Edition Soir de la Rp du Lundi 13 Mai 2019

Hivernage 2019:«Une situation peu favorable à des précipitations abondantes»

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Une longue pause pluviométrique enregistrée dans certaines localités au cours de la précédente saison, hivernage 2018, avait installée l’inquiétude et la psychose. DIÉ BA
La prévision saisonnière est une prévision climatique qui a pour objectif de prévoir la tendance des paramètres météorologiques tels que la température et les précipitations dans les trois mois à venir ou plus (jusqu’à 6 mois), à l’échelle du pays, d’une région ou d’une localité.
Il faut noter que ces prévisions donnent une première tendance globale sur le cumul pluviométrique de la saison Juin-Juillet-Août. Et Juillet-Août-Septembre 2019. Par ailleurs, annonce l’Anacim, un suivi continu et des mises à jour régulières de l’évolution des indicateurs et des modèles climatiques seront effectués tout au long de la saison. Un autre bulletin sera émis à la troisième décade du mois de Mai 2019 pour donner une mise à jour à la prévision ainsi que l’installation de la saison des pluies.
Par ailleurs, « les pluies saisonnières au Sénégal sont en grande partie influencées par les conditions de températures de surface de la mer (TSM) des océans pacifique et atlantique », note le document. Lequel indique que « les conditions chaudes sur l’océan pacifique (El Niño) pourraient se maintenir tout au long de la saison jusqu’en septembre 2019. Sur le Golf de Guinée, les températures chaudes limitant la rentrée de la mousson sur le Sahel devraient tendre vers la normale à partir du mois de juillet. Sur les côtes sénégalo-mauritaniennes, les conditions légèrement froides à tendances normales pourraient contribuer à bloquer la pénétration de la mousson. »
es prévisions saisonnières de l’hivernage 2019 sur le Sénégal ne sont pas fameuses. Selon le bulletin de l’Agence nationale de l’aviation civile et de météorologie (ANACIM) parcouru par emedia.sn, « l’analyse des températures de surface de la mer (TSM) au niveau des océans atlantique et pacifique et les prévisions des modèles climatiques montrent une situation peu favorable à des précipitations abondantes ». Le document prévoit aussi « une installation tardive de la saison des pluies sur une bonne partie du territoire, particulièrement sur la moitié Ouest. » Aussi, « une pluviométrie déficitaire à normale sur la majeure partie du territoire cumul pluviométrique pour la période Mai-Juin-Juillet (MJJ) 2019. Pour la période Juillet-Août-Septembre (JAS) 2019, une pluviométrie déficitaire à normale avec une possibilité d’une situation excédentaire par endroits sur la partie Sud / Sud ouest. » L

ARRIVÉE TARDIVE DES PLUIES:LES PAYSANS PRENNENT LEURS DEVANTS

http://www.emedia.sn/L’installation tardive de l’hivernage annoncé par l’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM) dans son bulletin de prévisions saisonnières de l’hivernage 2019 risque d’être un véritable casse-tête pour les producteurs. C’est la conviction de Lamine Ndiaye, ingénieur agronome. « C’est un problème s’il n’y a pas d’eau pour irriguer, dit-il, interrogé par iRadio. S’il n’y a pas de pluie naturelle, si le point d’eau est à proximité, il n’y a pas de souci mais si on est très éloigné et qu’on n’a pas la possibilité de faire venir l’eau, ça devient un problème réel. »
Fort de ce fait, il invite les agriculteurs d’ores et déjà à prendre leurs dispositions en matière d’irrigation, de système d’irrigation, selon les moyens, la situation géographique. Voir quelles dispositions prendre ? Par exemple, les variétés à cycle court avec le peu d’eau qu’il y a pour arriver à produire quelque chose. »
Informé de la situation, Ibrahima Sall, un producteur agricole, assure avoir déjà pris les devants. « En tant que producteur de mil, de maïs et d’arachide à la fois, confie-t-il, il y a des semences qu’on nous propose mais d’autres qui ont été produites dans nos intrants. Il y a aussi des réserves personnelles que nous gardons. Nous utilisons des variétés actives pour éviter à chaque fois qu’il y a un retard d’avoir de mauvaises récoltes. » DIÉ BA

