MONSIEUR LE PRÉSIDENT, QUID DU PROCESSUS ÉLECTORAL ? Par Aldiouma Sow

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MONSIEUR LE PRÉSIDENT, QUID DU PROCESSUS ÉLECTORAL ? Par Aldiouma Sow

L’élection est à la démocratie pluraliste ce que la laïcité (à la sénégalaise) est à la République. L’une ne peut exister sans l’autre.
Lors de son dernier discours  à la Nation à propos de la pandémie du Covid 19,  le Président Macky Sall a décidé de lever l’état d’urgence et le couvre feu en vigueur depuis l’apparition du premier cas  au Sénégal.
Auparavant,  il avait, par les soins de ses ministres de l’intérieur, de l’éducation et celui des transports terrestres, levé les interdictions de circuler entre les régions du pays, fermé les frontières  ainsi que les écoles et les  universités.
Il avait ajouté en disant qu’il nous  faut apprendre  à vivre en  présence du virus.
Depuis, il a repris ses  conseils de ministres et surtout ses responsabilités politiques.
Drapés de leurs titres administratifs,  faisant valoir leur statut de ministre ou d’élu local, les partisans de Macky  organisent des meetings publics sous le fallacieux prétexte de  distribution  de vivres alors qu’en  réalité, ils en profitent pour  faire de la politique politicienne en perspective des prochaines  élections territoriales.

Pendant  ce temps, la démocratie notamment  dans ses dimensions élémentaires ( élections, liberté de manifestation, d’expression…), est confinée.

Bien plus, dans  ce contexte  d’aplatissement de la démocratie,  sur le terrain et sur  les pages de quelques journaux ayant su  préserver l’intégrité  de leur ligne  éditoriale, on découvre chaque jour des faits et décisions constitutifs de  pratiques malsaines de gouvernance publique. Les plus effrayants  sont les marchés qui entourent l’achat et la distribution des  vivres destinés aux ménages dits pauvres ainsi que la spoliation du foncier national au profit  d’une  bourgeoisie rentière  et oppresseure des couches populaires.
Parallèlement à cela, le processus électoral reste  suspendu voire bloqué.  Et le gouvernement ne donne aucun signe d’une relance imminente de ce processus. En tout cas , le président Macky Sall dans son discours précité n’a pipé mot sur ce sujet.
Ses partisans s’en défendent  en arguant  que cette relance  reste suspendue à la mise en application de certains  points d’accord obtenus dans le cadre  des concertations sur le processus électoral.
Pour rappel,  ces points d’accord  sont principalement l’élection  du président du conseil départemental et  l’évaluation du processus électoral (de 2016 au lendemain du 24 février 2019) et l’audit du fichier électoral.
Toutefois, il convient de préciser que  la réalisation de ces deux opérations ne devait  pas dépasser au maximum  six (06) mois  au vu du  timing que  nous avions défini d’un commun accord avec les autres parties prenantes desdites  concertations à savoir les non alignés , le pouvoir et la société civile.  Donc, leur ineffectivité qu’il faut imputer  à  l’irresponsabilité du gouvernement, ne saurait  être un argument crédible pour  justifier  la léthargie  dans laquelle ce dernier a plongé  la gestion du processus  électoral.
Alors, lors de son dernier discours en passant sous silence ce point,  le président Macky Sall  devenu  structurellement impopulaire pour, entre autres causes son échec patent  dans la gestion de la pandémie,  semble avoir implicitement opté pour un énième report de la date des prochaines élections territoriales.
Si tel n’est pas le cas, il aurait juste inclu   dans la batterie de mesures qu’il a prises hier  celle relative à la relance du processus électoral et agir  en conséquence  en prenant un décret par lequel il fixe  le jour du  scrutin des  prochaines échéances départementales  et municipales.
Si tel est le cas, il devra se préparer,  lui et son camp à affronter dans la rue le peuple qui ne se laissera pas faire une troisième fois.
Enfin, si la gestion de la pandémie n’a plus besoin de situation exceptionnelle pour réussir  alors rien ne peut  justifier qu’une telle situation soit maintenue  pour implicitement  empêcher les citoyens  d’exercer  leurs  droits  les plus fondamentaux  au chapitre desquels figure  le vote.
Par conséquent,  nous exhortons  le président Macky SALL à   prendre  un décret pour fixer la date des prochaines élections territoriales  sinon son silence peut être  considéré comme  une décision de report implicite desdites échéances.
Au nom de la démocratie..!Aldiouma Sow ,Secrétaire National aux Opérations électorales de Pastef.


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