Rp du Mardi 15 Octobre 2019

Unes de la presse du Mardi 15 Octobre 2019
Unes de la presse du Mardi 15 Octobre 2019

Les pratiques d’érosion de la BEPS font perdre aux Etats entre 100 et 240 milliards de dollars (DGID)

https://www.lejecos.com/Chaque année, dans le monde, les pratiques d’érosion de la base d’imposition et de transfert indirect des bénéfices des entreprises multinationales (BEPS), font perdre aux Etats entre 100 et 240 milliards de dollars de recettes fiscales, soit l’équivalent de 4 à 10% du montant des recettes tirées de l’impôt sur les sociétés à l’échelle mondiale, a fait savoir mardi le coordonnateur de la direction générale des impôts et domaines (DGID), Abdou Aziz Guèye qui précise qu’une part importante de ces pertes de recettes fiscales impacte substantiellement les budgets de nos Etats’’.
D’après lui, dans un contexte de mondialisation des économies et de concurrence fiscale accrue, où les échanges intra-groupes estimés à près de 60% du commerce international, la BEPS demeure ‘’un enjeu fondamental’’ pour les Administrations fiscales et constitue aussi un obstacle qui obère considérablement toute perspective d’amélioration des recettes des Etats qui, d’après lui, doivent faire face aux besoins de plus en plus croissants des populations, et aux exigences de prise en charge des questions de développement.
M. Guèye a fait cette révélation à Saly-Portudal où s’est ouverte la troisième réunion régionale de la BEFS pour les pays francophones membres du Cercle de réflexion et d’échange des dirigeants des administrations fiscales (CREDAF).
A cette rencontre organisée par la DGID, prennent part l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et le CREDAF. Son objectif, c’est de discuter des initiatives de renforcement des capacités de l’OCDE et de fournir aux pays membres du CREDAF l’occasion de faire part de leurs points de vue concernant les travaux portant sur les défis fiscaux posés par la numérisation de l’économie et la mise en œuvre des mesures BEPS.
‘’Pour remédier à ce transfert organisé des bénéfices vers des territoires de fiscalité faible, les pays du G20 ont confié à l’OCDE la tâche d’apporter des réponses globales et coordonnées au phénomène de BEPS’’, a affirmé le coordonnateur de la DGID.
Au titre de ce mandat, précise-t-il, l’OCDE a publié, le 5 octobre 2015, une série de mesures concrètes pour contrer les pratiques d’évitement fiscales, sous la forme de 13 rapports relatifs aux 15 mesures du Plan d’actions BEPS.
‘’L’approbation de ces rapports, approuvée par les Chefs d’Etat des pays du G20, marque un tournant décisif dans l’évolution des principes de la fiscalité internationale, et représente l’initiative la plus importante engagée depuis un siècle, pour moderniser des règles fiscales internationales devenues inadaptées’’, a expliqué Abdou Aziz Guèye.
Pour assurer une mise en œuvre cohérente desdites mesures, les pays OCDE et G20 ont convenu de poursuivre leur coopération, en définissant un cadre pour la mise en œuvre du projet BEPS à travers le ‘’Cadre inclusif’’ mis en place en juillet 2016 à Kyoto.
De même, ils ont appelé à une ouverture de ce Cadre à l’ensemble des pays et juridictions intéressées, y compris ceux en développement, a poursuivi Abdou Aziz Guèye, selon qui, les 125 pays et juridictions participent, sur un même pied d’égalité, à la définition de la norme.
Le Sénégal est membre de ce ‘’Cadre inclusif’’ et fait même partie du comité de pilotage, a précisé le coordonnateur de la DGID, de l’avis de qui, dans le but d’amener les sénégalais à payer leurs impôts et taxes fiscales, l’Administration fiscale compte sur la communication et sur une approche pédagogique inclusive qui consistent à dialoguer, au maximum, avec le contribuable sénégalais afin qui puisse donner sa contribution et mettre quelque chose dans la gibecière de l’Etat.
En plus de cette stratégie de la communication et de la pédagogie inclusive, l’inspecteur des impôts et domaines pense qu’il faut surtout ‘’une application stricte de la loi’’, parce qu’il faut arriver à permettre aux citoyens de constater le résultat de leurs contributions, en leur offrant des services publics de qualité mais aussi à travers l’utilisation de leurs contributions de façon efficiente et rationnelle.
‘’La situation de la fiscalité au Sénégal est bien maîtrisée. Nous disposons  d’un bon système fiscal, avec une administration fiscale moderne, mais dans le contexte d’un pays sous-développé. Nous faisons donc avec notre potentiel pour faire face aux exigences de collecte optimale de ressources pour permettre à l’Etat de faire face aux défis du développement’’, a-t-il insisté.
Selon le coordonnateur de la DGID, le dispositif fiscal sénégalais prévoit des règles à appliquer, à côté desquelles, des sanctions pécuniaires mais aussi pénales sont également prévues. ‘’Le fait de retenir un impôt ou une taxe et ne pas les reverser constitue un détournement de deniers publics sanctionné par des peines d’emprisonnement sans préjudice de la reprise des montants qui sont éludés’’, a expliqué M. Guèye, qui a signalé que la DGID entretient la ‘’constante préoccupation’’ avec la société civile à ‘’l’instauration d’un système fiscal efficace, juste et viable’’.Serigne Makhtar Fall

MISE EN CIRCULATION DE LA MONNAIE ECO DES 2020 : LES ECONOMISTES NDONGO SAMBA SYLLA ET CHEIKH AHMED BAMBA DIAGNE AFFICHENT LEUR PESSIMISME

http://www.sudonline.sn/Le débat sur l’opportunité de la nouvelle monnaie sous l’appellation ‘’ECO’’ dans l’espace Cedeao devant être opérationnelle dès 2020 ne cesse d’interpeller et de faire les choux gras de l’actualité. Dans cette interview, Ndongo Samba Sylla, économiste-chercheur à la Fondation Rosa Luxembourg et Cheikh Ahmed Bamba Diagne, enseignant-chercheur et directeur scientifique du laboratoire de recherches économiques et monétaires à l’Ucad battent en brèche la faisabilité ou l’opérationnalité d’un tel projet à date échue par des arguments techniques, déconstruisant ainsi le discours des politiques

NDONGO SAMBA SYLLA, ECONOMISTE-CHERCHEUR A LA FONDATION ROSA LUXEMBOURG : «Il n’y aura pas une monnaie unique ECO à 15 dans quelques mois»

La Cedeao annonce la mise en circulation de l’ECO dès 2020. Pensez vous que cela est possible ? Si l’on sait que l’espace Cedeao, c’est 15 pays dont 8 dans la zone Uemoa avec une monnaie unique et les 7 autres avec chacun une monnaie nationale? 

A mon avis, il n’y aura pas une monnaie unique ECO à 15 dans quelques mois pour trois raisons. D’une part, les critères requis pour faire partie de la zone ECO ne sont pas remplis par tous les pays. De l’autre, les huit pays qui utilisent le franc CFA n’ont toujours pas fourni le plan de divorce d’avec le Trésor français exigé comme préalable par le Nigéria. Enfin, beaucoup d’aspects techniques et légaux – statuts de la Banque centrale, mise en place d’un traité d’union monétaire, harmonisation de la législation bancaire etc. – restent en suspens.

Au dernier sommet de l’Uemoa à Abidjan, le président Alassane Ouattara laissait entendre que le débat entre le taux de change fixe et le taux de change flexible pour la future monnaie n’était pas encore réglé.Qu’en est-il?

Les chefs d’Etat de la Cedeao se sont mis d’accord sur un taux de change flexible. Si le Président Ouattara dit le contraire, c’est qu’il a visiblement un autre agenda. Il faut retenir qu’une zone monétaire qui adopte un taux de change fixe perd sa souveraineté monétaire. C’est pourquoi un taux de change relativement flexible doit être la norme pour une zone monétaire. Depuis le 19e siècle, les rares zones monétaires à avoir adopté un taux de change fixe sont les zones monétaires coloniales, à l’image des deux blocs utilisant le franc CFA.

L’ECO est-il justifié sur le plan économique au regard des différences entre les pays de la Cedeao?

Compte tenu de la faiblesse du commerce intra-Cedeao (environ 10%) et des différences de taille et de spécialisation économiques entre le Nigéria, un pays pétrolier qui pèse environ 2/3 du PIB de la région et la moitié de sa population, et les autres pays qui sont pour la plupart importateurs nets de pétrole, une monnaie unique Cedeao n’est pas justifiée sur le plan économique, du moins en l’absence de fédéralisme budgétaire. En effet, la même politique monétaire ne sera pas optimale pour tous les pays tout le temps en raison de ces différences et du fait que les cycles économiques ne seront probablement pas les mêmes d’un pays à l’autre. La seule manière de gommer cet inconvénient est de mettre en place des transferts fiscaux.
Or, le projet ECO ne prévoit en l’état actuel aucun mécanisme de fédéralisme budgétaire.

Malgré ces inconvénients, certains disent pourtant « avançons tout simplement, le reste viendra  ». Qu’en pensez-vous ?

Les partisans de l’Euro soutenaient exactement la même chose avant son entrée en vigueur. Et l’histoire leur a donné tort. L’euro a appauvri les populations dans beaucoup de pays qui l’utilisent et a fait reculer l’idée d’intégration politique européenne. Il est étrange que les Africains veuillent commettre exactement, sinon en pire, les mêmes erreurs que les politiciens européens qui eux, au moins, avaient conscience qu’ils mettaient délibérément la charrue de la monnaie unique devant les bœufs de l’intégration politique. L’idée que l’intégration monétaire va susciter l’intégration fiscale et l’union politique a été démentie par les faits. Pourtant, c’est cette croyance problématique qui fonde l’actuel projet ECO. Cheikh Anta Diop soulignait en 1976, un an après la naissance de la Cedeao, que « l ’organisation rationnelle des économies africaines ne peut précéder l’organisation politique de l’Afrique ». Visiblement, nos leaders et nos experts préfèrent rester dans le mimétisme et l’erreur plutôt que de tirer partie des enseignements de nos penseurs les plus féconds.

Vous êtes donc contre l’ECO ?

Soyons clairs. Je suis pour l’intégration politique et économique panafricaine. Je souhaite l’abolition du franc CFA parce que, au-delà de son contrôle par la France, c’est une monnaie unique qui n’a pas sa raison d’être. Je ne suis pas contre l’ECO dans l’absolu. J’observe simplement que c’est une copie grossière de l’Euro qui risque d’être un échec comme la plupart des expériences d’intégration monétaire qui n’ont pas été sous-tendues par une intégration politique et fiscale.

Que préconisez-vous alors?

Une attitude politiquement responsable serait de partir lucidement du constat que la monnaie est l’instrument d’un Etat et qu’une monnaie sans souverain, comme l’Euro, n’est pas la voie indiquée. Sans monnaie nationale, il ne peut pas y avoir de politique de développement national cohérent. Si les Africains veulent une monnaie unique régionale, ils doivent pour cela envisager de libérer préalablement leurs autres instruments de souveraineté au profit d’un gouvernement fédéral. S’ils ne sont pas prêts pour un gouvernement fédéral, alors cela implique que l’ECO est un projet prématuré et que l’intégration monétaire devrait être envisagée autrement. Par exemple, l’ECO, au lieu d’être une monnaie unique, pourrait être conçue dans un premier temps comme une unité de compte commune qui servirait à régler les échanges entre les pays africains qui mettraient en place un système de paiements commun. Leurs réserves de change pourraient en partie être gérées de manière solidaire, afin que leurs monnaies se soutiennent mutuellement. Des politiques communes pourraient être mises en œuvre en vue de l’autosuffisance alimentaire et énergétique, et donc de limiter les importations dans ces deux secteurs. En plus d’être un test pour une intégration politique et économique plus poussée, ce schéma a l’avantage de permettre une solidarité entre pays africains et une flexibilité macroéconomique au niveau national.

CHEIKH AHMED BAMBA DIAGNE,DIRECTEUR SCIENTIFIQUE DU LABORATOIRE DE RECHERCHES ECONOMIQUES ET MONETAIRES A L’UCAD : «Techniquement, la mise en place de l’ECO n’est pas faisable»

En 2020, la monnaie ‘’ECO’’ sera mise en place dans l’espace Cedeao. Pensez-vous que cela est possible?
Techniquement, ce n’est pas faisable et ça n’a pas de sens de vouloir mettre en place une nouvelle monnaie sans les prérequis, à savoir les pactes de convergence qui définissent les grandeurs macro-économiques que sont l’inflation, la croissance économique et le déficit budgétaire. Battre une monnaie requiert des années de préparation. Donc, pas question d’aventure. Parce que dans tous les pays du monde quand on a une politique monétaire, l’Etat intervient dans l’activité économique en utilisant deux canaux: le canal de la politique monétaire et le canal de la politique budgétaire. Et dans le canal de la politique monétaire, l’objectif principal, c’est la maitrise de l’inflation. Le second, c’est la réduction de l’emploi et la recherche de la croissance économique.

Alors, si techniquement la question est loin d’être réglée, pourquoi nos décideurs s’empressent-ils à annoncer la mise en place de cette monnaie dès 2020?

Il est important de retenir deux choses: d’abord le côté technique et le côté politique. Pour le premier côté, le problème est entier, et pour le second, les décideurs politiques sont dans leur rôle et jouent sur leur propre agenda, calé sur leur élection ou réélection à la tête de l’Etat. A partir de ce moment, lorsqu’une question est agitée par les populations, comme nous le remarquons avec le franc CFA, les décideurs s’empressent de prendre des engagements sans sourciller. Donc, ils laissent croire qu’ils agissent au nom du peuple et pour la bonne cause de celui-ci. Mais, la réalité est tout autre. Je suis sûr et certain qu’il n’y aura pas une monnaie commune en 2020. Les hommes politiques peuvent dirent ce qu’ils veulent mais la réalité économique leur attrape toujours. Pour preuve, aucun technicien n’a jusqu’ici élevé la voix. Donc, c’est dire toute la problématique de cette question.

Etes-vous favorable à la nouvelle monnaie?

J’estime que la question n’est pas là. Dans la zone Uemoa, nous avons un taux de croissance très élevé envoisinant les 6 voire 7% et un taux d’inflation très faible. Et dans ce cas précis, il est à croire que la monnaie joue son rôle. Certes avec la Cedeao, le marché devient plus important. Donc, plus d’opportunités. En mettant en place la monnaie ‘’ECO’’, la future Banque centrale aura comme mission principale la politique monétaire, à savoir la maitrise de l’inflation et la croissance économique. Aujourd’hui, comment mettre en circulation cette nouvelle monnaie alors que cette Banque centrale n’est pas en place ? Au niveau Uemoa, le problème ne se pose pas. Mais cet espace monétaire élargi à 7 autres pays de la Cedeao qui ont chacun sa propre monnaie peut constituer un désordre. Il est plus facile de mettre en place une Banque centrale à partir de deux groupes solidement intégrables. Mais dans le cas d’espace, un important travail doit être fait d’abord. Je rappelle que depuis 2006, les 7 pays autres de la Cedeao travaillent à avoir une monnaie unique. Ce qui, jusqu’ici n’est qu’utopie.

Alors comment matérialiser ce projet?

Tout d’abord, il est bon à savoir que dans les 15 pays de cet espace, l’économie du Nigéria seule représente 75%. Et le Nigéria applique la quantitative Easing (planche à pied) consistant à autoriser la banque centrale à augmenter la masse monétaire alors que les biens et services ne suivent pas. Ce qui conduit ipso facto à l’inflation. Et dans le passé, ce pays a connu des inflations de 23%. Alors quand nous partageons la même monnaie, et si le Nigéria continue à appliquer la même politique, nous allons subir une inflation importée, alors que nous n’y seront pour rien. Vous imaginez un pays aussi pauvre comme le Sénégal, qui n’a pas d’industries, pas d’emplois, un pays où les gens peinent à trouver de quoi s’acheter un paquet de sucre vendu à 700 francs, devoir gérer une inflation aussi insoutenable. Dans la zone en terme de ratio, le Nigéria a plus de pauvres que les autres pays. Par exemple sur 100 Nigérians, les 56 sont pauvres. Alors que sur 100 sénégalais, les 43 sont pauvres. Et pourtant le Nigéria est 30 fois plus riche que le Sénégal mais cette inflation galopante est insoutenable. Un article qui coûte moins de 1000f peut se retrouver à plus de 1200F l’année prochaine. Et je demeure convaincu que les autres pays n’accepteront pas de devoir continuer à subir des inflations de 23%…

Concrètement, est-ce à dire que c’est l’appellation CFA qui dérange?

Je dirais ‘’OUI’’! L’appellation dérange, parce que les jeunes dans beaucoup de pays de la zone veulent un changement de nom. Nous avons 50% de nos réserves de change dans le Trésor français et cet argent gardé là-bas dérange. Ils ne veulent pas que cet argent y reste alors qu’il en manque sérieusement pour financer nos économies au point d’aller faire des prêts et euro bons pour se financer. Ce cri de cœur raisonne favorablement auprès des hommes politiques qui cherchent toujours la direction du vent.

Que préconisez-vous alors?

Mettre en place des critères minima de convergence (inflation, solde budgétaire, encours de la dette, pression fiscale…) avec des deadlines raisonnables pour permettre aux pays de se préparer en conséquence et développer des chambres de compensations afin de faciliter le commerce intra-Cedeao. La mise en place d’un projet de Banque Centrale qui doit chapoter les 8 Banques centrales de l’espace doit être réalisé si on ne veut pas tuer l’ECO.