Réserve naturelle urbaine : 223 espèces d’oiseaux recensées au Technopôle

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Séduit par l’environnement, l’ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal, Théo Peters confie que l’oiseau appelé ’’barjaco noir’’, symbole du drapeau néerlandais, vit dans le Technopôle et migre vers l’Europe. » Cela s’explique, souligne le colonel Diop, par le fait que « pendant l’hiver, plusieurs espèces d’oiseaux quittent l’Europe du fait des conditions difficiles d’existence pour venir en Afrique notamment dans les régions ornithologiques du Sénégal dont le Technopôle. Dès que le printemps s’annonce en Europe, vers le mois de mai, ces oiseaux font le voyage inverse pour se préparer à la reproduction et revenir vers le mois d’octobre. Tout cela explique l’importance du technopôle, vital pour ces espèces. »
M. Sally, le chef de mission Afrique de l’Ouest de la structure oiseaux migratoires du paléarctique occidental (OMPO), estime, lui, que « le cadre du Technopôle est extraordinaire et on n’a pas le droit de le détruire. On y retrouve deux (2) populations d’oiseaux sédentaires et migratrices qui sont dans d’excellentes conditions. Il nous révèle que les oiseaux au pelage noir et blanc sont dits résidents et vivent toute l’année sur le site. Il s’agit d’oiseaux piscivores qui vivent de poissons. »
« Depuis 2011, on suit régulièrement la dynamique aviaire au niveau du Technopôle grâce à l’ONG les « amis des oiseaux » (Birdlife international, nature communauté et développement). Ceci a permis de recenser 223 espèces d’oiseaux », informe-t-il, interrogé par Le Soleil.
Le site du Technopôle, classé par décret présidentiel en réserve urbaine protégée en mars dernier, abrite un potentiel ornithologique. 223 espèces dont des oiseaux migrateurs y sont recensées, selon les estimations du Directeur des parcs nationaux, le Colonel Abdoulaye Diop.

Vers la révocation des baux et titres fonciers accordés

Au titre des nouvelles mesures pour la préservation du site, le Directeur des Parcs nationaux déclare que, depuis le 2 mai dernier, un conservateur de la Réserve urbaine du Technopôle a été nommé. Il est à la tête d’une équipe composé de trente (30) gardes basés en permanence sur le site.
Par ailleurs, rapporte le journal, « tous les baux qui étaient accordés à titre précaire et révocable seront retirés. » Ce, compte tenu de la menace que constitue l’occupation anarchique avec les spéculateurs fonciers. « Pour les titres fonciers, il y a des procédures qui permettent de les révoquer et les autorités sont en train de prendre les mesures nécessaires dans ce sens », assure le Colonel Diop.

Agriculture au Sénégal : la donne sera nouvelle si… Par P B Moussa Kane, doctorant UGB en Aménagement-développement rural

Au Sénégal, le développement rural se réduit quasiment au développement agricole. Avec une frange majoritaire de sa population rurale, le progrès rural est recherché pour un développement global, intégral et intégré. Toutefois, nombreux sont les experts du développement rural dénonçant une instabilité de politique dans le domaine du développement rural.
La politique de développement rural ou agricole est plutôt des politiques, des divers régimes que scientifiques, issue des concertations entre scientifiques et acteurs avalisée par le régime du moment. D’où Mohamed Mbodji, dans la crise trentenaire de l’arachide, 1992 doutait de l’existence d’une politique agricole : « l’Etat n’a pas de politique de rechange…»
