sanitaire qui rendraient impossible financièrement l’organisation d’élections locales, actuellement.

LE PRINCIPE DU RESPECT DU CALENDRIER ELECTORAL

Toutefois, l’idée du couplage des deux élections pose un certain nombre de problèmes, qu’ils soient techniques ou politiques, selon les experts contactés par la rédaction de Sud quotidien. Le Directeur exécutif de l’Ong 3D, Moundiaye Cissé et Ababacar Fall, Secrétaire général du Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec) posent d’emblée le principe du respect du calendrier républicain. En effet, M. Cissé pense que «reporter les élections locales serait un report de trop. On a les moyens de l’organiser en mars 2021, tout au plus courant 2021». Il reste persuadé que si le parrainage est supprimé, il sera possible d’organiser les élections locales en mars 2021. Cependant, «si on garde le parrainage, il faut augmenter 3 mois car tout le processus du parrainage, c’est 85 jours», fait-il savoir. Même son de cloche du côté de M. Fall qui rappelle que si le premier et le deuxième report ont pu s’expliquer, il n’en sera pas de même pour un troisième report. Pour cause, il explique que le dialogue politique interrompu à la suite de la crise sanitaire peut bel et bien reprendre dans la mesure où il y a les mesures d’assouplissement consécutives à la levée de l’Etat d’urgence. Ainsi donc, il pense que «les conditions sont réunies pour la poursuite du dialogue politique et des deux opérations que constituent l’audit du fichier et l’évaluation du processus électoral afin que la date-butoir du 30 mars puisse être respectée ou à défaut être légèrement décalée de 2 à 3 mois».

DES PROBLEMES TECHNIQUES A NE PAS ELUDER

 Les deux spécialistes des questions électorales ont, en outre, soulevé des problèmes techniques qu’il ne faut surtout pas éluder. Ils font savoir que dans le cadre du couplage des élections, il faudra trois urnes dans chaque bureau de vote pour les trois scrutins ; une pour le département, une pour les communes et une pour les législatives. Ce qui allongerait, selon eux, considérablement le temps de vote. Quid de la confection des bulletins de vote ainsi que de leur disposition qui pourrait également créer des difficultés réelles pour la majorité des électeurs ? A cela s’ajoute la question du parrainage qui constitue également une difficulté et non des moindres au regard des dispositions actuelles de la loi électorale. A ne pas perdre de vue que les acteurs au dialogue politique avaient décidé d’introduire une nouveauté pour le vote des maires à l’élection uninominale, c’est-à-dire l’élection du maire au suffrage universel directe. Ce qui voudrait dire que ces élections vont être complexes, si toutefois, le couplage est acté.

LE FLOU POLITIQUE DU COUPLAGE DES LOCALES ET LEGISLATIVES

Nos deux experts électoraux ont, par ailleurs, relevé des problèmes politiques. Le Directeur exécutif de l’Ong 3D, M. Cissé trouve que le couplage de deux élections aussi différentes que les locales et les législatives créerait un «flou». A son avis, «on ne saura pas qui veut être député, qui veut être maire surtout avec cette nouvelle donne d’élection uninominale des maires». Les mêmes remarques sont faites par Ababacar Fall du Gradec qui estime que la plus sérieuse difficulté résidera dans les stratégies d’alliances électorales des différents acteurs politiques. En effet, il est d’avis que «la nature des deux élections n’étant pas la même, les objectifs et les enjeux non plus, il sera difficile à une pluralité de partis, pour des raisons de cohérence, de conclure une alliance au niveau national sur les listes de députés et de se combattre au niveau local ou les stratégies d’alliance ne sont pas les mêmes, compte tenu des réalités et vice-versa». Poursuivant sur les difficultés politiques, M. Fall et M. Cissé feront remarquer que la campagne électorale pour les deux types d’élections se tenant au même moment, il y a un risque de cacophonie réel dans le discours des uns et des autres. Pour toutes ces raisons non exhaustives, les deux experts restent persuadés qu’il serait mieux d’organiser ces deux élections de façon séparée tout en respectant autant que possible le calendrier électoral. Cela, selon eux, pour ne pas dévoyer le suffrage et la volonté des citoyens d’autant plus que le mandat des équipes départementales et municipales est épuisé depuis belle lurette

COUPLAGE DES LOCALES ET DES LEGISLATIVES : Macky Sall face à un dilemme cornélien

http://www.sudonline.sn Alors que son gouvernement peine à gagner la guerre qu’il avait lui-même déclarée, le 23 mars, au virus de la Covid-19, voilà le président de la République, Macky Sall, face à une autre urgence à gérer. A huit mois du 28 mars, date-butoir pour les prochaines élections municipales et départementales, le chef de l’Etat pourrait être amené à décider de l’organisation couplée ou non des élections locales aux prochaines élections législatives. Une proposition agitée en coulisses par des membres de son camp
Le président de la République, Macky Sall semble vraiment dans une mauvaise passe. Alors que son gouvernement peine à gagner la guerre qu’il avait lui-même déclarée le 23 mars à la pandémie du nouveau coronavirus au Sénégal, voilà qu’il est appelé à trancher le débat sur l’idée d’une dissolution de l’Assemblée nationale et du couplage des élections législatives aux municipales et départementales.

Évoquée par la présidente du mouvement «Osez» l’avenir, Me Aïssata Tall Sall, lors de son passage à l’émission «Grand jury» de la Radio futurs médias (Rfm-privée) le dimanche 3 mars 2019, cette idée de couplage de plus en plus agitée par certains de ses proches collaborateurs n’est pas facile à trancher.

Et pour cause, si le Sénégal a connu depuis son indépendance le 4 avril 1960 quatre couplages de l’élection présidentielle aux législatives, notamment en 1963, 1978, 1983, 1988, jamais les élections municipales et départementales n’ont été organisées concomitamment aux Législatives. Depuis le 24 novembre 1996, date de la tenue des premières élections municipales et rurales (en rapport avec les anciennes communautés rurales devenues des communes de plein exercice avec l’acte 3 de la décentralisation), ces élections ont été toujours organisées en solo. Outre ce défi, il y a également le fait que cette idée ne fait pas l’unanimité au sein de la coalition majoritaire au pouvoir.
En effet, si au sein du parti président de la République, les opinions semblent favorables à cette proposition dans le but de coïncider le mandat présidentiel avec celui des maires et des députés, tel n’est pas le cas chez certains alliés dont les Socialistes.
En effet, s’exprimant le 7 mars 2019 à l’issue de la réunion du Secrétariat exécutif national, Me Moussa Bocar Thiam, à l’époque porte-parole adjoint du Parti socialiste a jugé ce débat sur le couplage «inutile et inopportun». «Il est vrai que certains ont agité la possibilité de coupler les locales de 2019 avec les législatives de 2022. Nous, au Ps, nous estimons que c’est vraiment très prématuré de poser ce débat qui est à la fois inutile et inopportun. Puisque nous venons de sortir de l’élection présidentielle, il n’y a même pas une semaine. Le président de la République sortant n’a même pas encore prêté serment qu’on veuille poser ce débat sur la place publique, c’est inopportun» avait-il lancé.
Interpellé par la rédaction de Sud quotidien sur la question le 10 mars 2019, Ababacar Fall, Secrétaire général du Gradec, s’est également démarqué de cette idée en soulignant que «cela contribuerait à alourdir notre système électoral». «Les deux élections (locales et législatives) n’ont pas la même fonction, ni les mêmes objectifs. L’une étant une forme d’expression de la démocratie participative tandis que l’autre est l’expression de la démocratie représentative où le citoyen délègue sa voix aux élus qui sont chargés de voter les lois qui régissent le fonctionnement de la République et de contrôler l’action de l’Exécutif. Ces deux élections n’ont donc pas le même champ d’action et n’obéissent pas aux mêmes règles d’organisation»

ACCROISSEMENT MODÉRÉ DES RESSOURCES, HAUSSE SOUTENUE DES DÉPENSES EN MAI (DPEE)

Dakar, 13 juil (APS) – L’exécution budgétaire s’est traduite à la fin du mois de mai par un accroissement modéré des ressources associées et une hausse soutenue des dépenses publiques, selon la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).
Dans son Point de conjoncture, la DPEE signale que les dépenses se sont établies à 1886,2 milliards à fin mai 2020 contre 1551,2 milliards un an auparavant, soit une hausse de 21,6%.
Quant aux ressources mobilisées à fin mai 2020, elles sont évaluées à 1037,2 milliards, soit une hausse de 4,7%, en glissement annuel, relève le document consulté par l’APS.
La même source ajoute qu’en conséquence, le solde budgétaire est estimé en déficit de 848,9 milliards à fin mai 2020 contre un déficit de 560,4 milliards à la même période de l’année précédente.OID/AKS

L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE EN PROGRESSION DE 2,3% EN MAI (DPEE)

Dakar, 13 juil (APS) – L’activité économique interne (hors agriculture et sylviculture) a progressé de 2, 3%, en mai 2020, en rythme mensuel, a-t-on appris de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).
Cette progression est en rapport essentiellement avec le secteur secondaire (+4,9%), le secteur primaire (+15,3%) et l’administration publique (+4,7%), indique la DPEE dans le Point mensuel de conjoncture du mois de mai.
Le document paru plus de 30 jours après la période étudiée note par contre que le secteur tertiaire s’est contracté de 2,2% sur la même période.
La même source souligne que sur une base annuelle, l’activité économique s’est repliée de 10, 8%, en mai 2020, en liaison avec le tertiaire (-13,1%), le secondaire (-12,9%) et le primaire (-16,8%).
Le secteur primaire (hors agriculture et sylviculture) s’est conforté de 15,3%, en variation mensuelle, au mois de mai 2020, selon la DPEE.
’’Cette performance est attribuable aussi bien à la pêche (+15,9%) qu’à l’élevage (+15,0%)’’, explique la structure, signalant que sur un an, le secteur s’est replié de 16,8%, en mai 2020, en liaison avec la baisse des débarquements de la pêche (-14,0%) et de l’abattage contrôlé (-18,8%).
Au mois de mai 2020, le secteur secondaire s’est consolidé de 4, 9%, en variation mensuelle.
Selon le Point mensuel, ‘’cette amélioration est, principalement, attribuable aux activités extractives (+56%), à la fabrication de produits agroalimentaires (+4,2%), à la +production et distribution d’électricité et de gaz+ (+9,3%) et à la fabrication de produits chimiques de base (+10,2%)’’.
Le document consulté par l’APS relève par contre que ‘’la construction (-4,6%), la +métallurgie-fonderie et fabrication d’ouvrage en métaux+ (-15,7%) et la fabrication de matériels de transport (-71,2%) ont enregistré de faibles résultats sur la période’’.
Les économistes notent que ‘’sur un an, l’activité a affiché une baisse de 12,9% dans le secteur secondaire, essentiellement imputable à la fabrication de produits agroalimentaires (-14,1%), aux activités extractives (-18,9%), à la construction (-8,4%) et à la +métallurgiefonderie et fabrication d’ouvrage en métaux+ (-37,2%)’’.
Toutefois, ajoutent-ils, ‘’la +production et distribution d’électricité et de gaz+ (+34,3%), la +filature, tissage et ennoblissement textile+(+4,7%), la +production et distribution d’eau, assainissement et traitement des déchets+(+4,3%), la production de l’égrenage du coton et la +fabrication de savons, détergents et produits d’entretien+ (+8,2%) se sont bien comportées sur la période’’.
En mai 2020 toujours, le secteur tertiaire s’est contracté de 2,2%, en variation mensuelle.
’’Ce repli est essentiellement imputable au commerce (-4,2%), au transport (-6,7%), à l’+information et communication+ (-4,7%) et aux activités de services et de soutien de bureau+ (-8,2%)’’, explique t-on.
La DPEE signale par ailleurs que ‘’les +activités spécialisées, scientifiques et techniques+, l’+ hébergement et la restauration+, l’enseignement, et les +activités financières et d’assurances+ se sont respectivement améliorés de 4,0%, 5,3%, 2% et 2,4% sur la période’’.
Elle ajoute que sur une base annuelle, ‘’un repli de 13,1% du tertiaire est noté en mai 2020, en liaison avec les activités immobilières (-17,3%), le commerce (-10, %), l’+information et communication+ (-18,2%), le transport (-19, %), les +activités artistiques, culturelles, sportives et récréatives+(-95,8%), les +activités de services et de soutien de bureau+(-23,3%) et l’ hébergement et restauration+ (-25,1%)’’.OID/AKS

La BOAD et la BNDE s’engagent dans le financement de la commercialisation de la campagne arachidière

https://www.financialafrik.com La Banque Nationale pour le Développement Economique (BNDE) a procédé ce Lundi 13 Juillet 2020, à une signature de convention de financement d’un montant de 10 milliards FCFA accordé par la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD). Cette ligne de crédit à court terme est destinée au refinancement partiel des concours octroyés au titre de la Campagne de Commercialisation Arachidière 2019-2020 au Sénégal.
Cette convention permettra à la Banque de mieux financer le secteur de l’Agriculture, notamment l’Arachide, afin de faciliter sa transformation. Cela favorisera de plus, la création d’emplois et l’exportation de la matière première phare comme le souhaitent les autorités et les opérateurs économiques sénégalais.
Par ailleurs, les 2 interventions de 5 milliards FCFA puis de 10 milliards FCFA de la BOAD ces deux dernières années, ont permis à la BNDE de multiplier le montant alloué au financement de la collecte de l’Arachide au Sénégal. «Cette nouvelle ligne nous permettra de consolider notre accompagnement à des opérateurs majeurs comme la SONACOS et la COPEOL» soutient le Directeur Général de la BNDE, M. Thierno Seydou Nourou SY, dans son discours de remerciements adressé au représentant de la Banque Ouest-Africaine de Développement M. Yoro DIAKITE, Chef de la Mission Résidente de la BOAD au Sénégal.
Ainsi, l’accompagnement de la BOAD pour cette phase importante du processus industriel de la transformation de l’arachide en huile de consommation, permettra d’engendrer des revenus conséquents au monde rural et de doter à nos industries locales des matières premières nécessaires à la poursuite de leur activité.

PASSÉ PRÉSENT – DE LA CULTURE AU CULTE DE LA VIOLENCE PAR BABACAR TOURE

http://www.sudonline.sn Après avoir montré que la violence est consubstantielle à l’histoire politique et sociale du Sénégal, il est question dans ce second jet de son impact sous régional. Un Arc de feu marqué par l’onde de choc de la faille malienne, la déflagration en Guinée, la résurgence irrédentiste en Mauritanie. Il en ressort que, tout en se posant à la fois en termes de géopolitique sous-régionale et régionale, la question sécuritaire n’en revêt pas moins le caractère d’un impératif de politique intérieure

II. L’ARC DE FEU SOUS-RÉGIONAL

« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine, la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre, ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci, pourront ne pas être inutiles. » Victor Hugo. Les Misérables
Notre pays, si on n’y prend garde, pourrait subir les effets telluriques de ce déferlement de violence contagieuse qui se propage dans l’arc de feu ravageur de notre voisinage immédiat. En effet, la guerre de libération de la Guinée-Bissau, les conflits armés du Libéria, de la Côte d’Ivoire, du Nord Mali et quarante ans de guérilla en Casamance sur le flanc sud de notre pays, ont favorisé un important trafic et une circulation massive d’armes de guerre dans la sous-région. Aux soldats perdus de ces guerres de pauvres qui se sont dispersés dans notre espace soudano-sahélien, se sont ajoutés des rescapés de l’internationale terroriste, chassés d’Algérie et de Libye, repliés dans notre aire géopolitique avec armes et idéologie, pratiquant assassinats, vols, agressions, enlèvements contre rançons et protection, détruisant au nom de Dieu, adeptes de la contrebande, du trafic de drogue d’organes et d’êtres humains. Cependant, la violence de masse la plus horrible qu’il nous a été donné de vivre en ce vingtième siècle finissant fut la véritable boucherie subie par des Sénégalais et des Mauritaniens en avril 1989.
Tout est parti d’un conflit classique ayant abouti à mort d’homme, côté sénégalais entre éleveurs et agriculteurs à Doundé Khoré, dans le Diawara, zone frontalière entre les deux pays. La rumeur dévastatrice, s’est rapidement propagée, d’une attaque armée de gardes Arabo Berbères mauritaniens contre des paysans négro-africains sénégalais. La maladresse (?) du ministre mauritanien de l’Intérieur, Gabriel Cimper (qui se rebaptisera Djibril Ould ABDALLAH), dépêché à Dakar pour apaiser la tension a mis de l’huile sur le feu attisé par les extrémistes des deux pays, les suprématistes baathistes (du parti « Baath « et leurs compères nasséristes, prônant l’arabisation hégémonique de la Mauritanie. Ils avaient cependant leurs répondants chez les activistes et hommes politiques négro-africains, à cheval sur les deux rives du fleuve Sénégal, qui au nom de la conservation ou de la sauvegarde des terres ancestrales, voulaient contenir les Maures à une centaine de kilomètres au-delà du fleuve. Ils contestaient ainsi les limites frontalières imposées par l’arbitraire colonial.
Certains médias mauritaniens, sénégalais, et internationaux dont Radio France internationale (RFI) apportèrent au conflit une amplification dramatique, contribuant à surchauffer les esprits et à titiller les bas instincts de groupes manipulés. Le chauvinisme des uns, le nationalisme étroit des autres, exacerbés par l’opportunisme politique et le populisme de certains ténors ayant cru leur moment venu de prendre le pouvoir, provoquèrent une situation d’une violence inouïe. Dans les deux pays, de paisibles citoyens furent, égorgés, éventrés, démembrés ou émasculés par des hordes en furie vengeresse, assoiffées de sang. Des deux côtés, aucune force de l’ordre, ne s’est manifestée, ni n’a reçu l’ordre d’empêcher les tueries et de protéger les personnes en danger et leurs biens pillés ou confisqués.
Aucune interpellation, aucune arrestation, aucune poursuite judiciaire à ce jour. Au-delà des morts atrocement et sommairement exécutés et enregistrés dans leur communauté, les Mauritaniens Noirs expulsés de leurs maisons et de leurs lieux de travail, victimes de bannissement, de destruction et de confiscation de leurs biens ont été refoulés vers le Sénégal. Les autorités mauritaniennes de l’époque considéraient que tout Noir était Sénégalais, en particulier Wolof et /ou Halpulaaren.
Au Sénégal, les Maures qui tenaient le secteur de la petite distribution de proximité dans les quartiers et dans les villages ont subi la loi du talion avec autant de barbarie que nos compatriotes de l’autre rive. Ce fut le triomphe de la raison du plus fou qui est toujours la pire. C’est le lieu et l’occasion d’évoquer la remarquable solidarité, l’empathie et la générosité de cœur et d’esprit de citoyens Sénégalais et Mauritaniens, voisins, simples connaissances ou témoins, qui n’ont ménagé ni leur énergie, ni leur temps, pour arracher à la mort des victimes de ces véritables pogromes. On distinguera parmi les sauveteurs, l’ancien Recteur de l’Université de Dakar, le regretté professeur Souleymane Niang rencontré à plusieurs reprises au consulat de Mauritanie à Colobane, convoyant lui-même, au volant de son véhicule des étudiants arrachés aux griffes d’escadrons de la mort sortis de partout et de nulle part.
Ou encore les actions salvatrices des camarades de la Gauche sénégalaise : Landing Savané, Amath Dansokho, Abdoulaye Bathily. Et mauritanienne : Ba Boubakar Moussa, Mohamed Ould Maouloud, Lo Gourmo Abdoul, Traoré Ladji, Daffa Bakary, Isselmou Ould Abdel Kader, Sy Hasmiou, Sy Mamoudou Longo et bien d’autres qu’il me serait fastidieux de citer.

