LE CNRA APPELLE À « UNE GRANDE ATTENTION » DANS L’ÉVOCATION DES QUESTIONS DE SOCIÉTÉ

LE CNRA APPELLE À "UNE GRANDE ATTENTION" DANS L’ÉVOCATION DES QUESTIONS DE SOCIÉTÉ
LE CNRA APPELLE À "UNE GRANDE ATTENTION" DANS L’ÉVOCATION DES QUESTIONS DE SOCIÉTÉ

 

Dakar, 27 mai (APS) – Le CNRA appelle les médias audiovisuels à ’’accorder une grande attention et un soin particulier dans l’animation d’antenne et dans l’évocation des questions de société à l’antenne’’.

Dans un communiqué transmis à l’APS, le Conseil national de régulation de l’audiovisuel rappelle que ’’le traitement des questions de société, notamment celles portant sur des sujets sensibles, nécessite une certaine culture, une préparation particulière et une bonne maîtrise du sujet’’.

Le CNRA ajoute que ’’la non prise en compte de ces préalables entraîne la survenue d’incidents, de dérives ou de manquements à la réglementation de nature à entraîner des sanctions contre les éditeurs’’.L’organe de régulation, ’’dans un souci de prévention, rappelle aux éditeurs leur obligation de respecter la réglementation applicable à la communication audiovisuelle, notamment celle consistant à conserver ou à rétablir, en toutes circonstances, la maîtrise d’antenne’’.

Dans le communiqué, le CNRA rappelle que ’’les titulaires d’autorisation sont responsables du contenu des émissions qu’ils éditent et programment’’

Aussi exhorte-t-il ces derniers à ’’prendre les dispositions et les mesures nécessaires pour garantir le respect des principes et des règles édictés par la réglementation’’.OID/BK

Bamba Kassé:«L’affaire Adja Astou doit servir de leçon…»

http://actunet.net Pour le Secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), l’affaire de l’animatrice de la 7Tv, Adja Astou Cissé qui a été interpellée puis libérée par la Section de recherches de la gendarmerie de Médina, doit servir de leçon à tous les journalistes, particulièrement ceux qui interviennent dans les médias. Bamba Kassé de reconnaître, pour le déplorer, que les dérapages y sont trop fréquents.

« Cette affaire est un cas d’école qui interpelle tous les intervenants dans les médias, animateur comme invité. Tout le monde doit faire attention à maintenir les équilibres dans ce pays, à ne pas déraper lorsqu’on s’adresse à une communauté. Dans ce cas, on s’est attaqué à une éthnie. Mais, tous les jours, les communautés (religieuses, géographiques…) sont victimes. Il faut donc qu’on fasse preuve de prudence », lance-t-il dans le quotidien En Quête.

ATTAQUES ET INJURES SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX:Le terreau fertile de la haine envers les médias

http://www.lesoleil.sn Ce n’est plus le temps de Jean-Paul Sartre marqué par un rapport ambivalent d’amour/haine envers les médias. C’est le temps des attaques frontales sur les réseaux sociaux. Un fiel en ligne qui se déverse et n’épargne aucune catégorie, y compris les médias.

« Votre « une » fait honte ! Vous êtes de la merde ». C’est le message reçu samedi 4 mai 2019 sur la page Facebook du « Soleil ». Facilement identifiable car son profil est en partie public, l’auteur revendique ses propos. Se cacher pour insulter n’est plus une option. En ligne, l’injure et les menaces sont désormais assumées au grand jour. Cette haine devenue ostentatoire contre « Le Soleil » n’est pas un cas isolé. « Nous sommes souvent taxés sévèrement de partisans du pouvoir, mais nous recevons aussi d’autres amabilités », informe Lala Ndiaye, coordonnatrice du site emedia.sn Les commentaires postés sur les pages Facebook des médias sénégalais contiennent de plus en plus de propos haineux ou agressifs. Derrière l’écran, les insultes ne manquent plus et pas seulement pour les médias.

Origine

« La haine, c’est la non prise en compte de l’altérité. Elle prend la forme de tout ce qui porte atteinte à la dignité de la personne ou des personnes qui représentent une institution. C’est aussi un jugement négatif, source de discorde », définit Mouminy Camara, enseignant-chercheur au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), spécialiste en sémiologie. La haine se déverse sur des sujets liés à la politique, la religion, la sexualité, l’ethnie, le genre ou le communautarisme. Selon Sahite Gaye, également enseignant-chercheur au Cesti, spécialisé en communication des organisations et des usages du numérique, l’origine du mal est la méconnaissance du virtuel. « Certains internautes pensent qu’ils sont dans le virtuel alors que non. Ce qu’on dit peut mener à un passage à l’acte », explique-t-il. Mouminy Camara, le spécialiste de la sémiologie ne dit pas autre chose : « La première explication est l’anonymat trompeur des réseaux sociaux ». Un regard au microscope de l’Adn des réseaux sociaux met également en évidence l’horizontalité qui fait que tous les avis se valent. « C’est ainsi que chacun pense désormais qu’il est producteur d’informations, tout comme le journaliste professionnel », poursuit M. Gaye. Quand un journal fait le travail de traitement et de vérification avant de publier une information, les usagers et internautes peuvent avoir le même sentiment en sortant leur « information » avec leurs smartphones qui ne respecte pas ces mêmes critères.