S’il est vrai que les intentions et ambitions politiques sont fort louables dans ce domaine force est de reconnaitre que ce terrain est beaucoup plus du ressort des scientifiques et des acteurs que de celui des politiques qui devraient selon les moyens à disposition avaliser et accompagner les praticiens. En effet, ces deux dernières décennies, à travers deux régimes libéraux moult plans et programmes de dynamisation de l’agriculture ont fait leur incursion (GOANA, REVA, plan SESAME…sous Wade ; avec Sall ce fut PRACAS, PRODAC, DAC, ANIDA…). A travers ses plans et programmes qui pouvaient être salutaires car apportant du sang neuf, l’Etat met en exergue une agriculture des grandes exploitations, aujourd’hui encore pas du tout populaire au détriment d’une modernisation ou accompagnement adéquat de l’agriculture majoritaire familiale oubliée.
Ainsi, à ‘’l’éternel recommencement’’ dénoncé par Sarkozy, à l’archaïsme de l’agriculture sénégalaise ont voulu mettre un terme nos gouvernants en y accolant une agriculture de grandes exploitations très médiatique et dont le bilan tarde à être fait surtout avec le scandale financier du PRODAC. En effet, ces exploitations modernisées sont encore très localisées, ont un agenda dont l’exécution ou les étapes d’exécution restent floues. Et le grand nombre des sénégalais se pose aujourd’hui des questions quant à leur rentabilité, leur impact en termes d’emplois et d’accélération de la croissance de l’agriculture comme annoncée.
A ce registre du bilan, il est aujourd’hui notable que ces différents programmes ont l’apparence d’une expérimentation très circonscrite, font figure de gouffres à milliards, au chapitre du bénéfice que ce soit dans la consommation, le rendement, les retombées en terme de devises et d’emplois, ces programmes n’ont pas été à la hauteur des annonces de démarrage.
 Toutefois, dans le monde rural en général, les différents plans gouvernementaux d’infrastructures tel le PUDC, de soutien comme les bourses familiales, d’autosuffisance alimentaire avec la production en quantité et qualité du riz, de capacitation comme le PSE-vert marquent un certain retour au réalisme qu’est le ruralisme de nos politiques de développement d’où est notable un léger mieux avec un rétrécissement des périodes de soudure dans beaucoup de zones.  
A ce titre, le président de la République Macky Sall est le premier chef d’Etat africain à recevoir la plus haute distinction de l’Académie des sciences et techniques d’agriculture de la France”. Selon le président de cette académie, ‘’les performances de l’agriculture se sont considérablement améliorées depuis l’arrivée du président Macky Sall à la tête du pays et l’histoire lui a donné raison parce que la croissance dans le secteur agricole a battu un record en 2017 avec un million de tonnes de riz”. Et le président Sall de le conforter : “L’agriculture à la part productive la plus importante à la croissance avec 16, 8 %, ce qui prouve que l’agriculture est la force motrice qui doit tirer la croissance du pays”. Un autre, cette fois ci expert du pays et conseiller numéro un au ministère de l’agriculture clame, chiffres à l’appui l’avancée agricole du pays ces dernières années.
En effet, le sieur Youssoupha Diallo, à travers un article intitulé : « Par devoir de vérité sur l’agriculture sénégalaise» défend l’idée d’un bond considérable de l’agriculture sénégalaise tant en intrants qu’en rendements : « Pour dire vrai, notre Agriculture est depuis quasiment 5 ans dans une dynamique nouvelle de transformations positives, de modernisation et de performances remarquables.» Mr Diallo parle de l’option d’une agriculture productive, diversifiée et compétitive tirée principalement par 4 filières motrices : le riz et les céréales, l’arachide, l’oignon, les fruits et légumes de contre- saison. Il poursuit : « Dans le PRACAS, version opérationnelle du PSE dans le secteur de l’Agriculture, la stratégie pour l’atteinte de ces objectifs est ainsi déclinée :

