Revue de Presse de ce Dimanche 03 Mai 2020

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LA CRISE DU COVID-19 RAPPELLE L’URGENCE D’ATTEINDRE LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE (DG SAED)

Saint-Louis, 2 mai (APS) – La crise sanitaire du nouveau coronavirus rappelle l’urgence d’atteindre la souveraineté alimentaire, a souligné le directeur général de la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta et de la vallée du fleuve (SAED), Aboubacry Sow.
’’La pandémie du Covid-19 qui a fini de gagner tous les pays du monde, avec une quasi paralysie de l’économie mondiale, montre à suffisance qu’il faudrait que nos pays soient autonomes du point de vue de leur alimentation’’, a-t-il dit.
M Sow s’exprimait vendredi à l’issue d’une visite des périmètres emblavés dans la vallée du fleuve Sénégal.
Il a rappelé que depuis 2012, le Sénégal s’est engagé dans cette perspective par la mise en place du programme d’autosuffisance alimentaire en riz dans la vallée, ainsi que le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (PRACAS).
D’ailleurs, a-t-il relevé, le chef de l’Etat, en Conseil des ministres, a donné des instructions pour ‘’aller vers cette souveraineté alimentaire, pour toutes productions alimentaires, notamment céréalières et horticoles’’.
Cette souveraineté alimentaire est ‘’la seule voie de salut pour notre pays pour faire face à ces événements qui peuvent arriver et qui sont imprévisibles’’.
Pour cette campagne de contre saison chaude, le DG de la SAED a souligné qu’à la date d’aujourd’hui, ‘’les superficies qui ont fait l’objet d’une mise en culture portent sur près de 49.500 hectares (..) soit, plus de 4000 hectares par rapport à l’année dernière’’.
’’Cela est important, car dans l’histoire de la mise en valeur dans la vallée du fleuve Sénégal, surtout pour les campagnes de contre saison chaude, c’est la première fois qu’on a atteint des superficies aussi importantes’’, s’est-t-il réjoui.
Cette performance a été rendue possible grâce à la ’’conjonction’’ de plusieurs activités menées par les partenaires financiers, dont principalement la CNCAS, devenue banque agricole du Sénégal, a-t-il salué
Elle a investi cette année une enveloppe de 9 milliards de francs Cfa, pour financer la campagne, avec l’appui d’autres partenaires financiers, a dit le patron de la SAED.
Aboubacry Sow a signalé qu’un comité régional a été mis en place pour la prise en charge de la programmation et le suivi évaluation de la campagne agricole. Ce comité regroupe l’ensemble des partenaires, notamment la DRDR, le CIRID et AFRICA RICE.
Selon lui, il s’agira de réfléchir sur tout ce qui se passe pour cette campagne de contre saison chaude, depuis la programmation, jusqu’au niveau de l’évaluation, avec un plan d’action bien élaboré qui est en train d’être déroulé.
Les résultats obtenus pour cette campagne, ont été rendus possibles par la qualité du service de l’eau, a-t-il dit.
’’Emblaver plus 36.000 hectares dans le delta autour du Gorom-Lansar, ce n’était pas évident. Car, il y a quelques années de cela, précisément en 2008, avec une production sur 5000 hectares, les agriculteurs faisaient face à une tension terrible sur les ressources en eau et aujourd’hui, on arrive à emblaver plus de 49.000 hectares sans aucun problème d’eau’’, a souligné M.Sow.
S’agissant de l’eau toujours, le DG de la SAED a salué les travaux de maintenance, l’enlèvement du typha et des plantes aquatiques envahissantes.
Selon lui, le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, a mis à la disposition des agriculteurs de la vallée, la totalité des intrants, surtout les engrais, pour les besoins des 49.000 hectares.
Toutefois, a-t-il signalé, ‘’des défis importants sont attendus pour les récoltes de cette année’’. Il a évoqué la lutte anti-aviaire, les oiseaux et les rats, autant de facteurs qui pourraient porter atteinte à ‘’cette importante production attendue pour les mois avenir’’.
M Sow a rappelé qu’une tournée a été menée dans le delta, pour exhorter les agriculteurs à aller vers cette campagne, surtout avec la crise sanitaire du Covid-19.
De son coté, Ousseynou Ndiaye, président du comité interprofessionnel riz, dans la vallée du fleuve Sénégal, a soutenu qu’aujourd’hui, avec ‘’un rendement de 6 tonnes à l’hectare, les agriculteurs de la vallée peuvent s’attendre à une production de 300.000 hectares, un record pour cette campagne de contre saison chaude’’.
Selon lui, ‘’la SAED a fait des efforts considérables en dégageant des fonds de 50 millions de francs Cfa, pour réfectionner les axes hydrauliques et les canaux de drainage et les ouvrages (….)’’.
Il a plaidé pour la mise à leur disposition du matériel pour la récolte notamment des moissonneuses batteuses.
’’Il faut que cela se passe rapidement, parce que si l’on veut faire une campagne hivernale sur les 50.000 hectares, il faudra nécessairement récolter vite pour libérer les parcelles, avant la tombée de l’hivernage’’, a-t-il insisté.BD/OID

LUCA JAHIER (PRESIDENT DU COMITE ECONOMIQUE ET SOCIAL EUROPEEN) SUR LA DETTE AFRICAINE:‘’Trouver un accord sur l’allégement de la dette ne sera pas facile’’

http://www.enqueteplus.com/nodeS’accorder sur l’allégement de la dette des pays africains ‘’ne sera pas facile’’ et nécessite des négociations internationales. C’est ce qu’a soutenu le président du Comité économique et social européen (CESE) Luca Jahier, dans un communiqué de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) rendu public jeudi.
L’allégement de la dette des pays africains continuent d’alimenter les débats, au niveau des instances internationales, et notamment celles européennes. Lors d’une vidéoconférence avec la sous-secrétaire générale des Nations Unies et secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) mercredi, le président du Conseil économique et social européen (CESE), Luca Jahier, a souligné que ‘’trouver un accord sur l’allégement de la dette ne sera pas facile et nécessite des négociations internationales.
Au fait, M. Jahier note que la dette extérieure de l’Afrique ‘’n’est pas entièrement’’ entre les mains des institutions de Bretton Woods que sont la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) et d’autres pays occidentaux. Ceci compte tenu du fait que la Chine en détient environ 40 %.
Ainsi, l’ambassadeur de l’UE auprès de l’Union africaine, Ranieri Sabatucci, a rappelé que la BM, le FMI et d’autres soutiennent l’appel à l’allégement de la dette pour les pays les plus vulnérables. ‘’Mais ce processus doit être transparent’’, dit-il dans le communiqué de la CEA publié ce jeudi.
Aujourd’hui, face à l’expansion de la pandémie à travers le continent, M. Sabatucci a signalé qu’il est ‘’très difficile’’ de prédire l’évolution éventuelle de la crise sanitaire, ‘’sans oublier de mentionner’’ la crise économique émanant de la Covid-19. ‘’Il est important de se préparer à ce qu’il y ait une crise alimentaire à court terme’’, précise-t-il. A ce propos, son collègue de la CESE a indiqué qu’aucun pays, ni continent ‘’ne peut lutter seul’’ contre la pandémie du coronavirus. ‘’L’Europe a entrepris, mais doit également mettre pleinement en œuvre une stratégie, quelle qu’elle soit, pour son continent frère. Ensemble, nous pouvons trouver des solutions qui fonctionnent aussi bien pour l’Afrique que pour l’Europe, car dans cette crise, ce n’est qu’en s’aidant les uns les autres que nous pourrons nous aider nous-mêmes. Nous avons un vif intérêt à nous associer à l’Afrique, en particulier en ce moment, car ce que nous entendons faire en ce moment influencera énormément notre avenir’’, témoigne M. Jahier.
Pour sa part, la secrétaire exécutive de la CEA a assuré que la crise du coronavirus ‘’n’affectera pas’’ les efforts en cours visant à ‘’renforcer’’ les relations entre l’Afrique et l’Union européenne. ‘’S’il y a une chose que cette crise nous a montré, c’est qu’en tant que monde global, nous sommes semblables, nous sommes similaires. C’est une pandémie qui ne connaît ni frontières ni classification économique’’, affirme Vera Songwe, ajoutant que le renforcement des liens entre les deux continents est ‘’bénéfique’’ pour les deux parties.
Dès lors, l’économiste camerounaise a souligné que pendant que l’Afrique demandait à l’UE et à d’autres partenaires un moratoire sur la dette de deux ans et un plan de relance de 100 milliards de dollars pour injecter des liquidités dans ses économies, le continent ‘’s’efforçait’’ de lutter contre la pandémie. ‘’L’Afrique d’aujourd’hui n’est pas celle des années 1970 et 1980 où 75 % de ses nations étaient classées comme pays pauvres très endettés (PPTE). Le continent, aujourd’hui, s’est vraiment développé. À l’époque des PPTE, 75 % des pays africains étaient des pays à faible revenu. Aujourd’hui, seulement 25 % des pays africains sont pays à faible revenu. Notre structure économique a fondamentalement changé et les conversations que nous avons doivent également changer et s’aligner sur cette nouvelle Afrique qui a changé’’, dit-elle.
En effet, la secrétaire exécutive de la CEA a fait savoir que 75 % des pays africains à revenu intermédiaire importent certains de leurs principaux besoins d’Europe. Cependant, Mme Songwe, regrette le fait que 54 pays, dont certains en Europe, ont fermé leurs frontières à l’exportation de produits pharmaceutiques et agricoles, laissant de nombreux pays africains dans ‘’le pétrin’’. ‘’Nous ne pouvons pas construire une société commune et une société mondiale avec ce genre de réaction. Nous devons nous rassembler et comprendre comment créer un équilibre avec la demande. Si nous pouvons garder ces chaînes d’approvisionnement ouvertes, alors le besoin d’un soutien
supplémentaire ne sera peut-être pas aussi énorme’’, plaide-t-elle.
Toutefois, l’économiste appelle l’Afrique à investir dans le stockage d’aliments afin de ‘’minimiser’’ les pertes après récolte qui, selon elle, sont ‘’exceptionnellement élevées’’. Pour elle, la technologie est également d’une ‘’importance cruciale’’ pour ‘’assurer le suivi et l’alimentation des plus de 20 millions de personnes susceptibles de sombrer dans la pauvreté’’, en raison de la crise de coronavirus.
Pour rappel, la Commission européenne a proposé la base d’une nouvelle stratégie avec l’Afrique à travers un document proposant de renforcer la coopération UE-Afrique. Ceci grâce à des partenariats dans cinq domaines clés, à savoir : la transition verte, la transformation numérique, la croissance et des emplois durables, la paix et la gouvernance, la migration et la mobilité.MARIAMA DIEME

Connecter les sénégalais pendant le COVID-19:Le Gouvernement soutien  les opérateurs et FAI qui s’abstiennent de soutenir les populations démunies

Dans le contexte actuel de limitation des déplacements et de distanciation sociale pour stopper la propagation du COVID-19, il est vital, que les populations démunies, en particulier, celles mal desservies et à risque, comme les personnes à faible revenu, aient accès à une connexion Internet de haute qualité.
Le Sénégal, qui a adhéré aux objectifs de développement durable des Nations Unies, y compris la cible 9.c, qui appelle à « augmenter considérablement l’accès aux technologies de l’information et de la communication et de s’efforcer de fournir un accès universel et abordable à Internet dans les pays les moins avancés d’ici 2020.­», a fait une avancée importante de digitalisation de la vie des populations.
En effet, le nombre d’utilisateurs d’internet par rapport à sa population, d’un taux de 8% en 2010, soit environ 1 million d’utilisateurs, le Sénégal est passé à 46% en 2017, selon les statistiques publiées par l’IUT et la Banque Mondiale, sur une population de 15­256­346 selon l’Agence nationale de la Statistique (ansd.sn), soit environ 7 millions d’utilisateurs
Malgré ce grand bond en avant, le Gouvernement du Sénégal continue de prendre d’importantes décisions depuis 2016 pour démocratiser l’accès au haut débit, et d’en finir avec les déserts numériques.
A cet égard, pour inciter les opérateurs télécoms à couvrir les zones mal on non desservies, le Gouvernement du Sénégal a décidé en novembre 2019, par un décret et un arrêté ministériel, une baisse de 20% sur les redevances d’utilisation des fréquences radioélectriques des opérateurs de téléphonie mobile et de 25% pour les fournisseurs d’accès internet (FAI).
Ces efforts du Gouvernement doivent être fortement accompagnés par les FAI, en cette période de COVID-19, en facilitant l’accès à internet aux populations démunies, surtout celles en milieu rural où le télétravail et les cours en ligne restent encore une réalité inaccessible.
Dès le début de l’épidémie au Sénégal, l’Autorité de Régulation des Télécoms (ARTP) s’est réuni avec les opérateurs de téléphonie mobile pour identifier les moyens à mettre en place pour participer à la lutte contre le covid-19.
Au final, aucune action pour les populations démunies du Sénégal, encore moins des initiatives pour connecter les 8 millions de sénégalais qui sont encore exclus du numérique. Pire encore, le COVID-19 est perçu par les opérateurs comme une opportunité pour maximiser leurs chiffres d’affaire.
Déjà, dans leur communication, Orange-Sonatel et Free ont mis en exergue qu’ils sont aux cotés Gouvernement du Sénégal, en oubliant leurs clients. Comme quoi, en Afrique et au Sénégal en particulier, le centre de profit n’est l’abonné mais le Gouvernement. Orange Sénégal a annoncé le montant d’1 milliard 500 millions FCFA destinés à soutenir l’Etat du Sénégal. Cependant dans ce montant, aucune aide aux populations démunies du Sénégal, ni sur le service téléphonique, ni sur l’accès internet, ni sur le transfert d’argent par Orange Money, tout au plus, la gratuité du Pass Éducation de 1Go des étudiants et élèves pour trois (3) semaines.
Au même moment, Orange Cameroun offrait à ses abonnés, entre autres mesures, une baisse tarifaire de 30% sur les forfaits internet résidentiels et la gratuité sur les frais de transfert d’argent.Orange Sénégal s’est plutôt s’intéressée aux privilégiés de ce pays qui ont la fibre optique, en leur offrant une hausse de débit. L’abonné qui trime pour acheter une connexion internet de 100 FCFA pour pouvoir juste envoyer un message n’est au cœur des préoccupations d’Orange Sénégal.
Free Sénégal est aussi dans la même dynamique qu’Orange Sénégal dans la lutte contre le COVID-19, se mettre au service du Gouvernement, en oubliant ses clients, alors qu’en France, Free a pris des mesures pour venir en aide à ses abonnés. Non seulement au Sénégal, cet opérateur n’a fait aucun effort pour aider ses clients à faible revenus, mais lui aussi, essaie de profiter cette pandémie pour mieux vendre ses services.
Quand, à l’opérateur Expresso Sénégal, il a plus besoin d’un plan de sauvetage pour ne pas être évincé du marché que de soutenir les efforts de lutte contre le COVID-19. Aussi, l’aide qu’il apporte, aux élèves et étudiants, ne peut être que très apprécié.
Enfin, les trois (3) FAI (Arc informatiqueWaw SAS, Africa Access), silenceux depuis le début du COVID-19 au Sénégal, ce qui n’est guère étonnant, tant ils ne se sont jamais fait distingués, en termes ni d’accès, ni de qualité, ni de prix, depuis leur entrée en mars 2018, ­dans le marché de l’internet au Sénégal.
D’ailleurs, leur part de marché est de 0,03% au 31 décembre 2019, selon l’observatoire de l’internet de l’ARTP.
Donc, on ne peut rien espérer de ces FAI, en cette période de besoin urgent en connectivité.
Au moment ou au Sénégal, les opérateurs tournent le dos aux personnes à faible revenus, des mesures fortes sont mises en œuvre, partout en Afrique, pour réduire la fracture numérique en augmentant l’accessibilité et l’abordabilité de l’accès à Internet dans les déserts numériques.
Ainsi, au Kenya l’opérateur Telkom a mis en service des antennes relais montées sur des ballons stratosphériques pour raccorder les zones rurales à internet,­ tandis que l’opérateur Airtel a­ offert ­la gratuité sur sa plate-forme d’argent mobile, Airtel Money, pendant 90 jours. Toujours au Kenya, l’opérateur Safaricom a également­ rendu gratuit toutes les transactions de personne à personne sur M-Pesa inférieures à 1 000 shillings kenyans (environ 6000 FCFA) pendant 90 jours.
MTN le géant Sud-Africain des télécoms, présents dans 21 pays s’est mobilisé pour soutenir ses clients dans tous les pays africains ou il est présent contrairement au géant Français des télécoms Orange, présent dans 26 pays.
Les exemples sont nombreux d’efforts effectués par des opérateurs en vue de soutenir les plus populations démunies et de raccorder les zones non-connectées en cette période de pandémie.
Au Sénégal, malgré le soutien à plusieurs milliards de FCFA du Gouvernement aux opérateurs de téléphonie mobile et FAI, il y a juste quelques mois, ils ne se sont pas mobilisés pour permettre aux sénégalais à faible revenus, aux zones rurale exclues du numérique, d’être connectés en cette période où il est indispensable et vital d’avoir un accès à internet.
Aussi, ASUTIC appelle les opérateurs de téléphonie mobile et Fai, à un sursaut patriotique, en étant enfin du côté des sénégalais par des actions citoyennes.

Dans ce sens, ASUTIC recommande aux opérateurs de téléphonie mobile et FAI­:

-La gratuité de la connexion internet de 100 FCFA pour une période donnée;
-Des tarifs sociaux de connexion internet;
-Des initiatives pour connecter les zones non-connectées;
-La gratuité des frais de transferts d’argent de petits montants pour une période donnée;
-Des tarifs sociaux de communication mobile. Fait à Dakar, le 03/ 05 / 2020,Le Président Ndiaga Gueye

CONTRAT AVEC SENELEC: Akilee ouvre son compteur

http://www.sudonline.sn/Devant la polémique que suscite l’entente Senelec-Akilee, des responsables de cette société sénégalaise ont accepté de rouvrir le contrat. Ils se sont confiés à Sud Quotidien en livrant leur version des faits
L’affaire des compteurs dits «intelligents» qui lie Senelec et Akilee Sa (société anonyme sénégalaise), n’a pas encore livré toutes ses vérités. Signé le 11 février 2019 en pleine campagne électorale, entre Akilee Sa et l’ancien directeur général de la Senelec, Mouhamadou Makhtar Cissé, qui avait reçu à l’époque, l’approbation de son conseil d’administration au sein duquel, siégeait l’actuel directeur général, Pape Mademba Bitèye, le contrat réserve bien des surprises aux Sénégalais. Et ce, d’autant que c’est l’actuel Dg de la Senelec qui est aujourd’hui à l’origine de la dénonciation de cette entente, tout en ouvrant une nouvelle brèche avec une entreprise israélienne du nom de Powercom.
Sud Quotidien qui a posé le débat dans sa livraison du jeudi 30 avril, revient avec de nouveaux éléments. Il s’agit d’une version de certains responsables de la société Akilee mais aussi, d’autres syndicats qui naviguent à contrecourant de Sudeten et de Sutelec, lesquels ont affiché leur désapprobation dudit contrat.

COMPTAGE INTELLIGENT ET VALORISATION DES DONNÉES

D’emblée, les responsables de Akilee qui ont pris langue avec Sud Quotidien ont tenu à préciser que «les activités menées par Akilee Sa ont été dès le début, explicitement identifiées comme tournant autour du comptage intelligent et de la valorisation des données pour offrir divers services à Senelec et à ses clients». Ainsi, dès le lancement d’Akilee, le 23 août 2017, la direction commerciale et celle de la distribution de Senelec ont exprimé «leurs besoins d’accompagnement pour améliorer l’expérience client et accroître la performance opérationnelle de Senelec».  Nos sources soulignent d’ailleurs que les expressions de besoins respectives de la Senelec ont été formalisées à travers des «termes de références formels», marquant ainsi, le début des négociations sur tous les projets, tels que SmartSEN, AMI (le contrat en question) et AkileePay.
Autrement dit, les différents contrats signés avec Akilee ne sont donc que la résultante des besoins exprimés par les directions opérationnelles de Senelec et de la démonstration de capacité technique et opérationnelle d’Akilee sur la base des premiers projets qui lui ont été confiés, et pour lesquels Senelec, de ses propres dires, «a eu une totale satisfaction».  A ceux qui pensent que le contrat a été paraphé dans la précipitation, nos sources soutiennent le contraire. «On a mis 2 ans à discuter pour finaliser ce contrat, avec plusieurs ateliers et des mémos établis par les directeurs techniques de Senelec», confient des responsables de Akilee.

LES TROIS GRANDS DOMAINES DE AKILEE

Nos sources ont aussi tenu à rappeler que «dès la signature du MOU, nous avions clairement exprimé notre objectif de viser 3 grands domaines». D’abord, la satisfaction de la clientèle par une transformation de leur expérience. Ensuite, l’optimisation de l’exploitation par des solutions dédiées à maîtriser les pertes et réduire les charges d’exploitation ; et enfin, par des solutions de maîtrise de la demande à travers le déploiement de solutions d’efficacité énergétique et de production énergétique renouvelable distribuée. Le tout intégré dans une centrale électrique virtuelle.
«Dans notre démarche, nous avons invité Senelec à étudier le modèle de sociétés comme ENEL, EDF, ENGIE, Total… qui sont toutes en train de se déployer dans les services énergétiques du futur, à travers la création de filiales dédiées. Par ailleurs, Senelec s’est définie une stratégie visant à diversifier ses revenus à travers trois véhicules qui ont la vocation de se déployer dans la sous-région et se positionner comme des champions dans les domaines de la production (ERS), de la distribution (Excellec) et du Comptage et des services intelligents (Akilee)», précisent aussi, nos sources.
Quant aux parts (34 % pour Senelec), les responsables de Akilee précisent aussi que «le choix a été fait de prendre des participations significatives en fonction des apports des parties mais, en évitant de donner l’image d’une Senelec qui se déploierait dans les autres pays». En effet, selon eux, «il serait très difficile pour Senelec, pour des raisons de souveraineté, mais également de fierté, de convaincre ses sociétés-sœurs de lui confier un quelconque projet comme ceux portés par ses filiales».

LES DATA,LE PÉTROLE DU XXIÈME SIÈCLE

Selon des responsables de Akilee, certains «cadres» de Senelec qui soutiennent que leur boite n’a pas besoin d’externaliser le marché des compteurs dits intelligents, font fausse route.  Et pour cause, soutiennent-ils, «Akilee n’est pas un fabricant de compteurs, pas plus que Senelec ne l’est d’ailleurs. Elle s’approvisionne sur le marché, chez des acteurs de référence qui ont fait leurs preuves».
«Ce qui a poussé Senelec à développer des liens capitalistiques et contractuels avec Akilee, ce n’est certainement pas le souhait de s’approvisionner en compteurs, fussent-ils intelligents. L’essentiel est dans les data, c’est le pétrole du XXIème siècle», confient nos sources. L’enjeu pour Senelec serait donc de s’assurer qu’elle aura la maîtrise des données. «Lequel d’entre nous paye pour utiliser Google, Facebook, WhatsApp… ?», s’interrogent nos sources. «La raison en est simple, c’est qu’on ne paie pas en cash, mais en données à partir desquelles ces géants développent des services à haute valeur ajoutée. Le système SenAMI que nous avons conçu permet de s’assurer de la souveraineté sur le système et sur les données, au service de tous», révèlent-ils.
Avant de se poser les questions suivantes : «Pourquoi cela n’a pas été fait jusqu’à présent ? Pourquoi, c’est nous qui avons proposé de généraliser le comptage intelligent alors même que la stratégie initiale de Senelec était de limiter les compteurs intelligents aux quelques 10.000 clients grands comptes et d’équiper tout le reste (99,5%) de compteurs à prépaiement. Compteurs qui, en vérité, exposent encore plus Senelec à la fraude, parce qu’à l’heure actuelle, un client Woyofal n’a aucun autre contact énergétique avec Senelec, si ce n’est la livraison de l’énergie, et cela pose problème.
Pourquoi on n’a pas développé ces logiciels en interne ? Pourquoi à ce jour les quelques compteurs intelligents déployés sont venus avec un système entièrement fourni et géré par des Chinois ?»
Autant d’interrogations auxquelles les services de l’actuel directeur général de la Senelec, Pape Mademba Bitèye, qui, lui, opte pour la piste israélienne, devraient apporter des réponses.

AFFAIRE SENELEC/AKILEE: Syntes et Satel «votent» Akilee

http://www.sudonline.sn/L’affaire de contrat entre Senelec et Akilee est loin de connaitre son épilogue. Après le Sudeten, le Sycas et le Sutelec, c’est au tour du Syntes (Syndicat national des travailleurs de l’électricité du Sénégal) et du Satel (Syndicat autonome des travailleurs de l’électricité de Senelec) de réagir. Toutefois, contrairement aux trois premiers susmentionnés, ces derniers se félicitent, eux, de la collaboration entre Senelec et Akilee
Si le Sudeten, le  Sycas et le Sutelec crient au scandale, le Syntes (Syndicat national des travailleurs de l’électricité du Sénégal) et le Satel (Syndicat autonome des travailleurs de l’électricité de Senelec) ne crachent pas, eux, sur l’offre de Akilee. Dans une note parvenue à Sud Quotidien, le Syntes explique que le contrat liant la Senelec à Akilee a même permis de «juguler un mal».
«L’externalisation des activités du commercial (relève, mise en service, recouvrement,…) est désormais une réalité. Elle fait suite à celle de la production avec les centrales indépendantes Independent Power Producer  comme C6, Kahone, Kounoune Power, Taïba Ndiaye. L’externalisation se poursuivra dans d’autres domaines d’activités. C’est l’air du temps, partout, au Sénégal et dans le monde. Le Sénégal n’est pas en mesure de fabriquer des compteurs, même idiots, donc l’importation de compteurs intelligents et leur gestion efficace par une structure dédiée s’imposent», explique le Syntes.  Selon ces syndicalistes, il était ainsi «opportun de recourir à une infrastructure de comptage intelligent afin de juguler le mal qui gangrène un bien aussi précieux pour l’Etat, le partenaire (client) et le travailleur».
En effet, le Syntes se dit rassuré quant à l’intervention d’Akilee. «Le Syntes est du côté des travailleurs de Senelec et s’est dit convaincu de la pertinence d’Akilee par les plaidoyers et mémorandums produits par l’ancien directeur des systèmes d’information (DSI) de Senelec lors de l’atelier de Saly, précédé de son onction du 31 janvier 2017, et la signature par quatre directeurs d’unité d’un autre mémo le 27 février 2017», rapporte le communiqué.
Le secrétaire général de Satel, Souleymane Souaré, abonde aussi dans le même sens. Il évoque un problème d’approvisionnement de compteurs qui, aujourd’hui, a été réglé par Akilee. «Senelec a décidé de généraliser un système de comptage intelligent dans l’optique d’améliorer encore la qualité de service et de lutter contre le fléau quasi-chronique des pertes. Ainsi, Akilee qui s’est positionnée pour les services énergétiques innovants a structuré le projet de déploiement et d’exploitation du système de comptage intelligent et signé un contrat de 10 ans après 2 ans de négociation avec Senelec. L’objectif stratégique étant clairement, au-delà de la performance interne de Senelec et de la qualité de service, de bâtir un champion régional qui va prendre de l’avance et se déployer dans la sous-région pour diversifier les revenus de Senelec, parce que je le répète, ces systèmes seront incontournables pour tout le monde», a fait savoir Souleymane Souaré. Un objectif atteint par Akilee, dira-il. «Dès que Akilee a commencé à assurer l’approvisionnement des compteurs, Senelec n’a plus connu de ruptures, les délais de livraison des compteurs ont été diminués drastiquement d’un an à 3 mois et les coûts des compteurs ont baissé avec des économies de 1,5 milliard FCFA alors qu’Akilee travaille avec les mêmes fournisseurs qu’avant et avec les mêmes spécifications techniques», explique Souleymane Souaré. Et d’ajouter, «Akilee qui s’est positionnée pour les services énergétiques innovants, a structuré le projet de déploiement et d’exploitation du système de comptage  intelligent et signé un contrat de 10 ans après 2 ans de négociation avec Senelec»
Par ailleurs, Souleymane Souaré déplore le fait que certaines personnes réclament la «rupture de la clause d’exclusivité avec Akilee afin de pouvoir reprendre le contrôle des commandes et donc des marchés avec tout ce qu’on sait des manœuvres qu’il y a autour». Le cas échéant, «Senelec risque de revenir dans des eaux troubles en ce qui concerne son approvisionnement en compteurs», avertit M. Souaré

La microfinance face au Covid-19: Une enveloppe de 500 millions dégagée dès la semaine prochaine pour soutenir les acteurs impactés par la crise

https://www.dakaractu.com/La pandémie du Covid-19 impactera inévitablement plusieurs secteurs, notamment celui de la microfinance. En effet, c’est pour montrer la préocupation du gouvernement consistant à soutenir les acteurs de la microfinance face à cette crise, que le ministre en charge de cette question est revenu au cours d’un entretien via la plateforme regroupant les jeunes journalistes reporters, sur cet appui du secteur informel, notamment ceux qui utilisent le système des institutions de microfinance.
Selon Zahra Iyane Thiam,  » le ministère de la microfinance et de l’économie sociale et solidaire entend apporter son soutien à ces acteurs qui sont impactés par la crise du Covid-19″. Cet appui pourrait se faire sans complaisance à travers la sécurisation et la pérénisation de leurs activités.
Ainsi, elle soutiendra que le président de la République, dans la perspective de soutenir le  secteur de la microfinance et particulièrement ceux du secteur infomel, a dégagé un budget d’un montant de 500 millions de FCFA. Il sera ainsi question pour l’utilisation de ce budget, de venir en appoint aux établissements de microfinance isolés et qui sont généralement installés en monde rural, mais aussi de les doter de crédit de fonctionnement ou d’exploitation.
Donc cette enveloppe de 500 millions qui sera mise à la disposition du fonds d’impulsion de la micro finance, sera répartie en deux volets : 80%, soit 400 millions comme fonds de crédit distribués à ces regroupements d’acteurs et les 20% seront reversés comme subvention à ces acteurs.
« Une quarantaine d’institutions isolées sont déjà dénombrées compte non tenu des entrepreneurs dans les activités informelles qui vont être appuyés avec cette ligne de 500 millions qui est déjà dans les comptes du ministère et dont l’exécution se fera la semaine prochaine », rassure Zahra Iyane Thiam Diop.

les contributions volontaires (19,01 milliards) dépassent les prévisions,le financement pas encore mobilisé

https://www.dakaractu.com/Le comité de suivi des opérations du « FORCE  COVID-19 » s’est réuni le 30 avril dernier.  Les communications, selon des informations reçues à Dakaractu, étaient  axées sur les domaines d’intervention des ministères et structures concernés dans le cadre global du PRES (Plan de Résilience Économique et Social.)
Pour rappel, le plan d’un montant de mille (1000) milliards F CFA est financé comme suit : appui financier des partenaires 586 milliards, les contributions volontaires  15 milliards et enfin le recadrage budgétaire 399 milliards.
Mais à ce jour, selon la même source, les contributions volontaires ont dépassé les prévisions. Elles sont de 19,01 milliards, cependant le financement n’est pas encore totalement mobilisé, les procédures pour le recadrage budgétaire étant toujours en cours.
Au jour du 28 avril 2020, 103,9 milliards ont fait l’objet d’engagement à la direction générale du Trésor, dont 66% effectivement payés. Le déficit budgétaire prévu est de 6,8%, hors convergence UEMOA.

 Face au coronavirus, les Africains se réveilleront-ils pour réagir à la crise de l’eau? Par Fadel Ndaw,Banque mondiale

Ces dernières années, de nombreuses villes africaines ont dû prendre des mesures drastiques pour éviter des pénuries d’eau potable. Nous nous souvenons tous de la pénurie historique subie par la ville du Cap en 2018. Les autorités sud-africaines avaient évité de justesse la catastrophe en rationnant l’eau potable à 50 litres par jour et par habitant, dans une ville habituée jusque-là à des niveaux élevés de consommation.
La même année, la ville de Bouaké en Côte d’Ivoire recevait un financement d’urgence 8,5 millions de dollars de la Banque mondiale pour faire face à une grave pénurie d’eau potable. Cette intervention a permis de juguler la pénurie grâce à la construction de stations compactes de traitement, l’équipement de nouveaux forages et la réhabilitation de pompes manuelles dans les villages raccordés au réseau de Bouaké tout en développant la distribution d’eau potable par des camions citernes.