LA THESE DU BOUCLIER TAMPON

Les navettes de rapatriement par air et par le fleuve, des rescapés de cette éruption de folie meurtrière ont débarqué des personnes semblables à des zombies, des familles disloquées. Elles apparurent polytraumatisées dans leur esprit et dans leur chair, sans repères, ayant pour la plupart lâché prise sous le choc de cette barbarie qui s’est soudainement abattue sur elles. Désignés pudiquement « réfugiés mauritaniens » au Sénégal, ces victimes de la déportation, sont à distinguer des Sénégalais dépouillés et expulsés vers leur «pays d’origine».
A en croire certains historiens spécialistes de l’aire civilisationnelle soudano- sahélienne, ceux-ci comptaient d’ailleurs dans leurs rangs nombre de Mauritaniens de souche établis dans la Vallée et dans certaines parties du Sud-Est du pays, avant l’arrivée des Almoravides et des Berbères, dont certaines tribus se sont mélangées avec des autochtones pour diverses raisons et par divers moyens. Aujourd’hui encore, le travail de deuil, les réparations et même l‘’exigence morale d’une quête mémorielle sont déniés à ces déracinés et à leur descendance persécutée, devenus apatrides dispersés aux quatre coins du monde où on a bien voulu les accueillir.
Plus tard, des officiers Négro-africains seront arrêtés et exécutés dans la garnison-prison de Jreida, près de Nouakchott. D’autres membres de cette communauté, cadres et intellectuels pour la plupart, révoltés par le racialisme des tenants du pouvoir arabe aux allures de nettoyage ethnique ciblant en particulier leur groupe, des Halpularen, dénoncent cet état de fait. La publication d’un «manifeste du Négro-africain opprimé » vaudra à l’immense écrivain Téné Youssouf Guèye, au journaliste Sarr Ibrahima, à Djigo Tafsirou, au Capitaine Boye Alassane Harouna et à leurs compagnons d’infortune, les rigueurs d’une condamnation aux travaux forcés et la déportation au fort pénitentiaire de Oualata, d’où certains ne sortiront pas vivants. Déjà en 1966, un premier manifeste dit des « 19 » avait attiré l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le sort inique infligé à la composante Négro-africaine de Mauritanie.
En réponse, leurs auteurs furent traqués et sauvagement réprimés. Les différents régimes qui se sont succédés au Sénégal ont pris le parti de tourner la tête et de se détourner face à cette question qui nous concerne, nous interpelle intimement et qui ne manquera pas de nous rattraper encore. Comme en 1989.
Dans le même registre, on pourrait évoquer l’annonce de la création d’un éphémère et intrigant «Front de Libération du Waalo, du Fouta et du Guidimakha », espace habité respectivement par des Wolofs, des Halpulaaren et des Soninké, à cheval sur les deux rives du fleuve Sénégal. L’analyste et journaliste sénégalais Babacar Justin Ndiaye attribue la création de ce mouvement improbable à une volonté de l’ancien président de la République du Sénégal Léopold Sédar Senghor, de tenir à distance et en respect l’Algérie progressiste de Ouari Boumediene. Elle était devenue la Mecque des révolutionnaires de tous bords et n’a ménagé ni ses ressources, ni ses relations, dans sa volonté de faire triompher l’indépendance de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) et de son fer de lance le Front Populaire de Libération de la Saguiet El Amra et du Rio de Oro (Front Polisario). Une décolonisation tronquée selon Alger et ses alliés puisque la puissance colonisatrice, a cédé aux prétentions marocaines et mauritaniennes sur les parties Nord et Sud du territoire convoité, au lieu d’en transmettre la souveraineté aux indépendantistes sahraouis.
Ce front du Walfougui, dont le chef présumé Alioune Diaw avait servi dans la gendarmerie mauritanienne avec des états de service peu valorisants et à l’équilibre suspecté, devait tomber rapidement en désuétude. La Mauritanie s’était entretemps retirée de la partie annexée du Sahara récupérée par le Polisario. Si la thèse du bouclier tampon prêtée à Senghor devait être retenue, cette fonction serait dès lors remplie par la RASD et La Mauritanie, suite au renversement d’alliance ayant abouti à la partition du Sahara occidental.

DEVOIR D’INVENTAIRE

Passer par pertes et profits, une séquence aussi dramatique et traumatisante pour les peuples sénégalais et mauritaniens, tout en réclamant reconnaissance et réparation pour des crimes et exactions commis par l’administration coloniale, voilà le paradoxe monumental de certains politiques, y compris des gouvernants.
Et pourtant, le feu couve sous la cendre La sous-région ne peut se soustraire au devoir d’inventaire des relations intercommunautaires des populations qui y vivent au sein d’entités « nationales» et territoriales aux équilibres fragiles. La question nationale éludée par la problématique coloniale et la doctrine du gel des frontières «héritées» de la colonisation imposée en 1963 par l’Organisation de l’union africaine, (OUA), ancêtre de l’Union africaine (UA), est bousculée par le besoin d’accès à des ressources découvertes dans des espaces transfrontaliers disputés. Le terrorisme des pseudos djihadistes ainsi que les rebellions séparatistes Touaregs, ces mystérieux « hommes bleus » fantasmés dans la littérature d’une certaine anthropologie romanesque, présente bien des aspects particularistes et identitaires.
Les Peulhs d’Amadou Kouffa Diallo, chef de la Katiba Macina, alliée d’ AnsarDine puis au Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans et les Dozos, chasseurs Dogons sédentarisés, s’affrontent mortellement, faisant des centaines de morts parmi les populations civiles. Certes, les conflits autour de la maîtrise de l’eau et des terres, entre agriculteurs et éleveurs sont monnaie courante, ici comme ailleurs. Ces contradictions sont cependant accentuées parla pratique d’une agriculture extensive, le défrichement et l’exploitation de nouvelles terres arrachées à la forêt et au parcours de transhumance des nomades et de leurs troupeaux.
Sur ce terreau fertile, les Djihadistes recrutent, arment et entretiennent des phalanges pseudo-islamistes. Ils ont en face d’eux des milices d’autodéfense encouragées par Bamako pour pallier les carences et l’impréparation des Forces Armées Maliennes (FAMA), tout aussi incapables de défendre le territoire et les populations que la lourde et paralysée Mission des Nations-Unies au Mali (Munisma). Depuis 2013, l’Etat malien a perdu le Nord, puis le Centre du pays, au profit de groupes armés qui tiennent Bamako en joue, dans leur ligne de mire.
La Mauritanie voisine, est apparemment en intelligence avec les différents mouvements djihadistes et servirait de base arrière à certains d’entre eux dont AnsarDine, qui, jusqu’à une période encore récente, avait pignon sur rue à Nouakchott. En état de cause, ce pays charnière entre le Maghreb et le Sahel est curieusement épargné au moment où le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Tchad, le Nigeria et le Cameroun sont perpétuellement frappés par des colonnes de terroristes, enlevant, dépouillant et massacrant des populations sans défense et des soldats peu motivés et pauvrement armés et entraînés. Il est vrai que les Touaregs se rebellent aussi au nom d’une arabité bridée, raillée, comme étant les seuls membres de la «nation arabe» dominés et gouvernés par des Noirs, dans un rapport inversé de la dialectique du maître et de l’esclave.
On comprend dès lors, le refus systématique opposé à la participation du Sénégal au cadre du G5 Sahel, alors que notre pays est parmi les plus importants contributeurs en hommes et en logistique des forces de la Minusma présentes au Mali. Le rôle ambigu de la France, dont les opérations Serval, Barkhane et l’intervention militaire avalisée par une Union Européenne trainant des pieds, n’a pas empêché l’occupation des deux tiers du Mali. La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), brillera pour son inefficacité opérationnelle sur le terrain miné par des querelles de leadership et de captures du butin de l’aide internationale. L’inextricable accord de paix d’Alger souscrit et parrainé par des parties peu soucieuses de son applicabilité.
Dans ce contexte de repli et de fractures identitaires, le Sénégal est suspecté par certains de ses voisins de travailler à l’avènement d’une hégémonie peuhle dans l’espace sénégambien. C’est le sens prêté au soutien manifeste et revendiqué de son Président aux chefs d’Etat de Gambie et de Guinée Bissau, voisins remuants, qu’il vaut mieux pour notre pays, avoir avec soi. Le Sénégal est suspecté par certains de ses voisins de vouloir ressusciter la Sénégambie originelle, englobant le Gaabu et travaillant ainsi à l’avènement d’une hégémonie peulhe dans l’espace sénégambien ainsi reconfiguré.
L’histoire récente a démontré les risques majeurs encourus par le Sénégal, avec les interférences des voisins mauritaniens et guinéens qui n’ont pas manqué de déclencher le courroux de Dakar et failli faire capoter un régime ami à Banjul. Sans oublier que pendant la crise sénégalo-mauritanienne, le consulat de Mauritanie a servi de transit logistique d’armes et de munitions mais aussi d’argent, avec la bénédiction agissante des autorités de Banjul. Celles-ci, hantées par l’expédition anti putschiste et de «maintien d’ordre» de l’armée sénégalaise parachutée dans leur pays à la faveur des opérations Fodé Kaba I et II en 1981et 1982, vivaient très mal l’attitude paternaliste du voisin sénégalais. Les autorités comme les populations gambiennes ne tarderont pas à rejeter toute forme de tutelle.

100 MILLIARDS DANS LA NATURE EN MOINS D’UN AN

Afin de se dégager de l’étau sénégalais, la Gambie signera d’ailleurs un accord de défense avec le Nigéria et entretiendra des relations particulièrement surveillées par Dakar avec la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo, la Libye de Kadhafi, le Burkina Faso de Compaoré et …l’Iran des Mollah, suspecté de fournir des armes au Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC). Le soutien de l’homme fort de Banjul aux rebelles du MFDC, l’imprévisible Yaya Jammeh, tenait autant de considérations géopolitiques qu’ethniques. Au total, tous les ingrédients d’un cocktail explosif sont en train de mijoter autour de nous, par conséquent chez nous, dont personne ne sortira indemne. La question sécuritaire se pose à la fois en termes de géopolitique sous régionale et régionale. Elle n’en revêt pas moins le caractère d’un impératif de politique intérieure.
La formulation d’une politique extérieure proactive et pragmatique, servie par une diplomatie pour sa mise en œuvre par des professionnels qualifiés, compétents chevronnés, et loyaux (à l’Etat), non choisis parmi la clientèle politique locale ou de la diaspora, nouvelle coqueluche des gouvernants, relève d’une impérieuse nécessité.
La sécurité, c’est d’abord les voisins Aucune action, amicale ou hostile, ne peut être entreprise sans que leurs auteurs ne puissent bénéficier de corridors dans les espaces aériens, terrestres ou maritimes des pays voisins. On ne voit pas comment ni dans quelle mesure le Sénégal pourrait contenir l’onde de choc de la faille malienne, d’une déflagration en Guinée ou encore d’une résurgence irrédentiste en Mauritanie. L’afflux massif de réfugiés perturberait gravement l’écosystème économique, l’habitat social et environnemental, exacerberait les sentiments et reflexes particularistes voire xénophobes. Les systèmes de solidarité et de régulation sociale sont désormais mis à rude épreuve par la raréfaction des ressources, les conflits de nécessité et la compétition sauvage pour le pouvoir et l’avoir.
Des signalements inquiétants alertent sur des flux de transferts massifs d’argent hors des circuits financiers officiels. Rien que la période allant de juillet 2019 à ce jour, une centaine de milliards de francs Cfa et en devises étrangères ont été échangés entre le Sénégal, la Mauritanie, le Mali et la Gambie. Cette masse monétaire invisible inquiète jusque dans les milieux européens et au sein des institutions financières internationales. Si on considère les données non disponibles sur les deux Guinée (Bissau et Conakry), l’ampleur des dangers encourus par la sous-région fait frémir. D’où provient cet argent, à qui profite-t-il, pour quels usages, qui protège les passeurs et les destinataires?
La déperdition administrative qui n’a pas épargné les services de renseignements n’est pas sans conséquence sur l’absence d’informations sur des circuits pourtant repérables, en dépit d’une certaine omerta de rigueur dans certaines sphères officielles. L’Afrique peut et doit se sortir de la domination étrangère et du jeu des puissances tutélaires au profit d’un destin maîtrisé et au service de ses hommes et femmes valeureux, déterminés et endurants- résilients comme le veut la mode aujourd’hui A condition de résoudre l’équation de l’extraversion du leadership des gouvernants et des élites

Mali : le pouvoir va-t-il tomber aux mains des religieux ?

https://www.lepoint.fr/afrique ANALYSE. Comment va finalement se traduire la forte influence de l’imam Mahmoud Dicko sur la large coalition qui exige la démission du président malien IBK ? La question est posée.
De nombreux observateurs des dynamiques politiques maliennes se demandent aujourd’hui si les religieux sont en train de prendre le pouvoir dans le pays. En effet, le 5 juin, puis le19 juin 2020 et enfin le 10 juillet, à l’appel de trois organisations – la Coordination des mouvements et associations sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), le mouvement Espoir Mali koura (EMK) et le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) –, plusieurs milliers de Maliens ont convergé vers la place de l’Indépendance à Bamako pour réclamer la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta. Si les deux dernières organisations sont explicitement politiques, la première est un mouvement à dimension religieuse, notamment islamique.

Une alliance hétéroclite à visée commune

La CMAS, mise en place en septembre 2019, s’appuie sur une rhétorique de dénonciation par l’imam de la « gouvernance catastrophique » du pays. Ce qui laisse penser qu’elle constitue un outil de combat contre la corruption et contre des politiques qui auraient trahi le peuple malien.
L’imam Mahmoud Dicko a fondé sa notoriété en tant que président du Haut Conseil islamique du Mali (2008-2019), à travers les différentes luttes politiques qu’il a menées dans ce cadre. Il s’est illustré par son combat contre le Code de la famille entre 2009 et 2011, son implication dans la résolution de la crise depuis 2012, son rôle dans l’élection présidentielle de 2013, son opposition à l’éducation sexuelle en 2019, etc. L’imam a bien compris que sa seule force repose sur sa capacité à mobiliser les populations. D’où cette structure qui lui offre une plateforme pour poursuivre ses combats et continuer de peser sur la scène politique nationale.
Étant donné la méfiance des populations maliennes à l’égard du politique, les religieux apparaissent comme des responsables en lesquels les citoyens peuvent encore avoir confiance, et les seuls en mesure de les mobiliser. L’opposition politique – en l’occurrence l’EMK et le FSD, qui est une coalition de partis de l’opposition – semble avoir très bien intégré ce constat en s’alliant avec le mouvement de l’imam. C’est ensemble, et sous le leadership de Mahmoud Dicko, qu’ils ont appelé, avec succès, les Maliens à sortir massivement dans la rue et à demander la démission du président de la République.
Les différents leaders de la manifestation – dont d’anciens ministres de l’actuel président et le militant anticorruption libéré récemment Clément Dembélé – se sont succédé au pupitre du podium pour lancer à tour de rôle leurs diatribes.
L’ampleur des mobilisations que l’imam initie fait de lui, sans conteste, le premier opposant politique au Mali. La coalition hétéroclite à l’origine des manifestations s’est transformée en Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), qui rassemble désormais une pléthore de partis et de personnalités politiques. Le M5-RFP ne cesse d’enregistrer des renforts de poids, comme Mme Sy Kadiatou Sow, ancienne ministre, ou encore Modibo Sidibé, ancien Premier ministre, qui n’avaient pas pris part à la marche du 5 juin.

Les religieux prévoiraient-ils de conquérir le pouvoir ?

La grande critique venant des partisans du pouvoir à l’encontre du M5-RFP – du fait du leadership de l’imam Dicko, certes adepte d’un islam rigoriste – est de dire qu’il serait porté par un islamiste au service de ses alliés djihadistes du nord et du centre. Le principal constat qui découle des événements actuels est, en tout état de cause, l’accroissement de la légitimité d’une partie des élites religieuses au détriment des élites politiques qui voient la leur se détériorer progressivement depuis deux décennies.
Le manque de dynamique pour espérer le changement que le président Ibrahim Boubacar Keïta avait incarné au moment de son élection, en 2013, a fini par convaincre de nombreux Maliens qu’il n’est plus la solution. « Boua dessera, Boua Ka bla » (en langue bambara, « le vieux ne peut plus, qu’il laisse le pouvoir »), slogan lancé par l’activiste et animateur Ras Bath, est désormais repris par les manifestants.
Depuis son implication dans l’élection du président en 2013, quand il soutint fermement la candidature d’Ibrahim Boubacar Keïta, l’intérêt de l’imam Dicko pour la politique n’est plus à démontrer. Dans le discours qu’il a prononcé le 5 juin dernier, il ne manqua pas de présenter ses excuses au peuple malien pour l’avoir induit en erreur en l’appelant à voter pour l’actuel président. Les dernières manifestations et appels à la démission dont il est à l’origine seraient en quelque sorte une façon pour lui de corriger cette erreur.
Il paraît peu probable que l’imam entreprenne de conquérir directement le pouvoir. Il semble en outre avoir bien compris que le mouvement de contestation péricliterait au moindre soupçon d’une volonté d’imposition de la charia dans le cas où le président quitterait le pouvoir. D’ailleurs, il s’est désormais écarté en se positionnant plutôt comme une autorité morale « au-dessus de la mêlée », qui a bien évidemment son mot à dire. Aborder la question sous un angle purement religieux, c’est aussi minimiser le caractère hétéroclite de ce mouvement auquel sont venus s’agréger tous ceux qui sont mécontents du pouvoir.
L’imam Dicko dispose sans aucun doute d’une grande influence sur la scène sociale et politique, et il vient encore une fois de le démontrer. Cependant, nous l’avons dit, il est très peu probable qu’il tente de prendre personnellement le pouvoir. Ne serait-ce que parce que la participation directe au jeu électoral mettrait en évidence son réel poids politique et qu’un résultat dans les urnes qui serait en deçà des attentes et des espérances pourrait éroder son aura.
L’imam paraît conscient du fait que le rôle de superviseur du jeu politique – qu’il joue d’ailleurs très bien – lui convient mieux que celui d’acteur politique à proprement parler. En revanche, il contribuera (comme il l’a déjà fait par le passé) à soutenir et à porter au pouvoir la personnalité de son choix.