  • Equipement du monde rural en matériels à traction animale (agriculture familiale) en matériels motorisés (agriculture fermière) ;
  • Systématisation et de généralisation l’utilisation des semences sélectionnées et des engrais ;
  • Renforcement des moyens des structures de recherche agricole et d’encadrement et de conseil ;
  • Amélioration des politiques agricoles, pour accroitre sa résilience aux changements climatiques ;
  • Maitrise de l’eau ;
  • Renforcement des cultures irriguées dans la vallée du fleuve Sénégal, le Bassin de l’Anambé
  • Réduction des pertes post-récoltes, amélioration de la mise en marché et de la qualité ;
  • Développement des chaines de valeurs agroalimentaires. »
Et Mr le Conseiller numéro 1 du MAER. Président du Club Sénégal Emergent, et PCA de SONACOS-SA de continuer son argumentaire : « Ainsi, la valeur ajoutée du sous-secteur de l’agriculture est passée de 344 milliards en 2011 à 469 milliards en 2016 soit une augmentation en valeur absolue de 125 milliards et de 36,34% en valeur relative sur la même période, ce qui représente une croissance moyenne annuelle de 9,085%, taux supérieur à celui de la croissance globale de l’économie sur la même période (6,4%). 
Incontestablement, l’Agriculture tire notre économie, c’est une locomotive de notre croissance. De 2012 à 2016 plus de 302,5 milliards ont été investis dans le secteur dont 78,3 milliards pour les équipements et le matériel agricoles.   
Des résultats spectaculaires et records ont été enregistrés dans presque toutes les spéculations.
Production 2013 2017
Riz 436.153 T 1.015.000 T
Arachides 677.456 T 1.411.574 T
Oignons 230.000 T 400.000 T
Fruits et légumes de contre-saison 62.226 T 104.645 T
  La production de céréales (riz, mil, sorgho, fonio, maïs.) s’établit en 2017 à 2.516.466 tonnes soit une hausse de 18% par rapport à 2016 et 73% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Pour les exportations de fruits et légumes en 2017 106.000 tonnes ont été réalisées soit une hausse de 17% par rapport à 2016.
  • 4.991 unités de matériels agricoles motorisées dont 1320 tracteurs sans compter les 1000 unités réceptionnées récemment venant de l’Inde dont 520 tracteurs. Le reste des unités est constitué de motoculteurs, de moissonneuses batteuses, de batteuses à riz, décortiqueuses etc.
  • 61.523 unités de matériels agricoles attelés (houe, semoirs, charrues, charrettes……). »
     Si on effectue un constat d’étape on voit que le matériel motorisé n’est pas étendu aux exploitations familiales (EF) majoritaires d’où du matériel motorisé tournant devrait progressivement être mis à disposition de l’agriculture familiale pour un plus grand impact, la qualité des semences reste décriée d’où des semences adaptées aux différentes zones agricoles sont attendues par une plus grande intégration-application de la recherche. les politiques agricoles sont encore loin de transformer l’agriculture familiale majoritaire qui n’a pas varié mais persistent dans ses carences (archaïsme matériel, non respect et inadéquation des engagements lors des subventions et de la commercialisation), dans le bassin arachidier en manque d’eaux de surface pas de système de rétention consistant alors que le projet des vallées fossiles est à ce jour enterré d’où l’équation de l’eau, les zones à réseaux hydriques sont des espaces de plus en plus disputés d’où des problèmes fonciers donc la privatisation agricole devrait impliquer les populations riveraines formées et recrutées, les problèmes de stockage, de transformation, de commercialisation sont notoires, constituent un défi ancien, aujourd’hui déclaré comme tel par les gouvernants. Des agropoles zonaux sont annoncés à cet effet, mais tardent à se matérialiser. Aussi, les chiffres sur les rendements, les devises déclarées ne sont pas toujours vérifiables, d’où l’agriculture déclarée locomotive économique du pays connait des invendus, des retards lors de la commercialisation et des subventions, quelle est la contribution des programmes agricoles du régime?
En ce qui concerne la déclinante huilerie arachidière qu’est la SONACOS, après une privatisation précipitée selon le Professeur Sow, Jabber d’advens a malmené l’entreprise, aujourd’hui rachetée par l’Etat qui sous la conduite de l’ex directeur Dieng a tenté de stabiliser l’entreprise qu’il a déclaré sans bons impayés lors de sa passation de service avec le nouveau directeur Modou Diagne Fada. Aujourd’hui, une reprise timide de la SONACOS est enclenchée cela avec une kyrielle de mesure d’accompagnement, ainsi le peint Mr Youssoupha Diallo,  Conseiller numéro 1 du MAER. Président du Club Sénégal Emergent, et PCA de SONACOS-SA : « Lorsque le Président Macky SALL reprenait SUNEOR, toutes les cinq usines Dakar, Kaolack, Diourbel, Louga et Ziguinchor étaient totalement à l’arrêt ; la dette de l’entreprise vis-à-vis des banques et fournisseurs se chiffrait à plus de 45 milliards, les pertes de plus de 50 milliards. La collecte 2015/2016 était de 7146 tonnes. La nationalisation de SUNEOR, rebaptisée SONACOS-SA suite à la nomination de nouveaux dirigeants, a permis de redresser rapidement la barre. Les cinq unités industrielles reprennent activité en moins d’un an, la collecte arachidière passe de 7.146 tonnes en 2015/2016 à 96.000 tonnes en 2016/2017 et plus de 187.000 tonnes en 2017/2018. Pour permettre aux huileries sénégalaises de faire face aux fluctuations, à la baisse des cours mondiaux des huiles et tourteaux, d’avoir un meilleur équilibre financier et de s’approvisionner en graines, deux mesures fortes ont été prises par le président Macky SALL :