ANSD

http://www.enqueteplus.com/nodeL’Indice harmonisé des prix à la consommation du mois de septembre 2019 a augmenté de 0,4 %, comparé à celui du mois précédent, indique l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd).  ‘’Cette évolution est expliquée par la hausse des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (+1,0 %)’’, souligne l’agence dans son Indice harmonisé des prix à la consommation (Ihpc).
L’Ansd signale toutefois que ‘’le repli des prix des services de communication (-1,0 %), des boissons alcoolisées, tabacs et stupéfiants (-0,5 %), des services de santé (-0,4%) ainsi que des articles d’habillement et de chaussures (-0,4 %) a amoindri cette tendance haussière’’. Elle ajoute qu’en variation annuelle, les prix à la consommation ont augmenté de 0,7 % tandis que le taux d’inflation annuel moyen s’est établi à +0,9 %.
Selon l’Ansd toujours, ‘’l’inflation sous-jacente s’est repliée de 0,2 % en rythme mensuel et s’est appréciée de 0,9 % en variation annuelle’’. Elle signale également que les prix des produits locaux et importés se sont relevés respectivement de 0,6 % et 0,1 % au mois de septembre 2019, comparativement au mois précédent. En variation annuelle, les prix des produits locaux ont reculé de 0,3 % et ceux des produits importés ont augmenté de 1,4 %, indique l’Ansd

Conditions de banque : La Bceao relève une baisse de 8,1 points de base du taux débiteur moyen

https://www.lejecos.com/Dans sa « Note mensuelle de conjoncture économique dans les pays de l’Uemoa à fin juillet 2019 », la Bceao est revenue sur les taux d’intérêt débiteurs. Elle relève que l’analyse des conditions de banque à fin juillet 2019 fait apparaitre une baisse de 8,1 points de base (pdb) du taux débiteur moyen, hors taxes et charges, qui est ressorti à 6,73% après 6,81% en juin 2019.
«Suivant la nature du débiteur, les taux d’intérêt ont baissé au niveau des concours accordés aux entreprises individuelles (-79,9 pdb, à 6,92%), à l’Etat et organismes assimilés (-76,2 pdb, à 6,00%), aux personnels des banques (-72,2 pdb, à 1,53%), aux coopératives et groupements villageois (-69,4 pdb, à 9,05%), aux assurances et caisses de retraites (-23,6 pdb, à 7,53%) et aux entreprises privées du secteur productif (-6,3 pdb, à 6,38%).
En revanche, le coût du crédit a augmenté pour les avances aux particuliers (+93,0 pdb, à 8,07%) et aux sociétés d’Etat et établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) (+17,7 pdb, à 5,75%) », ajoute la Bceao. Les taux débiteurs sont ressortis stables au niveau de la clientèle financière, à 7,26%.
L’analyse suivant l’objet du crédit indique une baisse des taux débiteurs relatifs aux crédits à l’exportation (-52,9 pdb, à 6,27%), à la trésorerie (-24,8 pdb, à 6,16%) et à l’équipement (-9,7 pdb, à 7,58%). La hausse enregistrée au niveau des crédits de consommation (+125,9 pdb, à 8,46%) et d’habitation (+102,0 pdb, à 7,62%) a amoindri le profil baissier des taux débiteurs au cours de la période sous revue.
Selon l’institution, les baisses de taux ont été observées dans trois pays de l’Union, à savoir : Burkina (-34,6 pdb, à 7,10%), Guinée-Bissau (-19,6 pdb, à 9,14%) et Côte d’Ivoire (-18,0 pdb, à 6,44%). Les accroissements enregistrés au Togo (+45,4 pdb, à 8,14%) et au Sénégal (+2,6 pdb, à 5,92%) ont tempéré le profil baissier des taux débiteurs des banques de l’Union.
Quant au taux moyen de rémunération des dépôts de la clientèle, il est ressorti stable à 5,44%. Le repli des coûts des dépôts localisé en Guinée-Bissau (-247,1 pdb, à 3,25%), en Côte d’Ivoire (-30,1 pdb, à 4,81%) et au Burkina (15,1 pdb, à 5,86%) a été compensé par les hausses notées au Sénégal (+58,9 pdb, à 5,75%) et au Togo (+21,9 pdb, à 5,68%). Les taux créditeurs sont stables au Bénin (5,30%), au Mali (5,25%) et au Niger (5,88%).Adou FAYE

Marché monétaire de l’Uemoa : Les taux d’intérêt ressortent en hausse en juillet 2019

https://www.lejecos.com/Les taux d’intérêt sur le marché monétaire ont rompu avec leur détente, entamée en avril 2019, pour ressortir en hausse en juillet 2019, indique la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest(Bceao) dans sa « Note mensuelle de conjoncture économique dans les pays de l’Uemoa à fin juillet 2019 ».
Toutefois, selon le document consulté par le journal de l’économie sénégalaise (Lejecos) ,  les conditions de banque, notamment les taux d’intérêt débiteurs, ont enregistré une baisse.
«Avec la hausse des pressions exercées sur la trésorerie des banques, comme en témoigne l’augmentation de leurs soumissions aux opérations d’open market de la Banque, dont le volume est passé de 3.802,7 milliards en juin à 3.930,1 milliards en juillet 2019 (+3,4%), le taux, à une semaine, sur le marché monétaire est en hausse de 17,4 points de base, à 3,27%.
Quant au taux marginal des opérations d’appels d’offres, à une semaine, il s’établit à 2,69%, soit un accroissement de 45,5 points de base, en un mois d’intervalle », lit-on dans le document.
Selon la note, cette tendance a été atténuée par l’accroissement de l’offre de liquidité par la Bceao, dont le montant moyen est passé de 3.460,0 milliards en juin 2019 à 3.644,0 milliards en juillet 2019, soit une hausse de 5,3%.
L’accentuation des tensions a été également ressentie sur le marché interbancaire, caractérisée par la baisse de 24,7% du volume moyen hebdomadaire des opérations, toutes maturités confondues, à 411,7 milliards en juillet 2019.
Le taux d’intérêt moyen pondéré sur le compartiment à une semaine est resté stable à 4,26%, soit pour le quatrième mois consécutif en dessous du taux du guichet de prêt marginal de la Bceao (4,50%).
Sur l’ensemble des maturités, le taux est ressorti à 4,40%, en hausse de 12,37 points de base, se situant en dessous du taux de prêt marginal.Adou FAY

Revue des projets et programmes de l’Uemoa au Sénégal : La cinquième édition prévue le 21 octobre prochain

https://www.lejecos.com/La Commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) passe en revue le processus d’intégration dans les Etats membres à partir du 16 octobre prochain.
Selon un communiqué reçu au Journal de l’économie sénégalaise (Lejecos), la revue annuelle de 2019 démarre le lundi 21 octobre à Dakar. Les travaux débuteront par une phase technique consacrée notamment, à l’évaluation de la mise en œuvre effective de 113 textes réglementaires ainsi que 13 programmes et projets communautaires pour un montant de 58,173 milliards FCFA.
«La revue réalisée en 2018 a permis d’enregistrer des avancées significatives en matière de transposition et d’application des réformes communautaires. En effet, le taux moyen global de mise en œuvre des réformes au Sénégal est passé à 76% contre 71% en 2017 soit un accroissement de 5 points de pourcentage », lit-on dans le document.
Pour rappel, la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires au sein de l’Uemoa, placée sous la présidence des Premiers ministres ou chefs de Gouvernement et sous la tutelle des ministres en charge des Finances, a été instituée par Acte additionnel de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement (Cceg) du 24 octobre 2013.
L’objectif principal de la revue annuelle est de favoriser l’accélération de l’application des réformes, politiques, programmes et projets communautaires au sein de l’Union dans le cadre de l’approfondissement de l’intégration régionale.Adou FAYE

RAPPORT WORLD ECONOMIC FORUM : Le Sénégal stagne à la 14e place africaine du classement 2018 des économies africaines les plus compétitives et perd un point au niveau mondial

https://www.jotaay.net/ Le World Economic Forum a publié récemment l’Edition 2019 de son rapport sur la compétitivité. Pour cette année, ce sont 141 économies dont 37 africaines qui ont été classées selon 12 indicateurs regroupés en quatre (4) principales catégories. Pour ce qui le concerne, le Sénégal pointe à la 114e place mondiale et à la 14e place du classement africain dominé par l’Île Maurice.
Le Forum économique mondial est l’Organisation internationale de coopération public-privé. Le Forum associe les principaux acteurs de la société aux niveaux politique, commercial, culturel etc. afin d’élaborer des programmes mondiaux, régionaux et sectoriels. Mise sur pied en 1971 en tant que fondation à but non lucratif, la société qui a son siège à Genève, en Suisse, publie chaque année un rapport sur la compétitivité des pays à travers le monde.
Pour cette année, les modalités du classement s’articulent comme suit. La première catégorie est relative à l’environnement des affaires qui regroupe 4 indicateurs à savoir : les institutions, les infrastructures, le niveau de digitalisation, la stabilité macroéconomique. Alors que la deuxième catégorie concerne le capital humain, se fonde sur les progrès en matière de santé et le niveau de compétences des populations. La troisième catégorie s’intéresse à la structure économique à travers le niveau de production, le système financier et la taille du marché. Enfin, la quatrième catégorie scrute le dynamisme des entreprises et leur capacité d’innovation.
Classé 14e pays africain de l’édition 2018 du World Economic Forum, le Sénégal n’a pas fait mieux cette année. Le pays a en effet stagné à la même place pour l’édition 2019. Avec un score de 49,7 points sur 100 possibles, le pays a même perdu un point pour ce qui est de son classement au niveau mondial. En effet, de 113e en 2018, le Sénégal est passé 114e pour le classement de cette année. Seul lot de consolation pour le pays : une sensible amélioration de 0,7 point sur son score de cette année.
Parmi les autres pays du continent, l’Île Maurice arrive en tête de ce classement (52ème à l’échelle mondiale) avec un appréciable score de 64/100, largement au-dessus de la moyenne. Le pays a surtout enregistré de bonnes performances au niveau de certains indicateurs tels que la stabilité macroéconomique (89), le système financier (77), et le système de santé.
L’Afrique du Sud occupe la deuxième place sur le continent (60ème à l’échelle mondiale) avec un score général de 62/100, porté par les indicateurs tels que la stabilité macroéconomique (88), le système financier (83), et la taille de son marché (69). Vient ensuite, le Maroc (75ème à l’échelle mondiale) qui enregistre un score général de 60/100, avec de bonnes performances au niveau de certains indicateurs, notamment la stabilité macroéconomique (90), infrastructures (73), et le système de santé (72).
Les Seychelles occupent la quatrième place (76ème à l’échelle mondiale). La Tunisie arrive en cinquième position (87ème à l’échelle mondiale) de ce classement.  L’Algérie est sixième (89ème à l’échelle mondiale), suivie du Botswana (91ème à l’échelle mondiale). L’Égypte, la Namibie et le Kenya referment le top 10 africain de ce classement.
On remarquera qu’au niveau mondial, sur 25 pays qui ont amélioré leurs performances au niveau de l’indicateur de la santé, 17 sont africains. Toutefois, les économies les plus compétitifs au monde, selon l’Edition 2019 du rapport mondial sur la compétitivité du World Economic Forum, sont Singapour (avec un score de 84,8/100), les États-Unis (83,7/100), Hong-Kong (83,1/100), les Pays-Bas (82,4/100) et la Suisse (82,3/100).
Pour rappel, l’Indice mondial de compétitivité couvrant 140 pays mesure la compétitivité nationale des économies, définie comme l’ensemble des institutions, des politiques et des facteurs qui déterminent le niveau de productivité. Il se base sur 12 indicateurs à savoir les institutions, les infrastructures, l’adoption des technologies de l’information et de la communication, la stabilité macroéconomique, la santé, la compétence, le marché de la production, le marché du travail, les systèmes financiers, la taille du marché, le dynamisme commercial et la capacité d’innover.Sidy Djimby NDAO

Nouvelle Monnaie : l’Uemoa, un avenir arrimé à l’éco

http://lesoleil.sn/«La France est ouverte à des réformes très ambitieuses sur le franc Cfa». La phrase du ministre français des Finances, Bruno Le Maire, prononcée, vendredi dernier, en marge de la réunion de la zone franc, à Paris, a créé une certaine agitation en Afrique francophone. Il y a quelques années, ce genre de déclaration ne suscitait guère beaucoup de commentaires – pour Paris, la parade a toujours consisté à renvoyer la balle aux dirigeants africains -, mais, dans le contexte actuel, la déclaration du ministre français a son pesant d’or, laissant penser que, cette fois-ci, les choses vont bouger. Et si l’avenir du franc Cfa – du moins dans ses fondements – se jouait plus à Abuja qu’à Paris ? Éléments de réponse.
Il était déjà question de monnaie lors de la création de l’Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa) en 1994. Aujourd’hui, on est dans un autre contexte monétaire, la création de l’«éco», la nouvelle monnaie de la Cedeao, dont l’avenir de l’Uemoa dépend en partie. En 25 ans, l’équivalent d’une génération, l’Uemoa a fait de nombreux progrès, surtout que sa création a coïncidé avec la grande dévaluation du franc Cfa qui avait semé «le désarroi» dans nos Etats, et que grâce à l’Uemoa, progressivement, les économies de la région ont pu se reconstruire dans un cadre assez difficile.
Seulement, après 25 ans, on sent qu’on est arrivé à une étape où les choses semblent «se tasser».
et de l’espace que nous sommes en train de mettre en place», souligne le Pr N’galadjo Lamber Bamba, coordinateur du Projet d’appui à la gestion économique et financière (Pagef, Côte d’Ivoire) et ancien commissaire de la Cedeao en charge du pilotage de la création de l’Eco que nous avons rencontré à Ouagadougou, le 8 octobre.Dans l’immédiat, c’est justement à l’aune de cette nouvelle monnaie qui devrait voir le jour courant 2020, qu’il faudrait considérer l’avenir de l’Uemoa, estime Alioune Sall, Directeur exécutif de l’Institut des futurs africains, think thank basé en Afrique du Sud. «C’est une décision qui ne peut pas ne pas avoir d’impact sur l’Uemoa», dit-il. «Nous devons avoir cette question en ligne de fond dans les réflexions qui sont menées actuellement ; d’autant plus que la création de cette nouvelle monnaie – l’Eco – soulève un certain nombre d’interrogations», appuie le Pr Bamba.

Nigeria, un leader qui ne rassure pas

Actuellement, il y a, d’un côté, le bloc Uemoa qui a déjà la pratique d’une monnaie perçue comme ayant «des relents coloniaux», mais qui a permis aux Etats d’avoir «une certaine discipline» dans la gestion commune de cette monnaie. De l’autre, des partenaires qui vont s’ajouter à ce bloc et qui étaient, jusque-là, dans d’autres pratiques avec des monnaies totalement indépendantes, autonomes. «Ce qui fait que la jonction entre les deux blocs devra se faire au prix de renonciations des uns et des autres pour trouver un équilibre», note le Pr Bamba. Plus fondamentalement, il y a le rôle et la position centrale du Nigeria, «leader naturel de la région». «Aller avec le Nigeria suppose non seulement que les autres pays (notamment de l’Uemoa) puissent avoir une capacité de négociation très forte et, d’autres part, que le Nigeria lui-même puisse accepter de mettre de l’eau dans son vin pour que le processus puisse marcher». Autant dire qu’il reste du travail.
En effet, beaucoup de pays de la région regardent le Nigeria «comme le diable» et, malheureusement, Abuja «n’a pas souvent eu les réactions qui peuvent rassurer les autres». Une ambigüité qui rend «parfois dubitatif, parfois très optimiste», l’ancien commissaire de la Cedeao. Sur quoi sera arrimée cette nouvelle monnaie – l’éco – appelée à se substituer au FCfa ? Sur l’euro ou un panier de devises ? Quelle politique de change ? Autant de questions qui ne sont pas encore tranchées. «De la réponse que donneront les Etats africains à ces questions dépendra, en grande partie, l’avenir de l’Uemoa», souligne Alioune Sall. L’autre obstacle majeur qu’évoque Bamba, c’est que l’agenda politique et celui des techniciens, des experts «n’arrivent pas à coïncider» sur le processus de création de la monnaie. Car là où la zone euro a mis plusieurs années pour se constituer, il serait utopique de vouloir mettre en place une nouvelle zone monétaire – l’éco – au pas de charge. Ce qui pousse plusieurs spécialistes à s’interroger sur le réalisme du calendrier avancé par les chefs d’Etats de la Cedeao, car 2020, c’est juste… dans quelques mois.

L’éco, un FCfa élargi ?

Une chose est certaine, l’attitude du Nigeria compte autant, sinon plus que celle de Paris pour l’avenir du Cfa. À moins qu’il ne s’agisse que d’un changement de nom, au risque de laisser Abuja à la marge de cette nouvelle zone monétaire. En effet, dans la logique des dirigeants de l’Uemoa, l’Eco sera un franc Cfa élargit aux autres pays de la Cedeao.
Une attitude qui illustre le dilemme des dirigeants de l’Uemoa, soucieux de ne pas saborder les acquis du FCfa. Les huit pays de l’Umoa (Union monétaire ouest-africain), qui respectent déjà les critères de convergence – maîtrise des déficits, maîtrise de la dette, maîtrise de l’inflation – «seront prêts sans doute en 2020», expliquait Alassane Ouattara, le président ivoirien, le 9 juillet à Paris, à l’issue d’un entretien avec Emmanuel Macron.
Il semble donc acquis que cette future monnaie commune commencera dès l’an prochain avec les pays qui sont prêts, c’est-à-dire ceux qui respectent le mieux les critères de convergence.
Or, il se trouve que c’est la zone Cfa qui converge le mieux. Il est donc probable de voir le franc Cfa rebaptisé éco, si les chefs d’Etat le décident, dès 2020, en gardant les mêmes mécanismes actuels avec la France. Quant à l’intégration des autres pays de la Cedeao, notamment le Nigeria, à cette nouvelle zone monétaire, cela reste une autre affaire.Seydou KA

A propos du Fr CFA : Non Monsieur Le Maire ! Par Ibrahima Sene

Il ne s’agit pas d’une «  réforme ambitieuse du franc CFA », mais, il s’agit  bien, pour  les pays membres de « l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine » (UEMOA),  de son abandon au profit de  la monnaie  commune de la «  Communauté  Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest » (l’ECO).
Le sort du Fr CFA au sein de l’UEMOA n’est pas lié à celui de la « Communauté Economique de l’Afrique Centrale » (CEAC),  pour la bonne raison qu’ils ne peuvent même pas s’inter changer directement.
Aucune de ces monnaies n’est valable dans le territoire de l’autre, même si ces Etats ont les mêmes accords monétaires avec la France.
En cherchant à lier ainsi leur sort dans le cadre d’une «  réforme ambitieuse », la France manœuvre pour contrer l’abandon du Fr CFA par les pays de l’UEMOA au profit de l’ECO.
Il ne s’agit donc pas pour les pays de l’UEMOA d’en discuter avec ceux   de la CESAC, sous l’arbitrage de la France, mais bien d’une décision souveraine collective des pays de l’UEMOA, de participer à la création de l’ECO en 2020.
Pour la première fois dans l’histoire du Fr CFA,  à l’exception de la Mauritanie qui était fortement  soutenue par les pays arabes, la France est confrontée à son abandon collectif, et non individuel comme au paravent, ce qui lui permettait de réprimer le pays qui osait réclamer son départ  de la Zone Franc.
L’Union faisant la force, avec  les pays de l’UEMOA, soutenus par le Nigéria et le Ghana dans leur ambition commune de créer une monnaie commune en 2020, les marges de manœuvre de la France, se sont réduites comme une peau de chagrin.
Ainsi, sa proposition de «  réforme ambitieuse du Fr CFA », est une tentative désespérée pour briser la solidarité entre les pays de l’UEMOA, pour  sauver ses intérêts économiques et  stratégiques dans cette zone.
Mais, la seule réponse de dignité de nos Chefs d’Etat, c’est d’entamer dès maintenant les procédures de  retrait de nos 50% de réserves du Trésor Français à confier à notre Banque Centrale, et le départ de tous les Français qui siègent dans les organes de gouvernance de cette Banque, pour mieux préparer l’avènement de l’ECO en 2020, avec les pays ayant respecté les critères de convergence retenus.
C’est dans ce cadre que les pays membres de l’UEMOA pourraient entamer des négociations avec la Banque Centrale Européenneet non avec la France pour mettre fin à la parité fixe entre le CFA et lt l’Euro, en faveur d’un taux de parité flexible déjà décidé par les pays membres de la CEDEAO.
C’est ce tournant historique pour les pays de l’UEMOA, que la France cherche à bloquer, avec l’appui de ses hommes liges dans nos pays, au sein des Gouvernements, des Universités, et de la Société civile.
D’où la nécessité d’un vaste rassemblement des forces vives des pays de l’UEMOA, pour soutenir la volonté exprimée par nos Chefs d’Etat de créer l’ECO en 2020.
Les pan-africanistes de toutes obédiences, sont interpellés pour barrer la route à cette nouvelle, et certainement pas la dernière, manœuvre des Autorités Françaises, pour maintenir nos économies sous sa coupe réglée !