L’eau, l’assainissement et l’hygiène au centre de la crise de COVID-19

Alors que la première recommandation de l’Organisation mondiale de la santé pour se protéger du coronavirus est de se laver les mains fréquemment avec du savon, il est évident que pour lutter de façon durable contre la propagation du COVID-19 et prévenir toutes les pandémies à venir, la disponibilité d’eau potable à proximité immédiate des habitations pour l’ensemble de la population est un impératif.
Or, en Afrique subsaharienne, près de 63 % des populations urbaines, principaux foyers de la maladie, ont du mal à accéder aux services élémentaires d’alimentation en eau et ne peuvent pas se laver les mains . On estime que 70 à 80 % des maladies sur le continent sont dues à la mauvaise qualité de l’eau et à l’absence d’installations d’assainissement adéquates, comme la dysenterie et le choléra, qui sont parmi les principales causes de mortalité infantile.
Les gouvernements africains viennent de mettre en place des plans d’urgence pour lutter rapidement contre la crise de COVID-19. Mais la plupart de ces plans mettent surtout l’accent sur la réponse d’urgence sanitaire et peu sur l’amélioration de l’accès à l’eau et à l’assainissement, si ce n’est à travers l’installation d’équipements pour le lavage des mains dans les centres de santé et autres lieux publics.

L’urbanisation rapide oblige à trouver des solutions durables pour améliorer l’accès à l’eau

Le problème de l’accès à l’eau potable est d’autant plus vital que la démographie urbaine augmente très rapidement sur le continent.  En 2050, plus de 1,6 milliard d’Africains habiteront dans des villes et des bidonvilles. Dans les prochaines années, une centaine d’immenses mégapoles actuelles, comme Lagos au Nigéria qui compte 23 millions d’habitants ou Kinshasa en République démocratique du Congo et ses 12 millions d’habitants, doubleront leurs populations. Par ailleurs, le monde connaîtra d’autres pandémies. Et le changement climatique ne fera qu’accroître les épisodes de sècheresse ou d’inondations qui affectent déjà de nombreuses villes.
Il est dès lors primordial que les gouvernements africains mettent en place des stratégies, mobilisent une partie de leur budget et élaborent des politiques en faveur de la fourniture de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène à l’ensemble des Africains. Plusieurs solutions s’offrent à eux :

-Augmenter les investissements dans l’eau et l’assainissement 

: Conformément au 6e Objectif de développement durable, l’Afrique doit investir massivement dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement au cours des dix prochaines années. Il faudrait entre 10 et 15 milliards de dollars d’investissement annuels pour approvisionner toute la population en eau potable et fournir un service d’assainissement de base. Or actuellement, les pays africains ne consacrent pas plus de 0,5 % de leur PIB à ce secteur et n’y investissent qu’une petite partie de l’aide internationale.

-Garantir la viabilité financière des sociétés de traitement et distribution d’eau 

: Selon une étude récente de la Banque mondiale sur la performance des services d’adduction d’eau en Afrique, la moitié des sociétés ne disposent pas de recettes suffisantes pour couvrir leurs coûts d’exploitation et d’entretien. Il faudra donc renforcer les capacités opérationnelles et la résilience des sociétés publiques ou privées, afin qu’elles puissent fournir de l’eau de bonne qualité, en quantité suffisante et à un tarif politiquement et socialement acceptable tout en étant viables financièrement.
-Réutiliser les eaux usées : Dans de nombreux pays, les eaux usées deviennent une autre manière de répondre à la demande en eau, surtout autour des zones urbaines où se développent des périmètres maraîchers indispensables pour nourrir les habitants des villes. En Israël, par exemple, 91 % des eaux usées sont traitées et 71 % servent à l’irrigation des cultures. Or, dans les pays africains, seuls 10 % des eaux usées sont traitées. En réutilisant davantage l’eau pour irriguer les terres agricoles, ces pays pourront assurer la sécurité alimentaire du continent tout en appliquant des approches d’économie circulaire et de sécurité de l’eau.
La crise sanitaire historique que nous traversons va frapper durablement l’économie mondiale mais elle portera un coup encore plus dur aux économies africaines fragiles. Plus ces dernières réagiront vite, plus elles seront résilientes. Et une riposte durable au COVID-19 et aux pandémies qui lui succèderont ne pourra occulter l’eau et l’assainissement.

Lutte contre le Covid-19: l’état d’urgence prorogé jusqu’au 2 juin

http://dakarmatin.com/Nous en avons, au moins, pour un mois encore : l’Etat d’urgence est prolongé jusqu’au 2 juin. deuxième prolongation après celle d’il y a un mois.
Le président de la République, Macky Sall, vient de décider par un décret signé ce samedi, 02 mai 2020, de prolonger une nouvelle et pour une durée d’un mois, l’état d’urgence assorti d’un couvre-feu tous les jours, de 20h à 6h, sur toute l’étendue du territoire national. Ainsi, lesdites mesures sont prolongées jusqu’au 2 juin 2020.
Le 24 mars dernier, le chef de l’Etat décrétait l’état d’urgence et le couvre-feu dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus au Sénégal.
« Conformément à la loi sur l’état d’urgence, ces mesures donneront en particulier aux autorités administratives compétentes le pouvoir de réglementer ou d’interdire la circulation des personnes, des véhicules ou des biens dans certains lieux et à certaines heures, d’interdire, à titre général ou particulier, tous cortèges, défilés, rassemblements et manifestations sur la voie publique ; d’ordonner, la fermeture provisoire des lieux publics et lieux de réunions , d’interdire, à titre général ou particulier, les réunions publiques ou privées de quelque nature qu’elles soient, susceptibles de provoquer ou d’entretenir le désordre », disait Macky Sall.
A ce jour, deux mois après l’apparition du premier cas positif au coronavirus Covid19, le Sénégal en est à 1115 cas diagnostiqués positifs sur 11 des 14 régions, contre 368 patients déclarés guéris, 9 cas de décès déplorés, 1 patient évacué en France et 737 patients, dont 4 cas graves, encore sous traitement dans les différents centres de gestion des épidémies sur l’étendue du territoire national

Covid-19 de ce dimanche 03 avril 2020:67 nouveaux cas, 4 patients guéris

Sur 810 tests réalisés, 67 sont revenus positifs au coronavirus soit un taux de positivité de 8,27 %. Il s’agit de 62 cas contacts suivis et 5 cas issus de la transmission communautaire répartis comme suit
4 patient ont été testés négatifs et déclarés guéris.
Quatre cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation à Fann et à l’hôpital Principal.
A ce jour, le Sénégal compte 1182 cas positifs dont 372 guéris, 9 décès, 1 évacué et 800 encore sous traitement.

COVID-19/ TRAITEMENT DES PATIENTS :Le Pr Moussa Seydi vote pour Raoult

Libération Sénégal online Au premier front dans la lutte contre le coronavirus, le professeur Moussa seydi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de Fann, est revenu, aujourd’hui, sur la prise en charge des malades non sans vanter le «protocole Raoult » : «Il me plait de donner les résultats sur une analyse rétrospective préliminaire concernant une partie de nos données. Analyse que nous avons effectuées grâce à la collaboration de plusieurs personnes mais plus particulièrement de l’Institut Pasteur de Dakar ». Le professeur de révéler : « Sur 181 cas, nous avons observé que la durée médiane d’hospitalisation était de 13 jours chez les patients qui n’avaient pris aucun traitement. Elle était de 11 jours pour ceux qui avaient l’hydroxychloroquine seulement et de 9 jours pour ceux qui avaient pris l’hydroxychloroquine associée à l’azithromycine. Nous avons constaté que les patients qui se sont fait consulter tôt et qui avaient démarré le traitement dans les 24 heures, avaient une durée médiane d’hospitalisation de 8 jours. Par contre, les patients de plus de 80 ans avaient une durée médiane de 19 jours. Tous les patients qui ont été pris en charge tôt et traité avec l’hydroxychloroquine n’ont eu aucune complication et nous n’avons noté aucun décès dans cette catégorie. Concernant les effets indésirables et secondaires, l’analyse a porté sur 362 patients. Dans ce lot, nous avons constaté 12 cas qui ont eu des effets secondaires. Tous les effets secondaires étaient modérés. Il n’y en avait pas de graves effets secondaires. Tous les signes se sont par la suite régressés ». Conclusion sans appel du Pr Seydi : «Après ces résultats constatés, nous avons décidé de continuer de traiter nos patients avec l’hydroxychloroquine associée à l’azithromycine »

Le Professeur Moussa Seydi sur l’immunité collective: «On risque d’aller vers l’hécatombe si on tente cette expérience»

http://dakarmatin.com/Face à la propagation du coronavirus, des spécialistes de santé préconisent l’immunité collective. Selon l’Institut Pasteur, « L’immunité collective correspond au pourcentage d’une population donnée qui est immunisée/protégée contre une infection à partir duquel un sujet infecté introduit dans cette population ne va plus transmettre le pathogène car il rencontre trop de sujets protégés. Cette immunité de groupe, ou collective, peut être obtenue par l’infection naturelle ou par la vaccination».
Dans plusieurs sorties médiatiques, le Dr Pape Moussa Thior a demandé à ce que le Sénégal aille vers cette dynamique tout en déconstruisant le discours de peur autour des cas communautaires. « Ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir des cas communautaires (…) Quand le virus circule, surtout si vous avez une population très jeune, ce qui est notre chance en Afrique, il y a ce qu’on appelle le développement d’anticorps chez cette population jeune. Et, cela va constituer un frein au réseau de distribution de la maladie, et protéger les personnes qui sont vulnérables », soutenait ce spécialiste.
Mais selon le Professeur Moussa Seydi, ce n’est pas la meilleure solution. « Certains ont même milité pour qu’on laisse la maladie atteindre le maximum de personnes pour avoir l’immunité collective. Mais étant donné que cette maladie a l’air non-immunisante, on risque d’aller vers l’hécatombe si on tente cette expérience », avertit le scientifique. Au Sénégal, des patients qui étaient déclarés guéris ont rechuté. Pour le Pr Seydi, l’accent doit être mis sur la prévention pour gagner la guerre contre le COVID-19.

Dr Marie Khemesse Ngom Ndiaye: «Nous attendons le pic dans les prochains jours»

http://www.lasnews.info/Après deux mois de présence au Sénégal, le covid 19 a touché plus 1000 personnes, tuant même 9 d’entre elles. Sur ce dernier mois, le nombre de cas a été multiplié par six, avec la prolifération des cas communautaires. Invité de de l’émission « Grand Jury », la Directrice de la Santé publique est revenu sur la stratégie du ministère de la Santé pour freiner la maladie. A en croire la Dr Marie Khemesse Ngom Ndiaye, la pandémie est à sa phase ascendante et que le pic devrait avoir lieu dans les prochains jours.

Les critiques des syndicats de santé

« Les critiques, je les prends pour des opportunités. Cela nous permet de revoir les stratégies que nous sommes en train de dérouler. Ce ne sont pas des stratégies fixes. Aujourd’hui, personne ne pensait que les Etats-Unis allaient avoir des difficultés face à cette pandémie. Je ne pense que tout est opportunités. Les syndicalistes, nous devons les écouter, prendre en compte ce qu’ils disent ».

Date attendue pour le pic du covid 19

« Je ne peux pas le dire tout de suite. Nous avons mis un logiciel qui est un gestionnaire de données. Avec le lot d’informations que nous aurons, nous allons donner exactement le moment prévu pour le pic. Nous sommes dans une phase ascendante. Il faudra encore attendre quelques jours pour pouvoir donner des indications claires ».

Laisser le virus circuler

« Cette stratégie est souvent utiliser notamment dans le cadre de la rougeole. Nous ne voulons pas trop s’attarder là-dessus. La pratique existe dans le système de santé publique. Mais pour le cas du covid 19 qui est en train de faire des ravages et qui n’a pas encore trouvé de vaccin.  Nous avons même des cas de re-contamination. Des pays l’on essayé, mais ils sont vite revenu à la case départ. Je ne dis pas ce que le Dr Thior a avancé est faux, mais ce n’est pas adapté à notre pays. Cela ne fait encore partie de notre stratégie. Nous prenons en compte toutes les remarques ».

Les effets du couvre-feu

« Nous sommes devant un inconnu. Nous prenons toutes les stratégies qui sont à notre porté. Au début, les gens pensaient au confinement. Mais aujourd’hui, la tendance est toute autre. Ce sont des mesures de contingences que nous allons évaluer ».

Reprise des enseignements le 2 juin

« Il y a une grande réflexion, avec plusieurs scénarii. Nous donnons des avis techniques. On demandera sans doute aux élèves d’avoir des masques. Nous avons lancé le 2 juin, mais nous allons donner des recommandations. Ce qu’il faut, c’est d’aller au-delà de l’épidémie ».

Cas Khalilou Fadiga à Tamba

« Il est Sénégalais et il peut rentrer dans le pays. Mais une fois qu’il est dans le pays, il est mis en quarantaine. Mais si vous le faites dans la clandestinité, vous aurez à faire avec les forces de l’ordre. Les Sénégalais qui sont bloqués au niveau des frontières, ils étaient tous dans des endroits ».

Covid Organics malgache

« Ce n’est pas une fameuse remède malgache. Les Sénégalais connaissent tous l’Artemesia. Il a même été utilisé pendant un temps dans le traitement du paludisme. C’est une plante beaucoup utilisé dans la volaille et dans l’agriculture  Il faut savoir que l’OMS n’impose rien du tout, mais donne des indications. Par rapport à ce remède, le président de la République a donné sa réponse diplomatique»

ABDOULAYE DIOUF SARR: «IL FAUT UN ENGAGEMENT PLUS MARQUÉ»

http://www.emedia.sn/– « L’épidémie ne faiblit pas », a constaté le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, en présentant ce samedi 2 mai, le deuxième bilan mensuel depuis l’apparition de la maladie au Sénégal, le 2 mars dernier. A cet effet, signale-t-il pour le déplorer : « En effet, ces 30 jours, le nombre de cas positifs de Covid-19 a plus que quintuplé, passant de 190 à 1114, entre le 2 avril et aujourd’hui. » L’augmentation des cas dits communautaires inquiète toujours.
La preuve que le coronavirus avance le Sénégal a enregistré, ce samedi, 2 mai, sur un taux de positivité de 7, 64%, 91 nouveaux cas sur 1190 tests effectués.
Des cas ainsi répartis : 87 contacts suivis par les services du ministère de la Santé, et 4 issus de la transmission communautaire, et enregistrés à Grand-Médine, Rufisque, Touba, et Mbacké.
Par ailleurs, 12 patients ont été contrôlés négatifs, et déclarés guéris.
Pire, 4 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation à Fann et Principal.
A ce jour, 1115 cas ont été déclarés positifs au Sénégal, dont 368 guéris, 9 décédés, 1 évacué, et 737 patients sous traitement.
Diouf Sarr déplore également le non-respect des mesures édictées. Car relève-t-il : « Les mesures et les stratégies de riposte jusque-là mises en œuvre par le gouvernement ont permis de garder le contrôle. Néanmoins, la progression de la maladie, qui touche désormais 11 régions sur 14, indique clairement qu’il faut un engagement plus marqué, en particulier des communautés. »
Avant de trancher : « Seule une application très rigoureuse des mesures tirées d’une très grande discipline individuelle et collective peut nous permettre de vaincre le Covid-19 pour mettre fin à ses ravages sur notre société ».
Au-lendemain du 1er mai, la fête du travail, les premiers mots du ministre sont allés aux travailleurs de la Santé, et de l’Action sociale. « Qui occupent la première ligne dans la lutte contre le Covid-19. Le personnel de santé, toute profession confondue, partout sur le territoire national, dans le public comme dans le privé, sont mobilisés, et déterminés à freiner la propagation du virus. Je voudrais saluer leur professionnalisme et leur courage. Les autres acteurs impliqués dans la riposte, méritent cet hommage, je les exhorte à maintenir haut le niveau d’engagement, et de détermination dont il faut montre depuis le début ».
Dans cet hommage, il n’a pas oublié de s’incliner devant la mémoire des 9 personnes décédées de la maladie au Sénégal. Dié BÂ

« La tranche d’âge des 60 ans et plus représente 10,4% des cas et concentre l’essentiel de la mortalité « Dr Bousso

https://www.pressafrik.com/-Le constat est le même. La propagation de l’épidémie de covid-19 ne faiblit pas. Et l’actuel Directeur du Centre des Opérations d’Urgence Sanitaire (COUS) du Ministère de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Bousso l’a fait savoir, ce samedi, lors du point mensuel.
« Ce samedi 2 mai nous sommes à 1 015 cas. Contrairement à notre dernier pont, le nombre de cas a multiplié de 6. Là nous constatons que l’épidémie est entrain de se développer dans ce pays » a t-il déclaré d’emblée avant d’informer sur les tranches d’âge les plus touchées de cette maladie.
« En termes d’informations sur la proportion d’hommes et femmes, le nombre est à peu prés égal nous avons  52, 22 d’hommes  et 47, 78% de femmes. La tranche d’âge la plus touchée c’est la tranche d’âge des 25 et 45 ans où nous constatons  42, 02 % de cas. Les enfants entre 0 et 4 ans représentent 5,2% et la tranche d’âge de 60 ans de plus représente aujourd’hui 10,4%. Et, nous avons constaté avec cette  tranche d’âge le taux de mortalité le plus élevé».

 Le directeur de l’Institut Pasteur sur les tests rapides: «Pour les prélèvements qui sont faits avant 20h,les résultats sont disponibles le même jour»

https://www.dakaractu.com/Le directeur de l’Institut Pasteur a fait face à la presse, ce samedi, pour faire le point mensuel sur la situation du Covid-19 au Sénégal. Alors que plusieurs personnes infectées ne présentent que peu ou pas de symptômes, l’augmentation du nombre de tests par jour pourrait permettre d’avoir une vision claire de la propagation du coronavirus, selon le Dr Amadou Sall.
Ce dernier a déclaré que l’institut qu’il dirige a augmenté les tests sérologiques effectués par jour, sur instruction du ministre de la Santé et de l’Action sociale. Quant aux tests rapides, qui permettent des résultats en quelques heures, le directeur de l’Institut Pasteur a indiqué que « pour les prélèvements qui sont faits avant 20h, les résultats sont disponibles le même jour ».
« Les tests effectués par jour ont été augmentés au cours de ces dernières semaines pour permettre d’accommoder la stratégie qui permet évidemment de résoudre l’épidémie à travers une recherche active des cas dans les communautés », a expliqué le Dr Sall.
Il parle d’une « facilitation de la délivrance des résultats », à travers la mise en place d’une plateforme qui permet aux médecins de district se trouvant dans les régions d’avoir accès aux résultats. « Au niveau de l’engagement communautaire, les laboratoires ont été organisés, les capacités augmentés, afin d’identifier le maximum de cas et prendre les mesures idoines dans ce sens », a-t-il indiqué.
Basé sur la détection du code génétique du coronavirus, le test moléculaire par « PCR » révèle si un malade est infecté par le virus au moment où on le réalise.

 COVID 19-DE NOUVEAUX SITES AMÉNAGÉS POUR CONTENIR LES MALADES

http://www.emedia.sn/–Du nouveau dans la prise en charge des malades du Covid-19. Vu la multiplication exponentielle du nombre de cas positifs, le ministère de la Santé et de l’Action sociale a décidé d’externaliser la prise en charge des patients.
Ainsi, les patients qui présentent une forme bénigne de la maladie vont quitter les hôpitaux et seront logés dans des sites d’isolement. Selon le Directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaires (Cous), Docteur Abdoulaye Boussou, cette prise en charge extra-hospitalière sera rendue possible grâce à de nouveaux sites qui sont mis à la disposition du ministère de la Santé. « Aujourd’hui, nous avons de plus en plus de cas. L’objectif est de ne pas perturber nos établissements de santé, de ne pas faire nos hôpitaux, des structures exclusivement Covid. Ce qui pourrait porter préjudice aux autres maladies », a-t-il indiqué.
Parmi les sites identifiés, il y a le hangar des pèlerins de l’aéroport Lépold Sédar Senghor. Il y a également la base aérienne de Thiès et le centre des armées de Guéréo, que l’armée a mis à la disposition du ministère. Ces trois sites vont s’ajouter aux 20 centres d’isolement répartis dans le pays.
Après plus de 60 jours de présence sur le terroir sénégalais, l’amer constat est que le Covid-19 ne recule pas. Cela s’est confirmé par les chiffres du jour. Sur 1190 prélèvements réalisés, 91 sont revenus positifs. Actuellement, le Sénégal compte 368 patients guéris, contre 4 dans un état grave et 737 personnes encore sous traitements au niveau des structures sanitaires Babacar FALL

 «L’AUGMENTATION DES CAS VA DE PAIR AVEC LA HAUSSE DES CAS GRAVES»

http://www.emedia.sn/-Le professeur, Mamadou Diarra Bèye, Directeur du Samu National a abordé, ce samedi, la prise en charge des cas grave de maladie du coronavirus. Non sans avertir : « L’augmentation des cas va de pair avec la hausse des cas grave et c’est le cas chez nous. 50% du taux de mortalité a été notée dans la prise en charge de ces cas graves », prévient-il.
Pour le Directeur du Samu, la prise en charge des cas graves en réanimation a une particularité parce qu’ils prennent les pathologies d’urgence non Covid-19 et celles graves du coronavirus. « Ces malades, on ne les mélange pas pour éviter la contamination. Ce qui entraine une double problématique. Il faut assurer le service continu par rapport à la prise en charge de cas graves non Covid mais il faut également mettre un dispositif séparé pour pouvoir répondre à la prise en charge des cas graves pour les patients testés positifs », a expliqué le professeur Bèye, demandant aux patients qui ont des comorbidités de ne pas avoir peur de venir fréquenter les services de santé. Car, toutes les dispositions sont prises pour les pendre charge sans risque majeur.
Dans le même sillage, il a indiqué qu’à ce jour, le nombre total de cas grave pris en charge au niveau national s’élève à 23 dont 18 à Dakar et 5 dans les régions. Il y a, ajoute-t-il, quatre malades graves qui sont hospitalisés dans les services de réanimation. Mieux, il a insisté sur le fait que l’âge moyenne des cas graves qui ont été pris en charge est inférieur à 60 ans. « Il tourne entre 55 et 60 ans.»,précise-t-il.
Par ailleurs, Pr Bèye rappelle que dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, le Samu a également pour rôle de réceptionner les alertes. Et à ce titre, 1112 alertes ont reçu et transmises à la cellule d’alerte logée au ministère de la Santé. En sus, plus de 500 transferts ont été faits depuis le début de l’épidémie à Dakar. S’exprimant sur la lancinante question des respirateurs, le Directeur du Samu national informe que les acteurs sont en train d’y travailler. « On est en train de faire des commandes et de mutualiser nos efforts pour apporter la réponse qui sied », rassure-t-il. Aliou DIOUF

REPRISE DES COURS LE 2 JUIN: L’UNICEF VALIDE LE PLAN DU GOUVERNEMENT

http://www.emedia.sn/-L’Unicef valide le plan de réouverture des classes décliné par le gouvernement. La Représentante du Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef) au Sénégal, Silvia Danailov se dit favorable à la reprise progressive de l’enseignement annoncée pour le 2 juin 2020. Mais, indique-t-elle, cette réouverture, après plus de deux mois à cause à la crise sanitaire du Covid-19, doit être accompagnée de sorte que les élèves ne courent aucun risque en reprenant le chemin de l’école. « Nous sommes en train de voir avec le ministère de l’Education nationale, quelles seront les conditions à garantir pour que cela puisse se faire », dit-il à l’émission, le Jury Du Dimanche (JDD), ce dimanche, 3 mai 2020.
Pour endiguer la propagation du Coronavirus, l’Etat du Sénégal avait décidé, le 16 mars 2020, de fermer les établissements scolaires. En Conseil des ministres, mercredi dernier, le président de la République a décidé de rouvrir progressivement les classes à partir du 2 juin prochain. Selon la représentante de l’instance onusienne pour des enfants, cette reprise des cours devrait être accompagnée par des mesures préventives. « Ici au Sénégal, près de 6 000 établissements scolaires élémentaires n’ont pas de dispositif d’hygiène adéquat. Nous voulons soutenir l’Etat pour que certaines conditions soient présentes avant la reprise des cours », signale Silvia Danailov.

« PAS D’ANNÉE BLANCHE »

Actuellement dans le monde, près de 5 milliards d’enfants sont confinés chez eux. Ils ne vont plus à l’école à cause de la pandémie. Au Sénégal, ce sont environ 15 000 établissements scolaires qui sont fermés. L’Etat est en train de combler le gap avec l’enseignement à distance. Une initiative bien appréciée par l’Unicef. « Nous travaillons avec les organisations pour voir comment mettre en place des standards pour accompagner les initiatives d’enseignement à distance », informe Silvia Danailov qui appelle les autorités de tout mettre en œuvre pour éviter une année blanche. « Nous pensons qu’il faudrait éviter, à tout prix, d’infliger une double peine aux enfants. C’est d’abord, la peine qu’ils n’ont plus accès à l’enseignement. Ensuite, qu’ils ne puissent pas faire leurs examens pour passer en classe supérieure. Nous savons que, s’il y a redoublement, il y aura des abandons massifs à l’éducation chez les enfants. C’est pourquoi, nous estimons que le gouvernement sénégalais est sur une bonne approche si tous les standards sont réunis. L’Unicef va essayer de l’appuyer surtout sur le plan de l’hygiène au niveau des écoles », a-t-elle révélé. Babacar FALL & Pape D. DIALLO (Photo)

«IDENTIFIER LE MAXIMUM DE CAS ET PRENDRE LES MESURES IDOINES»

http://www.emedia.sn/-2 mars 2020 – 2 mai 2020 ! Cela fait deux mois, jour pour jour, que le Sénégal a enregistré son premier cas de coronavirus. Sans perdre de temps, un dispositif sanitaire a été mis en place pour éviter la propagation de la maladie pathogène. A cet effet, le rôle assigné à l’Institut Pasteur de Dakar a été, selon son Directeur Amadou Alpha Sall, de faire des tests de diagnostic mais aussi d’appuyer la lutte à travers la participation à des instances stratégiques et de coordination. L’IPD a aussi apporté son expertise en épidémiologie, en recherches cliniques et en analyse des données pour suivre l’évolution de l’épidémie.
Amadou Alpha Sall de rassurer : « Les laboratoires sont organisés, les capacités ont été augmentées afin d’identifier le maximum de cas et prendre les mesures idoines dans ce sens ». D’après M. Sall, ce qu’on peut remarquer de cette épidémie est l’augmentation significative des nombreux de tests qui a été fait avec un pic qui a été atteint le 1er mai. « Il parait important de signaler qu’à la demande du ministère de la Santé, la capacité a été augmentée au cours de ces dernières semaines pour permettre d’accommoder cette stratégie qui permet de résoudre cette épidémie à travers une recherche active des cas dans les communautés. Cela n’altère en rien la capacité de traitement », a indiqué M. Sall.
« L’institut Pasteur a effectué, à ce jour, 16 328 prélèvements pour des cas suspects des contacts à travers un laboratoire central à Dakar et deux laboratoires mobiles déployés à Touba et à Kolda pour renforcer la lutte dans les régions. Le laboratoire de Dakar a, à ce jour, testé 12 331 prélèvements. Celui de Touba a testé 2341 prélèvements de neuf régions du Sénégal et celui de Kolda, depuis le 9 avril, a eu à tester 1656 prélèvements pour quatre régions », a expliqué, dans le détail, le directeur de l’Institut Pasteur. Aliou DIOUF

GESTION DU CORONAVIRUS-DANS L’ATTENTE D’UN BILAN D’ÉTAPE TOTAL ET GLOBAL Par Dr Khadim NGOM, cardiologue

Le bilan d’étape à deux mois de la gestion de l’épidémie du SARS COV 2 au SÉNÉGAL effectué par le ministre de la santé et ses collaborateurs est à saluer notamment sur l’augmentation du nombre de tests (phase de détection active), de lits de réanimation et l’externalisation de la prise en charge des malades asymptotiques ou paucisymptomatiques en tenant compte de l’âge et des comorbidités (400 lits entre LSS, GUEREO, Base militaire de Thies). cette prise en charge extra hospitalière aura le mérite d’apporter une bouffée d’oxygène au secteur hospitalier et atténuera l’impact négatif sur le retard de prise en charge des pathologies non COVID.
Je remarque cependant qu’ils n’ont pas du tout été précis sur le NOMBRE exact de lits de réanimation (Covid ou non Covid), le nombre de respirateurs, le nombre de tests disponibles, le nombre de masques et d’autres équipements essentiels pour la riposte. Je rappelle que l’assouplissement des mesures coercitives mises en place par le gouvernement ne pourra être envisagé qu’en fonction de ce stock et du profil évolutif de l’épidémie. C’est cette balance capacité / risque qui est le nœud gordien à trancher pour une appréciation sérieuse et prudente de l’épidémie et de ses éventuelles évolutions.
Le professeur Seydi a été brillant sur la présentation de la prise en charge, de l’interprétation des données cliniques et épidémiologiques et a dégagé clairement la justification de la poursuite des protocoles thérapeutiques mises en place.
Nous attendons maintenant avec un grand intérêt un bilan d’étape total et global balayant les différents secteurs concernés notamment économique et social.
Malheureusement cette situation met en exergue une carence criarde de notre architecture institutionnelle avec l’absence d’un Premier ministre chargé de la coordination et de la mise en œuvre de la politique gouvernementale traduisant en acte la vision du président de la République tout en étant son paravent et son paratonnerre.
La flexibilité de la stratégie de riposte doit être le leitmotiv pour une réadaptation constante aux différentes évolutions du COVID19.
Ce virus nous enseigne l’humilité et la remise en cause perpétuelle de nos certitudes.
Notre attitude doit être d’envisager le pire, espérer le meilleur et faire avec ce que l’on a.