Un président en manque de légitimité

Les partisans du président malien rappellent régulièrement aux contestataires qu’« IBK » a été confortablement élu. Ce rappel récurrent pourrait expliquer pourquoi le chef de l’État est peu sensible aux différentes critiques dont il fait l’objet. Sa réélection en 2018 l’a très certainement conforté dans ses certitudes et dans sa détermination à poursuivre la politique qu’il a menée depuis 2013. On peut ainsi supposer que dans son entendement, puisque les Maliens l’ont réélu, c’est que tout va bien, d’où une (presque) totale inconsidération vis-à-vis des revendications formulées lors des différentes manifestations.
Mais c’est oublier qu’il n’a été réélu en 2018 que par une minorité de citoyens, d’où un décalage entre sa légalité en tant que président et sa légitimité populaire. Les acteurs de la manifestation du 5 juin, en particulier Issa Kaou Ndjim, le coordinateur général de la CMAS, l’ont très bien compris. Sur les 20 millions de Maliens, à peu près 8 millions étaient inscrits sur les listes électorales (en 2018) et 2,5 millions seulement se sont déplacés pour aller voter. IBK a été élu au second tour avec à peu près 1 700 000 voix. Le suffrage universel n’imposant pas de seuil minimal à atteindre pour être élu, IBK est un président légal, mais ce taux de participation extrêmement bas pèse sur sa légitimité. Dès lors, l’expression « élu confortablement » apparaît tout à fait relative. Penser que la majorité des Maliens approuve la politique d’IBK sous prétexte qu’il a été « confortablement élu » est quelque peu illusoire.
Les manifestations de l’ampleur de celles du 5 et du 19 juin sont rares dans le pays. Leur succès provient de l’injustice sociale ressentie par une majorité de Maliens. Cette injustice sociale est le fait d’une corruption endémique qui voit les deniers publics être totalement accaparés par une minorité. Les financements alloués à l’armée, à l’éducation et aux secteurs vitaux de l’État sont détournés sans aucune conséquence pour les auteurs.
S’y ajoutent la crise de l’école et une grève des enseignants qui dure depuis bientôt deux ans. En outre, l’insécurité a gagné des régions jusque-là épargnées. Dans ce contexte, les soupçons de fraude concernant les dernières élections législatives (une trentaine de sièges ont été arrachés à l’opposition au profit du parti au pouvoir) ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Le bras de fer entre le président Keïta et l’imam Mahmoud Dicko semble avoir atteint un point de non-retour, et la dernière manifestation du vendredi 19 juin 2020 en a apporté une preuve supplémentaire. La situation sociopolitique actuelle du pays est plus que jamais incertaine dans la mesure où le M5-RFP a jusque-là refusé la « main tendue » et la proposition de dialogue du président IBK, exigeant simplement sa démission. Il reste à savoir si la dissolution de l’Assemblée nationale (un des principaux facteurs de la crise, et de la Cour constitutionnelle (qui a entériné la fraude électorale en installant les députés frauduleux) demandée par l’opposition pourrait suffire à faire baisser la tension.Par Boubacar Haidara* et Lamine Savane** pour Theconversation.com
Boubacar Haidara est chercheur associé au laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM), Sciences Po Bordeaux, université Bordeaux-Montaigne. Il est également chargé de cours à l’université de Ségou, au Mali.
** Lamine Savané est docteur en sciences politiques de l’université de Montpellier, où il est également ATER. Il est également chercheur associé au laboratoire Cepel (UMR 5112) CNRS, université de Ségou.

Libye : pourquoi l’Europe a vraiment une carte à jouer

https://www.lepoint.fr/afrique ANALYSE. Contrairement aux Russes, aux Américains et aux Turcs, l’Europe a intérêt à une Libye stabilisée. Et pas seulement pour des questions de migrations.
Parmi les acteurs stratégiques de la Méditerranée orientale, qui a véritablement intérêt à stabiliser la Libye ? Les États-Unis ? Ils sont absorbés par d’autres préoccupations. Les Russes ? Leur position reste ambiguë  : une Méditerranée tendue est une Méditerranée où ils peuvent agir. Les Turcs, quant à eux, poussent leur avantage pour se constituer une sphère d’influence et une zone d’intérêt économique – et surtout pour bousculer les rapports de force locaux. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à hausser le ton face à la France, alors que les deux pays s’accusent mutuellement de se livrer « à un jeu dangereux » en Libye. En fait, seuls les Européens souhaitent véritablement la stabilisation et la fin d’une guerre civile entamée en 2014. Il y va de leurs intérêts et de la protection de leur territoire. Mais en auront-ils la volonté ? La Libye est un test pour l’autonomie stratégique européenne tant annoncée.

La Libye, un test grandeur nature pour jauger les capacités de l’Europe

Un état de conflit armé ne se stabilise que de trois façons  : soit par la victoire totale d’un des adversaires en présence ; soit par un équilibre stratégique accepté par les belligérants et sanctionné par un traité d’armistice puis de paix ; soit, enfin, par l’équilibre des forces. Autrement dit, une guerre trouve son issue soit dans une Pax Romana où l’un des adversaires domine, anéantit ou absorbe l’autre ; soit dans des traités comme ceux de Westphalie par lesquels, en 1648, les États européens ont constaté l’incapacité de chacun à établir un empire ; soit par un équilibre de la terreur comme durant la guerre froide.

Une guerre civile où les forces se neutralisent

En Libye aujourd’hui, les perspectives de stabilisation du conflit paraissent aussi éloignées qu’au début de la reprise des hostilités en 2014. En effet, aucun des belligérants n’est capable de s’imposer et de rétablir par ses propres forces « le monopole de la violence légitime » et l’unité du pays. La Libye reste plus que jamais clivée entre tribus rivales et entre groupes d’intérêt en compétition. À l’Est, le gouvernement dit « de Tobrouk », dominé par le général Haftar, a subi une série de défaites durant les premiers mois de 2020, malgré le soutien très actif des Émirats arabes unis et de la société militaire privée russe Wagner ; à l’Ouest, le gouvernement dit « GNA » (pour Government of National Accord) de Fayez al-Sarraj est loin d’avoir remporté une victoire complète au premier semestre malgré l’appui des forces armées turques.
Des partisans de Khalifa Haftar participent à un rassemblement dans la ville portuaire de Benghazi, dans l’est de la Libye, le 5 juillet 2020, pour protester contre l’intervention turque dans les affaires du pays
Attisée par les ingérences extérieures, la deuxième guerre civile de Libye n’a pour perspective que la prolongation indéfinie des offensives et des contre-offensives qui s’enchaînent depuis 2014. Ne serait-ce pas avant tout parce qu’aucune des puissances régionales en présence n’a objectivement intérêt à une stabilisation… sauf les Européens ?

La Turquie est mue par des objectifs économiques

Le retour stratégique de la Turquie dans la région ne vise pas une résolution de la crise libyenne. En autorisant, début janvier 2020, les forces armées turques à se déployer en Libye en appui au gouvernement GNA, le Parlement de Turquie et le président Erdogan poursuivent un agenda stratégique où la stabilisation et l’unité du pays ne sont que secondaires. Les objectifs économiques sont évidents et consacrés par la convention passée avec le GNA pour l’exploitation des ressources en hydrocarbures de la Libye.
Sur le plan stratégique, l’intérêt de la Turquie est de passer de la défensive en Syrie à l’offensive en Méditerranée orientale, notamment pour faire contrepoids à l’omniprésence russe à ses frontières, au nord comme au sud. Enfin, au niveau politique, la présidence Erdogan offre à une partie de sa population une satisfaction de fierté nationale dans une période de crise économique et d’isolement international.
Si le déploiement de forces sur terre, sur mer et dans les airs permet de faire évoluer le rapport de force de façon valorisante pour la Turquie, la sortie de crise, répétons-le, n’est pas le but d’Ankara. En effet, tant que les intérêts économiques et la démonstration de force de la Turquie sont préservés, une solution aux rivalités internes en Libye priverait la présidence Erdogan de leviers de pression sur l’Égypte, son séculaire rival régional, sur la Russie, mais aussi sur l’Union européenne. On l’aura compris, la stabilisation ne saurait venir d’Ankara.

Les États-Unis ont la tête ailleurs

Les yeux des autorités américaines sont, eux aussi, fort éloignés du théâtre libyen. Absorbée par la crise du Covid-19 et par la campagne électorale dans la perspective de l’élection présidentielle du 2 novembre, la présidence Trump ne peut avoir d’intérêt marqué pour la fin de cette crise. Éloignée géographiquement, sans réelle incidence économique, la guerre libyenne met de surcroît aux prises des alliés de Washington. L’Égypte fait face à la Turquie et les Européens sont mis sous tension par l’activisme turc, dont l’un des avantages est de faire pièce à la Russie dans cette partie du monde. Devoir choisir entre ses alliés est la pire des situations pour une puissance militaire globale. L’attentisme américain est donc tout à la fois électoralement inévitable, militairement préférable et stratégiquement indolore. Washington ne peut se préoccuper de stabiliser la zone et se défausse donc sur des Européens pris entre fidélité à l’Otan (dont la Turquie est membre) et la défense de leurs intérêts immédiats.

L’Europe et ses intérêts en première ligne

Ni la Russie ni l’Égypte ne veulent réellement la stabilisation de la Libye. La première profite de l’instabilité de la région pour déployer ses forces en Méditerranée orientale. Quant à la seconde, elle défend ses intérêts à ses portes, mais a pour objectif essentiel de lutter contre les Frères musulmans, influents dans le gouvernement de Tripoli. Les Européens sont donc les seuls acteurs de la zone à avoir un intérêt direct à une résorption de la crise militaire en Libye. Il y va de leur sécurité, et cela à plusieurs égards. D’une part, l’Union ne peut tolérer l’afflux d’armes, de forces supplétives et de navires de guerre à ses portes, en face des côtes grecques et à proximité des eaux italiennes. À la faveur du conflit libyen, des troupes étrangères s’accumulent à la limite de l’espace européen, le mettant directement en danger. D’autre part, la crise renforce la position de la Turquie dans ses rapports tendus avec l’Union européenne. Ayant à plusieurs reprises explicitement placé les Européens sous la menace d’un nouvel afflux de réfugiés en provenance de son propre territoire, la Turquie peut désormais faire pression sur l’Europe par l’intermédiaire du territoire libyen. La crise libyenne, nourrie par l’aventurisme turc, peut dégénérer à chaque instant en nouvelle crise humanitaire et migratoire.

C’est l’heure de faire parler l’unité stratégique européenne

Aujourd’hui, seuls les Européens peuvent œuvrer à la stabilisation de l’indéfinie crise libyenne. Le droit international le leur permet  : conformément à la résolution 2292 (2016) du Conseil de sécurité des Nations unies, l’Union a en effet lancé l’opération Irini pour mettre en œuvre l’embargo sur les armes à destination de Libye. Et leurs capacités militaires le rendraient possible  : les marines française, italienne ou encore grecque sont capables de stabiliser la région.
Faire respecter un embargo strict sur les armes est un prérequis. Cela supposerait de faire monter en puissance le dispositif aéronaval de l’opération Irini. Mais une médiation diplomatique directe menée au nom de l’ONU est elle aussi indispensable pour séparer les belligérants locaux et régionaux, au besoin par l’envoi de forces d’interposition. Prendre parti pour l’un ou l’autre des belligérants ne ferait que prolonger encore davantage la conflictualité du pays.
Qu’en est-il de la volonté politique et de l’unité stratégique ? Dans les tensions récentes entre Paris et Ankara, l’unité stratégique des Européens a été testée par la présidence Erdogan. Pour le moment, cette cohésion reste en partie à construire. Il est temps que les responsables de l’UE démontrent que l’autonomie stratégique européenne n’est pas une vaine formule et fassent le nécessaire pour stabiliser la Libye et, ce faisant, sécuriser leurs frontières. Par Cyrille Bret* pour Theconversation.com

La belle résistance du marché de l’art contemporain africain

https://www.lepoint.fr/afrique L’Afrique attire encore. Confirmation en a été faite lors de la dernière vente aux enchères organisée par Piasa.Les acheteurs sont toujours là.
La maison de vente Piasa imprime son empreinte sur le marché de l’art contemporain africain. Le 24 juin dernier, elle présentait à la vente plus de 170 œuvres de 106 artistes africains et de la diaspora. Les œuvres étaient exposées dans ses locaux, un ancien hôtel particulier de la fin du XVIIIe siècle, de la très chic rue du Faubourg-Saint-Honoré. C’est sa 12e vente sur ce thème. Le montant de la vente à 1,6 million d’euros rejoint l’estimation initiale. C’est aussi dans ce même ordre de grandeur que se sont jouées les dernières vacations de la maison Piasa sur l’art contemporain africain. Bonne nouvelle  : les acheteurs et les collectionneurs sont toujours là. « Les bons résultats de la vente confirment que cette jeune spécialité se développe sur des bases solides et pérennes. Nous sommes sollicités par un nombre toujours croissant de collectionneurs qui font confiance à la sélection et à notre regard pour bâtir des collections panafricaines », se félicite Christophe Person. Près des deux tiers des œuvres ont trouvé preneur.

Le sens du partenariat entre Piasa et Aspire

En passant un partenariat avec son homologue sud-africaine, Aspire Auction, Piasa élargit ses horizons et fait rentrer dans son catalogue des artistes sud-africains majeurs, comme l’incontournable William Kentridge, mais aussi Irma Stern, ou l’emblématique Gerard Sekoto. « Cela nous permet de monter en gamme », reconnaît Christophe Person, directeur du département art africain chez Piasa. La scène artistique sud-africaine reste l’une des plus dynamiques du continent, avec un marché bien structuré.
Après une première collaboration réussie entre Piasa et Aspire, sur une vente organisée à Cape Town le 14 février dernier, en marge de l’Investec Cap Town Art Fair, les deux entités ont décidé de poursuivre l’expérience. « La première fois qu’une maison de vente aux enchères africaine présente une collection d’œuvres à vendre en Europe marque un moment important dans l’histoire et le développement du marché mondial de l’art. C’est avec plaisir que nous collaborons avec Piasa alors que nous travaillons ensemble pour développer et internationaliser le marché de l’art moderne et contemporain d’Afrique », se réjouit Ruac Peffers, directeur général d’Aspire Auction.
Au moment où William Kentridge fait l’objet d’une grande rétrospective au Musée d’art moderne de Villeneuve-d’Ascq, rétrospective qui se prolonge jusqu’à la fin de l’année, il était intéressant de retrouver certaines de ses œuvres à la vente et notamment le dessin « Drawing from Johannesburg, 2nd greatest City after Paris (Soho Eating) ». Réalisé au fusain et pastel en 1989, le personnage de Soho, inspiré par la pièce de théâtre Ubu roi d’Alfred Jarry, symbolise la cupidité. En quelques traits de fusain, William Kentridge nous plonge dans une atmosphère d’abondance malsaine et dresse une critique de la bourgeoisie. Ce dessin, estimé entre 190 000 et 250 000 euros, est parti à 234 000 euros. Le portrait de Dora Swoden par Irma Stern a été adjugé à 182 000 euros. Parmi les autres artistes sud-africains, une sélection d’œuvres de Sam Nhlengethwa, Nicholas Hlobo, Bambo José Sibiya, Simphiwe Ndzube et Peter Clarke, entre autres, ont été proposées.
« Nous avons choisi des œuvres que nous n’avions pas l’habitude de présenter à la vente. Des pièces plus politiques comme le tableau de Peter Clarke sur la déportation et l’esclavage, des pièces qui abordent des aspects politiques, un sens historique différent et qui apporte une nouvelle dimension », explique Christophe Person. Le triptyque de Peter Clarke, The Crossing  : Africa ; Crossing the Atlantic ; America a été adjugé à 37 700 euros. La photographie de Mary Sibande, Her Majesty, Queen Sophie, est elle allée au-dessus de sa côte à 13 000 euros. Depuis plusieurs années, le travail de l’artiste tourne exclusivement autour de la représentation de Sophie, l’archétype de la bonne noire durant l’apartheid. Autour de ce personnage, elle évoque la construction identitaire et dénonce les stéréotypes de la femme noire profondément ancrés dans l’imaginaire. Signe de notoriété, l’artiste sud-africaine aura en décembre prochain sa première rétrospective en France, au Musée d’art contemporain de Lyon.
« Nous avons proposé une vente beaucoup plus diverse, et qui a trouvé un intérêt sur le marché occidental. Même la sculpture animalière en bronze, dans un style différent par rapport à ce que nous présentons habituellement, a été vendue au-dessus de sa côte », commente Christophe Person. « Ce beau résultat nous confirme que malgré la période difficile que nous traversons, l’intérêt persiste pour le marché de l’art contemporain africain, notamment dans sa dimension politique. Les acheteurs réguliers sont toujours présents. Les nouvelles œuvres présentées ont aussi attiré de nouveaux acheteurs, américains et anglais. Nous parvenons à élargir notre clientèle », se réjouit-il.

Les Congolais aussi

Parmi les œuvres proposées, on retrouvait aussi les peintres révélés par l’exposition Beauté Congo, à la Fondation Cartier en 2015. Avec Chéri Samba, représentant emblématique du mouvement des peintres populaires du Congo, à travers un mode très figuratif et narratif, mêlant illustration et messages politiques voire humoristiques. Les toiles parlent, comme une bande dessinée, abordant les grandes problématiques (écologie, démographie, environnement…). Les tableaux de Moké, Chéri Chérin et JP Mika plongent dans la vie quotidienne, et pointent une problématique comme celle de la machine dans la vie humaine, le tableau de Chéri Cheri
Eddy Kamuanga, autre peintre congolais, questionne l’effacement de la culture traditionnelle. Ses personnages sont dessinés à partir de circuits imprimés de téléphones portables qui fonctionnent grâce au coltan, un minerai exploité essentiellement en RDC. Son tableau a été adjugé à 50 700 euros. Plus onirique, le Tropical garden 4, du peintre ougandais Joseph Ntensibé, a doublé la marge haute de sa côte à 67 600 euros. Ce voyage dans la végétation luxuriante dominée par des contrastes de couleurs nous enchante, tout en nous rappelant la fragilité de la nature. Les œuvres des artistes d’Afrique de l’Ouest, comme les Ivoiriens Félix Eboué Kouamé, Aboudia ou Armand Boua, ou encore le Ghanéen Ablade Glover et le Sénégalais Oumar Ba ont également trouvé preneur.

