CHANGEMENT DE PARADIGME SUR LES AYANTS-DROIT AU DEPISTAGE : Dr Mohamed Lamine Ly parle d’une omerta qui ne dit pas son nom

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 CHANGEMENT DE PARADIGME SUR LES AYANTS-DROIT AU DEPISTAGE : Dr Mohamed Lamine Ly parle d’une omerta qui ne dit pas son nom

http://www.sudonline.sn Suite à la lettre circulaire du ministre de la Santé et de l’action sociale sur les ayants-droit aux tests de dépistage du coronavirus au Sénégal pour les cas contacts, le docteur Mohamed Lamine Ly spécialiste de la santé publique considère cette décision comme une omerta qui ne dit pas son nom sur les principaux indicateurs de pandémie, à savoir les vrais taux de prévalence et de mortalité de la Covid-19.
Désormais, les tests de coronavirus seront plus sélectifs chez les cas contacts. Seuls y auront désormais droit ceux d’entre eux, présentant des symptômes, et ceux asymptomatiques mais jugés vulnérables,   à savoir dont l’âge est supérieur à 50 ans et/ou en présence de co-morbidités. Cette note circulaire du ministre de la Santé et de l’action sociale qui parle de “réajustement stratégique”, est sur la place.
Selon le docteur Mohamed Lamine Ly qui réagissait à travers cette sortie : «on peut douter de la pertinence d’un tel choix, quand on sait que les dangers de propagation du coronavirus émanent précisément des personnes jeunes, souvent exemptes de co-morbidités, pauci-ou asymptomatiques, à l’origine de cas communautaires, dont le nombre est en train d’exploser actuellement ».
Et de poursuivre  : « c’est dire que le système sanitaire doit se donner le maximum de chances pour que l’identification des personnes-contacts (ou traçage) soit la plus exhaustive possible en tablant sur les mécanismes communautaires plus compatibles avec nos réalités socioculturelles et le respect de nos droits et libertés  ».
Pour le docteur Ly, au moment où le nombre de décès dépasse la barre fatidique de 100, « nos autorités semblent avoir opté, sinon pour la dissimulation, tout au moins pour une omerta qui ne dit pas son nom sur les principaux indicateurs de pandémie, à savoir les vrais taux de prévalence et de mortalité de la Covid-19 ».
Au regard des gaps énormes en dépistage des cas, relevés par plusieurs spécialistes de la santé qui prônaient le dépistage massif, le docteur Mohamed Lamine Ly a souligné  que «  les professionnels africains de la santé publique se sont rendus compte, depuis l’épidémie d’Ébola, que la maîtrise des causes de décès est devenue un impératif, malgré le caractère embryonnaire des systèmes d’enregistrements des faits d’Etat civil et des statistiques vitales dans leurs pays ».
Et de poursuivre  : « notre pays, avec un nombre officiel de 105 morts, se trouve à la croisée des chemins. Il est temps que les autorités se mettent à la hauteur des enjeux ». Il a en outre relevé que « la plupart des professionnels de santé de notre pays, depuis les fonctionnaires et experts de la santé publique jusqu’aux spécialistes les plus pointus sont unanimes sur le fait que l’approche exclusivement curative est suicidaire dans ce genre de pandémie ». Et de conclure  : « la voie de salut réside dans une approche de responsabilisation communautaire, qui laisse plus d’espace aux initiatives locales. Cela suppose le partage de données fiables avec les acteurs locaux, la transparence et la redevabilité dans la conduite des actions publiques. Et que le discours des autorités doit redevenir crédible pour espérer entraîner les larges masses dans le combat contre la pandémie »


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