MOUVEMENT DES FORCES VIVES DE LA NATION (M23), NEUF ANS APRES : Entre division et léthargie !

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MOUVEMENT DES FORCES VIVES DE LA NATION (M23), NEUF ANS APRES : Entre division et léthargie !

http://www.sudonline.sn/23 juin 2011-23 juin 2020  : neuf années après son surgissement dans le champ politique, le Mouvement des forces vives de la nation (M23), créé au lendemain des émeutes contre le vote du fameux projet de réforme constitutionnelle relative au quart bloquant de Me Wade, a vécu hier, mardi, une année de plus. Occasion pour constater qu’aujourd’hui encore, le M 23 vit difficilement la cohabitation avec le régime. Divisé ainsi en trois tendances, le mouvement semble avoir perdu toute la capacité de mobilisation qui lui était reconnue en 2011
Le Sénégal a célébré hier, mardi 23 juin, le 9e anniversaire de la mobilisation spontanée des citoyens contre le projet de loi de l’ancien président Abdoulaye Wade instituant l’élection simultanée d’un président et d’un vice-président au suffrage universel direct avec 25 % des voix, une mobilisation ayant donné naissance au mouvement du 23 juin (M23). Créé en effet le 24 juin 2011 par une coalition d’acteurs politiques de l’opposition et de la société civile au lendemain des émeutes contre le vote de ce projet de réforme constitutionnelle controversée, le M23 a été entre juin 2011 et janvier 2012 le fer de lance de la contestation politico-citoyenne contre les atteintes à la démocratie et à l’Etat de droit qui s’est soldée le 25 mars 2012 par le départ du président Wade.
Toutefois, cet événement va également marquer un tournant dans l’histoire de ce mouvement dont les revendications tournées non seulement autour du respect des dispositions de la Constitution qui fixent à deux le nombre des mandats du président de la République mais aussi de la mise en place d’un processus électoral transparent et démocratique. Il s’agit entre autres, de l’organisation des élections par un organisme neutre, de la nomination à la tête des ministères de l’Intérieur et de la Justice de personnalités non partisanes, l’accès équitable des médias d’état à toutes les sensibilités politiques. Mais aussi du retrait de la famille présidentielle dans la gestion des affaires publique avec le départ du gouvernement de Karim Wade et l’annulation du redécoupage des collectivités locales  effectué par le président Wade à la veille des élections locales de 2009. Au fil des ans néanmoins, le M 23 a connu bien d’avatars et de mutations.
En effet, avec l’avènement de la seconde alternance démocratique le 25 mars 2012 qui a propulsé l’actuel chef de l’Etat, Macky Sall, à la tête du pouvoir exécutif, la plupart des ténors politiques du groupe des fondateurs du M23 sont promus et nommés à des postes de responsabilités dans le nouveau régime. Depuis lors, le M23 s’enlise de plus en plus au fil des années dans une léthargie du fait des divergences sur la nouvelle mission du mouvement dans le nouvel contexte de changement de régime qui oppose les membres fondateurs. D’un côté, on retrouve ainsi des acteurs politiques soutenus par certains activistes de la société civile, casés par le nouveau régime et qui, estimant que les conditions qui avaient prévalu à la naissance du mouvement du 23 juin ne sont plus d’actualité avec le changement de régime intervenu le 25 mars 2012, réclament la dissolution du M23 dont la mission est, selon eux, arrivée à terme avec le changement de régime.
De l’autre côté, des jeunes et certains syndicalistes et activistes de la société se démarquant de cette position prônent le maintien et le renforcement de l’indépendance du mouvement avec comme mission d’être un médiateur et régulateur en cas de différend entre le pouvoir et l’opposition dans le nouveau contexte politique.Une situation qui a fini par provoquer la scission et l’affaiblissement du M23.
Divisé ainsi en trois tendances entre le M23 originel dans lequel sont représentées les grandes figures politiques qui étaient engagées dans le combat contre le régime de Wade, le M23 patriotique qui accuse le M23 originel de servir de tremplin au nouveau pouvoir et le Cos/M23 lancé par des jeunes membres de la société civile, le M23 ne parvient plus à porter la parole du peuple sénégalais. Aujourd’hui, mis à part le Cos/M23 dirigé par Abdourahmane Sow qui prend position sur des débats touchant les questions de bonne gouvernance, de justice sociale et de démocratie, on n’entend plus les responsables des deux autres tendances du M23


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