Revue de Presse du Dimanche 21 Juin 2020

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Résistances de la société civile
Le Sénégal au défi de l’ajustement structurel par Tom Amadou Seck 

https://www.monde-diplomatique.fr/Comme de nombreux pays, le Sénégal subit le choc de la mondialisation. La dévaluation de 100 % du franc CFA, il y a cinq ans, a été le temps fort — et cruel — de cet « ajustement » à marche forcée. Longtemps citée en exemple, l’« expérience sénégalaise » a atteint ses limites. L’économie informelle est dominante, le jeu politique paraît bloqué, une partie de la classe dirigeante est engluée dans les affaires de corruption, et l’interminable guerre de sécession en Casamance risque de se prolonger. Seul espoir, la montée en puissance de la « société civile ».
Premier pays d’Afrique subsaharienne à mettre en œuvre une politique d’ajustement structurel en 1984, le Sénégal a reçu un satisfecit des institutions de Bretton Woods, et vient de conclure un nouveau plan d’ajustement structurel avec la Banque mondiale, en avril 1998, ainsi qu’un accord pour une troisième facilité d’ajustement structurel renforcé (FASR) couvrant la période 1998-1999. Le taux de croissance pour 1997 se situe aux environs de 5 % et la gestion des grands indicateurs macroéconomiques a été jugée satisfaisante par le Fonds monétaire international (FMI) (1). Cependant, en dépit des performances de la pêche et du tourisme, les deux secteurs les plus dynamiques du pays, les équilibres demeurent fragiles. La dégradation de l’agriculture de rente (filières arachide, coton et riz) se répercute en effet dans tous les secteurs de l’économie.
De nombreux défis sont lancés au programme d’ajustement structurel : la progression du secteur informel, la montée de la pauvreté et des tensions sociales (grèves, insécurité urbaine). Ces tensions viennent s’ajouter au coût social des politiques de développement menées, sans succès, depuis l’indépendance. L’accès aux services de base (éducation, santé, eau potable, électricité, infrastructures collectives) est de plus en plus difficile pour la majorité de la population. Selon la plupart des enquêtes, deux habitants sur trois sont touchés par la pauvreté. En 1997, l’étude menée sur les ménages par la direction de la statistique du Sénégal note que « les Sénégalais sont surendettés et vivent au-dessus de leurs moyens (2) ». Une autre étude, menée par des chercheurs locaux, constate que « seuls 16,7 % des ménages ont accès à l’eau courante, 23 % au réseau électrique. A Dakar, 24,7 % des ménages ont le privilège d’un assainissement convenable, 36 % bénéficient d’un téléviseur, 28,6 % d’un réfrigérateur, 11,8 % d’une voiture (3) ».
L’appui aux secteurs de l’éducation et de la santé figure désormais parmi les priorités affichées par les responsables de la Banque mondiale. Mais, en dépit des 14,9 millions de dollars investis sous forme de système de gestion et d’alerte informatisé, pour lutter contre les grandes endémies (paludisme, bilharziose, onchocercose), de grands efforts restent à faire : les quatre cent cinquante mille cas de paludisme recensés chaque année représentent à eux seuls 40 à 50 % des consultations médicales et une dépense de 3,6 milliards de francs CFA (4), environ 1 % du produit intérieur brut. Selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’enfance (Unicef), les dépenses publiques de santé par tête et les dépenses éducatives ont diminué en termes réels de 20 % entre 1980 et 1991.
Le Sénégal, qui consacre 74 % de ses dépenses ordinaires au paiement du service de la dette, n’est pas en mesure de réserver, pour le soutien à ces secteurs sinistrés, les 20 à 25 % des fonds d’ajustement structurel qui constitueraient l’indispensable « filet » de protection sociale. Depuis la dévaluation du franc CFA en janvier 1994, le chômage s’est accru et concerne plus d’un quart de la population active dans les villes, aggravé par l’explosion démographique et la baisse de la production agricole. Plus de 40 % — et plus de 50 % dans le bassin arachidier — de la population rurale vit désormais en dessous du seuil de pauvreté. Le rapport de la direction de la statistique conclut à « un éclatement et une configuration nouvelle de la cellule familiale, des ménages abritant jusqu’à quatre générations sous le même toit »
Le taux d’urbanisation, d’environ 40 %, se traduit par un élargissement des banlieues et s’accompagne d’un accroissement de l’économie informelle (5) — véritable soupape de sécurité et de survie en période de crise — et d’une progression de l’insécurité. En novembre 1997, le président Abdou Diouf avait lancé en conseil des ministres un appel à la « mobilisation générale contre l’insécurité et la saleté des villes sénégalaises (6) ». L’économie populaire et le mouvement associatif assurent désormais des fonctions essentielles de relais de certains services publics d’Etat défaillants, notamment pour le maintien de l’ordre. Des milices d’autodéfense privées se sont constituées dans certains quartiers.
L’Union européenne (UE) finance des mécanismes d’appui efficaces aux petits producteurs et marchands — les « oubliés de la croissance » -, dans le secteur de l’économie informelle. La Banque islamique de développement a également choisi le Sénégal pour lancer sa première expérience dans ce secteur. Selon une étude du Bureau international du travail (BIT), « cette économie populaire devrait fournir 93 % des nouveaux emplois futurs dans les villes africaines. Presque deux personnes sur trois en vivent en Afrique subsaharienne. Plus de la moitié de la production lui est imputable en Afrique subsaharienne (7 ». Cependant, son impact économique et social n’est pas reconnu et son statut juridique ne fait l’objet d’aucune définition, quand elle n’est pas considérée a priori comme une économie délinquante, voire « mafieuse ».
Dans des pays où elles sont valorisées, les micro-entreprises urbaines et rurales génèrent une croissance longue et permettent le développement de services de base et de pièces détachées pour les machines. Certes, le pire peut y côtoyer le meilleur, mais la législation doit chercher à fournir un cadre réglementaire pour transformer les micro-entreprises en nouvelles PME ayant un statut juridique reconnu, en synergie avec celles du secteur agricole. Le réseau des entreprises d’Afrique de l’Ouest, qui regroupe quatre cents opérateurs économiques de treize pays, peut jouer un rôle de conseil et d’effet d’entraînement dans une mutation capable de faire émerger une véritable mentalité entrepreneuriale.
L’Etat esquisse le dialogue avec les organismes de producteurs, comme la Fédération des organisations non gouvernementales du Sénégal (Fongs) (8), membre du Comité de concertation nationale des ruraux (CNCR), qui regroupe sept fédérations d’organisations de petits producteurs représentant trois millions d’opérateurs économiques : agriculteurs, éleveurs, pêcheurs. Actuellement, un projet d’appui aux organisations de producteurs, piloté par le CNCR, est testé dans les régions de Kolda et Tambacounda, sur financement de la Banque mondiale, et pourrait être étendu à tout le pays. Une multitude de micro-entreprises familiales contribuent aussi au dynamisme de l’agriculture. Selon l’association ENDA-tiers-monde, une agriculture plus intensive en travail et en intrants, économe en énergie, eau, engrais chimiques et en espace, combinant l’arboriculture et les cultures saisonnières, peut contribuer à développer l’agro-écologie et à lutter contre la désertification. De nouveaux espaces de liberté, de nouveaux contre-pouvoirs se structurent au sein des campagnes.
Une relance de l’agriculture vivrière peut donc s’opérer, en s’appuyant sur les micro-entreprises rurales (en particulier dans les zones de cultures irriguées de la vallée du fleuve Sénégal) et sur des subventions sélectives en intrants. Mais, dans le secteur de l’horticulture et de l’élevage, des micro-entreprises rurales dynamiques ne pourront se multiplier que si la sécurisation foncière, un crédit de proximité et un cadre réglementaire assoupli sont mis en place, favorisant une intégration agriculture- élevage.
La lutte contre la pauvreté va de pair avec une amélioration de l’environnement juridique, économique et fiscal favorable à l’initiative privée, ainsi que la mise en place d’un véritable programme de décentralisation administrative, que les institutions de Bretton Woods ont popularisé sous le vocable de « bonne gouvernance » : transparence et efficacité dans la gestion publique, Etat de droit, mise en place d’un véritable statut juridique de l’entreprise, intermédiation financière bancaire (crédits de long terme, capital-risque, fonds de garantie)… De telles réformes peuvent permettre d’attirer les investisseurs privés (nationaux et internationaux) et de mettre en place un tissu industriel dynamique favorisant l’exportation de produits semi-finis dans la sous-région et la consolidation de la Bourse régionale des valeurs mobilières ouest-africaines d’Abidjan.
Fin 1996, le Sénégal a adopté une loi sur la décentralisation administrative, mais le transfert des décisions aux acteurs locaux demeure inachevé (9). Lors des élections relatives à la mise en place des représentants des collectivités territoriales et locales en décembre 1996, seuls les partis politiques ont été admis à la compétition. Ce qui a exclu une grande partie du corps électoral et des représentants de la société civile (mouvement associatif, ONG locales, organisations de producteurs, syndicats) et renforcé l’hégémonie du Parti socialiste (PS) au niveau local. La représentation mérite d’être élargie aux commissions villageoises, aux représentants des micro- entreprises et des PME, aux fédérations de petits producteurs, à tous les acteurs économiques concernés. C’est la gestion des assemblées départementales et locales, ainsi que le partage du financement des activités entre le PS et les autres acteurs économiques et politiques, qui constituera le véritable test.
La concertation tripartite entre les représentants de la société civile, les pouvoirs publics et les bailleurs de fonds doit être institutionnalisée dans la formulation, l’exécution et le suivi des politiques d’ajustement structurel, et la prise des grandes décisions nationales. Au niveau urbain (en particulier informel), les mouvements associatifs (groupements de quartiers des jeunes et des femmes), les organisations de petits commerçants, les syndicats de travailleurs et d’employeurs doivent chercher à mieux se structurer en contre-pouvoirs, au sein de forums, afin de parfaire le dialogue avec les pouvoirs publics et les bailleurs de fonds, pour l’avancement des grands chantiers de réformes, comme les privatisations qui concernent désormais tous les secteurs (eau, électricité, téléphone, transports, tourisme, bâtiment, etc.) (10).
Le dynamisme de la société civile pourrait être renforcé notamment à travers la Fongs et la CNCR. En outre, une concertation tripartite entre les représentants des acteurs de la société civile, des pouvoirs publics et des bailleurs de fonds pourrait contribuer à une meilleure formulation des politiques d’ajustement structurel, mais cela impliquerait un renforcement des contre-pouvoirs urbains et ruraux de la société civile, ainsi qu’une professionnalisation de leurs dirigeants. Les programmes nationaux d’ajustement structurel devraient également être mieux intégrés dans des politiques régionales de développement (par exemple, dans le cas du Sénégal, au sein de l’Union économique et monétaire de l’Ouest africain, [UEMOA] (11), pour coordonner les efforts, élargir les marchés, éviter les gaspillages… Cela permettrait par ailleurs de passer d’une conditionnalité imposée par les bailleurs de fonds à une contractualité proposée par les acteurs locaux et les dirigeants.
L’esquisse d’un projet de société s’enracinant dans la société civile permettrait au Sénégal, comme à d’autres pays africains, de mieux affronter le choc de la mondialisation sans perdre l’essentiel de son identité culturelle. Même la Banque mondiale commence à réaliser que « sans développement social (12 » le marché seul ne permet pas la cohésion sociale, et que, sans équité, la croissance économique présente des limites certaines.Tom Amadou Seck,Economiste sénégalais, auteur de La Banque mondiale et l’Afrique de l’Ouest. L’exemple du Sénégal, Publisud, Paris, 1997.

(1) En 1997, le taux de croissance a été de 5,7 % du PIB, celui de l’inflation de 1,8 %, le déficit des finances publiques de 1,5 % et celui de la balance des paiements de 7,6 %.
(2) Enquête sur les ménages menée auprès de 777 931 foyers, direction de la statistique du Sénégal, 1997. Pour plus de détails, lire Senegal, an Assessment of Living Conditions, Banque mondiale, mai 1995, Dakar, et A. Bara Diop, « La pauvreté dans la bassin arachidier », Politique africaine, Karthala, n° 45, mars 1992.
(3) Momar Coumba Diop et al, « La lutte contre la pauvreté à Dakar ; programme de gestion urbaine », Dakar, 1995.
(4) 100 francs CFA = 1 F.
(5) Emmanuel S. Ndione, Dakar, une société en grappes, ENDA-Karthala, Paris, 1994.
(6 Marchés tropicaux, Paris, 14 novembre 1997. Lire aussi Donald B. Cruise O’Brien, « Au Sénégal, une démocratie sans alternance », Le Monde diplomatique, avril 1993.
(7 Revue internationale du travail, volume 132, 1993. Lire aussi L’Emploi dans le monde, Bureau international du travail, Genève, 1995.
(8) La Fédération des ONG du Sénégal regroupe les petits producteurs ruraux : cent mille membres, représentant vingt-quatre associations réparties dans huit cent cinquante villages, couvrant toutes les régions du Sénégal.
(9) L’article 27 de la loi sur la décentralisation (loi 96-07) permet à l’Etat « d’affecter ou céder tout ou partie des zones d’aménagement rural, suivant des critères fixés par décret, à des personnes physiques ou morales, des collectivités locales ou toute personne morale pour la réalisation de projets de développement économique et social dans le cadre foncier ». C’est une innovation majeure au niveau des intentions, car elle permet à l’Etat de transférer des compétences en matière foncière aux régions, communes et aux communautés rurales. Lire Tom Amadou Seck, rapport de mission sur l’agriculture sénégalaise établi pour le compte du Groupe de réflexion stratégique du Sénégal, Dakar, septembre 1997.
(10) Pour le téléphone, 33 % des parts de la Sonatel sont cédées à France-câbles-radio (filiale française de France Télécom), 10 % au personnel et 34 % restent à l’Etat. L’opération a été un succès financier (330 millions de francs). Pour l’eau, la gestion et la distribution sont privatisées, l’Etat conserve le patrimoine. Une filiale du groupe français Bouygues, la SAUR, est majoritaire dans les actions. Mais 35 % des parts sont détenues par des investisseurs sénégalais et 9 % par les salariés.
(11) L’UEMOA regroupe les pays de la zone franc de l’Afrique de l’Ouest.
(12) James D. Wolfensohn, président de la Banque mondiale, Le Monde, 15 février 1996. L’institution a pris l’engagement de consacrer 900 millions de dollars à la scolarisation primaire des fillettes africaines (70 % d’entre elles sont analphabètes dans les campagnes). De même, la Banque a pris des engagements précis lors de la conférence de janvier 1997, à Washington, pour favoriser les micro-crédits (type Grameen Bank).

Guerre froide Chine-USA: l’Afrique va-t-elle devoir choisir son camp?

 (Ecofin Hebdo) – Lors d’une conférence de presse tenue en mai 2020, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a accusé certains politiciens américains de pousser Pékin et Washington dans une « nouvelle guerre froide ». Si le terme semble fort pour certains observateurs, pour d’autres il est complètement justifié au vu de la montée des tensions entre les deux pays, depuis l’élection du président Donald Trump, en 2016. Prise dans cette nouvelle tempête alors qu’elle fait l’objet de toutes les convoitises, on peut légitimement se demander si l’Afrique devra « choisir ses alliés ». S’il est vrai que le contexte de l’époque de la guerre froide entre Moscou et Washington est assez différent du contexte actuel, la réponse à cette préoccupation pourrait ne pas être aussi évidente que cela…

Escalade de tensions

Alors qu’ils ont toujours su avoir des relations diplomatiques « pacifiques » malgré les différences idéologiques, les Etats-Unis et la Chine semblent inaugurer, après 50 années de coexistence, une ère d’affrontements politiques. En effet, dès l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, Washington a commencé par développer une attitude résolument agressive envers son rival chinois.
Dès l’année 2018, les Etats-Unis se sont engagés dans un conflit commercial contre la Chine, avec pour leitmotiv de mettre fin à la « concurrence déloyale » des Chinois et à la violation de règles de propriété intellectuelle par Pékin. A coup de droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars de marchandises, les deux pays se sont livrés une guerre sans merci qui aura contribué à ralentir sensiblement la croissance mondiale.
A coup de droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars de marchandises, les deux pays se sont livrés une guerre sans merci qui aura contribué à ralentir sensiblement la croissance mondiale.
Deux ans après le début de ces hostilités, c’est la pandémie du nouveau coronavirus qui est devenue la nouvelle source de conflit entre les deux géants. Alors qu’en janvier, le président Donald Trump saluait encore la bonne gestion de l’épidémie par Pékin, la contamination de millions de personnes à travers le monde et sur le territoire américain l’a poussé quelques semaines plus tard à opérer un virage à 180 degrés.

Donald J. Trump

✔@realDonaldTrump
China has been working very hard to contain the Coronavirus. The United States greatly appreciates their efforts and transparency. It will all work out well. In particular, on behalf of the American People, I want to thank President Xi!
Désormais, Donald Trump ne veut plus « remercier le président Xi au nom du peuple américain » comme il l’avait fait sur son compte twitter, mais pense plutôt à demander des réparations à Pékin pour avoir mal géré une crise qui « aurait pu être arrêtée à la source [la ville chinoise de Wuhan, NDLR] et ne se serait pas répandue dans le monde entier ».
Non seulement Washington accuse Pékin d’avoir dissimulé l’apparition du virus ainsi que l’ampleur de l’épidémie, mais il affirme également que le nouveau coronavirus aurait été créé par des chercheurs chinois, volontairement ou non. La Chine, de son côté, semble avoir décidé de jouer le jeu de Donald Trump, affirmant qu’elle « ripostera à chaque insulte » du président américain.

Donald J. Trump

✔@realDonaldTrump
Some wacko in China just released a statement blaming everybody other than China for the Virus which has now killed hundreds of thousands of people. Please explain to this dope that it was the “incompetence of China”, and nothing else, that did this mass Worldwide killing!
A ces situations s’ajoutent les dissensions au sujet de Hong Kong, la guerre américaine contre le géant Huawei ou encore la situation de Taïwan, qui font craindre un remake de l’après 1945.

Le « problème chinois »

54 ans après le début de la révolution culturelle initiée par Mao Zedong, la Chine désormais deuxième puissance mondiale fait peur.
Elle a multiplié, ces dernières années, les projets pour s’implanter partout dans le monde. Grâce au soutien de l’Etat central, de nombreuses multinationales chinoises sont présentes dans les secteurs clés de l’économie mondiale. Aujourd’hui, le pays le plus peuplé de la planète est également celui qui tire la croissance mondiale. On estime que la Chine consomme à elle seule un cinquième des exportations mondiales de matières premières. Et avec le gigantesque projet de la Route de la soie, le pays compte bien accroître sa prépondérance dans le commerce mondial.
D’ailleurs, dans de nombreux secteurs tels que la pharmacie ou la technologie, l’empire du Milieu joue le rôle d’usine du monde, en raison notamment du faible coût de sa main-d’œuvre.
Et c’est justement ce boom économique qui suscite autant d’inquiétudes de la part des autres puissances mondiales. De nombreux pays voient dans l’ascension fulgurante de la Chine, une menace pour leur souveraineté économique. En France, comme dans d’autres pays, la crise de la Covid-19 a, par exemple, fait resurgir les débats sur une relocalisation des sites de fabrication de nombreux produits pour lesquels l’Europe dépend fortement de Pékin.
Si ces pays ont, ces dernières années, souffert en silence de l’hégémonie grandissante de la Chine, l’élection en 2016 du président Donald Trump et sa politique du « America First » ont contribué à donner un coup de fouet aux tendances protectionnistes et instaurer un véritable climat pré-guerre froide. Désormais, les pays veulent surtout contrer l’influence grandissante de Pékin. En Afrique, continent dont le premier partenaire commercial est la Chine, cette situation s’est traduite par une véritable guerre d’accords commerciaux. Désormais, chacun veut aider l’Afrique à trouver une solution au « problème chinois » qui enfermerait les Etats du continent dans une dépendance aux exportations de matières premières et à la dette.

