Revue de Presse du 20 Juin 2020

Revue de Presse du 20 Juin 2020
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Historique: le parlement européen déclare l’esclavage crime contre l’humanité

https://www.financialafrik.com/«Black lives matter». C’est par ce slogan évocateur que le Parlement européen dans une résolution adoptée vendredi, déclare que la traite des esclaves est «un crime contre l’humanité ». La résolution, adoptée par 493 voix pour, 104 contre et 67 abstentions, constitue une avancée  majeure dans la reconnaissance d’une tragédie jusque-là minorée.
Le Parlement européen invite les institutions et les États membres de l’Union européenne à reconnaître officiellement les injustices du passé et les crimes contre l’humanité commis contre les personnes noires et les personnes de couleur ; déclare que la traite des esclaves est un crime contre l’humanité et demande que le 2 décembre soit désigné Journée européenne de commémoration de l’abolition de la traite des esclaves ; encourage les États membres à inscrire l’histoire des personnes noires et des personnes de couleur dans leurs programmes scolaire.  Zeinab Filali

L’énigme de la création de l’Eco Par Gora Diop,  diplômé de l’IEDES de la SORBONNE.

En date du 29 juin 2019, les dirigeants de la CEDEAO ont décidé de mettre sur pied l’ECO dans le cadre d’une monnaie unique qu’ils souhaitent créer et lancer dès juillet 2020. Ainsi, l’ECO sera une monnaie unique des quinze pays de la CEDEAO, Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest des années 1960, volonté politique des décideurs étatiques qui doit aller de pair avec un travail de fourmis d’experts économiques de tout horizon, une sérieuse problématique car l’ECO n’est pas seulement l’affaire de le la sous-région mais également de la France qui paye nos angoisses quand on sait que toutes nos transactions financières que nous faisons à l’extérieur transitent par le trésor français garant de nos réserves, lesquelles suscitent une polémique depuis des décennies.
L’Afrique dispose déjà de zones économiques où les échanges sont facilités comme l’UEMOA-qui a remplacé l’UMOA en 1994, année de la dévaluation du franc CFA, conclave dirigée par ministre français représentant du président français alors que tous les pays de la zone étaient emmenés par leurs chefs d’Etat, ou de la zone monétaire (CFA) comme monnaie unique. Initiée d’abord en décembre par les pays membres de la ZMOA-Ghana, Nigeria, Guinée, Gambie et Sierra Leone- ses promoteurs aimeraient qu’elles regroupent à terme l’ensemble des pays de la (CEDEAO). Chercher à parler de l’énigme de la création de l’Eco nous renvoie à chercher à évaluer la performance du système bancaire sénégalais, voire de la sous-région, prétexte pour analyser son rôle et son action dans les économies en développement comme la nôtre afin de pouvoir élaborer quelques suggestions. IL est toujours important de rappeler que l’idée de performance si elle ne cache pas l’idée de vulnérabilité renvoie quand bien même à elle. Le rôle du système bancaire dans l’UEMOA est d’autant plus complexe que son action s’inscrit dans une double logique. En premier lieu, il est à souligner que les entreprises n’ont pas encore accès direct à l’épargne des ménages.
En second lieu, l’inexistence de marché financier véritablement opérationnel ou l’emprunt pourrait se faire à des couts moindres confère au secteur bancaire le rôle de premier plan dans la bonne marche de l’activité économique. Contrairement aux économies développées ou la recherche effrénée d’un système bancaire solide et efficace se justifie entre autres par la hantise d’une crise financière avec tout son cortège de couts économiques et sociaux, donc par la préservation des acquis, dans nos économies en développement, le défi s’incarne dans une perspective d’insertion et d’intégration dans le système mondial ou des réseaux et des groupes prédominent.
Donc le défi est double : s’adapter à la nouvelle donne qui règne dans le système mondial en acquérant les nouveaux instruments des marchés financiers qu’il faudra financer avec des capitaux propres et offrir en même des produits de qualité à une clientèle interne et externe. Vu aussi bien sous l’angle des économies modernes que celui des économies en développement, le dénominateur commun en termes d’importance d’un système bancaire solide et stable est son rôle prépondérant en termes de croissance économique en ce sens qu’il permet une affectation optimale des ressources et une transmission des impulsions monétaires.

GENESE

La politique monétaire est une composante de la politique économique et en tant que telle elle doit apporter sa contribution à la réalisation des objectifs de la politique économique. Ces derniers sont la croissance économique, la lutte contre l’inflation pour préserver la valeur interne de la monnaie qui est l’inverse du niveau général des  prix et sa valeur externe qui est son taux de change, le plein emploi objectif illusoire dans les économies modernes et l’équilibre des paiements extérieurs.
Le champ d’application des objectifs de la politique monétaire a été considérablement réduit dans la plupart des économies modernes à niveau de développement économique comparable.
En tant que composante de la politique économique sous ses aspects multiples, la politique monétaire devait assurer ou favoriser la croissance à un niveau le plus élevé possible, donc le maintien du plein emploi et assurer également la stabilité de la valeur de la monnaie ainsi que les comptes extérieurs. Certains théoriciens s’accordent à dire que le rôle essentiel des Banques Centrales ou bien l’objectif de la politique monétaire devrait se résumer à la réalisation de la stabilité des prix.
Déjà, au cours des années 80, les pays membres du G7 d’alors (groupe comportant les sept pays les plus industrialisés, à savoir les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et le Canada) attribuèrent à la politique monétaire le seul objectif de stabilité des prix.
Il est à rappeler que le foisonnement de systèmes de change sur le plan international fera de telle sorte que le système monétaire international d’aujourd’hui est dit non-système monétaire international.
En réalité, il n’est pas rare de constater que le cours d’une monnaie chute à une valeur faible en une journée et remonte à une valeur forte en une semaine. Ce caractère erratique et volatile des cours peut poser des problèmes de trésorerie à court terme et de financement à long terme pour des divers agents économiques.
La volatilité des cours de change a pour origine l’effondrement du système des parités fixes de Brettons Woods. Il importe de rappeler que les institutions de Brettons Woods de noms FMI et Banque Mondiale ont été créées respectivement pour l’équilibre de la balance des paiements et la reconstruction de l’Europe. De nos jours, la Banque Mondiale s’attelle à la lutte contre la pauvreté. En fait, ce système de change issu de Bretton Woods assurait la stabilité dans les mécanismes monétaires et la décision prise par les autorités de ne plus assurer la convertibilité du dollar en or mettait fin à la vie du système. Depuis cette date, les systèmes monétaires se juxtaposent. Certains pays maintiennent un système de change fixe par connexion   de leur monnaie à une monnaie pilote (zone franc). D’autres pays essaient de maintenir entre eux une zone de relative stabilité des changes (système monétaire européen) et enfin plusieurs pays ont laissé délibérément leur monnaie flotter.
En effet, l’étalon or est le premier système monétaire international organisé et il est également le premier système monétaire des changes fixes. C’est le système monétaire du 19e et du 20e siècle dans lequel l’or joue un rôle prépondérant. Il avait l’avantage des mécanismes automatiques de l’étalon or  que J RUEFF[1] dit qu’il aura fonctionné de 1447 à 1922.
Ce premier système avait quatre caractéristiques. D’abord chaque monnaie définie par un poids d’or fixe, chaque monnaie était convertible en or, ensuite les monnaies entaient convertibles entre elles-mêmes et enfin la frappe de la monnaie était libre.
Ce système a connu un essor vertigineux et les libéraux du 19e siècle en ont tiré deux vertus : d’abord, du fait que les monnaies étaient connectées à l’or par un poids d’or fixe, le système assurait en permanence la stabilité des changes, ensuite la deuxième vertu résidait dans le fait que ce système assurait en permanence le rééquilibrage automatiquement des balances de paiement.
Il aura fonctionné jusqu’en 1914, date de l’éclatement de la première guerre mondiale et va se retrouver confronté à des problèmes de taille.
En réalité, dès l’éclatement de la guerre les belligérants ont voulu chacun de leur côté mettre sur pied     des mécanismes pouvant leur assurer la victoire. A ce titre ils vont décider de suspendre la connexion de leur monnaie au métal précieux et ce processus mettait fin en même temps à la vie du système d’étalon or.
Dans la période d’entre-guerres les pays ont géré d’une manière autonome leurs monnaies nationales, chaque Etat prenait alors des mesures de politique monétaire internationale et ce fut le début des dévaluations successives.
Dans la période d’entre-deux guerres les conséquences néfastes issues de cette gestion individuelle des taux de change ont poussé les principaux pays de la planète à essayer de remettre sur un pied un système monétaire international cohérent, hiérarchisé   à l’intérieur duquel règnerait une stabilité des changes. Ce fut alors la Conférence de Bretton Woods de 1944 et l’émergence du système de l’étalon de change-or.
En effet la conférence de Bretton Woods avait deux objectifs majeurs : permettre la mise sur pied des organisations économiques internationales que sont le FMI et la Banque Mondiale et créer en même temps un système monétaire international véhiculant les vertus que celui de l’étalon-or.
Contrairement à ce dernier à l’intérieur duquel toutes les monnaies étaient convertibles en or, seules quelques monnaies appelées monnaies de réserves (dollar américain et livre sterling anglaise) étaient convertibles en or et les autres monnaies en dollar ou en livre sterling.
Le système de change or a connu trois évènements importants : la pénurie du dollar d’abord, ensuite le déferlement du dollar et l’effondrement du système des parités fixes.
En effet, à la fin de la 2e guerre mondiale les nations européennes étaient totalement détruites et en plus elles étaient dépendantes de la nation américaine en ce qui concerne les produits de première nécessité et stratégiques. Mais étant donné que l’Europe était détruite par la guerre, elle n’avait pas les moyens de paiement pour régler ses factures aux américains.
C’est dans cette optique que les autorités américaines pour aider le continent européen mirent sur pied un plan d’aide dit plan Marshall chargé de canaliser le dollar américain vers le vieux continent. Cependant, une fois que les dollars arrivaient en Europe, les européens les réutilisent immédiatement pour payer leurs importations. C’est en cela qu’il y avait une pénurie de dollars en Europe. Autrement dit la balance des paiements américaine était structurellement excédentaire.
Le déferlement des dollars au Japon et en Europe sera dû au fait que ces pays et continent reconstruits vont commencer à concurrencer les américains mais sur les marchés mondiaux non seulement mais également ils n’importaient plus des Etats Unis. Ils vont inverser la tendance en y exportant.
La balance des paiements américains commença à être déficitaire. Au total on peut dire que l’utilisation abusive du seigneuriage international par les américains a fait de telle sorte qu’à la fin des années 60 les déficits de leur balance des paiements atteignaient des niveaux importants.
Les déficits de la balance des paiements américains durant et s’accumulant, il va en naitre une perte de confiance des non-résidents à l’égard de la monnaie américaine. La conséquence qui va en découler est que ces non-résidents en 1971 vont s’adresser à la Reserve Fédérale pour demander la conversion de leurs billets verts en de l’or. Il faut comprendre par leur attitude qu’ils avaient très tôt compris que l’or est une monnaie refuge et l’on bat monnaie qu’à partir de l’or et des devises.
Eu égard à la masse de dollar en circulation en Europe, la Reserve Fédérale était néanmoins dans l’impossibilité de satisfaire cette demande. Pour mettre fin à ces problèmes, le président NIXON prend le 15 août 1971 la décision de non convertibilité du dollar en de l’or et ce fut la mort de ce système. On passa ainsi à l’émergence d’un non système monétaire international.
C’est partir de ce moment que le flottement des monnaies a vu le jour et on est passe d’un flottement généralisé dit encore pur à un flottement contrôle dit encore flottement impur, le flottement généralisé signifiant que les monnaies fluctuent les unes par rapport aux autres.
Il convient de souligner qu’un tel système de flottement pur s’accompagne d’inconvénients de taille. Pour les limiter certaines nations vont s’organiser à l’intérieur de ce régime. C’est ce qui est à reste à l’origine de l’émergence du flottement impur.
Deux raisons expliquent ce flottement contrôlé. D’abord il a aura des pays qui ont décidé unilatéralement de rattacher leur monnaie à une monnaie pilote (exemple franc CFA et ex franc français), ensuite il y aura des zones de pays qui décidèrent entre eux des parités de relative stabilité des changes (exemple le système monétaire européen).
Ce foisonnement de systèmes de change sur le plan international fera de telle sorte que le système monétaire international d’aujourd’hui est dit non système monétaire international.
Ce dernier véhicule également des inconvénients. C’est la raison pour laquelle les principaux pays de la planète ont essayé de réorganiser le système monétaire international sous la forme d’un système multipolaire, ou encore multidevises ou encore polycentrique.
L’expression multipolarisation du système monétaire international voudra dire tout simplement que le système ne s’organise plus aujourd’hui autour d’une monnaie principale à savoir le dollar américain.
En fait à côté de ce dernier nous avons actuellement la présence d’autres monnaies principales qui concurrencent fortement la monnaie américaine dans ses fonctions internationales. Il s’agit de l’Euro et du Yen japonais principalement. Ces trois monnaies se partagent le seigneuriage sur le plan international. Avec le partage du seigneuriage, le principe qui en résultera est la multiplication du droit de seigneuriage. Cela voudra dire que le droit qu’avaient seuls les américains de battre monnaie ne sera plus un monopole exclusif. Ils devront maintenant le partager avec l’Europe et le Japon. Et dans ce domaine qui dit partage, dit conflit, un facteur qui est à la base de l’instabilité du système monétaire international. L’on rappelle par ailleurs que le président NIXON dans son allocution télévisée du 15 aout disait que, l’on cite, ‘la stabilité et l’équité sont dans le meilleur intérêt de tout le monde’.

PORTEE ET LIMITES

En décidant de se départir du franc CFA longtemps arrimé au FF puis à l’euro, les autorités publiques sont entrées dans l’histoire. Mais la volonté publique ne suffit pas pour appréhender cette nouvelle donne que l’on peut qualifier avec des pincettes « d’african new deal ». Pourquoi une telle appellation ? Parce qu’en interrogeant l’histoire, il est aisé de se rendre compte qu’avant dévaluation le défunt FF équivalait à 50 francs CFA. Dès la dévaluation de 1994, en termes d’équivalence un FF égale 100 francs CFA. Avec l’avènement de l’EURO, une monnaie qui concurrence rudement le dollar américain et remet par la même en cause l’hégémonie américaine, la parité a été plus que quintuplée. Est-ce une dévaluation nouvelle ? La plume de certains experts arguent non car selon eux la parité a été maintenue fixe. Que dire de toutes les transactions financières qui transitent par le trésor français si l’on prend l’exemple d’un pays comme le Sénégal.
Maintenant si un franc CFA équivaut à un ECO et que les africains ont main mise sur leurs réserves comme voulu par une frange de la population intéressée par le débat, l’objectif de souveraineté internationale en termes de monnaie serait obtenu.
A une échelle basse, il convient de souligner que la politique de réserves obligatoires a pour objectif de contraindre les établissements de crédits à détenir, sous forme de monnaie centrale une fraction des éléments inscrits à l’actif et/ou au passif de leur bilan. En effet, le dispositif des réserves permet, par son maniement, de réduire ou de développer la capacité de distribution de crédit du système bancaire.
Cependant les pays membres cités en début de lignes partageant l’ECO ne doivent pas négliger l’aspect budgétaire car la politique monétaire et la politique budgétaire sont liées. Le pacte qu’ils ont signé pour la création d’une nouvelle monnaie unique l’ECO doit les pousser à coordonner leur politique monétaire qui doit les propulser sur le sentier de croissance économique, l’objectif recherché étant la convergence économique pour ne pas dire l’état stationnaire. Les règles du jeu doivent être claires et bien définies.
Ainsi, si l’on raisonne dans le cadre de l’Union Européenne par exemple, en 2002 quand l’Allemagne n’a pas pu respecter le Pacte de stabilité étant donné son    déficit budgétaire d’alors, un avertissement lui fut adressé par la commission européenne. Cela peut se comprendre dans une certaine mesure car si ce premier partenaire de la France connaitrait une récession, comment ce dernier vendrait-il. Cette situation serait moins alarmante si cela fut le cas du Portugal moins interdépendante avec la France.
On peut bien adapter l’expression fort célèbre de Robinson selon laquelle ‘’ quand les USA s’enrhument, le reste du monde attrape une pneumonie’’ au contexte de partenariat entre la France et l’Allemagne qui est elle aussi dépendante des USA.
En amont de la création de l’ECO, il serait intéressant de passer en revue quelques régimes de change en vigueur dans les espaces économiques. Aussi peut-on citer le taux de change fixe, régime qui va être vraisemblablement applique dans la zone, les régimes intermédiaires et enfin les flottements purs et impurs.  Le choix d’un régime de change résulte donc à la fois des objectifs économiques du pays et des contraintes qu’il doit supporter.

A Taux de change fixe

L’union monétaire : elle est la forme la plus stricte. Les taux de change des différents participants sont fixes de manière irrévocable, les monnaies locales   pouvant être remplacées par une monnaie commune.
Les currency board ; ce sont des caisses d’émission ou conseils monétaires où la création monétaire va dépendre des réserves de change dans la monnaie de rattachement, et la politique monétaire n’a aucune autonomie. Ces types de régime ont la particularité d’autoriser une double circulation monétaire. Exemple peso et dollar en argentine.
Les régimes de changes fixes plus traditionnels : ils définissent une parité fixe, qui peut toutefois être modifiée de manière exceptionnelle pour restaurer l’équilibre du solde courant. Des bandes de fluctuation peuvent être définies. Ces bandes de fluctuations peuvent être étroites (régime de Bretton Woods) ou bien plus larges (SME après 1993).

