Probable gouvernement d’union nationale : comment Khalifa Sall, Idy, Oumar Sarr et Cie pourraient rejoindre Macky (Analyste)

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Probable gouvernement d’union nationale : comment Khalifa Sall, Idy, Oumar Sarr et Cie pourraient rejoindre Macky (Analyste)

https://www.pressafrik.com La formation d’un éventuel gouvernement d’union nationale, par le président Macky Sall se fait sentir, au moment où le pays est confronté à une tension socio-politique due à la crise sanitaire et à sa gestion. Mais aussi au scandale foncier et les difficultés économiques engendrées par la covid19. Macky Sall va-t-il le faire ou non ? L’analyste politique Momar Diongue, interrogé par PressAfrik, a donné plusieurs raisons qui pourraient amener le chef de l’Etat à former un gouvernement d’union nationale. Non sans expliquer comment les opposants comme Khalifa Sall, Idrissa Seck, Oumar Sarr et compagnie pourraient s’y retrouver.
« Je crois que tout indique que le Président Macky Sall pourrait arriver à la formation d’un gouvernement d’union nationale pour plusieurs raisons. La première est qu’on a vu qu’il a pacifié ses relations avec l’opposition. Durant tout son premier mandat, les rapports étaient crispés. Il n’avait pas fait de quartier avec l’opposition et puis il a eu à prendre des mesures qui ont vraiment détérioré les relations. D’abord avec le cas Karim Wade. Ce qui l’a mis constamment à couteaux tirés avec le Parti démocratique sénégalais. Ensuite, avec  l’histoire de la caisse d’avance, il a obtenu l’emprisonnement de Khalifa Sall qui était un candidat gênant pour lui en perspective de 2019. Et ensuite, il y a eu cette fameuse loi sur le parrainage qui a complètement contribué à détériorer ses relations avec l’opposition et a fait qu’ils étaient constamment dans le conflit », a dit d’emblée M. Dongue.
Mais depuis sa réélection, selon l’analyste, le Président Sall a présenté un nouveau visage. Cela se manifeste par libération qui a été accordée à Khalifa Sall. Ce qui lui a permis de se rabibocher avec le camp de ce dernier. « A la faveur de ce qu’on appelle les retrouvailles de Massalikoul Jinan, il y a eu un rapprochement ou la réconciliation avec le PDS, principal parti d’opposition. De façon plus globale, Macky Sall a invité l’opposition au dialogue national. Celle-ci a, en partie, répondu favorablement à sa main tendue. Donc voilà le contexte qui a précédé l’apparition de l’épidémie de la covid19. », rappelle monsieur Diongue.
Avant de continuer : « Et quand la covid19 est apparue, le Président Macky Sall a voulu associer l’opposition à la riposte contre cette maladie. Il a convié à des audiences, l’essentiel de l’opposition. Donc tous ces éléments combinés, ont conduit à une pacification dans ses relations avec l’opposition. A partir de ce moment, on peut envisager un gouvernement où l’opposition pourrait être représentée »
La deuxième chose, poursuit notre interlocuteur, est que « toutes les forces vives du pays, ont accordé au président Macky Sall, la loi d’habilitation dont il avait besoin. Et là aussi c’est un facteur supplémentaire dans la pacification de ses relations avec l’opposition. Et cette dernière ne s’est pas permise de critiquer l’action du président Macky Sall durant les trois (3) mois où il pouvait gouverner par ordonnance. Tout ces éléments combinés, avec la situation qui se profile à l’horizon, car on sait que ce pays sera impacté durablement et très fortement par la covid19. Et le Sénégal, à l’instar de tous les pays du monde entier, verra son économie lourdement frappée. Donc on va vers une période de récession comme l’a dit le président Macky Sall. »

Comment Khalifa Sall, Idrissa Seck et Oumar Sarr et compagnie peuvent se retrouver retrouver dans le prochain Gouvernement de Macky ?

