Revue de Presse du Vendredi 22 Mai 2020

Unes de la Presse du Vendredi 22 Mai 2020
Unes de la Presse du Vendredi 22 Mai 2020
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#SenCaféActu du 22 Mai 2020 Par Adama Sow

A la Une :
·        Le Sénégal accepte les tests de vaccin contre le covid-19
·        Affaire Senelec-Akilee : Babacar Ngom fait son mea-culpa
·        Le cri du cœur du Pr Mamadou Diop de l’hôpital Le Dantec : « Le cancer est en train de décimer les populations avec 70% de décès, 30000 malades perdus en 3 ans »

1-Covid-19 : Dakar à bout de souffle qui s’approche des 2000 cas positifs. La capitale a fini d’exploser le compteur de la maladie, malgré le silence des responsables de la région médicale et des districts.152 cas ont été détectés en 48h. Cette situation est devenue presque intenable pour les centres de traitements des malades au bord de la rupture. Le ministère de la santé, serait en train de concevoir un « un nouveau plan de guerre pour Dakar », selon Libération
2-Affaire Senelec-Akilee : Babacar Ngom le Président du Club des Investisseurs sénégalais fait son mea-culpa : Voici un extrait de sa lettre d’excuses :
«  Voici qu’au moment où il ambitionne de déployer ses ailes dans le ciel des affaires du pays, le CIS est pris dans une tempête.
La cause : une motion de soutien à une jeune entreprise sénégalaise dont les principaux acteurs sont membres du CIS.
Erreur sur le fond comme sur la forme. Sur le fond, je ne connais pas les termes du contrat liant AKILEE à la SENELEC et sur la forme nous n’avions pas consulté tous les membres.
Je voudrais, humblement, sincèrement reconnaitre, ici et maintenant, mon erreur et présenter mes excuses à tous ceux que cela a dérangé, déplu ou agacé. Mea culpa, maxima culpa !
L’erreur est humaine, je reconnais la mienne et saisis l’occasion de ce mois de pardon pour présenter mes excuses et solliciter le pardon de tous ».
3-Plan de contingence du covid-19 : Le Sénégal vers une nouvelle stratégie de prise en charge. Dr Abdoulaye Bousso  est formel, « si l’ampleur de la maladie continue, nous allons adopter la prise en charge des malades à domicile. Nous assumons le choix de la stratégie dynamique, qui évolue selon le contexte et les réalités sénégalaises. Le vrai défi aujourd’hui, est d’enlever la stigmatisation des malades dans la tête des sénégalais. Malgré les mesures d’assouplissement prises, la situation peut être totalement gérée par le système sanitaire, si chaque sénégalais prenne ses responsabilités et respecte les mesures. Sur les chiffres, nous nous sommes rendus en compte que le nombre cas positifs double tous les 11 jours, en moyenne, au Sénégal ». Dr Bousso participait à l’émission d’Abdoulaye Cissé de la TFM
4-Le Sénégal s’est porté volontaire pour faire partie des pays de test des nouveaux vaccins contre le coronavirus : C’est une révélation du Dr Mady Ba Incident manager et coordinateur de la riposte covid-19 de l’OMS au Sénégal, hier, sur la TFM. Malgré des dénégations de quelques autorités, le représentant de l’OMS à Dakar, a annoncé que le Sénégal a accepté de tester les vaccins qui seront proposés pour combattre le coronavirus

5-Le drame causé par les  autres pathologies en dehors du covid-19 : Une immersion au Centre de traitement du cancer de l’hôpital Le Dantec, a permis de mesurer les dégâts causés par les pathologies comme le cancer. Selon le Professeur Mamadou Diop chef du service de l’Institut, interrogé par  Fatou Kiné Dème, le cancer a tué plus de 30000 sénégalais ces dernières années. Au Sénégal, si l’on en croit Pr Diop, 70% des malades atteints du cancer meurent, et qu’il est temps d’accorder plus d’attention à cette maladie qui ravage des milliers de vies dans notre pays

6- Le séjour en résidence surveillée d’Hissen Habré prolongé : Selon le ministre de la justice, Maitre Malick Sall, la décision serait normale. « A ce que je sache nous sommes toujours à l’état de pandémie Covid-19 et c’est ce qui fait que le juge a autorisé la permission à Hissein Habré. L’ordonnance du juge dit que ce délai est renouvelable. Ce, en tenant compte des raisons qui avait permis au juge de prendre cette décision », a-t-il confié à notre confrère Ndiogou Diène
7- : Le bracelet électronique dans 6 mois : Cette mesure, d’après le ministre de la Justice, Malick Sall, pourrait être opérationnelle dans un délai de 6 mois. « Ce bracelet va fonctionner à partir d’un système de géolocalisation par satellite. On a déjà testé cela avec une structure sénégalaise. Le bracelet peut durer 20 ans. Si la personne doit porter cela, on lui place une puce. Et, si elle est dispensée de sa peine, on enlève la puce et on remet le bracelet à quelqu’un d’autre », a expliqué le ministre qui indique que l’Assemblée nationale va traiter le dossier de façon diligente afin que la mesure soit opérationnelle dans 6 mois », informe le Garde des sceaux repris par Emédia

Ne détruisez pas les terres du phare des Mamelles !

Rappel historique

Construit en 1864 par les colons français, soit un an avant le port, le phare des Mamelles sert depuis lors de repère aux navigateurs. Tous les soirs, son faisceau blanc apparaît dans le ciel à la tombée de la nuit à raison d’une rotation toutes les cinq secondes, il est visible à une distance de 53 km.
Le phare des Mamelles est un phare situé sur la presqu’île du Cap-Vert, à environ 4 km au sud-est de la pointe des Almadies — l’extrémité occidentale du continent africain — dans la ville de Dakar (Sénégal), sur la plus occidentale et la plus grande des deux collines volcaniques coniques nommées les Mamelles.

Le  phare c’est un point de repère pour les marins et les grands bateaux.

Le phare des Mamelles est le premier phare d’atterrissage de cette partie de l’Afrique. Son histoire est donc très liée à celle de toute la zone de l’Afrique de l’Ouest ouverte sur l’océan atlantique.
Servant de repère aux bateaux et aux avions dans toute cette partie de l’océan atlantique, le phare  est alors un patrimoine historique à préserver et à défendre pour les générations futures, mais aussi pour la sécurité aérienne et maritime. Un accord gouvernemental a placé le Service des phares et balises du Sénégal sous la responsabilité duPort Autonome de Dakar.

Exposé des motifs ou pourquoi nous devons nous mobiliser pour préserver ce patrimoine

Le site géologique des Mamelles est inscrit à la liste des sites et monuments historiques classés ; il fait ainsi l’objet d’une protection règlementaire particulière et est ainsi « non aedificandi ».
Rare espace vert encore non encore totalement détruit par l’urbanisation sauvage et l’occupation anarchique du littoral de Dakar, il fait cependant l’objet de bien des convoitises de la part de promoteurs immobiliers et autres responsables privilégiés proches des pouvoirs politiques et financiers qui pensent avoir un droit de vie sur tous les biens communs.
C’est ce qui explique toutes les tentatives d’aliénation, d’occupation du littoral et aujourd’hui de cette assiette foncière du phare avec des lotissements et/ou construction présentant une apparence de légalité très douteuse et compromettante délivrée par on ne sait quelle magie sur une zone sismique et qui sert encore de site d’études à toutes les écoles du Sénégal. En réalité, aucune autorisation ; aucune occupation, aucun lotissement ne devraient être accordés sur les rayons de 500m du phare si l’on en croit les spécialistes géologues.
Aujourd’hui, ce patrimoine est menacé par des promoteurs véreux soutenus par des complices sans civisme ni patriotisme à l’intérieur de certains services administratifs. Un site classé Patrimoine mondial, n’appartient plus seulement au Sénégal ; et moins encore à des bénéficiaires privilégiés. Le phare est menacé par différents actes que sont l’exploitation des pierres par un système d’explosifs ; mais aussi par des constructions immobilières et hôtelières juste aux flancs du phare.
La dernière découverte a été ce chantier où un certain monsieur serait détenteur de titre foncier et qui s’est permis de débarquer un arsenal de matériels de construction pour venir creuser les racines du phare déjà menacé par d’autres actes abjects. La preuve par l’image ! Jugez-vous-mêmes !! (photos en illustration de ce texte).
Voilà ce qui se passe en ce moment sous notre Phare, un patrimoine mondial, un site géologique qui a servi de travaux de mémoire à notre chef d’Etat, le président Macky Sall, un lieu d’apprentissage pour nos écoles ; un outil de guide sécuritaire pour les navigations aérienne et maritime ! Aux côtés du Port Autonome de Dakar, qui a la responsabilité de ce site, nous allons défendre le phare et arrêter toutes les tentatives d’accaparement de cette assiette foncière si importante.
Pour arrêter tout ce désastre écologique avec tous les risques sécuritaires qui vont avec ; nous citoyens sénégalais, soucieux de l’intérêt supérieur de la Nation, avons pris l’engagement de nous mobiliser ensemble autour d’un Comité citoyen pour la préservation du Phare des Mamelles de Dakar, en nous appuyant sur les expériences de la Plateforme pour l’environnement et la Réappropriation du Littoral (PERL) avec les Huit Objectifs déclinés dans la presse par son président, M. Moctar Ba, sans oublier le beau dossier de reportage déjà fait par un journaliste, Pape Alé Niang sur cette question d’occupation anarchique du littoral et de la privatisation de notre corniche. Le Collectif « Touches pas aux terres du Phare des Mamelles » s’engage sans réserve à défendre ce patrimoine de l’Humanité qui appartient en définitive aux générations futures du monde entier. Il met en garde toutes les personnes qui voudraient s’accaparer de ce patrimoine au détriment de toutes et de tous ! Il invite toutes les sénégalaises et tous les sénégalais, les citoyens du monde, à se joindre à ce groupe constitué de personnalités physiques et morales pour préserver cet espace qui est un bien commun.

Les signataires de cet appel 

Le Forum social sénégalais, La Plateforme pour l’environnement et la Réappropriation du Littoral (PERL), La Convergence Africaine contre l’accaparement des terres- Eaux – Semences (section Sénégal), L’Organisation des Jeunesses panafricanistes, Général Mamadou Mansour Seck, Moctar Ba, M. Riad Kawar, Marie Angélique Savané, Anne Marie Senghor Boissy, Alioune Tine, Babacar Diop Buuba, Mamadou Mignane Diouf, Sérigne Cheikh Mbacké, Sene Halimatou Barry, Charles Owens Ndiaye, Papis Thiabou, Gnokhobaye Diouf, Dior Diom, Mamadou  Bailo Bah, Marie Mbatio Ndiaye, Famara Diédhiou.

A la Recherche des décrets d’Application de la loi 2011-07 du 30 mars 2011 portant Régime de la propriété foncière Par Maître Cheickh Tidiane DABO

https://www.pressafrik.com/Au Sénégal, la question foncière ou encore celle de l’utilisation des terres, constitue un sujet d’actualité, car de la terre, la famille trouve un moyen de subsistance, le pays une partie de sa richesse et l’état social sa stabilité.
La terre revêt une importance capitale dans la vie de l’homme et de la société du fait qu’elle est source de développement économique. Elle est pouvoir dans la mesure où elle tient l’élevage, l’agriculture, l’habitation et les ressources naturelles.
Sous le régime de Maître Abdoulaye WADE le Sénégal avait engagé un important chantier dans la réforme foncière. Cette réforme visait à rassembler des textes disparates hérités de la colonisation comme le décret du 26 juillet 1932 portant réorganisation du régime de la propriété foncière en Afrique Occidentale Française.
Deux éminents magistrats sénégalais Biram SENE et Adama TRAORE ont mené un important travail de recueil de textes fonciers et domaniaux avec des annotations et de la jurisprudence consignées dans un livre publié aux éditions Abis dont la dernière édition est sortie en 2019.
Cette nouvelle loi 2011-07 du 30 mars 2011 concentre l’essentiel des procédures applicables dans le domaine foncier, et son application après promulgation aurait dû être précédée par un décret d’application qui en prévoit les modalités. Certaines dispositions prévoient expressément le renvoi au décret d’application quant à leurs modalités de mise en œuvre.
Aujourd’hui une prolifération du contentieux dans le domaine foncier de plus en plus remarquée justifiant que la rigueur et la clarté puissent être érigées comme bouclier à la sécurité juridique des citoyens.
Au Sénégal, les litiges fonciers constituent l’une des premières causes de saisine de nos juridictions (civiles, administratives et correctionnelles) et engorgent les rôles des tribunaux.
Cette clarté dans les textes applicables trouve une partie de sa justification dans le constat que la richesse du pays dépend toujours, pour une partie significative, de la mise en valeur de son patrimoine immobilier et que les investissements qui doivent accompagner cet effort national ne peuvent être obtenus sans un règlement efficace des litiges fonciers qui donne la sécurité juridique désirable aux mutations immobilières.
En ce qui concerne la loi du 30 mars 2011, son contentieux est prévu à l’article 39 du Titre II relatif au fonctionnement du Régime de la Propriété foncière qui comporte un Chapitre premier intitulé Immatriculation des Immeubles et une Section première traitant de la procédure d’immatriculation.
Il résulte littéralement de l’alinéa 3 de l’article 39 ci-dessus que « les règles régissant le contentieux né de la procédure de l’immatriculation sont fixés par décret.»
Il en va de même en matière d’inscription de droits réels sur le titre foncier car sa notification est faite dans les formes prévues par décret conformément à l’article 66 alinéa 3 de la loi précitée.
Plus décisivement, l’article 95 alinéa 2 du Titre IV concernant les frais et émoluments plus particulièrement les salaires des conservateurs de la propriété et des droits fonciers de salaires représentatifs du travail matériel effectué et de la responsabilité assumée traités dans l’article 94, nous enseigne que ces salaires visés sont déterminés dans les conditions fixées par décret.
Mieux encore, l’organisation des bureaux de la conservation de la propriété et des droits fonciers sont créés dans des conditions fixées par décret ainsi que la fixation des limites territoriales dans lesquelles chaque bureau est compétent conformément aux dispositions des articles 7 et 8 de la loi de 2011. Il ressort donc d’une lecture combinée de ces différentes dispositions qu’un décret est nécessaire pour l’application de certaines dispositions de cette loi si ce n’est pas toute la loi qui en requiert.
A ce stade, il n’apparaît nulle part, la publication d’un décret de renvoi qui permet l’application des dispositions de cette loi si importante pour la sécurité juridique des sénégalais et le respect du droit de propriété.
Aujourd’hui, l’absence d’une norme de référence officielle rend quasiment impossible l’application de certaines dispositions de la loi de 2011.
Cette analyse vaut pour la loi n°2002 du 16 août 2002 portant Code de la marine marchande. Certains articles de cette loi renvoient à un décret d’application par exemple sur l’organisation maritime article 3 Zones et services maritimes, articles 11 et 12 sur limites des zones portuaires et Administration des ports maritimes.
Des décisions prises sur la base de disposition nécessitant un décret d’application jamais pris sont nulles et non avenues et créent une situation dangereuse dans l’ordonnancement juridique et administrative.
Les autorités doivent impérativement intervenir pour pallier à cette carence notée dans l’application des lois visées et dont certaines dispositions demeurent inapplicables voir illégales en l’absence de décret organisant leur mise en œuvre ou leur applicabilité.Maître Cheickh Tidiane DABO,Intervenant en droit des Etrangers de l’Investissement du Financement et du Foncier,Avocat au Barreau de Strasbourg – France–Tel 77 711 03 05–Tidiane67@gmail,com

Fin du franc CFA, le début du changement pour la zone franc ouest-africaine

http://www.rfi.fr/fr/Le désengagement français du CFA, acté par une loi adoptée en Conseil des ministres à Paris le mercredi 20 mai, ne signifie pas la disparition de la monnaie en circulation dans les huit pays de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Mais pour ces pays s’ouvre une période de transition et de réflexion commune sur l’avenir de leur monnaie.
Le franc CFA est un mort en sursis, et la durée du sursis dépend uniquement des pays ouest-africains. En effet, Paris vient d’acter son désengagement de la gestion de cette monnaie. Les représentants français se retirent des instances de gouvernance monétaire comme la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Cette dernière peut désormais enlever ses réserves de change des coffres forts du Trésor français où la moitié était logée. La garantie en cas de crise monétaire – que Paris présente comme une assurance tous-risques – ne disparaît pas, moyennant quoi la France continuera d’être informée des décisions monétaires des pays de la zone UMOA.
C’est donc une période de transition qui s’ouvre. Les chefs d’État des huit pays concernés doivent dans un premier temps entériner la décision française et procéder à certains ajustements en révisant notamment les statuts de la BCEAO, puisque la France a retiré ses représentants. Le premier changement concerne donc la gouvernance monétaire, comme la politique de taux d’intérêt, de réserves obligatoires ou encore l’émission monétaire qui sont désormais entièrement du ressort des dirigeants de la zone.

Conserver ou non le nom des billets actuels

Il faut ensuite décider quoi faire avec le franc CFA nouvelle version. Un consensus semble se dessiner pour ne pas changer la monnaie physique dans l’immédiat, et ce, pour deux raisons au moins. En effet, les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) non membres de la zone franc sont défavorables à l’idée que les pays de l’UEMOA utilisent le nom d’Eco pour leur monnaie de transition. L’Eco étant le nom réservé pour la monnaie commune des quinze membres de la Cédéao. S’ils le souhaitaient, les pays de l’UMOA pourraient décider de baptiser autrement le franc CFA durant cette transition, mais cette solution, si elle présente l’avantage de satisfaire la frange de l’opinion qui veut se débarrasser des symboles de la françafrique, est jugée coûteuse et complexe à mettre en œuvre.
« Il faudrait au moins trois années pour y parvenir, explique l’économiste sénégalais Moubarack Lô, le temps de trouver un nom, d’imprimer, de distribuer les nouvelles coupures et de retirer les anciennes. » Il juge qu’une telle opération n’apporterait pas grand-chose dès l’instant où la Cédéao maintient son idée d’une monnaie commune. Dans un premier temps, donc, le franc CFA continuera de circuler au sein de l’UMOA, sans aucun changement pour les ménages et les consommateurs concernés.
Combien de temps cela durera-t-il ? « Tout dépendra de la volonté des pays de la Cédéao d’arriver à l’Eco », répond Moubarack Lô. Pour l’heure, le Nigeria est réticent à se lancer dans une monnaie commune tant que la convergence économique entre les pays ne progresse pas. C’est la raison invoquée en février dernier pour sa demande d’un report de la mise en route de l’Eco. De plus, certains de ses voisins redoutent qu’en raison du poids économique du Nigeria, le futur Eco soit un Naira (monnaie en circulation au Nigeria) déguisé.

Vers un Eco pour les seules banques centrales ?

Devant ces contradictions et divergences, la mise en œuvre ou non de l’Eco est une pomme de discorde qui menace la cohésion même de la Cédéao. Les quinze pourraient, dans un premier temps, opter pour une solution intermédiaire, propose Moubarack Lô « qui consisterait à créer un Eco pour les échanges entre banques centrales de la Cédéao. Cette solution aurait l’avantage de faire progresser la question de l’Eco et donc de préserver la cohésion de la Communauté, tout en ménageant ceux qui ne veulent pas aller trop vite vers l’adoption d’une monnaie commune ». Moubarack Lô, directeur général du Bureau de prospective économique et ancien économiste en chef du Premier ministre sénégalais, précise que cette proposition ne reflète pas la position officielle de l’État du Sénégal.
En attendant l’arrivée de l’Eco, les pays de la zone UMOA ont désormais leur destin monétaire en main. S’il est peu probable que la politique de stabilité actuelle qui a fait ses preuves, notamment en matière de lutte contre l’inflation, fasse l’objet de profonds bouleversements, certains économistes préconisent néanmoins que le CFA soit rapidement arrimé à un panier de devises et non plus seulement à l’euro afin « d’introduire une flexibilité monétaire encadrée », selon l’expression de l’économiste togolais Kako Nubukpo.
Libérés de la tutelle monétaire française, les acteurs et les décideurs économiques de l’UMOA savent qu’ils peuvent désormais aborder sans complexe des questions qui, hier encore, faisaient figure de tabous. Texte par :Olivier Rogez

Fin du FCFA: Les contours de la convention France-Umoa

https://www.lejecos.com/Le 20 mai dernier, en Conseil des ministres, le gouvernement français a adopté le projet de loi qui entérine la fin du Franc Cfa. Selon le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de l’Economie et des Finances de France, le positionnement de la France évolue pour devenir celui d’un strict garant financier de la Zone.
« Les paramètres fondamentaux de la coopération ne sont toutefois pas modifiés : le régime de change demeure inchangé, avec un maintien de la parité fixe entre l’euro et la devise de l’Union tout comme la garantie illimitée et inconditionnelle de convertibilité assurée par la France»,explique-t-on.
Ainsi, l’accord pose les axes de la réforme (mention dans le préambule du changement du nom de la monnaie, de la suppression du compte d’opérations et du retrait de la France des instances de gouvernance, dans le contexte de la création progressive d’une monnaie unique à l’échelle de la Cedeao), tout en conservant explicitement le régime de change fixe vis-à-vis de l’euro et la garantie illimitée de la France.
L’accord fixe également le principe de la présence au Comité de politique monétaire (Cpm) de la Bceao d’une personnalité indépendante et qualifiée nommée intuitu personae par le Conseil des ministres de l’Umoa, en concertation avec la France.
Cette personnalité, qui prendra part aux délibérations, sera choisie en fonction de son expérience dans les domaines monétaire, financier ou économique. Selon le document, l’accord fixe les principes généraux des relations entre la France et les instances de l’Umoa, en renvoyant le détail à des textes subordonnés (convention de garantie ; échanges de lettres entre la France et la Bceao pour fixer les modalités des échanges d’information nécessaires pour permettre à la France de suivre l’évolution de son risque ; détermination par accord ad hoc des parties pour les réunions techniques de suivi). Il prévoit la possibilité pour chacune des parties à l’accord de demander une réunion lorsque les conditions le justifient, notamment en vue de prévenir ou de gérer une crise.
Dans l’accord, il est aussi prévu qu’en situation de crise sévère (taux de couverture de la monnaie, soit le rapport entre le montant moyen des avoirs extérieurs de la Bceao et le montant moyen de ses engagements à vue, inférieur à 20%), la France pourra désigner, à titre exceptionnel et pour la durée nécessaire à la gestion de la crise, un représentant au Comité de politique monétaire.
« La transformation du rôle de la France en celui d’un strict garant financier se traduit ainsi par la fin de sa représentation dans les instances techniques de gouvernance de la Zone où elle ne disposera plus, hors cas de crise, de droit de vote », précise-t-on.Adou FAYE

France-Umoa: Retour sur l’historique des négociations qui ont abouti à l’accord qui met fin au Franc CFA

https://www.lejecos.com/-Le Conseil des ministres français a adopté en sa session du mercredi 20 mai 2020, le Projet de loi autorisant l’approbation de l’accord de coopération entre le gouvernement de la République française et ceux des Etats membres de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa). Le journal de l’économie sénégalaise (Lejecos) refait ainsi un passage de l’historique de cet accord signé le 21 décembre 2019.
Au cours de l’année 2019, les autorités de l’Umoa ont fait part de leur souhait de voir évoluer le fonctionnement de leur coopération monétaire avec la France. L’objectif était de parvenir à une réforme participant à la modernisation de l’Umoa, mais aussi facilitant son extension progressive aux sept autres pays de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Les développements intervenus au sein de la Cedeao montrent en effet une volonté politique de poursuivre le processus de création d’une monnaie unique au sein de la sous-région, officiellement lancé en 1983, en se fixant un objectif de mise en œuvre en 2020.
Les discussions entre la France et ses partenaires africains de l’Umoa ont abouti alors à une proposition commune de réforme des instances et du fonctionnement de la coopération avec la France suivant quatre axes : le changement de nom de la devise, les autorités de l’Umoa indiquant leur souhait de passer du « franc Cfa » (XOF) à l’« Eco»; la suppression de l’obligation de centralisation des réserves de change sur le compte d’opérations au Trésor français; le retrait de la France des instances de gouvernance de la Zone et la mise en place concomitante de mécanismes ad hoc de dialogue et de suivi des risques (notamment reporting, échanges et rencontres techniques).
La signature, le 21 décembre 2019 de l’accord de coopération entre les gouvernements des États membres de l’Umoa et celui de la République française, dont la ratification est soumise à l’autorisation du Parlement, est la concrétisation de cette proposition. Cet accord viendra remplacer alors celui existant de 1973. Il sera complété courant 2020 par une convention de garantie, texte technique d’application, qui sera conclue avec la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao).Bassirou MBAYE

Chronique de Adama Gaye-Franc Exit: bye bye Africa…

https://www.financialafrik.com/Ruse ou réalité? C’est indubitablement un vrai coup de poker que la France a posé hier (mercredi 20 mai 2020) en révélant qu’elle avait officialisé la décision de couper le lien ombilical, monétaire, qu’elle entretenait avec un groupe de pays africains à la grande colère de ses contempteurs sur place. Tellurique, la secousse a laissé pantois, interdits, tant de personnes dans ce que l’on appelait le précarré français, la zone d’influence de Paris en Afrique. Son effet a encore été plus retentissant auprès des militants les plus virulents en faveur de l’éviction de la France du continent. Dépassés, disruptés, par ce glacial coup, jeté comme un lourd pavé dans une mare africaine dormante, il en a assommé plus d’un. Tous en sont restés bouche-bée, sans voix.

Grand jeu

Abrégeons. Pour dire qu’il ne s’agit pas là de ces farces ludiques, genre Ludo, ni de ces agitations Tintinesques, qui, hélas, continuent d’amuser la galerie dans des pays africains, comme le Sénégal, où l’on ne semble toujours pas se rendre compte que le grand jeu à l’œuvre, accéléré par la survenance du Covid19, est un game-changer. Tout est bouleversé. Tout est remis à plat. On ne se baigne plus dans le même fleuve, aurait rappelé Heraclite d’Ephese. Rien, en un mot, ne sera plus comme avant.
Ce que Paris a fait relève d’un cynisme caractéristique de la haute politique induite par les temps changeants sous nos yeux. Comme elle l’avait fait avec la Grande Bretagne, après une deuxième guerre mondiale qui les avaient laissées ruinées, quand la France avait su pousser ses colonies à la décolonisation sous contrôle et protégeant ses intérêts, en mode contrôle à distance, c’est, cette fois-ci, avec tact mais insensibilité, qu’elle reprend la formule politique lancée le 28 septembre 1958 par un Général De Gaulle agacé au leader pro-indépendantiste Guinéen, Ahmed Sekou Touré.
Rien n’a changé dans la stratégie, la matière, monétaire, étant elle-même politique.
La France a dit hier aux Africains, d’abord aux militants les plus agités de la rupture des liens post-coloniaux : “Vous voulez votre indépendance monétaire, alors prenez-la”. De sa tombe de Colombey-Les-Deux-Églises, les fleurs qui ont bougé alentour signifient que ce mort-là ne l’est décidément pas. Ses héritiers savent qu’il veille outre-tombe.
Nombreux seront ceux qui s’empresseront de dire qu’en annonçant cette décision dans un contexte où les esprits sont occupés par les terribles conséquences de la pandémie du Covid19, la France n’a pas été “fair”, puisqu’elle a pris de court son monde.
De là à y voir une manœuvre voire un chantage et même un sabotage des économies concernées, contraintes de parer au plus pressé, il n’y a qu’un pas…Ne le franchissons pas. Parce qu’en réalité l’affaire est plus sérieuse et il n’est pas impossible que Paris ait plus mûri son coup, en reprenant le dessus sur les forces adverses qui voulaient forcer sa sortie du continent sur des bases aussi populistes que sans doute patriotiques.
Comme après 1945, quand elle dut, en plus de sa propre incapacité économique, s’inscrire dans la dynamique montante du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes porté par la Déclaration souscrite en 1941, lors de leur rencontre à Terre-neuve, sur les côtes canadiennes, par Roosevelt et Churchill, leaders prééminents d’un monde en guerre, cette décision de lâcher le Cfa est un autre acte de retrait du continent. N’ayons pas peur de penser qu’il est plus disrupteur.

Vieilles conquêtes 

C’est que pour une France qui n’a eu de cesse de se rapprocher des grands pays non-francophones du continent, délaissant comme des épouses ratatinées, ses vieilles conquêtes territoriales, il semble que le moment est venu de dire à ces dernières que le jeu est fini.
Est-ce parce qu’elle s’est rendue compte que ces pays mal-gouvernés, corrompus, éternellement déficitaires,ne sont plus tellement son avenir mais un perpétuel fardeau?
Qui peut lui reprocher de ne pas s’étrangler devant le recul des démocraties dans sa traditionnelle zone d’influence, de noter, comme le relèvent des analystes du Quai d’Orsay, son ministère des Affaires Étrangères, cet effet Pangolin, qui promet de semer désordres et bouleversements multiples dans tant de ces pays, déjà fragiles, incapables de résister aux effets de la crise sanitaire actuelle amplifiée par une autre d’essence économique?
Pour elle, le risque africain est devenu trop grand, davantage que les gains à escompter d’un primat sur des nations promptes à se poser en avenir du monde quand elles ne sont que des paniers troués.
Au surplus, la dé-mondialisation précipitée par la destruction des chaînes de valeurs économiques internationales, la mortalité du corona et les prochaines pandémies trans-frontalières, signe le retour des États-nations, sous le leitmotiv de saison: “small is beautiful”.
C’est le temps des replis identitaires et territoriaux. Fini, le rêve d’une économie-monde.

Être fort à domicile est la nouvelle règle du jeu. 

Paris a-t-elle dès lors tort de regarder avec un brin de jalousie les réussites de nations qui ont su éviter i’overstretch, telle, pour ne citer que cet exemple, la Suisse ? Qui n’a pas envie, dans le même ordre d’idées, d’être assimilé aux Belgique, Hollande, Luxembourg, Danemark, Norvege, Singapour et Nouvelle Zélande de la terre, petits par la taille mais grands par ce qu’ils réalisent à tous points de vue. Le paradigme change, la nation impériale pourrait en effet être l’une des victimes collatérales de la crise que nous connaissons…
En analysant la froide stratégie de la Grande Bretagne de s’extirper d’une entité quasi-fédérale européenne, l’Union européenne, paralysée, destructice de souveraineté, pour se donner une plus grande marge de manœuvre correspondant à la défense de ses intérêts nationaux, la France a, elle-aussi, dû se dire qu’il était préférable de redevenir une nation agile. Il ne lui en manque pas de raisons : n’est-elle pas assise sur d’impressionnants avantages compétitifs ? Qui lui permettent de mieux négocier ses parts de marchés et alliances, en Afrique et ailleurs.
Son agriculture, son tourisme, ses atouts culinaires, ses services dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la finance, de la mode ou encore de l’industrie lui donnent autant de leviers. Elle est fondée à vouloir les exploiter pour mieux s’imposer dans un monde post-Covid19 ou le moi-d’abord, dans la logique de l’America First de Donald Trump, pourrait être la nouvelle boussole de toutes les nations intelligentes.

Pari stratégique 

Consciente d’avoir en l’Europe la zone économique la plus puissante de la planète, capable d’y être soit locomotive soit d’y jouer une force de deconstruction de son intégration inhibitante pour la remplacer par une coopération interetatiques plus efficiente, en jouant le rôle de primus inter pares, la France a donc fait le pari stratégique de lâcher l’Afrique francophone à ses démons actuels et à venir, grandissants.
Ses déboires dans son intervention militaire au Mali, sans en avoir les moyens financiers, non-aidée par une Organisation des nations-unies (ONU) handicapée par l’égoïsme de tous, son exposition à des risques nouveaux, allant du terrorisme aux pandémies nouvelles, autant que son rejet par une jeunesse africaine qui la prend comme son principal bouc-émissaire, sont des raisons additionnelles pour justifier son apparent parti-pris de tourner les lumières sur une fête franco-africaine qui a cessé d’être gaie de longue date

Partir ne veut pas dire lâcher le morceau cependant. 

Dans un monde où le commerce international interdit les discriminations en vertu des normes de l’organisation mondiale du commerce (Omc), qui peut l’empêcher de faire jouer à son avantage ses acquis historiques, ses réseaux, sa connaissance du terrain, son ancrage africain ?
Alors que les pays francophones africains ont continué de se prendre pour des divas attractives, sans jamais se pencher sérieusement sur les transformations essentielles qu’implique un monde bouleversé, se réduisant narcissiquement à s’imaginer en régions recherchées par tous, la France, elle, ne s’est pas contentée de bavarder.
Méthodiquement préparé, y compris à travers l’annonce du découplage du Cfa d’avec le Trésor français faite en décembre dernier par son président, Emmanuel Macron, aux côtés de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, et à la veille d’un Sommet des pays Ouest-africains de la Cedeao, l’acte que la France a posé hier devrait être plus qu’un coup de tonnerre dans le ciel du village africain. Il y manque désormais le visage de ce blanc qu’on accusait de tous les péchés d’Israel. La France part, préférant prendre la mesure des dégâts attendus de la crise sanitaire actuelle, et elle laisse, sans services sanitaires de qualité, le patient franco-africain dont elle ne peut plus s’occuper ni en être le complément binaire…

La question est: que font les africains? Où sont les voix de la rupture?

Le silence est ici un vacarme. Nous sommes face à nos responsabilités et, dans un geste aussi ironique que symbolique, en laissant une rasta africaine, Sybeth Ndiaye, son porte-parole africaine, annoncer la fin de son compagnonnage avec le Cfa, la France dit: “nous utilisons aussi vos meilleures ressources humaines pour faire notre mue vers un meilleur avenir sans dépendre, ni nous en laisser divertir, de vos états d’âmes et jugements intempestifs de valeur”.
Y-a-t-il quelqu’un en Afrique pour comprendre que le grand jeu à l’œuvre risque de se faire au détriment d’un continent en passe de rater sa place dans la nouvelle configuration géopolitique et économique planétaire en gestation? Voilà le défi, l’enjeu.
Paris s’en lave les mains, en se contentant de ne prendre que ce qui l’y arrange.  L’Afrique en devient une simple vache à traire, c’est-à-dire a contrôler vicieusement sans se faire tâcher par ses graves tares, non-résolues, oubliées par ceux qui la gouvernent.
La France agit froidement dans le seul souci de ses priorités. Pour se sauver d’abord, au milieu de la mer agitée que sont devenues l’économie et la géopolitique mondiales.
Comme pour rappeler aux africains francophones qu’il est primordial de ne jamais oublier la formule fétiche de son mythique leader, le Général De Gaulle: “Les États n’ont pas d’amis mais des intérêts”. Au poker, Macron a écrabouillé le Ludoman, Mickey. Adama Gaye, Le Caire 21 Mai 2020

FIN DU FRANC CFA: CE QUE DIT LE PROJET DE LOI FRANÇAIS

http://www.emedia.sn/ Jeune Afrique-Si les représentants de la France ne siègeront plus au sein des instances monétaires, Paris conservera un droit de regard, notamment en cas de crise, sur la gestion de la nouvelle monnaie.
Deuxième étape vers la disparition du franc CFA et son remplacement par une monnaie unique baptisée Eco, le Parlement français devrait adopter avant la fin du troisième trimestre le projet de loi paraphé le 20 mai en conseil des ministres et destiné à ratifier l’accord de coopération monétaire conclu à Abidjan le 21 décembre 2019 avec les gouvernements des États membres de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa).
Deux changements majeurs y sont prévus : d’une part, il n’y aura plus de représentants de la France dans les instances techniques de gouvernance de la zone – où ils disposaient de voix non prépondérantes. D’autre part, la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ne seront plus obligée de déposer au moins 50 % de leurs réserves en devises sur des comptes d’opérations du Trésor français. Deux points qui cristallisaient particulièrement les tensions autour de la monnaie ouest-africaine.
Le gouvernement français semble pressé de s’écarter de la mauvaise réputation du CFA. Paris a déjà cessé d’envoyer des représentants du Trésor et de la Banque de France dans les instances monétaires de l’Umoa.
La France deviendra « un strict garant financier de la zone », précise la note explicative publiée par le gouvernement. Deux piliers demeurent : « le régime de change, avec un maintien de la parité fixe avec l’euro [et] la garantie illimitée et inconditionnelle de convertibilité assurée par la France ».

Quel successeur aux comptes d’opérations ?

Bien qu’absente des instances monétaires, la France sera informée de l’état de santé de la nouvelle monnaie, précise le nouvel accord de coopération, qui prévoit qu’en cas de crise « sévère » (si le taux de couverture de la monnaie descendait en-dessous de 20 %, contre plus de 70 % en ce moment), « la France pourra désigner, à titre exceptionnel et pour la durée nécessaire à la gestion de la crise, un représentant au comité de politique monétaire de la BCEAO ».