Sentiment de défiance

Ce choc participe à la croissance de la défiance envers les médias qui peut mener à la culture de la haine. Mis en perspective, la défiance des médias est un élément de la chaîned’explications. « Sur ces plateformes, le discours haineux est le plus visible. On fait appel à l’indignation, à l’émotion et non au raisonnement. Les réseaux sociaux sont des outils d’amplification. C’est ce qui explique la banalisation du discours de la haine. C’est une manifestation de la violence en ligne ». Et c’est dans ce cadre général que la spécificité des médias intervient. Sahite Gaye n’est pas loin d’indexer le modèle de développement des médias. « Ils mettent, parfois, la lumière sur certains aspects car ils cherchent l’audience ou le clic. Donc il y a une philosophie mercantiliste », pense-t-il. Mais ce n’est pas la seule explication. En effet, quand « les médias oublient les règles éthiques », la réponse à ce que certains internautes assimilent à de l’injustice mène trop souvent à des dérapages verbaux et à de la haine déversée sur les canaux de l’interactivité. Ce qui pose la question de l’instrumentalisation des médias, de leurs usages mais aussi de leurs contenus.

Cependant, M. Gaye, spécialiste en communication des organisations et des usages du numérique, admet que les médias sont des révélateurs et non des coupables. « C’est le même mécanisme pour les médias sociaux, constate-t-il. C’est la banalisation de la haine vers une catégorie professionnelle, l’usager attaque une profession. Cela encourage une parole contradictoire de tout débat. Les gens qui défendent la même idée vont « liker » (aimer) ce propos qui rame à contre-courant de la pensée du journal ou du contenu commenté. Il y a un communautarisme qui se crée entre internautes ». C’est une analyse qui permet d’y voir plus clair dans cette nébuleuse de haine qui assaille les pages Facebook et les sites des médias. Même si une certaine haine des médias à toujours exister, mais depuis la présidentielle de 2019 elle s’est un peu plus accentuée notamment sur leurs supports digitaux. « Tenir des propos haineux est devenue une opinion alors que c’est un délit. Les gens ne se cachent plus », analyse M. Camara, le spécialiste en sémiologie.

Menaces sur la cohésion sociale

Si la profusion de propos injurieux « ne peut pas ébranler la démocratie sénégalaise », selon M. Camara, elle peut en revanche remettre en cause le vivre ensemble sénégalais. « Elle menace la stabilité et la cohésion sociale avec les différentes atteintes à la dignité des personnes. Mais il est important de mettre l’accent sur les usages (bon ou mauvais) que les gens font des réseaux sociaux ». En effet, le virtuel est devenu un déversoir de haine mais pas seulement contre les médias et les journalistes. « Tout est dans la subjectivité des internautes », poursuit Mouminy Camara. Sur Twitter, Instagram ou encore Facebook, les épisodes de clash voire véritablement de bashing contre des personnalités politiques, économique, sportives ou de la chanson (la tenue de Thione Seck lors de l’anniversaire de son fils Waly, le 27 avril dernier, en est un exemple) ne se comptent plus.

Solutions

Au Sénégal, contrairement à beaucoup de pays, il n’y a pas d’absence de normes. « Depuis 2018, à la suite de la fameuse affaire dite Assane Diouf appelé ‘’l’insulteur public’’, le Sénégal a mis en place une loi contre les insultes sur le net », rappelle Mouminy Camara. Cependant le sémiologue sénégalais interpelle sur l’effectivité de cette loi : « est-elle véritablement appliquée ? ». Sahite Gaye met lui le curseur sur le même aspect. « La législation qui existe déjà n’est pas assez dissuasive », juge-t-il, avant de donner l’exemple de l’Allemagne. « Dans ce pays, il y a des sanctions pécuniaires contre les médias qui laissent des messages de haine plus de 24h sur leur plateforme ». En France, une députée de la mouvance présidentielle va déposer une proposition de loi contre la haine en ligne. Elle devrait être discutée à l’Assemblée nationale française fin mai ou début juin.

De son côté Facebook, a lancé des actions pour contrer le déversoir de haine en embauchant 15.000 modérateurs, en investissant dans un fonds pour le civisme, en mettant une politique plus sévère d’exclusion de personnes propageant des idées nauséabondes. « Nous travaillons avec les gouvernements (…) afin de garantir que nos dispositifs de modération des contenus sont efficaces », déclarait Mark Zuckerberg, Pdg de Facebook, fin mars 2019. Certes ces actions sont importantes mais Sahite Gaye pense à d’autres solutions. « Le numérique nécessite  de l’accompagnement pour les adultes et de l’éducation pour les jeunes notamment ceux qu’on appelle les « native digital » » (individus nés avec l’avènement du numérique). L’idée d’avoir des modules dédiés à l’initiative et l’éducation au numérique dès le collège pourrait être une réponse adéquate au Sénégal. D’autres pays comme la France, après les attentats de Charlie Hebdo (janvier 2015), l’ont partiellement expérimentée avec succès. Pour les médias, c’est une question qui met en lumière le défi de la professionnalisation des nouveaux métiers du Web. Disposer de comunity managers (Cm) ou de managers digitaux, aux codes très différents du journalisme de base,est une rareté dans les rédactions.Moussa Diop

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