L’ambitieux plan sénégalais pour le logement

L’ambitieux plan sénégalais pour le logement

APA-Dakar (Sénégal) Par Ibrahima Dione–Pour résorber la crise du logement qui sévit au Sénégal, le gouvernement a mis en place « un programme phare».
Le président de la République Macky Sall, dans sa politique de résorption du déficit en logement, a initié un programme de construction, dans un délai de 5 ans, de 100.000 logements pour les personnes à revenus faibles, moyens et irréguliers.
Cet important programme sera principalement exécuté par le ministère de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygième publique dirigé actuellement par Abdou Karim Fofana. « Ces logements sont prioritairement destinés aux Sénégalais ayant une activité économique, salarié ou non salarié, formel ou informel  mais qui n’ont pas encore de toit », a-t-il précisé.
Mohammad Boun Abdallah Dionne, ministre d’Etat et Secrétaire Général de la Présidence de la République a souligné, hier vendredi, à l’ouverture de la 3e édition du Salon international de l’habitat de Dakar, que « la mise en œuvre commencera dès cette année. C’est un programme phare pour que les Sénégalais vivent dans des conditions adéquates ».Dans le cadre de ce projet, 60 % des 100.000 logements seront érigés sur l’axe Dakar-Thiès-Mbour et 40 % dans toutes les villes de plus de 10.000 habitants. A terme, cent mille ménages seront propriétaires d’un logement standard (deux chambres plus un salon) bâti sur une superficie de 150 mètres carré. En contrepartie, les bénéficiaires devront verser entre 10 et 12 millions F CFA payables sur 15 à 25 ans.
« C’est une bonne initiative qui répond à une forte demande de la population. Aujourd’hui, de nombreux Sénégalais ont les moyens de construire mais ne trouvent pas le partenaire pour réaliser leur rêve. Aujourd’hui, le gouvernement a créé un fonds de garantie des prêts bancaires. C’est une avancée qui n’existait pas », s’est réjoui Claude Thouvenin, le Président Directeur Général du groupe Enekio, présent au salon de l’habitat de Dakar.
La  campagne d’inscription en ligne au programme 100.000 logements a connu un franc succès. Le gouvernement du Sénégal va, après cette étape, trier sur le volet toutes les candidatures.ID/los/APA
Sénégal:le casse-tête du logement
APA-Dakar (Sénégal) Par Ibrahima Dione-A Dakar, où vivent près de 4 millions d’habitants sur une superficie totale de 550 km2, l’acquisition d’un toit est un véritable chemin de croix à cause principalement de la cherté des terrains et des obstacles pour l’obtention d’un prêt bancaire.
Cheikh Tidiane Diaby, la trentaine, longe le hall du Centre de Conférences Abdou Diouf de Diamniadio (périphérie de Dakar) où se tient le Salon international de l’habitat de Dakar. L’espoir de ce visiteur, comme de tant d’autres, est d’avoir accès à un logement.
« Quand on n’a pas de maison, on n’a rien. Pour le moment, je n’en ai pas. A Dakar, c’est quasiment impossible de trouver un terrain. Les prix sont trop chers. Le principal problème, c’est la surenchère », fustige cet agent d’une banque.
En compagnie d’un collègue, il pénètre dans un stand et écoute attentivement les explications de la gérante.
« Dans notre coopérative, chaque personne cotise 11.000 F CFA pour l’adhésion : 5000 F CFA de part sociale et 6000 F CFA de cotisation annuelle. Ainsi, on fournit à l’adhérant nos numéros de compte bancaire où il peut déposer de l’argent en fonction de ses revenus. Quand on a un site, on informe les membres du prix des terrains. S’ils ont déjà épargné le montant nécessaire, ils vont en bénéficier. Au cas contraire, ils complètent leurs versements », détaille Amy Guèye, trésorière de la Coopérative d’habitat et de construction Siggil Jigeen (Honorer la femme, en langue wolof).
En tout cas, dans la capitale sénégalaise, le prix du loyer reste très élevé malgré l’avènement récent d’une loi pour le juguler.
« Il y a clairement de l’abus. Parfois, il ne te reste plus rien si on défalque le loyer de ton salaire. C’est extrêmement difficile pour les pères de famille. Les bailleurs avaient revu les prix à la baisse. Maintenant, c’est un retour à la case départ. S’il y avait une commission de contrôle, ce serait mieux », préconise Cheikh Tidiane Diaby.
De l’avis de Mamadou Faye, « au Sénégal, les jeunes ont un problème d’informations et d’orientation pour l’accès au logement ». Pour y remédier, ce travailleur des Industries Chimiques du Sénégal (ICS) recommande aux banques, comme la BHS (Banque de l’Habitat du Sénégal), des visites régulières dans les entreprises pour discuter avec les salariés.
Le programme 100.000 logements n’est pas la première initiative de l’Etat du Sénégal afin de permettre au plus grand nombre de citoyens d’accéder à la propriété.
« La SN HLM et la Sicap (Société immobilière du Cap-Vert) étaient là pour aider les salariés à avoir des maisons. Actuellement, ces deux sociétés ne sont pas si performantes que ça », tranche Faye.
En effet, entre 2014 et 2018, le Sénégal n’a construit en moyenne que près de 5000 unités d’habitations. « A ce rythme, le déficit de logement, estimé aujourd’hui à 325.000, ne pourrait jamais être comblé surtout lorsqu’il se creuse à concurrence de 12.000 unités chaque année. Si rien n’est fait, l’accès à un logement décent restera impossible pour la majorité des Sénégalais, surtout ceux à revenus faibles », conclut l’ancien Premier ministre Mouhammad Boun Abdallah Dionne.
Au Sénégal, des promoteurs immobiliers participent à l’effort de résorption du déficit en logement. Sur toute l’étendue du territoire national, ils font sortir de terre des villas. « On a signé un protocole d’accord avec la mairie de Mont Rolland (84 km à l’est de Dakar). Aujourd’hui, on est à 2000 ventes sur les 3000 maisons à construire. Sur le site, il y a déjà des villas témoins F3, F4 et F5 (social et standing) », informe Claude Thouvenin, le Président Directeur Général du groupe Enekio, issu du Centre européen des entreprises innovantes de Montpellier (France).
Après avoir constaté que la construction d’une maison au Sénégal dure en moyenne 2 ou 3 ans, cette entreprise a élaboré des techniques de pointe lui permettant de livrer ses villas F3 ou F4 au bout de six mois seulement.
« A Mont-Rolland, on va créer entre 500 et 1000 emplois locaux. On va les former à nos techniques de construction. On veut démontrer au Sénégal que cela fonctionne pour ensuite exporter ce modèle en Afrique », promet M. Thouvenin.
Les villas bioclimatiques d’Enekio sont commercialisées entre 11 et 48 millions F CFA. Après Mont-Rolland, ce groupe compte étendre ses tentacules notamment à Touba Toul (près de 100 km à l’est de Dakar).ID/los/APA

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*