INITIATIVE POUR L’ANNULATION DE LA DETTE AFRICAINE (IADA): UN Comité d’initiative porté sur les fonts baptismaux

Depuis plus de deux décennies, diverses forces syndicales, économiques, civiles et politiques du Sénégal, de l’Afrique et du monde se mobilisent pour exiger l’annulation de la dette publique extérieure de l’Afrique.Face à la pandémie du Covid-19 et à la suite de l’appel lancé par le Président Macky Sall pour une annulation totale de cette dette, des échanges approfondis ont eu lieu entre différents groupes d’acteurs, en vue de faire converger leurs initiatives.
C’est ainsi que plusieurs organisations syndicales, politiques, du secteur privé et des ONG, ainsi que des personnalités de divers horizons, ont décidé de lancer une initiative commune, fédératrice, pour mobiliser le maximum de forces au Sénégal, en Afrique et dans le monde.
L’objectif de cette Initiative pour l’Annulation de la Dette Africaine (IADA) est de développer les actions d’envergure nécessaires, par-dessus les clivages partisans, en vue d’obtenir la satisfaction de cette exigence de justice et d’humanité.
Afin de démarrer leurs activités, les groupes d’acteurs ont désigné leurs représentants pour constituer un Comité d’initiative. Ce comité, qui reste ouvert à toutes les autres forces intéressées, a tenu sa première réunion par vidéoconférence ce jeudi 21 mai 2020.
Dans les prochains jours, les parties prenantes procèderont au lancement officiel de l’IADA.
De même, le comité rendra public un Appel à soumettre à la signature de tous les patriotes africains et de tous les citoyens du monde.
Le comité d’initiative a également retenu l’élaboration d’un plan d’action ayant pour objet d’organiser une puissante mobilisation nationale, africaine et internationale.
Dès que les conditions en seront réunies, une grande conférence panafricaine et internationale pour l’annulation totale de la dette africaine sera organisée à Dakar.Dakar, le 21 mai 2020
Les signataires 
Mr El Hadji Momar Samb /BBY,Mr Abdou Fall /Ancien Ministre BBY,Mr Boubacar Diop dit Buuba/ TAXAW TEMM,Mr Mamadou Bamba Ndiaye / Mps Sellal ,Mr Mamadou Mignane Diouf /Forum social sénégalais,Mr Cheikh Oumar Sy / Président OSIDEA,Mr Ibrahima Yade / CONGAD,Mme Fatimata Sy Union pour la Solidarité et l’Entraide / PFANE,Mr Mody Guiro/CNTS,Mr Elimane Diouf /CSA,Mr Antoine Ngom, Président commission relations internationales CNP et Président de OPTIC,Mr Abdel Kader Ndiaye Vice Président de la CNES,Mme Maimouna Isabelle Dieng Plateforme des Acteurs Non-Etatiques (PFANE),Mr Amacodou Diouf /CONGAD,Mr Cheikh Gueye/ ENDA Tiers Monde

POUR QUE L’ÉCO SOIT RÉELLEMENT NOTRE MONNAIE PAR CHEIKH TIDIANE DIÈYE

Je demande aux dirigeants de la CEDEAO de s’opposer à l’utilisation du nom et des signes de l’éco, qui constituent un symbole la libération des peuples ouest-africains et non un instrument de la servitude de certains États
Ils peuvent bien se donner bonne conscience en affirmant que le Franc CFA, sous sa forme coloniale et post-coloniale, est en train de mourir. Mais qu’ils n’essayent pas de nous faire croire que ce qui va naître sera l’ECO.
L’ECO n’est pas la monnaie de l’UEMOA et ne le sera pas. C’est un projet souverain de la CEDEAO pris au piège des manœuvres d’une France qui, face à des dirigeants africains sans épaisseur, a réussi à faire d’une pierre deux coups: torpiller un projet de la CEDEAO sur lequel elle n’a aucune prise et usurper un symbole monétaire qu’il fait naître ligoté et enchaîné à l’euro pour une durée indéterminée.
Au moment où la crise sans précédent du COVID 19 amène certains grands dirigeants du monde à se donner les moyens de consolider leurs acquis et à d’autres de rompre les équilibres défavorables et les chaînes de la dépendance, il se pourrait bien que rien ne change en Afrique. La faute à des dirigeants incapables de prendre conscience des enjeux de l’heure et de comprendre que les disruptions ne sont plus seulement nécessaires. Elles sont devenues incontournables.
Je demande, une fois encore, aux dirigeants de la CEDEAO de s’opposer à l’utilisation du  nom et des signes de l’ECO, qui constituent un symbole de la libération des peuples ouest africains et non un instrument de la servitude de certains États.
J’invite en particulier le Nigeria, le Ghana et les autres pays de la ZMAO à rejeter la réforme de la France. Je milite et œuvre depuis plus de 15 ans pour l’avènement d’une monnaie souveraine et flexible dans la CEDEAO, en appui aux politiques sectorielles commerciale, agricole et industrielle. Je poursuivrai ce combat avec tous les intellectuels, militants, acteurs politiques et de la societe civile ouest africaine pour faire barrage aux desseins de la France et ses représentants.
Je recommande aux États de l’UEMOA de continuer à utiliser le Franc CFA arrimé à l’euro aussi longtemps qu’ils le voudront, tout en œuvrant, comme ce fut le cas ces dernières années, pour des convergences nécessaires à la création de l’ECO.
Ainsi, plus tard, lorsque les conditions seront réunies au niveau de la CEDEAO, et cela arrivera tôt ou tard, l’ECO naîtra en tant que monnaie libre, flexible et souveraine. Elle sera alors notre monnaie.

 L’AFRIQUE DANS LE MONDE D’APRÈS, Les enseignements de la crise née de la Covid-19

http://lesoleil.sn/Une Amérique qui se replie sur elle-même, une Europe qui continue de s’affaiblir, une Chine qui, malgré sa montée en puissance, n’a pas l’ambition de jouer le rôle d’un leader mondial… Certains médias occidentaux, jamais avares en superlatifs, n’ont pas hésité à parler d’un « monde sans leader ». En réalité, la crise sanitaire née de la Covid-19 n’a fait que renforcer les tendances déjà à l’œuvre sur le plan géopolitique. Mais, l’ampleur de la crise pourrait bien ouvrir une « brèche » pour l’Afrique – qui a jusque-là bien géré la crise – de s’affranchir de certains schémas en sa défaveur. Nous avons donné la parole à quelques grands penseurs et analystes africains, afin qu’ils nous livrent leurs réflexions sur la place du continent dans le monde post-Covid-19.

Episode 1: les enseignements de la crise

Nul ne sait ce que l’après-crise nous réserve, mais sur le plan géopolitique, les analystes s’accordent sur quelques constats : crise du multilatéralisme, déclin de l’Occident, montée en puissance de la Chine…
Bien avant la crise de la Covid-19, les analystes s’accordaient à dire que si le 19ème siècle était européen, le 20ème américain, le 21ème siècle serait asiatique avec un effet amplificateur de la Chine. « Oui ! Un nouvel ordre mondial est en gestation, de façon irréversible, avec la Chine, et l’Asie jouant un rôle de plus en plus prépondérant », soutient Oumar Seck, fondateur et Pdg du cabinet Emerging Africa Consulting. En effet, d’ici à 2040, l’Asie devrait générer plus de 50 % du Produit intérieur brut (Pib) mondial et pourrait représenter près de 40 % de la consommation de la planète. Aussi, environ 60 % du commerce total de marchandises des pays asiatiques se fait dans la région, facilité en cela par des chaînes d’approvisionnement asiatiques de plus en plus intégrées.
Le leadership mondial s’est exercé traditionnellement à quatre niveaux interdépendants : la puissance économique ; la puissance militaire et la présence sur les théâtres d’opérations ; la capacité d’influence par la diplomatie économique et politique aux niveaux bilatéral et multilatéral, et la capacité technologique.  « Avec le retrait observé des États-Unis de Donald Trump du niveau 3 d’influence susvisé et l’avancée irréversible et le rattrapage constatés de la Chine sur les niveaux 1, 4, voire 2, l’impression de l’absence d’un leadership agissant est, en effet, constatée au profit d’une Chine dont les clés de lecture ne parviennent toujours pas à décortiquer ses intentions et sa position réelles sur cette question du leadership mondial », analyse M. Seck.

Un basculement sans précédent

« Nous nous éloignons de plus en plus d’un monde vertical, avec l’Occident au sommet, vers un monde horizontal où un nombre croissant de pays, la Chine en avant, seront égaux à l’Occident en termes de richesse et d’idées. Il s’agit d’un changement sans précédent de la gravité économique et politique dans l’histoire humaine qui changera le monde pour toujours ». Ces propos du Pr Zhang Weiwei, de l’Université Fudan, à Shanghai, rapportés par François Bougon dans Newsweek International du 11 novembre 2018, résumaient, avant la Covid-19, la nouvelle configuration géopolitique mondiale à l’œuvre depuis maintenant plusieurs années. Une redistribution des cartes au profit des puissances émergentes face à un Occident que certains annoncent sur le déclin et dont la crise sanitaire née de la pandémie de coronavirus n’a fait que servir de révélateur de façon spectaculaire.
Pour l’économiste et écrivain sénégalais Felwine Sarr, les puissances émergentes (Chine, Corée du Sud, Taïwan et quelques pays du Nord de l’Europe), ont réussi à mieux gérer la crise que l’Europe et les États-Unis. « Du coup, cela change la donne, au moins sur le plan symbolique. Lorsque l’Occident, qui était en démonstration de puissance depuis la Seconde Guerre mondiale, étale à la face du monde son impuissance, alors que le message qu’il a toujours envoyé au monde c’était le contrôle du réel, cela fait tomber le mythe ».
Selon Oumar Seck, cette redistribution avait déjà été imposée par la Chine qui a enregistré, en seulement trois décennies, l’un des miracles économiques les plus importants de l’après-Seconde Guerre mondiale. « Le rattrapage technologique de la Chine est tellement évident que les États-Unis qui pensaient gagner la bataille du 5G se sont vus coiffés au poteau par ce pays qui, selon les analystes, a remporté ce combat au point que Washington a usé d’artifices légaux et autres pressions auprès de ses partenaires occidentaux pour littéralement interdire l’adoption du standard chinois. La Chine pourrait même réussir là où toutes les autres grandes puissances énergétiques ont échoué : la réalisation d’un réacteur thermonucléaire avec son « soleil artificiel ».
Pour ce consultant bien au fait des stratégies de partenariat entre l’Afrique et les grandes puissances, ce miracle chinois a bâti les trois types de capitaux qui vont au-delà de tout standard du monde contemporain : capital humain, capital technologique/industriel et capital financier. « Plus redoutablement, la Chine a mis ces trois niveaux de capitaux au profit de sa transformation industrielle et économique dans une optique de rattrapage technologique d’abord, puis de domination industrielle et maintenant d’innovation avec sa nouvelle stratégie de transition économique : « Made in China 2025 ». Tout cela, dans un contexte de marché intérieur (fort de 1,4 milliard d’âmes) et de marché régional immenses.

Une nouvelle géopolitique des savoirs

Tout en écartant l’idée d’une redistribution brutale des cartes aussitôt après la crise, « un fait assez rare sur le plan géopolitique », l’économiste et analyste politique béninois Gilles Yabi, par ailleurs fondateur du think thank citoyen ouest-africain Wathi, pense qu’il y aura « probablement une accélération des changements déjà en cours ». Ce qui est évident, à son avis, c’est que durant cette crise, on a eu le sentiment d’un affaiblissement de la puissance européenne, en tout cas de la difficulté de l’Europe qui avait déjà souffert du Brexit de continuer à apparaître comme un véritable pôle de puissance au niveau mondial. Ensuite, au niveau des États, pris individuellement, « on a vu des fautes politiques, des décisions qui, clairement, variaient significativement d’un pays à l’autre, et donc, une très grande difficulté dans la coordination ». Les États-Unis ont montré les mêmes défaillances. Et peut-être même plus graves. Le tout avec un désengagement assumé sur le plan multilatéral. Quand Donald Trump décide de suspendre la subvention des États-Unis à l’Organisation mondiale de la santé (Oms), la Chine s’empresse de faire un don de 100 millions de dollars à cette organisation. Là aussi, même si ce montant n’égale pas la contribution américaine, le symbole est important.
Felwine Sarr, de son côté, relève aussi une nouvelle géopolitique des savoirs. « Au départ, les Européens ont traîné pour réagir parce qu’ils ne voulaient pas apprendre des puissances émergentes, sur le port de masque par exemple – et l’expertise, de ce point de vue-là, est venue de la Chine – convaincus que ce sont eux qui détiennent le savoir ». Même attitude de condescendance concernant le débat sur l’hydroxychloroquine et l’artemisia (Madagascar). La nouveauté, c’est que certains pays comme le Sénégal n’ont pas attendu l’onction de l’Occident ou de l’Oms pour l’usage de l’hydroxychloroquine dans le traitement de la Covid-19. Autant de brèches dans le système tel qu’il fonctionnait jusque-là. Et c’est d’autant plus important, souligne Felwine Sarr, que tous les ordres – économique, politique ou militaire – sont fondés « sur un ordre épistémologique, des savoirs qui ont un impact sur la vision du monde que les gens ont. Autrement dit, qui contrôle les savoirs contrôle le monde. Donc, au regard de ce qui précède, « la Chine sortira probablement plutôt renforcée de cette crise, note Gilles Yabi, même s’il y a des leçons qu’il faudra tirer sur la gestion chinoise de la crise, notamment les problèmes que cela peut poser d’avoir une grande puissance qui exerce un contrôle très fort sur l’information et les conséquences mondiales que cela peut avoir ».
Les États-Unis semblent donner un coup de pouce à leur ennemi déclaré, la Chine, explique Oumar Seck. En effet, la Chine semble avoir les coudées franches et la voie libre puisque le mouvement de « re-mondialisation » des États-Unis via le « Partenariat Trans Pacifique », lancé par le Président Obama, a été démantelé ou remodelé par la doctrine « l’Amérique d’abord », la position « anti-mondialisation », l’approche transactionnelle de la coopération économique et le nationalisme du Président Donald Trump. Par ailleurs, l’affaiblissement systématique du Système des Nations unies voulu par Trump (Conseil de sécurité, Omc et Oms récemment avec la crise de la Covid-19), dont les objectifs ne cadrent pas avec son nationalisme « ne fait que donner plus de poids à la Chine…et, marginalement, à la Russie ».Par Seydou KA

L’AFRIQUE DANS LE MONDE D’APRÈS, le défi de la gouvernance

http://lesoleil.sn/–Après le premier épisode consacré l’hypothèse d’un déclin de l’Occident et à la montée en puissance de la Chine, notre série consacrée à l’analyse géopolitique de la place de l’Afrique dans le monde post-Covid évoque, dans cette deuxième partie, le défi de la gouvernance dans une Afrique à la fois vulnérable et résiliente.
« Vulnérable et extrêmement résiliente à la fois », l’Afrique a plutôt bien géré la crise sanitaire. Du moins, jusque-là. Réussira-t-elle à capitaliser sur cette expérience pour se positionner comme un acteur respecté du « nouvel ordre mondial » qui s’annonce ?
L’Afrique qui, pour reprendre l’expression de Felwine Sarr, est « à la fois vulnérable et extrêmement résiliente », est plutôt épargnée par la Covid-19 comparé aux autres continents. Mieux, les dirigeants africains « se sont généralement bien comportés » dans la gestion de la crise, malgré des limites notées çà et là, ont pris les mesures idoines au moment opportun et appris des autres. Ils ont également initié des plans de relance adossés essentiellement sur les ressources domestiques et sur la créativité de la jeunesse africaine. Reste à capitaliser sur cette expérience et travailler à une plus grande autonomie – on a vu les limites de la dépendance, notamment en matière d’équipements médicaux.
Dès lors, la question qui se pose est : est-ce que l’Afrique, le marché où toutes les puissances traditionnelles et émergentes souhaitent vendre, investir et se procurer des matières premières, fera passer ses propres intérêts avant ceux des autres à l’issue de cette crise et traiter, de façon décisive, son programme de transformation socioéconomique attendu par les peuples depuis une cinquantaine d’années maintenant ?
Co-auteur de « l’Agenda 2063 » de l’Union africaine (Ua), Oumar Seck ne cache pas son pessimisme. D’après lui, les dirigeants de l’Union africaine, de la nouvelle Agence de développement de l’Ua, les organismes d’intégration régionale et l’écrasante majorité des pays africains ne sont pas encore soumis à des objectifs et critères de performance…comme le font les pays asiatiques ou le Rwanda qui, comme beaucoup l’ignorent, a négocié, signé et adopté l’approche de gestion pragmatique de Singapour au point d’adopter, en 2013, la même Vision-stratégie de développement que celle de Singapour de 2001 avec le même titre, à savoir « Our Common Future ». « Ailleurs en Afrique, les enjeux politiques, la politisation, le politiquement correct, la banalisation de l’échec, même répété, et le manque de sanction priment sur les exigences de performance », regrette M. Seck. Résultat : l’Afrique tourne en rond et les élites et les masses commencent à tenir un langage effrayant à leurs enfants : « Restez et trouvez quelque chose là-bas… puisque qu’il n’y a pas de travail ici ».
La Covid-19 servira-t-elle de déclic ? « Malheureusement, à mon avis, cela ne va pas changer radicalement la place de l’Afrique », répond Gilles Yabi. Pour lui, en réalité, cette place dépend toujours de ses propres capacités productives de biens et de services, mais aussi de connaissances. « Les problèmes structurels de l’Afrique ne vont pas disparaître avec la crise de la Covid-19. Cette fois, l’Afrique s’en sort jusque-là plutôt bien dans la gestion de la crise sanitaire. Mais, sur le plan strictement épidémiologique, on ne connaît pas toutes les raisons de cette résilience. La réactivité de la plupart des dirigeants africains dans la rapide prise de mesures préventives pour faire face à la pandémie est positive pour le continent. Cependant, je crois que, fondamentalement, pour occuper une place plus importante sur l’échiquier mondial, il faudra peser plus sur le plan économique ; ce qui est loin d’être le cas », dit-il. À son avis, « il n’y a pas encore vraiment de grandes puissances africaines qui puissent tirer l’ensemble du continent et lui faire jouer un rôle plus important sur la scène mondiale. D’ailleurs, les géants africains (Nigeria, Afrique du Sud, Égypte) sont, d’une certaine manière, parmi les plus fragilisés par les conséquences économiques de la Covid-19 ».

Compter sur ses propres ressources

Néanmoins, la plupart des plans de relance que les pays africains ont initiés sont adossés sur la mobilisation de ressources internes, même si dans la communication on a l’impression que le continent est aidé, et que sans l’aide extérieure, on n’est capable de rien faire, regrette Felwine Sarr. Certains pays (Nigeria, Algérie) ont même refusé l’aide internationale, comptant sur leurs propres ressources. Un discours géopolitique consistant à dire que nous ne sommes pas d’éternels demandeurs d’aide. C’est pourquoi il est « mitigé » sur l’appel du Président Macky Sall pour une annulation de la dette africaine. « Dans le court terme, si le moratoire est appliqué cette année, cela ferait 44 milliards de dollars additionnels que les pays africains pourraient mettre au profit de la lutte contre la Covid-19. Mais, dans le moyen et le long terme, cela pourrait véhiculer l’idée que l’Afrique est surendettée, alors que le ratio de la dette du continent (environ 60 % du Pib) est largement inférieur à celui des pays développés. Par exemple, un pays comme le Sénégal a triplé sa dette en 15 ans depuis la dernière initiative d’annulation de la dette africaine. Cela veut dire que les problèmes structurels qui font qu’on s’endette sont encore là. « Donc, nos Chefs d’État doivent également regarder le moyen et le long terme. La géopolitique, c’est aussi quelque chose de symbolique. Ce continent ne sera respecté que s’il est capable de se prendre en charge. Et là, on a une dette inférieure à celle des pays développés ; on ne doit pas leur donner l’opportunité de jouer les rôles de sauveur alors que nous gérons plutôt bien notre crise », estime M. Sarr. Sur cette question précise de la dette, Gilles Yabi est d’avis qu’on est encore « à l’étape des grandes déclarations, notamment celle du Président français Emmanuel Macron. Du reste, il est plus facile de demander l’annulation de la dette lorsqu’on n’est pas le principal créancier (la Chine est le principal prêteur du continent). Une position classique de Paris de se poser comme le protecteur de l’Afrique qui n’est plus tenable. Par Seydou KA

L’AFRIQUE ET LES AUTRES: Partenariats déséquilibrés

http://lesoleil.sn/Oumar Seck a été chargé par l’Union africaine de l’étude sur « l’Évaluation des partenariats stratégiques de l’Afrique » avec les puissances économiques traditionnelles et émergentes (États-Unis, Ue, Chine, Japon, Inde, Corée du Sud, Turquie, monde arabe et Amérique latine). Pas moins de six offres majeures de partenariat stratégique. L’expert juge que le continent fait preuve de faiblesse stratégique dans la compétition mondiale. « L’Afrique qui négocie toujours en asymétrie d’information et de compétence n’a jusqu’à nos jours pas été capable de répondre stratégiquement et de façon pratique et coordonnée à ces six offres, non parce qu’elles procèdent d’une diplomatie d’influence des puissances offrantes (ce qui est vrai), mais parce que l’Afrique n’est pas prête en matière de négociation, de positionnement stratégique et d’exécution de stratégies adoptées aux décisions prises. Elle n’a pas de stratégies en direction des pôles de croissance ou des pays concernés », constate M. Seck. En fait, de façon pratique, l’Afrique n’est toujours pas positionnée stratégiquement sur l’échiquier mondial. « C’est d’autant plus grave que l’Agenda 2063 et son Premier plan décennal de mise en œuvre (2013-2020), qui devaient l’aider à corriger ce décalage, ne semblent toujours pas avoir pris un envol sérieux dans sa mise en œuvre ». M. Yabi juge aussi qu’il est important qu’on comprenne les stratégies des autres grandes, moyennes et petites puissances et qu’on les intègre dans nos analyses. « Si on ne le fait pas, on risque d’avoir de très mauvaises surprises », avertit-il.

DETTE AFRICAINE: Le silence de Pékin

http://lesoleil.sn/Depuis la sortie du Président Macky Sall plaidant pour un moratoire, voire un allégement, de la dette africaine, la question fait l’objet d’un vif débat dans les cercles de réflexions économiques. Certains partenaires classiques de l’Afrique, comme la France et les États-Unis, se sont montrés favorables à cette doléance tout en demandant à la Chine, principale bailleur du continent, de faire « un geste » de son côté. Seulement, à ce jour, Pékin n’a fait aucun commentaire public sur le sujet. Un silence qui intrigue certains, tant le géant asiatique a œuvré, depuis plusieurs décennies, à consolider « l’amitié et la solidarité sino-africaine ».
Pour Oumar Seck, ce silence est plutôt logique. L’absence de réaction de Pékin sur la question de l’annulation de la dette africaine s’explique par plusieurs considérations, nous dit-il. Premièrement, une bonne partie de ses créances en Afrique (60 milliards de dollars dus uniquement par l’Angola), s’inscrit dans le cadre du « modèle angolais » qui fonctionne comme un troc – pétrole brut contre prêts bonifiés au profit des pays pétroliers (Angola, Congo, Soudan du Sud, etc.). « Elle ne peut donc pas tourner le dos à ses approvisionnements stratégiques en pétrole et autres produits miniers ». Deuxièmement, la Chine ne fait partie ni du Club de Paris (grands pays créanciers en matière de dette publique), ni du Club de Londres (créanciers en matière de dette privée). Troisièmement, ajoute-t-il, la Chine n’est pas du tout conformiste par rapport aux pratiques des Occidentaux. Elle prend ses décisions en toute autonomie. Toutefois, M. Seck se dit « à peu près sûr » qu’une démarche diplomatique synchronisée de quelques pays africains pourrait faire annuler une partie de la dette du continent auprès du géant asiatique. « Mais, il faut l’admettre : c’est une solution facile. L’Afrique doit apprendre à se prendre en charge… à amplifier et mobiliser ses propres ressources domestiques », tranche-t-il.
Pour Gilles Yabi, la position des Occidentaux sur cette question relève plus d’une « posture » qui n’est plus tenable. Celle de se poser comme les protecteurs de l’Afrique. « Du reste, il est plus facile de demander l’annulation de la dette lorsqu’on n’est pas le principal créancier », souligne l’analyste béninois.

L’AFRIQUE DANS LE MONDE D’APRÈS, La parole est aux intellectuels

http://lesoleil.sn/-Après l’analyse, dans le troisième épisode, consacrée aux faiblesses stratégiques de l’Afrique dans la compétition mondiale, notre série consacrée à l’analyse géopolitique de la place de l’Afrique dans le monde post-Covid donne, aujourd’hui, la parole à des intellectuels africains comme Felwine Sarr et Gilles Yabi pour repenser l’avenir.
Certains spécialistes avaient prédit le pire au continent. Paradoxalement, la crise de la Covid-19 pourrait bien être une chance pour l’Afrique de se libérer d’un schéma dans lequel elle est toujours perdante. C’est, du moins, l’avis de Felwine Sarr.
Premier constat : « L’économie néolibérale sauvage ne nous convient pas. C’est un jeu dans lequel nous perdons ; nous sommes ceux qui profitent le moins de la globalisation alors que nous disposons de la matière première. Donc, comment rester dans un système dans lequel nous sommes toujours perdants ? » Deuxième constat : Ce libéralisme écervelé « impacte, de manière négative, la planète et crée une crise écologique dont nous subissons tous les effets (l’Afrique émet à peine 4 % des gaz à effet de serre, mais subit le plus les effets du changement climatique et la perte de la biodiversité et a moins de moyens pour y faire face) ». Troisième constat : avec cette crise, tout le monde est en train de se replier sur soi, de relocaliser. Autant de raisons qui font dire à M. Sarr que cette crise constitue « une formidable opportunité » pour produire ce dont nous avons besoin, créer de la valeur ajoutée sur place, des industries neutres en carbone et écologiquement responsables. Bref, bâtir des économies centrées sur la satisfaction de nos besoins (ce qu’il appelle économicité).

S’émanciper des schémas du passé

« D’ailleurs, l’un des arguments de la faible mortalité sur le continent, c’est notre jeunesse qui était un danger pour les autres et qui se trouve être notre atout durant cette crise. Donc, nous avons tous les outils en main, à condition que nous expérimentions la souveraineté sur nos ressources, que nous les exploitions à notre profit, que nous nous émancipions d’un certain nombre de schémas qui ne nous conviennent pas et que nous mettions en place des schémas qui répondent à nos besoins. Si on avait besoin d’une démonstration flagrante de la nécessité d’entreprendre cette réforme profonde, elle est là », conclut l’auteur d’« Afrotopia ».
De là à dire que rien ne sera plus comme avant ? Rien n’est moins sûr ! Ce qui est sûr, insiste Felwine Sarr, c’est qu’une brèche s’est ouverte dans le temps. Sans faire de pronostic sur l’après-Covid-19, il croit qu’on vit un moment historique. « Ce que j’ai noté d’assez significatif, c’est le désir d’un monde nouveau. Cela change la donne, même si ce monde qui vient dépend grandement des rapports de force au sein de chaque société », avance-t-il. Autrement dit, il faudra se mettre au travail, injecter assez de forces sociales et de créativité pour contrer les forces d’inertie et induire un changement réel. Au Sénégal, une vingtaine d’économistes, dont fait partie Felwine Sarr, travaillent sur un modèle de restructuration économique après la crise. « Le monde qui vient, nous ne devons plus le rêver, l’espérer, mais être dans une écologie de l’action », soutient ce dernier. Pour Gilles Yabi aussi, il faut profiter, d’une certaine manière, de la crise pour faire des réorientations qui auraient été difficiles en temps normal, promouvoir la production et la consommation locales, renforcer l’intégration régionale et mutualiser les ressources dans le domaine de la recherche scientifique et particulièrement de l’innovation.
Mais apparemment, le travail n’est pas qu’économique et politique. Il y a aussi une géopolitique du sens à déployer. « Si vous avez des individus ou des sociétés dont les infrastructures psychiques ont été attaquées, minées, sur qui on a projeté la condescendance, le mépris pendant des siècles, il y a un travail de reconstruction des infrastructures psychiques et de la confiance en soi absolument important à faire », ajoute Felwine Sarr, convaincu que quand l’Afrique qui comptera quatre milliards d’habitants en 2100 (40 % de la population mondiale) reprendra confiance en elle-même, le monde changera!Par Seydou KA

PLUS LOIN AVEC OUMAR SECK

http://lesoleil.sn/Omar Seck est le consultant de l’Union africaine qui a évalué les partenariats stratégiques de l’Afrique avec différents partenaires (Chine, Ue, États-Unis, Japon, Inde, monde arabe, Turquie, etc.), et dans l’élaboration de sa stratégie de partenariat avec ces puissances. Il nous livre, ici, ses réflexions sur l’approche stratégique que l’Afrique doit avoir avec ses partenaires.

STRATÉGIE DES DIFFÉRENTS PARTENAIRES DE L’AFRIQUE

« Il faut noter que toutes les puissances traditionnelles et émergentes précitées ont des stratégies explicites (c’est-à-dire connues du grand public), et implicites (pensées et gardées pour elles-seules), en direction de l’Afrique. Ce, parce que l’Afrique se trouve au cœur des agendas de « Sécurité nationale » de ces pays en termes de marché, de sources d’approvisionnement en matières premières pour leurs industries nationales, d’opportunités d’investissements très rentables et géostratégiques. À titre d’exemple, l’étude à laquelle vous faites référence, et que j’avais menée en 2014, avait révélé que les importations de pétrole brut de ces pays provenaient de l’Afrique à hauteur de 8 % pour l’Ue, 18 % pour les États-Unis, 21 % pour la Chine et 20 % pour l’Inde. Par ailleurs, 21 % du gaz importé de l’Ue provenait de l’Algérie en particulier, et 35 % à 45 % de l’uranium importé de la France dont le mix énergétique est à 85 % nucléaire provenait du Niger. Si on y ajoute les autres ressources (minière, forestière, maritime, agricole, etc.), le vaste marché de la consommation et celui des infrastructures africaines, il est compréhensible que ces pays soient dépendants grandement de l’Afrique pour leur survie industrielle et économique ».

. L’AFRIQUE DANS LA CRISE

« Sous l’angle économique, c’est certain, l’Afrique y laissera plus de plumes du fait de la conjonction de trois faiblesses qu’elle traîne par rapport à toutes les régions du monde : la qualité de la gestion publique et économique qui est en deçà des standards ; la faiblesse de ses capacités financières autonomes et celles technologiques du continent. Il est clair que le faible niveau de préparation des pays, la qualité de la gouvernance dans la grande majorité des pays africains et les niveaux de déficits publics font que l’Afrique y laissera plus de plumes. La crise sera d’autant plus dommageable pour le continent noir que certains pays commençaient à relever la tête depuis le milieu des années 2000. Mais, l’ampleur des impacts négatifs de cette crise dépendra de la sévérité et la durée de la pandémie. Cependant, elle sera plus grande, car l’Afrique est mal préparée pour gérer une crise de quelque nature que ce soit (sanitaire, catastrophe naturelle, sécuritaire et économique). Pour preuve, plusieurs pays africains, avec des revenus pétroliers conséquents depuis des décennies, se sont permis d’être sous perfusion financière du Fmi de façon quasi-récurrente. Mais, au total, nous ne pourrons apprécier les impacts négatifs de la crise sur les plans sanitaire, économique, social, voire environnementale, qu’en fonction de son installation dans la durée. Ce que personne ne sait parce que ce virus est imprévisible ».

SCÉNARIO DE RELANCE ÉCONOMIQUE

« Il faut d’abord préciser qu’une relance économique n’est envisageable que dans un contexte où la pandémie est éliminée ou contenue. Deuxièmement, la relance économique est subordonnée à un certain nombre d’impératifs qui, eux-mêmes, dépendent de scénarii de gravité (durée dans le temps de la crise). Elle dépendra aussi de l’efficacité des politiques et mesures d’accompagnement mises en œuvre. Nonobstant, au-delà de la crise de la Covid-19, beaucoup de choses devront changer si le continent africain veut enclencher un véritable processus de transformation économique. Par exemple, arrêter d’être dépendant de l’aide extérieur pour tout : le financement de son développement, sa santé, son éducation, son alimentation et la gestion de son environnement naturel. Au-delà des fondamentaux macroéconomiques et autres considérations liées au capital humain, cinq chantiers prioritaires s’imposent aux économies africaines : la gouvernance, la transformation industrielle, la performance des agences de promotion de l’industrie et du secteur privé, la mobilisation des ressources domestiques et le développement du commerce intra-africain ».

L’extrême pauvreté menace 60 millions de personnes (BM)

APA-Dakar (Sénégal) Par Massamba Sall-La pandémie du Coronavirus et la mise à l’arrêt des économies avancées pourraient faire basculer jusqu’à 60 millions de personnes dans l’extrême pauvreté, selon David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale.
« Le groupe de la Banque mondiale s’est mobilisé rapidement et résolument pour organiser des opérations de riposte d’urgence dans 100 pays, assorties de mécanismes permettant aux autres donateurs d’étendre sans délai les programmes », a-t-il ajouté.
M. Malpass est convaincu que pour renouer avec la croissance, la Banque doit apporter des réponses rapides et modulables qui permettront de faire face à l’urgence sanitaire, mais aussi de fournir un appui financier et d’autres ressources extensibles dans le but de protéger les plus démunis, préserver l’activité du secteur privé et renforcer le redressement et la résilience économique.
La Banque mondiale révèle que 39 des 100 pays concernés sont situés en Afrique subsaharienne et pratiquement un tiers des projets sont déployés en faveur de pays en situation de fragilité et de conflit, comme l’Afghanistan, Haïti, le Niger ou le Tchad. La Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) ont également accéléré leurs opérations de soutien aux entreprises des pays en développement, y compris à travers des crédits commerciaux et le financement des fonds de roulement pour préserver l’activité privée, les emplois et les moyens de subsistance.
Selon les responsables de la Banque, le moratoire sur le service de la dette bilatérale, approuvé par les gouverneurs du Groupe, viendra compléter les dons, les prêts et les participations déployés en soutien aux pays. Les pays éligibles à l’Association internationale de développement (IDA) qui en font la demande récupéreront ainsi des ressources pour gérer la pandémie de COVID-19 et financer des mesures d’urgence destinées à sauver des vies.
« La suspension du remboursement du service de la dette bilatérale va permettre de libérer des moyens vitaux pour financer la riposte d’urgence face à la pandémie, précise David Malpass. Mais, avance-t-il, de leur côté, les pays doivent au plus vite renforcer la transparence autour de leurs engagements financiers. Ce faisant, ils renforceront la confiance des investisseurs, qui seront davantage enclins à s’engager dans des opérations plus bénéfiques et à mobiliser des ressources supplémentaires.
Au niveau de cette institution de Bretton Wood, on souligne que la réponse opérationnelle du Groupe de la Banque mondiale va venir consolider les systèmes de santé, protéger les ménages les plus pauvres et installer les conditions propices à la préservation des moyens de subsistance et de l’emploi des populations les plus durement touchées. De plus, les opérations menées à l’échelle des pays s’attacheront à apporter une aide aux familles les plus démunies, à travers des transferts monétaires et un soutien à l’emploi, préserver la sécurité alimentaire, la nutrition et la continuité des services essentiels, comme l’accès à l’eau potable et l’éducation. La Banque entend aussi cibler les groupes les plus vulnérables, parmi lesquels les femmes et les communautés déplacées qui risquent d’être particulièrement éprouvées.MS/te/APA

KHONDIO, RÉCEPTACLE DES DÉCHETS TOXIQUES

https://www.seneplus.com/–Ce village près de Mboro, situé à environ 80km de Dakar, abrite le déversoir des déchets acides du pays depuis 1983. Des rejets hautement toxiques dont les ICS contestent pourtant la dangerosité
Dans sa nouvelle enquête, La Maison Des Reporters vous emmène à Khondio, un village près de Mboro, situé à environ 80km de Dakar. Une localité très particulière car elle abrite le déversoir des déchets acides des ICS depuis 1983. Des rejets hautement toxiques dont les ICS contestent la dangerosité pour l’environnement et pour les hommes.
Après la mise en demeure du ministre de l’environnement, les ICS se trouvent dans l’obligation d’apporter la preuve de la toxicité ou non des déchets déversés en mer. Le temps qui leur est imparti est largement dépassé et les résultats des analyses se font toujours attendre. Les habitants de Khondio quant à eux sont formels. Leurs maux sont devenus innombrables avec ces déchets.
En contrepartie les ICS ont construit une case de santé dans le village. Un investissement jugé très peu significatif par les populations qui fustigent le manque d’équipe médicale et de moyens matériels. Le ministère de l’environnement a recommandé le déplacement du lieu de déversement vers un autre village. Une tentative destinée à faire taire la polémique sans pour autant résoudre le problème alors que des alternatives existent pour valoriser la substance.
Souleymane Diassy et Amy Keita se sont rendus sur place pour évaluer l’impact de ces camions d’acide fluo-silicique qui depuis plus de 30 ans déversent leur contenu en mer.

Au Marché HLM, les tailleurs affichent une mine de mauvais jour

https://www.pressafrik.com/Au marché HLM comme d’habitude en période de veille de fête, les tailleurs ne se plaignaient pas. Par contre, cette année dans ce contexte particulier lié au Covid-19, s’il y a des gens qui vivent les affres de la mévente, ce sont ces derniers. Ils affichent une mine de mauvais jour à quelques jours de la fête de la Korité. ils disent ne pas recevoir de commande, comme les années passées, et évoquent leurs difficultés. Ces tailleurs soutiennent que la Covid-19 à eu beaucoup d’impacts sur leurs activités depuis le début du confinement. Toutefois, ils remercient le bon Dieu durant cette période d’avant fête. Suivez la vidéo !!!

