INSPECTEUR GÉNÉRAL OUSMANE SY, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA POLICE NATIONALE  : MOYENS ET STRATÉGIES, SENTIMENT D’INSÉCURITÉ, DÉLINQUANCE, CRIMINALITÉ, CYBERCRIMINALITÉ, MENACE TERRORISTE

INSPECTEUR GÉNÉRAL OUSMANE SY, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA POLICE NATIONALE  : MOYENS ET STRATÉGIES, SENTIMENT D’INSÉCURITÉ, DÉLINQUANCE, CRIMINALITÉ, CYBERCRIMINALITÉ, MENACE TERRORISTE
INSPECTEUR GÉNÉRAL OUSMANE SY, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA POLICE NATIONALE  : MOYENS ET STRATÉGIES, SENTIMENT D’INSÉCURITÉ, DÉLINQUANCE, CRIMINALITÉ, CYBERCRIMINALITÉ, MENACE TERRORISTE

 

http://www.lesoleil.sn Le ratio actuel est de 01 policier pour 3 835 habitants à sécuriser.

Elle est constante, la volonté du Chef de l’Etat de renforcer les Forces de Défense et de Sécurité. Contre la menace terroriste, qui est globale et pèse sur tous les pays, nous avons une posture de vigilance permanente.

INSPECTEUR GÉNÉRAL OUSMANE SY, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA POLICE NATIONALE : «Le plan “saxal karangee ci Ndakaaru ak liko wërr” sera bientôt mis en œuvre»

Chef de la Police nationale depuis le 1er août de l’année dernière, corps dont il est le plus gradé – la carrière de Commissaire de Police comporte sept grades dont deux hors hiérarchie : Inspecteur général et Contrôleur général –, Ousmane Sy est plus un homme d’action que de parlote. Familier des théâtres d’opération tendus (Casamance, lutte anti-émeute) et des académies (universités et grandes écoles), ce bardé de diplômes, en dépit du fait qu’il n’aime pas parler, n’en est pas moins outillé dans la stratégie discursive. Nous découvrons cette facette du grand flic, lorsqu’il s’est agi pour «Le Soleil» de le convaincre, non sans peine, d’aborder des problématiques prégnantes de l’heure : la montée, chez les Sénégalais, d’un sentiment d’insécurité à la suite d’actes de délinquance et criminels à fort retentissement et, en corollaire, les moyens mis à la disposition de la Police nationale, l’une des institutions qui ont en charge la sécurité des biens et des personnes. Entretien…

Monsieur le Directeur général de la Police nationale, on note depuis quelques années la récurrence d’actes criminels crapuleux : meurtres, rapts, viols parfois suivis d’homicide. Ce qui met au-devant de la scène le débat sur la sécurité des personnes et des biens. Que fait la Police pour mettre fin à ces moments de détresse des populations ?

Je voudrais saisir cette opportunité pour présenter mes condoléances les plus attristées aux familles des personnes qui ont perdu la vie dans les circonstances que vous avez décrites.
La Police nationale, concurremment avec d’autres forces, a en charge la sécurité des personnes et des biens. Pour s’en acquitter, elle place cette mission au cœur de ses préoccupations quotidiennes dans ses planifications stratégiques et opérationnelles. Le diagnostic effectué par nos services révèle une disparité dans la situation sécuritaire, variable selon les localités, et débouche sur un faisceau de mesures ou de solutions qui ont été déjà planifiées pour apporter, à court, moyen et long terme, des solutions efficaces et pérennes aux problématiques sécuritaires de l’heure.

Quelles sont ces mesures ?