Hausse de 9,6% de la production d’électricité de la SENELEC

APA-Dakar (Sénégal) Par Massamba SallLa production brute d’électricité de la société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) durant le mois de juillet 2019 s’est renforcée de 9,6% par rapport au mois précédent, a appris APA lundi auprès de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).
Cette production  s’est établie à plus de 400.000 mégawatt/heure (MWH) durant la période sous revue contre plus de 350.000 MWH en juin 2019.Par ailleurs, elle est ressortie à 9,7% par rapport à la période correspondante de l’année 2018.
Sur un autre registre, l’ANSD note que la production industrielle du Sénégal, captée à travers l’indice harmonisé de la production industrielle (IHPI), est marquée, en juillet 2019, par une progression de 2,6% en variation mensuelle. Elle s’est également accrue de 4,5% par rapport au mois de juillet 2018.MS/te/APA

KIBILI TOURÉ (Administrateur du train Mali/Sénégal) : ‘Le train doit être opéré de manière permanente entre Dakar et Touba’

https://www.dakaractu.com/Le train devrait retrouver le chemin de Touba l’an prochain. C’est du moins l’ambition de l’administrateur du chemin de fer de la République du Mali et du Sénégal. Kibili Touré était en visite dans la cité religieuse de Touba en cette veille de magal.
Interpellé sur l’éventualité de voir le train cette année à Touba, très vite aura-t-il dégagé toute suspicion en répondant par la négative. « Cette année-ci, non très clairement parce que je n’aime pas mentir, mais je pense qu’au delà même de la seule fenêtre du magal, je suis d’avis que le train doit être opéré et de manière permanente entre Dakar et Touba puisque Touba est une ville majeure. »
L’hôte de Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre d’ajouter le fait qu’entre Serigne Touba et le train, il y a toute une histoire.  »Il y a aussi, dira-t-il, un lien historique très fort entre le cheikh et le train qu’il a emprunté en allant jusqu’à Diéwol, Saint-Louis, Dakar. Et même à  son retour d’exil, il a pris le train, même  si c’était le Dakar-Saint-Louis.
Kibili Touré d’estimer que le chemin de fer est un outil de développement sans pareil.  » Les chemins de fer sont une infrastructure majeure qui structure mais qui aménage le territoire et le premier outil d’égalité et d’équité entre les populations, c’est l’aménagement du territoire. La décentralisation est un outil de déconcentration du pouvoir, mais l’aménagement  du territoire, c’est l’outil d’équité entre les territoires et les populations. Donc, j’estime que les chemins de fer sont un outil majeur aussi bien pour le Mail que pour le Sénégal ».

SEBASTIEN PUNTURELLO, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE CANAL+ SÉNÉGAL SUR LE PIRATAGE : «20 MILLIARDS DE MANQUE A GAGNER POUR L’ETAT DU SENEGAL TOUS LES ANS»

http://www.sudonline.sn/L’Etat du Sénégal perd 20 milliards de F Cfa par ans à cause du piratage des chaînes. L’information est du directeur général de Canal+ Sénégal, Sébastien Punturello. Selon lui, la lutte contre ce fléau qui coûte cher à l’Etat doit s’accélérer pour éviter de décourager les investisseurs
20 milliards de F CFA, c’est ce que perd l’Etat du Sénégal par an à cause du piratage des chaînes. C’est le directeur général de Canal+ Sénégal, Sébastien Punturello, qui alerte ainsi sur un phénomène qui, selon lui, coûte cher à l’Etat. Il l’a révélé hier, lundi 14 octobre, lors d’un déjeuner de presse. «Le piratage, c’est 20 milliards de manque à gagner pour l’Etat du Sénégal tous les ans», a fait savoir Sébastien Punturello. Pour lui, cette perte est un frein au développement du pays.
Pour cause, dit-il, «c’est une somme générée par des acteurs qui sont dans le formel comme nous et nos concurrents qui pourrait être réinvestie dans la production, le sport, le cinéma et générer des ressources fiscales et de l’emploi».
En plus de déprimer la croissance du secteur, le piratage des chaînes décourage également les éditeurs internationaux dans l’investissement et la pénétration du marché. C’est pourquoi, le patron de Canal+ Sénégal demande au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) et l’autorité juridique d’accélérer la lutte. «On a cette volonté des autorités dans la lutte contre le piratage, mais ça doit aller encore plus vite pour stopper, sanctionner, décourager.
Sinon, on peut mettre en danger l’industrie de l’audiovisuel et on peut hypothéquer de nouveaux investissements au futur», fait remarquer Sébastien Punturello. «Le piratage ne nous renverse pas. On résiste en progressant grâce à tout ça: une politique de prix bas, une politique de proximité, une politique d’investissement dans des contenus que nous seuls disposons. En revanche, cet équilibre est très fragile», a soutenu le directeur général de Canal+ Sénégal.
Sébastien Punturello renchérit sur la protection de la production. «Aujourd’hui, nous avons besoin de stabilité et de garantie qui fassent que si on investit, on pourra protéger notre investissement. Si on ne protège pas, on tue. Et, sans productions, il n’y a pas de télévision et le piratage tue la production», précisera le directeur général de Canal+. Non sans relever que si le paysage de l’audiovisuel était sain aujourd’hui, il y aurait beaucoup plus d’acteurs.

NOUVEAUTES CHEZ LES BOUQUETS CANAL+ Plus de 10 nouvelles chaînes lancées

Dans le cadre de l’accessibilité pour ses clients, le groupe Canal+ a lancé plus de dix nouvelles chaînes dans ses bouquets, selon Sébastien Punturello. Il s’agit, entre autres, de Ludikids, d’Automoto, de Trace Afrikora, de Cuisines, de Canal+Elles. «Ludikids est une nouvelle chaîne éducative, pédagogique qui accompagne l’éveil des enfants qui apprendront, en s’amusant, l’anglais, l’alphabétisation, les mathématiques, l’arithmétique, les sciences et de manière générale le monde qui les entoure», a expliqué Sébastien Punturello. La chaîne Automoto est consacrée aux sports mécaniques alors que Trace Africkora est dédiée aux musiques urbaines et populaires mandingues. Parmi les nouvelles chaînes disponibles dans les bouquets de Canal+, il y a aussi Cuisines qui va démarrer au mois de novembre prochain. Quant à Canal+ Elles, elle est dédiée aux femmes, avec une programmation variée de films et séries et un talkshow inédit, «Le chœur des femmes», mais surtout des émissions sur la beauté, la décoration, la culture, sur les relations avec les hommes. Il y a également une autre nouveauté chez Canal+ qu’on appelle M6 International.
La nouvelle chaîne va proposer des programmes de divertissement comme «Chasseurs d’appart», «Les Reines du shopping». Parmi les nouvelles chaînes disponibles dans les bouquets Canal+, on note aussi la chaîne sénégalaise Itv du groupe E-Medias, la Radiotélévision nationale du Burundi (Rtnb), la chaîne ivoirienne Nci qui propose un «regard ivoirien» sur le monde avec des émissions à la fois «divertissantes» et «enrichissantes». En outre, Canal+ n’a pas manqué de renforcer ses programmes liés au sport avec des championnats dont la Série A (championnat italien) qui vient d’être intégrée

LES MAISONS TEMOINS DES «100 MILLE LOGEMENTS» RESSEMBLENT A DES POULAILLERS !

https://www.seneplus.com/LeTemoin-Le gouvernement a laissé les promoteurs faire des logements comme bon leur semble
La « déception » est le sentiment le mieux partagé du côté des populations lors de la visite de terrain effectuée, ce mardi 14 octobre 2019, par le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique, Abdou Karim Fofana, dans les communes de Notto Diobass (département de Thiès) et Mont-Rolland (département de Tivaouane) pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux entamés dans le cadre du Programme des 100 mille logements sociaux inscrits dans le Plan Sénégal Emergent (PSE). Des logements dont les prototypes ont été assimilés par les populations à… des poulaillers !
Le gouvernement a laissé les promoteurs faire des logements comme bon leur semble. C’est, du moins, un sentiment largement partagé par les populations qui ont accueilli le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique à Notto Diobass et Mont-Rolland dans le cadre du Programme des 100 mille logements sociaux du Plan Sénégal Emergent (PSE). Un Plan qui, ont-elles amèrement constaté, « va au devant d’un échec patent » si rien n’est fait pour apporter d’ores et déjà des corrections aux modèles de logements que les promoteurs veulent fourguer aux futurs acquéreurs. En effet, ont fait valoir les populations locales lors de cette visite de terrain du ministre en charge du secteur, « les maisons témoins en cours de finition, disposées telles des salles de classe ou d’assez belles cantines dans un marché, et composées d’un mini-salon, de deux chambrettes, d’une petite cuisine, de deux toilettes (intérieure et extérieure), le tout érigé de façon linéaire dans un espace restreint de 200 mètres carrés, ressembleraient plutôt plus à des poulaillers ». Des logements « très mal construits, avec un sérieux problème d’aération, des portes et des fenêtres dressées sur un même alignement, des carreaux cassés, où les occupants seront obligés de vivre dans la promiscuité comme des prisonniers, avec des normes qui bafouent toute dignité humaine. Il n’y a pas d’espace vital, pas de véranda, pas le moindre confort » se plaignent les populations interrogées en marge de la visite du ministre Abdou Karim Fofana.

L’offre de logements non adaptée

A Notto le projet concerne 6500 parcelles de 200 mètres carrés, sur un total de 400 ha, avec un logement qui va revenir à peu près à 88 mille FCFA par mois sur 13 à 15 ans, sans compter un apport personnel. A Mont-Rolland, le maire a mis à la disposition du « Programme 100 mille logements » 150 ha où seront réalisé par l’entreprise Enekio quelque 3832 logements qui seront vendus environ 11 millions de francs l’unité avec le fonds de garantie du logement de l’Etat et toutes les facilités mises en place afin que les populations puissent bénéficier de ces logements dans des conditions faciles et étalées. Le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique a, à l’occasion de cette visite, salué « la grande initiative du président de la République pour le logement au Sénégal ».
Selon lui, « il y a environ 300 mille Sénégalais dont le parcours résidentiel relève d’un vrai labyrinthe, parce que le revenu jugé suffisant ne leur permet pas de devenir propriétaires de leur logement. Ce du fait que l’offre de logement n’est pas adaptée à leur revenu ou bien que le mode de financement ne leur permet pas de devenir propriétaires de façon étalée comme ça se passe dans tous les pays organisés ». Selon le ministre, c’est donc à ces goulots d’étranglement que « le président de la République a voulu s’attaquer en permettant aux promoteurs, à l’Etat et aux communes de s’allier dans un contrat tripartite, pour arriver à des tarifs du logement qui seraient abordables ». L’objectif de l’Etat, selon M. Abdou Karim Fofana, « c’est d’arriver dans les mois qui viennent à optimiser ce processus, à l’améliorer de façon à ce qu’il n’y ait pas d’apport personnel ». Mais, a-t-il précisé, « pour ce premier projet, un apport personnel de 1.500.000 FCFA et des mensualités de 88 mille FCFA à partir de la réception permettront, au bout de 13 ans, de devenir propriétaire ».
L’objectif visé par le président de la République, selon le ministre Fofana, « c’est d’éviter aux Sénégalais de payer un loyer et en même temps d’épargner pour acheter un terrain, entre autres. Nous avons donc là une grande révolution à travers le logement abordable et accessible ». Il a donné l’assurance que « dans ce projet on a pris en charge la question de la mobilité. A Notto nous sommes juste à la sortie de l’autoroute à péage». Abdou Karim Fofana a insisté sur «la volonté du président de la République consistant à mettre en place des politiques du mieux-vivre, avoir plus de planification urbaine, avec des logements décents et accessibles ».
A en croire le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique, « l’amélioration du cadre de vie des Sénégalais préoccupe le président de la République au point de l’avoir poussé à mettre en place deux projets phares que sont : le ‘’zéro bidonville’’ et le ‘’zéro déchet’’ ». Et de poursuivre : « nous avons prévu 60 % des 100 mille logements dans le triangle Dakar-Thiès-Mbour, et les 40 % restant seront dispersés dans toutes les communes de plus de 10 mille habitants au Sénégal ». Abdou Karim Fofana a aussi annoncé, concernant ces logements sociaux, le lancement de la campagne d’inscription en début novembre, pour permettre aux promoteurs et aux communes de savoir où se trouve le vrai besoin. Avant d’indiquer : « dans un an, des lots pourront être livrés à leurs bénéficiaires ». Des logements ou des poulaillers ? Cheikh CAMARA,Correspondant permanent à Thiès

L’audience d’adjudication fixée au 10 décembre 2019 : Le complexe résidentiel Waterfront vendu aux enchères.

https://www.dakaractu.com/Sauf conciliation de dernière minute, le complexe résidentiel Waterfront, sis sur la Corniche, sera vendu aux enchères devant le tribunal hors classe de Dakar le 10 décembre prochain, à 10 heures.
Libération est en mesure de révéler que, sauf conciliation de dernière minute, le complexe résidentiel Waterfront, bâti sur le Tf 2070/Gr d’une superficie de 11.751 mètres carrés sis sur la Corniche, sera vendu aux enchères le 10 décembre prochain.
Ce, au prix d’1.762.650.000 Fcfa, représentant le quart de la valeur vénale. L’audience éventuelle, durant laquelle Waterfront va pouvoir faire ses observations sur la procédure, est prévue pour le mardi 5 novembre 2019 à 10 heures du matin.
Selon nos informations, la procédure a été intentée par la Sci Etoile, société civile immobilière de droit congolais ayant son siège social à Brazzaville mais élisant domicile en l’étude de Me Seydou Diagne, avocat du barreau sénégalais.
En effet, cette Sci avait signé, le 27 septembre 2008, un contrat de réservation avec Waterfront portant acquisition de la Townhouse en duplex de type N portant le numéro T 611.
Ainsi, la Sci étoile a eu à verser, à titre de dépôt de garantie, la somme de 272.702.050 Fcfa. Mais depuis lors, elle ne parvient pas à se faire livrer le bien immobilier malgré une hypothèque conservatoire inscrite sur l’immeuble en vertu de l’ordonnance numéro 96/2019 en date du 4 février 2019 rendue par le juge Alioune Ndiaye et validé par procès-verbal de conciliation homologué par le tribunal de commerce de Dakar le 25 avril 2019.

A la Médina, plus de 64 bâtiments menacent de ruine, selon le Maire

iGFM – (Dakar) – Plus de 64 bâtiments qui menacent ruine ont été recensés dans la commune de la Médina, à Dakar, a-t-on appris lundi du maire Bamba Fall.
‘’A la Médina, nous avons recensé plus de 64 bâtiments qui menacent ruine’’, a déclaré M. Fall à la fin des secours menés par les sapeurs-pompiers à la rue 6 de la Médina.
Une partie d’un bâtiment s’est effondrée dans cette commune, près de la Direction de l’automatisation des fichiers, faisant un mort et trois blessés.
M. Fall ajoute, sans indiquer leur nombre, que des mosquées, des églises et des écoles dont les murs ‘’sont trop vieux’’ ont également été recensés dans cette commune.
‘’Les arrêtés de péril ont été pris et délivré. Mais jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de réaction’’, a dit Bamba Fall.
‘’ll y a moins d’un mois, j’avais alerté l’opinion. J’interpelle l’État et le chef de l’État pour qu’ils nous aident à démolir ces vieux bâtiments qui peuvent à tout moment s’affaisser’’, a poursuivi Bamba Fall.
La vétusté de certains bâtiments ‘’est un problème [à la Médina]. Plusieurs bâtiments sont vieux’’, a-t-il souligné.Auteur : Aps

DAKAR, HUB DE LA DROGUE ?

https://www.seneplus.com/LeTemoin-Si la Douane, la Police et la Gendarmerie ont réussi à cerner la mafia sénégalaise de la drogue jusqu’à briser la chaine de réception, l’ampleur soudaine du trafic reste une énigme pour les forces de sécurité et les soldats de l’économie nationale
En 2018, la production mondiale de cocaïne a battu des records : près de 2.500 de tonnes de cette drogue particulièrement dangereuse ont été récoltées et stockées. Ce qui représente une valeur marchande surréaliste qui donne le tournis : 1 million de milliards de nos francs (un billiard de francs CFA) ! Pour écouler cette production record aux quatre coins du monde, les planteurs colombiens, péruviens, boliviens, brésiliens et mexicains comptent sur les narcotrafiquants à leurs risques et périls. Mais attention, ces chiffres n’incluent pas l’Afghanistan, l’un des plus grands producteurs mondiaux de pavot mais dont la marchandise de la mort est expédiée dans d’autres parties du monde. En tout cas, les nombreuses saisies enregistrés il y a quelques semaines à Dakar — là aussi, le record a été battu — montrent que les cartels de la drogue voudraient faire de notre pays un hub de transbordement vers l’Europe et les Usa. Surtout que le Sénégal est idéalement situé à mi-chemin entre ces deux continents grands consommateurs de cocaïne. Grâce au professionnalisme et à la perspicacité des agents de la douane, de la gendarmerie et de la police sénégalaise — et aux renseignements fournis par les services amis — la plateforme de transit de Dakar a été dynamitée. « Le Témoin » a enquêté…
Qu’est-ce qui explique donc les nombreuses saisies de cocaïne effectuées il y a quelques semaines à Dakar ? Si la Douane, la Police et la Gendarmerie ont réussi à cerner la mafia sénégalaise de la drogue jusqu’à briser la chaine de réception composée de parrains, narcotrafiquants, transitaires, guetteurs, superviseurs et autres lampistes, l’ampleur soudaine du trafic reste une énigme pour les forces de sécurité et les soldats de l’économie nationale. Une des explications à ces quantités record saisies au port de Dakar, c’est qu’il y a une surproduction mondiale de cocaïne, une drogue dont la Colombie reste le principal producteur. Suivent de très loin le Pérou, la Bolivie, le Brésil et le Mexique. Une chose est sûre : jamais jusque-là, dans l’histoire mondiale, une production de cocaïne n’avait atteint 2.500 tonnes produites et stockées soit une valeur marchande surréaliste de 1 million de milliards de nos francs (un billard cfa). Oui vous avez bien lu puisque le prix du gramme de cocaïne oscille entre 75.000 et 500.000 francs CFA selon la qualité et le marché. Pour vous faire une idée du chiffre d’affaires de ce trafic, prenez votre calculatrice qui va certainement disjoncter ! Naturellement, si les cartels parviennent à écouler cet important stock de cocaïne, l’économie mondiale va s’effondrer. Ce qu’un officier des douanes sénégalaises confirme : « Non seulement les fortes sommes d’argent issues de la vente vont créer de nouveaux riches dans le monde, mais encore les plus paresseux n’auront plus besoin de travailler, cultiver des champs de céréales ou faire tourner des usines par exemple du fait des retombées financières de cette surproduction de cocaïne. Cette montagne d’argent peut provoquer la faillite de l’économie mondiale. Sans oublier les dommages sociaux liés à la consommation en termes de destruction de la jeunesse des pays visés par les trafiquants » s’inquiète notre soldat de l’économie.
Selon toujours notre officier supérieur des gabelous, la culture des feuilles de coca est la plus rentable de toutes celles pratiquées au monde. En dehors de la fertilité des terres et de l’abondance des pluies dans les pays d’Amérique latine producteurs (Colombie, Pérou, Mexique, Bolivie, Brésil), les récoltes de feuilles de cocaïne se font sans effort. Aussi bien en Colombie qu’au Pérou, par exemple, la plupart des cultivateurs de feuilles de cocaïne sont des fermiers sans ressources. « Et comme la production de cocaïne ne nécessite pratiquement aucun investissement, elle est devenue leur principale culture de rente, celle qui enrichit rapidement. Mais si la production est facile, par contre, c’est l’exportation et la commercialisation qui posent problème ! Car, le trafic de drogue est la criminalité la plus combattue par les polices du monde ! » alerte notre douanier. Dans la même foulée, un policier français spécialiste des stupéfiants contacté par « Le Témoin » confie que les ports de Dakar, Abidjan, Téma, Bissau, Lomé, Lagos et Banjul font partie des destinations africaines privilégiées des trafiquants sud-américains. Lesquels utilisent ces ports comme des hubs de transbordement pour acheminer la drogue dure vers l’Europe et les Etats Unis d’Amérique (Usa). « Pour les narcotrafiquants, du fait du degré très élevé de la corruption en Afrique, c’est plus facile d’expédier de la drogue à partir des ports africains vers l’Europe et les Usa. Donc si les cartels préfèrent aujourd’hui transiter par l’Afrique pour atteindre les marchés américains et européens, c’est parce qu’en Amérique latine, toutes les routes terrestres et maritimes qu’empruntaient les cartels colombiens et mexicains pour rallier les Usa sont pratiquement coupées par les services de sécurité et de renseignements américains » indique notre policier français spécialisé en matière de stupéfiants.