B Régimes intermédiaires

On peut dans ce cas-ci distinguer :
-La parité glissante ;   le taux de change est en principe fixe, mais la parité de référence est modifiée régulièrement selon les paramètres prédéterminés (crawling peg au sens propre) ou de manière plus discrétionnaire afin de compenser partiellement au moins les écarts d’inflation avec le pays d’ancrage.
La parité glissante a une autre variante, le sliding band où le taux de change nominal dont la parité peut être ajustée périodiquement, fluctue à l’intérieur d’une bande.
-Le flottement administre :  les taux de change sont flottants, mais les interventions ponctuelles et/ou coordonnées des banques centrales informent les marches sur la parité considérée comme souhaitable. Il s’agit par conséquent d’un flottement impur.
C Flottements pur et impur         
Seul le marché va définir l’équilibre du taux de changent sans intervention de la Banque Centrale dans le cas de flottement pur. Dans le cas de flottement impur, la Banque Centrale peut intervenir pour limiter les variations excessives, mais elle ne cherche pas à conserver une parité donnée. Les variations effectives et anticipées de la demande et l’offre de biens et d’actifs sont reflétés sur le marché des changes.
En effet, tous ces régimes présentés ont des avantages et des inconvénients. Les principaux avantages d’un régime de changes flottants sont, d’une part, que les réservés de devises internationales ne sont pas requises en grandes quantités. D’autre part, les variations du taux de change nominal permettent d’ajuster l’économie après choc (domestique ou étranger) et éventuellement limiter la récession ; si par exemple le pays en question exporte des matières premières (dont les cours sont fixes sur les marchés mondiaux), l’ajustement   du taux de change permettra de stabiliser le revenu de ces exportations exprimé en monnaie nationale.
Cependant, la volatilité élevée qui résulte des variations du taux de change nominal (et réel) est souvent préjudiciable : si le pays est endetté en monnaie forte, le dollar par exemple, la dette externe sera assujettie à des fluctuations importantes en termes de monnaie nationale, ce qui expliquera des hausses de spreads de taux d’intérêt traduisant l’augmentation du risque de défaut du pays. Cette hausse des taux pénalisera l’économie.
En ce qui concerne la parité glissante, avec le régime de crawling band, le taux de change nominal qui fluctue à l’intérieur d’une bande dont la parité centrale varie à un taux prédéterminé, peut être calculé à partir de différentiels passés d’inflation. Mais dans ce cas il risque d’introduire dans l’économie une inertie inflationniste considérable. II peut au contraire être base sur des anticipations d’inflation. Là, le danger est alors de produire une surévaluation donnant lieu à des pressions spéculatives.
Dans le cas de sliding band, ce système permet aux économies à haute inflation de stabiliser le taux de change sans connaitre une appréciation du taux de change réel importante. Toutefois, la fréquence ainsi que l’importance des ajustements de la parité centrale n’étant pas connu à l’avance, l’incertitude qui en résulte entraine une forte volatilité des taux d’intérêt.
Avec le régime de crawling. peg, il est possible de réduire l’inflation, tout en évitant une surévaluation trop importante du taux de change réel. Cependant, le problème de crédibilité du gouvernement se pose : surtout s’il mène une politique fiscale incohérente avec ses objectifs.
Dans les régimes de changes fixes, le gouvernement peut bénéficier d’une très forte crédibilité. Cependant, l’économie perd beaucoup en flexibilité : les chocs externes doivent être absorbée par l’économie réelle, qu’il s’agit du chômage ou de la récession
En effet, le système de changes flexibles peut conduire à des politiques qui peuvent s’exercer aux dépens d’autres pays. La France et les membres de l’ECO se doivent de coopérer même si les théoriciens de la FRANCE-AFRIQUE ont tari l’encre de leurs plumes d’autant plus que dans ce contexte de 21eme siècle on parle d’ère post-industrielle. Les changes fixes sont la porte ouverte aux spéculations. Le fait de ne pas coopérer peut se traduire par des résultats macroéconomiques qui peuvent nuire à l’ensemble des pays concernés.
Pour résoudre ces défauts de coordination, une possibilité est d’instaurer un régime de changes fixes qui permette d’éliminer la tentation de s’écarter de façon unilatérale de la solution coopérative. Il importe de rappeler que ce sont les gains anticipes d’une manipulation non coordonnée ou unilatérale du taux de change qui, par l’intermédiaire de l’instrument monétaire, vont rendre instable la coopération.
Le premier aspect se rapporte au problème de l’instabilité de la solution coopérative, le second aspect nous permettant d’aborder les crises de changes. Une première génération de modèles de crises de change était bâtie sur un antagonisme entre l’objectif de fixité de la parité de change et l’évolution de certaines variables expliquant le cours d’une devise. Ces modèles présentaient une première limite de ne présenter et résidaient particulièrement dans une approche déterministe. Ils présentaient les crises de change comme un run sur les réserves de change d’un pays, étant donnée la rationalité des agents prives.
En réalité, il existe une deuxième génération de modèles des crises de changes qui aura la particularité de présenter une explication de ces crises ne remettant pas en cause la rationalité des agents. IIs sont qualifiés de modèles ‘’avec clause de sortie’.
Le précurseur en est OBSFELD[1] et elle permet de rendre compte du rôle central des anticipations. II s’appuie par ailleurs sur le même type de jeu que ceux présentés dans les modèles précédents. C’est la raison pour laquelle, nous préférons nous limiter à l’exposé de substance et nous passer de présentation globale.
Par ailleurs, les agents économiques privés y ont un objectif d’anticiper l’inflation effective et les autorités monétaires vont chercher à minimiser leur objectif traditionnel mais en intégrant cette fois-ci le coût de sortie du système de change fixe. On suppose qu’il y a une incertitude sur la fonction d’offre agrégée. Le résultat de ce modèle est qu’une économie offrant de meilleurs fondamentaux, c’est-à-dire, un niveau d’inflation, élevé et un écart entre la production potentielle et la production d’équilibre faible sera moins d’attaques spéculatives
Quant aux limites liées à la problématique de la création de l’ECO, il faut se projeter sur le modèle européen avec la création de l’EURO. De source sûre, si l’on prend l’exemple de la France, le FF a eu à cohabiter au moins deux ans avec l’EURO ; une fois un paradigme a vu le jour, la fameuse loi de GRESHAM selon laquelle « la mauvaise monnaie chasse la bonne » les agents rationnels prenant la précaution de l’épargner a montré ses limites. Cela est compréhensible car toute théorie porte en elle le germe de son propre dépassement, La transition étant passée en douce, aucune méfiance vis-à-vis de l’EURO ne s’est manifestée. Aurons-nous le schéma avec l’avènement de l’ECO dans notre zone

III RISQUES DE TROUBLES

Une mise en alerte est nécessaire et une conscientisation d’une frange de la population quant à un risque de dérives pouvant survenir après le lancement de l’ECO, allusion faite aux troubles sociaux des évènements de 1989 entre le Sénégal et la Mauritanie avec des morts dans les deux camps, des rapatriements réciproques de part et d’autre. Il n’est d’aucun doute qu’une information sans formation est une desinformation. Des étrangers vivent en grand nombre sur le sol sénégalais regardent avec une loupe de peur ce qui va se passer si la création de l’ECO est source de confusion car il y a des pauvres et analphabètes qui sont aussi des acteurs économiques
Au moment du lancement de l’ECO, il y a sûrement un rush pour s’approprier cette nouvelle devise, une aubaine pour certains là où d’autres vont nourrir un doute comme ce fut le cas lors des changements des signes monétaires. C’est là tout l’intérêt des mesures d’accompagnements pour maitriser toute tentative de dérapage pouvant occasionner des expropriations ou simplement vols ou destructions de biens d’autrui.

IV PROBLEMATIQUE LIEE A LA CONDUITE DE LA POLITIQUE MONETAIRE      

L’objectif assigné à la Banque Centrale étant la maitrise de l’inflation, il importe de revenir sur les objectifs principaux de cette institution. En tant que composante de la politique économique sous ses aspects multiples, la politique monétaire devait assurer ou favoriser la croissance économique à bien des égards, c’est-à-dire le maintien du plein emploi et assurer également la stabilité de la valeur de la monnaie ainsi que les comptes extérieurs.
De nos jours beaucoup de théoriciens s’accordent de dire que le rôle essentiel des Banques Centrales ou bien l’objectif de la politique monétaire devrait se résumer à la réalisation de la stabilité des prix.
Le contexte stagflationniste consécutif au premier choc pétrolier et l’influence des arguments monétaristes feront que les Banques Centrales acceptent en effet l’idée selon laquelle l’objectif de plein emploi qui est largement dépendant d’une stratégie d’aisance monétaire était incompatible avec un objectif de stabilité des prix qui requiert une cure durable d’austérité.
Déjà, au cours des années 80, les pays membres du G 7 d’alors (groupe comportant les sept pays les plus industrialisés, à savoir les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et le Canada) attribuèrent à la politique monétaire le seul objectif de stabilité des prix.
Quand un gouvernement décide seul sa politique monétaire, à cette fin deux formes de politiques peuvent être conduites : une politique dite discrétionnaire ou bien une politique dite de règle.
Dans le premier cas de figure, chaque mesure qu’elle aura à prendre sera adaptée à la situation présente. Dans le second cas de figure, une autorité monétaire va décider d’une règle d’intervention invariante dans le temps et indépendante de sa volonté. Mais, cette dernière est connue par les autres agents économiques et ils vont donc choisir leurs actions en tenant compte de cette règle.
Par ailleurs, le problème de choix entre ces deux optiques peut être abordée sous forme de modèles, mais nous nous bornerons à son exposé car dans tous les modèles théoriques le choix de politique monétaire s’effectue dans le cadre du dilemme inflation-chômage notamment sur la base de la courbe de Philips avec anticipations rationnelles.
Aussi, Keynes dont les idées vont être par la suite reprises et défendues par les postkeynésiens, considérait une politique de type discrétionnaire avec comme argument sous-tendant une telle position que l’interventionnisme était le bienvenu pour conférer à l’Etat le pouvoir discrétionnaire de corriger et réguler l’activité économique qui est dépendante des turbulences conjoncturelles.
A l’opposé, les monétaristes, sous la bannière de Milton FRIEDMAN défendaient un comportement macroéconomique de l’Etat fonde sur la notion de règle[1] .
S’agissant de cette dernière, quand un gouvernement à la latitude pour s’y engager, il peut alors soutenir le taux d’inflation que l’on peut qualifier de « socialement optimal », un tel taux est déterminé par la relation de Philips.
Cependant, s’il n’est pas crédible auprès des autres agents économiques, ceux-ci ont déjà anticipé un taux diffèrent auquel il aura intérêt à s’adapter. De ce fait si l’on suppose que les contrats salariaux sont négociés en termes nominaux une période à l’avance et qu’au moment où ils sont signes les salaries négocient le salaire en tenant compte de leurs anticipations d’inflation pour le futur, le gouvernement va chercher à réduire le chômage sans relancer pour autant l’inflation.
Les agents économiques privés ont un objectif d’emploi différent de celui du gouvernement. En début de période, le gouvernement va annoncer un niveau d’inflation. A partir de cette annonce les agents forment leurs anticipations de prix et déterminent le niveau de leurs revendications salariales. L’équilibre économique va aussi dépendre de la politique annoncée.
Mais une fois que les salaires sont négociés, le gouvernement dont les objectifs peuvent être  différent souvent de ceux des agents privés n’a plus intérêt à se conformer ou respecter ses engagements.
Ainsi, en réalisant une inflation supérieure à celle qui a été annoncée, le gouvernement permet une relance de l’activité économique et fait baisser par la même le taux de chômage.
Cependant, les agents vont revendiquer un niveau de salaire tel que le gouvernement ne sera pas incité à changer sa cible d’inflation, eu égard à l’anticipation de cette déviation du gouvernement sans effet sur le chômage. On s’écarte ainsi de l’objectif poursuivi par le gouvernement, d’où le caractère non soutenable de l’équilibre.
Alors que dans une optique de règle, il convient en matière monétaire de la conférer à la Banque Centrale qui ne doit plus en bouger, position défendue par les monétaristes, les politiques relevant de l’optique discrétionnaire sont celles soumises aux seules influences conjoncturelles
Les critiques souvent adressées aux défenseurs des politiques discrétionnaires que sont  les keynésiens s’articulent entre autres sur le fait que les dites politiques ont un biais inflationniste et une fois leurs échecs consommés par les agents économiques sur une période, le manque de confiance qui va en découler va aller de paire avec la disparition de la crédibilité du gouvernement ou de l’autorité monétaire qui a en tutelle la mise en œuvre de la politique.
Pour mettre en exergue le biais inflationniste, SVENSSON[2] suggère de faire comme choix une cible d’inflation permettant d’atteindre le taux de chômage dit socialement optimal. La Banque Centrale va donc minimiser l’écart de l’inflation objectif qu’elle doit confronter à une cible d’inflation.
Cet exercice de la Banque Centrale aura pour corollaire la crédibilité de cette institution qui va dépendre en fin de compte de l’arbitrage affiché entre la volonté de lissage des fluctuations conjoncturelles de l’activité économique, donc du niveau de chômage pour limiter le coût social.
En effet, la stabilité des prix produit un climat de confiance qui permet aux agents économiques, ménages et entreprises de fonder leurs actions, leurs plans d’épargne, de consommation et d’investissement en gardant l’idée qu’ils ne vont pas se fausser. D’aucuns qualifient même l’inflation d’impôt sur la valeur ajoutée.
Cependant, demeure entière la question de savoir dans quelles conditions les banques vont-elles réaliser la stabilité des prix à moyen terme. Autrement dit quel taux d’inflation vont-elles viser ?

Deux thèses vont s’affronter sur ce sujet.

Pour la première, cette thèse soutient l’idée qu’il est difficile d’avoir une inflation positive sans qu’il n’y ait accélération de l’inflation.
La deuxième défendra l’idée que la Banque Centrale doit chercher à situer l’inflation à un niveau relativement bas. Dans la mesure où le marché s’attend à ce que les autorités ne la laissent pas franchir ce seuil, les anticipations inflationnistes auront tendance à s’aligner à ce niveau. La plupart des Banques Centrales suivent cette démarche. https://www.financialafrik.com/

[1] H. KEMPF « règle et discrétion) » Dans Analyse macroeconomique Tome 2 Sous la direction J-O HAIRAULT
I[2] L.SVENSSON « Optimal Inflation Targets » , conservative central bank and linear inflation contracts , mimeo , Institute for International Economic Studies,  stocholm University
[1] M .OBSTFELD, ‘Destabilizing effects of exchange rate escape clauses’’
[1] J.RUEFF ‘ La reforme du système monétaire international ’Plon, Paris , 1973 , p14.

La Chronique de Adama Gaye*Afrique: la gifle chinoise

Xi Jinping, le President Chinois, a douché les derniers espoirs des dirigeants africains qui comptaient sur lui pour une annulation de leur dette publique. Comme je l’avais dit sur Rfi, voici deux mois, quand j’étais son invité Afrique, dans la très suivie émission de Christophe Boisbouvier, la Chine n’a donc pas joué aux grands seigneurs en organisant, il y a trois jours, un sommet en vidéoconférence avec les pays africains qui a mis son chef d’état, XI Jinping, avec ceux du continent.

Non-événement

La moisson fut modeste, voire décevante, pour les dirigeants africains qui rêvaient d’une générosité du dirigeant chinois face aux effets dévastateurs de la pandémie de la Covid19 sur leurs économies et sociétés. “Rien à signaler”, disent les experts. “Ce fut un non-évènement”. Ce qui le prouve, c’est que les initiatives qui y furent annoncées par XI Jinping étaient principalement des projets déjà connus. Parmi ceux-ci, on peut citer la construction d’un centre pour le contrôle des maladies en Afrique (CDC), à l’image de celui qu’elle a réalisé pour abriter le siège de l’Union Africaine.
Le Sommet a aussi remis au goût du jour les vieilles méthodes d’annulation des prêts chinois à taux zéro arrivant à maturation en 2020. C’est une pratique courante des autorités chinoises mais en l’occurrence les montants en jeu ne représentent qu’une banale fraction des crédits totaux octroyés par la Chine à l’Afrique. On notera que Pékin maintient ses exigences de garanties souveraines en échange de ses prêts. Cela veut dire qu’elle se donne le droit en cas de défaut de paiement, comme elle l’a fait dans certains pays asiatiques, de jeter son dévolu sur des actifs souverains de ses débiteurs africains, notamment leurs ports, aéroports, mines ou réseaux de chemin de fer.
En clair, derrière son discours doux, la Chine reste un dur à cuir, cynique et sans états d’âme quand il s’agit de protéger ses intérêts sur le continent. À la différence de ses interlocuteurs sur place, de vrais enfants de chœur, toujours enivrés par la rhétorique “grand-frériste” qu’il leur tient pour mieux les endormir. Le sommet virtuel qu’elle a organisé en fut un prototype. Déçu de ses résultats, un sinologue estime qu’il ne fut notable, à maints égards, que pour ce qui n’y a pas été dit. C’est ainsi qu’il n’a pas acté de gel à blanc du repayment de la dette au delà de ce qui a déjà été proposé par le G20 (gel temporaire du service de la dette jusqu’à la fin de l’année, sans annulation du stock -le principal- de la dette publique revendiquée par des acteurs comme l’un des promoteurs de cette conférence, le sénégalais Macky Sall).
Bien que Xi Jinping soit favorable à un prolongement du gel sur le repayment de la dette, force est d’observer que cette posture est simplement destinée à amuser la galerie. Elle est pour la façade. Autrement dit, elle n’est rien par rapport aux attentes clamées urbi et orbi par les dirigeants africains. Surtout si on y greffe l’autre grand revers qu’ils ont subi de la part de Pékin: la Chine n’a pas cédé à leur rêve d’obtenir de sa part un soutien financier de stimulation pour affronter la crise. Le plongeon des investissements directs étrangers n’était pas non plus sur la table des pourparlers.
Or, selon la Conférence des nations unies pour le commerce et les investissements (Cnuced), ces flux d’investissements vont se rétrécir de 40 pour cent dans certains pays du continent. On ne peut trouver meilleure preuve que celle-là pour souligner la gravité des menaces d’étranglement des économies africaines qui se profilent. Cobus Van Staden, expert dans les relations sino-africaines, va donc plus loin pour conforter ce que j’expliquais sur Rfi. Il note que la modeste réaction de la Chine, par comparaison à ses annonces de financements lors de précédents sommets du forum de coopération Chine-Afrique (Focac), est la nouvelle normalité dans leurs rapports.

