Hourèye Thiam : «Les organisateurs du Hajj sont dans le désarroi»

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Hourèye Thiam : «Les organisateurs du Hajj sont dans le désarroi»

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Comment appréciez-vous la suspension du hajj cette année ?

C’est une décision dure mais très responsable que nous saluons à sa juste mesure. Nous-mêmes organisateurs privés étions en voie de demander à l’État du Sénégal de ne pas participer au hajj de cette année parce que tout simplement les risques sont élevés au plan médical. L’Arabie Saoudite a pris la décision de restreindre le nombre de pèlerins à ceux qui sont sur son sol. Nous trouvons que c’est très responsable. Dans le contexte actuel il était inimaginable de pouvoir organiser le hajj, car aucun geste-barrière n’aurait pu être respecté. Il se trouve que des Sénégalais avaient l’habitude de s’activer dans cette opération qu’est le convoyage de pèlerins à La Mecque. C’est une activité qui drainait énormément d’argent parce que le chiffre d’affaires tourne autour de 38 milliards par an si on prend les estimations minimales. Il y avait toute une économie du hajj qui aujourd’hui va tomber à l’eau.

Est-ce que le fonds Force Covid-19 a dégagé une ligne pour atténuer la crise ?

Il y avait des centaines et des centaines de Sénégalais qui vivaient du hajj. Tous ces Sénégalais risquent d’être envoyés en chômage technique. Leurs principales sources de revenus vont être suspendues le temps d’une année. Tout cela étant dit, c’est un secteur qui va être fortement impacté au plan financier. Ces organisateurs qui pour la plupart n’ont que le hajj comme activité, vont être réduits à faire une année blanche au plan professionnel, et pour la plupart aussi, de ceux qui sont là, les dépenses avaient déjà démarré. En plus du hajj il y avait déjà une dizaine de groupes qui devaient partir pour la Oumra. Quand le covid-19 est arrivé au mois de mars, les opérations avaient déjà démarré. Les gens faisaient des pré-réservations.  Au mois de mars on a demandé la suspension de toutes les activités. Ce qu’on attend aujourd’hui c’est que le fonds Force Covid-19 puisse être mis à la disposition également des organisateurs qui sont dans ce secteur du hajj. Nous sommes des Sénégalais qui sont fortement impactés, tout aussi impactés, sinon plus impactés que les acteurs qui sont soutenus aujourd’hui. Nous avons besoin actuellement de l’aide de l’État pour pouvoir nous en sortir parce que nous sommes à terre, nous avons énormément de dépenses qui ont précédé cette suspension, nous sommes dans le désarroi. Il y a aujourd’hui énormément de voyagistes qui ont du mal à voir le bout du tunnel.

Qu’est ce qui est prévu par rapport aux personnes qui avaient déjà réservé une place pour le pèlerinage ? Seront-elles remboursées ?

Il n’y aura aucun contentieux financier. Ceux qui avaient réservé et avaient déposé leur argent, leur argent sera protégé. Tout sera géré au cas par cas. La plupart de ceux qui avaient déposé des pré-réservations préfèrent attendre l’année prochaine. Toutes les opérations seront basculées et ces gens-là seront prioritaires pour 2021. Maintenant, pour ceux qui par extraordinaire vont solliciter le remboursement, les gens vont prendre leurs responsabilités et faire face à cette situation. À l’impossible nul n’est tenu et dans ce cas ils auront leur argent. Mais jusqu’à présent on est à un peu moins de 1% de demandes de remboursement. Beaucoup préfèrent laisser leur argent et attendre le prochain pèlerinage, parce qu’il y a ce rapport de confiance aussi qui est important et qui nous lie aux pèlerins qui viennent vers nous. Par Mohamed NDJIM


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