Oumar Sall : «Le passage de l’analogie au numérique est un échec»

Oumar Sall : «Le passage de l’analogie au numérique est un échec»
Oumar Sall : «Le passage de l’analogie au numérique est un échec»

 

http://www.emedia.sn/Coproducteur du film « Atlantique » avec la réalisatrice MatI Diop, sélectionné pour la Palme d’or du 72e festival de Cannes (France), Oumar Sall était ce dimanche l’invité de Jury du dimanche. Face au journaliste Mamoudou Ibra Kane, le producteur a décrié le passage de l’analogie au numérique. « Je dis que le passage de l’analogie au numérique est un échec parce que, à la base, il s’agissait de bataille de contenus », indique-t-il. Pis, il constate pour s’en désoler que tout ce qui a construit l’industrie cinématographique est battue en brèche par le numérique. « L’image est facile d’accès. Profiter du numérique, ce n’est pas seulement une question de décodeur ou d’antenne. C’était une bataille des contenus », déplore-t-il. A son avis, le numérique devait aider à impulser le dynamisme des jeunes, à revoir les cahiers de charges et ne devait pas s’arrêter à faire d’antenne et de décodeur. Aliou DIOUF

«Les chaines de télévision devraient participer au financement du cinéma»

http://www.emedia.sn/ Oumar Sall est formel. Le directeur général de la société de production Cinekap, les chaines de télévisions devraient participer au financement du cinéma sénégalais. Il a fait la déclaration, ce dimanche, lors de l’émission Jury du dimanche sur Iradio (90.3). Il a soutenu avoir entendu l’appel du président de la République qui leur demande de produire le répertoire national. Mais, signale-t-il en guise de plaidoyer : « si nous produisons, il nous faut un diffuseur. Et les 27 chaines de télévision de chez nous devraient participer à ce financement du cinéma ».

Sur ces entrefaites, il rappelle qu’en France il y a une loi qui oblige la télé à financer parce que celle-ci prend des parts de marché. Selon lui, les chaines de télévision ne devraient pas avoir peur d’approcher des producteurs. Cependant, il fait savoir que les difficultés auxquelles que ces derniers sont confrontés c’est qu’ils ne trouvent pas facilement d’interlocuteurs dans nos chaines de télévision en général. Ce, constate-t-il pour le regretter « parce que la corporation a tout formé sauf des directeurs de production dans nos chaines de télévision. Ce qui fait que quand nous producteurs, nous vous rapprochons, on nous renvoie chez le directeur marketing qui a des objectifs commerciaux. Si nous voulons produire le répertoire, il faut qu’on trouve des gens qui prennent ce contenu de stock. Il faut des télévisions qui acceptent de diffuser. Si on n’a pas une télévision qui diffuse, on n’y arrive pas ». Par ailleurs, Oumar Sarr rassure qu’on peut espérer voir le film « Atlantique » sur une chaine sénégalaise. Après le festival Cannes, il envisage de montrer le film d’ici juin au Sénégal dans les salles. Et 9 mois après, une télévision pourra bien le diffuser. Aliou DIOUF

Plaidoyer pour un programme national de dissémination des salles de cinéma

http://www.emedia.sn/ Contrairement aux années 70, les salles de cinéma n’existent presque plus au Sénégal. Elles sont devenues rares. Une situation qui freine l’essor du cinéma sénégalais. Invité de l’émission Jury du dimanche, Oumar Sall, producteur et Directeur général de la société de production Cinekap, a été interpellé sur la raréfaction des salles de cinéma au Sénégal.

A son avis, dans les années 70, le Sénégal avait la base d’une industrie cinématographique. D’après lui, la disparition des salles de cinéma a été accentuée pendant les années d’ajustement structurel où la culture est reléguée au second plan. « C’est quelque chose qui fait que le cinéma est au point mort », dit-il. Avant de rassurer que nous avons aujourd’hui dans la possibilité de permettre au cinéma de redorer son blason. « Nous connaissons la motivation et l’engagement que l’Etat porte au cinéma pour qu’il devienne une industrie tangible au Sénégal », a déclaré Oumar Sall. Qui pense qu’aujourd’hui, il faudrait que les initiatives privées soient au cœur des infrastructures. A son avis, un Etat n’a pas vocation ni de produire, ni de monter des films. « Un Etat accompagne, encadre l’environnement et nous aide à poser l’écosystème. Le problème du cinéma, c’est un problème d’écosystème. Il faut des salles de cinéma pour nous assurer, nous producteurs, les retours sur investissement. La salle de cinéma a cette fonction d’être le trait d’union entre le public et le film. Une salle de cinéma est obscure. Il faut des films pour les éclairer », soutient-il. Avant de plaider pour la mise en place d’un programme national de dissémination des salles de cinéma. « Il ne faut pas faire l’erreur du cinéma sénégalais qui est purement un cinéma urbain. On ne tourne qu’à Dakar.
Aujourd’hui, il faut aller tourner beaucoup en région. Cela permet également de valoriser le travail des élus locaux », indique-t-il. De même, il estime que l’Etat doit prendre des mesures fermes en taxant les géants du numérique et les opérateurs de téléphonie mobile.

En outre, il est d’avis que les producteurs doivent être capables de dire au président de la République l’apport du cinéma dans le Plan Sénégal Emergent. Car, le cinéma, au-delà de l’aspect divertissement, est une économie. Aliou DIOUF

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