 Au marché des HLM, les clients de font rare et les commerçants décrivent leurs difficiles situations (Vidéo)

https://www.pressafrik.com/–À quelques jours de la fête de l’Aïd El Fitr dite Korité, le marché HLM de Dakar toujours pas de clients. Les commerçants ne se frottent pas les mains comme les années passées. Sur place, ils décrivent leurs difficiles situations. À l’idée de préparer la fête dans ce contexte, des filles interpellées, soutiennent que l’enthousiasme n’est pas si répandu que cela. Si certaines comptent ne rien faire, par contre d’autres décident de se payer de nouveaux habits qu’elles comptent mettre le jour de la fête et rester en famille. Selon Mère Fatou Thiam le Covid-19 à beaucoup impacté sur leur commerce. Car dit-elle, « les clients nous viennent de partout : dans la sous-région, comme le Mali, la Guinée, dans les régions également. Mais à cause du coronavirus, et l’interdiction de se déplacer entre région est passé par là ». À ses cotés, Yacine Camara ne dira pas le contraire. Selon elle si les autorités ne leur viennent pas en aident, elles risquent d’avoir des problèmes avec les banques qui les financent. Quant à Adji Gueye, vendeuse de confiture de ‘’mads’’ (saba senegalensis) et de mangues, contrairement aux années précédentes, la Covid19 a beaucoup impacté sur leurs activités. « Je pouvais vendre jusqu’à 50 000 F CFA. Mais aujourd’hui je ne gagne que 10 000 ou 15000 F CFA par jour ». Suivez la vidéo !!!

Reprise des cours: “Si les conditions ne sont pas réunies, on ne démarrera pas”,Mamadou Talla

https://senego.com/Selon Mamadou Talla ministre de l’Education nationale, quand on va en guerre, l’effort de guerre est nécessaire. C’est en ce sens qu’il voudrait saluer l’action du ministre Moustapha Diop qui va renforcer les dispositifs mis en place pour protéger les jeunes élèves.
Reprise
D’après Mamadou Talla, quand on parle de reprise surtout en cette période de pandémie, les esprits ne sont pas tranquilles. “On est inquiet mais ce qui est dans le protocole sanitaire, nous allons le respecter et si les conditions ne sont pas réunies, on ne démarrera pas”, ajoute M. Talla.
Adresse…
Le président de la République, Macky Sall dans son adresse à la nation de ce lundi 11 mai, à confirmé la reprise des cours le 02 juin 2020.
classes d’examens…
Cependant, seuls les élèves en classes d’examens (Cm2, Troisième et Terminale) sont concernés par cette reprise. Soit 551.000 sur 3,5 millions d’élèves du public et du privé réunis.

Covid-19: le Sénégal enregistre deux décès supplémentaires

https://actusen.sn/Le Sénégal enregistre 32 cas de décès liés au Covid-19. Le premier est un homme âgé de 61 ans, décédé ce 21  mai au centre Cuemo de l’hôpital Fann.
Le second est aussi un homme âgé de 68 ans décédé  ce même jour à l’hôpital Aristide le Dantec.

COVID-19/SITUATION DU JOUR: Les districts touchés ce 21 mai


Libération Sénégal online
–Après une accalmie, Thiès a enregistré, ce jeudi, 15 nouveaux cas positifs au coronavirus, selon la plateforme du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Le reste des 98 cas annoncés ce 21 mai est réparti entre les districts de Dakar-Sud (10), Dakar-Ouest (21), Dakar-Centre (11), Touba (3), Dakar-Nord (18), Sédhiou (6), Guédiawaye (4), Mbao (3), Pikine (4), Rufisque (1) et Yeumbeul (2).

Deux cas positifs à Ziguinchor

Libération Sénégal online-Deux ressortissants mauritaniens, en consultation à l’hôpital régional de Ziguinchor, ont été testés positifs au coronavirus. Jusque-là, Ziguinchor ne comptait plus qu’un seul cas. En effet, les trois autres patients, sous traitement dans son Centre, sont venus de Sédhiou.
Ces deux nouveaux cas seront comptabilisés demain, lors du point journalier du ministère de la Santé et de l’Action sociale

149 SÉNÉGALAIS BLOQUÉS EN FRANCE RAPATRIÉS CE JEUDI

http://www.emedia.sn/149 sénégalais bloqués en France depuis le début de la pandémie rentrent à Dakar, ce jeudi. Dans un communiqué rendu public, le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, informe qu’ils regagneront Dakar par vol Air Sénégal. « En application des instructions de Monsieur le Président de la République, Macky SALL, le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur poursuit le rapatriement des sénégalais bloqués en France, en relation avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale, le ministère de l’Intérieur et le Ministère du Tourisme et des Transports aériens », souligne le communiqué du ministère.
Le 1er vol de sénégalais en provenance de France est arrivé samedi dernier, 16 mai. Le rapatriement se poursuit.

Suma assistance tire sur le ministère de la Santé

https://actunet.net/Les opérations médicales, c’est-à-dire le traitement des malades du covid-19, ainsi que les actes médicaux, notamment les tests, font sortir la direction de Suma assistance de ses gonds. Le directeur de cet établissement privé de santé est monté au créneau pour dénoncer la gestion.
La maladie du covid-19 est gérée au Sénégal par la direction générale de la Santé à travers la direction des établissements publics de santé, celle des établissements privés de santé et la direction de la qualité du service. Ce sont les responsables de ces services du ministère de la Santé qui gèrent à travers des comptes spécialement ouverts, le programme de lutte contre la maladie de covid-19. Le traitement des patients, les contrats de restauration, les contrats d’hébergement avec les hôtels, l’achat de matériel médical… sont directement gérés par ces directions qui sont au cœur de la lutte contre le covid-19.
Si le directeur de Suma assistance n’est pas content de la gestion du ministère de la Santé, c’est à cette direction qu’il se plaint. C’est à elle que le patron de Suma assistance s’adresse en dénonçant une partialité dans la gestion de la maladie. Le directeur de Suma assistance renseigne que «40% des activités médicales sont gérées par les privés», se désole du fait «qu’aucun médecin ne peut faire un test de covid-19». Il enchaîne : «Je ne sais pas si le mot est faible, mais on est amputé dans notre profession et notre liberté de choix». Selon Babacar Niang qui ne décolère pas contre la gestion du covid-19 : «Le plus grave c’est que le patient, n’a pas le droit du choix du médecin traitant encore moins de l’établissement qui doit le traiter», informe le directeur de Suma assistance qui ajoute que le malade a «le droit de savoir les laboratoires qui font les tests le concernant». Toutes ces révélations sont faites contre la gestion de la maladie par les autorités sanitaires. Pour ceux qui doutent de la compétence de ses agents, le directeur de Suma assistance fait savoir «dans l’usine où un problème est survenu, c’est un de ses anciens élèves infirmiers qui a fait le prélèvement».
En réponse aux récriminations du directeur de Suma, Dr Aloyse Waly Diouf, le directeur de cabinet du ministère de la Santé promet des concertations en vue d’associer Suma dans la lutte contre le covid-19. «Nous allons rendre compte et aviser», a promis Aloyse Waly Diouf. Par Ndiogou CISSÉ

Coup de gueule du Dg du Suma Assistance: Le ministère de la santé réagit

https://actunet.net-Le ministère de la Santé et de l’Action sociale compte se rapprocher des structures privées en vue d’une collaboration, a annoncé ce jeudi le directeur de Cabinet, Dr Waly Diouf. Une réaction suite à la sortie du directeur général du Suma Assistance, Dr Babacar Niang.
Le cri du cœur du médecin-urgentiste et médecin aéronautique n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Quelques heures seulement après les dénonciations de Babacar Niang sur la manière dont les autorités gèrent la crise sanitaire, une lueur d’espoir. “On doit les écouter pour prendre en compte les différentes préoccupations. C’est des choses que nous allons rendre compte aux autorités et après, on viendra certainement vers eux pour trouver des solutions aux difficultés auxquelles ils font face“, a notamment rassuré Dr Aloyse Waly Diouf.

Partialité

Le directeur de Suma Assistance a dénoncé une certaine partialité de la part du ministère de la Santé et de l’Action sociale (Msas). “Vous avez 40 % des activités médicales qui sont gérées par les privés. Malheureusement, aucun médecin ne peut faire un test de Covid-19. On nous a amputé“, a déclaré le Dr Niang sur Rfm.

«Les comorbités ne doivent être une fatalité»(Cardiologue)

https://actunet.net/Cardiologue, professeur des Universités, Abdoul Kane est auteur de plusieurs livres dont le dernier en date, intitulé «Les eaux noires», est un roman qui se trame à Darkunda, une banlieue imaginaire frappée par la fièvre Ébola. Il revient sur cet ouvrage publié le 9 mai dernier par L’Harmattan Sénégal, et pose un regard avisé sur la riposte au coronavirus.

Entretien.

Sur quelles bases avez-vous fait de l’épidémie à virus Ébola le fil conducteur de votre dernier ouvrage ?
L’épidémie à virus Ébola m’avait beaucoup interpelé, particulièrement lorsque j’ai été convié à une réunion qui réunissait plusieurs socio anthropologues de différents pays africains qui après quelques mois d’épidémie sont venus à Dakar pour faire le point et parler de la dimension socioculturelle et économique de l’épidémie. Ce jour-là, j’ai pris conscience d’une chose : les épidémies sont le fruit de nos bouleversements socio-culturels, les épidémies sont également intimement liées à des facteurs qui ne sont pas du tout bio médicaux tels que l’environnement, la question économique, le ressenti des populations. À partir de ce moment-là, j’ai suivi très régulièrement cette épidémie, presque pas à pas, j’ai lu les coupures de journaux, des témoignages des victimes d’Ébola ou de leurs familles ; j’ai suivi régulièrement ce qui se passait, et ayant pu réunir toute cette documentation l’idée de parler d’Ébola a germé. Et pour parler d’Ébola, il m’a paru utile d’aller plus loin en questionnant les épidémies de façon générale. Je me suis rendu compte qu’il y a  beaucoup de similitudes en ce qui concerne les épidémies. On retrouve quasiment les mêmes choses : la violence, la stigmatisation, la césure socioculturelle et donc, il m’a paru important de parler de l’épidémie en ces termes-là.
La trame se déroule à Darkunda, une banlieue imaginaire frappée par des manquements récurrents en Afrique et au Sénégal. La fiction rejoint elle la réalité ?      
Justement, il est important qu’on ne sente pas que c’est un roman sur la biomédecine, il ne s’agit pas du tout de çà. C’est un roman sur les épidémies. Pour moi, les épidémies c’est une partie biomédicale, et c’est surtout une partie socio-culturelle, économique et, in fine, politique. Le terme Ébola arrive d’ailleurs assez tardivement parce que je voulais montrer que l’incubation, ce qui a fait le lit d’Ébola et qui a fait le lit des épidémies et des crises, qu’elles soient sanitaires ou autres, c’est ce que vous avez évoqué tout à l’heure. C’est une banlieue, c’est l’exode rural, c’est les guerres tribales, c’est malheureusement tous les travers d’une société où vous vous retrouvez avec la drogue, la contrebande, la corruption du politicien, la corruption du personnel soignant, la corruption d’un journaliste qui fait très peu cas de l’éthique et de la déontologie. Toutes ces choses permettent aux épidémies et aux autres crises de s’installer et de pouvoir entraîner des cataclysmes comme on en connaît aujourd’hui.
On a l’impression que votre livre, paru le 9 mai en pleine pandémie de coronavirus, a quelque chose de prémonitoire. Que dire de cette synchronicité ?
En vérité lorsque vous vous intéresserez aux épidémies de façon générale, vous vous rendrez compte que cette pandémie de coronavirus nous a surpris peut-être parce que nous n’avons pas de mémoire. Il n’y a presque rien que la pandémie du coronavirus nous a dit qu’une autre épidémie n’a déjà raconté. Si vous parlez d’une diffusion rapide, foudroyante d’une épidémie, au point d’entraîner des milliers de morts, on peut vous dire que la peste noire a décimé les deux tiers de la population européenne ; je pourrais vous dire que les épidémies de fièvre jaune au Sénégal au 19ème siècle ont décimé les deux tiers ou la moitié de la population médicale occidentale. Je pourrais vous dire que la grippe espagnole a fait 50 millions de morts, évidemment à un moment où la médecine n’était pas si développée. Dans tous  les cas on est confronté à un virus qui peut être mortel et qui peut aussi se propager très vite. En vérité, le nom du coronavirus, c’est Sars Cov2, il y a eu un Sars-Cov, avant celui-ci, il y a quelques années à peine. Nous avons eu également le virus de la détresse respiratoire il n’y a pas longtemps, et parmi ces virus certains sont beaucoup plus mortels d’ailleurs que le coronavirus. Dans le roman, à travers des passages qui n’ont rien à voir avec l’épidémie actuelle, j’ai quasiment parlé de toutes les épidémies et des formes de transmission. C’est pourquoi je parle du moustique de temps en temps, j’ai parlé du choléra, j’ai parlé des autres épidémies, et j’ai parlé des virus à transmission respiratoire. Et un personnage un peu particulier qui est Sorbonne, un intellectuel un peu déjanté, explique qu’un virus aujourd’hui peut se propager dans le monde entier en 24 – 48 heures ; ce qui est logique avec les échanges que nous connaissons dans un monde particulièrement interconnecté. Oui, on peut penser que c’est prémonitoire, mais moi, à travers Ébola, j’ai voulu montrer que nous avons connu des bouleversements écologiques, nous avons perturbé notre écosystème, nous sommes dans un monde qui a complètement perdu son équilibre et ce n’est pas seulement écologique ; c’est aussi social, culturel, économique avec des fractures sociales très importantes.
Comment appréciez-vous la riposte du Sénégal face au coronavirus ?
Je pense que tous les pays ont été surpris par cette fulgurance et évidemment tous les pays ont du mal à s’adapter à cette nouvelle donne. Je pense que l’Afrique a eu cette chance quand même : le Sénégal fait partie de ces pays africains qui ont pu voir venir l’épidémie qui n’a pas eu ce caractère particulièrement dramatique qu’on a connu en Europe. Bien heureusement, parce que nos sociétés n’étaient pas préparées, et surtout nos systèmes sanitaires ne pouvaient pas subir un contrecoup pareil. Au Sénégal, je crois qu’il y a une donne que nous n’avons pas su mesurer à sa juste valeur : c’est la donne socio-culturelle et économique. On a fermé les lieux de culte, on a demandé aux gens de réduire une activité économique alors que pour certains, la survie se jouait au quotidien. Et quand vous fermez des lieux de culte pour un peuple si croyant qui peut ne pas avoir compris, et qui peut d’ailleurs avoir besoin de ses lieux de culte pour entretenir l’espoir, vous pouvez courir très vite vers des fractures sociales. La réalité économique, les contraintes culturelles, la dimension religieuse ont joué. Il nous faut – je crois – arriver à ramener la lutte vraiment au niveau communautaire, mais surtout il faut qu’on renforce aussi nos systèmes sanitaires. On parle de ce qui se passe en Europe, mais pour une situation cent fois moins importante que ce qui se passe en Europe nous risquons d’être complètement dépassés. Donc je pense qu’il faut travailler sur la prévention, travailler sur la communauté, travailler en responsabilisant davantage les citoyens, et à ce niveau-là, il faut avoir toutes les approches pédagogiques en impliquant les socio anthropologues, les leaders communautaires, en faisant en sorte que chacun s’approprie cette lutte. Et en même temps, je crois qu’il faut protéger les couches les plus vulnérables parce que c’est ces couches-là qui pourrait demain relâcher leur vigilance parce qu’étant tenaillées par la faim ou étant préoccupées par la survie du moment, et je crois qu’il est absolument important aussi qu’on puisse remettre à flot nos systèmes sanitaires puisqu’il est à craindre que l’épidémie soit encore là pendant quelques temps.
En tant que cardiologue le cas des personnes avec des comorbités vous interpelle particulièrement…
Oui, clairement. Vous avez bien vu que la comorbité joue un rôle important et d’ailleurs, là aussi, on se retrouve avec une situation un peu paradoxale. Nous avons une épidémie qui en vérité n’est pas si létale que çà. Je rappelle que le nombre de personnes atteint de coronavirus qui en mouraient c’est 5%. 90 à 95 personnes sur cent vont survivre à cette maladie j’ai presque envie de dire alors même qu’il n’y a pas eu un traitement confirmé par rapport à ça. Ceux qui décèdent sont généralement ceux qui ont un terrain de fragilité, même s’il faut être prudent puisque d’autres facteurs interviennent : ça peut être un facteur génétique ; certains peuvent avoir une charge virale tellement importante que ça peut poser des problèmes, même en l’absence de comorbité. Même à ce niveau-là, pour moi il n’y a pas de fatalité. C’est-à-dire qu’on peut bien être hypertendu, être diabétique, avoir une autre maladie chronique, avoir le covid et pouvoir s’en sortir indemne dans la majorité des cas – à condition que la comorbidité soit bien cernée et bien prise en charge. C’est pourquoi d’ailleurs nos systèmes de santé doivent aujourd’hui certes parer à l’urgence covid, mais ne doivent pas oublier de prendre en charge les malades qui ont une comorbidité parce que si on déséquilibre les diabétiques, si les hypertendus se compliquent, si les cancéreux ne sont pas pris en charge correctement, soit ils mourront de leur maladie, soit le covid ou même un autre microbe pourrait les déstabiliser. C’est pour cette raison qu’il faut vraiment qu’on garde notre lucidité et notre sang froid. Il faut surtout inviter la population à aller se faire consulter ou à appeler les médecins puisqu’aujourd’hui on a vu que les malades ont déserté les structures de soin, alors que c’est maintenant qu’on doit justement faire l’état des lieux par rapport  à sa maladie, faire le point. Encore une fois, moi qui suis cardiologue, lorsque mon patient vient se faire consulter et que je stabilise sa maladie je suis vraiment rassuré, d’autant que je pourrais aussi échanger avec lui pour le sensibiliser davantage sur les gestes de prévention qui sont utiles. Par Mohamed NDJIM

« Quartier libre, Covid-19…circulez! »(Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) SUTSAS-SUDTM-SAT-SANTE/D AND GUEUSSEUM )

https://www.dakaractu.com/C’est avec beaucoup d’inquiétude que l’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) SUTSAS-SUDTM-SAT SANTE/D AND GUEUSSEUM a accueilli les mesures d’assouplissement édictées par le Chef suprême de la guerre contre la Covid-19 dans son message solennel à la nation du lundi 11 mai 2020, au moment où la pandémie abordait naturellement une pente ascendante ponctuée par 177 nouveaux cas et 19 morts pour un cumul de 1.995 testés positifs.
Paradoxalement, l’intensification de la lutte n’étant pas au rendez-vous au moyen entre autre, de confinement des zones épicentres, le port obligatoire du masque dans les lieux publics et dans la rue, les restrictions de la circulation intra-urbaine dans les zones rouges de même que la célérité dans la distribution des kits alimentaires, le quartier, dès lors, devient subséquemment libre pour la circulation du virus avec ses conséquences désastreuses. Ainsi en a décidé le Chef de l’Etat, contre toute attente.
Quant aux stoïques soldats (personnel soignant), premiers et derniers remparts dans le combat dont certains (une cinquantaine) ont été contaminés ou mis en quarantaine avec leurs lieux de travail temporairement fermés, ils attendent par endroit, désespérément, des équipements et matériels de protection depuis belle lurette en dépit des 64 milliards annoncés pour le secteur de la santé/action sociale et la réception pompeuse d’une cargaison d’équipements par le Ministère de la Santé et l’Action sociale.
Dans un tel contexte d’incertitude, des spécialistes de tout bord entretiennent délibérément et publiquement une cacophonie sur la circulation du virus, le confinement-déconfinement, l’atteinte hypothétique d’un pic épidémique, la consommation « du Covid Organics  » sans oublier l’ouverture des écoles, marchés, mosquées et autres lieux de rassemblement avec un argumentaire souvent tiré par les cheveux au grand dam des populations qui ne savent plus à quel sachant se fier. A cet effet, l’ASAS invite l’autorité à siffler la fin de la récréation pour arrêter ce vent de déconstruction de nos fragiles acquis.
Heureusement, AND GUEUSSEUM, dans son rôle de sentinelle, avait alerté en préconisant en son temps l’intensification de la guerre sinon il se ferait tard déclarait-elle, s’il fallait attendre le millième cas positif. Dommage l’appel n’a pas eu un écho favorable, maintenant  avec  au bilan, 2617 cas dont 30 décès, il n’y a d’autres alternatives que la transformation des réceptifs hôteliers en véritables « hôpitaux Covid19 « , des domiciles en milieux de mise en quarantaine périlleux pour les personnes âgées dans l’attente d’improbables solutions pour les cas graves qui suivront inéluctablement.
Par conséquent, à la lumière de tout ce qui précède, AND GUEUSSEUM en appelle à plus d’exigence dans le respect des mesures barrières à l’endroit des populations, à plus de protection individuelle et collective du personnel soignant, des forces de défense et sécurité de même que la presse en mission dans les structures sanitaires. Dans la même veine, le personnel communautaire (ASC, Matrones, Bajanu Gokh) requiert une meilleure protection et une motivation conséquente car, avec la nouvelle stratégie de lutte, il devient à nouveau incontournable.
Enfin l’ASAS SUTSAS-SUDTM-SAT SANTE/D salue le vote de la loi portant allongement de l’âge  de la retraite  de 60 à 65 ans (accords de la convergence SUTSAS/SAS en 2009 et 2014) par l’Assemblée Nationale le 14 mai 2020 en tenant en compte d’une certaine équité dans l’éligibilité des bénéficiaires relativement aux critères d’entrée tardive dans la Fonction publique et la spécificité de certains corps dont le décret d’application tant attendu après sa promulgation en cernera les contours. Par ailleurs, la migration des agents contractuels de l’IPRES vers le FNR (cf. Conférence sociale) devient une exigence de couverture sociale démocratique pour tous les agents de l’Etat et des collectivités territoriales ainsi que le recrutement massif de personnel dans la Fonction publique en priorisant les contractuels les plus anciens et les postes les plus éloignés.
Nul n’ayant le droit de fragiliser notre vaillante armée face à la Covid-19, malgré certaines insuffisances, AND GUEUSSEUM réitère son soutien aux pouvoirs publics et invite la population et tous les acteurs, pour l’intérêt Supérieur de la nation, à se mobiliser pour barrer la route à cet ennemi mortel.

Riposte Covid-19, Cas communautaires: Abdourahmane Sow parle de cacophonie au sommet de l’Etat…

https://senego.com/La propagation de la maladie du Coronavirus au Sénégal inquiète Abdourahamne Sow. L’activiste parle de cacophonie dans la gestion de la maladie au sommet de l’Etat, notamment de la prise en charge et des cas communautaires.
“Les cas communautaires rendent difficile la prise en charge de la maladie dans le cadre du traitement et dont l’organisation devait se faire à la base avec un comité nationale de gestion pour la riposte. Un travail fastidieux qui a été chamboulé, notamment avec l’affaire des quotas du riz”, regrette-t-il.
La somme débloquée
Concernant les mesures d’assouplissement prises par Macky Sall, Abdourahmane Sow a appelé d’abord les autorités à informer sur la somme débloquée jusqu’à présent pour faire face à la pandémie et les conséquences économiques au delà des aspects médicaux sanitaires…
Une stratégie défensive  
Pour l’activiste, l’urgence se trouve sur la manière et la stratégie par lesquelles les personnes doivent repousser et confiner le virus… Ainsi note-t-il une cacophonie de la part du chef de l’Etat qui, malgré l’audience avec les chefs de l’opposition et quelques responsabilités, n’a pas profité pour tirer gain de cause du savoir de ces personnes ressources
Il déclare également qu’ils avaient toujours dénoncé la prise en charge des cas contacts dans les hôtels…

Le préfet de Thiès démarre une opération de déguerpissement: les chauffeurs implore sa tolérance

https://actusen.sn/Le préfet de Thiès a démarré depuis, ce matin, une opération de désencombrement de la ville. Ses cibles sont les gares et stationnements disséminés un peu partout dans la ville. Une situation qui inquiète les chauffeurs de taxi qui, même s’ils reconnaissent avoir été prévenus à temps, ont invité le préfet à la tolérance.
« Aujourd’hui, tout le monde a constaté la ruée de la population vers les bus. Nous avons été prévenus, mais nous invitons le préfet à plus de tolérance. Nous sommes des pères de famille et c’est notre gagne-pain et tout le monde a vu qu’on s’est investi dans la lutte contre la pandémie. Nous donnons du gel à tous les clients», a imploré le responsable du terminus de Hersens.

Keur Massar: Le préfet interdit tout commerce aux alentours du rond-point

https://actusen.sn/Même si les marchés sont autorisés à fonctionner 6 jours sur 7 par le chef de l’Etat, le préfet des Niayes ne veut voir aucun commerce aux alentours du rond-point de Keur Massar. Il a ainsi pris un arrêté pour interdire toute vente sur la  voie publique aux alentours du rond-point. Selon le sous-préfet Oumar Dia, cette mesure entre dans le cadre de la lutte contre la pandémie à Keur Massar.
A noter que Keur Massar a encore enregistré des cas issus de la transmission communautaire hier et aujourd’hui.

Air Sénégal fait machine arrière: Les 3 corps arrivent (enfin) vendredi à Conakry

http://yerimpost.com/Vers l’épilogue de l’affaire des trois corps refoulés samedi dernier de Conakry… Air Sénégal, qui avait soutenu dans un communiqué n’avoir violé aucune procédure de transfert de corps, fait machine arrière. La compagnie s’est finalement conformée à l’exigence de Conakry en écrivant aux autorités guinéennes pour leur demander d’autoriser un vol cargo sur Conakry le 22 mai prochain, avec 3 corps humains dont celui d’Elhadj Batoura Touré.
Dans l’objet du courrier du 20 mai parcouru par Mediaguinee et signé de Doudou Ndiaye, chef d’escale Air Sénégal à Conakry, on peut lire: Vol Cargo (general cargo plus HUM 3)…
Suite donc à cette demande, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) a fait l’autorisation de transfert des corps.
Sauf dernière décision, l’avion d’Air Sénégal va atterrir vendredi prochain, au matin, à Conakry.

REPRISE DES AUDIENCES AFFAIRE HABRÉ:LES MISES AU POINT DE ME MALICK SALL

http://www.emedia.sn/–Le ministre de la Justice s’est prononcé sur les réserves émises par l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) par rapport la reprise des audiences dans les Cours et Tribunaux. Ce, après la suspension due à la pandémie du Covid-19.
Me Malick Sall s’est prononcé sur la correspondance du juge Souleymane Teliko, qui soulevait, ces griefs. « Le président de l’UMS m’a écrit pour dire que pour que les audiences reprennent, il y aurait des conditions. Chacun doit être dans son rôle. Moi, en tant que Garde des Sceaux, je suis chargé de l’organisation et du bon fonctionnement des juridictions. J’ai donc, en son temps, demandé à ce qu’on suspende les audiences », a d’emblée expliqué le ministre Malick Sall, interrogé par la RFM. Poursuivant son argumentaire, il ajoute : « Après le dernier discours du président de la République, j’ai tout simplement saisi les chefs de juridictions et les chefs de parquet, responsables du fonctionnement de leurs juridictions et de leurs parquets, pour leur demander de réfléchir aux modalités de reprise des audiences. Il appartient à ces chefs de juridictions et pas quelqu’un d’autres de me saisir en me disant, nous avons pris bonne note et, voilà comment nous entendons reprendre les audiences », assène-t-il.
Par ailleurs, le ministre de la Justice s’est prononcé sur le cas Hussein Habré qui, le 26 mars dernier, avait bénéficié d’une autorisation à résidence de 60 jours. Ce délai va s’épuiser la semaine prochaine. Mais, si l’on en croit au ministre de la Justice, il pourrait être allongé. « L’ordonnance du juge dit qu’il est autorisé à sortir pour un délai de 60 jours. Mais, ce délai est renouvelable en tenant compte des raisons qui avaient amené le juge a autorisé cela », a expliqué Malick Sall, rappelant que nous sommes toujours en période de pandémie. Toutefois, il signale qu’il appartient à l’avocat de Hussein Habré de présenter sa requête. Et une fois que cela est fait, il appartiendra aux juges de l’exécution des peines d’apprécier. « Seul ce juge a la compétence de renouveler ou non ce délai. Cette décision n’appartient ni au président de la République, ni au Garde des Sceaux parce que nous n’avons pas les capacités de le faire », précise le ministre de la Justice, Malick Sall. Aliou DIOUF

Conseil supérieur de la magistrature: Débat houleux entre le ministre de la Justice et Téliko

http://yerimpost.com/D’après nos radars scotchés au palais de la République, un débat houleux a eu lieu à la présidence de la République entre le garde des sceaux, maître Malick Sall, et le juge Souleymane Téliko.
Ce dernier lui reproche le parachutage du nouveau procureur général, Mansour Mbaye, qui jusqu’ici était le directeur des services judiciaires du ministère de la Justice.
D’autant que les autres chefs de juridictions, à savoir les chefs de cours, sont plus gradés que le nouveau procureur général près la Cour suprême.

TRAFIC DE BILLETS NOIRS: Coup de filet entre Saly et Dakar

Libération Sénégal online –Selon les informations de Libération online, la nouvelle Brigade de recherches de la gendarmerie de Mbour a mis la main sur un réseau spécialisé dans la confection de faux billets et qui a fait beaucoup de dégâts sur la Petite Côte. Dans un premier temps, trois ressortissants camerounais ont été appréhendés à Saly avec plusieurs millions en billets noirs, prêts à être « lavé ». Entendu, ces derniers balancent le cerveau, Ibrahima B., un ressortissant guinéen qui a été intercepté à Grand-Yoff avec le concours de la Section de Recherches. Ce dernier est tombé en même temps que son compatriote Moryba F., impliqué dans plusieurs affaires d’escroquerie à Saly et environs.
Comme dans l’affaire Boughazaly, un élément infiltré s’est fait passer pour un client afin de prendre en flagrant délit les mis en cause

SEWACARD accompagne l’ONCAV dans la finance digitale et le management électronique

https://www.seneweb.com/Une nouvelle page s’ouvre pour l’Organisation Nationale de Coordination des Activités de Vacances (ONCAV). Elle va entrer de plein fouet dans la gouvernance numérique et la finance inclusive grâce à SEWACARD, un intégrateur industriel et monétique basé au Parc de Diamniadio. Les deux entités ont signé, le 19 mai 2020, un contrat de partenariat qui va leur permettre de produire 1.000.000 de cartes et 10.000 terminaux de paiement électronique (TPE) qui vont créer des milliers d’emplois.
Un partenariat est scellé entre SEWACARD INDUSTRIE et l’ONCAV, l’Organisation Nationale de Coordination des Activités de Vacances, reconnue d’utilité publique par l’État par décret N°96-688 du 17 aout 1996. Les deux entités vont mettre en œuvre le programme de l’ONCAV dénommé « une ASC, un projet, des emplois » avec le lancement d’une plateforme de transfert d’argent et de paiement de factures et services.
Ainsi, SEWACARD va permettre à l’ONCAV de disposer de 1 million de cartes ALAL prépayées privatives ou GIM-UEMA et de 10 000 terminaux de paiement (TPE) pour mettre en œuvre ce programme combien important pour le développement économique et social du Sénégal. Selon le Directeur Général de SEWACARD, M. Ahmadou Tidiane Wane, ce projet va aider l’ONCAV à faire son entrée dans le «management numérique » et la «finance digitale ». Toutes les cartes et terminaux électroniques sont produits par SEWACARD au Parc industriel de Diamniadio.
En effet, ce contrat estimé à 5 milliards de FCFA va permettre à l’ONCAV d’ouvrir des boutiques de transfert d’argent et points de services sur l’ensemble du territoire national. Ces activités vont créer des milliers d’emplois à travers le pays. Le Président de l’ONCAV, M. El Hadj Amadou Kane s’attend à plus de 15.000 emplois créés par les Associations Sportives et Culturelles (ASC) implantées partout dans le pays car chaque point de services pourra employer 2 à 3 personnes. L’ONCAV compte aujourd’hui plus de 7500 ASC affiliées, a précisé M. Kane. « Dans certaines grandes ASC, nous pouvons avoir plusieurs points. Des jeunes seront formés pour gérer les points de transfert. Les ASC vont aussi désigner une centaine de personnes qui recevront une formation », a souligné le président de l’ONCAV.
Sur la plateforme numérique, SEWACARD propose la digitalisation des 7500 ASC par l’identification des membres, la numérisation des licences des joueurs des Navétanes, le paiement électronique à l’entrée des stades, le transfert d’argent à travers la carte ALAL, , le retrait cash dans tous les GAB GIM-UEMOA, le rechargement des cartes ALAL dans tous les points ONCAV et divers paiements de services.

Digitaliser les procédures d’identification et les paiements de services

Par ailleurs, au-delà des outils de paiement de proximité, SEWACARD va mettre à la disposition de l’ONCAV toute une gamme de services pour une «inclusion financière et sociale  des populations ». Selon le Directeur Général M. Wane,«Avec les terminaux installés par SEWACARD, le réseau des points de services ONCAV pourra se déployer sur toute l’étendue du territoire national, permettant ainsi d’atteindre des zones rurales dépourvues d’agences bancaires ».  Pour lui, le gouvernement du Sénégal, les Institutions de microfinance et même des Ong pourront désormais faire appel à l’ONCAV quand ils auront besoin de distribuer des ressources dans le cadre des programmes d’urgence et de proximité. «Comme nous le prônons  depuis notre installation au Parc industriel de Diamniadio, SEWACARD fera tout son possible pour accompagner les acteurs économiques à digitaliser les procédures d’identification et de paiement », promet M. Wane.

Contrat entre la Senelec et Akilee: le FRAPP continue à déplorer la cherté du prix de l’électricité

https://www.pressafrik.com/Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) continue à déplorer la cherté du prix de l’électricité, et exige une baisse pour tous les citoyens ainsi que sa disponibilité pour tous et partout au Sénégal. Il exprime son inquiétude et sa préoccupation face à la situation qui prévaut actuellement à la Senelec.
Après avoir rencontré à son siège le Sutelec, le mercredi 20 mai, le FRAPP compte demain vendredi 22 mai, rencontré le DG d’Akilee. Ce, pour lui permettre de donner son point de vue, la semaine prochaine, sur la question du contrat entre la Senelec et Akilee.
Selon le FRAPP qui se félicite de la libération des frères Gningue, « les éléments de nos forces de défense et de sécurité ne peuvent se comporter comme les colons le faisaient pendant la période coloniale ».
Dans le communiqué qui nous est parvenu le FRAPP dénonce « la cabale policière et judiciaire qui s’est abattue sur la famille Gningue rien que pour ne pas avouer que le commissariat de police de Thiaroye s’est comporté de façon scandaleuse ».
Toujours dans le communiqué, le Front dénonce un certain nombre de cas : la collusion entre le ministre de l’Intérieur et le ministre de la justice sur cette affaire, exige la lumière dans les affaires Pape Sarr, Abdoulaye Timera, Seck Ndiaye, Elimane Touré…impliquant des forces de défense et de sécurité qui ont violenté, torturé jusqu’à la mort des citoyens.
Mais aussi le FRAPP dénonce la sévérité du verdict contre leur camarade Abdou Karim Gueye qui a été condamné à 03 mois de prison et exige sa libération dans les meilleurs délais.Ibrahima Mansaly

Affaire spoliation des Mamelles: Ces révélations qui donnent raison à Serigne Mboup

https://www.leral.net/-Le célèbre homme d’affaires Serigne Mboup ne compte pas reculer dans sa volonté de construire un hôtel aux Mamelles.
En effet, il avait démarré il y a quelques jours les travaux de construction dudit hôtel au niveau de l’une des falaises des Mamelles. Et les gendarmes de la DSCOS avaient fait une descente, arrêtant les travaux, d’après Atlanticaactu.com.
Mais malgré cette interdiction, les ouvriers ont repris le travail. Le patron de CCBM est accusé ainsi de vouloir spolier les Mamelles, mais une source sûre a fait des révélations qui disent tout le contraire.
« C’est le gouvernement d’Abdoulaye Wade qui devait de l’argent à Serigne Mboup, il lui a payé en nature 4 hectares aux Mamelles. Serigne Mboup a tous ses papiers, autorisation de titre et tout », a confié notre source.leral

Mesures restrictives: “La nécessité d’avoir un Premier ministre revient…”

https://senego.com/–“La décision du président de la République d’assouplir les premières mesures de restrictions face au nouveau coronavirus s’inscrit dans une démarche visant à éviter l’ouverture d’autres fronts pour le gouvernement…“, d’après Dr Maurice Soudieck Dione. Le Docteur en Science politique et Enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, lors d’un entretien avec senego, a été interpellé sur les nouvelles mesures, prises par le président Macky Sall, dont la réouverture des lieux de cultes. Non sans préciser que “la nécessité d’avoir un Premier ministre revient…”

Sur la réouverture des mosquées…

Au demeurant, les rapports entre le politique et le religieux sont extrêmement sensibles, car l’État parce qu’il est laïc n’a pas une légitimité sur le plan spirituel, et c’est ce qui lui permet d’assister, de protéger et de promouvoir de manière égalitaire les différentes religions et communautés religieuses. Dans le domaine proprement religieux qui n’est pas le domaine temporel de l’État, celui-ci est obligé de négocier avec les communautés religieuses, et de ce point de vue, cela ne me semble pas être une faiblesse. Car de toute façon, vouloir imposer la volonté de l’État par la force ne peut être que contreproductif et dangereux pour la préservation de la paix sociale.  Pendant que l’arrêté n° 007782 du 13 mars 2020 était en vigueur qui interdisait en son article 1 toutes les manifestations ou rassemblements de personnes dans les lieux ouverts ou clos, il y a des mosquées qui ont continué à ouvrir“, rappelle-t-il.
Il poursuit : “Après que le Président Sall a décidé de rouvrir les mosquées dans son discours du 11 mai 2020, plusieurs chefs spirituels ont décidé de garder fermés les lieux de culte car la menace n’est pas encore écartée. Cela montre tout simplement que l’État ne peut pas régir les affaires spirituelles, ce n’est pas sa vocation, mais il doit assurer la pérennisation du vivre-ensemble dans la paix, le respect et la concorde entre les différentes religions et communautés religieuses. La situation du Covid-19 est inédite en ce sens qu’elle révèle une ambivalence des décisions de l’État : ouvrir ou fermer des lieux de culte, touche à la fois le domaine temporel qui est celui de l’État et le domaine spirituel qui est celui des guides religieux. Dans une telle situation, seule l’information, la sensibilisation et la concertation permanentes peuvent permettre de trouver les solutions appropriées. Après les difficultés relatives à la gestion de la crise dans ses implications à la fois politiques et religieuses, il y a celles en rapport avec l’État de droit“.