  • La signature du Protocole Etat-huiliers lors de la campagne 2013/2014.L’Etat s’engage ainsi à appuyer les huiliers contre les pertes consécutives aux fluctuations baissières des prix sur le marché mondial à la fixation d’un prix plancher rémunérateur pour les producteurs (passage de 175F à 210F CFA le kilo)
  • L’instauration d’une taxe conjoncturelle à l’exportation des graines de 40 FCFA par kilogramme d’arachide décortiquée.
Ensuite, conformément aux orientations du PSE, il a été décidé d’augmenter la consommation domestique d’huile d’arachide raffinée à hauteur de 30% de la consommation nationale (200.000T). Des mesures commerciales et fiscales conséquentes ont été prises. Les importateurs d’huiles étrangères sont astreints à acheter un quota d’huile d’arachide raffinée avant d’avoir l’autorisation d’importation.» Ainsi, nous avons droit à un protectionnisme à l’exportation comme à l’importation rationnalisé car concerté en faveur de l’entreprise, garantie aux producteurs, des mesures incitatives de dynamisation allant vers l’installation de mini agro industries servant la sonacos : « l’émergence d’une chaine de valeurs nouvelle et autocentrée.» Mr Diallo reconnait des progrès fragiles à poursuivre.
Certes, la chaine de valeur riz sénégalais est une fierté à consolider d’où  : «une dynamique de renforcement de la chaine de valeurs riz est à l’œuvre dans la vallée du Fleuve Sénégal et le Bassin de l’Anambé avec la production, la transformation par des unités modernes et la consolidation et l’élargissement véritable d’un marché intérieur de commercialisation de riz ».
Concrètement, aujourd’hui, pour que l’on puisse parler de nouvelle donne agricole au Sénégal, il nous faut apporter un certain nombre de correctifs au secteur, cela notamment à travers l’application par les gouvernants d’une politique consensuelle entre acteurs et scientifiques ayant dans le viseur les demandes locale et extérieure mais surtout le déterminisme physique zonal à optimiser. Il urge aujourd’hui d’amorcer une dotation matérielle adaptée à adopter à grande échelle d’où une adhésion ou inclusion populaire donc dans l’agriculture familiale aussi. En effet, il faudrait du matériel motorisé léger pour préserver la biodiversité, lequel matériel tournant sera affecté aux exploitations familiales d’une certaine dimension. Par ailleurs, le journaliste consultant de la RTS, Barry souhaitait pour sa part une accentuation de la formation agricole. Cependant, des formations universitaires peu être pléthoriques sont fournies à travers des UFR à l’université de St louis, de Kaolack, de Ziguinchor, de Bambey, de Thiès, de Dakar et bientôt de Dakar banlieue ; donc faudrait surtout multiplier les écoles ateliers comme celle dans les temps installée par les espagnols à l’université de St louis. Ces écoles ateliers n’ont pas d’exigences contraignantes en termes de diplômes ou niveaux d’étude donc recrutent de jeunes agriculteurs surtout ruraux facilement d’où le transfert de technologie se fera et l’insertion ne pose pas problème. La formation spécialisée en machinisme agricole des jeunes agriculteurs par ces écoles ateliers serait la bienvenue pour faire transiter notre agriculture du passé au présent. Dans ce sens, l’érection d’un corps de volontaires de l’agriculture est une priorité pour épauler l’agence nationale de conseil agricole et rurale (ANCAR) et les directions régionales de développement rural (DRDR) en insérant les formés au chômage. Le contrat entre la Sonacos et des prestataires de services pour triturer et décortiquer est peut être un début de restitution des avantages du système carreaux-usine captés par des affairistes opérateurs. Mais aussi, un début de capacitation en agro industrie des producteurs chargés de triturer pour pouvoir savoir intégrer les agropoles annoncés à cet effet malgré le retard de ceux-ci car encore sans signes annonciateurs dans le bassin arachidier où le stockage, la transformation, et la commercialisation demandent à être pris en compte ; d’ailleurs : « y’a des défis de transformation et d’industrialisation » déclarait en connaissance de cause le premier ministre. Dans cette logique, les mesures de sauvetage de la sonacos et de l’économie arachidière devraient être renforcées et tendre à la transformation de nos autres produits agricoles.                    