Marge

Tous les China-watchers, qui auscultent de près son état savent que Pékin n’a plus de grande marge de manœuvre pour être généreuse envers le continent africain. Ils savent que la Chine est frappée d’une anémie économique intérieure, avec le tassement de ses réserves en devises, la baisse drastique de son taux de croissance économique tandis que la demande mondiale dont elle dépend pour ses exportations est en berne. Il lui faut aussi faire face à ses tourments dans certaines de ses régions, notamment celles rebelles du Xinjiang et du Tibet, où des minorités locales sont persécutées, en plus de gérer ses tensions dans la mer méridionale, sans oublier ses rivalités avec l’alter-ego asiatique, l’Inde, et l’ennemie planétaire qu’est l’Amérique.

Conclusion:

malgré le triomphalisme rhétorique des participants africains à ce sommet virtuel, comme SALL, le silence de la majorité d’entre-eux est la confirmation de son échec. En résumé, ce sommet virtuel Chine-Afrique est un autre coup dur, fatal, au rêve éveillé des promoteurs africains d’une aléatoire annulation de la dette publique du continent. Manifestement, prétexter de la pandémie de la Covid19 pour mendier une telle mesure n’a donc pas été assez pour délier les bourses étrangères. Celles de la Chine est restée fermée… Qui peut s’en étonner quand on sait que l’Afrique est dirigée par des amateurs. Sans compter les petitesses qui alimentent les combats égocentriques entre ceux qu’elle a commis l’erreur de désigner comme négociateurs pour l’annulation de sa dette publique. La bande à Tidjane Thiam, constituée de 5 membres, chargée de cette mission, fait face à l’activisme débordant d’une Vera Songwe, la camerounaise, amie des dictateurs comme Aziz ou Macky, qui se bouscule pour parler à leur place en tant que responsable économie de l’ONU pour le continent.
De vrais chiffonniers et affairistes jouant à la défense des intérêts financiers du continent quand il ne s’agit que de promouvoir leurs carrières (qu’ils tentent de promouvoir en posant des candidatures intempestives à des postes, comme le fait Ngozi Okonjo-Iweala, soudainement rivée vers le poste de directeur général de l’organisation mondiale du commerce (OMC). On soupçonne aussi ces supposés fantastique négociateurs de nourrir des rêves de deals avec les banques d’affaires auxquelles ils sont liés… Triste. Le constat se passe de commentaires. Au milieu de la crise, ces farceurs se battent. Tant pis pour le continent. Les chinois eux ont donné une gifle magistrale, en disant aux dirigeants africains: “ne comptez pas sur nous !”. Ces derniers ont, eux, préféré mentir en faisant croire que tout s’est bien passé. C’est oublier que la techtonique remet les pendules à l’heure en temps réel. Hun hao, tres bien, dit-on en mandarin. https://www.financialafrik.com/
Adama Gaye est journaliste, auteur de Chine-Afrique: le dragon et l’autruche (éd L’harmattan, Paris, 2005).

Covid-19,sous-industrialisation et système sanitaire fragile en Afrique : Remède par la Dette ou Nécessité à Rebâtir un Modèle Économique résilient Par Dr Thierno THIOUNE

-Covid19, sous-industrialisation et système sanitaire fragile en Afrique
Penser à surmonter de manière rapide la crise de la Covid19 serait un acte de foi pour l’Afrique malgré qu’elle soit pour le moment le continent le moins touché grâce vraisemblablement à l’atout de la jeunesse de sa population dont 60 % ont moins de 25 ans. Les perspectives mondiales sont très incertaines. La Banque Mondiale dresse un tableau sombre des perspectives en 2020 pour l’Afrique. Dans un de ses récents rapports, elle a montré clairement que la crise de la Covid-19 risque de provoquer une crise alimentaire en Afrique. Elle estime que la contraction de la production agricole risquerait d’atteindre entre 2,6 % dans le scénario optimiste et jusqu’à 7 % en cas de blocages commerciaux du fait que les pays se sont repliés sur eux en fermant leur frontière provoquant un fort recul des importations de denrées alimentaires de 13 à 25 %. L’OCDE est formel, le virus du Coronavirus, même mondial, rencontre des réalités locales qui ne sont que propres à l’Afrique de l’Ouest.
Par exemple, comment en Afrique de l’Ouest on pourrait se protéger contre la Covid19 si on a un accès limité aux installations de base pour le lavage des mains ? Dans une telle région oùla plupart des populations habitent une agglomération urbaine très dense, que faire pour respecter la distanciation sociale ?Que se passe-t-il quand confinement rime avec perte des revenus et des moyens de subsistance ?
Pour sa part, la BAD en mettant en place le projet d’appui en faveur des pays membres du G5 Sahel pour la lutte contre la Pandémie à Coronavirus anticipe sur les difficultés de ces pays en pareil contexte de pourvoir faire face à la fois à l’enjeu sécuritaire et épidémique.
Dès lors, une quelconque relance se fera ou ne se fera pas sans véritablement penser à l’industrialisation (entendez par là « industrialisation agricole », « industrialisation médicale »…) du continent. Aujourd’hui, le PIB industriel demeure très faible dans toute l’Afrique. C’est un réel indicateur de la sous-industrialisation du continent qui ne laisse apparaitre qu’une classe moyenne africaine encore faible comptant 150 millions d’individus en 2018, un chiffre qui devrait bondir à 210 millions d’ici à fin 2020 et 490 millions en 2040 sur une population estimée à 2 milliards d’individus à l’horizon 2050.
A côté de la plupart des systèmes sanitaires des pays du continent demeurant vulnérables et fragiles, tout cela laisse à croire que beaucoup de facteursseraient susceptibles de contrarier les mesures d’endiguement et d’atténuation mises en place, pour une relance ou une reprise économique envisageable.
Au Sénégal, par exemple, où est notée une densité de médecins de 0,7 pour 10 000 habitants et plus d’un tiers des habitants de l’Afrique de l’Ouestn’ont pas d’installation pour se laver les mains chez eux, il ne serait pas ubuesque de penser que la tâche reste titanesque dès lors qu’il s’agira de juguler à la fois les réponses budgétairesintégrant les interventions de protection sociale nécessaire destinées aux ménages et au secteur informel d’une part et d’autre part bâtir et redynamiser à la fois un système sanitaire viable concomitamment à la capacité à mobiliser les ressources nécessaires au financement des programmes de relance seul gage à semer les graines pour une reprise et pour rendre nos économies plus résilientes.
-Annulation ou reportde la dette :possible juridiquement, nécessaire économiquement ?
Très probablement, on pourrait répondre par l’affirmative au regard des différentes initiatives notées depuis l’apparition de la Covid19. On se rappelle encore de l’appel du Président de la république Macky SALL pour l’annulation de la dette publique africaine qui avait suscité un écho favorable avec l’invite du Pape François pour une réduction ou annulation de la dette qui pèse sur les budgets des pays les plus pauvres
Par la suite le Sénégal a participé à l’Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) qui s’est matérialisée par la suspension du paiement du principal et des intérêts dus à l’ensemble des créanciers du secteur bilatéral officiel jusqu’au 31 décembre 2020 pour un montant de 90,57 milliards de francs CFA (137 millions d’euros), soit 13,51% du service de la dette extérieure dû en 2020.Au fond, c’est véritablement un mixte de décisions (une dose d’allégement, une dose d’annulation et une dose d’accompagnement de financement concessionnel des institutions financières) qu’il faudrait concevoir.Le processus est enclenché. Déjà les institutions financières africaines proposent des réponses assez ambitieuses. La BAD met en place une obligation sociale « Combattre la Covid19 » de 3 milliards USD et une facilité de réponse à la Covid-19 de 10 milliards USD.La BCEAOappuie (même si elle peut être jugée de timorée) les établissements de crédit et des entreprises pour les aider à faire face à l’épidémie.La BOAD accorde 120 milliards FCFA de prêts concessionnels pour financer des mesures d’urgence dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire.
Suite à la proposition faite au G20 d’accorder un financement d’urgence de 150 milliards USD au continent, les ministres africains des Finances ont coordonné un appel à une relance économique immédiate à hauteur de 100 milliards USD. Le FMI a approuvé un allégement immédiat de la dette de 25 pays pauvres au cours des 6 prochains mois. Parmi ces pays, 11 se trouvent en Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Sierra Leone, Tchad et Togo.
C’est dire que même si CesarCalderon, économiste principal à la Banque mondiale, estime que « les mesures immédiates sont importantes, mais seul un allégement de dette permettra d’injecter les ressources indispensables pour lutter contre la pandémie et préserver la stabilité macroéconomique de la région », pour ma part il est vital, et j’en suis convaincu, pour le financement des projets ambitieux de développement d’aller plus loin, c’est à dire, penser à une annulation pure et simple ne serait-ce qu’une partie d’une certaine dette dite multilatérale et/ou bilatérale.
-De l’opportunité de la mise en place de la zone de libre-échange (ZLECAf).
Elle peut l’être. En réalité pour faire de la ZLECAf (Zone de Libre Echange Continentale Africaine) un pari gagnant-gagnant pour tous les pays de la CEDEAO, de L’UEMOA et pour le Sénégal, certains préalables assez importants s’imposent. Ils passent notamment au renforcement des capacités productives, à l’amélioration des infrastructures liées au commerce, à l’accessibilité au financement du commerce pour une facilitation des échanges.
Véritablement, la mise en œuvre de la ZLECAf offre une opportunité de diversification économique par le biais de la création de chaînes de valeur régionale intégrées, ainsi que du démantèlement des barrières tarifaires et non tarifaires. De ce point de vue c’est sans nul doute que la ZLECAF constitue une véritable opportunité au sens que les secteurs d’activités (l’agriculture, l’élevage, les industries alimentaires, les industries extractives, chimiques, de tabac…) mais également le pouvoir d’achat des ménages connaitront une amélioration notoire.C’est dire que la ZLECAf est aujourd’hui plus pertinente que jamais. Elle a le potentiel de stimuler le commerce intra-africain, de promouvoir une intégration régionale plus forte et, à terme, des économies plus résilientes face à une récession mondiale. Dans cette perspective de l’après Covid19, la ZLECAf pourrait servir d’amortisseur efficace à la crise selon Mayaki ; cette pandémie serait alors l’occasion d’accélérer encore l’intégration à travers le continent.
-Nécessité de rebâtir un modèle économique résilient.
Ce virus fera plus de mal à l’économie que la santé. Je suis formel. L’ADN de l’économie des pays africains c’est l’informel. En Afrique de l’Ouest, l’informalité est une réalité au vu de son poids. Ce sont pour la plupart des économies qui se caractérisent par un sous-emploi, l’insuffisance de la demande effective. De ce point de vue, toutes mesures de confinement (partiel, mobil, total…) se transforment très rapidement en confinement des revenus et un tarissement des ressources. En réalité, elles (ces économies) sont victimes de cercle vicieux de la pauvreté (Nurske) ou sont en situation d’équilibre de la pauvreté (Galbraith) qui fait qu’il est vital alors de mettre l’économie informelle au cœur des politiques publiques à l’échelle continentale.
Pour pallier à tout cela, il urge de repenser un modèle économique de développement fondé sur des stratégies de développement que nous recommandons sur trois points ;
-des stratégies de développement à partir de trois (3) politiques d’industrialisation dite par promotion des exportations soit par substitution d’importation accompagnée d’un certain protectionnisme dans les secteurs concernés soit par substitution d’exportation basée sur le développement d’une industrie nationale ;
-la création d’entreprises publiques, la planification et l’intégration économique régionale, notamment sur le plan industriel pour remédier au problème de l’étroitesse du marché ;
-l’augmentation du degré d’industrialisation de l’agriculture ; un véritable programme de développement agricole afin de remédier à la priorité accordée à l’industrie (lourde) considérée comme activité novatrice et moteur de développement au détriment de l’agriculture considérée comme dynamique passant par l’accroissement de la productivité, les réformes agraires, le développement rural….
Somme toute, le grand exercice à réussir et sur lequel est attendu les grands leaders de ce continent subsiste dans le choix d’un développement autocentré ou d’un développement extraverti dès lors que nous savons qu’il s’agit aujourd’hui d’une désarticulation de nos économies et que nous savons également que la croissance du secteur moderne ne se propage pas au secteur traditionnel.Dr Thierno THIOUNE,Maître de Conférences Titulaire en Economie à l’UCAD,Directeur des Etudes du CREFDES,Membre du comité scientifique du LARED

la BAD maintient sa note triple A

https://www.financialafrik.com/L’Agence Standard and Poor’s a décidé aujourd’hui, 19 juin 2020, de maintenir la note triple A de la Banque Africaine de Développement (BAD). La perspective attachée à la note (crédit d’émetteur à long et à court terme «AAA / A-1 +») reste stable. Cette revue intervient après une réévaluation opérée par S&P qui a pris en compte la crise des lanceurs d’alerte et la décision du bureau du conseil des gouverneurs “dispensant le président de tout acte répréhensible et autorisant un examen indépendant du rapport, ce qui est conforme aux hypothèses de notre évaluation actuelle de la gouvernance et de la gestion de l’institution”.
Le 4 juin 2020, le bureau des conseils des gouverneurs de la BAD a examiné les allégations récentes contre le président Akinwumi Adesina. Le bureau a souscrit aux conclusions du comité d’éthique des conseils d’administration qui a exonéré le président de tout acte répréhensible, bien qu’il autorise un examen indépendant du rapport compte tenu des opinions divergentes des gouverneurs, rappelle S&P. “Nous pensons que, conformément à nos attentes, cette question est traitée de manière appropriée par les voies institutionnelles appropriées. Nous supposons dans les notations que la structure et la composition de l’actionnariat, avec 59% des actions avec droit de vote provenant des membres régionaux, sont potentiellement vulnérables au risque d’agence, ce qui signifie que les intérêts des membres emprunteurs pourraient différer de ceux des créanciers”, lit-on dans la note.
L’agence estime que le soutien des actionnaires demeure solide, quel que soit le résultat de l’examen indépendant. La BAD jouera un rôle clé en soutenant la région, en particulier dans le contexte de COVID-19. L’institution a approuvé un plan de secours allant jusqu’à 10 milliards de dollars pour 2020, dont 6,9 milliards de dollars financés par elle même et le reste via son guichet de prêts concessionnels. Ce programme de secours représente en grande partie une réorientation des prêts existants, ce qui soutiendra sa position de capital.
En décembre 2019, le ratio de fonds propres ajustés au risque (RAC) de la BAD était de 19%. “Nous intégrons un soutien extraordinaire sous forme de capital appelable – des actionnaires hautement notés de la banque («AA +» et «AAA») – à la notation de la BAD. Cela fournit une augmentation significative de notre ratio RAC et atténue l’impact sur le profil de risque financier suite à une détérioration potentielle de l’adéquation des fonds propres de la BAD”, indique S&P qui est avec Moody’s et Fitch les trois agences qui notent la BAD.
Les perspectives stables reflètent l’espoir de S&P qu’au cours des deux prochaines années, la BAD gérera prudemment son capital tout en maintenant des niveaux solides d’actifs de liquidité de haute qualité et un financement solide. S&P s’attend à ce que les actionnaires continueront de soutenir en fournissant des paiements en capital en temps opportun.
La banque continuera à bénéficier de crédits de traitement privilégiés (PCT) et à gérera prudemment la croissance des prêts au secteur privé dans le cadre de son mandat. “Nous supposons également que le soutien extraordinaire des actionnaires à la banque restera inchangé”, précise encore l’agence. Et de préciser: “Nous pourrions abaisser nos notations si nous observons des signes d’affaiblissement du PCT de la part des membres emprunteurs, ou s’il y a des retards importants de la part des actionnaires dans le versement du capital, ce qui pourrait limiter la capacité de la BAD à s’acquitter de son mandat de politique publique. Nous pourrions également abaisser les notes si l’adéquation des fonds propres et les ratios de liquidité se détériorent à mesure que la banque poursuit des expositions sur le secteur privé ou sur des créances souveraines moins solvables, ou si nous estimons que les contrôles internes sont inefficaces”. Adama WADE

 Financement programmes et projets structurants: La CDC et le Groupe chinois TBEA signent un protocole d’entente (MOU)

https://www.seneweb.com/Le Directeur Général de la Caisse des Dépôts et Consignations, Cheikh Ahmed Tidiane Ba et Ren Hang, représentant Afrique du Groupe chinois TBEA, ont procédé, ce mardi 16 juin 2020 à la signature d’un protocole d’entente (MOU) pour le financement et le développement de programmes et projets structurants développés par la CDC. Une initiative qui rentre dans le cadre du Partenariat Public-Privé pour le financement des projets structurants de l’Etat du Sénégal.
D’importants projets en cours de développement ou en phase d’étude au niveau de la CDC sont visés par cet accord, notamment dans les secteurs de l’immobilier, de la santé et de l’énergie.
Selon la convention signée, le groupe TBEA basé à Beijing qui a une ligne de financement de plus de dix (10) milliards de dollars en Afrique va mettre à la disposition de la CDC, les ressources nécessaires pour la finalisation de quelques projets déjà entamés, mais aussi pour le développement de nouveaux projets, renseigne un communiqué de presse reçu.
Pour rappel, le Groupe TBEA, créé en 1988, gère des affaires dans plus de 70 pays dans le monde, y compris en Afrique et il a plus de 20 000 employés en Chine et environ 1800 à l’étranger. TBEA intervient dans plusieurs domaines, entre autres : l’industrie de la nouvelle énergie, l’immobilier et dans des projets de transmission et de transformation d’électricité. Le groupe TBEA est côté à la Bourse de Shanghai Stock Exchange.