LE PROFESSEUR ADAMA FAYE, EPIDEMIOLOGISTE, SUR L’EVOLUTION DU CORONAVIRUS AU SENEGAL: «S’il y a un débordement des structures sanitaires, on ira tout droit vers le confinement…»

http://www.sudonline.sn/Il n’est pas impossible de laisser des malades victimes de Covid-19 à domicile pour une prise en charge extrahospitalière. Toutefois, selon le professeur Adama Faye, épidémiologiste, « il faudrait s’assurer que les malades restent à domicile pendant en moyenne 14 à 21 jours peut-être plus sans sortir de la maison au risque de contaminer les populations ».  Pour y arriver, il estime dans cet entretien accordé à Sud quotidien « qu’il faut convaincre et éduquer les populations ».  Revenant sur le confinement total de la population, la blouse blanche dira tout simplement qu’à chaque situation, une stratégie adaptée. « Si le Sénégal se retrouve avec un nombre très élevé de cas et un débordement des services de réanimation, on sera obligé d’adopter la même stratégie que les autres pays à savoir le confinement total». Sur le débat sur l’immunité collective, le professeur Faye se veut prudent…
Entretien.
Un débat se pose entre spécialistes entre le confinement total, le port généralisé de masques et disponibilité de masse. Qu’en pensez-vous? 
Dans cette épidémie il faut apprendre des succès et des erreurs des pays qui sont en avance sur nous par rapport à la dynamique de l’épidémie. J’entends par avance des pays où l’épidémie a débuté avant nous. Pour endiguer une épidémie il faut rompre la chaine de transmission. Les pays qui ont réussi ont eu la même stratégie : tester, isoler, tracer et mettre en quarantaine. Les deux approches communes, c’est tester et tracer. La manière d’isoler les cas positifs ou les contacts varie d’un pays à l’autre. Dans certains pays, on demande aux cas confirmés de rester à la maison et on n’hospitalise uniquement que les cas graves. Au Sénégal, tous les cas sont hospitalisés. Il s’agit plus d’isoler le malade pour casser la chaine de transmission même s’il ne présente pas de signes car il continue de transmettre la maladie.
Est-il possible au Sénégal de laisser les cas positifs à domicile et de s’assurer qu’ils ne vont pas transmettre la maladie aux autres membres de la famille ?
En moyenne, les derniers résultats de la recherche montrent qu’un cas peut transmettre la maladie à 5,7 personnes. Au Sénégal, en moyenne, dans un ménage il y a 6 personnes. Et l’autre problème, c’est la communauté. Il faudrait s’assurer que les malades restent à domicile pendant en moyenne 14 à 21 jours, peut-être plus sans sortir de la maison au risque de contaminer les populations. Dans tous les cas, ils doivent adopter des comportements visant à protéger les autres. Je ne dis pas que cette stratégie n’est pas possible au Sénégal mais il faut convaincre et éduquer les populations. D’ailleurs, je pense qu’il faut qu’on déconstruise cette maladie en changeant la représentation sociale.
Le confinement total serait-il à l’ordre du jour avec l’évolution des cas confirmés avec plus de 500 sous traitement ?
Le confinement total est une stratégie extrême pour rompre la chaine de transmission. Les pays qui l’ont fait  n’avaient pas le choix. Les services de réanimation étaient débordés et la létalité très élevée. C’était la seule solution pour faire souffler le système et surtout mieux se préparer. Cet objectif a été atteint pour plusieurs pays. Nous n’en sommes pas encore là et personne ne le souhaite. Mais il faut que cela soit clair, si le Sénégal se retrouve dans cette situation et un débordement des services de réanimation, on sera obligé d’adopter la même stratégie. Il faut que cela soit clair dans la tête de tous les Sénégalais. Le confinement total, c’est une réponse à une situation épidémique bien précise.
Quelle est la position du Sénégal dans le monde dans la réponse contre le coronavirus ?
Si on analyse bien l’évolution de l’épidémie à travers le monde, on se rend compte que l’un des facteurs majeurs de réussite de l’endiguement est le respect des directives et surtout la discipline des populations. Les pays où les populations sont disciplinées s’en sortent bien. Pour le Sénégal, la question qu’on peut se poser est la capacité du gouvernement à faire respecter les directives. Depuis ce que j’appelle le confinement régional, on ne devrait plus observer de cas dans certaines régions. C’est vrai que le gouvernement ne peut pas tout faire, il ne peut pas contrôler chaque Sénégalais. Donc, c’est ensemble que nous allons réussir ou échouer.
Les recherches ont-elles révélé d’autres formes de transmission de la maladie à part celles déjà connues comme par la toux et les éternuements ? 
Les connaissances sur la maladie ont bien évolué. Maintenant, la recherche a montré qu’on peut transmettre la maladie rien qu’en parlant. Il y a aussi les cas asymptomatiques qui peuvent transmettre la maladie. Ce qui fait que le port du masque pour le grand public est devenu une stratégie incontournable. Dans tous les pays du monde, il est adopté. L’Etat doit prendre toutes les dispositions pour que les différents types de masque soient disponibles, particulièrement au niveau des structures de santé.  Si tout le monde adopte le port de masque et les autres mesures édictées par le gouvernement, je pense qu’on pourra commencer à discuter sérieusement de la reprise des activités économiques et sociales. Car le problème n’est pas seulement sanitaire mais il est social et économique. Et même sur le plan sanitaire, il faut s’attendre à des conséquences sur la prise en charge des autres affections qui tuent plus que Civid-19.
 Le Dr Thior soutient que les cas communautaires ne sont pas une catastrophe. Diriez-vous les choses ainsi ? 
 Les cas dits communautaires sont des cas qui ont échappé au contrôle. Cela suggère qu’il y a une circulation du virus dans la communauté et si le nombre devient important, il se pose le problème même du contrôle de l’épidémie. Car il faut signaler qu’au début de l’épidémie, il n’y avait pas de cas dits communautaires. Il est préférable de ne pas en avoir que de se retrouver avec un grand nombre. Il faut souligner qu’il y a une transmission pré-asymptomatique, c’est à dire avant l’apparition des signes et une transmission asymptomatique. Autant de facteurs qu’on ne contrôle pas bien chez les cas dits communautaires. Car j’imagine bien qu’ils sont diagnostiqués et non dépistés. Quant aux formes asymptomatiques, on ne les retrouvera jamais alors qu’ils continuent de transmettre la maladie
 L’immunité collective serait-elle aujourd’hui à l’ordre du jour ? 
Je pense qu’il faut être très prudent sur l’immunité collective. Cette stratégie est bien connue en Santé publique. C’est le principe même de la vaccination. En vaccinant 80 à 85% des enfants, ils pourront ainsi protéger les enfants non vaccinés. Mais dans le cadre de Covid-19, il faut d’abord discuter de l’immunité individuelle. L’OMS a attiré l’attention des pays sur le fait qu’à l’heure actuelle, aucune connaissance scientifique n’établit clairement le type, le niveau et la durée de l’immunité. Cette question de l’immunité est au centre du débat scientifique. Elle constitue une préoccupation majeure de l’industrie pharmaceutique dans la perspective de fabrication d’un vaccin. Il a été prouvé que la réponse immunitaire était liée à la gravité de la maladie, c’est à dire que les cas graves et ceux admis en réanimation ont une réaction plus importante que les autres. Le principal problème est que ce virus, nous ne le connaissons bien. Il est à sa première apparition. Il faut apprendre des autres pays. Il me semble que l’immunité collective était la stratégie adoptée par l’Angleterre au début de l’épidémie. Les autorités sont revenues sur cette décision du fait que l’épidémie devenait incontrôlable. Il est vrai que nous n’avons pas la même distribution de la population suivant l’âge. On ne connaît pas tous les effets de la maladie. Aux USA, on signale une survenue importante d’AVC chez les jeunes qui présentent Covid-19. En Angleterre et en France, on signale une possible association avec la maladie de Kawasaki chez les enfants. Donc, devant toutes ces incertitudes, le principe de précaution voudrait que l’on soit très prudent

DR IDRISSA TALLA (ÉPIDÉMIOLOGISTE): “Je reste convaincu qu’un confinement total de 15 jours aurait été plus bénéfique…’’

http://www.enqueteplus.com/Ancien patron de la DLM (Direction de la lutte contre la maladie), Dr Idrissa Talla met, cependant, en garde contre toutes mesures précipitées de levée du semi-confinement.
De plus en plus, des voix s’élèvent pour un ‘’déconfinement’’ de l’économie. Qu’en pensez-vous ?
En effet, la mode est au déconfinement. Partout dans les pays occidentaux, des scénarios sont en construction et/ou en application pour ‘’libérer’’ les populations et aussi l’économie – si j’ose dire. Il faut rappeler d’abord que la transmission de la maladie est liée aux déplacements des hommes et le virus, comme il a été démontré à suffisance, passe de l’homme malade ou porteur sain vers un autre homme sain. Le brassage et les mouvements ainsi que les habitudes socioculturelles favorisent grandement cette transmission.
Par conséquent, il est aisé d’admettre que moins les populations se déplacent, moins le virus sera transmis. Une étude basée sur la modélisation et faite en France et publiée le 22 avril par des épidémiologistes de l’Ecole des hautes études en santé publique, montre que le confinement en France a permis d’éviter 60 000 morts en 1 mois, 670 000 hospitalisations dont 140 000 cas graves. Ces résultats enterrent définitivement l’idée qu’on aurait pu laisser le virus se propager, en se disant : ‘’Une fois qu’on l’aura tous eu, on sera débarrassé.’’ Il ne faut pas oublier que ce virus n’a pas encore de vaccin, ni traitement homologué à ce stade.
Et au Sénégal ?
Naturellement, au Sénégal, le confinement pose des problèmes. Mais d’abord, il faut savoir que le type d’habitat le plus répandu ne permet pas de maintenir les habitants dans des maisons chaudes et souvent mal construites avec une moyenne de 10 personnes par concession. Ce qui explique d’ailleurs qu’en temps normal, les rues et les devantures des maisons sont remplies de monde. Tout le monde est dehors ! Nous savons également que le niveau de pauvreté est élevé et beaucoup de chefs de famille sont obligés d’aller tous les jours chercher la dépense du soir ou du lendemain pour leur progéniture. Ceci explique, en grande partie, pourquoi les autorités ont choisi le semi-confinement et surtout l’aide alimentaire aux nécessiteux. Si ce semi-confinement continue, c’est clair que la situation sera, sur le plan économique, de plus en plus difficile, surtout que l’économie informelle représente plus de 40 % de notre PIB. Je reste cependant convaincu qu’un confinement total de 15 jours aurait été plus bénéfique, même si l’on ne sait pas le nombre de malades qui ont pu être évités avec le schéma actuel. Il faut noter qu’il peut être calculé, malgré tout.
Le confinement des contacts dans les hôtels coûte beaucoup d’argent aux finances publiques. Est-ce une mesure indispensable ?
Il faut noter que le confinement dans les hôtels n’est pas du tout une villégiature. C’est même très contraignant, voire frustrant, dans certains cas, malgré son coût. Le problème est que nous n’avons pas le niveau de discipline de certains pays asiatiques et l’auto-confinement ne fonctionnera pas, surtout quand des nécessités vitales se posent (travailler tous les jours pour manger tous les jours).
Par conséquent, la seule alternative qui se présente, de mon point de vue, est l’utilisation des hôtels ou d’autres édifices. Cependant, je pense qu’il faut apporter aux mis en quarantaine un soutien psychologique et communiquer davantage avec les communautés pour éviter la stigmatisation qui accompagne cette situation. Les conditions de confinement doivent être encadrées et les personnes présentant d’autres pathologies mieux traitées pendant ce séjour.
Il y a aussi la question de la prise en charge des cas simples. Avec le nombre réduit de lits, cette hospitalisation est-elle la meilleure solution ?
La prise en charge des cas dits simples nécessite, selon mon avis, une hospitalisation, car celle-ci permet d’intervenir en cas d’urgence, car la maladie nous a réservé beaucoup de surprises désagréables. L’hospitalisation permet également de limiter la transmission, car c’est une sorte de confinement. Nous ne pouvons pas dire que seules les personnes présentant des comorbidités devraient être hospitalisées, puisqu’on a vu des cas chez des jeunes personnes (même si c’est rare) présentant des formes graves. Le nombre de lits disponibles est certes limité, mais il faut prendre davantage d’initiatives.Mor Amar

COURBE ÉPIDÉMIOLOGIQUE DU CORONAVIRUS AU SÉNÉGAL :Les raisons d’une irrégularité

http://www.enqueteplus.com/nodeLa stratégie adoptée par le ministère de la Santé et de l’Action sociale pour lutter contre la pandémie, est-elle la meilleure pour contrôler l’avancée du virus dans le pays ? Selon l’épidémiologiste Massamba Diouf, le dépistable ciblé oriente les chiffres de la maladie de façon arbitraire.  
Il y a un mois, à mi-parcours des 63 jours de présence de la Covid-19 au Sénégal, le docteur Abdoulaye Bousso affirmait qu’il serait hasardeux de donner la date du pic de l’épidémie dans le pays. ‘’Aujourd’hui, prévenait le coordonnateur du Centre des opérations d’urgence sanitaire, avec toutes les mesures de contingence prises par le président de la République, avec la fermeture de l’aéroport, la suspension des cours, l’interdiction de manifestations, ces effets pourront se faire sentir en principe à partir de la semaine prochaine. Donc, à la fin de la semaine, nous serons à 14 jours de la fermeture des frontières, nous devrons ne plus avoir de cas importés, normalement’’.
Trois semaines plus tard, c’était le président de la République Macky Sall, le mercredi 22 avril sur France Info, qui s’alignait sur la même longueur d’onde, puisqu’à l’époque, il y avait au Sénégal 442 cas officiels, dont 253 personnes sorties de l’hôpital, 6 décès et 182 patients en traitement. Le chef de l’Etat ne s’empêchait pas de prévenir : ‘’Nous devons rester vigilants, car le pic est devant nous. Beaucoup reste à faire.’’
Hier, le ministère de la Santé et de l’Action sociale a annoncé qu’avec les 91 tests revenus positifs des 901 réalisés, le Sénégal a franchi la barre des 1 000 personnes infectées, avec désormais 1 024 cas confirmés. Et sur les deux mois de pandémie que vient de traverser le pays, un sentiment persiste : l’incertitude sur ce que la suite nous réserve. Depuis le recensement du premier cas officiel, la courbe épidémiologique de la Covid-19 est restée irrégulière, impliquant des records éparpillés dans le temps, de contamination et de guérison. Avec la nouvelle statistique observable depuis cette semaine sur les communiqués du ministère, le taux de positivité des tests réalisés, les quatre derniers jours, illustrent parfaitement cette irrégularité : hier, ce taux était revenu aux alentours des 10 %, alors que le jeudi, il était tombé à 4,39 %. Mercredi était observé un taux de 7,37 %, tandis que mardi, il était de 10,4 %.

‘’Tant qu’il n’y aura pas un échantillonnage aléatoire, les chiffres qu’on aura seront arbitraires’’’

Pour le professeur Massamba Diouf, la situation observée est tout à fait normale. ‘’Tant qu’il n’y aura pas un échantillonnage aléatoire, les chiffres qu’on aura seront arbitraires. Comme les tests sont ciblés, l’on peut trouver zéro cas positif, alors qu’il en existe dans la communauté’’, analyse l’épidémiologiste.
Les variations de la courbe épidémiologique compliquent l’observation d’un pic. En théorie, le pic épidémique d’une maladie est évalué en fonction du nombre de personnes infectées. Comme le défini le Pr. Diouf, c’est ‘’le point à partir duquel l’on peut s’attendre à une inflexion de la courbe épidémiologique’’. Sachant que dans le cas de la Covid-19, la majorité des malades ne développe que peu (ou pas) de symptômes et que beaucoup ne sont pas testés, la courbe de l’épidémie s’appuie, pour beaucoup de pays, sur le nombre de personnes admises à l’hôpital, et donc présentant une forme grave de la maladie. Mais la particularité d’un pic épidémique est que l’on sait qu’il est atteint a posteriori, lorsque le nombre de patients hospitalisés reste stable, puis amorce une décrue durable.
Pas très convaincu par la stratégie consistant à tester des cas ciblés, puisqu’elle ne devrait pas permettre d’atteindre rapidement les résultats attendus, l’enseignant-chercheur à la faculté de Médecine de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar est d’avis que les cas identifiés et isolés ne constituent pas un danger pour la société. Selon lui, ‘’la meilleure manière d’avoir une idée réelle du nombre de cas dans la population, est de tester la communauté, car le virus s’y est installé. Et que l’on donne à tout le monde la même probabilité de faire partie de l’échantillon. Ces chiffres pourront être extrapolés sur d’autres groupes. C’est cela le principe de l’épidémiologie’’.
Le Pr. Diouf rappelle que, dans plusieurs pays, plutôt que de viser un pic, l’on cherche un plateau : ‘’Si on observe l’évolution de la courbe épidémiologique au Sénégal, c’est ce qui se passe. A un moment donné, on avait un nombre de cas qui vacillait entre la vingtaine et la trentaine. L’on a même pu croire qu’il s’agissait du plateau.’’
A la différence du pic, le plateau prend en compte plusieurs points culminants, statistiquement semblables, sur une période déterminée. Seulement, la lecture a changé, lorsque le nombre de tests a été augmenté. ‘’L’on s’est rendu compte qu’il s’agissait, en fait, d’un leurre. La réalité est que le nombre de cas suivait le nombre de tests effectués de manière asymptotique. Ce qui veut dire qu’au Sénégal, on ne peut pas se prononcer sur le pic de l’épidémie’’, assure le spécialiste.

‘’La réalité est que le nombre de cas suivait le nombre de tests effectués de manière asymptotique’’

Pourtant, l’on pourrait estimer ce pic avec une certaine précision, en utilisant des modèles statistiques mathématiques. Des modèles dits SEIR (Susceptible – Exposed – Infectious – Recovered). ‘’Ce sont des modèle compartimentaux en épidémiologie, qui permettent de déterminer le nombre de personnes susceptibles d’être infectées, le nombre de cas exposés et le nombre de cas réellement infectés. Ils sont suffisamment robustes pour prédire la date à laquelle l’on peut, plus ou moins, s’attendre à une baisse de l’incidence, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas’’, explique Massamba Diouf.
Mais la condition serait de réaliser un dépistage communautaire massif suivant un échantillon aléatoire. ‘’Et à partir de ces données, confirme l’enseignant-chercheur, l’on pourra construire un modèle SEIR pour prédire une date pour éventuellement atteindre un plateau épidémiologique’’.
Un pic d’épidémie ne signifie pas, pour autant, la maîtrise de la maladie et ne justifie surtout pas un relâchement. Il n’est, en effet, pas suivi d’une chute immédiate de la courbe, mais plutôt d’un plateau, comme l’affirme un épidémiologiste de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris : ‘’Cette courbe stagne, puis commence à décroître, avec un nombre de nouveaux cas chaque jour inférieur au jour précédent.’’ Seulement, dans la logique de ne point totalement confiner sa population et dans l’impossibilité de faire respecter scrupuleusement les mesures barrières de sécurité, le Sénégal peine à dégager une stratégie maitrisée pour en arriver-là.Lamine Diouf

Riposte contre le Covid-19:l’expert en communication humanitaire Ada Pouye demande aux autorités de faire des médias sociaux des vecteurs

https://www.pressafrik.com/ Le fait nouveau dans la communication de la riposte contre le Covid-19, c’est l’irruption des médias sociaux qui, après le point du jour du ministère de la Santé, donnent d’autres informations parallèles. C’est l’avis de l’expert en communication humanitaire, Ada Pouye, qui invite l’Etat « à voir comment utiliser ces médias sociaux comme des vecteurs positifs ».
« Au jour d’aujourd’hui, c’est en fonction des acquis culturels et au niveau d’éducation qu’on doit essayer de tailler une riposte adéquate », a déclaré M. Pouye.
Mais, l’expert en communication humanitaire de souligner que le fait nouveau dans cette crise, c’est l’irruption des médias sociaux, qui compatissent même avec la version officielle qui est celle du ministère de la Santé et de l’Action sociale.
« Si le ministère donne des informations, automatiquement vous voyez d’autres informations qui apparaissent dans les médias sociaux. Ça, ce sont les phénomènes nouveaux sur lesquels il faut essayer de bâtir. C’est-à-dire de voir comment utiliser les médias sociaux comme des vecteurs positifs. Ce n’est pas l’approche de la répression », a-t-il lancé.
L’invité de l’émission Objection de ce dimanche 03 mai 2020, rappelle qu’actuellement, le Sénégal « est dans une phase où le changement de comportement social et la communication constituent des éléments essentiels pour éviter de verser dans la politisation de la riposte ».
Selon lui, « nous assistons aujourd’hui, à une forme de théâtralisation de la riposte et une guerre des rumeurs à qui mieux mieux ». Il continue en expliquant : « Personne n’est assez préparé pour faire face à cette crise. Mais quand je parle de théâtralisation, c’est la manière dont on gère la communication, le briefing journalier. Tout le monde attend quel est le nombre de cas communautaires ».
Pour M. Pouye, la riposte doit s’appuyer sur les évidences pour avoir des plans cohérents, des réponses en s’appuyant sur des données fiables pour une meilleure planification de la riposte. 

RÉOUVERTURE DES MOSQUÉES ET ÉCOLES :DES SOCIOLOGUES EXPRIMENT LEURS INQUIÉTUDES

http://www.emedia.sn/Avec l’apparition du coronavirus au Sénégal, des mesures d’urgence ont été adoptées. Parmi celles-ci, la fermeture des mosquées et des écoles. Le Sénégal a prévu d’ouvrir les salles de classe le 4 juin prochain. Mais pour les mosquées, même si certains réclament leur réouverture, aucune décision n’a encore été prise en sens.
Sociologue environnementaliste et consultante, Aoua Bocar Ly, invitée de l’émission LR du temps n’est pas allée par quatre chemins pour mettre son véto à la réouverture des mosquées en cette période où la maladie gagne de plus en plus du terrain au Sénégal. « Je ne suis pas d’accord qu’on rouvre les mosquées. C’est un peu forcé les choses. C’est vrai que c’est un peu difficile de ne pas aller à la mosquée en plein mois de ramadan mais, à mon avis, ce n’est pas la fin du monde », a-t-elle déclaré. Poursuivant elle estime qu’on ne devrait pas être plus royaliste que le roi. Ce parce que, le prophète Mouhamed (PSL) quand il y a eu une épidémie, a demandé aux gens de rester chez eux. Donc, elle pense qu’il y a une situation particulière et actuellement, ce n’est pas le moment de rouvrir les mosquées.

IL FAUT VIVRE D’ABORD AVANT DE PRIER

Son co-débatteur, Dr Ibrahima Khalil Niang sociologie du développement et relations internationales abonde dans le même sens. Selon lui, s’il y a une leçon à retenir, c’est qu’il n’y a pas de certitude majeure avec cette pandémie. Mieux, M. Niang considère que la vie est plus importante que le culte car, pour lui, il faut vivre d’abord avant de prier. « Il faut prendre le temps nécessaire de finir avec ce virus avant de penser à la réouverture des mosquées. Je pense que ce serait assez hasardeux de rouvrir les mosquées et de permettre que les fidèles y retournent. On n’a pas des garanties par rapport aux mesures qui vont être prises par les uns et les autres. Puisque une fois que les mosquées sont ouvertes, toute personne pourrait y rentrer et vous ne pouvez pas exercer un contrôle à la porte en disant que telle personne va entrer, telle autre ne va pas entrer », prévient-il.
S’agissant de la réouverture des classes, il pense que l’enseignement en ligne peut être privilégié actuellement pour continuer les cours. A l’en croire, il y a une dangerosité à vouloir rouvrir les salles de classes. « Je pense qu’avec ce virus, il faut de la prudence et beaucoup de prudence », avertit Dr Niang. La sociologue AOUA Bocar Ly estime qu’à l’état actuel de la maladie on ne peut pas rouvrir toutes les salles de classes. Elle pense que priorité doit être donnée aux classes d’examen et, ajoute-t-elle, même cela requiert une organisation rigoureuse. Il faut respecter les mesures barrières telles que le port du masque, la distanciation sociale, la prise de température, le lavage des mains. En sus, elle estime qu’il faut produire de la nourriture à ces élèves afin qu’ils n’aillent pas en chercher ailleurs. Aliou DIOUF & Pape D. DIALLO (Photo)

 UNE TRENTAINE D’UNIVERSITAIRES PLAIDE POUR UN ALLÈGEMENT DES MESURES DE RESTRICTION

http://www.emedia.sn/ « Dans le but de formaliser et valoriser les nombreuses réflexions de certains résidents de la deuxième Cité des Enseignants du Supérieur de Mermoz (ARCES), et apporter une contribution scientifique à la riposte contre le COVID-19, il a été mis sur pied un groupe de recherche interdisciplinaire dénommé GRI-COVID19-ARCES. » Composé d’une trentaine de professeurs spécialisés en médecine, pharmacie, biologie, sociologie, anthropologie, communication, droit, économie…, ledit groupe s’est penché sur la progression du Coronavirus au Sénégal et sur les pistes de sortie de la crise sanitaire évoquées ici et ailleurs.
Sur la base de trois sous-groupes de travail (Médical-biomédical, Economie, et Sociologie-communication-histoire-droit), un premier rapport intérimaire a été ainsi publié le 27 avril 2020, consulté par Emedia.sn. En attendant les prochains rapports qui évoqueront le diagnostic, les traitements et d’autres aspects de la maladie, celui-ci porte essentiellement sur le confinement
Emedia.sn vous en propose quelques extraits qui traitent, entre autres, de la cinétique de l’épidémie au Sénégal, des caractéristiques de notre système de santé, l’impact que pourrait avoir un éventuel confinement, sur l’accès aux soins, sur la mobilité des soignants, sur les pathologies liées à la sédentarité, ou encore sur l’immunité collective. Justement, à propos d’immunité collective et à l’instar des auteurs d’une tribune publiée sur Emedia.sn et du Docteur Pape Moussa Thior, le GRI COVID 19 est également d’avis qu’il faut « laisser circuler le virus ». Et c’est une autre série d’arguments de poids développés par ces universitaires, en faveur d’un allègement des mesures de restrictions.

CONFINEMENT TOTAL AU SENEGAL: EST-CE UNE STRATEGIE MEDICALEMENT PERTINENTE ?

« Le confinement total est une stratégie de lutte contre une épidémie dont l’objectif est de ralentir la transmission de l’agent pathogène responsable de la maladie. Elle vise essentiellement à restreindre les contacts humains et à limiter les déplacements. Elle arrive au troisième stade de lutte après l’échec des mesures barrières, d’hygiène des mains et de distanciation sociale. Elle a été utilisée en Chine pour la première fois avec des résultats jugés satisfaisants. Il parait pertinent de s’interroger sur le timing idéal de ce confinement total : doit-on le mettre en œuvre tôt avant la flambée de l’épidémie ou attendre le début de la saturation du système ? Doit-il être mis en œuvre quand on a encore la carte du port généralisé de masques barrières à jouer ? Si on remet les choses dans leur contexte, le confinement total a essentiellement pour objectif spécifique d’éviter la saturation des structures hospitalières lorsque l’afflux trop massif de patients ne peut plus être absorbé par l’offre de soins disponible pendant la même période.
Elle ralentit, endigue l’épidémie mais ne l’arrête pas. Cela explique sa mise en œuvre seulement après l’échec des mesures moins lourdes. En Chine le confinement a permis d’endiguer la maladie en deux mois et de reprendre progressivement les activités stratégiques dans le pays. Mais est-ce à dire que cette stratégie est pertinente pour un pays comme le Sénégal ? Le modèle de la Chine ou des pays du Nord peut-il être reproduit en Afrique en général ou au Sénégal en particulier ? La réponse à ces questions est loin d’être évidente. Pour y arriver il est nécessaire d’analyser les différentes variables qui entrent en jeu et dont la confrontation peut aboutir à une prise de décision objective. »

La cinétique de l’épidémie au Sénégal

« Le Sénégal a enregistré son premier cas de coronavirus le 02 Mars 2020 et compte à ce jour (27 avril 2020) 736 cas dont 284 guéris et 09 décès (patients âgés de plus de 60 ans avec des comorbidités) après 55 jours d’épidémie. La communication du ministère ne permet pas de connaitre la proportion de cas sévères enregistrés. Cette communication suit le même format que celui des média occidentaux annonçant sans discrimination un nombre brut de décès au quotidien. Aucune identification ou récit précis n’est fait autour des victimes comme on le voit souvent en cas d’attentat. Frédéric Keck, directeur de recherches au Laboratoire d’anthropologie sociale (CNRS) faisait remarquer récemment l’absence totale de récits autour des morts du coronavirus. Les chiffres notés au Sénégal, par ailleurs identiques à ceux de la majorité des pays de l’Afrique subsaharienne ne sont en aucune façon comparables aux chiffres du reste du monde (Europe et Amérique du Nord). Et bien qu’il faille corréler ces chiffres à la disponibilité des tests en Afrique, la mortalité elle, reste un élément objectif et ne peut souffrir d’aucune sous-estimation.
La saturation des systèmes de santé, d’ailleurs prévue par l’OMS et tous les observateurs internationaux, n’est observée nulle part en Afrique. Evidemment nous sommes d’accord que le nombre de cas est largement sous-estimé, évidemment que le dépistage est insuffisant mais aujourd’hui nous avons le recul nécessaire pour affirmer que cette pandémie a incontestablement un profil diffèrent en Afrique . Les raisons sont sans doute multiples mais il parait évident que la jeunesse de notre population est le facteur déterminant. D’autres facteurs pourraient entrer en jeu mais des études plus objectives permettront de les mettre en évidence. Parmi ceux-ci, il paraît pertinent de citer l’immunité à médiation cellulaire conférée par la vaccination au BCG notamment. Une évolution lente de la maladie favoriserait aussi l’immunité de groupe tant souhaitée qui nécessite d’atteindre un certain niveau de prévalence. En effet, le pic de l’infection serait prévu vers mi mai et fin juin (Ndiaye B. et al., 2020). »

Les caractéristiques du système de santé au Sénégal

« Au Sénégal l’organisation du système de santé est de type pyramidal avec une hiérarchisation de l’offre de soins allant des cases de santé aux hôpitaux de niveau 4. Cependant cette organisation est plutôt théorique car les patients arrivent très souvent directement à l’hôpital sans passer par les structures de niveau inférieur. De plus la pérennité des soins c’est à dire la disponibilité de l’offre 24 h / 24 n’est assurée quasiment que dans les hôpitaux. La médecine de famille est quasiment inexistante. Les soins pré-hospitaliers (SAMU, SOS) ne sont pas encore bien installés et leur coût les rend difficilement accessible à une partie importante des sénégalais. Ainsi la grande majorité des patients qui viennent à l’hôpital en urgence sont amenés par des taxis. »

Impact du confinement sur l’accès aux soins

« Conséquence de l’organisation de notre système sanitaire, un confinement va nécessairement limiter l’accès aux soins , notamment les patients qui se présentent en situation d’urgence. De plus, beaucoup d’hôpitaux notamment à Dakar traitent des patients atteints de Covid 19 alimentant ainsi la peur chez la population qui ne viendra à l’hôpital que contrainte et forcée. Par conséquent nous risquons une surmortalité et une morbidité supplémentaire pour les pathologies autres que le COVID 19. La réduction des activités programmées notamment les consultations et les chirurgies pourrait renforcer ces craintes. Aussi, les changements d’horaires de travail de certaines officines de pharmacie tenant compte des difficultés de mobilité de certaines catégories d’employés contribuent dans une certaine mesure à retarder l’accessibilité géographique aux médicaments et autres produits de santé en cas d’urgence. »

Impact du confinement sur la mobilité des soignants

« La raréfaction des moyens de transports va rendre plus difficile l’accès des soignants aux structures hospitalières. En effet la grande majorité des personnels de soins emprunte les transports en commun pour aller à leurs lieux de travail. Ces problèmes de mobilité imposeront nécessairement des modifications des plannings de travail qui n’obéiront plus à des impératifs purement médicaux. Toutes ces difficultés cumulées seront responsables d’une fatigue surajoutée toujours délétère à la bonne marche des soins. »

Impact du confinement sur les pathologies liées à la sédentarité

« Le confinement pourrait être à l’origine d’une sédentarité plus importante au-delà d’une certaine durée. L’absence d’activité physique régulière pourrait déséquilibrer des pathologies comme le diabète ou entrainer l’augmentation des pathologies cardio-vasculaires. »

Impact du confinement sur l’immunité collective au COVID

« Les infections virales confèrent après une certaine durée une immunité collective. L’installation de cette immunité nécessite une circulation du virus chez une proportion assez importante de la population. Le confinement en ralentissant la transmission de la maladie va également entraver cette immunité collective et par conséquent favoriser une pérennisation de l’épidémie. »

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

« Plusieurs analyses scientifiques ont montré que la propagation du virus obéit à un modèle presque constant dans tous les pays. Au Sénégal, et en Afrique la cinétique de l’épidémie est beaucoup plus modérée qu’ailleurs. Le confinement général tant galvaudé au Sénégal obéirait-il à une logique purement médicale ? Un confinement, a pour objectif de ralentir la transmission de la maladie. Mais où est la nécessité de ralentir une cinétique qui est déjà très lente avec un système de santé qui n’a jamais été débordé ? De plus, ses effets collatéraux néfastes sur le système hospitalier pourraient à terme entrainer une mortalité hors Covid plus importante que celle liée au Coronavirus. Enfin, le confinement pourrait ralentir l’installation de l’immunité collective qui est absolument nécessaire en l’absence de traitement clairement identifié . Au vu de toutes ces données un confinement total nous parait non pertinent dans la situation actuelle. »

Alléger les mesures de restrictions

« Nous préconisons d’alléger avec intelligence et de façon concertée certaines mesures de restriction collectives et de promouvoir rigoureusement les mesures barrières individuelles qui peuvent être efficaces et suffisantes. En particulier, il nous semble sage de rendre disponible des masques barrières de qualité avec une bonne communication sur leur bon usage et d’évaluer leur impact ainsi que celui des autres mesures de lutte entreprises jusqu’ici. Cependant nous recommandons de protéger les groupes à risque notamment les personnes âgées et porteuses de comorbidités avec un système de confinement adapté à leur situation. Faudrait-il utiliser le ressort de la peur ou de l’émotion pour faire adhérer aux prochaines mesures ? La peur pourra faire modifier les comportements à court terme mais à long terme, cela peut être contre-productif car personne ne peut vivre constamment dans la peur. Et au bout d’un moment, le risque est que s’élaborent des contre-récits qui, pour juguler la peur, peuvent déboucher sur des comportements peu rationnels comme le souligne Jocelyn Raude (EHESP). Enfin, il convient de rappeler que l’acceptation des mesures de santé publique et leur mise en œuvre, implique que la population soit convaincue de leur efficacité et puisse en supporter les effets indésirables inévitables. »
http://www.emedia.sn/IMG/png/capture_d_e_cran_2020-05-02_a_20.16.08.pngEXTRAIT DU RAPPORT INTERIMAIRE DU 27 AVRIL 2020 du GROUPE DE RECHERCHE INTERDISCIPLINAIRE GRI-COVID19-ARCES

Commande de 2 milliards en équipements via un privé: L’intersyndicale de la Pna dénonce une « grosse nébuleuse »

Dakarmatin via Seneweb—L’achat d’équipements et de médicaments d’une valeur de 2 milliards dans le cadre de la riposte contre le Covid-19 n’a pas fait que des heureux dans le secteur de la santé et pour cause. L’intersyndicale de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna), qui parle d’une « commande nébuleuse » passée par le biais d’un privé, crie au scandale et interpelle le Président Macky Sall. Le ministère dément et précise.
« Des partenaires sociaux de la Pharmacie nationale d’approvisionnement apprennent, à travers la presse, la réception d’une commande de deux milliards (2 000 000 000 FCFA) de francs CFA par le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Une commande nébuleuse auprès d’une personne jamais connue dans le matériel médical au Sénégal », a fustigé l’intersyndicale de la Pna, dans un communiqué parvenu à la rédaction. Et d’ajouter: « Notre surprise est d’autant plus grande que la Direction de l’administration générale et de l’équipement (Dage) du ministère a commandé les produits sans aucune harmonisation avec la Pna qui, a déjà lancé une commande pour ces mêmes produits (masques, charlottes, thermo Flashs, Epi, casaques, gants etc.) sur instruction du ministère de la santé ».
Ces professionnels du secteur de la pharmacie estiment que lesdites commandes « par le biais d’un privé, à qui on donne les moyens de l’État sans aucun respect des règles et procédures, vont sans aucun doute causer des difficultés énormes à la Pna qui a déjà passé plus de cinq milliards de commande sur la base d’expression de besoins faite par les services techniques du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Un stock d’une valeur d’un milliard est déjà dans les magasins de la Pna et deux milliards sont en cours de réception ».
Cette pratique « surprenante et discourtoise » constitue, selon eux, « une menace sérieuse et préoccupante » pour la stabilité de la Pna et pour vaincre la pandémie au Sénégal.