L’Afrique a toujours dû choisir son camp…

Depuis l’époque de la colonisation, l’Afrique n’a souvent pu qu’observer et subir les effets des batailles menées par les grandes puissances occidentales pour imposer leur domination sur le monde.
Désormais, chacun veut aider l’Afrique à trouver une solution au « problème chinois » qui enfermerait les Etats du continent dans une dépendance aux exportations de matières premières et à la dette.   
Malgré les efforts menés par ses dirigeants pour éviter une bipolarisation idéologique et économique de ses pays, l’Afrique a toujours dû choisir son camp. Ainsi, la création d’un Mouvement des non-alignés en pleine guerre froide n’avait pas empêché le Dahomey (actuel Bénin), le Mozambique, la Somalie, l’Ethiopie ou l’Angola, entre autres, de choisir le camp communiste pour bénéficier de l’aide de Moscou tandis que d’autres ont préféré se ranger sous la bannière américaine.
Aujourd’hui, le contexte est certes différent, mais c’est encore le jeu des alliances (commerciales et économiques cette fois) qui semble vouloir dicter le déroulement de cette nouvelle guerre froide.
L’un des exemples illustrant le mieux cette situation est celui du géant chinois des télécommunications, Huawei, qui est actuellement au centre de la campagne anti-chinoise du président Trump. En effet, l’entreprise chinoise a été blacklistée par le président Donald Trump ; ce qui interdit aux sociétés américaines de travailler avec elle. Selon l’actuel locataire de la Maison-Blanche, la Chine utiliserait la 5G, dont Huawei est devenu le leader, pour réaliser de l’espionnage à grande échelle. Si aucune preuve de ces allégations n’a encore été fournie, Washington a néanmoins lancé une véritable campagne mondiale pour évincer l’entreprise chinoise du marché de la 5G. En Europe, par exemple, les USA ont menacé de sanctions les pays qui adopteraient la technologie de la société chinoise.

Si aucune preuve de ces allégations n’a encore été fournie, Washington a néanmoins lancé une véritable campagne mondiale pour évincer l’entreprise chinoise du marché de la 5G.

Cette pression a entraîné une certaine prudence de la part de ces pays qui, pour l’instant, se sont contentés de durcir l’encadrement des conditions de déploiement de la 5G de Huawei, à défaut de l’interdire.
Allant plus loin, la police canadienne a mis aux arrêts, en 2018, à la demande des USA, Meng Wanzhou directrice financière de Huawei, accusée par Washington d’avoir contourné les sanctions contre l’Iran.
Pour l’instant, l’Afrique n’est pas encore directement concernée par cette guerre de la 5G dont le dénouement semble encore difficile à imaginer. Néanmoins, la Chine a déjà prouvé qu’elle était capable d’influencer les prises de décisions des pays du continent, en matière de politique étrangère. Exerçant une forte pression, grâce aux milliards de dollars d’aide qu’elle promet au continent, la Chine a par exemple réussi à rallier à sa cause presque tous les pays africains concernant la reconnaissance de l’Etat de Taïwan qui clame depuis plusieurs décennies son indépendance par rapport à Pékin. Sur le continent, seul l’E-Swatini résiste et maintient encore des relations diplomatiques avec Taipei.      

Mais la donne pourrait changer cette fois…

Conscients que le besoin de financement des Etats africains pour mettre en œuvre leurs programmes de développement pourrait représenter une opportunité pour « réduire » l’influence de la Chine, les Etats-Unis n’ont pas hésité à mettre leur politique d’aide en faveur du continent sous le signe de la lutte contre le nouvel « impérialisme » chinois.
Ces dernières années, Washington a exhorté les pays africains à s’affranchir de la « domination chinoise » qui les enfermerait dans un « piège de la dette ». L’initiative « Prosper Africa », lancée en juin 2019 à Maputo (Mozambique) pour permettre aux USA d’investir 50 milliards $ en Afrique, au cours des prochaines années, semble d’ailleurs s’inscrire dans ce registre. Les entreprises américaines offrent une « valeur inégalée », avait alors déclaré la secrétaire d’Etat au Commerce, Karen Dunn Kelley, lors de la présentation du projet. « Pourtant, nous avons perdu du terrain face aux pratiques commerciales de plus en plus sophistiquées – mais trop souvent opaques – des concurrents étrangers », avait-elle ajouté, en référence aux méthodes chinoises de financement en Afrique.
Mais contrairement à l’époque de la première Guerre froide, il serait clairement erroné d’affirmer que les pays africains n’auront d’autre choix que de se contenter de choisir l’un ou l’autre des camps. Même si les pays du continent ne sont pas encore suffisamment forts pour s’imposer face à ces deux géants, les efforts réalisés ces dernières années afin de créer un bloc économique puissant sur le continent pourraient changer la donne.
Même si les pays du continent ne sont pas encore suffisamment forts pour s’imposer face à ces deux géants, les efforts réalisés ces dernières années afin de créer un bloc économique puissant sur le continent pourraient changer la donne.

Considérée comme le projet phare de l’intégration africaine, la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) – qui vise à doper les échanges intra-africains, favoriser l’industrialisation et promouvoir le « made in Africa » – offre l’occasion au continent noir de devenir (du moins en théorie) une véritable puissance économique, capable d’avoir voix au chapitre.
Le lancement de plusieurs projets d’intégration à travers le continent, ces dernières années, a d’ailleurs coïncidé avec une vague de prise de conscience (dans le discours politique tout au moins) des dirigeants africains, de la nécessité pour leur pays de s’émanciper véritablement.
Le discours du président rwandais Paul Kagame lors de la World Policy Conference au Maroc en octobre 2019 illustre d’ailleurs parfaitement cette tendance : « L’Afrique n’est le prix à gagner ou à perdre pour personne. Pas du tout. […] Il est de notre responsabilité, en tant qu’Africains, de prendre en charge nos propres intérêts et de développer notre continent à son plein potentiel. En réalité, cela a toujours été la question principale. Nous avons attendu beaucoup trop longtemps, en fait pendant des siècles […] Aujourd’hui, l’Afrique jouit de relations commerciales solides dans le monde entier, que ce soit avec l’Europe, l’Inde, l’Amérique du Nord ou la Chine. En effet, nous voulons plus d’investissements et de commerce avec tout le monde, car cela nous laisse tous dans une situation plus favorable. C’est pourquoi il est si important pour l’Afrique de se rassembler en tant que région […] La zone de libre-échange continentale africaine est désormais en vigueur et les échanges commerciaux débuteront en juillet 2020. Cet accord modifiera radicalement la manière dont l’Afrique fait des affaires avec elle-même et avec le reste du monde ».
« La zone de libre-échange continentale africaine est désormais en vigueur et les échanges commerciaux débuteront en juillet 2020. Cet accord modifiera radicalement la manière dont l’Afrique fait des affaires avec elle-même et avec le reste du monde ».

Et d’ajouter : « Nous pouvons être de meilleurs partenaires. Cela signifie que nous devons tous, ici et ailleurs, travailler ensemble. C’est ce qui nous remettra sur la voie d’un monde meilleur, où chacun trouvera son compte ».   Moutiou Adjibi Nourou

George Soros, milliardaire et progressiste: un mélange détonnant…

https://www.financialafrik.com/Devenu milliardaire en une belle matinée de 1992 en pariant contre la livre sterling, George Soros s’est ouvert à deux battants la porte des hommes les plus fortunés de cette vieille planète terre. Sans trop forcer dit la légende, en s’asseyant juste au bord de la piscine, l’oeil vissé sur sa console et le casque sur les oreilles pour ne pas entendre les formules du genre “travaillez plus pour gagnez plus” si chères à Ronald Reagan, Margaret Tatcher et à leurs héritiers de droite comme Nicolas Sarkozy, le patron de Soros Fund Management LLC (qui pèse 25 milliards de dollars) a tout fait différent. Il est diplômé d’Economie à la London School of Economy et de Philosophie.Immigré hongrois, il travailla dans une maison londonienne de courtage d’abord, le temps d’affuter ses armes et de prendre le large. Wall Street sait reconnaître les siens et leur donner les réflexes de survie. Après y avoir gagné de l’argent, George Soros crée son fonds en 1969, le Qantum Fund of Fund, domicilié dans un paradis fiscal dans les Antilles néerlandaises alors que la société de gestion, la Soros Fund Management est, elle, basée à New York. Son talent de manager et son bagout attirent les investisseurs. La Banque de Rothschild Paris et le fonds Heldring & Pierson misent sur ce financier atypique, écrivain et analyste financier hors pair, qui essuiera au passage quelques condamnations mineures pour délits d’initiés.

Le coup de génie

La gloire arrive le 16 septembre 1992, lors du fameux mercredi noir, quand Soros, appuyé par JP Morgan, Bank of America et Jones Investment, vend à découvert 10 milliards de livres, pariant donc à la baisse sur cette monnaie. George Soros et tous les fonds et banques ayant participé à l’attaque pouvaient alors rembourser les emprunts qu’ils avaient contracté en livre sterling, mais avec une livre dévaluée par rapport au dollar. En vendant à découvert, c’est à dire en pariant sur la baisse de la livre sterling, la plus-value de Soros sur cette opération fût estimée à environ 1,1 milliard de dollars. Depuis ce coup de jarnarc, Soros est vu partout, contre la monnaie malaisienne, le Ringitt, lors de la crise financière et même dans un pari sur le nombre de morts en Irak. Les conspirationnistes le suivent partout.

La légende George Soros

Premier milliardaire au monde à être progressiste, le loup de la finance, tantôt aux côtés de Tony Blair imaginé sur des montagnes enneigées quand ce n’est pas dans la savane africaine, accompagné d’un Alpha Condé, intrigue par ses orientations financières spéculatives et ses considérations politiques “humanistes” qui dérangent son compatriote, le très décrié premier ministre hongrois Viktor Orban, qui rêve de retirer le droit d’asile dans la convention de Genève. Philanthrope “désintéressé” comme si la précision était nécessaire, Soros finance à fonds perdu l’avénement d’une société ouverte (objectif de son Open Society Foundations) en pariant sur la disparition des Etats au profit d’une gouvernance mondiale.
Les adeptes de la théorie du complot viennent de lui attribuer une énième conspiration: “il surferait sur la vague “Black live matters” pour accélérer l’avénement d’une nouvelle société aux USA. Les fantasmes ont leur unité de mesure. Les tweets négatifs sur le milliardaire juif philanthrope sont passés de 20 000 quotidiennement le 26 mai à 500 000 par jour le 30 mai selon l’Anti-Defamation League.
Pour sûr, cet “Antifa” est avant tout un baron de la finance, qui a développé une capacité élevée pour déceler la bonne affaire. Les conspirationnistes de droite l’accusent de miser sur le covid-19 pour fabriquer un vaccin commercialisé à l’échelle mondiale. Bailleur de fonds du parti démocrate, il est clair que George Soro n’est pas en odeur de sainteté auprès du champion américain des tweets.
Bailleur de fonds de plusieurs groupuscules d’activistes et de médias en Afrique, le milliardaire est aussi pointé du doigt par un rapport révélant sa mainmise réelle ou supposée sur la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Pour hâter l’avénement de la société ouverte de l’Oural au Zambèze ?
Bref, Chef d’Etat sans Etat ainsi qu’il se définit, George Soros n’a ni les faveurs de Vladmir Poutine, encore moins celles de Donald Trump et certainement pas du chinois Xi Jinping.
Aux USA, on le voit derrière les manifestations contre le confinement. «Suivez l’argent et je soupçonne que vous allez trouver la Fondation Open Society et les empreintes digitales de George Soros », déclarait récemment le militant républicain Niger Innis sur Fox News. «Cet homme aurait dû être expulsé il y a plusieurs décennies. Il est la destruction de notre civilisation et un danger clair et présent pour notre pays», poursuit ce chaud partisan de Donald Trump.
Des critiques qui font sourire George Soros, habitué en homme avisé, à tirer profit du marché, à la hausse ou à la baisse, dans la tendance taureau ou kangourou. Celui qui ne dort jamais sans dénouer ses positions et évaluer ses stop loss tout en devisant sur la “Critique de la raison pure” de Kant, a une histoire aussi improbable que les accusations à son encontre. Partisan des obligations perpétuelles pour sauver l’Union Européenne, il se pose en défenseur de l’Italie tout en pointant du doigt l’Allemagne sur qui maints fois ses assauts contre le Mark étaient revenus bredouilles.
“Ces obligations que j’ai proposées seraient émises par l’UE dans son ensemble, elles seraient automatiquement proportionnelles, et le resteraient à perpétuité. Les États membres n’auraient qu’à payer les intérêts annuels, si minimes – disons de 0,5% – que les obligations pourraient être facilement souscrites par les États membres, soit à l’unanimité, soit par une coalition de volontaires”, déclarait-il dans des propos rapportés par Reuters.
Ou ert d’esprit, George Soros , 90 ans et toutes ses dents, a déclaré à la veille du Forum Davos, lors de son très couru dîner, qu’il va investir 1 milliard de dollars pour déboulonner, non pas des statues inertes, mais des dictateurs vivants qui dirigent les USA, la Chine, la Russie ou encore l’Inde où le premier ministre, Narendra Modi, a créé un “Etat nationaliste hindou”. Un pari audacieux qui fait du disciple du philosophe Karl Popper l’homme à surveiller des Balkans au Sahel en pasant par les steppes. Qui est finalement George Soros ? En tout cas un financier avant d’être un politique, un trader au nez fin qui a pourtant perdu en misant sur Hillary Clinton contre Donald Trump.  Albert Savana

DES PLUIES ATTENDUES DANS PLUSIEURS RÉGIONS DU CENTRE

Dakar, 20 juin (APS) – L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) annonce des ‘’des pluies et des orages’’, dans les régions de Diourbel, Fatick et Kaolack (centre), de la nuit de samedi à dimanche matin.
Il y aura ‘’des risques de débordement’’ de ces pluies sur Dakar, Thiès (ouest) et Linguère (nord), selon l’ANACIM.
Durant la journée de samedi, comme en début de soirée, ‘’des activités pluvio-orageuses intéresseront Kédougou (sud-est), Tambacounda, Bakel, Goudiry (est), Ranérou (nord), Kolda, Sédhiou et Ziguinchor (sud), avec des risques d’extension sur Koungheul, Kaffrine, Kaolack et Nioro du Rip (centre)’’.ESF

LE SÉNÉGAL VEUT PRODUIRE 80% DE SES BESOINS ALIMENTAIRES DURANT LE PROCHAIN HIVERNAGE (MINISTRE)

Saint-Louis, 20 juin (APS) – Le Sénégal cherche à produire 80% de ses besoins alimentaires dès le prochain hivernage, pour parer au ‘’dérèglement des circuits de commercialisation des céréales’’ engendré par la pandémie de coronavirus, a déclaré le ministre de l’Agriculture, Moussa Baldé, samedi à Saint-Louis (nord).
S’exprimait lors d’une visite des rizières de la vallée du fleuve Sénégal, il a dit que l’Etat cherche à faire en sorte que la ‘’souveraineté alimentaire’’ soit assurée dans ‘’quelques années’’, car ‘’elle est devenue plus que jamais une nécessité’’.
‘’Face au dérèglement des circuits de commercialisation des céréales, à la suite de la pandémie du coronavirus qui a frappé toute l’économie mondiale’’, le seul moyen de s’en sortir est d’assurer sa souveraineté alimentaire, a souligné Moussa Baldé.
Il était accompagné d’Aboubacry Sow, le directeur général de la SAED, la société nationale chargée de l’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal, et de plusieurs techniciens de son ministère.
M. Baldé a adressé ses encouragements aux riziculteurs qui, avec l’aide de la SAED, ont emblavé 50.000 hectares pour la prochaine saison, pour un objectif de production de 300.000 tonnes de riz.
Avec l’aide de la Mauritanie, l’Etat du Sénégal a mis un avion à la disposition des producteurs de riz pour les aider à lutter contre les oiseaux granivores, a dit le ministre de l’Agriculture.
Selon lui, une subvention de 1,2 milliard de francs CFA provenant du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19 sera destinée à l’achat de 19 moissonneuses-batteuses. Six de ces machines destinées aux agriculteurs de la vallée du fleuve Sénégal ont déjà été réceptionnées, selon M. Baldé.
Dans cette partie du pays, ‘’une centaine de moissonneuses-batteuses sont déjà disponibles, mais ce n’est pas suffisant pour assurer la récolte sur 50.000 hectares’’, a-t-il dit.
Le président du Comité interprofessionnel du riz au Sénégal, Ousseynou Ndiaye, a salué ‘’la diligence’’ dont l’Etat a fait preuve dans la lutte contre l’invasion d’oiseaux granivores dans la vallée du fleuve Sénéga
S’exprimant au nom des agriculteurs de la zone, il a dit que le matériel déployé par l’Etat permettra de protéger les récoltes des oiseaux.BD/ESF

54 Milliards Pour Pousser Les Jeunes Vers L’Agriculture

https://www.xibaaru.sn/Le projet «Tekki Ndawni», cofinancé par l’État du Sénégal, la Bad et le Fida à hauteur de 54 milliards de Fcfa, devrait profiter à 150 000 jeunes sénégalais originaires de 14 zones agro-écologiques du pays. Lancé par le ministre de l’Agriculture, ce projet a prévu de créer, à terme, 5000 emplois décents dont 50% au profit des jeunes femmes, rapporte le quotidien national Le Soleil.
Selon le journal, ce projet devrait aider à une meilleure implication des jeunes dans l’exploitation des opportunités de la chaîne de valeur agro-sylvo-pastorale et halieutique dans la zone des Niayes, le bassin arachidier, en moyenne et basse Casamance. Ce, en vue de trouver des réponses adéquates aux préoccupations des couches bénéficiaires.

