Revue de presse du Samedi 27 Juin 2020

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Trouver l’énergie d’engager la reprise en Afrique, après la pandémie et la récession  Par Mouhamadou Makhtar Cissé et  Fatih Birol

https://www.jeuneafrique.com À quelques jours d’une table-ronde ministérielle organisée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le gouvernement sénégalais, au sujet des enjeux du Covid-19 pour l’Afrique, Mouhamadou Makhtar Cissé, ministre du Pétrole et des Énergies du Sénégal, et Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, rappellent l’importance d’un accès à des sources d’énergies modernes, en tant que base du développement économique.

Texte 

Dans l’histoire de l’humanité, l’accès à des sources d’énergie fiables à un coût abordable, a été trop souvent le privilège de quelques-uns, alors qu’il devrait s’agir d’un droit fondamental pour tous. Cette affirmation se vérifie tout particulièrement en Afrique où – en dépit de progrès remarquables ces dernières années –, des centaines de millions de personnes demeurent privées d’électricité.
Une pandémie vient aujourd’hui menacer encore un peu plus des populations vulnérables en Afrique et dans le reste du monde, avec des conséquences qui peuvent précipiter des millions de personnes vers une pauvreté extrême.
L’accès à des sources d’énergies modernes est à la base du développement économique. En sont tributaires les approvisionnements en denrées alimentaires vitales, l’alimentation en électricité des logements et des hôpitaux, ainsi que la possibilité, pour tous, de travailler, d’étudier et de voyager.
Or, d’après les dernières données disponibles, les bouleversements liés à la crise du Covid-19 risquent de compromettre un peu plus encore l’atteinte des objectifs de développement durable de l’ONU, visant notamment à garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable.

L’INJUSTICE DE LA PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE RESTE TOUTEFOIS BIEN TROP MARQUÉE, EN PARTICULIER DANS LES PAYS D’AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Il faut noter que des progrès considérables ont été réalisés ces dernières années, dans beaucoup de pays du continent. Au Sénégal, par exemple, 69 % des citoyens ont désormais accès à l’électricité, contre seulement 26 % en 1993. De nombreux autres pays africains ont connu des avancées semblables. Pour autant, l’injustice de la précarité énergétique reste toutefois bien trop marquée, en particulier dans les pays d’Afrique subsaharienne, où 595 millions d’individus, soit 55 % de la population, n’ont toujours pas accès à l’électricité. Cela est inacceptable.

Des sources d’énergies fiables, durables et abordables

Parallèlement aux initiatives publiques, la jeune et dynamique population africaine a une occasion inédite de contribuer au développement de l’économie du continent de manière plus avisée et plus innovante. Les entrepreneurs tirent parti des technologies numériques et des énergies renouvelables, pour créer des emplois et proposer des services énergétiques propres.
Parmi eux, citons notamment Akon, célèbre musicien sénégalo-américain et chef d’entreprise, à l’origine d’une initiative panafricaine de fourniture d’énergie d’origine solaire, et Nthabiseng Mosia, femme d’affaires sud africano-ghanéenne et cofondatrice de la société de services énergétiques Easy Solar, en Sierra Leone.
Ces dernières années, de nombreux pays africains affichaient des taux de croissance économique parmi les plus élevés au monde. Avec les conséquences liées à la pandémie du Covid-19, la plupart des pays vont observer une forte baisse de leur croissance, à l’instar des autres pays du monde. L’Afrique subsaharienne s’apprête ainsi à vivre sa première récession depuis 25 ans.
Au cours des deux prochaines décennies, une personne sur deux verra le jour en Afrique, qui continuera à être le continent le plus jeune et le plus dynamique sur le plan démographique. Ces nouveaux citoyens du monde méritent d’avoir accès à des sources d’énergies fiables et durables, moyennant un coût abordable, pour avoir le plus de chances possibles de vivre en bonne santé, dans la prospérité, et de voir leurs familles et leurs sociétés en faire de même. Leur réussite sera déterminante pour l’avenir de l’Afrique – et du reste du monde.

À L’ÉCHELLE MONDIALE, LE CONTINENT AFRICAIN DISPOSE DE 40 % DES RESSOURCES POTENTIELLES EN ÉNERGIE SOLAIRE, MAIS NE POSSÈDE QUE 1 % DES MOYENS DE PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ DE CETTE FILIÈRE

Mais, pour prendre toute sa mesure, ce dynamisme nécessitera de l’énergie. À l’échelle mondiale, le continent africain dispose de 40 % des ressources potentielles en énergie solaire, mais ne possède que 1 % des moyens de production d’électricité de cette filière. Avec des politiques avisées et efficaces, l’énergie solaire pourrait devenir la première source d’électricité du continent. Associé à l’hydraulique et à d’autres sources clés, dont regorge l’Afrique, le solaire pourrait être exploité pour alimenter en électricité des millions de personnes qui en sont actuellement privées.
Certains pays sont mieux placés que d’autres pour tirer parti de ces possibilités – et les contraintes économiques et financières consécutives à la crise du Covid-19 pourraient mettre à mal de nombreux projets énergétiques lancés par les pouvoirs publics ou les entreprises privées sur l’ensemble du continent.

Sortir de la pandémie dans un souffle nouveau

Les pays africains n’ont pas d’autres choix que de travailler ensemble – et, plus largement, avec le reste de la communauté internationale –, pour surmonter ces obstacles. C’est pourquoi nous avons décidé, avec d’autres leaders mondiaux, de nous intéresser aux enjeux du Covid-19 pour l’Afrique, à l’occasion d’une table-ronde ministérielle organisée par visioconférence par l’AIE et le gouvernement du Sénégal le 30 juin prochain.
Le reste du monde est investi d’une grande responsabilité, tout particulièrement à l’égard de la population jeune et grandissante du continent africain. L’Afrique, où vit 17 % de la population mondiale, n’a produit à ce jour que 2 % des émissions de CO2 liées à l’énergie. Et pourtant, elle est, de façon disproportionnée, la première à souffrir des conséquences du changement climatique mondial.

LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DOIT TRAVAILLER AVEC LES PAYS AFRICAINS AU DÉVELOPPEMENT D’UNE ÉNERGIE SÛRE ET DURABLE À UN COÛT ABORDABLE

Ces pays et ces régions les moins responsables du changement climatique abritent les populations les plus vulnérables face à ses ravages. C’est pourquoi nous devons redoubler d’efforts et répondre à cet enjeu climatique collectif en réduisant considérablement les émissions mondiales au cours de la présente décennie. Ce sont les pays à l’origine de la majeure partie des émissions qui sont le plus en mesure de faire la différence.
Toute crise peut amorcer une prise de conscience – et ouvrir la voie à de nouvelles possibilités. Le monde entier est aujourd’hui confronté à la difficulté de surmonter les conséquences dommageables de la pandémie et de la récession, d’où la nécessité de travailler de concert pour parvenir à une reprise rapide et durable – et de venir en aide aux personnes qui ont été les plus touchées.
L’Afrique peut sortir de la pandémie avec un nouveau souffle. La communauté internationale doit travailler avec les pays africains au développement d’une énergie sûre et durable à un coût abordable – en particulier pour leurs citoyens les plus vulnérables, mais également pour une plus grande compétitivité de leur économie. Le secteur de l’énergie peut donner à une population africaine, jeune et dynamique, le pouvoir de réaliser son énorme potentiel, pour le bien du monde entier. Cet objectif est, pour chacune et chacun d’entre nous, à la fois un devoir moral et une nouvelle perspective économique.Par Mouhamadou Makhtar Cissé, ministre du Pétrole et des Énergies du Sénégal, et Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie

L’OMVS signe un contrat pour la réalisation de son 5eme barrage, Gourbassi

https://www.financialafrik.com/ Le Haut-commissaire de L’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), Hamed Diane SEMEGA, a procédé à la signature du contrat commercial du projet d’aménagement hydroélectrique de Gourbassi. La cérémonie a eu lieu ce 26 juin 2020 au siège du Haut-commissariat à Dakar.
Maillon essentiel du programme d’infrastructures de l’OMVS, le barrage de Gourbassi sera édifié sur la Falémé, à la frontière sénégalo-malienne. C’est un ouvrage à buts multiples d’une puissance installée de 18 MW, qui permettra surtout de contrôler les eaux de cet affluent majeur du fleuve Sénégal, en fournissant un débit optimum garanti de 500m3/s à Bakel station de référence.
La régularisation des débits de la Falémé grâce à la réalisation de Gourbassi vise à stocker 2, 1 milliards de m3 d’eau, contribuant ainsi à satisfaire plusieurs besoins. Pour ce qui est de l’agriculture, Gourbassi va assurer un soutien aux faibles crues afin de garantir une submersion suffisante des plaines inondables et permettre la culture de décrue. Des surfaces supplémentaires pourront être irriguées en contre-saison par les apports régulés du barrage, ce qui va booster le potentiel agricole de la vallée du fleuve Sénégal.
Gourbassi aura surtout un rôle décisif dans la navigabilité du fleuve Sénégal, en permettant de relever le plan d’eau à un niveau satisfaisant pour une navigation permanente sur 905 km, de Saint Louis au Sénégal à Ambidédi au Mali.
Outre son apport énergétique et ses rôles principaux cités plus haut, le barrage de Gourbassi va également favoriser le développement des activités de pêche, et servir les besoins en eau potable.
La construction de cette infrastructure stratégique est confiée à l’entreprise chinoise China Machinery Engineering Corporation (CMEC). Le montant du contrat en mode EPCF est de 275 980 849 USD/HT/HD, soit près de 160 milliards de francs CFA. Les travaux vont engendrer plus de 10 mille emplois locaux pendant la période de réalisation.
Ce barrage aura un impact positif sur les conditions de vie des populations et le développement des activités économiques dans les pays membres.

 Défaut de paiement de FAR : L’Etat prêt à tripler ses parts à Sangomar

https://www.dakarmatin.com Beaucoup de choses se jouent actuellement dans le projet pétrolier sénégalais Sangomar. En effet, FAR qui détient 15 % des parts est aujourd’hui en défaut de paiement. La compagnie est incapable de réunir les ressources financière nécessaires pour s’acquitter de sa part d’investissement pour la phase de développement.
Et selon JeuneAfrique, « Petrosen se prépare à reprendre les parts de la junior australienne ». Ce qui pourrait faire monter sa participation à 25%, puisque Petrosen détenait jusqu’ici, 10% des parts.
Nos confrères de Ja se sont entretenus avec Mamadou Fall Kane, conseiller du président Macky Sall et secrétaire exécutif du Conseil d’orientation stratégique pétrolier et gazier (COS-Petrogaz). Il a rassuré quant à la situation à laquelle FAR expose le projet : «Nous nous attendions à cette décision de la part de FAR, compte tenu de ses difficultés financières dans une conjoncture pétrolière compliquée»
Pour l’instant, Petrosen, encore moins le ministère du Pétrole, n’ont officialisé une telle option. Mais,   Si L’Etat prend de nouvelles participations, il devra, cependant, faire face à des dépenses conséquentes. Pourra-t-il les assumer, notamment en cette période de rareté des ressources?

Abdoulaye Sow : «Avec le pétrole et de gaz, avoir une portion du domaine public maritime aujourd’hui, c’est s’enrichir demain»

https://www.seneweb.com Il a été le premier ému à alerter sur ce qu’il considérait comme un « bradage » du domaine public maritime à Cayar, en 2018. Abdoulaye Sow, conseiller et président de la commission Aménagement du territoire et des domaines au Conseil départemental à Thiès, répond aux questions de Seneweb sur la polémique autour du foncier du littoral qui suscite à la fois convoitise et controverse. Le par ailleurs membre de l’Alliance pour la république (Apr) à Thiès évoque les récentes découvertes de gaz et de pétrole qui selon lui suscitent des convoitises et revalorisent le domaine public maritime.

Entretien.

Que vous inspire la polémique sur le littoral déclenchée par Barthelémy Dias à Dakar ?

Je crois qu’elle a l’intérêt de clarifier des concepts que la plupart des gens confondent. Je veux parler du littoral et du domaine public maritime (dpm). L’un n’est pas l’autre. Le littoral représente « ce qui appartient, qui est relatif à la zone de contact entre la terre et la mer ». Tandis que le domaine public maritime est un « sous ensemble qui comprend la mer territoriale, le plateau continental, la mer intérieure, les rivages de la mer et la zone des 100 mètres à compter les plus hautes eaux ». Le littoral est intégré dans le dpm. En général, exception faite des infrastructures navales, portuaires ou militaires, le littoral est utilisé par les pêcheurs artisanaux ou les promeneurs à la recherche de brise marine. Donc, le problème c’est la zone des 100 mètres du dpm.

Que dit la loi sur le domaine public maritime?

En ce qui concerne le dpm, l’État a transféré son utilisation et sa gestion aux conseils départementaux ou des villes de Dakar, Pikine et Guédiawaye. S’il y a un projet initié par un tiers, ces dits conseils donnent leur autorisation après avis de la commune où se situe le projet. La délibération est soumise à l’autorisation du représentant de l’État. Au cas où le projet est initié par l’État, ce dernier consulte ou informe le Conseil départemental ou de ville tout simplement.
La compétence de la commune réside dans la délivrance des permis de construire. Par conséquent, ce n’est pas au Maire de décider qui occupe ou pas le dpm. Il peut refuser de délivrer un permis de construire. Mais rien n’empêche à l’État qui lui a transféré cette compétence de l’exercer face au refus du Maire. C’est dans ce cadre d’ailleurs que le Président de la République a pris le décret n°2020-1463 du 10 juin 2020. Il est bon de ne pas confondre capacité et pouvoir.

Vous avez été le premier à attirer l’attention sur le sujet à Cayar, qu’en est-il de ce dossier?

Merci de me le rappeler. Entre fin février et début mars 2018, nous avions découvert un lotissement non autorisé de 209 parcelles de 400 mètres carrés chacune sur le dpm à Cayar. Cela représente 2 km de long sur une surface de 8 Ha. Notre levée de boucliers avait permis la suppression de ce lotissement. C’est le lieu de remercier le Chef de l’État et son Gouvernement d’alors. Sur ces questions, le Président Macky Sall est intransigeant.

Qu’est-ce qui peut justifier le regain d’intérêt pour le foncier notamment le littoral ?

Au-delà des privilèges de  jouissances que donne l’accès à la mer, il ne faudrait pas occulter que les découvertes de gisements de pétrole et de gaz aux larges de nos côtes donnent énormément d’intérêts au dpm. Avoir une portion du dpm aujourd’hui, bien qu’il soit imprescriptible et inaliénable, c’est s’enrichir demain !

G5 Sahel : de Pau à Nouakchott, l’aide internationale se rationalise

https://www.financialafrik.com Il y a 6 mois le sommet de Pau aboutissait à un recentrage de ses objectifs afin de régénérer la crédibilité de la France et de son opération Barkhane vis à vis de ses partenaires du G5 Sahel. Loin de n’être que militaire, la stratégie française rappelait ses piliers civils et économique, fondamentaux à sa réussite. A Nouakchott, à l’occasion du sommet du 30 juin qui verra la présence du président français Emmanuel Macron en huis clos avec les 5 présidents de la bande sahélienne, il sera question de sécurité, de coopération et de rationalisation de l’aide internationale.
Le chef de l’Etat français fera l’aller-retour dans la journée depuis Paris pour s’entretenir avec ses homologues du G5 Sahel (Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Mali), le président de la Commission de l’Union africaine et la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie. Après cet échange à huis clos, les six dirigeants se réuniront en visioconférence avec “plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement de pays et d’organisations membres de la coalition pour le Sahel”, dont le président du Conseil européen Charles Michel, la chancelière allemande Angela Merkel, le président du Conseil italien Giuseppe Conte et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, a précisé l’Elysée.

L’approche française

Le but de la France est, dès l’origine, pensé pour éviter la dérive «tout sécuritaire», rappelle un consultant, fin observateur de l’actualité économique africaine. La donne politique, ethnique et sociale imposait non pas de se substituer mais d’accompagner les états du G5 Sahel vers la stabilité de leurs institutions. La menace djihadiste, dans ces pays, étant plus une conséquence des rivalités ethniques et de la disparation de l’Etat dans les zones les plus reculées. C’est par l’exploitation du ressenti historique ainsi que du sentiment d’abandon et d’insécurité que les Groupes Armés Terroristes (GAT) sont parvenus à métastaser dans l’ensemble de la région. Pour prendre l’exemple du Mali, une grande partie des recrues des GAT se retrouvaient chez les populations Kel Tamashek (Touaregs) du Nord ou plus récemment, chez les minorités Peuls plus au sud.
Cependant, il est indéniable que les politiques de développement économiques et d’aides à la gouvernance souffraient d’un grand flou et d’un manque de coordination. Non seulement entre les projets mais aussi avec un certain déphasage vis-à-vis des actions et gains militaires. C’est la raison pour laquelle le sommet Pau accouche en janvier 2020 de la «Coalition pour le Sahel».

Une initiative internationale menée par la France et ses partenaires Africains

Abondamment critiquée comme une usine à gaz, elle pourtant vue dés le départ non comme un organisme de plus mais plutôt comme une plate-forme destinée à harmoniser la conduite des projets de développement avec les opérations militaires. En d’autres termes, elle adopte une stratégie en réseaux sensée être partagée par l’ensemble des acteurs du Sahel. A ce titre ses débuts permettent d’être relativement optimistes dans la mesure où son lancement officiel en avril 2020 a été rapidement suivi de sa première réunion officielle en juin en réunissant une soixantaine de représentants dont quarante-cinq ministres des affaires étrangères.

Un continuum sécurité/développement

Le principe de continuum est souvent rappelé par la France au Sahel. Le terme n’est pas choisi par hasard car il permet de conceptualiser un agenda global très imbriqué voire synchronisé. Cette vision doit permettre de sortir d’une logique en silo au profit d’une logique en réseau. Pour ce faire, les projets de développement sont dirigés en priorité vers les zones contestées. C’est la raison pour laquelle les soldats de l’opération Barkhane sont chargés de conduire des missions de développement simultanément avec leurs opérations destinées à maintenir une pression militaire constante sur les GAT, notamment dans la région des trois frontières (Mali, Niger, Burkina-Faso)  : les missions CIMIC (Civil Military Cooperation). Déclinaison contemporaine des vieux principes de contre-insurrection édictés notamment par le Lieutenant-Colonel français Gallula, ces opérations aident à démontrer aux populations que l’armée française n’est pas une force d’occupation ou hostile mais une aide limitée dans le temps destinée à améliorer ses conditions vies. Ces missions sont la première brique de l’aide au développement, elles regroupent des creusements de puits (comme à Kidal en mai), des systèmes d’irrigation locaux, des activités de maraichage (comme à Ménaka en Juin). Ces missions qui se sont accélérés ces derniers mois sont d’autant plus importantes dans la mesure où de nombreux GAT secondaires n’ont pas les moyens de les mettre en œuvre  : ils passent dés lors plus pour des porteurs de guerre que des libérateurs.