La Banque mondiale octroie un appui additionnel de 100 millions de dollars au Sénégal

https://www.lejecos.com/Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé mardi un financement de l’Association internationale de développement (Ida) d’un montant de 100 millions de dollars (plus de 60 milliards de FCfa)– réparti également en don et en crédit – pour aider le gouvernement du Sénégal à faire face à l’impact social et économique de la pandémie de la Covid 19 et à améliorer l’accès aux services pour les populations les plus vulnérables.
Selon un communiqué de presse publié ce 19 juin, ce financement vient en appui des ressources
budgétaires de l’Etat qui doivent couvrir le financement des mesures anticrise. Il s’agit de 30 milliards 174 millions de FCF (50 millions de dollars) en don ; 30 milliards 174 millions (50 millions de dollars) en crédit concessionnel Ida. Soit au total 100 millions de dollars (60 milliards 348 millions de FCFA). Selon la même source, le montant global sera versé en une seule tranche.
«Le gouvernement du Sénégal a pris des mesures importantes pour contenir la pandémie et atténuer son impact socio-économique, il doit cependant faire face à des contraintes financières exceptionnelles. En effet, en plus des mesures sanitaires, le Sénégal met en œuvre le Programme de résilience économique et social (Pres).  Par ce financement, nous aidons le Sénégal à préparer son redressement post-Covid.
L’objectif est de sauvegarder les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables, qui ont le plus souffert de la pandémie, et de promouvoir les opportunités par un meilleur accès à l’électricité et aux services offerts par les technologies de l’information et de la communication »,  a indiqué  Nathan Belete, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal.
«Une fois la crise passée, la croissance devrait se redresser progressivement grâce à un retour en force de la consommation privée et à une croissance rapide des investissements. Le gouvernement s’est engagé à respecter l’objectif de déficit budgétaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et à mettre en œuvre la stratégie à moyen terme pour accroître ses recettes fiscales et rationaliser ses dépenses », a ajouté Markus Kitzmuller, économiste-pays principal et responsable du projet au sein de la Banque mondiale.Adou FAYE

L’UNACOIS Yessal Pilonne Le Ministre Abdou Karim SALL,«Un Fou Qui Veut Tuer L’économie»

http://www.walf-groupe.com/Les commerçants membres de l’Unacois Yessal sont très remontés contre le ministre de l’Environnement et du développement durable. Ils reprochent à Abdou Karim Sall d’avoir saisi de tonnes de sachets plastiques et d’avoir refusé de prendre des mesures d’accompagnement pour atténuer les effets de la loi sur le plastique.
En conférence de presse, hier, Cheikhou Cissé, Président de l’Unacois Yessal, l’a traité de «fou qui veut tuer l’économie». Ces commerçants dénoncent les saisies des sachets plastiques déjà dédouanés et exigent l’arrêt des opérations de saisi et la restitution des produits déjà saisis. Ils sollicitent, en outre, l’intervention personnelle du Président Macky Sall pour la résolution de cet «épineux» dossier.
«Après les dégâts provoqués par la pandémie, il serait anormal de saisir des produits de cette valeur, déjà importés et dédouanés, donc autorisés par l’Etat du Sénégal, au moment où l’on nous parle de résilience et de relance de notre économie », regrette Cheikhou Cissé. Justement, s’agissant du programme de relance économique, l’Unacois Yessal critique les conditions imposées par l’Etat pour bénéficier du fonds Force Covid d’un montant de 200 milliards de francs Cfa, comme par exemple, la présentation des états financiers des entreprises, le maintien par l’entreprise d’au moins cinq emplois, les cotisations sociales pour les travailleurs… «Avec ces conditionnalités, les commerçants sont de facto éliminés parce que la plupart d’entre eux baignent dans l’informel », souligne Alla Dieng, Secrétaire exécutif du syndicat. «Ils ont décidé de débloquer 200 milliards pour le secteur privé par l’intermédiaire des banques. Mais, lors de la réunion dirigée par le ministre Amadou Hott, nous lui avons fait part des préoccupations de l’économie informelle. Si on exige les états financiers des 3 dernières années, si on exige la création d’au moins 5 emplois et des cotisations sociales, là on élimine de facto certains membres de l’économie informelle», poursuit Alla Dieng qui promet de se battre pour la révision des critères imposés par l’Etat. Magib GAYE

Manif du collectif Camberene Mognu Nior: Le ministre Oumar Youm tempère

https://senego.com/Le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, a rassuré ce vendredi que les travaux de l’autoroute à hauteur de Camberene vont redémarrer en septembre prochain, au plus tard à la fin de cette année. Me El Hadji Omar Youm a également expliqué le retard par les doléances des populations qui avaient manifesté pour demander un changement dans le projet. L’incidence financière était de 7 milliards de F Cfa.
L’accord du bailleur était nécessaire.
L’autorité n’y va par quatre chemins pour justifier le blocage des travaux de l’Ageroute qui a fini par mettre les riverains de Camberene dans tous leurs états. Ceux-là qui ont décidé de descendre dans la rue demain, samedi, pour se faire entendre. “Le retard est dû à des manifestations. En pleine exécution des travaux, les populations s’étaient soulevées. Sur la base de ça avec tout cela comporte comme manifestation, incendie, des bus de Dakar Dem Dikk ont été caillassés. Le président de la République avait demandé qu’on arrêté les travaux pour convoquer l’Ageroute et l’entreprise sur la base des contestations qui ont été émises par les populations“, a détaillé Me Youm.
Arbitrage du chef de l’Etat
Le président de la République, Macky Sall, avait décidé de donner raison aux populations afin que l’ouvrage qui devait être édifié soit modifié. “Ça a été fait et sur la base de cet arbitrage qui nous a coûté 7 milliards de F Cfa et un temps d’arrêt parce que c’est un ouvrage qui est financé par la Banque Islamique de développement, un  partenaire que nous respectons. Nous ne pouvons pas procéder à des modifications surtout que ces modifications vont se rajouter à l’enveloppe qui était financée. Donc, nous ne pouvions pas engagé de travaux sans se mettre d’accord avec la banque islamique“, a ajouté le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement.
Accord
Me Oumar Youm estime par ailleurs, qu’ils sont à “moins de deux mois du début des travaux” parce qu’étant d’accord sur le montant ainsi que les modifications à apporter. “Nous attendons d’un moment à l’autre; l’avis de la Banque islamique pour pouvoir délivrer l’ordre de service à l’entreprise et reprendre les travaux que nous estimons peut-être faire septembre au plus tard“, a-t-il conclu.

PRESERVATION DU LITTORAL: SOS Littoral pour un audit

http://www.sudonline.sn/C’est à travers un reboisement sur le périmètre de la Mosquée de la Divinité que Sos Littoral a lancé hier, vendredi 19 juin, la «Grande Marche du Littoral» dans la cadre de sa préservation. A cette occasion, les défenseurs du littoral ont exhorté les autorités à faire un audit de la bande foncière du littoral
Sos Littoral est plus que jamais déterminé à gagner son combat contre le bradage du littoral qu’il a engagé depuis 2008. En ce sens, le collectif réclame de l’Etat un audit du foncier du littoral pour ensuite engager son aménagement. Il l’a fait savoir hier, vendredi 19 juin, à l’occasion du lancement du concept de la «Grande Marche du Littoral» aux abords de la Mosquée de la Divinité, à Ouakam.
«Nous voulons que l’Etat aille vers un audit du littoral. Nous voulons savoir qui a fait quoi ? Comment il l’a fait ? Quand il l’a fait ? Avec qui il l’a fait ? Et pourquoi il l’a fait ? Et, à partir de là, nous pouvons vraiment avoir un projet fiable au bénéfice des populations», a déclaré le président de Sos Littoral, Omar Diagne. Mieux, dit-il, «il faut que la richesse de ce pays soit répartie équitablement et c’est pour cette raison que nous conceptualisons la Grande Marche pour donner un message fort aux populations et aux autorités que nous n’arrêterions jamais le plaidoyer tant que nous n’avons pas confiance à nos autorités».
Pour Omar Diagne, il faut des «citoyens avertis» pour dénoncer le bradage du littoral. «On sait que le mètre-carré du littoral à Dakar côute 1 million jusqu’à 1 million 800 mille. Ça veut dire que des fonctionnaires à une forte majorité profitent de l’Etat et commettent le délit d’initié au détriment du peuple sénégalais. Or, le domaine public maritime est protégé».
Toutefois, relèvera t-il, «le président de la République a le droit de déclassifier mais n’a pas le droit d’utiliser un excès de pouvoir». Il faut dire que lancement de la Grande Marche du Littoral a été marqué par le reboisement sur le périmètre de la Mosquée de la Divinité. «Nous avons choisi ce site parce qu’il est mythique pour nous. Les zones les plus préservées sur le littoral de Dakar sont les zones sacrées. Donc, c’est pour montrer que ces genres d’infrastructures peuvent être sur le littoral. Par contre, l’Etat doit enlever les constructions à vocation privée», a laissé entendre M. Diagne. Non sans souligner que l’opération se poursuivra partout au Sénégal.

DECLASSEMENT FORET MBAO: La commune oppose un non catégorique

http://www.enqueteplus.com/Les populations de Mbao disent non au déclassement de leur forêt. Au-delà des impacts environnementaux et économiques, elles soupçonnent des intentions inavouées.
Le 24 janvier 2019, le président Macky Sall, lors de l’inauguration de la mosquée de Pikine, avait promis à la population de lui trouver un local pour l’extension de son cimetière. Et il se trouve que c’est la forêt classée de Mbao qui a été choisie pour la cause. Un fait que les habitants de la commune refusent ‘’catégoriquement’’. ‘’Vu le contexte dans lequel nous sommes, Mbao pleure parce qu’elle est agressée de toutes parts. Aujourd’hui nous avons eu écho que sur la table du président, il y a une demande portant sur le déclassement de la forêt classée pour le maire de la ville de Pikine Abdoulaye Thimbo.
Et cela avec, dit-on, l’accord du ministre de l’Environnement. Il demande qu’on lui octroie 10 ha de la forêt. Quelles que soient les motivations et les faux prétextes, nous disons non, parce qu’aujourd’hui, le Sénégal a ratifié tellement de conventions relatives à l’environnement que nous ne pouvons pas comprendre qu’au moment où le monde pleure des forêts qui partent en fumée, où on parle de changements climatiques, on vient nous parler de déclassement de la forêt de Mbao pour usage de cimetière. Nous disons niet’’, déclare Claude Coly, membre de la Plateforme pour le développement durable de Mbao.
Ses camarades et lui pensent que la construction d’un cimetière n’est qu’un prétexte pour utiliser cet espace à d’autres fins. D’autant plus, selon eux, qu’un espace de cinq hectares est disponible à Pikine dont l’aménagement demande un montant de 400 millions de francs CFA. ‘’Quoi qu’on dise, on préfère enterrer nos parents près de chez nous. C’est d’ailleurs ce que Pikine demande. Au lieu de cela, ils visent la forêt de Mbao et on ne sait à quelle fin. Ils n’ont qu’à aller chercher ailleurs leur cimetière. Ce que nous voulons, c’est qu’on aménage notre forêt, qu’on rajeunisse les espèces qui s’y trouvent et qu’on renforce la faune. Il y a tellement d’activités économiques et culturelles à l’intérieur de cette forêt. A cela s’ajoute le marigot de Mbao. Depuis trois ans maintenant, nous sommes présents chaque dimanche pour le nettoyer et les populations reviennent verser n’importe quoi. Les autorités doivent jouer leur rôle, prendre leurs responsabilités. Il faut des mesures dissuasives en toute chose et c’est là où nous les attendons. Si elles ne peuvent pas nous appuyer, ni nous donner les moyens nécessaires, elles n’ont qu’à jouer pleinement leur rôle de sentinelle et de dissuasion à l’égard des récalcitrants’’, poursuit-il.
La plateforme se dit déterminée à barrer la route à un déclassement de ce dernier poumon vert de Dakar et demande à Macky Sall de reconsidérer le dossier. ‘’Nous interpellons le président directement et le ministre de l’Environnement à qui nous disons qu’il a rendez-vous avec l’histoire, parce qu’il habite Mbao et doit être le premier à protéger cette forêt. Le ministre de l’époque avait refusé. Nous serons fermes et catégoriques. Nous ferons face pour l’intérêt de Mbao et de tout Dakar. Nous demandons au président de revenir à de meilleurs sentiments et chercher l’intérêt des populations, plutôt que l’intérêt crypto-personnel de son entourage aux desseins inavoués. Nous ne sommes pas dans la politique politicienne, nous sommes là pour l’intérêt de la population et on ne nous entend que quand l’intérêt des populations est menacé’’, détaille Claude Coly.
La plateforme comprend plusieurs associations de la commune (l’Association pour la sauvegarde du marigot de Mbao, Idée et action pour le développement de Mbao, le Club nautique, la Cellule des étudiants ressortissant de la commune de Mbao… et différentes associations sportives). Cette jeunesse compte recenser tous les experts locaux en sciences de l’environnement, de la santé ainsi que les juristes pour réussir son combat.
Au ministère de l’Environnement et du Développement durable, on affirme que la tutelle n’a rien à voir avec cette polémique et que seul le président de la République peut déclasser une forêt.EMMANUELLA MARAME FAYE

Ibrahima Fall: «Des attributions de terres sans l’aval de la mairie à Yoff»