le projet «Agrijeunes Tekki Ndawñi», une initiative de transformation rurale,selon Benoit Thierry

https://www.vivafrik.com/Le représentant du Bureau régional du Fonds international de développement agricole (FIDA) au Sénégal a expliqué que « le projet « Agrijeunes Tekki Ndawñi » se positionne comme une initiative de transformation rurale ciblant les jeunes ruraux, souvent exclus des processus de création de la richesse, faute d’emplois productifs et innovants dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique pour devenir des entrepreneurs agricoles dans un cadre de production modernisé et fournissant un revenu décent ».
Benoit Thierry s’exprimait en visioconférence lors de la cérémonie de lancement de ce projet jeudi 18 juin 2020 dans la salle de réunion du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural sis à la Sphères ministérielles de Diamniadio.
Le projet « Agrijeunes Tekki Ndawñi » touchera 150 000 jeunes ruraux de 15 à 35 ans à la recherche d’une insertion économique et les jeunes agripreneurs en activité. Parmi eux, 45 000 dont 50% de femmes seront renforcés dans leur activité rémunératrice et durable dans les filières agro-sylvo-pastorales et halieutiques et de faire émerger une nouvelle génération de jeunes agripreneurs dans les villages du Sénégal, a détaillé le responsable du FIDA.
Les coûts totaux de ce projet qui s’étendra sur une période de 6 ans s’élèvent à 54,1 milliards FCFA (82,476 millions d’euros). Il est financé par le Fonds international de développement agricole avec des co-financements assurés par l’Etat du Sénégal et par les bénéficiaires directs et interviendra dans les quatre zones agro-écologiques du Sénégal comprenant les Niayes, le Bassin arachidier, la zone sylvopastorale, la Basse et Moyenne Casamance. En outre, une dizaine de zones de concentration y ont été délimitées en tenant compte du potentiel de développement des filières et des opportunités économiques pour les jeunes et en partenariat avec le projet PROVAL de la Banque africaine de développement (BAD).
« En ligne avec les orientations stratégiques nationales pour le développement agricole, ce nouveau projet s’inscrit dans le programme d’options stratégiques pour le Sénégal (COSOP 2019-2024) et concourt aux objectifs de développement durable visant à réduire la pauvreté (ODD 1), éliminer la faim (ODD 2), promouvoir l’égalité des genres (ODD 5), promouvoir le travail décent et la croissance économique (ODD 8) et lutter contre le changement climatique (ODD 13) », a poursuivi Benoit Thierry.
Qui a rappelé que depuis 1979, le FIDA a participé au financement de 19 programmes et projets de développement rural au Sénégal en investissant 361,2 millions de dollars US sur un montant total de 865,5 millions de dollars US. Ces projets et programmes ont bénéficié directement à 544 643 ménages ruraux.
« Comme vous le savez, 55% de la population pratique l’agriculture et constitue un levier crucial pour le développement économique et social. D’où la nécessité de mettre en place un environnement favorable pour le développement de ce secteur qui est le plus grand employeur. Agrijeunes constitue ainsi un bon exemple pour multiplier les programmes de promotion de l’emploi en milieu rural. Nous encourageons vivement les initiatives comme le projet « Agrijeunes » et appelons nos partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé à engager des actions concrètes dans ce sens », a pour sa part indiqué le ministre Sénégalais de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Moussa Baldé.Moctar FICOU

Lutte contre la désertification et la sécheresse: le Sénégal mise sur le PSE vert

https://www.vivafrik.com/La célébration de la26ème édition de la journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse le 17 juin 2020 a été l’occasion pour le maire de la commune de Mbao, Abdoulaye Pouye de rappeler que Macky Sall, président de la République avait proposé aux sénégalais le « programme Plan Sénégal émergeant (PSE) vert ou la reforestation durable » afin d’endiguer ce fléau.
La première édition est instituée en 1994 par l’Assemblée Générale des Nations Unies dans le seul but de renforcer la sensibilisation mondiale sur la lutte contre la désertification des terres et d’attirer l’attention sur la mise en œuvre de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par ce phénomène, notamment en Afrique.
« Ce programme a pour ambition de lutter contre la désertification en reverdissant le pays dans ses villes et ses campagnes. Pour sa matérialisation, l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande Muraille verte a été créée et placée sous la tutelle du Ministère de l’Environnement et du Développement durable, a-t-il confié, précisant que notre pays a célébré cette journée dans un contexte particulier marqué par la propagation de la pandémie du Covid-19.
Les terres arables du Sénégal continuent à se rétrécir. Ainsi, les spécialistes relèvent que 34 % d’entre elles sont affectées par la désertification impactant les spéculations pluviales comme le mil et l’arachide qui enregistrent respectivement des pertes de 26,36% et de 21,56% ainsi que les écosystèmes forestiers.
Le rythme de l’avancée du désert est inquiétant et le Sénégal n’est pas épargné par le phénomène. Les chiffres font froid dans le dos puisque les terres arables continuent à se rétrécir. En effet, à l’instar de la communauté internationale, le Sénégal célèbre aujourd’hui la Journée mondiale de la lutte contre la désertification dont le thème porte sur les liens entre la consommation, la production et la terre d’où le slogan : «Aliments-Fourrage-Fibres : production et consommation durable».
L’ONG Enda Energie qui s’engage dans la lutte contre la désertification déplore le fait qu’ « au Sénégal, les terres arables continuent à se rétrécir et on estime que 34% des terres sont affectées par la désertification (CSE, 2011). Cette dégradation des terres se reflète par la diminution des rendements des cultures».
La progression du désert a fait que « les spéculations pluviales comme le mil et l’arachide enregistrent respectivement des pertes de 26,36% et de 21,56%.Il en est de même pour les écosystèmes forestiers dont les pertes sont estimées à 30,88% pour les plantations de gommier, 25,27% au niveau des steppes et 16,47% au niveau des savanes (ELD Initiative 2019)», lit-on dans une note de l’ONG.
La situation du Sénégal rejoint le constat global sur le rythme non viable de la transformation et de la dégradation des terres nuisant à la production, aux écosystèmes et à la biodiversité. « Plus de deux milliards d’hectares de terres auparavant cultivables sont dégradées. Plus de 70 % des écosystèmes naturels ont été transformés. Ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 90 % d’ici à 2050 », rapporte la même source.
Selon les prévisions, d’ici à 2030, la production alimentaire nécessitera plus de 300 millions d’hectares de terres supplémentaires. « Dans le même laps de temps, l’industrie de la mode devrait utiliser 35 % de terres supplémentaires, soit plus de 115 millions d’hectares », précise-t-on dans le document.
C’est cette une situation alarmante qui a poussé le Secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), Ibrahim Thiaw, à tirer la sonnette d’alarme. « Si nous maintenons nos habitudes excessives de consommation, exigeant une constante croissance de la production, nous épuiserons les ressources de la Terre au moment où nous en avons le plus besoin. Il faut faire de meilleurs choix alimentaires afin de contribuer à la protection et la restauration des terres », prévient-il.
Pour contribuer à la lutte contre la désertification, Enda Energie va s’appuyer sur le programme de bonne gouvernance écologique dans l’Entente intercommunale de la Petite Côte pour une Gestion intégrée des zones côtières (EIPC- GIZC).
Ainsi, pour marquer cette journée, elle va effectuer des reboisements dans des établissements et sites publics de la localité.Moctar FICOU / VivAfrik

Thomas Melonio: «Repenser les marchés des produits agricoles en Afrique»

https://www.lepoint.fr/afrique/ENTRETIEN. L’exercice est devenu urgent face à la croissance démographique et à l’urbanisation galopante qui mettent sous pression les systèmes de distribution alimentaires sur le continent.
Alors que, dans le même temps que son déconfinement de la crise sanitaire du Covid-19, l’Afrique appréhende une crise alimentaire, la question de ses systèmes de distribution est abordée par un ouvrage que l’Agence française de développement (AFD) et le groupe de la Banque mondiale viennent de publier dans la collection L’Afrique en développement. Son titre : « Les systèmes agroalimentaires en Afrique » avec comme sous-titre « Repenser le rôle des marchés ». La thématique est d’importance, car, aussi incroyable que cela puisse paraître, un tiers de la production alimentaire est perdu du fait, explique cet ouvrage, « de l’inefficacité des intermédiaires de marché » alors même que « les villes en Afrique sont confrontées de manière croissante aux défis de la sous-nutrition et de la malnutrition ». Autant dire que la chaîne de la production agricole à la distribution des produits en passant par la transformation agroalimentaire mérite qu’on s’y penche de plus près. En s’appuyant sur les cas de trois villes, Rabat, Niamey et Abidjan, les auteurs, Gaëlle Balineau, Arthur Bauer, Martin Kessler et Nicole Madariaga, ont mis en exergue les lacunes importantes des systèmes de distribution alimentaire.
Sur toutes les questions autour des marchés alimentaires, Thomas Melonio, économiste, directeur de la recherche et de l’innovation à l’Agence française de développement, a répondu aux questions du Point Afrique.
Le Point Afrique : La crise du Covid-19 a mis à nu de manière crue les faiblesses des systèmes agroalimentaires africains. Quelles sont les plus importantes que vous avez identifiées ?
Thomas Melonio : Les systèmes agroalimentaires africains n’ont pas que des faiblesses, fort heureusement ! Le rapport que l’AFD et la Banque mondiale viennent de publier (sous la direction de Gaëlle Balineau, Arthur Bauer, Martin Kessler et Nicole Madariaga) rappelle que l’agriculture africaine nourrit en grande partie la population du continent. En Afrique de l’Ouest, les importations ne représentent par exemple que 8 % du total des dépenses alimentaires. La crise du Covid-19 a cependant mis en évidence des fragilités. L’importation de riz et de blé, qui concerne une bonne partie du continent du nord au sud, devient une faiblesse quand leur prix devient volatil. Le prix du riz sur les marchés internationaux a par exemple progressé de 30 % en avril, puis à nouveau début juin, avant de rebaisser. Pour les consommateurs, cela crée une vulnérabilité aux prix mondiaux et chacun se souvient de la gravité de la crise de 2007-2008 et des « émeutes de la faim ».
Les échanges intra-africains restent aussi insuffisants. Cela crée un risque que certains pays soient en excédent de production, et d’autres en déficit. Actuellement, l’Afrique de l’Est est très affectée par l’invasion acridienne, elle aura bien besoin des produits de ses voisins !
Enfin, nous observons encore trop de gaspillage alimentaire, en particulier pour les biens périssables. Lorsque les chaînes du froid ne fonctionnent pas du producteur au consommateur, les risques de gâchis sont importants.
La sécurité alimentaire d’un pays ou d’un continent se joue d’abord au niveau de sa production. Où en est l’Afrique aujourd’hui sur ce point et que faudrait-il mettre en œuvre pour qu’elle atteigne sa pleine capacité d’autosuffisance ?
L’économie alimentaire est déjà un énorme vivier d’emplois, avec près des deux tiers de l’emploi total en Afrique de l’Ouest par exemple. En dehors des zones en crise sécuritaire ou affectées par des événements défavorables (sécheresse, criquets), il n’y a pas de sous-production massive. Mais il faut aller plus loin pour localiser encore davantage sur le continent les activités de production et surtout de transformation. Nous relevons aussi que la productivité agricole est d’ores et déjà affectée par les dégradations environnementales. L’érosion des sols et la salinisation des nappes phréatiques, lorsqu’ils sont mal exploités ou surexploités, sont deux chantiers sur lesquels les gouvernements doivent accélérer, pour éviter un appauvrissement des campagnes africaines. Une meilleure connectivité intra-africaine permettrait aussi de mieux répartir la production annuelle et d’éviter des pénuries. Je suis confiant toutefois sur la capacité d’adaptation du continent : avec la crise Covid-19, nous avons observé des producteurs, de cacao par exemple, planter en urgence du riz pour répondre à des besoins croissants. Il ne faut pas être défaitiste !
Produire ne suffit pas pour satisfaire les besoins des populations. Il faut des infrastructures pour acheminer les produits vers les marchés. Ce maillon de la chaîne n’est-il pas sous-estimé dans les pays africains ? Comment pourrait-il être mieux investi pour jouer pleinement son rôle ?
Il y a sans doute eu en effet une focalisation sur la production agricole, davantage que sur l’approvisionnement et la distribution. Il faut travailler sur l’ensemble de la chaîne, de la « fourche à la fourchette », pour éviter des incohérences. Nous essayons de promouvoir cette approche intégrée, même si les demandes de financement que nous recevons restent encore très ciblées, soit sur la production, soit sur la distribution. Nous espérons bien que cela évoluera dans les prochaines années.
L’organisation des marchés alimentaires n’est pas seulement une affaire économique, elle a aussi trait à la sociologie qui les entoure. Quelles sont les lignes de force des marchés alimentaires africains ?
Chaque pays a ses spécificités. Dans l’étude que nous publions, nous relevons ces différences dans les modes de consommation. À Niamey, les acheteurs sont prêts à traverser la ville pour trouver les produits qu’ils recherchent, au meilleur prix. À Abidjan, les achats se font plus près du domicile, les trajets au sein de la ville étant difficiles. À Rabat, l’attention à la qualité des produits monte. Les modes de distribution varient aussi selon les pays : certaines villes privilégient les grands marchés de gros, comme à Niamey, mais d’autres optent pour des marchés de quartier. Les circuits alimentaires s’adaptent donc aux réalités sociologiques et physiques des villes.
Dans la plupart des pays, nous voyons toutefois des axes importants d’amélioration pour limiter les pertes alimentaires. Pour les fruits et légumes, celles-ci sont évaluées entre 35 et 45 %, principalement au moment de la production (10 %), de la transformation (25 %) et de la distribution (10 %). Les consommateurs gaspillent peu en revanche. Ces pertes contribuent au niveau encore trop élevé des prix, qui est dommageable socialement. Réduire les pertes tout au long de la chaîne permettrait de mieux nourrir la population.
Quelles initiatives pourraient à votre avis aider à réconcilier circuits formels et circuits informels de distribution sur le continent ?
La réconciliation est un combat ! Le développement rapide des supermarchés en Afrique pose de nouvelles questions. Au Kenya, nous avons noté que, pendant le confinement, les classes moyennes ont pu s’approvisionner dans les supermarchés, qui sont souvent restés ouverts. Mais dans les quartiers précaires, où les habitants vont faire leurs achats dans des marchés qui ont fermé pendant plusieurs semaines, la situation s’est vite tendue. Il faudra à terme réguler ce « nouveau » secteur des supermarchés, pour favoriser le soutien aux productions locales et assurer des formes d’équité avec d’autres modes de distribution. Chaque mode de distribution devra bien prendre en compte les filières locales de production, pour encourager leur développement, même si des interdépendances entre pays sont inévitables.
De nouveaux circuits informels se sont aussi créés après le déclenchement de la crise et la fermeture des marchés couverts : des commerçants ont ainsi ouvert des étals devant leur domicile ou organisé des dispositifs de livraison. Cela a permis de réduire l’impact de la crise et montre la capacité de réaction rapide des acteurs du continent.
La crise du Covid-19 a révélé l’importance de la trilogie hygiène-équipement et technologie. Comment mettre à jour les marchés africains sur ces trois points ?
Je trouve encourageant que, dans la période récente, l’information sur les mesures d’hygiène et les gestes barrières ait circulé rapidement en Afrique. Il y a des fake news sur le continent comme ailleurs, mais globalement ces mesures semblent connues dans les principales villes. Cela permet de limiter les autres mesures restrictives et, par exemple, de rouvrir les marchés alimentaires même si l’épidémie n’a pas disparu.
De manière plus structurelle, la bonne information des producteurs et des consommateurs est un élément essentiel. Permettre à des producteurs d’accéder à des données météorologiques fiables, c’est essentiel pour qu’ils décident quand planter et quand récolter. Des gains de production importants sont possibles. Nous menons des projets pilote en ce sens, par exemple pour innover avec la filière sucrière en Côte d’Ivoire. Les acheteurs ont aussi besoin d’informations sur le prix, c’est de plus en plus souvent le cas, mais aussi sur la qualité des produits disponibles. Il y a beaucoup à faire pour « normer » cette qualité, encore inégale.
Comment l’Afrique peut-elle faire de ces marchés des espaces de création de valeur dans la logique des objectifs de développement durable ?
Les approches systémiques du producteur au consommateur ont trop souvent été négligées. Cela conduit à des pertes encore trop importantes tout au long de la chaîne de l’alimentation, et donc à des pénuries ou prix trop élevés. Mais une meilleure organisation de cette filière et le recours aux nouvelles technologies permettent d’espérer la poursuite des progrès déjà observés. L’étude que nous publions détaille ces pistes de travail. Malick Mbaye

DIFFICULTES RECOUVREMENT DES CREANCES, CONCURRENCE DELOYALE, FAIBLE DEMANDE, PERTE D’EMPLOIS DANS TOUS LES SECTEURS: Le climat des affaires de plus en plus dégradé selon les chefs d’entreprises

https://www.jotaay.net/Au fur et à mesure de l’évolution de l’épidémie du coronavirus, l’économie sénégalaise accuse un sérieux coup. En atteste la dernière publication de la Direction de la prévision et des études économiques concernant le point mensuel de conjoncture qui laisse entrevoir une dégradation du climat des affaires et une baisse annuelle de 9,5 points (99,3% en avril 2019 à 89,83% au mois d’avril 2020).
Le coronavirus enfonce un peu plus le climat des affaires. Et ce ne sont pas les chefs d’entreprise interrogés par la Dpee qui diront le contraire. En avril 2020, le climat des affaires (calculé sur la base des soldes d’opinions des chefs d’entreprises) s’est dégradé en variation mensuelle et s’est situé en dessous de sa moyenne de long terme. Cette situation reflète l’orientation défavorable des opinions des industriels, entrepreneurs de bâtiment et travaux publics et prestataires de services. Sur une base annuelle, l’indicateur a également perdu 9,5 points, en avril 2020.

L’industrie enregistre de faibles commandes

Dans l’industrie, l’insuffisance de la demande (44%), l’approvisionnement difficile en matières premières (28%), la concurrence supposée déloyale (22%) et les difficultés de recouvrement des créances (22%) ont majoritairement constitué les principales contraintes à l’activité. Par ailleurs, le climat des affaires s’est tassé (-3,7 points) dans le sous-secteur, en rythme mensuel, sous l’effet des orientations négatives des soldes d’opinion relatifs à la production et aux perspectives de production. Pour leur part, les soldes relatifs aux stocks de produits finis et commandes reçues sont restés stables.

Concurrence déloyale dans le bâtiment et les travaux publics

Concernant le sous-secteur des bâtiments et travaux publics, les contraintes les plus citées par les entrepreneurs interrogés sont les difficultés de recouvrement des créances (67%), la concurrence supposée déloyale (33%), la fiscalité (33%), l’accès difficile au crédit (33%) et l’insuffisance de la demande (33%). Par ailleurs, le climat des affaires s’est affiché moins reluisant (-10,5 points) dans le sous-secteur, en rythme mensuel, en liaison avec les orientations défavorables des soldes d’opinion relatifs à l’activité générale et aux commandes (publiques et privées). Le pessimisme des chefs d’entreprises enquêtés quant aux perspectives d’activité a, aussi, contribué au fléchissement de l’indicateur dans le sous-secteur. Au titre du sous-secteur des services, les interrogés ont majoritairement évoqué les difficultés de recouvrement des créances (63%), l’insuffisance de la demande (50%), la concurrence jugée déloyale (25%) et la fiscalité (25%) comme les principales entraves à l’activité, en avril 2020. En sus, le climat des affaires s’est dégradé de 3,5 points dans le sous-secteur, en rythme mensuel. Cette situation traduit la détérioration des soldes d’opinion relatifs aux perspectives de chiffre d’affaires et de commandes.

Le commerce peine à s’approvisionner

S’agissant du commerce, l’approvisionnement difficile en marchandises (67%), l’accès difficile au crédit (67%), les difficultés de recouvrement des créances (67%) et l’insuffisance de la demande (67%) sont les principales contraintes évoquées par les interviewés, en avril 2020. Toutefois, le climat des affaires s’est renforcé (+1,9 point) en rythme mensuel, sous l’effet de l’amélioration du solde d’opinion relatif aux perspectives de commandes.