Les armées participent donc par leur action militaire et leur mission de primo-développement à créer un espace politique qui permettra d’une part la tenue de projets de plus grandes ampleur tenus par des organismes civils mais également le retour de la présence de l’état.

Le développement passe par la sécurité intérieure civile. Les armées ne peuvent assumer des missions de police, trop éloignées de leur métier et qui finirait par être perçues comme un envahisseur. Afin de succéder aux forces militaires et pour faire régner un ordre visible gage de légitimité de l’état, il importe de former des unités de police et de gendarmerie. Banditisme, trafics illégaux sont autant d’axe de développement des GAT. C’est le rôle des missions de l’Unions Européenne dans le cadre de son Partenariat pour la sécurité et la Stabilité dans le Sahel (P3S) et partie intégrante de la Coalition pour le Sahel : les missions EUCAP (Mali, Niger et dans une moindre mesure  : Burkina-Faso). Ces dernières ont pour but de former un personnel policier et de gendarmerie professionnel et ethniquement impartial. Longtemps parent faible des politiques de développement, surtout sur le volet gendarmerie, ces missions sont en train de connaitre un regain notable dans le sillage des remises en question post-Pau. Les résultats commencent à émerger de concert avec le Partenariat Militaire Opérationnel (PMO) de Barkane et la formation de gendarmes maliens. Dans cette voie, d’autres programmes sont mis en place, via l’Agence Française de Développement (AfD), entre autres, pour articuler ces forces de police avec des institutions judiciaires impartiales : de nombreux peuls se sont tournés dans le passé vers les djihadistes, estimant être lésés par les juges maliens (bambaras). Réinstaller des capacités de gouvernance sans instaurer une neutralité juridique entre les ethnies n’aurait pas grand sens.

Les grands projets et une émulation internationale croissante

La Coalition pour le Sahel permet de rationaliser les grands projets en apportant une plus-value de réseau et de conduite relative. Concrètement la sortie de la logique ensiloté permet de pouvoir cibler, en concertation, les zones prioritaires. Par ruissellement on pourra aussi envisager une mutualisation des moyens matériels et du renseignement ainsi qu’un drainage des flux de financement plus rationalisé. Du reste, de nombreux grands projets potentiellement très porteurs ne pourraient se poursuivre sans la présence militaire française et internationale  : ligne ferroviaire Trans- sahélienne, interconnexion Tchad-Cameroun, Pipe-line Niger-Gabon, etc.
Et cela, dans une logique subsidiaire inter-organisations, interministérielle et internationale. La Coalition ne fait donc que regrouper des initiatives déjà existantes, dont l’Alliance pour le Sahel (projet franco-allemand regroupant 23 membres) dont la première assemblée générale s’est tenue le 25 février 2020. L’alliance pour le Sahel existe depuis 3 ans et gère 800 projets ($12 milliards, dont 800 pour la crise du Covid-19) dans des domaines très variés : éducation et employabilité des jeunes ; agriculture, développement rural et sécurité alimentaire ; énergie et climat ; gouvernance ; décentralisation et appui au déploiement des services de base ; sécurité intérieure…. Elle se coordonne également avec l’AfD qui de son côté gère environ 300 programmes uniquement au Mali, Niger et Burkina-Faso. Récemment l’Europe a encore investi dans la cadre du P3S prés de 194 millions d’euros. On pourrait évidemment multiplier les exemples.
En définitive, on constate depuis 6 mois une coordination progressive de programmes déjà en place depuis plusieurs années. Il est encore trop tôt pour pouvoir dire avec certitude ce qui en découlera mais d’un strict point de vue stratégique, et considérant la dynamique enclenchée, la réussite de la Coalition pour le Sahel n’est pas de l’ordre de la science-fiction. Le sommet de Nouakchott du 30 juin pourrait être une nouvelle impulsion qui permette de concrétiser ou d’affirmer les quelques signaux positifs observés.  Albert Savana

ANNULATION DE LA DETTE PUBLIQUE DE L’AFRIQUE : L’appel de Dakar

L’Initiative pour l’annulation de la dette africaine (Iada) a été lancée hier à Dakar. L’objectif est, d’après les initiateurs, d’arriver à une mobilisation des peuples d’Afrique et du monde pour l’annulation de la dette publique du continent.
Le service de la dette absorbe, en moyenne, 14 % des revenus des pays africains. Autant de milliards de dollars qui, selon le Comité d’Initiative pour l’annulation de la dette africaine (Iada), ‘’manquent à la satisfaction’’ des besoins urgents des populations africaines, notamment en matière de nourriture, de santé et d’éducation. ‘’Les moratoires, annulations partielles, rééchelonnements opérés jusqu’ici n’ont nullement permis la disponibilité de ces fonds pour les besoins des populations, ni même une réduction du volume de la dette’’, soutient le comité dans son communiqué d’appel à la mobilisation. Il estime ainsi qu’il est ‘’temps d’enrayer cette mécanique mortifère’’ dont la pandémie actuelle démontre, selon eux, qu’elle fait peser des menaces ‘’immédiates’’ sur la survie physique des populations d’Afrique et, par voie de conséquence, du monde entier.
Les initiateurs de l’Iada pensent, en fait, que les propositions récentes de report d’échéances ‘’ne sont pas’’ à la hauteur de cette exigence. C’est pourquoi ils demandent l’annulation totale et sans condition de la dette extérieure africaine. ‘’En rupture avec les pratiques du passé, cette annulation devra profiter aux peuples par la création de mécanismes transparents de gouvernance permettant la mise en œuvre efficiente de programmes d’investissement massifs dans les domaines-clés que sont, entre autres : l’amélioration quantitative et qualitative des systèmes d’éducation et de santé, l’accès universel à l’eau, à l’électricité, à l’Internet et à tous les services sociaux de base, la maitrise de l’eau, en vue notamment d’une production alimentaire autosuffisante’’, déclare leur porte-parole El Hadj Momar Samb. Qui pense que chaque citoyen du monde doit ‘’élever la voix’’ pour contribuer à la satisfaction de cette ‘’exigence de solidarité’’ et d’humanité.
Par ailleurs, le président du Comité d’Iada, Mody Guiro, relève qu’une récession économique s’annonce et le monde va vers de ‘’réelles difficultés’’, quant à la satisfaction de la demande sociale des populations. Alors que les capacités de mobilisation de ressources financières des Etats deviendraient ‘’très limitées’’, en raison des conséquences de la pandémie. ‘’Ainsi, parmi les nombreuses pistes de solution préconisées ici et là, des leaders de la société civile, des secteurs économique, syndical, politique, suite à l’appel du président Macky Sall, ont proposé une annulation de la dette des pays africains pour mieux faire face à la Covid-19 et pouvoir relancer nos économies sans être obligés de subir encore des plans d’ajustement structurel’’, dit-il.
D’après le syndicaliste, les pays africains peuvent se prévaloir d’être dans un ‘’état de nécessité’’ qui leur donne la légitimité de demander l’annulation ‘’pure et simple de la dette’’ dans le cas d’exception où ils se trouvent pour sauvegarder un ‘’intérêt essentiel’’. A savoir, la vie et la santé de leurs populations menacées par un péril ‘’grave et imminent’’ comme la pandémie du coronavirus. ‘’Il s’y ajoute, après cinq siècles de pillage, d’esclavage, de colonisation, suivis de vingt années de politiques d’ajustement structurel, que les populations des pays africains sont en droit d’exiger des réparations, pour tous les torts et pour toutes les souffrances subies et causées par un mécanisme de la dette injuste et inhumaine au service des grandes puissances des pays du Nord’’, renchérit-il.
Pour Mody Guiro, les mécanismes d’endettement ont souvent soumis les pays africains et ceux du Tiers-monde à ‘’des exigences et conditionnalités des institutions financières internationales et des pays créanciers’’. Qui, d’après lui, ‘’utilisent la dette pour exercer des pouvoirs exorbitants’’ sur les pays endettés, avec le risque, dans cette pandémie, d’aller vers des plans d’ajustement structurel des années 80-90. ‘’Cela, les Africains ne doivent pas l’admettre. C’est donc dire que cette initiative est le résultat de la synthèse de différents points de vue défendant une annulation de la dette plutôt qu’un moratoire du service de celle-ci et portée par différentes forces sociales, économiques, citoyennes, syndicales, politiques et institutionnelles et dont la jonction a été matérialisée par un appel, qui fera l’objet d’une diffusion publique à partager largement avec l’opinion nationale, africaine et internationale’’, insiste-t-il.
Il convient de noter que, selon les initiateurs de l’Iada, plus de 14 pays africains se sont engagés à rejoindre leur combat.
Mamadou Mignane Diouf (Forum social sénégalais et membre comité Iada) : ‘’Il est bon que les citoyens, parlementaires, puissent auditer les dettes africaines’’

L’Iada vient d’être lancée. Mais, au-delà de cet appel, est-ce que vous pensez que les pays africains doivent revoir leur manière de s’endetter et leurs investissements ?

Oui. Je suis tout à fait d’accord. Nous sommes un comité panafricain et même international. Ce que vous dites pose la gestion globale, c’est-à-dire la gouvernance et la gestion transparente. Nous avons travaillé sur cette question de l’aide depuis bientôt 30 ans. Nous avons tout le temps dénoncé la façon dont il fallait prioriser les endettements. Naturellement, quand on s’endette c’est pour investir dans des secteurs essentiels. Nous avons tout le temps dit qu’il est bon que les citoyens, parlementaires puissent auditer les dettes africaines pour savoir  : quels sont les montants réels empruntés, qu’est-ce que cela a servi, où cela a été investi et ce que cela a donné au finish et comment cela a été remboursé ? C’est ce que nous appelons globalement le contrôle citoyen. Cela est indispensable. Nous l’avions fait dans certains pays à l’époque dans les années 2000-2003-2004, jusqu’en 2009. Nous avons même tenté d’étendre cette logique dans les dettes qui sont contractées par les citoyennes, des femmes auprès des caisses qu’on appelle les caisses populaires de la microfinance.
Donc, nous sommes tout à fait conscients de cela. Et ce matin (NDLR  : hier) quand nous lancions l’initiative, il y a qui ont pris la parole du Maroc, de la RDC, de la Belgique, de la France, etc., et ont montré que nous devons exiger que les dettes soient annulées. Mais nous devons aussi contrôler nos Etats et faire un audit citoyen qui va dans le sens de rationaliser les montants qui sont empruntés souvent. Cela rentre dans ce que nous appelons la bonne gouvernance, la reddition des comptes et le contrôle citoyen.

Vous avez été reçus par le chef de l’Etat Macky Sall. Est-ce que lors de cette audience, ces points ont été évoqués, notamment par rapport au contrôle citoyen de la dette ?

Quand le chef de l’Etat nous a reçus, nous avons pris la parole pour lui dire que nous avons salué son courage quand nous avons entendu dire qu’il voulait appeler à une annulation de la dette en raison de la pandémie de Covid-19. Déjà, au niveau du mouvement altermondialiste du Forum social mondial, au sein d’un grand réseau international, le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-monde dont nous sommes membres, ce débat était lancé lors des webinaires que nous animions et une pétition a été lancée. Au même moment, on a vu qu’au Sénégal, certaines centrales syndicales, des partis politiques s’étaient intéressés à la question.
Donc, nous lui avons dit que c’est une jonction d’initiatives politiques, sociales et citoyennes. Il faut donc faire une jonction de ces initiatives pour ne pas être dans un discours redondant où chacun voudra dérouler son propos, alors que nous parlions du même problème. Nous avons dit aussi qu’il faudra voir à quoi servent les dettes qui sont empruntées, comment c’est utilisé, investi et aussi évaluer les dettes qui vont être annulées et mettre en œuvre un mécanisme de suivi-évaluation de leur investissement dans les secteurs sociaux comme l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’agriculture, à la souveraineté alimentaire, etc. Pour cela, nous autres acteurs de la société civile africaine, nous travaillons sur les questions de la dette. Nous sommes sur cette position et les garderons tout en menant la bataille pour que les bailleurs de nos pays comprennent qu’un pays ne peut pas être en guerre et qu’on lui demande de payer une dette.
Au niveau international, il y a même des textes qui permettent à un pays de refuser de payer une dette, dès l’instant qu’il est dans un contexte de conflit, de guerre ou de pandémie, comme celle que nous sommes en train de vivre. Normalement, à partir de ce mois, les pays africains ont le droit, selon le règlement du droit international, de dire  : nous suspendons unilatéralement le paiement de la dette pour faire face à la Covid. Mais cela dépendra du courage politique que les uns et les autres vont avoir, soutenus fortement par les mouvements de la société civile.

Mais est-ce qu’il n’est pas paradoxal de plaider pour une annulation de la dette contractée et continuer à s’endetter à coups de milliards pendant la crise ?

L’endettement n’est pas mauvais en soi. Mais il n’est pas également une condition sine qua non du développement. Les Américains sont le pays le plus endetté. Pour la France, son taux d’endettement est presque à plus de 100 %. L’Italie est arrivée à 77 %, la Grèce presque à 200 %. Mais quand ce sont les pays africains qui sont endettés à 50 %, cela fait un scandale, problème. Toutefois, cela dépend aussi du mécanisme de gouvernance. Il faudra sans doute arriver à faire comprendre aux gens que, quel que soit l’endettement de nos pays du Tiers-monde, de l’Afrique, cela mérite d’être fait. Cela ne va pas être gaspillé, cela va aller dans des investissements structurants, importants qui vont faciliter l’accès à des services, la création d’emplois, l’accompagnement des populations dans les différents domaines.
Mais il ne faut pas qu’on veuille s’arc-bouter sur le fait de dire qu’on ne peut pas vouloir exiger l’annulation de la dette et penser à continuer à s’endetter. Tout le monde s’endette. Ce n’est pas une raison suffisante de donner une réponse comme cela. Il suffit donc de voir comment rentabiliser l’endettement. Ceci pour arriver à ne plus s’endetter. Nous devons changer le système qui fait que les pays du Nord, les multinationales, viennent chez nous nous imposer des contrats qui ne sont pas à la hauteur des ressources naturelles qu’ils nous achètent. C’est le cas du cacao, de l’arachide, de l’or, du pétrole, du diamant, de la bauxite et tous ces minerais-là. S’ils acceptaient de juste payer les réels et véritables prix de ces produits-là, de payer en définitive les taxes et impôts, on n’aurait pas besoin d’aller nous endetter.
Pour cela, c’est le système mondial qu’il faudrait savoir changer pour un ‘’autre monde possible’’. Il faut donc un rapport de force où les gouvernants, les mouvements sociaux, la presse, les citoyens arrivent à s’organiser pour imposer que plus jamais ce qui nous arrive continue à nous arriver. Si nous avons une presse engagée qui comprend les enjeux de la communication, des citoyens engagés, il y a de fortes chances que le système mondial commence à changer dans la gouvernance, les relations internationales et de coopération.
Ce défi, pour le relever, nous devons nous organiser tous en conséquence et arriver aussi à un consensus minimum de démocratie entre les acteurs politiques, de l’opposition, du pouvoir, les syndicats. Ce qui permet de faire face aux enjeux globaux, qui empêcherait, quel que soit l’homme ou le régime qui serait là, de réaliser ses ambitions.MARIAMA DIEME

GESTION DU FONCIER AU SENEGAL : Des députés demandent une concertation Nationale

http://www.enqueteplus.com La polémique sur le foncier était également au cœur des débats, durant les travaux de la Commission aménagement du territoire. Les députés ont d’ailleurs demandé une concertation nationale sur la question. 
La question du foncier, au Sénégal, continue de faire débat. Ainsi, face aux députés composant la Commission aménagement du territoire, de l’urbanisme, des infrastructures et des transports, avant son passage en plénière hier, le ministre de l’Urbanisme a été interpellé sur la question.
Mamadou Lamine Diallo et ses collègues ont, en effet, dénoncé un accaparement de la corniche au détriment des habitants. Ils ont, par conséquent, alerté sur les risques environnementaux de ces projets immobiliers. ‘’Les constructions au niveau du site des Mamelles ont fait particulièrement débat. Ils considèrent que ces espaces sont censés faire partie du domaine public maritime et méritent une protection particulière’’, souligne le rapport des commissaires. Les parlementaires regrettent que cette situation d’accaparement et du bradage du foncier soit également constaté dans la bande des filaos, à Guédiawaye, dans la forêt classée de Mbao, à Thiès, à Mbour…
Eu égard à cela, les parlementaires estiment qu’une concertation nationale sur cette problématique du foncier s’avère impérative pour la sauvegarde des intérêts nationaux.
Abdou Karim Fofana leur a répondu que l’occupation du littoral ne date pas d’aujourd’hui.  ‘’Il y a une occupation traditionnelle et les occupations d’ordre économique d’intérêt public et les occupations privées qui ont fait l’objet d’affectation’’, a-t-il rappelé à cet effet. Avant de préciser que ces dernières datent d’avant 2012. D’après lui, les occupations des Mamelles, monument historique classé, en est une illustration. Il a réitéré d’ailleurs que les autorisations de lotir dans cette zone ont été signées en 2010 par la ville de Dakar. Abdou Karim Fofana rassure toutefois que l’arrêt des chantiers déjà entamés est effectif et un plan total de retrait des baux octroyés dans cette zone est prévu.
Le ministre est cependant d’accord qu’il faut une concertation sur les ratios relativement à son utilisation pour le tourisme, le cadre de vie ainsi que d’autres activités. Il pense ainsi qu’une application rigoureuse de la loi devient impérative. Abdou Karim Fofana a, par ailleurs, d’après le rapport de la commission, sollicité l’accompagnement des parlementaires pour un déguerpissement éminent du marché de Sandaga, ‘’sans heurt, ni accro, vu la réticence et la perplexité des commerçants’’.HABIBATOU TRAORE