Retour du poste de PM…

D’après le Dr en Science-Po, “Avec les nouvelles mesures, c’est toute la stratégie gouvernementale qui est chamboulée. C’est un changement paradigmatique qui nécessite de revoir toute la stratégie pour éviter les contradictions. Ensuite, la nécessité d’avoir un Premier ministre revient. Car le Président est obligé d’aller lui-même au front, et il n’a ni bouclier ni fusible. Or, un Premier ministre aurait pu monter régulièrement au créneau et laisser au Président une plus grande marge de manœuvre, en lui permettant d’incarner davantage une posture de transcendance. On a vu la sortie de l’ex-Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, ministre d’État, Secrétaire général de la présidence de la République, dans le quotidien national Le Soleil du 13 mai 2020 pour défendre le Président Sall dans ce nouveau cap défini dans la lutte contre le Covid-19“.
Au demeurant, si le nombre de cas augmente-ce qu’on ne souhaite pas mais l’hypothèse n’est pas à exclure pour l’analyse, le Président pourrait-il encore revenir sur les mesures ? Cela donnerait l’impression qu’il se dédit ou alors qu’il ne sait pas véritablement quoi faire, ce qui risque de plomber davantage la stratégie du Gouvernement. Sur les questions religieuses, la stratégie de communication doit davantage intégrer les guides religieux pour donner plus de force, d’autorité et de légitimité aux décisions prises. La stratégie gouvernementale doit également évoluer en intégrant davantage les leaders sociaux et les relais communautaires ; elle doit s’enrichir à devenir plus transversale et coordonnatrice, une communication plus fondée sur la coordination, l’inclusion et la circularité, plutôt qu’une communication essentiellement basée sur la hiérarchie, la verticalité, une communication dominante et surplombante qui donne l’impression d’infantiliser les cibles…“, souligne-t-il.

DEMBA KANDJI À LA PRESIDENCE: L’ACT PARLE DE MASCARADE

www. http://www.emedia.sn/–Le détachement du magistrat Demba Kandji à la Présidence de la République est mal apprécié par l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act). Les camarades de l’ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, parlent de « mascarade orchestré par Macky Sall ». Pour eux, les magistrats doivent se prononcer et condamner cette décision. « La magistrature doit se prononcer à défaut d’avaliser sa complicité contre le peuple si cette mesure devenait définitive », ont-ils déclaré.
Lors de la dernière réunion du Conseil supérieur de la magistrature, tenue le 20 mai 2020, de gros chamboulements avait été opérés au sein de la magistrature. Parmi ceux-ci, le détachement de l’ancien président de la Cour d’Appel de Dakar, Demba Kandji. Ce dernier avait présidé le procès en appel de l’ancien maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, dans le cadre de l’affaire dite ’’caisse d’avance de la mairie de Dakar’’.

IMPACTÉS MAIS PAS MENDIANTS PAR PAPA MEISSA GUEYE

https://www.seneplus.com/Il faut que les artistes qui déclarent des manques à gagner de centaines de millions cessent la comédie. Le fonds de secours aux acteurs culturels ne doit pas être des liasses de billets que l’on se partage
Le Sénégal, à l’instar d’autres pays du monde et de l’Afrique, vit une situation très difficile. La pandémie du coronavirus est en train de bouleverser le mode de vie des artistes et a fini de les installer dans un désarroi qui ne semble pas avoir de fin. Les autorités gouvernementales et sanitaires font des pieds et des mains pour contenir la maladie et éviter qu’elle n’atteigne de plus larges couches. Des mesures contraignantes sont prises : état d’urgence suivi de couvre-feu, limitation des déplacements, interdiction des voyages inter-régions, fermeture de certains marchés, bouleversement complet du transport en commun, point de rassemblements. Le secteur culturel s’est révélé très touché par ces mesures. Plus de concerts, plus de représentations théâtrales, l’activité artistique dont la pratique est liée à la présence du public vit ses plus durs moments.
Si dans un premier temps, ces mesures ont trouvé un écho favorable dans une large frange de la population, de plus en plus elles sont contestées. La raison est que le Sénégal est un pays dont l’économie est essentiellement basée sur l’informel. Les mesures bien que salutaires tuent les affaires des artistes et les réduisent à une situation de précarité qu’ils  peinent à accepter et à surmonter. Pour autant, cela ne doit pas faire d’eux des mendiants.
Impactés oui !
Mendiants non !
La balle se trouve dès lors  dans les deux camps : celui du ministère en charge de la Culture et de la Communication et celui des acteurs culturels. Il est vrai qu’il y a un déficit de communication au niveau du ministère qui ne peut fournir aucune information sur l’ aide et le secours destinés aux acteurs culturels décidés et rappelés  par le président de la République, notamment lors d’un récent Conseil des ministres .
Nous invitons donc le ministre de la Culture et de la Communication à communiquer juste et vrai sur la situation au moment où les acteurs culturels, eux aussi exagèrent et versent même dans le ridicule, comme ce fut le cas avec Thione Seck, remettant ses factures au ministre. Nous condamnons cette attitude avec la dernière énergie, parce que nous pensons qu’il n’est pas décent de profiter de cette situation de pandémie, pour régler des problèmes alimentaires qui n’ont rien à voir avec le contexte dans lequel nous sommes. Il faut également que les artistes qui déclarent des manques à gagner de centaines de millions cessent la comédie. Qu’ils reviennent donc à la raison, d’autant qu’ils n’ont eu qu’un mois d’inactivité, car le mois de carême n’a jamais été un mois prolifique pour les artistes. Toutes les activités sont aux arrêts durant le mois béni.
De notre point de vue, le fonds de secours aux acteurs culturels ne doit pas être des liasses de billets que l’on se partage. Des mécanismes doivent être mis en place par les autorités pour faire bénéficier de ce fonds, tous les acteurs impactés ; à charge également pour ceux-ci d’imaginer des scénarii basés sur des démarches communes, débouchant sur des projets structurants pour chaque secteur, ouvrant ainsi la voie à un Nouvel Ordre Culturel.
De ce fait, nous proposons à la place d’une distribution automatique, le lancement d’appel à projets calqués sur la situation que nous vivons et celle d’après Covid-19 ; il sera ainsi réglé, le problème de répartition et de distribution, ce qui fera certes beaucoup de mécontents, mais contribuera à projeter les acteurs dans une démarche inclusive d’innovation, quant au financement et au développement de la Culture, dans notre pays ; démontrant ainsi notre génie créateur en ce qui concerne la gouvernance future de notre secteur.
Oui pour un appel à projet Covid-19 !
Non, pour un partage de fonds !
Impactés mais  pas mendiants.Papa Meissa Gueye est artiste/entrepreneur culturel

MACKY ARROSE LA DIASPORA, JE NE DIS PAS MERCI PAR ALASSANE THIAM

https://www.seneplus.com/Sénégalais du Sénégal, avez-vous perçu vos 200 000F CFA de Macky Sall ? Cette surprenante décision saluée par certains immigrés posent néanmoins plusieurs interrogations, à l’exception de l’aide aux étudiants
Qui l’eût cru, l’argent du Sénégal vers la France ! Les immigrés de France ont eu la grande surprise de recevoir des mails et courriels provenant des leurs différents consulats notifiant que le président de la République a décidé de transférer des fonds de Dakar vers la France pour nous soutenir contre le coronavirus. Plus de 700 000 000F CFA nous tombent du ciel malgré la fermeture des frontières. Il nous est demandé de remplir un formulaire et de transmettre nos relevés d’identité bancaire, ce qui nous permettra de toucher 300€, environ 200 000F CFA.
Sénégalais du Sénégal, avez-vous perçu vos 200 000F CFA de Macky Sall ? Cette surprenante décision saluée par certains immigrés posent néanmoins plusieurs interrogations, à l’exception de l’aide aux étudiants. En effet, La France réputée pour être un état providence, dispose un système social solidaire qui n’existe nulle part ailleurs. Les soins sont gratuits et le salarié empêché d’exercer son travail durant cette période difficile, – donc en chômage partiel-, perçoit 84% de son salaire net. Le revenu de solidarité active (R.S.A) existe pour ceux qui ont épuisé leurs droits aux allocations chômage.
L’allocation personnalisé au logement (A.P.L.) permet de réduire jusqu’à 90 % les charges fixes de loyer pour les personnes ayant droit aux minima sociaux. Il convient de noter que les sénégalais ont les mêmes droits sociaux que les français. Ce constat ne nous invite pas à considérer que les immigrés vivent confortablement en France, non. Il pose néanmoins la question de notre rapport à l’argent et sa distribution anarchique, alors que notre pays souffre avant et pendant cette pandémie de difficultés majeures, parfois innommables.
Cette décision loufoque et kafkaïen me rend schizophrène. Cette somme d’argent sera renvoyée illico presto à nos familles installées au Sénégal car les Sénégalais de France transfèrent une très grande partie de leurs revenus pour subvenir aux besoins à leurs parents ou/et construire des écoles, des centres de santé, etc. Il ne faut pas oublier le «vol retour», puisque les immigrés paieront des frais liés au transfert d’argent vers le Sénégal.
Faites votre calcul ! RIA, WESTERN UNION … auront leur part du gâteau. Ce qui diminuera naturellement cette aumône. Par conséquent, je refuse de m’inscrire pour percevoir les 200 000f CFA qui, à mon sens, sont plus utiles à mes compatriotes au Sénégal qui souffrent terriblement pendant cette période de pandémie. Ce coup de gueule ne remet nullement en cause nos compatriotes en France qui n’ont rien demandé ; puisque l’argent tombe du ciel, il faut bien le ramasser.
D’aucuns me rétorqueront à juste titre : «Regardez autour de vous. A Dakar, des personnes qui n’ont jamais exercé une activité professionnelle roulent en 4X4 neuves, distribuent des billets de banque et nos dirigeants bénéficient beaucoup avantages qui n’existent pas dans les pays développés». Ils ont raison mais ces réactions s’apparentent-elles à un constat ou une dénonciation ?
Voulons-nous être à la place du khalife pour pérenniser ces gabegies ou sommes-nous prêts ou réinventer un autre modèle. Moi, je préfère que l’argent ne tombe pas du ciel et que nos dirigeants l’utilisent à bon escient afin que les immigrés n’aient plus à combler les failles de l’état. Permettez-moi, je ne dis pas : «MERCI».

LA QUERELLE DES ÉCOLES PAR YORO DIA

https://www.seneplus.com/ https://www.lequotidien.sn/-Il n’y a pas d’antagonisme naturel entre daaras et école «française». Refusons le manichéisme qu’on veut nous imposer ! Nous appartenons aux deux mondes
La semaine dernière, je vous entretenais de la «querelle des allégeances» dans notre pays entre l’Etat, l’allégeance collective et les autres allégeances privées, et comment, contrairement à l’histoire de la chrétienté, l’islam a réglé la question de cette querelle des allégeances par une division de travail entre ceux qui doivent s’occuper de la «cité de Dieu», dont le royaume n’est pas de ce monde et ceux qui doivent s’occuper de la «cité des hommes», à savoir les politiques.
L’islam a réglé la question en reconnaissant de fait le primat de l’Etat jusqu’à ce que le Sénégal, un pays toujours en quête d’exceptionnalisme, réinvente la querelle des allégeances. Cette dernière est aussi une des manifestations et conséquences de la querelle des écoles que certains cercles intellectuels veulent coûte que coûte nous imposer. Depuis des décennies, on cherche à opposer les daaras à l’école française. On cherche à faire du Sénégal une terre de confrontation intellectuelle, une autre querelle des allégeances entre Al Azhar et la Sorbonne, une nouvelle terre de croisade entre les Orientaux (daaras) et les Occidentaux (école française).
Les croisés de ce nouveau choc des civilisations, comme tous les entrepreneurs identitaires, sont dans les généralisations abusives. Il n’y a rien de plus superficiel que cette querelle des écoles qu’on veut nous imposer. Il n’y a pas d’antagonisme naturel entre daaras et école «française». Le manichéisme ne s’impose pas. On veut nous l’imposer. Les idéologues de ce que j’appelle les Orientaux (produits des daaras et de l’école arabe) insistent lourdement sur la notion «école française», sauf qu’à part quelques écoles privées, il y a plus d’écoles françaises.
Il y a une école publique sénégalaise où les enfants sont socialisés pour être de bons citoyens sénégalais. Dans nos écoles, on n’apprend plus «nos ancêtres les Gaulois», la bataille de Derklé y a remplacé la bataille de Marignan, l’exil de Cheikh Bamba y a remplacé le baptême de Clovis. Les Sénégalais qui ont moins de 50 ans et qui connaissent l’histoire du Sénégal l’ont appris à l’école sénégalaise. Le français est une langue, comme l’arabe ou le russe. Apprendre en français ne transforme pas en Gaulois ou en Cathare.
Les idéologues chez les «Occidentaux» veulent créer un apartheid intellectuel en pensant que les arabophones se contentent des mosquées et de leurs prêches, en reproduisant chez nous un réflexe anti-clérical purement français. Refusons le manichéisme qu’on veut nous imposer ! Nous appartenons aux deux mondes. La plupart d’entre nous sont les produits des deux mondes. Ce qui fait de notre pays un pont naturel entre les deux mondes. Le Sénégal, c’est de grands intellectuels comme oustaz Barkham Diop, l’ambassadeur Moustapha Cissé qui parlent arabe comme Imrul Quays, mais aussi Léopold Sédar Senghor, qui a résumé notre vocation et notre destin en deux mots : «Enracinement et ouverture». Ce n’est pas parce qu’on a fait la Sorbonne qu’on doit être Gaulois, mais ce n’est pas parce qu’on a fait Al Azhar ou l’Université de Médine qu’on doit devenir Arabe. Malgré les apports orientaux (l’islam, la culture arabe) et occidentaux (la République), nous sommes restés ce que nous avons toujours été : des Wolofs, des Peuls, des Mandingues…et nous sommes devenus plus riches que les Arabes et les Français, parce qu’en plus de leur culture, nous avons gardé la nôtre. Bien avant Huntington et son choc des civilisations, Senghor nous exhortait au dialogue des civilisations. Le Sénégal et les Sénégalais doivent en être l’incarnation

HOMMAGES AUX HEROS SOUVENT IGNORES, MECONNUS OU OUBLIES;LES CHEFS DE CIRCONSCRIPTIONS ADMINISTRATIVES: SOUS-PREFETS,PREFETS ET GOUVERNEURS Par Mamadou Diagne Sy MBENGUE, Administrateur civil, DG SNHLM

Dans la lutte contre la pandémie du COVID-19, le chef de guerre, le Président de la République Macky SALL, a vite fait de prendre les mesures qui s’imposent et de les réajuster en fonction des réalités du moment.
Malgré la progression de la pandémie, et l’impuissance devant l’accroissement du nombre de décès, le professionnalisme et la prouesse de nos médecins et du personnel soignant sont à magnifier et à saluer à juste titre.
Mais, la pandémie du COVID-19 a bouleversé tous les systèmes jusqu’ici établis et a fini d’installer des situations économique et sociale atypique, transcendant les frontières terrestres et sectorielles.
Si l’origine de cette situation est la maladie qui pourrait toucher un nombre encore plus important parmi nous, il a été constaté, voire admis que des conséquences désastreuses sont à noter dans tous les secteurs de la vie publique et celle communautaire.
Devant l’incertitude et la méconnaissance réelle de la maladie, des exigences antinomiques s’affrontent et le branle-bas s’installe, dans une communauté aux niveaux de conscience différenciés, accentués par des croyances religieuses et sociales difficilement corruptibles.
Que faire avec les situations sociales nées de la baisse, voire de la disparition d’activités ?
 Comment piloter la nécessité de surveillance et de sensibilisation des populations relativement aux mesures-barrières ?
 Comment fallait-il affronter l’application de la fermeture des lieux de culte avec la contrebalance du pouvoir temporel ?
Ne cherchons pas loin, c’est l’autorité administrative investi de pouvoirs par le décret 72-636 du……1972, délégué du Président de la République, représentant de chacun des ministres, médiateur et régulateur social qui est obligée d’y faire face!!! Mais avec quels moyens?
Devant cet imbroglios socio-religieux, elle, retrouve ici son rôle originel et est chargé de mettre de l’ordre dans ce « machin » social et a la lourde charge de contenir toute cette surchauffe sociale pour éviter une implosion destructive et souvent même auto-destructive.
Quand bien même, elle devrait s’attirer les diatribes du peuple qui pourrait ruer droit, de manière inconsciente, vers son auto-destruction, elle devra y faire face.
En toute chose malheur est bon, comme dirait l’autre,  la pandémie du covid-19 a eu le mérite de restituer à l’autorité administrative toute ses lettres de noblesses et la propulser au-devant de la scène comme le vrai maître du jeu, appelée à prendre des mesures de protection et de sauvetage de ses administrés.
Elle devient, dès lors, la cheville ouvrière d’un dispositif multisectoriel ou chaque ministère fait d’elle sa porte d’entrée avec parfois des réticences ou conflit « virtuel » de compétence avec certains services déconcentrés qui se trompent souvent sur leur positionnement par rapport à leur Ministère ou Ministre qu’ils pensent parfois représenter.
Il s’y ajoute, la difficulté de gérer certains élus investis certes de la confiance de leurs mandats, mais avec un mode de fonctionnement républicain qu’ils ne devraient jamais éluder.
Cet état de fait me donne l’opportunité de poser la nécessité de repenser l’organisation de notre architecture administrative qui doit opérer sa mue et conférer, réellement, à l’autorité administrative UN POUVOIR DE DIRECTION de tous les services déconcentrés dans sa Circonscription, au-delà des rapports hiérarchiques et fonctionnels qui les lient.
La situation de crise que nous vivons présentement et la gestion de catastrophes telles que les inondations démontrent à suffisance que ce serait bénéfique pour l’État de renforcer expressément le pouvoir de l’autorité administrative.
Pour ce faire, puisqu’on n’est jamais à l’abri de contingences, il est temps pour notre pays de créer le corps des préfets et celui des sous-préfets formés à bonne école et dédiés aux fonctions d’autorités administratives.
J’avais l’habitude de dire, pendant je me suis frotté à l’exercice de la fonction de chef de circonscription administrative, que ce dernier était « chef de tout, mais maître de rien » parce que tout simplement son indépendance vis-à-vis de l’élu et des services déconcentrés ainsi que des intervenants dans sa circonscription est, pour bien des égards, fortement entamée puisque obligé,  le plus clair du temps, à faire recours à leur bienveillance pour mener à bien ses missions.
En clair, la réhabilitation de l’autorité administrative serait une coquille vide si elle ne s’accompagne pas d’un renforcement de ses moyens de tous ordres pour la rendre autonome vis-à-vis de ses administrés.
Les wolofs disent « kou mottali sa dépense motalli sa kaddu », comme pour affirmer que l’exercice de l’autorité sur une personne n’est parfaite que si vous n’êtes obligé de faire appel son aide.
Mieux, on devrait arriver à une déconcentration progressive du budget de l’État (en dehors de celui des secteurs de souveraineté tels que la Défense, la sécurité, les Affaires étrangères…) pour que la territorialisation des politiques publiques soit effective et que la subsidiarité soit de mise dans les interventions de l’État, avec comme corollaire, aussi, le renforcement du contrôle par les organes appropriés pour éviter les abus.
Ce dispositif complété par la décentralisation effective du budget d’investissement au niveau des Collectivités territoriales, toujours sous le contrôle de l’autorité administrative, rendrait, assurément, plus efficace l’action publique.
Aujourd’hui, l’autorité administrative coordonne la lutte, fait surveiller les frontières et les territoires, organise les confinements, les transports intra et interurbains, coordonne la distribution de l’aide alimentaire, réglemente les marchés et le commerce, gère les réalités sociales, bref s’occupe de tout, en faisant appel à des organisations disparates relativement autonomes et souvent plus réceptives aux instructions venant directement de la tutelle au niveau central.
J’ai choisi ce moment pour inviter le peuple sénégalais à rendre un vibrant hommage à ses vaillants fonctionnaires perçus, souvent à tort, comme des privilégiés de la République.
Heureusement, leur formation et leur attachement aux valeurs de la République les amènent à s’acquitter de leurs obligations quoi qu’il advienne.
Si l’Armée est surnommée la Grande Muette, l’Administration territoriale est la Grande Silencieuse qui a beaucoup à dire et peut-être à réclamer mais que l’obligation de réserve et le sacerdoce républicain réduisent au silence dans le Devoir!
Hommage et respect à CET HOMME LÀ dont les promotions de l’ENA des années 2000, plus de 20 ans après, se rappelleront avec enthousiasme et fierté!Mamadou Diagne Sy MBENGUE,Administrateur civil principal,Ancien préfet,Ancien Président de la Région de Dakar sous délégation spéciale,Ancien Directeur de Cabinet,Maire de la Sainte Ville de Tivaouane et DG de la SN HLM

AFFAIRE CIS/AKILEE/SENELEC: LE MEA CULPA DE BABACAR NGOM

A ce pays qui m’a tout donné
Chers amis,
Le vendredi est pour les jours de la semaine ce qu’est le Ramadan parmi les autres mois de l’année, ai-je appris d’un Saint Homme.
Ce vendredi 22 mai 2020 est le dernier de ce mois béni qui, dans quelques jours, in chaa Allah, nous offrira l’heureuse opportunité d’unir nos cœurs dans la paix de la Korité.
Le mois béni du Ramadan, et spécialement le jour de l’Aïd, est toujours une occasion de nous tourner vers Allah (SWT), Lumière des Cieux et de la Terre, pour implorer Sa Miséricorde et clamer Ses Bienfaits. Il est le Maître de l’Univers et du Temps.
Aussi, réfugié auprès de Lui, je saisis l’occasion pour demander pardon aux membres de ma famille, à mes amis, à mes collaborateurs, à mes interlocuteurs de chaque jour, à mes compagnons de route dans la vie sociale et dans les affaires et à tous mes compatriotes.
La main sur le cœur, je vous dis à toutes et tous « Bal lenn ma akh » !
Le Club des Investisseur Sénégalais a défrayé la chronique ces derniers jours. Permettez-moi quelques mots sur ce sujet.
Pour rappel, le CIS est né du besoin de fédérer un large pan de forces vives de l’entreprenariat sénégalais afin d’impulser une dynamique capable de définir et de porter les idéaux d’une nouvelle approche du patriotisme économique. Son objectif est d’apporter sa contribution au combat national pour l’émergence d’un Sénégal nouveau. Ce besoin et cette démarche sont inscrits dans la légitime aspiration de faire du secteur privé national le socle et le fer de lance de notre politique de développement.
Et voici qu’au moment où il ambitionne de déployer ses ailes dans le ciel des affaires du pays, le CIS est pris dans une tempête.
La cause : une motion de soutien à une jeune entreprise sénégalaise dont les principaux acteurs sont membres du CIS.
Erreur sur le fond comme sur la forme. Sur le fond, je ne connais pas les termes du contrat liant AKILEE à la SENELEC et sur la forme nous n’avions pas consulté tous les membres.
Je voudrais, humblement, sincèrement reconnaitre, ici et maintenant, mon erreur et présenter mes excuses à tous ceux que cela a dérangé, déplu ou agacé. Mea culpa, maxima culpa !
L’erreur est humaine, je reconnais la mienne et saisis l’occasion de ce mois de pardon pour présenter mes excuses et solliciter le pardon de tous.
Ai-je besoin d’expliquer ce qui m’a motivé dans ce soutien ? J’ai juste voulu apporter un appui à des jeunes compatriotes qui sont des cadres dont la compétence est reconnue par tous ceux qui les connaissent et qui ont eu l’occasion de les pratiquer.
Parler de soi n’est pas chose aisée. Ce n’est pas un exercice où j’excelle mais la circonstance et le contexte m’y obligent. Ces jeunes me rappellent à la fois le pari audacieux et le parcours difficile qui ont été les miens : Porter toujours plus haut et plus loin le projet d une vie, dans la douleur, l’abnégation, la foi en des lendemains meilleurs pour notre pays et enfin la conviction inaltérable que l’avenir, avec l’aide de Dieu, est entre nos mains.
Comme tant d’autres membres éminents du CIS ou non, j ai crée des emplois, produit de la valeur ajoutée, développé des filières ouvertes à de nombreux compatriotes, à des familles entières.
Au soir de ma carrière professionnelle et au moment de passer le flambeau à une nouvelle génération, c’est une solide éthique comportementale fondée sur la droiture et le sens permanent de l’effort que j’espère – de tout mon cœur- leur laisser en viatique dans un monde ou les repères ont beaucoup changé et changent nombre d’entre nous.
Je demeure convaincu que tant d’amis, frères et sœurs Sénégalais partagent cette conviction et cette espérance.
Quand sonnera l’heure de la retraite (très prochainement s’il plaît à Dieu), je partirai, plus que jamais, profondément convaincu que c’est un secteur privé, porté et incarné, par d’authentiques patriotes, un secteur privé fort, dynamique et uni, qui sera un des artisans majeurs de l’émergence de ce pays que j’aime tant et qui m’a tout donné.
Encore une fois, en ce mois béni du Ramadan, je demande pardon à tous et pardonne aussi à tous.

LES PIQUES DE L’AS DE CE VENDREDI

SenePlus  |   Publication 22/05/2020

Le blues des agents de l’administration pénitentiaire

Alors que le chef de l’État a annoncé des mesures d’assouplissement dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, rien n’a changé dans le quotidien des agents de l’administration pénitentiaire. Figurez-vous que, selon nos sources, depuis près de deux mois, ces derniers sont confinés dans les prisons où ils assurent la surveillance des détenus. Ils travaillent et vivent dans ces lieux de privation de liberté. Le plus difficile à supporter pour ces agents, c’est le fait de ne plus pouvoir voir leurs familles depuis près de deux mois, même si ces dernières vivent avec eux dans la même région ou le même département. Ces agents de l’administration pénitentiaire, après le service, restent dans l’enceinte de la prison où ils dorment. Ils n’ont même pas le droit d’aller à la boutique depuis le 25 mars, d’après les mêmes sources. Ce qui fait dire à ces agents : ‘’c’est comme si nous purgions une peine sans délit.’’ Ces derniers avaient accepté cette décision au début de la pandémie du coronavirus mais depuis l’assouplissement des mesures décidé par le chef de l’État, ils commencent à rouspéter tout bas que l’administration pénitentiaire pourrait leur permettre de pouvoir, de temps en temps, regagner leurs foyers et revenir travailler en mode confinement(se relayer au travail par exemple tous les 10 ou 15 jours par exemple). Cependant, compte tenu du devoir de réserve, ces agents ne veulent pas parler à visage découvert mais commencent à vivre un véritable stress dans ces prisons. Ils espèrent que le ministère de la Justice trouvera la meilleure formule pour garantir la sécurité sanitaire dans les prisons tout en leur permettant de rejoindre leurs familles de temps en temps.

De la démission d’A.D.S de la magistrature

Dans notre précédente édition, parlant de la démission d’Amadou Dionwar Soumaré de la magistrature, nous avions malencontreusement cité le nom du juge Makha Barry comme l’une des raisons de son courroux contre la hiérarchie qu’il avait attaquée devant la Cour suprême, en vain. Il ne s’agit nullement du juge Barry qui est de la même promotion qu’A.D.S, mais d’un autre magistrat plus jeune qui l’avait remplacé à son poste de Dakar lorsqu’il a été affecté à l’intérieur du pays. En conséquence, faut-il le souligner, le juge Barry n’a rien à voir avec ses déboires à la magistrature et qui sont à l’origine de son départ. Toutes nos excuses au juge Makha Barry et à nos lecteurs.

Thiès comptabilise 133 cas confirmés

Même si depuis des semaines, Thiès n’a enregistré aucun cas communautaire, il n’en demeure pas moins que la région n’est pas loin de la zone rouge de la pandémie du coronavirus. A ce jour en effet, la région compte 133 cas confirmés dont 20 à Mbour, 5 à Popenguine, 2 à Tivaouane, 49 à Pout et 57 dans la Cité du Rail. Au total, 53 patients sont déclarés guéris du Covid-19. Et aujourd’hui, le nombre total de contacts suivis est monté à 196, dont 121 confinés chez eux et 75 dans des hôtels de la place. Depuis le décès du vieux Thiam du quartier Abdoulaye Yakhine Diop et dont le test post mortem était revenu positif au coronavirus, la ville de Thiès n’a pas comptabilisé de cas communautaire.

Cacophonie à l’AIBD

Il y a eu une grosse cacophonie hier, à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) de Diass, suite à l’arrivée d’un vol transportant des Sénégalais qui étaient bloqués en France depuis la fermeture des frontières aériennes. En effet, contrairement à ce qui avait été annoncé, allant dans le sens de demander aux arrivants de se confiner chez eux, nos compatriotes ont été bloqués à l’aéroport, après avoir subi des tests. Et selon nos sources, ils étaient même dans l’impossibilité d’avoir un interlocuteur. C’est dans l’après-midi que la décision de les transférer dans des hôtels de la place leur a été annoncée. Et c’était la colère noire chez ces passagers. Ainsi, même si certains ont accepté de rejoindre les hôtels, d’autres ont dit niet, préférant passer la nuit à l’aéroport. A signaler qu’il s’agissait d’un confinement provisoire en attendant la sortie des résultats des tests effectués hier jeudi 21 mai 2020.

Deux mauritaniens testés positifs à Ziguinchor

Deux ressortissants mauritaniens, en consultation à l’hôpital régional de Ziguinchor, ont été testés positifs au coronavirus, selon les informations de «Libération Online». Jusque-là, Ziguinchor ne comptait plus qu’un seul cas. En effet, les trois autres patients, sous traitement dans son Centre, sont venus de Sédhiou. Ces deux nouveaux cas seront comptabilisés demain, lors du point journalier du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Des agents de l’hôpital de Pikine confinés

Le personnel de santé de l’hôpital de Pikine est réduit depuis le 18 mai dernier. A l’origine de cette situation : le diagnostic de deux cas qui se sont révélés positifs au Covid-19. Il s’agit de deux personnes âgées qui étaient internées au service de médecine interne de l’hôpital. La première patiente a été transférée au centre de traitement des épidémies de l’hôpital Aristide Le Dantec et le second patient est interné depuis hier en réanimation au centre de l’hôpital de Fann. Ainsi, les autorités de l’hôpital de Pikine ont confiné à domicile le personnel médical et paramédical qui a eu un contact avec les deux malades. Le service a été désinfecté.

Festival de jazz de Saint-Louis annulé

A cause de la pandémie du Covid-19, les férus du jazz seront sevrés cette année. En effet, la 28e édition du Festival International de Jazz de Saint Louis ne sera pas organisée. La révélation a été faite hier, en fin d’après-midi, par le président de l’Association Saint-Louis/Jazz. Me Ibrahima Diop a annoncé la décision de sa structure d’annuler cette manifestation initialement prévue du 27 mai au 1er juin prochains. Pourtant, les préparatifs de la 28e édition étaient très avancés et les organisateurs avaient réussi à trouver plusieurs partenaires.

Manque de toilettes, d’eau et de thermo flashs… à Fatick

Lors des réunions des comités départemental et régional de Fatick tenues mardi et mercredi dernier pour discuter des modalités de reprise des cours prévue le 02 Juin prochain, les parents d’élèves ont émis de sérieuses inquiétudes quant au retour de leurs mômes à l’école. En effet, il a été soulevé de nombreux manquements qui ont pour noms : absence de toilettes et d’eau dans certains établissements, insuffisance de termo flashs. En effet sur 372 établissements scolaires que compte la région de Fatick, les 67 ne disposent pas de toilettes fonctionnelles dans la région de Fatick. En plus de cela, il y a le nombre important d’enseignants et d’apprenants hors régions qu’il faut faire revenir. Au total, plus de 2 500 enseignants et 300 élèves sont attendus dans la région d’ici le 02 juin. Mais le gouverneur de Fatick, Seynabou Guèye, promet de tout mettre en œuvre pour que ces enseignants et élèves puissent revenir à Fatick avant le redémarrage des cours.

Macky s’est entretenu avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould EL-Ghazouani.

https://www.beut7.com/–Le Président Macky Sall s’est entretenu  avec son homologue mauritanien,Mohamed Ould Abdel Aziz.Cet entretien,s’inscrit dans le cadre des excellentes relations d’amitié fraternelle entre les deux pays. Au menu des échanges, les stratégies de riposte contre la covid-19, mises en place par les deux pays pour faire face à la maladie du coronavirus
“À l’approche de la fête bénie de l’Aid El Fitr ou Korité, j’ai eu un entretien convivial et fraternel avec mon frère et ami le Président Mohammed Ould EL-Ghazouani de Mauritanie. Nous avons échangé des vœux et discuté de la riposte que nos deux pays mènent contre la covid-19.”, a écrit macky sall sur twitter.

COURIR, AU-DELÀ DE LA FALAISE Par JACQUES ATTALI, Président de la Fondation Positive Planet

http://www.emedia.sn/Tout le monde se souvient de ce dessin animé de Tex Avery dans lequel un personnage, poursuivi par un autre, dépasse en courant le bord d’une falaise, continue de courir, emporté par son élan, reste un moment en suspens dans le vide, tout occupé à sa poursuite, jusqu’à comprendre qu’il n’a plus de sol sous ses pieds, et tomber comme une pierre. Enfant, on a tous ri beaucoup de cette scène.

Aujourd’hui, nous vivons exactement la situation, et c’est beaucoup moins drôle.

Les humains continuent de courir, emportés par l’impulsion que leur donnent les sommes vertigineuses déversées par les banques centrales et les gouvernements. Ils approchent du bord du vide, et se préparent à dépasser la falaise pour se trouver en suspens dans le vide, continuant, comme ce personnage, à avoir les mêmes préoccupations qu’avant ; tout occupé à savoir s’ils pourront bientôt déjeuner dans un restaurant, ou partir en vacances, ou retrouver des amis. En particulier, en France, après des mois de repos forcé, bien des gens ne pensent qu’au prochain pont de quatre jours, qu’ils s’octroient allégrement.
Peu de gens réalisent l’ampleur de la chute qui nous attend. Peu de gens veulent entendre parler de la réalité : Aux Etats-Unis, la production va baisser de plus d’un tiers au deuxième trimestre, et sans doute d’un cinquième sur toute l’année ; en Europe, ce sera à peine moins. Aux Etats-Unis, près d’un quart de la population est menacé de perdre son emploi ; en Europe, ce sera à peine moins. En France, une entreprise sur quatre envisage de licencier. Dans les pays émergents, 1,6 milliards de gens, travaillant dans le secteur informel, vont sans doute perdre la seule source de revenu de leur famille.
Est-ce qu’on comprend vraiment ce que ces données signifient ? Quand va-t-on le réaliser ?
Quand va-t-on se résigner à admettre que, sans médicament ni vaccin, un retour de la pandémie peut rendre l’avenir plus sombre encore ? Quand va-t-on cesser de ne regarder que les sourires du printemps pour accepter de voir l’immensité des drames à venir pendant l’automne, et des chantiers à ouvrir pendant l’été, pour les éviter ?
Quand va-t-on cesser de croire qu’un déluge d’argent suffira à fournir à l’économie mondiale les moyens de franchir sans dommage ce précipice ?
Car ce n’est pas en noyant de crédit les entreprises que les banques centrales pourront les sauver d’une crise de solvabilité. Ce n’est pas non plus en leur apportant du capital que l’Etat pourra les sauver d’une absence de chiffre d’affaires ; à moins qu’on soit prêt à nationaliser tous les restaurants et toutes les PME.