Repli des effectifs à fin avril 2020

Même si le président de la République avait soutenu lors de son premier discours durant la pandémie du Covid-19 vouloir conserver les emplois, la Dpee souligne qu’en fin avril 2020, l’emploi salarié du secteur moderne s’est replié de 8,4% par rapport au mois précédent, en liaison avec la baisse des effectifs dans le secondaire (-12,7%) et le tertiaire (-2,5%). En détail, les pertes d’emplois sont observées dans tous les sous-secteurs d’activités, notamment les industries (-14,2%), la construction (-1%), les services (-2,9%) et le commerce (-2,9%). Sur un an, les effectifs salariés ont baissé de 2,6% au mois d’avril 2020. Cette évolution est attribuable à la contraction de postes pourvus dans le secondaire (-6,1%), spécifiquement dans les industries (-6,9%) et les BTP (-0,9%), dans une moindre mesure. L’emploi dans le secteur tertiaire est ressorti, quant à lui, en hausse de 2,1% en liaison avec les services (+3,4%). Toutefois, le nombre de salariés dans le commerce s’est replié de 3,5% sur la période.Samba THIAM

Bons Covid-19: Les pays l’Umoa ont levé plus de 1 000 milliards entre 27 avril et 14 mai

https://www.lejecos.com/Dans le cadre de la lutte contre les effets néfastes de la Maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), les huit pays membres de l’Union monétaire ouest africaine (Umoa) ont levé 1 172 milliards de francs Cfa durant la période du 27 avril au 14 mai 2020. Pour le Pr Patrick Legland qui en parlé hier lors du lancement officiel du programme de formation d’excellence à distance initiée par la Bceao, les Bons Covid-19 restent positifs pour les pays de l’Umoa.
Selon Patrick Legland qui faisait une présentation sur l’impact de la crise sur les banques africaines, cette somme levée à travers les Bons assimilables du trésor (Bat) à 3 mois dénommé Bons Covid-19, reste positive pour les pays de l’Umoa.
Par conséquent, il note que la Côte d’Ivoire a levé 535 milliards de francs Cfa (3 émissions), le Sénégal 103 milliards, le Bénin 133 milliards, le Niger 110 milliards. Dans cette même lancée de faire face à la Covid-19, M. Legland indique que le Togo, le Mali, le Burkina et la Guinée Bissau ont levé respectivement 108 milliards, 88 milliards, 80 milliards et 15,5 milliards de francs Cfa.
Aussi, selon le spécialiste du secteur bancaire et professeur affilié à Hec Paris, les pays de l’Umoa disposent, en complément des Bons covid-19, des émissions de titres publics pour financer leurs besoins de trésorerie. Il s’agit, en l’en croire, d’une Note adressée aux investisseurs à travers le directeur de l’Agence Umoa-titres et d’un programme d’émissions titres Etats, au deuxiéme trimestre  2020 sur un montant de 1 675 milliards de francs Cfa soit  770 milliards de bons du trésor et 905 milliards d’obligations du trésor.Bassirou MBAYE

UMOA: Les bonnes performances de la Bceao

https://www.lejecos.com/Le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) informe que l’encours des titres publics mobilisés sur le marché régional, rapporté au Produit intérieur brut (Pib) est passé de 8,4 % en 2013 à 13,6% en 2019. Tiémoko Meyliet KONE souligne également que le ratio du crédit au secteur privé sur le Pib est de 27,1% en 2019 contre 19,9% en 2012 avant de relever que le taux d’inclusion financière dans l’Umoa est estimé à 59,7% en 2019, en hausse de 31,1% par rapport à son niveau de 2012.
Président le lancement officiel du programme de formation d’excellence à distance ce jeudi, 18 juin, le gouverneur de la Bceao a déclaré que les initiatives entreprises par la Banque centrale ont permis, notamment, d’améliorer significativement le financement des économies, de renforcer la résilience du système bancaire, d’accroître l’inclusion financière des populations et de soutenir la croissance dans l’Umoa.
En effet, explique Tiémoko Meyliet KONE qui était en visioconférence ce matin, l’encours des titres publics mobilisés sur le marché régional, rapporté au Pib est passé de 8,4 % en 2013 à 13,6% en 2019. Des performances qui ne s’arrêtent pas là. Car, à en croire M. KONE, « le ratio du crédit au secteur privé sur le Pib est de 27,1% en 2019 contre 19,9% en 2012 ». De même, renchérit-il, le taux d’inclusion financière dans l’Umoa est estimé à 59,7% en 2019, en hausse de 31,1% par rapport à son niveau de 2012. De plus, la crédibilité et l’attractivité du système bancaire de l’Umoa se sont renforcées, poursuit le gouverneur.
S’agissant du cadre d’émission de la monnaie électronique, l’ivoirien rappelle qu’il a été modernisé, ce qui a contribué à une augmentation appréciable du taux d’accès aux services financiers des populations de l’Union ces dernières années. En effet, appuie le patron de la Bceao, ce taux est passé de 28,4% en 2012 à 39,2% en 2019.
Ces performances de la Bceao sont redues possible par à un certain nombre de réformes entreprises par le gouverneur. « Concernant le financement des économies, je voudrais, entre autres réformes, citer la création, en mars 2013, de l’Agence UMOA-Titres, qui a contribué à hausser considérablement le montant des ressources levées par les Etats membres sur le marché régional de la dette publique », rappelle M. KONE. Qui souligne dans la foulée que concomitamment, un Fonds de stabilité financière a été mis en place, pour atténuer la perception du risque intrinsèque des pays, permettant ainsi de limiter la défiance des investisseurs et des marchés vis-à-vis de la dette publique.
Toujours dans le cadre du financement des économies, et conscients que le développement du crédit ne peut se faire sans une réduction de l’asymétrie d’informations entre prêteurs et emprunteurs dans le secteur bancaire, un cadre réglementaire régissant l’activité des bureaux d’information sur le crédit (BIC) a été mis en place. Ce cadre réglementaire spécifique a permis, d’après l’ancien ministre ivoirien de la construction, de l’urbanisme et de l’habitat, le démarrage, en 2015, des activités de CREDITINFOVOLO, une structure agréée en qualité de Bureau d’information sur le crédit dans l’Umoa.
« Je me dois également de rappeler le dispositif de soutien au financement des Pme, adopté par le Conseil des ministres en septembre 2015. Il vise à apporter une réponse cohérente à la problématique de l’accès de cette catégorie d’entreprises au financement bancaire. Il s’agit là, à travers des incitations offertes par la Banque centrale aux établissements de crédit, de veiller à une meilleure organisation dans l’accompagnement de cette catégorie d’entreprises, qui représente plus  de 90 % des entreprises recensées dans l’Union », relève enfin le gouverneur de la Bceao.Bassirou MBAYE

Renforcement des capacités des acteurs bancaires et financiers de l’Uemoa : La Bceao lance une série de formation d’excellence à distance

https://www.lejecos.com/Le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a présidé ce matin le lancement officiel du programme de formation d’excellence à distance initiée par l’institution financière qui sera assuré par le Centre ouest africain de formation et d’études bancaires (Cofeb) en collaboration avec l’école desHautes études commerciales de Paris (Hec Paris). Tiémoko Meyliet KONE souhaite ainsi, à travers une série de webinaires, renforcer son dispositif d’accompagnement à destination des banques et des institutions financières de la zone Uemoa afin de préserver la stabilité financière de l’écosystème et à préparer la relance économique.
Renforcer le dispositif d’accompagnement à destination des banques et des institutions financières de la zone Uemoa. Telle est la volonté affichée du gouverneur de la Bceao qui a présidé ce matin, par visioconférence, le lancement officiel du programme de formation d’excellence à distance à l’attention des acteurs bancaires et financiers de la zone.
Dans ce sillage sous la houlette de la Bceao, le Centre ouest africain de formation et d’études bancaires (Cofeb), en partenariat avec HEC Paris, organise une série de webinaires. « Pour mieux accompagner les banques dans leurs efforts, et leur permettre de jouer plus efficacement leur rôle dans la phase de sortie de crise, il m’a paru nécessaire et urgent de mettre en place un programme complémentaire de renforcement des capacités et d’encadrement de ces acteurs », explique Tiémoko Meyliet KONE pour justifier son initiative.
« C’est cette initiative que j’ai le plaisir de lancer aujourd’hui. Je me réjouis de voir se créer une plate-forme regroupant les acteurs du secteur bancaire de l’Umoa et d’autres pays d’Afrique, afin d’échanger et mener des réflexions sur les voies et moyens permettant d’atténuer les effets de la pandémie de Covid-19 sur notre système bancaire et financier », ajoute le gouverneur de la Bceao.
Par l’entremise de leur gouverneur, les autorités de la banque centrale se disent conscientes que cette crise majeure de Covid-19 que nous vivons produit déjà des changements sur les modèles économiques de plusieurs secteurs d’activités, en particulier celui bancaire. Cette nouvelle donne qui entraîne des changements mérite, selon M. KONE, d’être bien appréhendée pour être prise en charge avec la plus grande efficacité. Par conséquent, dit-il, « tel est le sens que nous voulons donner à notre démarche et à notre initiative, qui démontre l’importance que nous accordons au renforcement continu des capacités ».
Pour la mise en œuvre de ce programme, le Centre ouest africain de formation et d’études bancaires (Cofeb) de la Banque Centrale, s’est associé à l’école des Hautes études commerciales de Paris (HecParis), avec laquelle il entretient un partenariat dynamique et fructueux depuis plusieurs années.
En effet, confie le gouverneur, depuis 2013, des parcours certifiant en management des activités bancaires ont été initiés au profit des établissements de crédit de l’Union, à la grande satisfaction des bénéficiaires, selon les échos qui lui parviennent de la part des dirigeants des banques. « Et depuis 2013, le nombre de cadres des banques ayant bénéficié de formations d’accompagnement organisées par le COFEB se chiffre à 2150 », informe enfin Tiémoko Meyliet KONE.Bassirou MBAYE

SENELEC -AKILEE: MATAR SYLLA POUR LA RENÉGOCIATION DU CONTRAT

http://www.emedia.sn/Très proche de Victor Ndiaye, un des actionnaires de Akilee, Matar Sylla révèle, devant le Jury du dimanche (JDD) de Mamoudou Ibra Kane, sur iRadio et Itv, ce 21 juin, que ce dernier l’a appelé sur le contrat avec la SENELEC qui nourrit la polémique. Voici sa réponse : « Je lui ai dit il faut aller à la table de la renégociation », confie-t-il.
Le membre du Club des investisseurs du Sénégal (CIS), coupant la poire en deux, précise que dans ce dossier, « il y a des choses sur lesquelles il faut lâcher, mettre tous les griefs d’un côté, et voir sur tous ces griefs, jusqu’où on peut aller dans le sens de la conciliation. Je suis favorable pour une renégociation. »
Poursuivant, il ajoute : « Je les connais tous parce que j’ai dirigé performance Gabon pendant un certain nombre d’années. J’ai travaillé avec Victor Ndiaye. Samba Loabé Ndiaye, (un autre actionnaire de Akilee), était l’un des lauréats de ’’Génie en herbe’’ qu’on faisait à l’époque sur le Rts, et que j’avais amené au Canada. C’est un ingénieur brillant et un garçon d’une politesse et d’une éducation extraordinaires. Ce sont de jeunes sénégalais mais je pense qu’il faut donner cet exemple pour les autres jeunes sénégalais qui veulent revenir investir et s’impliquer puissent avoir le courage de revenir et ne pas se décourager. Qu’ils aillent à la table des négociations et qu’on tienne compte des intérêts de la SENELEC, qui est un bien commun de tous les Sénégalais. »
Dans cette renégociation, l’invité de MIK n’exclut pas l’option de rachat. Car soutient-il, confiant : « Il faut être ouvert et discuter. Je suis sûr que s’ils font des compromis sur un certain nombre de choses, ils peuvent rester en tant qu’actionnaires minoritaires. Tout est possible, il ne faut pas fermer la porte, et qu’il y ait des facilitateurs parce qu’il est important dans des secteurs aussi stratégiques que les nationaux soient dedans ».
Le contentieux a déjà atterri sur la table du chef de l’État, Macky Sall. Ce dernier, recevant plusieurs autorités impliquées, dont l’ex-Directeur général de la SENELEC, Mouhamadou Makhtar Cissé, dans le dossier opposant la Société d’électricité du Sénégal à son partenaire fournisseur, a fait comprendre à tous qu’il n’était pas question que la SENELEC en vienne à appliquer le contrat avec Akilee. Dié BA

SPECULATION FONCIERE AUX ALENTOURS DE L’AIBD : Le maire de Keur Mousseu au cœur d’un bradage foncier au détriment des populations impactées par l’implantation de l’Aibd

https://www.jotaay.net/Les populations de Kathialick, Kessoukhatt et Mbadatt étaient loin de s’imaginer qu’après avoir cédé leurs terres, leurs maisons, leurs cimetières, leur culture et leurs traditions pour l’implantation de l’Aéroport International Blaise Diagne (Aibd), elles se retrouveraient aujourd’hui dépossédées du peu de terres qui leur restait par des promoteurs immobiliers véreux, avec la complicité du maire de Keur Moussa, en l’occurrence Momar Ciss. En effet, tous les sites destinés à recaser ces populations, parfois par suite d’un déclassement du chef de l’Etat, ont été bradés pour des intérêts pécuniaires et partisans. Zoom sur cette spéculation foncière sans précédent dans les communes de Keur Moussa et Diass, situées aux alentours de l’Aibd. Le bradage foncier noté sur le littoral sénégalais n’est que l’arbre qui cache la forêt. En effet, depuis l’annonce de l’implantation de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), cette zone est devenue la destination des spéculateurs fonciers. Conséquence : c’est un bradage foncier sans précédent qui a été noté dans les communes de Keur Moussa et de Diass, sous le regard impuissant des populations. Cette vaste spoliation touche près d’une vingtaine de localités situées dans ces deux communes. (Landou, Soune, Touly, Kessou khatt, Kathialick, Mbadatt, Thiambokh, Léne, Lélo, Gapp, Mboul, Km 50, Khinine, Gnetzing, Palal) dans la commune de Keur Moussa et (Packy et Toglou) dans la commune de Diass. Cependant, pour arrêter l’hémorragie induite par cette spéculation foncière, le mouvement «Samm Sa Momel», qui regroupe tous ces villages impactés par l’Aibd, est sur la ligne de front pour mener le combat et défendre les intérêts de ces populations. «Les Échos» vous plonge au cœur de ce scandale, dont les acteurs sont des personnalités publiques, des promoteurs véreux avec la complicité des maires de ces deux communes. Abdou Aziz Diop, ancien ministre de Diouf, bénéficie de 203 ha pour un projet agricole sans jamais l’exploiter Cette spéculation foncière a commencé avec le cas Mme Jackie Mbaye Diop, épouse de l’ancien ministre du président Abdou Diouf, Abdou Aziz Diop, qui s’est vu attribuer respectivement en 1995, 203 ha 36 a 40 ca (délibération n°5/CR/KM du 28/12/1995) et 150 ha (délibération n°04-95-102/CR de Diass du 02/01/1995) à usage agro-sylvo-pastoral. Cependant, de l’avis du secrétaire général de «Samm Sa Momel», Malick Diouf, l’épouse du ministre n’était en réalité qu’un prête-nom. A l’en croire, le projet à l’origine de cette attribution était géré par le ministre lui-même. Seulement, en dépit de ces délibérations, certains propriétaires de champs n’avaient pas adhéré au projet du ministre Abdou Aziz Diop et avaient refusé de céder leurs terres. Devant cette opposition de la population locale, le ministre avait finalement abandonné le projet avant de quitter les lieux en 1998. En clair, la mise en œuvre de ce projet n’a jamais été faite et il n’y a jamais eu d’exploitation agricole comme convenu dans la délibération. 15 ans après avoir abandonné son projet agricole, Abdou Aziz Diop revient avec un projet immobilier Invraisemblable que cela puisse paraitre, l’ancien ministre, 15 ans après avoir abandonné son projet agricole, est revenu en 2013. En effet, l’implantation de l’aéroport Blaise Diagne valorise le site et aiguise bien des appétits. Seulement, le ministre, cette fois-ci, a dans ses bagages un projet…immobilier. C’est ainsi que le terrain d’une superficie de 203 ha 36 ca 40 ca destiné au projet agricole a été morcelé pour en ressortir avec un plan de lotissement de 2393 parcelles. Ce qui constitue aux yeux du mouvement «Samm Sa Momel» un détournement d’objectif. Devant cette situation, explique Malick Diouf, le maire de Keur Moussa, Momar Ciss, au lieu de procéder tout simplement à la désaffectation des terres aux termes des dispositions du décret n°72-1288 du 27 octobre 1972 pour défaut de mise en valeur, de non exploitation personnelle ou avec l’aide de sa famille des terres affectées, ou encore de détournement d’objectif, a décidé de fouler aux pieds ce décret pour délivrer des actes administratifs au nom de l’épouse du ministre, Mame Jackie Mbaye Diop. Pourtant, se désole de constater Malick Diouf, le maire avait déjà, sur ce terrain, signé des actes administratifs au profit des populations en se basant sur la délibération N°09/CR/KM du 15 décembre 2007 portant sur l’alignement de tous les villages de la Communauté rurale de Keur Moussa, approuvée par le sous-préfet d’arrondissement de Keur Moussa par arrêté N°06 en date du 20 janvier 2008. Les habitants de Kathialick, de Kessou khatt et Mame Jackie Mbaye se retrouvent sur la même assiette foncière Par ailleurs, suite au protocole de Saly du 09/05/2015 entre Aibd SA, le Collectif des villages impactés par le projet de l’aéroport Blaise Diagne (Kathialick, Kessoukhatt et Mbadatt), le Gouverneur de la Région de Thiès, la Commission de l’Urbanisme, de l’Habitat de l’Équipement et des Transports de l’Assemblée nationale et le Forum civil, le Conseil municipal de la commune de Keur Moussa a délibéré 100 ha des terres restantes du périmètre de sécurité de l’Aibd pour recaser les habitants des villages de Kathialick et Kessoukhatt impactés par la construction de l’Aibd. Seulement, il faut noter que cette délibération du maire a été faite sur la même assiette foncière dont Mme Diop avait bénéficié par délibération en 1995. Ainsi, les populations des villages précités et l’épouse de l’ancien ministre de Diouf se sont encore retrouvées sur la même assiette foncière, chaque partie disposant d’actes administratifs. Et, c’est à cause de ce litige que les populations ont multiplié les démarches pour l’obtention d’un bail ; mais en vain. Le chef de l’Etat déclasse 304 ha au profit des villages impactés, le maire de Keur Moussa signe sur le site un contrat d’exploitation avec une société Italienne moyennant 40 millions par an En outre, près d’un an avant le protocole de Saly pour recaser les populations de Kathialick, Kessoukhatt et Mbadatt, le président de la République, pour compenser les terres de culture perdues dans la construction de l’Aibd, avait déclassé une superficie de 304 ha par décret N°2014-371 du 27 mars 2014 au profit des villages de Kathialick, Kessou-khatt et Mbadatt déplacés à cause du projet de l’Aibd. Cependant, depuis le 30 avril 2019, le maire de Keur Moussa, Momar Ciss, contre toute attente et au détriment des populations bénéficiaires, a noué un contrat d’exploitation avec une société Italienne dénommée «Frutta Italia» sur le site en question. Ainsi, dans le protocole d’exploitation de ces 304 ha, il est mentionné que la société Frutta Italia devra verser 40 millions francs Cfa par an à titre de dédommagement pour le compte des populations déplacés par le projet Aibd. Le premier versement a déjà eu lieu le 30 avril 2019. Les autres versements devant intervenir le 30 avril de chaque année. Donc, à ce jour, le maire de Keur Moussa aurait reçu deux versements pour un total de 80.000.000 francs Cfa. Un montant qui devrait revenir à la population des villages de Kessoukhatt, Kathialick et Mbadatt. Or, cette population, précise le mouvement «Samm Sa Momel», n’a jamais vu la couleur de cet argent. Et ce n’est pas faute de l’avoir réclamé. Et dire que le maire s’était engagé, lors du protocole de Saly, de morceler ces terres afin de procéder à leur distribution dans les plus brefs délais aux ayants-droit. Le site de recasement des jeunes des villages impactés morcelé au profit de bénéficiaires étrangers Quid du morcellement des 69 ha 7 a et 66 ca pour l’extension du site de recasement de l’Aibd réservé aux jeunes des villages de Kessoukhatt, Kathialick et Mbadatt ? Sur ces terres également, le maire de Keur Moussa est accusé d’avoir signé un protocole avec un promoteur immobilier, en l’occurrence Modou Khoulé. En tout cas, sur les 1602 parcelles de l’autorisation de lotir N°024756 du 16 novembre 2018, aucun jeune n’a reçu ni un numéro de terrain ni un acte administratif. Au même moment, des gens viennent d’ailleurs avec des actes administratifs pour identifier les terrains qu’ils ont achetés. De son côté, le Conseil municipal en date du 7 juillet 2018, a voté la délibération N°003/CKM/CM qui autorise le maire à déposer auprès des services techniques compétents une demande de lotir sur un terrain du domaine national d’une superficie totale de 1861 ha établie comme suit : 452 ha dans le village de Landou, 425 ha à Touly, 618 ha à Daral Peulh, 217 ha à Lène et 72 ha à Soune Sérère entre autres localités. Ndiogou Ly dispose de 22 ha et d’une autorisation de lotir signée par Diène Farba Sarr alors que la délibération est introuvable Avec cette forte pression foncière aux alentours de l’aéroport Blaise Diagne, un certain Ndiogou Ly dispose d’une autorisation de lotir N°003673 portant sur 22 ha 50 a, soit 481 parcelles, signée le 22 février 2019 par l’ancien ministre de l’Urbanisme et du Cadre de Vie, Diène Farba Sarr. Cependant, pour avoir une autorisation de lotir, il faut au préalable disposer d’une délibération signée par le maire de la commune en question, en l’occurrence le maire de Keur Moussa, Momar Ciss et approuvée par le sous-préfet de cette localité. Or, celui-ci prétend n’avoir jamais connu le sieur Ndiogou Ly. Mieux, son nom le faisait rire. En tout cas, les investigations effectuées par «Samm Sa Momel» auprès des conseillers municipaux, ont montré qu’il n’y a jamais eu une réunion du Conseil municipal portant sur une délibération au profit du sieur Ndiogou Ly. Le mouvement «Samm Sa Momel » estime que c’est sur la base d’un faux acte administratif que l’autorisation de lotir a été délivrée. Pire, les camarades de Malick Diouf font état d’une importante somme d’argent et un véhicule 4×4 Prado qui auraient lié le maire Momar Ciss, l’ancien président de la Commission domaniale Daouda Diouf et le sieur Ndiogou Ly. En tout état de cause, le maire, en se fondant sur la délibération N°09/CR/KM du 15 décembre 2007 susmentionnée, a donné aux propriétaires des champs qui composent les 22 ha 50 a des actes administratifs signés en bonne et due forme par lui-même. Et une bonne partie de ces actes ont été visés par l’ancien sous-préfet de l’arrondissement de Keur Moussa, Moctar Mbengue, moyennant une somme forfaitaire de 50.000 francs Cfa par acte administratif. Ce qui fait dire aux membres du mouvement «Samm Sa Momel» que l’unique responsable de cette situation est le maire de la commune de Keur Moussa. Moussa CISSLES ECHOS