FINANCEMENT DES 100 000 LOGEMENTS SOCIAUX : Le gouvernement mise sur une société à participation publique majoritaire 

http://www.enqueteplus.com La réalisation du projet des 100 000 logements, lancé en décembre 2019, nécessite, d’après le ministre de l’Urbanisme, des moyens colossaux. C’est dans ce cadre qu’Abdou Karim Fofana était en séance plénière, hier, à l’Assemblée nationale, pour un projet de loi autorisant la prise de participation majoritaire de l’Etat dans une société anonyme d’aménagement foncier. 
Le gouvernement tient à la réalisation de son projet de 100 000 logements sociaux. C’est dans ce cadre que le ministre de l’Urbanisme était hier à l’Assemblée nationale. Auparavant, c’est-à-dire mardi dernier, il a fait face aux membres de l’inter-commission constituée par la Commission de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat, des infrastructures et des transports, la Commission des  finances et du contrôle budgétaire et la Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains.
Ainsi, la première commission citée, dirigée par le parlementaire Mamadou Lamine Diallo, s’est réuni afin d’examiner le projet de loi n°17/2020 autorisant la prise de participation majoritaire de l’Etat dans la société anonyme dénommée Société d’aménagement foncier et de rénovation urbaine (Safru SA). Le rapport des travaux indique qu’à sa prise de parole, le représentant du gouvernement, Abdou Karim Fofana, a fait savoir que le vaste programme de logements sociaux nécessitera l’aménagement et l’équipement d’importantes assiettes foncières sur l’ensemble du territoire national et la réhabilitation des zones d’habitat insalubres.
Seulement, poursuit-on dans le rapport des travaux de commission, M. Fofana a souligné que la maitrise des coûts pour l’aménagement constitue une contrainte de taille, car nécessitant d’importantes ressources qu’il serait difficile, estime le ministre, de faire supporter au budget de l’Etat. ‘’C’est la raison pour laquelle l’Etat a choisi de s’inspirer d’autres expériences réussies ailleurs, consistant à adopter un modèle de financement innovant basé sur la valorisation foncière, afin d’obtenir des ressources permettant de financer les travaux d’aménagement’’, lit-on dans le document.
Toujours d’après le ministre de l’Urbanisme, pour mener à bien cette mission, il serait judicieux de créer une société anonyme à participation publique majoritairement, dénommée Safru SA, qui se présente, renseigne-t-il, comme la forme juridique la plus adaptée pour atteindre ces objectifs.
Le rapport renseigne ainsi que le projet de loi n°17-2020 a pour objectif d’autoriser l’Etat à une prise de participation majoritaire au capital de la Société d’aménagement foncière et de rénovation urbaine (Safru SA) suivant l’article 7 de la loi  n°90-07  du 26 juin 1990.  A ce propos d’ailleurs, les membres de la commission dirigée par Mamadou Lamine Diallo pensent qu’il faut ouvrir le capital de cette société aux collectivités territoriales au même titre que l’Association des maires du Sénégal (AMS).
Les commissaires ont, en effet, avancé deux motifs pour justifier leurs propositions : ‘’D’une part, si les actions appartenant à cette dernière arrivait à atteindre plus de 5 milliards, l’AMS ne pourra plus soutenir le rythme d’investissement et, d’autre part, si la collectivité territoriale concernée par un programme n’est pas impliquée, il y aurait des risques de blocage.’’ Dans la même veine, les parlementaires ont estimé que la Banque de l’habitat du Sénégal devrait détenir des actions dans la Safru.
Les députés n’ont pas également manqué d’attirer l’attention du ministre sur le cas des Sénégalais de l’extérieur souvent victimes d’escroqueries de la part de ‘’promoteurs véreux’’, dans le cadre des projets immobiliers. Ainsi, sur les critères d’éligibilité des bénéficiaires du projet des logements sociaux, Abdou Karim Fofana fait savoir que 20 % des habitations sont réservées aux Sénégalais de l’extérieur. Il faut cependant, précise le ministre, avoir un agrément délivré par la commission mise en place à cet effet.
Il renseigne toutefois qu’actuellement, 232 000 inscrits sont notés, une cartographie qui permet, dit-il, de prendre en compte la spécificité de chaque demandeur, son origine, son revenu et le département où il souhaite acquérir un logement.
‘’Concernant le financement, le dispositif prend en compte l’offre et la demande de logement, l’allégement des procédures fiscales et d’aménagement…’’, explique-t-on dans le rapport.HABIBATOU TRAORE

Me Doudou Ndoye : «La Dscos n’a pas le pouvoir de détruire une maison»

https://www.dakarmatin.com La Direction de la surveillance, du contrôle et de l’occupation des sols (Dscos) outrepasse ses prérogatives. Selon Me Doudou Ndoye, qui s’est entretenu avec Walf Quotidien, « la Dscos n’a pas le droit de démolir une maison sans se munir, au préalable, d’une décision de justice.
L’ancien garde des Sceaux de marteler : «La Dscos est une branche de la gendarmerie chargée de surveiller les titres fonciers de l’État ou du Domaine national. Elle n’a pas le pouvoir, sur la base de sa propre autorité, pour détruire la maison d’une personne. C’est la justice qui peut se prononcer sur cette question. C’est une voix d’exécution. Sa mission est de constater. C’est le juge qui condamne et autorise la destruction».

PLAN DE RIPOSTE CONTRE LA COVID 19 ET LE BLANCHIMENT DES FONDS DU FONCIER PAR MAMADOU DIOP THIOUNE

https://www.seneplus.com La covid19 enseigne beaucoup sur la sagesse de vivre ensemble et de partager ses biens avec les autres mais non pas de vivre sur la misère d’autrui.
La communauté Lébou, victime des prédateurs du foncier dénonce ce vol d’opinion orchestré dans le cadre de la mobilisation contre la covid 19 avec l’intronisation du major-Leader Tahirou Sarr, le tout sur la misère programmée de toute la famille héritière de feu Mbagour Diagne. La covid19 enseigne beaucoup sur la sagesse de vivre ensemble et de partager ses biens avec les autres mais non pas de vivre sur la misère d’autrui. Bienfaiteur d’un jour, vous avez offensé les héritiers des patrimoines fonciers du décret 32-26 du 26 juillet 1932, citoyens de la république traditionnelle, culturelle et cultuelle des peuples de l’océan et de la commune de plein exercice du 12 juin 1880. L’histoire retiendra que vous n’aviez jamais compris ce que le célèbre auteur Albert Camus disait en écrivant lui-même en plein épidémie de peste. « il y’a dans l’homme plus de choses à admirer qu’à mépriser ».
La plateforme Départementale du Dialogue territorial et de croissance locale des organisations de la société civile en partenariat avec les membres du pool ecologie et Acteurs non étatiques du de Rufisque s’organise solidairement à la famille feue Mbagour Diagne pour réclamer à l’etat les 94 milliards , de la valeur du titre foncier 1451/r en réponse à la contribution d’un milliard de francs de Tahirou Sarr qui cherche un classement de leadership dans le secteur privé national dans la lutte contre le covid 19 derrière le chef de l’état Macky SALL.

 -COVID 19 , UN ENNEMI PUBLIC RASSEMBLEUR ET NON UN COULOIR DE BLANCHIMENT-

La plateforme Départementale de Dialogue territorial et de croissance locale des organisations de la société civile « Acteurs non étatiques » de Rufisque ne partage pas la vision de considérer Mr Tahirou Sarr comme le major Leader du secteur privé national pour une contribution d’un milliard de francs sur les 94 milliards, sujet qui dominé l’actualité politique au Sénégal dans un contexte où la covid 19 rassemble tous les sénégalais à la solidarité agissante

-RUFISQUE INDIGNEE DE SON EXCLUSION DE SA RESILIENCE INTERPELLE LA JUSTICE SOCIALE

Les populations de la ville de Rufisque ne bénéficient pas d’assistance des personnes vulnérables et nécessiteuses dans les fonds de résilience contre le covid19 et ce, du fait de son statut alors qu’en réalité, il y existe bien des poches de pauvreté et d’insécurité alimentaire que le département ignore et ne peut couvrir, ni régler…. Si un jury d’une société civile de classement des donateurs et de lamentations publiques sur la contribution de la covid 19 a le mérite de placer Mr Tahirou Sarr au rang de major- leader du secteur privé national, nous pensons qu’il est de son devoir d’assister les victimes des prédateurs du foncier de Rufisque contre cette agression foncière et financière et de les sortir de leur misère.

-DEPARTEMENT DE RUFISQUE, CHRONIQUE D’UN ACCAPAREMENT PROGRAMME DU FONCIER –

La revue documentaire du décret 1197 du 12 novembre 1997 confirme le détournement des parcelles des populations de Diokoul menacées de l’avancée de la mer et le décret 2000-874 du 31 octobre 2000 portant l’expropriation des terres privées des familles lébou suivie d’un enregistrement sous-seing privé contre lesintérêts et au détriment de l’etat du Sénégal par dessociétés publiques. toutes les situations conflictuelles convoquent la complicité agissante des services administratifs qui ont délivré délibérément des avissur des procéduresillégales et non réglementée ssur Tf 862/r, tf 1251/r à l’exemple du Dp 352 des tni de Rufisque mutés par des procédés d’inscription de Domaine public «Dp» ou Département de Pikine « Dp». il s’y ajoute le non-respect du décret de délimitation 96-745 par les délibérations municipales des titres fonciers privés des patrimoines fonciers des familles feus Seck ndiaye et Malick Ndoye ( Tf 777/r ), le périmètre de Sédima de Ndiakan Tf 862/r, Tf 1251/r , Tf 1188/r commune de Rufisque Ouest avec le patrimoine de feu Beyeum Ciss, la famille feu Sellé Ndoye et consorts (Tf 970/r –Mbeer .

DEPARTEMENT DE RUFISQUE, LE RENDEZ-VOUS DES SCANDALES FONCIERS

Au-delà du cas de la famille de feu Mbagour Diagne (tf 1451/r), la plateforme Départementale de Dialogue territorial et de croissance locale en partenariat avec le collectif de Défense du foncier du département de Rufisque dénonce les agressions foncières dont les victimes sont les héritiers de feue Ourouss Ndoye Mou Mag et Ourouss Ndoye mou Ndaw, (tf 869/r – litige de Jean Baptiste Diouf- Député ) les héritiers de feu el hadji Massamba Diène LO, ( Tf 587/r) , les familles feue Arame Gueye plus connue sous le cas de Mandiaye THIANDOUM ( Tf 1107/r ) enfin la dernière affaire Socabec « mmS » vidée par la cour d’appel de Dakar nous édifie sur l’usage des faux et faux en écritures dans le foncier etc…..
Malgré les directives de restitution de son excellence le président de la république monsieur Macky SALL, il est fait constat des états de concussion et de faux , usage de faux et faux en écritures portant des fausses mutations des terres par transfert des domaines de Rufisque à Pikine, de la persistance des agressions d’abattage des baobabs centenaires et la déforestation de Mbeutt et l’accaparement des terres par Fil-Fili et consorts dans les zones de vocation agricole du Tf 2374/r etc….

RUFISQUE DEPARTEMENT, CONSEIL NOTABLE LEBOU, MOBILISATION DE L’INITIATIVE CITOYENNE DE PROTECTION DES TERRES COMMUNAUTAIRES

Dans l’initiative de protection des terres communautaires et familiales, la plateforme Départementale du dialogue territorial et de croissance locale des organisations de la société civile légale et légitime interpelle le chef de l’etat à vider la procédure du contentieux portant sur le décaissement des 94 milliards au préjudice des héritiers de la famille feu Mbagour Diagne qui convoque entre autres acteurs des faits de concussion mr Tahirou Sarr et consorts. et c’est au nom de la communauté Lébou , de la famille feu Mbagour Diagne et des principales familles victimes programmées des prédateurs du foncier et leurs complices que nous déclarons notre adhésion à la mobilisation contre la covid 19 tout en souhaitant l’atteinte aux objectifs à, son excellence monsieur Macky SALL et au peuple du Sénégal et du monde entier. tout en se donnant rendez-vous dans un moment très voisin au redressement de notre situation sanitaire, socio-économique, financier, écologique et environnemental, nous sommons Mr Tahirou Sarr à respecter les sénégalais, les Lébou et à restituer les biens immobiliers, fonciers et financiers à la famille feue Mbagour DIAGNETous, ensemble pour une justice sociale, « LAHOON – – NIAKOON- FAKOON »Honorable Mamadou Diop THIOUNE, Baye Khaly–Grand Jaraaf- Haut conseiller des collectivités Territoriales & Leader ecologiste, Président de la Plateforme Départementale de Dialogue Territoriale et de croissance Locale des organisations de la société civile -Pl/A.N.E de Rufisque

TRANSPORTS–Nouvelle loi portant orientation et organisation du secteur : Une batterie de mesures novatrices

https://www.lequotidien.sn Le projet de loi n°20/2020 portant orientation et organisation des transports terrestres, qui a été présenté en Commission le 22 juin 2020, «préconise de nouveaux comportements et renferme d’importantes mesures novatrices qui sont urgentes à prendre».
Pour faire face aux difficultés notées dans le secteur des transports terrestres, le Sénégal s’est doté d’une nouvelle loi n°20/2020 portant orientation et organisation du secteur. Elle est présentée comme étant la doctrine de la politique des transports terrestres de notre pays. En cela, elle conditionne beaucoup de textes législatifs et réglementaires ultérieurs (Code de la route, loi sur la voirie, par exemple).
Elle préconise de nouveaux comportements et renferme d’importantes mesures novatrices qui sont urgentes à prendre. Entre autres, mentionne le rapport de la Commission de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat, des infrastructures et des transports, «la réglementation de la voirie pour régler les problèmes d’embouteillages et de stationnement dans nos villes ; l’instauration d’une structure de concertation entre les acteurs  : le Conseil national des transporteurs terrestres (Cntt) ; la création d’une agence de sécurité routière, dédiée entre autres à la sensibilisation ; la mise en place d’un fonds de développement des transports, alimenté par l’Etat et d’autres sources de financement, qui permettra de renouveler le parc automobile et d’édifier des gares routières modernes».
Aussi note le document, «l’impératif d’accorder aux usagers un accès aux services de mobilité collective à l’instar du Train express régional (Ter) et du Bus rapid transit (Brt) est bien pris en compte dans les objectifs de la nouvelle loi d’orientation».
A partir de 2021, «de nouvelles conditions seront établies dans les transports publics, afin de réguler davantage ce secteur. Les réglementations à venir fixeront des conditions d’âge plus restrictives pour les véhicules de transport public de personnes et de marchandises. Ne sera plus autorisée l’importation de véhicules usagés faisant la concurrence au transport public ou du moins elle sera fortement taxée. Tout comme seront introduits des critères d’admission pour être transporteur».
Interpellé en Commission par les députés sur le permis à points, le ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement a fait savoir que «c’est une mesure opportune face à l’augmentation annuelle constatée des cas d’accidents et concerne aussi bien les chauffeurs professionnels que les autres conducteurs». Aussi poursuit-il, «les limites d’âge fixées (25 ans, par exemple pour avoir le permis B) sont justifiées et adaptées à nos réalités». Selon Me Oumar Youm, «l’ensemble de ce dispositif de régulation devra permettre de lutter plus efficacement contre le transport clandestin et l’insécurité routière».

«Dispositif novateur»

Le ministre a rappelé l’objectif que s’était fixé notre pays à travers la loi n°2003-04 du 27 mai 2003 portant orientation et organisation des transports terrestres et qui était de «définir le cadre d’orientation générale et de développement du secteur dans lequel tout programme d’action et toute initiative devraient s’inscrire.
Cette loi avait permis de répondre aux préoccupations les plus urgentes de l’époque, relatives à la politique tarifaire, à la concertation avec les acteurs et à la mise en cohérence du schéma institutionnel de gouvernance du secteur».
Toutefois, indique Me Youm, «après 15 ans d’application de cette loi, le secteur des transports terrestres reste confronté à de nombreuses difficultés qui sont entre autres, une gouvernance institutionnelle très faible ; une professionnalisation des acteurs balbutiante ; un secteur désorganisé avec une pluralité d’opérateurs privés et de syndicats.
Pour faire face à cette situation, il urge d’adopter une nouvelle loi d’orientation qui va abroger la loi n°2003-04 du 27 mai 2003 précitée».
La nouvelle loi n°20/2020, qui vient d’être adoptée, permettra ainsi au Sénégal de se doter d’un dispositif novateur qui détermine l’organisation et la modernisation des systèmes de transports routiers et ferroviaires.
Quant au nombre de véhicules en circulation dans notre pays, il a indiqué qu’il est difficile d’établir des statistiques exactes, dans la mesure où celles qui sont fournies ne sont pratiquement basées que sur les enregistrements lors des importations ; tandis que ceux qui sortent du parc ne sont pas officiellement répertoriés.
Toutefois, les données actuelles disponibles dénombrent 45 mille taxis et 9 mille véhicules sur le segment de l’interurbain.

INTERDICTION DES SACHETS ET GOBELETS PLASTIQUES : Les Sénégalais entre entêtement et attente d’alternative

http://www.sudonline.sn Deux mois après l’entrée en vigueur de la loi n°2020-04 du 8 janvier 2020 relative à la prévention et à la réduction de l’incidence des produits plastiques sur l’environnement, l’usage et la vente des sachets plastiques à faible micronnage, de gobelets et assiettes à usage unique, ont toujours cours en dépit des sanctions prévues contre tout contrevenant et des engagements des autorités à la faire appliquer. Affirmant avoir du mal à gérer cette transition soudaine, les commerçants sollicitent des préalables, notamment des alternatives, pour l’effectivité de la loi
Les sachets plastiques à faible micronnage communément appelés «mbouss», les tasses, assiettes et autres couvercles en plastique à usage unique sont désormais officiellement interdits au Sénégal. Seulement, la réalité est toute autre sur le terrain. Dans les rues, ruelles et autres espaces, la quasi totalité des déchets qui jonchent le sol ; sachets, tasses à jeter, gobelets et bouteilles, couvercles ; etc., sont à base de plastique.
Un petit détour au marché Sotrac de Keur Massar, permet de constater que pratiquement rien n’a changé dans les usages. Pis, ces sachets en plastique sont aujourd’hui plus que jamais présents dans tous les commerces. De l’emballage de produits achetés, à la vente de jus, d’eau, de glace etc., ces sachets à usage unique qui se retrouvent dans la nature, avec leurs conséquences environnementales néfastes, règnent en maître. Ici, l’information relative à la loi semble n’être pas passée ou du moins pas totalement assimilée.