La sculpture et les masques

Si la peinture reste majoritaire, la sculpture se fraye aussi son chemin. Les masques du Béninois Calixte Dapkopan, réalisés à partir de matériaux de récupération, tissent un lien entre tradition et modernité. Ceux de Gonçalon Mabunda du Mozambique, construits à partir d’armes et munitions décommissionnées, témoignent de l’histoire mouvementée de ce pays. Leurs charges émotionnelles interpellent, tout comme son trône de l’empereur de Gaza.
« Le masque tridimensionnel ressort comme un médium d’origine, qui trouve une prolongation naturelle avec la récupération et le recyclage », souligne Christophe Person. Entre masques, sculptures, installations mais aussi œuvres murales à partir de matériaux et d’objets de récupération, on retrouve une lignée d’artistes africains qui subliment cette voie du recyclage, donnant une vraie identité africaine. Ce travail sur le recyclage se retrouve aussi bien dans la grande tapisserie de l’Ougandais Sanaa Gateja, faite de perles de papier et d’écorce de ficus, que dans celle en lamelles de canette du Kenyan Dikens Otieno ou encore les toiles de Mounou Désiré Koffi qui utilise aussi des circuits imprimés.

Clichés d’Afrique

Enfin, la photographie était aussi bien représentée dans cette vente, notamment avec les œuvres phares des Sud-Aricains David Goldblatt, Guy Tillim, Zanele Muholi ou Mahau Modisakeng. Ce médium est l’un des plus développés et appréciés en Afrique du Sud. Une photographie de David Goldblatt, d’un mineur attendant son départ pour le puits, a été adjugée à 32 500 euros. Un portrait réalisé par l’Éthiopienne Aida Muluneh a trouvé un acquéreur à 8 450 euros et les tirages de Malick Sidibé et de Okhai Ojeiker ont tous été vendus.

Des artistes guides

« Les artistes africains confirment leur propension à nous alerter sur l’état du monde. Ils nous nourrissent, ils nous poussent à faire une pause et nous encouragent à nous interroger. Plus que jamais, les enjeux de société dépeints par les artistes illustrent la pertinence de leurs propos, pour dénoncer l’urgence environnementale, les conséquences de l’urbanisation, les excès engendrés par la globalisation et les risques sous-tendus par les inégalités internationales », écrit Christophe Person, en première page du catalogue.  Par Sylvie Rantrua

La loi sur le domaine national, le problème ?

http://www.enqueteplus.com En juin 2019, un rapport de la Banque mondiale se penchait sur la nécessité d’adapter la loi 64-46 du 17 juin 1964 à la situation économique moderne, dans un souci de parallélisme entre les exploitations familiales et les investissements agro-industriels.
La gestion des droits fonciers dans le monde rural sénégalais repose encore sur un cadre juridique établi depuis l’Indépendance et sur un système de tenure coutumière que le dispositif légal n’a pas supprimé. Les détails sont expliqués dans un rapport de la Banque mondiale intitulé ‘’Support to Senegal Rural Land Policy ASA’’ (P164820), ‘’Moderniser le foncier rural’’, produit en mai 2019. La note rappelle que dans le cadre de la loi sur le domaine national, les communes se sont vues attribuer sous le contrôle du corps préfectoral la gestion de la zone des terroirs du domaine national, soit 95 % des terres du Sénégal. Ce dispositif a été complété par la mise en place de commissions domaniales, mais aucune mesure d’accompagnement (outils, formation) n’est venue le soutenir et sa mise en œuvre imparfaite a pu favoriser des pratiques clientélistes.
Les conseils municipaux sont donc autorisés à délibérer des affectations de terre qui consacrent un droit d’usage personnel, ni cessible ni transmissible, théoriquement limité aux seuls membres des communautés rurales. Autrement dit, aucune transaction foncière directe (héritage, vente, morcellement, location) n’est permise par le cadre légal actuel. L’attribution de droits réels reste une procédure réservée exclusivement à l’Etat. Toute personne qui désire un titre foncier ou un bail doit requérir l’immatriculation du terrain au nom de l’Etat, puis procéder à un transfert de propriété (titre foncier) ou à un démembrement de la propriété acquise à l’Etat (bail emphytéotique, droit de superficie). Et en milieu rural où l’administration foncière dispose d’effectifs restreints, cette procédure relativement longue et coûteuse n’a été mise en œuvre que pour un nombre limité de terrains.
Ainsi, ni la faible capacité des communes en gestion foncière ni l’envergure actuelle de l’Administration ne permettent l’enregistrement des droits sur le sol à grande échelle.
Dans le contexte économique actuel, avec les grands aménagements hydro-agricoles, les extensions urbaines et le développement de l’agro-industrie, les transactions foncières sont devenues monnaie courante et participent au développement d’un marché foncier non documenté, en marge du cadre légal, expliquent les experts de la Banque mondiale. Le flou autour de la loi sur le domaine national complique les opportunités d’investissements publics ou privés. Il entretient un climat conflictuel : compétition pour l’accès à la terre, contestations d’investissements souvent qualifiés d’accaparement de terres. A l’image de ce qui s’est passé à Fanaye, Mbane, Gnith, Doddel, Demette ou Diokoul, en ce qui concerne l’agribusiness ou celui de la centrale à charbon de Sindou pour le secteur de l’énergie.

Le PSE pour enfin trouver une solution ?

Après les échecs des nombreuses tentatives de l’Etat, la relance de la réforme foncière est annoncée parmi les orientations du Plan Sénégal émergent (PSE, 2019-2023). Le gouvernement du Sénégal reconnait l’accès au foncier comme étant l’une des conditions de l’émergence économique et entend réformer le secteur foncier au cours des cinq prochaines années. Il y est prévu de matérialiser un cadastre universel, d’accélérer la sécurisation du foncier en milieu rural à travers l’octroi de titres de propriété et de finaliser la dématérialisation du livre foncier électronique.
Le PSE envisage ainsi un ensemble d’actions prioritaires entre 2019 et 2023. Il s’agit de ‘’la transformation graduelle des droits d’occupation actuels des ruraux en droits réels, ce qui permettra un certain niveau de transférabilité contrôlé du foncier tenant compte de la nécessité de protéger les zones pastorales, halieutiques et forestières, l’investissement dans les instruments de gestion foncière par les services domaniaux, la recherche du juste équilibre entre la gestion des collectivités territoriales et la supervision des transactions foncières par l’État central, et la poursuite de la rationalisation de l’inscription au registre foncier urbain’’.
Il s’agit de créer un environnement favorable à l’investissement des exploitations familiales et agro-industrielles, au développement du crédit grâce à des garanties bancaires par document foncier et à une fiscalité foncière au bénéfice du développement des collectivités locales.
Toutefois, il faudra concilier des objectifs différents selon les groupes d’acteurs. Les éleveurs entendent maintenir l’accès aux espaces vitaux pour l’élevage ; les collectivités souhaitent conserver la compétence de gestion locale telle que définie par la loi de 1964, tandis que le secteur privé espère disposer plus facilement de terrains alloués par l’Etat et ne plus avoir à négocier avec les riverains et les titulaires de droits initiaux.

Le foncier de la discorde

Et si l’affaire Babacar Ngom n’était que la face visible de l’iceberg ? Partout sur le territoire national, des terres sont en train d’être soustraites du domaine national en vue de leur immatriculation, d’abord au nom de l’Etat, ensuite au bénéfice de particuliers, nationaux comme étrangers. Avec l’accroissement de la population, ce sont des générations et des générations qui risquent ainsi d’être sacrifiées. L’ancien conseiller d’Abdou Diouf, Amadou Tidiane Wane, sonne l’alerte.MOR AMAR
Le génie sénégalais avait pourtant trouvé une solution géniale pour concilier modernité et tenure coutumière de la terre par les populations. Par la loi 64-46 du 17 juin 1964, le Sénégal prenait la décision historique d’inscrire sous le régime du domaine national plus de 95 % de ses terres. Ancien conseiller d’Abdou Diouf en développement rural, ancien président du comité ayant en charge les 240 000 ha du delta du fleuve, Amadou Tidiane Wane affirme avec force  : ‘’Comme on dit  : les terres du domaine national sont imprescriptibles et inaliénables. Il est totalement impossible de prendre une délibération au profit d’un particulier, de la transformer en bail en vue de donner un titre définitif à ce même particulier. C’est pourquoi je dis que Babacar Ngom est passé totalement à côté. Sur les terres du domaine national, on ne peut disposer que de l’usufruit en vue de l’exploitation. Et il y a des conditions pour en être bénéficiaire. Il faut, d’abord, habiter dans la commune ; ensuite, il faut une mise en valeur des terres. Enfin, on ne peut en faire un titre foncier. C’est interdit par la loi 64-46 sur le domaine national ainsi que le décret 78-12.’’
Récemment, lors du 31e Congrès des notaires d’Afrique, le président de la République faisait la révélation suivante  : ‘’Plus de 90 % des alertes de conflit qui lui parviennent sont relatives au foncier…’’ Mais il serait illusoire de penser que ce problème date de son règne, ni même de celle du président Wade. L’ancien conseiller de Diouf rapporte  : ‘’J’ai tellement souffert de ce problème. Surtout dans le delta où Oumar Khassimou Dia était PDG de la Saed. Il avait pris 25 000 ha pour les donner à des inspecteurs généraux, des gouverneurs, des hauts fonctionnaires, des ministres, des gens qui n’étaient même pas de la région… Quand j’ai été président du Comité après-barrage, j’ai dit qu’il faut tout récupérer et les rendre aux populations. Ces terres n’appartiennent même pas à l’Etat, mais à ces communautés. En Conseil des ministres, le président nous a donné raison et toutes les terres ont été restituées à qui de droit.’’

Oui à l’exploitation, mais non à la privatisation

Quid de l’immatriculation des terres du domaine national au nom de l’Etat ? Pour Amadou Tidiane Wane, l’esprit du DN est surtout de réserver ces terres au bénéfice exclusif des communautés. L’Etat, estime-t-il, ne doit pouvoir les immatriculer à son nom que s’il justifie d’un intérêt public. ‘’Si l’Administration a immatriculé ces terres en vue de les donner à un quelconque particulier, elle a outrepassé la législation. L’Etat ne peut immatriculer les terres du domaine national que pour un projet d’intérêt public. Une route, un hôpital, une école, quelque chose qui va appartenir à l’ensemble de la population. On ne peut immatriculer pour un intérêt privé’’, persifle-t-il.
Ainsi se pose la question de la définition de l’intérêt public. Est-ce qu’un projet qui peut avoir des retombées sur le plan économique ne peut pas être considéré comme un projet d’intérêt général ? A en croire l’ancien ministre, c’est  : ‘’Non, non et non  ! ’’ Il explique  : ‘’J’ai eu un cas comme ça. Vous rappelez-vous de Cheikh Hamidou Kane, Ministre du Plan ? Il avait voulu, avec des Américains, quand il n’était plus ministre, un projet de 3 milliards qui s’appelle… Le principe était d’importer des fœtus américains, de faire des inséminations artificielles sur nos vaches. C’était vers les années 88-89. Par la suite, ils ont voulu avoir un ranch pour leur activité. Ils ont demandé 14 000 ha dans la communauté rurale de Ross Béthio. J’ai refusé catégoriquement.’’

De la nécessité d’inclure les communautés dans les projets

Finalement, l’option qui a été retenue, après moult conciliabules, a été de leur attribuer l’usufruit sur 1 000 ha. En même temps, le ‘’super ministre’’ avait promis d’augmenter la superficie au fur et à mesure du développement du projet. Et tout cela était assorti d’une condition  : ‘’Qu’il y ait dans le projet des populations de Ross Béthio.’’ Monsieur Wane d’ajouter  : ‘’J’ai eu à faire la même chose à un marabout à qui on avait attribué plusieurs ha dans le Podor. Après avoir pris le dossier, j’ai fait une note au président pour lui dire  : ‘Monsieur le Président, aucune loi, encore moins la Constitution, ne vous donne le droit d’attribuer des terres du domaine national à un privé.’ Ça faisait deux ou trois lignes. A l’époque, Collin était parti ; il y avait André Sonko. Quand il l’a vue, il m’a dit  : ‘Mais c’est trop court pour s’adresser au président.’ Je lui ai répondu  : André, c’est ma note. Je t’en prie.’’
Sous Wade, alors qu’il était membre de la Commission de réforme foncière présidée à l’époque par Serigne Diop, il lui avait clairement signifié qu’une refonte du domaine national en vue de sa privatisation générerait des conséquences inimaginables. ‘’Pour moi, c’est perdre son temps que de vouloir changer cela. Oui, il faut une mise en valeur de la terre certes, mais on n’a pas besoin de donner des titres fonciers à des privilégiés. A l’époque, j’avais dit à Serigne Diop  : Si jamais on touche à ces terres-là, il va y avoir de ces révolutions incalculables. Après 4 ou 5 ans, il a laissé tomber. C’est ça le génie sénégalais. Les terres du domaine national sont inaliénables et imprescriptibles. Malheureusement, les gens veulent tout bousiller et privatiser la terre. Ce qui risque d’entrainer des conflits dans notre pays’’.

SAINT-LOUIS : Le Pdidas, l’exemple d’un cadre rural ‘’réussi’’

L’expérience du Projet de développement inclusif et durable de l’agribusiness au Sénégal (Pdidas) en matière foncière a permis d’assurer aux ruraux des papiers sécurisés.
Depuis 2016, le Projet de développement inclusif et durable de l’agribusiness au Sénégal (Pdidas) a développé des actions pilotes qui fournissent les bases d’un cadastre rural. Neuf bureaux fonciers ont été installés dans les communes autour de Saint-Louis et du lac de Guiers. Ils sont chargés de procéder à la délivrance de ‘’titres d’affectation’’ conformément à la législation en vigueur sur le domaine national. Cette opération, démarrée en 2017, répond à une demande pour mieux formaliser les droits d’usage. Ces droits, habituellement consacrés par de simples délibérations du conseil communal, font désormais l’objet d’une procédure plus rigoureuse avec enquête de terrain systématique, cartographie des parcelles, contrôle par une commission ad hoc, inscription dans un registre spécifique, contrôle-qualité, intégration dans un système d’informations foncières et attribution d’un Nicad (numéro d’identification cadastral).
Cette opération a rencontré un vif succès : 23 000 demandes ont été déposées auprès des 9 communes en moins d’une année. En octobre 2018, 7 000 parcelles totalisant 28 000 ha ont fait l’objet d’une enquête et la moitié d’entre elles sont inscrites dans le registre communal. Près de 3 000 terrains ont déjà fait l’objet d’une délibération dite ‘’sécurisée’’, compte tenu des différents niveaux de contrôle -par la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) et les services préfectoraux – liés à cette nouvelle procédure. En parallèle, la DGID et ses services régionaux de Saint-Louis ont commencé un découpage des territoires communaux en sections cadastrales afin de permettre l’attribution de Nicad.
Ainsi, cette opération participe d’une opération cadastrale en milieu rural, qui combine la capacité d’intervention locale des collectivités et la compétence technique des services de la DGID. Certains maires, élus dans des localités situées hors de la zone d’intervention du Pdidas, ont souhaité être également équipés d’un bureau foncier.Source, Banque mondiale

DROIT FONCIER SENEGALAIS : La quête jamais comblée d’une politique foncière consensuelle

http://www.enqueteplus.com La réglementation définitive sur les questions foncières est une patate chaude que les différents régimes en place depuis les indépendances, se sont refilée à la moindre difficulté pouvant menacer leur pouvoir.
Soixante ans que le Sénégal se dit souverain, avec son accession à l’indépendance. Mais autant d’années n’ont pas permis de trouver un consensus sur les questions foncières liées à la propriété et à la mise en valeur des terres non immatriculées. C’est de la bouche du président de la République, Macky Sall, qui présidait, en octobre dernier, le Congrès des notaires, que l’on tenait cet aveu  : ‘’Le statut juridique hybride, marqué par la coexistence de terres immatriculées et une grande majorité de terres non-immatriculées, pose problème. Je peux même dire qu’au Sénégal, l’essentiel des alertes que je reçois, au quotidien, pour les risques de conflit, viennent à plus de 90 % du foncier. Il faut tenir compte du potentiel économique des terres non-immatriculées afin d’envisager un nouveau droit d’usage auquel pourrait être attaché le droit réel sécurisé.’’
Ces propos laissent entrevoir le nombre impressionnant d’enjeux que regroupent les questions foncières pour le pays. Au-delà de la sécurité, de la justice, du développement, etc., c’est à des questions sociales et sociétales majeures qu’elles renvoient. Car la politique foncière repose sur des choix qui peuvent limiter ou faciliter l’accès à la terre, renforcer ou atténuer les inégalités sociales, consolider la sécurité foncière des petits agriculteurs ou favoriser la privatisation de la terre au profit des entrepreneurs agricoles. Et comme posée dans la note politique n°6/2015 de l’Initiative prospective agricole rurale (Ipar), la problématique qui lie les gouvernements est claire  : ‘’Entre la dynamique de privatisation des terres et la revendication en faveur d’une gouvernance foncière inclusive, les termes du débat sont connus : quelle doit être la priorité à donner aux différents usages possibles du foncier (usages agricoles, pastoraux, urbains, industriels, etc.) ? Ensuite, faut-il donner la priorité à la sécurisation des droits fonciers des exploitations familiales ou bien privilégier la sécurisation des investissements réalisés par les entreprises agricoles ?’’