DANS CHAQUE NICHE,IL Y A UN CHIEN QUI MORD PAR MADIAMBAL DIAGNE

Le gouvernement ne saurait être crédible si des responsables publics continuent de se livrer, avec une certaine arrogance, à des libéralités ou des dépenses somptuaires
Nous sommes tenté d’adresser au Président Macky Sall la même mise en garde que le député français, Gilles Carrez, président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, avait adressée au Président François Hollande, à savoir : «Dans chaque niche il y a un chien qui mord.» En effet, le nouveau mandat du Président Sall s’inscrit dans une dynamique qui risque de heurter bien des situations économiques et sociales et des mesures vont fatalement impacter avec dureté la vie des citoyens. Le Sénégal semble rattrapé par la réalité de sa situation économique, au point de ne plus pouvoir continuer à donner l’impression de faire comme dans un pays riche, un pays aux ressources financières intarissables et qui se permettrait certaines largesses sociales. De nombreuses situations vont devoir être remises en cause.

L’amère pilule de refuser toute hausse des salaires des fonctionnaires

Le Président Macky Sall, un brin contrarié par les revendications des syndicalistes, avait voulu, le jour de la dernière fête du travail, tenir un langage de franchise, de vérité aux syndicalistes, leur indiquant sans ambages qu’il ne saurait plus être question d’augmentation des salaires des fonctionnaires. La déclaration a pu susciter l’émoi, mais la sécheresse des chiffres des comptes publics indique à suffisance que l’Etat du Sénégal est arrivé à un point où il ne pourrait plus faire, à tout le moins dans le court terme, un pas supplémentaire en matière de politique d’augmentation généralisée des salaires des agents publics. Il resterait toujours au gouvernement le levier d’une éventuelle baisse de la fiscalité sur les salaires, comme ce fût le cas, en janvier 2013. A cette occasion, les salariés du public comme du privé avaient pu bénéficier d’un gain de pouvoir d’achat supplémentaire. L’Etat avait consenti de renoncer à des recettes fiscales de l’ordre de 29 milliards de francs au profit des salariés. On se demande si une telle mesure serait encore possible dans un contexte où on commence à déplorer la faiblesse de la part des ressources de fiscalité intérieure pour financer le budget de l’Etat. Dans tous les cas, la masse salariale des agents de la fonction publique sénégalaise n’a eu de cesse d’augmenter à un rythme effréné de 50 à 60 milliards, d’une année à une autre. Dans le budget 2019 du Sénégal, la hausse de la masse salariale est de 60,4 milliards de francs Cfa, soit une hausse relative de 8,6%, alors que la croissance économique moyenne au Sénégal est de 6,6% depuis 2014, c’est-à-dire durant la période d’exécution du Programme Sénégal émergent (Pse). En d’autres termes, si on consulte le Titre II du budget général de l’Etat pour l’année 2019, on constate que la masse salariale se chiffre à 743,41 milliards de francs, compte non tenu des rémunérations des employés des différentes agences publiques, des universités ou les salaires des corps émergents, entre autres. En outre, les rémunérations de personnel consacrées au fonctionnement des différentes institutions de l’Etat comme l’Assemblée nationale, le Conseil économique, social et environnemental (Cese), le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) et autres institutions, compilées dans le Titre IV du budget général, donne un total de quelque 1 000 milliards en dépenses de personnel pour moins de 2 500 milliards de recettes fiscales. Ainsi, le Sénégal consacre 40% de ses recettes fiscales à la prise en charge de ses fonctionnaires. Ce ratio «grille» la norme communautaire de l’Uemoa qui est de 35%. Dans la présentation de la loi de finances, le ministère des Finances alertait déjà, indiquant que «le gouvernement doit surveiller sa masse salariale». Comment en est-on arrivé à ce résultat ?
Il convient de rappeler qu’en 2012, la masse salariale était de 428 milliards de francs pour des effectifs de 91 mille 401 fonctionnaires et autres agents de l’Etat. Les dépenses en personnel de l’Etat ont donc augmenté de plus de 75%, le temps d’un septennat. Les effectifs sont aujourd’hui à 140 mille agents publics. Les augmentations de salaire ont alourdi la charge. 3/4 des effectifs de la fonction publique ont bénéficié d’augmentations de salaire. Les secteurs qui ont été les plus servis sont ceux de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de l’Armée, de la santé et les agents de l’Administration judiciaire (magistrats et greffiers). Un haut fonctionnaire s’est risqué à un commentaire : «Tous les secteurs qui bougent sur le front syndical ont engrangé des hausses de salaires et autres indemnités.» Ainsi, seules certaines catégories professionnelles comme les économistes, les juristes, les planificateurs n’ont pas bénéficié des largesses de l’Etat. Cette assertion est à relativiser, car ces catégories de fonctionnaires ont pu bénéficier par ailleurs d’avantages substantiels comme des parts assez confortables de fonds communs qui n’apparaissent pas dans la nomenclature des dépenses de personnel.
On notera que les enseignants, qui constituent 51% des effectifs de la fonction publique, captent 53% de la masse salariale de l’Etat. Aussi, la mise en œuvre des accords conclus entre le gouvernement et les syndicats enseignants va impacter pour 64 milliards de francs supplémentaires en dépenses de personnel pour l’année 2019. Un membre du gouvernement se demandait s’il ne valait pas mieux, avec l’enveloppe de 60 milliards de francs en plus par an, recruter plus d’agents de sécurité (policiers et gendarmes), plus d’agents de santé, d’agents du Service d’hygiène ou d’agents dédiés à la préservation des ressources environnementales et autres agents de développement communautaire ou même d’autres enseignants. De tels besoins en personnels existent encore.
Le gouvernement envisage également de rationaliser les dépenses dans le secteur diplomatique et dans d’autres administrations comme les agences de l’Etat. Une autre opération qui va fâcher du monde, c’est celle de la restructuration de la Poste qui est devenue inévitable. Les partenaires du Sénégal avaient fini de tirer la sonnette d’alarme sur les déficits creusés, d’année en année, par la gestion de la Société nationale La Poste. Le budget de l’Etat a été systématiquement sollicité pour éviter le dépôt du bilan à La Poste.