« La Pna est presque à genou du fait des créances… »

A les en croire, « la Pna est presque à genou du fait des créances de la dialyse, de la division Sida, de la Direction de la prévention (Dp), de celles des hôpitaux (dépôts vente) et des districts sanitaires (Jegesi Naa, Yeksi Naa) ».
A ce titre, ils demandent au chef de l’État, Macky Sall, de prendre en charge ce dossier et de rétablir la Pna dans son rôle dans le système de santé et dans la riposte contre le Covid-19 en la dotant de tous les moyens nécessaires pour mener à bien sa mission.
Pourtant, rappellent ces travailleurs dans ce document, la Pna, établissement public de Santé, est l’outil stratégique de mise en œuvre de la politique pharmaceutique du ministère de la Santé et de l’Action sociale (acquisition, stockage, distribution et suivi des produits de santé) depuis plus de 60 ans.
« C’est pour cela que le président de la République, Macky Sall, avait, lors du Conseil des ministres du 04 mars 2020, soit deux jours après l’apparition du premier cas au Sénégal, « invité le Msas à accélérer au sein de la Pna l’acquisition, la mise en disposition et la distribution des produits, matériels et consommables essentiels pour une prise en charge adéquate des cas suspects et confirmés dans les structures sanitaires et veiller à la constitution systématique d’un stock de sécurité » », relève la même source.

« Le ministère n’a pas une obligation de passer par la Pna »

Sollicitant, par ailleurs, « l’arbitrage » du Président Macky Sall, ces syndicalistes demandent que « toutes les créances soient payées à la Pna pour lui permettre d’être plus compétitive vu le contexte international actuel »
Du côté des services du ministre Abdoulaye Diouf Sarr, l’on balaie d’un revers de la main les accusations portées à l’encontre du ministère.
Contactée par Seneweb, une source du ministère de la Santé déclare qu' »il n’y a pas de scandale dans cette affaire, c’est une question de responsabilité et ils le savent très bien. La commande a été faite dans la plus grande transparence et dans la plus grande légalité ». Et de rappeler que « même pour les dons, il y a un comité de contrôle et de suivi à plus forte raison, l’attribution des marchés ».
À l’en croire, ce n’est pas une première que le ministère procède à l’achat des équipements pour le compte des agents de la santé. « Le ministère n’a pas une obligation de passer par la Pna. Cette structure est partie intégrante du ministère de la Santé et de l’Action sociale », a-t-il ajouté.
S’agissant, par ailleurs, des créances, notre interlocuteur rassure : « La Cmu est dans de bonnes dispositions pour solder la dette, et le ministère va faire tout son possible pour assurer une santé financière à la Pna »

LUTTE CONTRE LE COVID-19 A TAMBACOUNDA, KEDOUGOU, MATAM ET KOLDA :Le Padaer va injecter plus de 3 milliards 

http://www.enqueteplus.com/Dans un contexte de lutte contre la pandémie de Covid-19, où les élans de solidarité se manifestent de toute part, le Programme d’appui au développement agricole et l’entrepreneuriat rural (Padaer II) n’a pas voulu être en reste. C’est ainsi que ledit projet a, ce jeudi 30 avril, remis un appui consistant au gouverneur de la région de Tambacounda au nom des gouverneurs des 4 régions d’intervention du projet (Tambacounda, Kédougou, Matam et Kolda). Des produits et du matériel adaptés à la lutte contre la Covid-19 d’une valeur de 19 millions de francs CFA vont être distribués aux 4 comités régionaux de gestion des épidémies.
En plus, les ménages vulnérables seront soutenus en intrants agricoles, dans ce contexte de coronavirus, pour une enveloppe de 1,5 milliard. Un autre montant de 1,2 milliard va faciliter l’accès aux intrants pour les ménages vulnérables des régions d’intervention.
En somme, le Padaer II contribue à hauteur de 3 milliards de francs CFA pour appuyer les comités régionaux de gestion des épidémies des 4 régions concernées.
Les producteurs seront aussi soutenus pour une bonne campagne agricole 2020-2021, afin de prévenir une crise alimentaire liée au coronavirus en milieu rural.
Lors de cette cérémonie officielle de remise symbolique, Babou Dramé, Coordonnateur national du Padaer, a informé que les différents appuis entrent dans le cadre du Programme de résilience économique et sociale Force-Covid-19, pour le renforcement du système de santé, du renforcement de la résilience sociale des populations, de la stabilisation macroéconomique et financière pour le secteur privé et du maintien des emplois, etc.
Dans le même élan, le coordonnateur soutient que cet accompagnement est la conséquence de l’impact du coronavirus qui sévit au Sénégal. Selon toujours M. Dramé, cette pandémie est en train de plonger la population rurale, jugée vulnérable, dans une précaire qui pourrait mener inéluctablement à une crise alimentaire. Car, analyse-t-il, « nous notons que les producteurs n’arrivent plus à écouler leurs productions, du fait de la fermeture des marchés, des restrictions des déplacements, de couvre-feu et des mesures qui sont prises ne favorisent pas la transformation des produits agricoles, encore moins leur valorisation ».
Le coordonnateur a profité de cette occasion pour rappeler l’un des objectifs principaux du Padaer qui est d' »améliorer durablement la sécurité alimentaire et les revenus des petits producteurs, ainsi que de créer des emplois durables et des rémunérations pour les ruraux, en particulier les femmes et les jeunes. » L’adjoint au gouverneur, chargé des affaires administratives, Cheikh Ndiaye, s’est félicité de cette initiative et a assuré que la distribution se fera dans la transparence aux ayants droit.BOUBACAR CAMARA (TAMBA)

 Diffusion de fausses informations sur le COVID-19: exposition des utilisateurs aux sanctions prévues par la loi sénégalaise

http://dakarmatin.com/Il a été constatée une recrudescence de la diffusion de fausses informations via les moyens de communications électroniques et portant sur la pandémie COVID-19 selon la Division Spéciale de Cybersécurité de la police nationale.
Des diffusions qui portent essentiellement sur des messages, photos, vidéos ou enregistrements sonores partagés via le net et particulièrement sur le réseau social WhatsApp sans la moindre vérification de la part de leurs auteurs. Cette diffusion selon la Police est la conséquence d’une manipulation volontaire d’utilisateurs qui engagent leur responsabilité pénale en s’exposant aux sanctions prévues par la loi sénégalaise.
La Police Nationale d’inviter les concitoyens toujours vérifier les informations reçues en visitant un site officiel du gouvernement ou sur les sites de la presse nationale ; de ne jamais transférer de messages reçus d’autres personnes sans en avoir vérifié le contenu ; d’nformer l’administrateur du groupe de discussion sur lequel circule le message en insistant sur le possible caractère illicite du contenu.
La police nationale conseille aussi aux utilisateurs à consulter régulièrement les recommandations du gouvernement ou de ses ministères, relatives aux mesures préventives a adopté ; et enfin à conseiller aux amis, contacts et proches à ne pas diffuser les messages photos, vidéos ou enregistrement sonores reçus sans en avoir vérifié le caractère officiel ou licite

Coronavirus: Les bonnes et mauvaises notes de la riposte sénégalaise

Quoi de neuf dans la lutte contre l’épidémie du nouveau coronavirus au Sénégal ? Retour sur tout ce qui a agité les deux mois de riposte depuis le premier cas de Covid-19 enregistré par notre pays. Les bonnes et mauvaises notes…
L’épidémie continue de s’étendre au Sénégal, un des pays les plus touchés d’Afrique, avec 1.115  cas de contamination, depuis le 2 mars dernier, date à laquelle le premier cas positif a été déclaré. Les nouveaux cas se sont « multipliés par six » au cours des 30 derniers jours.
Entre le 2 mars et le 2 avril, « le nombre de cas positifs au Covid-19 a plus que quintuplé, passant de 186 à 1.114 », selon le ministre de la Santé et de l’Action sociale. « Le constat majeur est que l’épidémie ne faiblit pas. Le focus est sur le nombre de nouveaux cas et notre combat est vraiment de les réduire », a regretté Abdoulaye Diouf Sarr, faisant le point mensuel de la situation de la pandémie, ce samedi 2 mai.

La faiblesse des systèmes de santé dans les régions suscite de vives craintes

La faiblesse des systèmes de santé dans les régions suscite de vives craintes. En effet, des risques importants planent sur les populations des zones isolées. Car, « à ce jour, 11 régions et 33 districts sur 79 sont touchés », selon le coordonnateur de la riposte contre le Covid-19 au Sénégal.
L’autre préoccupation est le service de réanimation de l’hôpital régional de Ziguinchor qui, selon le Pr Moussa Seydi, n’est pas fonctionnel. « Le service de réanimation n’est ni fonctionnel, ni construit selon les normes », avait dénoncé le Chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Fann, en tournée dans la région du sud.
Il n’existe à ce stade ni traitement spécifique, ni vaccin contre le coronavirus Covid-19. Donc, seuls des systèmes de santé robustes et préparés seront à l’avenir en capacité d’organiser une riposte adaptée.
Pour répondre à la pandémie qui menace, 20 sites de prise en charge dans 8 régions, ont été aménagés. « Ils sont répartis entre Dakar (11), Diourbel (2), Saint-Louis (1), Ziguinchor, (1) Sédhiou (1), Kolda (1), Tambacounda (1), Kaolack (1) et Louga (1) », nous apprend le Dr Abdoulaye Bousso, qui a fait le point, ce samedi.

« Le 1er mai, c’est-à-dire hier, nous avons atteint un pic, avec 1034 cas suspects testés en une journée »  

« Le site de Thiès est prêt, mais n’a pas encore reçu de malades », renseigne-t-il. Aujourd’hui, on compte des lits vacants dans les sites de prise en charge, si l’on en croit les autorités sanitaires. Les hôpitaux ne sont pas encore pleins, malgré l’augmentation des nouveaux cas enregistrés chaque jour.
« En plus des 56 lits de réanimation déjà aménagés, 40 autres sont en cours », selon le Pr Mamadou Diarra Bèye, en charge du plan de prise en charge des cas graves. « Ce qu’il faut noter c’est qu’il y a eu une très bonne anticipation pour les lits de réanimation », a-t-il ajouté.
« Le 1er mai, c’est-à-dire hier, nous avons atteint un pic, avec 1034 cas suspects testés en une journée ». Cette phrase du directeur de l’Institut Pasteur montre que le Sénégal peut espérer un ralentissement prochain dans la hausse des nouveaux cas.
Mieux, la situation pourrait se stabiliser dans certains foyers épidémiques sénégalais du Covid-19. Mais en l’absence de vaccin, le retour à la normale devra attendre et se fera probablement de manière graduelle, les autorités voulant à tout prix éviter une nouvelle vague d’infections, avec les cas issus de la contamination communautaire.
« Je vous le dis avec solennité, l’heure est grave », avait déclaré, lundi 23 mars, le président de la République Macky Sall, en annonçant avoir ordonné l’état d’urgence assorti d’un couvre-feu dès 20h.
Les mesures de restrictions, qui concernent tous les sénégalais, ont un coût faramineux. Des secteurs entiers de l’économie sont paralysés, les échanges commerciaux dégringolent, le chômage s’envole.
Pour atténuer l’impact économique et social au Sénégal, un fonds «de riposte et de solidarité» doit être doté d’environ 1000 milliards de francs CFA, dont 69 destinés à l’aide alimentaire d’urgence pour soutenir les ménages éprouvés.

L’hydroxychloroquine associée à l’azitromycine et les résultats encourageants 

http://dakarmatin.com/Pour le traitement des patients atteints du nouveau coronavirus, le Sénégal a appliqué le protocole de traitement à base d’hydroxychloroquine associée à l’azitromycine plébiscité par le Pr Didier Raoult. Des « résultats largement encourageants » ont été notés par le Pr Moussa Seydi.
« La durée médiane d’hospitalisation était de 11 jours chez les patients qui avaient pris de l’hydroxychloroquine seule et de 9 jours chez les patients qui avaient pris l’hydroxychloroquine associée à l’azitromycine », se félicite le Chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Fann.
Le « rempart sénégalais » n’a noté « aucune complication» chez les guéris, « encore moins un cas de décès ». « Sur une analyse qui a porté sur 362 patients, seuls 12 cas d’effets secondaires ont été observés », note-t-il.
La Directrice générale de la Santé publique et présidente du Comité national de gestion des épidémies a annoncé, ce samedi, la guérison de 12 patients hospitalisés, hissant le nombre à 368. Ce qui place le Sénégal premier en Afrique de l’Ouest en terme de rémissions, malgré les 9 décès enregistrés jusque-là. « Le nombre de guéris aussi a été multiplié par 6. Ce qui est quelque chose d’important », s’est félicité le Dr Abdoulaye Bousso.
Mais, le Directeur du Cous a révélé « une chose assez particulière dans cette épidémie ». C’est l’existence de cluster. « C’est-à-dire, nous avons des patients qui contaminent beaucoup de personnes. Et aujourd’hui, nous avons identifié 14 clusters qui à eux seuls sont responsables de plus de 20% des cas », a-t-il ajouté.

5226 contacts suivis, augmentation forte du nombre de tests

Au Sénégal, la liste des suspects est longue. « Nous sommes à 9701 contacts depuis le début de l’épidémie et au 30 avril, nous sommes en train de suivre 5226 contacts », informe Dr Abdoulaye Bousso. Un nombre qui va augmenter, selon lui vu le nombre d’écouvillons en attente d’être analysés.
Les autorités sanitaires ont opté pour une détection précoce des cas au niveau des régions. Diouf Sarr et Cie rassurent en disant que « les mesures et les stratégies de riposte mises en œuvre ont permis de contrôler la maladie ».
« Nous avons fortement augmenté le nombre de tests, renforcé nos capacités d’alerte, de détection, d’isolement mais aussi de prise en charge », a confirmé Diouf Sarr.  Le laboratoire central se trouve à Dakar (Iressef et l’Institut pasteur), deux laboratoires mobiles sont déployés à Touba et à Kolda.
« Le laboratoire de Dakar a testé 12 331 prélèvements, celui de Touba, depuis le 14 mars, a eu à tester 2 341 prélèvements de 9 régions du Sénégal. Le laboratoire de Kolda, quant à lui, depuis le 9 avril, a eu à tester 1 656 prélèvements pour 4 régions », renseigne le directeur de l’Institut Pasteur.

16 326 prélèvements effectués jusque-là, des tests rapides

Au total, 16 326 prélèvements ont été effectués sur autant de personnes dans le cadre du dépistage et de la prise en charge du nouveau coronavirus depuis la détection, le 2 mars 2020, du premier cas de Covid-19 au Sénégal, a révélé samedi, Dr Amadou Sall. Pour confirmer le ministre de la Santé, il parle d’une « augmentation significative du nombre de tests ».
Quant aux tests rapides, qui permettent des résultats en quelques heures, le directeur de l’Institut Pasteur a indiqué que « pour les prélèvements qui sont faits avant 20h, les résultats sont disponibles le même jour ».
Il parle d’une « facilitation de la délivrance des résultats », à travers la mise en place d’une plateforme qui permet aux médecins de district se trouvant dans les régions d’avoir accès aux résultats

And Gueusseum propose le confinement de la région de Dakar et Touba -Mbacké

http://dakarmatin.com/À circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Cette année, la fête du Travail s’est déroulée dans une ambiance morose, à cause de la propagation du Covid-19 dans le monde et au Sénégal. C’est pourquoi, l’Asas (Sutsas-SudtmSat-Sante/D and Gueusseum), dans son Manifeste du 1er Mai 2020, a mis l’accent sur des mesures préventives et d’éradication de la maladie. Elle a dénoncé les lenteurs notées dans la mise en œuvre de certaines mesures pour lutter contre cette pandémie.
«L’Asas déplore la lenteur dans la prise et l’application de certaines décisions telles que l’obligation du port du masque, la mise à disposition des équipements de protection au niveau de tous les points de prestation de soins ; la non-implication de And Gueusseum, Alliance majoritaire, par le Ministère de la Santé et de l’Action sociale (Msas) dans la gestion de la crise tant au niveau national que régional», fulminent Mballo Dia Thiam et ses camarades.
«Face aux limites objectives du présent plan de riposte contre le Covid-19, il faut procéder au confinement de la région de Dakar et des agglomérations de Touba et Mbacké, épicentres de la maladie ; rendre obligatoire le port correct de masque dans la voie publique; ériger d’autres centres de traitement du Covid-19 en dehors des structures sanitaires déjà amputées de leur faible capacité d’accueil», propose l’Asas qui engage le ministre de la Santé et de l’Action sociale à protéger les travailleurs contre le Covid-19 et à recruter des contractuels des programmes Pnds et du Fonds GAVI dans la Fonction publique. Les syndicalistes exigent par ailleurs le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans pour les travailleurs de la santé et de l’Action sociale

Le calvaire des Sénégalais bloqués à l’étranger

rfI –Depuis le 20 mars dernier, tous les vols en provenance et à destination du Sénégal sont suspendus. Les Sénégalais en déplacement ou en transit à l’étranger ne peuvent pas rentrer chez eux. Ils sont officiellement 716 à travers le monde, n’ont aucune visibilité sur un retour et lancent un appel aux autorités.
Mariam était en vacances à New York avec son mari quand les frontières ont été fermées. Bloquée aux Etats Unis, comme une cinquantaine de ses compatriotes, cette mère de famille de 32 ans est désemparée.
« Ma famille est au Sénégal, explique-t-elle. J’ai laissé ma fille de 6 ans. Aujourd’hui, on ne demande pas à l’État de nous affréter un vol. Tout ce qu’on veut, c’est une autorisation pour que Delta puisse atterrir et qu’on puisse rentrer chez nous. Toute notre vie est au Sénégal ».
« Le moral dans les chaussettes »
Quatorze Sénégalais ont pu être rapatriés de Turquie la semaine dernière et placés en quarantaine à leur arrivée. Pour les autres, « les négociations se poursuivent », indique le ministère des Affaires étrangères, qui souligne « les risques sanitaires » liés aux rapatriements.
En France, 237 ressortissants sénégalais sont coincés. Mamadou Diop était parti pour une formation à Metz dans l’est de la France et devait en principe rentrer cette semaine. « Parfois, le moral est dans les chaussettes, explique-t-il. Je suis dans un hôtel. Je suis venu avec une bourse donc je n’ai pas de soucis pour le moment. C’est rageant de voir que nos autorités n’arrivent pas à nous assister convenablement. Une aide de 500 euros a été promise mais elle ne nous est pas encore parvenue. C’est surtout le retour qui nous importe. Et nous acceptons toutes les conditions de test s’ils veulent nous mettre en quarantaine ».
Mais les hôtels réquisitionnés pour les mises en quarantaine sont remplis aux trois quarts. Le Sénégal a passé le 1er mai la barre symbolique des 1000 cas testés positifs au coronavirus, avec 1024 cas confirmés : 658 patients sont sous traitement à ce jour, dont deux dans un état grave et neuf décès.
Le pays n’enregistre plus de cas « importés », autrement dit venant de l’extérieur, conséquence de la fermeture des frontières, décrétée jusqu’au 31 mai pour l’instant. Ce 2 mai, cela fera deux mois jour pour jour que le premier cas positif a été annoncé au Sénégal. Le ministre de la Santé et son équipe doivent faire le point sur le plan de riposte
Mesure d’interdiction du rapatriement des Sénégalais décédés à l’étranger du Covid-19 :la demande de levée d’un Collectif adressée à Macky Sall
Objet : Demande de levée de l’interdiction du rapatriement des Sénégalais décédés à l’étranger du Covid-19
Monsieur le Président de la République, Les Sénégalais de la Diaspora, réunis au sein du Collectif pour le Rapatriement des corps des Sénégalais décédés à l’étranger (Sunu Néew, Sunu Réew), souhaitent vous faire part de leurs inquiétudes et préoccupations suite à la décision prise par votre ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur au sujet du rapatriement des dépouilles de compatriotes victimes du Covid-19.
En plus de son caractère précipité et discriminatoire, cette décision comporte d’autres formes de violence qui se traduisent, notamment, par une stigmatisation insupportable des Sénégalais de l’extérieur.
La mesure est d’autant plus inconcevable qu’il existe dans les pays de résidence des émigrés des services de pompes funèbres dûment habilités pour procéder à la préparation des défunts conformément aux rites religieux de ces derniers et dans des conditions de sécurité et d’hygiène strictes.
À cela s’ajoute l’inexistence de la moindre preuve scientifique pouvant établir l’éventualité d’une contagion entre une dépouille mortelle installée dans un cercueil hermétique et les vivants.
Le transfert et de la consignation des cercueils par les services sanitaires de l’État du Sénégal peuvent donc s’opérer sans aucun risque. De plus, il n’existe aucune mesure en vigueur interdisant le rapatriement des corps dans les pays de résidence des émigrés.
Compte tenu de tous ces éléments, le Collectif pour le Rapatriement des corps des Sénégalais décédés à l’étranger (Sunu Néew, Sunu Réew) vous invite à corriger cette injustice qui frappe directement une diaspora qui, déjà en proie à l’isolement dans un Occident confiné, n’a plus la force d’être triste.
Elle demande seulement que s’amenuise voire que cesse cette souffrance qui vient s’ajouter au drame de la mort. La Diaspora demande à être replacée dans un droit fondamental qui lui est aujourd’hui refusé.
Monsieur le Président, votre intervention est d’autant plus attendue que ce débat délétère, qui se poursuit depuis plusieurs semaines, contribue à phagocyter tous les autres sujets et empêche ainsi notre pays d’appréhender sereinement et solidairement les conséquences économiques, sociales et humanitaires de l’après-Covid.
Pour rétablir la sérénité nécessaire à notre lutte commune contre cette pandémie, le Collectif réitère sa demande d’annulation de la mesure prise par l’État du Sénégal et qui est vue par la Diaspora non seulement comme une injustice inacceptable, mais aussi comme une remise en cause claire de la dignité des défunts et de leurs familles.
Dans l’attente de la satisfaction de cette requête, veuillez, Monsieur le Président de la République, agréer nos salutations patriotiques distinguées.Le 29 avril 2020,Le Coordinateur international

GESTION DE LA COVID-19 PAR LE GOUVERNEMENT: BASES MALSAINES PAR CHEIKH FAYE

https://www.seneplus.com/_L’As-L’apparente maîtrise de la situation, qui a prévalu au début, est en train de céder sa place à un scepticisme ambiant.
À la date du 28 avril, le Sénégal a enregistré 87 nouveaux cas positifs. Ce qui porte le nombre total de cas déclarés positifs, depuis le 2 mars 2020, à 823 dont 9 décédés et 517 sous traitement. L’apparente maîtrise de la situation, qui a prévalu au début, est entrain de céder sa place à un scepticisme ambiant.
Plusieurs spécialistes, dont la crédibilité professionnelle ne fait aucun doute, ont émis des mises en garde face à la probabilité d’une accélération de la propagation du virus dans les prochains jours. Ce qu’il faut prendre au sérieux quand on sait, maintenant, que 30 Districts sanitaires sont touchés sur les 79 que compte pays. Si une telle éventualité se produisait, la faute n’incomberait pas aux personnels de la santé.
Ils ont démontré leur compétence, fait preuve d’engagement et montré un sens du dévouement remarquable. Si nous sommes arrivés à cette situation faite de doutes et d’inquiétudes, c’est parce que, tout simplement, le Gouvernement est plutôt préoccupé par des questions accessoires aux relents pécuniaires et politiques : attribution de marchés, achats de biens et de services, distribution, etc.
Un modèle de financement qui aggravera le niveau d’endettement du pays déjà très élevé Toutes les activités relevant du Programme de résilience économique et sociale mis en place par le Gouvernement seront financées par le Fonds de Riposte contre les Effets du COVID-19 (FORCE-COVID-19) crée exclusivement à cet effet.
Le FORCECOVID-19 sera doté de 1 000 milliards de FCFA (1,7 $US), lesquels vont provenir de deux sources : l’État et les donations volontaires. Si ces dernières sont claires, car renvoyant aux sommes reçues au titre d’aides sans aucune contrepartie, le Gouvernement maintient un flou, à dessein, sur ce qui devrait être sa contribution.
S’il est vrai que les sénégalais et les entreprises en activité au Sénégal se sont montré très généreux, de même que l’Union européenne qui a fait un don non remboursable de 156 millions d’euros (100 milliards FCFA), l’essentiel des sommes reçues ou à recevoir par le FORCE-COVID19, sont et seront des prêts.
C’est ainsi que, le 2 avril 2020, Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé, au profit du Sénégal, un crédit de 20 millions $US (12 milliards francs CFA). Le FMI lui a emboîté le pas, le 13 avril 2020, en approuvant un décaissement de 442 millions de dollars (près de 250 milliards FCFA) au titre de la facilité de crédit rapide et de l’instrument de financement rapide.
Au paravant, le 23 mars 2020, la BOAD avait accordé au Sénégal, à l’instar de tous les États membres de l’UEMOA, un prêt de 15 milliards de FCFA avec mise à disposition immédiate. Aujourd’hui, nous apprenons que le Sénégal vient de lever, avec l’appui de la BCEAO, 103 milliards FCFA après l’émission de bons du Trésor, dénommés «Bons Covid-19».
Il est donc établi, de façon claire et nette, que le Sénégal s’endettera, démesurément, pour faire face aux effets multiples et multiformes de la Covid-19. Ce qui n’est pas sans danger pour le pays. Déjà, avant que la covid-19 ne s’introduise au Sénégal, le montant total de la dette publique nominale s’élevait, en décembre 2019, à 9 114 milliards FCFA. Soit un taux d’endettement de 63,3% duPIB.Ce qui est très élevé et très proche du critère de convergence de l’UEMOA, fixé à 70 % du PIB.
Pour rappel, ce niveau d’endettement très élevé avait valu au Sénégal, il y a quelques semaines, un avertissement du FMI qui l’a enjoint de plus contracter de dette supérieure à 449 milliards FCFA d’ici à la fin de l’année. Face à cette situation, plus que difficile, la pandémie du coronavirus s’est révélée comme une aubaine pour Macky Sall et son Gouvernement. Ils n’ont pas hésité à s’engouffrer dans cette brèche pour faire sauter toutes les limites de l’endettement. Compter d’abord sur nos propres forces Cette façon de procéder de Macky Sall et de son Gouvernement constitue leur principale marque de fabrique : faire du ponce pilatisme.
Leur souci principal est de conserver leurs privilèges et de continuer à jouir du pouvoir. Voilà pourquoi ils ont choisi, sans réfléchir, la solution la plus facile et la plus conforme à leurs propres intérêts, mais la plus dangereuse pour le Sénégal : le creusement de l’endettement. Ils auraient dû commencer par une épreuve de rationalisation budgétaire en coupant dans le gras du fonctionnement de l’État : réduction drastique des fonds politiques, voire leur suppression, la dissolution des institutions et agences budgétivores qui ne servent qu’à recaser une clientèle politique (CESE,HCCT, etc.), la réduction du train de vie de l’État(la limitation du parc automobile de l’État, le gel des missions à l’étranger, l’arrêt des embauches dans la Fonction publique, suppression de toutes les activités sans plus value, etc.).
Pour économiser 7 milliards FCFA par an et consacrer les sommes amassées à la lutte contre les inondations, Macky Sall n’avait pas hésité à supprimer le Sénat. Aujourd’hui, on parle de lutte contre les effets de la covid-19, laquelle nécessiterait 1 000 milliards FCFA, il s’assoit sur ses privilèges et demande au peuple de trinquer. Trouvez l’incohérence, voire le sens de l’irresponsabilité ! (À suivre)Cheikh Faye, Ph.D,Professeur / UQAC (Canada),Membre de la Cellule de veille stratégique sur la Covid-19 République des Valeurs

LA FAILLITE DE LA RÉPONSE COMMUNAUTAIRE DANS LA LUTTE CONTRE LE COVID-19 PAR MAMADOU DIAW

https://www.seneplus.com/-Les autorités administratives et les maires ont supplanté les leaders communautaires qui sont, ô combien utiles, dans la mobilisation communautaire
Les crises sanitaires ont façonné l’évolution de l’humanité. Celle présente, liée à l’épidémie de COVID-19, ne dérogera pas à la règle en ce qu’elle  montre les limites du positivisme et du rationalisme qui fondent les politiques néolibérales et les courants scientifiques dominants qui gouvernent le monde ; et remet en cause notre rapport au monde.
Cependant, chaque crise, qu’elle soit sanitaire ou autre, fournit des leçons pouvant servir à prévenir et gérer de futures crises si tant est qu’on puisse les déchiffrer.
Dans un texte récemment publié, le Dr Amadou Aly Pam nous rappelle que la quarantaine, le confinement, les cordons sanitaires, la surveillance policière et les vaccinations forcées ont été les principales mesures de lutte contre les épidémies de peste, de fièvre jaune et de choléra qui ont frappé le Sénégal pendant la période coloniale. Il importait, davantage pour les autorités coloniales, de protéger les populations françaises grâce à des mesures d’endiguement des populations indigènes considérées comme vecteurs de maladies.
Face aux résistances, refus et dissimulations qu’ont entrainé ces mesures par contrainte forcée, le colonisateur a dû recourir en 1906 à l’utilisation d’Auxiliaires Indigènes de Santé qui sont des intermédiaires entre les services de santé coloniaux et les populations, avec pour mission «de prendre part dans les soins à donner aux indigènes, de pénétrer dans leur vie intime, de gagner leur confiance et d’acquérir sur eux l’influence sur laquelle nous comptons pour faire pénétrer chez les populations noires les premières notions de l’hygiène», tel qu’il ressort d’une lettre du Gouverneur Général de l’époque.
L’on retrouve les mêmes mesures administratives et de police dans la présente gestion du COVID-19 au Sénégal, à part les vaccinations forcées qui ont laissé la place à une gestion des cas par un personnel de santé dévoué, compétent et empathique qui ne soigne pas surtout pour savoir, mais d’abord pour guérir. Cependant, nous ne pouvons pas manquer de nous interroger sur la prééminence des mesures administratives et policières  dans la stratégie de prévention du COVID-19 qui ont entrainé des réactions de défiance (exemple des jeunes de la Médina), de refus, de déni et de dissimulation.
Malheureusement, nous constatons, pour le déplorer, l’absence d’ancrage communautaire des stratégies de communication pour la prévention du COVID-19 ajoutée, à une cruelle absence d’engagement communautaire devant permettre de déboucher sur la réponse communautaire tant attendue. Il s’agit-là d’un véritable paradoxe, car nos villes et villages regorgent de comités de santé (devenus comités de développement sanitaire) et de Comité de Veille et d’Alerte Communautaire (CVAC) ; et disposent de milliers d’agents de santé communautaires ou de relais polyvalents, de milliers de leaders communautaires qui, malheureusement, sont tous aux abonnés absents dans la prévention du COVID-19. Seules quelques bajenu gox se font entendre mais de  manière isolée. Les autorités administratives et les maires ont supplanté les leaders communautaires qui sont, ô combien utiles, dans la mobilisation communautaire.
Les CVAC constituent la grande déception dans la mesure où leur vocation première, comme l’indique l’acronyme, est de jouer un rôle de veille et d’alerte en cas d’épidémie.  Donc ils étaient tout à fait indiqués pour catalyser et porter la réponse communautaire qui fait tant défaut dans la lutte actuelle contre le COVID-19. Cette incongruité est à mettre sur le compte de l’approche communautaire des projets de santé basée sur la participation en tant que moyen pour atteindre leurs objectifs de santé, plutôt qu’une participation habilitante comme processus qui peut favoriser l’empowerment, compris comme une capacitation en termes d’apprentissage de l’autonomie, un accès à la dignité et à la responsabilité, et une prise de contrôle de leur propre vie de la part des populations.
Il est à déplorer que les CVAC et autres comités ne disposent pas d’une réelle autonomie, obligés qu’ils sont de dépendre de la perfusion financière des projets pour disposer des perdiem qui motivent la participation de leurs membres ; et de répondre à leur injonction de participation.
Il s’agit-là d’un véritable gâchis !
Une des leçons à tirer de la pandémie du COVID-19 est que les projets de santé, financés à coup de milliards, devront nécessairement revoir leurs approches communautaires et leurs stratégies de communication pour le changement social et comportemental, coûteuses et inefficaces car trop linéaires, dirigistes, messagistes et centrés sur les individus en ignorant le système culturel dans lequel ils baignent.Dr Mamadou Diaw est spécialiste en engagement communautaire