AUCUNE SOLUTION DE REMPLACEMENT

En atteste, cette jeune fille assise à l’entrée du marché, entourée de glacières remplies de jus et de sachets d’eau qui affirme n’avoir pas eu écho de cette interdiction. «Ce n’est pas la première fois que j’entends ce genres de choses et je sais qu’on va tôt ou tard vers sa soustraction effective. Mais, en ce qui concerne, cette interdiction récente, je ne suis vraiment pas au courant et je n’ai même pas entendu quelqu’un en parler. En plus, je me procure des sachets chaque jour, en grand nombre, comme d’habitude, sans aucune difficulté. Et je n’ai constaté ni manque, ni augmentation des prix», a-t-elle soutenu. A quelques mètres de là, Aliou Dia tient une cantine où il vend du lait caillé écrémé servi aussi dans des sachets imperméables.
Contrairement à sa voisine, il est au courant des dernières mesures, mais continue de passer outre pour assurer la stabilité de son activité. Et d’expliquer : «Ce n’est pas la première fois que l’Etat parle d’interdiction des sachets plastiques. Je me rappelle, à l’époque où j’étais encore à la Medina, le gouvernement avait alors interdit l’utilisation et la vente des sachets plastiques. J’avais tenté de m’y conformer. Mais, quand j’ai commencé à demander à des clients de se munir de récipients pouvant contenir le lait, j’en ai payé les frais. Les clients me disaient souvent : «c’est toi qui vends, tu n’as qu’à nous trouver où le mettre.»
Et certains préféraient même ne pas revenir acheter. C’est là que j’ai réalisé que ça ne pouvait plus continuer et j’ai renoué avec les mbouss plastiques, comme tout le monde». Aussi s’est-il désolé : «je crains que si la loi s’applique dans toute sa rigueur, qu’on perde le fil de notre activité. Je ne sais pas comment faire avec les clients parce que, pour l’instant, aucune solution de remplacement n’est proposée». La même réaction est notée chez son voisin, un vendeur de café nommé affectueusement dans ce marché Assane Baye Fall. Ce dernier ne veut entendre parler ni de retrait des tasses en plastique ni de transition avec les gobelets en papier, de peur de frôler directement la faillite. «Interdire l’usage des sachets et tasses en plastique revient à nous interdire de vendre le café. Déjà les gobelets en papier dur qu’on nous propose, on nous les vend à 2500 F Cfa le paquet, alors que les tasses à jeter coûtent seulement 750 F Cfa le paquet. Il y a une grande différence. En tout cas, si l’Etat nous propose une solution raisonnable et accessible, on est preneur ; mais, au cas contraire, on ne va pas lacher prise», a-t-il martelé.

LES COMMERCANTS PAS ENCORE PRETS

Alors que la loi interdit formellement la vente des sachets et plusieurs gammes de plastiques, avec des amendes conséquentes et peines allant de 3 à 5 ou 10 ans de prison ferme contre les contrevenants, Bass Khouma, vendeur de plastiques de tout genre au marché Sotrac, n’en a cure. Interrogé, il lâche, avec une dose d’amertume : «écoutez, il n’y a rien à dire làdessus. Je ne fais que vendre et tant qu’il y aura des fournisseurs et des acheteurs, je vais continuer d’en vendre, jusqu’à nouvel ordre. Et si je n’en vois plus, je me tournerai vers d’autres activités, c’est aussi simple. Les sachets plastiques font partie de notre quotidien, on en trouvera même au Palais. Mais les Sénégalais aiment trop s’attarder sur des détails», a-t-il laissé entendre. Commerçant depuis plus de 10 ans, Serigne Diop n’a pas l’intention de changer ces vieilles habitudes, à défaut de retrouver une alternative. «Ce n’est pas facile de s’en départir comme ça, du jour au lendemain. Parfois, l’Etat prend des mesures sans étudier leur impact sur le quotidien des Sénégalais.
Les sachets en plastique, nous les boutiquiers, déjà on ne les vend pas, on les offre aux clients comme emballage à l’achat de produits. Parfois, il nous arrive même de vendre un produit de moins de 100 F Cfa et le client réclame un sachet de 25 F Cfa. Vous voyez le manque à gagner. Alors, imaginez la transition avec les sachets ou sacs en papier qui sont plus couteux, mais on ne va pas s’en sortir. Ce n’est même pas envisageable», s’est-il plaint. Avant d’ajouter : «l’Etat, avant de soustraire ces plastiques du marché, devrait mettre en place d’autres alternatives, accompagner les Sénégalais à les adopter. Et, comme ça, il pourra les retirer progressivement du marché et ça ne portera atteinte à personne», a-t-il proposé.

FERMETE ET RIGUEUR

Trouvée dans un magasin, un gros sachet contenant ses provisions posé juste à terre, un bout de papier préfabriqué en éventail à la main, Ndèye Arame fait des mouvements de main pour s’offrir un peu d’air dans cette pièce exiguë. Malgré qu’elle utilise encore les sachets en plastique, elle reconnait leurs effets néfastes sur l’environnement. «Franchement, je reconnais le danger de ces plastiques. J’en ai entendu parler et reparler et j’ai suivi un documentaire sur ça sur une chaine étrangère. Il paraît que le plastique est à l’origine de plusieurs maladies respiratoires, allant même jusqu’à pouvoir causer le cancer. Je suis d’accord avec l’Etat sur l’interdiction et j’exhorte qu’il y ait plus de fermeté. Si les amendes persistent, tout le monde finira par s’en départir», a-t-elle argumenté. Nos tentatives de faire réagir les autorités du ministère de l’Environnement et du Développement durable sur cette «inondation» du marché sénégalais de produits plastiques, malgré l’effectivité de la loi depuis deux mois (le 20 avril 2020) et les garanties du ministre Abdou Karim Sall de la faire appliquer dans toute sa rigueur, tout comme les mesures prises (ou en cours), sont restées vaines

Licenciement et autres : l’inspection du travail croule sous les plaintes

https://www.pressafrik.com Jamais l’inspection du travail n’a travaillé à un rythme aussi effréné. Malgré l’ordonnance n°001-2020 du 8 avril 2020, aménageant des mesures dérogatoires au licenciement et au chômage technique durant la période de la pandémie, certains chefs d’entreprises procèdent à des licenciements ou envoient des employés au chômage technique sans renumérotation.
Les inspections du travail, selon l’observateur, sont beaucoup plus plus sollicités que d’habitude pour les litiges, plusieurs emplois étaient menacés.
Les inspections du travail sont plus sollicitées que d’habitude car la pandémie a mis à rude épreuve les emplois en menaçant leur pérennité, a fait savoir Amar Diop, inspecteur exerçant dans la région de Dakar. Le taux de fréquentation a été faible pendant les premières heures de restriction, mais depuis un mois, il est très élevé et même plus avant la covid19.
Dans les 95% des cas, se sont les employés qui se plaignent d’avoir été licenciés, alors que l’ordonnance l’interdit, et ils demandent leur réintégration, ou alors on les a mis au chômage technique sans renumérotation ou avec 50%, tandis que le minimum c’est 70%.Salif SAKHANOKHO

Le Sénégal prêt à accueillir le sommet des chefs d’Etat du CAMES en 2021 (ministre)

APA-Dakar (Sénégal) Par Edouard TouréLa République du Sénégal est disposée à abriter en 2021 le sommet des Chefs d’Etat du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES), selon son ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Cheikh Oumar Anne.
« Le président de la République du Sénégal prendra contact comme il se doit avec ses collègues pour que le sommet des Chefs d’Etats du Cames se tienne en 2021. Et notre pays est prêt à accueillir ce sommet », a affirmé, vendredi soir, le ministre Anne.
Il s’exprimait lors de la remise virtuelle de la première édition du Prix Macky Sall pour la Recherche (PMSR) du CAMES. Doté de 60 millions f cfa, ce prix est décerné au « Programme Thématique de Recherche-Santé » (PTR-Santé) d’un réseau de jeunes chercheurs sous la conduite du Professeur Fatou Bintou Sarr, pour son étude sur la pandémie de Covid-19
« Le Sénégal prendra en charge, chaque année, la récompense qui accompagne ce prix Macky Sall pour la recherche », a promis le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de la République, Cheikh Oumar Anne.
Car, à son avis, « le Prix Macky Sall pour la Recherche contribuera de façon pérenne à donner corps à la vision panafricaniste de son illustre parrain et à soutenir ses efforts pour unifier l’Afrique et la bâtir grâce aussi à la production et à la diffusion de connaissances ».
« Ce Prix, a-t-il poursuivi, permettra aux enseignant-chercheurs et aux chercheurs de l’espace CAMES de travailler en réseaux multi-pays et à fédérer les différents projets des programmes thématiques de recherche du CAMES (PTRC) pour la prise en charge de la pandémie du Covid-19 ».TE/APA

Association des Utilisateurs des TIC «ASUTIC» : Appel à la non-prorogation de l’état d’urgence

Monsieur le Président de la République,

Dans ces circonstances sanitaires particulières où des décisions urgentes sont capitales, les pouvoirs publics sont contraints à l’efficacité. Pressés d’agir, ils doivent pouvoir déroger, pour un temps limité, à certaines contraintes habituelles, toutefois, cette urgence ne vous dégage pas de la responsabilité que vous confie la constitution de restaurer les principes de l’état de droit au Sénégal.
Depuis l’instauration de l’état d’urgence, le 23 mars 2020, l’Association des Utilisateurs des TIC (ASUTIC) a fait état de sa non-pertinence comme mesure de lutte contre la COVID-19 car les textes existants ainsi que des actions de communication pour une appropriation citoyenne de la riposte, suffisaient largement pour répondre au défi sanitaire.
En outre, l’association a surtout fait part à plusieurs reprises de son inquiétude à l’égard du risque de pérennisation de l’état d’urgence par­ l’entrée­ dans­ le­ droit­ de­ commun­ de ­certaines­ mesures­ particulièrement­ attentatoires aux­ droits­ et­ libertés.
ASUTIC constate avec inquiétude ce basculement normatif qui s’installe dans la durée en portant une atteinte insupportable aux libertés fondamentales, pour lesquelles les citoyens se sont toujours battus et qu’ils nous ne voudraient pas voir réduites sous la pression de la menace sanitaire.
Vous aurez noté, Monsieur le Président, que le Sénégal ne devrait être pas cité parmi les pays africains qui semblent utiliser l’état d’urgence comme solution à leurs problèmes économiques et sociaux en portant atteinte, au nom de la « santé publique », au droit fondamental de se réunir et de manifester. Le Sénégal s’illustrerait ainsi négativement.
Après trois mois d’état d’urgence, les résultats montrent que l’état d’exception ne favorise en rien la protection des citoyens et empêche au contraire de concevoir une réponse de long terme à la menace sanitaire.
L’état d’urgence a été prolongé à trois reprises, par décret, suite à la loi d’habilitation n°2020-13 du 01 avril 2020. Si sa prorogation est votée à nouveau par l’Assemblée Nationale, le Sénégal connaitra une nouvelle période sous ce régime d’exception, un record.
La menace qui pèse sur le Sénégal – comme sur d’autres pays d’Afrique et du monde – reste et restera longtemps élevée. Plus de 3 mois après son instauration, des raisons objectives de la prorogation de l’état d’urgence ne peuvent être établies.
La consultation du comité national de gestion des épidémies au Sénégal est une démarche pertinente mais ne vous suffira pas pour avoir une vision complète de la situation car il a une approche strictement médicale de la gestion du COVID-19.
Aussi, l’appréciation objective de la situation actuelle commande d’entendre l’ensemble des acteurs (juristes, universitaires, éducateurs, religieux, les élus locaux, la société civile, les représentants des communautés de base…) qui vous éclaireront sur les effets toxiques de l’état d’urgence sur l’état de droit, en sus, du coût social et économique très élevé pour l’ensemble de la société sénégalaise.
En contournant le juge judiciaire garant des libertés, en épuisant les forces de sécurité, l’état d’urgence s’avère à long terme non seulement inefficace, mais aussi contre-productif.
Aussi, ne pas le renouveler serait, restaurer l’état de droit et un pas en avant vers une réflexion sur la résolution à moyen et long terme de la menace sanitaire dans une société soudée autour des valeurs et principes démocratiques les plus fondamentaux.
A défaut, la décision de le proroger tendrait à pérenniser et normaliser une approche policière de la santé publique, au moment où, elle est de plus en plus perçue par les citoyens comme relevant davantage de la communication politique que de la logique sanitaire.
Le droit commun, déjà de plus en plus imprégné de dispositions dérogatoires aux principes fondamentaux de la Constitution, se retrouverait ainsi disqualifié par la longueur de l’état d’urgence, et cela serait préoccupant pour l’avenir.
D’un régime d’exception à celui permanent, tout évènement servirait, désormais, ­ de prétexte pour instaurer un régime policier facteur d’accentuation du contentieux social.
Enfin, nous tenons à vous rappeler que les Sénégalais, ont fait savoir par une série de manifestations, qu’ils n’en peuvent plus des interdictions et autres restrictions de l’état d’urgence.
Compte tenu des éléments précités, la prorogation de l’état d’urgence ne se justifie plus car inefficace pour lutter contre le Covid-19, mais surtout, elle représente un risque de fractures sociales.
Nous invitons donc le gouvernement à ne pas soumettre à l’Assemblée Nationale, un projet de loi en vue de proroger l’état d’urgence au-delà de la période des 3 mois fixée par la loi d’habilitation n°2020-13 du 01 avril 2020.Veuillez agréer, Monsieur le Président, notre très haute considération.Fait à Dakar, le 26/ 06/2020, Le Président Ndiaga Gueye

LA BARRE DES 100 DÉCÈS FRANCHIE CE SAMEDI

Dakar, 27 juin (APS) – Le Sénégal a franchi la barre des 100 décès liés à la Covid-19, selon les chiffres rendus publics samedi par les autorités.
Quatre décès supplémentaires ont été enregistrés au cours des dernières 24h, ce qui porte à 102 le nombre de malades ayant succombé à la Covid-19, a rapporté le ministre de la Santé.
105 nouvelles contaminations ont été également signalées, ce qui porte à 6459 le nombre de cas déclarés dans le pays depuis le 2 mars 2020.
Sur 1009 tests effectués au cours des dernières 24h, 105 sont revenus positifs dont 84 cas contacts suivis et 21 issus de la transmission communautaires recensés à Dakar (17) Fatick (02), Mbour (01) et Saint-Louis (01).
Selon Abdoulaye Diouf Sarr, 62 malades ont été déclarés guéris tandis que 26 cas graves sont dans les structures de réanimation.
A ce jour, le Sénégal a dénombré 6459 cas dont 4255 guéris, 102 décédés et 2101 sous traitement.OID

Mercy Ships lance l’initiative «Stoppons le coronavirus en Afrique» avec 225 millions d’euros

https://www.financialafrik.com Mercy Ships vient de créer un fonds d’aide à l’Afrique de 225 millions d’euros destiné à l’acquisition du matériel sanitaire, à l’organisation de formations sanitaires en-ligne pour la fourniture d’assistance en cas d’urgence, à la prévention et aux soins spécifiques aux patients atteints de COVID-19 dans des pays africains à l’instar de Madagascar, du Libéria, du Bénin, du Togo, de la Sierra Léone, du Ghana et du Congo … . Ces pays ont déjà réceptionné d’importants dons en matériel d’assistance sanitaire.
Initié dans le cadre de l’initiative «Stoppons le coronavirus en Afrique», ce programme s’ajoute à une longue histoire de Mercy Ships, actif sur le continent depuis trois décades. Epargnée par le coronavirus au tout début de la pandémie, l’Afrique est aujourd’hui confrontée à une montée en force des taux d’infection et des décès. De plus, les experts soulignent que le nombre de cas signalés est largement sous-estimé et que l’épidémie aura des conséquences dévastatrices sur les populations africaines. “Les systèmes de santé des pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale par exemple sont très fragiles nous fait observer un responsable de l’ONG Mercy Ships”, répondant à nos questions.
L’initiative “Stoppons le coronavirus en Afrique” est développé par Mercy Ships, à travers l’engagement humanitaire de son fondateur Don Stephens, relayé par son Président Directeur Général, Tom Stogner, et mise en oeuvre par son Directeur Général pour l’Afrique, Dr Pierre M’Pelé, en partenariat avec le Bureau Afrique de l’OMS.  Rodrigue Fénélon Massala

Le Japon octroie plus d’1 milliard de FCFA au Sénégal pour soutenir le plan de riposte

https://www.dakaractu.com Le gouvernement du Japon a mis à la disposition du Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (UNICEF) une contribution de plus de 2.600.000 USD, soit plus de 1.545.000.000 FCFA pour soutenir les efforts menés dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la COVID-19 par le Gouvernement du Sénégal.
Selon un communiqué rendu public, la contribution du Japon est destinée à soutenir les interventions visant à réduire la transmission du virus et atténuer l’impact de la pandémie sur les enfants et les femmes. Plus précisément, grâce à l’appui du Japon, l’UNICEF accompagnera le Gouvernement dans trois domaines : 1) le renforcement des dispositifs de prévention et de contrôle des infections; 2) l’appui à la continuité des services de santé et de nutrition pour les familles les plus vulnérables ; et 3) l’appui psycho-social aux enfants affectés directement ou indirectement pas la COVID-19 annonce la même source.
« Tout d’abord, pour renforcer les dispositifs nationaux de prévention et de contrôle des infections, l’UNICEF mettra à disposition du matériel médical et de produits d’hygiène pour prendre en charge les cas de COVID-19 tout en protégeant le personnel médical et les communautés qui utilisent les services de santé. Cet appui est d’autant plus important que la COVID-19 combinée à l’installation de l’hivernage et la période de soudure augmente les vulnérabilités à la malnutrition aigüe sévère et à d’autres maladies comme le paludisme. Au moins 250.000 personnes, dont des enfants et des femmes vont bénéficier de ces services essentiels et matériels et produits médicaux et d’hygiène », détaille la note. Ensuite, afin de soutenir les efforts nationaux pour un accès continu des femmes, des enfants et des communautés vulnérables aux services de santé maternelle, néonatale et infantile et de nutrition, essentiels, ce sont quelques 500 personnels de santé et agents de santé communautaires qui bénéficieront d’un renforcement de capacités pour la prise en charge, la prévention et le contrôle des infections. Environ 40.000 enfants et femmes devraient continuer à accéder aux structures de santé en toute sécurité et à recevoir des services de santé essentiels, comme la vaccination, les consultations prénatales et postnatales, les soins contre les maladies infectieuses, etc…
Enfin, conclut-elle, pour répondre aux besoins d’appui psychosocial des enfants affectés par la COVID-19, les services et les travailleurs sociaux, ainsi que des réseaux de volontaires auront leurs capacités d’intervention renforcées. Environ 20.000 enfants et parents vont bénéficier d’un soutien psychosocial.