https://actunet.net/Sans détour, l’adjoint au maire de Yoff, Ibrahima Fall, reconnaît que cette commune à longue façade maritime est également impactée par la prédation autour du domaine public. Il rejette cependant la faute sur les services de l’Urbanisme et des Domaines qui diligentent les attributions de terres sans associer les mairies. Les conflits de compétence font le lit de l’impunité.
Décryptage.
Comment la commune de Yoff, qui dispose d’une longe façade maritime, gère-t-elle la prédation autour du domaine public ?
Vous nous offrez là une opportunité de nous exprimer et de faire le point sur cette problématique, surtout au niveau de notre façade maritime. C’est une façade qui va de Diamalaye, de la Cité Diamalaye jusqu’au Virage en allant vers Ngor. C’est quand même une façade très large qui parfois est confrontée à certaines difficultés. La plupart des occupations que nous avons sur cette façade sont des occupations à titre précaire et révocable. Ce sont des gens qui font dans la culture, les activités de plaisance ou encore la restauration qui occupent parfois la plage. Ce sont des occupations à titres précaires et révocables. Ce type d’occupations vraiment ne pose pas de problèmes. Là où nous avons des problèmes bien sûr, c’est au niveau des lotissements qui se trouvent au niveau du littoral. Heureusement que la mairie de Yoff n’a jamais fait une attribution dans le domaine du littoral. On n’a jamais fait d’attribution. D’ailleurs, nous ne participons pas aux Commissions de contrôle des opérations domaniales (Ccod) qui font les attributions, nous ne participons pas à ces Ccod. Nous n’avons jamais délibéré sur ce foncier. Le problème qui se pose vient des services de l’urbanisme et des domaines qui, en relation bien sûr avec l’autorité administrative (préfecture, sous-préfectures, Ndlr) organisent les commissions de contrôle des opérations domaniales sans la présence de l’autorité municipale. Ils font des attributions, et à partir de ces attributions les gens peuvent détenir des titres de propriété par bail ou titre foncier. À partir de ce moment, les détenteurs de titres de propriété se présentent devant l’autorité municipale pour solliciter une autorisation de construction. Le problème c’est que nous n’avons pas été associés à l’attribution des terres, et on nous demande de délivrer une autorisation de construction. La loi nous encadre, parce que la loi dit que dans les vingt-huit jours vous devez donner une autorisation de construction sur la base du titre de propriété octroyé par les services des domaines, du feu vert des services de l’urbanisme, des services du cadastre et des services du ministère de l’Environnement. C’est sur cette base qu’on nous demande d’autoriser les constructions.
Peut-on parler de conflit de compétences entre les différents démembrements de l’État ?
Si la mairie était associée au début du processus, on pourrait quand même dire notre mot, dire le mot de la population. Souvent on n’est pas associés, et à la dernière phase on nous demande de signer les autorisations de construire. La loi nous encadre, nous demande de signer sous 28 jours les autorisations. Si vous ne le faites pas, l’individu a le droit de considérer qu’il a son dossier d’autorisation et peut commencer à construire. Ou bien il peut ester en justice contre vous, ou bien l’autorité administrative peut se substituer au maire pour donner une autorisation. Voilà ce que dit la loi. L’équipe municipale dirigée par le maire Abdoulaye Sarr est en place depuis 2014, il y a eu beaucoup d’attributions qui ont été faites dans la zone sans notre aval, sans que nous ne soyons associés. Depuis 2014, on n’a jamais été associés aux attributions qui se font dans notre périmètre communal. Mais le problème, c’est qu’au bout du circuit on nous demande de produire une autorisation qui, même si on refuse, peut être délivrée par l’autorité administrative.
Est-ce que les mairies ne perdent pas, via ce procédé, le contrôle de leur foncier ?
Je pense qu’il faut revoir tout ça. Il faut revoir toute cette problématique, associer les maires lorsqu’on fait des attributions. C’est surtout cela le problème. Parce que s’il est associé au processus, le maire peut attirer l’attention des services du ministère de l’Urbanisme et des Finances sur le fait que cette zone qu’ils veulent occuper est une zone qui n’est pas habitable. Si elle était associée en amont, la mairie pourrait attirer l’attention lorsqu’il y a empiètement sur le domaine public maritime. Malheureusement, on est au bout de la chaîne, on nous demande de produire un acte de construction, et souvent les gens qui construisent brandissent l’acte de construction signé par le maire.
Le maire ne devrait-il pas refuser de délivrer des autorisations de construire sur le domaine public maritime ?
Non le maire est obligé. Si le maire ne délivre pas l’autorisation de construire au bout de 28 jours, le préfet peut se substituer et signer à sa place. D’ailleurs, les gens qui détiennent ces titres de propriété se permettent de construire 28 jours après le dépôt de la demande d’autorisation de construire et personne n’y peut rien.
Y-a-t-il des occupations illégales sur le domaine public maritime à Yoff ?
Bien sûr. Notamment dans la partie littorale de Diamalaye en allant vers la cité Djily Mbaye. Toute cette partie littorale ne devrait pas être occupée. Le principe retenu c’est qu’il ne devrait y avoir aucune construction entre Diamalaye et le littoral. Pourtant, on y a construit la cité Poste qui était dans le domaine maritime. À côté de Djily Mbaye vers la plage, il y a des constructions, il y en a vers la station d’épuration. Malgré tout, il faut retenir que lorsqu’Abdoulaye Diouf Sarr est venu au niveau de la mairie de Yoff, il a refusé de délivrer ces autorisations de construction. Depuis 2014, je pense qu’il n’y a que deux ou trois autorisations qui ont été signées. Ces autorisations n’ont même pas été signées, mais ces gens ont commencé à construire au-delà du délai de 28 jours. Qu’est-ce qu’on pouvait faire ? Depuis 2014, la mairie de Yoff a refusé de signer des autorisations à tous les gens qui ont des baux sur le littoral. Si la mairie signait systématiquement les autorisations, le littoral, surtout le littoral de Diamalaye en allant vers Djily Mbaye, allait être occupé par des promoteurs à n’en plus finir ; parce qu’il y a tellement de promoteurs qui sont dans cette zone et qui font de la spéculation.
Comment faire pour stopper l’hémorragie ?
Je pense qu’il faut exproprier toutes ces personnes qui empiètent sur le domaine public maritime, demander au président de la République d’exproprier tous ces gens, de leur trouver une alternative et de reprendre la plage, tout ce littoral, pour l’offrir à la jeunesse. Par Mohamed NDJIM
 Le foncier au Sénégal donne l’image d’un cadavre en putréfaction que des vautours prennent d’assaut pour se le partager Par Mandiaye Gaye
C’est franchement, l’image que nous donne la situation du foncier qui prévaut actuellement dans notre pays. Et les faits ne se passent pas seulement sur le littoral qui défraie en ce moment la chronique, mais c’est bien globalement sur l’ensemble des terres du Sénégal que cette pratique s’exerce. Alors, ils sont donc en train de s’accaparer d’un bien appartenant à tous les Sénégalais. Et cette minorité de privilégiés cupides parmi nous a décidé de s’en accaparer et se le partager, à partir de leur position de pouvoir ou proximité à celui-ci avec la complicité d’une administration générale corrompue de la tête aux pieds.
Et cette situation scandaleuse d’usurpation sans état d’âme, les terres du pays, nous révèle combien les pouvoirs qui se succèdent à la tête du pays particulièrement, de l’an 2000 jusqu’au jourd’hui. Incontestablement donc, ceux, qui ont gouverné le pays durant cette période, ont failli à leur impérieux devoir de préserver jalousement, quoi qu’il advienne, notre patrimoine foncier national contre toute violation. Mais, hélas !
Au contraire, les gouvernants en question ont plutôt commis délibérément leurs actes en parfaite connaissance de cause et claire conscience. Et c’est le mode opératoire clandestin qu’ils ont sciemment utilisé pour agir en cachette et dans un cercle restreint fermé à l’insu de la majorité des autres citoyens, qui le prouve. Et ce cercle est essentiellement composé de ceux qui gèrent le pouvoir, leurs proches amis, des services des impôts et des domaines, l’urbanisme et notamment, de l’Assemblée nationale, des institutions et grands corps de l’État, des marabouts et j’en passe.
Tout ce beau monde se sert amplement et allègrement du foncier soit sur le littoral soit ailleurs. Cet accaparement illégal et usurpation frauduleuse des terres du Sénégal sont l’œuvre de ceux qui ont gouverné ou gouvernent encore le pays avec leurs proches. Ces derniers ont commis leurs actes criminels ignobles contre tous les honnêtes citoyens sénégalais d’aujourd’hui et de demain.
Tous ces gens qui bénéficient, hypocritement, dans un silence d’église de tels privilèges scandaleux ont abusé de la confiance placée en eux par les citoyens. À cet égard, rien ne distingue ces gens de vulgaires apatrides qui trahissent leur patrie par cupidité.
Mais il faut que l’on essaye par exemple, de faire le bilan des attributions et multiples attributions de terrains, que les gens du pouvoir, leurs proches amis et parents ont bénéficié avec superficies souvent au-delà d’un 1 hectare depuis l’alternance, pour le montrer aux Sénégalais.
Lorsque dans le même temps d’autres citoyens peinent à obtenir pour son habitation un terrain de 150 m2 seulement. Les libéraux ont procédé à une liquidation déguisée, les sociétés la Sicap, l’Ohlm et Hamo qui s’occupaient d’habitat social. Ces sociétés ont perdu le privilège d’attribution de terrain à prix abordable et été affectées à réaliser des programmes de construction de logements de luxe loin de la portée des salariés et des Sénégalais moyens comme Keur Gor Gui. Cette liquidation a été faite au profit de certains promoteurs privés, des prête-noms, qui ne vivent que de corruption et de pots de vin de marchés truqués.
En conséquence, cela a créé une pénurie de logements sociaux et une flambée des prix du loyer. Notre pays le Sénégal, est bien connu comme celui des scandales, mais il l’est plus encore au plan foncier et immobilier. Alors ce serait intéressant d’ouvrir aux Sénégalais cette page scandaleuse que les pouvoirs successifs leur cachent jusqu’ici.
Au total, la pandémie du covid19, l’agression irresponsable du phare des Mamelles et l’accaparement continu du littoral par des charognards insatiables de terre ont permis aux Sénégalais de découvrir le sordide plan ourdi par une minorité enrichie l’on ne sait comment, pour se partager entre eux les terres du Sénégal.
Et n’eut été, la vigilance de certains citoyens et leur combat pour alerter les Sénégalais de ce que ces boulimiques de terres tramaient pour nous déposséder de nos droits d’avoir librement, accès à la mer mais aussi d’un lopin de terre pour y vivre.
Cette affaire scandaleuse et rocambolesque du foncier au Sénégal nous montre dans une large mesure que certains citoyens ignorent ou méconnaissent leurs droits, leurs devoirs ainsi que, la place centrale qui est leur au sein de la république.
Autrement dit, les citoyens sénégalais doivent bien se rappeler que ce sont eux qui détiennent la souveraineté par leurs suffrages. Et, par conséquent, tous les élus au suffrage universel de la nation, allant du conseiller des collectivités territoriales au président la République, sont leurs mandataires temporaires. Ainsi, en règle générale, les élus sont tenus régulièrement et périodiquement de rendre compte à leurs mandants comme la constitution les y oblige. Mais les citoyens faute d’appréhender correctement et convenablement leur rôle primordial en république et de mesurer leur importance se sont laissé avoir par les élus politiciens à qui le pouvoir ne leur est que confié selon la loi. C’est ainsi que les policiens une fois qu’ils sont élus au pouvoir inversent les rôles et imposent petit à petit aux citoyens qui perdent de fait leurs prérogatives de contrôleurs du pouvoir qu’ils tirent légitimement pourtant de la constitution.
Cet état de fait anachronique des pouvoirs chez nous, a bouleversé et transformé progressivement la nature de la république du Sénégal. Voilà ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est une minorité aristocratique cupide qui se succède à la tête du pays et pour qui, l’unique objectif est de s’accaparer des richesses du pays au détriment de l’écrasante majorité des Sénégalais. Il faut signaler que cette pratique antisociale est une règle générale dans les pays où les libéraux sont aux commandes, car chez eux le social n’a pas droit de cité. Oui, dans leur cupidité et esprit rotor, le fait d’asseoir une politique sociale large qui profiterait à la majorité des citoyens ainsi qu’une répartition juste et équitable des richesses nationales aux Sénégalais, leur empêche de s’enrichir rapidement. Et tous ces scandales, qui sont dévoilés actuellement sous les yeux des Sénégalais, sont une preuve palpable comme leur photographie.
Voilà pourquoi il est important que les Sénégalais reprennent leurs prérogatives citoyennes de contrôle du pouvoir. Oui, les citoyens actifs et patriotes doivent retrouver les fondamentaux de leurs droits et devoirs prescrits par la constitution.
C’est ainsi qu’ils pourront rejouer pleinement leur rôle prépondérant et indispensable de sentinelle dans la république afin de pouvoir imposer l’exercice normal du pouvoir aux élus et d’éviter que des dérives graves de la sorte ne se produisent. Il est évident qu’il s’imposera nécessairement aux Sénégalais, après ces régimes, une refondation du système politique et des institutions pour nous débarrasser de toutes tares et pratiques malfaisantes et foncièrement antisociales, car un pouvoir doit être au service des citoyens et pour l’intérêt général et non le contraire comme actuellement.
C’est grave,Président!On nous a caché la mer Par Dr Ahmed Khalifa Niasse
C’est vrai, comme le dit l’adage arabe, l’erreur d’un génie se multiplie par mille. Si votre entourage, en plus de vous cacher la réalité, vous cache vos erreurs deviennent la résultante d’un jeu de cache cache.
Promenez vous du coté du terrain que vous avez possédé aux Almadies. Là les riches ont édifié de gros bâtiments qui cachent la mer.
Alors que vous ne souhaitez pas pour moi qui pense vous connaître être pour l’histoire celui qui aura caché la vérité aux Sénégalais.
Lamine Gueye avait dit qu’on n’arrête pas la mer avec ses bras. Mais voici qu’ils nous l’ont enlevée, ces riches, cupides et insolents. Au point qu’ils sont tout désignés si, comme personne ne le souhaite, un tsunami passait par là. A moins que vous ne l’ayez précédé pour nous rendre la mer. Laquelle est bien présente dans un passage à relire.UNISSONS la MER et les SOURCES.Les riches se sont arrogés la MER et les SOURCES.Dr Ahmed Khalifa Niasse
Tabaski 2020:la lettre de Macky Sall à ses ministres pour l’approvisionnement en moutons dans le marché
Dans le cadre de la préparation de la Tabaski 2020, le Président de la République a déjà pris les devants pour la facilitation de l’approvisionnement de notre pays en moutons. Dans une lettre circulaire, Macky Sall a invité les ministres Sidiki Kaba, Aly Ngouille Ndiaye, Abdoulaye Daouda Diallo, Oumar Youm, Abdoulaye Diouf Sarr, Serigne Mbaye Thiam, Oumar Guèye, Abdou Karim Sall, Samba Ndiobène Ka, Abdou Karim Fofana et Aminata Assome Diatta à faire observer les mesures suivantes.Lesquelles selon le document, sont entre autres, «l’assouplissement du contrôle des camions transportant des moutons vers le Sénégal, la réduction du contrôle au strict nécessaire, l’exonération des droits et taxes sur les moutons de Tabaski et l’autorisation de la présence, à bord de chaque camion, de trois (3) bergers chargés de la surveillance des animaux transportés». Pour lui, «ces mesures s’appliquent au niveau des frontières des axes de convoyage, des zones d’attente et des points de vente de moutons, pour une durée de quatre-vingt-dix (90) jours allant du 15 juin au 12 septembre 2020».
Le document de préciser que «les services publics compétents veilleront aux  conditions d’entrée et de circulation des moutons conformément aux dispositions du décret 2002-1094 du 04 novembre 2002 relatif à la police sanitaire des animaux domestiques ; mais également au respect des mesures d’hygiène collectives et individuelles requises pour freiner la propagation de la Covid-19».

Ismaïla Sow, président du Conseil national de la maison des éleveurs du Sénégal: «Il y a une mafia qui risque de plomber le secteur de l’Elevage»

https://www.lequotidien.sn/Le président du Conseil national de la maison des éleveurs du Sénégal (Cnmde) plaide pour un assainissement du secteur de l’Elevage. Appelant le ministre Samba Ndiobène Kâ à la vigilance, Ismaïla Sow dénonce, dans cet entretien qu’il a accordé au journal Le Quotidien, une mafia qui risque de plomber le secteur.

Comment se porte le secteur de l’Elevage en cette période de pandémie, surtout que nous sommes à l’approche de la fête de Tabaski ?

Comme tous les autres secteurs, notre secteur est aujourd’hui, véritablement touché par les effets du Covid-19. Dans ce secteur, on est habitué à la transhumance pour faire vivre nos animaux. Alors qu’avec la propagation de la maladie du Coronavirus, les déplacements ne sont pas très recommandés. Nous avons une activité qui nécessite une mobilité, nous sommes obligés de nous déplacer pour non seulement faire vivre le bétail, mais également pour commercer. Et avec les mesures de restriction, ces activités ont pour un bon moment, tourné au ralenti.

La fête de Tabaski se profile à l’horizon. Est-ce que des dispositions ont été prises par les éleveurs pour assurer un bon approvisionnement du marché national en moutons ?

Affirmatif. On peut assurer un approvisionnement correct du marché, à condition que l’Etat nous octroie des dérogations pour faire le déplacement. Certes maintenant le couvre-feu est de 23 heures à 5 heures du matin. Mais il y aura des camions qui vont quitter les régions lointaines et ce n’est pas évident qu’ils arrivent à temps avant l’heure du couvre-feu. Imaginer que l’heure du couvre-feu te trouve en route. C’est sûr que des sanctions vont être infligées aux éleveurs. Et cela ne facilitera pas les choses. Tout de même, nous pensons que le marché sera bien approvisionné.

Peut-on s’attendre à des prix abordables cette année, c’est-à-dire des moutons qui coûtent entre 75 mille et 100 mille francs Cfa ?

Il y en aura. Mais c’est très difficile de gérer le marché du mouton, surtout à la veille de la fête de Tabaski. Parce que la demande ne concerne pas seulement les musulmans. L’autre problème, ce sont les spéculateurs qui achètent de grandes quantités de moutons à un prix unitaire compris entre 45 à 50 mille francs Cfa pour les revendre à des prix beaucoup plus chers. Ce qui est un phénomène très difficile à combattre. Et les Sénégalais ont l’habitude d’attendre le dernier moment pour acheter leur mouton. Raison pour laquelle ces revendeurs renchérissent les prix des moutons. Ce qui est regrettable.

Présentement, quelles sont les difficultés auxquelles les éleveurs sont confrontés ?

L’aliment de bétail reste un problème fondamental. Il y a aussi le vol de bétail qui est toujours là, ainsi que le problème foncier que nous avons toujours décrié sans succès.

Et justement quelles sont vos attentes ?

Nous demandons à ce que notre secteur soit organisé. Au moment où certains agents de l’Etat travaillent pour l’intérêt des populations, d’autres ne sont là que pour leurs propres intérêts. Il y a des agro-businessmen qui se sont accaparés de toutes les terres au détriment des éleveurs. Ce qui n’est pas normal.

Comment appréciez-vous le travail du ministère de l’Elevage et des productions animales ?

On ne peut que magnifier son travail. Il est jeune, il maîtrise bien son secteur, par ce que c’est un éleveur avant tout. Son papa que nous connaissons est éleveur de profession. C’est un agronome, il sait ce qui est l’alimentation et la production. Tout son entourage est constitué d’éleveurs. Donc, il a l’obligation de réussir. Aminata Mbengue Ndiaye à toujours bien travaillé. Et il est sur les pas de cette dernière. Mais il doit rester très vigilant. Car il y a des gens tapis dans l’ombre, qui ne pensent qu’à leurs poches. Si le ministre Samba Ndiobène Ka veut réussir à 100%, il n’a qu’à assainir ce secteur. Il y a une mafia qui risque de plomber le secteur de l’Elevage. Et se sont des parasites qui risquent de gâter son travail. Il y a des organisations du secteur de l’Elevage qui se forment et qui ne sont pas reconnues et qui sèment le bordel.

54 MILLIARDS FCFA POUR L’ENTREPRENEURIAT AGRICOLE DES JEUNES

http://www.emedia.sn/Cofinancé par l’Etat du Sénégal, la Bad et le Fida à hauteur de 54 milliards de francs CFA, le projet Agri-jeunes « Tekki Ndawni » devrait profiter à 150 mille jeunes sénégalais originaires de quatorze zones agroécologiques du pays.
Lancé par le ministre de l’Agriculture, ce projet a prévu de créer, à terme, 5000 emplois décents dont 50% au profit des jeunes femmes. Selon le quotidien »Le Soleil », ce projet devrait aider à une meilleure implication des jeunes dans l’exploitation des opportunités de la chaîne de valeur agro-sylvo-pastorale et halieutique dans la zone des Niayes, le bassin arachidier, en moyenne et basse Casamance. Ce, en vue de trouver des réponses adéquates aux préoccupations des couches bénéficiaires.

le Conseil national du numérique est officiellement entré en activité

 (Agence Ecofin) – Le Conseil national du numérique du Sénégal a officiellement été installé le 18 juin. Il devrait aider à la transformation technologique du pays démarrée en 2016 par Macky Sall avec la stratégie Sénégal numérique. Le gouvernement attend des propositions rapides, concrètes et fiables dans ce sens.
Le Conseil national du numérique (CNN) du Sénégal a officiellement été installé par Mahammed Boun Abdallah Dionne (photo), le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, en présence de Ndeye Tické Ndiaye Diop la ministre de l’Economie numérique et des Télécommunications. L’organe créé en 2018 par décret présidentiel, composé de l’ensemble des parties prenantes du numérique notamment les entités publiques, le secteur privé et la société civile, est ainsi entré en activité.
Cette entrée en fonction, dans un contexte de Covid-19 qui a mis en exergue les limites du gouvernement en matière de préparation numérique, devrait contribuer à accélérer le processus de transformation technologique initié en 2016 par le chef de l’Etat Macky Sall, à travers la stratégie Sénégal numérique, composante essentielle du Plan Sénégal émergent.
La stratégie Sénégal numérique vise à déployer des infrastructures de réseaux et de télécommunications et à mettre en place des plateformes technologiques afin de contribuer de manière significative, d’une part à l’amélioration des conditions de vie des populations, et d’autre part à appuyer le développement économique du Sénégal dans les secteurs prioritaires du Plan Sénégal émergent (tourisme, agriculture, mine, éducation…).
Lors de la cérémonie d’installation qui s’est faite par visioconférence, le site socialnetlink.org à rapporté que le ministre d’Etat Mahammed Boun Abdallah Dionne a rappelé au CNN l’urgence d’aller vers l’essentiel avec des propositions rapides, concrètes et fiables afin que le gouvernement puisse suivre et faire le nécessaire.
Lire aussi:
05/06/2017 – Sénégal: les acteurs des TIC exhortent l’Etat à mettre enfin en place le Conseil national du numérique

Deux institutions françaises appuient l’Université virtuelle du Sénégal dans l’enseignement supérieur à distance

 (Agence Ecofin) – L’Université virtuelle du Sénégal a signé un partenariat avec deux institutions françaises pour la promotion et le développement de la formation à distance au Sénégal. Le partenariat conclu pour trois ans concerne l’enseignement supérieur.
L’Université virtuelle du Sénégal (UVS) a conclu un partenariat avec  le Réseau international des tiers-lieux d’enseignement supérieur (RITLES), une association ayant pour but la promotion des études supérieures à distance, et le Centre national d’enseignement à distance (CNED), un établissement public qui collabore au développement de l’enseignement à distance.
Le partenariat tripartite a pour objet la promotion et le développement de la formation à distance au Sénégal dans de mini-campus universitaires encore appelés tiers-lieux d’enseignement supérieur. D’après le communiqué émis à cet effet, le partenariat s’étend sur une durée de trois années universitaires.
Il est notamment prévu la mise en place au Sénégal des tiers-lieux d’enseignement supérieur susceptibles de proposer des formations validées par des diplômes français. Il sera également question d’améliorer les moyens de reconnaissance des diplômes français et sénégalais ou la mise en place de leurs équivalences. Le partenariat porte aussi sur la délivrance de formations à distance, notamment de BTS du CNED.
Le président du RITLES, Benjamin Chkroun (photo), a indiqué que ce modèle pédagogique innovant basé sur la création des tiers-lieux permettra aux jeunes francophones, mais également à d’autres publics d’accéder à  des formations diplômantes françaises sans quitter leurs pays.Vanessa Ngono Atangana
3 nouveaux décès, 144 nouveaux cas dont 1 importé et 20 communautaires
Le ministère de la Santé fait le point sur le situation de l’épidémie de Covid-19 au Sénégal à ce samedi 20 juin 2020… Sur 1247 tests réalisés, 144 sont revenus positifs. Il s’agit de 123 cas contacts, d’un cas importé (AIBD) et de 20 autres issus de la transmission communautaires.
Le Directeur de cabinet du ministre de la Santé a annoncé la guérison de 71 patients et trois (3) nouveaux décès (82 au total). A ce jour, le Sénégal compte 1841 malades sous traitement.