‘’CAS POSITIF ISSU DE LA TRANSMISSION COMMUNAUTAIRE’’ NE SIGNIFIE PAS ‘’CAS COMMUNAUTAIRE’ PAR BABA GALLÉ DIALLO

https://www.seneplus.com/Il faut distinguer un « cas positif issu de la transmission communautaire » utilisé par le ministère de la Santé, d’un « cas communautaire » répété urbi et orbi par certaines autorités administratives, étatiques et politiques
La lutte contre le coronavirus est considérée, par plusieurs hauts dirigeants du monde comme une guerre. Ainsi, assimilée à une guerre du fait de ses conséquences humaines, sociales et économiques désastreuses, la maladie COVID19 a provoqué un immense choc qui a secoué le monde jusque dans ses racines. Cette maladie a cloué les avions au sol, fermé les mosquées, les églises, empêché la célébration des mariages et les morts d’être accompagnées dans leur dernière demeure comme jadis etc. Ce qu’aucune guerre au monde au paravent n’a réussi à produire.
A l’instar de la maladie à virus Ebola, la maladie COVID 19 n’a pas échappé à une crise de langage. Les concepts liés à cette maladie ne sont pas bien compris par certaines personnes voir même par une partie du personnel de santé.
En effet, au début de la pandémie, quand le MSAS parlait de « cas importés » de la maladie COVID 19 » c’est dû par le simple fait que ces cas n’étaient pas autochtones. Lors que ces « cas importés » entrent en contact direct avec des personnes, du fait d’être en contact avec ces « cas importés » on les appelle « cas contacts ».
En parlant de « cas contacts » les spécialistes distinguent deux types de « cas contacts ». On parle de « cas contacts à haut risque » lors ces personnes sont entrées en contact direct avec les « cas importés » et on parle de « cas contacts à bas risque » quand les personnes ne sont pas entrées en contact direct avec les « cas importés ». Elles peuvent être des sujets « contact contact »
Lorsque les « cas contacts à haut risque » sont identifiés, ils sont mis en quarantaine et suivis par les services de santé. En plus d’être « des cas contacts », ils deviennent des « cas contacts suivis » durant deux semaines, le temps d’incubation de la maladie COVID19. S’ils développent des signes de la maladie, ils sont testés à la recherche du coronavirus. S’ils sont positifs, ils sont immédiatement pris en charge dans les centres de traitement. S’ils sont négatifs au test à la recherche du coronavirus au bout des deux semaines de mise en quarantaine, ils sont libérés.
Par une méthode aléatoire, lorsqu’une personne dans une structure de santé testée à la recherche du coronavirus s’avère positive sans qu’elle sache au contact de qui ou de quoi, elle a été contaminée, dans ce cas on parle de « cas positif issu de la transmission communautaire ». Il faut distinguer un « cas positif issu de la transmission communautaire » utilisé par le MSAS d’un « cas communautaire » répété urbi et orbi par certaines autorités administratives, étatiques et politiques. Sauf par inadvertance, le MSAS n’a jamais mentionné de « cas communautaire » dans ses communiqués de presse qui, au finish, n’existe pas en réalité.
En effet, dans le sens pour faire simple ou faire court ou par méconnaissance que les gens parlent de « cas communautaire » en lieu et place de « cas positifs issus de la transmission communautaire » qui sont un élément parmi tant d’autres que le MSAS communique quotidiennement aux populations par devoir et par fidélité à sa stratégie de transparence qu’elle s’est forgé elle-même début de cette pandémie. Alors pourquoi ne choisir parler que des « cas issus de la transmission communautaire » et mettre tout le reste à côté. Si les « cas issus de transmission communautaire » constituent une préoccupation des autorités sanitaires, est-ce que le dire en toute franchise sans rien cacher c’est faire peur à la population ?
C’est bizarre quand docteur Pape Moussa Thior dit déclare à la presse « Cesser de « polluer l’atmosphère avec les cas communautaires Qu’on laisse les cas communautaires circuler. Ils ne sont pas si graves qu’on veut les présenter. Qu’on arrête de faire peur aux gens ». Puis il ajoute lorsqu’un cas positif est connu, c’est fini il est identifié et ses contacts aussi.
Succinctement, ce que docteur Pape Moussa Thior doit comprendre si « un cas positif issu de la transmission communautaire » est connu et que ses contacts identifiés, le problème n’est pas encore fini car il reste à déterminer qui, ou quoi est à l’origine de sa contagion. A mon humble avis, on ne peut pas et on ne doit pas les banaliser eu égard au potentiel de contagiosité du coronavirus, du nombre limité en lit de nos hôpitaux, de respirateurs et de personnes âgées « cormorbitaires »
Dans la même logique que son intervention, docteur Pape Moussa Thior déclare « beaucoup de gens dits morts du coronavirus, sont morts d’une autre maladie ».
Si docteur Pape Moussa Thior avait pris le soin de définir le contexte dans lequel il parlait, cela aurait été très intéressant dans l’analyse. Mais hélas. Au Sénégal, rien ne l’autorise à affirmer ça. Nous n’avons pas encore atteint ce nombre de décès au point de s’inquiéter sur le nombre de décès. Que Dieu nous en garde !
A t’-il des preuves de ce qu’il avance ?
A-t-il fait une étude sur le nombre de décès pour conclure que beaucoup de personnes sont dites mortes du coronavirus alors qu’elles sont mortes d’autre chose ?
Doute-t-il de l’honnête de ces collègues médecins ?
Est-il plus professionnel que ces collègues médecins ?
Bien sûr que non. Dans la même intervention médiatique, docteur Pape Moussa Thior s’est plaint du fait que « tout notre système sanitaire soit concentré dans la traque contre le coronavirus comme si c’était la seule maladie qui existe au Sénégal, pendant que d’autres comme le paludisme et la grippe font des ravages partout dans les régions ».
Ce n’est pas propre au Sénégal si tout le système de santé est mobilisé pour une seule maladie. Pour rappel, c’est avec l’expérience de la maladie à virus Ebola que les autorités sanitaires ayant constaté le phénomène ont mis en place le Centre de Secours d’Urgence Sanitaire avec l’appui des Etats Unis d’Amérique.
Par ailleurs, on a observé le même phénomène en France, en Grande Bretagne, en Italie et en Espagne que sais-je encore. Le phénomène est mondial et s’est manifesté à des degrés variés selon les pays. En ce qui nous concerne au Sénégal, le système s’est adapté et s’adaptera à toutes les situations.
On ne doit pas tirer sur une ambulance qui transporte des blessés à l’hôpital quand on a la pleine conscience qu’elle transporte des personnes qui ont besoin d’une prise en charge en urgence.Vive le Sénégal !Vive la République !

Notre Riposte Au Covid-19 Est-Elle Efficace? Par Abdourahmane BA

Annoncé comme une pandémie depuis le 11 mars 2020 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le covid-19 a tué plus de deux-cent-mille personnes dans le monde et continue d’infecter des millions d’êtres humains. Ses corollaires ont fini d’impacter négativement et profondément dans le long-terme les économies et les marchés à toutes les échelles, surtout pour les plus fragiles. En plus d’être d’une vitesse extrêmement rapide dans son expansion, et doté d’une grande capacité mortelle sur tous ceux qui avaient déjà des maladies graves ou une immunité précaire, le Covid-19 est aussi une pandémie révélatrice de nos limites et faiblesses longtemps camouflées volontairement ou involontairement sur tous les plans socio-économiques.
La pandémie a dévoilé notre impréparation scandaleuse dans les choses les plus essentielles pour les populations comme la santé publique, l’emploi et la résilience des systèmes de production et des marchés régionaux et locaux. Par exemple, la carence en structures de prise en charge des malades, le manque de tests et de masques simples même pour les soignants, et l’insuffisance d’appareils de réanimation pour les malades graves, ont fini de révéler la faiblesse de nos modèles économiques et de gouvernance et ont mis à genou les nations même les plus développées de la planète. Chaque pays s’est enfermé sur lui-même, adieu l’intégration, et tente de se prémunir comme il peut contre le Covid-19 et ses corollaires économiques dévastateurs. En Afrique, avec la faiblesse des économies, la dépendance vis-à-vis de la dette extérieure et le poids de la dette en général, le Covid-19 a fini de démasquer la vulnérabilité catastrophique et honteuse de nos pays. Les Eats et les peuples africains ne savent plus à quelles politiques et mesures de riposte se vouer.
Les pseudo-intellectuels « illuminés », donneurs de leçons et de recettes magiques, ne savent plus à quel débat se donner tellement la pandémie a révélé les limites tristes et criantes des modèles économiques qu’ils ont chantés et promus des décennies en Afrique : émergence, lutte contre la pauvreté, indépendance monétaire, économie endogène, autosuffisance en ceci ou cela, croissance inclusive, intégration, etc. A défaut de débats qui leur donnent encore raison durant cette pandémie, ils se sont emparés de la demande d’annulation de la dette lancée par certains chefs d’Etat, comme un os, et continuent de le ronger à coups de contributions confuses et étouffantes sur des plateformes médiatiques.
D’autres encore se sont emparés de peu chiffres et de statistiques disponibles sur la pandémie encore très limitées pour se donner à la construction hasardeuse d’indicateurs ou d’indices volatiles, insignifiants, inutiles et trompeurs. Covid-19 a fini de révéler nos faiblesses intellectuelles, nos maigres capacités d’analyse, notre manque d’anticipation et de rapidité ainsi que le déficit sans appel d’efficacité et de transparence dans les actions de ripostes. C’est le signe d’un échec collectif même si les pouvoir publiques ont bon dos car étant les seuls aux commandes dans ces moments de crises multiformes et difficiles.
De l’efficacité des mesures de riposte adoptées, il y a beaucoup à dire et à analyser même si c’est avec beaucoup d’incertitudes et de modestie pédagogique. Dans notre pays le Sénégal, le taux de mortalité du Covid-19 estimé en considérant le nombre de tests positifs obtenus et le nombre de morts enregistrés est environ 1,3% (avec optimisme et à l’état actuel des chiffres). Tous les chercheurs et épidémiologistes au niveau mondial se sont accordés sur le seuil d’immunité collective du Covid-19 qui est autour de 65%. Ce qui signifie, en langage simple, que le virus s’arrêtera de se propager (avec une forte probabilité) si et seulement si au moins 65% de la population est contaminée. Des chercheurs ont récemment démontré que de son départ, à son pic, jusqu’à sa première disparition ou premier retrait (car il peut toujours revenir), il faut compter au moins sept mois si aucune mesure de distanciation sociale n’est prise. Il est clairement démontré, comme de l’eau de roche, que l’effet des mesures de distanciation et de confinement n’est pas de faire disparaître le virus mais seulement de retarder son expansion.
L’hypothèse de base de choix des méthodes de distanciation et de confinement est, premièrement, qu’on espère qu’un vaccin ou un médicament serait trouvé au plus vite et ainsi arrêter les mesures, et, deuxièmement, qu’on veuille éviter le surcharge, le dépassement et la noyade de nos structures de santé très faibles, et mettre ainsi nos soignants dans des situations de risques extrêmes, et, en même temps maintenir des plateaux médicaux qui prennent en charge les autres maladies existantes, ou autres besoins courants en prise en charge sanitaire. On comprend par-là pourquoi légitimement l’écrasante majorité des soignants sont pour les choix de distanciation sociale et de confinement comme unique méthode de riposte.
Il est démontré que ces mesures peuvent seulement retarder la diffusion du virus de cinq à six mois au plus. Ce qui veut dire que le virus va toucher 65% de la population sur sept mois sans mesures de distanciations et de confinement, et sur douze mois avec ces mesures, et cela peut aller plus vite dans nos pays même avec ces mesures, là où il est difficile de les faire appliquer à 100% du fait de plusieurs facteurs y compris la pauvreté extrême d’au moins 1/3 de la population. Dans tous les cas, sans vaccin ou médicament efficaces ou disparition subite comme prévue par certains chercheurs, le virus toucherait 65% de notre population au moins dans les douze mois à venir par A ou par B.
Si nous appliquons le taux de mortalité actuel de 1,3% à 65% (seuil d’immunité collective) de 15,5 millions d’habitants au Sénégal, potentiellement, Covid-19 pourrait tuer 131.000 personnes dans notre pays les douze prochains mois. Cette estimation intègre les capacités existantes de sauvetage au niveau de nos services de réanimation qui sont très limitées. L’effet majeur connu des mesures de distanciation sociale et de confinement dans notre pays c’est d’étaler cette mortalité du Covid-19 sur douze mois au lieu de la subir sur sept mois seulement en ne faisant rien.
Du point de vue des coûts pour maintenir et faire appliquer ces mesures de distanciation et de confinement, au bout de sept à douze mois, supposons que l’Etat mette un budget Force-Covid-19 tous les deux mois, soit 1000 milliards au moins cinq fois, ce qui va donner au minimum 5000 milliards sur les douze mois à venir. Les experts prévoient une récession d’au moins 2% dans nos pays (décroissance de -2%). Ajouté à cela est la perte de la croissance de notre PIB d’au moins de 5% qu’on devait enregistrer en 2020. Au total, le manque à gagner et les pertes peuvent être estimés à 7% de notre PIB 2019. Toutes ces pertes sur la croissance du PIB et les manques à gagner s’élèveraient au moins à 2000 milliards de Fcfa. Au total, si on ajoute aux potentiels 5000 milliards de Force Covid-19 (renouvellement de 1000 milliards au moins quatre fois) les 2000 milliards de pertes, le Covid-19 coûterait à notre pays 7000 milliards au bas mot, si cette stratégie de distanciation et de confinement est maintenue les mois à venir.
Supposons que la stratégie actuelle ou sa version renforcée permette de sauver 30% des potentielles pertes en vies humaines estimées à 131.000 personnes. Au bout de 12 mois de souffrance, en l’absence de médicaments ou vaccins efficaces, ou même d’une disparition soudaine du Covid-19, les dégâts totaux s’élèveraient à environ 92.000 pertes en vies humaines. Ainsi, les 7000 milliards auraient servi à la fin à sauver 92.000 vies. Une seule vie sauvée par les effets de notre stratégie actuelle coûterait au finish 96 millions de Fcfa. 96 millions de Fcfa pour sauver une vie de la tyrannie du Covid-19, nous comprenons pourquoi les forces de l’ordre tabassent les récalcitrants qui refusent de respecter les mesures de distanciation prises par l’Etat.
Toute l’analyse de l’efficacité du modèle de riposte repose sur son coût global et les résultats obtenus à la fin en vies humaines sauvées. Sommes-nous efficaces ou efficients ? Aux coûts estimés, rien n’a été pris en compte concernant les effets de la pandémie et ses corollaires sur les ménages, entreprises, les micro-entreprises et le secteur informel par rapport aux ressources nécessaires pour relancer les affaires et faire refonctionner les marchés pour atteindre les revenus minimaux nécessaires à la vie décente.
Avons-nous réellement analysé l’efficacité et les impacts de nos mesures de ripostes ? Je ne le crois pas. Il faut qu’on s’y attèle de manière beaucoup plus sérieuse et rigoureuse dès maintenant. Il y va de notre survie durant et à la fin de la pandémie. Dans cet article, je n’ai donné que quelques pistes de réflexion qui pourraient être complétées lorsque les données seront plus stables et l’ampleur des effets mieux maîtrisée.

Moustapha Diakhaté – Etat d’urgence:«Un projet d’expérimentation de la capacité du Président Sall de contrôler la population…»

https://senego.com/« Le Sénégal après 60 jours avec le coronavirus : et si Docteurs Adama Faye, Alboury Ndiaye, Khadim Bamba Diagne et Khadim Ngom avaient raison ? » Une interrogation de Moustapha Diakhaté sur sa page Facebook. L’ancien ministre-chef de cabinet du Président Macky Sall a réagi face aux mesures prises par nos autorités pour « freiner » la propagation du Covid-19 au Sénégal. Il estime que « c’est l’Etat d’urgence et le couvre-feu qu’il faut confiner et non le Sénégal ! » Avant de s’en expliquer.

Une mauvaise approche…

« Le pilotage répressif de la lutte contre la propagation du coronavirus avec l’Etat d’urgence assorti d’un couvre-feu et autres mesures punitives, n’est manifestement pas la bonne approche. En atteste la fulgurante progression des cas positifs depuis le 23 mars 2020 malgré l’entrée en vigueur des mesures interdisant les déplacements et rassemblements… Par ailleurs, les restrictions sur toute l’étendue du territoire national n’a pas empêché le Sénégal de figurer parmi les dix pays africains qui sont les plus impactés et qui connaissent la plus forte progression du covid-19« , souligne Moustapha Diakhaté.

Le Sénégal comparé à la France…

Il poursuit : « Contrairement au Sénégal, si la France avait, en 60 jours, des cas positifs en valeur relative de 0,006% de sa population, une létalité moins élevée que la mortalité routières avec neuf décès, elle ne se hasarderait point à déclarer l’Etat d’urgence assorti d’un couvre feu. Elle ne confinerait pas non plus sa population de 20 heures à 06 heures du matin. Elle n’interdirait ni les déplacements interurbains encore moins les vols internationaux. Aucune de ses frontières terrestres ou aériennes ne serait fermée« .

Mimétisme du Gouvernement…

« Hélas, regrette le leader du mouvement ‘Mànkoo Taxawu sunu Apr’, le gouvernement du Sénégal dans un mimétisme que rien ne justifie, s’est engagé dans une féroce répression inappropriée pour faire plus peur au lieu d’éradiquer le COVID
19… »
Il s’agit, d’après l’ancien président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle (BBY) d’un projet d’expérimentation de la capacité du Président Macky Sall de « contrôler la population (fermetures des lieux de cultes, répression, prison, hélicoptères de gendarmeries, chars de combats, communications); soumettre l’assemblée nationale, les institutions de la République, la société civile, les collectivités territoriales, les administrations, les forces de défense et de sécurité; museler les médias, partis politiques, syndicats et société civile (au nom de l’union nationale face à ‘la guerre patriotique’ contre le coronavirus)« .

Lutte contre la pandémie : « aucun franc dépensé » par le gouvernement…

« En réalité, en terme de moyens pour lutter effectivement contre la propagation de la maladie, le gouvernement sénégalais n’a, jusqu’à présent, dépensé un seul franc de Cfa des 1000 milliards Fcfa du Force Covid-19 pour protéger les populations avec la mise à disposition de lave-mains, désinfectants hydro alcooliques et masques« , donne-t-il raison aux Docteurs Adama Faye, Alboury Ndiaye, Khadim Bamba Diagne, Khadim Ngom « lorsqu’ils plaident la sortie de l’Etat d’urgence, du couvre-feu, du confinement partiel, de la fermeture des Ecoles, Daras, Mosquées, Eglises et Bois Sacrés« .

Le port de masque…

« En tout état de cause, contre cette maladie d’origine virale, sans vaccin, ni médicament, seul le port généralisé et obligatoire du masque reste le moyen le plus sûr pour protéger les populations, maîtriser l’expansion du virus et limiter les impacts sanitaires, sociaux et économiques du covid-19. Avec la généralisation et l’obligation du confinement mobile individuel c’est-à-dire le port du masque, en plus du respect des recommandations sur les gestes et mesures barrières, il est à la portée des Sénégalais d’atténuer voire couper, sereinement, la chaîne de transmission du covid-19 et de reprendre la vie normale…« , conclut-il.

Covid-19: pourquoi l’Afrique doit adapter sa réponse à ses réalités  Par Omar Thiam*

https://www.lepoint.fr/afrique/TRIBUNE. Contre la crise du Covid-19, l’Afrique doit développer une stratégie inclusive qui tienne compte de ses contraintes économiques et sociales.
Alors que la pandémie du Covid-19 continue de gagner du terrain et que plus de 239 208 personnes ont perdu la vie dans le monde, dont 1 696 (chiffre du 2 mai, milieu de journée)*, pour l’instant, en Afrique, il y a lieu de se souvenir de l’appel du secrétaire général de l’ONUAntonio Guterres, il y a quelques semaines, dans un entretien diffusé sur RFI et France 24 en faveur d’un sursaut mondial dans la lutte contre la propagation du virus en Afrique. « Il est encore temps d’éviter des millions de morts », avait-il dit.

Tenir compte de la différence d’environnements

Cette crainte peut être surmontée si, dans les mesures à prendre, nous intégrons la dimension liée à la différence de contexte, des réalités socio-économiques et surtout culturelles des pays africains. En empruntant la même voie de résorption de la crise que les grands pays développés, à savoir les États-Unis, la France, la Chine et l’Italie, aujourd’hui en difficulté et dépassés malgré leurs importants moyens financiers et leurs équipements, nous allons droit dans le mur avec le risque que le scénario catastrophe redouté par le secrétaire général des Nations unies ne se réalise. Certes, les enseignements tirés de ce qui s’est passé en Italie, en France, en Chine et dans d’autres pays sont extrêmement précieux, mais ils ne peuvent pas être extrapolés directement sur le continent africain en raison de données démographiques différentes et de contraintes liées aux systèmes de santé. À ce niveau, il y a lieu de prendre en considération que le continent africain a ses spécificités par rapport aux autres régions du monde contaminées par le Covid-19.

La population, un élément distinctif important

Trois facteurs paraissent pouvoir être pris en compte au niveau de la population.
Premièrement, la structure démographique du continent est différente de celle des autres régions du monde. L’âge médian du 1,3 milliard d’habitants d’Afrique est de 19,7 ans, là où l’âge médian en Chine est de 38,4 ans et celui de l’Europe, 43,1. Les expériences en Asie et en Europe ont montré que les personnes de plus de 60 ans et celles ayant des problèmes de santé importants sont les plus vulnérables aux cas graves de Covid-19. Bien que la jeunesse de la population africaine puisse être considérée comme un facteur important de résistance à la pandémie, la manière dont le virus évoluera et se manifestera sur le continent reste inconnue.
Le deuxième facteur important concernant la population africaine est la forte prévalence de la malnutrition, de l’anémie, du paludisme, du sida et de la tuberculose dans certains pays. Par exemple, le Burundi et le Liberia ont un taux de retard de croissance des plus élevés au monde. Un enfant de moins de cinq ans sur trois souffre d’un retard de croissance. Il est possible d’envisager une accélération de cette épidémie en Afrique subsaharienne en raison de l’incidence de la malnutrition dans certains pays comme le Soudan. Sans compter que la saison des pluies est imminente, voire est déjà arrivée dans différentes zones, ce qui signifie que les cas de paludisme augmenteront rapidement et que les pics de paludisme en 2020 pourraient coïncider avec la pandémie de Covid-19 en cours.
Il n’est pas irraisonnable de prévoir en Afrique une probable incidence plus élevée de formes sévères de Covid-19 chez des patients plus jeunes en raison de la démographie et des conditions endémiques associées qui affectent le système immunitaire. La malnutrition, l’anémie, le paludisme, le sida et la tuberculose sont susceptibles d’augmenter la gravité du Covid-19.
Troisièmement, face à l’exigence de distanciation sociale, la grande propension des Africains de se rassembler est un grand facteur de risque.

Ainsi de la fréquentation hebdomadaire des lieux de culte.

Par conséquent, les mesures visant à imposer une distanciation sociale et physique peuvent s’avérer plus difficiles à appliquer, comme l’ont illustré certaines résistances au Sénégal à la suite de la fermeture des mosquées quand les premiers cas de Covid-19 sont apparus. Depuis, des efforts ont été consentis avec une forte implication des autorités et associations religieuses. Cela dit, ce n’est pas partout pareil. Le chef de l’État tanzanien a proclamé à la messe du dimanche dernier le refus de son pays de fermer les lieux de culte parce que c’est là qu’on trouve « la vraie salvation ».

Quid des systèmes de santé

Deux facteurs majeurs des systèmes de santé vont compliquer la réponse au Covid-19 en Afrique. D’abord, le continent connaît un double fardeau de maladies : celui des maladies infectieuses endémiques et celui du Covid-19 qui vient de se déclarer. Ensuite, sa capacité à fournir des soins intensifs est la plus faible au monde. Les formes sévères de Covid-19 entraînent une insuffisance respiratoire nécessitant une assistance ventilatoire. La capacité de traiter les formes sévères de Covid-19 va dépendre de la disponibilité des ventilateurs, de l’électricité et de l’oxygène. Trois éléments sur lesquels l’Afrique est en faiblesse. Une analyse récente des pays ayant le plus grand nombre de lits de soins intensifs par habitant n’inclut aucun pays d’Afrique. Pire, dans certains pays africains, il n’y a pas d’unités de soins intensifs avec des ventilateurs. C’est le cas du Liberia. L’Ouganda compte 0,1 lit de soins intensifs / 100 000 habitants là où les États-Unis comptent 34,7 lits pour 100 000 habitants.

La nécessité d’une approche préventive

Pour toutes les raisons évoquées plus haut, l’approche stratégique globale devrait se concentrer sur des mesures préventives agressives et un confinement très ciblé et limité. En effet, le confinement généralisé de la population, réponse privilégiée dans de nombreux pays du monde, n’est pas adapté à l’Afrique subsaharienne. Sur le continent, où la majorité de la population vit avec moins de deux dollars par jour, le poids de l’économie informelle est considérable. En 2018, le secteur employait 85,8 % des emplois, d’après une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT). Cela signifie que la grande majorité des habitants n’a pas d’emploi formel avec un salaire lui permettant de subvenir à ses besoins de manière régulière. Dans ce contexte, difficile donc de demander à toute la population de rester chez elle. La distanciation physique précoce et agressive ainsi que le lavage fréquent des mains prévaudront comme les interventions les plus efficaces et les plus abordables pour le continent avec, en parallèle, des tests, la recherche des contacts et l’isolement des cas.
Pour que les mesures préventives fonctionnent, il faudra faire adhérer les populations dans une très grande mesure. L’engagement des différentes communautés et le sursaut citoyen apparaissent donc comme de bons moyens de poser un dispositif préventif viable. Dans cette dynamique, le leadership et l’engagement des jeunes seront essentiels.
Enfin, compte tenu de l’importance sociale du religieux, les hauts dignitaires des associations devront participer activement à la réponse au Covid-19 en sensibilisant et en faisant un travail important conduisant à une meilleure prise de conscience des populations. Au niveau du système de santé, les salles d’opération et les équipes pourraient être réorganisées et réaffectées pour renforcer les capacités de soins intensifs dans les hôpitaux.

Quid de l’après-Covid-19 ?

Il est difficile d’anticiper l’avenir du point de vue de la santé publique. Une épidémie ou une pandémie peut toujours émerger, mais l’Afrique devra compter parmi les défis à relever les moyens de trouver des solutions pour absorber au mieux sa forte croissance démographique et la densité qui va avec. Faut-il le rappeler : la population du continent va doubler en moins de trois décennies passant de 1 milliard d’habitants à 2 milliards d’ici à 2050. Autant de personnes pour lesquelles il faudra créer des emplois. Autres défis : maîtriser l’urbanisation, contenir au mieux la pauvreté qui frappe encore très fort de nombreuses personnes, le changement climatique avec son lot de conséquences négatives sur l’agriculture et les écosystèmes avec à la clef des conséquences sur l’alimentation, l’éducation, l’organisation des systèmes autour de la santé, l’assurance-maladie, la protection sociale. Pas de doute, au-delà de mettre en œuvre des solutions adaptées à ses environnements économiques et sociaux, l’Afrique devra affronter d’importants chantiers de construction pour limiter les risques face à une éventuelle nouvelle épidémie.

Coronavirus: décryptage des hypothèses qui expliqueraient la faible contamination en Afrique

https://www.jeuneafrique.com/ Deux mois après l’irruption des premiers cas de coronavirus en Afrique, la propagation de la maladie semble y progresser plus lentement qu’ailleurs. Quels facteurs pourraient expliquer cette apparente résilience ?
Il serait inopportun de crier victoire trop tôt. Mais tout de même, les chiffres sont là : alors que les premiers cas de contamination au Covid-19 ont été détectés à la mi-février en Afrique, le continent ne compte aujourd’hui qu’un peu plus de 37 000 cas recensés (y compris les personnes déjà guéries) et 1 600 décès, contre plus de 3,2 millions de malades et plus de 228 000 morts dans le monde.
Statistiquement, il y a une anomalie. L’Afrique, qui représente 17 % de la population du globe, n’héberge que 1,1 % des malades et 0,7 % des morts. Mieux : avec déjà plus de 12 000 guérisons, elle semble résister bien mieux que les autres au coronavirus.
Est-ce simplement que la maladie est arrivée plus tard sur le continent et que, comme l’envisage une étude sud-africaine qui annonce un pic pour septembre, le pire reste à venir ? Pour l’heure, en tout cas, plus personne ne nie que la propagation du virus semble singulièrement lente sur le continent. Voici les principales raisons évoquées pour tenter de l’expliquer.

Le climat

C’est l’explication la plus couramment avancée. Comme la grippe, le coronavirus serait une maladie qui s’épanouit à la saison froide et supporterait mal la chaleur, la sécheresse, voire une forte exposition au soleil.
L’hypothèse semble corroborée par le fait que les pays les plus touchés par la pandémie ont un climat plutôt tempéré et que l’essentiel des cas se concentre soit à l’extrême nord du continent, soit à l’extrême sud, où la chaleur et la sécheresse sont moins écrasantes.
Du côté de la recherche, une étude britannique confirme qu’on rencontre en moyenne moins d’affections respiratoires dans les pays chauds et secs (on ne recense d’ailleurs qu’une épidémie de type Sras réellement sévère sur le continent, qui a touché Le Cap en 2002-2003), et un rapport américain du 24 avril affirme que la demi-vie du virus, c’est-à-dire la période nécessaire pour que sa puissance de contamination soit réduite de moitié, peut passer de 18 à 6 heures si la chaleur et l’humidité augmentent.
Les chercheurs restent néanmoins très prudents, à l’image du directeur des affaires internationales de l’institut Pasteur, Pierre-Marie Girard, qui souligne que lors d’expérimentations in vitro il a été constaté que le coronavirus « se multipli[ait] très bien dans la chaleur ».

La jeunesse des populations

C’est l’autre grande explication avancée. Dans les pays anglophones, on en a même fait un slogan:« The virus is old and cold and Africa is young and hot. »
Les médecins confirment que la majorité des cas sévères de Covid-19 concerne des personnes de plus de 60 ans, ce qui serait une chance pour le continent, où l’âge médian est de 19,4 ans et où 60 % de la population a moins de 25 ans. On souligne aussi que l’un des pays les plus durement frappés, l’Italie, compte 23,1 % de 65 ans et plus, contre 5 % en Afrique.
Cette hypothèse fait pratiquement l’unanimité, mais les scientifiques la nuancent en rappelant que si la population africaine est jeune, elle est malheureusement plus victime que d’autres de maladies comme le VIH ou de malnutrition, ce qui peut la rendre vulnérable. Enfin, certains chercheurs remarquent qu’en Europe et aux États-Unis les personnes âgées vivent souvent entre elles dans des maisons de retraite, ce qui favorise la propagation, alors qu’en Afrique elles habitent plus fréquemment avec leur famille. Ce qui pourrait les protéger.

Un habitat moins dense

À l’exception de quelques pays comme l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Maroc ou l’Algérie, et de certaines grosses mégapoles, la densité de population est en moyenne plus faible en Afrique que dans les parties du monde où le coronavirus a fait le plus de ravages, Europe de l’Ouest et Amérique du Nord. On compte en moyenne 42,5 habitants au km2 en Afrique, contre 207 en Italie et… plus de 10 000 dans l’État de New York.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) confirme qu’il s’agit d’un facteur positif, tout en soulignant que ces chiffres ne sont qu’une moyenne, et que des villes comme Lagos ou Abuja affichent des densités de population records.
Des déplacements plus limités
Autre explication rationnelle et difficile à contourner : la population africaine se déplace moins, en moyenne, que celle de beaucoup de pays avancés, et les risques de contamination sont donc forcément moins grands.
Pour mémoire, on ne trouve qu’un seul aéroport africain dans la liste des 50 sites mondiaux concentrant le plus de trafic aérien : celui de Johannesburg.

L’expérience des épidémies

Beaucoup le soulignent : l’Afrique n’en est pas à sa première épidémie, et elle en a connu de bien plus meurtrières.  On songe bien sûr à Ebola. Le personnel soignant mais aussi les populations ont donc une certaine habitude des situations de crise sanitaire, des leçons ont été tirées, et des « bonnes pratiques » mises en place.
Certaines méthodes de détection, d’isolement des patients, de précautions lors des soins développées précédemment sont duplicables face au coronavirus. Les autorités ont aussi pris plus rapidement que d’autres la mesure du danger et ont mis en place très tôt le contrôle ou la fermeture des frontières, la distanciation ou le confinement.
Du côté de l’OMS, on souligne qu’à la suite des épidémies d’Ebola en Afrique de l’Ouest on a aidé 40 pays du continent à évaluer leur capacité de réponse. Ont ensuite été soutenus 35 de ces derniers afin d’améliorer leur système de prise en charge.
La situation est certes loin d’être parfaite – du côté de la recherche et des laboratoires d’analyse, notamment –, mais, pour le Dr Moumouni Kinda, qui a affronté plusieurs crises avec l’organisation non gouvernementale ALIMA, « les épidémies comme Ebola nous ont fait accumuler de l’expérience sur la communication et la sensibilisation, qui sont des points clés pour briser les chaînes de transmission du virus ».