Déclassement De 10 Ha De La Forêt Classée: L’oncle Et Le «Talibé» De Macky Irritent Les Notables De Mbao

http://www.walf-groupe.com/Le projet de déclassement de 10 hectares dans la forêt classée de Mbao suscite la colère des notables qui s’y opposent avec énergie. Ils parlent de «bradage» et de «spoliation».
Le ministre de l’Environnement, Abdou Karim Sall, et le maire de Pikine, Abdoulaye Thimbo, sont dans le collimateur de certains notables de la commune de Mbao dont des délégués de quartiers, des imams et des chefs traditionnels. Ces derniers qui s’opposent à la volonté de ces autorités de voir une partie de la forêt classée de Mbao, 10 hectares, déclassée, pour les besoins de cimetières. Les contestataires ont fait face à la presse, hier, pour tirer à boulets rouges sur les deux autorités précitées. «Nous refusons que l’on brade la forêt classée de Mbao. Mbao dit non au Maire Abdoulaye Thimbo et au Ministre Abdou Karim Sall pour leurs agissements machiavéliques dévoyés », gronde Imam Mbaye Ndiaye, Secrétaire général des imams de la commune de Mbao. «Nous avons tenu cette rencontre pour montrer notre opposition à Abdou Karim Sall et Abdoulaye Thimbo sur leur forfaiture qu’ils veulent nous imposer. Nous disons non à leur projet machiavélique de 10 hectares», renchérit le président des Ndeye di Rew, Mansour Ndoye.
Sur les raisons de leur opposition, Imam Ndiaye explique : «La forêt classée est un patrimoine. C’est l’unique poumon vert qui nous reste. On avait 815 hectares dans cette forêt classée de Mbao. Par la suite, on a pris un espace et il y a 722 hectares. Actuellement, on veut encore prendre 10 hectares. Pourquoi et au nom de quoi ? Je dis aux gens que la forêt classée n’est pas un gâteau de partage ? Nous disons au Ministre de l’environnement qu’il lui revenait d’être le premier défenseur de cette forêt de Mbao non seulement en tant que habitant de la Commune mais aussi en tant que protecteur de la nature. Donc nous les imams, les délégués de quartiers et Ndeye Dji Rews, nous disons non au Ministre Abdou Karim Sall et au Maire Abdoulaye Thimbo. Nous n’allons pas accepter que l’on touche à la forêt classée pour des cimetières. Si Thimbo est animé d’une bonne foi pour un cimetière, il y a un espace qui reste derrière le cimetière musulman de Pikine. Pourquoi ne pas aller là- bas ?».
Ces imams et notables de Mbao déterminés à aller en guerre contre Abdoulaye Thimbo et Abdou Karim Sall demandent au Chef de l’Etat d’intervenir pour apaiser la tension. «Nous ne sommes pas là pour une politique partisane mais plutôt pour une politique de développement. Nous sommes en phase avec le Président. Le répondant de l’Etat dans la commune, c’est le Maire Abdoulaye Pouye. Nous disons au Président de la république d’écouter le Maire Abdoulaye Pouye qui porte la voix des populations de Mbao. Et les populations de Mbao d’une commune voix disent non à un déclassement de cette forêt classée qui est l’unique poumon vert qui nous reste pour qu’on respire. Nous savons qu’il y a des spéculateurs qui s’agitent mais nous leur disons halte», avertit encore Imam Mbaye Ndiaye pour conclure. Pour l’heure, il n’y pas encore de réaction officielle des autorités précitées.Théodore SEMEDO

REFORME ÂGE DE LA RETRAITE :Abdou Faty tire sur l’Etat

http://www.enqueteplus.com/Le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique, Abdou Faty, n’est pas d’accord sur la réforme de l’état sur l’âge de la retraite.
Récemment, il a été décidé, par les autorités, de faire passer l’âge de la retraite de 60 à 65 ans, pour certains agents de l’Etat du Sénégal. Le ministre du Travail, Samba Sy, invité dans une émission diffusée sur une chaine de télévision, a expliqué certains axes de cette réforme.
A cet effet, il a défendu que cette décision ait été prise parce que certaines professions, au fur et à mesure que le temps passe, connaissent une sorte de maturation qui fait que l’excellence sanctionne ces trajets. Donc, ce serait une perte de se séparer de ces hommes et femmes expérimentés capables encore de servir le pays. D’où l’importance, selon lui, d’une telle décision réfléchie qui consiste à prolonger l’âge de la retraite de certaines catégories de profession.

Il s’agit, entre autres, des médecins, chirurgiens-dentistes et docteurs vétérinaires.

Le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique, Abdou Faty, n’est pas très convaincu par cet exposé du ministre. Selon lui, telle qu’expliquée par le ministre du Travail, cette réforme peut engendrer des conflits futurs avec d’autres acteurs. ‘’En effet, après avoir tailladé à leur guise, après avoir déséquilibré le système de rémunération, aujourd’hui, le gouvernement touche à la loi 61-33 sur le statut général de la Fonction publique’’, dénonce-t-il. Abdou Faty tient à préciser qu’une loi est impersonnelle et de portée générale. Il dit avoir l’impression que l’Etat veut encore tracer des boulevards, taillader des vêtements à certains corps, parce que tenu à la gorge, pour en sacrifier d’autres. Il trouve cette situation inadmissible. ‘’Un État ne doit pas fonctionner de cette manière. Nous les attendons par rapport au décret d’application pour voir quelle alchimie ils vont nous servir pour dire voici tel corps qui n’est pas encore spécial. Je rappelle que les corps spéciaux sont les magistrats, les professeurs d’université. A ce que je sache, les médecins ne sont pas des corps spéciaux’’, dit-il sur un ton irrité.
Le secrétaire général du Sels/A estime que ‘’l’Etat devrait arrêter ces réformettes et réformer fondamentalement le statut général de la Fonction publique, en allant vers la fonte de la mise en commun, la mutualisation du Fonds national de retraite (FNR) de l’après au lieu de faire des réformettes qui pourraient nous installer dans une instabilité durable dans la Fonction publique’’.
Par ailleurs, Samba Sy a aussi expliqué, pendant son temps d’antenne, que l’une des considérations prises en compte, est le besoin du pays par rapport à des catégories d’acteur. Et l’entrée en emploi de certaines demande beaucoup plus de temps. ‘’Nous avons négocié avec les partenaires sociaux. Pour ce qui concerne la loi 69 qui régule le départ à la retraite pour ceux qui sont régis par le Code du travail, la chose ne peut se faire après le passage de l’Etat du Conseil consultatif national du travail et de la sécurité sociale. Dans ce Conseil consultatif, siègent des départements du ministère concernés, mais également des organisations de travailleurs et d’employeurs’’, annonce-t-il.
Il soutient que ceux qui étaient concernés et qui s’étaient retrouvés en 2018, avaient donné leur accord, c’est-à-dire les organisations des travailleurs et d’employeurs. Et même le privé est concerné par cette mesure. Il fait savoir que lorsque le président de la République va prendre un décret pour sanctionner cette modification, il fera obligation aux employeurs d’admettre à la retraite leurs travailleurs et ces derniers auront droit de réclamer ce départ à 65 ans et non plus à 60 ans.AIDA DIENE

MANQUE D’EAU: GRAND-YOFF CRIE SA SOIF

http://www.emedia.sn/Comme plusieurs autres zones de la capitale sénégalaise, Grand-Yoff ressent durement les affres du manque d’eau, surtout en cette période de chaleur. Ici, dans le populeux quartier d’Arafat, l’eau ne coule plus du robinet depuis deux semaines. Pour se procurer le liquide précieux, il faut parcourir des kilomètres ou débourser. Pire, entre la proximité observée sur place, le non port de masque et le manque d’eau, un cocktail explosif est réuni dans ce contexte de coronavirus.
Les images frappent. Un trio de gamin mutualise ses efforts pour pousser une brouette remplie de bouteilles d’eau, à l’entrée du quartier Arafat. Chez les Kandé, originaires de Kolda, qui nous ouvrent leur porte, c’est la panne sèche. Et la situation est durement vécue.
« On est éreintés. Avant on se réveillait vers 03 heures du matin pour remplir nos réservoirs. Mais cela fait plus de deux semaines aujourd’hui qu’aucune goutte ne coule, ni le jour, ni la nuit. Avec nos bassines, et bouteilles, on se rend aux HLM Grand-Yoff ou dans les écoles pour en trouver. Garçons et filles, petits et grands, tout le monde participe. Ces derniers jours, on se cotise pour acheter de l’eau aux charretiers. C’est 3 000 F CFA, tous les jours. Le fût à 1 500 F CFA. Ce soir, le charretier a décommandé. On devra, donc, patienter jusqu’à demain », se plaint Dionto Kandé.
A l’opposé de chez les Kandé, c’est une longue file de jeunes filles, de garçons et de dames, positionnés à l’aide de leurs bassines, bouteilles ou bidons encore vides, qu’on observe jusqu’aux limites de la Mosquée du quartier. « C’est comme ça dans tout Arafat », nous souffle cet homme, qui vient d’en sortir après la prière de Takussan (17 heures).
On apprend sur place que, la population, excédée, a fini par assiéger la rue, manifestant son trop plein de colère, jeudi matin. Les femmes en première ligne ont bloqué la circulation sur la route menant vers le pont. Devant une telle situation devenue intenable, « le maire a acheté un tuyau, invitant les populations à venir remplir leurs réservoirs chez lui », renseigne Vieux Thiam, un résidant. Des camions citernes sont également mis à contribution. Des solutions provisoires en attendant de régler le problème SEN’EAU est interpellée. Dié Bâ,Lorita Simbou (stagiaire) et Pape D. Diallo(photos)

Rapport: Le constat alarmant de Transparency International et Afrobaromètre sur la pratique des pots-de-vin en Afrique.

https://www.dakaractu.com/Transparency International, en partenariat avec Afrobaromètre, a recueilli l’opinion de milliers de citoyens africains sur la corruption et leur expérience directe de la pratique des pots-de-vin en Afrique. Au finish, un rapport de 42 pages titré « Le Baromètre mondial de la corruption – Afrique 2019 » a été publié par l’organe anti-corruption.
Un travail de terrain a été mené pour avoir des données les plus complètes et les plus détaillées. Afrobaromètre a investigué dans 34 pays de 2016 à 2018 en plus d’une enquête réalisée par Omega Research. Et, le Baromètre mondial de la corruption a présenté les points de vue de plus de 47 000 citoyens de 35 pays africains.
« Les résultats montrent que plus de la moitié des citoyens considèrent que la corruption s’aggrave dans leur pays et que leur gouvernement ne lutte pas efficacement contre ce problème », renseigne « Le Baromètre mondial de la corruption – Afrique 2019 », publié par Transparency International en partenariat avec Afrobaromètre.
Des personnes ressources ont déploré la régression de la lutte contre la corruption, épinglant notamment les gouvernants. Le rapport révèle également que plus d’une personne sur quatre a dû payer un pot-de-vin au cours de l’année précédente. Il épingle notamment les services publics tels que la santé et l’éducation.
L’organe anti-corruption revient également sur les allégations de corruption visant 35 pays sondés, cela équivaut à environ 130 millions de citoyens. « L’enquête montre aussi que les personnes les plus vulnérables sont les plus durement touchées par la corruption », informe le document.
Ce qui suscite de vives inquiétudes et fait craindre un impact négatif chez les plus démunis. Ces derniers, indique le rapport, sont deux fois plus susceptibles de devoir verser un pot-de-vin que les plus riches.
« Lorsqu’elles doivent s’acquitter de pots-de-vin pour accéder à des services publics essentiels, les familles pauvres ont moins d’argent à consacrer aux besoins cruciaux tels que la nourriture, l’eau et les médicaments », lit-on encore dans le rapport.
Malgré tout cela, le Baromètre laisse entrevoir un changement positif en révélant que plus de la moitié des Africains pense que les citoyens peuvent contribuer à enrayer la corruption.

TNT: «LE SÉNÉGAL DOIT ACCÉLÉRER LA CADENCE»

http://www.emedia.sn/Le Sénégal a perdu son avance dans le processus de basculement vers la Télévision numérique terrestre (TNT). La révélation est faite par Matar Sylla, invité du Jury du dimanche (JDD), émission de Mamoudou Ibra Kane, sur iRadio et Itv, ce 21 juin.
« Le Sénégal avait pris de l’avance, dit-il. Actuellement, il s’est fait rattraper et dépasser par beaucoup de pays comme le Bénin, le Burkina Faso, des pays qu’on n’attendait pas. Beaucoup de pays en Afrique de l’Est, et en Afrique anglophone. Donc, il faut absolument accélérer la cadence et régler définitivement cette question, et rentrer dans cette ère-là. Au-delà des outils et des aspects infrastructurels et technologiques, aller vers les contenus. La TNT, c’est n’est qu’un vecteur, un véhicule. Le plus important, ce sont les contenus. Que voulons-nous que nos populations consomment ? Comment tirer le plus grand parti pris de ça ? Avec des acteurs, des pièces de théâtres, des preneurs de sons, des machinistes. Parce qu’on réduit toujours la communication aux journalistes. Ça va au-delà de ça, il y a au moins trois cents métiers de l’audiovisuel, entre les scriptes, les maquilleuses, les décorateurs, etc. C’est un boulevard d’opportunités qui s’ouvre aujourd’hui. Qu’est-ce que nous faisons pour le préparer en termes de contenus, de formation. Ce sont des enjeux qui me paraissent essentiels.Il faut absolument couvrir l’ensemble du territoire. »
« C’est possible, ce ne sont pas des investissements énormes. Il suffit d’acheter moins de 4X4, et puis on y arrive », indique-t-il, expliquant que les couts se sont « drastiquement » réduits entre l’échéance de 2015 et maintenant. Dié BA & Pape D. DIALLO (Photo)

Dakar Plateau: Alioune Ndoye va proposer le changement des noms des rues

XALIMANEWS : Bientôt, les rues de Dakar Plateau pourraient avoir d’autres appellations. Le maire en a fait l’annonce sur Facebook.
« Nous allons proposer au conseil municipal la mise en place d’une grande commission composée de tous les sachants que comptent notre commune, notre région de Dakar, et l’université, pour proposer le changement des noms de nos avenues, rues et places publiques.Vos avis sont déjà les bienvenus », a écrit Alioune Ndoye.

Hivernage versus Mackyllage de l’année scolaire ?Le pari impossible du 25 juin Par Ousseynou Nar Gueye

https://www.tract.sn/L’hivernage qui s’installe n’aura-t-il pas raison de la reprise des enseignements souhaitee par le gouvernement Macky Sall? Avec l’onction du dernier Conseil des ministres , le ministre de l’Éducation nationale Mamadou Talla a décrété la date du jeudi 25 juin prochain, comme deuxième  date de de la deuxième rentrée scolaire, réservée aux classes d’examen ( CM2, 3èmes et Terminales). Les enseignements sont supposés se poursuivre jusqu’au 20 août et les examens se tiendront aux dates suivantes : le 02 septembre pour le baccalauréat et le 14 septembre sera organisé le BFEM. Cette deuxième rentrée sera-t-elle la bonne ? C’est en tout cas Hivernage contre Mackyllage. Et avec la saison des pluies, il n’est pas sûr que ce soit le bon moment pour recommencer des enseignements. Dans les années 70, les examens se tenaient dès le mois de mai, à cause de la saison des pluies, au Sénégal oriental et en Casamance. Et la rentrée scolaire avait lieu en novembre pour cette même raison.Les syndicats de l’éducation les plus représentatifs, réunis au sein du G7, ont en tout cas décrété qu’ils posaient des préalables pour une rentrée scolaire effective. So, wait and see ? Le pari du gouvernement Macky Sall est en tout cas périlleux. Les associations de parents d’élèves ne sont pas forcément partants pour cette deuxième seconde rentrée en pleine pandémie de Covid-19. Une association comme SOS Consommateurs a annoncé qu’elle allait porter plainte contre les écoles privées, pour le fait qu’elles demandaient le paiement de la scolarité aux parents d’élèves pour des mois où il n’y avait pas eu d’enseignement. Et les mêmes écoles privées, notamment celles du privé confessionnel catholique, sont assez frileuses à reprendre les enseignements. La roue tourne, rien ne va plus : vous pouvez prendre les paris. Mais il n’est pas sûr que cette année ne soit pas invalide ou blanche.