Mouvement d’humeur des médecins doctorants : La Directrice générale de la Santé annonce le paiement des primes

https://www.seneweb.com Le ministère de la Santé va  payer les primes des médecins doctorants des centres de traitement des épidémies de Diamniadio et de Dalal Diam. C’est du moins l’annonce faite par la directrice générale de la Santé, Marie Khemesse Ngom en visite à Kédougou dans le cadre du lancement de la campagne de chimio prévention saisonnière contre le paludisme.
Les médecins doctorants des centres de traitement des épidémies (Cte) de Diamniadio et de Dalal Diam regroupés au sein d’un  collectif  pour dénoncer le non-respect des engagements de leur ministre de tutelle doivent pousser un ouf de soulagement. Et pour cause, le ministère de la Santé par la voix de la directrice générale de la Santé annonce un certain nombre de mesures les concernant. En réaction à ce mouvement d’humeur des médecins doctorants, Marie Khémesse Ngom, avoue :   « C’est l’occasion de saluer le civisme et la détermination des agents de santé mais également des agents sur le plan social, des étudiants en médecine. Je pense qu’il y a eu beaucoup de volontariat autour et ce sont des choses parfois qui ne peuvent pas manquer. Mais ce qui est important, c’est que la solution est là. Je pense que même certains ont été payés mais il faut dire que c’est beaucoup qui sont partis pour un volontariat mais je pense que c’est un problème qui va être réglé. Je ne pense même pas qu’un médecin puisse jeter l’éponge. C’est juste une caricature mais ils sont tous autour des malades », explique-t-elle.
Il faut rappeler que le collectif des médecins doctorants des centres de traitement des épidémies de Diamniadio et Dalal Diam a annoncé ce 25 juin la « cessation de toutes les activités de prestation médicale dans les centres de traitement des épidémies. » Reste à savoir si cette annonce pourrait convaincre ces médecins à suspendre leur mouvement de grève pour continuer à accompagner le ministère de la Santé dans ce processus de lutte contre la COVID-19.

POUR EXIGER LE PAIEMENT DE LEURS ARRIERES, DES ATTESTATIONS APRES COVID-19 ET PLUS DE CONSIDERATION : Les médecins doctorants désertent les centres de traitement de Diamniadio et Dalal Jamm

https://www.jotaay.net Si toutes les parties s’étaient donné la main au début, pour combattre le coronavirus, on note désormais des fissures dans les rangs. Les médecins doctorants, qui avaient répondu dès les premières heures à l’appel pour la lutte contre l’épidémie, ont décidé de cesser toute activité de prestations médicales dans les centres de traitement du coronavirus de Diamniadio et Dalal Jamm. Une situation bien délicate, au vu de l’évolution de la maladie.
Bientôt 4 mois que les Sénégalais vivent avec le Covid-19. Mais il faut reconnaître que l’engagement dans la lutte contre l’épidémie s’effrite de jour en jour. D’abord avec le relâchement des populations qui agissent comme s’il n’y avait plus de danger, alors que les cas positifs et les décès augmentent de plus en plus. S’y ajoutent maintenant les grèves du personnel médical. En effet, les médecins doctorants des centres de traitement de Diamniadio et Dalal Jamm qui se sont constitués en collectif, se sentant lésés et frustrés, ont, depuis le jeudi 25 juin à 19h, mis fin à leur activité de prestations médicales. Selon le Dr Chérif Aïdara Ndiaye, c’est suite à l’appel d’offres du Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous) qu’ils ont rejoint la lutte, après avoir suivi une formation en la matière. Les médecins doctorants composés d’étudiants en médecine, de médecins généralistes mais aussi de médecins spécialistes, ont été déployés dans les Cte. «Au début, c’était le Cous notre interlocuteur, mais ils nous ont fait savoir le 3 mai que désormais, tous les dossiers sont transférés au ministère», renseigne Chérif Aïdara Ndiaye.

Cherif Aïdara Ndiaye : «nous sommes frustrés, nous méritons un meilleur traitement»

Le médecin doctorant à l’Ucad reconnaît par ailleurs qu’il n’y avait qu’un contrat moral entre eux et les autorités sanitaires. A l’en croire, il était convenu de leur payer à chaque fin de semaine un montant, mais cela a été revu à la baisse. «Non seulement le montant a été revu à la baisse, mais depuis le 3 mai, nous n’avons rien perçu. Il faut aussi compter le non-respect des engagements du ministre de tutelle qui a reçu nos doléances lors de sa visite au Cte de Diamniadio», regrette le représentant du collectif. Même si Dr Ndiaye reconnaît qu’il leur a été alloué une motivation mensuelle de 150.000 francs cfa, il déclare qu’ils ont aussi droit à un salaire de base. «Face au mutisme des autorités, nous sommes allés vers l’information. Une rencontre avec le Drh, le Dage et le Dlm a été organisée le jeudi 25 juin, mais face à leur réponse, nous n’avons d’autre choix que de cesser nos interventions», dit-il.
Hormis les primes de motivation mensuelles de 150.000f, octroyées à tout le personnel des Cte, les médecins doctorants ne percevront rien du ministère, car n’ayant aucun lien légal avec lui. «Nous sommes frustrés parce que nous nous sentons lésés ; le Drh nous a dit que même cette motivation nous est versée sur la demande et la bonté du ministre. Il nous refuse même une attestation après la fin de l’épidémie et pire, nous n’avons aucune garantie du ministère», affirme Chérif Aïdara Ndiaye, qui estime que les responsables et pères de famille qu’ils sont méritent plus de considération.Ndèye Khady D. FALL

Transfusion sanguine et médicaments dérivés du sang : L’Assemblée nationale adopte en séance plénière le projet de loi.

https://www.dakaractu.com Pour rappel si besoin en est, l’organisation actuelle de la transfusion sanguine au Sénégal est principalement basée sur le système des banques de sang hospitalières, ce qui rend très difficile leur coordination, l’harmonisation et le contrôle des pratiques transfusionnelles. Cette situation ne permet donc pas d’optimiser les conditions d’une meilleure disponibilité et sécurité transfusionnelle sur l’ensemble du territoire national.
C’est pourquoi la présente loi qui vient d’être adoptée vise à formaliser le nouveau cadre institutionnel des structures de transfusion sanguine, de définir les responsabilités administratives et pénales des professionnels de la santé, les droits et devoirs des donneurs et des receveurs, ainsi que les conditions générales de la pratique transfusionnelle et de l’approvisionnement en médicaments dérivés du sang.
Ainsi, les structures de transfusion sanguine sont désormais constituées du Centre national de Transfusion sanguine (CNTS) , des Centres régionaux de Transfusion sanguine (CRTS) , des Postes de Transfusion sanguine (PTS) et Dépôts de sang (DS).
Les Centres régionaux de transfusion sanguine (CRTS) sont créés dans les capitales régionales, à proximité des hôpitaux et sont sous l’autorité du Centre national de transfusion sanguine (CNTS).
Les postes de transfusion sanguine (PTS) peuvent être créés dans les établissements publics de santé sur demande du Directeur de l’EPS concerné et après avis du Directeur du Centre national de transfusion sanguine (CNTS).
Les dépôts de sang peuvent être créés dans les structures sanitaires où le besoin se justifie avec comme objectif la conservation et la distribution de sang provenant du CNTS, des CRTS ou des PTS.
Aussi, des modalités de prélèvement ont été définies pour protéger l’intégrité physique des donneurs en l’absence de toute contrainte physique, morale ou financière et dans le respect de l’anonymat entre le donneur et le receveur qui ne peut être dérogé qu’en cas de nécessité thérapeutique.
Par ailleurs, le don de sang est autorisé jusqu’à 65 ans pour les donneurs réguliers et le prélèvement sur des mineurs de plus de 17 ans, peut être effectué en cas d’urgence thérapeutique si la personne investie de l’autorité parentale ne s’y oppose par écrit.
Enfin, des sanctions pénales sont prévues à l’encontre de tout contrevenant aux principes posés par ladite loi.

Polémiques, manifestations, les autorités… : Le Khalife des tidjanes crache ses vérités

iGFM – (Dakar) Tivaouane a tenu une cérémonie d’hommage à Serigne Pape malick Sy, qui a disparu hier jeudi. Le Khalife général des Tidjanes, qui a présidé la cérémonie, n’a pas tari d’éloges à l’endroit du défunt. Il s’est aussi exprimé sur  l’actualité, liée aux comportements des citoyens et de l’élite politique.
«Les gens parlent beaucoup trop dans ce pays. Et surtout pour dire des futilités, des insanités ou des propos mensongers. Parfois, il y a des vérités qui ne doivent pas être dites. Mais certains les disent quand même. Ensuite, les jeunes manifestent . Ces jeunes, ce sont des adultes qui les embarquent dans de telles choses. Et ces ainés vont rendre compte un jour devant Dieu.

Ce sont des adultes qui sont derrière.

Ce sont des adultes qui sont derrière. Ils créent ces polémiques et les jeunes s’en emparent, croyant que c’est un combat légitime, alors qu’ils sont trompés par leurs ainés.  Donc que chacun discute avec ses enfants, ou ses proches pour qu’ils se calment,   qu’ils arrêtent la polémique (…)
Telle personne a volé, telle a menti,   telle a commis l’adultère,   tel a enfanté, telle a fait ce ci telle a fait cela. Telle personne a été arrêtée,   telle personne a été convoquée par la Dic, c’est ce que nous entendons. Certains mécontentent, disent de leur côté ce qu’ils veulent (…)

La responsabilité incombe aux autorités

Mais, la responsabilité incombe aux autorités. Car, ce sont elles qui nous dirigent. Quand vous dirigez, vous devez être meilleur que ceux que vous dirigez. Mais, si vous êtes pire qu’eux, vous n’êtes  pas dignes d’être suivi. Quand tu n’es pas meilleur que quelqu’un, tu ne peux plus son autorité.»

Les « chaleureuses félicitations » de l’Assemblée au ministre de la Santé

https://www.dakarmatin.com La Commission de la santé, de la population, des affaires sociales et de la solidarité nationale de l’Assemblée nationale, dont le rapporteur est Mme Aminata Diao, s’est réunie, le mardi 23 juin 2020, sous la direction de sa présidente, Mme Awa Guèye.
Il était question, apprend Seneweb, pour la Commission, d’examiner le « Projet de résolution en hommage aux personnels personnels de santé en lutte contre la Covid-19 » et de lui adresser, in fine, ses « chaleureuses félicitations » en cette période de maladie à coronavirus.
À la suite d’un brillant exposé, les commissaires ont pris la parole pour tresser des lauriers au ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, et à lensemble de ses collaborateurs, pour « le travail abattu dans la lutte contre la Covid-19.
La Commission de la santé, de la population, des affaires sociales et de la solidarité nationale invite, au passage, le gouvernement « à mettre davantage à la disposition des autorités sanitaires les moyens nécessaires leur permettant d’atteindre les objectifs qu’elles se sont fixés ».

Sonko dénonce une «mascarade» à l’assemblée nationale

https://www.dakarmatin.com Suite à l’adoption d’une « résolution de la honte » pour faire honneur aux personnels soignants, au front depuis le début de la pandémie de Covid-19, Ousmane Sonko s’est fendu d’un post sur sa page Facebook pour dénoncer une « mascarade ». Pour lui, l’audition des ministres impliqués dans la gestion de la crise est la priorité.

« LA RÉSOLUTION DE LA HONTE

Moustapha Niass et sa bande viennent d’adopter une prétendue résolution pour formuler des félicitations et hommages légitimes et mérités aux personnels de santé. Mais voilà qu’ils en profitent vicieusement pour délivrer un satisfecit total au ministre de la santé et de l’action sociale.
La même assemblée qui a refusé de donner suite à la requête de l’honorable Aida Mbodj exigeant l’audition de ministres impliqués dans la gestion de la crise, dont celui en charge de la santé.
Rien de surprenant sous les cieux des automates parlementaires de Macky Sall.
Je tiens à me désolidariser, en tant que député, de cette mascarade. Les errements et tergiversations du gouvernement dans la gestion de cette crise sanitaire nous valent la situation d’incertitude que le peuple vit en ce moment.
Au-delà, cela augure du rôle de blanchiment qui sera celui de l’assemblée nationale quant au tong tong politico affairiste sur les mille milliards de lutte contre la Covid. Toutes les ordonnances prises par Macky Sall dans le cadre de la loi d’habilitation seront mécaniquement ratifiées, sans détails et justificatifs des dépenses, ni débat.
Nous avions averti sur le danger de voter une telle loi d’habilitation au profit de prébendiers étatiques notoires. » a posté le leader de Pastef sur sa page Facebook.

Honorariat au CESE : Un troisième décret publié dans le Journal Officiel

https://www.seneweb.com Finalement, informe L’AS dans sa livraison de ce samedi, on est à trois décrets, tous portant sur l’honorariat de l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). En effet, il est publié dans le Journal Officiel (JO) N°7330 du vendredi 19 juin 2020 une troisième version du même décret différente de celle rendue publique par Yakham Mbaye.
Le leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, de se demander : «Quel crédit accorder à cette session de rattrapage pour repêcher le Décret N° 964 du 17 avril 2020, enfin publié le 19 juin au JO ? Soit trois semaines après les référés et recours du Congrès de la Renaissance Démocratique (CRD) auprès de la Cour Suprême? » Pour lui, la République est en danger parce qu’elle est discréditée chaque jour par les tenants du pouvoir.
Se voulant formel, le juriste Seybani Sougou soutient que le décret publié par Yakham Mbaye est un faux. Il estime que si la Cour suprême n’annule pas le décret antidaté n°2020-964 instituant l’honorariat publié au JO du vendredi 19 juin 2020 ainsi que le décret n°2020-976 publié au JO n°7307 du 29 avril 2020 accordant le statut de présidente Honoraire du CESE à Mme Aminata Tall, les Sénégalais peuvent dire «Adieu à leur justice» sous le magistère de Macky Sall.

Honorariat CESE : trois (3) versions d’un décret polémique Par Seybani SOUGOU

Nous en sommes à trois (3) décrets, tous portant sur l’honorariat de l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Le troisième a été publié en douce dans le Journal Officiel (JO) N°7330 du vendredi 19 juin 2020, une nouvelle version du même décret, différente de celle rendue publique par Yakham Mbaye.

Le juriste Seybani Sougou démêle le vrai du faux…« De la république des délinquants à la république des faussaires »

Dans une interview accordée au site DAKARACTU le 24 mai 2020, le fou du roi Yakham M’Baye a exhibé un décret n°2020-964 supposé authentique, signé par Macky Sall.
Nous apportons la preuve formelle que le décret n°2020-964 publié sur le site de DAKARACTU le 24 mai 2020, est un FAUX.
Dans son numéro spécial N°7330 du vendredi 19 juin 2020, une troisième version du décret a été publiée au journal officiel, différente de celle publiée sur le site DAKARACTU.
En effet, dans le décret n°2020-964 produit par Yakham M’Baye, il est écrit au niveau du visa n°2 « Vu la loi organique n°2012-28 du 28 septembre 2012, relative à l’organisation et au fonctionnement du conseil économique, social et environnemental ».
Dans le décret n°2020-964 publié au Journal officiel du 19 juin 2020, il est écrit, au niveau du visa n°2 « Vu la loi organique n°2012-28 du 28 décembre 2012, relative à l’organisation et au fonctionnement du conseil économique, social et environnemental ». Soit 3 mois de différence.

Il existe désormais 3 versions du décret n°2020-964 :

La première version du décret n°2020-964 transmise aux agents de l’administration par voie interne (courrier électronique), mentionnant les avantages accordés à l’ex Présidente du CESE, Aminata TALL qui circule depuis le 14 mai 2020,
La 2éme version du décret n°2020-964, supposé authentique, publiée sur le site DAKARACTU le 24 mai 2020, qui est un faux, puisqu’il ne correspond pas à celui publié au Journal officiel du 19 juin 2020,
La 3 éme version du décret publiée au journal officiel n°7330 du 19 juin 2020, par laquelle le régime a tenté de corriger l’erreur flagrante qui figurait dans les 2 premiers décrets et qui mentionnait au niveau des visas « Vu la loi organique n°2012-28 du 28 septembre 2012 »,
Etant donné que Yakham M’Baye a produit le 24 mai 2020, un décret n°2020-964, supposé authentique signé par Macky Sall le 17 avril 2020 ; il est désormais établi que la troisième version publiée au journal officiel est un DOCUMENT ANTIDATE et par conséquent un faux. En effet, un nouveau décret a été rédigé pour corriger l’erreur décelée dans le document publié par le sieur Yakham M’Baye. Ce 3 éme décret est postérieur à la date du 24 mai 2020. Or, un document rédigé après le 24 mai 2020, ne peut mentionner comme date de signature le 17 avril 2020 (le document a été antidaté, puisque la troisième version a été signée par Macky Sall après le 24 mai 2020). Le fait qu’il soit publié au journal officiel n’y change strictement rien : Un faux est un faux : qu’il soit publié ou non au journal officiel demeure un FAUX.
Tous les 3 décrets ont été signés par Macky Sall. Il n’y a eu aucune falsification de sa signature. C’est parce que le régime a été pris en flagrant délit, après la publication de la première version mentionnant les avantages accordés à l’ex Présidente du CESE, Aminata TALL, qu’il a tenté de se rattraper à 2 reprises. Même dans la fraude, ils sont très maladroits. Il aurait fallu publier tel quel, au journal officiel le décret exhibé par Yakham MBAYE et publié sur le site Dakaractu.
En modifiant le décret produit par le fantasque Yakham M’Baye, le régime s’est plombé tout seul et s’est complétement fourvoyé. La fraude est confirmée.
Si Yakham MBAYE est un délinquant, et de surcroit un faussaire, celui qui a signé les 3 versions du décret n°2020-964 pour échapper au scandale est le premier des faussaires : il s’agit de Macky Sall himself.
Etant donné que le flagrant délit est établi pour Yakham M’Baye (production et participation à la diffusion du faux document), et à défaut de pouvoir traduire en justice, le président-faussaire Macky Sall, le pseudo Procureur de la République, valet du régime, si prompt à agir pour un oui ou pour un non, devrait ordonner l’interpellation du faussaire Yakham M’BAYE.

Bassirou GUEYE ne le fera pas (les valets ne sont pas indépendants).