Une vraie coopération transfrontière

Pour certains scientifiques africains, le continent a aussi l’avantage de pratiquer une vraie solidarité. Lorsqu’un pays manque de masques ou de kits de tests, les pays voisins moins touchés sont susceptibles de lui en fournir. Le Lesotho, qui n’a pas encore de laboratoire opérationnel, fait tester ses prélèvements en Afrique du Sud, et un réseau de détection de la grippe saisonnière, utilisé face au Covid-19, fédère déjà une vingtaine de pays du continent.
Sans tomber dans l’angélisme, force est de constater que la solidarité semble parfois mieux fonctionner en Afrique que dans certaines régions plus riches, où l’on voit les grands laboratoires veiller jalousement sur leurs découvertes dans l’espoir de pouvoir commercialiser un traitement ou un vaccin. Sans parler d’un Donald Trump tentant de mettre la main sur les brevets des médicaments en cours de développement pour le seul bénéfice (financier) des États-Unis…
À une échelle bien plus locale, on souligne aussi que le fonctionnement communautaire de beaucoup de populations africaines permet de mieux faire passer les messages de prévention, mais aussi de détecter plus rapidement les malades, peu de gens étant susceptibles d’être laissés à eux-mêmes.

La protection indirecte d’autres traitements

Cette hypothèse fait l’objet de vives polémiques, et l’OMS, en particulier, se montre très prudente. Mais certains médecins constatent des coïncidences troublantes : on compterait moins de contaminations au coronavirus dans les pays les plus touchés par le paludisme » ou la tuberculose. Ou dans ceux qui vaccinent massivement leur population avec le BCG.
Le fait d’avoir contracté certaines maladies ferait-il barrière au Covid-19 ? Il faudra du temps pour le démontrer, mais beaucoup de médecins pensent que les traitements antipaludéens comme la chloroquine ont une certaine efficacité. Et comme beaucoup de gens sont traités avec ces médicaments en Afrique, une résistance pourrait exister.
C’est en partie pour cela que le professeur français Didier Raoult, mais aussi des équipes comme celle du Drug Discovery and Development Centre (H3D) de l’université du Cap, testent en priorité des antipaludéens.
L’OMS se montre critique, remarquant que certains pays comme le Burkina Faso, le Nigeria et le Sénégal, où le paludisme fait des ravages, ne sont pas épargnés par le virus. Elle met aussi en garde ceux qui pensent que le vaccin contre la pneumonie peut les protéger, mais incite par contre les populations qui le peuvent à se faire vacciner contre la grippe, la maladie ayant des symptômes proches de ceux du Covid-19.

Une immunité « génétique »

Et si les Africains étaient protégés par leur ADN, qui, pour une raison restant à déterminer, serait plus robuste face au coronavirus ? L’hypothèse est loin de faire l’unanimité – à l’institut Pasteur, Pierre-Marie Girard « ne voit pas très bien pourquoi » une telle spécificité existerait – et demandera du temps pour être explorée.
Le professeur camerounais Christian Happi, spécialiste en génomique, qui partage son temps entre l’université Harvard et le Nigeria, n’exclut pas tout à fait cette possibilité : « Les Africains sont exposés à beaucoup de maladies, donc il est possible que leur organisme réagisse mieux. Il faudra chercher les anticorps pour le savoir, mais c’est possible. Après Ebola, on a vu que beaucoup de gens au Nigeria avaient été exposés à la maladie mais ne l’avait pas développée. »

Une autre version du virus

Idée qui se rapproche de la précédente : puisqu’il semble maintenant que plusieurs souches différentes du Covid-9 sévissent sur la planète (jusqu’à huit formes distinctes), peut-être que celle qui est présente en Afrique est moins agressive ? Ce qui pourrait expliquer aussi le fait qu’on semble y recenser plus de cas asymptomatiques qu’ailleurs. L’hypothèse reste audacieuse dans la mesure où le virus est arrivé par des patients l’ayant contracté ailleurs. Aurait-il muté ensuite ? L’OMS n’exclut pas l’idée, mais souligne que pour la valider il faudra séquencer le génome du Covid, ce qui est en cours.

De meilleurs masques

Lorsqu’on l’interroge sur les spécificités qui pourraient jouer en faveur de l’Afrique, Matshidiso Moeti, la directrice Afrique de l’OMS, met en avant le fait que le continent « a une industrie textile très active et compétente », en particulier à Brazzaville, où sont installés les bureaux de l’organisation. Cette particularité permet peut-être à la population de bénéficier de masques en tissu en plus grand nombre et de meilleure qualité que dans certains pays riches, où la pénurie est la règle.
En conclusion, les scientifiques soulignent que ce qui explique sans doute le faible nombre de cas observés sur le continent est, avant tout, le fait que la plupart des pays ont pris très tôt des mesures de protection draconiennes. Et peut-être aussi le fait que la maladie ayant d’abord touché des personnes qui voyageaient, plutôt mieux informées que la moyenne et vivant majoritairement en ville, il a été plus facile d’identifier les premiers cas que lors d’autres épidémies.
Mais la modestie des chiffres continue à étonner, comme le remarque  la biologiste congolaise Francine Ntoumi : « Dans certains pays du continent, on mange les chauve-souris, les gens vivent les uns sur les autres… En fait, tout est fait pour que ça explose, mais ce n’est pas le cas. » C’est, conclut-elle, aux scientifiques africains de chercher à comprendre pourquoi. Par Olivier Marbot

Dossier: Horticulture, des stocks d’une valeur de 9,1 milliards de F Cfa en souffrance

http://lesoleil.sn/-Le sous-secteur de l’horticulture fait face à un problème de mise en marché dû à la pandémie de Covid-19. Du coup, d’importants stocks de légumes sont en souffrance dans les centres de groupage et des plateformes de commercialisation, selon la Direction de l’horticulture.
L’alerte est de la Direction de l’horticulture. Des quantités importantes de légumes d’une valeur totale de 9,3 milliards de FCfa peinent à être écoulées sur le marché à cause des restrictions occasionnées par la pandémie de coronavirus. Ces stocks dorment dans les centres de groupage et des plateformes de commercialisation. À la date du 23 avril 2020, 36 404 tonnes d’oignons d’une valeur de 8,1 milliards de FCfa, 4155 tonnes de pommes de terre d’une valeur d’un peu plus d’un milliard de FCfa, 550 tonnes de choux équivalant à 82,5 millions de FCfa et 255 tonnes de carottes d’une valeur de 38 millions de FCfa attendent acquéreurs, d’après Macoumba Diouf, directeur de l’Horticulture.
Pour trouver une solution à ce problème de mise en marché, des exploitants de la zone des Niayes et de la vallée du fleuve ont suggéré au Gouvernement d’acheter ces légumes et de les mettre dans l’aide alimentaire distribuée aux populations dans le cadre du Programme de résilience économique et sociale (Pres). Une proposition que partage le directeur de l’Horticulture. « Une telle mesure permettrait de procurer des revenus aux horticulteurs, de payer les crédits contractés auprès des établissements financiers et de conduire une bonne campagne horticole de contre-saison chaude pour d’autres productions avant et pendant l’hivernage », explique-t-il.
Au regard de ces chiffres, M. Diouf estime que l’horticulture est actuellement le seul sous-secteur de l’agriculture affecté par le Covid-19. Cette maladie s’est déclarée au Sénégal au moment où la production horticole a atteint un pic. Bien que les transports de marchandises ne soient pas concernés par les restrictions de voyages interurbains, il n’en demeure pas moins que l’acheminement des produits des Niayes ou de la vallée du fleuve vers certaines localités souffre de quelques écueils. « Pour aller à Kédougou ou à Tambacounda, c’est la croix et la bannière parce que les conducteurs voyagent, en général, la nuit sur les longues distances. Il y a beaucoup de contraintes de mobilité. Et comme ce sont des denrées périssables, un problème se pose », indique le directeur de l’Horticulture. Deuxième facteur qui explique la mévente des produits agricoles : l’interdiction des regroupements et des rencontres publiques comme les évènements religieux (gamou, ziarra) et les cérémonies familiales (baptême, mariage). Ces rencontres étaient des occasions d’écouler les produits horticoles. À cela s’ajoute la fermeture de certains marchés à certaines heures de la journée.

EXPORTATIONS HORTICOLES :Les légumes et fruits ont apporté 77 milliards de FCfa en 2019

L’horticulture est considérée comme le sous-secteur leader de l’agriculture au regard de sa contribution par les économies de devises, l’import-substitution (approvisionnement du marché national par les productions locales) et les rentrées de devises à partir des exportations, mais aussi par son énorme potentiel pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle du Sénégal. Par exemple, en 2019, les exportations de légumes et fruits ont rapporté au pays 77 milliards de FCfa. Entre 2012 et 2019, les exportations sont passées de 56 000 tonnes à 107 818 tonnes.
Durant cette même période, la production de légumes et de fruits est passée de 905 000 tonnes à 1 624 000 tonnes avec une couverture des besoins de 9 mois pour la pomme de terre, 8 mois pour l’oignon et 5 mois pour la carotte. Selon le directeur de l’Horticulture, les productions d’oignon (434 000 tonnes en 2019) et de pomme de terre (156 000 tonnes en 2019) dépassent largement les besoins nationaux estimés respectivement à 300 000 tonnes par an et 90 000 tonnes. Cependant, le manque d’infrastructures de conservation (chambres froides) explique, d’une part, les importantes pertes post-récolte (25 à 30 %) et, d’autre part, les importations de ces légumes pendant 3 à 4 mois.

Un secteur qui nourrit son homme

Ces performances font dire à Macoumba Diouf que l’horticulture, qui comprend les cultures maraîchères et fruitières, les culturelles florales ou floriculture, mais aussi les plantes ornementales, est le sous-secteur de l’agriculture sénégalaise qui « se porte le mieux ». Si l’horticulture fleurit (bien qu’étant le parent pauvre de l’agriculture en ce qui concerne le soutien aux exploitants horticoles qui ne représente même pas le 10ième des budgets de campagne destinés aux subventions sur les intrants et non concernée par le soutien en matériels agricoles), c’est parce que le sous-secteur bénéficie d’une attention plus soutenue de la part des pouvoirs publics. Selon son directeur, avant 2012, l’horticulture était « méconnue », presque « inexistante ». Et pour cause : « il n’y avait pas de volonté politique manifeste traduite par des actions en termes de soutien, d’accompagnement, de vision, etc. Chez les acteurs eux-mêmes, c’était une activité pratiquée de manière marginale. La raison est simple : il n’y avait pas de retombées qui pouvaient motiver un grand nombre de producteurs à le faire. Et pourtant, ce n’est pas que le sous-secteur n’était pas compétitif et ne renfermait pas d’opportunités, loin de là. Les caractéristiques qu’on exploite, aujourd’hui, au point de faire de l’horticulture le secteur leader de l’agriculture existaient déjà », explique-t-il.
L’un des caractéristiques de l’horticulture, c’est la productivité. On est à une moyenne de 25 à 30 tonnes par hectare là où l’agriculture pluviale qui occupe une écrasante majorité des agriculteurs sénégalais ne fait presque pas une tonne à l’hectare. L’autre caractéristique, c’est la compétitivité. Les légumes se vendent toujours plus chers et mieux qu’un kilo d’arachide, de mil et de maïs. Troisième caractéristique : l’horticulture est un sous-secteur pourvoyeur d’emplois. « On peut avoir cinq à six actifs sur un hectare pour une campagne. Et quand ils auront commercialisé, chacun y trouvera son compte », souligne M. Diouf. À l’en croire, si on parle d’emplois dans l’agriculture, c’est de l’horticulture qu’il s’agit. « C’est le secteur qui peut absorber une masse importante de jeunes, de femmes, bref, de Sénégalais qui y trouvent leur compte sans que le secteur ne soit saturé. Quel que soit le secteur que vous prenez, industrie, artisanat, etc., très vite, on peut faire le plein d’emplois, mais l’agriculture n’est jamais saturée », ajoute-t-il. À ces trois caractéristiques s’ajoute le fait que les produits horticoles ont, sur le plan nutritionnel, une haute valeur ajoutée.
Estimant que l’horticulture est aussi le sous-secteur de résilience agricole par excellence, le directeur Macoumba Diouf plaide pour l’optimisation de son potentiel au profit de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, de la génération de revenus pour le monde rural, la création massive d’emplois et la consolidation de la part de l’agriculture dans le taux de croissance. « Si on fait cela avant la grande campagne de contre-saison froide, qui va d’octobre 2020 à février 2021, le monde rural sera résilient, les légumes existeront sur le marché et il n’y aura pas de renchérissement des prix. De même, on pourra exporter vers la sous-région », dit-il.Elh. I. THIAM

Renforcer aujourd’hui notre réponse à la crise du coronavirus pour éviter demain une facture beaucoup plus élevée Par CEYLA PAZARBASIOGLU AYHAN KOSE, Banque mondiale

https://www.financialafrik.com/Après une décennie de croissance ininterrompue, la pandémie de COVID-19 (coronavirus) est venue porter un coup d’arrêt brutal à l’économie mondiale. Tout l’enjeu désormais n’est pas de savoir si nous allons connaître une récession mais bien d’en apprécier la profondeur — et le rythme auquel les pays parviendront à surmonter la crise sanitaire pour ouvrir la voie à un redressement économique.
Les réponses apportées seront particulièrement importantes pour les pays en développement, qui devraient souffrir le plus de la crise.
Avant même l’explosion de la pandémie, la plupart d’entre eux se trouvaient déjà sur une trajectoire plus précaire   que pendant la période antérieure à la récession mondiale de 2009. Avec un niveau de croissance au plus bas depuis dix ans, les excédents budgétaires et courants d’avant 2009 se sont transformés en lourds déficits. Et la dette extérieure a atteint des records absolus.
Autrement dit, même confrontés à un ralentissement modeste de l’économie mondiale, ces pays auraient eu bien du mal à bâtir une riposte efficace. Or, ils se retrouvent face à une catastrophe sanitaire doublée d’une catastrophe économique sans équivalent dans l’époque moderne.
Le Groupe de la Banque mondiale travaille actuellement sur des prévisions détaillées, à paraître début juin dans la prochaine livraison des Perspectives économiques mondiales. Selon notre premier scénario de base à l’étude, nombre de pays en développement devraient plonger dans la récession en 2020 avant de voir leur croissance redémarrer en 2021. 
Ce scénario n’est guère réjouissant, mais il table sur un retour rapide à la normale. Il prévoit par exemple que la distanciation sociale et les autres mesures visant à endiguer la circulation du virus seront levées d’ici trois mois et que toutes les grandes économies mondiales renoueront avec une croissance alerte au troisième trimestre 2020. Il parie également sur la stabilisation des marchés financiers à la faveur de la confiance restaurée des investisseurs. Et il part du principe que les programmes massifs de soutien monétaire et budgétaire seront maintenus dans les 18 prochains mois.
En résumé, ce scénario suppose que tout se passera bien… Mais même dans ce cas-là, l’économie mondiale n’échapperait pas à une grave récession en 2020 et les pays en développement devraient subir une contraction de leur production d’environ 2 % . En plus de marquer le premier repli de ces économies depuis 1960, une telle évolution rimerait également avec des performances incroyablement médiocres par rapport au taux moyen de croissance de 4,6 % observé depuis 60 ans.
Les perspectives pourraient être nettement plus sombres si l’une seulement de ces hypothèses ne se vérifie pas. Quand bien même les mesures d’atténuation décrétées pour trois mois se révèlent efficaces pour stopper la pandémie, on ne peut exclure une certaine frilosité du côté des investisseurs et des ménages  ni l’incapacité des chaînes d’approvisionnement locales ou mondiales à refonctionner normalement. Les ménages risquent de limiter leurs dépenses de consommation et les entreprises de reporter leurs investissements jusqu’à ce qu’ils reprennent confiance dans un redressement solide. Et la reprise des voyages internationaux pourrait connaître des hauts et des bas. Dans ce scénario, le choc sur la production mondiale serait encore plus important, et la production dans les économies en développement pourrait se replier de pratiquement 3 % sous l’effet d’une récession plus profonde.
Les fortes contractions de l’économie tendent à perturber durablement les pays en développement  , en réduisant le potentiel de croissance pour une période prolongée après une récession, avec de graves répercussions sur le front de la pauvreté   et des inégalités.
Les responsables politiques disposent d’une fenêtre de tir étroite pour limiter les dégâts et écourter la crise. Dans les pays en développement, ils doivent faire leur maximum pour se focaliser sur la priorité immédiate : désamorcer la crise sanitaire. Ce qui signifie prendre des mesures pour sauver des vies, protéger les moyens de subsistance, aider les entreprises à attendre l’embellie et préserver l’accès aux services publics essentiels — le tout en fonction du contexte local. Les pays en développement doivent aussi prendre des dispositions pour éviter que la crise sanitaire ne dégénère en crise financière.
Mais la plupart d’entre eux ne peuvent affronter cette crise seuls, parce que leur équilibre est encore plus précaire qu’avant. Dans certains cas, les systèmes de santé sont largement sous-équipés. Des pans entiers de la population tirent leur revenu d’emplois informels, ce qui signifie qu’ils n’ont accès à aucune protection sociale et seront encore plus difficiles à atteindre et à soutenir en ces temps de crise. Les petites et les moyennes entreprises, souvent un pilier de l’activité économique, manquent en général d’accès aux financements et vont se heurter à des difficultés de trésorerie qui pourraient rapidement engendrer une crise de solvabilité
Les économies en développement susceptibles d’être le plus durement touchées — celles qui dépendent du commerce, des produits de base  ou du tourisme — sont aussi celles qui concentrent le plus d’habitants vivant dans l’extrême pauvreté. Confrontées à des pertes de revenu, ces populations auront encore plus de mal à respecter les mesures de confinement. D’une manière générale, la plupart des pays en développement n’ont pas les ressources ni la marge de manœuvre budgétaire nécessaires pour déployer des programmes de soutien à l’activité économique suffisamment importants pour dénouer la crise
Le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international se sont surpassés, s’engageant rapidement à déployer pratiquement toutes leurs capacités de prêt au cours des 15 prochains mois pour aider les économies en développement à affronter l’urgence et accélérer le redressement. Et les pays du G20 ont accepté de suspendre les remboursements de dette bilatérale des pays les plus pauvres — au moins jusqu’à fin 2020 — pour libérer des ressources indispensables à la lutte contre la pandémie.
Mais nous devons redoubler d’efforts pour aider les économies en développement. Faute d’une réponse politique adaptée à l’ampleur de la crise actuelle, les dommages seront encore plus coûteux à réparer plus tard . Le monde entier doit serrer les rangs et se mobiliser : les gouvernements et les organisations internationales, mais aussi les entreprises et les créanciers privés.
Ensemble, nous devons lancer une riposte vigoureuse, à la mesure de la pire crise depuis des générations . La communauté internationale a encore les moyens d’éviter les conséquences les plus désastreuses de la pandémie. À la condition toutefois de faire dès maintenant preuve de résolution pour circonscrire les dégâts et jeter les bases d’une reprise solide.Par CEYLA PAZARBASIOGLU AYHAN KOSE, Banque mondiale

L’Algérie refuse le prêt du FMI: idéologie et rationnalisme

https://www.financialafrik.com/Le président Abdelmadjid Tebboune rejette tout recours au FMI ou à la planche à billets.
L’Algérie est le seul pays africain à ne pas s’empresser à signer les “Facilités de Crédit” auprès du FMI et à souscrire aux largesses tarifées de la Banque Mondiale. Avec une dette extérieure faible (2 % du PIB) et une dette intérieure estimée à 45% du PIB, le géant nord-africain refuse de livrer ses comptes à l’appréciation du système financier international (pas de notation financière, S&P, Moody’s et Fitch régulièrement éconduits).

Nous préférons emprunter auprès de nos citoyens”

 a dit le président Abdelmadjid Tebboune, confronté aux prévision d’une forte récession en 2020. “L’endettement porte atteinte à la souveraineté nationale”, a-t-il poursuivi devant les médias algériens. Selon les prévisions du FMI pour l’Afrique du Nord datées du 15 avril dernier, l’Algérie enregistrerait le pire déficit budgétaire (-20% du PIB) et le déficit le plus élevé de la balance courante (-18,3% du PIB).
Le pays de feu Boumediène, construit sur l’anti-système global, est l’un des moins endettés en Afrique, utilisant sa manne pétrolière (90 % de ses recettes d’exportation) pour s’affranchir vis-à-vis du FMI et de la Banque Mondiale et pour conduire sa politique de développement économique. Héritier de la ligne dure du Front de Libération Nationale (FLN), le président algérien actuel a opté pour un choix rationnel (la dette est une vraie contrepartie à la souveraineté nationale) et idéologiste car les réserves de change, ramenées de 162 milliards de dollars en 2014 à 57 milliards de dollars, exigent une alternative claire et des réformes en vue d’une diversification économique indispensable.
Or, le président, sans parler de la création d’un marché des bons de Trésor ou d’un compartiment obligataire dynamique à la Bourse d’Alger, permettant à ses concitoyens de souscrire au “coupon Algérie”, évoque plutôt le recours aux fonds de l’informel estimés à 71 milliards d’euros. Question: comment intégrer cette manne dans le circuit formel sans déséquilibrer l’économie et, surtout, sans levée de boucliers de la part des gardiens du temple de l’orthodoxie financière mondiale ?
Cela d’autant que, la contribution de l’informel, si elle résoudra un problème de liquidités temporaires pour le Budget de l’Etat, n’apportera pas de solution au Dinar Algérien (1 USD = 128 DZD) menacée sans contrepartie de devises extérieures. En clair, sans remontée du cours de baril et sans concours extérieurs auprès de pays amis (la Chine exigerait d’abord d’être remboursé sur les prêts antérieurs), l’Algérie exposera sa monnaie au syndrome Zimbabwé. Le président refuse l’emprunt pour des raisons d’abord idéologiques car «lorsque nous empruntons auprès de banques étrangères, on ne peut parler ni de la Palestine ni du Sahara occidental », deux causes chères à Alger, a-t-il argué. Reste à savoir si Alger résistera encore longtemps à la tentation de la planche à billet ?  Zeinab Filali

Révélation-Le Scandale De L’actuel DG De La SENELEC À… 115 Milliards

https://www.xibaaru.sn/L’AUTRE SCANDALE À 115 MILLIARDS DE L’ACTUEL DG DE LA SENELEC !
Admettons que depuis le départ de Mouhamadou Makhtar Cissé (MMC), SENELEC n’est plus ce qu’elle était : désinformation, bidonnages, voyeurisme, sensationnalisme, goût excessif du morbide et du scandale, soumission aux idées dominantes et aux pouvoirs économiques et financiers, manipulation au service d’intérêts occultes, lobbying déguisé.. etc. La liste des différentes affections qui rongent cette boite n’est pas exhaustive, loin de là.
« La centrale de Bargny-Sendou est tombée en panne en juillet dernier. Cette centrale nous fournissait plus de 115 mégawatts. Après une étude menée par nos ingénieurs, nous avons décidé de recourir à cette ultime solution qui est de louer cette centrale flottante Turque » selon Papa Mademba Biteye, DG de SENELEC. Il poursuit : « Nous ne pouvons pas déterminer le coût exact de la centrale flottante Turque. Mais après la fin du service on pourra évaluer l’argent investi dans ce projet » FAUX !
115 milliards F Cfa serait le coût de la barge turque louée pour assurer la distribution de l’électricité aux Sénégalais. Même si la Senelec s’abstient à avancer des chiffres.
Plus scandaleux, le marché a été conclu sans appel d’offres. « C’est que le coût du kilowatt/heure, qui est produit à travers cette barge, est beaucoup plus intéressant que si on produisait le même kilowatt/heure, à travers nos Centrales », a expliqué Ahmédoune Dah Diagne, directeur commercial de Senelec.
La centrale flottante louée à 115 milliards par l’actuel DG de la Senelec
Il a loué un bateau dont on n’a pas besoin toute l’année : on paie quand même.
C’est comme il louait une maison à 5 chambres et qu’il paie cela alors qu’il n’occupe que 2 ou 3 chambres.
De plus, on ne connaît pas le prix total du kilowatt/heure, car il refuse de donner le montant. Que cache-t-il réellement ?
Avant on louait juste durant la période de chaleur et on se séparait des groupes le reste de l’année.
Il a loué ce bateau pour 5 ans et il risque bientôt de demander à augmenter la capacité à louer ou la durée.
Par mauvaise foi, ils ont voulu dire que c’est MMC qui a loué ce bateau turc ; FAUX ! Il avait négocié puis abandonné le projet à cause de son coût élevé.
Papa Mademba Biteye avait dit qu’en avril, la centrale allait passer au gaz et que le coût serait intéressant : FAUX ! car elle marche toujours au fioul à un prix très élevé, plus élevée que la nouvelle centrale de Malicounda en construction.
Les études environnementales n’étaient pas encore approuvées et la centrale a commencé à fonctionner. Ce sera pire que la centrale à charbon de Sendou.
D’ailleurs, les riverains ont rejeté le plan qui leur a été présenté par Senelec car la centrale pollue : bruit et rejets.
Nous attendons la suite de leur plan pour décortiquer leurs affirmations. Dans tous les pays où ce type de centrale a été installé c’est un signe d’incapacité et ça ruine le pays : Gambie, Sierra Leone, Ghana, …
Il y’a anguille sous roche ! Cette désinvolture dévastatrice est catégoriquement et résolument intolérable.APRÈS LES TURCS, PLACE AUX ISRAÉLIENS!Qui arrêtera ce brigand?

Le SUDETEN révèle un autre scandale à la Sénélec

L’As-Alors que la polémique sur le contrat d’Akilee n’a pas encore livré tous ses secrets, un autre scandale présumé éclabousse la Société Nationale d’Electricité (Senelec). Même si le scandale Akilee est le plus célèbre parmi les contrats établis par l’ancienne Direction générale, relève le Syndicat unique et Démocratique des travailleurs de l’Energie (Sudeten), Excellec constitue un cas inique. Face à ces scandales à répétition, les syndicalistes interpellent l’Etat sur le choix des dirigeants des entreprises publiques comme la Senelec, dans l’optique d’asseoir une bonne gouvernance des deniers publics.
Excellec, c’est le nom de l’autre entreprise pointée du doigt par le Syndicat Unique et Démocratique des Travailleurs de l’Energie (Sudeten). En effet, dans un document intitulé manifeste du 1er Mai parvenu à «L’As», les membres du Sudeten estiment que le contrat liant Excellec et la Senelec est un scandale. Ils jugent inappropriée la démarche de la Senelec de produire des poteaux en béton. «La production de poteaux en béton n’est nullement en adéquation ni avec les besoins réels d’exploitation ni avec nos moyens logistiques nécessaires pour leurs manutentions et leurs implantations aux endroits indiqués.
Les poteaux en bois, moins coûteux, plus pratiques et partout utilisés dans le monde sont subitement devenus obsolètes», fulminent les syndicalistes. Selon eux, Excellec est un prête-nom à l’entreprise Myna qui travaillait déjà avec la Senelec dans d’autres secteurs. «Après avoir vécu l’amère expérience des contrats scandaleux de réhabilitation de réseau, de fourniture de transformateurs et poteaux en bois avec l’entreprise Myna, loin d’en tirer des leçons qui s’imposent, une nouvelle idylle est entamée avec le même opérateur qui change d’habillage sous le nom d’Excellec», révèlent les syndicalistes. Par ailleurs, le Sudeten souligne que ces scandales ont déclenché une sérieuse crise de confiance des travailleurs et de l’opinion à l’égard des dirigeants de Senelec, passés comme présents, à l’intérieur de l’entreprise avec des directeurs promoteurs, complices d’Akilee, comme à l’extérieur avec ces anciens directeurs ayant trouvé des planques juteuses.
«Ces responsables, assurés de l’impunité, ragaillardis par le mutisme des autorités de l’Etat, actionnent des activistes par presse interposée, pour prendre leur défense, déformer les faits et tromper l’opinion publique», indiquent les syndicalistes. Ils estiment que si les recommandations de la Cour des comptes avaient été suivies, cet opérateur n’allait plus mettre ses pieds à la Senelec. C’est pourquoi, ils réclament des audits indépendants pour faire la lumière sur tous les «contrats scandaleux» comme Akilee, Excellec et d’autres qui font l’objet de doutes et de suspicion sur leur transparence et leur régularité. S’agissant du contrat Akilee, les syndicalistes demandent tout bonnement sa résiliation en attendant que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

«NOUS SALUONS LA POSITION DE L’ACTUELLE DIRECTION GENERALE SURLE CONTRAT AKILEE»

Saisissant par ailleurs l’occasion de la Fête du Travail, les membres du Sudeten ont posé sur la table ses revendications parmi laquelle la retraite complémentaire. A cet effet, ils demandent à la Senelec de convoquer une rencontre d’échanges et d’informations regroupant les Partenaires Sociaux, la Direction des Ressources Humaines et Amsa assurances sur le contrat.
Toutefois à propos de ses acquis, le Sudeten se félicite d’avoir été le premier à dénoncer tous les scandales au niveau de la Senelec. Aussi, salue-t-il la position de l’actuelle direction générale de Senelec sur le contrat Akilee. Il l’invite à fournir des informations claires et complètes sur les contrats et sur tous les projets de développement du sous-secteur de l’électricité, à venir ou en cours de réalisation (incluant l’information sur les partenaires et les sources de financement).
Enfin, le Sudeten invite les dirigeants de la Senelec à pourvoir à la visibilité maximale des initiatives conjointes, tant en interne auprès du personnel qu’en externe à l’intention d’autres parties prenantes compétentes et de l’opinion publique. Les syndicalistes n’ont pas manqué d’appeler la direction générale à développer la culture d’entreprise, un catalyseur et un moyen de facilitation, pour maintenir la cohésion qui fait écho des aspirations profondes et des comportements responsables des personnes qui composent l’entreprise. En ces temps d’incertitudes et de défis à cause de l’impact du Covid-19, le Sudeten appelle à la solidarité, à l’unité et à la cohésion avec tous les secteurs en lutte au niveau de l’entreprise, du pays comme à l’international, avant de s’incliner sur la mémoire des victimes de la pandémie.

EXPOSITION DE « RECONCILIATION »:Kalidou Kassé s’engage dans la lutte contre la Covid-19

http://www.enqueteplus.com/node Les Ateliers du Sahel ont accueilli l’œuvre de l’artiste-plasticien Kalidou Kassé, intitulée « Réconciliation’’. Les autres membres du Conseil sénégalais des arts (Csarts) ont également fait montre de leur talent pour apporter leur contribution à la lutte contre le coronavirus.
L’humanité est bouleversée par la soudaine pandémie dont les conséquences sanitaires, sociales, économiques et culturelles sont d’une gravité rare. Des artistes comme Kalidou Kassé mettent en place, à leur façon, des plans de lutte contre le nouveau coronavirus.
En effet, le plasticien a présenté son œuvre-installation titrée « Réconciliation » dans sa galerie, Les Ateliers du Sahel.  Instrument de sensibilisation et de lutte contre le coronavirus, l’œuvre majeure de 3,60 m sur 2m80 interpelle plus d’un et pousse à une introspection dans un contexte de crise sanitaire. « Réconciliation » appelle, selon l’artiste, à une solidarité humaine. En présentant son œuvre, il a invité à une prise de conscience collective pour briser la chaine de transmission du virus et endiguer les cas communautaires qui inquiètent actuellement les autorités et les populations.
‘’C’est une introspection collective pour une réappropriation de nos valeurs de dialogue, de paix et de vivre ensemble. C’est une œuvre qui parle à toutes les religions pour dire que depuis que ce virus est arrivé, les mosquées, les églises… tous les points de lumière sont fermés. Ça nous rappelle qu’on est obligé d’être ensemble pour combattre ce fléau-là. Tout d’un coup, le monde est devenu un espace géographique où tout le monde est confiné pour partager le même destin’’, a déclaré le plasticien. Et d’ajouter : ‘’L’être humain a agressé la nature, il a agressé les animaux. Est-ce qu’il ne faudrait pas, aujourd’hui, se réconcilier avec soi-même et se réconcilier avec la nature ?’’
Riche en couleurs, l’installation en fer forgé est composée de personnages masqués peints en acrylique, surplombés de chutes de tissus avec des grillages, symboles de gestes-barrières aux couleurs vives et de ballons-coronavirus. Ouvrant officiellement la cérémonie de présentation de ce magnifique produit artistique et en vidéoconférence, le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, Demba Faye, a félicité Kalidou Kassé pour cette dynamique artistique de riposte face à la Covid-19.
La présentation de cette œuvre majeure s’est déroulée en présence du Dr Bara Ndiaye, Directeur de l’ONG Amref-Afrique de l’Ouest qui s’active dans le secteur de la santé, de Dr Ami Ndao Fall, de Rokhaya Niang, Ambassadrices de bonne volonté d’Amref, de l’artiste Mamadou Tita Mbaye, du comédien Ibrahima Mbaye Ché, entre autres.