Professeur Souhaibou Ndongo,Chef du service de médecine interne Hôpital Dalal Diam:«Les difficultés liées au diagnostic précoce des maladies auto-immunes dans nos pays»

https://www.dakaractu.com/Dans le cadre de notre dossier sur les maladies auto-immunes au Sénégal, nous avons interviewé le Pr Souhaibou Ndongo. Le rhumatologue officie à l’hôpital Dalal Diam comme chef du service de médecine interne. C’est un service qui reçoit cette catégorie de malades.
Avec le coronavirus, les Sénégalais ont découvert les maladies auto-immunes. Si vous aviez à les présenter. Que diriez-vous ?
Les maladies auto-immunes sont des maladies liées à une perturbation du système immunitaire. En effet, en cas de maladies auto-immunes, le système immunitaire, outil majeur de protection de l’individu contre les infections en particulier, se met à attaquer cet individu en produisant des substances appelées anticorps dirigés contre les organes de cet individu. Il existe des formes limitées à un organe et des formes diffuses appelées maladies systémiques.
Quelles sont les difficultés pour des pays comme le Sénégal d’établir un diagnostic précoce pour les malades souffrant de ces formes de pathologie ?  
Il existe des difficultés diagnostiques en rapport avec :
-Les modes de présentation des maladies auto-immunes : ces maladies sont souvent d’installation insidieuse avec des signes cliniques  non spécifiques qui peuvent être méconnus au début.
-Les patients:qui, dans bien des cas, ne consultent pas dès les premiers symptômes considérés, à tort, comme « banals ». D’où l’intérêt d’une meilleure vulgarisation de ces affections.
-Les modalités diagnostiques qui nécessitent généralement des examens immunologiques coûteux
-Le nombre de spécialistes des ces affections qui est encore limité dans nos pays.
Quelles sont les formes observées au Sénégal et avez-vous une idée du nombre de personnes souffrant de ces maladies et du taux de létalité ?
Toutes les formes sont quasiment observées au Sénégal avec des fréquences hospitalières variables. La polyarthrite rhumatoïde, le lupus systémique et le syndrome de Sjögren sont plus rapportées dans ces séries hospitalières. Il y’a souvent beaucoup de comorbidités c’est à dire d’autres affections associées qui font que c’est difficile d’imputer totalement la létalité à la maladie auto-immune seulement.
Pourquoi les femmes sont plus touchées que les hommes ?
Il s’agit d’affections dues à plusieurs facteurs notamment génétiques, hormonaux, infectieux etc. Parmi les facteurs hormonaux par exemple, ceux de la femme comme l’œstrogène, entre autres facteurs, jouent un rôle non négligeable dans la survenue de ces affections.
Les maladies auto-immunes ont elles un traitement ? En guérit-on ? Sont-elles transmissibles ?
Oui les maladies auto-immunes se traitent et le plus tôt est le mieux ! On parle surtout de fenêtre d’opportunité c’est à dire la période à ne pas rater pour instaurer le traitement et prévenir ainsi les dommages tissulaires. On n’en guérit pas mais avec un traitement adapté, on arrive à juguler l’évolution de ces affections et permettre aux patients d’avoir une bonne qualité de vie. Elles sont non transmissibles cependant du fait des facteurs génétiques, il arrive qu’on observe des formes familiales.
Du fait qu’elles prennent l’hydroxychloroquine, sont-ils moins exposés que les autres au coronavirus ?
Les patients atteints de maladies auto-immunes sont fragiles du fait de leur type de maladie mais également de leur traitement en cours. Nous leur recommandons vivement de respecter les mesures barrières et d’éviter toute exposition.
À ce jour, on ne note pas une sensibilité plus élevée en terme de nombre de cas de coronavirus chez les patients atteints de maladies auto-immunes quel que soit le type de traitement en cours : hydroxychloroquine ou non. L’avenir nous dira si chez ce groupe de patients l’hydroxychloroquine aura été ou non un facteur protecteur par rapport à d’autres traitements. Je rappelle également que  toutes les maladies auto-immunes ne sont pas  traitées qu’avec de l’hydroxychloroquine. D’autres fois, il n’est d’ailleurs pas indiqué.

DECES ET CAS DE CONTAMINATION A LA HAUSSE: La riposte nationale, dans une mauvaise passe !

http://www.sudonline.sn/Difficile de dire où se trouve le pic avec l’évolution de la maladie à coronavirus au Sénégal. Depuis un certain temps, la courbe de l’évolution a connu une hausse des cas confirmés avec une explosion dans la transmission communautaire et les cas de décès. Une situation qui a fini d’installer le doute au sein du Sénégalais lambda sur une certaine maitrise de la maladie par le gouvernement du Sénégal, mais aussi du personnel soignant.
Si au mois de mai, une légère baisse avait été notée dans la transmission, amenant certaines personnes à parler d’atteinte de pic épidémiologique, la situation a vite évolué avec l’accroissement des cas issus de la contamination communautaire et du nombre de décès.
Pour beaucoup de spécialistes, dans le cas du Sénégal, il est difficile de parler d’atteinte de pic car la situation demeure toujours instable et beaucoup de porteurs du virus sont dans la nature. Pour preuve, la sortie du ministre de la Santé et de l’action sociale lors du 3ème point mensuel sur la situation du coronavirus parlant d’atteinte de pic a été très vite recadrée par son staff technique qui parlait d’évolution active de la maladie et jusqu’à aujourd’hui, rien n’a encore changé. Le virus reste sur cette posture avec un pourcentage qui tourne autour de 7%, atteignant quelquefois 11% et quelques points. Avec près de 80 décès et bientôt 2000 personnes en traitement, la situation semble échapper aux acteurs de la réponse.
Toutefois, des décisions allant dans le sens de fragiliser la riposte continuent d’être prises par l’Etat du Sénégal après l’ouverture du transport inter urbain, la libéralisation du commerce mais aussi l’ouverture des lieux de culte et la réduction des horaires du couvre-feu. Des décisions qui ont amené certains praticiens à hausser le ton pour dire : « ce ne sont pas de bonnes choses pour la santé car nous allons vers un débordement des structures de prise en charge du coronavirus ». Aujourd’hui, avec les notifications journalières moyennes de près de 100 malades depuis une quinzaine de jours, la situation semble échapper aux mains des acteurs de la réponse.
En attendant le mois d’août, prédictions de plusieurs épidémiologistes rapportées par le Chef d’Etat qui parlent de circonscrire la maladie, les Sénégalais pourront avoir une vision claire du pic qui sera derrière nous dans la lutte contre la maladie. Entretemps, la vigilance reste de mise avec l’adoption des mesures barrières et le port de masque

AGGRAVATION DE LA SITUATION ÉPIDÉMIOLOGIQUE:Le Sénégal court-il vers le pire ?

http://www.sudonline.sn/Des dizaines et des dizaines de cas au quotidien, flambée des cas graves, multiplication des cas de décès, débordement des centres de traitement, arrivée du paludisme avec l’hivernage… Le cocktail de tous les risques sanitaires est en passe d’être réuni au Sénégal. En sus de cette conjoncture périlleuse, l’allègement des mesures de prévention semble ne pas faciliter l’endiguement du virus. La levée de certaines mesures adoptées préalablement pour bouter hors du pays le virus a occasionné des relâchements voire la banalisation des règles édictées par les autorités sanitaires. Focus sur un paysage à haut risque
La situation empire ! Les chiffres démentent la tendance baissière annoncée par le ministre de la Santé et de l’action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr. Près de 4 décès liés au nouveau coronavirus sont enregistrés par jour et le nombre de contaminations monte en flèche. En effet, 10 jours après l’allègement du couvre-feu, passant de 21heures à 23 heures, le pays semble sombrer peu à peu vers une situation incontrôlable. Les cas graves ont emprunté les mêmes allures que les cas de contamination et la moyenne des décès enregistrés au quotidien s’alourdit. Depuis le début de cette semaine, il ne se passe plus un point quotidien du ministère de la Santé et de l’action sociale sur la situation épidémiologique au Sénégal, sans qu’au moins trois (03) cas de décès liés à la Covid 19 ne soient annoncés au public. Le lundi 15 juin, débute ainsi une semaine nécrologique avec 04 nouveaux décès. Il s’ensuit le mardi 16 juin qui constitue la journée la plus noire depuis le début de cette pandémie de la Covid 19. Ce jour-là, six patients sénégalais sont décédés dans les centres de traitement dédiés au Coronavirus. Les mercredi 17, jeudi 18 et ce vendredi 19, la moyenne de décès par jour s’est maintenue à 3. Ce qui porte le total à 9 décès en 72 heures et à 19 décès en cinq jours.

FLAMBEE DES CAS CONFIRMES ET DES CAS GRAVES

En seulement 6 jours, le ministère de la Santé et de l’action sociale a déclaré 643 cas de contamination, soit une moyenne de 107,17 contaminations à compter du 14 juin 2020 à la date d’hier, vendredi. Ainsi, la recrudescence des cas de décès est directement liée à l’augmentation du nombre de cas positifs, ces derniers jours, et relativement à l’augmentation du nombre de cas graves. Ces derniers sont admis en réanimation et en revue des chiffres déclarés par le ministère de la Santé de dimanche à la date du vendredi 19 juin, le nombre de ces patients graves varie de 22 à 16. En supposant que les 19 cas de décès enregistrés depuis le lundi 15 juin étaient en grande partie dans un état grave, le Sénégal a accueilli au moins 40 patients dans ses services de réanimation, ces six (06) derniers jours. D’ailleurs, Dr Aloyse Diouf a renseigné dans le point virologique du vendredi 19 juin qu’il y a encore 17 malades dans un état grave.

PERDUS DE VUE: LES ESSAIS CLINIQUES DE «COVID- ORGANICS »ET LES «KITS DE TESTRAPIDE»

Il était annoncé par l’Institut Pasteur de Dakar en partenariat avec une autre entreprise britannique, la mise à disposition de kits de tests rapide (en 10mn) à partir du mois de juin. Mais à moins de 02 semaines de la fin du mois de juin, aucune mention de test rapide n’a été faite. Pourtant, le Pr. Daouda Ndiaye avait indiqué il y a de cela près de 02 mois, « nous allons procéder dans les prochaines semaines à des essais cliniques » de la décoction Malgache « Covid Organics ». Même photographie de la situation, aucun essai et aucune information n’a été donnée à cet effet.

UNE NOUVELLE STRATEGIE S’IMPOSE

Pour venir à bout de la propagation du nouveau virus, le ministère de la Santé et de l’action sociale a fait savoir qu’une stratégie particulière sera mise en place pour dompter ce mal. Mais hormis la démission du directeur de cabinet du ministre de la Santé, Dr Aloyse Diouf, les Sénégalais n’ont reçu aucune information claire et précise sur cette nouvelle tactique annoncée par Abdoulaye Diouf Sarr. Pour rappel le Directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous) avait affirmé lors du point mensuel du 06 juin dernier que « le virus est dans sa phase active de transmission ». Et avec l’autorisation de la circulation interurbaine, le Sénégal va certainement vers une vague de malades et de cas graves que ses structures sanitaires ne peuvent pas prendre en charge. Dans cette même veine, Docteur Abdoulaye Bousso avait annoncé quelques mesures allant dans le sens de protéger les personnes vulnérables (personnes âgées et/ou souffrant de pathologies chroniques) et également d’une prise en charge rapide de cette catégorie de la population qui, selon les chiffres mondiaux de décès enregistrés, sont les plus exposées face à cette pandémie

DES MOTS SUR DES MAUX – Décrochage en rase en campagne Par CALAME

http://www.sudonline.sn/L’annonce de la « démission » du directeur de cabinet du ministre de la Santé relève de ce que les maths définissent comme une  » équation à multiples inconnues aléatoires ». D’ abord, question « timing», elle intervient au moment où le ministère de la Santé le met régulièrement en scène et en selle, en alternance avec sa collègue, le Docteur Marie Khemess Ngom Ndiaye, pour égrener quotidiennement la liste des personnes testées, le nombre de malades guéris, en traitement, les morts des suites d’atteinte du coronavirus. Il en est devenu un des visages peu rassurants il est vrai, de cet exercice anxiogène et intrusif en s’invitant -et par voie de fait – en s’imposant dans nos foyers.
Les médias se sont fait un devoir de relayer massivement, en rivalisant de zèle et d’absence d’esprit de discernement cette communication agressive, traumatisante dont l’absence d’efficacité s’est traduite par une défiance, un rejet, populaires, abondamment illustrés par les manifestations de jeunes, la disqualification par des « foyers » religieux – non des moindres- des mesures gouvernementales, la capitulation de l’État lui-même en rase campagne, réduit à prôner le « vivre ensemble avec le virus » indésirable.
Dans ces circonstances, le départ du numéro 2 de l’armée de campagne, bien que prévu avant la crise sanitaire, mais retardé par celle-ci, interpelle et intrigue. La situation de la lutte contre la Covid 19 est-elle à ce point désespérée qu’il n’est plus nécessaire, ni utile, de différer outre mesure ses projets individuels ? Le plan de carrière consiste-t-il à occuper un poste central, où visibilité ne rime pas forcément avec lisibilité, mais qui permet, la proximité aidant, de se faire adouber par les institutions internationales ?
Dans des échanges émouvants d’une rare affectivité, le ministre de la Santé se gausse d’avoir mis le pied à l’étrier son ex-directeur de cabinet dont la candidature a été sinon présentée, au moins soutenue par le ministère, entendez le ministre himself.
Le migrant confie, la larme à l’œil, sa profonde émotion et sa reconnaissance éternelle à M. le ministre, par ailleurs son cher « ADS », comprenez ainsi qu’il appelle familièrement Abdoulaye Diouf Sarr par ses initiales. Ne nous méprenons point. On ne saurait manquer de se réjouir chaque fois qu’une personne méritante reçoit un coup de pouce dans l’évolution de sa carrière. On peut raisonnablement présumer que c’est le cas du directeur de cabinet partant, même si on peut légitimement se poser la question du vide qu’il pourrait laisser en quittant ce poste hautement stratégique qu’il occupe depuis seulement le remaniement post électoral intervenu il y a à peine 14 mois. Maintenant, s’il n’y a pas de vide que son remplaçant pourrait valablement compenser, cela poserait autrement la problématique des nominations et procédures au sein de la haute administration, où les états de service n’ont pas toujours quelque chose à voir avec le profil, l’expertise ou l’expérience.
Par ailleurs, nos sacro-saints partenaires au développement doivent se poser bien des questions au regard de leurs pratiques systématiques de débauchage de nos meilleurs cadres. Pour la plupart, nos têtes pensantes ne résistent pas à l’attractivité des postures de prestige, de possibilités d’accès à des ressources autrement hors de portée, de bénéficier de la reconnaissance des leurs qui passe par la légitimation à l’international.
Combien d’entre eux n’ont pu accéder à la propriété bâtie, entretenir la famille élargie, se construire et se créer des liens sociaux et professionnels valorisants. Les institutions et autres organisations internationales, gouvernementales, multilatérales publiques et privées, contribuent à piller le premier facteur de progrès, de création de richesses et d’émancipation, qui n’est autre que la ressource humaine.
Dans les pays qui prétendent nous aider, la politique de l’immigration choisie décapite nos universités, nos sociétés qui ont tant investi pour éduquer et former les rescapés d’un système extraverti. Sur place, dans nos pays, la crème de l’élite est happée par leurs représentations locales, même si le statut fourre-tout de « chargé de programmes (ou de communication) de ces agents recrutés localement (local staff) ne leur confère pas les avantages auxquels peuvent prétendre leurs homologues de la « fonction publique internationale  » Ne nous voilons pas la face. Cette situation préjudiciable à nos sociétés est de la responsabilité des « élites » et des régents qui ont confisqué le pouvoir, tout acquis à servir des intérêts étrangers à la cause des populations du continent africain.
Après 60 ans d’autonomie interne drapée sous les oripeaux d’une indépendance Cha Cha, hymne à « la liberté entre nos mains  » chanté par l’artiste congolais Grand Kallé et l’African Jazz Orchestra au moment du départ maquillé des colons, l’Afrique en est encore à tendre la main. Pourtant, des enfants de ce continent font les beaux jours de leurs « hôtes » dans la recherche, dans les universités, dans les firmes, dans la mode, dans l’art, dans la culture des pays hermétiques au courant migratoire (souvent forcé) qui a donné au monde sa substance et sa configuration actuelle.
A l’inverse, le continent considéré aujourd’hui comme l’avenir du monde, n’émet encore aucun signe probant qu’il sera d’abord et surtout l’avenir de ses enfants. C’est pourquoi le combat de ceux et celles qui ont résolument choisi de rester ou de rentrer, de partager les joies comme les peines de leurs compatriotes, n’en prend que plus de valeur. Exemplaire ! Le départ du dircab pose également un problème d’opportunité, du rapport entre les opportunités de carrière et le moment opportun pour acter une légitime mobilité professionnelle.
A l’actif du ministre, le remplacement de son plus proche collaborateur par une personnalité de même confession considérée comme minoritaire. C’est un fait suffisamment important voire inédit pour ne pas être salué comme il se doit. Dans d’autres contextes, on aurait pu se poser des questions quand un chrétien en remplace un autre. De même que le problème ne se pose pas quand un musulman succède à un coreligionnaire, il ne devrait pas l’être pour d’autres confessions. Seulement, voilà : nous sommes dans un petit pays où de plus en plus de voix obscurantistes et tonitruantes s’élèvent, amplifiées par des médias irresponsables pour mettre en avant un discours discriminant sur la domination d’une majorité musulmane qui devrait appliquer sa loi à une catégorie décrite comme ultra minoritaire. Or en République, on ne compte pas en termes quantitatifs ou en nombre, mais plutôt en capacité à garantir à toutes et à tous la même qualité en matière de droits (et de devoirs), d’égalité, d’équité, d’opportunités, de sécurité, de libertés individuelles et collectives d’aller et de venir, d’entreprendre, etc.
Dans la pratique, on observe un déficit criant de politiques volontaristes et attentives voire soucieuses de ces questions qui interpellent notre citoyenneté collective, la qualité et l’harmonie de notre « vivre ensemble « . Ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas qu’un problème n’existe pas. L’État doit aménager notre commun vouloir de vie commune, de sorte que la zone de confort des uns ne soit le détonateur de l’inconfort des autres. Il s’impose aux dirigeants comme à tous les citoyens, qu’ils en soient conscients ou pas, un impérieux devoir de repérer les angles morts de notre société et d’abriter leurs occupants sous le parapluie fédérateur et protecteur de la République.