Il s’agira, entre autres, d’assurer une montée en puissance des capacités opérationnelles de la Police ; de renforcer sa proximité avec les populations ; de densifier davantage le maillage sécuritaire ; d’investir les zones réputées criminogènes et d’y pérenniser la présence policière visible et dissuasive ; de la mise en place, dans les quartiers difficiles, de cadres inclusifs de concertations locaux dynamiques avec les populations et autres acteurs ; d’un relèvement de la motivation des personnels.
A cet effet, l’érection de Postes de Police en Commissariats de police, la création de nouveaux Commissariats de Police, d’une Compagnie du Groupement mobile d’intervention, le Gmi, dans la banlieue de Dakar et dans d’autres localités du pays, la création de Commissariats Spéciaux de la Police de l’Air et des Frontières. Le renforcement des effectifs desdits services va se poursuivre et permettra de densifier le maillage.
Les unités opérationnelles de la Police judiciaire – la Division des investigations criminelles (Dic), la Division spéciale cybercriminalité (Dsc) et la Division de la police technique et scientifique (Dpts) – seront davantage implantées dans d’autres régions du pays par l’érection de pôles judiciaires régionaux.
A court terme, le plan baptisé «saxal karangee ci Ndakaaru ak liko wërr» (ndlr : Sécuriser Dakar et ses alentours), plan de prévention et de lutte contre les atteintes graves à l’intégrité physique des personnes dont l’objectif est de restaurer et de pérenniser la sécurité à Dakar et ses banlieues, sera bientôt mis en œuvre.
En définitive, toutes les composantes de notre institution sont engagées dans une démarche cohérente et de synergie pour faire face à toute cette panoplie de phénomènes criminels.
Pour toutes ces affaires, nos différents services impliqués, en relation avec la Justice, prennent les dispositions idoines pour rechercher, interpeller et mettre à la disposition des Parquets compétents les auteurs de ces actes. Des bandes criminelles, des auteurs d’une bonne partie de ces infractions ont été interpellés par nos services dans différentes localités du pays.

Quels sont les moyens dont dispose la Police pour assurer la sécurité des populations ?

Il faut d’abord noter la volonté constamment renouvelée du Chef de l’Etat de renforcer substantiellement les effectifs des Forces de Défense et de Sécurité, les Fds, en général, et de la Police en particulier, en autorisant des recrutements massifs effectués au cours de ces dernières années. Ce renforcement va de pair avec un relèvement conséquent des moyens mis à la disposition de la Police nationale. Les moyens engagés dans le défilé motorisé du 04 avril 2019 en constituent une parfaite illustration.

Au demeurant, cette tendance est à poursuivre pour améliorer le ratio policiers/populations et permettre à l’institution l’obtention d’une capacité opérationnelle optimale.

Quel est le ratio policiers/populations à sécuriser au Sénégal ?

Le ratio actuel est de un (01) policier pour trois mille huit cent trente-cinq (3 835) Sénégalais à sécuriser.

Et quelle est la norme ?

La norme est de un (01) policier pour mille (1 000) habitants. Ce qui veut dire que nous sommes encore loin du compte…

La sortie prochaine de plus de mille agents en formation actuellement à l’Ecole nationale de Police et de la formation permanente sera d’un apport substantiel au renforcement des effectifs et à l’amélioration du maillage et de la carte sécuritaire de la région de Dakar et des autres localités de l’intérieur du pays.
Parallèlement, il y a lieu de densifier et de moderniser les infrastructures, services, matériels et équipements opérationnels de la Police nationale en vue de réduire la criminalité et anticiper les menaces émergentes.
Devra s’ajouter aux besoins de renforcement et de modernisation des capacités opérationnelles de la Police nationale, la modernisation de la gestion par le recours et l’adoption d’une planification basée sur la gestion axée sur les résultats et un système de suivi-évaluation.

Est-ce que le numérique (médias et réseaux sociaux), un moyen très puissant de communication, a une part de responsabilité dans ce que certains qualifient d’exacerbation de ce sentiment d’insécurité, surtout avec les dérives notées dans ce milieu ?