On ne les sauvera qu’en les aidant à trouver des clients.

Et pour cela, il faut les amener à produire au plus vite ce pourquoi les consommateurs seront peut-être prêts à débourser les sommes vertigineuses qu’ils épargnent depuis des mois. Cela suppose d’orienter les producteurs vers ce que je nomme les « industries de la vie ». Et de former en urgence à ces nouveaux métiers tous ceux qui, sans cela, se retrouveront bientôt au chômage. Et pour très longtemps.
Pour relever un tel défi, on ne peut se contenter de ne se préoccuper que de ce qui va se passer dans les quinze prochains jours, ou même dans les deux prochains mois ; de croire qu’il suffira de continuer à vivre comme par le passé et d’attendre le retour du monde d’antan ; de croire que le virtuel, qui nous a envahi, nous protègera des drames du réel.
Si on ne le fait pas au plus vite, le pire est certain ; et cette brève période qui suivit le confinement paraîtra bientôt même comme un moment très heureux. Comme le dernier moment d’une civilisation en suspens avant sa chute.
Il est encore temps d’éviter de s’engager au-dessus de la falaise et de prendre un autre chemin. Il y faudra beaucoup de courage. Rien n’est plus difficile que de s’extraire d’un déni de réalité. Rien non plus ne rend plus libre.

Au Sénégal, les perspectives d’exploitations pétrolières s’éloignent une fois de plus  Par Théa Ollivier et Mariama Darame

Le Monde-Le pays doit revoir ses plans du fait de la pandémie de Covid-19 qui a bouleversé le secteur mondial des hydrocarbures.
Le rêve pétrolier et gazier s’éloigne encore un peu plus pour les Sénégalais. Initialement prévue en 2020, l’exploitation des deux principaux projets d’hydrocarbures, le champ pétrolier offshore Sangomar et le gisement gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) partagé avec la Mauritanie -tous deux découverts en 2014,- avait déjà été retardée à trois reprises.
La pandémie due au Covid-19 vient à nouveau de repousser d’un an, à la fin de 2023, le lancement de la production commerciale. Un coup dur pour le pays qui compte sur ces ressources pour dynamiser son économie, créer des emplois et développer les infrastructures.
« L’effondrement des prix du pétrole brut ainsi que le ralentissement des activités du secteur (…) ont amené certains de nos partenaires à évoquer le cas de force majeure qui pourrait impacter les délais de livraison », indique un communiqué de Petrosen datant du 10 avril. La compagnie nationale sénégalaise reste tributaire des majors du pétrole et de leurs sous-traitants pour exploiter les 500 millions de barils de pétrole en réserve.
Ainsi, c’est un consortium de compagnies australiennes et britanniques qui détient près de 90 % des parts du projet Sangomar. Fin avril, l’australien Far, dont la participation s’élève à 15 %, a fini par se retirer du financement.

« Cas de force majeure »

Quant au gisement gazier GTA, le géant pétrolier britannique BP, qui en détient 60 %, a lui aussi brandi un « cas de force majeure » pour retarder d’un an l’installation de sa plate-forme offshore aux larges des côtes sénégalo-mauritaniennes.
Ce énième report inquiète Ndèye Fatou Ndiaye Diop, co-coordonnatrice de la plate-forme citoyenne Aar Linu Bokk (« Préserver nos biens communs », en wolof), mobilisée pour une gestion plus transparente des ressources pétrolières. « Malgré les incertitudes liées à ce projet, le Sénégal avait tout misé sur le pétrole. Il a perdu », estime la militante.
De fait, les conséquences économiques de ces nouveaux délais pourraient être lourdes. « Cette crise est un avertissement pour le Sénégal qui a emprunté une trajectoire d’endettement en se basant sur l’exploitation à venir des hydrocarbures », explique Luc Désiré Omgba, chercheur associé au laboratoire BETA-CNRS et spécialiste en économie de l’énergie. Le pays a d’ailleurs été parmi les premiers, au début de la pandémie, à faire campagne pour réclamer un allègement de la dette du continent africain.
Depuis 2012 et l’arrivée au pouvoir du président Macky Sall, la dette publique du Sénégal est passée de 42,9 % à 67 % du PIB en 2020, selon le Fonds monétaire international (FMI). Cet accroissement s’explique d’abord par les investissements massifs dans des projets d’infrastructures et de développement réalisés dans le cadre du Plan Sénégal émergent (PSE), mais pas seulement. « Le pays a augmenté les salaires des fonctionnaires dès 2018. Il a aussi mis en place des subventions en faveur du secteur énergétique, malgré une hausse des cours », précise M. Omgba.

Subir les contrecoups de la récession

Des dépenses engagées immédiatement alors que les retombées du pétrole sur l’économie ne sont pas prévues avant plusieurs années. « Il était illusoire de penser que le Sénégal gagne grand-chose du pétrole avant 2030. Et cela va encore être retardé », insiste Ousmane Sonko, président du parti d’opposition le Pastef.
Les secteurs pétrolier et gazier devaient rapporter au Sénégal l’équivalent de 6 à 7 % de points de PIB sur vingt ans, selon le FMI. Mais en lieu et place de cette manne, le pays va devoir subir les contrecoups de la récession qui touche le continent dans le sillage de la crise sanitaire. Néanmoins, avec une croissance attendue autour de 3 % en 2020, il devrait s’en sortir mieux que ses voisins.
Pour certains, le report de l’exploitation peut avoir des effets positifs. « Ce retard n’est pas une bonne nouvelle pour l’équilibre financier du pays, mais ce n’est pas forcément dramatique à court terme. Cela va permettre au Sénégal de gagner du temps pour penser l’intégration des recettes du pétrole et du gaz à son économie », analyse ainsi Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut des recherches internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste du secteur pétrolier.
Un gain de temps sur lequel mise aussi Fadel Barro, membre du collectif citoyen Y’en a marre. « Nous devrions revoir les contrats qui ont été alloués de manière inéquitable », soutient l’activiste. Dès la découverte des gisements, de nombreux Sénégalais se sont mobilisés contre le manque de transparence dans les négociations des contrats signés avec les multinationales pétrolières.

Le mal est déjà fait

En juin 2019, une affaire de corruption sur ces contrats impliquant le frère du président sénégalais, Aliou Sall, avait indigné la population. En réponse, le gouvernement de Macky Sall a promulgué un nouveau code pétrolier promettant de respecter les intérêts du pays.
Mais le mal est déjà fait, assène Thierno Alassane Sall, ancien ministre sénégalais de l’énergie. En désaccord avec le gouvernement au sujet de contrats pétroliers signés avec le groupe français Total, il avait démissionné de sa fonction en 2017. L’homme politique remet en question la légitimité de ces reports.
« Les compagnies pétrolières abusent de leur pouvoir, car le Sénégal n’a pas les compétences juridiques ni l’expertise technique pour challenger leurs propositions. Nous sommes dans une position asymétrique, où les intérêts des acteurs pétroliers ne sont pas toujours les nôtres », constate-t-il.
Au-delà des conséquences économiques, un nouveau retard dans l’exploitation pétrolière pourrait coûter politiquement à Macky Sall et son clan. Fary Ndao, géologue et auteur de l’essai L’Or noir au Sénégal (2018) prévient : « Les questions de transparence demeurent un cheval de bataille pour l’opposition politique et la société civile. Pour l’instant, la controverse autour du pétrole s’est calmée, mais elle pourrait reprendre si on part sur des reports de plusieurs années. »

L’après Covid-19: le digital comme solution essentielle pour se relever de la crise économique  Par Jibin CAO

https://www.seneweb.com/Selon les prévisions de Banque mondiale, la croissance en Afrique subsaharienne devrait chuter brutalement, atteignant une fourchette comprise entre 2,1 et 5,1 % en 2020, et ouvrant ainsi sur la première récession de la région depuis plus de 25 ans. Si cette période est pétrie d’anxiété, de doutes et de remise en question, elle nous a toutefois aussi ouvert les yeux sur de nombreux exemples de résilience, que ce soit en Afrique ou ailleurs.

La préparation, un élément nécessaire pour se relever d’une crise

Ce qui nous a particulièrement inspiré chez Huawei, pendant cette période de ralentissement économique ce sont les danseurs du ballet de Shanghai. Ces derniers ont continué à répéter, masques au visage, on les voit danser avec grâce. Malgré la crise et les précautions nécessaires, ils ne se sont pas arrêtés de pratiquer leur art en se focalisant sur la préparation de leur prochaine représentation du Lac des Cygnes. Faisant preuve de résilience, le Ballet de Shanghai a refusé que la crise décide pour lui du sort de son spectacle.
La préparation, surtout en temps d’adversité, est absolument indispensable pour appréhender le futur avec confiance et sérénité. Telle est la philosophie que le monde devrait endosser. Il existe un adage chinois particulièrement connu : de l’amertume de l’hiver naît le doux parfum du printemps. C’est pourquoi, avec l’ensemble de nos partenaires, nous travaillons à l’après-crise.

Le digital, notre réponse à l’incertitude liée à la crise

Nous l’avons vu, le digital été essentiel lorsqu’il a fallu s’adapter aux transformations qu’a dicté le Covid-19 ; et ce non seulement dans la restructuration du travail, mais également pour garder le lien avec nos proches. Aussi indispensables qu’ils l’ont été pendant le confinement, les outils technologiques le seront tout autant après la crise sanitaire actuelle. D’autant plus qu’à la menace sanitaire s’ajoutera une contraction économique de taille, comme le prédisent les institutions économiques internationales.
Chez Huawei, nous sommes conscients que la levée du confinement, pour de très nombreuses entreprises, ne signifie pas un retour à la normale. En effet, les règles de distanciation sociale seront sûrement toujours de mises, et ce pour une période encore indéterminée. Pour cela, nous nous engageons à continuer à proposer des solutions de connectivité de la meilleure qualité possible, tout en continuant à les perfectionner. Le but étant que nous restions plus que jamais connectés et unis.

Une collaboration nécessaire entre gouvernements et secteur privé

Dans la course au leadership numérique mondiale, les gouvernements africains ont un rôle de premier plan à jouer, et ce par l’élaboration de politiques visionnaires et audacieuses. Dans l’idée d’atteindre l’objectif continental de la transformation numérique, les gouvernements ne doivent pas agir en acteurs isolés. Nous sommes ainsi convaincus que la collaboration avec un secteur privé dynamique partageant une vision commune avec l’État est fondamentale.
Le continent manque d’infrastructures, ce qui entraîne un accès limité de nombreux citoyens aux services publics. Avec la dématérialisation croissante des services publics, un plus grand nombre d’Africains pourraient bénéficier d’un meilleur accès à l’éducation ou aux soins de santé. Pour cela, les TICs s’avèrent plus que jamais nécessaires.

Exemples éclairants de la nécessité des TICs : la santé et l’éducation

C’est à ce titre que Huawei est très présent dans le secteur éducatif notamment. Nous avons ainsi mis en place des partenariats avec près de 300 universités du continent (Égypte, Maroc, Tunisie, Algérie, Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, République Démocratique du Congo…). Cette initiative a permis de former 80 000 étudiants africains aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). L’entreprise a également très vite lancé le programme « Learning Never Stops » avec les Huawei ICT Academy du monde entier – dont environ 300 en Afrique, afin d’assurer la continuité pédagogique. Ce dispositif de formation en ligne s’est donné comme objectif la formation de 50 000 étudiants d’ici fin 2020.
Par ailleurs, en matière de santé, la crise actuelle nous prouve à quel point la E-santé est absolument nécessaire. Huawei a notamment collaboré avec les départements de la santé marocain et gabonais pour l’accès à une plateforme d’Intelligence Artificielle, Huawei Cloud, afin d’accélérer la phase de diagnostic des malades, et ce dans le respect formel des données personnelles.
En définitive, préparation et innovation sont les mots qui doivent nous habiter pour une sortie de crise efficace. Le digital est primordial pour dépasser la crise économique que le Covid-19 va entrainer. Les TICs, nous en sommes convaincus, nous permettront de sortir de cette crise grandis.Par Jibin CAO, Président de Huawei Northern Africa

Papa Demba Thiam: Du franc CFA à l’Eco,«nous devons être prêts à gérer le caractère complexe de la monnaie»

https://afrique.latribune.fr/Le conseil des ministres français a adopté le 20 mai le projet de loi amorçant la fin du franc CFA au sein de l’UEMOA, faisant suite à l’accord de coopération monétaire annoncé à Abidjan en décembre dernier par les présidents Emmanuel Macron et Alassane Ouattara. Avec La Tribune Afrique, Papa Demba Thiam, économiste international et expert en développement industriel intégré, revient sur cette étape décisive dans le processus d’adoption de l’Eco, la future monnaie ouest-africaine. Entretien.
La Tribune Afrique La France avance vers la fin du franc CFA, qu’est-ce qui change désormais selon vous ?
Papa Demba Thiam – D’entrée de jeu, je dirais que le gouvernement français n’a fait qu’appliquer les éléments de son calendrier, en prenant une décision qui était déjà prévue dans l’accord conclu en décembre 2019. Bien avant cela, la décision de l’UEMOA de mettre un terme au franc CFA pour adopter l’Eco introduisait déjà un changement vis-à-vis de la gestion des ressources en devises des pays de l’UEMOA. La mise en œuvre des nouveaux arrangements telle que prévue à partir du 1er juillet, impactera forcement la manière de travailler des organes de l’UEMOA, dans leurs rapports entre eux, mais aussi dans leurs rapports avec la France et avec les économies de des pays de la zone.
Mais dans ce type de processus, la Banque centrale régionale devient hautement importante. Il ne faut pas oublier que le Franc CFA n’existe que par un traité. De ce fait la BCEAO avec son voisin la BEAC en Afrique centrale sont les seules banques qui ne font pas de véritable politique monétaire. Si on repense globalement les économies africaines, leurs manières de se financer pour être moins dépendantes de la dette, telle que nous l’avons proposé récemment dans notre note pour le Maroc, la question va se poser sur la forme de banque centrale (liée aux banques commerciales) qui peut assurer ce genre de travail.
Une chose est donc certaine, avec la fin du franc CFA, la forme de la banque centrale (BCEAO) doit changer en fonction des impératifs de reconfiguration économiques qui existaient déjà avant l’avènement de la Covid-19, mais ont été suramplifié parce que toutes les vulnérabilités de nos économies ont été exposées.
J’avais déjà dit à l’époque qu’il était impératif que les Chefs d’Etats de l’UEMOA constituent des groupes d’experts pour réfléchir à cette problématique pour leur emmener des solutions qui sortent hors des sentiers battus, la manière dont on a toujours géré nos banques centrales et notre monnaie. Et la Covid-19 ne nous laisse pas le choix, c’est même devenu un impératif. Cette pandémie nous place dans une logique de construire nos économies avec des instruments monétaires qui sont appropriés.
Justement dans ce contexte de crise du coronavirus, on pourrait penser que ce dossier monétaire aurait pu être suspendu, au vu notamment des conséquences sur les économies. Mais l’agenda se poursuit. Que faut-il comprendre à votre avis ?
Ce contexte de crise sanitaire mondiale est certes un des aléas majeurs dans le fonctionnement d’une économie, mais gouverner n’est pas seulement gérer. C’est aussi prévoir et faire face à des contradictions et des chocs. J’imagine que les experts de l’UEMOA, des ministères des Finances et de la BCEAO n’ont pas arrêté, pendant que s’opérait le choc du coronavirus, de travailler sur cet agenda tracé depuis fin 2019.
Une chose est certaine, la pression budgétaire et la pression sur l’endettement des Etats membres de l’UEMOA face à la nécessité de répondre aux questions de sauvegarde sanitaire, économique et financière au niveau de leurs pays -tout en pensant à relancer leurs économies- créent une nouvelle donne qui fera en sorte que les critères de convergence de tout ordre ne pourront tout simplement pas être respectés. Qu’il s’agisse des niveaux d’endettement ou des déficits budgétaires, la question fiduciaire va fondamentalement se poser. En théorie, quand des gouvernements et des institutions fonctionnent normalement, il devrait y avoir des circuits de veille qui permettent d’identifier les risques et de pourvoir proposer des systèmes de dilution pour ces risques. Je fais donc confiance aux institutions qui sont en charge, en me disant que je ne peux pas imaginer une seule seconde que ce dossier ait pu être mis en veille alors qu’il était évident que l’agenda du franc
CFA devrait avancer et que nulle part son report n’a été évoqué.
Comme je l’ai toujours dit, il faut considérer que la monnaie telle qu’elle est aujourd’hui, le franc CFA, est plus un instrument de paiement qu’une véritable monnaie, parce que l’émission monétaire dans tous les pays du monde pour être équilibrée, doit être basée sur la volonté d’endettement de l’économie, c’est-à-dire qu’elle est indissociable de la politique de crédit. Et il ne faut pas oublier que nous sommes dans un contexte où les pays africains sont en train de devenir un enjeu stratégique dans le nouvel ordre économique mondial qui va s’instaurer après ou pendant la crise de la Covid-19.
La France quitte les instances de gouvernance de l’UEMOA, la BCEAO n’aura plus à déposer ses réserves de change auprès du Trésor français, mais le maintien de la parité fixe entre la future monnaie, l’Eco, et l’Euro suscite des critiques en Afrique de l’Ouest. Quel est votre regard d’expert sur la question ?
Il ne faut pas être pressé. On ne peut pas du jour au lendemain changer totalement de manière de faire et de perspective. Il y a tout un travail à faire pour mettre en place des dispositions visant à reconfigurer la manière dont le franc CFA est géré, surtout au niveau de la centralisation des réserves en devises, mais aussi sur la nature de la garantie que la France devrait donner. Car, si la France promet de garantir la parité entre l’Eco et l’Euro, elle n’est cependant pas seule dans l’union monétaire européenne, il y a donc plusieurs paramètres à prendre en compte.
C’est déjà un défi énorme en soi d’instaurer une monnaie unique et une même parité avec une monnaie extérieure à la zone, au sein d’un espace où les économies qui sont pas homothétiques. Les différentes économies de l’UEMOA ont une autonomie de gestion, des politiques économiques, budgétaires, industrielles, …qui sont différentes. Il faudra donc tout repenser, tout réarticuler et regarder et regarder quelles marges et souplesses peuvent exister entre ces différentes économies.
C’est d’ailleurs ce qui soulève des inquiétudes au Nigeria …
Pas qu’au Nigéria, mais aussi au Ghana, au Libéria et même la Sierra Léone peut avoir les mêmes problèmes. Si nous considérons le cas d’un pays comme le Ghana sur lequel j’ai travaillé en emmenant de nouveaux systèmes de financement qui n’avaient rien à voir avec l’endettement et qui ont fait leurs preuves. Même ce pays peut s’engager aujourd’hui dans une logique de développement économique qui implique un certain nombre de prises de position sur des questions monétaires, budgétaires. Il peut décider de déséquilibrer sa croissance en privilégiant certains secteurs pour ne pas avoir la même pointure de chaussure qui va à toute le monde.
Car, le « one size for all » ne permet pas le développement économique. Le développement économique doit être fait sur la base de variables d’actions et de fonctions qui sont différenciées en fonction des secteurs et en fonction des défis qu’ont ces derniers.
La politique la plus facile est de considérer qu’on peut appliquer la même chose pour tout le monde, mais dans cette logique, on ne fait pas de développement économique. De même, le développement économique n’est possible sans son corollaire avec la politique monétaire, la politique budgétaire et la politique de crédit.
Le propos est que nous devons construire nos économies sur leurs forces. Cela veut dire que nous devons d’abord avoir des stratégies qui sont liées à transformation de nos ressources qui sont nos forces, tout en gérant les faiblesses, les aléas et les vulnérabilités de nos économies. Et c’est sur cette base que nous devons penser à la monnaie.
N’est-ce pas aussi une question de souveraineté ?
On parle beaucoup de souveraineté, ce qui est légitime, mais il ne s’agit pas seulement de souveraineté. Aujourd’hui à titre d’exemple, le cours du dollar par rapport au franc suisse affiche des variations de l’ordre de 1 à 2% chaque jour. Cela veut dire que si un opérateur fait des contrats dans une monnaie avec des risques de variation des taux de change, il devra être capable de couvrir ce risque en faisant des opérations de swap ou en faisant des opérations d’arbitrage en achetant de la monnaie aujourd’hui à un taux fixé aujourd’hui et livrable à ce taux-là dans trois mois. Mais il n’est pas possible de le faire au sein de l’espace UEMOA. Sauf cas exceptionnels, les opérateurs dans cette zone économique ne peuvent détenir des comptes en devises étrangères dans une banque commerciale. Or quand la détention des comptes en devises permet non seulement procéder à ces opérations, mais dans la même journée acheter des devises, passer d’une devise à l’autre en faisant des plus-values pour se couvrir. Il s’agit d’une marge de manœuvre extraordinaire qui est amputée par la manière dont les accords simplistes fonctionnent au niveau de l’UEMOA.
Il est clairement démontré que la situation des pays qui ont cette flexibilité en matière d’arbitrage rend la vulnérabilité (exprimée en termes de devises) monétaire verticale par rapport à beaucoup d’opérateurs.
Encore une fois, la grande question est celle-ci : Nous devons être prêts à gérer le caractère complexe de la monnaie. A ce titre, même un pays comme la République démocratique du Congo (RDC) a plus d’expérience pour faire fonctionner les instruments monétaires que les pays de l’UEMOA. Parce que la Banque centrale du Congo (BCC) a été obligée de gérer une monnaie qui n’avait pas de garantie de convertibilité. Ils ont donc l’expérience. De même, les Banques centrales du Ghana et du Nigeria ont de l’expérience en la matière. Et ce sont des expériences qui peuvent servir à la BCEAO pour l’instauration de l’Eco.
La France n’a donc pas reporté l’agenda du Franc CFA. Mais au vu des ajustements préalables entre les économies auxquels s’ajoutent l’impact économique de la pandémie, plusieurs économistes ont déjà émis des doutes sur l’entrée en vigueur de l’Eco en juillet 2020.Quel est votre avis?
En tant qu’économiste, je travaille avec les paramètres que j’ai, je ne saurais affirmer quoi que ce soit. Cependant, comme plusieurs de mes pairs, j’avais déjà pensé que ce serait difficile de lancer l’Eco en juillet 2020 sans une mise en place des dispositions nécessaires pour que cela soit une réalité. Si les gouvernements de l’UEMOA ont continué de travailler sur leur agenda pour réunir toutes les conditions, cela pourrait se faire. Mais si l’exécution du calendrier par la France en dépit de la pandémie créé la surprise, cela pourrait être une source d’inquiétude. Jusqu’ici, nous n’avons pas entendu de responsable politique de l’UEMOA s’exprimer sur le sujet. Ce silence devient même assourdissant.Par Ristel Tchounand 

EUX & NOUS – Disparition du franc CFA, naissance de l’Eco, «du sabotage», selon le Pr Séraphin Prao,agrégé d’Economie PAR SÉRAPHIN PRAO

http://www.sudonline.sn/Professeur agrégé d’économie, maître de conférences des Universités, Séraphin Prao n’a pas tardé à réagir après la décision du gouvernement français le mercredi 20 mai 2020 annonçant la fin du franc CFA et la naissance de l’éco au sein des huit pays de l’UEMOA. «La France sabote le projet monétaire souverainiste de la CEDEAO et maintien l’UEMOA dans la servitude», a-t-il dit dans cette contribution
Le grand Sun Tzu disait que «la meilleure stratégie est celle qui permet d’atteindre ses objectifs sans avoir à se battre». En tout cas, tout porte à croire que sous l’ère Macron, la France est décidée à maintenir ses positions sans toutefois apparaître impérialiste. L’adoption du projet de loi entérinant la transformation du franc CFA en ECO est un coup de maitre du gouvernement français.
En réalité, c’est la suite logique de l’accord signé le 21 décembre 2019, entre le président Alassane Ouattara, au nom des pays de l’UEMOA et le président français, Emmanuel Macron, à Abidjan. Les ‘’ennemis du développement’’ du continent africain veulent faire croire qu’il s’agit d’une révolution copernicienne alors que dans les faits, c’est une simple stratégie pour contrôler indirectement les économies de l’UEMOA sans paraître impérialiste. Nous montrons à travers ces quelques lignes, que le nouvel accord est purement symbolique puisque la France continuera de contrôler les économies africaines au profit de ses entreprises. Le projet de loi du 20 mai 2020 est purement symbolique
Depuis 1945, la France pille les fabuleuses ressources des Pays africains de la Zone Franc (PAZF), par le truchement de plusieurs canaux, dont le canal monétaire de l’accord de coopération monétaire. Avec l’accord du 21 décembre 2019, rien ne change sinon un aménagement de l’ancien accord pour briser l’élan patriotique des Africains quant à la reconquête de leur souveraineté monétaire.Pour ce faire,Macron n’a pas oublié la célèbre pensée de Léopold Sédar Senghor,qui disait que «l’émotion est nègre mais la raison est hellène».
Changer le nom et quelques dispositions marginales suffiront par calmer ces pauvres africains, telle était l’idée qui a milité en faveur de la signature de l’accord du 21 décembre 2019, du côté de la France. D’ailleurs, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sur le perron de l’Elysée, est précise sur le sujet : « cette fin symbolique devait s’inscrire dans un renouvellement de la relation entre la France et l’Afrique et écrire une nouvelle page de notre histoire ». Pour celui qui a un minimum d’ingrédient intellectuel comprend sans effort, qu’il s’agit d’une arnaque monétaire de la France.
Dans les faits, les trois changements dans cette réforme sont : le nom de FCFA qui devient ECO, l’arrêt des dépôts de la moitié de nos réserves de change auprès du Trésor français et le retrait des instances de gouvernance, des fonctionnaires français. En quoi est-ce que la décision de retrait d’un intrus de votre maison, doit constituer une prouesse de sa part ? Bien au contraire, de façon honteuse, la France reconnait qu’elle s’est immiscée dans les affaires monétaires des pays africains sans invitation. De même, avec la pression des pays africains et mêmes occidentaux (l’Italie et la Russie), la France est obligée de mettre fin à ce honteux pillage de nos réserves de change, à travers le dépôt de la moitié de nos réserves de change auprès du Trésor français. Cependant, la France va toujours contrôler les économies des pays de l’UEMOA avec l’accord du 21 décembre 2019.
Le contrôle indirect des économies de la zone UEMOA par la France La France se retire des instances de gouvernance de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sans retirer son influence sur les économies des pays Africains. Rappelons que jusqu’à présent, le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque de France participaient aux deux réunions annuelles, dont l’une se déroulait à Paris. Comme pour interdire aux Africains, tout excès d’enthousiasme, le ministre des Affaires étrangères, de la France, Jean-Yves Le Drian, rappelle ceci : « le rôle de la France évolue pour devenir celui d’un strict garant financier de la zone ».
Qui peut nous convaincre de ce qu’un pays tiers peut apporter sa garantie à un autre sans contrepartie. C’est donc une façon subtile pour la France de contrôler les économies africaines. D’ailleurs, le concept de «  garantie  » de convertibilité employé par les officiels français et les partisans de la relique coloniale est d’autant plus absurde que nous vivons depuis les années 1970 une ère post Etalon or, où la monnaie émise par les États est de nature essentiellement fiduciaire. La valeur de la monnaie dépend du dynamisme de son économie et de l’acceptabilité des agents économiques. La France est supposée fournir toutes les devises nécessaires aux pays de la zone franc, pour leurs importations. Or, le fonctionnement de la BCEAO (et de la BEAC) est paramétré pour qu’une situation de manque de devises arrive le plus rarement possible, voire jamais. Dès que ses réserves de change atteignent un niveau critique, la banque centrale prend des mesures restrictives, comme la limitation des possibilités de financement des économies de la zone – pour reconstituer ses avoirs extérieurs. Grâce à ce mode de gestion, la garantie a été rarement activée pour les pays de l’UEMOA entre 1960 et aujourd’hui.
En dehors de cette supposée garantie, la parité fixe pose encore un problème car la France continuera de jouer son rôle de garant pour cette monnaie qui maintiendra également une parité fixe avec l’euro (1 euro = 655,96 francs CFA). Cette parité fixe permet aux entreprises françaises en zone franc, d’éviter un risque de change, c’est-à-dire, une perte liée à une variation du taux de change. Etant donné que les pays africains constituent un déversoir de produits manufacturés et un réservoir de matières premières, il faut créer les arrangements monétaires qui sécurisent les investissements français en Afrique. C’est donc l’objet du maintien de la parité fixe.
Du moment que la parité fixe avec l’euro est maintenue, les réserves de change, serviront d’abord et avant tout à la défense de cette parité. Ces réformes ne rendent donc pas la BCEAO plus autonome : elle demeure une annexe de la Banque de France, rivée à la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Par-dessus tout, le projet de loi du 20 mai, en France, vise à saboter le projet monétaire souverainiste des pays de la CEDEAO. La vérité est que la France a peur de ce vaste projet des pays de la CEDEAO. On sait que le Nigeria, un pays anglophone est la première économie de la zone et le succès du projet est synonyme de la perte du pré carré français en Afrique de l’Ouest. En court-circuitant le projet d’intégration monétaire des pays de la CEDEAO, la France sait que les pays anglophones n’accepteront jamais cette vassalisation monétaire. Du coup, les pays de l’UEMOA resteront les seuls pays à utiliser l’ECO tout en restant dans une servitude monétaire sous le joug français. La preuve est que le franc CFA ne disparaît pas complètement : les six pays d’Afrique centrale (Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad), qui forment une zone monétaire distincte, continueront à l’utiliser.
En définitive, le projet de loi français est un épiphénomène et une reconnaissance honteuse du pillage des économies africaines par la France. La crise du Covid-19 a montré la fragilité des Etats qui n’ont pas adopté une vision stratégique de l’industrialisation. Or, les pays africains ne sont même pas au stade de l’industrialisation. Il est urgent que ces pays utilisent pleinement tous les instruments à leur disposition pour aller très vite à l’industrialisation.
La monnaie a sans aucun doute, un rôle primordial à jouer dans tout processus de développement. Les pays de l’UEMOA n’ont rien compris à ce niveau et c’est dommage. Entre le franc CFA et l’ECO version Macron, la différence n’est pas nette car, entre le cochon et le sanglier, la seule différence notable est que le premier est au village et le second en brousse. D’ailleurs, lorsqu’on a un litige avec le cochon, il ne faut pas appeler le sanglier comme témoin»

SÉRAPHIN PRAO

* Economiste, enseignant chercheur spécialisé en Théorie Monétaire
* Président de l’Association des Théoriciens Africains de la Monnaie (ATAM)
* Vice-Président chargé des affires économiques et sociales de la Cellule de veille et d’éveil (CVE) de Côte d’Ivoire
* Auteur du ivre intitulé “Franc CFA instrument de sous- développement” octobre 2012

LÂCHER LE CFA POUR MIEUX CONTRÔLER L’ECO ?

http://www.emedia.sn/ « Symbole pour symbole, on aurait assurément apprécié que la fin du CFA et son remplacement par le vieux projet de monnaie unique de la CEDEAO qu’est l’ECO, soient actés lors d’un conseil des ministres à Dakar, Abidjan ou Bamako. » Pour Mamoudou Ibra Kane, il y a comme une tare congénitale dans la naissance annoncée de la monnaie Eco sur les cendres du CFA.
Dans sa chronique hebdomadaire, le journaliste revient en large sur les manœuvres de la France, ancienne colonie, au détriment des « pays anciennement colonisés, au sujet du CFA qui, semble-t-il ne devait pas survivre au SARS COV2. Pour Kane, la France est dans son rôle en suivant un calendrier qui lui fait garder l’essentiel quand elle annonce la fin de l’accessoire. Et c’est d’autant plus déconcertant que cela intervient la même semaine que le démantèlement d’un réseau de faussaires qui flirtait avec le CFA et l’Euro à des proportions hallucinantes.