«Chasselay questionne à la fois le racisme, le nazisme et la colonisation»

https://www.lepoint.fr/afrique/ENTRETIEN. Il y a 80 ans, les nazis commettaient l’un des pires massacres contre des soldats noirs. Un livre et une exposition reviennent sur cet épisode méconnu.
Il y a eu l’appel du 18 juin depuis Londres du général de Gaulle, mais le lendemain se déroulait l’un des pires massacres de soldats africains, morts pour la France. Alors que le 10, dans la Somme et l’Aisne, les dernières lignes de défense française cédaient, le gouvernement a fui Paris et, le 17, Pétain demande à l’armée de cesser le combat. Mais les tirailleurs sénégalais du 25e régiment reçoivent l’ordre de « résister sans esprit de recul, même débordés », pour tenter d’endiguer le déferlement des troupes allemandes sur les nationales 6 et 7, au nord de Lyon. Ces soldats vont se battre jusqu’à la mort, et être les victimes du racisme des Allemands.
Leur histoire ressurgit aujourd’hui grâce à des photos inédites retrouvées en 2019 par Baptiste Garin, un jeune collectionneur privé. Ces huit photos ont été prises par un soldat allemand qui voulait garder un « souvenir » du périple meurtrier qui a caractérisé la campagne de France. Ce qui l’intéresse en particulier ? Les exactions commises envers les soldats prisonniers des colonies. Ou plutôt les « Affen », les singes. Pour la propagande nazie, ils sont la preuve de la dénaturation de la France et de son armée. Si ces images permettent désormais de prendre conscience de ce qui s’est passé, seules elles ne suffisent pas. C’est là qu’entre en scène Julien Fargettas. Depuis vingt-cinq années, cet ancien militaire de 46 ans, spécialiste des soldats noirs auxquels il a notamment consacré sa thèse de doctorat, effectue un remarquable travail de recherche sur juin 1940. Cet épisode lui est d’autant plus familier que sa famille connaît très bien le petit cimetière traditionnel de Chasselay, reconnaissable grâce à ce « tata » (enceinte sacrée en wolof) en terre ocre au milieu des pommiers. L’historien nous raconte avoir immédiatement reconnu la scène derrière les photos que lui a montrées Baptiste Garin. De ces dernières découvertes est né un ouvrage : Juin 1940. Combats et massacres en Lyonnais (Poutan, 250 pages, 21 euros) et une exposition ouverte depuis le 17 juin réalisée à l’initiative de l’ONAC-VG et le Groupe de recherche Achac à Chasselay. Avant la cérémonie officielle qui se tiendra dimanche 21 juin sur place en présence de Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Julien Fargettas a répondu aux questions du Point Afrique sur l’un des drames sanglants de l’invasion allemande. Si l’ancien soldat appelle à regarder en face cette histoire, il invite tout un chacun à le faire avec le recul nécessaire alors que, ces jours-ci, de nombreuses références coloniales sont instrumentalisées pour nourrir le débat sur le racisme.
Le Point Afrique : Pourquoi avez-vous choisi de replonger dans juin 40 et dans cette région en particulier ?
Julien Fargettas : J’étais jeune étudiant quand j’ai commencé mes recherches sur juin 1940. Le point de départ, c’est le livre de Jean-Louis Crémieux-Brilhac sur les Français de 1940. En discutant avec mes parents, ma mère m’a raconté que mon grand-père l’emmenait souvent au cimetière des Tirailleurs à Chasselay. Il n’y a jamais eu de recherches approfondies sur le sujet, le champ était ouvert.
Vous braquez le projecteur sur les victimes des combats de Chasselay, pourquoi ?
J’ai toujours été très impressionné et choqué par la sauvagerie dont avaient fait preuve les soldats allemands. Je voulais comprendre pourquoi ils avaient pu commettre ces crimes. Finalement, je m’étais assez peu penché sur les victimes, c’est-à-dire les tirailleurs africains pour l’essentiel et quelques soldats français qui sont soit morts au combat, soit exécutés avec eux. J’ai saisi l’occasion du 80e anniversaire pour reprendre ce travail et me pencher cette fois sur ceux qui sont tombés les 19 et 20 juin plutôt que sur leurs bourreaux. Mon objectif est de les faire connaître, leur donner une identité et que leur famille puisse prendre connaissance de ce qui leur est arrivé.
Que sait-on exactement des faits qui se sont déroulés les 19 et 20 juin ?
Il faut se remettre dans le contexte de l’époque pour comprendre. On est à la mi-juin 1940, et il faut retarder l’entrée des Allemands dans Lyon. Ils avaient pour objectif de foncer dans les Alpes. Pour qu’ils ne puissent pas débouler trop tôt, on décide de mettre en place un front totalement improvisé au nord-est de Lyon avec des troupes qu’on va récupérer un peu à droite et à gauche, dont le 25e régiment de tirailleurs sénégalais qui est le plus solide de ce groupement. En tout, il y a entre 4 000 et 5 000 hommes sur les nationales 6 et 7. Au matin du 19 juin, effectivement, les soldats de la Wehrmacht arrivent. Dans un premier temps, ils vont se heurter à un premier barrage à Mont-Luzin à la limite des communes de Chasselay et de Lissieu. S’engagent alors des combats qui vont durer plusieurs heures et, là, les Allemands vont tout de suite commettre des exactions. Ils exécutent des soldats français, surtout ceux qui ont essayé de s’interposer, ils achèvent des blessés, et tuent déjà un groupe de tirailleurs sénégalais. Ils font preuve d’une véritable barbarie.
Dès le lendemain, c’est-à-dire le 20 juin, les combats reprennent parce qu’une partie des troupes du RTS décide de mener un dernier combat, un baroud d’honneur, mais ils vont vite être acculés. Les Allemands divisent le groupe en deux : les Africains sont devant, les soldats français derrière. Les premiers sont emmenés sur une route isolée puis conduits dans un champ. Les mitraillettes des chars ouvrent alors le feu. Les blindés avancent et achèvent les blessés sous leurs chenilles. Il faut savoir que cette haine à l’encontre des soldats noirs remonte à la Première Guerre mondiale.
Quel éclairage nouveau apporte ces preuves photographiques ?
C’est la première fois que ces photos sont publiées. Elles ont été découvertes l’an dernier. Le collectionneur qui les a retrouvées, Baptiste Garin, cherchait des photos de sa ville sous l’Occupation. Il est originaire de la région de Troyes. Il a acheté cet album de photos d’occupation datant de 1940 sur un site d’enchères. L’une des images a tout de suite accroché mon regard, on y voit un des deux chars qui avait servi à tirer et, derrière, on aperçoit le mont Verdun qui fait partie du mont d’Or, caractéristique du nord de Lyon. Et là, tout de suite, je comprends que c’était Chasselay.
Les photos ­permettent d’identifier l’unité et les soldats responsables de la tuerie. Il ne s’agissait pas de SS, comme on l’a longtemps cru, mais d’hommes de la Wehrmacht, c’est-à-dire des soldats de l’armée régulière. C’est un point historique important.
Existe-t-il des archives sur cet épisode, notamment sait-on d’où venaient les tirailleurs de ce régiment ?
Les archives du 25e RTS ont brûlé en 1944. On sait grâce aux récits des témoignages d’époque qu’ils ont été recrutés dans les colonies. La majorité de ces hommes venaient du Sénégal, de Thiès, de la région de Kaolack ou encore Zinguinchor. On retrouve aussi parmi eux des Maliens et des Guinéens. Après, de manière plus marginale, on retrouve des Mauritaniens, des Ivoiriens et des Nigériens. Tout cela vient renforcer nos connaissances sur les tirailleurs sénégalais et plus particulièrement sur les soldats noirs. Il faut souligner l’effort de mobilisation qui est mené dans cette période en Afrique occidentale française puisqu’on va chercher les tirailleurs qui ont fait leur service militaire parfois dans les années 1920. Ces soldats ont déjà un certain âge. La France de cette époque est à la tête d’un empire immense. Et ces soldats qui ont combattu pendant la Première Guerre mondiale, les Allemands ne les avaient pas oubliés. Ils en avaient une peur bleue.
Cet épisode est-il méconnu parce qu’il concerne des soldats noirs ?
Non. Cet épisode reste méconnu parce qu’il concerne avant tout des soldats de 1940. Ce sont des soldats qui ont été vaincus et donc leur histoire a été mise de côté depuis cette époque. L’épisode de Chasselay a été le dernier d’une série d’exactions commises contre les ­tirailleurs africains pendant la campagne de France. Ces crimes ont été étudiés notamment par l’historien allemand Raffael Scheck, pro­fesseur à l’université américaine de Colby (Maine) et auteur de Une saison noire.
Vous soulignez les manques du légitime hommage qui doit être rendu à ces hommes, pourtant le tata sénégalais est là pour témoigner, pouvez-vous nous en dire plus ?
Aujourd’hui, Chasselay est connu grâce à ce tata sénégalais où sont inhumés les corps de 196 tirailleurs gardés par des masques traditionnels. Il a été construit à l’initiative de Jean Marchiani, ancien combattant de 14-18 et ex-directeur du service des anciens combattants du Rhône. À l’époque, il avait réussi à acheter un terrain à Chasselay au lieu-dit le Vide-Sac, où ont été mitraillés les soldats. Bien évidemment, les familles des soldats français ont pu récupérer les corps, mais pour les soldats africains, ce n’était pas possible. Il a donc fait construire un tata, officiellement inauguré le 8 novembre 1942 par les autorités de Vichy. Son architecture n’est pas sans rappeler le continent africain, où ce terme de tata renvoie à un lieu dédié aux guerriers morts au combat. Il faudra attendre 1966 pour qu’il soit déclaré nécropole nationale.
Si vous y allez aujourd’hui, vous êtes en pleine campagne et vous avez ce cimetière couleur rouge qui se dessine au milieu des pommiers, c’est un peu particulier.
Dans les archives, vous avez retrouvé une importante correspondance à destination des familles, que disent-elles sur ce pan de l’Histoire ?
Dans les dossiers de chacun des soldats, on a retrouvé dans les archives du ministère des Armées des informations sur les échanges avec les familles, que ce soit avec celles de soldats africains exécutés ou de soldats français tués au combat ou exécutés. Certaines ont été prévenues du décès de leur proche, d’autres pas. Certaines ont rencontré d’immenses difficultés pour obtenir des informations. Les situations sont très disparates et c’est parfois très douloureux de constater que des années après les faits, plusieurs familles ne savent pas ce que sont devenus leur frère, leur père, leur fils. On trouve des documents d’archives qui remontent aux années 1970 ou 1980.
Pour quelle raison le cas des tirailleurs sénégalais vous a le plus interpellé ?
Ses soldats sont venus de loin sur les ordres de la France. Et ils ont payé le prix le plus cher, ils ont payé de leur vie. Et finalement, leurs familles pour certaines n’ont jamais été remerciées, elles n’ont même jamais pu se rendre sur les tombes. Ce sont des choses qui sont encore difficiles à admettre. Il y a eu beaucoup de dysfonctionnements.
Comment un épisode comme Chasselay peut-il éclairer le débat sur le racisme aujourd’hui ?
Il est difficile de rentrer dans ce débat, d’autant plus que le livre comme l’exposition ne datent pas de la semaine dernière. Nous sommes dans une époque où il est plus facile de réagir plutôt que de réfléchir. C’est vrai qu’une étude historique longue qui revient sur des épisodes qui se sont passés il y a des dizaines d’années ou un livre de 200 pages sont beaucoup moins intéressants pour certains qu’un post ou qu’une image ou qu’une vidéo de 30 secondes. Il faut faire avec ces contraintes du moment. Il faut revenir à l’Histoire et expliquer les choses. C’est pourquoi nous avons souhaité que cette exposition soit très pédagogique avec beaucoup d’images parce que c’est ce qui frappe le plus les esprits, notamment pour aider à comprendre.
Ce projet va être diffusé dans la France entière afin d’en apprendre plus sur cet épisode et d’autres événements liés à notre histoire commune.
Le président Emmanuel Macron a appelé les maires de France à nommer certaines rues et places en hommage aux soldats africains qui ont participé à la Libération, où en est ce projet auquel vous participez ?
Nous avons travaillé sur un livret qui sera mis à disposition des collectivités dans lequel on recense des noms de soldats africains : tirailleurs sénégalais, soldats nord-africains, etc. Les maires qui le souhaitent sont invités à s’y référer pour nommer les rues notamment. Malheureusement, le confinement est venu stopper certaines opérations et puis il y a eu les élections municipales. Dans certaines communes, il faut poursuivre ce travail et expliquer la démarche en fonction des nouveaux exécutifs. Certains se sont déjà manifestés pour renommer des squares ou des rues, c’est le cas dans le Rhône et à Nancy pour être concret.
Cet épisode de Chasselay figure-t-il dans les programmes scolaires actuels ?
L’épisode en lui-même, je ne pense pas qu’il soit dans les programmes scolaires. Pour les collégiens de l’agglomération lyonnaise, de la Loire ou de l’Ain, nous accueillons très régulièrement des groupes sur le site pour leur expliquer ce qu’il s’est passé. Ils ont ainsi un outil direct à disposition. Après pour les autres, l’exposition va circuler dans plusieurs départements et un livret sera dédié. Finalement, Chasselay questionne à la fois le racisme, le nazisme, et la colonisation.  Propos recueillis par Viviane Forson
*Juin 1940. Combats et massacres en Lyonnais (Poutan, 250 pages, 21 euros). Julien Fargettas avec la contribution de Baptiste Garin.
** L’exposition « Chasselay 1940 : anatomie d’un crime de guerre » organisée par l’association Des Livres et des histoires se tient actuellement et jusqu’au 24 juin au Cuvier de Villefranche, 57, boulevard Gambetta, à Villefranche. Ouverture de 10 heures à 19 heures.
Julien Fargettas, historien, spécialiste des tirailleurs sénégalais des Première et Seconde Guerre mondiale
Docteur en histoire de l’IEP d’Aix-en-Provence, Julien Fargettas est un ancien officier de l’armée de Terre. Tout recemment encore il occupait le poste de directeur de l’ONACVG (Office national des anciens combattants et victimes de guerre) pour le département de la Marne. Aujourd’hui, il a prit la tête de ce même département mais dans la Loire. Depuis près de vingt-cinq ans, il plonge dans les archives sur les traces des soldats noirs des Premières et Deuxième guerre mondiale. À ce sujet l’un de ses ouvrages les plus importants est sans nul doute « Les Tirailleurs sénégalais- Les soldats noirs entre légende et réalité-1939-1945 » (Taillandier, 2012), puis il poursuit ses recherches jusqu’à la décolonisation qui a fait là aussi l’objet d’un livre intitulé « La fin de la » Force Noire « – Les soldats africains et la décolonisation française » (Les Indes Savantes, 2019). Dans le sillage de l’appel du chef de l’État aux collectivités pour nommer certaines rues et places en hommage aux soldats africains, l’homme de 46 ans continue son travail de pédagogie afin que l’on puisse dépasser les images d’Épinal qui entourent ces tirailleurs sénégalais. Et dépassionner les débats ?

SITUATION DU JOUR: Plusieurs districts encore touchés

Libération Sénégal onlineLe district sanitaire de Sokone a enregistré, ce samedi, un cas positif au coronavirus, selon la plateforme du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Le reste des 144 malades annoncés ce jour provient des districts de Dakar-Ouest (20), Dakar-Centre (13), Dakar-Sud (16), Dakar-Nord (18), Touba (1), Guédiawaye (10), Mbao (12), Rufisque (3), Pikine (2), Keur Massar (7), Sangalkam (1), Thiès (11), Yeumbeul (4), Ziguinchor (3), Diamniadio (1), Tivaouane (12), Popenguine (3), Kaolack (1), Khombole (1), Matam (1), Fatick (2) et Diourbel (1).

105 nouveaux cas testés positifs au coronavirus, 60 nouveaux guéris, 2 nouveaux décès et 21 cas graves en réanimation.

Sur 978 tests réalisés, 105 sont revenus positifs au coronavirus soit un taux de positivité de 10,7%. Il s’agit de 94 cas contacts suivis et 11 cas issus de la transmission communautaire répartis comme suit : Parcelles Assainies (2), Ouakam (1), Mermoz (1), Mbao (1),HLM (1),Grand Yoff (1),Liberté 6 (1), Bargny (1),Yeumbeul (1) et Ziguinchor(1).
60 patients ont été testés négatifs et déclarés guéris.
21 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation.
2 nouveaux décès liés à la Covid-19, enregistrés.
A ce jour, le Sénégal compte 5888 cas positifs dont 3919 guéris, 84 décès et 1884 encore sous traitement

2 nouveaux décès enregistrés au Sénégal, le bilan passe à 84 morts

https://actusen.sn/Le bilan des morts dû au coronavirus a connu une hausse au Sénégal. Ce dimanche, lors du point du jour sur l’évolution de la pandémie dans le pays, le ministère de la santé a recensé 2 nouvelles victimes, portant à 84 morts le nombre total. Ces nouveaux décès ont été enregistrés ce samedi mais comptabilisés dans le bilan d’aujourd’hui, présenté par le désormais ex directeur de cabinet du ministre de la santé et de l’action sociale Abdoulaye Diouf Sarr, Docteur Alyose Wally Diouf.

COMMENT CIRCONSCRIRE LE VIRUS

http://www.emedia.sn/La courbe de la pandémie du Coronavirus ne fléchit pas au Sénégal avec des cas de décès qui ne cessent de croître. Les invités de l’émission LR du temps sur Iradio (90.3) en l’occurrence El Hadji Kassé philosophe et ministre conseiller chargé des affaires culturelles et Ibrahima Dia sociologue du développement et ancien Directeur du MCA Sénégal ont fait des propositions pourraient permettre de circonscrire la maladie.
Selon El Hadji Kassé, l’une des leçons majeures de cette crise sanitaire à travers le monde est que toutes les composantes de la Nation, au Sénégal, doivent interagir, communiquer entre elles, s’engager, se mobiliser entre elles pour un objectif indivisible et précis. A son avis, c’est comme cela qu’on peut vaincre « cet ennemi invisible « qui, en l’espace d’un temps record, fait des ravages dans le monde entier. »
« Il est d’autant plus dangereux que nous ne le maitrisons pas encore en termes de connaissance. Parce que si on ne connait pas, on ne maitrise pas. Il faut connaitre pour maitriser et faire changer une donne », explique Kassé. Et d’ajouter : « il nous faut, en dehors de l’unité de toutes les composantes de la Nation, être également dans une disposition en termes d’éthique. C’est l’humilité. Chacun d’entre nous doit être humble, savoir que nous ne savons pas et en tirer toutes les conclusions. C’est-à- nous de nous concerter, penser ensemble, agir ensemble pour circonscrire le virus avant de trouver les meilleures solutions pour le vaincre définitivement ».
En effet, force est de constater que dès les premières heures de l’apparition de la maladie au Sénégal, le 2 mars dernier, les Sénégalais, dans leur grand ensemble avait fait bloc pour dompter cet ennemi en commun. Mais, cette union sacrée est en train de s’effriter.
Cependant, d’après Ibrahima Dia, pour maintenir et redynamiser cette union, il faut développer une démarche commune comme en situation de guerre. « Ce qui a changé, c’est qu’après deux mois, on se rend compte que non seulement il faut gérer la guerre mais il faut gérer également les conséquences de la guerre. Ici, il faut faire la guerre tout en reconstruisant. Même s’il n’y avait pas un seul cas de Covid au Sénégal, les conséquences de cette Covid dans le monde nous allions les sentir », soutient-il. A son avis, après deux mois de la pandémie, il y a un processus de lassitude et de relâchement. Et, pense-t-il, il y a besoin de régénération de cette dynamique. *
« Le président de la République a fait un appel mais on a l’impression que cela n’a pas été entretenu. Et peut être que c’est le moment, quand on se rend compte qu’il y a des failles, des tentatives à gauche et à droite, de remobiliser tout le monde parce que le défi est encore là. Ce n’est pas encore terminé. On est toujours dans le Covid et dans l’après Covid », déclare-t-il. Poursuivant son argumentaire, il fait remarquer qu’il y a un discours nouveau, de nouvelles problématiques qu’il faut mettre sur la table. « C’est cela qu’il faut faire parce qu’on fait de l’évaluation tout en marchant. On évalue et on rectifie. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord que la bataille n’est plus seulement sanitaire. Et cela demande une nouvelle posture ». Aliou DIOUF & Pape D. DIALLO (photo)

La Communication Des Autorités Sanitaires: Le Point De Vue D’un Médecin Par Pr Oumar FAYE

L’épidémie de Covid-19 a créé une situation inédite, complexe, transverse, aux enjeux multiples, remettant en question les plans tout faits. C’est la première fois que les inconnues scientifiques sont aussi massives, que tous les avions sont cloués au sol, que le secteur de l’économie mondiale est presque à l’arrêt pour protéger la santé. Par rapport à cette crise, nous avons aussi noté que le besoin d’information n’avait jamais été aussi fort. Sous ce rapport, l’analyse de la communication des autorités sanitaires et du traitement médiatique d’une telle crise par quelqu’un qui n’appartient pas au secteur des Médias peut être intéressant, en effet, c’est en croisant les regards qu’on peut avoir leur conjugaison. Cette analyse peut contribuer à la construction de référentiels pouvant aider à lutter contre les grandes menaces sanitaires.