ÉDITO PAR MAHMOUDOU WANE:Le jeu de la mort

http://www.enqueteplus.com/ ‘’Un homme qui veut être parfaitement honnête au milieu de gens malhonnêtes ne peut manquer de périr tôt ou tard.’’ Machiavel (Le Prince)
Depuis trois à quatre mois, l’atmosphère médiatico-politique a changé au Sénégal. Coïncidence ? Cela s’est fait en même temps que l’arrivée sur scène du virus dénommé Covid-19. Qui n’a pas senti cet éclair vif dans le regard de ‘’Prince’’, lorsque le virus s’est invité fin février à Dakar ? Comme un flash. Le Président s’est-il dit que les conditions étaient favorables pour réorganiser les rapports de force en fonction de ce qu’il veut ? En tout cas, il a décidé d’engager certains de ses proches sur la pente raide. Que cherche-t-il réellement ? Sait-il réellement où il va ? A-t-il toutes les cartes en main ?
Le pouvoir a ceci de bien commun avec la vie qu’il n’émet pas tous les signes avant-coureurs, lorsqu’il vous déserte. De la même façon qu’un corps, même bien portant, peut à tout moment prendre congé de la vie sans crier gare, un pouvoir peut montrer tous les signes de bonne santé, alors qu’il engage véritablement sa phase raide, déclinante. Est-ce le cas du régime Sall, quinze mois seulement après sa réélection pour un second mandat ? Certains signes peuvent le laisser croire.
Il faut sans doute retourner à la campagne électorale de 2012, pour comprendre à quel point ce que nous appelons ‘’nguur’’ en wolof, ‘’laamu’’ en pulaar (pouvoir) peut être déroutant, dans ses multiples cycles de vie. On ne sait ni comment il arrive ni quand il déserte la place. Le chant du cygne, lorsqu’il s’invite à nos oreilles, ne s’entend généralement pas. Replongeons dans la fameuse journée du 7 février 2012, pour comprendre à quel point ses voies savent être insondables. Les convois du ‘’florantin’’ d’alors, Abdoulaye Wade, Président sortant, et de Macky Sall (outsider incertain) se croisent, en une douce après-midi du 7 février 2012, sur l’avenue Bourguiba. La ‘’suite’’ du candidat Sopi dégage une puissance et un éclat sans commune mesure, comparé au convoi de Macky Sall. Lamine Faye a ses biceps bien au point. Les rutilantes 8X8 en imposent. L’image est frappante. Le commentaire de Me Wade, rapporté par ‘’le Populaire’’, au soir de débriefing, après sa tournée, est tout aussi évocateur : ‘’J’étais très content de voir qu’il (Macky Sall) était là et qu’il n’y avait personne avec lui (…) Il était avec un petit camion avec quelque dix personnes qui étaient avec lui. La foule était avec moi…’’
Et pourtant quelques jours plus tard, le puissant ‘’Prophète du Sopi’’ se faisait expédier, par celui qu’il raillait, au second tour de l’élection présidentielle. Un coup, presque Ko. Niasse, Tanor (Dieu ait pitié de son âme) et Idy perdaient toutes leurs illusions au profit de l’actuel Président.
Depuis, le Président Macky Sall déroule avec des forces sociales et politiques issues de sa propre lutte, mais aussi mobilisées grâce au travail de Benno et du coup des Assises nationales qui avaient diverti et affaibli Wade.
Au fond, pourrait-on dire à la lumière des faits, que le résultat n’est pas mauvais pour lui, puisque 8 ans après son accession au pouvoir, le voilà qui continue encore à trôner du haut de l’avenue Léopold Sédar Senghor. Cela veut dire que la base politique et sociale qui l’a porté au pouvoir est solide. Mais le temps passe. Et les feuilles se fanent.
La situation actuelle peut-elle réellement résister à l’épreuve des multiples périls qui se donnent à voir ? L’énigme est grosse, puisqu’elle interroge les ressources réelles comme imaginaires de l’actuel pouvoir aux manettes. A-t-on réellement conscience de la montée de la colère, surtout chez les plus jeunes, impactés bien avant la Covid ? Sait-on réellement de quoi peut accoucher la conjonction du virus, de la crise économique (qui n’a même plus besoin d’être mesurée tant elle est à fleur de peau).
Le Président Sall sait-il réellement ce qu’il fait ? La question se pose d’autant plus qu’il a enclenché, depuis que sa Majesté Covid-19 s’est invitée quelque temps, une réelle offensive politique pour neutraliser ou renforcer des camps, selon qu’ils lui soient favorables ou pas. Saisit-il l’impact de la crise de l’eau dans l’opinion et les inquiétudes du monde rural avec l’arrivée de l’hivernage ? Le tout avec le machiavélisme, certains diront la finesse politique que même ses adversaires lui reconnaissent désormais. Le virus a visiblement joué le rôle d’accélérateur des plans de sa Majesté.
Posons la question sans ambages : cherche-t-il à rempiler en 2024 ? Est-il plutôt en train de travailler pour un dauphin caché en lui balisant le chemin, comme le supposent certains observateurs ? Ce qui est clair, c’est qu’on cherche à affaiblir des acteurs majeurs dont on pense qu’ils pourraient mettre du sable dans le couscous. En le faisant, il se prive en même temps de forces politiques et sociales sans commune mesure. Et clin d’œil sur la forme qui ne peut manquer de choquer, les moyens utilisés sont bien aux antipodes des règles élémentaires de l’éthique politique. L’essentiel est de noircir au maximum les personnes ciblées. Que Mouhamadou Makhtar Cissé puisse, par exemple, être traîné dans cette mare glauque alors que tous ceux qui savent, comprennent que les vrais scandales de la République sont à fleur goudron, découle inéluctablement de cette stratégie. Les esprits avertis auront remarqué que six mois avant la fronde contre le ministre du Pétrole, Macky Sall chantait ses capacités d’apprentissage ‘’fast-track’’. ‘’Je tiens à féliciter Makhtar Cissé pour l’excellent travail en si peu de temps, depuis qu’il a été nommé à la tête de ce département ministériel. Je sais qu’il apprend vite, trop vite même’’. C’est no comment.
A la différence de son devancier Me Wade qui nomme ses cibles avant de les attaquer, comme ce fut le cas avec Idrissa Seck qualifié de ‘’serpent venimeux’’, la Sall formula consiste à encenser ses futures victimes pour les endormir d’un profond sommeil pour mieux les surprendre. L’exécution n’en devient que plus facile.
En vérité, Mouhamadou Makhtar Cissé n’est pas le seul dans la ligne de mire. Il faut être naïf pour le croire. D’autres scandales, dans le foncier et peut-être ailleurs dans les semaines à venir, agrémentent la place pour mettre certaines têtes dans le collimateur.
Comme Akilee ! Amadou Bâ devra lui aussi surveiller ses arrières. La présidente du Conseil économique, social et environnemental Aminata Touré et le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye aussi. Bref, tout ce qui semble briller aura droit à sa part de ténèbres. Cette cacophonie a un fond qui est cohérent. Elle procède d’une volonté de détourner le regard des vraies oasis où l’on se prélasse sous les cocotiers en comptant les liasses, pour l’orienter dans la direction qu’on veut et pour l’objectif qu’on vise : détruire. Il faut non seulement empêcher les petits ambitieux de dormir pour dérouler son plan de façon implacable, mais aussi divertir le peuple à longueur de scandales.
Ceux qui agissent ainsi, dans l’ombre, connaissent sans doute très bien la politique. Suffisamment, croyons-nous, pour que la prudence soit de mise. Car la Covid-19 qui semblait, malgré les apparences et la rhétorique politicienne, être un allié au départ, ne l’est plus tant que cela. Le virus semble aujourd’hui ‘’muter’’ en fonction de son programme propre et non selon les desiderata de ceux qui veulent s’en servir pour casser de ‘’jeunes loups’’. Déconfinement forcé et le volcan bout à nouveau. Attention donc au retour de flamme !

Ça Chauffe Sur Macky… Covid-19, Casamance, Cours Et Construction

https://www.xibaaru.sn/–Macky Sall seul sur plusieurs fronts contre les 4C : Guerre contre la Covid-19, recrudescence de la violence en Casamance, la reprise des Cours à polémiques et les Constructions sauvages sur le littoral…
Macky Sall affronte plusieurs fronts. Depuis le début du mois de mars de cette année 2020, le Sénégal est engagé dans une guerre qu’il n’avait eu à faire face auparavant. La pandémie de la covid-19 ne cesse de faire des ravages partout dans le monde entier. Le Sénégal est face à un virus dangereux, invisible qui ne cesse de franchir les barrières une à une, pour mieux se répandre.
Vaincre définitivement l’ennemi, voilà une tâche des plus ardues qui attend le Chef de l’Etat Macky Sall bien seul, dans son combat. Parce que le Chef de l’Etat est lâché de plus en plus. Le consensus qui s’était manifesté autour du Chef de l’Etat, au début de l’apparition de la pandémie avec les mesures fortes qu’il avait prises pour mener la guerre contre elle, a volé en éclats.
Le chef de l’Etat n’est plus épargné par les coups de boutoirs de ses adversaires politiques, au moment dans son propre camp, on se livre à toutes sortes de guéguerre. Non seulement, il lui faut se mettre au front et poursuivre la guerre contre la covid-19, le Chef de l’Etat n’est pas ces derniers temps par les associations de défense du littoral. Depuis qu’il a été révélé comment le littoral est en train d’être dépecé en mille morceaux, et partagé au profit de dignitaires.
Les syndicats d’enseignants se montrent toujours actifs. Surtout avec la décision des autorités de reprendre les enseignements à partir du 25 juin prochain au niveau des classes en examen. Une décision qui n’agrée les enseignants, car estimant qu’elle n’a pas fait l’objet d’aucune concertation. Comme pour ne faciliter guère les choses, l’accalmie est interrompue en Casamance. Après que des véhicules de l’armée ont sauté sur des mines, celle-ci a repris ses opérations de ratissage des zones contrôlés par des combattants du Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (MFDC). D’où l’escalade notée ces derniers jours sur le terrain.
Voilà, plusieurs fronts que le Chef de l’Etat, Macky Sall se retrouve bien seul à affronter. Tout dépendra maintenant des mesures qu’il prendra pour corriger toute cette situation qui montre que le Sénégal est toujours sous des menaces.La rédaction de Xibaaru

CASAMANCE – REPRISE DES HOSTILITES: L’Armée en opération de sécurisation,le MFDC dénonce une provocation

http://www.sudonline.sn/Des échanges de tirs à l’arme lourde, ces derniers jours, font le lot quotidien des populations de la bande frontalière avec la Guinée-Bissau, dans les périmètres de Bissine Diola et de Singhère Diola, respectivement dans les communes d’Adéane (région de Ziguinchor) et de Kaour (région de Sédhiou). A l’origine des combats, le contrôle de ces localités à l’abandon depuis 28 ans. L’installation d’une base de l’Armée au tout début du mois de mai dernier a donné de la sérénité et de la confiance aux habitants de ces villages qui avaient repris le chemin de leur foyer d’origine. Cette reprise des hostilités intervient au moment où de profondes dissensions minent la faction du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) dans cette partie sud du pays, frontalière à la Guinée-Bissau
Depuis les premières heures de la matinée d’hier, vendredi 19 juin, des tirs nourris à l’arme automatique étaient perceptibles dans les forêts de Singhère et de Bissine, dans l’extrême sud du pays, jusqu’en milieu de la journée. Selon nos sources, l’Armée y mène des opérations de sécurisation en y renforçant sa présence. Un appareil des Forces Armées survolait l’espace, en appui aux troupes au sol qui cherchent à repousser les combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Mardi dernier 16 juin, ces éléments du MFDC ont chassé la dizaine de familles retournée, la veille, au bercail à Singhère Diola, après 28 ans d’exil et d’errance. Revenant sur le film de leur interpellation dans le village, Mamadou Bacary Goudiaby, l’un des habitants de Singhère Diola de retour au bercail, explique : «j’ai vu un combattant du MFDC, sorti par derrière moi, avec une arme de type kalachnikov alors que trois autres étaient en face de nous. Ils nous ont demandé ce que nous faisions ici. Et à notre réponse que nous sommes rentrés dans notre village, ils nous ont sommé de quitter vite les lieux car Singhère Diola est une zone de guerre et que la prochaine fois, ils vont nous tuer tous».

LA VOIX PATHETIQUE DES REFUGIES : «ON COMPTE TOUJOURS Y REVENIR»

Le chef de village de Singhère Diola, manifestement très affligé par le cours des événements, rappelle leur volonté de retourner à leur foyer d’origine. «On nous a contraints à quitter les lieux, on prend acte. Mais on n’y renonce pas car c’est notre village et nous n’avons connu que ce village. Ailleurs où nous étions en exil, c’est pénible. Nous n’avons ni terre ni source de revenu permanent pour vivre décemment avec nos familles. On compte toujours y revenir et demandons à l’Etat du Sénégal et à son Armée de nous accompagner dans cette volonté», a déclaré Djibril Badji, le chef de village de Singhère Diola.
Le deuxième adjoint au maire de Kaour n’a pu s’empêcher d’écraser quelques gouttes de larmes, à la vue de cette vague de populations venue trouver refuge à la mairie. Youba Sonko dit les avoir relogés à la salle de délibération de la mairie de Kaour, après concertation avec son staff. «J’ai été peiné de voir ces familles renvoyées de leur village et parmi eux des vieux, des femmes âgées et des tout-petits enfants. Je demande à l’Etat du Sénégal de venir en aide à ces populations qui ont fait 28 ans d’exil. Le MFDC demande l’indépendance de la Casamance et l’Etat du Sénégal n’entend pas lui céder une portion de terre. Moi, je pense qu’ils doivent s’asseoir autour d’une même table et trouver une solution à l’amiable au lieu de jeter en pâture de pauvres citoyens», a notamment indiqué le deuxième adjoint au maire de Kaour, une collectivité territoriale du Sud-ouest de Goudomp, proche de la frontière avec la Guinée-Bissau.

28 ANS D’ERRANCE ET DE DESESPERANCE !

Dans une déclaration, jeudi dernier 18 juin, relayée par la radio Sud Fm, la présidente de la Plate-forme des femmes pour la paix en Casamance, Ndèye Marie Thiam, a exprimé son regret à propos de l’absence de dialogue durant l’accalmie. «Avec l’accalmie constatée depuis une longue période, nous avions pensé que l’Etat du Sénégal allait entreprendre des négociations sérieuses avec les combattants du MFDC ; mais il n’en était rien. Et voilà que la rechute plonge à nouveau cette région dans une crise armée. Ce qui est malheureux pour les populations. Il est temps d’aller vers une solution définitive à ce conflit», a-t-elle fait observer à l’opinion. Les villages de Singhère Diola et de Bissine sont à l’abandon, depuis 1992. Et depuis, les multiples tentatives des habitants de retourner dans leurs villages natales n’ont pas abouti. Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance tient à contrôler la zone. Mais, ces derniers jours, l’Armée y a renforcé sa présence et les échanges de tirs opposent les deux camps. Et l’explosion, lundi dernier, d’une mine à Bissine, dans la commune de Adéane, ayant fait deux morts dans les rangs de l’Armée, entre dans le sillage de ces hostilités. Mais, l’Armée, de son côté, rassure avoir le contrôle de la situation. Toutefois, les poses macabres d’engins explosifs inquiètent. D’ailleurs, une des mines anti char est découverte avant-hier, jeudi matin 18 juin, sur la piste qui mène vers la nouvelle carrière de Mandina Mancagne, un village riverain à la commune de Ziguinchor. Alertés par les populations, les militaires en position dans la zone l’on fait exploser.