Quant au site Dakaractu, il devrait faire preuve de rigueur, s’agissant de l’analyse et du contrôle de ses sources. Yakham M’Baye est un faussaire-né qui n’est pas crédible. Qu’il soit traduit en justice et qu’il nous dise qu’il lui a donné le décret n°2020-964 qu’il a fait publier sur le site DAKARACTU et qui porte la signature de Macky Sall.
Si la Cour suprême n’annule pas le décret ANTIDATE n°2020-964 instituant l’honorariat publié au journal officiel du vendredi 19 juin 2020 ainsi que le décret n°2020-976 publié au JO n°7307 du 29 avril 2020 accordant le statut de Présidente Honoraire du CESE à Mme Aminata Tall, les sénégalais peuvent dire « Adieu à leur justice » sous le magistère de Macky Sall.
Comble du ridicule : le décret n°2020-976 du 29 avril 2020 qui vise le décret n°2020-964 a été publié avant ce dernier. Des bandits de grand chemin ! La République des faussaires.Seybani SOUGOU

Sommés de quitter Sandaga pour le marché Champs de Course : les commerçants tirent sur Abdou Karim Fofana et alertent Macky Sall

Le Président de la République est interpellé par les commerçants de Sandaga. Ces derniers font part de leurs inquiétudes quant au plan du ministre de l’urbanisme et de l’hygiène publique, Abdou Karim Fofana, visant à les chasser de leurs cantines du moment au profit du marché du Champ de Course. Ils ont rejeté ce projet et  invitent le Président Macky Sall à faire revenir à la raison son ministre.
Dans le recasement des commerçants du marché Sandaga, le ton est donné par ces derniers qui ont rejeté le projet du ministre de l’Urbanisme et de l’Hygiène publique, Abdou Karim Fofana. En effet, regroupés dans un mouvement dénommé Association «And Taxawu Sandaga» (Ats), ils ne veulent pas entendre parler du site du champ de course. C’est pourquoi, les commerçants de Sandaga réclament le projet déjà validé par le chef de l’Etat Macky Sall.
«Après l’incendie du marché, nous avions rencontré, à l’époque, le chef de l’Etat Macky Sall, qui nous avait mis en rapport avec l’Agetip et le ministre du commerce, afin de proposer un plan de réhabilitation du marché. Et depuis lors, aucune avancée n’a été signalée. Mais ce qui  nous a surpris, c’est que le ministre Abdou Karim Fofana est venu avec un nouveau plan, qui est le champ de course, sans pour autant se concerter avec les commerçants. Et c’est une décision unilatérale qu’il a prise, cela montre qu’il n’a aucun respect envers nous», ont regretté les commerçants.

«Abdou Karim Fofana veut utiliser les commerçants pour faire sa propre promotion, mais son but n’est pas de soutenir le Président Macky Sall»  

Très remontés, ces pères de familles ont exprimé leur indignation et se demandent comment un ministre peut persister à piétiner les engagements pris par le Chef de l’Etat. «Le ministre Abdou Karim a refusé d’appliquer le plan qu’on avait proposé au Président Macky Sall. Le champ de course est très éloigné et ce n’est pas un milieu adéquat pour lequel, les commerçants peuvent exercer leurs activités. Nous préférons abandonner le commerce plutôt que d’aller dans ce lieu très isolé», ont laissé entendre les commerçants. Qui invitent le Chef de l’Etat à réagir pour rappeler à l’ordre le ministre. «Je pense que le Président de la République n’est pas au courant de ce que son ministre est en train de faire. Abdou Karim Fofana veut utiliser les commerçants pour faire sa propre promotion mais son objectif n’est pas de soutenir le chef de l’Etat. Parce que comment peut-il raser, complètement des milliers de magasins, qui paient, chaque mois, des millions à la Douane et aux l’impôts», se demandent-ils.

«Il y a deux possibilités  : soit, il va venir raser de force les cantines, ou bien, nous allons en chômage, mais nous n’irons pas aux champs de course»

Poursuivant à manifester leur colère, les commerçants d’ajouter  : «c’est à travers à la presse, qu’on a su que le ministre va nous loger au Champ de Course. Ce qui est anormal, car nous avons reçu aucune explication». Ainsi, les commerçants invitent le ministre à une concertation pour une solution définitive. «Nous voulons que le ministre s’assoie autour d’une même table avec les personnes concernées, pour qu’on puisse trouver une solution, afin de reconstruire le bâtiment qui était incendié. Sinon, il y a deux possibilités  : soit, il va venir raser de force les cantines ; soit, nous allons en chômage mais nous n’irons pas au champ de course», ont-ils campé le débat.Mansour SYLLA

Meurtre de Binta Camara : La perpétuité requise contre Pape Alioune Fall

https://www.dakarmatin.com Après les meurtriers présumés du commandant Tamsir Sané et de Ibou Diop à Tamba, c’est au tour de Pape Alioune Fall, présumé tueur de Binta Camara, de faire face au Juge. Son procès s’est ouvert ce vendredi, au Tribunal de Tambacounda.
L’avocat général, convaincu de la culpabilité du jeune homme, a requis la perpétuité contre lui. Ce dernier a, lui-même, nié les faits qui lui sont reprochés : c’est-à-dire une tentative de viol suivie de meurtre. Le procès est toujours en cours.

Tamba : le parquet requiert la perpétuité contre les présumés meurtriers du commandant Tamsir Sané

Le procureur général du Tribunal de grande instance de Tambacounda a requis la peine maximale contre Idrissa Sow alias « Peulh bou rafét » et ses co-accusés, poursuivis pour le cambriolage du bureau de Poste Finances de Koumpentoum, où le commandant de la Brigade gendarmerie Tamsir Sané a trouvé la mort.
Le procureur Ahmed Fall a plaidé une condamnation de six mois avec sursis pour Khoureychi Diallo qui était en liberté provisoire depuis le 25 octobre 2019.
Les faits remontent dans la nuit du 25 au 26 juillet 2019, aux environs de 3 heures du matin, lorsque des malfaiteurs ont attaqué le Bureau de Poste Finances de Koumpentoum.
Alertés par le gardien de la Poste, le commandant de Brigade de la gendarmerie, l’adjudant-major, Tamsir Sané, et ses éléments se rendent sur les lieux. Attaqués par des coups de feu, il sera atteint à la tête.
L’autopsie révèle deux plaies traumatiques pénétrantes frontales et orbitaire gauche correspondant aux orifices d’entrée de deux projectiles de tailles différentes, indique l’arrêt de renvoi dont l’APS a obtenu copie.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les malfaiteurs ont d’abord cambriolé l’atelier de forge situé non loin du Bureau de Poste afin d’y voler des outils qui leur ont servi dans l’attaque du bureau du receveur, où des fonds ont été déposés un peu plutôt, vers 18 heures.
Exploitant un renseignement les gendarmes procèdent, le 30 juillet, à l’interpellation d’Idrissa Sow à Méréto, son village situé dans le département de Koumpentoum. Il a été découvert sur lui une moto, un poignard et une machette.
Interrogé une première fois, il nie toute participation aux faits avant de verser dans des aveux lors d’un second interrogatoire. Il reconnaît avoir commis le braquage et cite ses acolytes Kékoroba Ba, Doudou Ba, Moussa Diao, Sidi Diallo, Pathé Ba et Khoureyssi Diallo.
A la barre, Idrissa Sow âgé de 34 ans a nié avoir participer au cambriolage ayant causé la mort du commandant de la brigade de gendarmerie.
Me Khassimou Touré, avocat des parties civiles, a plaidé pour une condamnation de la bande des accusés à la peine la plus élevée et réclame 300 millions CFA de dommages et intérêts pour la famille du défunt commandant Tamsir Sané et 15 millions pour chacun des deux gendarmes blessés.
Il a également appelé à une contrainte par corps au maximum pour les accusés. Le délibéré est fixé au 2 juillet prochain. Aps

Porte-parole de Tivaouane : Le Khalife ne s’est pas encore Prononcé ! (Asfiyahi)

(Asfiyahi) »Les « Réseaux Sociaux » ainsi que des sites d’informations en ligne font état de la désignation par le Khalife général des Tidianes, de Serigne Mansour Sy Djamil comme étant son porte-parole. Asfiyahi est en mesure de vous affirmer que pour le moment le Khalife ne s’est pas encore prononcé sur cette question », renseigne une note diffusée sur les réseaux sociaux.
« Serigne Mansour Sy Djamil que nous avons joint au téléphone a également affirmé que c’est une fausse information « Fake-news » », précise-t-on. Non sans rappeler que  » L’heure est à la prière et aux dévotions pour le repos de l’âme de Serigne Pape Malick Sy ».

Bamba Fall : «C’est le moment de taire les activités politiques, soulager l’État parce que …»

https://www.dakaractu.com Le maire de la Médina a profité de la distribution des kits alimentaires aux familles impactées par la Covid-19 pour lancer un message aux acteurs politiques. Bamba Fall demande ainsi à la classe politique d’accompagner l’État dans son élan de lutte contre le coronavirus.
« Nous avons pris les dispositions au niveau des écoles. C’est le moment de taire les activités politiques, soulager l’État parce que le virus prend de l’ampleur et une allure infernale. La Médina fait partie des cinq communes les plus touchées par la pandémie de la Covid-19. À partir de notre plan d’action, nous avons remarqué que le coronavirus a un peu reculé, mais nous continuons à nous battre pour couper la chaine de contamination. Nous avons accompagné les Asc et les relais communautaires », a lancé le premier magistrat de la commune de la Médina, Bamba Fall.

Modou DIAGNE Fada : «Dans Notre Parti, On S’interdit De Dire Du Mal De Me WADE»

http://www.walf-groupe.com Exclu du Parti Démocratique Sénégalais (Pds) en 2015, le leader de LDR/Yessal  est de plus en plus proche du président SALL qui l’a nommé à la tête de la SONACOS. Seulement,  cette posture n’empêche pas l’ancien ministre de la Santé de se considérer  toujours comme un fils de  Me WADE.
« Je préfère parler de Me Abdoulaye WADE que de son fils. Me WADE reste un père et une source d’inspiration pour moi. Quand nous avons eu cette réunion houleuse, nous nous sommes revus en 2017, après les élections législatives. Je suis parti à sa rencontre et nous avons beaucoup échangé. Ce jour-là, j’ai retrouvé le même homme généreux dans ses idées, travailleur et qui garde toujours ce côté paternaliste. Et j’espère que j’aurais l’occasion de le revoir bientôt en tant que fils sur le plan purement personnel et humain pour lui témoigner tout ce que je sais de bien de lui », explique Modou DIAGNE Fada dans une interview avec «L’As»
Selon le patron de la SONACOS, dans leur parti, « LDR/Yessal, on s’interdit de dire du mal de Me WADE ».  « Nous ne pouvons que dire du bien de lui ou alors nous taire. C’est cela le crédo de notre parti qui est composé pour la plupart d’anciens membres du PDS », explique DIAGNE Fada
Pourtant, Modou DIAGNE Fada  se dit convaincu que c’est le leader du PDS qui est derrière son exclusion de la formation libérale. « Le PDS tel qu’il était structuré et tel qu’il l’est encore, il n’y a que Me WADE qui y fait et défait des carrières. Aucun autre leader n’avait le pouvoir de se débarrasser de moi. Me WADE était le chef incontesté du PDS et s’il ne voulait pas que je sois mis à l’écart, cela ne serait jamais arrivé. Je ne suis pas assez dupe pour comprendre autre chose », indique-t-il.

Babacar Ngom VS Paysans de Ndingler : des 76 hectares mal acquis à la sortie maladroite de sa fille Anta sur Facebook

https://www.pressafrik.com La presse n’en fait pas ses choux gras. Mais le contentieux foncier qui oppose le milliardaire Babacar Ngom et les paysans de la Commune de Ndingler (département de Mbour) est loin de susciter l’indifférence du peuple sénégalais.
Suite à des attaques sur les Réseaux sociaux contre le patron de la SEDIMA et non moins président du Club des Investisseurs du Sénégal (CIS) qui est dépeint comme « un puissant riche qui veut dépouiller de pauvres cultivateurs de leurs terres », sa fille Anta Babacar Ngom, Directrice générale de SEDIMA, a cru bon de monter au créneau, en utilisant le même canal (Facebook) pour défendre son employeur de père.
Seulement, elle s’y est un peu mal pris. Dans le texte qu’elle a publié sur sa page Facebook, la dame Ngom avoue que c’est 224 des 300 hectares obtenus par l’entreprise de son père à Sindia (département Mbour) qui « ont acquis le statut de Titre Foncier suivant un décret présidentiel signé en 2019 (par le Président Macky Sall, ndlr) au nom de la SEDIMA ». Ce qui veut dire que les 76 hectares qui constituent la source du contentieux n’ont jamais fait l’objet de délibération.

À l’origine du problème une délibération irrégulière de 300 hectares de la Commune de Sindia pour SEDIMA

En effet, après vérification faite par PressAfrik, SEDIMA a bien acquis 224 hectares de terres dans la commune de Sindia. Mais cette dernière a ensuite délibéré 76 autres hectares, qui se trouvaient dans la superficie de la Commune de Ndiaganiao, en faveur du milliardaire Babacar Ngom. En de plus simples termes, la Commune de Sindia a fait une délibération sur 300 hectares alors qu’elle n’en avait que 224 à disposition. D’où la source du problème actuel avec les paysans qui ne veulent pas laisser leurs terres à un autre qui prétexte un gros investissement.
D’ailleurs le fameux décret présidentiel dont parle Anta Babacar Ngom n’a pas été signé en 2019 comme elle le prétend. C’est le décret 2015-548 du 23 avril 2015, publié au Journal Officiel numéro 6858 du 27 juin 2015 (cela va faire 5 ans demain samedi 27 juin 2020).
Depuis le début de cette affaire, Babacar Ngom et ses collaborateurs ont tout fait pour faire céder les populations de Ndingler. En vain ! Ils ont même tenté l’intimidation en envoyant des hommes armés.  Mais les paysans sont décidés à garder leurs terres.
Selon une source qui suit ce dossier de près, il y a deux semaines, le fils de Babacar Ngom s’est pointé avec des tracteurs pour détruire les plantations des cultivateurs dans une partie de cette superficie de 76 hectares. Il y a eu des échauffourées et la gendarmerie s’est interposée pour éviter le pire.

La sortie maladroite de la fille du milliardaire sur Facebook avant d’effacer son post 

https://www.pressafrik.com/Babacar-Ngom-VS-Paysans-de-Ndingler-des-76-hectares-mal-acquis-a-la-sortie-maladroite-de-sa-fille-Anta-sur-Facebook_a217860.html

Adam Lam, vice-président du Gaipes : «Il y aurait une vraie fraude sur les licences de pêche»

https://www.lequotidien.sn Membre éminent du secteur de la pêche depuis 35 ans environ, ancien directeur de la Sopasen, M. Adama Lam se prononce ici sur les implications et les enjeux de l’introduction de 56 navires de pêche dans les eaux sénégalaises, en violation, selon lui, de toutes les procédures et des règles régissant le secteur. Il estime que si les choses ne sont pas corrigées rapidement c’est toute la pêche sénégalaise qui est condamnée à disparaître à moyen terme.

Depuis un certain temps, le ton monte entre les organisations des pêcheurs et leur ministère de tutelle à la suite de l’agrément d’une cinquantaine de bateaux chinois. Pourquoi la situation actuelle est-elle plus grave que quand on a parlé de bateaux russes, ou même, de la mise en place d’usines à farine de poisson ?

Votre question appelle d’abord la nécessité de bien camper le sujet pour permettre au lecteur de bien saisir la problématique. On dit que la répétition est pédagogique.
Le Gaipes avait constaté vers le mois de septembre 2019, des mouvements importants de navires chinois et turcs dans le port de pêche au môle 10 du Pad, avec des débarquements de poissons divers dans des cartons sans aucune inscription, ce qu’on appelle des cartons neutres. Le Groupement s’est renseigné et a obtenu une copie d’une licence d’un navire chinois portant une immatriculation sénégalaise, avec sur la licence  : Pêche demersale profonde, option poissonniers céphalopodiers. En professionnels de la pêche, nous avions noté que cette option n’existait pas dans le code de la pêche, ni dans son décret d’application et en plus, nous nous demandions si la sénégalisation du navire était conforme à la loi. Pour en avoir le cœur net, le Gaipes a saisi le ministère chargé des Pêches pour des éclaircissements.
C’est ainsi que Madame la ministre de l’époque a convoqué une réunion élargie aux autres acteurs de la pêche artisanale. Après confirmation de l’existence de cette licence «hors la loi» par le Directeur des Pêches Maritimes (Dpm) avec comme justificatif de cette décision qu’un ministre  pouvait donner une licence qui n’était pas dans la loi, Mme la ministre a décidé de mettre en place une commission technique composée des professionnels industriels, pêcheurs artisans et des techniciens du Département des pêches pour faire la lumière sur cette affaire. Je signale que lors de cette réunion, l’Adminis­tration des pêches ne voulait pas donner ou indiquait ne pas savoir le nombre exact de navires qui ont bénéficié de ces licences illégales. Cette commission a tenu deux séances et identifié 12 navires dont les licences sont jugées non conformes à la loi. Cette commission n’a jamais demandé la régularisation de ces dossiers, et cela se comprend car le travail n’était pas exhaustif et terminé.
Mme la ministre a été remplacée au Département des pêches au mois de novembre 2019 et les travaux de la commission ont été purement et simplement arrêtés. Les acteurs de la pêche artisanale et ceux de la pêche industrielle ont alors saisi l’Ofnac pour signaler que de forts soupçons de corruption et de concussion pèsent sur la délivrance de ces licences dont on ne veut pas divulguer le nombre. 12 erreurs, c’est impossible à croire pour des dossiers qui passent devant autant de professionnels qui gèrent les licences !
Au mois d’avril, en plein Etat d’urgence dû au Covid 19, le directeur des Pêches maritimes a convoqué une autre séance de la Commission consultative d’attribution des licences de pêches pour étudier à domicile, 56 nouveaux dossiers de demandes de promesses de licences de bateaux chinois et turcs. Les membres de la commission devaient répondre par oui ou non sur les dossiers, ce qui est contraire à l’esprit de la commission dont les échanges sont interactifs en tenant compte de l’avis du Crodt (Centre de recherches océanographiques de Dakar-Thiaroye) sur la disponibilité des ressources halieutiques, presque toutes surexploitées ou en pleine exploitation. Bref, notre demande de report de la réunion du fait du nombre de bateaux, du contexte de la pandémie, de la nécessaire rencontre avec le ministre de tutelle pour attirer son attention sur la gravité de la situation, a reçu une fin de non-recevoir. La presse est saisie pour alerter l’opinion.
Pour répondre à votre question, il m’a paru nécessaire de faire ce rappel, tellement la situation est inédite dans l’histoire halieutique de notre pays. 56 navires (dont 52 sont des étrangers) à étudier et on se rend compte qu’il y a déjà 56 autres bateaux dans la pêcherie des eaux sénégalaises. S’il est vrai que les 56 premières demandes ont été théoriquement rejetées ces derniers jours, le problème reste entier avec 56 navires étrangers ayant bénéficié de licences de pêche et de sénégalisation. C’est le désastre le plus important tant par le nombre que par les espèces effectivement ciblées et débarquées par ces bateaux (poissons des fonds moyens (thiofs, diarègne, sompatte, etc.), poissons de surface (pélagiques  : yaboy, diaye, weuyeung) dont vivent nos populations, et surtout espèces que cible aussi la pêche artisanale. Les bateaux russes faisaient des incursions dans la pêcherie avec l’accord secret de l’Etat et arrêtaient leur intervention avec la pression des pêcheurs sur les décideurs. Mais cette fois-ci, ces bateaux chinois sont introduits de manière définitive avec leur sénégalisation non conforme aux lois de notre pays.
Cette question est aussi plus destructrice que les usines de farine de poisson parce que les navires pêchent pour exporter sur le stock de poissons que la pêche artisanale a l’habitude de capturer. Les usines de farine de poissons privaient nos populations de poissons, nos femmes transformatrices de matières premières et enfin incitaient à une surexploitation des petits pélagiques, ce qui conduirait à une grave crise alimentaire, mais le prélèvement devrait être fait par des pirogues si le gel des licences est respecté.