Droit coutumier vs loi sur le domaine national

Avec la loi 64-46 du 17 juin 1964 (loi sur le domaine national), le Sénégal a versé toutes les terres non-immatriculées (sur la base du décret du 26 juillet 1932) dans le domaine national. Celui-ci regroupe les zones urbaines, les zones pionnières (dans lesquelles sont réalisés les grands aménagements hydro-agricoles publics), les zones classées et les zones de terroir consacrées à l’agriculture et à l’élevage. Le domaine de l’Etat, subdivisé en domaine public et domaine privé, et régi par la loi 76-66 du 2 juillet 1976, est venu ensuite compléter ce cadre juridique.
Seulement, la loi sur le domaine national n’a jamais été totalement acceptée par les populations, qui se sont vues retirer leurs droits coutumiers au profit d’un simple droit d’usage révocable en cas de non mise en valeur de leurs terres.  Aussi, elle ne prévoit ni la transmissibilité ni l’aliénabilité, encore moins la cessibilité des terres. Cependant, à travers les pratiques courantes, ceux qui cultivent les sols de façon régulière considèrent qu’ils leur appartiennent, de même qu’à leurs familles. Autrement dit, ceux qui sont considérés comme les propriétaires ne disposent pas de droit réel sur les terres. Pour cela, ils doivent détenir un titre de propriété du régime de l’immatriculation ou de celui du domaine national.
Aussi, aucune réglementation claire n’encadre l’exercice, par les conseils ruraux, de ces pouvoirs d’affectation et de désaffectation. La condition requise d’être membre de la communauté pour pouvoir disposer du foncier, fait l’objet d’interprétations diverses. La notion de membre d’une collectivité locale manque de précision et fait l’objet d’interprétations variées selon les conseils locaux. ‘’Cette disposition est, par ailleurs, contestée par ceux qui estiment qu’elle interdit à un Sénégalais l’accès au domaine national dans certaines portions du territoire. Elle est, en revanche, légitimée par ceux qui souhaitent une protection des habitants des communautés rurales contre l’accaparement des terres de leur terroir. D’autres, enfin, estiment qu’elle bloque l’accueil d’investisseurs étrangers dans le développement rural. De plus, la notion de mise en valeur est restée imprécise et n’a été définie nulle part comme le prévoyait la loi’’, expliquait le Pr. Ibrahima Arona Diallo de l’université Gaston Berger de Saint-Louis, dans une contribution publiée en 2017.
Avec les lois sur la décentralisation de 1972 et 1996, la gestion du foncier des zones de terroir a été transférée aux communautés rurales, collectivités locales qui regroupent plusieurs villages, mais sans que celles-ci aient vraiment les moyens d’exercer leurs compétences en la matière. Le système de gestion coutumier des terres a donc perduré dans la plupart des régions du Sénégal, avec l’accord tacite de l’Administration et des élus locaux.

La politique foncière plus pertinente que de légiférer directement

Les réformes sur le foncier rural induites par le Plan d’action foncier de 1996, en faveur d’une privatisation des terres, ont soulevé une forte opposition des élus locaux et des organisations paysannes. Le projet abandonné, la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP) promulguée en 2004 a concrétisé la vision du président Abdoulaye Wade sur le foncier rural incluant une privatisation du foncier et de la création de vastes domaines réservés aux investisseurs privés.
Mais comme le suggère la note politique n°6/2015 de l’Ipar, l’expérience de certains pays ouest-africains comme le Burkina Faso, par exemple, montre que l’option consistant à définir en premier lieu une politique foncière est plus pertinente que le fait de légiférer directement  : ‘’Avant d’entamer une réforme foncière, il est indispensable d’expliciter les visions des autorités politiques et de définir les orientations et les axes d’intervention de l’Etat en matière foncière. Un tel choix permet non seulement de poser les jalons d’une gouvernance foncière transparente et crédible, mais aussi de mettre en relation les questions foncières avec celles du développement économique et social. La question centrale est de savoir de quelle manière les modes de gestion du foncier peuvent contribuer à impulser une dynamique de développement durable (réduction de la pauvreté, croissance économique, préservation de l’environnement, renforcement de la cohésion sociale).’’
Cette volonté animait-elle le président Macky Sall ? A son accession à la magistrature suprême, il décida de mettre en place une Commission nationale de réforme foncière (CNRF) chargée de proposer un texte de politique foncière. Par une approche multi-acteurs, celle-ci élabore un nouveau document de politique foncière dont les conclusions ont été soumises au président de la République le 7 avril 2017 par une délégation de la CNRF. Les propositions n’ont pas fait l’unanimité et quelques mois plus tard, la CNRF a été dissoute à la surprise générale, maintenant un statu quo qui ne risque pas d’améliorer la situation.

Les problèmes identifiés, les recommandations toujours ignorées

En 2014, le Conseil des ONG d’appui au développement (Congad) présentait un état des lieux des principaux problèmes que rencontre le foncier au Sénégal. Un document qui relate les “bonnes” et “mauvaises” pratiques dans la gouvernance foncière et identifie la non-application de la loi, la politisation du foncier, sa marchandisation, la place importante des marabouts dans le foncier rural, comme les barrières à une utilisation adéquate des terres au Sénégal.
La loi sur le domaine nationale “est partout”, mais elle “faiblement appliquée” constatait le Congad, surtout en milieu rural où les lois coutumières sont plus connues et plus acceptées par les populations. Le document s’était aussi attardé sur des “pratiques” peu orthodoxes de la gestion foncière, dont ont été parfois coupables des autorités décentralisées comme autorités déconcentrées.
Le Congad avait conseillé à la Commission nationale de réforme foncière (CNRF), qui venait de lancer ses travaux, d’aborder une “démarche inclusive et participative”, en faisant de sorte d’intégrer toutes les parties prenantes, à savoir les jeunes, les femmes, les organisations de la société civile. Toutefois, ce document n’a pas été appliqué. De même que les conclusions de la CNRF après des années de travail dirigé par le Pr. Moustapha Sourang. Lamine Diouf

Surliquidité bancaire et faiblesse du financement de l’économie : Les raisons d’un paradoxe

http://lesoleil.sn Lors de sa dernière réunion, le 22 juin, le Comité de politique monétaire de la Bceao relevait que la situation de constitution des réserves obligatoires par les banques de l’Uemoa reste «confortable». Derrière cet euphémisme se cache une réalité bien connue des spécialistes : la surliquidité des banques de l’Union. Dans l’entendement de l’opinion, c’est comme si les banques préféreraient thésauriser ou réinvestir l’argent dans des activités moins risquées (bons du Trésor, titres publics émis par les États), plutôt que de financer les Pme. La réalité est beaucoup plus complexe.

Analyse et explication.
Quand parle-t-on de surliquidité bancaire ?

Les banques sénégalaises (et de l’Uemoa de façon générale), sont, pour l’essentiel, surliquides. C’est un fait. Dans son dernier rapport sur la politique monétaire dans l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa), de mars 2020, la Bceao note que les réserves requises des banques sur la période de constitution allant du 16 novembre au 15 décembre 2019 sont estimées à 701,9 milliards de FCfa. Sur cette même période, les réserves constituées par les banques sont ressorties, en moyenne, à 1639,6 milliards, excédant de 937,7 milliards le niveau réglementaire minimal exigé. En dépit du fait que les réserves excédentaires aient baissé de 43,4 milliards par rapport à la situation de la période de constitution allant du 16 août au 15 septembre 2019, elles représentent 133,6 % des réserves requises contre 134,3 % le trimestre précédent. Le nombre de banques en déficit de constitution des réserves obligatoires s’est toutefois accru, en passant de quatre à sept. En termes simples, l’essentiel des banques de notre zone sont surliquides.  Pour comprendre la notion de surliquidité bancaire, il faut d’abord circonscrire le concept de liquidité bancaire. Un établissement bancaire est dit liquide s’il dispose de disponibilités ou de possibilités de mobilisation rapide de fonds permettant de couvrir ses exigibilités durant une période donnée. En effet, les banques procèdent souvent à des financements de long terme par la mobilisation des ressources de court/moyen terme. Ce faisant, elles doivent faire face aux demandes régulières de retrait de leur clientèle. La détention d’une certaine quantité de liquidité est donc nécessaire pour contenir toutes ces opérations de retraits.
Le régulateur bancaire (Bceao), dans le cadre de sa réglementation prudentielle, a mis en place un seuil minimum de liquidité, appelé « coefficient de liquidité », que toute banque commerciale doit respecter. Il est constitué d’un rapport entre différents éléments de l’actif et du passif du bilan de la banque. Par conséquent, « une banque qui détient de la liquidité au-delà de ce ratio peut être considérée comme surliquide », explique Habib Ndao, secrétaire exécutif de l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf). Une définition très proche de celle d’Olivier Santi, directeur général de la banque Outarde. Pour ce dernier, on parle de surliquidité bancaire « quand une banque a collecté plus d’épargne qu’elle n’a octroyé de crédits ». Dans ce cas de figure, la banque commerciale est en face de trois options : prêter à la clientèle (particuliers, entreprises, État) ; conserver auprès de la Banque centrale ou conserver par devers-elle ces liquidités. Les banques peuvent aussi opter pour une combinaison de ces trois situations. « Dans la première option, la banque est en situation de surliquidité si et seulement si elle ne prête pas l’intégralité de la liquidité excédentaire à la norme à respecter. En revanche, dans les deux dernières situations, la banque est tout simplement surliquide », explique M. Ndao.  La surliquidité bancaire peut également être estimée, ajoute-t-il, par le niveau des réserves excédentaires qui découle de la différence entre les réserves constituées par les banques et les réserves requises ou réserves obligatoires.

Une notion difficile à appréhender

Toutefois, au niveau de la place de Dakar, la situation est globalement déficitaire (les crédits des banques sénégalaises excèdent l’épargne disponible), «mais en pratique, la situation est plus contrastée et la question de la surliquidité bancaire est difficile à appréhender», nous dit Olivier Santi. « Les deux métiers de base de la banque, que sont la collecte de l’épargne et la distribution de crédits, s’entremêlent au fil du temps. Il peut arriver, au cours d’une période, qui peut être le jour, le mois ou l’année, qu’une banque collecte plus d’épargne qu’elle n’octroie de crédits ou l’inverse», dit-il. Ainsi, une banque peut être surliquide, car elle a fait le choix de la prudence, ou bien elle juge ne pas avoir suffisamment d’affaires, donc de crédits à distribuer, ou, pire, elle refuse d’octroyer ces crédits malgré la demande, note notre interlocuteur. « C’est le procès que l’on prête à certaines banques, mais cette accusation ne tient pas longtemps quand l’évaluation se fait plus fine », se défend le banquier, rappelant qu’une banque est une entreprise qui gère des risques et les apprécie à l’aune du rendement qu’elle espère en tirer.
Au final, la surliquidité bancaire peut être «ponctuelle et passagère, peut signifier un déficit d’affaires ou d’engagement d’une banque dans l’économie, d’adéquation à des règles de bonne gestion de protection maximale de l’épargnant (souvent construite à la suite d’un choc de liquidité comme la plupart des grandes banques ont connu en 2008), ou simplement être synonyme de prudence, d’anticipation face à un environnement qui se dégrade, d’évaluation du risque», conclut Olivier Santi. Au final, la surliquidité de certaines banques est « moins la cause que la conséquence des déséquilibres constatés sur le marché du crédit».

Un jeu d’équilibre précaire

Afin de réguler le cycle du crédit et de l’épargne, des mécanismes existent (les acteurs bancaires se prêtent entre eux et/ou font appel à la Bceao), mais l’équilibre n’est pas assuré. «Certaines banques sont connues pour être structurellement surliquides, alors que d’autres peinent à trouver les ressources pour couvrir les crédits de leur clientèle. Le marché n’est donc pas parfait au sens ou l’offre de ressources ne rencontre pas toujours la demande ; ce qui peut créer des tensions de trésorerie, voire certains malentendus sur l’engagement réel des banques dans l’économie», souligne M. Santi. Or, poursuit-il, la position de liquidité reflète d’abord le « business model » propre à chaque établissement : « Il y a des banques qui refusent de prêter 100 si elles n’ont pas 100 en ressources ». Les dépôts étant censés faire les crédits, ce mode de gestion classique et traditionnel a été renforcé suite à la crise de 2008. Le Comité de Bâle a introduit deux nouveaux ratios de liquidité : le ratio de liquidité court terme ou Liquidity Coverage Ratio (Lcr), et le ratio de liquidité structurel à long terme ou Net Stable Funding Ratio (Nsfr). L’objectif étant d’augmenter la propension des banques à se couvrir contre le risque de liquidité.
Mais, certains établissements font preuve d’une plus grande appétence au risque en octroyant davantage de crédits qu’ils ne collectent de ressources. Est-ce risqué ? « Pas forcément tant que la dynamique de ces déséquilibres est finançable, qu’elle est maîtrisée par des flux », répond Olivier Santi, relevant que comme tout ménage, on peut vivre à crédit aussi longtemps qu’on parvient à couvrir ses engagements. Au Sénégal, avec un taux de bancarisation plutôt faible et une économie assez informelle, les besoins de financements bancaires sont couverts en moyenne. Mais, d’après M. Santi, si les banques sénégalaises peuvent faire face à leurs engagements et à la plupart des demandes de leurs clients, elles ne paraissent pas pour autant surliquides. Est-ce le signe qu’il n’y a pas suffisamment d’épargne disponible ou qu’il y a trop de demandes de crédits ? La question reste entière !

Covid-19 : Des banques devenues plus frileuses ?

C’est connu. En période de crise économique, l’activité de crédit en pâtit. La Covid-19 n’a pas échappé à la règle. C’est pourquoi les États et les Banques centrales du monde entier ont pris des mesures d’accompagnement (notamment des injections massives de liquidités dans le circuit économique), pour permettre au système bancaire de faire face. Or, qui dit économie, dit crédit, un des leviers essentiels pour le développement de l’investissement, de la production, des échanges et de la consommation.  En raison de l’application des mesures préventives de distanciation physique, les banques ont été amenées à adapter leurs opérations et procédures internes (réduction de l’effectif, système de rotation, recours intensif au télétravail, diversification de l’offre de systèmes digitaux de paiements, etc.), tout en assurant la continuité de l’activité d’intermédiation financière. « Malgré les contraintes qui pèsent sur elles, les banques ont pris un certain nombre d’initiatives pour résorber les effets de la crise sanitaire sur les clients parmi lesquelles le report d’échéances sur les prêts accordés aux salariés du secteur privé et aux entreprises impactés par la Covid-19, pour une période de trois mois renouvelable une fois, sans frais, ni charges d’intérêts, ni pénalités de retard », rappelle Habib Ndao. Ces initiatives ont été appuyées par des mesures exceptionnelles prises par l’État et la Bceao afin de réduire le risque systémique inhérent à l’accumulation de prêts non-performants. L’objectif principal étant de renforcer la liquidité, la solvabilité et la résilience du système bancaire national. En dépit de ces mesures, certains acteurs économiques reprochent aux banques de ne pas en faire assez. Autrement dit, de laisser les dossiers de demande de crédit dormir dans les tiroirs. «Les effets du confinement économique sur l’activité de crédit seraient vraisemblablement plus alarmants si toutes ces dispositions n’étaient pas prises par les acteurs (tat, banques, Sfd, Banque centrale)», estime, pour sa part, Habib Ndao, le secrétaire exécutif de l’Oqsf.

Bureau d’Information sur le Crédit (BIC) : Des résultats mitigés

À fin mai 2020, le nombre de contrats enrôlés dans la base de données du Bureau d’information sur le crédit (Bic), s’établit à 2 573 283 pour un nombre d’emprunteurs de 771 441. Ces chiffres ne prennent pas en compte ceux des grands facturiers (opérateurs de téléphonie, eau, électricité), dont le nombre d’abonnements transmis au Bic s’élève à 737 670. Nonobstant ces résultats jugés «encourageants» par le secrétaire exécutif de l’Oqsf, le Bic dont l’objectif, il faut le rappeler, est de réduire l’asymétrie d’informations entre les prêteurs et les emprunteurs reste confronté à quelques difficultés, notamment la faiblesse du recueil des consentements des clients ainsi que l’insuffisance du nombre de prêts déclarés et des consultations des rapports de crédit par les établissements assujettis. Les résultats d’une enquête réalisée par l’Oqsf auprès des clients confortent ce constat puisqu’une proportion non négligeable de la clientèle sondée déclare n’avoir pas fait l’objet d’un recueil du consentement préalable auprès de leur établissement prêteur. Parmi les clients concernés, seule une faible proportion déclare avoir eu à donner l’accord de recueil des données personnelles à l’établissement de crédit assujetti et au Bic. Pour cela, «des actions de sensibilisation de masse ciblées et plus renforcées sur le consentement préalable du client sont fortement attendues», estime Habib Ndao.Dossier réalisé par Seydou KA

Relance de l’Economie nationale : Macky Sall appelle à « une maîtrise accrue des dépenses, particulièrement celles de fonctionnement »

https://www.dakaractu.com L’État veut revoir ses dépenses en cette période de crise sanitaire qui a impacté négativement l’économie mondiale. Dans l’ère post Covid-19 qui s’ouvre avec beaucoup d’incertitudes, nous devons donc apprendre à vivre avec des ressources et moyens à utiliser à bon escient, a déclaré dimanche dernier, le président Macky Sall. C’était lors de la cérémonie de présentation des rapports de l’Inspection générale d’Etat (Ige) sur l’état de la gouvernance et de la reddition des comptes (des années 2016, 2017 et 2018-2019).
Le président de la République, au cours de cette rencontre, a annoncé la poursuite des réformes et de la réalisation des projets du Plan Sénégal émergent (Pse), mais il a aussi promis que d’importantes mesures et actions seront déroulées dans le cadre du Programme de relance de l’économie nationale, afin de conforter la résilience agricole, sanitaire et sociale ; et bâtir une Industrie compétitive et créatrice d’emplois décents. « De telles ambitions pour notre pays et nos concitoyens nous obligent, dans un contexte inédit, à avoir comme credo la discipline budgétaire », a déclaré Macky Sall dans son propos liminaire. Ce, en précisant, que « cette règle ne s’impose pas uniquement à l’État ; toutes les structures publiques, ou à participation publique, ainsi que celles bénéficiaires de ressources publiques, sont appelées, impérativement, à une maîtrise accrue de leurs dépenses, particulièrement celles de fonctionnement. Je veux parler des collectivités territoriales, des établissements publics, des sociétés du secteur parapublic, des agences et autres organismes similaires ou assimilés ».
Pour lui, « les efforts de l’État seraient vains, en effet, si ses démembrements ne s’astreignaient pas à une gestion sobre, d’autant que, dans bien des cas, il est essentiellement le principal pourvoyeur de leurs ressources. En tout état de cause, l’internalisation des dispositions communautaires sur les finances publiques induisent des méthodes de gestion rénovées axées sur la maitrise des risques et l’atteinte de résultats. Elle renforce, d’ailleurs, la légitimité de la confiance et l’impératif du contrôle car la responsabilité qu’elles octroient a pour corollaires la transparence et la reddition des comptes ».
Pour une « discipline budgétaire » effective, le président Macky Sall a jugé, dès lors, « indispensable que soit mise en place, dans tous les ministères, une inspection interne moderne ». À ce titre, il a exhorté « chaque ministre à accorder à cette structure l’importance qui sied, notamment, en la dotant des moyens adéquats pour une bonne exécution de ses missions ». À charge au Vérificateur général de lui faire « un compte rendu régulier sur ce sujet », a indiqué le président Sall.