Afrique, une destination corrompue !

D’ailleurs, M. Amado Philip de André, Représentant régional pour l’Afrique de l’Est de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc) avait abondé dans le même sens que notre policier français. En Afrique de l’Ouest, déclarait-il sur les ondes de radio Bbc-Afrique, on peut acheminer de plus grandes quantités de drogue sans se faire remarquer en raison d’un réseau africain de surveillance quasi inexistant. « De plus, de nombreux pays ouest-africains sont classés parmi les plus pauvres et les plus corrompus du monde. Et si l’on considère les dispositions pénales relativement peu répressives dans certains pays de la région de l’Afrique de l’Ouest, les trafiquants préfèrent se faire condamner là plutôt qu’en Europe ou ailleurs. De plus, on notera l’insuffisance de la couverture policière : 180 policiers pour 100 000 habitants, c’est la moyenne continentale, alors qu’elle est de 363 agents pour 100 000 habitants en Asie » avait déploré le représentant régional de l’Onudc au lendemain des récentes saisies de cocaïne par la douane sénégalaise. Selon toujours Amado Philip de André, il arrive que des sacs contenant de la cocaïne soient largués à partir d’avions lorsqu’ils survolent une île inhabitée (la Guinée-Bissau en compte environ 70), où ils sont ensuite ramassés par des complices à bord de canots rapides. Ces cargaisons importantes sont ensuite divisées, morcelées, pour être emmenées en petites quantités en Europe, par avion ou par bateau. Mais parfois, s’étrangle M. Amado Philip de André, la totalité de la cocaïne est tout simplement acheminée par bateau vers le Portugal ou l’Espagne comme portes d’entrée en Europe.

A la conquête des marchés européens…

Le représentant régional de l’Onudc ne savait pas si bien dire. D’après nos informations, en effet, malgré les nombreuses saisies record effectuées à Dakar suivies de multiples arrestations, les cartels de la drogue ne se découragent guère ! A leurs risques et périls, ils investissent les pays africains pour acheminer leur drogue aux Usa et en Europe qui sont les marchés les plus lucratifs pour leur marchandise criminelle. L’Europe surtout où le marché de la cocaïne a explosé malgré cette surproduction mondiale. En effet si, en Afrique de l’Ouest, le gramme de cocaïne s’achète en moyenne entre 50.000 et 60.000 francs CFA, en France ou en Espagne notamment, le prix du même gramme varie entre 150 et 200 euros soit de 100.000 à 150.000 francs CFA environ. Aux Usa, où le trafic de drogue est pratiquement criminalisé, le gramme de cocaïne peut coûter jusqu’à 500 dollars soit 250.000 francs CFA ! Pour écouler aux quatre coins du monde et blanchir cette folle surproduction estimée à 2.500 tonnes, les trafiquants colombiens, péruviens, boliviens, brésiliens et mexicains misent donc sur les parrains africains de la drogue. Une chaine de relais pour pouvoir conquérir les larges marchés européens beaucoup plus lucratifs. Justement, c’est là qu’interviennent les grands trafiquants et petits convoyeurs africains pour aider les cartels latino-américains à se débarrasser de cette surproduction. Ce qui ne peut se faire sans passer par les ports de l’Afrique de l’Ouest, aux positions stratégiques entre l’Europe et les Usa. Dakar, pointe la plus avancée du continent sur son flanc Ouest, et encore une fois située entre l’Europe et les USA, est particulièrement ciblée dans ce dessein. Heureusement que grâce au professionnalisme et à la perspicacité des douaniers, gendarmes et policiers sénégalais, la destination Dakar est de moins en moins sûre pour les trafiquants criminels de cocaïne. Car, les récentes saisies globales de plus d’une tonne de cocaïne au port de Dakar par les douanes sénégalaises constituent un véritable coup de frein qui démobilise et décourage les cartels de la drogue. Mais pour combien de temps ? Pape NDIAYE

 Lettre ouverte aux présidents français et sénégalais Par Biram Senghor

Il est urgent d’honorer la mémoire des Tirailleurs. Il faut offrir à chacun d’eux une sépulture décente et leur attribuer la mention « Mort pour la France ». Il faut restituer à leurs ayants-droit les soldes et indemnités spoliées
Fils de feu M’Bap Senghor, Tirailleur sénégalais tué par l’armée coloniale française le 1er décembre 1944 à Thiaroye (Sénégal), je me suis résolu à vous adresser cette lettre ouverte après avoir, depuis les années 70, demandé des explications à l’État français sur les circonstances de la mort de mon père. Sous la présidence de François Mitterrand, le chef de Cabinet du ministre de la Défense, Charles Hernu, s’est ému de ma situation sans pouvoir m’apporter d’explication. Depuis 2015, je n’ai pas reçu le moindre retour à mes courriers au ministère de la Défense puis des Armées me contraignant à saisir la justice alors que le mensonge d’État a été mis au jour par des recherches historiques.
Le 1er décembre 2019, où et comment allons-nous commémorer le 75ème anniversaire de la mort violente de mon père à Thiaroye ? Lors du 70ème anniversaire, le président Hollande, devant les tombes anonymes du cimetière militaire de Thiaroye, a reconnu non pas le massacre mais uniquement que les ex-prisonniers de guerre, dont un certain nombre avaient rejoint la Résistance après leur évasion des Frontstalags situés en France,  devant être démobilisés à la caserne de Thiaroye, n’avaient pas perçu leur dû et que les armes des militaires français s’étaient retournées contre eux. Il s’agissait d’automitrailleuses et non des fusils des tirailleurs du service d’ordre. Alors que l’État français a fait croire durant 70 ans que les victimes étaient enterrées dans les tombes anonymes, en 2014, le président de la République a contredit le chiffre officiel de 35 tirailleurs morts en annonçant au moins 70 victimes et que l’endroit de leur sépulture demeurait mystérieux.
Les archives consultables, reflets du récit officiel mensonger, ont été remises au Sénégal sous forme numérisée en novembre 2014, mais ne sont toujours pas mises à disposition ni des autres États africains issus du démantèlement des ex AOF et AEF pourtant copropriétaires de ces archives, ni des historiens et autres chercheurs africains ou étrangers, et encore moins des populations du continent et de sa diaspora !
Á l’occasion des commémorations du 75ème anniversaire du débarquement de Provence, le président Emmanuel Macron a dit solennellement : « Honorés à juste titre par leurs camarades de l’époque, ces combattants africains, pendant nombre de décennies, n’ont pas eu la gloire et l’estime que leur bravoure justifiait. La France a une part d’Afrique en elle et sur ce sol de Provence, cette part fut celle du sang versé. Nous devons en être fiers et ne jamais l’oublier : les noms, les visages, les vies de ces héros d’Afrique doivent faire partie de nos vies de citoyens libres parce que sans eux nous ne le serions pas ». Á cette commémoration, l’écrivain David Diop, auteur de Frère d’âme, a évoqué les fosses communes de l’Histoire mais Thiaroye est une terre de sang avec ces fosses communes où se trouve mon père. L’emplacement de ces fosses communes est connu, à l’endroit même du rassemblement ordonné par les officiers, elles ont été recouvertes d’une dalle de béton empêchant les familles de récupérer les corps. Le terrain étant désormais propriété du Sénégal, la responsabilité de l’exhumation incombe donc au chef de l’Etat sénégalais.
Si la France a une part d’Afrique en elle, elle doit alors aider le Sénégal à exhumer les corps de sans doute plus de 300 victimes dont des blessés achevés à l’hôpital principal de Dakar. Les autorités françaises ont fait croire que 400 des plus de 1600 rapatriés qui avaient quitté la métropole le 5 novembre 1944 n’avaient pas embarqué à l’escale de Casablanca pour diminuer leur nombre et camoufler le réel bilan des victimes du massacre.
Cette indispensable exhumation permettra de nous approcher de la vérité et de décharger la mémoire des morts par l’aboutissement du procès en révision de ceux condamnés pour un crime qu’ils n’ont pas commis : il n’y a jamais eu de rébellion armée au camp de Thiaroye, mais bien un massacre prémédité d’hommes libres qui ne réclamaient que leurs justes droits. C’est ce crime de masse que l’État français a voulu dissimuler.
Ils ont tous été spoliés de leur solde de captivité et de leur prime de démobilisation restées depuis dans les caisses de l’État français qui a fait croire que les rapatriés avaient perçu l’intégralité de leurs soldes. Les réclamations étaient légitimes.
Aucun État ne peut laisser ses propres soldats, ceux qui se sont battus pour que la France reste un pays libre, dans des fosses communes. Thiaroye, plus qu’une dette de sang, est une dette du déshonneur, une ignominie qu’il est plus que temps de laver en tournant le dos au mensonge d’État.
Le 4 octobre 2019, le Conseil d’État a rejeté ma requête demandant à voir le motif caviardé d’une sanction infligée à un officier particulièrement compromis dans le massacre et amnistié. Ce n’est pas un argument juridique qui m’est opposé mais un simple obstacle matériel. Le motif ne peut pas, en effet, être effacé par une amnistie afin de respecter les droits des tiers victimes, mais les magistrats ont estimé :  « En l’absence d’obligation pour l’administration d’établir un nouveau document, en procédant à la suppression des occultations qui y ont été portées, afin de répondre à une demande de communication d’archives publiques, le ministre de la défense a pu légalement refuser de faire droit à la demande de M. Senghor » alors que les progrès techniques permettent de voir le motif sans altérer le document. Cet arrêt du Conseil d’État m’éloigne davantage de la vérité et de la justice. La saisine de la Commission des Droits de l’Homme est envisagée.
J’attends également des jugements pour l’attribution de la mention « Mort pour la France » à mon père en lieu et place du qualificatif déshonorant de « déserteur » et pour obtenir réparation pour toutes les souffrances endurées par ma famille. Comment l’État français peut-il arguer de la prescription alors qu’il a menti sur ce drame pendant tant d’années ?
Messieurs les présidents de la France et du Sénégal, mais aussi du Mali, de Guinée, de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Burkina Faso, du Togo etc. il est urgent, au-delà des discours, d’honorer la mémoire de ces soldats africains, engagés volontaires ou non, venus pour défendre la France et son territoire mais, paradoxalement, morts par les armes de l’armée coloniale française sur le sol africain.
Il faut offrir à chacun d’eux une sépulture décente et leur attribuer la mention « Mort pour la France » en les nommant grâce à la liste des victimes ; il faut innocenter par un procès en révision ceux condamnés à tort et les réhabiliter et enfin il faut restituer à leurs ayants-droit les soldes et indemnités spoliées.
C’est dans l’espoir que cet ultime appel à votre responsabilité et à votre devoir de veiller à un traitement égal de tous les êtres humains, sans aucune distinction de race ou d’ethnie, de genre ou d’origine, de classe ou de caste, de nationalité, de religion ou de conviction, ne sera pas vain. La réponse attendue ne peut être que l’exhumation des corps dont celui de mon père M’Bap Senghor.Diakhao, Fatick (Sénégal), le 15 octobre 2019Biram Senghor, 81 ans, est Adjudant-Chef de Gendarmerie à la retraite

Boubacar Ly : Le Sénégal perd un intellectuel accompli et généreux

http://lesoleil.sn/Le Pr Boubacar Ly du département de Sociologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a tiré sa révérence, lundi 14 octobre 2019. Avec sa disparition, l’institution universitaire voire le monde académique sénégalais et africain perd une sommité dans son domaine. Il était une des figures de proue de la Sociologie et considéré comme le père de la Sociologie à la Faculté, même si la création du Département fut l’œuvre de Louis Vincent Thomas au début des années 1960. Un département qu’il a rejoint en 1967 après une excellente Thèse à la Sorbonne en 1966 sur «Le sentiment de l’honneur chez les Toucouleurs».
La nouvelle a surpris plus d’un dans le monde universitaire, notamment à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). L’éminent sociologue et anthropologue sénégalais, le Pr Boubacar Ly n’est plus. Hier, il a été rappelé à Dieu à l’hôpital Principal de Dakar. Le vendredi 12 octobre dernier, il était jusqu’à 19 h, avec le Dr Souleymane Gomis (connu comme étant un de ses fils spirituels), même si on le savait alité depuis quelques temps. La disparition du Pr. Boubacar Ly est une grosse perte pour l’Ucad. En effet, l’homme qui est né le 7 juin 1936 à Dakar, aura marqué d’une empreinte indélébile le Département de Sociologie depuis 1967-1968, pour avoir formé des générations de sociologues. Ce qui fait dire au philosophe, le Pr. Ousseynou Kane, que «c’est une figure exceptionnelle, particulière, qui s’en est allée». Et le Pr. Ogo Seck de l’Ugb de parler de la perte d’un «grand esprit». Boubacar Ly était, en réalité, d’une immense culture et un généreux intellectuel. Comme ses amis, les regrettés professeurs Mbaye Guèye (historien), Cheikh Bâ (géographe), Amady Aly Dieng (historien économiste), il aimait partager son immense savoir bien qu’il soit parfois avare en mots. «Boubacar était un savant…et qui sait se taire. Il a le culte du savoir et du travail bien fait», écrivait son ami Cheikh Bâ dans les «Mélanges». En effet, la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Ucad, en 2006, a offert des «Mélanges» au Pr. Boubacar Ly. Un ouvrage de 793 pages titré «Sociétés en devenir. Mélanges offerts à Boubacar Ly.»

Engagement citoyen, académique et humain

«Boubacar Ly, c’est un engagement citoyen, académique et humain. Il était généreux, doux, avenant, cordial et très attentionné à l’endroit des jeunes qui démarrent leur carrière. Il ne voulait pas que ces derniers vivent les mêmes difficultés que ceux de sa génération, celle de la transition, c’est-à-dire de l’africanisation de l’Ucad. Ce qu’ils ont bien réussi», témoigne le recteur de l’Ucad, Pr. Ibrahima Thioub. Alors qu’il a rejoint le Département de Sociologie en 1967, l’année suivant, ce dernier fut dissout à la suite des évènements de Mai 1968, de même que le Département de Psychologie. «Homme d’honneur, il a donné sa vie à l’université jusqu’à son dernier souffle. Il a encadré de nombreux étudiants qui le lui ont bien rendu. C’est le cas de Souleymane Gomis qui est véritablement son fils spirituel», poursuit le recteur qui soutient être «très lié» au Pr Ly.
D’ailleurs, le Dr Gomis vient de faire paraître, en août dernier, un livre sur sa biographie intitulé : «Dialogue avec Boubacar Ly. Un sociologue au destin singulier ou le «mythe» du Fouta». «Le Tome 1, plus qu’une simple biographie, est une véritable étude monographique sur un intellectuel africain, un universitaire de renommée internationale», écrit le Dr Souleymane Gomis. Le livre retrace le caché, l’inédit chez cet homme frêle mais très téméraire qui aura fait ses enfances à Dakar-Plateau. En fait, ce sont 4 Tomes que Dr Gomis va publier sur le Pr Ly. «Le Tome 2 portera sur sa vie d’étudiant à Paris et son militantisme syndical et politique depuis la France jusqu’au Sénégal à son retour après les études en 1967-1968. Le Tome 3 parlera de sa vie professionnelle à l’Ucad et au-delà, mais aussi de son engagement politique et syndical…» Pour lui, avec sa disparition, «c’est une des lumières de l’Ucad qui s’est éteinte» tant, dit-il, «Boubacar était un trésor du savoir et de connaissance intarissable.»
Sa générosité n’a commune mesure. Pour preuve, en avril 2015, Pr. Ly a offert son fonds documentaire de près de 2.000 documents au Département de Sociologie de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Uasz). Avec ces ouvrages évalués entre 50 et 90 millions de FCfa, les étudiants de Master trouvent des références pour enrichir leurs études de Sociologie. Un fonds constitué essentiellement d’ouvrages de Sociologie aujourd’hui épuisés dans les librairies.Daouda MANE

Iba Der Thiam Reçoit Des Familles Religieuses Pour…

https://www.xibaaru.sn/Le Professeur Iba Der Thiam recolle les morceaux après la publication de son livre-polémique sur l’Histoire générale du Sénégal.
D’après le quotidien L’As, les représentants des différentes familles religieuses se sont rendus chez le coordonnateur du Comité de pilotage de ce projet.
Iba Der et son équipe ont reçu la communauté Balante, une délégation venue du Sine, l’association des professeurs d’Histoire-géographie du Sénégal, une délégation de la maison chérifienne de Sibicouroto-Charif Counda (Sénégambie), celle de Chérif Sidou Ahmed, la famille Seck de Thienaba et une délégation de la Mauritanie.
Certains sont venus pour apporter des rectificatifs sur les 5 premiers volumes, d’autres pour apporter leurs contributions. Ces audiences ont permis au Comité de pilotage de prendre bonne note de certains manquements pour apporter les corrections nécessaires dans les prochaines éditions.

RENCONTRE DELEGATION CHERIFIENNE DE SIBICOUROTO DE CASAMANCE ET DELEGATION  DE HISTOIRE GENERALE DU SENEGAL

Une délégation de la Famille chérifienne de Sibicouroto de la Casamance, conduite par l’Imam de la  Grande Mosquée de cette localité et comprenant le Pr Malamine Kourouma, des universitaires de haut rang et des traditionnistes, a rencontré une délégation du Comité de pilotage de Histoire générale du Sénégal (HGS) conduite par son Coordonnateur général, le Pr Iba Der Thiam. Cette rencontre s’est déroulée au domicile du Coordonnateur général, de 12h à 14h, lundi 07 octobre 2019.
L’objet de cette rencontre était d’examiner les modalités de la contribution de la Communauté chérifienne, à travers ses historiens, à l’élaboration de l’Histoire générale du Sénégal. Les deux délégations ont salué cette initiative et mis au point un mécanisme de contact et de travail en commun, pour rassembler toutes les informations permettant de rendre compte du rôle incommensurable que la Communauté chérifienne a joué dans l’expansion d’un Islam de paix particulièrement dans toute la Casamance et le reste du Sénégal, en Gambie et en Guinée Bissao et d’une manière générale dans toute la Sénégambie.
La cérémonie a été ouverte par des prières et des chants spirituels du Banibo mandingue pour la première fois donnés dans le cadre de HGS, en particulier hommage au Comité de pilotage pour que Dieu bénisse son travail.Fait à Dakar, le 10 Octobre 2019

Serigne Modou Lô Ngabou : «Il est temps que Touba obtienne son statut spécial»

IGFM – Sous son œil vigilant, le Dahira Safinatoul Amane veille sur les interdits dans la cité de Bamba. Dans cet entretien accordé à «L’Obs», Serigne Modou Lô Ngabou revient sur le fonctionnement de sa structure, non sans plaider pour que Touba obtienne son statut spécial. 

Pouvez-vous nous parler un peu du Dahira Safinatoul Amane ?