 Csarts met la main à la pâte

En marge de la présentation de « Réconciliation », le Conseil sénégalais des arts (Csarts) a exposé des œuvres de huit artistes. Il s’agit de Kalidou Kassé, Seyni Gadiaga, Tita Mbaye, Ousmane Ndiaye Dago, Ismaela Weber, Mor Faye Murf, Mamadou Ndiaye Thia et Idrissa Mbengue. Ces artistes ont fait don de leurs créations pour accompagner les autorités sanitaires du Sénégal. Ces œuvres seront vendues aux enchères dans les prochains jours. Et les recettes de la vente seront versées au ministère de la Santé et de l’Action sociale pour participer à l’effort de guerre contre le coronavirus.BABACAR SY SEYE (STAGIAIRE)

Chloroquine et coronavirus Didier Raoult salue le «beau travail» des équipes médicales sénégalaises

https://senego.com/-Le professeur Didier Raoult a magnifié ce dimanche, le travail effectué par les équipes médicales sénégalaises. Ce, dans la riposte contre la maladie à coronavirus par l’usage de la chloroquine. Médicament dont l’efficacité a été prouvée, selon les autorités sanitaires.
« Beau travail des équipes médicales sénégalaises. Les autorités algériennes, marocaines, turques et tant d’autres rapportent l’efficacité d’un traitement qu’ils ont très tôt proposé à leurs patients« , a twitté l’infectiologue.
Beau travail des équipes médicales sénégalaises. Les autorités algériennes, marocaines, turques et tant d’autres rapportent l’efficacité d’un traitement qu’ils ont très tôt proposé à leurs patients.https://t.co/nBvAhn7kaq
— Didier Raoult (@raoult_didier) May 3, 2020

Chloroquine
Les autorités sénégalaises ont dit ce dimanche leur intention de continuer à prescrire l’hydroxychloroquine aux malades du Covid-19 après une analyse préliminaire montrant une réduction de la durée d’hospitalisation, alors que le pays fait face à une augmentation constante de cas.
Sénégal

Les autorités sanitaires ont officiellement déclaré 1182 cas de contamination et neuf décès au cours des deux mois depuis la confirmation de l’apparition du virus le 2 mars dernier, selon un nouveau bilan communiqué dimanche.

COVID-19: LE PIC DE CONTAMINATION ATTENDU DANS 10 JOURS

http://www.emedia.sn/Le pic de contamination du Coronavirus est attendu dans 10 jours. C’est du moins l’estimation faite, sur la Rfm, par la directrice de la Santé publique, Docteur Marie Khemesse Ngom Ndiaye.
Selon elle, l’augmentation fulgurante du nombre de cas ne signifie pas de facto que le Sénégal a atteint son pic de contamination. « Nous venons de mettre en place un logiciel qui est un instrument de gestion de données. À l’heure où je vous parle, il y a des formations qui se font avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Déjà, les documents de toutes les régions sont disponibles. Peut-être qu’en ce moment avec le lot d’informations qu’on aura, nous pourrons vous dire de façon exacte quand est-ce qu’on aura le pic », a-t-elle indiqué. La directrice de la Santé publique de poursuivre : « On l’a approximativement, mais nous devons attendre dans maximum une semaine à 10 jours. Nous sommes dans une phase ascendante. On souhaite atteindre le pic parce que comme vous le savez quand on est dans le pic, après c’est une descente. Et on aimerait bien que cette descente soit bien maîtrisée ». Babacar FALL

Dr Marie Khémesse Ngom Ndiaye sur le Covid-19: «L’épidémie peut durer un an»

IGFM – Invitée de l’émission de Grand Jury de la Rfm de ce dimanche, Dr Marie Khémesse Ngom Ndiaye a apporté la réplique au Dr Moussa Thior, ex-coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme qui avait fustigé les stratégies de l’Etat pour lutter contre le Covid-19. Il recommandait de « laisser le virus circuler. »
« Nous utilisons « sa » stratégie dans le cadre de la lutte des épidémes comme la rougeole. D’autres pays ont utilisé cette stratégie, mais ils ont échoué et ils sont revenus à leur pas de charge », note la Directrice de la santé qui estime que « le Sénégal a sa stratégie et celle-ci a été validée ».
Parlant du coronavirus, elle  soutient que « certaines caractéristiques de la maladie à coronavirus sont encore inconnus. Nous avons des cas de recontaminations, c’est à dire, nous avons des patients guéris qui ont rechuté. Nous en avons problablement  trois ou quatre patients guéris qui  ont recontracté le virus. On connait le coronavirus, mais on ne connait pas l’agent pathogène ».
Sur l’évolution de l’épidémie de coronavirus, elle pense que le Sénégal atteindra un pic épidémique d’ici la semaine prochaine. « On ne sait pas si la redescente sera rapide, mais nous sommes dans une phase ascendante. Nous atteindrons peut-être le pic dans une semaine », a-t-elle dit, non sans préciser que l’épidémie peut durer un an.

Marie Khémess Ngom Ndiaye : « Il n’y a pas de cas Pr Seydi »

http://www.lasnews.info/-Il n’y a pas de brouille entre le Pr Moussa Seydi et le Ministère de la Santé. C’est le Dr Marie Kemesse Ngom Ndiaye qui l’a assuré, lors de son passage à l’émission « Grand Jury » de la Rfm. « On évoque un différend entre le Pr Seydi et le Ministère de la Santé. Mais je ne le pense pas du tout. Toutes les personnes qui le disent le mettent mal à l’aise », indique la directrice de la Santé publique. A en croire Dr Khemesse, ceux qui parlent ne connaissent pas bien le Pf Seydi. « Le Pr Seydi est dans la préparation, de même que ceux qui travaillent avec eux. Il ne va pas l’accepter, car son but, c’est de lutter contre cette pandémie. Il n’y a pas de cas Pr Seydi », a-t-elle ajouté.

Pr Moussa Seydi: «Au Sénégal, une étude scientifique est en cours sur l’artémisia»

https://www.dakaractu.com/Le médicament ou même la tisane du Covid-organics que la République de Madagascar utilise pour soigner ses malades du coronavirus, suscite plusieurs interrogations et particulièrement de critiques émanant de l’industrie pharmaceutique.
Mais malgré tout, les malgaches ont trouvé efficace l’utilisation de ce remède à base de l’artémisia et inspiré ainsi certains pays africains dont le Sénégal.
Le professeur Seydi estime que, même agissant de manière efficace à Madagascar, il faudrait toutefois des études plus approfondies car, d’autres résultats pourraient être trouvés.
Il notera du reste que « le Directeur de la Pharmacie a déjà reçu un échantillon sur lequel il est en train de travailler pour voir comment faire une évaluation scientifique de l’artémisia »
Selon le chef de service des maladies infectieuses de l’hopital Fann, « l’artémisia, pourrait agir sur le Covid-19 du moment où elle a fait ses preuves sur certains virus comme l’hépatite B ».
En tant que chercheur, le Professeur Seydi pensera qu’il faut que le médicament puisse agir au niveau du laboratoire et qu’il agisse aussi chez l’être humain avant de prendre des décisions comme il l’a d’ailleurs fait avec l’hydroxychloroquine et l’azithromycine. Estimant nécéssaire de faire cette étude scientifique préalable, il saluera cette expérience du Pr Bassène qui est une référence dans ce domaine qui, selon lui, pourrait trouver à travers une collaboraboration, des méthodes assez simples, moins contraignantes pour arriver à des résultats probants

Eléments essentiels pour éviter le pic: Masques, traçage,dépistage sélectif, traitement (Ada Pouye)

https://www.seneweb.com/Les cas issus de la contamination communautaire constituent à ce jour le casse-tête des autorités sanitaires pour stopper la propagation de la pandémie. D’après Ada Pouye, expert en coordination humanitaire, il faut une approche communautaire pour venir à bout de ce mode de contamination. Invité de l’émission Objection de ce dimanche, il estime qu’il faut « engager les jeunes qui habitent dans les quartiers (les Asc) pour en faire des vecteurs de communication au niveau communautaire ».
Depuis quelques jours, le nombre de cas a pris la courbe ascendante au Sénégal et le pic de l’épidémie est à craindre. Face à cette montée fulgurante des cas, quatre éléments sont essentiels, à en croire Ada Pouye : « s’assurer du port obligatoire du masque. Le traçage des cas et des contacts aussi, c’est le gros défit que nous avons. On a vu récemment un gars qui a été contaminé à Louga et qui se retrouve à Sédhiou. L’autre aspect, c’est le traitement et si les cas augmentent, le système ne pourra plus tenir. Pour éviter le pic, il y a les masques, le traçage des contacts, le traitement des malades, mais il y a aussi le dépistage sélectif. C’est-à-dire dans des zones où on a trouvé des cas communautaires, faire des microcerclages comme on fait avec ébola ».
A signaler que l’approche du dépistage sélectif ciblé a été testé à Wakinane Nimzatt, il y a quelques semaines

LE MESSAGE DE MACKY AUX ÉLÈVES ET PARENTS

http://www.emedia.sn/Deux mois après l’arrêt des cours, Macky Sall s’adresse aux parents d’élèves, enseignants et étudiants. Dans un message publié sur son Twitter, il renouvelle son soutien à toute cette frange, touchée par le Covid-19.
« Chers parents, chers enseignants chers étudiants, chers élèves, j’imagine votre inquiétude face à la situation inédite que traverse l’école liée au #COVID19. Je voudrais partager ici, avec vous, l’espoir d’une reprise progressive et maîtrisée dans le respect des mesures édictées », dit-il.
La reprise des cours est fixée au 2 juin prochain. Elle devrait être accompagnée de mesures pour circonscrire les risques de propagation du virus.

MACKY SALL PARTAGE L’ESPOIR D’UNE REPRISE ‘’PROGRESSIVE ET MAÎTRISÉE’’ DES COURS

Dakar, 3 mai (APS) – Le chef de l’Etat a partagé avec la communauté éducative l’espoir d’une reprise ’’progressive et maîtrisée’’ des cours ‘’dans le respect des mesures édictées’’.
’’Chers parents, chers enseignants chers étudiants, chers élèves, j’imagine votre inquiétude face à la situation inédite que traverse l’école liée au #COVID19. Je voudrais partager ici, avec vous, l’espoir d’une reprise progressive et maîtrisée dans le respect des mesures édictées’’, a tweeté Macky Sall, ce dimanche.
La fermeture des écoles, des universités et des crèches fait partie des cinq mesures importantes annoncées le 14 mars par le chef de l’Etat, Macky Sall, pour endiguer les risques de propagation de la maladie à coronavirus.
A ce jour, le Sénégal compte 1182 cas de covid-19 dont 372 guéris, 9 décès, 1 patient évacué dans son pays et 800 patients sous traitement.
Le dernier Conseil des ministres, tenu mercredi, a arrêté la date de reprise des cours, à compter du 02 juin 2020 pour les élèves en classe d’examen.
S’agissant de l’Enseignement supérieur, le Conseil a recommandé aux académies, de réfléchir sur les modalités de reprise globale des enseignements dans la période du 02 [au] 14 juin 2020.
Ces deux décisions ont été prises à la suite de communications sur la reprise des enseignements faites par les ministres de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle.
C’est la deuxième fois que la reprise des enseignements scolaires et universitaires, suspendus depuis le 16 mars en raison du coronavirus, fait l’objet d’un report.

La réouverture des classes, prévue dans un premier temps le 6 avril, avait une première fois été repoussée au 4 mai.

Interrogé par l’APS, le président de l’Union nationale des parents d’élèves et d’étudiants du Sénégal (UNAPEES), Abdoulaye Fané, a déclaré jeudi être ‘’en phase’’ avec la décision du gouvernement de faire reprendre les cours aux élèves en classe d’examen, à compter du 02 juin.
Cette reprise des enseignements doit toutefois se faire avec de ‘’fortes mesures d’accompagnement’’, lesquelles sont, dit-il, « indispensables pour protéger élèves, étudiants et enseignants de la maladie à coronavirus’’.
’’Il ne faut pas prendre de risques, parce que rien ne pourra se faire sans la maîtrise de cette pandémie et les parents d’élèves sont en phase avec cette décision de l’Etat qui a fait une projection pour la reprise des cours’’, a-t-il ajouté, dans un entretien téléphonique
Le secrétaire général du Cadre unitaire des syndicats d’enseignants du moyen secondaire (CUSEMS) a estimé lui que la continuité des enseignements « ne revêt pas un caractère urgent’’ dans un contexte de hausse des cas de Covid-19, où le seul combat qui vaille est celui contre le virus.
« L’ennemi commun, c’est la lutte contre la maladie à coronavirus avec comme principal enjeu la maîtrise de la propagation du virus, le reste viendra avec les mesures d’accompagnement adéquates’’, a déclaré Abdoulaye Ndoye .
’’Quelle que soit la décision prise, la vie humaine est au-dessus de tout. La continuité pédagogique est importante certes, mais ne revêt pas un caractère d’urgence, parce que l’urgence aujourd’hui, c’est de sauver des vies’’, a-t-il dit à l’APS.
Le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (SELS), Souleymane Diallo, a lui regretté l’absence de date fixée pour la reprise des cours dans les classes intermédiaires alors que les enseignements pour les élèves en classes d’examen redémarrent le 2 juin.
’’On est en phase avec les décisions prises jusque-là par rapport à la fermeture des écoles, mais cette reprise partielle nous laisse sur notre faim parce qu’il fallait aussi donner une date pour les autres classes même si c’est une projection’’, a réagi le secrétaire général du SELS dans un entretien avec l’APS.
’’C’est un flou total, les élèves dans ces classes sont inquiets de leur scolarité, mais aussi les enseignants qui sont dans ces classes se demandent s’ils doivent reprendre le 2 juin’’, selon M. Diallo. ADL/OID

REPRISE DES COURS LE 2 JUIN DES ÉLÈVES EN CLASSE D’EXAMEN: Les syndicalistes réclament une concertation

http://www.enqueteplus.com/nodeSeuls les élèves en classe d’examen vont retourner dans les salles de classe, le 2 juin. Une décision prise lors du dernier Conseil des ministres. Le secrétaire général du Sels, Souleymane Diallo, trouve qu’ils sont dans un flou total. Ses camarades exigent des éclairages, par le biais d’une concertation avec le ministre de l’Education nationale.
Suite à la décision de l’Etat de reporter la rentrée au 2 juin, certains syndicalistes semblent être déçus. Le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels) est de ceux-là. Joint par ‘’EnQuête’’, il avoue que ses camarades et lui sont restés sur leur faim. ‘’ La nouvelle décision prend en charge une partie des élèves du Sénégal, à savoir ceux qui sont en classe d’examen. Donc, c’est le flou total ; des zones d’ombre sur la scolarité des élèves en classe intermédiaire qui sont plus nombreux’’, dénonce Souleymane Diallo.
En effet, ils sont inquiets pour la grande masse. Est-ce déjà les vacances pour eux ? On ne saurait le dire. Ce qui est sûr est que les syndicalistes s’attendaient à un schéma global de reprise des enseignements-apprentissages, même si cette reprise doit se faire par paliers. Dans un premier temps, suggère-t-il, des élèves en classe d’examen pourraient reprendre. Ensuite, l’Etat pourrait programmer la reprise pour les élèves des classes intermédiaires. ‘’Aujourd’hui, c’est l’inquiétude totale chez les parents d’élèves, les élèves des classes intermédiaires et les enseignants’’, a-t-il souligné.
L’autre inquiétude de Souleymane Diallo est liée à l’organisation pédagogique. Il se demande comment cela se passera pour les classes d’examen, dans un contexte de propagation de la pandémie. Aujourd’hui, est-il certifié que toutes les conditions sanitaires et d’hygiène seront réunies, pour que les enseignements se tiennent dans les normes ?  La question est sans réponse, dit-il, et affirme que pour le moment, personne ne sait vraiment comment les choses devront se passer, à part les autorités gouvernementales.  ‘’Voilà pourquoi nous disons que ce communiqué du Conseil des ministres cause plus de problèmes qu’il n’apporte de solutions’’, a-t-il indiqué.
Aussi, Souleymane Diallo et ses camarades interpellent le ministre de l’Education nationale Mamadou Talla. ‘’Nous exigeons des éclairages, un complément d’information par rapport aux élèves des classes intermédiaires’’.
Le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique, Abdou Fatou, va plus loin. Il exige une rencontre avec leur ministre de tutelle. Pourtant, il semble avoir plus de d’informations que son collègue. Pour lui, la rentrée se fera en deux phases. ‘’Nous disons attention au gouvernement, car il ne faudrait pas tomber dans un mimétisme et copier la manière de faire de systèmes éducatifs d’ailleurs, sans tenir compte de nos propres réalités cruelles, en termes de classes pléthoriques, d’organisation inadaptée et nous disons que, dans un système, les cours sont à égale dignité, les classes pareilles. Par conséquent, aussi bien les classes de CI que celles de CM2 sont à égale importance. C’est pourquoi nous demandons vivement à rencontrer le ministre pour que l’on puisse en réalité définir les modalités. Mais nous n’accepterons pas que des jeunes Sénégalais, au nom des examens, soient lésés’’, prévient, sur un ton catégorique, Abdou Faty.

‘’Nous ne pouvons pas prendre tous les élèves’’

Souleymane Diallo paraît bien maitriser les réalités dont parle M. Faty. Il indique que le Sénégal ne se résume pas seulement à Dakar. Par conséquent, les autorités devraient prendre en compte la question de la pluviométrie. Il serait difficile de faire des cours dans des abris provisoires, dans certaines conditions. Aussi, pour des raisons économiques et autres, certains élèves sont obligés d’accompagner leurs parents dans les champs. Des particularités à ne pas négliger et à prendre en compte.
En outre, si beaucoup pensent que l’année scolaire peut être sauvée avec la dernière mesure prise, M. Diallo n’est pas si optimiste. Pour lui, ce ne sont pas seulement les élèves en classe d’examen qui ont besoin de valider leur année scolaire. Il considère qu’une année scolaire, on la valide ou l’invalide pour l’ensemble des élèves. ‘’L’école sénégalaise, c’est l’ensemble des classes et des élèves’’, insiste-t-il.
Le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal affirme, cependant, qu’ils sont contre toute année blanche ou invalide. Par contre, ils sont pour la mobilisation des ressources, pour voir comment sauver cette année. ‘’Pour sauver l’année scolaire, il faut sauver d’abord la santé des enseignants et des élèves,pour l’ensemble des élèves et non une partie des élèves’’,dit-il.

Propositions pour sauver l’année

Par ailleurs, le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire Sénégal (Saemss), Saourou Sène, pense que tout n’est pas perdu. Ils ont fait des propositions à la tutelle pour sauver l’année. Lui et ses camarades proposent que les professeurs se réfèrent aux moyennes des contrôles et déterminer quels élèves des classes intermédiaires devraient passer en classe supérieure. Des projections s’imposent. Et il souligne que si la pandémie est vaincue, ils vont se retrouver pour apprécier objectivement la situation, et essayer de voir qu’est-ce qui est fait à l’extérieur, parce que, selon lui, tous les pays sont logés à la même enseigne.
Toutefois, il espère qu’avant le 2 juin, la situation va évoluer positivement. Et si c’est le cas, les cours pourront commencer par les classes d’examen, avec un ensemble de mesures qui devront être accompagnées.AIDA DIÈNE

LES SAPEURS-POMPIERS, LES GRANDS OUBLIÉS DE LA LUTTE CONTRE LE COVID-19

http://www.emedia.sn/Il est neuf heures. Le caporal-chef regroupe ses troupes. Vite, le rassemblement est fait. Les rangs sont formés. L’ordre est serré. La sonnerie du clairon marque le départ du défilé. Très adroits avec une maitrise séduisante du mouvement des pieds, les soldats du feu marquent le pas avec délicatesse et charme. C’est l’heure de la levée des couleurs.
Le drapeau national monté, les éléments regagnent le poste de police dans le même rythme. Nous sommes à la caserne Alioune Tall de Guédiawaye, 13e compagnie de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers. C’est une unité opérationnelle et administrative du groupement d’incendie et de secours numéro un à Dakar. Elle couvre les départements de Pikine et de Guédiawaye avec ses 21 arrondissements. La 13e compagnie regroupe les trois casernes que sont la caserne de Guédiawaye, créée en 1977, celle de Pikine conçue en 1996 et enfin la caserne de la zone franche qui a été créé en 2017. Cette compagnie, commandée par le capitaine Yatma Dièye, compte 195 éléments.

195 ÉLÉMENTS CONSIGNÉS

A l’instar des autres services étatiques, ici, toutes les dispositions sont prises pour lutter contre la maladie du coronavirus. Il faut respecter toutes les mesures barrières édictées par les autorités sanitaires avant d’accéder à l’intérieur de la caserne. En cette période marquée par la pandémie du coronavirus, les soldats du feu ont sorti la grosse artillerie pour aller au front. Ils disposent d’ambulances équipées en personnel médical et en protection individuelle pour lutter contre le Covid-19. En sus, les 195 éléments sont consignés et prêts à être déployés sur le terrain pour n’importe quelle intervention, à n’importe quelle heure. « Quelle que soit la circonstance, nous sommes prêts à aller au front au profit de la population », a déclaré le capitaine Yatma Dièye. Qui, toutefois, précise que les sapeurs-pompiers ne sont pas impliqués, pour le moment, dans la prise en charge des patients suspects de la maladie pathogène même s’ils en ont la compétence. Ce rôle est assigné au Samu National.

10 À 15 OPÉRATIONS PAR JOUR

« Depuis l’apparition de la maladie, nous faisons 10 à 15 interventions par jour. On nous appelle pour secourir une personne qui a fait un malaise ou une crise. On intervient également pour évacuer des femmes en état de grossesse avancée qui peinent à avoir un moyen de locomotion en cette période de d’état d’urgence assorti de couvre. Nous prenons toutes les mesures sécuritaires sur le théâtre des opérations. D’abord, nous utilisons le thermo-flash pour mesurer la température du patient. Si la température n’est pas normale, nous ne le touchons pas. Nous alertons rapidement le Samu national », a expliqué le capitaine Yatma Dièye qui, pourtant, signale que les sapeurs-pompiers ont reçu des formations leur permettant d’intervenir en toutes circonstances. « Chaque jour, nous faisons des manœuvres de garde, c’est-à-dire des entrainements dans tous les domaines où on peut solliciter les services des sapeurs-pompiers. Certains pensent que les sapeurs-pompiers n’interviennent que dans les accidents et les incendies. Mais, il arrive qu’on nous appelle pour sauver un cheval qui est tombé dans un puits ou pour attraper un animal qui sème la terreur dans une localité », informe-t-il.

DES INSULTES ESSUYÉES LORS DES INTERVENTIONS

Malgré les efforts qu’ils fournissent pour apporter aide et assistance aux populations, les sapeurs-pompiers sont souvent voués aux gémonies. Ils font souvent l’objet d’attaque. Sur le terrain, certains vont même jusqu’à les menacer ou les adresser des propos discourtois. Mais, tout cela est pris avec philosophie. « Parfois, les sapeurs-pompiers essuient des insultes lors de leurs interventions mais nous en faisons fi. Parce que, c’est nous qui avons choisi le métier et nous devons l’exercer avec passion quoi qu’il advienne. Nous avons été bien formés et nous sommes très conscients de la tache qui nous attend quotidiennement. Psychologiquement, nous sommes prêts à subir tous les sacrifices que requiert ce métier qui, est loin d’être facile. Nonobstant, notre sacerdoce, c’est de l’exercer dans les conditions les meilleures au grand profit de la population. Car, notre plus grande satisfaction c’est de sauver des vies chaque jour. Cela suffit comme rémunération », soutient-il.

LA LIGNE 18 N’EST PAS GÉRÉE PAR LES SAPEURS-POMPIERS

Par ailleurs, le capitaine Dièye a apporté des réponses sur les accusations selon lesquelles les sapeurs-pompiers réagissent parfois tardivement aux sollicitations des populations. Il a tenu à préciser que la ligne 18 n’est pas gérée par les sapeurs-pompiers mais plutôt par un opérateur téléphonique. Donc, clarifie-t-il : « les défaillances qui sont souvent constatées ne sont pas de notre faute. On nous les impute à tort mais, elles ne nous incombent pas ».

CASSE-TÊTE DES ÉVACUATIONS

Dans le même sillage, il a expliqué les raisons pour lesquelles les sapeurs-pompiers arrivent, parfois, en retard sur les lieux d’intervention. A l’en croire, de temps en temps toutes les ambulances sont en intervention sur le terrain. « Et quand cette situation arrive, il est difficile d’interrompre une intervention au profit d’une autre. Nous sommes obligés d’attendre la fin d’une intervention pour rappliquer sur un autre lieu. En plus, il y a aussi le problème de la prise en charge des personnes qui sont évacuées. Souvent, les hôpitaux nous disent qu’ils ne prennent pas le patient parce qu’ils n’ont pas de lits disponibles ou parce que celui-ci n’a pas un accompagnant. On est obligé d’aller voir un autre hôpital. Parfois, cela nous prend dix heures pour une évacuation sans compter les embouteillages. Les populations ignorent toutes ces choses auxquelles nous nous sommes confrontées », souligne le capitaine, ajoutant qu’un sapeur-pompier n’est jamais en retard. « On n’ose pas décliner un appel. Qu’il pleuve tonne ou vente, les sapeurs seront toujours au front », jure-t-il. Comme quoi leur devise « Sauver ou périr » n’est pas un simple slogan. Aliou DIOUF & Abdoulaye SYLLA (Photos)

COVID-19: POURQUOI DAKAR ET DIOURBEL SONT DEVENUES LES GRANDS PÔLES DE CONTAMINATION

http://www.emedia.sn/Invitée à l’émission LR du temps, la sociologue Aoua Bocar Ly, explique pourquoi les régions de Dakar et de Diourbel sont devenues de grands pôles de contamination du Coronavirus. A l’en croire, cette situation s’explique d’un point de vue socio-démographique et d’un point de vue économique.
La région de Diourbel, indique-t-elle, est le bassin arachidier du Sénégal. « C’est un milieu d’affaires qui est aussi remplacé par d’autres types d’activités qui sont dans le monde des affaires. Qui dit monde des affaires dit mobilité sociale. L’axe Touba- Mbacké a été un vecteur de cette maladie vers Tivaouane, Kaolack, Thiès. Parce que, les gens ont l’habitude de bouger. Le virus ne bouge pas ce sont les gens qui le transportent. »
S’agissant de la région de Dakar, elle renseigne que près du quart de la population sénégalaise est concentré dans la capitale du Sénégal. Ce qui, à son avis, favorise les risques de contamination rapide de la maladie. « Il y a, à Dakar, une concentration d’humains et un manque de décentralisation. Or, ces deux facteurs sont des facteurs d’expansion de ce virus », dit-elle Aliou DIOUF

SYLVIA DANAILOV: «IL NE FAUT PAS CESSER LES VACCINS POUR LES ENFANTS»

http://www.emedia.sn/L’Unicef tire la sonnette d’alarme sur l’impact que pourrait avoir la pandémie du Covid-19 sur les enfants. Selon sa représentante au Sénégal, Silvia Danailov, la polémique des essais vaccinaux contre le coronavirus en Afrique ne devrait en aucune manière dissuader les parents à vacciner leurs enfants contre d’autres maladies comme le paludisme, la rougeole, la poliomyélite, etc.
Invité à l’émission JDD, sur Iradio, ce dimanche, Danailov rappelle le droit à l’accès à la santé pour les enfants. « C’est vraiment une question de communication. Il faut donner le bon message à certaines familles. Il ne faut pas cesser ces vaccins. Si c’est le cas, il y aura plus de causes dramatiques chez les enfants », a-t-elle déclaré. Pour la représentante de l’Unicef, la vraie bataille contre le Covid-19 reste une bonne communication sur les bonnes pratiques pour qu’il y ait plus d’hygiène au sein des communautés. Babacar FALL & Pape D. DIALLO (Photo)

Les Propositions De Marie Teuw Pour Réussir…L’Après Covid-19

L’après covid19 : le défi des sciences émergentes…Par Marie Teuw Niane
Dans beaucoup de pays, le monde d’après covid19 est en train d’être pensé et les prémisses financières de sa construction en cours de mobilisation. Une chose semble évidente. Le futur né de la nuit. Il peut s’effondrer dans la pénombre ou comme l’aurore, éclabousser de ses lumières.
Le numérique sous toutes ses formes est un de ces flambeaux dont il faut s’emparer et apprivoiser. De l’enseignement à distance domestiqué, à la mise à disposition de services en ligne pour le citoyen (état civil, casier judiciaire, certificat de bonne vie et mœurs, certificat de résidence), des payements numériques généralisés, à l’interconnexion des différentes plateformes des services publics (impôts, douanes, domaines, etc.), de l’agriculture écologique durable à la télémédecine-téléconsultation, de la robotique à la conception de prothèses par les imprimantes 3D, de la reconnaissance faciale à la reconnaissance vocale, du travail à la maison au travail peu économe dans les bureaux, il y a tellement d’applications qui résolvent des problèmes et interpellent notre intelligence pour bâtir un monde nouveau propre à notre culture, notre humanisme et résolvant des problèmes que nous nous posons.
Les flambeaux de la génétique moléculaire, de la biotechnologie et de la bio-informatique nous conduisent dans un monde où tout est possible, presque possible, et dans un monde où l’homme devient Prométhée. Heureusement que les barrières posées par l’éthique et la responsabilité freinent certaines tentatives de franchir l’inadmissible, l’impensable, la rationalisation de combinaisons hasardeuses des briques élémentaires du vivant. De l’inventaire du patrimoine de notre biodiversité végétale, animale, microbienne, avant que d’autres ne s’en emparent pour se les approprier avec des brevets, de la production de semences, de médicaments, des tests rapides et fiables de diagnostics de maladies, des thérapies génétiques, de la protection des populations contre des aliments, des médicaments et des vaccins trafiqués, rien n’est presque impossible, tout est presque possible ! Là où la sécheresse sévit, où les sols se dégradent, où la faim et la malnutrition rodent, maîtriser ces sciences et ces technologies, c’est se donner les moyens de renvoyer aux calendes grecs la misère des populations.
J’aurai pu parler des fantastiques applications des nanotechnologies, de la physique nucléaire, de la géomatique, de la physique de l’atmosphère et de l’espace, etc.
Le Sénégal est le 3ème pays africain à disposer du supercalculateur après l’Afrique du Sud (2016) et la Côte d’Ivoire (2018), un ordinateur conçu pour atteindre de hautes performances, notamment en termes de vitesse de calcul.
La maîtrise de ces technologies est impérative pour notre bien-être et pour notre sécurité.

Pour y arriver, il faut au moins les trois ingrédients fondamentaux :

– les ressources humaines : nos universités en forment. Les compétences qui manquent peuvent être complétées par des collaborations interuniversitaires et l’intervention des sénégalais et africains de la diaspora ;
– les infrastructures lourdes de recherche. Elles sont indispensables pour bâtir la souveraineté et l’émancipation du pays. Nous avons un maillon essentiel, le supercalculateur, la Quantum Learning Machin (QLM), deux microscopes électroniques (l’un à balayage et l’autre à transmission), les équipements de biotechnologie végétale. Il faut y ajouter une plateforme de génétique moléculaire, un réacteur nucléaire de recherche et quelques autres appareils pour que les institutions publiques de formation et de recherche puissent en toute autonomie (par rapport à l’international) résoudre les problèmes qui se posent à nous.
– le financement public pour accompagner la recherche, l’innovation, le prototypage et le passage à l’entrepreneuriat.
Ne faisons pas comme Hamady Kandy dont parle le dicton peul : « Hamady Kandy ala welo soodi korne » (« Hamady Kandy n’a pas de vélo, il a acheté un klaxon »).
Ne perdons pas de temps pour réussir l’après covid19. Ces sciences et technologies sont à la portée de notre jeunesse qui, d’ailleurs spontanément, en est passionnée.Convaincus et engagés nous réussirons !Mary Teuw Niane3 mai 2020

Pour stopper la transmission communautaire: Le ministre Zahra Iyane Thiam décrète le port obligatoire du masque à la Sicap

https://www.rewmi.com/Le ministre de la microfinance, de l’économie sociale et solidaire était au niveau de la commune des Sicap pendant 72 heures pour distribuer des masques aux populations. Selon Zahra Iyane Thiam c’est pour stopper la transmission communautaire du Covid-19. A l’en croire, la lutte contre la pandémie n’est pas seulement médicale avec l’apparition chaque jour des cas issus de la transmission communautaire. C’est la raison pour laquelle elle a initié une série de distributions de masques dans les maisons et certains lieux publics de la commune de Sicap Liberté. « La gestion de la maladie passe par un engagement collectif citoyen si l’on se fie aux chiffres de la maladie au Sénégal. Nous avons décidé de relever le défi de la contamination communautaire. Vous savez que le système médical a montré toutes ses qualités. Au-delà des gestes barrières, nous pouvons freiner la chaîne de la transmission communautaire. Ce, en se couvrant le visage », a-t-elle soutenu. Toutefois, elle s’est réjouie de la forte mobilisation des populations de Sicap, Hommes, femmes et jeunes qui ont vite adhéré à la cause.