Publication de rapports de 4 années – L’IGE SORT DE SA QUARANTAINE : En revue, la gestion du parc automobile de l’Etat, des prisons, et des bourses du Supérieur

https://www.lequotidien.sn Le rapport de l’Ige pour la période 2018-19 épingle, une fois de plus, les procédures d’acquisition, de gestion et d’utilisation des véhicules de l’Etat. Les Inspecteurs généraux indiquent que les violations des réglementations dans ce domaine ne ralentissent pas, bien au contraire. Ils demandent que les sanctions prévues pour ces violations soient appliquées, et les textes régissant la procédure réadaptés au nouveau contexte de la disparition de la Primature.
Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 20 février dernier le disait nettement. Au vu des abus constatés dans l’acquisition et la gestion des véhicules administratifs, le Président Macky Sall décidait de la suspension de l’acquisition des voitures de fonction et autres véhicules de service pour toutes les structures de l’Etat. Dans son rapport 2018-2019, l’Inspection générale d’Etat (Ige) met le doigt sur tous les dysfonctionnements qui ont été à la base de cette décision présidentielle.
L’Ige explique que c’est le décret 2008-695 du 30 juin 2008 qui réglemente l’acquisition, l’attribution et l’utilisation des véhicules administratifs. Pour améliorer l’efficience dans les acquisitions des véhicules et l’efficacité dans la gestion du matériel. C’est dans cet ordre d’idées que toutes les acquisitions du matériel roulant de l’Etat sont effectuées par une source unique, le ministère des Finances, dans le cadre d’un programme annuel de l’Etat. La Commission de contrôle des véhicules administratifs (Ccva) a été mise en place pour veiller au respect de la réglementation dans ce domaine. Néanmoins, l’Ige a constaté une fois de plus «des errements persistants dans le processus d’acquisition et l’utilisation des véhicules administratifs». Au point d’indiquer que «le niveau élevé des acquisitions des véhicules administratifs en dehors du programme annuel de l’Etat, leur détention irrégulière et le défaut d’une visite technique annuelle constituent des manquements courants».
L’Ige illustre son rapport avec le cas de l’année 2018 où la Direction du matériel et du transit administratif (Dmta) du ministère des Finances avait prévu d’acquérir 80 véhicules 4X4 et 20 berlines, plus une quarantaine de motocyclettes. Mais pour cette année, la Ccva a reçu 194 demandes émanant de ministères, agences et autres structures assimilées, pour acheter 484 véhicules 4X4, 290 berlines et 108 utilitaires, soit un total de 882 véhicules ainsi que 306 motocyclettes. L’objectif d’efficience dans l’acquisition n’a ainsi pas été atteint.
Dans certains autres services, les véhicules de service «font l’objet de prêts à des autorités ou à des tiers». L’Ige estime : «Qu’ils soient contraints ou complaisants, ces prêts proscrits par la réglementation sur la comptabilité matière posent des sérieuses difficultés au plan de la logistique». Il est donné le cas d’un ministre qui a emprunté 3 véhicules de son service et qu’il a conservés après avoir changé de département ministériel.
L’Ige demande l’adoption de «mesures fortes qui dissuaderaient toute velléité de disposer indûment des moyens de l’Etat». Les Inspecteurs généraux indiquent même la base légale qui pourrait servir de référence à ces éventuelles sanctions. En plus de cela, ils s’offusquent de ce que les véhicules administratifs ne passent pas la visite technique annuelle, alors que rien ne devrait les en dispenser.

Ces autorités qui refusent de rendre les véhicules administratifs !

https://www.dakarmatin.com https://www.seneweb.com  L’inspection générale d’Etat (Ige) a présenté ses rapports d’audit au chef de l’Etat hier lundi. Ils renseignent à suffisance sur le rapport que nombre de nos ministres et autorités entretiennent avec le bien public, notamment les véhicules administratifs.
L’Ige a signalé qu’il lui est «devenu fréquent de constater à l’occasion de ses missions, que des autorités appelées à d’autres fonctions se refusent ou tardent à restituer les véhicules administratifs mis à leur disposition.»
Dans son rapport 2016, le corps de contrôle explique que sur la période sous revue, de tels exemples ont été constatés dans divers ministères. Ce qui traduit «un grave problème d’éthique, de la désinvolture et un irrespect notoire des règles prescrites en la matière, rien ne pouvant justifier l’accaparement d’un bien de l’Etat».
L’Ige indique qu’à chaque fois qu’une telle situation a été observée, il a enjoint les intéressés de restituer les véhicules. Et en cas d’inaction, elle a recommandé au Président de la République d’ordonner aux services concernés d’engager les diligences appropriées.
«Dans un ministère, le constat a été fait, en 2017, que quatre véhicules d’une des directions avaient été ‘‘prêtés’’ au ministre dont relevait ce service et à un agent de l’Etat. Pour ce dernier, à cette irrégularité s’ajoutait incongruité de servir dans un autre département ministériel.  jusqu’en avril, seul le véhicule prêté à l’agent a été restitué les trois autres ont toujours été détenus par le ministre en question», fustige l’Ige.Youssouf SANE

Délégation à la Francophonie : «Jacques Habib Sy a passé un gré à gré de 65 milliards» (Rapport Ige)

https://kewoulo.info Chantre de la lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance, Jacques Habib Sy, qui fut Délégué général à la Francophonie, est épinglé pour un marché de gré à gré de 65 milliards Fcfa.
Selon le rapport de l’Inspection générale d’État (Ige) parcouru par L’Observateur, le recours à l’appel d’offres est l’exception à la Délégation générale à la Francophonie (DGF).
En effet, le rapport parcouru renseigne que les marchés passés au titre de l’année 2013, s’élèvent à 40 milliards Fcfa. Pour l’année 2014, les marchés affichent un total de 26 milliards 403 millions Fcfa.
Au total, sur les deux exercices de fonctionnement effectif à la DGF, il a été consacré 67 milliards 184 millions Fcfa pour l’exécution des marchés publics.
Sur ce montant, 65 milliards 627 millions Fcfa ont été attribués par entente directe. Ce n’est pas tout. Les recrutements opérés à la DGF ont aussi été faits à l’absence de tout principe entériné par l’organe délibérant.

L’Ige révèle les petites magouilles d’un ministre

https://www.dakarmatin.com https://www.seneweb.com Ce sont, parfois, des pratiques très scandaleuses qui se déroulent dans les hautes sphères de l’administration sénégalaise. En témoignent les nombreux actes, aux antipodes de l’éthique, que posent certains ministre.
Par exemple, l’Inspection général d’Etat relève dans son rapport 2016, qu’il lui a été donné de constater un cas de conflit d’intérêt relatif à l’utilisation de sommes logées dans un compte bancaire, ouvert irrégulièrement par une direction de l’Administration centrale.
Les vérificateurs ont ainsi relevé les faits troublants suivants : le 15 juillet 2013, une association d’utilité publique, sous tutelle du département auquel est attachée cette direction, a viré 275 500  000 francs CFA dans ledit compte bancaire en guise d’appui budgétaire.
Or, le statut d’association de cette structure et ses moyens ne permettant pas, en principe, de venir en appui à une direction de l’administration et pour un tel montant. Puis, de ce montant, un chèque 150 000 000 de francs CFA a été remis, le 23 juillet 2013, à une association dont l’ancien  président était le ministre en fonction à cette période dans le département concerné.
Interpellé, par l’Ige, le ministre, redevenu entre temps président de l’association bénéficiaire du chèque, a déclaré que les fonds ont servi au règlement d’une prestation et que toutes les pièces justificatives ont été transmises à l’association émettrice du chèque.
interpellée, la structure supposée dépositaire des pièces justificatives a indiqué n’avoir jamais contracté avec l’association présidée par le ministre et que, par conséquent, elle ne saurait détenir quelque justificatif de paiement que ce soit;
«L’association présidée par l’ancien ministre n’a fourni aucune preuve formelle de sa prestation de service, notamment la certification du service fait.  Cela a pu être facilité par le fait que son actuel président était, au moment des faits, le ministre de tutelle de la structure qui a payé. Le ministre était, par conséquent, en situation de conflit d’intérêts manifeste», dénonce l’Ige.Youssouf SANE

Rapports de l’IGE : les DAGE mis à nu, dérives au Pèlerinage à la Mecque 2016 et au 15e Sommet de la Francophonie

https://www.pressafrik.com Les trois rapports publics de l’IGE (2016,2017, 2018-2019) ont été remis hier lundi au chef de l’Etat Macky Sall par le Vérificateur général de l’Inspection générale d’Etat, François Collin. Ils portent sur l’état de la gouvernance et de la reddition des comptes de l’Etat et ses démembrements. Plusieurs démembrements de l’Etat ont été épinglés. Les DAGE occupent une place centrale dans les manquements soulignés dans ces rapports. Il y a également de grandes communes comme Dakar, Guédiawaye, Pikine, Kaolack qui ont été épinglées pour fautes de gestion. De réels manquements dans l’organisation du Pèlerinage à la Mecque et celle du 15e Sommet de la Francophonie à Dakar.

Des mairies, hôpitaux, la DESCOS, le FERA épinglés pour faute de gestion dans le Rapport 2016

Au titre de l’année 2016, le Rapport public sur l’état de la gouvernance et de la Reddition des comptes présente dans sa conception, une triple orientation à la fois, éclectique, thématique et didactique. pour de ce qui est son aspect éclectique, ce rapport regroupe dans sa première partie un ensemble de considérations impliquant diverses entités constituées de quelques administrations centrales, de plusieurs agences d’exécution et d’un certain nombre d’établissements publics de santé. Ensuite dans sa partie thématique, il consacre sa seconde partie au fonctionnement des collectivités locales devenues récemment des collectivités territoriales.
Ainsi à l’instar des rapports publics des trois dernières années, celui de 2016 fait état de dysfonctionnements relevés par rapport aux différentes missions de contrôle conduites par l’IGE entre avril 2015 et juillet 2016. Ces dysfonctionnements se rapportent non seulement à la gestion administrative de ces structures, mais encore à leur gouvernance financière et économique, souligne le Vérificateur général du Sénégal François Collin.
Dans le rapport 2016 de l’IGE  les grandes Collectivités locales de Dakar, Guédiawaye, Pikine, Rufisque et Thiès mais aussi les communes de Fatick, de Kaolack, St-Louis et Ziguinchor ont été épinglées dans leur gestion. Pour l’administration centrale, des griefs ont été soulevés au niveau de la Direction des Eaux, Forêts et Chasse et de la Conservation des sols (DEFCCS), de la Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’occupation des sols (DESCOS). On retiendra les agences d’exécution et organismes assimilés comme Le Fonds d’entretien autonome routier (FERA), l’APROSI, l’Agence de grande muraille verte, l’Agence nationale de recherche scientifique appliquée (ANRSA). Les établissements publics de santé comme ceux de Diourbel, Le Dantec Dakar, l’hôpital de Pikine, de Kaffrine et de Tambacounda font aussi partie des structures épinglées par l’Inspection générale d’Etat.

Les manquement des DAGE mis à nu dans le rapport 2017

Manquements récurrents dans la gouvernance de l’administration centrale et des administrations décentralisées de l’Etat. Tout comme en 2016, l’Inspection Générale d’Etat, dans son rapport de 2017, a noté encore des manquements récurrents dans la gouvernance de l’administration centrale et des administrations décentralisées de l’Etat. Le rapport 2017 accorde une large place aux Directions de l’Administration générale et de l’Equipement (DAGE) qui, au sein des ministères, sont les acteurs-clés, de la commande publique ainsi que de la gestion des ressources humaines et des matières et du processus budgétaire, a tenu à rappeler le Vérificateur général François Collin.
Le rapport s’intéresse aux autres directions nationales, aux différentes entités comme la protection civile, la sécurité alimentaire, le cadre de vie, l’environnement, l’organisation d’événements religieux ou diplomatiques comme le 15ème sommet de l’Organisation de la Francophonie, l’édition 2016 du pèlerinage à La Mecque. Les DAGE des ministères l’Intérieur, des Infrastructures, Transports terrestres et du Désenclavement, de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Culture et de l’Environnement et du Développement durable ont fait l’objet de vérifications durant la période couverte par le rapport de l’IGE. Des enquêtes ont été aussi menées dans sur un programme d’acquisitions de véhicules à l’ANACIM, des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (MSAD), du programme de gestion des déchets solides urbains de Dakar… Il ressort de la mission de l’IGE, la persistance au sein des administrations centrales et décentralisées, d’anomalies dans leur gestion administrative tout comme dans leur gestion financière.
Selon les limiers de François Collin, au titre des manquements récurrents, figure la violation de textes législatifs et réglementaires précisément ceux afférents à la gestion des ressources humaines, à la commande publique, à la comptabilité des deniers et matières. Ainsi, le rapport de l’IGE met en exergue plusieurs cas de contournement par les DAGE et autres services ainsi que par les services décentralisés des dispositions légales qui régissent le recrutement, le détachement, la rémunération et l’admission à la retraite des agents de l’Etat qu’ils soient fonctionnaires ou non fonctionnaires.

Les dérives dans l’organisation du Pèlerinage 2016 et du 15e Sommet de la Francophonie

Toutefois, selon les IGE, dans la période revue susmentionnée, les dérives les plus significatives en matière de gestion ont été relevées au cours dans l’organisation d’événements ou l’exécution de certains programmes. Le rapport a mis le focus sur l’organisation et la préparation du 15ème sommet de la Francophonie et le pèlerinage 2016 à La Mecque. Il en est aussi du programme de gestion des déchets solides urbains de la Région de Dakar et du programme de renforcement et consolidation des acquis du ministère de l’Environnement. « Dans tous les cas, les règles et principes de la commande publique et ceux de la finance publique ont été bafoués, tant l’obligation de mise en concurrence, l’efficience et la performance ont été perdues de vue. Au total, les différents manquements relevés confirment une fois de plus l’impérieuse nécessité d’améliorer le système de contrôle interne et le dispositif de contrôle externe des administrations au triple plan de l’effectivité, de l’exhaustivité et de la qualité » souligne l’IGE.AYOBA FAYE

Rapport Ige 2016 / Des « scandales financiers » à l’hôpital Principal de Dakar

https://www.dakaractu.com À l’hôpital Principal de Dakar, les rapprochements entre les acquisitions comptabilisées et celles figurant en comptabilité des matières font ressortir un écart significatif d’un milliard trente-six millions (1.036.000.000) francs Cfa entre le patrimoine immobilier de l’hôpital, comptabilisé au 31 décembre 2012 et celui recensé par la comptabilité des matières à la même date, révèle le rapport de l’inspection générale d’Etat de l’année 2016.
Il a été constaté que des immobilisations déjà réceptionnées et figurant dans le fichier de la comptabilité des matières ne sont pas enregistrés : des travaux de réhabilitation des installations électriques et de la rénovation des installations du service de stérilisation, effectués en 2009 pour un montant six-cent quatre-vingt-dix-sept millions (697.000.000) francs Cfa ; de la construction de pharmacies, l’installation et la mise en service de chambres froides en 2010 pour un montant de trois-cent soixante-trois millions (363.000.000) francs Cfa ; de la réhabilitation de la maternité en 2012 pour un montant de sept cent quatorze millions (714.000.000) francs Cfa.
L’autre scandale, c’est sur les créances des clients. Dans le même temps, l’analyse des comptes d’attente clients laisse apparaître un solde créditeur de deux milliards neuf cent quatre-vingt-treize millions (2.993.000.000) francs Cfa. Ce solde qui n’a pas évolué depuis 2008, représente les avances faites par les clients hospitalisés pour la couverture des frais d’hospitalisation.

Rapports IGE 2016-2017 et 2018-2019-Ici,c’est « Sén Régal » !

https://www.leral.net Les rapports de l’IGE qui concernent les années 2016, 2017, 2018 et 2019 donnent plus que des nausées. Quasiment aucun département n’est épargné. Nos dirigeants se sucrent comme bon leur semble et sans retenue.
Pour commencer le « massacre », l’on prend ce ministre qui, au moment de quitter « oublie » de rendre trois (3) véhicules de son département. Jusque là, rien ne grave, comparé à ce qui va suivre. En attendant de rentrer dans les détails, sachez que :
La Délégation générale à la Francophonie passe 65,5 milliards F CFA de gré à gré et maquille ses comptes. Un chapiteau acheté à 406 millions F CFA introuvable, Richard Attias enrichi sans cause.
– L’APROSI est partie pour battre des records : l’ancien DG se « prête » 274 millions F CFA et se tape trois (3) villas de fonction en plus d’une indemnité de logement;
– 78 employés fantômes au ministère de la Culture , 47 millions F CFA pour des études fictives au ministère de l’Enseignement supérieur, des millions puisés du Fonds d’aide aux artistes pour arroser un organe de presse.
– L’ARTP offre en toute illégalité 8 milliards de F CFA à Expresso
– FERA « donne » 3,3 milliards F CFA pour des « appuis institutionnels »
-ANSRA : 891,208 millions F CFA dépensés sans justificatifs.