Le Dahira Safinatoul Amane est chargé de la lutte contre les interdits du Khalife général des mourides dans la cité religieuse de Touba. Nous avons reçu le «Ndigueul (l’ordre)» de la part du cinquième Khalife de Serigne Touba, feu Serigne Saliou Mbacké, de faire respecter les directives que le troisième Khalife, Serigne Abdou Lahat, avait données, interdisant les greffages, le tabac, la drogue, l’alcool, la prostitution, entre autres, dans la ville de Touba. Ces directives ont été renouvelées dernièrement par le Khalife général Serigne Mountakha Bassirou. Le Dahira Safinatoul Amane est constitué de 602 agents directs. Si on y ajoute tous les petits-fils de Serigne Touba qui y sont admis d’office, nous sommes à plus de 3 000 membres.

On surnomme votre structure «la Police de Touba». En avez-vous les prérogatives ?

Nous sommes différents et très loin d’être une Police. En clair, nous ne sommes pas une Police et nous n’avons pas les mêmes méthodes. Mais pour ce qui est des interprétations, chacun est libre. Cependant, dans le cadre de la mission que le Khalife nous a confiée, nous travaillons en synergie avec la Police et la Gendarmerie de Touba. Nous leur laissons leurs prérogatives et on se limite au respect des recommandations du Khalife. Parce que quand Serigne Saliou nous donnait le nom de Safinatoul Amane, toute la famille de Serigne Touba l’avait béni. Safinatoul Amane a été ainsi officiellement créé le 14 février 1997. Nous portons le nom d’un des poèmes de Cheikh Ahmadou Bamba.

On parle beaucoup d’alcool et de drogues comme interdits à Touba. Qu’en est-il des autres, comme le fait de jouer au foot dans la cité religieuse ?

Il sera difficile de lister un à un tous les interdits. Mais en résumé tout ce qui est banni par l’Islam est interdit à Touba. Serigne Abdou Lahat Mbacké avait dressé une liste, Serigne Saliou en a ajouté une couche et comme les choses évoluent, Serigne Mountakha en a rajouté d’autres interdits. A Touba, il est interdit de fumer, d’utiliser la drogue, l’alcool, les tenues indécentes, la prostitution, la musique, le football et les autres jeux, entre autres. Cette décision du Khalife a été traduite en Anglais et en Français pour permettre à tout le monde voulant résider dans la cité de Touba de savoir les interdits. Safinatoul Amane a été créé pour réagir là où notre Police et notre Gendarmerie ne peuvent pas intervenir conformément aux lois et règlements du pays. Si on prend l’exemple du football, la Police et la Gendarmerie ne peuvent l’interdire aux jeunes, mais Safinatoul Amane, avec la bénédiction du Khalife, peut intervenir partout dans la cité religieuse de Touba. Pour notre dernière opération, nous avons détruit plus de 800 ballons de football, plus de 300 tam-tams, plus de 3 000 pièces de tenues indécentes, etc.

Comment travaillez-vous ?

Nous devons clarifier certaines choses. On nous accuse, à tort, de brutaliser ou manquer de respect à des gens. Rien de cela n’est vrai. Tout notre travail est fait dans la discrétion et la modération. Et avant d’agir, on avertit deux fois la personne concernée. Mais si elle persiste une troisième fois, on est obligé d’agir. Cependant, on ne se limite pas seulement à sanctionner, nous assistons moralement les personnes concernées pour leur faire revenir à la raison. Il y a un accompagnement psychologique, surtout au niveau des jeunes qui sont souvent fragiles et cèdent facilement aux tentations. Donc, nous ne maltraitons personne, nous agissons avec respect et responsabilité. Par contre, il y a des gens qu’on ne peut pas raisonner. Et c’est pour cela que Serigne Saliou Mbacké nous avait rappelé que Touba est un Titre foncier et il appartient à Serigne Touba. Toute personne qui y réside, quelle que soit la valeur de sa maison, elle n’a pas de Titre foncier. Je me rappelle l’histoire de cette grande banque qui voulait s’installer à Touba et avait exigé un Titre foncier pour construire son siège. Le Khalife leur avait fait savoir qu’il n’existe pas deux Titres fonciers à Touba. Les responsables de ladite banque sont partis, mais quand leurs concurrents commençaient à leur damer le pion, ils sont revenus pour solliciter un acte de vente et ont accepté toutes les conditions de Touba. Serigne Saliou nous avait dit : «Celui qui ne peut pas se conformer aux lois de la cité, évaluez tous ses biens, rachetez-les et chassez-le de la ville. Touba est un Titre foncier et il appartient à Serigne Touba.» Quant à Serigne Mountakha, il nous a clairement signifié ceci : «Il faut négocier avec les personnes qui acceptent de changer, mais les gens qui ne veulent pas se conformer aux lois et règlements de la cité, il faut les chasser de la ville.» C’est pourquoi aujourd’hui, Touba devrait avoir un statut spécial comme les villes de Rome et de Monaco. Il est temps que Touba obtienne ce statut spécial. Les mourides doivent exiger le statut spécial de Touba pour que les recommandations du Cheikh soient respectées à la lettre.

Est-ce que les autorités de Touba ont entamé des démarches pour ce statut spécial ?

Officiellement, il n’y a pas encore une démarche dans ce sens. Mais dans le passé des discussions ont été menées et on pensait même que le statut spécial était déjà acquis. Quand on veut une chose, il faut y aller à fond. Aujourd’hui, rien ne devait se faire dans ce pays sans l’implication de Touba. Nous avons des ressources humaines de qualité, nous avons des moyens financiers et techniques. Dans ce sens, Serigne Mouhamadou Moustapha disait que la communauté mouride est constituée de quatre catégories de personnes : Les érudits, les gardiens de la morale, ceux qui contribuent par leurs richesses et ceux qui font don de leur personne, qui travaillent et suent pour Serigne Touba. Aujourd’hui encore, ce sont ces quatre types d’hommes qui font le Mouridisme. Serigne Abdou Lahat avait compris cela et avait porté le Mouridisme à un niveau très élevé. En son temps, les autorités n’osaient pas augmenter les prix des denrées sans l’avertir.

Comment vous effectuez vos opérations et d’où viennent vos moyens ?

Safinatoul Amane a des représentants dans chaque quartier de Touba. Il y a des agents qui sont en tenue et des agents secrets. Ce qui fait qu’on peut cohabiter avec un élément de Safinatoul Amane sans le savoir. Ils sont répartis dans plusieurs brigades et ils travaillent 24 heures sur 24. Pour ce qui est de nos moyens, ils viennent des cotisations et des dons. Le Khalife Serigne Mountakha nous a renforcés dernièrement de moyens logistiques (véhicules, téléphones etc.) En revanche, nos éléments ne sont pas payés, ils n’ont pas de salaire. C’est du bénévolat. Parce que chacun d’eux a déjà un métier avant d’intégrer le Dahira. Nous n’avons pas de comptes fournis et les seuls agents payés à la fin du mois, ce sont les chauffeurs.FALLOU FAYE (ENVOYE SPECIAL A TOUBA)

PANNE DE L’APPAREIL CARDIO A L’HOPITAL DE GRAND-YOFF, PAS D’ECG A FANN LES WEEK-END… Le Calvaire Des Patients

http://www.walf-groupe.com/Le secrétaire général du syndicat des travailleurs de l’hôpital général de Grand-Yoff avait sonné l’alerte lors d’un point de presse. Il avait alerté sur le fait que, depuis des mois, l’appareil de cardiologie dudit hôpital est en panne, plombant ainsi toutes les séances d’électrocardiographie (ECG). Le service ne dispose même pas de feuilles pour faire cet examen. Les malades qui s’y rendent en urgence sont renvoyés à l’hôpital Principal ou Le Dantec
Le cœur ne bat plus au service d’urgence cardiologie de l’hôpital général Grand-Yoff.  Depuis des mois, le service de cardiologie y est à l’arrêt. Ce, à cause de la panne de l’appareil de cardiologie. Ainsi, les malades qui s’y rendent en urgence pour se faire soigner sont renvoyés vers d’autres structures sanitaires. Une panne qui perdure et qui oblige les patients à valser d’un hôpital à un autre. Ndèye Maty Diop a vécu cette situation, dimanche dernier. Victime d’une crise cardiaque, la jeune fille âgée d’une vingtaine d’années a passé un week-end qu’elle n’oubliera pas de sitôt. Evacuée au Service d’assistance médicale d’urgence (Samu) Municipal de Grand-Yoff, elle a frôlé le pire. Sur place, après une injection aux services d’urgences, elle a été référée par le médecin  à l’hôpital général de Grand Yoff, ex-Cto pour faire l’électrocardiographie. «Nous ne faisons pas d’électrocardiographie, ici. Allez-y à l’hôpital général de Grand Yoff», lui a servi le médecin qui a pris le soin de lui remettre deux ordonnances
Interpellée, son accompagnante, Aïssata Ndiaye soutient que, selon le médecin, le Samu Municipal ne fait pas d’électrocardiographie (Ecg). Il les a orientées ainsi, rapporte-t-elle, vers l’hôpital général de Grand-Yoff pour faire le diagnostic. Tenant à l’épaule sa malade qui peine à tenir sur ses deux jambes, Aïssata Ndiaye et sa patiente ressortent de l’établissement sanitaire. La main droite bien pressée sur la poitrine pour tenter d’atténuer sans doute la douleur, marchant accroupie, Ndèye Maty Diop verse de chaudes larmes. A bord d’un taxi, les deux demoiselles prennent la direction  de l’hôpital Général de Grand Yoff, ex-Cto.
Arrivées à l’hôpital de général de Grand Yoff, c’est le calme plat. Seules quelques blouses blanches circulent dans les couloirs. En face du service d’urgence des accidentés, se découvre une salle en vitre. C’est le service d’urgence de cardiologie. Dr Charles Emile Dongo et ses collègues assurent le service minimum. A l’intérieur de la salle, deux patients sont couchés sur des lits qui se font face. Dr Dongo affirme que, même si l’appareil de cardiologie est fonctionnel, le service ne dispose pas de feuilles pour faire l’opération. «Notre appareil de cardiologie est en panne depuis longtemps. Mais, même fonctionnel, nous n’avons pas de feuilles. Il faut aller voir dans d’autres centres de santé. Vous pouvez aller peut-être au Centre hospitalier universitaire de Fann ou Le Dantec. Nous ne pouvons pas faire pour le moment l’Ecg», lance le spécialiste. Dr Dongo se saisit d’un stylo et écrit, au dos de l’ordonnance, quelques mots avant de libérer Ndèye Maty Diop qui gémit sur un fauteuil roulant sur lequel elle a été transportée du taxi jusqu’aux urgences de cardiologie. «Patiente reçue pour la réalisation d’un Electrocardiographie (ECG) suite à un syncope constaté à l’arrivée. Faute d’appareil d’ECG fonctionnel. Patiente référée à l’hôpital Fann», lit-on au recto de l’ordonnance remis à la patiente.
Hélas, Ndèye Maty Diop n’est pas la seule à vivre cette situation. Sokhna Mboup  qui a atterri en catastrophe avec sa petite fille, malade, s’est vu renvoyer par le médecin qui lui sert la même explication. Désorientée, la dame qui ne sait plus à quel saint se vouer ne cache pas son amertume et sa désolation.  «Nous sommes arrivés au service cardiologie. Le médecin vient de m’informer que l’appareil de cardiologie est en panne. On ne peut pas faire l’électrocardiographie, ici», explique-t-elle, dégoulinant de sueur. Puis elle ajoute : «C’est très difficile, mon fils a passé toute la journée à pleurer. Il sent une douleur atroce au niveau du cœur. Il ne peut même pas se tenir debout. Et vous n’imaginez pas comment c’est difficile de trimballer un malade d’un hôpital à un autre dans un taxi.»
Au Centre hospitalier universitaire de Fann, même si l’établissement sanitaire dispose d’un appareil cardiologie, il ne faut pas compter sur ce service pour faire l’électrocardiographie. Car, on n’y trouve aucun spécialiste les week-ends. Le samedi et le dimanche, il est n’est pas ouvert, parce que les cardiologues ne travaillent pas, renseigne une infirmière trouvée au service d’accueil des urgences. Pour éviter aux patients et leurs accompagnants de perdre beaucoup de temps, dès que ces derniers mettent les pieds à l’accueil, elle leur conseille de filer directement vers Principal ou Le Dantec.                                       Samba BARRY

Nomination suspendue D’Aminata MBENGUE NDIAYE à la tête du HCCT : la reculade du régime

La loi constitutionnelle n° 2016-10 du 05 avril 2016 a institué le HCCT (Haut Conseil des collectivités territoriales). Le HCCT comprend 150 membres (hauts conseillers) désignés pour un mandat de 5 ans. 80 membres sont élus au suffrage indirect (scrutin majoritaire départemental) selon les modalités définies par le code électoral, et 70 membres sont nommés par le Président. La décision du Conseil Constitutionnel N°2/E/2016 dresse la liste complète des 80 hauts conseillers élus le 04 septembre 2016, ainsi que leurs suppléants. Feu Ousmane Tanor Dieng était élu sur la liste de MBour.

LISTE DE MBOUR

ELUS SUPPLEANTS
Ousmane Tanor DIENG Mamadou MBENGUE
Kany SAGNA Khadidiatou DIOUF
Gana Ndebe GNING Sélé NDIAYE

La particularité du statut du défunt Ousmane Tanor DIENG est qu’il était un haut conseiller élu (sur la liste de MBOUR) avant d’être nommé par décret présidentiel, à la tête du HCCT, en vertu des dispositions de l’article 5 de la loi organique N° 2016-24 du 14 juillet 2016 relative à l’organisation et au fonctionnement du HCCT. Suite au décès d’Ousmane Tanor DIENG, le poste vacant de Haut Conseiller dont le mandat est de 5 ans doit être pourvu par son suppléant M. Mamadou MBENGUE.
En aucun cas, Aminata MBENGUE NDIAYE ne peut intégrer la liste des élus du HCCT, car elle ne figure ni sur la liste des élus, ni sur celle des suppléants. Après avoir annoncé en grandes pompes la nomination d’Aminata MBENGUE NDIAYE comme nouvelle Présidente de l’Institution et précisé que le décret avait même été signé (quasiment toute la presse sénégalaise, y compris la radio Futurs médias en ont fait état), le régime de Macky SALL qui viole régulièrement la loi en matière de nominations, semble avoir fait machine arrière. Ils ne disent plus : Aminata Mbengue NDIAYE est nommée, mais « en voie de nomination, pressentie ou … en cas de nomination ». Un glissement sémantique qui en dit long sur le pataquès lié à cette nomination non effective à ce jour. L’affaire du Président du Conseil Constitutionnel (le décret de nomination n°2016-1222 du 12 aout 2016 de Papa Oumar Sakho, non publié) et la nomination ratée du Directeur Général de l’IPRES contraignent désormais le régime à surveiller ses bases arrières.
Pour qu’Aminata Mbengue NDIAYE, puisse intégrer le HCCT, il faudrait déjà qu’elle soit nommée Haut Conseiller. Elle devra préalablement figurer sur la liste des 70 hauts conseillers désignés (seule liste pour laquelle Macky SALL dispose du pouvoir de nomination, car les autres hauts conseillers sont élus au suffrage indirect pour 5 ans). Le nombre total de hauts conseillers étant de 150 (80 élus et 70 nommés), une nomination d’Aminata MBENGUE NDIAYE implique qu’il y ait un haut conseiller parmi les 70 nommés par Macky Sall qui est, soit décédé, soit démissionnaire (ou poussé à la démission par Macky Sall), soit remplacé. En tout état de cause, Aminata MBENGUE NDIAYE ne peut être nommée qu’à la place d’un de ces hauts conseillers.
Une fois nommée dans le quota présidentiel des 70 hauts conseillers, en remplacement d’un haut conseiller, il faudrait qu’elle soit à nouveau nommée Présidente du HCCT. Pour Aminata MBENGUE NDIAYE, devenir Présidente du HCCT suppose une double nomination (une nomination pour intégrer le HCCT en qualité de Haut conseiller et une nouvelle nomination à la tête de l’institution). La question qui se pose est de savoir si une double nomination ne pose pas un problème de légitimité.
Car, si l’article 5 de la loi organique N° 2016-24 du 14 juillet 2016 dispose que « Le Président du Haut Conseil des collectivités territoriales est nommé par décret et qu’Il est mis fin à ses fonctions, dans les mêmes formes », tout le monde a constaté que le 1er Président du HCCT (le défunt Ousmane Tanor DIENG) était élu sur la liste de M’BOUR. Le parallélisme des formes voudrait que son successeur à la tête du HCCT soit un élu (parmi la liste des élus publiée par le Conseil Constitutionnel le 14 septembre 2016). Feu Ousmane Tanor DIENG a été élu au suffrage indirect, avant d’être nommé à la tête du HCCT par un décret présidentiel. Prenons l’exemple du Sénat dissous qui présente des similitudes avec le HCCT (les membres sont élus au suffrage indirect) : on constate que le Président du Sénat était élu au scrutin uninominal à la majorité des suffrages exprimés (Pape DIOP avait été élu Président du Sénat, en obtenant 99 voix sur 100). Enfin, la répartition du nombre de hauts conseillers qui accorde un poids plus important aux élus est loin d’être neutre : 80 élus et 70 nommés.  Ce n’est pas un hasard si le décret n°2016-1639 du 20 octobre 2016, portant nomination du défunt Président du HCCT, Ousmane Tanor Dieng comporte un visa libellé comme suit : « Vu la décision N°2-E-16 du 14 décembre 2016 du Conseil Constitutionnel…». Une légitimité qui porte l’empreinte de l’élection.
Au vu des éléments précités, pour être un Président du HCCT disposant d’une légitimité incontestable (3éme institution dans l’ordre protocolaire, après la Présidence de la République et l’Assemblée nationale), 2 critères doivent être réunis : le critère de l’élection (être élu sur une liste) et celui de la nomination (par décret présidentiel).
Parce que Aminata Mbengue NDIAYE ne remplit pas le critère de l’élection (elle n’est élue sur aucune liste, et ne peut, ni intégrer la liste des 80 élus ou des suppléants, ni terminer le mandat de 5 ans de feu Ousmane Tanor DIENG qui revient au suppléant M.Mamadou MBENGUE ), elle n’est pas légitime pour présider le Haut Conseil des Collectivités territoriales.
Le retard concernant la nomination d’Aminata Mbengue NDIAYE n’est pas lié à un quelconque réaménagement de l’attelage gouvernemental (une communication mensongère pour brouiller les pistes), mais à la difficulté de justifier la pagaille juridique et le désordre institutionnel (aujourd’hui l’ex président du HCCT est élu au suffrage indirect (avec une légitimité électorale), avant d’être nommé, et demain, le Président du HCCT est doublement nommé : nommé comme Haut Conseiller et nommé comme Président (le fait du Prince qui en fait une marionnette).
Décidément, avec le régime de Macky SALL, les sénégalais auront tout vu !Seybani SOUGOU – E-mail : sougouparis@yahoo.fr