L’impossible luxe de payer plus de 250 milliards pour le secteur de l’énergie

L’Etat du Sénégal a mené une politique sociale qui a sans doute pu soulager le consommateur, mais qui aura été menée au prix de graves tensions de trésorerie. La décision de baisse de 10% du prix de l’électricité en 2017 a fortement éprouvé les finances publiques. Cette décision que le gouvernement avait voulu présenter comme un geste social s’est révélée être une patate chaude. Les cours mondiaux des hydrocarbures avaient flambé, un facteur combiné au renchérissement du dollar américain sur les marchés financiers. Le gouvernement avait aussi décidé du blocage du prix du carburant à la pompe, en refusant d’appliquer au consommateur la vérité des prix. Il fallait bien sûr quelqu’un pour payer. L’Etat s’était, de ce fait, dévoué à suppléer aux manques à gagner de la Senelec et à compenser les pertes commerciales de la Société africaine de raffinage (Sar) et des autres pétroliers. Les différentes subventions et autres dettes dues à la Senelec ont monté, courant 2018, à plus de 177 milliards de francs. Devant ce gouffre, l’Etat du Sénégal avait été obligé de conclure un accord avec la Senelec qui permettrait de rembourser tous les ans la bagatelle de 25 milliards de francs. En attendant, la Senelec pourra recourir aux marchés financiers pour lever des emprunts avec les garanties fournies par l’Etat. Qui se souvient encore qu’en 2015 la subvention de l’Etat du Sénégal à la Senelec était tombée à 0 franc Cfa ? Les prix du baril du pétrole et les cours du dollar américain ont de nouveau repris la tendance haussière.
Le gouvernement se trouve obligé de faire face à d’autres situations dont la remise en cause pourrait elle aussi provoquer une ire sociale. C’est notamment la question de la politique d’affectation de bourses et d’aides sociales à plus de 120 mille étudiants, avec une enveloppe de 60 milliards par an, sans aucune rigueur dans les critères d’attribution ou dans le contrôle. Il en sera de même de la décision, depuis 2013, de payer des frais de scolarité pour plus de 47 mille étudiants, orientés dans les universités et instituts privés d’enseignement supérieur, pour plus de 8 milliards de francs par an. L’Etat du Sénégal a poursuivi la politique qui a permis de caser des étudiants qui ne trouvaient pas d’inscription dans les universités publiques aux capacités largement dépassées. L’idée était d’accélérer les chantiers de réalisation des Universités Amadou Makhtar Mbow de Diamniadio et Cheikh Ibrahima Niass de Kaolack. Malheureusement, les dysfonctionnements observés dans la conduite de ces chantiers ont eu pour conséquence que l’Etat continue encore à supporter la facture salée, réglée au secteur privé de l’enseignent supérieur. La panacée qui se voulait provisoire de caser le trop-plein d’étudiants dans les universités privées va ainsi demeurer. Jusqu’à quand ? Et s’il faudrait y mettre un terme, quel en serait le coût social et politique ?
La politique de réduction des dépenses de fonctionnement de l’Etat ne manquera pas d’avoir des répercussions sur certaines couches sociales. Le budget de fonctionnement de l’Etat a baissé de 12,5% du Pib en 2012 à 7,5% en 2018. Les dépenses de fonctionnement du budget général de l’Etat, sur la base des lois de règlement votées, indiquent qu’en 2012, 30% du budget de l’Etat ont été consacrés au fonctionnement, contre 24% en 2017. Le Président Sall a imposé une certaine rigueur dans les dépenses publiques. Ainsi, l’Etat a mieux dépensé, car la qualité et le volume des services publics fournis n’en ont point souffert. Pourtant, on notera que dans le même temps, la richesse nationale a augmenté avec un taux de croissance qui a évolué de 3,2% du Pib à une moyenne de 6,6%. Ce regain de richesse nationale a été consacré à des dépenses sociales comme la distribution de bourses familiales, des politiques sociales comme la Couverture maladie universelle, la carte d’égalité des chances, entre autres.
Il reste que la résiliation de nombreux baux de maisons louées par l’Etat pour y loger des administrations publiques va éroder le pouvoir d’achat des bénéficiaires, même si d’un autre côté les entreprises de construction auront trouvé de nouvelles commandes. L’Etat dépensait annuellement 8 milliards de francs Cfa pour des baux administratifs. La politique de construction de sphères ministérielles à Diamniadio et dans les régions, ainsi que la réfection du Building administratif auront cependant le mérite de mieux loger les administrations publiques et devraient permettre de faire des économies sur la dépense publique.

Que tout le monde se serre la ceinture !

Il va donc falloir une politique d’austérité. Toutefois, une telle politique ne serait acceptée par les populations que grâce à de gros efforts d’explication et de dialogue. Mais il faudra prêcher par l‘exemple. Une certaine diète sociale ne saurait être imposée aux populations alors qu’elles ne perçoivent pas des efforts de réduction du train de vie des autorités publiques. En effet, le gouvernement ne saurait être crédible si des responsables publics continuent de se livrer, avec une certaine arrogance, à des libéralités ou des dépenses somptuaires. Qui accepterait de se priver en assistant au spectacle qui montre ceux qui incarnent l’Etat, donnant l’impression de se servir goulument ?