Yassine Fall: «Le Sénégal Post-Covid Sera Une Catastrophe»

https://www.xibaaru.sn/L’économiste, Yassine Fall, le leader du mouvement « Def lila War est l’invitée de L’émission Face2Face de la TFM animée par la talentueuse Aïssatou Diop Fall Niang…La politicienne qui soutenait la coalition « Sonko 2019 » lors de l aderniere présidentielle, prédit un avenir sombre pour le Sénégal au lendemain de la pandémie du Covid-19 :
« Le Sénégal post covid-19 sera une catastrophe car je n’ai pas confiance au régime qui nous dirige. Je pèse mes mots : le président dirige avec les instructions de la France. Nous avons beaucoup d’atouts mais nous avons une équipe dirigeante lamentable. Nous sommes sur l’océan Atlantique à 5h de l’Europe et pas loin de l’Amérique latine, nous avons des intellectuels émérites et des penseurs dont la réputation dépasse les frontières mais ceux qui nous dirigent sont des vassaux des occidentaux. » s’est exprimé Yassine Fall

Yassine Fall: «Il Y A Du Théâtre Dans La Distribution Des Vivres»

https://www.xibaaru.sn/L’émission Face2Face de la TFM reçoit le leader du mouvement « Def lila War », l’économiste, Yassine Fall, est l’invitée de l’émission Face2Face de la TFM animée par la talentueuse Aïssatou Diop Fall Niang. La responsable politique déplore le folklore qui entoure la distribution des vivres en cette période de pandémie du coronavirus : « La distribution des vivres est une scène de théâtre. C’est cynique de faire du théâtre dans une période de pandémie où on profite de la faiblesse des gens pour faire la politique. C’est très grave. Vous savez au Sénégal, c’est près de 80% de sénégalais qui s’exercent dans le secteur informel. Aujourd’hui ces gens ne travaillent plus. » a dénoncé Mme Fall Yassine.

Yassine Fall: «J’ai Fait Des Propositions Pour Éviter De Perdre Des Milliards»

https://www.xibaaru.sn/Le leader du mouvement « Def lila War », l’économiste, Yassine Fall est l’invitée de l’émission Face2Face de la TFM animée par la talentueuse Aïssatou Diop Fall. L’économiste revient sur ses propositions qu’elle avait faite pour éviter des pertes d’argent dans la gestion des 1000 milliards du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19 (Force Covid-19) :
« J’avais d’autres propositions concernant la distribution des vivres. Dans chaque coin du sénégal, il y a des populations qui possèdent toutes des téléphones portables. Et il faut le dire chaque sénégalais en possède.  Et avec les transferts, le président aurait envoyé de l’argent aux sénégalais. Et d’un autre côté, il adevait diminuer les prix des denrées de premières necessités. Cela lui aurait évité les milliards du transport, ensuite cela aurait permis la liberté d’achat des ménages. Aujourd’hui, les ménages ont reçu des miettes. » a dit Mme Fall

Yassine Fall: «Macky Ne Veut Pas De Transparence Dans Le Covid-19»

https://www.xibaaru.sn/Le leader du mouvement « Def lila War », l’économiste, Yassine Fall est l’invitée de l’émission Face2Face de la TFM animée par la talentueuse Aïssatou Diop Fall. L’économiste revient sur le manque de transparence dans la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19 (Force Covid-19) :
« Si Macky voulait être transparent, il l’aurait fait en mettant en place une entité indépendante. Nous sommes dans une situation de pandémie et on prend l’argent du contribuable pour vouloir le confier à son beau-frère. Sur le comité de suivi Macky a mis la charrue avant les bœufs. Et rien n’est transparent » a dit l’économiste Yassine Fall.

Yassine Fall: «Pourquoi J’ai Refusé Le Force Covid-19»

https://www.xibaaru.sn/-L’émission Face2Face de la TFM reçoit le leader du mouvement « Def lila War », l’économiste, Yassine Fall, qui avait déclaré sa candidature à la Présidentielle de 2019 avant de soutenir la coalition « Sonko 2019 ». Avec la Pandémie la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19 (Force Covid-19) occupe les devants de l’actualité. Appelée par le président Macky Sall, l’économiste est revenu sur son désistement dans l’équipe du comité de suivi : « Le président nous avait tous demandé de faire partie du comité de suivi du force covid-19. J’ai préféré répondre par email car les écrits restent. J’ai demandé trois choses au préalable : les termes de références du Force covid-19, la gestion des fonds, et à qui le comité doit rendre compte. Et j’ai précisé que mon nom n’y figure pas tant que je n’aurai pas eu des réponses à mes trois questions. Mais quand j’ai vu comment le président comptait mettre sur pied ce comité suivi, j’ai été découragé. Ils ont tout fait sans nous consulter et voulaient nous mettre devant le fait accompli. Pour moi sans termes de références, pas question de faire partie du comité de suivi du Force covid »

Covid-19: Les Sénégalais bloqués aux USA très remontés contre l’ambassadeur Mansour Elimane Kane

https://www.seneweb.com/Mansour Elimane KaneLes 49 Sénégalais, jusque-là, bloqués aux États-Unis à cause de la fermeture des frontières en cette période de coronavirus ont déversé leur colère sur l’ambassadeur du Sénégal à Washington, Mansour Elimane Kane, qui, selon eux, les a traités d' »égoïstes », dans sa dernière sortie, ce vendredi 2 mai, sur la Rts 1.
« Il suggère qu’on pose un problème sanitaire alors qu’aucun d’entre nous n’a même pas été exposé au Covid-19. Il nous traite ensuite d’égoïstes à vouloir rentrer chez nous au lieu de nous ruiner en frais d’hébergement à l’étranger où nous restons sans assistance », ont pesté ces compatriotes qui accusent l’ancien ministre des Transports terrestres d’avoir « ajouté injures à (leur) blessure d’être abandonnés en terre étrangère ».
Dans l’émission « Mbass mi » sur la chaîne nationale, le diplomate a appelé les compatriotes bloqués au pays de Donald Trump à voir au-delà de leurs propres intérêts et à se conformer au système de santé imposé par la crise.
Mais ces derniers, une cinquantaine environ, ont tenu à rappeler qu’ils sont bien des Sénégalais qui, du fait de la fermeture de l’aèroport au Sénégal, n’ont pas pu regagner leurs familles respectives.
« N’ayant aucun interlocuteur au sein de leurs représentations aux États-Unis, puisque ces dernières (ambassade et consulats) sont vides et fermés depuis le début de la pandémie, nous, Sénégalais bloqués, avons décidé d’interpeller leurs supérieurs, à travers les médias, pour exprimer notre détresse et plaider notre retour au bercail », ont-ils notamment confié à Seneweb.
Pourtant, révèle ce collectif, le rapatriement, par vol spécial, de « quelques privilégiés » avait été récemment « négocié » non sans regretter qu’aucun parmi eux ne soit admis à voyager à bord.
« Tout ce que nous demandons, aujourd’hui, aux autorités du pays et particulièrement au président de la République, Macky Sall, c’est d’autoriser l’atterrissage de Delta pour qu’on puisse regagner nos familles », ont-ils insisté soulignant dans la foulée que les autres Etats sont en train de rapatrier leurs fils coincés dans d’autres pays du monde.
« Les autorités d’autres pays sont en train de tout faire pour ramener leurs compatriotes. Pourquoi pas nous? Quatorze compatriotes ont été récemment rapatriés de la Turquie, mais nous, on nous laisse dans cette situation pénible », ont clamé ces Sénégalais bloqués dans différents États américains devenus, depuis quelques semaines, le nouveau épicentre de la pandémie du Covid-19.

KOLDA-Coronavirus: Le Maire Renonce À Son Salaire

https://www.xibaaru.sn/Un acte exemplaire qui mérite tous les honneurs, le maire de Kolda vient de renoncer à ses indemnités (salaire) au profit du comité local de lutte contre le covid 19
Abdoulaye Bibi dit céder ses avantages pécuniers de maire à son comité installé pour barrer la route à la maladie du coronavirus. C’est dire que la volonté est grande, l’acte est noble et citoyen au profit de la population. Avec comme objectif, booter le coronavirus hors de Kolda et du Sénégal, le maire compte ainsi renforcer les moyens de lutte mis à la disposition de ce comité.
Depuis le mois dernier, Abdoulaye Bibi Baldé met ses indemnités la disposition du comité pour une durée de six mois. Six mois pendant lesquels Bibi Baldé ne percevra pas son salaire de maire de Kolda. L’édile de la ville a fait l’heureuse annonce à l’occasion d’une cérémonie de remise de vivres de soudure aux populations vulnérables dans lesquels rangs on peut citer entre autres les personnes à mobilité réduite, les daaras. Ces bénéficiaires ont reçu cinq tonnes de riz et six tonnes de sucre. Il s’y ajoute des subventions accordées aux étudiants et au monde sportif pour mieux faire face à ce combat contre le covid 19. C’est une en enveloppe financière de 15 millions qui a été répartie entre ces différentes cibles. Abdoulaye Bibi Baldé et son équipe municipale arment ainsi les populations déjà engagées dans cette lutte depuis qu’elles ont reçu des produits d’hygiène. Dans cette mêlée lancée, le maire de Kolda promet distribuer vingt mille masques aux populations. D’ailleurs l’initiative de l’ex DG Sanoussi Diakité de collaborer avec la mairie pour confectionner des masques adaptés et en quantité industrielle, a reçu l’approbation de Bibi Baldé. Des efforts à conjuguer au grand bonheur des populations face à la maladie du coronavirus. ELHADJI MAEL COLY

Tous les décrets de Macky SALL, prorogeant l’état d’urgence sont illégaux Par Seybani SOUGOU

« Aucune disposition juridique ne permet au Président de proroger l’état d’urgence par décret. Il s’agit d’une compétence exclusive de l’assemblée nationale »
S’agissant de la proclamation de l’état d’urgence et sa prorogation, la Constitution sénégalaise établit une claire répartition des pouvoirs entre le Président et l’assemblée nationale.
Aux termes de l’alinéa 1 de l’article 69 de la Constitution, l’état d’urgence, est décrété par le Président de la République.
L’alinéa 2 de l’article 69 de la Constitution dispose que le décret proclamant l’état d’urgence cesse d’être en vigueur après 12 jours, à moins que l’Assemblée nationale, n’en ait autorisé la prorogation
La répartition des pouvoirs, établie par la Constitution est claire, nette et précise :
a-Le Président dispose du pouvoir de proclamer l’état d’urgence (décret)
b-La prorogation de l’état d’urgence est une compétence exclusive de l’assemblée nationale (loi).
Par Décret n° 2020-830 en date du 23 mars 2020, Macky Sall a proclamé l’état d’urgence sur le territoire national, pour une durée de 12 jours. 
Pour proroger l’état d’urgence, Macky Sall a saisi l’assemblée nationale, conformément à l’alinéa 2 de l’article 69 de la Constitution. Le 01 avril 2020, l’assemblée nationale a adopté la loi d’habilitation, autorisant la prorogation de l’état d’urgence pour une durée de 3 mois. L’article 4 de la loi d’habilitation dispose « qu’il peut être mis fin à l’état d’urgence par décret avant l’expiration du délai fixé par la loi prorogeant l’état d’urgence ».
Au titre du pouvoir réglementaire, le Président peut prendre 2 décrets dans le cadre de l’état d’urgence :un décretpour proclamer l’état d’urgence (alinéa 1 de l’article 69 de la Constitution) et un décret pour y mettre fin de manière anticipée (article 23 de la loi 69-09 du 29 avril 1969). D’ailleurs, l’article 4 de la loi d’habilitation adoptée le 01 avril 2020 précise que le Président peut prendre un décret pour « mettre fin à l’état d’urgence par décret avant l’expiration du délai fixé par la loi ».
C’est clair, net et précis : lorsque le Président prend un décret, suite à une prorogation de l’état d’urgence autorisée par la loi, c’est uniquement pour y mettre fin. Le Président ne peut jamais, par décret, proroger l’état d’urgence puisque la loi adoptée par l’assemblée le 01 avril a déjà prorogé l’état d’urgence en fixant une durée (3 mois au maximum). Au Sénégal, aucune disposition juridique ne permet au Président de proroger l’état d’urgence par décret (aucun texte ne le prévoit). Macky Sall ne dispose pas du pouvoir réglementaire de proroger l’état d’urgence, même pour 1 journée (ce décret relève du banditisme juridique).
En conséquence, le décret n° 2020-925 du 3 avril 2020 prorogeant l’état d’urgence pour 1 mois ainsi que le décret du 02 mai 2020 prorogeant l’état d’urgence jusqu’au 02 juin 2020 sont totalement illégaux. Aucun décret ne peut porter la mention « prorogeant l’état d’urgence ».
La prorogation de l’état d’urgence est une compétence exclusive de l’assemblée nationale.Seybani SOUGOU – E-mail : sougouparis@yahoo.fr

Covid-19:Le COSAS Propose L’implication Des Acteurs Communautaires

Le communiqué de presse de la Coalition pour la Santé et l’Action sociale (COSAS) sur la gestion de la pandémie du Covid 19
Conformément, à l’objectif consigné dans l’article 2 de ses statuts, qui l’exhorte à engager et mener des réflexions, des études et des échanges sur les questions de santé, le bureau de la COSAS a procédé, lors de sa réunion du mercredi 22 avril 2020, à  un bilan d’étape de la gestion de la pandémie au COVID qui sévit dans notre pays depuis le 02 mars dernier.

Les constats suivants ont été faits :

-l’allure inquiétante prise par la pandémie au COVID-19 avec une prolifération accentuée des cas dits communautaires,
-l’augmentation sensible du nombre de tests réalisés par jour,
-la faible létalité notée jusqu’à présent, dans la prise en charge thérapeutique des cas,
-la négligence dont les pathologies non-COVID font l’objet en cette période de panique,
-une communication dominée par la diffusion de messages-clé, devenus familiers au public,
-l’acquisition de matériel et d’équipements de protection par le Ministère de la santé,
-le regain de créativité et le dynamisme de chercheurs africains, qui déclarent détenir des remèdes contre le COVID-19,
-la défiance dont font souvent l’objet les pharmacopées et savoirs traditionnels africains.

Devant cet état des lieux, la COSAS fait les propositions suivantes :

-Privilégier une approche « bottom-up » et instaurer des relations de confiance entre les citoyens, les élites et l’État central,
-Assurer une plus grande implication des acteurs communautaires,
-Constituer des groupes de riposte communautaire en tablant sur la diversité des acteurs communautaires (CDS, élus locaux, relais communautaires, badjenu gox…,C.V.A.C.i),
-Adopter une stratégie de dépistage plus active, sur la base de la cartographie des cas communautaires, en privilégiant les zones les plus atteintes,
-Promouvoir une collaboration avec les sociétés savantes du milieu médical universitaire,
-Élaborer et valider des fiches techniques pour tous les échelons du système de soins,
-Redoubler d’efforts au plan de l’équipement et pour les aspects ayant trait à l’organisation, aux procédures et aux parcours de soins (à différencier pour usagers COVID ET NON COVID)
-Prendre en charge les patients âgés, présentant des comorbidités (diabète ou autres maladies non transmissibles) dans les hôpitaux de troisième niveau, disposant d’un plateau technique adapté,
-Traiter les cas simples, dans une approche de plus en plus décentralisée, avec l’implication des acteurs des niveaux opérationnel et communautaire,
-Adapter les messages de prévention en évitant d’apeurer ou de culpabiliser les citoyens,
-Assurer la disponibilité des équipements de protection, en prenant en compte toutes les structures sanitaires et toutes les catégories de personnels,
-Organiser des formations en ligne sur les équipements de protection, ayant un contenu normé et standardisé,
-Inciter l’Union Africaine à accompagner les chercheurs africains.
-Promouvoir une collaboration plus étroite entre chercheurs africains, dans le cadre de recherches multicentriques
Pour des raisons éthiques, la COSAS refuse d’envisager l’option de laisser le coronavirus circuler librement, ce qui pourrait mettre en danger la vie de de tous mais plus particulièrement celle des sujets vulnérables, soit en raison de leur âge avancé et/ou à cause des comorbidités qu’ils pourraient présenter.
En vue de protéger les populations contre la maladie, il faudra poursuivre l’application des gestes-barrières, dont principalement, le lavage des mains et le port de masques. Ceci afin de ralentir la progression de la pandémie et d’atténuer ses répercussions gravissimes dans la sphère socio-économique, en cherchant à éviter d’en arriver à des mesures drastiques (confinement généralisé, confinements partiels, restrictions de déplacements à différents niveaux…).LE BUREAUDakar, le 02 mai 2020

Aly Ngouille «nous n’avons pas noté une propagation du virus comme dans d’autres pays à cause de l’efficacité du couvre-feu»

https://actusen.sn/Et de deux pour la prorogation de l’état d’urgence et le couvre-feu au Sénégal. Après un premier renouvellement, le Chef de l’Etat a encore décidé de reconduire l’état d’urgence jusqu’au 2 juin prochain. Et selon le ministre de l’intérieur, «toutes les mesures sont maintenues car nous avons tous constaté que la propagation du virus continue sur l’ensemble du territoire national».
Sur l’efficacité de ces mesures, surtout que le virus gagne de plus en plus du terrain, Aly Ngouille Ndiaye, interrogé par nos confrères de la Rfm, a souligné que «c’est parce que ces mesures sont efficaces que nous n’avons pas noté une propagation du virus comme dans d’autres pays».Seynabou FALL

LUTTE CONTRE LE COVID-19: Les recommandations de l’Association des Éditeurs et Professionnels de la presse en ligne (APPEL)

https://www.dakaractu.com/ L’Association des Éditeurs et Professionnels de la presse en ligne (APPEL) est très préoccupée par la situation actuelle marquée par la maladie à coronavirus qui sévit à travers le monde. Le Sénégal est, à ce jour, à plus de mille cas confirmés. Une progression assez surprenante qui nécessite une meilleure réorganisation et une application plus stricte des mesures et prescriptions décidées par l’État.
Il faut aujourd’hui comprendre et accepter que l’ennemi a percé nos gardes et circule dans différents compartiments de notre société. A cet effet, il urge de changer de tactiques, de resserrer les rangs et les boucliers, de mener une guérilla si nécessaire. C’est dans cette optique que les éditeurs et professionnels de la presse en ligne du Sénégal lancent un appel au président de la République et au gouvernement pour une remobilisation des troupes et la mise en place d’une meilleure stratégie adaptée à la situation. Il faut, ainsi, saluer la demande du chef de l’Etat, Macky Sall qui appelle à la mise en place d’une bonne et efficace communication de proximité.
APPEL s’est mobilisée depuis le début de cette pandémie aux côtés des populations et des autorités. Elle a travaillé, dès la première semaine, sur une proposition qu’elle a remise au ministère de la Culture et de la Communication. Plus de 70% des éléments de cette proposition qui sont de leur ressort, sont actuellement mis en œuvre. Pour le reste, nous sollicitons une meilleure ouverture et générosité des services du ministère de la Santé et des autres départements du gouvernement.
Aujourd’hui, par rapport à la situation actuelle, les éditeurs de la presse en ligne sollicitent un engagement réel des leaders religieux et coutumiers à travers des messages de sensibilisation qui seront diffusés sur l’ensemble des 70 supports membres ainsi que leurs dérivés sur les réseaux sociaux. Nous constatons et comprenons comme une bonne partie des experts que les réticences et problèmes de communication, c’est plus dans les couches qui sont sous la férule des chefs religieux et coutumiers. A ce stade de la guerre, le président de la République ou toute personne capable de sensibiliser les khalifes et autres guides religieux devra s’impliquer pour obtenir des résultats probants pouvant permettre de conscientiser les communautés afin de circonscrire la maladie.
APPEL s’engage, par le présent communiqué, à mettre à contribution ses experts (journalistes, communicants et informaticiens) qui vont travailler avec les services de l’Etat pour l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies de lutte tant du point de vue de la communication que de la mise en place de plateformes informatiques.
En tant que membres du patronat de presse, les éditeurs de la presse en ligne profitent de cette tribune pour souhaiter une bonne fête du travail à tous les travailleurs des médias, du personnel de santé et des autres secteurs de manière générale.
Par ailleurs, en cette journée mondiale de la liberté de presse, APPEL exhorte les organisations professionnelles des médias à plus de vigilance et de synergie d’actions. La liberté d’expression et de presse n’est pas à négocier même en temps de crise quelles que soient les concessions consenties. L’heure n’est certes pas à la célébration cette année, mais APPEL rend hommage à tous les travailleurs du secteur des médias sans discrimination.

Macky s’aligne aux décisions de Macron !Par Alioune Badara Mboup

C’était prévisible ,après l’alignement du Sénégal à la France sur l’ouverture des écoles, tout le monde attendait le décret du Président Macky Sall prorogeant l’état d’urgence comme l’avait fait quelques heures plutôt le président Français Emanuel Macron .
Ce mimétisme se fait sans évaluation concrète des décisions prises dans le cadre de la stratégie de riposte contre le COVID19.
Une évaluation s’imposait car elle permettrait de mesurer les effets des mesures improductives afin d’éclairer la lanterne des citoyens Sénégalais sur la nécessité de les renouveler .
Le Sénégal n’a même pas un comité de scientifiques qui doit rendre des avis publics sur l’état de la catastrophe sanitaire, les connaissances scientifiques qui s’y rapportent et les mesures propres à y mettre un terme.
Plutôt que de reproduire, comme à son habitude, les réponses occidentales , le Sénégal devrait adapter sa lutte du Coronavirus suivant ses réalités qui lui sont propres et non de calquer les solutions d’un autre pays quel qu’il soit !
Le 24 mars 2020, lorsque le Président Macky Sall décrétait l’état d’urgence et le couvre-feu dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus , le Sénégal était à 78 cas confirmés
Le Sénégal a fermé les écoles , les mosquées , interdire tout rassemblement et les déplacements interurbains et imposer aux sénégalais un couvre feu de 20heures à 06heures du matin .
Aujourd’hui le nombre de cas s’est multiplié par 15 passant de 78 cas à 1182 ;11 régions sur 14 sont touchées.
L’état d’urgence et le couvre feu sont inefficaces et sans impact réel sur la propagation du virus.
Cet état d’urgence est loin d’être sanitaire et déroge au droit commun au-delà des exigences du combat contre le Covid-19.
Le Président Macky Sall profite de cette situation , il s’est taillé les pleins pouvoirs pour restreindre les libertés .
Depuis le début de cette crise il ne trouve aucune solution médicale pour la lutte contre le COVID19 .Pourtant il a un budget de mille milliards sans pourtant construire d’hôpitaux et n’a pas fait de dépistage massif , il se contente simplement du son slogan  »restez chez vous !
La prorogation de l’Etat d’urgence par le Président Macky Sall devrait au moins apprendre à l’opinion publique sénégalaise qu’elle est régulièrement trompée par le pouvoir en place

L’AFRIQUE ET LA «GOUVERNEMENTALITÉ DE LA COMPASSION» PAR MAMADOU YÉRO BALDÉ

EXCLUSIF SENEPLUS – Compatir pour l’Afrique en annulant sa dette. De quelle dette, s’agit-il ? Plus qu’un leurre, il y a là un néocolonialisme postcovidien en gestation
Le 27 mars 2020 – alors que le/la COVID-19 infligeait à l’Europe et à l’Amérique des leçons d’humilité, en mettant à nu les faiblesses structurelles de leurs systèmes sanitaires et économiques – le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres affirmait, dans une interview, qu’il « faut absolument faire de l’Afrique une priorité de la communauté internationale. Cela veut dire un investissement massif et du point de vue de la capacité des équipements, des équipements de tests, des équipements de respirateurs, des équipements pour que les médecins et les autres travailleurs de santé puissent être vêtus, de masques ». Sinon, poursuit-il prophétiquement, « sans cette mobilisation gigantesque, je crains qu’on ait en Afrique des millions et des millions de personnes infectées. Et même si la population est plus jeune que dans le Nord, les pays développés, il y aura nécessairement des millions de morts ».
Avant le patron de l’ONU, c’était le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse virtuelle à Genève, qui appelait l’Afrique à « se préparer au pire ». Dans la foulée, le président Emmanuel Macron, qui s’adressait à la Nation française sur la propagation du coronavirus, a demandé – après que le président Macky Sall ait soulevé la question – aux partenaires bilatéraux et multilatéraux d’accompagner l’Afrique, en « annulant massivement sa dette ».
Nonobstant ses multiples richesses, « l’Afrique serait-elle le lieu privilégié d’une économie morale de la compassion ? ». En clair, la compassion pour l’Afrique relève-t-elle de l’ordre d’une gouvernementalité internationale de l’humanitaire, de l’asphyxie ou de la domination ? En nous inscrivant dans le temps long de l’histoire ou dans ce que François Hartog qualifie de « régime d’historicité » pour désigner « une formulation savante de l’expérience du temps » modelant « nos façons de dire et vivre notre propre temps », on se rend compte aisément qu’une telle posture compassionnelle est justificative de desseins non avoués à court et/ou long terme. La domination et la mise sous perfusion d’un continent-avenir.
La politiste Nadine Machikou dans un article titré « Cum patior Africa : la production politique des régimes du proche » retient « trois territoires privilégiés des entreprises compassionnelles : les biens de salut et de civilisation [durant la période coloniale], l’aide au développement et les interventions humanitaires », avec en filigrane la coopération bilatérale et multilatérale. Si l’on s’en tient à la sentence gaullienne selon laquelle « les Etats n’ont pas d’amis, mais que des intérêts », il convient de se poser des questions sur ce paternalisme alarmant occidental sur l’Afrique.
Compatir pour l’Afrique en annulant sa dette. De quelle dette, s’agit-il ? De quel surendettement, est-il question ? Plus qu’un leurre, il y a là un néocolonialisme postcovidien en gestation. Le catéchisme économique sur l’Afrique est en fait stratégique. D’ailleurs, l’économiste Felwine Sarr a soutenu, récemment, que « du point de vue structurel, l’Afrique n’est pas surendettée. C’est faux. Le continent a un ratio dette sur PIB de 60%, ce qui est soutenable. Dans les 15 pays les plus endettés au monde on trouve des grandes puissances économiques comme le Japon (en 1ère position avec un endettement à hauteur de 238 % de son PIB), les Etats-Unis (105%) ou la France (100,4%)…En volume, la dette africaine représente environ 500 milliards de dollars, soit 0,2 % de la dette globale. Le problème c’est que “la dette africaine” est devenue un totem. Une notion que l’on n’interroge pas et qui va de soi ». (https://afrique.tv5monde.com/…/coronavirus-les-europeens-si…. Visité le 1er mai 2020).
Des indépendances à nos jours, l’Afrique est la cible de toutes formes d’assistance et de compassion, nourries par l’occident et entretenues par nos propres leaders qui, du coup, banalisent cette stigmatisation du continent à des fins clientélistes. Le changement s’impose. Heureusement que la jeunesse africaine a compris que le « déferlement compassionnel » et la politique de l’aide sont des appâts accrochés sur l’hameçon de la colonisation moderne.
L’espoir semble venir de villes africaines comme Antananarivo qui – à travers son remède Covid-organics et quelles qu’en soient ses éventuelles limites – brave la « norme » faisant de l’Occident un « Samaritain médical » et montre que le messianisme peut aussi venir des « Suds ». Ce vent de Révolution qui souffle en Afrique, porté par de jeunes leaders se doit d’être approprié par les Africains eux-mêmes, contre vents et marées. Car, « si réellement l’égalité intellectuelle est tangible, [disait Cheikh Anta Diop], l’Afrique (et la diaspora africaine) devrait sur des thèmes et [des choses] controversés (…), être capable d’accéder à sa vérité par sa propre investigation intellectuelle et se maintenir à cette vérité jusqu’à ce que l’humanité sache que l’Afrique ne sera plus frustrée, que les idéologues perdront leur temps, parce qu’ils auront rencontré des intelligences égales qui peuvent leur tenir tête sur le plan de la recherche de la vérité [et du développement] ». Une Afrique, décomplexée à l’ère du/des incertitude(s) occidentale(s), est une aubaine contre toute « gouvernementalité compassionnelle » théâtralisant les relations Nord-Sud.Mamadou Yéro Baldé est Docteur en Histoire.
PS: Pour mieux saisir la notion de compassion dans la gouvernementalité mondiale, lire l’article de Nadine Machikou « Cum patior Africa : la production politique des régimes du proche », Achille Mbembé et Felwine Sarr (sous la direction de), Politique des Temps. Imaginer les devenirs africains, Dakar, Philippe Rey/Jimsaan, 2019, pp. 277-317.

Pourquoi je dis non au couvre feu Par Abdoulaye Boly

Mr le Président tu dois revoir ta copie, tu n’as pas droit de vie et de morts sur les populations. C’est pas parce que la France prolonge nous devons prolonger, les populations sont fatiguées et ne voient pas l’intérêt du couvre feu, même tes forces de l’ordre sont fatiguées.
Pour une gestion du Covid-19 il ne faut pas en faire comme les fonds qui y sont destinés.
Il faut penser aux autres pères ou mères de famille qui sont achevés par deux mois d’inactivité, ronger par l’amertume de promesses non tenues, et qui doivent faire le choix entre mourir de faim ou être malade de Covid-19.
D’ailleurs beaucoup de mes cousins sérères acceptent volontiers d’être cas communautaires pour ne pas donner la DQ.
85% des Sénégalais affirment qu’ils ont perdus leur source de revenus quotidiens. Mr le Président on ne gouverne pas des cadavres, certes cette épidémie est dangereuse mais nous devons apprendre à vivre avec sans compromettre notre résilience économique qui nous permettra de faire face a des lendemains incertains étant donné que nous avons aucun gage sur la date de fin de la pandémie.
L’effort que nous déployons pour le couvre feu peut être déployé au niveau des quartiers pour une gestion communautaires de la situation, remplaçons le carburant par des équipements sanitaires et d’hygiène, assurons un budget pour des volontaires jeunes qui peuvent assurer l’application des gestes barrières dans tous les lieux publics. Associer les imams, les guides religieux dans la communication et donnons plein pouvoir au chef de quartier et chef de village pour le suivi de la situation.
Le creuset est déjà grand entre riche et pauvre dans ce pays il ne faut le creuser davantage par des mesures insensés qui ne feront qu’augmenter le rang des chômeurs.Abdoulaye Boly,Président du Mouvement LAMPE (Lumière Alternative pour un Mouvement Populaire Éclairé)

DISTRICT DE KEUR MASSAR: UN BÉBÉ VOLÉ

https://www.rewmi.com/ Un  bébé  a été  volé  très  tôt  ce  matin au  district  sanitaire  de  Keur  Massar.  D’après les informations de Thiey Dakar,
une  femme  qui  vadrouillait  la  veille  prétextant  accompagner  une  patiente à  la  maternité  est  soupçonnée  d’être  l’auteur de ce vol  cet  acte  ignoble. Selon la même source, la  conduite  de  la  femme  était  suspecte  à  tel  point  que les  sage-femme  qui  l’ont  vu aller  et  venir,  lui  ont  demandé  ce  qu’elle  faisait  dans  les  lieux.   C’est  ainsi  qu’elle  a prétexté  accompagner  une personne.
D’ailleurs,  c’est  le  mari  de  la  femme  dont  le  bébé  est  encore  entre les  mains  du  voleur  qui  lui  a  prêtait  une  natte  pour  qu’elle  fasse  sa  prière.  L’enfant  est  né  vers  18h.
La  suspecte  s’étant  familiarisée  avec  le  mari,  en  a  profité  pour  connaitre  la  chambre  de  la  nouvelle maman.
Vers   4H  du  matin,elle  arbore  une  blouse,  s’introduit  dans  la  chambre  et  réclame  l’enfant  pour  dit-elle,  l’amener aux  soins. Elle  s’est  enfuit  avec  le  nourrisson.

Trafic de stupéfiants: 167 kg de chanvre indien d’une valeur de 11 200 000 FCFA saisis par la Douane à Fatick 

https://actusen.sn/Les gabelous de la région de Fatick ont encore frappé un grand coup, dans ce contexte particulier de riposte contre le Covid-19. En effet, selon un communiqué du bureau des relations publiques de la douane, une importante quantité de chanvre indien a été saisie par les douaniers.
Dans la région de Fatick, plus particulièrement dans la commune de Touba Couta, les contrebandiers tentent souvent des passages irréguliers, soit par motos Jakarta ou par véhicules hippomobiles. La semaine dernière, des opérations enclenchées par la subdivision de Fatick, ont permis de saisir ce vendredi, aux environs de 01 heure du matin, 107 kilogrammes de chanvre indien et du moyen de transport par les hommes de la brigade maritime de Touba Couta, pour une valeur de 7 600 000 fcfa », renseigne le communiqué dont ‘’Source A’’ détient copie.
Toujours dans le département de Foundiougne, dans la commune de Diossong, la brigade commerciale de Karang a réalisé en début de semaine à Paka Thiare une localité du département de Nioro dans la région de Kaolack, une autre saisie de 60 kilogrammes de chanvre indien.
Au total la semaine a été prolifique pour la douane avec 167 kilogrammes de chanvre indien pour une valeur de 11 200 000 F Cfa.Matar Diouf, Correspondant à Fatick


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