WADE-MACKY : Le Jeu D’échecs Commence

http://www.walf-groupe.com/Wade et Macky ayant décidé de ranger leurs armes dans le fourreau, on s’achemine, peut-être, vers la fin du mortal kombat. Place au jeu d’échecs à distance où ce qui se joue derrière les rideaux est mille fois plus important que ce qui se voit sur la scène.
Il faut être naïf pour croire que l’essentiel de ce que Wade et Macky se sont dit, dans un huis clos de deux heures, est consigné dans un communiqué de moins de 2 054 caractères. C’est clair que ce qui s’y est dit est à mille lieues de ce laconique laïus lu par Mayoro Faye, chargé de communication du Pds, devant l’ancien et l’actuel président de la République. Parce que, entre Wade et Macky Sall, les contentieux ont atteint un niveau rarement égalé dans les relations entre politiques pendant les 40 dernières années. Aux accusations de vol de tableaux d’art, de véhicules de luxe et autres larcins, Wade répond par une estocade qui laisse pantois les observateurs. Il accuse les parents de son successeur d’anthropophagie, accuse celui-ci d’avoir été à l’origine de moins-values au détriment du Trésor public dans le dossier Arcelor Mittal. Sans se laisser démonter, Macky Sall réactive la Crei et lance la traque des barons du régime défait et, particulièrement, de Karim, le fils de l’autre, qu’il accuse de s’être servi avec les deux mains à coups de centaines de milliards. Pendant que l’étau se resserre autour de son fils, Wade multiplie les attaques. En filigrane, il active les réseaux de leurs amis communs : Ouattara, Sassou, etc. Sa maison de retraite de Versailles devient le lieu de convergence de tout ce que Macky compte comme ennemis. Pour assouvir sa vengeance, ce dernier entreprend une opération méthodique de démantèlement du Pds. Sur fond de chantage, eux qui refusent de transhumer sont envoyés derrière les barreaux ou tenus en respect par le Procureur spécial près la Crei qui, sur la base d’une liste de personnalités à poursuivre, demande et obtient l’interdiction de sortie du territoire de toute la garde rapprochée du Maître défait. Un travail de sape qui porte ses fruits. Sachant que s’ils lâchent Wade, ils en finissent avec les ennuis, Samuel Sarr, Modou Diagne Fada, Souleymane Ndéné Ndiaye, Ousmane Ngom, Farba Senghor, Pape Samba Mboup – la liste est longue – coupent tout lien avec leur ancien mentor et se liguent avec son ennemi du moment qui choisit d’achever la bête en laissant condamner son fils à une peine de prison ferme assortie d’une forte amende à payer au Trésor public. Gracié dans la foulée du Dialogue national initié en mai 2016, ce dernier est contraint à l’exil. Macky n’en a pas, pour autant, fini avec Karim Wade qui, exfiltré nuitamment de sa cellule de Rebeuss et conduit à l’aéroport, vit, depuis, en «exil» au Qatar. La loi électorale évanouit ses derniers rêves de se présenter à la Présidentielle de 2019. Le père qui vit ses vieux jours ne peut observer impuissant à cette «inhumation» de la carrière politique de son fils. Il rentre à Dakar, en pleine campagne présidentielle. Le moment choisi n’est pas fortuit en ce que Wade veut participer, à sa manière, à la campagne. Un aller-retour sur Conakry dont les termes de l’accord sont jusque-là inconnus du grand public, calme ses ardeurs d’appeler à brûler le matériel électoral. Les psycho-politologues voient dans l’attitude de Wade un mot d’ordre souterrain en faveur de Macky. Et curieusement, depuis la réélection de ce dernier, c’est silence radio de la part de Wade occupé à éteindre un feu interne né avec sa décision de remanier le «gouvernement» du Sopi dont la marque est la montée en puissance des éléments réputés proches de son fils, Karim.
C’est donc prendre les gens pour des canards sauvages que de leur faire croire que tout ceci a été effacé d’un coup de baguette magique. Non, c’est que, de part et d’autre, on a épuisé son stock d’armes non-conventionnelles et pense que le moment est propice à des retrouvailles gagnantes avec l’autre. Macky entame son dernier mandat. Il est ce que les Américains appellent un «canard boiteux». Il a beau supprimer le poste de Premier ministre pour reprendre la main, le fait est que, de manière inexorable, son pouvoir va s’effriter, au fur et à mesure que l’on s’approche de 2024, pour migrer vers celui que, inconsciemment, ses partisans pensent être son dauphin. Il n’y peut rien, c’est une loi non écrite de la science politique. Alors, il a un besoin existentiel de pacifier ses relations, y compris avec ses irréductibles adversaires. Massalikoul Jinaan n’aura été qu’un joli prétexte qu’il a su saisir. Poignée de mains avec Wade, libération de Khalifa, tout y passe. Sauf que, comme dans un jeu d’échecs, Macky Sall qui a encore les prérogatives du président de la République va garder plusieurs fers au feu. Ce n’est pas du jour au lendemain qu’il va initier une loi d’amnistie en faveur de Karim – tout comme Khalifa – sans évaluer ce qu’il peut y gagner en retour. Donc, faites vos réservations, le jeu d’échecs ne fait que commencer.Ibrahima ANNE

Momar Diongue journaliste analyste politique : « Tout ce qui est en train de se faire est en train de crédibiliser Sonko »

Les retrouvailles Wade-Macky, ainsi que la rencontre Idy-Khalifa, ne feraient que réconforter le leader de Pastef/Les Patriotes dans ses convictions sur la nécessité de changer le système. L’analyse est du journaliste, Momar Diongue qui estime que cela n’entame en rien Ousmane Sonko qui profitera plutôt de ladite situation. L’analyste politique estime que cet état de fait démarque Ousmane Sonko et compagnie, considérés comme des technocrates, de la vieille garde politique toujours en train de «dealer» sur le dos des populations.

CREDIBILISATION DU DISCOURS DE SONKO PAR CES DIFFERENTES RETROUVAILLES

«Je pense qu’au contraire, Sonko profite de la situation présente. Tout ce qui est en train de se faire, plutôt que de fragiliser Sonko, est en train de crédibiliser son discours de mettre fin au système entretenu depuis les indépendances par les politiques. Les acteurs politiques de la vieille garde que Sonko appelle les politiciens professionnels sont en train d’apporter de l’eau au moulin de Sonko. Qu’est ce qui est en train de se faire ? On a vu que le président Macky Sall avait mobilisé la justice avec la traque aux biens mal acquis. Il avait réactivé la Crei. Ils (tenants du pouvoir) avaient tenu le pays en haleine pendant très longtemps avec le procès autour de Karim Wade. Après, il a été condamné et a fait la prison pendant 3 ans et demi. Mais, il a fini par être élargi à la faveur d’une grâce présidentielle et il y a eu toute cette péripétie autour de son exil au Qatar qui, bien évidemment, a été négocié sur la base de discussions souterraines. Aujourd’hui, tout porte à croire qu’avec ces retrouvailles, on va franchir un nouveau jalon dans le règlement du dossier Karim Wade. On a comme l’impression que le peuple est l’alibi et le dindon de la farce en même temps. C’està-dire, on prétexte de la nécessité de préserver les deniers publics et de pourchasser les prévaricateurs. Quand on finit de régler ses comptes politiques, on laisse de côté tous ces discours pour faire passer tout cela par pertes et profits. C’est cela à quoi veut mettre fin Sonko. Il a toujours dit que les politiciens professionnels sont en train de dealer en permanence sur le dos du peuple».

INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE PAR LES POLITICIENS PROFESSIONNELS POUR REGLER DES COMPTES POLITIQUES

«Quand Diouf est arrivé au pouvoir, il a mis en place la Crei pour asseoir son pouvoir et contenir tous les ténors qui pouvaient mettre du sable sur sa machine et empêcher sa prise en mains du Ps. La Crei avait été créée par Diouf sous forme d’instrument politique pour amener tout le monde à se tenir à carreau. Un seul Directeur a été emprisonné par la Crei, ensuite c’en est terminé. Quand Wade est venu, il a lancé les audits qui étaient destinés à clarifier la gestion des Socialistes. Mais, on s’est rendu compte qu’il s’en est servi lui aussi comme d’une épée de Damoclès sur la tête des dignitaires socialistes pour leur demander de venir transhumer au sein du Pds. Certains comme Idrissa Seck en avaient profité pour liquider Mbaye Diouf, l’ancien Dg des Chemins de fer qui était tout puissant à Thiès. Quand Macky Sall est arrivé, il a lancé la traque aux biens mal acquis. Là aussi, c’était pour régler le cas de Karim Wade et éloigner le Pds, c’est-à-dire fragiliser le Pds. Donc, vous voyez que la Crei sous Diouf, les audits sous Wade et la traque aux biens mal acquis sous Macky Sall ont été utilisés comme des instruments politiques et politiciens pour régler des comptes politiques. A l’arrivée, tout cela est tombé à l’eau quand les intérêts politiques ont été satisfaits. Et c’est ce contre quoi s’élève Sonko et ceux qui pensent comme lui».

DEMARCATION NETTE ENTRE POLITICIENS ISSUS DU MOULE CLASSIQUE ET LES TECHNOCRATES

«Actuellement, il y a deux pôles. Il y a le pôle des politiciens classiques où il faut ranger Abdoulaye Wade, Macky Sall, Khalifa Sall même sorti du moule socialiste, Idrissa Seck, Pape Diop, Malick Gakou, Madické Niang. Tous sont des politiciens issus du moules classiques qui pensent et agissent d’une certaine manière. De l’autre côté, il y a le pôle des technocrates incarné par Sonko, Abdoul Mbaye, Thierno Alassane Sall et même Mamadou Lamine Diallo. Ceux-là ont un discours qui se rapproche. Ils sont pour l’antisystème et ils sont en phase avec la nécessité de détruire le système. De l’autre côté, les autres sont pour la préservation du système. Maintenant, la démarcation est très nette au plan politique».  (Sud Quotidien)

Assemblée nationale : Les vice-présidents et secrétaires élus de l’institution sont connus.

https://www.dakaractu.com/À l’issue du vote pour la désignation des vice-présidents de l’Assemblée nationale, les 8 députés suivant ont été respectivement élus vice-présidents de l’institution. Il s’agit de Moustapha Cissé Lô (1er vice-président), Yata Sow (2ème vice-présidente), Cheikh Tidiane Gadio (3e vice-président), Assaïtou Sow Diawara (4e vice-présidente), Abdoulaye Makhtar Diop (5e vice-président), Ndèye Lucie Cissé (6e vice-présidente), Alé Lô (7e vice-président) et Yaye Awa Diagne (8e vice-présidente).
Sur 129 votants, 125 ont approuvé la désignation de ces derniers.
Pour ce qui est du vote pour la désignation des secrétaires élus, les parlementaires ont respectivement approuvé l’élection de Nicolas Ndiaye, Sira Ndiaye, Mamadou Diaw, Aminata Dièye, Khouraïchi Niasse et Ndèye Fatou Diouf. Le dépouillement du vote a montré que sur 127 votants, 113 ont voté pour, 6 contre et 2 abstentions…

Mamour Diallo a déposé sa plainte pour diffamation et injures publiques contre Sonko

https://www.pressafrik.com/Me El Haj Diouf et deux de ses collègues députés ont déposé la plainte contre Ousmane Sonko ce mardi 15 octobre 2019 auprès du procureur de la République.
Les chefs d’accusation de diffamation et injures publiques ont été mentionnés par les conseils de l’ancien Directeur des Domaines comme motifs de la plainte.
« Il a régulièrement réitéré ses propos (les injures publiques) à l’encontre de l’exposant, en public au cours de meetings et conférences de presse largement reprises et diffusées aussi bien dans la presse locale que dans la presse internationale jusqu’à la date du 12 octobre 2019 (…)
Les propos tenus par le mis en cause sont tellement nombreux qu’il est pratiquement impossible de les citer tous dans une plainte. A titre illustratif, le mis en cause a déclaré que l’exposant: ‘‘a commis des faux dans un acte d’acquiescement, dans le but de soustraire 94 milliards des deniers publics », peut-on lire sur la plainte des avocats de Mamou Diallo.

Affaire des 94 milliards: la plainte de Frapp/France dégage vise également Tahirou Sarr

https://www.leral.net/Comme annoncé, le mouvement Frapp/France dégage a déposé sa plainte, ce mardi matin à 10 h, dans l’affaire dite des 94 milliards. La nouveauté dans cette affaire, c’est que la plainte ne vise pas seulement l’ex- Directeur des Domaines, Mamour Diallo, mais également le patron de la Sofico, Tahirou Sarr.
C’est ce qu’a déclaré Bentaeb Sow, membre du mouvement, sur la RFM. Tahirou Sarr est le patron de la société Sofico qui avait racheté les créances des familles pour un montant de 3 milliards FCFA. Ce, pour un terrain dont la valeur était estimée à 94 milliards. Mieux, l’expert financier désigné par la commission d’enquête parlementaire sur cette affaire, Yacouba Traoré, avait estimé la valeur du terrain à 200 milliards FCFA.
Le mouvement Frapp/France dégage accuse, en effet, Tahirou Sarr de captation illicite d’intérêts, en utilisant des techniques illégales.

LEVÉE DE LA SUSPENSION DES TRAVAUX DU STADE ASSANE DIOUF : LE COLLECTIF POUR LA SAUVEGARDE DU STADE S’ATTAQUE A L’ARRETE ET PREVIENT

http://www.sudonline.sn/Le Collectif pour la sauvegarde et la réhabilitation du stade Assane Diouf a dénoncé la levée de la suspension des travaux de leur stade décidée par le préfet du Dakar-Plateau, à travers un arrêté qui a été pris le 24 septembre. Dans une déclaration qu’il a rendue publique hier, lundi 14 octobre, ledit collectif estime qu’à ce jour, aucune décision émanant du Président Macky Sall n’est venue subroger celle prise en Conseil de Ministres en 2016. A cet effet, il demande aux autorités de revenir sur cette dernière décision « contraire à l’Etat de Droit et à la bonne gouvernance » et qui, prévient-il, « pourrait être lourde de conséquences »
Le Collectif pour la Sauvegarde et la Réhabilitation du stade Assane Diouf est monté au front pour fustiger la décision prise le 24 septembre 2019 par le sous-préfet de Dakar-Plateau Djiby Diallo levant la suspension et « sans motivation » des travaux du stade Assane Diouf.
Dans une déclaration faite lundi, ledit collectif s’est étonné de ce revirement de l’autorité administrative qui intervient cinq jours seulement après le premier arrêté sorti le 19 septembre 2019 par la même autorité sous préfectorale et portant prescription de suspension des travaux du stade.
En prenant cette décision, l’autorité administrative, note le collectif du stade, l’avait ainsi motivée par « la non-existence d’une autorisation de construire visée par les autorités compétentes, l’absence d’étude d’impact environnemental, le risque de troubles à l’ordre public Le contexte était bien choisi », rappelle t-il, avant de revenir sur les démarches que la structure avait lui même entreprises et ayant abouti au premier arrêté du 19 septembre. « On était à trois jours de l’inauguration de la Grande mosquée Massalikoul Jinnan et des retrouvailles annoncées Macky Sall-Abdoulaye Wade. En réalité, que s’est-il réellement passé ?
Informé de la reprise des travaux du stade Assane Diouf, le Collectif pour la Sauvegarde et la Réhabilitation du stade Assane Diouf entreprit des démarches auprès des autorités administratives pour être imprégné des tenants et des aboutissants de cette affaire. Instruit de l’absence d’une autorisation de construire délivrée par les autorités compétentes, le Collectif rencontre le Commissaire de la police de Rebeuss pour l’informer sur les risques de trouble à l’ordre public.
L’arrêté du 19 septembre 2019 fit respecter la loi et magnifia le sens de responsabilité des membres du Collectif », explique-t-on dans la déclaration. Face à ce revirement, le collectif a demandé au sous-préfet de revenir sur sa décision qui, estime t-il, « peut être lourde de conséquences parce que contraire à l’Etat de Droit et à la bonne gouvernance » « Le Collectif tient à informer l’opinion nationale qu’à ce jour, aucune décision émanant du Président de la République n’est venue subroger celle prise en Conseil de Ministres le 22 juillet 2016 concernant le stade Assane Diouf dont la démolition a entrainé de nombreuses conséquences.
L’absence d’infrastructures sportives dans la commune de Dakar-plateau a déjà eu des suites fâcheuses pour la population de Dakar», prévient-il. Se disant soucieux de la défense des intérêts des Dakarois, avec les populations du Plateau, de la Médina, de la Gueule Tapée, de Fass, de Colobane, de Fann, le Collectif pour la Sauvegarde et la Réhabilitation du stade Assane Diouf souligne qu’il «fera face,avec fermeté, aux affairistes de tout bord préoccupés que par le gain facile,contre vents et marée ».
Le Collectif pour la Sauvegarde et la Réhabilitation du stade Assane Diouf lance enfin un appel à la Fédération sénégalaise de football, la Ligue professionnelle, les anciens sportifs, tous les patriotes à se mobiliser « pour la préservation de ce patrimoine historique, de cet outil pédagogique, afin que les faits historiques dont il est porteur soient préservés à jamais », lit-on dans la déclaration
« Pourquoi cette obsession sur le statut du chef de l’opposition? »
XALIMANEWS: Sur son compte tweeter, le leader du Parti ACT a réagi sur le sujet qui depuis le lendemain de la présidentielle du 24 février 2019, crée beaucoup de polémiques: le statut de chef de l’opposition.
« Pourquoi cette obsession sur le statut du chef de l’opposition? » a questionné Abdoul Mbaye, qui ensuite, a rappelé l’injustice subie par ceux qui sont contre le régime de Macky
Sall.
« Les opposants n’ont jamais été autant poursuivis par la justice, emprisonnés; jamais autant d’immunités parlementaires n’ont été levées que sous Macky Sall. Priorité donc à un statut de l’opposant au Sénégal », a confié l’ex Premier Ministre

Thierno Alassane Sall : «Les mêmes démons hantent les palais africains, 32 ans après la disparition de Sankara »

https://www.dakaractu.com/Leader du parti la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a rendu hommage au défunt président Burkinabé, Thomas Sankara. Il a mis à profit ce jour de commémoration de la 32e année de la disparition de Sankara survenu le 15 octobre 1987. Occasion pour lui de parler de la Guinée et de la tension qui y prévaut à cause de la volonté du président Condé d’apporter des réaménagements à la Constitution de son pays.
Pour Sankara. Vivant, il était l’idole de la jeunesse africaine. Assassiné, il fut consacré mythe vivant. Sa vie ressemble à celle des personnages des livres saints, avec une tragédie christique: il avait vu venir la trahison et la mort, il a préféré plutôt la subir que d’entraîner son peuple dans un conflit dont il pourrait ne pas se relever.
Sankara fut donc martyrisé en plein jour, avec ses compagnons d’infortune. Il leur avait pourtant dit: « ne vous en mêlez pas, c’est moi qu’ils veulent ». Ils, c’était Ligani, Zongo, Diembéré et surtout Compaoré. Les deux premiers n’ont pas eu un sort plus glorieux que celui de Judas ou de Brutus. Ils furent abattus comme du gibier par les deux autres comparses désormais addicts au sang.
Salués par toutes les puissances d’Afrique ou d’ailleurs comme un rectificateur ou un refondateur, Compaoré fit du Burkina Faso l’Etat-major des guerres sales de la sous-région: Le Libéria et ses atrocités innommables, la Sierra Leone et sa litanie de mains coupées et, plus incroyable encore, la puissante et opulente Côte d’Ivoire. Houphouët et les autres avaient semé le vent en conspirant contre Sankara, la tempête balaye l’Afrique de l’Ouest depuis. La Guinée y échappa de peu, disposant d’une armée solide même commandée par l’impotent Lansana Conté mais surtout parce que c’est une Terre de refus. L’illusion d’un Compaoré faiseur de paix tint le temps d’une rose. Le parrain avait introduit les rebelles dans la forteresse qui trouvaient gites et couverts à Ouagadougou, devenue un marché d’otages. Mais il y a un temps pour la tromperie et un temps pour payer l’addition : le Burkina Faso est victime à son tour des guerres que Compaoré exportait dans la sous-région.