LA FRANCE RESTE FIDÈLE À SA STRATÉGIE DU LÂCHER POUR MIEUX TENIR PAR BOSSE NDOYE

https://www.seneplus.com/La stratégie a merveilleusement fonctionné avec le tour de passe-passe de changement du CFA en ECO. L’ancienne métropole est restée cohérente avec elle-même depuis le début de sa longue odyssée coloniale
Dans les rapports de domination qu’elle a entretenus et qu’elle continue d’entretenir avec la majorité de ses anciennes colonies d’Afrique en général, et d’Afrique subsaharienne en particulier, la France a souvent adopté la stratégie dite du lâcher pour mieux tenir. Celle-ci consiste à faire semblant de faire certaines réformes et/ou « concessions» afin de préserver les avantages et privilèges qu’elle tire des relations (néo)coloniales avec les pays de son pré carré africain. C’est aussi une façon de calmer les ardeurs de ceux qui réclament la souveraineté totale de leurs pays en exigeant une révision complète des rapports souvent léonins les liant à l’ancienne puissance coloniale. L’histoire recèle d’exemples pouvant étayer ces propos.
Humiliée, traumatisée et épuisée par la guerre d’Indochine à laquelle mirent fin les Accords de Genève de juillet 1954 – l’année où commença à couver le feu algérien -, l’ancienne métropole, tout en espérant garder son ex-colonie de peuplement devenue département français au fil des années, préféra se séparer, à son corps défendant, du Maroc et de la Tunisie en leur accordant l’indépendance respectivement le 2 mars et le 20 mars 1956. Ainsi choisit-elle de lâcher ces deux pays pour s’accrocher à celui qui était sans doute le plus important à ses yeux afin d’éviter l’embrasement général de la région. D’autant que celui-ci pouvait entraîner la perte totale du Maghreb francophone, et avec lui ses nombreuses ressources naturelles et son bel emplacement stratégique.
Craignant que la lutte armée en Algérie ne fît des émules dans ses colonies de l’Afrique noire par effet de contagion, la France y desserra un peu l’étau de la domination avec l’adoption de la Loi-cadre Defferre en 1956. Celle-ci élargit les pouvoir locaux avec la création de Conseils de gouvernement élus suffrage universel. Mieux valait lâcher un peu de lest en octroyant quelques libertés pour toujours tenir les colonies que de faire face à de multiples soulèvements populaires déstabilisateurs pouvant être engendrés par les désirs d’autonomie qui devenaient de plus en plus grands après la seconde guerre mondiale et aussi avec l’accession à l’indépendance d’autres pays africains.
Le Général de Gaulle abonda dans le sens des réformes que la Loi-Cadre Deferre avec la Communauté franco-africaine. Bien que plus d’autonomie fût accordée aux colonies, les véritables manettes du pouvoir restaient entre les mains de la France, qui fit de son mieux pour préserver son empire, tout en évitant d’aborder la question d’indépendance et menaçait même ceux qui seraient tentés de la réclamer. La Guinée en fit les frais par son Non en 1958, même si le choix lui en avait été donné. Au final, l’Union française de 1946, la Loi-cadre de 1956 et la Communauté franco-africaine de 1958 n’ont été que des formes différentes de la mise en application de la stratégie du lâcher pour mieux tenir permettant à la France de s’adapter aux réalités sociales, économiques et politiques des temps changeants afin de préserver son empire colonial.
Lorsque les indépendances devinrent inévitables au début des années 60, la France consentit à les accorder à la plupart des territoires sous sa domination, non sans les avoir corsetées par différents accords politiques, économiques et de défense… qui jetèrent les bases des relations néocoloniales entre elle et ses futures ex-colonies. Ces mots de  Michel Debré, tirés de sa lettre adressée à Léon Mba, futur président du Gabon, constituent une preuve irréfutable de la stratégie de Paris du lâcher pour mieux tenir : « On donne l’indépendance à condition que l’État s’engage une fois indépendant à respecter les accords de coopération signés antérieurement : il y a deux systèmes qui entrent en vigueur en même temps : l’indépendance et les accords de coopération.. L’un ne va pas sans l’autre

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[1].» Cela était valable pour presque toutes les colonies qui allaient accéder à l’indépendance. Ce qui a fait dire,  à juste titre, à François-Xavier Verschave que : « Les pays francophones au sud du Sahara ont été, à leur indépendance, emmaillotés dans un ensemble d’accords de coopération politique, militaire et financières qui les ont placés sous tutelles

[2].»
Dans l’Archipel des Comores – Anjouan, Grande Comores, Mohéli, Mayotte –, alors que le référendum d’autodétermination du 22 décembre 1974 a vu massivement triompher le oui en faveur de l’indépendance (94,5%), l’État français décida unilatéralement de prendre en compte les résultats île par île et non pour l’ensemble de l’Archipel. Cette décision était en porte-à-faux avec la position de l’ONU et était surtout en contradiction avec la loi française du 23 novembre 1974, qui énonce dans son article 5 : « que si le classement des résultats se fera île par île, la proclamation en sera globale

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[3].» C’est ainsi que l’île de Mayotte, où le non l’avait emporté à 63.22%, est restée dans l’escarcelle française à la suite d’une « élection à la Naegelen» qui y avait été organisée plus tard et qui avait conforté la volonté française. C’est dire que la France n’accepte presque jamais de perdre totalement les avantages qu’elle tire de la plupart de ses anciennes colonies africaines. Elle peut consentir à lâcher du lest, mais jamais à lâcher prise.
Cette stratégie multi-décennale, sinon séculaire, du lâcher pour mieux tenir – qui pourrait être l’autre nom du refus viscéral de Paris de décoloniser -, est en droite ligne avec l’adoption par la France du projet de loi entérinant la fin du franc CFA ce 20 mai 2020… Car avec l’ECO, bien que l’appellation CFA change, les comptes d’opérations et les représentants français dans les trois différents Conseils d’administration des 3 Banques Centrales vont disparaître, la France reste grandement présente dans cette monnaie et garde de nombreux avantages puisque c’est elle qui la garantit et qu’ il  y aura entre autres toujours le principe de la convertibilité illimitée – qui fait mal aux pays membres de la zone franc -,  et celui de la parité fixe avec l’Euro, sans oublier le fait qu’elle « se réserve le droit de revenir dans une instance de décision, en l’occurrence le conseil de politique monétaire

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[4]». Il importe aussi de mentionner que l’ancienne puissance coloniale a « courcircuité» la CEDEAO en compromettant son vieux projet de monnaie commune et surtout qu’elle refuse de voir le Nigéria menacer son emprise sur ses ex-colonies d’Afrique de l’ouest en devenant leur leader dans une organisation monétaire sous-régionale. La stratégie du lâcher pour mieux tenir a merveilleusement fonctionné avec le tour de passe-passe de changement du CFA en ECO.
La France est prête à tout mettre en œuvre pour défendre ses intérêts sur le continent. Elle doit par conséquent trouver sur sa route une réponse à la hauteur de ses ambitions. Mais celle-ci ne pourra lui être apportée que par un ensemble fort et d’après une stratégie bien définie et bien réfléchie. L’ancienne métropole est restée cohérente avec elle-même depuis le début de sa longue odyssée coloniale. Maintenant, c’est à nous de l’être avec nous-mêmes et avec nos revendications.
[1] Michel Debré, lettre adressée à Léon Mba, datée du 15 juillet 1960… cité par Said Bouamama, Planter du blanc, Chronique du (néo)colonialisme français, p.14

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[2] François-Xavier Verschave, La Françafrique : le plus grand scandale de la République, p.86

[3][3] André Oraison, Quelques réflexions critiques sur la conception française du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à la lumière du différent franco-comorien sur l’île de Mayotte, Cité par Said Bouamama, Ibid p.113

[4] http://www.rfi.fr/fr/afrique/20191221-macron-ouattara-annonce-remplacement-franc-cfa-afrique-ouest-eco

Dr cheikh Ahmadou Bamba Diagne économiste , est formel sur le passage du FCFA à l’Eco:«LE SEVRAGE BRUSQUE AVEC LA FRANCE SERAIT EXTREMEMENT DANGEREUX POUR NOS ECONOMIES ASSEZ VULNERABLES»

https://www.seneplus.com/_leTemoin- La fin annoncée du FCFA ce mercredi par la France n’est pas un événement extraordinaire. Elle est une nouvelle étape du processus de divorce entre la France et les pays de l’UMOA lancé le 21 décembre 2019. Un processus qui devait aboutir à la création de la monnaie ECO en juillet 2020. Comme il y a des représentants de la France au Conseil d’administration de la BCEAO, elle devait préparer le départ de ces membres, tout comme il fallait régler aussi la fermeture du compte d’opérations. On est en train de dérouler les décisions du 21 décembre 2019. Il reste que deux choses fondamentales n’ont pas bougé en l’occurrence la garantie française, et la parité » souligne l’économiste Cheikh Ahmadou Bamba Diagne.
Cet enseignant à la Faculté des sciences économiques et de Gestion de l’Université de Dakar ajoute que « ce que les gens ne savent pas, c’est que ce sont les 8 pays de l’Uemoa qui feront leur ECO dans un premier temps en changeant de parité, puis ils vont aller avec le Nigéria et le Ghana pour changer encore de parités. Donc sous peu, il y aura des changements de parité alors pourquoi anticiper ou bousculer les choses pour changer ou rechanger encore ? Cela va déstabiliser les consommateurs. Il vaut mieux garder la parité au sein de l’Uemoa pour attendre la proposition des autres avant de mettre en place l’ECO de la CEDEAO. C’est plus logique » estime l’universitaire. Poursuivant, il indique que « la garantie de convertibilité avec l’EURO, c’est transitoire. Le sevrage brusque, c’est extrêmement dangereux pour nos économies aussi vulnérables. Ceux qui continuent de théoriser l’asservissement de la zone Franc à la France ne font que de l’activisme. Cela n’a pas de sens.
Les gens ont soutenu que la France gagnait de l’argent avec notre compte d’opérations. Ils racontaient du n’importe quoi. Les activistes ont mobilisé des combats, aujourd’hui que la gestion de la réserve nous revient, ils vont savoir ce que c’est une réserve. Cet argent pris à la France, qui est un avoir extérieur net ne pourra être logé à la BCEAO, mais à la Banque centrale européenne ou dans une autre grande banque européenne. La fin du FCFA, c’est le FCFA sorti de la France.
Pour aller vers une union monétaire dans l’espace CEDEAO, on ne pouvait pas continuer à avoir notre compte d’opérations en France. Il fallait créer une monnaie transitoire. L’ECO, c’est juste une monnaie transitoire » conclut le Pr Cheikh Ahmadou Bamba Diagne.

L’ECO, LA FAUSSE SORTIE DE LA FRANCE PAR MOUSTAPHA BOYE

https://www.seneplus.com/LeTemoin-La fin du Franc CFA annoncée par la France n’est qu’un faux affranchissement puisque l’ancienne puissance coloniale continuera en réalité à entretenir de très fortes relations monétaires avec les quinze pays de la CEDEAO
Ce mercredi 20 mai 2020 devait rester dans l’Histoire comme la date de la vraie indépendance économique des pays africains d’expression française utilisant le franc CFA. Ces pays se trouvent en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale en plus des Comores. Hélas, la fin du Franc CFA annoncée par la France n’est qu’un faux affranchissement puisque l’ancienne puissance coloniale continuera en réalité à entretenir de très fortes relations monétaires avec les quinze pays de la CEDEAO qui ont décidé de lancer en juillet 2020 une monnaie unique dénommée ECO.
La décision du gouvernement français qui va être soumise à son Parlement s’inscrit dans un calendrier global mis en œuvre par les 15 chefs d’Etat de la CEDEAO lors du sommet d’Abuja du 29 juin dernier. A cette occasion, les dirigeants de la zone étaient tombés d’accord pour mettre sur pied une monnaie unique, l’ECO, en juillet 2020.
Les discussions entre la France et ses « partenaires » africains de l’Umoa ont abouti à une proposition commune de réforme des instances et du fonctionnement de la coopération suivant quatre axes :
(i)le changement de nom de la devise, les autorités de l’Umoa indiquant leur souhait de passer du « franc CFA » à l’« ECO7 » ;
(ii) la suppression de l’obligation de centralisation des réserves de change sur le compte d’opérations au Trésor ;
(iii) le retrait de la France des instances de gouvernance de la Zone et
(iv) la mise en place concomitante de mécanismes ad hoc de dialogue et de suivi des risques (notamment reporting, échanges et rencontres techniques).
La signature le 21 décembre 2019 de l’accord de coopération entre les états membres de l’Umoa et la France, est la concrétisation de cette proposition. Cet accord viendra remplacer l’accord existant de 1973. Cet accord doit être complété courant 2020 par une convention de garantie, texte technique d’application, conclue avec la Banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Deux mois restant à la France pour prononcer la mort du FCFA, il fallait arranger les deux agendas du FCFA et de l’ECO qui n’avaient pas les mêmes paramètres monétaires. Le facteur handicapant, le Franc CFA est imprimé en France (Chamalières et Pessac), 50% des réserves de l’Uemoa étaient gardées par la France, la politique monétaire de nos pays était aussi décidée depuis Paris. Or dans le schéma d’Abuja, dans un premier temps, les 8 pays membres de l’Uemoa doivent commencer en juillet à utiliser l’ECO du fait qu’ils sont proches des critères de convergence (déficit inférieur à 3%, inflation inférieure à 3%, endettement inférieur à 70 %).
Ensuite, les deux grandes puissances de la zone Cedeao, notamment le Nigéria et le Ghana, deux pays anglophones il est bon de le préciser, ont conditionné leur adhésion à la monnaie unique à la coupure par la France du cordon ombilical la liant à ses anciennes colonies. Ce de manière à ce puisse être mise en place une banque centrale fédérale. La dernière étape devait consister en la mise en place d’une politique économique et commerciale, la signature des traités et du statut de la Banque centrale.
Seulement à deux mois de la date de juillet 2020, les dirigeants de la CEDEAO n’ont pas encore défini la politique monétaire à mener, encore moins le statut de la Banque centrale de la CEDEAO. A deux mois de l’échéance de juillet 2020, il ne sera pas possible d’opérer toutes ces ruptures qui devraient accompagner l’avènement de l’Eco. La servitude monétaire avec la France va alors continuer puisque le seul changement opéré sera celui du nom de la monnaie.

Divorce officiel d’un mariage de 47 ans

La coopération monétaire actuelle entre la France et l’Umoa repose sur un accord de coopération monétaire signé le 4 décembre 1973 par les ministres des Finances de l’Umoa et de la France, qui posait le cadre général de la coopération. Cet accord est complété par une convention de compte d’opérations, signée en décembre 1973 et modifiée par deux avenants de 2005 et 2014.
Sous ce régime (accord de coopération, complété par la convention de compte d’opérations et ses deux avenants), la France est représentée dans des instances techniques de gouvernance de la zone (Conseil d’Administration et Comité de politique monétaire de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Commission bancaire de l’Umoa). La BCEAO est l’institut d’émission commun aux états membres de l’Umoa et jouit du privilège exclusif de l’émission monétaire sur l’ensemble de ces états membres.
La Commission bancaire de l’Umoa, présidée par le Gouverneur de la BCEAO, est l’autorité de supervision bancaire de l’Union. Les représentants de la France y disposent d’un droit de vote sans voix prépondérante. Il est à noter que la France ne participe pas aux instances politiques (Conférence des chefs d’état, Conseil des ministres). « Le positionnement de la France évolue pour devenir celui d’un strict garant financier de la Zone. Les paramètres fondamentaux de la coopération ne sont toutefois pas modifiés : le régime de change demeure inchangé, avec un maintien de la parité fixe entre l’euro et la devise de l’Union tout comme la garantie illimitée et inconditionnelle de convertibilité assurée par la France » souligne « le projet de loi autorisant l’approbation de l’accord de coopération entre le Gouvernement de la République française et les Gouvernements des Etats membres de l’Union monétaire ouest-africaine » déposé à l’Assemblée nationale française par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de l’Economie et des finances. « La transformation du rôle de la France en celui d’un strict garant financier se traduit ainsi par la fin de sa représentation dans les instances techniques de gouvernance de la Zone où elle ne disposera plus, hors cas de crise, de droit de vote.
La réforme maintient inchangés les paramètres essentiels à la stabilité macroéconomique et monétaire de l’UMOA : maintien de la parité fixe de la monnaie commune de l’UMOA avec l’euro et de la garantie illimitée et inconditionnelle de convertibilité assurée par la France. La garantie apportée par la France fonctionnera sur le même principe qu’aujourd’hui : si la BCEAO fait face à un manque de disponibilités pour couvrir ses engagements en devises, elle pourra se procurer les euros nécessaires auprès de la France.
La crédibilité de l’ancrage de la monnaie de l’Union sur l’euro est donc préservée. La fin de l’obligation de dépôt des réserves de change de la BCEAO permettra à la Banque centrale de disposer de la totalité de ses réserves et de décider de leur allocation et de leur placement, avec, dans l’environnement de taux actuel, un impact probable sur la rémunération de ces avoirs » indiquent les auteurs du projet de loi.

Coopération entre la France et les Etats membres de l’Umoa: Les conséquences financières du nouvel accord avec la fin du Franc CFA

https://www.lejecos.com/–Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de l’Economie et des Finances de France ont évoqué les conséquences financières du nouvel accord de coopération entre la France et les Etats membres de l’Union monétaire ouest-africaine. Dans le document consulté par le Journal de l’économie sénégalaise (Lejecos), la réforme prévue par l’accord sera mise en œuvre dans le courant de l’année 2020.
« Le principal risque auquel les finances publiques françaises seront exposées, et correspondant à l’activation de la ligne de garantie (jusqu’à son remboursement lors de la reconstitution des réserves de change), demeure le même que celui de découvert du compte d’opérations dans le dispositif actuel. Ce découvert correspond en pratique à un prêt de l’Etat français à la Bceao, dans des conditions qui seront définies par la convention de garantie auquel renvoie l’accord », lit-on dans le document.
Ce risque d’activation, ajoute la même source, est à l’heure actuelle très limité, compte tenu de la situation macroéconomique globalement favorable de l’Uemoa (taux de croissance supérieur à 6% entre 2012 et 2019, niveau d’endettement global maîtrisé autour de 50% du Pib de la zone à fin 2019) et du niveau élevé de réserves de change (env. 15,3 Mds EUR à fin 2019, soit près de cinq mois d’importations).
Le taux de couverture de la monnaie (Tcm) est supérieur à 70% depuis plusieurs années. Pour mémoire, les derniers cas d’activation de la garantie dans le cadre de l’accord actuel sont limités et relativement anciens (antérieurs à 1994).
Du point de vue budgétaire, les deux ministères soulignent que  la garantie de convertibilité de la monnaie de l’Umoa est assurée par le programme budgétaire « Relations avec l’Union monétaire ouest-africaine » du compte de concours financiers Accords monétaires internationaux. Ce compte-mission, qui concerne également les zones d’Afrique centrale et des Comores, est doté de crédits évaluatifs actuellement fixés à 0, compte tenu du faible risque d’activation de la garantie. Cette garantie de convertibilité ne relève pas d’une « garantie de l’État » au sens de l’article 34 de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances.
Par sa construction et son fonctionnement, elle correspond en réalité à un mécanisme de prêt à la Bceao, ce que confirme le choix de la création d’un compte de concours financiers ad hoc par l’article 46 de la loi de finances pour 2006. Compte tenu du maintien de la garantie de convertibilité, il n’est pas envisagé de modifier l’architecture budgétaire actuelle sur ce point.
Au-delà du sujet de la garantie, poursuit la même source, les principales conséquences financières de la réforme pour la France concernent la suppression de l’obligation de dépôt de 50% au moins des réserves de la Bceao sur le compte d’opérations au Trésor français.
Les modalités de retrait des sommes déposées sur le compte d’opérations seront fixées avec la Bceao. Ces sommes varient au jour le jour mais l’obligation de dépôt de 50% du montant total des disponibilités extérieures de la Bceao (à l’exception des avoirs liés aux relations avec le Fmi) correspondait à fin 2019 à un dépôt obligatoire de 6,3 Mds EUR. Le retrait des sommes déposées par la Bceao au Trésor français se traduira par une baisse du niveau moyen du compte du Trésor. « La fin de l’obligation de dépôt des réserves de change de la Bceao sur le compte d’opérations entraînera également la fin de la rémunération avantageuse des avoirs déposés sur le compte (à un taux de 0,75% actuellement). Pour mémoire, ce sont respectivement 40,6 et 40,4 M EUR qui ont été versés à la Bceao en 2018 et 2019 », détaille le document.
Enfin, la garantie de change dont bénéficient les sommes déposées par la Bceao sur le compte d’opérations disparaîtra également. Les dépôts obligatoires de la Bceao bénéficient actuellement d’une garantie de non-dépréciation par rapport au panier de devises internationales constitutif du droit de tirage spécial (Dts). À ce titre, en cas de dépréciation de l’euro par rapport aux monnaies internationales, la France compense financièrement la perte de valeur des dépôts sur le compte d’opérations.Adou FAYE

Transport interurbain: Gora Khouma appelle à ne pas braver l’interdiction du Ministère des transports terrestres

https://www.dakarmatin.com/ « Nous avons gardé le calme pendant deux mois. Nous vivons un calvaire certes, mais nous devons continuer à rester dans les gares ». Tel est l’appel du Président de l’Union des transporteurs du Sénégal. Pour Gora Khama, il est hors de question de braver l’interdiction du transport interurbain. « Nous devons continuer à nous battre pour la reprise de la circulation, mais nous ne devons pas violer les interdictions. Nous devons continuer à garder notre calme ».

LE CORAN,LA SOUNNA ET LE CORONAVIRUS PAR MAKHTAR DIOUF

EXCLUSIF SENEPLUS : Nous sommes en droit d’attendre que les partisans de l’ouverture des mosquées dans cette situation de pandémie présentent des versets du Coran et des ahadiss à l’appui de leur position
Voltaire en 1741 intitule une de ses pièces ‘’’Le fanatisme ou Mahomet le prophète’’. Montesquieu dans ‘’L’esprit des lois’’ en 1748 relie le fatalisme à l’Islam : « Cela est dans les décrets de Dieu, il faut donc rester en repos ». L’orientaliste Jacques Berque, dans sa traduction du Coran,  a corrigé ces présentations déformées de l’Islam : « Je n’évoque pas ici la tendancieuse accusation de fatalisme que contredisent tant d’appels du Coran à la liberté et à la responsabilité humaine ».
Au Sénégal avec l’éclosion du coronavirus, une dissension est née entre les croyants à propos des lieux de culte : consensus chez les catholiques, mésintelligence chez les musulmans sur l’ouverture ou la fermeture des mosquées. Ce qui n’est pas sans rappeler le problème du fatalisme et du fanatisme qui vont de pair.
Le prophète (psl) exhortait de prier à la mosquée, disant que  la prière en groupe est 25 fois plus bénéfique que la prière faite tout seul, que chaque pas que fait le fidèle entre sa demeure et la mosquée est béni, de même que le temps qu’il reste assis dans la mosquée en attendant la prière. Il a même menacé, sans l’avoir jamais fait, de brûler les maisons des musulmans qui  n’allaient pas à la mosquée (Sahih Bukhari, Mouslim). Mais toutes ces prescriptions ont été assorties de dérogations, c’est-à-dire exception à l’application pour cause de force majeure, toutes rapportées par Mouslim (1487-1491) :
1-En cas de forte chaleur, il recommandait de reculer la prière du milieu de la journée (tisbar). Lorsque le repas était servi, il demandait de manger avant de prier.
2-En cas d’intempéries (vents violents, pluies fortes …), il déconseillait d’aller à la mosquée. La prière du vendredi à la mosquée est une obligation pour le musulman qui n’a pas d’empêchement majeur, mais le prophète (psl) disait : « Je ne veux pas vous voir marcher dans la boue avec un sol glissant pour venir à la mosquée même pour cette prière».  Dans de telles situations, il demandait au muezzin d’ajouter après l’appel à la prière : « Restez dans vos habitations ».
3-Le prophète (psl) demandait aux maris d’autoriser leurs épouses qui le désiraient, d’aller prier à la mosquée.  Mais il conseillait aux femmes de prier à la maison, surtout avec les prières du matin et du soir pour une question de sécurité.
Le prophète (psl) qui recommandait aux musulmans de se dispenser d’aller à la mosquée pour ne pas être incommodés par des intempéries aurait-il demandé de les ouvrir dans une situation de pandémie comme le coronavirus qui peut conduire à la mort ? Les imams sénégalais qui ont fermé leurs mosquées n’ont fait que le suivre.
Lors de prière en mosquée, le prophète (psl) recommandait de serrer les rangs, de ne laisser entre les fidèles aucun espace où pourrait se glisser quelque dissension entre eux.  Compte tenu du coronavirus, l’obligation  faite de prier en mosquée à la condition de respecter la distanciation sociale fait fi de cette tradition prophétique. Raison majeure ? On accepte la raison majeure à l’intérieur de la mosquée, mais on la refuse en permettant d’y entrer. Et puis, avec la limitation du nombre de fidèles dans la moquée (comment sont-ils choisis ?) qu’en est-il de la frustration de ceux qui sont refoulés ?
Le prophète (psl) a certes dit que la prière en groupe est supérieure à la prière faite individuellement, mais la prière en groupe ne se fait pas uniquement en mosquée. Tout responsable de famille doit aussi être imam dans sa maison. Le prophète (psl) a aussi dit que « les lieux de la terre les plus chers à Allah sont les mosquées » (Mouslim), car c’est à Dieu qu’appartient toute mosquée comme le dit le Coran. Mais il a dit aussi : « la terre entière est une mosquée pour vous ; vous pouvez prier partout où vous vous trouvez à l’heure de la prière » (Mouslim). La prière (salat) figure 67 fois dans le Coran et la mosquée (masjid) 28 fois (sans la kaaba et la mosquée de Jérusalem).
Dans les pays occidentaux où le nombre de morts du coronavirus se compte par milliers, les foyers de propagation ont été des regroupements de personnes au mois de février 2020 : aux Etats-Unis, une cérémonie de mardi gras en Louisiane ; en France, les élections municipales, et une messe protestante à Mulhouse avec la présence de plus de 2 000 personnes ; les matches de football de huitièmes de finale de coupe d’Europe, en Angleterre, Espagne, Italie, France, Allemagne. Ces pays comptent pour plus de 80 pour cent des infections et décès du coronavirus dans le monde.
Le Coran a prévenu : « Et Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim, de perte de biens, de vies, et de récoltes, mais donne de bonnes nouvelles aux patients »  (Coran 2 : 155). La patience n’est pas la résignation. Le Coran exhorte à l’action, à la précaution. Ce ne sont pas les versets qui manquent à cet effet :
– Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction (Coran 2 : 195)
– Et ne vous tuez pas par vous-même (Coran 4 : 29)
-Ô croyants ! prenez vos précautions … (Coran 4 : 71)
-Allah vous veut la facilité et ne vous veut pas la difficulté (Coran 2 : 186)
-Allah n’impose à personne ce qui est au-dessus de ses capacités (Coran 2 : 286 ; Coran 23 : 62).
Le prophète (psl) a poursuivi la sensibilisation sur la prise de précaution. Lors de la survenue d’une épidémie de peste, il lance cette mise en garde :
« Si vous êtes informés de l’éclatement de peste dans un lieu, n’y allez pas ; mais si la peste éclate dans un lieu pendant que où vous y êtes, ne le quittez pas (Boukhari, Mouslim) ».
C’est ainsi que le khalife Omar (rah), sur son chemin vers Cham (la Syrie) avec sa cavalerie, apprenant que cette région est infestée par la peste, fait demi-tour (rapporté par Mouslim).
Lors d’une épidémie, les autorités médicales conseillent d’éviter la transmission du virus d’une personne infectée à une personne saine. Le prophète (psl) ne dit rien de différent :
« Que celui qui croit en Allah et au jour dernier ne dérange pas son voisin » (Bukhari
– «  N’entrera pas au paradis celui qui inflige un tort à son voisin » (Sahih Mouslim n° 74, rapporté par Abou Huraira) ». Le terme utilisé dans le texte arabe est bawâ’iq traduit par le lexicographe anglais William Lane en ces termes : calamité, désastre, malheur, gêne… tout ce qui peut incommoder une personne pour lui rendre la vie difficile.
Selon le Coran, une calamité comme la pandémie peut survenir dans un monde et à une époque de perversité où l’on a oublié Dieu. Cette calamité se présente comme un démon, un compagnon dont personne ne veut. Et alors chacun pourrait dire :
« J’aurais aimé qu’il y ait entre toi et moi la distance séparant l’Est et l’Ouest ! Quel mauvais compagnon tu es ! » (Coran 43 : 38).
Le coronavirus est bien un compagnon dont personne ne veut, surtout qu’on ne le voit pas. C’est pour cela qu’il est recommandé la distance sociale entre les individus. Les lieux de culte (mosquées, églises …) sont des lieux appropriés de promiscuité entre les fidèles, avec forte propagation de virus. Au Sénégal, les musulmans qui s’opposent à la fermeture des mosquées s’en remettent à Dieu. Tout croyant s’en remet à Dieu, mais « Attache ton chameau, et place ta confiance en Allah ».
« Attache ton chameau, et place ta confiance en Allah ». Selon Anas ibn Malik, c’est un hadîss rapporté par At Tirmidji (sounan 2517) : il est tenu par le Prophète (psl) à un homme qui lui demande s’il peut entrer dans la mosquée et laisser son chameau libre. Il lui est ainsi enseigné que l’Islam n’a rien à voir avec le fatalisme, que le tawakul mentionné dans le Coran (distingué de tawaakul ) c’est-à-dire le fait de s’en remettre à Dieu, n’exclut pas la prise de précaution.
Le prophète (psl) en a donné l’exemple. Lorsqu’il décide d’émigrer à Médine, il prend toutes ses précautions, préparant son voyage méticuleusement dans le secret, demandant à Ali (rah) de dormir dans son lit, prenant un guide sûr, un compagnon sûr Aboubakr (rah) qu’il rassure. se basant sur ce verset : Une fois que tu as pris ta décision, place ta confiance en Allah (Coran 3 : 159). La prise de précaution précède la prise de décision.
Si les lieux de culte n’avaient pas été fermés ces derniers temps, le nombre d’infections et de décès aurait été beaucoup plus important. Des croyants infectés du coronavirus sans s’en rendre compte en auraient contaminé d’autres. La comparaison ne s’impose pas avec les épidémies de peste ou de grippe du passé ; celui qui en était atteint se savait malade et n’allait pas dans un lieu de culte qu’il n’était d’ailleurs pas besoin de fermer. Le problème avec la pandémie actuelle, comme nous le disent les spécialistes, est qu’une personne peut porter le virus sans se sentir malade.
Dans une période sans endémie, si une horde d’abeilles envahit une mosquée, personne ne voudra y entrer tant qu’elle n’aura pas été complètement désinfectée. Pourtant, une piqure d’abeille, même si elle peut être mortelle ne se transmet pas.
D’ailleurs, la fermeture des mosquées n’est en aucun cas définitive. Elle dure le temps que la pandémie soit maîtrisée. Les mosquées fermées restent en fait bien vivantes avec les appels à la prière (azann) qui y sont faites cinq fois chaque jour. Le azann est un condensé remarquable de l’enseignement de l’Islam : il contient les deux premiers piliers de l’Islam, et la wahdâniya (unicité de Dieu).
Cela dit, nous sommes en droit d’attendre que les partisans de l’ouverture des mosquées dans cette situation de pandémie présentent des versets du Coran et des ahadiss à l’appui de leur position. Même si nous la respectons.
Le verset (Coran 2 : 114) Y a- t-il plus injustes que ceux qui empêchent d’évoquer le nom d’Allah dans Ses mosquées et visent à les détruire ? n’a rien à voir avec la fermeture de mosquées en cas de force majeure et encore moins avec l’intention de les détruire. Le verset s’adressait aux païens idolâtres qui voulaient empêcher l’accès de la kaaba aux musulmans. Les appels à la prière qui sont maintenus lors de la fermeture des mosquées en cas de danger évoquent le nom d’Allah et font plus.
En cette occasion et en cette fin du mois béni de Ramadan au Sénégal surtout, il est opportun de rappeler ce propos du prophète (psl) :
‘’ J’ai demandé au Seigneur trois choses. Il m’a accordé les premières. Je Lui ai demandé que ma oumma ne soit pas détruite par la famine, Il me l’a garanti. Je Lui ai demandé que ma oumma ne soit pas détruite par des calamités naturelles, ni par une occupation étrangère, Il me l’a garanti. Je Lui ai demandé que ma oumma ne s’entredéchire pas, Il ne me l’a pas garanti ».
C’est peut-être, contrairement aux apparences, ce qui participe à ce renforcement de l’Islam partout dans le monde.
PS : C’est la tradition de rédaction en langue anglaise sur l’Islam qui a imposé la formulation hadîth (le th terminal anglais se prononce ss). Ce texte étant en langue française, il est plus logique d’écrire hadîss au singulier, ahadiss au pluriel.

DAME MBODJI: «L’ETAT DOIT PLUS DE 100 MILLIARDS AUX ENSEIGNANTS»

http://www.emedia.sn/L’Etat du Sénégal doit 100 milliards de F CFA aux enseignants. Cette dette a été contractée par l’Etat bien avant l’apparition de la Covid-19 au Sénégal. Ce sont des révélations du Secrétaire général du Cusems/Authentique, Dame Mbodj qui était l’invité de l’émission Iftaar, ce jeudi, sur Itv. Défendant la cause des enseignants, le syndicaliste a révélé que les actes d’avancement, de validation et d’intégration de ses camarades sont toujours bloqués dans le circuit.
Pour Dame Mbodji, l’effectif des enseignants devrait être revu à la hausse. Parce que, a-t-il estimé, il y a des localités du pays où certaines écoles manquent d’enseignants. « Il y a des enseignants de la Fastef (Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation), promotion 2013, qui ont été bien formés. Ils ont leur diplôme mais l’Etat refuse de les recruter alors que nous avons un déficit d’enseignants », a révèle M. Mbodj. Babacar FALL

DISPOSITIFS PRIS POUR LA REPRISE: Les enseignants menacent

http://www.enqueteplus.com/Le ministre de l’Education nationale, Mamadou Talla, s’est réuni avec des acteurs de l’enseignement.  Les enseignants ont été clairs : ils ne toléreront aucun manquement à l’exercice de leur fonction, en cette période. 
Beaucoup s’inquiètent de l’attitude qu’adopteront les enseignants, le 2 juin prochain. Ils rassurent et affirment qu’ils ne manqueront pas à leurs obligations, si l’Etat respecte les engagements qu’il a pris. Ils l’ont fait savoir au cours d’une réunion avec le ministre de l’Education nationale Mamadou Talla. D’ores et déjà, certaines des réclamations des syndicalistes sont prises en charge par les services de M. Talla. En effet, mardi dernier, fait savoir le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique, Abdou Faty, qui a participé à cette réunion, le ministre lui-même a informé les enseignants de la disponibilité de deux millions de masques pour eux et les élèves. Ainsi, il leur a assuré avoir donné des instructions à tous les gouverneurs et préfets d’organiser des CRD et CDD afin que tout le monde se conforme au protocole sanitaire.
‘’Nous avons réaffirmé notre position. Dans le protocole sanitaire, s’il manque un seul aspect, les gens ne vont pas reprendre. Nous avons instruit nos camarades de rester chez eux, s’il y a des manquements’’, dit-il. Pour l’instant, le premier défi de la tutelle est la mobilité. Sur ce point, Mamadou Talla assure travailler avec son collègue de l’Intérieur pour les autorisations et avec l’Aftu et Sénégal Dem Dikk pour le transport des concernés. Il a indiqué que ses services ont géolacalisé tous les enseignants et que les premiers seront convoqués d’ici le 26, pour leur retour dans leur zone de service. Ce que confirme l’inspectrice d’académie de Dakar Khadidiatou Diallo. Elle a fait savoir qu’une plateforme est installée à cet effet.
‘’On est à ce stade d’organisation. Même le ministère du Transport est mis à contribution et nous avons déjà déposé la liste des enseignants que nous avons identifiés et qui sont dans les autres régions, les élèves candidats. Pour la formation professionnelle, également pour les enseignants des lycées techniques et des centres de formation professionnelle, les dispositions sont prises aussi bien pour eux que pour les apprenants’’, a-t-elle dit.

Inquiétude 

Ainsi dit, cela paraît facile et faisable. Mais les enseignants s’inquiètent. Pour Abdou Faty, il faut des dispositions particulières dans certaines zones comme Mbacké, pour le transport des enfants. Il affirme qu’il est nécessaire d’avoir un guide pratique afin de rassurer tout le monde. Ce guide, dit-il, va devoir retracer les gestes de l’enfant, de la maison à l’école, de même que les enseignants.
Par ailleurs, Abdou Faty rassure et soutient qu’ils ne feront pas moins que les autres fonctionnaires et vont agir avec responsabilité. C’est-à-dire s’assurer partout que les gestes barrières sont respectés. AIDA DIÈNE

Ecoles privées: Lettre ouverte au Ministre de l’Education Nationale…

Depuis le 14 Mars 2020, date de fermeture unilatérale des écoles, le privé laïc peine à honorer ses charges élémentaires : salaires, loyers, différentes factures.
Le Chef de l’Etat, son Excellence Macky SALL avait, dans son adresse, promis de voler au secours des écoles privées laïques dont il reconnaissait l’impact dans notre système éducatif et les enjeux liés aux résultats, à la performance des élèves et à la lutte contre le chômage.
Les établissements privés ont le même statut que les écoles publiques. Elles sont dans la constitution et la loi d’orientation. Tous les élèves sont égaux en droits car il n’y a pas d’enfants privés. Ces derniers font les honneurs de la nation à travers le monde.
Les propos du Ministre de l’Education Nationale sont une démission, une fuite en avant de ses responsabilités, son attitude incompréhensible. En effet, ce sont ses services qui délivrent l’autorisation d’ouverture, de reconnaissance ; qui effectuent les visites pédagogiques et administratives ; qui délivrent les autorisations d’enseigner et en cas de faute grave, de fermeture définitive d’écoles.
Alors, pourquoi le transfert des documents d’aide promise par le Chef de l’Etat au Ministre du Travail ? Tous les dossiers des écoles privées sont classés dans ses services, à la DEP. Chaque déclarant responsable atteste au départ participer au développement de la nation, à la formation des enseignants et à dérouler des activités définies par la Constitution et la loi d’orientation.
Monsieur le Ministre, aviez-vous entre vos mains toutes les informations utiles avant de tenir ces propos ? Assurément NON.
Les IEF peuvent vous fournir toutes les données utiles pour une bonne gestion de l’impact de cette pandémie. Elles sont sur le terrain et tâtent le pouls de toutes ces écoles, à chaque instant, par le biais des CAPEP très actifs.
La subvention à laquelle vous faites allusion est sans effet face aux énormes charges de ces écoles et son impact infime vu le nombre d’établissements privés reconnus.
Des écoles autorisées ont les mêmes charges : paiements de salaires autorisés par la Convention Collective, cotisations sociales CSS,IPM, IPRES…) oyers, actures …..
Sur un échantillon de 10 écoles privées laïques triées, on compte au moins 200 enseignants. Ce sont donc 20 familles impactées et près de 2 000 personnes en sursis. Vous ne mesurez pas les limites de vos propos incendiaires.
Monsieur le Ministre, ces propos inquiètent, installent ces écoles dans le doute et les confinent à une mort certaine. Ces écoles fonctionnaient tranquillement avec leurs problèmes, sans l’aide de l’Etat. Faut-il rappeler que vos services refusent de former les agents du privé, de leur fournir les instruments pédagogiques indispensables pour dérouler les apprentissages (guides, outils didactiques, …). Elles se prennent en charge, sans sourciller, pour toutes les activités scolaires et il vous arrive de recruter dans la fonction publique nos agents formés, après plusieurs années, admis au CAP, sans compensation et sans un seul mot de remerciement.
Monsieur le Ministre, nous vous prions de revenir à de meilleures dispositions. Les propositions arrêtées par le Président de la République dans tous les secteurs privés se déroulent tranquillement sauf dans le vôtre. Malgré l’appel du Président de la République, vous bloquez l’opérationnalité de ces écoles privées. C’est l’Etat qui a installé « les conflits artificiels » que vous étalez tous les jours dans les médias. Il lui appartient de les apaiser et de restaurer la quiétude. Les écoles privées laïques doivent être rétablies dans leurs droits. Leur pandémie est avant tout financière.
Nous crions Haro sur la discrimination et appelons de tous nos vœux et de toutes nos forces, une fois de plus, le Président de la République a réparé les manquements et les préjudices. Il a mainte fois prouvé son statut d’homme d’Etat accompli et son profond humanisme.Doyen Ismaïla CAMARA,E-mail: cmoussacamara11@gmail.com

« le sang des guéris pourrait être utilisé pour soigner des patients infectés et dans un état grave, si… » (virologue)

https://wwhttps://www.pressafrik.com/-Dans un entretien avec L’Observateur, le professeur Makhtar Camara, chef du service de l’unité bactériologique et virologique de l’hôpital Aristide Le Dantec, a soutenu que le sang des guéris du coronavirus pourrait être utilisé pour soigner des patients infectés et dans un état grave.
« Cette maladie est caractérisée par le fait que 35 à 40% des personnes qui ont rencontré le virus, ne vont jamais développer  de signes cliniques. Elles peuvent héberger le virus, leur système immunitaire peut être capable d’éliminer le virus sans qu’elles ne développent de signes cliniques », a expliqué Pr Camara.
« On pourrait faire un diagnostic de masse d’une population donnée, pour voir s’il y a des personnes qui ont déjà rencontré le virus, qui n’ont pu l’éliminer et développer des anticorps neutralisants capables de les protéger. Le sang de ces personnes pourrait être utilisé pour soigner d’autres patients qui sont infectés dans un état grave, si ce sérum contient des taux importants d’anticorps », a-t-il précisé.
Le test sérologique, selon lui, est surtout indiqué pour le suivi. Ce sera un diagnostic de masse pour vérifier si on a une immunité plus ou moins collective d’un groupe de population donné. A l’Iressef, nous avons acheté, avec nos propres moyens, une certaine quantité de ce Kids que nous comptons évaluer, dira-t-il
A l’en croire, le protocole de recherches a été déjà déposé, ils attendent l’approbation du ministère de la Santé. Il sera démarré dès approbation. Et ce sont le personnel de santé, les forces de défenses et de sécurité qui sont ciblés, car ils sont très exposés.Salif SAKHANOKHO

Avec 84 nouveaux malades, Dakar franchit la barre des 2000 cas recensés

Libération Sénégal online-Avec un total de 1982 cas positifs recensés, hier, depuis le début de l’apparition du coronavirus, la région de Dakar a franchi, ce vendredi, la barre des 2000. En effet, sur les 97 nouveaux cas annoncés, les 84 viennent de la capitale notamment des districts de Dakar-Ouest (10), Dakar-Sud (15), Dakar-Centre (14), Dakar-Nord (15), Guédiawaye (10), Mbao (3), Pikine (5), Rufisque (2), Yeumbeul (8) et Keur Massar (2).
Il faut aussi souligner que Thiès a enregistré 12 nouveaux cas positifs ce vendredi alors que Touba ne détectait qu’un seul cas. Les présumés cas annoncés hier à Ziguinchor n’ont pas été pris en compte. Il s’agirait peut-être d’une fausse alerte sur laquelle nous reviendrons.