1-La communication développée par les autorités sanitaires a été rudement mise à l’épreuve du temps 

Il faut d’emblée souligner que l’information des sénégalais dans le contexte d’une épidémie est non seulement un droit des populations, mais également un élément indissociable des stratégies visant à lutter contre la maladie ; en effet, les sujets exposés ne peuvent adopter des comportements compatibles avec une bonne santé que s’ils sont correctement informés. Chaque jour à 10 heures, un représentant du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale égrène sobrement les informations et les chiffres relatifs à la propagation du Covid-19 au Sénégal. Au début de l’épidémie, le nombre de cas et de décès recensés dont on a suivi quotidiennement le décompte, a permis une valorisation des mesures adoptées par les pouvoirs publics. Les autorités se sont alors efforcées de montrer il faut le dire avec beaucoup d’arrogance, qu’elles maîtrisaient la situation et prenaient les mesures nécessaires. Lorsqu’il s’agit d’épidémie, la communication est confrontée à cette contradiction infernale entre être transparent et rassurer ; sous ce rapport, je pense que pour une menace aussi importante, il faudrait tout de même éviter de rassurer coûte que coûte au point d’altérer la vigilance des populations surtout, lorsqu’il s’agit d’un contexte d’incertitude, d’imprévisibilité et de possibilité d’évolution rapide du complexe pathogène. On peut affirmer sans se tromper que malgré les quelques difficultés, les autorités sanitaires ont globalement réussi au début leur communication ; entre ceux qui lui reprochent de ne pas en faire assez et ceux qui soulignent qu’elles en font trop, les autorités sanitaires ont marché sur un chemin de crête très étroit. Si cette communication a été assez transparente par contre, elle n’a pas toujours fait preuve de clarté. On a toujours l’impression que les critères de jugement dont disposent les populations et même les journalistes pour le suivi de l’épidémie ne sont pas fiables, par ailleurs, il persiste toujours une confusion liée aux cas communautaires, auxquels on attache deux caractères : ils seraient des cas autochtones par opposition aux cas importés et en même temps des cas dont les contaminants ne sont pas connus par opposition aux cas contact. Par rapport à cette épidémie de Covid-19, le temps est devenu progressivement la variable centrale du perçu de la communication en effet, au fur et à mesure de l’évolution de l’épidémie, les sénégalais ont commencé assez rapidement à éprouver une certaine lassitude à suivre le feuilleton tragique que leur servait chaque jour et à la même heure le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale. Ils ont fini par se rendre compte que l’épidémie ne reculait pas malgré les sacrifices qu’ils avaient consentis. Il est vrai que le format de communication officielle du Sénégal rencontre des courants d’analogie très forts avec celui de la France, cependant, le caractère spécifique des situations apparaît assez clairement et se manifeste assez souvent pour que le Sénégal adopte un format venu d’ailleurs. Sous ce rapport, il y a nécessité de prendre en compte «la trame» c’est-à-dire l’arrière fond en fonction duquel se construisent non seulement les représentations en matière santé mais aussi, les stratégies adaptatives en matière de prévention. Cette épidémie est souvent perçue par beaucoup de sénégalais comme un châtiment des dieux et donc interprétée dans le registre symbolique de la pureté. Cette communication a pu avec le temps, contribuer à saper la capacité du public à réagir de façon positive par rapport à une source qui émet régulièrement un malheur comme le fait le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale. Le sénégalais attend des réponses simples aux questions existentielles qu’il se pose ; or ces réponses ne peuvent pas être simples ; le défi pour les autorités sanitaires est donc de communiquer l’information sous une forme simplifiée et adaptée. Lorsque ce Ministère décide de faire le point sur l’épidémie à travers un point de presse, cet exercice apparait souvent comme un «espace scénique» où les responsables de la santé viennent jouer leur texte, alors même que le contexte impose des jeux de rôle limités ; il n’est pas alors rare que les communicants officiels adoptent des éléments de langage, dont certains obéissent à des logiques autres que scientifiques. Nous avons été ainsi amenés à assister à une confrontation entre des logiques scientifiques et des logiques politiques se traduisant par une incohérence stratégique. Avec les mesures d’allègement prises par la Haute autorité, mesures largement favorables par ailleurs à la propagation de l’épidémie, nous avons constaté une configuration de la communication dans le sens de la validation de mesures répondant beaucoup plus à des logiques politiques et sociales que scientifiques. Les exposés servis au cours de ces points de presse  ont été par ailleurs beaucoup plus  descriptifs et prévisionnels qu’analytiques et prospectifs. . La prévision qui relève du pronostic, est une suite logique donnée à une situation présente. En revanche, la prospective dessine un scénario pour l’avenir à partir de l’évaluation d’une situation existante. Une prospective consolidée et une planification partagée sont indispensables pour réduire un tant soit peu l’incertitude sur l’impact de la crise dans la durée.

2 – Les Médias sont des acteurs légitimes du Champ sanitaire

L’épidémie à Coronavirus montre que de nos jours les questions de santé publique sont composites par nature, on y trouve du scientifique, de l’humain, du politique, du social et de l’économique ; elles manifestent ainsi une prodigieuse capacité à convoquer des approches légitimes, même si elles peuvent parfois être opposées. Au sein du Secteur de la santé, nous avons noté des difficultés des techniciens à communiquer hors de leur propre sphère, ces difficultés ont constitué des facteurs aggravant de panique et à force de vouloir encadrer la communication, les autorités sanitaires ont perdu un peu de leur crédibilité. Cette situation est intimement liée à la faible aptitude des professionnels de la santé à prendre en compte d’autres modes d’accès au réel. Ces professionnels ressentent comme une dégradation de l’information dès l’instant qu’elle est prise en charge par d’autres, ce qui est vrai bien sûr, si l’on pense que cette dernière ne peut l’être qu’à travers des modèles conceptuels uniquement médicaux. On se rend aujourd’hui compte avec l’épidémie à Covid-19, que l’ordre médical habituellement en cours, ne peut plus être configuré à travers d’un côté le pouvoir de guérir que représenterait le corps médical et de l’autre le patient. Par rapport à cette épidémie, tout le monde s’accorde sur la nécessité d’avoir d’autres acteurs collectifs à l’échelle de la santé qui ne soient pas du corps médical. Sous ce rapport, les médecins sont en interrelation avec plusieurs acteurs dont les journalistes, qui ont une légitimité de parole et d’action. On peut comprendre dès lors,  que cette possible remise en cause des savoirs experts par des acteurs sociaux, puisse interroger les propres catégories d’analyse du corps médical, puisque les savoirs légitimes n’y sont plus nécessairement associés à des sciences. L’explosion des médias, c’est-à-dire l’ensemble des moyens de diffusion de l’information, la fascination de la télévision par satellite et la tentaculaire technologie de l’information transcendant les frontières nationales avec l’Internet dans le domaine de la santé, ont établi un nouvel espace d’information pour les médecins et les patients. Le médecin n’est plus le maître incontesté du champ sanitaire, il y a d’autres acteurs dont la légitimité est reconnue.  Pour le traitement médiatique d’une telle crise, notre pays a besoin d’un journalisme fort, c’est-à-dire armé par une expertise qui lui soit propre ; cette dernière est loin d’être construite à l’heure actuelle. La revendication d’un droit de jugement, de la part des journalistes se fonde au Sénégal pour une frange importante d’entre eux, plus sur une compétence générale citoyenne acquise en tant que témoins ou acteurs de terrain que sur un savoir particulier. Il faut souligner que les professionnels des médias, bien que porteurs d’une fonction qui se veut unifiée par-delà les continents, sont aussi des acteurs sociaux qui participent à la définition du sens et des modalités de leur profession, en se greffant, par touches singulières, à leur environnement. Ces professionnels peuvent

3 – Les Médias sont des partenaires précieux dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19

Avant le 02 Mars, c’est-à-dire avant la notification du premier cas de Covid-19 dans notre pays, les médias dans leur grande majorité, s’étaient déjà montrés des partenaires précieux en effet, en dehors du fait qu’ils ont été la première source d’information bien avant les professionnels de la santé, ils ont pu aussi intervenir comme vecteurs d’informations appropriées et pertinentes. Beaucoup d’entre eux ont pu interpréter l’information scientifique et les politiques publiques et simultanément, refléter l’angoisse qui avait commencé à embraser notre pays. «Nous sommes en guerre » avait alors martelé le Président de la République avec l’irruption de l’épidémie au Sénégal ; cette communication martiale largement relayée par les médias, a engendré au sein de la population un désir d’unité. Le Chef de l’Etat l’ayant compris, a placé l’épidémie au cœur d’un dialogue entre l’Etat, les politiques, la Société civile, les Corps constitués, les scientifiques et la communauté avec comme exigence l’union sacrée face à la menace. La grande majorité des professionnels des médias confrontés aux mutations du secteur avec l’apparition de cette menace de type nouveau, a dès le début procédé à l’évaluation très poussée des enjeux auxquels ils étaient confrontés, et c’est beaucoup plus la saisie nationale et globale de ces enjeux qui leur a permis d’en mesurer la nature et la portée. Les journalistes ont alors presque tous suivi le mouvement créé par le Chef de l’Etat, amenant même certains d’entre eux à quitter momentanément leur ligne éditoriale. Cette accalmie notée au sein de l’espace public a aussi amené certains sénégalais à soupçonner les médias d’être aux ordres. La question légitime que l’on peut se poser dès lors est la suivante : certains journalistes ont-ils raison de fonder leurs informations en matière de santé sur le principe d’utilité, pour ensuite les appliquer dans la perspective éthique. Ils ont aussi compris qu’ils avaient une énorme responsabilité, c’est à dire présenter les faits, donner des informations correctes, afin que les populations adoptent des attitudes et des comportements adéquats, mais aussi mettre en place une plateforme de dialogue rendant possible un débat public sur les questions liées à l’épidémie.  Nous avons en général observé malgré cette volonté de ne pas fissurer cette union sacrée une presse avertie et consciente de ses responsabilités. Les médias ont compris dans leur majorité et en ce moment critique, que le goût du sensationnel et l’envie de semer la panique ne vont guère de pair avec les principes éthiques. On peut constater que les crises comme celle liée à l’épidémie de Covid-19, se caractérisaient souvent par une ou plusieurs ruptures décisives avec l’état antérieur, dont les référents traditionnels, elles se caractérisent aussi par la libération de la parole et du débat.  Pendant les deux premiers mois, les radios, les journaux et les revues ont consacré l’essentiel de leurs émissions radiophoniques et leurs surfaces rédactionnelles à l’épidémie, alors que la télévision lui a consacré la presque totalité des émissions. De manière générale, les médias sénégalais ont eu souvent la sagesse de faire appel aux experts pour répondre aux besoins d’une information sérieuse, vérifiée, mise en contexte et objet d’une distance critique. Cette démarche a souvent permis d’éclairer les citoyens sur les réalités de la crise mais aussi, quand cela était nécessaire de mettre en lumière les dérives de la communication officielle trop souvent érigée en vérité. Les Médias traditionnels ont mené la lutte contre la désinformation quand de fausses nouvelles se répandaient sur les réseaux sociaux. Nous avons eu droit à d’excellents reportages faits par des journalistes qui nous ont aidés à y voir plus clair. C’est vrai que les médias sociaux numériques ont été souvent décriés pour les «fake news» qu’ils véhiculent, il n’en demeure pas moins qu’ils ont pu créer du lien en cette période de couvre-feu. Ils ont souvent amené les acteurs institutionnels à informer rapidement et en permanence les sénégalais sur l’évolution de l’épidémie. Dans le cadre de cette pandémie, les médias ont montré qu’ils étaient de puissants promoteurs de bonnes pratiques. Aujourd’hui, grâce à eux, le champ sanitaire est devenu plus transparent, ce qui a permis d’avoir une meilleure lecture de ses forces et de ses faiblesses. Les relations entre la Santé et les Médias sont une exigence démocratique, mais aussi une condition d’efficacité et d’efficience pour une stratégie d’intervention en santé. L’épidémie de coronavirus qui a touché le monde entier est aussi une nouvelle épreuve pour ce secteur des Médias qui traversait déjà une crise de confiance que l’on peut aussi qualifier d’inédite. Si les médias ont souvent fait appel aux scientifiques pour tempérer l’ambiance d’angoisse et d’émotion dans laquelle ont souvent baigné les populations sénégalaises ; il reste qu’aller vers la raison dans une période qui se prête à l’irrationnel, nécessite un effort éclairé de tous les porteurs de voix.

4 – Les médias comme la langue d’Esope, sont capables du meilleur mais aussi du pire

L’épidémie qui était au départ cantonnée en Chine avec le risque principal de propagation mondiale, a connu un phénomène d’amplification par une certaine littérature médiatique traditionnelle. Au mois de janvier 2020, il était en effet, difficile d’échapper à la psychose mondiale créé par l’épidémie du Covid-19. Les alarmistes médiatiques la minorité heureusement, forts d’une actualité télévisuelle, se sont évertués à montrer que la réalité dépassait la fiction ; ce qui a amené le Directeur de l’Oms à utiliser le néologisme «infodémie» pour qualifier la frénésie médiatique à laquelle notre pays n’a pas échappé. S’il est vrai que jamais un problème de santé n’a mobilisé à ce point la couverture des médias traditionnels, il reste que ce sont les médias sociaux numériques qui étaient particulièrement visés, parce ce sont surtout eux qui sont responsables de la diffusion de fausses nouvelles et de rumeurs catastrophistes. Ces médias sociaux ont véhiculé une désinformation permanente qui a nourri la stigmatisation et donné de faux espoirs pour le traitement, ils ont surtout amplifié de façon dramatique la psychose qui a accompagné la propagation du virus. Avec les mesures restrictives portant sur les rassemblements et les déplacements des personnes, nous avons assisté à la raréfaction des «Grand place» et en même temps des « radio-kang-kang » dont on connait la propension à décrypter les journaux et à fabriquer de fausses informations. L’emballement médiatique noté au début de l’épidémie est étonnant, en ce sens qu’il n’a pas pris de recul critique sur ce qui semble être une pathologie nouvelle. Les procédés utilisés au début de la crise sanitaire par certains journalistes, les mêmes qui ont été utilisés pour Ebola, sont assez exemplaires de la manipulation couramment mise en œuvre par certains journalistes ; ces derniers se sont souvent appuyés sur l’angoisse qui a embrasé la société sénégalaise pour légitimer ce qui s’annonce déjà être comme un mode de gestion des crises sanitaires de type viral. Nous avons constaté par ailleurs, à la lumière de cette crise, que la rigueur et la prudence n’ont pas été toujours  de mise dans la diffusion de l’information en effet, nous avons noté beaucoup d’inexactitudes par rapport à ce qui a été avancé par certains journalistes des médias traditionnels, ce qui nous a amené à penser que le monde de la santé avait besoin d’un journalisme plus fort, c’est à dire armé par une expertise sur la santé qui lui soit propre. Les médias, qui n’avaient eu que peu d’intérêt avant la pandémie pour les revendications des syndicalistes de la santé, adoptent aujourd’hui un langage compassionnel sur les sacrifices que les soignants consentent à l’occasion de cette crise, sans pour autant apporter des analyses de fond sur leurs causes. Il faut s’interroger sur les discours surannés des fameux experts multicartes et omniprésents, ces derniers ont dit tout et son contraire sur l’épidémie. Les médias traditionnels se sont fait fréquemment l’écho de propos «d’experts» dans lesquels s’expriment des états informulés. On peut déplorer le fait  que certains médecins et pharmaciens fassent de cette épidémie  un objet de manipulation, où les propos exacerbées n’auraient plus en vue que le but à atteindre en oubliant que ce qui est en jeu concerne la vie même des personnes les plus fragiles de notre société. Restons humbles, c’est-à-dire prenons garde de lancer des affirmations péremptoires, car elles risquent de ne pas tenir compte de la complexité de la situation ; par ailleurs, revendiquer une position par trop unique ne tiendrait pas compte d’enjeux si essentiels. Les médias sénégalais se font souvent la caisse de résonance de bruits lointains venus d’Europe, alors qu’ils doivent être des institutions disposant de valeurs propres et dotées d’une expertise avérée, à travers lesquelles se construisent des visions du monde sanitaire relativement autonomes.  Les médias confèrent un statut et une légitimité aux questions dont ils s’emparent et du même coup, rendent ces propos facilement acceptables. Il existe ainsi un risque que les sénégalais se positivement par rapport à ce type de propos puisqu’ils se disent qu’il provient de sources crédibles. Il va sans dire que de nouveaux débats et polémiques scanderont les mois à venir, toujours est-il que la crédibilité des journalistes auprès du public doit reposer sur l’autonomie du discours journalistique et sur sa mise en situation de responsabilité, afin qu’elle joue un réel rôle de régulation basé avant tout sur l’amélioration de la santé des sénégalais, quel que soit par ailleurs le contexte et les pressions environnantes. La responsabilité apparaît comme la revendication logique des conséquences de toute liberté d’action et pour moi, l’éthique qui est l’incertitude d’avoir raison devra toujours être convoquée. Les journalistes n’élargissent pas assez souvent l’assiette d’analyse des problèmes de santé, il y a aujourd’hui la nécessité de mener une réflexion prospective sur le passage d’un complexe pathogène à un autre, sur le passage d’un monde sanitaire à un autre. Les journalistes ne doivent pas se limiter à être les historiens du temps présent, mais ils doivent avoir une ampleur de vue supérieure à celle du présent, ce qui peut leur permettre de mettre en exergue les transitions en cours (environnement, changement climatique, urbanisation, pollution, complexification des identités contemporaines, multiplication accrue des logiques et des acteurs impliqués dans les faits de santé, déterritorialisation des modes de vie et des imaginaires, mobilité des populations etc.) et par-delà, analyser comment ces transitions s’agencent et construisent diverses configurations qui du plus large au plus singulier, peuvent caractériser la société sénégalaise et les défis sanitaires auxquels elle est confrontée. Professeur Oumar FAYE,Ancien Directeur de la Santé, Ancien Directeur de la Prévention Individuelle et Collective, Ancien Chef du Service National de l’Education pour la Santé, Ancien Chef du Service National des Grandes endémies

Blocage des travaux de la Vdn3: La colère noire des habitants de Cambérène.

https://www.dakaractu.com/Le mouvement « Cambérène Mo Nu Doy » est sorti ce samedi pour interpeller le ministre des Transports Terrestres malgré sa récente sortie dans la presse pour achever les travaux de jonction de la Vdn3 à hauteur de leur commune.
Très remontés, ces jeunes de Cambérène donnent un ultimatum à l’Agéroute qui réalise ce projet de venir achever les travaux sans quoi, ils mettront à  exécution leur plan d’action. Ce point de presse constitue donc une alerte pour dénoncer les manquements et les conditions difficiles dans lesquelles ils vivent à cause de l’inachèvement des travaux, d’autant que le rond-point Case Bi sera barré pour les besoins du Brt..