‘’En Guinée, le Président Condé se pose en Alpha et Oméga d’un peuple qui a tout connu’’

Compaoré se terre à Abidjan où il ne compte pas que des amis pour y avoir attisé et entretenu une rébellion. Ses jours sont meublés de prévisions sombres sur un futur insondable, ses nuits hantées des fantômes des Norbert Zongo, des Thomas Sankara.
Sankara lui est entré dans la Légende : comme ces personnages plus grands que nature, il a fait de la Haute Volta, un pays pauvre presqu’inconnu, le Burkina Faso, la Mecque des jeunesses africaines de l’époque. Il a fait de simples bandes de coton le Faso Danfani que le Président Kaboré arbore fièrement au G7. Il a mis en mouvement un peuple qui a pris son destin en main, se construisant son chemin de fer, se creusant des lacs artificiels… Tel Moïse guidant son peuple de forçats pour en faire une Nation biblique.
32 ans presque jour pour jour après la disparition de Sankara le 15 octobre 1987, les mêmes démons hantent les palais africains. À Dakar, un vieil ancien président et son successeur soldent leurs comptes personnels pour mieux asservir un peuple qui n’en peut plus de chômage, de misère et de corruption après deux décennies de prédation de la « famille » libérale. Ils font COSA NOSTRA pour transformer l’or noir du Sénégal en rente pour quelques initiés et malédiction pour le reste.
En Guinée, le Président Condé se pose en Alpha et Oméga d’un peuple qui a tout connu : le tragique avec Sékou « Boiro » Touré, le burlesque mortifère avec Daddis « show » Camara. À Conakry, la litanie sans fin des morts après chaque manifestation se poursuit face à la perspective d’un troisième mandat de Condé. L’Afrique semble un bateau ivre. Mais tant qu’il y aura des Sankara…

MÉDIATION SECRÈTE-WADE AVOCAT DE SONKO CHEZ MACKY

NETTALI.COM – Deux jours après l’audience que Macky Sall a accordée à Me Abdoulaye Wade, les langues commencent à se délier. Il nous est revenu, de bonne source, que le pape du Sopi a conseillé au chef de l’Etat de mettre fin à la vague d’arrestations d’opposants, faisant allusion au cas Sonko. D’où la sortie du leader de Pastef, qui a demandé à ses partisans de cesser d’assimiler les retrouvailles  Wade-Macky à un « deal ».
Les retrouvailles entre Abdoulaye Wade et Macky Sall ne doivent faire l’objet d’aucune conjecture de la part des militants et responsables de Pastef-Les patriotes. C’est en tout cas le souhait exprimé par Ousmane Sonko dans une lettre de remerciement adressée aux députés de l’opposition, reproduite hier par nettali.com.
A force de creuser, nous avons appris qu’en réalité, au cours de ses pourparlers secrets, samedi passé, avec Macky Sall, au palais, Me Abdoulaye Wade a conseillé à son hôte d’arrêter la vague d’arrestations d’opposants, dans la foulée du vent de décrispation qui souffle sur le Landerneau politique.
Mieux, des sources renseignent qu’il existe, depuis quelque temps, une sorte de complicité entre le pape du Sopi et Ousmane Sonko. A en croire les gorges profondes, les deux hommes se voient régulièrement, au moins une fois  par semaine. On se rappelle aussi de la première rencontre entre ces figures de proue de l’opposition sénégalaise durant la campagne pour la présidentielle de 2019. D’aucuns l’ont perçue comme participant d’une ruse de Sonko pour décrocher le soutien de Wade, tandis que pour d’autres, il est tout simplement naïf. Qu’à cela ne tienne, ils se sont encore vus au lendemain de la présidentielle.
Pour revenir à la lettre mentionnée plus haut, le patron de Pastef remercie l’opposition parlementaire pour sa solidarité agissante, alors que le député Mamadou Diallo de Tekki informe que Sonko, au contraire, n’a pas réservé de suite à ce soutien. C’est qui est paradoxal. En fait, l’ex-inspecteur des impôts et domaines voulait tout simplement, par ce moyen, calmer les ardeurs de ses troupes qui risquent de saper la médiation secrète de Me Abdoulaye Wade.
« En plus de perdre énormément de temps à parler de questions dont on ignore encore les tenants et aboutissants, de telles attitudes sont anti-démocratiques en ce qu’elles dénient à chaque citoyen ou groupe de citoyens la liberté et le droit de s’associer selon ses convenances. (…) À Pastef, le principe est de reconnaître ce droit à tout un chacun tant que ça ne va pas dans le sens contraire à l’intérêt national dont la défense est le crédo fondateur de notre engagement et de notre action politique », recommande Ousmane Sonko.
En définitive, il n’est pas exclu que ce dernier jouisse d’un meilleur sort que Karim Wade et Khalifa Sall, à la faveur du dialogue national en cours.

Ambition présidentielle : Mimi Touré, une femme pressée

IGFM – La présidente du Cese est tentée par l’expérience d’être la première femme à occuper la présidence de la République. Mais pour certains qui lui dénient une base politique, Mimi Touré n’a pas encore toute l’étoffe de ses ambitions. De son côté, elle se voit déjà au sommet.
Il faut lui reconnaître un mérite : Aminata Mimi Touré est une femme politique constante. Dans son engagement comme dans son… empressement. «Elle est comme une Ferrari», ironise un politologue, sous cape. Il compare la patronne du Cese au bolide italien. Le seul véhicule qui irait aussi vite que l’ex-Premier ministre, dont les performances politiques sont bluffantes. Mimi Touré tient même un record historique de 10 mois 5 jours à la Primature. Nommée le 1er  septembre 2013, elle est limogée le 4 juillet 2014. Sans surprise. «C’est son ambition mal contenue qui a coûté à Aminata Touré son poste de Premier ministre», explique le journaliste-analyste politique, Cheikh Yérim Seck. Sans faire dans la langue de bois, le boss de YerimPost est intransigeant avec l’ancienne cheffe du département de la Justice, la «bête» noire de Karim Meïssa Wade. «Elle se voyait déjà calife à la place du calife, entourée d’une armée de conseillers recrutés aux États-Unis qui prenaient un malin plaisir à parler anglais dans les couloirs de la Primature», poursuit le journaliste. Est-ce cela qui avait, à l’époque, consumé le capital confiance de celle qui est affabulée la «dame de fer» auprès du chef de l’Etat ? Aminata Mimi Touré a-t-elle voulu trop «accélérer la cadence» pour sortir de la cohorte des variables, malgré les injonctions du Président Sall, la seule constante de l’Alliance pour la République ? Paie-t-elle toujours le «prix» de son caractère d’«Electron libre», titre d’un portrait de Jeune Afrique du 29 septembre dernier, un article qui a secoué le parti présidentiel ?

 «Stratégie indécente»

L’instabilité «institutionnelle», qui tranche avec les aptitudes politiques convaincantes, de la présidente du Conseil économique, social et environnemental, serait le fruit de l’empressement dont elle fait montre. Avec son trop plein d’engagement et sa capacité à monter au front, elle s’imagine trop souvent au sommet. En manifestant son ambition dans Jeune Afrique, Mimi Touré semble faire fi du message que Macky Sall lui avait lancé en la dégommant de la Primature. Qui plus est, elle l’a manifesté, juste sept mois après la réélection de Macky Sall, suivie de la mise en demeure du chef de l’Etat à ses collaborateurs, dont elle fait partie des privilégiés. Un rappel à l’ordre qui semble ne pas faire effet dans l’oreille de Mimi Touré qui poursuit dans sa méthode politique. Une stratégie impertinente, selon Cheikh Yérim Seck : «Non seulement cette stratégie n’est pas bonne, mais elle est également et surtout indécente. Alors que les Sénégalais crèvent la dalle, six mois après avoir élu un Président dont ils attendent des solutions à leurs problèmes, il est indécent de manifester quelque ambition que ce soit. Il y a le calcul politicien certes, mais il y a aussi les Sénégalais, leurs difficultés et leurs espoirs.» Il y a également eu cette grande contradiction avec les déclarations passées, tenue dans le journal «Soleil» un mois plus tôt. Un décalage dans le verbe et les aspirations qui a fait désordre jusqu’au cœur  de la mouvance présidentiel.

«Un problème de l’opportunité du positionnement»

La déclaration de Aminata Touré dans le magazine panafricain a suscité une grosse surprise dans les rangs de l’Alliance pour la République. Surtout chez ceux pour qui, Macky Sall avait réussi à étouffer les velléités ou ambitions de se lancer dans la course de 2024, avec la suppression de la primature et la scission du ministère des Finances. Ce qui éviterait les petites querelles dans son gouvernement entre rivaux politiques candidats à sa succession. Aminata démontre ainsi qu’elle ne fait pas partie de ceux à qui les mises en garde du chef font ronger leurs freins. Même si elle n’a pas expressément annoncé son projet, cette sortie a ouvert une brèche à diverses interprétations. D’autant qu’il y a juste un mois, elle s’était montrée très en verve devant cette bataille de succession. Le 3 septembre dernier, dans les colonnes de l’«Astre de Hann», l’ex-PM trouvait «un peu indécente», mais pas totalement, qu’une telle question se pose. «Nous venons d’élire fraichement le président de la République. C’est dans notre intérêt collectif, en tant que chef de parti, en tant que responsable politique dans son camp, qu’il réussisse pleinement son mandat. Chacun, là où il est, doit garder cela à l’esprit. Si je me retrouve dans des batailles de succession et de dauphinat, six mois après la réélection du Président, ce ne serait pas dans notre intérêt, nous qui sommes de la majorité présidentielle», objectait-elle. Se fondant sur l’expérience politique et gouvernementale de Aminata Touré, l’enseignant-chercheur à l’Université de Dakar, Maurice Soudieck Dione ne trouve pas «prématuré» qu’elle nourrisse une ambition présidentielle. «Il se pose plutôt le problème de l’opportunité du positionnement, dans un contexte politique encore flou, où les intentions du Président Sall ne sont pas encore décelables à travers des actes concrets et non équivoques», analyse-t-il.

«Pas loin d’une deuxième disgrâce»

En multipliant de pareils actes, Aminata Touré serait-elle dans la logique d’établir une bipolarisation entre elle et le Président Macky Sall ? Pour de proches collaborateurs du président de la République, dans ses prises de parole, Mimi ne défend que ses «propres principes», «ses intérêts». Ils lui reprochent le fait que huit (8) sur dix (10) de ses sorties sont des positions personnelles. Ses déclarations, soufflent-ils, ont pour unique objectif de polir son apparence. Le docteur en Science politique, Maurice Soudieck Dione, en convient : «Aminata Touré, explique-t-il, est en train de se construire une image de présidentiable sur le plan communicationnel, au Sénégal comme à l’étranger, et à travers une certaine posture de transcendance.» Une posture qui agacerait le chef de l’Etat, selon son entourage. «Parce que de la part d’une collaboratrice qui a été son deuxième chef de gouvernement, Macky Sall espérait mieux, souffle-t-on. D’autant qu’il pense avoir rempli sa part du contrat moral qui le liait à la dame». Au point de «sacrifier» Aminata Tall qui ne lui aurait jamais été déloyale. Pour preuve, Aminata Touré a hérité d’une place de choix au cœur de la sphère étatique. Un retour en grâce qui aiguiserait son appétit du Pouvoir.
Mais Aminata Touré n’a pas surpris tout son monde. Cette posture était présagée par ceux-là qui, du fait de ses agissements, portaient des suspicions sur elle. Et il ressort même des sourdines échanges dans les couloirs du Palais, que la dame en a posé les prémices dès son arrivée au Cese. Après un coup de balais, elle installe ses hommes de confiance. Le secrétariat général de cette institution est alors confié à Anta Sané. Ensuite, quelques mois après, elle présente à Macky Sall son projet de décentraliser les sessions du conseil dans les régions. Flairant une stratégie pour un maillage national pour son propre compte, le président de la République désapprouve l’idée. La dame ne fait pas de résistance. Elle lâche du lest, mais conserve malgré tout, ses aspirations, que rien, ni personne ne peut contenir. Même pas l’épée de Damoclès du chef. «Elle devrait toutefois le craindre, vu le  risque majeur d’entrer en confrontation ouverte avec le Président Sall», avertit Dr Maurice Soudieck Dione. Le journaliste Souleymane Niang, Directeur de l’information du Groupe Futurs médias, abonde dans le même sens, même s’il analyse la posture de Aminata Touré, en termes de pari. «C’est un risque qui peut être très positif comme très négatif. Elle compte sur ce risque positif en affichant ses ambitions, maintenant qu’elle récolte les fruits de son courage politique et de son timing parfait», estime-t-il. «Une deuxième disgrâce pourrait sérieusement freiner son ambition présidentielle, surtout en ce début de mandat du Président Sall, renchérit l’enseignant-chercheur Maurice Soudieck Dione. Si elle continue de pousser le bouchon.»

«Elle doit chercher une base politique»

Aminata Touré n’en aurait cure. Elle ne semble pas s’accrocher à des privilèges, ni à ces nominations nullement sollicitées. Et ne le cache aucunement. Le journaliste Souleymane Niang décèle même dans la démarche de l’ex-PM, un courage politique, au moment où tout le monde a peur d’afficher ses ambitions. «En 2024, explique-t-il, Aminata Touré aura 62 ans. Autrement dit, elle sera à 13 ans de la limite d’âge pour se présenter à une élection présidentielle aux termes de la Constitution actuelle. Imaginez qu’elle soit élue présidente de la République à cette date et que la durée du mandat soit ramenée à 7 ans par quelque artifice juridique, elle pourrait à peine se représenter pour un second mandat. Si Aminata Touré veut vraiment s’engager dans la course à la succession du Président Macky Sall, c’est le moment ou jamais.»
Journaliste-analyste politique, Momar Ndiongue est d’avis que mes postes que Aminata Touré a occupés la prédestinent au plus haut sommet de l’Etat, mais elle doit corriger deux insuffisances. D’abord, son image pour qu’elle soit beaucoup plus conforme à la façon dont les Sénégalais apprécient et voient la femme. «Aminata Touré n’est pas une femme de la trempe de Aminata Mbengue Ndiaye ou même de Aïda Mbodji. Ce sont des femmes très politiques et très sénégalaises, dans leur accoutrement, leur parlé, leur gestuelle, dans leur façon d’être, dans leur type de relation qu’elles entretiennent avec les femmes, elles renvoient au prototype de la femme sénégalaise. Or, l’électorat féminin étant extrêmement important, il va falloir qu’elle séduise les Sénégalaises en se comportant surtout à l’image de la femme sénégalaise. D’autant plus qu’elle passe pour avoir l’image d’une dame de fer, au caractère très trempé. Cela ne ressemble pas trop à la femme sénégalaise», explique-t-il. Ensuite, poursuit Momar Ndiongue, il est temps que Mimi Touré se cherche une base politique. «On l’a vu migrer de la base de Grand-Yoff à Kaolack. Or, pour nourrir une ambition présidentielle, on a besoin de s’assoir sur une base politique solide», note-t-il, précisant qu’elle a encore du temps pour se rectifier. Encore faudrait-il qu’elle soit en mesure de muer ce paraitre ancré dans sa nature de «dame de fer». D’une femme à l’éthique exigeante qui ne fait pas mystère de sa volonté, de ses ambitions. Mimi lorgne le fauteuil présidentiel. «Il serait bien qu’il y ait une présidente de la République», réplique-t-elle, évasive, aux journalistes du magazine panafricain. Avec cet éternel sourire sur cette immense obsession qui l’a fait courir. Toujours plus vite que les autres.AÏDA COUMBA DIOP