La marche du Sytjust d’aujourd’hui est autorisée par le préfet de Dakar

https://www.dakarmatin.com Le préfet de Dakar a autorisé la marche du Syndicat des travailleurs de la justice prévue aujourd’hui, de 11 heures à 13 heures. Les robes noires comptent emprunter l’itinéraire qui mène de la Place de la Nation au Rond- point de la Rts. Toutefois, l’arrêté préfectoral exclut tout débordement susceptible de perturber la circulation des personnes et des biens. Aux déclarants, le respect des mesures barrières édictées par le ministère de la Santé et de l’action Sociale, est exigé.
Le Sytjust qui a entamé une grève depuis plusieurs jours maintenant, a décidé de franchir le supérieur, pour être reçu par le président de la République Macky Sall. Ces travailleurs de la justice réclament le respect des protocoles d’accord signé depuis 2018. Ils déplorent également le silence de leur ministre de tutelle Me Malick Sall,qu’ils accusent de faire trainer les choses.Maguette Ndao

GESTION DU NOUVEAU CORONAVIRUS AU SÉNÉGAL : Le Grid diagnostique une riposte «abrégée»

http://www.sudonline.sn Composé d’éminents enseignants chercheurs du Sénégal, dont le Professeur Massamba Diouf, agrégé en santé publique et épidémiologie, le Groupe de recherche interdisciplinaire pour le développement (Grid) passe au peigne fin la gestion de la pandémie de la Covid 19 dans le pays. De la progression du virus à une vitesse fulgurante à la stratégie de communication chancelante des autorités en passant par les séries d’assouplissement des restrictions, la levée de l’État d’urgence assorti du couvre-feu «sans préalable», la décentralisation des tests de dépistage, le rapport du Grid pose un regard diagnostic sans complaisance. Tout en énonçant des recommandations pour doper la riposte contre Covid-19 au Sénégal
Insuffisance, incohérence, résistance…voilà autant d’adjectifs qui décrivent le bilan établi dans le rapport du Groupe de recherche interdisciplinaire pour le développement (Grid), relativement à la gestion de la pandémie de la Covid-19 dans le pays. Pour rappel, ledit groupe est composé d’éminents enseignants chercheurs de plusieurs disciplines, dont le Professeur Massamba Diouf, agrégé en santé publique et épidémiologie.
En effet, après plus de 04 mois de pandémie du nouveau coronavirus au Sénégal, « la guerre contre le SARS-CoV2 est loin d’être gagnée. L’impasse semble s’imposer » révèle ledit rapport, tout en indiquant qu’il « ne faudrait pas l’accepter vu que d’autres stratégies de lutte sont possibles et méritent d’être déployées ».
Dans l’évaluation de la stratégie adoptée jusqu’à la date d’aujourd’hui, Pr. Diouf rature plusieurs décisions prises par l’État qui, selon lui, étaient en inadéquation avec la conjoncture épidémiologique. « Un assouplissement des restrictions est annoncé d’abord et ensuite, un peu plus tard, la levée des mesures institutionnelles, sans au préalable, donner des gages et un accompagnement conséquents des structures de santé, du personnel et de la stratégie de riposte au plan global ». Or, poursuit l’expert « le dernier bilan après plus de 115 jours de lutte faisait état d’une situation sanitaire préoccupante avec une augmentation de la prévalence et de l’incidence de la maladie à coronavirus occasionnant même une prise en charge extrahospitalière pour les cas asymptomatiques et pauci symptomatiques ».

LA REGRESSION DES TESTS REND CADUQUE LA RIPOSTE

Aussi, au regard du réajustement de la politique de dépistage annoncée par le ministère de la Santé et de l’action sociale lors du dernier bilan mensuel, l’épidémiologiste indique sans ambages que « l’option de ne tester que les personnes symptomatiques et vulnérables est financièrement viable. En revanche, elle reste et demeure insuffisante et problématique au regard de l’équité, de l’éthique et de la justice sociale dans l’accès aux services de qualité en matière de soins ». D’ailleurs, lâche Pr. Diouf, « sous un autre registre, cette option pourrait davantage rendre les mailles élastiques et laisser échapper des cas potentiellement contagieux avec un risque de propagation au niveau de toutes les franges de la population ».
Et d’ajouter : « ce qui laisserait «libre cours» au virus, ferait le lit aux cas dits issus de la transmission communautaire et rallongerait la durée de la riposte ». Pour y remédier, il suggèrera « de lancer l’offensive contre les cas communautaires asymptomatiques ou non en privilégiant une démarche d’échantillonnage aléatoire utilisant l’approche préconisée par l’OMS lors d’enquêtes épidémiologiques à l’échelle nationale, pour éviter de continuer de subir la maladie avec son lot de morbidité et de mortalité ». Toujours dans ce même registre, le Pr. Massamba Diouf insiste sur la décentralisation des tests pour une couverture plus importante. « Ces positions de monopole et d’exclusivité contribueraient à affecter la stratégie de dépistage en limitant le nombre de tests et en ralentissant les délais de traitement des prélèvements » renseigne-t-il.

 « IL EST TEMPS DE RECOURIR AUX TDR…»

C’est l’une des recommandations du rapport du Grid. « Sur le plan du diagnostic, il est temps de recourir aux TDR détectant les antigènes (TDR-Ag) pour diagnostiquer les infections actives en première ligne et réserver la RT-PCR pour les cas symptomatiques dont le TDRAg est négatif », font savoir et recommandent les experts de plusieurs disciplines. Non sans ajouter que « la contamination du personnel de santé est un problème qui risque de compliquer la lutte contre la Covid19, et il est nécessaire de les tester pour pouvoir les protéger ainsi que leurs patients et leurs familles. Ces tests sérologiques pourraient être utilisés pour rechercher une exposition et prendre des mesures préventives ». Aussi, poursuit le rapport du Grid, « la détermination de la prévalence au niveau communautaire est importante ». Rejoignant la Coalition nationale pour la santé et l’action sociale (Cosas), ledit groupe d’experts précise que « pour établir une prévalence de Covid-19 au niveau national, il serait intéressant d’utiliser les tests sérologiques (antigènes ou anticorps) pour déterminer une incidence dans les quartiers qui ont présenté le plus de cas symptomatiques de Covid-19 diagnostiqués au Sénégal. Ces zones pourront être choisies entre Dakar, Touba, Thiès, etc. selon les données actuelles. L’attente des TDRs a trop duré ! ».

« L’OUVERTURE VERS LA MEDECINE TRADITIONNELLE…UNE PISTE PROMETTEUSE »

A ce niveau, le rapport du Grid soutient que « les derniers résultats scientifiques sur les extraits polaires d’Artemisia annua confirment à nouveau tout l’intérêt et la place de cette plante et d’autres dans la lutte endogène contre la Covid-19 ». Toutefois, ajoute-t-il, « son usage devra être encadré d’une bonne communication et d’un bon système de phyto-vigilance ». Aussi, le Pr. Diouf indique clairement que « l’ouverture vers la médecine traditionnelle reste également une piste prometteuse compte tenu de la richesse en botanique et en pharmacopée de l’Afrique et du Sénégal ». Non sans indiquer qu’une « étude pilote sur la prophylaxie à base d’hydroxy chloroquine surtout chez les contacts non encore malades des patients Covid-19 devrait être envisagée».

UNE COMMUNICATION « STRUCTUREE » ET PLUS « INCLUSIVE »

 Sous le feu des critiques venant des spécialistes en la matière, la stratégie de communication du ministère de la Santé est décrite comme « une communication sans boussole qui met en avant la dramatisation de la maladie sans être inclusive ». Sans surprise, le rapport du Grid trouve l’actuelle communication du ministère de la Santé « très superficielle et ancrée sur la peur ». « La communication de la peur a montré ses limites et des contre-récits se sont malheureusement créés », fait savoir le rapport du Grid qui indique qu’elle « doit être supplée par une communication communautaire intense sur la gestion des comorbidités dont le déséquilibre entraîne une forte vulnérabilité face à la Covid-19 ». Dans la foulée, Pr. Diouf renseigne qu’un « plan de communication sur la Covid-19 et ses implications, organisé de manière plus structurée et ciblant chaque catégorie de la population et qui sera porté par différents acteurs tant au niveau central, intermédiaire que périphérique et respectant le schéma pyramidal, devrait permettre d’atteindre les objectifs visés ». Et de poursuivre : « la création d’alliances et de réseaux communautaires intégrant socio-anthropologues, autorités des collectivités territoriales, relais, religieux, mouvements associatifs et organisations communautaires de base, associée à l’érection de sites sentinelles dans les lieux de convergence sociologique avec plus de responsabilités conférées aux populations, contribuerait à limiter la propagation du virus au sein des communautés ».)

Aucun décès enregistré, 45 nouvelles contaminations, 36 en réanimation et 66 guéris

Le ministère de la Santé et de l’Action Sociale a fait le point sur la situation de la pandémie de la Covid-19 ce mardi 14 juillet 2020…Sur 764 tests effectués, 45 sont revenus positifs, soit un taux de positivité de 5.89%. Il s’agit de 33 ccontacts suivis, dont deux (2) importés à (Richard Toll et AIBD), et dix (10) issus de la transmission communautaire répartis comme suit :
Parcelles Assainies (3), Touba (2), Cité Apecsy (2), Diakhaaye (1), Kaolack (1), Richard Toll (1) et Thiaroye Azur (1) .
Le Directeur de la prévention Docteur Mamadou Ndiaye a annoncé la guérison de 66 patients qui étaient sous traitement, trente-six (36) cas graves admis en réanimation et aucun décès n’a été enregistré ce mardi.
A ce jour, le Sénégal compte 8243 cas confirmés, dont 5580 guéris, 150 décédés, et donc 2512 malades sous traitement.

Le port de masque obligatoire pour 3 mois supplémentaires dans les lieux publics et privés

https://www.dakarmatin.com Malgré la levée de l’état d’urgence assorti de couvre-feu, le port du masque reste obligatoire pour encore trois mois. «Est prescrit le port obligatoire de masque de protection pour une période de trois (03) mois, afin de limiter la propagation de la maladie de la Covid-19, dans les lieux publics et privés ci-après : les services de l’Administration publique quel qu’en soit le mode de gestion, les services du secteur privé, les lieux de commerce, les moyens de transport», peut-on lire dans l’arrêté du ministère de l’intérieur.

L’urgence d’impliquer la décentralisation dans les réponses à la pandémie liée au COVID-19 Par Malick Seibou Gomina

En devenant maire de la ville de Djougou le 16 juin 2020, au cours d’une réunion du conseil communal fraîchement élu lors des dernières élections, j’ai constaté un changement dans la présentation physique des uns et des autres. Les conseillers, le Préfet du Département et moi-même avions adopté le cache-nez pour se protéger contre la Covid-19. La consigne est désormais mondiale et même si les populations peinent à y adhérer faute de moyens, le masque est devenu le signe de ces temps nouveaux dans lesquels nous vivons et qui exposent à des défis complexes. Le 1er Juillet 2020, la ville de Djougou enregistrait officiellement son 1er cas. La COVID-19 démontrait ainsi une propagation qui semble de plus en plus difficile à maîtriser. C’est dans ce contexte de circulation du virus que le rôle des collectivités territoriales doit être davantage mis en avant.
Les processus de démocratisation connus par les pays africain au cours des années 1990 a conduit les États à également s’engager dans des processus de décentralisation. Mon pays, le Bénin, n’est pas resté en marge de ces réformes de l’administration territoriale. En décembre 2002 et janvier 2003, les élections communales et municipales ont eu lieu et depuis 17 ans, nous sommes dans la phase active de la décentralisation. Les collectivités territoriales, selon les dispositions de l’article 76 de la loi 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin, assurent la police administrative et la protection civile dans leur territoire de compétence. Malheureusement, la surprise et l’urgence engendrées par l’apparition de la pandémie liée au coronavirus, ont toutefois conduit à une forte centralisation de la réponse des gouvernements qui n’ont pas su impliquer le niveau local dans la gestion de la pandémie.

Les conséquences économiques de la Covid-19 au niveau local.

En m’appuyant sur mes premiers constats sur le terrain et mes échanges avec d’autres maires, la pandémie de la Covid-19 a entraîné une baisse sensible des recettes locales du fait de la baisse des activités économiques dans les territoires. La majorité de la population active est occupée par l’agriculture, l’artisanat, le commerce et le transport interurbain ou inter-état (Djougou est situé à moins de 40 km de la frontière avec le Togo). La restriction des mouvements avec le cordon sanitaire dans le pays et la fermeture des frontières ont renforcé les difficultés des agriculteurs et les acheteurs n’ont pas honoré les rendez-vous d’achat des produits tropicaux comme l’anacarde et le karité. Les services de la ville estiment aux 2/3, le niveau de perte d’activités actuellement. Les finances des communes et des municipalités sont fortement donc mises à rude épreuve. L’arrêt des transactions financières entre la diaspora et les bénéficiaires en Afrique, suite à l’explosion des cas de la Covid-19 en Europe et au Moyen-Orient a affaibli le pouvoir d’achat dans les communes du Bénin. D’ailleurs il a été observé le retour massif des travailleurs issus de la commune de Djougou qui étaient dans des pays comme le Koweït, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis ou l’Algérie. Ces derniers se retrouvent totalement sans revenus et pèsent sur les familles, aggravant ainsi les problèmes sociaux.

Les limites d’une riposte sans ancrage local

L’organisation de la riposte à la Covid-19 au niveau de la commune à travers les sensibilisations, l’installation des dispositifs de prévention (lavage des mains, distribution de masques, travaux pour distanciation sociale), fait apparaître des dépenses nouvelles au niveau des collectivités locales. Dans le même temps, l’État central a fortement limité le transfert des ressources aux communes, préoccupé par la gestion de la crise et l’amenuisement de ses propres recettes. L’administration locale est depuis sa mise en place, le premier point de contact des populations qui perçoivent bien, à travers le Maire et l’hôtel de ville, des représentations de l’Etat. Dans cette relation privilégiée avec les populations, la Mairie dispose ainsi d’une parfaite connaissance des défis et de la nature de la riposte à la Covid-19.

La contribution des collectivités locales à la riposte contre la Covid-19.

Les problèmes varient d’une commune à une autre et l’attitude des populations est fortement influencée par les cultures qui varient d’un bout à l’autre de nos pays en Afrique. C’est pour cela que je suis convaincu qu’une formulation de la réponse à la pandémie qui intègre les communes améliorera les chances d’un impact meilleur. Sur le plan sanitaire, la communication est la première arme contre la propagation du virus, elle requiert toutefois une localisation des messages afin de toucher les audiences locales et de vaincre les résistances liées aux comportements innés et acquis. Dans un environnement avec une multiplicité de langues, s’appuyer sur les communes permet d’être efficace tout en gardant une coordination centrale. Les communes pourront alors utiliser les radios communautaires, les chefs de quartier, les chefs religieux et traditionnels pour divulguer les messages au fur et à mesure des évolutions. Ce sont là des limites à une riposte uniquement nationale qui pose deux problèmes, celui de l’accès et celui de la pertinence. Pour l’accès, utiliser les mairies permet de rapprocher les mesures sociales des populations et d’éviter la création de points d’achoppement comme des coûts importants pour se rendre en ville ou à la capitale, ou même l’exclusivité des moyens digitaux pas toujours bien maitrisés. L’implication des communes dans la proposition des mesures sociales permettra d’être pertinent et de couvrir le maximum des besoins des populations en partant du local au niveau national. Enfin, permettre aux administrations locales de fonctionner en transférant les ressources attendues et en compensant les pertes de recettes locales, permettra à l’État de maintenir la confiance des populations qui attendent des actes concrets selon les différentes études.
Les partenaires techniques et financiers qui appuient les réponses nationales sur le continent doivent être aussi sensibilisés à cette urgence d’inclure la décentralisation dans la formulation et la mise en œuvre de la riposte. https://www.financialafrik.com
Malick Seibou Gomina
Maire de Djougou, la 3ème commune la plus peuplée au Bénin avec plus de 340 mille habitants. Ancien journaliste et ancien patron de presse, il est instructeur de la FIFA et élu consulaire de l’UEMOA. Il est Docteur en Communication environnementale.

Babacar Gaye : «Je n’ai plus de contrainte morale pour travailler avec Macky»

https://www.dakarmatin.com Quelques jours après l’annonce officielle de leur nouveau parti politique And Suxali Soppi, Babacar Gaye dit ne pas fermer ses portes à l’actuel chef de l’Etat.
«Je n’ai plus aucune contrainte morale pour travailler avec le président de la République y compris Ousmane Sonko, demain. Cela signifie que rien ne me lie plus au Pds», a fait savoir l’ancien porte-parole du Parti démocratique sénégalais (Pds) sur le plateau d’iTv. Soulignant, dans la foulée, qu’il n’a rien à regretter de son compagnonnage avec Me Abdoulaye Wade.
Il insiste : «Tout président qui pense que je peux apporter quelque chose et qui fait appel à moi, je suis partant, parce que si je fais de la politique, c’est pour l’intérêt du Sénégal. Et cela engage les Oumar Sarr et autres.»
Toutefois, Babacar Gaye rejette la thèse de la transhumance dans sa nouvelle orientation politique.
«Cela fait 12 ans que le chef de l’Etat Macky Sall est aux affaires, alors qu’on gardait de bons rapports dans un même parti (Pds). On avait eu des problèmes politiques liés à Karim Wade, mais on n’a jamais eu de problème personnel», a-t-il précisé.
Et d’ajouter : «Tout ce que le projet qu’on compte proposer aux Sénégalais – y compris le président Macky Sall – demande, on va le faire, si toutefois on y trouve l’intérêt du pays.»

