MAMADOU NDAO,CONSEILLER TECHNIQUE NUMERO 1 DU MINISTRE DU TOURISME ET DES TRANSPORTS AÉRIENS : «Le nouveau plan stratégique mise sur le Tourisme interne« 

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MAMADOU NDAO,CONSEILLER TECHNIQUE NUMERO 1 DU MINISTRE DU TOURISME ET DES TRANSPORTS AÉRIENS : «Le nouveau plan stratégique mise sur le Tourisme interne« 

http://lesoleil.sn/-Le ministère du Tourisme et des Transports aériens vient de se doter d’un Plan stratégique de développement 2020-2025 qui dégage les orientations fortes et fixe le cap dans le sillage du Pse. Dans ce document, la question de la relance du secteur du tourisme occupe une place centrale. Et l’une des options retenues, c’est de miser sur le tourisme intérieur pour accélérer la reprise et favoriser un redressement durable du secteur.

En réunion du Conseil des ministres du mercredi 27 mai 2020, le chef de l’Etat a demandé à ce que le secteur du tourisme soit érigé en priorité dans le Plan global de relance de l’économie en cours de finalisation. Qu’est-ce qu’on doit entendre et comprendre ?

Ce qu’il faut comprendre de cette décision du chef de l’Etat, c’est sa cohérence par rapport à sa vision définie dans le Pse, qui fait du Tourisme et des Transports aériens, notamment à travers le hub régional multiservices, un des porteurs de la croissance de notre pays. Je voudrais rappeler que le Tourisme est la première industrie au monde, par conséquent, un choc mondial de ce genre a fatalement un impact négatif sur toute la chaîne de valeur au plan national. Aujourd’hui, la fermeture des établissements d’hébergement, des agences de voyage et des aéroports, consécutive à la fermeture des frontières, a remis en cause les prévisions attendues, au niveau des indicateurs macroéconomiques nationaux. Il y aura certainement des pertes de recettes de l’Etat notamment sur les taxes et impôts à collecter.
On doit aussi s’attendre à une baisse de la production, qui impactera sur la contribution du secteur au Pib ; de même que sur le déficit de la balance commerciale. Sans compter la baisse des investissements publics comme privés et les pertes d’emplois qui auront des incidences au niveau de l’Ires et de la sécurité sociale des travailleurs. En résumé, voilà quelques raisons, et pas des moindres, pour lesquels le Président de la République Macky Sall a décidé d’ériger le Tourisme et les Transports aériens en priorité dans le cadre du Plan de résilience économique et sociale et d’y consacrer des moyens conséquents.

Au-delà de ce soutien aux acteurs à travers par exemple le crédit hôtelier, qu’est-ce qu’il y a lieu de faire pour relancer le secteur touristique durement touché par la pandémie de la Covid-19 ?

Le département vient  de se doter d’un Plan stratégique de développement du tourisme et des transports aériens 2020-2025 qui dégage les orientations fortes et fixe le cap dans le sillage du Pse. C’est pourquoi la nouvelle stratégie post-Covid-19 du secteur du tourisme et des transports aériens du Sénégal va mieux aligner le secteur sur les projets phares du Pse.
Elle offre désormais une déclinaison opérationnelle claire de la vision et de la stratégie globale du Pse dans un de ses secteurs moteurs. La feuille de route détaillée de la nouvelle stratégie, avec ses 25 chantiers prioritaires, permettra d’en assurer une exécution efficace et en « fast-track ». Il faut ajouter que le ministère du Tourisme et des Transports aériens, en analysant les perspectives post-Covid-19, a misé sur le « tourisme interne » pour accélérer la reprise et favoriser un redressement durable de ce secteur, identifié parmi ceux prioritaires dans le cadre du Plan Sénégal émergent.
Le tourisme interne comprend les voyages touristiques à l’intérieur des frontières, réalisés par les résidents nationaux et non nationaux. Il joue un rôle particulièrement important en temps de crise. La Covid-19 représente aujourd’hui une opportunité réelle d’augmenter la fréquentation des lieux d’hébergement touristiques par les Sénégalais, et de positionner notre pays comme l’une des destinations touristiques majeures pour les résidents.

Avez-vous évalué les pertes commerciales occasionnées par la pandémie de la Covid-19 sur le secteur touristique en général et sur les hôteliers en particulier ?

L’analyse de l’impact de la Covid-19 réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) montre qu’au cours des trois premiers mois suivant le choc, le secteur du tourisme a enregistré des pertes de chiffre d’affaires à hauteur de 119,7 milliards de FCfa. Une analyse de ces pertes par chaînes de valeur renseigne que les activités d’hébergement vont connaître une perte de 79,2 milliards FCfa en chiffre d’affaires ; la restauration hors hôtels 34,1 milliards de FCfa ; le transport routier 4,8 milliards de FCfa ; les services sportifs, culturels et autres services récréatifs 5,2 milliards de FCfa et les autres biens et services caractéristiques du tourisme propre au pays 2,3 milliards de FCfa.

La pandémie de la Covid-19 est arrivée au moment où Air Sénégal prenait son envol. Doit-on s’inquiéter pour sa survie ?

La pandémie n’a épargné aucun secteur, aucune compagnie aérienne dans le monde. Nous espérons dépasser cette situation très bientôt. Mais, comme vous l’avez relevé, les décisions prises par les Etats dont le nôtre de fermer leurs aéroports aux vols commerciaux, pour lutter contre la pandémie, ont conduit, par exemple, notre compagnie nationale Air Sénégal à arrêter ses dessertes, à clouer au sol ses avions et à mettre au chômage technique une partie de son personnel. De ce fait, son plan de développement a subi un coup d’arrêt. Toutefois, dans le cadre du Programme de résilience économique et social (Pres), le gouvernement du Sénégal a pris les devants et a anticipé pour préparer la relance, en accordant une enveloppe de 45 milliards de FCfa, pour soutenir le hub de la compagnie nationale Air Sénégal Sa.
En plus de cet appui financier, les entreprises du secteur vont bénéficier d’un différé de paiement des taxes et impôts. Le montant attribué au transport aérien est dédié au financement ci-après  : un apport en fonds propre de la compagnie pour le paiement des dettes avions et son fonctionnement ; les investissements immédiats notamment le Centre de maintenance aéronautique (Mro), avec la mise en place de la société de projet afin de faire d’Air Sénégal Sa une société de maintenance ; le démarrage du projet de l’institut de formation aux métiers aéronautiques surtout pour le personnel navigant de la compagnie ; la mise en place de la deuxième société d’assistance au sol en commençant par l’assistance domestique ; le démarrage des travaux de l’aéroport de Cap-Skirring pour améliorer les dessertes d’Air Sénégal Sa ; les dettes Rdia d’Air Sénégal Sa.
Vous le remarquerez, le développement du hub aérien sous-régional du Pse implique la fourniture de tous les services du transport aérien (donc diversification) et bien entendu, la maîtrise de toute la chaîne des métiers de l’aéronautique civile qui sont pris en compte dans les postes de financement retenus. C’est le cas du projet d’institut de formation aux métiers de l’aéronautique à l’Aéroport internationale Blaise Diagne. Je signale que ce n’est pas qu’Air Sénégal car, sur instructions de Président de la République, un fonds de 10 milliards de FCfa a été mis en place le 02 juin 2020, dans les mêmes formes à peu près que le crédit hôtelier et touristique, pour venir en aide aux acteurs du secteur aéroportuaires eux aussi durement impactés avec ses 5 000 emplois directs. Entretien réalisé par  Elhadji Ibrahima THIAM


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