Les effets du numérique dans la communication quotidienne ont fini de mettre en exergue sa capacité de diffusion, de relai et de propension de fausses informations et, in fine, d’instauration d’un sentiment d’insécurité au sein des populations. Les pouvoirs publics et les institutions en charge de la défense et de la sécurité en ont pleine conscience. D’où l’érection en objectif stratégique de la mise en place d’une plateforme d’information et de communication dont un des objectifs est de contrecarrer les effets des fake news sur le sentiment de sécurité. Plus de responsabilité est souhaitée dans la manipulation de l’information se rapportant à la sécurité de nos concitoyens.

Monsieur l’Inspecteur général, la science et la technologie occupent de plus en plus de place dans le travail de la Police. Dernièrement, les Sénégalais ont pu apprécier la contribution décisive de la Police scientifique dans l’élucidation du meurtre, à Tamba, de la jeune Bineta Camara. Est-ce que l’institution que vous dirigez est suffisamment outillée dans ces domaines ?

Le rôle déterminant de la Police technique et scientifique dans les enquêtes en général, et dans l’élucidation des affaires criminelles en particulier, n’est plus à démontrer. La Police nationale en a fait recours dans la conduite de moult enquêtes et des résultats probants ont été obtenus grâce à elle.
Dans notre Plan stratégique de développement 2019-2024, la montée en puissance de la Police scientifique et technique est érigée en objectif stratégique. Le renforcement des capacités de ces personnels, allié au perfectionnement des outils très modernes et adaptés, acquis grâce aux autorités et au concours des Partenaires techniques et financiers de notre pays, reste une de nos priorités.

On a l’habitude, au Sénégal, de limiter la notion de sécurité au travail de la Police. Est-ce que vous sentez que les populations jouent leur partition dans la prévention et la lutte contre l’insécurité ?

Le constat est vrai, mais le fait est faux. La sécurité est globale, elle concerne tout le monde, en tant que besoin. Quand l’insécurité la supplante, la lutte pour sa restauration et sa pérennisation est également globale. D’où la pertinence de l’érection en objectif stratégique de la mise en place de cadres locaux inclusifs de concertation et de lutte contre l’insécurité dans le Plan stratégique de développement 2019-2024 de la Police nationale.
Les populations sont appelées à jouer un rôle plus proactif dans la prise charge sécuritaire, tant de leurs personnes que de leurs biens. Nous en appelons à leur collaboration.

Y a-t-il une menace terroriste qui pèse sur le Sénégal ? Que faut-il craindre le plus ? Des menaces externes ou internes ? La Police sénégalaise est-elle assez outillée pour faire face à ce genre de péril ?

La menace terroriste est une menace globale. En d’autres termes, elle pèse sur tous les pays. Notre espace communautaire est marqué par des menaces de toutes sortes et une liberté de circulation des personnes et des biens.
Toutefois, aussi bien au plan interne qu’au plan externe, toutes ces menaces, à savoir le terrorisme, la criminalité transnationale organisée, la criminalité et la délinquance, sont étudiées, évaluées et prise en charge dans une démarche inclusive, cohérente et concertée. Les Sénégalais peuvent être sûrs d’une chose : leurs Forces de défenses et de sécurité dont la Police nationale veillent au grain, revigorées par les manifestations de la volonté constante du Chef de l’État de les renforcer substantiellement. Nous avons une posture de vigilance rigoureuse et permanente.

Des quartiers qui étaient réputés pour leur quiétude (Ouest Foire, Maristes, Almadies etc.) sont devenus maintenant très présents dans les faits divers relatant la délinquance. L’insécurité qui a pignon sur rue dans les zones populeuses a-t-elle contaminé ces quartiers résidentiels ?

Ces quartiers ne relèvent pas de la compétence de la Police nationale. Toutefois, nos services sont souvent saisis de faits y survenant et à chaque fois apportent une réponse appropriée. Entretien réalisé par Yakham Codou Ndendé MBAYE & Malick CISS

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