Deux malades testés positifs à la Covid-19 à l’hôpital de Pikine: le personnel médical et paramédical confiné à domicile

https://www.pressafrik.com/Des agents de l’hôpital de Pikine, une localité située dans la banlieue dakaroise, ont été mis en quarantaine. La raison, deux personnes âgées internées au service de médecine interne de l’hôpital, ont été testées positives à la Covid-19.
Le premier patient a été transféré au centre de traitement des épidémies de l’hôpital Aristide Le Dantec. Le second patient, lui, a été interné en réanimation au centre de l’hôpital Fann.
L’As, dans son édition du jour, renseigne que le personnel médical et paramédical qui a eu contact avec les deux malades, a été confiné à domicile. Le service a été désinfecté. Aminata Diouf

Gravité du Covid-19: Dr Bousso reconnait une communication excessive du ministère de la santé

https://senego.com/Le Sénégal a communiqué excessivement sur la gravité du coronavirus, c’est le mea culpa du Dr. Abdoulaye Bousso. Interrogé par le journaliste Abdoulaye Cissé, le médecin a justifié l’assouplissement des mesures de prévention contre la covid-19 par une meilleure compréhension de la maladie. 
Mauvaise appréhension
Dr. Abdoulaye Bousso, directeur du Cous (Centre des Opérations d’Urgence Sanitaire) explique cette situation dès le début du coronavirus en Occident, qui a fait des milliers de morts. Et donc, le Sénégal n’était pas en mesure de bien apprécier le comportement du virus sur son sol.
Au fur et à mesure, le Sénégal a compris  la maladie. Et se rend compte que certaines mesures ne sont plus nécessaires. A l’exemple du port de combinaison face aux malades du covid-19, qui peut être plus légère, précise-t-il.
Mea culpa
“C ’est vrai on a une responsabilité, d’avoir renforcé la stigmatisation. En deux mois et demi, on est à 32 morts du coronavirus, alors que d’autres maladies tuent tous les jours des personnes au Sénégal. Donc, il y a une médiatisation excessive”, a-t-il reconnu.

Dr Abdoulaye Bousso: «Ne soyez pas surpris que l’on aille vers une prise en charge à domicile»

https://www.dakarmatin.com/ « Ne soyez pas surpris que l’on aille vers une prise en charge à domicile. C’est une stratégie qui existe déjà. Il y a plusieurs pays qui font cette prise en charge à domicile », a-t-il déclaré à l’émission Point Corona, sur la Tfm.
La forte augmentation des hospitalisations menace de saturer un grand nombre de Centres de traitement des épidémies (Cte) mis en place. Si la tendance se maintient, les patients infectés par le coronavirus ne vont pas tous être hospitalisés.
« La prise en charge à domicile est une stratégie qu’on pourrait aborder si on arrive à une saturation des structures de santé et des réceptifs hôteliers », se projette le Directeur du Cous.
Pour ce faire, il est nécessaire qu’il y ait un environnement familial favorable, une équipe de proximité, un médecin traitant et un retour possible à n’importe quel moment vers une structure hospitalière.

Brouille Entre Diouf Sarr Et Le Pr Seydi: Macky Recadre Le Ministre De La Santé

https://www.xibaaru.sn/Le Président Macky Sall s’est interposé le malaise entre le ministre de la santé et le chef de Service des maladies infectieuses de l’hôpital Fann. En effet selon L’Observateur le Chef de l’Etat a intercédé en faveur du Professeur Moussa Seydi.
Car renseigne le quotidien, Abdoulaye Diouf Sarr aurait isolé le Pr Seydi en le dépouillant de plusieurs de ses prérogatives initiales.
Les deux hommes ne se parlaient même plus au téléphone. Ce qui a suscité une colère noire chez le président de la République qui a sommé le ministre de la Santé et son  équipe à remettre le Pr Seydi, avec armes et pouvoirs, au cœur du dispositif de « guerre » contre la Covid-19.

LE COS/M23 DÉNONCE LA TENTATIVE D’ISOLEMENT DU PR SEYDI

http://www.emedia.sn/Professeur Moussa Seydi est victime d’une tentative d’isolement de la part des autorités. C’est en substance ce que pense le mouvement Cos M23. S’il en est ainsi, c’est parce que l’épidémiologiste, chef du service des maladies infectieuses a mis à nu la politique sanitaire du pays. « Nous pouvons dire qu’il est en train d’être isolé, parce que depuis l’évènement de Ziguinchor, nous ne voyons plus Pr Seydi au-devant de la scène du combat contre la Covid-19. Actuellement, nous ne savons plus le rôle qu’il joue dans le dispositif du traitement alors qu’il était en première ligne de la bataille », a déclaré, sur Iraio (90.3), le chargé de l’organisation du Cos M23.
Pour les responsables du CosM23, en montrant les carences de l’hôpital de Ziguinchor, Pr Seydi n’avait fait que décrire une situation que tout le monde sait déjà. Sa position, ont-ils indiqué, peut se comprendre dans la mesure où il avait agi en bon scientifique qui ne connaît que le langage de vérité. « Qu’est-ce que le Professeur Seydi nous apprend qu’on ne sait déjà ? La carence dans nos structures hospitalières est un secret de polichinelle. Covid ou pas Covid, c’est ça la vérité. Chères autorités, ne jouez pas avec le feu. Dites-nous la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Nous ne demandons que cela », ont-ils écrit sur leur tribune rendue publique.
Pour les responsables du CosM23, la langue de bois n’est pas scientifique. Ce que Pr Seydi a bien compris en restant sur sa posture de médecin. « Loi d’habilitation ou pas, cette crise doit être gérer avec responsabilité. Nous n’accepterons qu’elle soit une foire pour les opportunistes. L’épisode de l’aide alimentaire est toujours frais dans nos mémoires. Nous ne sommes plus à l’ère de la communication circonstancielle et politicienne. Aussi, non à une gestion politicienne de la situation. Nous parlons de sécurité nationale, nous parlons d’enjeux politiques, économiques et diplomatiques », ont-ils déclaré. Babacar FALL

Seydi Gassama: «Il faut lever le couvre-feu»

https://kewoulo.info/-A partir du moment où les mesures de restrictions ont été presque annulées et que l’accès est désormais libre sur les lieux publics, le couvre-feu n’a plus d’utilité aux yeux de Seydi Gassama, patron de Amnesty Sénégal.
« Il faut revoir le couvre-feu, il n’a plus de sens. Les plus grands mouvements de population se produisent la journée. On a ouvert les marchés, les lieux de culte ; et c’est là où il y a les plus grandes concentrations humaines. Pourquoi donc interdire aux gens de circuler la nuit ? », s’interroge-t-il au téléphone, joint par Seneweb.
D’après lui, beaucoup de pays de la sous-région n’ont jamais décrété le couvre-feu. La Gambie par exemple, dit-il, n’a jamais décrété le couvre-feu. La Côte d’Ivoire et le Mali l’ont levé. « Si on prend le coût du couvre-feu et les violations des droits humains par les forces de l’ordre, on se rendra compte que ça n’a pas de sens. Il faut donc le lever », préconise-t-il.

COORDINATION DES MUSULMANS DE DAKAR: PAS DE PRIÈRE PUBLIQUE POUR LA KORITÉ

http://www.emedia.sn/La Korité sera, cette année, célébrée dans un contexte de pandémie de coronavirus. Ainsi, même si l’Etat a pris la décision de rouvrir les lieux de prières, certains, ont décidé de ne pas effectuer la prière de l’Aïd-el-fitr en public. Le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour avait déjà annoncé une telle mesure pour sa communauté. C’est également le cas de la Coordination des musulmans du Sénégal qui a décidé de ne pas organiser de prière collective pour éviter la propagation du virus.
« La Coordination de l’association des musulmans de Dakar a travers ses démembrements a décidé de surseoir cette année, à la prière de l’aïd-el-fitr. La cause, comme nous le savons tout le monde, c’est la pandémie du Covid-19. Après avoir constaté que les autorités avaient fermé les lieux de prières, nous avons étudié la situation et nous avons remarqué que le virus se propage toujours au Sénégal. C’est pourquoi on a décidé de surseoir à la prière de la Korité », a expliqué Ibrahima Ndiaye, membre du comité directeur de l’association.
Poursuivant, il annonce que la coordination a également décidé de scruter le ciel ce vendredi soir et, si le croissant lunaire apparaît, elle va rompre le jeun de samedi. « La commission d’observation de la croissance lunaire va se réunir à son siège, ce vendredi pour scruter la lune et aussi recueillir les informations à travers ses correspondants régionaux et dans le monde musulman aussi. S’il s’avère que la lune est aperçue, on va prier samedi.Si on ne l’aperçoit pas,ce sera dimanche», ajoute-t-il.
Il faut rappeler que la commission nationale du croissant lunaire a annoncé qu’elle se réunira ce samedi pour statuer sur la date de l’aïd-el-fitr qui devrait, vraisemblablement, se tenir dimanche Aliou DIOUF

REPRISE DU DIALOGUE POLITIQUE :Urgences… locales!

http://www.sudonline.sn/–Au rythme de Covid-19 qui a imposé au monde entier une vie au ralenti, la date antérieurement arrêtée par le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, pour la tenue des élections locales au plus tard le 28 mars 2021, risque d’être sérieusement compromise. Pour cause, si d’ici peu (fin mai début juin), le dialogue politique aujourd’hui suspendu ne redémarre pas, le Sénégal ne disposerait pas des huit mois nécessaires, selon certains experts électoraux, pour réviser les listes électorales, distribuer les cartes d’électeur, procéder au parrainage des candidatures, définir la phase des contentieux et autres, avant d’engager la campagne électorale, pour enfin arriver à l’organisation du scrutin proprement dit. Conséquence, à moins de devoir vivre une énième prorogation des mandats des élus locaux élus depuis le 29 juin 2014, pour un mandat de 5 ans, Etat et classe politique semblent obligés de démarrer instamment le dialogue politique national, déterminant pour l’établissement des règles consensuelles du jeu politique, et à partir duquel une date pourrait être arrêtée pour les élections locales. Et cela, d’autant que le contexte semble s’y prêter avec le pays qui s’adapte progressivement à vivre avec le nouveau coronavirus. En tout cas, du côté des acteurs du dialogue politique, la reprise des travaux est jugé possible si des dispositions idoines sont prises pour le respect des mesures sanitaires édictées

ADAPTATION A VIVRE EN PRESENCE DU CORONAVIRUS AU SENEGAL: Le dialogue politique, en question !

Tel un coup de massue, la pandémie du Covid-19 a porté un sacré coup au dialogue politique sur le processus électoral, très déterminant pour l’établissement des règles consensuelles du jeu politique, en prélude aux prochaines échéances électorales. Dès lors que le chef de l’Etat, Macky Sall, demande aux Sénégalais «d’apprendre à vivre en présence du virus», la reprise des travaux, très avancés même s’il existe encore beaucoup de points d’achoppement, semble devoir faire partie des adaptations à entreprendre pour le bien du processus démocratique.
«Nous devons désormais apprendre à vivre en présence du virus, en adaptant nos comportements individuels et collectifs à l’évolution de la pandémie» ou encore «il nous faut adapter notre stratégie, de façon à mener nos activités essentielles et faire vivre notre économie». Ces phrases sont du chef de l’Etat, Macky Sall, lors de son adresse à la Nation, le lundi 11 mai dernier. Sur les raisons de cette nécessaire adaptation, le président Sall informe que «dans le meilleur, des cas, le Covid-19 continuera encore de circuler dans le pays jusqu’au mois d’août, voire septembre».
Par conséquent, des mesures ont été prises pour l’allégement des conditions de l’état d’urgence. Il en est ainsi des horaires du couvre-feu ramenés de 21h à 5h, l’ouverture des marchés et autres commerces 6 jours sur 7, la réouverture des marchés hebdomadaires communément appelés «Louma». Que dire de l’ouverture des lieux de culte, ou encore de la reprise des cours pour les élèves en classe d’examen, le 2 juin prochain ? Bref, le président Sall veut «une stratégie adaptée à nos réalités économiques, sociales et culturelles».
Quid alors du processus démocratique, ou plutôt du dialogue sur le processus électoral ? Ne fait-il pas partie des activités essentielles, dans la mesure où il participe à la mise en place d’un système électoral qui permet au peuple d’exprimer librement et régulièrement sa volonté au moyen d’élections honnêtes, ayant lieu périodiquement?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ensemble des acteurs politiques en ont fait une priorité. Sinon, comment comprendre que le dialogue politique sur le processus électoral soit le seul cadre d’échanges dans lequel se retrouvent toutes les composantes de la sphère politique sénégalaise, même l’opposition dite «radicale». Ces échanges politiques, contrairement à celui national boycotté par certains adversaires au régime de Macky Sall, sont considérés comme une donnée consubstantielle à la démocratie.
Les acteurs ont jugé nécessaire de se retrouver dans un espace, autre que celui de l’Assemblée nationale, pour discuter et trouver des consensus forts sur les questions politiques qui transcendent les partis politiques et même les mandats. Il en est ainsi des questions relatives aux règles du jeu politique, tout comme celles de la gouvernance démocratique. Malheureusement, la pandémie de Covid-19 est survenue au moment où les «dialogueurs», qui avaient fini de trouver un consensus sur les Termes de références, étaient en train de boucler le mode de financement de l’audit du fichier électoral et l’évaluation du processus électoral pour procéder ensuite à l’appel d’offre.
Cette suspension des concertations risque de menacer l’échéance fixée par le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, au plus tard le 28 mars 2021 pour la date des Locales. La crainte est que d’ici la fin du mois de mai, si rien n’est fait, la date des élections soit compromise. Parce que, selon certains experts électoraux, il y aurait moins de 8 mois pour réviser les listes électorales, distribuer les cartes, procéder au parrainage, sans oublier la phase des contentieux et la consolidation de la liste, la campagne électorale, pour enfin arriver à l’organisation du scrutin proprement dit. Qui plus est, certaines questions d’une importance capitale restent toujours en suspens. Il en est ainsi des méthodes d’organisation des élections locales, à savoir le parrainage, le mode élection des adjoints aux maires et aux présidents de conseils départementaux. Les modalités de détermination du statut de l’opposition et de son chef, tout comme l’autorité en charge des élections et celle chargée des médias publics. Que dire du bulletin unique, de la rationalisation des partis politiques et du mode de financement des partis ?
Autant de questions sur une liste non exhaustive qui interpellent sur la nécessité de trouver la meilleure formule avec la présence de Covid-19, pour poursuivre les discussions. Cela, d’autant plus qu’une énième prorogation des mandats des élus locaux serait de trop, car étant élus le 29 juin 2014 pour un mandat de 5 ans. Donc, ils perdraient leur légitimité démocratique. De toute évidence, les principes démocratiques qui requièrent le respect du calendrier électoral républicain, pour ainsi honorer le droit de suffrage des électeurs, restent plus que nécessaires

REPRISE DES RÉUNIONS DE LA COMMISSION CELLULAIRE DU DIALOGUE POLITIQUE: Le oui… Mais des acteurs

http://www.sudonline.sn/-Après environ deux mois de suspension à la suite de l’état d’urgence assorti d’un couvre-feu, décrété par le chef de l’Etat dans le cadre la lutte contre la pandémie du Covid-19 au Sénégal, la question de la reprise des réunions de la Commission cellulaire en charge du dialogue politique se pose de plus en plus, notamment après l’assouplissement des restrictions. Interpellés sur la question, les représentants des différents pôles engagés dans ces concertations à l’exception de la majorité que nous n’avons pas pu joindre, semblent s’inscrire dans la dynamique de la reprise des travaux. Premier à se confier, Diéthié Faye, Coordonnateur du pôle des non-alignés, estime qu’«il serait bien de s’inscrire dans la dynamique de la reprise progressive des activités en respectant les règles établies». Abondant dans le même sens, Moctar Sourang, coordonnateur du Front de résistance nationale, bien que précisant que l’opposition va se concerter dans les prochains jours sur cette question, souligne au plan personnel «que rien ne s’oppose à ce que les réunions se fassent de manière virtuelle». Pour sa part, Valdiodio Ndiaye, membre du Collectif des organisations de la société civile pour les élections (Cosce) estime qu’«on ne saurait bloquer toute la République autour de cette question» mais demande toutefois l’élaboration d’un plan de travail qui va intégrer la protection des personnes âgées qui dirigent les différentes commissions, si on devait arriver aller vers la reprise des travaux

DÉTHIÉ FAYE, COORDONNATEUR DU PÔLE DES NON ALIGNÉS : «Il serait bien de s’inscrire dans la dynamique de la reprise progressive des activités en respectant les règles établies»

Dans la dynamique des mesures prises dernièrement par le gouvernement, toutes les activités vont certainement pouvoir reprendre progressivement en respectant un certain nombre de règles de nature à éviter tout rassemblement d’une longue durée qui pourrait favoriser la propagation du coronavirus. Au niveau de la commission cellulaire en charge du dialogue politique, il serait bien de s’inscrire dans cette dynamique si toutes les parties prenantes à ce dialogue donnent leur accord. Pour ce qui est du pôle des non-inscrits, je dois dire que nous ne pouvons pas être contre cette idée parce que nous pensons que les activités de la commission ont été suspendues à cause de la situation particulièrement compliquée dans laquelle on se trouvait au début de la maladie. Aujourd’hui, dès l’instant que nous connaissons les gestes barrières qui pourraient aider à stopper la propagation de la maladie dans le pays, je pense que rien ne s’oppose à la reprise des activités dans le respect strict des recommandations des autorités sanitaires. Il s’agira pour chaque activité envisagée d’examiner la faisabilité du respect des recommandations et leurs implications sur la santé des acteurs mais aussi sur le devenir de cette pandémie. Autrement dit, si vous prenez le cas des mosquées, les gens se retrouvent pour prier, mais pour une durée très limitée dans le temps. Quand vous allez dans d’autres structures, c’est par visioconférence que les gens continuent à travailler. C’est la raison pour laquelle je dis pour tenir compte des exigences du calendrier, il s’agirait d’examiner toutes les procédures qui peuvent aider à ce que, de façon sécurisée, la réflexion et le travail puissent se poursuivre»

VALDIODIO NDIAYE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE (COSCE) : «Il nous faut un plan de travail qui va intégrer la protection des personnes âgées…»

Le coronavirus a quasiment bousculé toutes nos habitudes, y compris les échéanciers au plan politique, au plan électoral. Je pense qu’on devrait, aujourd’hui, envisager de manière objective toutes les mesures alternatives, pas vivre avec le virus mais de l’éviter au maximum possible en respectant les mesures de distanciation physique et tout ce qui va arriver. Cependant, il faudrait que les activités reprennent. Et là, je pense qu’il va falloir que le président de la Commission cellulaire en rapport avec le comité de pilotage du dialogue national réfléchisse à la démarche. Et ce, en mettant l’accent sur la sécurité des participants parce que nous savons tous que c’est une maladie extrêmement contagieuse et dangereuse plus ou moins pour les personnes âgées. Et vous savez que cette catégorie d’âge est fortement représentée au sein de la Commission politique et pratiquement dans toutes les autres commissions. Il nous faut donc un plan de travail qui va intégrer la protection de nos personnes âgées qui dirigent ces commissions-là, si on devait arriver à reprendre les travaux. Ils sont un peu âgés, c’est pourquoi il faudra les prémunir de ça. Je pense que comme aujourd’hui, tout le monde va dans le sens de mettre à contribution les nouvelles technologies de communication et au plan professionnel, il faudrait qu’on mette à profit cette technologie, l’explorer afin de poursuivre les travaux. Parce qu’on ne saurait quand même pas bloquer toute la République autour de cette question.

MOCTAR SOURANG, COORDONNATEUR DU FRN (OPPOSITION) : «Nous pensons que rien ne s’oppose à ce que les réunions se fassent de manière virtuelle»

Au niveau de l’opposition, on va se concerter pour voir la conduite à tenir sur cette question. Mais, personnellement, nous pensons que rien ne s’oppose à ce que les réunions se fassent de manière virtuelle avec les outils qui nous permettent aujourd’hui de tenir des réunions même à distance. Donc, nous allons échanger avec nos plénipotentiaires à la commission cellulaire pour voir les différentes possibilités qui s’offrent à nous en vue de la reprise des activités de concertation et que des dispositions soient prises pour qu’au moins les questions qui étaient en cours de discussion puissent être terminées au niveau du Dialogue politique. Il ne nous restera que des questions dont la résolution est tributaire des partenaires du Sénégal, notamment l’Union européenne et l’Usaid. Il s’agit de l’audit du fichier et du processus électoral.PAR NANDO CABRAL GOMIS ET OUSMANE GOUDIABY (

LICENCES DE PÊCHE À DES NAVIRES ÉTRANGERS: GREENPEACE TIRE LA SONNETTE D’ALARME

http://www.emedia.sn/C’est une dizaine de jours après son installation comme ministre de la Pêche et de l’Economie maritime que l’ONG Greenpeace Afrique, dans une lettre ouverte, alertait Alioune Ndoye sur des « choix inappropriés des politiques menées et la non-application des textes règlementaires et documents stratégiques » qui impactent « négativement » les communautés de pêcheurs.
Ces « choix inappropriés » constituent une menace supplémentaire pour les stocks de poissons déjà surexploités, selon les conclusions de la dernière compagne menée par le Centre de recherche océanographique Dakar-Thiaroye (CRODT).
Selon le journal EnQuête, ces choix concernent, entre autres, l’attribution d’autorisations aux unités de production de farine de poissons qui constituent une réelle menace et surtout celle des licences de pêche à des bateaux étrangers pour pêcher dans les eaux sous juridiction sénégalaise.
Greenpeace s’associe au Regroupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (GAIPES) pour dénoncer une probable attribution de 52 licences de pêche à des bateaux d’origine chinoise et turque. En effet, dans une lettre adressée au ministre, les armateurs s’offusquent de voir « 13 demandes de promesse de licence » sur les ressources démersales côtières dont l’octroi de nouvelles licences dans le secteur a été gelé depuis 2006, et sur des ressources en petits pélagiques côtiers, déjà surexploitées et réservées aux pêcheurs artisanaux.
Tout ceci vient s’ajouter au fait qu’entre 2018 et 2019, plusieurs dizaines de licences avaient été accordées dans le plus grand secret sur un type de pêche (« chalutier de pêche démersale profonde option poisson et céphalopode ») qui n’existe ni dans le Code sénégalais des pêches, ni dans son décret d’application. La commission mise en place pour tirer cette affaire au clair n’a toujours pas encore rendu ses conclusions, que de nouvelles licences sont agitées, révèle le journal.
« C’est une pêche illicite que l’on essaye de rendre licite. Dès lors que les autorisations seront fournies, ces bateaux pourront légalement pêcher au Sénégal. Tout le monde sait que c’est la pêche artisanale qui fournit la majorité de la consommation nationale de poissons. Donc, c’est elle qui doit être appuyée et non la pêche industrielle », explique Dr Ibrahima Cissé, responsable campagne océans de Greenpeace Afrique.
Selon une étude de l’Institut d’études de sécurité (ISS) publiée en 2015, le Sénégal perd chaque année 150 milliards de FCFA, conséquence de l’INN. Rien qu’une surveillance efficace des eaux nationales pourrait faire gagner au gouvernement plus d’argent que ce que l’ensemble de licences de pêches octroyées fournit, précise la même source.
Greenpeace dénonce depuis plus de 15 ans, les pratiquent des navires chinois sur des fausses déclarations de leurs prises au Sénégal, Guinée-Bissau et en Guinée, pour minimiser les redevances payer à l’Etat. L’ONG évalue cette perte au Sénégal à 372 millions de FCFA entre 2000 et 2014.
Pour rappel, les scandales liés à l’attribution des licences des pêches à des bateaux étrangers remontent aussi à la gestion du régime socialiste.

CONFIRMATION… AMINATA TALL A ETE BEL ET BIEN NOMMEE PRESIDENTE HONORAIRE DU CESE

Temoin-La nomination par décret de Mme Aminata Tall, comme Présidente Honoraire du Conseil économique, social et environnemental (CESE), a secoué la toile et les chaumières politiques. Surtout quand le décret mentionnant les avantages que lui ont accordés Macky Sall a fuité, en pleine pandémie de Covid-19, dans les réseaux sociaux et ébruité par la presse.
Il s’agit d »une indemnité de représentation (4,5 millions Fcfa net par mois), d »un véhicule de fonction avec macaron (laisser-passer permanent), d »un chauffeur particulier, d »une dotation mensuelle de carburant de 500 litres, d »un agent de sécurité rapproché et d »égards protocolaires en cas de participation à des cérémonies officielles. Face au tollé, le Pôle Communication du Palais était monté rapidement au créneau, par la voix de Seydou Guèye, pour faire cesser la polémique.
« La Cellule de Communication de la Présidence de la République informe qu »un faux décret numéroté 2020-964 circule actuellement dans les réseaux sociaux. Ce faux décret, en date du 17 avril 2020, est relatif à la création d »un honorariat pour les anciens Présidents du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Face à la recrudescence de ce type de documents, la Cellule de Communication rappelle que tous les décrets pris par Monsieur le Président de la République sont publiés au Journal Officiel de la République du Sénégal et sur le site du Gouvernement ».
Une manière d »éteindre le feu, mais les braises étaient encore fumantes. Et voilà que Le Témoin tombe sur un «Numéro spécial» de deux pages du Journal Officiel, en date du mercredi 29 avril (numéro 7307, 165e année), qui n »avait au sommaire qu »un DÉCRET et un ACCORD au titre de la Présidence de la République : 21 avril 2020… Décret N°2020-976 accordant le statut de Président Honoraire à un ancien Président du Conseil économique, social et environnement (CESE). Quant à l »accord, il concerne le ministère du Pétrole et des Énergies.
Dans le décret, il est mentionné sur rapport du ministre d »État, Secrétaire général de la Présidence de la République, le Président de la République décrète : Article Premier. – Il est accordé à Madame Aminata Tall, ancienne Présidente du Conseil économique, social et environnemental, le statut de Président honoraire du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Art 2- Le Président du Cese, le ministre d »État, Secrétaire général de la Présidence de la République et le ministre des Finances et du Budget sont chargés de l »exécution du décret qui sera publié au Journal Officiel. Fait à Dakar le 21 avril 2020.#Seneweb

Affaire Senelec-Akilee: Papa Mademba Bitèye avait béni le contrat, qu’il veut renégocier, aujourd’hui, en tant que dg

https://actusen. Pourquoi la Société nationale d’électricité du Sénégal tient-elle à son dur désir de procéder à la renégociation du contrat qui la lie à Akilee ? Une question que SourceA dans sa parution de ce vendredi, a tenté de répondre. Selon le journal, Papa Mademba Bitèye, en tant que secrétaire permanent à l’Energie, siégeant au Conseil d’administration de la Senelec, avait, à l’époque, béni le contrat, qu’il veut renégocier, aujourd’hui, en tant que dg de Senelec, alors que le projet n’a pas changé.
Sa posture du moment est d’autant plus insolite que l’intérêt du projet n’a pas changé, les directeurs, qui avaient évalué et négocié le contrat sont toujours les mêmes. Mieux, certains d’entre eux ont été promus sous le Magistère de Bitèye

S’il y avait scandale dans le contrat Akilee-Senelec: pourquoi la Présidence, la défunte Primature, l’ancien Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan ne pourraient pas être lavés à grande eau

https://actusen.sn/ Il serait difficile pour que la boite dirigée par Papa Mademba Bitèye parvienne à laver à grande eau le président de la République, l’ancien Premier ministre et actuel secrétaire général du Gouvernement, Mahammad Boun Abdallah Dionne, l’ancien ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, actuel ministre des Affaires étrangères, s’il devait y avoir un scandale dans le contrat Akilee-Senelec.
La raison, explique le journal, aussi bien la Présidence de la République, la défunte Primature, que l’ancien Département piloté, à l’époque, par Amadou Ba comptaient, chacun en ce qui le concerne, un représentant au sein du Conseil d’Administration de la Senelec qui avait validé le contrat.

Appel d’offres et Entente directe: le contrat Senelec-Akilee n’a pas suivi une procédure normale

https://actusen.sn/L’affaire du contrat Senelec-Akilee continue de susciter des réactions. SourceA, dans sa livraison de ce vendredi est  revenu avec beaucoup plus de détail. Selon nos confrères, le contrat n’a pas suivi une procédure normale, sur la base du droit des Sociétés commerciales, étant entendu que Senelec est une Société anonyme soumise au droit de l’Ohada.
Aussi ajoute le journal, Akilee a utilisé, comme toutes les Sociétés dans lesquelles Senelec a des participations : Excellec (30%), Simelec (34%), Proquelec (Association), ERS…, les Conventions réglementées de l’Ohada (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires qui comprend 17 pays dont le Sénégal) autorisées entre Sociétés commerciales.

La bonne gouvernance démembre le Club des investisseurs sénégalais

https://www.lejecos.com/La motion de soutien portée par le président du Club des investisseurs sénégalais (Cis) Babacar Ngom, en faveur de Akilee dans son différend avec la Société sénégalaise de distribution d’énergie électrique (Senelec) et qui n’est pas la bienvenue au sein de la structure, continue de la démembrer. En effet, à la suite la publication du soutien de Babaca rNgom, par ailleurs patron du groupe Sedima, les membres du Cis se bousculent à la sortie de la structure.
Porté sur les fonts baptismaux en juin 2018, le Club des investisseurs sénégalais vole en éclats et agonise. Victime collatéral de l’Affaire Akilee, le Cis pourra –il se relever ? Rien n’est moins sûr. Des indiscrétions faites au journal de l’économie sénégalaise renseignent que la structure pilotée par Babacar Ngom serait entrain de vivre ses derniers instants.  Comment en est on arrivé là ? Il faudrait alors remonter dés la naissance de  ce Club pour mieux comprendre les dessous.
Si la mission du Cis est louable, promouvoir, à travers l’investissement dans les projets structurants, le développement d’un secteur privé fort et le rayonnement de l’économie sénégalaise, il faut dire que d’autres raisons inavouées auraient présidées à son avènement. En effet, on était à quelques mois du groupe consultatif de Paris et l’Etat était à la recherche de financement du Plan d’actions prioritaires 2019-2023 estimé à 14098 milliards de FCFA et dont le gap de financement et dont le gap à rechercher est de 4684 milliards dont 1834 pour le secteur privé. Il fallait par conséquent, que nos hommes d’affaires sénégalais se mettent ensemble pour prendre leur part du « butin » sous le motif de la « préférence nationale ».  Et on se rappelle de l’annonce phare de Babacar Ngom devant le président Mcky sall , que son organisation allait investir 1200 milliards de FCFA dans les cinq années à venir. Cet annonce coupe l’herbe sous les pieds du gouvernement ainsi que du secteur privé traditionnel et met l’Etat devant ses responsabilités. Qu’a investi le Cis à la date d’aujourd’hui ?

Autre grief relevé contre le Cis, ce  serait la volonté de fragiliser les deux organisations patronales que sont le CNP et le CNES.

Moins de deux ans après sa naissance, le Cis est aujourd’hui frappé par une vague de démissions après son soutien à Akilée. Un soutien qui n’a pas été discuté dans aucune des instances de la Cis.
Après Abderrahmane Ndiaye patron de Sagam et de Elton, Thiaba Camara Sy ancienne directrice générale du Cabinet d’Audit deloitte Sénégal, Khadim Kébé de Focus SA c’est le patron du Groupe avenir communication (Gac), Madiambal Diagne et l’ancien ministre des finances Amadou Kane qui viennent allonger la liste du nombre d’investisseurs qui ont quitté le Club depuis le début de cette affaire. « Il était hier l’un des derniers membres à claquer la porte du Club des investisseurs sénégalais (Cis) », indique Lequotidien dans son édition de mercredi dernier.
Le journal rapporte dans la foulée que Madiambal Diagne a justifié son départ de cette structure patronale par son opposition à la «censure que le président Babacar Ngom veut exercer» sur les instances de décision du Cis ». M. Diagne a expliqué que «le réseau de communication interne a connu des restrictions dans le sens de proscrire à tous les membres d’y envoyer des messages», confie-t-on.
Par ailleurs, l’ancien ministre des finances Amadou Kane emboite le pas à Madiambal Diagne, en déposant sa lettre de démission à la direction exécutive du Cis. Il justifie sa décision ainsi par le fait que la direction exécutive n’a pas publié le « texte de mise au point du Conseil d’administration issu de la séance d’urgence tenue le dimanche 17 mai dernier ».
« Je constate à mon grand regret que le texte de mise au point publié dans la presse de ce jour (mardi 19 mai Ndlr) est substantiellement différent du projet qui avait réuni le consensus lors de cette séance du 17 mai 2020 », assène Amadou Kane. En réalité, confie-t-il, cette affaire Akilee intervient après tant d’autres où les règles relatives à la bonne gouvernance ne sont pas respectées   au sein du Cis.
Quant à Abderrahmane Diaye , il fonde sa décision dans le fait que  « La bonne gouvernance de notre organisation aurait voulu qu’une telle prise de position puisse être étudiée, discutée et décidée de manière collégiale, au regard des éléments que nous aurions au préalable requis de part et d’autre ».
Dans la presse de ce jour on apprend que Babacar Ngom aurait fait son mea culpa. Une stratégie de communication serait –on tenté de dire pour sauver un navire qui prend l’eau de toutes parts à quelques heures d’une assemblée générale houleuse.Bassirou Mbaye

Aide À La Presse: Birahim SECK Exige La Publication De La Liste Des Bénéficiaires

http://www.walf-groupe.com/Pour éviter toute suspicion dans le partage de l’aide à la presse et dans un souci de transparence, le coordonnateur du forum civil estime que le ministre de la Culture et de la Communication doit publier la liste des bénéficiaires.
« Les fonds dédiés à l’aide à la presse sont des deniers publics. Le Ministère en charge de la Communication a l’obligation de publier la liste des bénéficiaires, ainsi que les critères de répartition établis. C’est une nécessité de transparence, surtout, dans un contexte de morosité financière et budgétaire », déclare Birahim SECK.
Estimée à 1, 4 milliard de F CFA, l’aide à la Presse a suscité cette année de nombreuses contestations d’acteurs pas satisfaits de la clef de répartition et des critères de sélection des bénéficiaires.

Ibou le p’tit tirailleur tire sur le Ministre

https://www.dakarmatin.com/D’Artagnan ? Tom Pouce ? Capitaine Miki ?  En tout cas le p’tit prof journaliste qui ne s’est jamais démonté ne compte pas encore le faire devant  l’actuel Ministre de la Communication dont le comportement dans cette affaire d’aide à la presse n’est pas salué comme un modèle d l’orthodoxie.
Depuis trente ans qu’il balaie chaque soir les rues de Dakar a la recherche d’une bonne info, Ibou Fall  n’a jamais parié sur une aide de  nos  gouvernants pour faire fonctionner son entreprise.
L’aide à la presse, plus souvent amicale ou politicienne, il ne courait pas derrière.
Mais cette année où le ministre Diop a réussi à faire entrer  le piètre Mame Goor Diazaka (ou Bazooka) dans les rangs des journalistes pour lui faire bénéficier de subvention aura été l’année de trop pour les nerfs du petit prof.
Il vient ainsi de porter plainte contre l’Etat pour cette grande  tricherie
Osons espérer qu’il sera rejoint dans la lutte par le Cored, la convention des jeunes reporters et le Synpics.Cebe

MACKY ET LES JOURNALISTES PAR SIRÉ SY

EXCLUSIF SENEPLUS – Pape Djibril Fall est parti pour être contre Macky Sall, ce que Latif Coulibaly et Souleymane Jules Diop fussent contre Abdoulaye Wade
Si Macky n’était pas géologue, certainement, il serait devenu un journaliste. N’est-ce pas ? Macky et les journalistes, c’est une longue histoire. Tantôt à crédit. Tantôt au débit. Mais toujours en équilibre. Comme ‘’il est Midi’’, ce beau temps qu’il fait toujours, au beau milieu de la journée. Tout en équilibre entre le jour et la nuit. Une certaine opinion disait que le président Macky Sall s’est fait entourer tellement de journalistes et de communicants en ce qu’il y avait d’aussi brillant (Hamidou Kassé, Abou Abel Thiam, Racine Talla, Abdou Latif Coulibaly, Souleymane Jules Diop, Madiambal Diagne, Yakham Mbaye, Mamadou Thiam, etc.) que ses pourfendeurs les plus virulents ne pourraient pas venir de la presse et des médias. Que nenni. En période électorale, c’est Ousmane Sonko qui empêche le président Macky Sall et son régime, de dormir du sommeil du juste. Exit le temps électoral, arrivent le temps politique et le temps médiatique. Et si tant est qu’il n’en ait jamais eu, ce sont, hélas, des journalistes, tout aussi brillants que les journalistes partisans et militants au régime de Macky Sall, qui empêcheraient le calme et le répit dans le maquis. Ils ont pour noms, Adama Gaye, Pape Alé Niang et Pape Djibril Fall.