IDIOVISUEL–DANS LA GRISAILLE DU CIEL SÉNÉGALAIS

NETTALI.COM – C’est fou la vitesse supersonique à laquelle nos hommes politiques se brouillent et se congratulent. Wade et Macky à nouveau ensemble, qui l’aurait cru ! C’est un feuilleton pour lequel, l’on a toujours pensé qu’il n’y aurait plus de nouvel épisode.
Mais qu’est-ce qu’il est interminable ce feuilleton ! C’est aussi cet effet rebondissement qui tient en haleine, les téléspectateurs qui ne manquent d’ailleurs pas d’applaudir et de s’émerveiller du génie des acteurs. A la surprise générale, les deux ont raccroché les wagons. Le fils Macky tout sage, a accueilli le père dans ce qui fut son ancienne demeure. Une manière de faire un pas de plus dans ce qu’il est convenu d’appeler les retrouvailles de Colobane ou plus exactement le protocole de Colobane. Les gladiateurs sont devenus des colombes. En atteste l’adoption du blanc subitement devenu la couleur tendance depuis les retrouvailles.
Mais qu’est-ce que nos pauvres oreilles ont sifflé, suite aux agressions verbales de l’un et de l’autre. De l’eau a coulé sous les ponts depuis. On a désormais affaire à des échanges d’amabilités, de propos empreints de douceur, l’entente cordiale quoi ! Mais le problème, c’est qu’ils ne veulent même plus que nos oreilles indiscrètes entendent ce qu’ils se sont murmuré dans le palais de la République. Ils ont préféré se fendre d’un communiqué bien laconique aux phrases si empreintes de diplomatie pour révéler la teneur de leurs discussions. Jeu de cache-cache ou ruse de lièvres. Ndiombor a en tout cas subitement baissé d’un ton sur le pétrole et le gaz. Celui qui traitait, il y a quelque temps, le gouvernement de corrompu, suite au reportage de la BBC, a adopté un ton bienveillant, un ton de conseiller. Il a quand même demandé à Macky Sall, la préservation des intérêts des Sénégalais. Quand même !
Très inspiré ce cher Thierno Alassane Sall, ministre démissionnaire, il a vite fait de livrer un commentaire sur ce feuilleton qu’on évoquait tantôt. Dans un texte court intitulé « Dallas au Palais » et publié sur facebook, l’ex-ministre de l’Energie dénonce : « Les 2 acteurs principaux des deux contrats illégaux de Petrotim ont parlé de pétrole. Non pas pour s’amender et aider à retrouver les deniers publics, mais sûrement pour effacer les traces de leurs forfaits. Et on nous demande de saluer ces retrouvailles ». Et le sujet Karim dans tout cela ? Il a bel et bien été abordé. L’on nous apprend qu’Abdoulaye Wade a effectivement plaidé en sa faveur et veut le voir rentrer au bercail. Et même si Macky Sall ne lui a pas servi une réponse claire sur la question, il ne s’est pas non plus montré fermé sur le sujet. La question est maintenant de trouver la meilleure manière de concrétiser tout cela sans que le peuple ne pense que les deux hommes ont «dealé» sur le dos des contribuables sénégalais.
Me Wade semble en tout cas être dans toutes les dispositions possibles et imaginables pour ressusciter son fils. A-t-il seulement les moyens de faire autrement ? Il aura en tout cas tout essayé et ne semble plus avoir la force d’ouvrir de nouvelles hostilités. La question est dès lors de savoir jusqu’où ira Macky Sall dans les concessions ? Comment habillera-t-il une éventuelle amnistie si d’aventure il devait la faire ? La Crei serait-elle obligée de signer son acte de décès ? Comment les Sénégalais recouvreraient-ils leurs138 milliards ? Un duel Wade-Macky en tout cas riche en enseignements et qui montre à quel point la politique est une histoire de rapports de force à construire, organiser et dynamiser ; et non une affaire de buzz permanent.
Pour l’heure, ce sont les alliés et opposants engagés avec lui dans un compagnonnage et dans un dialogue national qui commencent à se poser des questions. Le spectacle qui se joue sous leurs yeux, leur paraît tout d’un coup flou et ambigu. A qui va revenir le statut de chef de l’opposition ? A Idrissa Seck ? Au PDS ? Va-t-on vers un gouvernement d’union nationale ? Va-t-on rebattre les cartes ? Autant de questions qui attendent aujourd’hui de trouver des réponses.
Macky Sall, en homme lucide et en fin politique, a vite fait de rassurer ses partisans au lendemain de sa rencontre avec Me Abdoulaye Wade. Au cours d’un séminaire avec les communicants de sa majorité, il  a lancé  : « Cette ouverture ne se fait contre personne ». Mieux, a-t-il dit « rien ne se fera contre les intérêts de la nation » Revenant sur le sens du dialogue, il s’est certes gardé de citer des noms, mais il a tenu à faire une précision de taille : « Cette ouverture, je l’ai voulue dès ma réélection parce que nous sortions d’une grande victoire. Vu le contexte, il faut élargir le cercle, il faut apaiser dans tous les domaines »
Mais le Président Sall ne compte pas pour autant baisser les bras et se laisser déborder. Il compte poursuivre son action. Aux communicants de sa majorité, il dira : « Ceci ne veut pas dire qu’il ne faut plus débattre. Il faut continuer à défendre le bilan.» Il les incite d’ailleurs à être plus agressifs. « Il faut anticiper, il ne faut plus attendre qu’on nous attaque pour réagir », a recommandé celui-ci. Le chef de l’Etat a également conseillé aux cadres de Benno d’investir davantage le numérique.
Sauf que dans cette éclaircie du moment qui n’arrange en grande partie que Macky Sall et Me Wade, l’euphorie sera de courte durée. Ce trouble-fête de Sonko s’est invité au banquet. L’affaire des 94 milliards a repris son cours et le brouhaha médiatique d’avant la présidentielle, vient perturber la tranquillité de cette paix libérale ? Elle nous replonge dans une vraie époque de grisaille et d’opacité totale. Voilà une affaire dans laquelle, on sort groggy, tant les explications obtenues par ci par là, sont affolantes. Ousmane Sonko, un opposant politique qui a fait de son fonds de commerce, les révélations sur ce qu’il appelle des scandales. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a été limogé de son poste d’inspecteur des impôts et domaines. Mais comme la recette porte ses fruits, il a continué à en créer. Une manière sans doute d’occuper l’actualité et de gagner la sympathie des citoyens qui ne voient que du feu dans cette brume bien épaisse de la gouvernance version sénégalaise. Entre accusations, attaques, contre-attaques, le jeune député a réussi à tenir en haleine le landerneau politique. Mamour Diallo, le principal mis en cause dans l’affaire, a même, un temps voulu ester en justice pour régler son compte à ce petit impertinent de Sonko, mais il devait attendre les conclusions de la commission d’enquête parlementaire. 94 milliards, un montant bien gros qui donne le tournis au galérien qui peine à assurer le petit déjeuner. C’est un sacré gros magot en effet ! Il est vrai que beaucoup se sont mis à se demander comment ceux-là-à supposer que ce soit vrai- ont pu encaisser tout cet argent sous le dos du contribuable ? Les gens ont du mal à s’imaginer que cela soit possible sous nos cieux ! Elle est quand même bien grosse cette affaire ! Et si c’était vrai ? Nos vaillants fonctionnaires de l’administration, même si ce n’est pas le cas de tout le monde, ne sont pas en effet les personnes les plus honnêtes au monde. L’écheveau est tout de même difficile à démêler.
En tout cas, une convocation de Sonko à l’Assemblée nationale fut agitée un temps avant la présidentielle avant d’être stoppée. L’élection passée, une fois la frénésie de l’affaire du pétrole et du gaz, s’estompe, Ousmane Sonko dépoussière le dossier pour le remettre sur la table. Il adressera à cet effet une plainte au procureur qui ne connaîtra d’ailleurs pas de suite. Le député ne s’avouera pas pour autant vaincu puisqu’il passera cette fois par le juge d’instruction, ignorant sans doute que celui-ci  s’en ouvrira au procureur qui devra se prononcer, sans toutefois être lié par un quelconque délai.
Mais bien avant la publication du fameux rapport de la commission d’enquête parlementaire, le sieur Sonko avait déclenché les hostilités, criant au complot avant l’heure. «Que tout le monde soit prêt, le combat vient de commencer», avait déclaré celui-ci le  week-end du 8 octobre lors de l’inauguration de la permanence de son parti à Pikine. «Leur volonté est de détruire mon casier judiciaire. Ils veulent m’empêcher de participer à des élections. Si ce pouvoir pouvait m’ôter la vie, il n’hésiterait pas. Nous ne sommes pas en face d’adversaires politiques, mais plutôt d’ennemis
Me El Hadji Diouf sentant l’occupation du terrain par le redoutable opposant, a mené la contre-offensive. Il n’avait plus lâché le sieur Sonko. L’avocat avait fait le tour de tous les plateaux télé pour accabler le député, démonter ses arguments. La suite, on la connaît, le bâtonnier interdira même une conférence de presse des avocats de Sonko.
L’ex-inspecteur des impôts avait même laissé entendre à la permanence de son parti : “Actuellement tout ce qu’il veulent c’est me coller une infraction sur le dos. Ils ont fouillé partout. Aux impôts et domaines avec leurs experts pour m’envoyer en prison, mais en vain. Ils ne pourront rien contre moi. Le plus grand rêve de Macky, c’est de me voir en prison. Mais il ne me verra jamais là-bas“.
Des propos d’Ousmane Sonko qui semblent cacher un malaise chez l’opposant le plus radical au régime de Macky Sall. En fait, pour la première fois, il semble perdre la main dans ce long feuilleton autour des 94 milliards du Titre foncier 1451/R.
Sonko a-t-il tout d’un coup peur des agissements du pouvoir ? En tout cas le teigneux opposant fait feu de tout bois. Il ouvre des fronts, attaque tous ceux qui semblent faire obstacle à sa progression. Le candidat arrivé 3e à l’issue de la présidentielle de 2019, croit savoir que les notaires ont été manipulés dans cette histoire de 94 milliards. « Je leur ai servi une citation directe », révélera-t-il. Poursuivant son argumentaire, il accusera même le bâtonnier d’être aussi manipulé. « Dans ce dossier, on y manipule le bâtonnat du Sénégal. Depuis combien de mois un avocaillon est en train de trimbaler et de m’insulter, sans que le bâtonnat ne réagisse ? Mais il a fallu que mes avocats veuillent organiser une conférence de presse pour que le bâtonnier sorte », dira Ousmane Sonko.
Mais c’était sans compter avec la détermination de la commission d’enquête  parlementaire qui livrera son rapport et tirera des conclusions en plusieurs points résumés :
Dans sa conclusion n°1, elle a ainsi attesté de l’absence de détournement de deniers publics et l’inexistence d’un quelconque comportement répréhensible de Mamadou Mamour DIALLO expliquant que dans l’Affaire dite des 94 Milliards, la seule personne habilitée à procéder aux paiements, est le chef du Bureau des domaines de Ngor-Almadies qui émet des chèques du Trésor dont il est l’unique signataire.
Dans sa conclusion n°2, elle a  fait savoir que dans le Contentieux sur le rachat de créances des héritiers par les sociétés SOFICO et CFU, Seydou dit Tahirou SARR, gérant des deux établissements, a déjà̀ dépensé́ plus de trois (3) milliards de FCFA dans ce dossier et les paiements qu’il a reçus jusqu’ici, ne couvrent même pas les sommes qu’il a avancées (on est très loin des 46 milliards régulièrement annoncés par Monsieur le Député Ousmane Sonko).  Les seuls montants qui sont sortis de la caisse du Trésor, à savoir les 2 845 875 000 FCFA, ont été́ payés à partir d’un compte de dépôt du Trésor dont le Receveur de Ngor Almadies Meïssa NDIAYE est le gérant exclusif.
Dans une Conclusion n°3, la commission a pointé du doigt l’existence de quelques dysfonctionnements dans l’organisation des services de l’Etat en matière d’expropriation, expliquant que la Commission d’Enquête a constaté́, pour le déplorer, que les délais de traitement des dossiers et d’attente des familles avant d’être indemnisées, sont trop longs.
Et enfin dans sa conclusion n°4, elle a relevé la violation de la loi par le député́ Ousmane Sonko qui a joué un rôle d’intermédiaire pour le compte de certains des héritiers, en utilisant des prête-noms
Réponse du berger à la bergère, Ousmane Sonko, de démonter en pièces, le fameux rapport en ces termes : « D’abord, Mamour Diallo a validé une créance qui n’existe pas parce que l’expropriation de la famille Ndoye n’a jamais eu lieuLe tribunal a refusé d’homologuer la cession de créance en faveur de Seydou Sarr. C’est donc sur la base d’une créance fictive qu’ils ont voulu payer 94 milliards. C’est extrêmement grave. » Pis, à l’en croire, la famille Ndoye ne possède qu’une partie du terrain en question. Le leader de Pastef-Les patriotes, de poursuivre son argumentaire en dénonçant une surévaluation de l’indemnisation à verser aux héritiers Ndoye.
En tentant de blanchir Mamour Diallo, a ajouté celui-ci, “l’Assemblée nationale a mentiIls ont tenté de salir Ousmane SonkoRien ne me lie à la famille Ndoye que j’ai rencontrée trois mois après ma première plainte”. Selon l’ancien inspecteur des impôts devenu expert fiscaliste, son associé Ismaëla Ba a son propre cabinet créé en 2014 et c’est ce cabinet qui défend les intérêts de la famille Ndoye.
Ousmane Sonko a par ailleurs mis en garde contre toute tentative de l’emprisonner. « S’ils veulent brûler ce pays, ils n’ont qu’à essayer. Nous ne serons pas les agneaux que Macky Sall va sacrifier », a-t-il prévenu. Avant d’appeler la Casamance et tout le Sénégal à se lever pour dire non. « Ce ne sont pas des menaces ni un appel à l’insurrection, mais on ne peut plus laisser Macky Sall agir comme si le Sénégal était sa propriété », a-t-il laissé entendre.
Un feuilleton qui est en tout cas loin de connaître son épilogue puisque les avocats de Mamour Diallo ont annoncé le dépôt d’une plainte pour le mardi 15 octobre au moment où nous publions cette chronique. Ils viseront la diffamation.

DE QUOI LA RENCONTRE WADE-MACKY EST-ELLE LE NOM?PAR VIEUX SAVANE

Pas un mot sur l’objet de la brouille, à savoir Karim, fils chéri pour l’amour duquel son père de chef d’Etat s’était laissé tenter à des dérives institutionnelles. Voulaient-ils nous faire croire que seul leur importait le pays ?

Macky Sall accueillant l’ancien président de la République sur un tapis rouge, comme s’il s’agissait de recevoir un homologue de président en exercice. En privilégiant la mise en scène, une telle option a mis à mal le protocole de la République puisque l’aspect théâtral avait fini de prendre le dessus sur la réalité institutionnelle. Il s’agissait sans nul doute de flatter un ego fortement éprouvé depuis la défaite à l’élection présidentielle de 2012, de le ramener à de meilleurs sentiments. Et finalement, de le neutraliser en l’anesthésiant par de délicates caresses allant dans le sens du poil.

Assurément l’artillerie lourde avait été déployée pour saluer le retour au Palais de l’ancien président de la République après 7 années de brouille et de guéguerre sans concession.

Mais voilà que la lecture du communiqué sanctionnant la rencontre a donné un goût amer à ces retrouvailles avec le sentiment qu’on veut lourder nos compatriotes si prompts à célébrer la paix des cœurs. En lieu et place d’une autorité habilitée de la République, le communiqué commun sanctionnant la rencontre entre l’ancien et l’actuel président a été lu par un cadre du Pds signifiant ainsi qu’il s’agissait plutôt de retrouvailles entre chefs de partis. Comme si le père spirituel et le fils adoptif avaient décidé d’enterrer la hache des ressentiments.

Sur le dos de qui et pour quel but est-on tenté de se demander au regard de cette posture partisane ? D’autant plus que cette déclaration interroge, puisqu’elle fait le choix d’un silence terriblement bavard, faisant mine de s’intéresser à l’ombre et d’ignorer la proie que tout le monde a à l’esprit. Ainsi donc, pas un mot sur l’objet de la brouille, à savoir Karim, ce fils biologique et chéri pour l’amour duquel son père de chef d’Etat s’était laissé tenter à des dérives institutionnelles. Voulaient-ils nous faire croire que seul leur importait le pays ?

A moins de prendre les Sénégalais pour des enfants de chœur, il y avait là une pilule difficile à avaler ne serait-ce que parce que les relations jusque-là tendues entre Wade et Macky et leurs partis respectifs sont à la remorque de ce contentieux. Pas simple pourtant d’en arriver à un solde de tout compte. Il est question de plus de 138 milliards F CFA (209 millions d’euros) que l’ancien ministre de la terre, de la mer et du ciel doit rembourser au peuple sénégalais. En tout état de cause, afin que nul n’en ignore, en quittant son domicile pour se rendre au Palais, l’ancien président de la République a tenu à dire qu’il s’agissait d’un « jour comme un autre » et que ce n’est pas parce qu’il va « voir Macky Sall que ça change grand chose ». Une manière d’indiquer que le contentieux demeure. L’autorité va t-elle alors décider de fermer les yeux et sous prétexte de garantir le retour à la paix sociale, favoriser le recouvrement des droits civiques et politiques à Karim et par extension à Khalifa Sall ?

Quitte à exposer la justice au risque de laisser prospérer l’idée de son instrumentalisation par le pouvoir politique. De toute évidence le retour attendu de Karim Wade et Khalifa Sall dans le jeu politique ne manquera pas d’influer sur le cours politique. La famille libérale va-t-elle se rabibocher autour de Macky Sall et en faire son porte-drapeau, le plongeant ainsi dans une ivresse du pouvoir susceptible de le rendre sensible aux appels de plus en plus pressants en faveur d’un troisième mandat ? Va-t-il au contraire résister à tous ces apprentis sorciers et respecter sa lecture de la constitution, à savoir que nul ne peut exercer plus de 2 mandats consécutifs, quelle que soit la durée de l’un ou l’autre.

Si par extraordinaire le verrou constitutionnel tant chanté venait à sauter, l’APR se pliera t-elle a une telle forfaiture ou alors va-t-elle se fragmenter, submergée par l’éclosion d’ambitions contenues prêtes à sonner la révolte ? A quelque 4 ans de la prochaine présidentielle se bousculent ainsi un ensemble de questions qui augurent de fortes turbulences politiques en même temps qu’elles révèlent les faiblesses d’une démocratie de plus en plus tentée par les entourloupes que par son approfondissement.

Raffermir la démocratie faut-il le rappeler, c’est respecter la constitution, avoir une haute idée de sa mission et se refuser à tout tripatouillage qui en dernière instance va à l’encontre des intérêts supérieurs du pays. C’est l’émergence d’une autre perception de la politique. Non point comme un instrument d’apparat et de confort personnel mais plutôt comme un outil au service exclusif de la transformation sociale pour garantir et assurer le bien être des populations. Gageons que ces dernières qui s’inscrivent de plus en plus dans un tel sillon ont maintenant compris qu’en dépit de tout, le dernier mot leur revient, car le pouvoir est au bout de la carte électorale. Aussi ne se laisseront-elles pas abuser par on ne sait quelles combinaisons au moment où elles comprennent avoir la chance inouïe de pouvoir se retrouver en 2024 sans un candidat qui rempile et par conséquent de pouvoir enfin voter pour un projet et non contre quelqu’un comme c’est le cas depuis 2000.

 LES PIQUES DE L’AS DE CE MARDI

SenePlus  |   Publication 15/10/2019

Présidence : qui veut la tête d’Awa Ndiaye ?

Ça manœuvre grave au Palais de la République où l’on n’a toujours pas rangé les couteaux. Des sources de «L’As» ont capté des nouvelles très peu réconfortantes pour le duo Awa Ndiaye Oumar Samba Ba. En effet, il se dit que la première citée devrait être remplacée à la Direction des Moyens Généraux par Mamadou Dia, lui-même administrateur civil et ancien Dage de la Primature, donc proche de Mohammad Dionne. Revenu au cœur du dispositif, l’ex-Pm est à cheval entre le Building et la Présidence où il dispose de bureaux. Récemment, il était à la manœuvre pour installer son ami Amadou Lamine Dieng à l’Ipres. Hélas. Pour ce qui est d’Oumar Samba Bâ, on lui reproche d’avoir voulu être khalife à la place du khalife, l’accusant de manœuvrer à cette fin.

Macky offre une Mercedes à Wade

L’ancien chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, sera le grand gagnant de ses réconciliations avec le Président Macky Sall. Après la paix des braves, le Président Sall couvre son ancien mentor de cadeaux. Des sources de «L’As» renseignent qu’il a offert hier une voiture de marque Mercedes de couleur grise au secrétaire général national du Parti Démocratique Sénégalais (Pds). Sans doute, le pape du Sopi a reçu d’autres cadeaux du chef de l’Etat.

Les petits fils de Alboury Ndiaye dénoncent un manque de considération vis-à-vis de leur aïeul

La première édition de la journée du patrimoine du Djolof a réuni de nombreuses personnes venues de tous les coins et recoins du département de Linguère. Les participants ont débattu autour du thème: «Les sites historiques classés et non classés du Djolof : passé, présent et avenir» avant de procéder à un diagnostic sans complaisance de la situation du Bourba Djolof. Et c’est pour rappeler que la maison à étage construite par Bouna Ndiaye en 1899 à Yang-Yang est devenue un musée. Le «tata» de Alboury et la borne matérialisant l’emplacement du tamarinier de la bataille de Guilé, classés patrimoine historique est en péril. Pis, il manque de tout. Même l’électricité a été coupée. Une situation que dénoncent les petits fils de Alboury Ndiaye qui crient à un manque de considération vis-àvis de leur aïeul. Aussi, lancent ils un cri du cœur pour la sauvegarde de ce patrimoine. «Nous avons organisé cette journée du Djolof pour essayer de réhabiliter tout ce qui existait comme patrimoine au niveau de Yang-Yang. Les patrimoines classés ne concernent que six lieux dans un périmètre restreint au niveau de Yang-Yang. Les autres sites (Mbacké Barry, Diacksao, Sine, Diamé Ndiaye) sont aujourd’hui méconnus. Cette journée permettra aux enfants de commémorer ce que le Bourba Djolof a édifié dans le terroir», a indiqué Samba Laobé Ndiaye qui demande la restauration du patrimoine historique de Yang-Yang qui, selon lui, est figé dans la pierre. «C’est la pierre qui fige l’histoire. Le second monument est culturel. Samba Diabaré Samb est un monument qu’on ne peut pas remplacer, c’est un socle culturel, un trésor humain», clame le géologue Papa Goumba Lo.

Moïse Sarr rate sa rentrée politique

D’après des jeunes de Fatick qui ont saisi «L’As », le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a raté sa rentrée politique à Diarrère. D’après eux, il se glorifie d’avoir offert une machine de seconde main aux populations alors qu’au même moment plus de 20 machines ont été livrées par le PUDC et 13 autres par la mairie. D’après nos interlocuteurs visiblement hostiles à Moise Sarr, « les populations de Diohine ont fini de le démasquer Moïse Moïse Sarr qui veut avoir un pied en France et un autre à Diarrère. C’est pourquoi elles ont tout simplement boycotté la rentrée politique du Secrétaire d’Etat ». Il se trouve que d’après eux, sa propre famille est dans le camp de Idrissa Seck et de Ousmane Sonko. Pour elles, M. Sarr gagnerait alors à convaincre les siens de revenir aux côtés du président Macky Sall qui lui a tout donné. En somme, il le soupçonne d’être de connivence avec un groupe d’amis pour combattre Mbagnick Ndiaye après avoir ouvert un front contre Mamadou talla et Amadou Ba.

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