Des informations contradictoires sont avancées en ce qui concerne l’état de la ressource halieutique. A qui selon vous, devrait-on se fier ?

L’avis de la recherche scientifique (Crodt) a été volontairement ignoré en ce qui concerne l’introduction de ces navires dans le pavillon et la pêcherie, avec évidemment, la complicité de Sénégalais qui servent de prête-noms. Le faux prétexte, c’est de dire que des campagnes d’évaluation directes des stocks de poissons n’ont pas été faites. Mais pourquoi elles n’ont pas eu lieu ? Parce qu’un avis du Crodt, qui s’appuie sur des constats physiques, dérange. Les crédits budgétaires qui ont été votés pour qu’il fasse son travail n’ont pas été mis à sa disposition selon les informations reçues.
Je parle de faux prétexte aussi parce que malgré cela, une évaluation indirecte des ressources halieutiques par le Crodt est possible. La preuve, c’est que, saisi par le Gaipes au nom de la coalition des pêcheurs, le Centre de recherche halieutique (Crodt) a émis un avis sans appel sur l’état désastreux des stocks de poissons pour la plupart des pêcheries. L’avis du Crodt est fondamental pour la possibilité de donner ou non des licences de pêche. Mais, même en dehors du principe de précaution qui recommande la prudence en matière de ressources épuisables, comment comprendre que l’on interdise l’immatriculation de nouvelles pirogues en faveur de la pêche artisanale, que l’on interdise l’immatriculation de nouveaux bateaux par les industriels sur la pêche démersale côtière, que l’on mobilise dans un projet de l’Etat des fonds pour la destruction de navires sénégalais afin de réduire l’effort de pêche, pour ensuite donner 56 licences de pêche à des navires étrangers faussement sénégalisés  ! Le comble, c’est que l’on commence par donner les licences sur un segment de pêche qui n’existe pas dans la loi, qu’on «régularise» sur la base de promesses de licences non conformes aux textes législatifs, et qui plus est, sur un stock inexistant  ! Tout cela est fait sciemment et des navires étrangers ôtent le pain de la bouche des pêcheurs et des consommateurs sénégalais.
Le vrai débat n’est pas sur une question de nationalité, de couleur de peau ou de stigmatisation d’un pays. Ce sont des ressources nationales régies par des lois et règlements et qui de surcroit, nourrissent nos populations parce qu’étant directement comestibles, contrairement au pétrole et au gaz. Alors pourquoi tant de désintéressement vis-à-vis de ce qui fait le ciment social de notre Nation et qui plus est, la nourrit ?

N’existe-t-il pas de cadre de concertation entre les différents acteurs de la pêche ?

Vous avez raison de poser cette question tellement la contradiction est frappante avec la multitude d’organisations bien structurées dans le secteur de la pêche. Les acteurs ont toujours eu des cadres de concertations mais nous constatons qu’à chaque fois qu’il y a une crise majeure, on essaie d’opposer la pêche artisanale, toutes composantes confondues, à la pêche industrielle. Ces entités sont effectivement les grandes branches du secteur de la pêche maritime. Le but est connu  : diviser pour mieux brader la ressource  ! Un pays comme le Sénégal a besoin de sa pêche artisanale, de sa pêche industrielle et des acteurs connexes.
Quand le Département des pêches a besoin des acteurs, il sait où les trouver car sur ce dossier, les principaux acteurs parlent d’une même voix dans le cadre de la coalition mise en place et qui continuera d’exister quelles que soient les solutions trouvées. Les ministres passent et laissent toujours en place les acteurs et les ressources halieutiques. La rengaine est la même, faute d’arguments crédibles : c’est le Gaipes qui détruit la mer, c’est le Gaipes qui embarque la pêche artisanale (pourtant très mature) sur des chemins tortueux, c’est le Gaipes qui met les bâtons dans les roues des ministres des Pêches. Pourtant, Messieurs Sadibou Fall, Djibo Ka (paix à son âme), Souleymane Ndéné Ndiaye, Mme Aminata Mbengue, aucun de ces ministres n’a eu des divergences profondes avec les pêcheurs. Il faut donc chercher l’erreur ailleurs  ! Le Gaipes ne fait que s’inscrire dans l’objet de sa création, comme tout syndicat  : défendre les intérêts matériels et moraux de la profession.
Pour dialoguer, il faut être deux au moins. Le Département des pêches semblerait ignorer, à moins que je ne me trompe, les instructions du chef de l’Etat demandant une large concertation avec tous les acteurs, dans le respect des textes en vigueur. En effet, si on ne discute pas avec ceux qui sont membres de la coalition où tous les acteurs qui contestent les décisions sont représentés, c’est qu’on ne veut pas trouver une solution.
De deux choses hypothétiques l’une, en souvenir de mon passage dans l’Administration  : la tutelle a reçu des instructions fermes de donner des licences de pêche. Si cela est exact, la mise en œuvre ne peut s’opérer que dans le respect des textes en vigueur, comme aimait le rappeler feu Jean Collin (Que la terre lui soit légère) lorsqu’il transmettait des instructions présidentielles. C’est cela l’esprit d’une administration républicaine. En effet, comment des promesses de licences de pêche valables 6 mois et renouvelables une seule fois, peuvent-elles être renouvelées en 2018, en 2019 et validées en 2020  ! Et l’autorité nous dit que je n’ai signé que des renouvellements de licences sur la base des promesses. Eh bien, c’est de l’illégalité que l’on essaie de faire passer en se dédouanant par la continuité du service public et la solidarité gouvernementale. Ces 56 licences de pêche, pour la plupart, sont nulles et non avenues au regard des lois de notre pays (caducité de la promesse, pas de passage obligé à la Commission d’attribution des licences, etc.), et de surcroit sur une ressource inexistante (le merlu). Ce procédé était simplement une porte d’entrée pour taper sur les démersaux et le pélagique côtier. Laisser pourrir la situation pour espérer une lassitude des acteurs semble être la stratégie. Les vrais acteurs sont déterminés mais ouverts au dialogue. Ils ne sont pas des adversaires, encore moins des ennemis ou des «va-t’en guerre». Même les guerres mondiales ont fini autour d’une table de négociation et on est très loin de cette situation.
L’autre  : la tutelle prendrait ses propres responsabilités ou s’appuierait sur les services techniques qui l’ont induit en erreur, en validant et en délivrant des licences de pêche sur le stock de demandes non conformes. La prudence aurait dû être observée tant pour le démarrage d’une carrière ministérielle que pour le respect des textes de loi, d’autant que l’essentiel des 56 licences est supposé être délivré sur un stock de 3 000 tonnes, soit une pêche de 2 mois par année et par bateau. C’est hallucinant aussi bien pour l’épuisement programmé de cette ressource que pour la rentabilité économique et financière desdits bateaux. Cela veut dire, en réalité, qu’on permet à ces navires de faire des activités en violation de leur licence de pêche. C’est une faute grave (art 125, alinéa f du code de la pêche).
En tant que Sénégalais, certes novice dans la chose politicienne, il me semble que l’une ou l’autre de ces hypothèses desservirait profondément les actions de M. le président de la République en matière de pêche car, 56 navires qui pêchent en majorité dans les 12 miles, c’est-à-dire sur le stock de démersaux, en plus de l’effort de pêche existant, c’est condamner irrémédiablement toute la pêche maritime à l’arrêt à plus ou moins long terme. Les captures débarquées sont passées en 3 ans, de 400 000 à 450 000 tonnes, puis environ 525 000 tonnes. Ces statistiques parlent d’elles-mêmes et les débarquements des produits capturés dans les pays limitrophes sont effectués sur ce stock transnational. La bonne question, c’est dans combien de temps il n’y aura plus une écaille dans nos eaux maritimes. Tous les efforts consentis pendant des décennies par l’Etat, les communautés de pêcheurs, les bailleurs de fonds seraient annihilés.
De l’autre côté, «ventre vide n’a pas d’oreilles», dit l’adage. Laisser pourrir la situation c’est faire le lit d’une dégradation profonde des conditions de vie des pêcheurs et des populations à faible revenu qui, d’une part, trouvent dans la pêche une activité refuge durant les temps de soudure, d’autre part, affaiblit l’apport en protéines des populations. Développer une perspective d’émergence suppose un climat social apaisé sur un secteur retenu dans les grappes de croissance, comme secteur prioritaire.

Pourquoi alors ce dialogue de sourds, et comment pourrait-on y mettre fin ?

Le dialogue de sourds est introduit par la tutelle, à mon avis. Les professionnels du secteur privé demandent le respect des lois et la sauvegarde de leur outil de travail et la tutelle répond par une personnalisation du débat autour de personnes dont le seul tort est d’être des dirigeants d’un syndicat patronal. Tout y passe  : accusation de chantage, monopole inexistant, club de «richards», ségrégation, alors que le Gaipes compte dans ses membres des partenaires chinois, coréens, espagnols, français et tutti quanti. La propre personne de ces acteurs, certes importants, n’intéresse pas le commun des Sénégalais. C’est à croire qu’on n’est plus dans une République et que le fait d’être un industriel qui a honnêtement réussi est une tare ! Tout le monde sait que même le bonnet de la tutelle est plus important que ces messieurs. S’il leur arrivait de le piétiner par inadvertance, ils ne passeraient pas la nuit chez eux  ! Un ministre, c’est le démembrement du président de la République et sa posture doit s’inscrire dans la grandeur de cette fonction. En tous cas, moi je sais ce qu’est la dimension de la charge de ministre de la République pour avoir passé dix ans dans l’Administration sénégalaise. Il faudrait que certains comprennent qu’ils sont parmi les meilleurs parce que choisis par le chef de l’Etat mais nous tous réunis, nous sommes bien meilleurs qu’eux. Ce rappel était un viatique pour les princes du Sine fraîchement intronisés.
Le vrai débat posé est, je le rappelle  : combien de licences ont été accordées en 2018, 2019, 2020, par qui et sur quel segment de pêche ? Quel est l’effort de pêche que les différentes ressources peuvent supporter ? Les «sénégalisations» des navires sont-elles adossées sur le respect des lois ? Comment relancer le secteur de la pêche en cette période de pandémie et de post pandémie ?
Pour mettre fin à ce blocage, il faudrait, à mon avis, que l’autorité reprenne la main sur ce dossier et écoute les récriminations des vrais acteurs, sans exclusive. Il y a une petite nuance entre une tutelle et une autorité directe. Un facilitateur, et beaucoup de bonnes volontés se sont offertes, pourrait favoriser le rapprochement. En écoutant les acteurs, je note que la plupart des organisations déplorent ce qu’elles considèrent comme un manque de respect de la part de la tutelle. Certains affirment, qu’en plus de les infantiliser comme étant à la remorque du Gaipes, des courriers sont adressés au Département des pêches sans même un accusé de réception, a fortiori traiter les questions qui sont posées. Le Gaipes souligne qu’au moins 3 courriers adressés au Département de tutelle, bien avant la crise, sont restés sans réponse.
Par ailleurs, les rumeurs les plus folles circulent dans le milieu de la pêche au point d’indisposer et d’affliger tout le monde. Vrai ou faux, beaucoup d’acteurs penseraient que ce serait une vraie machine de fraude sur les licences qui se serait installée dans l’Administration des pêches avec la complicité de certaines autorités et fonctionnaires, par le biais d’officines parallèles. Aucun cadre ou directeur de L’Administration, directement concerné par ce dossier, ne veut éclairer la lanterne des acteurs sur les dossiers de sénégalisation et les licences de pêche incriminées, malgré des saisines par voie d’huissier. Quelle est la bonne information ? Si publier la liste des navires qui pêchent dans nos eaux est un secret d’Etat, cela accrédite de plus en plus ces rumeurs qui n’honorent personne  ! Cette liste est d’utilité publique et devrait être accessible à tous les citoyens et même aux étrangers désireux d’investir dans notre pays. L’Etat doit nécessairement éclairer ses citoyens sur ces vraies ou fausses «affaires». Les pêcheurs ont l’habitude de dire que le poisson pourrit par la tête et j’espère que les acteurs échapperont à cette maxime.
En un mot la confiance est rompue et profondément, même si je reconnais qu’il est toujours temps de bien faire malgré le fait d’un département ministériel très technique, complexe, vital pour l’économie et la cohésion sociale. Il faudrait la reprise des travaux de la commission technique ou tout autre organe paritaire, capable de disposer de l’ensemble des dossiers objets du différend, de retenir les licences qui sont en conformité avec la loi et les recommandations du Crodt. Les navires qui sont hors la loi devraient sortir de la pêcherie tant qu’ils ne répondent pas aux critères d’exercice définis par le code de la pêche et celui de la marine marchande. Les Sénégalais complices de ces forfaits doivent être remis sur le droit chemin. Il est quand même paradoxal, malgré que la loi ne le prévoit pas, que la tutelle réclame des bilans comptables de sociétés existantes depuis plus de 30 ans pour renouveler leur licence de pêche et que cette même tutelle ne sente pas obligé de vérifier que des bénéficiaires de licences ne sont pas de simples bénéficiaires de commissions. Que je sache, l’autorité elle-même serait parfaitement outillée pour démêler cette situation qui est décriée comme étant des actes de prête-noms pour certains tout au moins, par la simple lecture de leurs états financiers. Tout le monde sait qui est qui dans le port de pêche.

Si rien n’est fait pour résoudre cette crise, comment se présentent pour vous, les perspectives du secteur de la pêche

A mon avis, le temps nous est compté. D’abord l’incertitude du Covid rend difficile toute projection sur le devenir de la pêche, fortement touchée par les conséquences de la pandémie. Les pêcheurs, les mareyeurs, les femmes transformatrices, les transporteurs et tous les métiers connexes vivent dans de graves difficultés cachées par la sauvegarde de leur dignité. La plupart des acteurs vivent de la sueur de leur travail et l’inquiétude se lit facilement sur leur visage, malgré les sourires accueillants et les attitudes taquines qui caractérisent les acteurs.
Si rien n’est fait, ou du moins si ces navires ne sont pas sortis de la flotte, ce sera la fin irrémédiable de la pêche. C’est simplement une question de temps. Ce n’est pas pour faire peur, être alarmiste ou encore être un oiseau de mauvais augure. Une catastrophe sans précédent est en train de s’installer dans la gestion des ressources halieutiques.
Pour s’en convaincre, il suffira de demander aux chercheurs dont la science est reconnue, de développer un modèle bioécologique et même bioéconomique sur les impacts des 56 licences accordées à ces navires étrangers.
Il faudrait que ceux qui ont les destinées de notre Nation à quelque niveau que ce soit prennent la température de la situation et agissent en conséquence. L’ennemi principal, c’est le temps durant lequel les ressources halieutiques sont actuellement agressées. Ces licences auraient été décriées même si les bateaux appartenaient à 100% à des Sénégalais. La contrainte, c’est la disponibilité de la ressource halieutique.
Si rien n’est fait, la précarité s’installera de manière importante dans le secteur de la pêche et cela impactera très profondément le tissu économique et social du pays.
Si rien n’est fait, le Sénégal continuera de perdre des emplois directs et indirects dans le secteur de la pêche avec des fermetures d’entreprises et par ricochet, dans les industries qui sont les fournisseurs des unités de traitement de poissons et des armements à la pêche.

Si rien n’est fait, le Trésor public ne bénéficiera pas des rentes économiques et financières que génère la pêche.

Enfin, et je pourrais continuer à énumérer les nombreux inconvénients induits par cette décision de mettre 56 navires dans la pêcherie. Le Sénégal paiera un lourd tribut en voulant s’inscrire de manière aussi peu structurée, en termes de choix géopolitique, dans le projet de Bri (Belt and Road Initiative) de la Chine. Nous devrions tous éviter de nous livrer pieds et poings liés aux puissances de ce monde, au détriment de notre propre survie en tant qu’Etat et Nation.
Je pense que c’est une démarche citoyenne qui incombe à chacun d’entre nous de faire le maximum pour que le droit soit dit sur cette affaire. On ne peut violer de manière aussi flagrante le code de la pêche, notamment sur le caractère de patrimoine national de la ressource halieutique (art 3), sur la concertation avec les organisations patronales (Art 5), sur la cogestion (art 6), sur l’avis obligatoire de la Ccalp (art 35) et espérer gérer le secteur au profit de l’intérêt général. La pêche n’est certes qu’un maillon de l’économie maritime mais elle est primordiale si j’en juge par la préséance dont elle bénéficie dans l’appellation du ministère. La pêche, c’est fondamentalement le pêcheur, le poisson et son écosystème. On ne peut pas ignorer le premier et occulter la capacité de l’offre du second et tendre vers une gestion efficiente du secteur. La mer ne peut donner plus qu’elle n’a et elle appartient à toute la nation. Les acteurs ne sont que des exploitants par dérogation encadrée par la loi. Enfin, un républicain ne perd jamais la face quand il s’agit d’exécuter une décision conforme aux lois votées par le Peuple, pour le Peuple.
Pour terminer, personne ne pourra dire que je n’étais pas au courant ou que je ne savais pas la gravité de la situation. En ce qui me concerne, à 70 ans et sans aucune prétention, je continuerai à m’investir dans toutes les actions tendant à raffermir la justice sociale, à œuvrer pour que mon pays soit un havre de paix, de prospérité, de dignité, d’accueil de l’autre, dans le respect de nos lois.

HABIB THIAM, TRAJECTOIRE D’UN HOMME D’ÉTAT

http://www.emedia.sn/ Il y a trois disparaissait l’ancien Premier ministre du Sénégal, Habib THIAM, également ancien Président de l’Assemblée Nationale. Cette grande figure de la vie politique sénégalaise a marqué son passage aux affaires par un engagement sans faille, donnant le meilleur de lui-même à chaque étape de son remarquable parcours.