Situation des enfants de la rue: 5.000 retirés, 3.000 retournés auprès de leurs familles…

https://www.dakaractu.com/Ce 15 juin, a été célébrée la journée mondiale de l’enfant africain. Pour cette 30 ème édition, le ministère de la femme de la famille, du genre et de la Petite enfance a tenue un forum autour du thème : « Accès à la justice des enfants en situation de rue ».
Pour la campagne de retrait des enfants de la rue qui avait été entamée, Mame Ngor Diouf, le Secrétaire Général du ministère informe que 5000 enfants sont depuis lors retirés de la rue et 3000 d’entre eux ont été retournés dans leurs familles respectives.
En outre, dans les départements de Mbour et de Thiès, il sera débutée la stabilisation de 300 enfants et le retour volontaire de plus de 45 maîtres coraniques et daaras.
Le secrétaire général du ministère de la femme de la famille, du genre et de la Petite enfance de poursuivre que, tous ces enfants en situation de rue une fois retirés vont bénéficier de meilleures conditions de vie et une réinsertion sociale. Cependant, Ndèye Abibatou Youm, la directrice de l’éducation surveillée et de la protection sociale, insistera sur la pérennisation de ces actions pour que définitivement les enfants retrouvent de meilleures conditions de vie

Saint-Louis: Quatre (4) membres du collectif «Faidherbe va tomber»,arrêtés…

https://www.dakaractu.com/Les contestations pour le déboulonnement de la statue de Faidherbe prennent une autre tournure dans la ville tricentenaire. En effet, selon des informations  reçues de nos sources, quatre membres du collectif « Faidherbe va tomber » ont été arrêtés cet après-midi à Saint-Louis.
Il s’agit de Pape Abdoulaye Touré, Ardo Ndiaye,  Alioune Badara Dia et un autre membre du collectif dont on ignore encore son identité. Ils sont presentement en garde à vue au commissariat de l’Île de Saint-Louis.
Leur arrestation fait suite à un point de presse qu’ils  animaient dans la ville de Mame Coumba Bang pour le déboulonnement de la statue de Faidherbe.Nous y reviendrons

Les «terres de la guerre»:une bombe à retardement en Casamance Par Jean-Marie François BIAGUI

Mon grand frère, Dr Simon Tendeng, ne m’avait-il pas prévenu ?« Figure-toi que ton combat pour le retour de la paix ne s’arrêtera pas avec la fin de la guerre ; il s’arrêtera quand et seulement quand tu auras désamorcé la « bombe des terres spoliées », me disait-il, il y a de cela une quinzaine d’années. Manifestement nous y sommes, ou presque.
Je débarquai alors à Ziguinchor, en provenance de Lyon, en France, ragaillardi à l’idée que la « paix définitive en Casamance » était tout proche.
C’est qu’elle paraissait vraiment proche, la « paix définitive en Casamance ». Il fallait donc me préparer à l’après-guerre immédiat ; ce à quoi Dr Simon Tendeng avait cru devoir s’évertuer de la sorte.
Or, le 17 juin 2020, sur les ondes de la radio Sud FM, comme en écho ou plutôt contre écho à l’alors avertissement de Dr Simon Tendeng, le patron du GRPC (Groupe de réflexion pour la paix en Casamance), Robert Sagna, déclarera :
« On a constaté qu’il y a des réticences du MFDC dans certaines zones. Le MFDC qui ne voulait pas cautionner le retour de ces populations déplacées dans leurs villages. Avec la proximité de leur cantonnement, le MFDC craignait l’arrivée des militaires dans leurs zones ; c’est ce que nous avons reçu comme explication. » (sic)
En fait d’explication, il s’agit en réalité d’une tentative de diversion, tendant à noyer son poisson en eau trouble.
Car, en effet, le MFDC n’a jamais spolié aucune parcelle de terre dans aucun village ou quartier en Casamance, abandonnés par les populations déplacées du fait de la guerre qui y prévaut depuis décembre 1982. Pour cette raison, et pour cette seule raison, le MFDC ne s’aurait éprouver aucun intérêt d’aucune sorte à priver les populations concernées, une fois rentrées dans leurs villages et dans leurs quartiers respectifs, de la pleine jouissance de leurs propres terres ; des terres qui leur sont justement propres, et qui leur sont acquises, naturellement et légitimement, depuis la nuit des temps casamançais.
Faut-il rappeler, tout à propos, que la lutte que mène le MFDC participe précisément du combat pour la préservation et la sauvegarde de la Terre casamançaise en tant que telle et, plus trivialement, pour sauver ce qui peut encore l’être des terres casamançaises ?
Or, des terres, beaucoup de terres, de Bissine à Cabrousse, surtout à Cabrousse ; c’est-à-dire du sud-est au sud-ouest de la Casamance, et du nord-est au nord-ouest de la Casamance ; or donc beaucoup de terres dans ces zones ont été spoliées depuis le déclenchement en décembre 1982 du conflit en Casamance par des « voyous terriens ».
Où l’on voit bien qui du MFDC ou de ces derniers auraient tout intérêt à ce que la guerre en Casamance reste en l’état, sinon qu’elle dégénère en un foutoir autrement plus confus et plus obscur. Au seul bénéfice des « voyous terriens » !
Pour rappel, et par devoir de vérité :
Le 13 mai 2020, dans le secteur de Bissine/Bilasse – Diagnon, au sud-est de la Casamance, le MFDC a été tiré de son long sommeil, sans ménagement aucun, par l’Armée, pour des raisons occultes. Ce que nous regrettons, et condamnons avec la plus grande fermeté.
Il s’en est alors suivi des combats très rudes, qui se sont poursuivis sans répit toute la journée du 14 mai, le lendemain ; puis par intermittence, notamment les 20 et 29 mai, et du 15 juin à ce jour (20 juin), sans interruption.
Au vu de la violence des combats des deux premiers jours (les 13 et 14 mai), et pour stopper l’avancée de l’Armée, le MFDC a dû faire usage de mines anti-char.
Il s’agit donc là d’un acte ponctuel, circonstanciel, et isolé dans et par la nature même de l’incident. Ni plus, ni moins.
Alors, dire qu’il y aurait à nouveau une dissémination de mines en Casamance, qui plus est en tant le fait de bandes armées, n’est que pur mensonge éhonté, en plus d’être une vaine tentative diabolique de semer à nouveau la peur et l’insécurité en Casamance.Dakar, le 20 juin 2020.Jean-Marie François BIAGUI,Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF),Ancien Secrétaire Général du MFDC

Ibrahima Lissa Faye de la CAP: « On ne doit plus parler de Maison de la Presse mais de Maison du Parti »

https://www.pressafrik.com/Les membres de la Coordination des acteurs de la Presse (CAP) continuent de fustiger les nominations du Directeur général et du Président du Conseil d’Administration (PCA) de la Maison de la Presse. Sur le plateau de Soir d’Info de la Tfm, le vendredi 19 juin, Ibrahima Lissa Faye, président de l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne a expliqué pourquoi les membres de la CAP ne sont pas d’accord avec le décret de nomination des journalistes Alioune Dramé et Bara Ndiaye (membre du parti au pouvoir l’Apr) pour l’administration et la gestion de la maison de la Presse. Selon lui, cette infrastructure ne devrait plus être appelée « Maison de la Presse » mais « Maison du Parti ».
Ibrahima Lissa Faye a également abordé d’autres questions comme celle sur le Fonds d’aide aux entreprises de presse qui tarde à entrer en vigueur, à la mise en application du nouveau Code de la presse, à la dépénalisation du délité de presse. Il a aussi annoncé la sortie d’un Edito ce lundi 22 juin, des actions chaque semaine et une grande marche pour dénoncer l’ensemble des problèmes du secteur de la presse. Regardez !!!

MATAR SYLLA: «QUAND UN JOURNALISTE FAIT DE LA POLITIQUE,IL EST DE L’AUTRE CÔTÉ»

http://www.emedia.sn/« Quand un journaliste devient politicien, il est de l’autre côté ». C’est du moins l’avis tranché de Matar Sylla, ex-Directeur général de la Rts, et fondateur de Label Tv au Gabon, invité du Jury du dimanche (JDD), sur iRadio et Itv, ce 21 juin. Ainsi, il souligne, rejetant le « mélange des genres », que « le journaliste a le droit d’être politicien mais (il) se met en congé du journalisme et fait de la politique. »
’Qu’est-ce qu’informer ?
’est dans ce sillage qu’interpellé sur la différence entre le journalisme d’hier et celui d’aujourd’hui, il pointe la recherche effrénée du buzz : « De manière générale, on constate maintenant qu’il y a beaucoup de buzz. On est à la recherche du scoop, du buzz, les faits divers, etc. Tout cela est lié au journalisme citoyen avec les réseaux sociaux, qui font que beaucoup de choses sont dénaturées, on fait dire des choses, on fait des montages. »
Une anecdote à la Rts
« Du temps où j’étais à la RTS, il y a eu la fameuse histoire des dix millions de dollars avec l’ancien président de la Fédération, El Hadji Malick SY Souris. Certains peuvent vous raconter, il était venu dans mon bureau pratiquement en pleurs. Un homme de cette dimension, les gens attendaient un fax vers les coups de 22 heures, alors que j’étais à mon bureau, pour pouvoir le diffuser. J’ai dit aux équipes sportives de la rédaction qu’il n’en est pas question, que personne n’en parle. Parce que, j’estimais qu’il ne méritait pas cela, que les faits n’étaient pas établis, et même s’ils l’étaient. Le lendemain, j’ai appelé Basile Boly, j’ai repris les droits et rembourser les 7 mille dollars, et je me suis entendu avec la fédération. C’est comme cela qu’on a pu couvrir le match entre le Sénégal et le Maroc. Et c’est comme cela qu’en 2002, le Sénégal s’est qualifié pour la Coupe du monde. Si on avait laissé faire autrement. Et là pourquoi ? Parce que, c’était utile pour le pays à la veille d’un match comme ça qu’on ne rentre pas dans ce cercle de dénonciations et de délations ». Dié BA & Pape D. DIALLO (Photos)

MATAR SYLLA: «LAMINE DIACK, LE BOUC ÉMISSAIRE D’UN SYSTÈME»

http://www.emedia.sn/Matar Sylla prend position dans l’affaire Lamine Diack, dénonçant une cabale contre l’ex-patron de l’IAAF, jugé à Paris, et qui risque 4 ans de prison et 500 mille euros d’amendes pour corruption passive et abus de confiance.
Très en verve, l’ex-Directeur général de la Rts, invité du Jury du dimanche (JDD), émission de Mamoudou Ibra Kane, sur iRadio et Itv, ce 21 juin, annonce les couleurs, soutenant qu’il sera « très subjectif ». Parce que considérant Lamine Diack comme un père.
« Pour moi, c’est une icône africaine. Je considère que c’est quelqu’un qui a rendu énormément de services à son pays le Sénégal, à l’Afrique et au monde », dit-il, déplorant, selon lui, qu’il soit « un bouc émissaire. » Car justifie le journaliste : « au lieu de juger un homme, on juge un système alors que c’est la même chose partout. Quelles seraient les fédérations qui seraient épargnées mondialement ? Ce que l’on oublie, et là également, c’est un témoignage, l’ancêtre de l’UAR, c’était l’URTNA. A l’époque, Pape Massata Diack était l’un des meilleurs marqueteurs de ISL, qui était une société suisse qui s’occupait de Marketing des droits sportifs, qui mettait de l’argent en termes de sponsoring dans l’athlétisme auparavant. C’est des millions de dollars qu’il a fait rentrer. Tout cela, on le passe à pertes et profits en disant aujourd’hui. »
Poursuivant, il martèle : « Je suis contre l’injustice, contre la stigmatisation. Je pense que c’est une injustice et c’est une cabale. Quelqu’un qu’on retient depuis cinq ans. Il ne peut pas se déplacer. Maintenant, ça suffit, à son âge, il est temps qu’on le laisse retrouver ses enfants et petits-enfants, son Sénégal natal et jouir de sa retraite paisiblement. Il a rendu beaucoup plus de services au sport mondial qu’il n’a causé de tort. »
Le patron de presse déplore également la tournure de l’affaire Batiplus dans laquelle le journaliste Cheikh Yerim Seck est inculpé et placé sous contrôle judiciaire. « Je les (Cheikh Yerim Seck et Me Malick Sall) connais tous les deux. C’est dommage qu’on en soit arrivé à cela. Mais la justice suit son cours. On verra à quoi cela va aboutir mais je pense que dès fois il faut calmer le jeu. Parce qu’il y a des enjeux aujourd’hui beaucoup plus essentiels au Sénégal et en Afrique, et qu’il faut mettre toutes nos énergies sur ces enjeux. »
Mais, précise-t-il, dans ce dossier, « nous sommes à la lisière de deux catégories de droit : la liberté d’expression, de liberté, celle du journaliste, qui a le droit de ne pas révéler ses sources. Quelques fois des gens sous le couvert de l’anonymat parce qu’ils peuvent perdre leur boulot, faire l’objet de violences, et la déontologie interdit même aux journalistes de révéler ses sources. C’est honorable et je pense que c’est quelque chose qu’il faut respecter. De l’autre côté, vous avez le droit du citoyen à dire je me suis senti diffamé, ce qu’on a dit ne sont pas des faits établis, et qui a le droit d’ester en justice. Le plus important dans ces choses, ce sont les faits. S’il y a un procès, il (Cheikh Yerim Seck) est tenu d’apporter les preuves de ses révélations ». Dié BA
Communiqué du Bureau Politique de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail
Le Bureau politique de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT) a tenu une réunion par  visioconférence ce 13 juin 2020 sous la présidence du compagnon Abdoul Mbaye.
Examinant l’actualité nationale, le Bureau politique regrette l’échec noté dans la gestion de la pandémie Covid-19. Dénonçant les insuffisances d’un plan global de communication qui n’est pas parvenu à convaincre les populations de l’importance des risques et de l’importance des gestes barrières et de distanciation pour s’en protéger , l’ACT regrette la levée des premières décisions de restrictions sans mesures d’accompagnement exposant les populations. L’ACT regrette également les nombreux « couacs » et retards notés dans la distribution de l’aide alimentaire qui n’aurait jamais dû donner lieu à des soupçons de détournements ou d’attribution de marchés dans des conditions d’opacité qui semblent être une marque de fabrique de ce régime.
Le bureau politique exige  plus de transparence dans ladite distribution et plus d’équité.
Le Bureau politique de l’ACT tient à saluer la rapidité et la spontanéité qui ont permis diverses contributions pour la production de masques et visières de protection par des capacité locales, de  respirateurs artificiels, de gels et études scientifiques de très haut niveau, démontrant ainsi la capacité d’innovation et d’entreprendre de notre jeunesse et la qualité de nos scientifiques.. Il appelle le gouvernement à mettre en place des mécanismes sérieux d’accompagnement de ces talents au-delà de la crise de la Covid-19.
Le Bureau politique tient à exprimer sa totale adhésion au choix fait par le compagnon Abdoul Mbaye d’envoyer des courriers contenant les suggestions et recommandations pour la lutte contre le Covid 19  plutôt que de se rendre au palais.
Le Bureau politique poursuivra tous les efforts nécessaires, à  travers tous les canaux possibles et notamment en concertation avec les alliés du Congrès de la Renaissance Démocratique (CRD) l pour une meilleure  transparence dans la gestion de cette crise.
Après l’échec de la première tentative de réouverture des classes, le Bureau politique réclame davantage de professionnalisme dans l’organisation de la reprise scolaire. Il exige des mesures d’accompagnement pour les enseignants ainsi que les élèves et étudiants par une dotation suffisante des établissements scolaires de produits d’hygiène et de masque. Il invite également les ministères concernés à associer de manière étroite les syndicats d’enseignement à la correcte préparation de cette reprise.
Le bureau politique invite l’Etat du Sénégal à accorder davantage d’intérêt aux PME, PMI, TPME qui ont été impactées par la crise sanitaire et qui constitue l’essentiel de notre tissu économique.
Il rappelle également toute l’importance qu’il convient d’accorder à la reprise des activités de l’agriculture et du tourisme. La campagne agricole doit être préparée de manière exceptionnelle prenant en compte les besoins futurs en céréales et les dysfonctionnements attendus en matière d’approvisionnement du marché local par les importations de denrées essentielles à l’alimentation des Sénégalais. En particulier, la distribution des engrais et des semences de qualité doit respecter les règles de la transparence et ne subir aucune influence politique.
Le tourisme mettra quelques années à se redresser. Conformément aux conseils donnés par le compagnon Abdoul Mbaye au Président de la République, il faudra toute une série d’actions engagées en direction de la promotion du tourisme interne pour permettre la sauvegarde de ce secteur déjà sinistré.
La Bureau politique a à cet égard rappelé que ces deux secteurs étaient ceux identifiés par le PSE pour tirer le Sénégal vers l’émergence.
L’Etat est invité à revoir sa politique économique et l’exhorte une nouvelle fois à ce qu’il accorde au tourisme une place particulière.
Il exhorte  l’Etat à mettre en place un système de promotion et d’accueil des touristes nationaux etc.
En ce qui concerne les scandales qui continuent de secouer le pays, le Bureau politique a apprécié les postures prises par son Président mais également par le CRD. Il a  loué le dépôt d’un recours auprès de la Cour suprême exigeant entre autres l’annulation des décrets par lesquels le Président de la République piétine le droit et les prérogatives d’une institution de la République, le CESE. Le Bureau politique dénonce avec la dernière énergie également l’accaparement injustifié du littoral et invite l’Etat à ouvrir des enquêtes sur cette occupation anarchique et à faire valoir le droit des populations sur cette partie. Par ailleurs, le bureau politique tient à noter que la résolution de la question foncière est une problématique nationale et doit donc être traitée dans un cadre global.
Le bureau politique note pour le regretter le manque d’eau qui est une catastrophe, surtout en cette période de pandémie ou le lavage des mains à  toutes les heures est conseillé. Seneau est appelé à faire plus d’effort pour satisfaire ce minimum vital.
Au manque d’eau s’ajoute celui d’électricité. Le bureau politique s’en est indigné d’autant plus que le scandale Akilee-Senelec montre une volonté des autorités de ne point ménager les populations. En cela, il exige l’annulation du contrat afin que la procédure d’attribution de marchés puisse être reprise et respectée.
Au plan de l’actualité internationale, le Bureau politique dénonce les actes policiers et racistes qui se sont produits aux Etats-Unis. Il salue l’initiative du CRD de saisir à travers un courrier l’ambassadeur des USA au Sénégal.
Le bureau politique a tenu à saluer les réaménagements opérés au niveau des structures du parti visant la redynamisation de ses Mouvements, et encourage tous les compagnons à persévérer dans le renforcement du Parti pour la défense de l’idéologie du parti visant la mise en œuvre au Sénégal d’une autre politique résolument orientée vers la défense des intérêts des citoyens et non plus vers l’enrichissement d’une minorité politicienne.Fait à Dakar le 18 Juin 2020Alliance pour la Citoyenneté et le Travail–www.act-senegal.com


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