LES VELLEITES DE REPRISE DU CONTROLE DE LA ZONE PAR L’ARMEE IRRITENT LES REBELLES

Plusieurs sources généralement bien informées renseignent que «la reprise des hostilités dans cette partie sud du pays fait suite à la volonté de l’Armée sénégalaise d’ouvrir une base militaire à Bissine Diola. «Ce cantonnement est fonctionnel depuis le lundi 4 mai. Et, depuis l’ouverture de cette unité avancée, les belligérants ont commencé à se regarder en chiens de faïences», a déclaré Mamadou Nkrumah Sané. Il assimile ces opérations de l’Armée à de la provocation. «C’est une provocation. Comment le gouvernement, à travers Robert Sagna et le GRPC (Groupe de recherche pour la paix en Casamance), veut nous faire croire qu’il veut négocier et, en même temps, chercher à s’approcher de nos camps ?», s’interroge Nkrumah Sané. Pour certains, «cette zone de Boussoloung est sous le commandement d’un chef rebelle nommé René, un des rescapés du démantèlement de la base rebelle de Bindialoum par l’Armée, en février 2018».

DES DISCORDANCES AU SEIN DU MFDC

Bien avant cette reprise des hostilités dans la zone de Bissine Diola et de Singhère Diola, des bruits de bottes faisaient entendre des discordances au sein du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Le bureau politique avait excommunié les sieurs Téréma Mané et Aliou Coly qui figuraient parmi les responsables dans le secteur de Bignona. Par la suite, la méfiance s’était renforcée, avec des supposés «facilitateurs du dialogue». Aussi, fait-on remarquer, «la proximité» d’Ibrahima Compass Diatta avec l’ancien maire de Ziguinchor, Robert Sagna, coordonnateur du Groupe de recherche pour la paix en Casamance (GRPC) à l’occasion, notamment des rencontres de Ziguinchor, Cap-Skiring et de Guinée-Bissau. D’autres sources annoncent l’arrestation, la semaine dernière, de César Diatta par les Forces Armées sénégalaises et dont le frère aurait succombé à une crise cardiaque, à l’annonce de cette nouvelle. C’est donc sur ces entrefaites que la situation s’est dégradée sur le terrain, pour le contrôle de la zone considérée comme un «No man’s land», depuis près de vingt ans.
Cette recrudescence de la violence risque fort de compromettre la recherche de solution, notamment avec l’approche de la Coordination sous-régionale des Organisations de la société civile pour la paix en Casamance (COSCPAC), forte de 176 structures dont 20 de la Guinée-Bissau et 26 de la Gambie. Cette COSCPAC avait le mérite de fédérer plusieurs factions et engager des actions décisives auprès des autorités sénégalaises et de bien d’autres acteurs influents des pays voisins pour tracer le chemin de la paix. Hélas ! Une grosse pierre vient de s’y poser. Mais, peut-être que la volonté des différents acteurs d’aller vers une paix définitive en Casamance pourrait relancer la machine du dialogue franc et sincère entre les parties en conflit ouvert depuis 1982, début de la crise armée.

MACKY SALL, LA CASAMANCE ET L’HISTOIRE PAR YORO DIA

https://www.lequotidien.sn/https://www.seneplus.com/Il reste à l’Etat l’essentiel : sortir de la guerre avec un accord de paix qui passe par une porte de sortie honorable pour Salif Sadio et ses derniers mohicans. Sinon de temps en temps, la violence résiduelle nous rappellera l’anachronisme de ce conflit
La mort de deux soldats qui ont sauté sur une mine nous rappelle qu’en Casamance même si l’Armée a gagné la guerre, nous n’en avons pas encore terminé avec la violence résiduelle inhérente à la sortie des guerres. Même si l’Armée et surtout les officiels n’aiment pas qu’on parle de guerre en Casamance, c’était une guerre que l’Armée a gagnée depuis longtemps. Ce sont les politiques qui n’ont pas pu encore gagner la paix, c’est-à-dire nous sortir de la guerre en trouvant un accord avec le Mfdc. C’est le moment ou jamais de trouver cet accord, parce que le fait même que l’Armée installe des bases à Bissine et Albondi est la preuve que le Mfdc «est réduit à sa plus simple expression», pour reprendre la formule de Macky Sall, parlant de son opposition. Le Mfdc en est réduit à sa plus simple expression avec la chute de Jammeh, la démocratisation de la Guinée Bissau et l’arrivée de Emballo au pouvoir. Non seulement le Mfdc n’a jamais fait le poids face à l’Armée, mais il est encerclé, car il n’a plus de repli ni au nord ni au sud, alors que dans les années 90 quand il était au fait de sa puissance, il avait du soutien en Gambie de Jammeh, le Néron de Banjul, et celui de la Guinée Bissau.
Donc, l’Armée du Sénégal n’a jamais été aussi forte et n’a jamais eu un contexte aussi favorable avec des pouvoirs amis en Gambie et en Guinée Bissau, alors que le Mfdc n’a jamais été aussi faible pour avoir perdu ce qui est vital pour une guérilla : le soutien des populations locales. Cette perte du soutien des populations locales est plus grave que la perte de celle de la Guinée Bissau et de la Gambie. Avec un Sénégal qui n’a jamais été aussi fort et un Mfdc qui n’a jamais été aussi faible, c’est le meilleur moment pour signer un accord de paix non pas en se fondant sur la doctrine de Gemayel, «si je suis si fort, pourquoi négocier et si je suis aussi faible, je n’ai rien à mettre sur la table pour négocier», mais en se fondant sur celle de Sir Winston Churchill : «La magnanimité envers un adversaire vaincu est non seulement moral, mais c’est aussi un bon investissement pour l’avenir.» C’est en se fondant sur cette maxime que Sir Winston Churchill demanda aux alliés d’aider l’Allemagne à se relever au lieu de l’humilier comme en 1918 lors du traité de Versailles.
Macky Sall a une chance historique de ramener la paix définitive en Casamance. La paix est à portée de main, mais semble hors de portée du courage politique. La paix est à portée de main, car il faut juste offrir une porte de sortie honorable à Salif Sadio et à ses derniers mohicans dont le combat n’a pas été vain, car ils nous ont permis de comprendre que le Sénégal, même s’il est indivisible, est une société plurielle. Le combat du Mfdc a beaucoup contribué à l’acceptation de cette société plurielle. Le Mfdc a apporté une mauvaise réponse à une vraie question (l’enclavement, le mépris culturel, refus de la société plurielle). L’Etat a apporté de bonnes réponses (désenclavement par les infrastructures, les avions, les bateaux), mais il lui reste l’essentiel : sortir de la guerre avec un accord de paix qui passe par une porte de sortie honorable pour monsieur Salif Sadio et ses derniers mohicans, sinon de temps en temps la violence résiduelle nous rappellera l’anachronisme de ce conflit. La plus vieille démocratie du continent ne peut traîner un des plus vieux conflits du continent. Si Macky Sall trouve un accord de paix, il aura une place de choix dans notre histoire que ni les ponts, les autoponts et les autoroutes ne peuvent lui donner, car il aura réglé notre crise nationale la plus grave et la plus longue et pourrait ainsi disputer la première place du podium de l’Histoire à Léopold Sédar Senghor.

Grosse escroquerie à l’ambassade des USA

Un grosse escroquerie financière secoue  l’Ambassade des Usa au Sénégal. En effet, la coopérative d’habitat mise sur pied par les employés locaux de la mission américaine au Sénégal est victime d’une escroquerie foncière portant sur 70 millions de francs CFA. Ce montant est, selon Vox Pop, une partie du fruit des cotisations mensuelles des adhérents. Le mis en cause, D. Gaye, est un employé de l’ambassade. Il est un ingénieur-électricien. Suite à une plainte déposée à la Division des investigations criminelles, après quelques semaines d’enquête, il sera arrêté et sera probablement déféré au parquet lundi prochain.

Mises en garde après les insultes proférées envers la communauté Halpulaar et la famille omarienne

https://www.tract.sn/Les jeunes Halpular et la fédération des Konu Cheikh Oumar Al foutiyou mettent en garde contre les insultes portées sur leur communauté et El Hadji Oumar Foutiyou Tall : «  A la suite des propos discourtois, inimaginables et qui frisent la folie de la jeune Sénégalaise établie en France sur nos vénérés guides à l’image de El Hadji Oumar Foutiyou Tall, Thierno Souleymane Baal, nos esprits se sont surchauffés » ont dit les jeunes. Et d’enclencher, « notre attitude est normale et compréhensible, vu toute la symbolique que représentent ces personnalités dans nos consciences et dans nos vies. Elle a insulté toute la communauté Peul en laissant entendre des propos discourtois à l’endroit des illustres leaders que furent Coli Tenguela Ba et Samba Gueladjiégui. Ceci doit cesser et immédiatement. Il se trouve qu’elle appartient à un groupe de jeunes Sénégalais établis à l’étranger et qui semble avoir une autre idée de la religion, de l’organisation de notre pays. En regardant les autres vidéos, le constat est amer : aucun guide religieux n’est épargné. Ce groupe n’a même pas épargné le Saint Coran. Il tente de discréditer des versets du Livre saint avec un argumentaire fallacieux. Tout porte à croire qu’il y a un puissant lobby derrière »Tract

Le «monde d’après» a besoin d’un engagement renouvelé en faveur de l’intégrité financière  Par Ibrahim Mayaki* et DaliaGrybauskaitė**  | 

La corruption, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent représentent des fléaux à l’échelle mondiale. La lutte contre les circuits opaques contribuant au financement du terrorisme s’est imposée comme une priorité pour la communauté internationale après les attentats du 11 septembre. Dès octobre 2001, le Groupe d’action financière internationale (GAFI) est devenu un acteur central de cette mobilisation. La surveillance des flux financiers susceptibles d’alimenter les mouvances terroristes s’est encore renforcée après l’avènement du prétendu « Etat islamique » de Daech, en juin 2014.
Mais ce prisme étroitement sécuritaire assigné à la lutte contre les mouvements financiers illicites néglige un aspect pourtant essentiel du phénomène qui nous préoccupe : l’impact de la corruption « ordinaire » et de l’évasion fiscale sur les politiques de développement et de santé. Il est considérable. Des experts ont calculé que 5% du produit intérieur brut mondial était perdu à cause de la corruption. Quant à l’évasion fiscale, et son corollaire, « l’optimisation fiscale », son coût se chiffre à près de 100 milliards de dollars annuels en perte de recettes pour les pays pauvres, selon les estimations de l’ONG Oxfam.
Ces sommes, si elles étaient recouvrées, permettraient par exemple de scolariser près de 124 millions d’enfants dans le monde. Rien que pour le continent africain, le Groupe de travail de haut niveau de l’Union africaine sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique, présidé par ThaboMbeki, concluait en 2015 que plus de 50 milliards de dollars étaient perdus à cause des malversations. Un montant équivalent aux flux de l’aide publique au développement !
Notre système international présente des failles qui permettent à des centaines de milliards de dollars de fonds publics d’être détournés, presque en toute impunité. La culture de la corruption reste malheureusement profondément enracinée partout. Il suffit, pour s’en convaincre, de se remémorer quelques-uns des scandales les plus retentissants de ces dernières années : la révélation des « Panama Papers », suivie par celle des « Paradise Papers », qui ont mis en évidence de façon irréfutable le rôle toxique des paradis fiscaux ; le scandale de corruption qui a ébranlé la Fédération internationale de Football (FIFA) et abouti au départ de ses dirigeants, ou encore le scandale du Fonds souverain malaisien 1MDB, qui a occasionné au moins 4 milliards de dollars de détournements…
Les pays en développement sont parmi les plus exposés au risque de malversations financières. Ils ont des capacités plus faibles. Leurs systèmes fiscaux manquent à la fois de personnel qualifié, de matériel et de logiciels adaptés pour faire respecter leurs propres lois législations, et pour mettre en œuvre les normes internationales.
Le président de l’Assemblée générale des Nations Unies et le président du Conseil économique et social des Nations Unies nous ont fait l’honneur de nous nommer, conjointement, à la présidence d’un Groupe de travail de haut niveau sur la responsabilité, la transparence et l’intégrité financière internationale, le FACTI PANEL. Le manque d’intégrité financière a un impact sur la capacité de chaque pays à mobiliser ses ressources et risque de compromettre la réalisation des Objectifs du développement durable à l’horizon 2030. Il pénalise d’abord les plus pauvres et les plus fragiles.
La crise du Covid-19 s’est propagée à l’ensemble de la planète, menaçant à la fois des millions de vies et l’économie mondiale. Dans l’urgence, gouvernements, institutions multilatérales et opérateurs économiques se sont mobilisés pour réagir. Cette urgence ne doit pas se faire au détriment des principes d’intégrité financière, mais doit au contraire entraîner leur renforcement. Tout doit être mis en œuvre pour empêcher que l’aide indispensable ne soit en partie détournée.
Nous vivons une crise d’une ampleur inédite.Le manque de ressources internes pour assurer un accès universel aux soins et des filets de protection sociale basiques à ceux qui ont perdu leurs moyens de subsistance à cause de cette pandémie rendent encore plus condamnable la perpétuation des pratiques de corruption, d’évasion fiscale et les profits illicites. Les Etats, surtout les plus fragiles, ont besoin d’assiettes fiscales stables pour leur permettre de financer leurs dépenses sanitaires et sociales.
L’ensemble de la communauté internationale se mobilise. Nous devons agir collectivement, car en matière de fraude fiscale et de corruption, les flux illicites se jouent des frontières. En agissant à l’échelle mondiale et en renforçant la coopération internationale, nous pouvons trouver les moyens de mettre en place des systèmes financiers plus solides et imperméables à ceux qui sont tentés d’exploiter les lacunes ou les failles des règles existantes.
Plus que jamais, le Panel que nous présidons est déterminé à poursuivre ses travaux. Nous sommes déterminés à contribuer à la création de systèmes financiers mondiaux et nationaux qui soient intègres, justes et équitables. La pandémie offre un argument de poids pour améliorer la bonne gouvernance et l’Etat de droit. Elle doit nous inciter à renforcer notre détermination collective à lutter contre les abus financiers dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires sont réduites. Cette crise peut constituer un tournant majeur. https://afrique.latribune.fr/
(*) Ibrahim Mayaki, Secrétaire Exécutif du NEPAD, est ancien Premier ministre du Niger  et co-président du FACTI-PANEL.
(**) Dalia Grybauskaitėancienne présidente de la République de Lituanie, est co-présidente  du FACTI-PANEL.

LES PIQUES L’AS DE CE WEEK-END

SenePlus  |   Publication 20/06/2020
https://www.seneplus.com/sites/default/files/styles/thumbnail/public/logo%20AS.jpg?itok=LAp3nMjx

Les écoles privées réclament le paiement de toutes l’année scolaires

Les parents d’élèves vont devoir s’acquitter des trois mois de vacances forcées dues à la covid19. Ainsi en ont décidé les écoles privées regroupées autour d’un collectif. Dans une déclaration de presse, ces organisations ont d’abord salué la décision du gouvernement de rouvrir les classes le 25 juin prochain. Cependant, elles demandent le respect du protocole sanitaire. Aussi, ont elles appelé le gouvernement à rallonger et à libérer immédiatement la subvention promise dans le cadre du plan de riposte contre la covid-19. D’après les acteurs de l’enseignement privé catholique ceux de l’enseignement arabo-islamique ainsi les parents d’élèves, une année scolaire s’étend du 1er octobre au 31 juillet. Par conséquent, ils demandent aux parents d’élèves de payer les mensualités dues.

Un nouveau cas importé à Fatick

Restons dans la région de Fatick qui est en passe de devenir un bastion des cas de Covid-19 importés. Selon nos sources, un homme âgé de 52 ans a été testé positif à la covid-19. Il habite le village de Senghor dans la commune de Nioro Alassane Tall, département de Foundiougne. Le cas importé est revenu récemment de la Sierra Leone, plus précisément de Freetown (capitale). Il sera sans doute comptabilisé aujourd’hui par le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Ce qui porte à trois le nombre des cas importés, recensés dans la région de Fatick, en une semaine. Ils viennent tous de Freetown. Les deux premiers cas sont tous des employés de la CSE.

Abdourahmane Sow du Cos/M23 testé positif

Le coronavirus a chamboulé l’agenda de Abdourahmane Sow, leader du Cos/M23. Il ne pourra pas prendre part à beaucoup d’activités. Pour cause, Abdourahmane Sow a chopé le virus alors qu’il était en pleine campagne de sensibilisation contre la pandémie. Il est interné dans un centre de prise en charge. Il risque de rater cette année la célébration de la journée du 23 juin. «(…) Tout se fera sans nous, parce que Seul Allah est indispensable», admet-il dans un post sur Facebook.

Les propositions des enseignants de And-Jëf/Pads

Les enseignants de And-Jëf/Pads alertent sur le danger que constitue la reprise des cours. Selon les membres de la Fédération des Enseignants Follistes, c’est au moment où ils sollicitent une rencontre avec le ministre de l’Education nationale pour lui soumettre leurs propositions que le gouvernement a décidé de rouvrir les écoles le 25 juin. A les en croire, une analyse concrète de la situation actuelle montre que les conditions qui avaient entraîné le renoncement à l’ouverture des classes le 2 juin 2020 n’ont pas évolué positivement. La pandémie reste en expansion avec, tout dernièrement, 19 décès en 4 jours, ce qui n’était jamais arrivé depuis le début de la maladie. A cela s’ajoute l’hivernage qui est déjà installé dans de nombreuses localités avec parfois d’énormes dégâts touchant de très nombreux abris provisoires (sur les 6 000 que compte le pays), des écoles inondées sans compter la stigmatisation dont les enseignants sont victimes. Autant de choses qui ne militent pas, à leurs yeux, en faveur d’une reprise correcte des cours le 25 juin 2020. Sans compter le sort des élèves des classes intermédiaires pour qui rien de très précis n’a été proposé. Les enseignants follistes proposent la reprise des cours en début octobre.


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