ANCIEN CHAMPION DU 100 MÈTRES

Il réussit dans les années 50 le concours d’entrée à l’ENFOM (cadres africains de haut niveau) avec son ami Abdou Diouf. Sportif accompli, il fut champion de France du 100 m et brillait sur toutes les pistes d’athlétisme face à de redoutables concurrents d’alors dont un certain.. Lionel Jospin. Une amitié solide naissait entre les deux jeunes ténors. Au point que devenus plus tard responsables, ils ont contribué au raffermissement des relations entre Paris et Dakar.
Au plus fort de la crise sénégalo-mauritanienne de 1989, ils avaient contribué à décrisper la situation rendant possible le rapatriement des ressortissants de part et d’autre par un « simple coup de téléphone ». Homme politique habile, il a très vite lu l’intention du premier Président de la République du Sénégal indépendant, Léopold Sédar SENGHOR, d’asseoir des fiefs politiques à l’intérieur du pays. C’est ainsi que lui, le natif de Dakar, a jeté son dévolu sur la contrée de Dagana (terre de ses ancêtres) où il devient un leader attitré. Il écume la région et prend goût aux humeurs du terroir pour comprendre les ressorts sur lesquels se fondent le développement et les progrès.
Cette immersion réussie conduit le Président Senghor à lui confier plus tard le portefeuille du Développement rural. Sa connaissance intime du pays et des hommes, ainsi que les atouts des régions viennent de ce contact noué avec le pays profond. Il avait une haute maitrise des aspects ruraux et organisait avec tact les campagnes agricoles en mobilisant toutes les forces vives.

UN MENTAL DE GAGNEUR

La météo, les sols, les intrants, les eaux (souterraines et de surface), les variétés culturales, la saisonnalité des céréales, les cycles d’évolution des semis, le financement ou la collecte, tout, vraiment tout ce qui touchait au monde agro-industriel ne lui était pas étranger. Il était incollable. De son regard perçant, il fixait son interlocuteur dans un échange franc duquel jaillissait la vérité qui l’aidait toujours à opérer en réduisant les angles d’incertitudes.
Pour avoir gravi tous les échelons politiques, Habib THIAM assuma aussi à divers niveaux des responsabilités de premier plan  : député, président de Groupe parlementaire, plusieurs fois Ministre, Premier Ministre et Président de l’Assemblée nationale. Son flair politique le prédisposait à commercer facilement avec toutes les chapelles, tous les foyers religieux dans lesquels il comptait de nombreux amis de valeur. Il a connu des fortunes diverses et des infortunes aussi, ce qui avait forgé en lui un mental de gagneur, par ailleurs résilient dans l’adversité, politique notamment. Il prenait plus tard sa distance avec la politique (non sans lui accorder toute l’attention qu’elle requiert), s’adonnait à l’écriture et la lecture. Il recevait du monde, participait à des colloques de haut niveau et entretenait ses amitiés avec un large spectre d’hommes de pouvoir encore en exercice.
L’ancien Premier ministre savait se taire quand il le fallait. Son silence relevait d’un état d’esprit qui lui conférait de la hauteur. Il tenait à son rang. Plus tard Mamoudou Ibra Kane et Mamadou Ndiaye, le convainquirent de rédiger sa biographie  : « Habib THIAM, L’Homme d’Etat ». Le succès de librairie de ce livre ouvrait un nouveau chapitre de sa vie remplie. A sa famille, à ses enfants, dont son ainé Mabousso Thiam, et à sa chère épouse, Anna, ce jour de souvenir ravive la mémoire d’un digne fils du Sénégal. Mamadou NDIAYE

LES PIQUES L’AS DE CE WEEK-END

SenePlus  |   Publication 27/06/2020

Thiès totalise 454 cas positifs

De l’apparition de la pandémie du coronavirus au Sénégal à maintenant, la région médicale de Thiès totalise 454 cas positifs dont 194 guéris ; 9 décès, 57 contaminations en provenance de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD), un évacué à l’étranger et 189 sous traitement suivis par la région. S’agissant des chiffres publiés hier par le ministère de la Santé et de l’Action Sociale, dans le cadre de la situation du jeudi, la région compte 39 cas positifs sur 235 prélèvements effectués. Il s’agit de 15 cas importés à l’AIBD, 21 cas contacts suivis par les services médicaux régionaux et 3 cas issus de la transmission communautaire. La région a par ailleurs enregistré un nouveau décès lié à la Covid19 et zéro patient guéri.

Kaffrine accueille 03 malades de Covid19 de Kaolack

La région de Kaffrine est au vert. Les quatre cas de Covid-19 qu’elle avait enregistrés sont déclarés guéris. Toutefois, le personnel médical du Centre de Traitement des Epidémies (Cte) de Kaffrine ne chôme pas. Le Cte de Kaolack qui est apparemment débordé, a transféré trois malades de Covid-19. En effet, le district sanitaire de Kaolack a enregistré depuis le début de la pandémie 33 cas dont 26 sous traitement. Quant au district de Nioro du Rip (région de Kaolack) qui compte au total 4 cas, un seul est hospitalisé.

Fatick compte 26 cas de covid-19

La situation de la pandémie de la Covid-19 est de plus en plus inquiétante à Fatick. En effet, la région compte à ce jour 26 cas de coronavirus. Il s’agit de 18 cas contacts dont 13 élèves gendarmes, deux femmes enceintes et 08 cas importés dont 03 provenant de la sous région. Il s’agit plus précisément de la Sierra Léone. Pourtant, la région a été épargnée par la pandémie. Elle fait partie des dernières à être touchées par la Covid-19.

Condoléances de la Ligue Démocratique

En deux jours, le Sénégal perd deux éminents guides religieux et grands serviteurs de l’Islam. La Ligue Démocratique (LD) a appris avec «tristesse» les décès successifs de deux figures marquantes de l’Islam et de la confrérie Tidjane à savoir Serigne Pape Malick Sy (porteparole du Khalife général des Tidjanes) et Baye Cheikh Ahmed Tidiane Seck (khalife général de Thianaba). D’après le porte-parole des jallarbistes, Moussa Sarr, le khalife de Thianaba, Baye Cheikh Ahmed Tidiane Seck était un fervent serviteur de Dieu aux qualités et aux valeurs reconnues par tous. Idem pour le porte-parole du khalife général des Tidjanes qui s’était illustré par sa maîtrise des principes islamiques, son éloquence et sa disponibilité à l’égard de toutes les confréries religieuses du pays, souligne Moussa Sarr.

La Douane interpelle deux personnes avec de la cocaïne

La Douane est devenue incontournable dans la lutte contre le trafic de drogue. La brigade mobile n°2 de la Subdivision des Douanes de Dakar-extérieur a fait une belle prise hier à Dakar. Les gabelous ont interpellé, jeudi dernier dans l’après-midi, un individu détenant par devers lui 19 petits sachets de cocaïne pure. Il est tombé dans les filets de la Douane lors d’un contrôle de routine de véhicules sur la voie publique. En effet, les agents de Douanes en service ont remarqué et filé un véhicule de marque Toyota dont la plaque d’immatriculation a éveillé leurs soupçons. Alors, ils ont sommé le chauffeur de s’arrêter ; ce que ce dernier a refusé. Selon le Bureau des Relations Publiques des Douanes, le suspect a foncé à vive allure, mettant en danger la vie de l’un des agents. Il s’en est suivi une course-poursuite vers les Almadies. Mais il n’a pu échapper. Les douaniers ont réussi à immobiliser le véhicule et appréhender le chauffeur dans les ruelles de la Cité Biagui. En plus de la cocaïne, ajoute la même source, la fouille du véhicule et du chauffeur a permis de découvrir plusieurs documents dont un important lot de cartes bancaires. Le prévenu a révélé que la cocaïne appartenait à une personne de nationalité étrangère. Cette dernière a été arrêtée à son tour. Tous les deux sont en garde à vue.

Célébration Journée internationale de la drogue

Le Centre Jacques Chirac de Thiaroye a abrité hier la célébration de la Journée internationale de la drogue. Le thème de cette année est : «Une meilleure connaissance pour de meilleurs soins : Quel effet sur la stigmatisation des usagers ?» A cause de la pandémie de la Covid-19, l’événement s’est tenu dans la sobriété. Les organisateurs ont présenté des vidéo à travers les réseaux sociaux pour faire le point sur les interventions et les financements des programmes de lutte contre le fléau.

Les syndicats en deuil

Le mouvement syndical est en deuil. En effet, l’une des figures de la classe ouvrière, Seyni Mbaye Ndiaye, par ailleurs secrétaire général de la centrale Udts/Forces ouvrières, est décédé hier des suites d’une courte maladie. Il a été inhumé au cimetière musulman de Thiaroye/Mer, localité d’où il est originaire. Beaucoup de syndicalistes et d’habitants de ce quartier ont fait le déplacement pour accompagner Seyni Mbaye Ndiaye à sa dernière demeure et lui rendre hommage. Ses camarades de l’Udts/Fo par la voix de son adjoint Amadou Samb, promettent de poursuivre la lutte syndicale afin de perpétuer de son legs. Décrit comme le défenseur de la classe ouvrière, il est décédé à l’âge de 66 ans.

Le chargé de Com du ministre de l’Intérieur positif à la Covid-19

Le ministère de l’Intérieur est infesté par le coronavirus. Le responsable de la Communication du département dirigé par Aly Ngouille Ndiaye a été testé positif au coronavirus. D’ailleurs, c’est le concerné luimême qui en a fait l’annonce sur sa page Facebook. Maham Ka révèle que suite à la contamination à la Covid-19 d’un de ses collègues, membre du cabinet, lui aussi a été finalement testé positif, il y a quelques jours ainsi que certains de ses collègues. Toutefois, M. Ka rassure qu’il est bien pris en charge dans un centre hospitalier de Dakar par un personnel de santé dévoué et professionnel. A l’en croire, sa famille est également en sécurité. Maham Ka demande à tout un chacun de continuer le combat, car la maladie est toujours là.

Réplique de l’organe de gouvernance de l’ASBEF

L’organe de gouvernance de l’Asbef n’a pas perdu de temps pour répliquer au Comité intérimaire de gouvernance de l’Asbef qui pense que la directrice exécutive et son équipe doivent débarrasser le plancher suite à la décision de justice. Il reconnaît, toutefois, que l’Asbef a reçu une notification d’ordonnance de mise sous administration provisoire, à la suite de laquelle le Comité exécutif national a interjeté appel. Pour le camp de la Directrice Exécutive Myriam Makéba Mingou, cette décision du juge a été motivée par une version erronée des faits de Patrick de Souza, candidat malheureux à l’élection. C’est pourquoi, dit-il, grande a été la surprise du Comité exécutif national de voir le choix porté sur Mme Aïda Soumaré parce qu’il y a une procédure initiée par l’Asbef contre elle. Pour eux, Mme Soumaré n’est plus volontaire de l’Asbef. L’organe de gouvernance de l’Asbef précise par ailleurs que Aïda Pouye, qui se présente tantôt comme un volontaire tantôt comme porteparole du collectif des travailleurs de l’Asbef, est un imposteur. Il l’accuse d’être au service d’une autorité institutionnelle pour semer le désordre.

Halte au diversionnisme contre-révolutionnaire ! Par Serigne Saliou Guèye

Dès l’instant que le combat de la destruction de la statue de Faidherbe a recommencé à la suite de cette tempête de déboulonnement réactivée par la mort de l’Afro-Américain Georges Floyd, des défenseurs du patrimoine de Ndar se sont levés pour soutenir leur « légendaire gouverneur » à qui le Sénégal doit respect et reconnaissance pour les bienfaits qu’il a apportés pour sa colonie. Et il faut préciser que le débat et le combat sur le démontage de statues à l’effigie de racistes, de colonialistes ou d’esclavagistes ne procède pas d’un panurgisme aveugle mais du réchauffement d’un combat enclenché depuis plusieurs années. Ainsi, le déboulonnement des statues de personnages au passé abject se justifie comme étant la phase d’un processus de restauration de la vraie vérité historique. Depuis longtemps, des hommes et des femmes pétris de valeurs altruistes, humanistes et égalitaires se sont escrimés pour faire tomber tous ces objets mémoriels qui publicisent et perpétuent le passé noir de tous ces esclavagistes, colonialistes ou racistes.
Ainsi, pour mieux asseoir leur argumentaire, les défenseurs de la statue de Faidherbe soutiennent que c’est une œuvre d’art qui embellit l’île de Ndar et rien que pour cela, elle mérite de plastronner fièrement à la place éponyme. En sus, ils demandent aux initiateurs de « Faidherbe doit tomber » d’aller jusqu’au bout de leur logique en demandant la destruction du pont de Ndar, la gouvernance de la vieille ville, le palais présidentiel à Dakar et toute autre infrastructure qui porte l’empreinte des colons civilisateurs. Par ces manœuvres de diversion, les saboteurs du noble combat « Faidherbe doit tomber », logent l’objet mémoriel à l’effigie du gouverneur sanguinaire à la même enseigne que toutes les autres infrastructures héritées de la colonisation.
Il faut préciser qu’une statue n’est point comparable à un pont ou un palais présidentiel. La statue est une œuvre d’art érigée sur la place publique et jouant un rôle particulier. C’est un objet de mémoire qui peut embellir l’espace public mais il transcende le simple domaine de l’esthétique.  Elle n’est ni politiquement ni idéologiquement neutre. Elle honore des personnes ou des événements historiques, célèbre des victoires, une vie, une œuvre ou une souffrance. L’objet de mémoire peut être aussi un outil de canonisation d’une personne, d’exaltation ou de vivification d’une cruelle idéologie de la domination et de l’infériorisation des peuples opprimés, persécutés et exterminés.

Une statue glorifie mais n’enseigne pas

Il faut remarquer que tous les objets mémoriels maculés de racisme, de colonialisme ou d’esclavagisme rouvrent des blessures historiques en actualisant un passé douloureux. Par conséquent, la statue de Faidherbe, ripolinée du sang noir, avilit sa facette esthétique tant défendue par les férus de l’art.
Ceux qui soutiennent aussi que la statue de Faidherbe peut être pédagogique en ce sens qu’elle peut être une source d’enseignement pour les jeunes se méprennent naïvement. Une statue, le nom d’un pont, d’une rue, d’une avenue, d’un camp militaire n’a pas une fonction didactique mais glorificatrice.
En préconisant aux défenseurs de « Faidherbe doit tomber » la destruction simultanée du pont et de toutes les autres infrastructures dont a bénéficié Ndar sous le magistère des colons, les admirateurs du gouverneur exterminateur versent dans la surenchère de ce que les communistes appellent du « diversionnisme » contre-révolutionnaire. Aussi, vais-je emprunter à Aimé Césaire son pamphlet contenu dans « Discours sur le Colonialisme » pour répondre à ces apologistes des bienfaits de la colonisation. « On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. »
Que vaut un pont ou un chemin de fer hérité de la colonisation devant la perte de milliers de vies d’ouvriers noirs ? Le N°24 magazine Géo-Histoire « L’Afrique au temps des colonies » rapporte les dures conditions de vie des indigènes qui ont été recrutés de force pour travailler dans le chemin de fer Congo-Océan (885 km) construite entre 1921 et 1934. Et dans le tracé Mont-Belo/Mbinda plus précisément dans le Mayumbé, massif forestier équatorial étendu sur 90 kilomètres, c’est l’hécatombe.
« Il faut construire sur le tracé Mont-Belo/Mbinda construire 36 viaducs, 73 ponts, 12 murs de soutènement, 10 tunnels… Au préalable, il faut abattre les arbres par centaines, puis les évacuer. Couvert d’une épaisse végétation, le sol en décomposition est lourd, glissant, instable. La pluie interrompt sans cesse les opérations. Dans de telles conditions, les besoins sont estimés à 10 000 hommes au travail en permanence pendant trois ans et demi pour le seul Mayombe. Cette main-d’œuvre ne coûtant rien, elle se fait à la main, ou presque. On abat les arbres à la hache, on casse les pierres au marteau, on transporte des barils de ciment et des rails de 15 mètres de long à la main, on creuse les tunnels à la pioche… Les hommes travaillent sept jours sur sept, toute la journée, avec une seule courte pause pour manger », rapporte le magazine Géo-Histoire.
Avant de conclure : « Durant les corvées, les ouvriers travaillant, sous la direction de la Société de construction des Batignolles (SCB) de France, tombent comme des mouches. Certains périssent épuisés par la charge de travail, affaiblis par une alimentation insuffisante et inadaptée. D’autres, exposés en permanence sans vêtements aux pluies et au froid, contractent des pneumonies. L’hygiène et les structures sanitaires sont inexistantes, l’entassement des travailleurs dans des conditions précaires favorise les épidémies et leur propagation. Paludisme, dysenterie, infections pulmonaires… Sans parler des serpents, des fourmis magnans et des mouches tsé-tsé, responsables de la maladie du sommeil qui fait des ravages. Entre 1925 et 1928, le taux de mortalité́ dépasse 20 %. Les pires années correspondent à l’afflux massif de travailleurs recrutés au loin : 1 341 morts en 1925 pour la seule division côtière, 2 556 en 1926, 2 892 en 1927, 2 635 en 1928. En 1929, la courbe s’inverse enfin : 1 300 morts. »
Et quand les travaux prennent fin en avril 1934, certaines autorités françaises incriminées déclarent que le chemin de fer constitue «Non seulement un grand progrès dans la mise en valeur des colonies françaises, mais aussi une amélioration du sort des populations indigènes de l’Afrique équatoriale». A contrario,  cette ligne ferroviaire mortifère se soucie peu du sort des populations autochtones puisqu’elle servait à acheminer le coton du Tchad et de l’Oubangui-Chari, bois du Gabon, oléagineux, cuivre, zinc et plomb latex, ivoire du Congo vers la métropole.
Ceux qui soutiennent que détruire la statue de Faidherbe doit entrainer le démontage du pont éponyme doivent revisiter l’histoire pour savoir que ce pont qui a coûté 1 880 000 francs français (le CFA n’existant pas à l’époque) est bien l’argent des Sénégalais. Lors de la seconde inauguration du pont Faidherbe le 19 octobre 1897 par André Lebon, ministre des Colonies, Léon d’Erneville, président du Conseil général, rappelle dans son discours que « ce pont est œuvre exclusive du budget local et démontre que les colonies ont plus de ressources qu’on ne veut bien le dire ». Il en est ainsi pour plusieurs routes ou chemins de fer dont on pense qu’ils sont des dons philanthropiques alors qu’ils servaient essentiellement au transport des matières premières qu’on devait acheminer à la métropole par voie maritime. Idem pour les bâtiments qui leur servaient de résidence ou d’administration dans les colonies.
Par conséquent, il ne faut pas basculer dans une comparaison asymétrique qui atrophierait le combat contre la statue de la honte et de la barbarie. Vouloir divertir les restaurateurs de la vérité historique par une contre-révolution stérile s’apparenterait à un pétard mouillé dans ce contexte mondial où la dynamique de démantèlement des statues à l’effigie de racistes ou d’esclavagistes est irréversiblement enclenchée.Serigne Saliou Guèye


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