Lenteurs dans l’affaire Fallou Sène : «On a l’impression que ceux qui nous gouvernent cautionnent l’impunité»

Lenteurs dans l’affaire Fallou Sène : «On a l’impression que ceux qui nous gouvernent cautionnent l’impunité»
Lenteurs dans l’affaire Fallou Sène : «On a l’impression que ceux qui nous gouvernent cautionnent l’impunité»

http://www.seneweb.com Trois jours après la mort de l’étudiant en Licence II de lettres modernes à l’université Gaston Berger de Saint-Louis (Ugb), Mouhamadou Fallou Sène, le Forum du justiciable (Fj) a annoncé le dépôt d’une «plainte au niveau de la Cour de justice de la Cedeao et des Nations Unies, pour l’utilisation démesurée et irrégulière des armes à feu contre des citoyens sénégalais *».

Ceci, ‘’indépendamment de l’enquête judiciaire en cours’’ de cette affaire. Un an après les faits, rien n’a avancé dans ce dossier. Joint au téléphone par ‘’Seneweb’’, leur président, Babacar Ba, a soutenu avoir saisi la juridiction sous-régionale. «Mais aucune suite n’a été donnée à notre recours. C’est vraiment regrettable !», s’est-il désolé.

Se voulant, on ne peut plus clair, il explique : «Quand ces évènements se sont déroulés, on avait non seulement saisi le procureur de la République pour l’ouverture d’une information judiciaire, mais on avait saisi également les instruments juridiques sous-régionaux. Mais jusqu’à présent, rien n’a été fait aussi bien au niveau national que sous-régional. L’enquête n’a pas bougé.

C’est comme s’il n’y a pas eu une réelle volonté de pouvoir édifier les Sénégalais sur qui a tué Fallou Sène.» Babacar Ba de souligner que le maitre des poursuites avait déjà indexé des personnes. Raison pour laquelle aucun problème ne devait se poser pour instruire à bien cette affaire. «Il s’agissait tout simplement de suivre les recommandations issues du procès-verbal d’enquête.

Mais personne n’a été condamné. D’ailleurs, le procès n’a pas été organisé», fulmine-t-il. Le président d’indiquer qu’aujourd’hui, «on a l’impression que ceux qui nous gouvernent cautionnent l’impunité». «Parce que je ne peux pas comprendre qu’on puisse tuer froidement un étudiant et cela fait pratiquement un an que l’enquête n’a pas évolué. Les responsabilités n’ont pas été situées», dit-il.

Malgré cet état de fait, le Forum du justiciable ne compte pas baisser les bras. «On va continuer de poursuivre le combat, à chaque fois que l’occasion se présente, pour dénoncer ces lenteurs. Il faut que ces auteurs de ce crime odieux soient poursuivis, jugés et condamnés. Nous sommes dans un Etat de droit. Il y a des règles et quand on commet une infraction, il faut que la loi s’applique», plaide Babacar Ba.

Le président du Fj a rappelé que la Cour de justice européenne avait reconnu coupable l’Etat français pour l’usage irrégulier des armes à feu contre des citoyens français. C’est pourquoi il ‘’condamne l’utilisation de balles réelles dans les manifestations pacifiques d’élèves, d’étudiants et de citoyens’’. Mouhamadou Fallou Sène a été tué le 14 mai 2018, par balle, lors d’affrontements entre les étudiants et les forces de l’ordre.

Abdoulaye, père de Fallou Sène : « Nous réclamons justice. « 

http://www.seneweb.com La mort de l’étudiant Fallou Sène, tué le 15 mai 2018 à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, reste toujours une pilule difficile à avaler pour la famille du défunt établie à Patar. Contacté par Seneweb à la veille de l’An 1 du décès de son fils, Abdoulaye Sène «demande que justice soit rendue».

«Nous réclamons justice. À l’image de tous les Sénégalais, nous demandons que justice soit rendue dans cette affaire», a-t-il déclaré avant d’ajouter : «J’invite les autorités de notre pays à prendre leurs responsabilités, à tout faire pour que ces genres de tragédies ne se reproduisent dans les universités.»

Un an après les faits, le septuagénaire révèle qu’une partie des promesses des autorités politiques et étatiques, faites il y a un an, a été tenue tenue. «Certaines sont tenues, mais d’autres tardent à être concrétisées. Nous rendons grâce à Dieu», dédramatise-t-il.

Mais pour Abdoulaye Sène, l’important est ailleurs : «Tout ce qu’on fera pour nous, ne peut compenser la perte de Serigne Fallou. Il était un fils exceptionnel qui m’aimait beaucoup. Je ne l’oublierai jamais. Nous sollicitons des prières pour le repos de son âme. Nous rendons grâce à Dieu. C’est Lui qui nous avait donné Fallou et qui l’a arraché à mon affection au moment où j’avais le plus besoin de lui.»

Ucad:Les mises en garde des étudiants réunis autour du Collectif Campus 2h

https://www.dakaractu.com Formé d’un groupe d’étudiants, le collectif Campus 2h à Dakar a pris sur lui de dénoncer les lenteurs notées dans le dossier judiciaire concernant l’affaire de la mort de Fallou Sène. Ledit mouvement réclame la lumière et des sanctions en exhortant surtout le gouvernement à payer à temps les bourses des étudiants.
Selon Pape Oumar Tamba, porte-parole dudit collectif, puisque des efforts sont en train d’être faits dans les rangs des étudiants, il devrait en être de même du côté de l’État.

‘’Nous savons bel et bien qu’il a été tué par les forces de l’ordre. Dans un pays de droit si un étudiant est tué, ou si un meurtre est commis, le vœu le plus cher de ses proches est que justice soit faite. Nous ne sommes pas de ceux-là qui entendons nous rendre justice nous-mêmes. Mais, si le dossier n’évolue pas et que l’on continue d’enregistrer des lenteurs par rapport au paiement des bourses, nous serons obligés de nous rendre justice nous-mêmes’’, a-t-il déclaré ce mardi 14 mai 2019.

Ses camarades et lui, ont beau soumettre les doléances des étudiants à qui de droit, mais cela semble tomber dans l’oreille d’un sourd, s’indigne-t-il. Le Campus 2H d’informer qu’il s’investit dans une campagne de sensibilisation des étudiants pour éviter que des bus soient caillassés ou bien qu’on barre l’avenue Cheikh Anta Diop. ‘’Nous nous employons à sensibiliser davantage nos camarades. Et cela nous ne cessons de le faire à travers des thé-débats qu’on organise parfois dans les ‘’salles télé’’ des pavillons universitaires juste pour dire aux étudiants qu’il est temps de changer nos manières de manifester notre mécontentement’’.

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