Pour ce qui est de Khalifa Sall, le président Macky Sall a été pour beaucoup dans la libération dont il a bénéficié avec la grâce qui lui a été accordée, a rappelé Momar Diongue. Précédemment même avec la délégation qu’il a envoyée pour présenter ses condoléances, les rapports se sont bonifiés. La preuve, a-t-il dit, « Khalifa Sall n’a même pas hésité à répondre à l’invitation du président Macky Sall quant il a engagé sa série d’audience avec les leaders de l’opposition. Donc, de ce point de vu, le moment est propice à ce que le camp de Khalifa Sall puisse se retrouver dans le gouvernement d’union nationale. Le camp de Khalifa Sall est présent dans le dialogue national » Donc, pour Khalifa Sall, M. Diongue ne voit pas d’obstacles majeurs à ce qu’il entre dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale.
S’agissant de Idrissa Seck, Momar Diongue indique que  même s’il a contesté la victoire de Macky Sall, aussitôt après, il s’est engagé à ne pas porter plainte. C’est à dire à ne pas créer un contentieux post-électoral. Ensuite, ajoute-t-il, « quand le Président Macky Sall a lancé sa série d’audiences,   il a été au palais. Il se subodore que c’est lui qui pourrait hériter du titre de chef de l’opposition. Tout ceci fait qu’il est dans de très bonne disposition pour envoyer des membres de son parti. Pas lui personnellement. »
S’agissant du clan Oumar Sarr, l’analyste politique souligne que « depuis très longtemps, il a voulu sortir de l’opposition radicale vis-à-vis du président Macky Sall. Même avant les retrouvailles de Massalikoul Jinan. Pendant que le PDS était dans une opposition frontale avec le camp du pouvoir, c’est le moment que Oumar Sarr et Me Amadou Sall avaient choisi pour prendre un peu leur distance par rapport à la ligne du PDS.  C’es-à-dire ce sont des personnes qui ne verront pas de mal à aller dans le gouvernement d’union nationale. Il s’y ajoute qu’aujourd’hui, l’appel du Président Macky Sall et son combat pour l’annulation de la dette est porté par des personnes comme Oumar Sarr. Il est à l’avant-garde de ce combat, tout comme Mamadou Diop Decroix ».

Va-t-on vers la mort de l’opposition sénégalaise ?

Une éventuelle présence de ces opposants dans le gouvernement d’union nationale ne signifiera pas forcément que l’opposition sénégalaise est morte, si l’on en croit à M. Diongue. Tout dépend des conditions que l’opposition mettra sur la table pour rejoindre le gouvernement d’union nationale. « L’opposition est en train de jouer de façon très habile pour obtenir de Macky Sall avec une réconciliation, ce qu’elle n’avait pas pu obtenir dans la confrontation. Parce que l’opposition a eu à perdre tous les combats en allant direction en confrontation avec le président Macky Sall.  L’opposition n’a pas réussi à forcer le bras au président Macky Sall pour libérer Khalifa Sall. Elle n’a pas réussi à gagner le combat contre le parrainage. Maintenant, l’intelligence de l’opposition pourrait consister à obtenir ce qu’elle n’avait pas pu obtenir en essayant de lui imposer un rapport de force. »

Mettre sur la table un certain nombre de conditions

Pour ne pas signer la mort de l’opposition sénégalaise, Momar Diongue estime qu’il faudra mettre sur la table, un certain nombre de conditions pour se retourner dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale. Ils peuvent obtenir du président Macky Sall une lutte plus farouche contre les scandales pour la bonne gouvernance. Une justice plus équitable. Car un des reproches qui a été fait à Macky Sall et qu’on avait l’impression est qu’il y avait une justice de deux poids deux mesures.
« Ils peuvent également obtenir du président Macky Sall une réforme de la loi sur le parrainage pour que ça  soit revue et corrigée. Mais aussi un fichier électoral plus fiable pour qu’on ait plus à contester des résultats d’élections. Ils même demander au président Macky Sall de clarifier définitivement  sa position par rapport un troisième mandat. Donc tout dépend de ce que l’opposition va négocier avec le président pour entrer dans le nouveau gouvernement. S’ils parviennent à très bien négocier, c’est tout le monde qui va y gagner.  Si l’opposition ne parvient pas à faire accepter au président Macky Sall toutes ces conditions avant d’entrer dans le gouvernement, alors on aura remarqué qu’ils auront signé leur certificat de mort. »
Joint au téléphone par PressAfrik, un proche du pouvoir n’a pas voulu s’épancher sur la probable formation d’un éventuel gouvernement d’union nationale. Selon lui, le seul habilité à en parler c’est le principal concerné, en l’occurrence Macky Sall.
Toutefois, notre interlocuteur de lancer ceci : « tu ne peux pas sortir quand on est en matière de stratégie pour dire quoi que ce soit ».
A l’en croire, c’est un problème qui relève de la stratégie et traitée en l’interne, donc sortir pour en parler « ce serait être un homme sur qui on ne peut pas compter». De même,  « sortir pour dire des choses non fondées, ce serait aussi malhonnête », a-t-il soutenu.
PressAfrik a tenté de joindre Oumar Sarr, et le leader de l’Alliance générationnelle pour les intérêts de la République (Agir), Thierno Bocoum, mais les tentatives sont restés vaines.  Aminata Diouf et Salif Sakhanokho


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