Pape Alé Niang, le Chroniqueur ‘’critiqueur’’

Pape Alé Niang, dans le registre de la contestation et des attaques, est à l’image du noble charbonnier, chiffonnier et démineur. C’est lui qui va au front, descend dans les entrailles de la terre, pour dénicher les sujets à polémique. Même s’il ne se déclare pas organiquement militant de Pastef, à son corps défendant et à travers les actes qu’il pose, on pourrait dire que politiquement, ‘’Sonko est le plus grand bénéficiaire du travail de Pape Alé’’. A défaut d’être militant organique de Pastef, Pape Alé semble nourrir une certaine sympathie pour Ousmane Sonko. Toutefois, Pape Alé Niang est aussi dans le fond, dans son corpus et dans son argumentaire de contestation et d’attaques tous azimuts. Pape Alé s’interroge et nous interroge. Avec un verbe piquant et incisif. Dans ce Sénégal où parfois, des personnes laissent sortir de confuses paroles et posent souvent des actes difficilement explicables. Pape Alé Niang fait de la contestation sur pièce et sur place. Dans ses attaques tous azimuts, Pape Alé est dans la communication (le lien) quand le gouvernement est dans l’information (le message). Et c’est en cela que Pape Alé fait mouche dans chacune de ses sorties. Et pour réduire le gap creusé par Pape Alé, le gouvernement gagnerait à élever ses mots mais pas sa voix (disait Jalal Ad-Din Rûmi) parce que ‘’c’est la pluie qui fait grandir les fleurs, pas le tonnerre’’, enseignait Rûmi.

Pape Djibril Fall, le verbe en chantant

Pape Djibril Fall est la nouvelle coqueluche des téléspectateurs sénégalais et la nouvelle attraction à la télé au Sénégal. Dans l’espace audiovisuel, à chaque période, sa nouvelle figure et les Sénégalais aiment le nouveau, l’écarlate, le croustillant et l’étincelant, comme l’est Pape Djibril Fall. Depuis un certain temps, le débat politique public s’est appauvrit. Il tourne autour d’un ordre du discours dénonciateur sans force de perspectives et d’espérances collectives (Opposition) et un ordre du discours de type message (information) sans croisement fertile, ni relations et ni mise en perspective pour nourrir et tisser le lien. Pape Djibril Fall fait du journalisme révolutionnaire : rebelle, originalité et imprévisibilité. Avec de (belles) idées devant la tête et un talent d’athlète du verbe…
Petit retour vers le futur. Au Sénégal, le journalisme (privé) est né et s’est nourri aux origines, dans une forme de conflictualité diffuse avec le pouvoir politique – quel que soit celui qui l’incarne -. Au point que dans l’imaginaire collectif, le ‘’bon journaliste’’ serait celui qui est dur et critique avec et envers le régime en place. N’importe lequel. En tout temps et en tout lieu. Le métier de journaliste et la profession de journalisme au Sénégal, sont fortement traversés et nourris par les idéaux de la Gauche, au point qu’en face du pouvoir, le journalisme doit choisir son camp qui ne saurait être que celui de la contestation et des attaques, celui de la sentinelle et de la vigie. Parce que le pouvoir et ceux qui l’incarnent, dans un imaginaire collectif et par un subconscient tenace, seraient par excellence, contre le peuple et seraient dans les combines et dans les calculs d’épiciers du dimanche, ne seraient pas de vrais patriotes, ont une courte vision des défis et ne seraient pas tout à fait au fait des véritables enjeux. Waw….! A l’époque, le journalisme était une stratégie de la Révolution qui elle-même reposait sur le triptyque : le Maquisard, le Guérillero et le Journaliste. Quand le Maquisard et le Guérillero traquent les corps ennemis par les armes, le Journaliste s’arme de sa plume et s’attaque aux esprits, en les travaillant corps à corps.
Et c’est sur cette vague que Pape Djibril Fall surfe et réussit si brillamment par son élégance dans sa posture, dans son éloquence dans le verbe et dans la suite dans ses idées. Depuis le repli stratégique d’un certain Abdou Latif Coulibaly et un abandon de combat d’un certain Souleymane Jules Diop, les consommateurs de produits, biens et services politiques, guettaient un nouveau messie. Car, la nature a horreur du vide. Et le vide fait le talent, dit-on. Et Pape Djibril Fall est parti pour être contre Macky Sall, ce que Latif Coulibaly et Souleymane Jules Diop fussent contre Me Wade. Pape Djibril est encore un verbe en chantant, un sophiste, et il a de la marge et le talent pour devenir philosophe. Le Sophiste convainc sans avoir raison et le philosophe cherche les chemins de la vérité.Parce que la critique est facile,mais l’art est difficile.Siré Sy,Think Tank Africa WorldWide Group

Musique :Décès à 70 ans de la légende Mory Kanté !

http://www.lasnews.info/Rendu célèbre grâce au tube planétaire «Yéké Yéké», Mory Kanté est mort. L’information a été confirmée par son fils Balla Kanté, lui-même musicien. Connu pour avoir popularisé la musique guinéenne et africaine à travers le monde dans les années 1980 notamment grâce au tube planétaire «Yéké Yéké», celui que l’on surnommait «le griot électrique» laisse «un héritage immense pour la culture, trop vaste pour qu’on puisse tout citer» selon son fils. Il avait 70 ans

LA JOURNÉE DU LUNDI SERA CHÔMÉE ET PAYÉE

http://www.emedia.sn/La fête de la Korité, marquant la fin du ramadan, sera célébrée ce weekend au Sénégal. A cet effet, la journée du lundi sera chômée et payée. Cela a été confirmé par le ministre du Travail, du Dialogue social et des Organisations professionnelles, Samba Sy.
« Si une fête religieuse coïncide avec un dimanche, le lundi suivant est, de par la loi, déclaré jour férié », a indiqué le ministre qui rappelle que le Sénégal est un pays organisé qui essaye de faire de sorte que la loi soit en phase avec nos modes de vie. A l’en croire, certaines des fêtes religieuses sont célébrées par la majorité de la population et, pense-t-il, il est assez difficile que les gens observent une fête religieuse le dimanche et reprennent le travail le lendemain.
« Cette disposition a été prise en tenant en compte que les fêtes religieuses sont des moments de retrouvailles. La loi fonctionne selon le principe de la généralité », soutient-il. Mieux, il indique que cette année, la fête sera célébrée dans une circonstance exceptionnelle qui fait que le Gouvernement recommande très fortement la réduction de la mobilité des citoyens au maximum. « Il faut que chacun reste chez. Nous déconseillons le mouvement des populations », recommande le ministre Samba Sy. Aliou DIOUF

Décret 2020-964–Abdoul Mbaye: “Le mensonge de la République se confirme”

https://senego.com/ Le mensonge de la Présidence de la république au sujet du décret 2020-964 se confirme, a tweeté Abdoul Mbaye ce vendredi 22 mai.
L’ancien Premier sous le premier gouvernement de Macky Sall s’est interrogé sur ce que les Sénégalais ont fait pour “mériter de tels dirigeants“. Selon Abdoul Mbaye, “ils (Ndlr : dirigeants) profitent du Covid pour s’octroyer des avantages et mentent pour les cacher“.
Effarant! Pitoyable! Le mensonge de la Présidence de la république au sujet du décret 2020-964 se confirme. Qu’a-t-on donc fait pour mériter de tels dirigeants! Ils profitent du Covid pour s’octroyer des avantages et mentent pour les cacher.
— Abdoul MBAYE (@AbdoulMBAYE2019) May 22, 2020

Révélation

C’est le journal “Le Témoin” qui fait la révélation. Selon le quotidien, un « Numéro spécial » de deux pages du Journal Officiel, en date du mercredi 29 avril (numéro 7307, 165e année), qui n”avait au sommaire qu”un DÉCRET et un ACCORD au titre de la Présidence de la République : 21 avril 2020… Décret N°2020-976 accordant le statut de Président Honoraire à un ancien Président du Conseil économique, social et environnement (CESE) a été trouvé.

Décret

Dans le décret, il est mentionné sur rapport du ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence de la République, le Président de la République décrète : Article Premier. – Il est accordé à Madame Aminata Tall, ancienne Présidente du Conseil économique, social et environnemental, le statut de Président honoraire du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Art 2- Le Président du Cese, le ministre d”État, Secrétaire général de la Présidence de la République et le ministre des Finances et du Budget sont chargés de l”exécution du décret qui sera publié au Journal Officiel. Fait à Dakar le 21 avril 2020.

Décret 2020-964

Le décret 2020-964 octroyant un honorariat aux anciens Présidents du Conseil Économique Social et Environnemental (Cese) a circulé sur les réseaux il y a seulement une semaine suscitant un âpre débat. Un document dont l’existence a été nié par la présidence de la République.

Laurent Gbagbo et l’Afrique de l’après-COVID 19: «oser les ruptures »

https://www.financialafrik.com/L’ancien Président ivoirien, Laurent GBAGBO, a pris l’initiative de mettre en place une équipe pluridisciplinaire et panafricaine pour préparer une étude sur les réponses endogènes aux divers effets de la pandémie.

Nous reproduisons ici l’appel de ce collectif.
11 intellectuels à l‘œuvre

Contre les peurs qui tétanisent la réflexion prospective et favorisent la répétition des vieilles logiques, conscient de l’urgence de mobiliser toutes les énergies nationales et africaines dans cette lutte contre les conséquences de la pandémie à moyen et long terme, le Président Laurent GBAGBO a pris l’initiative de mettre en place une équipe pluridisciplinaire et panafricaine pour préparer les réponses endogènes aux divers effets de la pandémie. La coordination de ces travaux a été confiée au Professeur Pierre Kipré (professeur émérite des universités). L’expertise sollicitée vise l’élaboration des fondements d’une nouvelle africanité, capable de conduire elle-même son destin, sans repli sur soi. La réflexion s’adresse aux décideurs africains, aux institutions africaines, aux Africains du Continent et de la diaspora.

Le comité scientifique de cette étude est composé de:

-Pierre Kipré (Président), professeur émérite des universités, membre de l’ASCAD, Prix NOMA 1987, ancien ministre et ancien ambassadeur (Côte d’Ivoire).
-Olabiyi Joseph YAI, professeur d’université, ancien président du Conseil exécutif de l’UNESCO (Bénin).
-Chenntouf Tayeb, professeur d’université (Algérie)
-José Brito, ingénieur, spécialiste de prospective (Cap-Vert)
-Fr-Joël Aïvo, professeur d’université, doyen honoraire de faculté de droit (Bénin)
-Zirihi Guede Noël, professeur d’université, détenteur de divers brevets de produits pharmaceutiques (Côte d’Ivoire).
-Georges Armand Ouégnin, professeur de médecine (Côte d’Ivoire).
-Diran SOUMONNI, professeur d’université (Afrique du Sud),
-Justin Katinan KONE, Juriste, économiste-financier (Côte d’Ivoire).
-Sabelo J. NDLOVU-GATSHENI, professeur d’université, Recteur d’université (Afrique du Sud et Zimbabwé).
-OSHA SANYA, professeur d’université (Nigeria).
Les personnalités commises à cette étude viennent d’horizons disciplinaires variés (les sciences de la santé ; les sciences humaines, sociales et économiques ; les sciences de la gouvernance politique, administrative, géopolitique et les relations internationales ; les sciences de la communication) et de différents pays africains (d’Algérie à l’Afrique du Sud).

Quatre axes doivent ressortir de notre volonté de changement.Ce sont :

a) Le renforcement de toutes nos capacités endogènes de résilience ;
b) L’engagement de relever le défi de la défense de nos biens collectifs que sont la santé, la formation/recherche, les infrastructures, la sécurité collective et la consolidation de nos communautés politiques ;
c) La valorisation systématique de l’estime de soi et de la solidarité dans notre africanité ;
d) La volonté de rupture avec notre position de sous-système médiocre de la mondialisation.
On ne peut pas prévoir le futur, mais on peut identifier les futurs possibles. A travers un plan stratégique pour l’Afrique, ce comité d’experts africains se situe résolument dans la prospective, en partant de l’urgent au fondamental, pour rompre avec le statu quo ante. En toute liberté de pensée.
L’ouvrage veut être immédiatement disponible en français et plus tard dans quatre des langues de travail de l’Union Africaine (français, anglais, arabe, portugais). Il s’adresse aux décideurs africains, aux institutions africaines, aux Africains du Continent et de la diaspora. Divers organismes sont prêts à en financer immédiatement l’édition.

CHEIKH TIDIANE GADIO SUR L’ANNULATION DE LA DETTE AFRICAINE: «Macky Sall tient un discours de rupture»

http://lesoleil.sn/Vice-président  de l’Assemblée nationale et président de l’Institut panafricain de stratégies (Ips), Cheikh Tidiane Gadio revient, dans cet entretien, sur les enjeux qui attendent l’Afrique pour l’après-Covid-19. Il est convaincu que les pays africains n’ont pas le choix : ils devront mutualiser leurs forces pour exister dans cette reconfiguration de la géopolitique qu’il estime inéluctable. De l’annulation de la dette à la lutte à la rivalité sino-américaine, l’ancien ministre des Affaires étrangères aborde toutes les questions.

Le monde est frappé par une crise sans précédent. Quelle lecture en faites-vous ?

Pendant longtemps, l’humanité a vécu toutes sortes de calamités, de grandes crises sanitaires ou économiques. Par exemple : les virus du Sida et Ébola en Afrique, le virus du Sras en Asie, la crise financière de 2008 qui a failli effondrer l’économie mondiale. Mais, ce qui est extraordinaire, et j’espère que cela ne va pas se répéter cette fois-ci, c’est que l’humanité subit ces crises, s’affole, se bat, finit par les résoudre et, malheureusement, oublie immédiatement les enseignements tirés de ces dernières. Aujourd’hui, il y a, de toute évidence, un déficit de concertation mondiale, en plus de la malheureuse tentative de marginaliser et de se défausser sur l’Organisation mondiale de la santé (Oms) pour absoudre ses propres errements dans la gestion de la crise. Chaque pays, visiblement, y va avec ses recettes et ses stratégies.

Quelles peuvent en être les conséquences?

Cette crise va forcément refonder la marche de l’humanité en général, mais aussi reconfigurer radicalement la géopolitique mondiale. Nous Africains, nos pays et nos peuples étaient perçus comme étant les champions toutes catégories de la vulnérabilité. Mais aujourd’hui, nous réalisons davantage que Dieu est très démocrate quant à la vulnérabilité des peuples. Il n’y a que lui qui détient la puissance absolue. Les grandes puissances du monde offrent un visage presque pathétique. Nous avons pratiquement envie de compatir à leur désarroi et de venir à leur rescousse. Avec l’état du monde actuel, nous constatons que ces grandes puissances peuvent faire voler des avions pendant 20 heures, faire marcher l’homme sur la lune, réussir toutes sortes de prouesses technologiques, médicales (…) et que  malgré tout cela, elles se retrouvent désarmées et désemparées face à un virus microscopique qui fait plus preuve d’ingéniosité et de capacité destructrice fulgurante.
Si on dit, aujourd’hui, que l’Amérique compte plus de victimes que lors de la guerre du Vietnam, nous nous rendons compte de l’hécatombe que le Covid-19 est en train de créer dans ce monde.

C’est quand même difficile à comprendre ?

Il y a plusieurs niveaux de lecture. C’est trop simpliste de penser qu’il s’agit juste d’une pandémie qui est venue déstabiliser le monde. Est-ce que le monde n’était pas déjà perturbé, marchant sur la tête, sens dessus dessous, évoluant dans un équilibre de façade, attendant juste un élément comme le coronavirus pour laisser exploser ses vulnérabilités et ses « fake certitudes » ? Je crois qu’il y avait trop d’injustices sociales, trop de fractures sociales et sanitaires; le très petit nombre de privilégiés barricadés dans leurs privilèges souvent indus, l’écrasante majorité se sentant hors-place et écrasée au quotidien…
En conséquence, nous nous retrouvons dans un monde totalement déséquilibré et en désarroi. Richard Haas, un grand spécialiste américain de la géostratégie et de la géopolitique, a écrit un livre prémonitoire, il y a trois ans à peu près, sur le monde en désarroi et « la crise du vieil ordre mondial » sur fond d’échec des politiques de globalisation « équitable », de multipolarité positive, de paix, de stabilité et de justice pour tousC’est là où nous nous trouvons exactement.
Nous sommes dans une situation où personne ne sait pas de quoi demain sera fait. Ce qui est également remarquable du point de vue de la géopolitique, c’est que non seulement les rapports de force vont changer, mais les vulnérabilités des grandes puissances ont aussi déjà été révélées à la face du monde. Et comme beaucoup peuvent le constater, l’Afrique, avec très peu de moyens, très peu de ressources, semble s’en tirer relativement bien. Nous le disons toujours en touchant du bois. Mais, pour l’instant, il y a une sorte de résilience africaine qui ralentit la maladie et sûrement d’autres facteurs que nous ne maîtrisons pas encore sur le plan scientifique.

Est-ce à dire que l’Afrique s’en sortira mieux que les grandes puissances?

Si je prends l’exemple du Sénégal, le Gouvernement a très bien réagi et très vite. Le Président Macky Sall a pris une initiative majeure en appelant à une consultation nationale. Il n’était pas obligé de le faire. Il y a très peu de pays qui l’ont fait.
Concernant l’Afrique, elle est indéniablement le ventre mou du système international. Elle est le continent le mieux doté en termes de richesses naturelles et en même temps le plus démuni. Aujourd’hui, nous avons la ressource la plus rare du monde et la plus importante qu’on appelle la ressource « jeunesse ». Cependant, nous nous sommes arrangés pour être dans une posture où, effectivement, le reste du monde sous-traite ses malheurs, ses angoisses et ses désarrois avec l’Afrique. Vous voyez des pays qui comptaient 20 000 morts quand l’Afrique, au même moment, en dénombrait 200. Au lieu de se focaliser sur leur sort, ces États plaignaient notre continent pour ses vulnérabilités et son impréparation. Et apparemment, ils ont la larme à l’œil quand ils parlent de l’Afrique. C’est presque un exercice d’exorcisme : chasser le malheur de son esprit en le déménageant chez les autres, particulièrement chez les Africains, surtout qu’en plus d’être vulnérables, ils n’ont pas droit à la parole, même dans les instances internationales.
Conséquence d’une telle logique : les gens se sont mis à épiloguer sur la faiblesse des infrastructures sanitaires de l’Afrique qui prouvent, à leurs yeux, que dès que le virus envahira le continent, ce sera la dévastation, la catastrophe et des millions de morts. Mais, le paradoxe extraordinaire dans tout cela est, malgré le fait qu’ils soient mieux dotés en infrastructures, ce sont eux qui souffrent le martyre et la désolation. Au lieu de gérer ce problème, ils se sont mis à pleurer sur le désastre qui va s’abattre sur l’Afrique. C’est suspect ! Plus que suspect !

Il y a quand même un paradoxe ?

Personnellement, je me suis dit est-ce que ce n’est pas dû au fait que le continent noir est le réservoir de ressources naturelles de ces pays ? Ils doivent se dire : veillons à sauver nos pays mais aussi à sauver l’Afrique qui a très peu de moyens. Si nous ne le faisons pas, demain, cela va se retourner contre nous. C’est un devoir de solidarité par défaut, mais surtout par intérêt. Mais, Dieu a fait que nos savants, nos scientifiques, nos chercheurs et nos médecins ont prouvé à la face du monde un talent extraordinaire, un calme, une sérénité, pour tout dire, une force tranquille insoupçonnée. Ils n’ont pas pris l’avion pour aller à Paris, Washington ou Pékin chercher des connaissances, de l’expertise, du coaching ou des débuts de solutions. Ce sont eux-mêmes qui sont recherchés et sollicités par les autres pour échanger sur les débuts de solutions. C’est d’ailleurs en cela que la géopolitique mondiale est totalement bouleversée et rien ne sera plus comme avant.
Maintenant, je dis à mes proches de faire attention quand nos amis occidentaux nous disent que plus rien ne sera comme avant. Je suis très suspicieux (rires).

Qu’est-ce que vous soupçonnez ?

Ils veulent continuer à diriger le monde. Ils veulent prendre cette phrase et lui donner l’orientation et le contenu qu’ils souhaitent. Si on n’y prend garde, le post-coronavirus va encore faire place aux mauvaises habitudes internationales. Vous allez voir une situation dans laquelle les gens vont se battre bec et ongles pour reconquérir le statu quo ante. Les privilèges qu’ils avaient, la domination du monde qu’ils avaient, les règles de partage injuste des richesses du monde ; ils vont vouloir retourner à cela tout en disant que « plus rien ne sera comme avant ». Donc, cela peut être une façon de nous endormir.
La planète entière a subi les chocs du coronavirus et doit, en principe, être prêt à accepter un monde plus juste et plus équilibré. C’est pour cela que je dis aux Africains : « Ayons notre propre discours du ‘‘plus rien ne sera comme avant’’ ! » Construisons-le nous-mêmes ! Et ne dépendons pas, encore une fois, de ce que les grands analystes européens, américains et asiatiques vont définir comme l’après-coronavirus et nous l’imposer. C’est une nouvelle façon de violer, de « buguer » encore notre intégrité intellectuelle et de nous tromper. L’Afrique doit avoir son propre discours et, impérativement, changer de logiciel, car elle aussi est condamnée à des changements majeurs. Nous devons aussi parler contre le statu quo,  nous dresser contre leur volonté de dominer le monde. « Le plus rien ne sera comme avant » doit se traduire par une remise en cause de la Pax americana issue de la Deuxième Guerre mondiale, c’est-à-dire la domination du monde par l’Amérique et ses alliés occidentaux. Aujourd’hui, il y a forcément et fatalement une permutation des places qui va advenir. Après chaque grande catastrophe mondiale, comme la Première ou la Seconde Guerre mondiale, le monde s’en est sorti avec une permutation de places. L’Angleterre qui était l’une des grandes puissances du monde jusqu’à la Première Guerre mondiale a dégringolé pour céder la place aux États-Unis. Nous avons également vu que l’Union soviétique a émergé brutalement, à l’époque, comme puissance mondiale.  D’autres candidats au statut  de puissance mondiale comme la Chine se préparaient calmement, presque confidentiellement, à leur irruption dans les premières loges.

En quoi consiste la permutation ?

Le monde post-coronavirus sera un monde nécessairement et fortement reconfiguré. Est-ce que les États-Unis vont pouvoir garder leur statut de première puissance mondiale ? Est-ce que la Chine qui talonnait les États-Unis ne va pas avoir une meilleure gestion de la crise et de l’après-crise et se repositionner ? La Chine, il faut le noter, talonnait de près les États-Unis du point de vue de la permutation. Est-ce que donc le Covid-19 ne va pas créer les conditions d’une reconfiguration des rapports de force et d’une nouvelle géopolitique mondiale dans laquelle la Chine sera la puissance mondiale numéro un, les États-Unis numéro deux et l’Inde se rapprocher bientôt de la 3ème place ? Et là se pose maintenant la question de l’Afrique. L’Afrique n’a aucun avenir si, avec ce qui se passe avec le Covid-19, nos leaders continuent de prêcher « l’intégration lente au rythme d’une tortue avec des freins » et s’ils continuent de refuser l’unité politique ou le fédéralisme. Ce serait là la vraie catastrophe qui pourrait frapper le continent. Si l’Afrique, justement, dit que rien ne sera plus comme avant et  prend en main son destin, cela pourrait être intéressant.
Aujourd’hui, par exemple, relativement à la posture des 54 pays africains, je trouve que le Président du Sénégal, Macky Sall, tient un discours réaliste et de rupture avec la situation antérieure dans la mesure où il affiche et affirme ouvertement son panafricanisme. Il a raison puisque seule une démarche concertée des pays africains pourrait nous sortir de la situation actuelle. Imaginez n’importe quel pays d’Afrique avec 10 000 personnes contaminées qui ont besoin d’un espace dans les salles de réanimation. Ce serait la catastrophe ! Nous n’avons pas ces moyens.
C’est pourquoi le Président Macky Sall, depuis lors, est en train de prêcher une concertation et une solidarité agissante des pays africains. Les solutions seront certes appliquées sur le plan national puisque le développement de la maladie dans chaque pays se présente différemment, mais l’expertise, le partage d’expériences et de bonnes pratiques doivent être mutualisés et s’opérer au niveau régional et continental.
Certains Chefs d’État africains se sont entretenus récemment par visioconférence ou ont même tenu des sommets. C’est excellent. Je pousserai une telle dynamique jusqu’à souhaiter la tenue urgente d’un « sommet extraordinaire de l’Union africaine par visioconférence ». Chaque Chef d’État devrait y participer et l’Oms en serait l’invité d’honneur, tout comme certaines sommités scientifiques africaines, comme celles du Sénégal, du Maroc, et d’autres pays qui font un excellent travail. Ces savants, chercheurs et médecins africains de classe internationale s’adresseraient aux Chefs d’État et feraient des propositions de réponse africaine solidaire et concertée contre le Covid-19. Il faut critiquer et se démarquer de ce que j’appelle « les chevauchées solitaires de nos États ». Si après le Covid-19 nos États maintiennent le statu quo, retournent à la situation antérieure, cela ne sera plus une chevauchée solitaire, mais une chevauchée suicidaire. Le monde va se reconfigurer, nous laisser sur le quai et continuer de jouir de nos faiblesses auto-infligées et de nos richesses.

Est-ce le seul moyen pour l’Afrique de figurer dans ce que l’on appelle de plus en plus le nouvel ordre mondial ?

Exactement. Il y a un concept qui était apparu il y a 10 ans ou 15 ans et était intéressant : les « New World Global Players » (les nouveaux acteurs de niveau mondial). L’Afrique ne peut pas, avec 54 États nains, balkanisés, émiettés, avec des budgets nationaux équivalant au budget d’une université américaine, faire partie des « New World Global Players ».
Ici, il faut rendre un hommage appuyé et affectueux au président Amadou Mahtar Mbow. Vers la fin des années 70, en sa qualité de directeur Général de l’Unesco, il a mené un combat héroïque pour ce qu’on appelait le Nomi, « le Nouvel ordre mondial de l’information ». Il se disait que tant que les Africains, les Asiatiques, les pays de l’Amérique latine et les autres peuples reçoivent de l’information sur leur réalité, sur leurs problèmes des médias occidentaux, ils auront toujours une image déformée de leur réalité et ils ne pourront jamais transformer cette réalité.
Les Américains ont alors mené une guerre farouche contre lui, beaucoup d’Occidentaux se sont mobilisés contre lui. Cela lui a coûté son poste à l’Unesco. Aujourd’hui, à nos Chefs d’État qui se battent pour « le nouvel ordre mondial », je rappelle la « jurisprudence Mbow » pour leur dire « soyez extrêmement prudents, « ils » vous ont à l’œil, « ils » se battront pour qu’après-Covid-19, « tout change, pour que rien ne change ! » Eux-mêmes prendront en charge le discours sur un nouvel ordre mondial afin d’obtenir un paradoxal « nouvel ancien ordre mondial ». Vigilance, voire vigilance absolue !

Comment rebondir ?

Chaque pays africain, chaque leader africain allant seul, court les risques de ce qui s’est passé depuis 1960. On élimine les leaders qui ont une vision et on nous propulse des leaders qui sont aux ordres et qui acceptent le discours des dominants. Il faut des ruptures paradigmatiques fortes. Il faut courageusement se dire « voilà les paradigmes sur lesquels nous avons fondé et basé le développement de l’Afrique 60 ans après. Le résultat n’est pas reluisant ! » Le progrès a été tellement faible en termes de là d’où nous sommes partis et là où nous voulions arriver. Exactement là où la Corée du Sud et la Malaisie sont arrivées de nos jours en 60 ans. L’éducation n’est pas réglée, l’agriculture, la santé, les infrastructures de base… Nous ne pouvons pas nourrir nos populations. Nous ne cultivons pas ce que nous mangeons et nous ne mangeons pas ce que nous cultivons. Nous sommes les pauvres les plus riches du monde et les riches les plus pauvres du monde. Nos leaders voient alors toutes leurs options se réduire en une seule : rompre avec le paradigme de 1960 (indépendance en solo) et Addis-Abeba, 1963 (apologie de la balkanisation et neutralisation du projet de l’État fédéral africain), et donc, relancer et laisser éclore le paradigme du « destin fédéral de l’Afrique »  (Cheikh Anta Diop), en y incluant, bien sûr, l’indispensable diaspora africaine. Or donc, le Covid-19 pourrait être ce « choc fédéral » tant attendu.

Le Chef de l’État plaide pour l’annulation de la dette. Que pensez-vous de ce combat ?

Aujourd’hui, nous taquinons, dans les toutes prochaines décennies, les deux milliards d’habitants en Afrique. On sera, peut-être, la première puissance démographique du monde, en plus d’être le dépositaire de l’essentiel des ressources naturelles du monde. Cela montre la force et la puissance des Africains. La tristesse dans cette affaire, c’est que le monde entier en est convaincu, sauf les Africains eux-mêmes. Maintenant comment faire pour en convaincre les Africains ? Nous sommes potentiellement la première puissance du monde à tout point de vue. Tout ce qui nous manque, c’est de  mutualiser, d’aller ensemble et d’arrêter de nous battre les uns contre les autres. Un Chef d’État africain (Macky Sall) se lève et demande l’annulation de la dette de l’Afrique. Sans surprise : qui sont les plus grands adversaires de Macky Sall, aujourd’hui, dans la lutte pour l’annulation de la dette de l’Afrique ? Ce sont des Africains. Ils se sont levés pour dire qu’il faut qu’on se respecte, il faut qu’on soit responsable, il faut assumer nos dettes. Notre opinion est aux antipodes d’une telle perception de la dette. Pour nous, l’Afrique, de l’indépendance à nos jours, a surpayé sa dette. Avec les taux d’intérêt usuriers, on ne fait que repayer, encore repayer, toujours repayer. Maintenant, sachant que les gens vont dire que la dette privée, c’est avec des privés, le Président Sall a bien précisé qu’il parle de la dette publique africaine qu’il souhaite voir annulée purement et simplement ! Même le Président français Emmanuel Macron s’est levé pour féliciter son homologue sénégalais. Et pourtant, ce sont des experts africains qui ont dit « non » à Macron : « Un moratoire ferait l’affaire ». D’après le Président français, ils lui ont donné comme argument que « c’est plus facile et plus rapide à obtenir ». Pendant qu’on agonisait sur la question du « pourquoi une telle attitude ? » d’autres personnalités africaines sont venues à leur rescousse pour défendre « le moratoire et non l’annulation ».

Donc, le mal est africain ?

Le problème est fondamentalement entre Africains. Chaque fois qu’un Africain a une brillante idée, au lieu que les autres Africains se battent pour enrichir la proposition et le rejoindre, ils préfèrent le tirer vers le bas. C’est comme si rien de bon ne pouvait venir d’un Africain. Qui a dit qu’en demandant l’annulation de la dette de l’Afrique que notre pays est en train de bouleverser les règles internationales ? Peut-être que ces règles devraient être bouleversées parce qu’elles sont fondamentalement injustes et nous ont coûté très cher. J’entends des gens dire que ce n’est pas bien puisque les bailleurs vont dire, demain, que ce pays ne respecte pas sa signature souveraine en matière de dette. C’est tellement faux ! Toute l’histoire de la dette, de l’économie des 20 ou 30 dernières années, même après les annulations, les bailleurs sont revenus proposés leurs prêts ou les consentir sans réticence.  Parce qu’ils font trop d’argent chez nous, qu’ils peuvent même nous supplier pour nous prêter. C’est faux de nous dire que si le Président Macky Sall demande l’annulation de la dette publique de l’Afrique, cela va décrédibiliser le continent et que les gens vont hésiter avant de nous octroyer, à nouveau, un prêt. Je fais même une hypothèse. Est-ce que certains pays occidentaux qui se sont empressés de soutenir la question de l’annulation de la dette de l’Afrique ne sont pas plus intelligents que ceux qui s’y sont opposés ? Parce que si l’économie de l’Afrique post-Covid-19 s’effondre, elle emportera ses principaux créanciers.  Ces derniers n’ont pas intérêt que l’on ferme boutique. L’effondrement des économies africaines, le cas échéant, précipiteraient leurs entreprises et multinationales implantées chez nous dans la faillite et le désarroi. C’est peut-être même une projection intelligente dans l’avenir qu’ils font en se disant qu’il faut leur donner une perfusion pour les maintenir sur pied après le Covid-19. Je ne comprendrai jamais, en tant que citoyen africain lambda, que des bailleurs de fonds créanciers nous disent qu’ils sont intéressés par la discussion sur l’annulation de la dette africaine et que des Africains se lèvent pour dire non : moratoire oui, annulation, non merci !

D’aucuns estiment que dans son combat pour l’annulation de la dette, Macky Sall est en train d’asseoir son leadership à l’échelle africaine…

C’est une affirmation qui a sa pertinence. Mais, dans un autre volet, dès que vous le dites, une mobilisation se forme pour combattre ce leadership. Un leadership, cela vient naturellement, vu le style du Président Sall. Lui-même ne se bombe pas le torse et ne se prétend pas leader de l’Afrique. Je pense qu’il fait le travail naturellement, et beaucoup de ses collègues l’appellent pour requérir son avis sur certaines questions. C’est là où un leadership commence à être accepté et va s’imposer de lui-même. Parce que dans la pratique et dans les faits, les gens constatent que vous avez des idées innovantes et une vision claire. Je crois que l’insistance du Chef de l’État sénégalais sur le fait que notre voie de salut pour les problèmes du contient soit le panafricanisme lui sert, sert le Sénégal, mais sert surtout l’Afrique.  Mieux vaut le laisser dans cette dynamique. Un leadership qui émerge naturellement est mieux qu’un leadership qu’on force par des proclamations. Donc, je pense qu’il faut faciliter l’acceptation de ce leadership par ses propres homologues. Pour ce que j’en sais, les leaders africains sont très satisfaits des initiatives et du « style poli et courtois » du Président Macky Sall. Non seulement il a fait des propositions très fortes pour contenir le Covid-19, mais il a fait applaudir notre pays à travers le monde pour notre modèle de gestion de la pandémie, bien qu’il y ait actuellement des débats de remise en cause. J’estime que ce sont des débats sains entre experts. Ce n’est rien de méchant. Mais, en même temps que le Président Sall le faisait pour le Sénégal – je le sais pour en avoir échangé avec lui – son souci était que l’Afrique présente une réponse africaine à cette crise. D’où d’ailleurs l’éditorial signé dans votre quotidien, « Le Soleil », pour présenter « le point de vue d’un Africain ». Il pouvait bien le formuler en point de vue d’un Sénégalais. C’est cela qui est très appréciable.

Pourquoi à chaque fois qu’une solution vient de l’Afrique, elle est accueillie avec des pincettes ?

Effectivement. Si ce qui a été découvert à Madagascar ou dans d’autres pays d’Afrique était sous-traité avec des laboratoires occidentaux discrètement et confidentiellement, le succès allait nous revenir avec des applaudissements. Mais, dès que c’est l’Afrique, cela devient suspect. On pense déjà que nous ne sommes pas assez compétents et que nous n’avons pas des laboratoires et des équipements nécessaires. C’est purement et simplement de la stigmatisation. Maintenant, ce serait une erreur de répondre à cette stigmatisation par des bravades. Par exemple, si on découvrait ici, au Sénégal, que le « niim » ou toute autre plante médicinale pourrait apporter des solutions véritables au Covid-19, je ne pense pas que ce soit un politicien qui doit monter au créneau. Il faut transférer le débat aux scientifiques qui sont de classe internationale et de statut mondial. Alors, laissons à ces gens les résultats des découvertes et laissons les leur donner, en plus du label de l’authenticité africaine, le label de l’authenticité scientifique.
Une telle démarche est préférable tant nous avons tous été témoins, et avec beaucoup de fierté, de la compétence et de la bravoure de notre corps médical devant l’adversité et le danger. Nos soignants sont comme nos « Jambars » qui donnent leurs vies pour la patrie sans « hésitation ni murmure ». Au demeurant, nos médecins, chercheurs et scientifiques, comme tous les Africains talentueux, sont obligés d’être meilleurs parmi les meilleurs » pour être simplement « normaux et traités avec respect ».