CISSE LO Vs Yakham : Un Autre Enregistrement De Près D’une Heure Qui Risque D’exploser Le Pouvoir

http://www.walf-groupe.com Crise sur le gâteau de l’Etat-Apr. Nos oreilles continuent de bourdonner après avoir entendu une bribe de l’audio de près d’une heure du député Moustapha Cissé Lô. Et si cet enregistrement tombe entre des mains inexpertes, ses déflagrations mettront le feu au Château. Et avec la flambée des révélations qui s’en suivra, chaque contre-feu risque de se voir balayer par un autre foyer, tellement l’homme qui parle était au cœur de ce système. Divulgué, cet audio va faire cerner le pouvoir par des flammes méphitiques d’un brasier d’été qui s’étendront à la vitesse d’un incendie de forêt. Et toutes les techniques habituelles d’extinction ou d’étouffement risquent de s’avérer inopérantes.
Le vaudeville de l’été est en passe de virer en une affaire d’Etat. Et les gnons vont pleuvoir à cause de vilaines histoires de pognon qui mettent Moustapha Cissé Lô, fidèle compagnon de Macky Sall, au centre de cet imbroglio. En effet, le Directeur du quotidien national «Le Soleil», Yakham Mbaye, l’a dit et répété récemment mais cela a semblé échapper à l’attention de l’opinion :  «tous les audios incendiaires que le député Moustapha Cissé Lô a balancés à Yakham Mbaye ne sont pas tombés dans le domaine public». Eh ben, figurez-vous que votre journal préféré peut vous dire que ceux qui n’ont pas été divulgués et diffusés sont plus catastrophiques pour le régime du Président Sall. Car, si ces enregistrements audio sont tous incendiaires, il y en a un en particulier, un très long entretien de près d’une heure entre le Directeur général du Soleil et l’ancien Président du Parlement de la Cedeao, qui pourrait éclabousser la République exemplaire «sobre et vertueuse» de Benno bokk yakaar. Car, c’est un détonant cocktail de vengeances et de coups politiques tordus autour du business. En effet, dans cet audio, Moustapha Cissé Lô, avec une précision et une minutie d’expert, déballe une longue liste de scandales financiers ahurissants mettant en cause des figures de premier plan du pouvoir actuel. Le feu qui partira du sous-sol, avec des histoires de semences et d’engrais, n’en finira pas de prendre de l’ampleur et de monter dans les degrés de la gravité et de la hiérarchie, comme la hauteur du building, pour faire sentir sérieusement le roussi au sommet. Le Train express régional (Ter), la réfection du Building administratif, la Der, l’Anpej etc., tout y passe. Qui des deux, entre Yakham Codou Ndendé Mbaye et Moustapha Cissé Lô, a enregistré cette conservation ? Personne ne pourra le dire. Car, il s’agit bien d’une conversation téléphonique et non d’un audio que l’un ou l’autre aurait envoyé. Manifestement, c’est un élément constitutif d’assurance tous risques pour celui qui l’a enregistré et le détient. En tout cas, ce qu’on apprend de cet audio que nous avons partiellement écouté est carrément renversant, avec des choses que la décence nous empêche de dire dans un média.
Du marché de réfection du building administratif aux financements de l’Anpej et de la Délégation à l’entrepreneuriat rapide (Der), en passant par la Sonacos, les marchés filés à deux footballeurs de la Génération 2002, Kanté, et les mouvements d’argent colossaux lors de la campagne électorale pour la Présidentielle, des révélations explosives y sont faites par Moustapha Cissé Lô, un homme qui était au cœur du système.
Mais, le plus grave dans ce scandale que le pouvoir n’a pas intérêt de voir sortir est qu’il cite des noms et des montants d’argent colossaux remis à des moments précis. Le député conclut sa diatribe avec une sentence qui doit faire froid dans le dos aux tenants de l’actuel régime. Extrait du peu que WalfQuotidien a pu entendre :  «J’ai la plus grande capacité de nuisance du Sénégal. Entre Macky Sall et moi, ce sera comme entre Demba War et Lat Dior. S’il veut m’enterrer vivant, c’est lui qui sera enterré».
Notre conviction est établie : si cet audio détenu, selon le privilégié qui nous l’a fait entendre, par pas plus de trois personnes se retrouvait sur la place publique, le Sénégal est parti pour s’engouffrer dans une très longue ère de polémiques scandaleuses. Car, avec le peu qu’on a entendu dans cet enregistrement audio, on peut dire sans risque de se tromper que la gamelle est plus que bonne pour certains barrons beige-marron. Seyni DIOP

Affaire Petro-Tim : Le juge d’instruction n’a rien trouvé

https://www.beut7.com L’instruction dans l’affaire Petro-Tim a été bouclée par le doyen des juges. Seloon les Échos, Un an après l’éclatement de cette affaire, dans laquelle Aliou Sall est cité et accusé de corruption, l’enquête n’a rien donné. “Le juge d’instruction n’a rien trouvé dans ce dossier et aucune charge n’a été retenu contre le frère du Président Macky Sall et les autres personnes entendues”. Aucune personne n’étant inculpée, deux possibilités s’offrent maintenant au procureur : requérir le non-lieu ou renvoyer un autre réquisitoire supplétif pour poursuivre X.

Maître Wade,les jeunes de Ranérou et le PASTEF portent plainte contre le ministre de l’environnement

iGFM – (Dakar) – L’affaire des 6 gazelles oryx transférées du parc du Ferlo vers la réserve privée du ministre Abdou Karim Sall continue de susciter de vives réactions. A Ranérou, les jeunes  exigent leur retour dans la réserve Katane et la démission du ministre de l’environnement. Les jeunes du département de Ranérou ont aussi décidé de porter plainte contre Abdou Karim Sall.
Les jeunes du PASTEF de Pikine pour leur part ont décidé, hier, de porter plainte contre le ministre de l’environnement. Du coté du Parti démocratique sénégalais, Me Abdoulaye Wade, par le biais de son secrétaire général national à l’environnement et l’écologie, Mamadou Diouf, a décidé de saisir le procureur de la République d’une plainte contre le ministre de l’Environnement et toutes les personnes impliquées dans la mort de deux parmi ces animaux.
Dans un communiqué rendu public ce 13 juillet, « le Parti démocratique sénégalais attire respectueusement l’attention du chef de l’État sur le comportement délictuel du ministre de l’Environnement pour ce comportement immoral aux antipodes des valeurs éthiques et morales qui fondent une République et lui demande des sanctions immédiates. »
Par ailleurs, le Pds «reste solidaire avec toutes les associations environnementales nationales et internationales qui sont engagées dans cette lutte pour la sauvegarde des ressources naturelles fauniques de notre pays et, demande au secrétaire général national de notre parti, en son nom et au nôtre ainsi qu’avec toutes les associations de protection de la faune, d’engager sans délai toutes les actions judiciaires nécessaires pour que ce crime contre la nature, puni par la loi nationale et la loi internationale, soit ferment sanctionné».l

IMMOBILISMES PAR MAMADOU NDIAYE

http://www.emedia.sn  « A brebis tondue, Dieu mesure le vent. » Le Sénégal fait face à des épreuves. Il n’est pas seul, puisque d’autres nations de la sous-région affrontent des difficultés d’une toute autre ampleur. L’économie et la géographie se mêlant en s’enchevêtrant, aucun pays ouest-africain tout au moins ne peut prétendre s’en tirer à bon compte en jouant au « loup solitaire. » Non seulement c’est suicidaire mais dans le contexte de crises à répétition, les épreuves rencontrées sont proportionnées aux forces des pays pris ensemble ou séparément.
Tant que la crise n’était qu’au stade de menace, elle ne requerrait pas plus de moyens pour la juguler. Maintenant qu’elle est hors de proportions, les Etats, sous peine de disparaître, s’ajustent. Ils ont tous affiché de surprenantes vulnérabilités  : trop d’import (de produits finis), très peu d’export (des matières premières), forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur pour l’approvisionnement en denrées alimentaires  : pattes, riz, lait, et dans le domaine de la santé, on l’a vu à la faveur du covid-19, certains paramètres médicaux, loin d’être maîtrisés, révèlent de notoires carences qui nous exposent davantage aux dangers.
Au sortir de la crise sanitaire une réorganisation impérative de la carte sanitaire va s’imposer pour mieux la rééquilibrer en faveur des régions qui sont dans la dèche et constituent de fait des déserts médicaux.
En Côte d’Ivoire, les idées bouillonnent dans les têtes depuis la brutale disparition du défunt Premier Ministre Amadou Gon Gon Coulibaly. Il représentait l’atout-maître du président sortant Alassane Ouattara qui avait misé à fond sur ce fils de famille influente du Nord pour lui succéder et surtout lui assurer ses arrières une fois élu. Rebelote. La démission acceptée du vice-président Kablan Duncan brouille davantage les cartes quand on sait que l’intéressé, exclu du PDCI pour insubordination, avait rejoint le camp présidentiel victorieux.
D’autres prétendants au fauteuil ivoirien affinent leur stratégie. Les alliances et les rapprochements se font et se défont dans une frénétique course contre la montre. Toute erreur politique va être fatale. Il y a certes des poids lourds en Côte d’Ivoire mais Guillaume Soro, Laurent Gbagbo, Blé Goudé et Tidiani Thiam sont à l’extérieur. Absents, ils n’ont jamais été aussi présents dans le débat politique qui s’amorce. Cependant, un dinosaure cache son jeu  : Henri Konan Bédié qui, non seulement se fait désirer, mais laisse ses partisans orchestrer sa candidature en s’emmurant dans un silence épais pour perturber l’échiquier politique.
L’inclassable Kouadio Konan Bertin, alias KKB, laissera-t-il le sage de Duékoué, à l’ouest, savourer une candidature lisse ? A la fois imprévisible et décapant, KKB, ne supporte pas que son camp, le PDCI, ait misé sur un « vieux » de 89 ans, une « insulte à l’avenir », traduction  : un pied de nez à la jeunesse », dit-il mezza voce dans l’optique de ne pas s’aliéner cette importante frange juvénile de l’électorat ivoirien. Le scénario de 2010 n’est pas près de se reproduire à l’identique. Toutefois, la complexité du jeu politique masque bien des inconnues que recèle le prochain scrutin à enjeux multiples.
Il y a loin de la velléité à la volonté au Mali voisin qui cristallise un mélange de crispations, de frustrations et de contestations permanentes en toile de fond d’une crise politique sans fin. La rue grossit tous les vendredi. Elle ne revendique qu’un point crucial  : la démission du président en exercice, Ibrahima Boubacar Keïta. Lequel, en panne d’initiatives, subit les événements. Son principal challenger, l’énigmatique imam Mahmoud Dicko lui impose son propre agenda  : réformes approfondies, institutions décriées et formation d’un gouvernement d’union nationale. L’imam Dicko souffle le chaud et le froid.
Les jeunes, force du Mouvement du 5 juin (M5), s’impatientent. Ils veulent en découdre
avec les forces de défense et de sécurité du Mali dans le but de déloger le président de son Palais de Koulouba qui surplombe la capitale Bamako. Les concessions donnent une idée plus précise de l’inversion des rapports de forces entre un pouvoir acculé et un populisme qui a le vent en poupe.
L’incapacité de l’opposition à peser sur le cours des choses ouvre un large boulevard aux partisans du guide religieux qui appelle au calme tout en incitant la foule à faire le siège de la rue. Ceux qui passaient pour des ténors de l’opposition entourent désormais l’homme clé de la situation, l’imam Dicko en l’occurrence. Ils comptent ainsi engranger des dividendes politiques en cas d’assaut final. Ils jouent. Alors que le Mali s’enfonce dans une crise irrémédiable.
Une crise d’envergure similaire plonge la Guinée dans un immobilisme politique qui ne présage rien de bon. Ni de rassurant. Par les actes qu’il pose, le Président Alpha Condé, 80 ans, a fini de dévoiler son intention de briguer un troisième mandat. Il a ôté toute crédibilité aux consultations de type référendaire visant à légitimer sa démarche dépourvue de sens politique aiguë.
Pour avoir pris trop de lumière, l’ex dirigeant de la Feanf, choisit maintenant de se placer à l’ombre. Il ne parvient plus à convaincre. Par entêtement, Condé manque de retenue vis-à-vis de ses opposants qui, excédés, pourraient se radicaliser en lui imposant l’épreuve de force et le pousser à la faute fatale.
La région ouest-africaine risque de détenir la palme des immobilismes. En dépit de leur âge avancé, les présidents ivoirien et guinéen s’accrochent encore au pouvoir. Il est vrai que certaines conjonctures brouillent les repères à l’image de la complexité politique en Côte d’Ivoire. Au-delà de l’instinct de survie, les chefs d’Etat ouest-africains ont besoin d’un espace plus conséquent pour tisser des solidarités entre des peuples déjà bien imbriqués.
A cet effet d’ailleurs, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) a récemment encouragé les banques primaires à soutenir les relances envisagées par une réouverture progressive du crédit. Sera-t-elle entendue ? Clairement, ces établissements ne se hâtent pas pour injecter des liquidités, attendant plutôt d’apprécier l’impact de la crise sanitaire sur la tenue des actifs productifs.
Autrement dit, l’ampleur de la crise économique déterminera les secteurs qui en ont fait les frais et les hypothèses de changement. Ici ou là des recompositions de tours de tables ne sont pas à exclure. Les investisseurs guettent les recapitalisations favorables, signe d’une reprise du crédit, donc du business à l’échelle régionale.
La récente sortie du patron de la BRVM, M. Edoh Kossi Amenounve, invitant les entrepreneurs à recourir aux emprunts aux divers compartiments de la Bourse d’Abidjan s’apprécie comme un signal du marché financier qui a montré sa résilience face à la crise.
Un habitué, de surcroît financier averti, confie  : « Les ajustements provenant de la crise mettent du temps à se préciser, ce qui pousse les acteurs à la prudence du fait des incertitudes sur les fluctuations de prix des actifs. »

LES PIQUES DE L’AS DE CE MARDI

SenePlus  |   Publication 14/07/2020

Madiambal Diagne lève 5 milliards pour une tour aux Mamelles

Ce n’est pas pour rien qu’il a quitté la direction du groupe Avenir Communication. Madiambal Diagne est de plain-pied dans le business. C’est la Lettre quotidienne qui donne l’information. Avec sa société immobilière Sci Pharaon, il vient de bénéficier d’une ligne de crédit de 5 milliards de francs CFA de la CBAO pour construire une tour de 15 étages aux Mamelles, avec une quarantaine d’appartements vendus entre 1,3 million et 1,5 million le m2. Ces appartements grand luxe sont actuellement très prisés au niveau des ressortissants de la sous-région qui ont fait de Dakar leur terrain de prédilection. M. Diagne qui travaille sur le projet depuis plusieurs années a signé avec la société́ turque Meva Constructions pour les travaux et la durée du chantier devrait être de 24 mois. Un projet que l’homme a mûri depuis longtemps et qui arrive à sa phase de réalisation. Les premiers décaissements ont commencé et les Turcs sont en train d’installer le matériel de chantier. Les clients également ont commencé les réservations. D’après la même source, la vente finale des appartements devrait générer pas moins de 19 milliards. Un gros coup !

Atépa contre Aby Ndour

L’architecte Pierre Goudiaby Atepa avait traîné la chanteuse Aby Ndour devant le Tribunal des référés. Il reproche à la sœur de Youssou Ndour d’avoir aménagé un restaurant à «l’îlot» qui se trouve en face de l’Ambassade du Mali à Dakar. L’affaire qui a été évoquée hier a finalement été renvoyée au 20 juillet prochain pour plaidoirie. Atépa contre Aby Ndour pour diffamation Restons avec Pierre Goudiaby Atépa et Aby Ndour qui vont croiser le fer deux fois au tribunal. L’architecte veut laver son honneur dans l’affaire de chantage sexuel dont la chanteuse Aby Ndour avait parlé via sa page Facebook. Il avait servi une citation directe à Aby Ndour pour diffamation. Les deux parties devront comparaître le 28 juillet prochain devant le tribunal correctionnel de Dakar.

Grève de 72 heures du SYNTTAS

Les techniciens et travailleurs de l’Agriculture ne démordent pas. Le Syndicat National des Techniciens et Travailleurs de l’Agriculture du Sénégal (SYNTTAS) continue de dérouler son plan d’actions. Il a décrété encore un mot d’ordre de grève générale de 72 heures à partir du 15 juillet 2020.

Aftu fait machine arrière

Reculade de l’Association de Financement des Transports Urbains (Aftu). Ces derniers qui avaient décidé d’augmenter les prix du transport sont finalement revenus à de meilleurs sentiments suite à leur rencontre avec la tutelle. Toutefois, ces opérateurs du transport ont suggéré aux autorités étatiques de leur accorder une douzaine de places assises pour combler leur manque à gagner et faire face aux nombreuses charges sociales dont les salaires et les prêts bancaires. Une proposition que les autorités du ministère des Transports terrestres ont laissée à l’appréciation de la commission nationale de gestion de la pandémie.

Le Sytjust paralyse le tribunal de Pikine

Par ces temps, avoir un certificat de nationalité ou un autre document au tribunal de Pikine relève d’un parcours du combattant. La grève des travailleurs de la justice affiliés au Sytjust a tout chamboulé. Ce qui fait que beaucoup de gens rencontrés hier au tribunal de Pikine étaient obligés de rebrousser chemin. Et face à ce préjudice, les populations appellent au dialogue entre le ministre de la Justice Me Malick Sall et les grévistes.

Déclaration du Synpics

Le Synpics se félicite de l’issue heureuse de l’affaire de diffamation présumée opposant le Dage et le Secrétaire général du ministère de l’Environnement et des journalistes. Selon Bamba Kassé, l’implication personnelle du ministre de l’Environnement a contribué à cette solution. Il en est de même pour l’affaire dite des «chroniqueurs judiciaires». Il informe en effet que le ministre de la Justice a donné des instructions pour que cette entrave à la liberté de travail des journalistes au tribunal soit levée. Mieux, ajoute-t-il, ce dernier a déclaré que rien ne peut justifier une pareille décision. Un sacré désaveu contre le juge Diedhiou.

Bourses d’accompagnement en Master

Des étudiants en master ne cessent depuis quelques jours de réclamer le paiement de leurs bourses d’accompagnement. La Direction générale de l’Enseignement supérieur (DGES) sort de sa réserve pour apporter des précisions sur la question. Dans un communiqué parvenu à «l’As», le Directeur précise que les bourses d’accompagnement, d’un montant de 360 000 FCFA, ne sauraient violer les critères préalables d’attribution tels que la durée dans le cycle de Master pour un maximum de trois ans, et dont la limite d’âge retenue est de moins de 30 ans. Selon lui, les allocations d’études sont renouvelées en cas de poursuite des études sans redoublement dans le même cycle ou dans le cas d’un seul redoublement dans le cycle. Toutefois, cette allocation d’étude est supprimée en cas de second redoublement de l’étudiant dans le même cycle. En conséquence, le Directeur général de l’Enseignement supérieur souligne que les étudiants qui réclament aujourd’hui ces bourses d’accompagnement ne remplissent pas les critères car totalisant deux redoublements dans un même cycle. Et au regard de ces dispositions réglementaires, la direction estime qu’il n’existe aucune base légale autorisant une quelconque attribution

Un nouveau camp militaire à Goudiry

Goudiry aura bientôt un camp militaire au grand bonheur des populations qui pourront dormir du sommeil du juste. Le ministre des Forces Armées, Me Sidiki Kaba, va poser la première pierre du cantonnement en présence du chef d’Etat-major des Forces Armées, le Général de corps aérien Birame Diop et de plusieurs autorités civiles et militaires. L’érection du camp de Goudiry entre dans le cadre du maillage territorial des unités afin de s’adapter à l’évolution du contexte stratégique régional, et de répondre aux besoins de sécurité des populations. En fait, l’unité de Goudiry permettra, de concert avec les forces de sécurité, de lutter contre l’insécurité etles menaces transfrontalières. Dans le cadre de la coopération transfrontalière, elle travaillera avec les armées des pays voisins.

Un 2e décès lié à la covid-19 à Fatick

La région médicale de Fatick a déclaré avoir enregistré un deuxième décès causé par la Covid-19, dans le district sanitaire de Passy. Le défunt est un homme âgé de 70 ans, originaire de la commune de Djossong, dans le département de Foundiougne. Le résultat d’un prélèvement effectué sur son corps prouve qu’il est mort de la Covid19. Le test a été effectué à la suite de suspicions faisant penser à la maladie à coronavirus. Pour éviter des risques de contamination, les autorités sanitaires, les sapeurs-pompiers, la sous-brigade d’hygiène de Foundiougne, la Croix-Rouge et les autorités administratives de Fatick ont «pris toutes les dispositions sanitaires requises pour l’inhumation du défunt», a dit la région médicale à l’Aps. Le premier décès causé par la Covid-19 dans la région de Fatick a eu lieu le 16 juin à Boubane, un quartier de la commune de Fatick. Il s’agit d’un homme âgé de 47 ans, décédé à domicile. Un prélèvement post mortem effectué sur son corps est revenu positif au coronavirus, selon la région médicale.


Partagez ce contenu!

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*