Gouvernance En Mode «Fast Track» : Le Long Chemin Du Court Trajet

https://www.walf-groupe.com Le fast-track peine à aller vite. Jusqu’ici, il n’a accouché que de traînailleries et demi-solutions qui ne font que paralyser l’esprit critique des Sénégalais. Ainsi, avec Macky 2, la tambouille servie risque d’être du même tonneau et permettra encore de vider les caisses déjà vides.
Réformes en méforme. Alors que les Sénégalais qui ont reconduit son pouvoir s’attendent à des réformes en profondeur pour améliorer le panier de la ménagère et leur donner un pouvoir d’achat, Macky Sall tarde à aller à l’essentiel. Jusqu’ici, on ne voit qu’un slogan «fast-track» (Aller vite, Ndlr) et des combinaisons bassement politiciennes alors que des réformes sont inéluctables dans les secteurs de l’administration, de l’énergie, etc. Criée sur tous les toits, la cadence n’a pas été accélérée sous Mimi et Dionne. Et le nouveau concept de Macky 2 risque de finir au cimetière des voeux pieux. Car, depuis son annonce, on n’assiste qu’à un partage de maroquins et des frustrations contenues des artisans de la victoire dont certains ont été dézingués. Une distribution de prébendes qui est même en passe de virer en «crise sur le gâteau », avec le mécontentement provoqué au Parti socialiste allié où la reconduction des ministres Aminata Mbengue Ndiaye et Serigne Mbaye Thiam est encore une pilule difficile à avaler pour certains caciques. Ce qui pousse le parti de Senghor du roupillon à la crise de nerfs avec notamment la démission du porte-parole adjoint, Me Moussa Bocar Thiam.
Pourtant, ces petites tambouilles de Macky Sall ne font que retarder l’échéance. Parce que les institutions de Bretton Woods ne transigeront pas sur les réformes que doit mener le Sénégal après les joutes électorales. Ainsi, pour elles, l’urgence de l’urgence, ce sont les réformes. Car, aujourd’hui, tous les pays sérieux grouillent dedans. En France, les «gilets jaunes» ont poussé Macron à revoir ses plans, faire machine arrière et céder quelque chose aux «Smicarts» et autres retraités. Au Maroc, les réformes demeurent le grand débat, et le patron a mis les pieds dans le plat. Mais au Sénégal, on s’attarde sur des banalités du genre le Sénégal a acheté 20 mille voitures pour 500 milliards, carbure son parc à hauteur de tant, etc., comme si on ne le savait pas. Une stratégie d’enfumage pour tenter de justifier le resserrement de ceinture alors qu’on a assisté à une élection-reconduction avec le même système qui est à l’origine de tout ce bazar. Un charivari que personne ne comprend. En effet, si on veut vraiment faire des économies budgétaires, on sait que le premier poste de rationalisation mène du côté de l’avenue Léopold Sédar Senghor où pas plus tard que la semaine dernière, la presse faisait état d’une distribution éhontée d’enveloppes d’argent, 500 mille francs Cfa, à des femmes-députés après le vote de la loi sur la suppression du poste de Premier ministre. Donc, il serait bien de commencer par mettre fin à ces pratiques en «fast-track». Sinon, cette conception sera pour les autres et le reste. Pas pour les uns. Ce qui n’en ferait, malheureusement, qu’un amusement de galerie. Surtout que c’est Macky Sall qui avait nommé tous ces gens dégommés, avec les avantages et le reste. Pis, avec le gouvernement du palais qui se dessine à travers les nombreuses opérations de recasement, on risque d’avoir le plus gros poste de dépense au Château.
Aujourd’hui, la précarité des finances publiques fait que l’’Etat ne peut plus continuer à subventionner l’énergie. Un secteur où, soufflent certaines indiscrétions dans le système, le pays à un gap à 80 francs Cfa par kilogramme d’énergie que l’Etat continue de subventionner. Le gouvernement voulait accepter de descendre jusqu’à 40 francs pour satisfaire le Fonds monétaire international qui ne cesse de demander l’application de la vérité des prix. Mais, aux dernières nouvelles, il chercherait à se débiner. Et tout le monde attend de voir l’attitude du Fmi qui vient de boucler une staff-visite dans le pays. Cela, parce que, confient certaines sources, le Sénégal envisage de passer de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe) à l’instrument de coordination des politiques économiques (Icpe). Ce nouveau mécanisme du Fmi, approuvé en juillet 2017, cherche à renforcer le dispositif mondial de sécurité financière et l’efficacité des instruments à la disposition du Fmi. Le seul pays qui a encore cet instrument est Seychelles.Seyni DIOP

LES RAISONS DU GEL DE L’AUGMENTATION DES SALAIRES

1er mai, c’est cette date symbolique qui marque la célébration de la fête du travail que Macky a choisie pour exclure toute augmentation de salaire dans la fonction publique – Décision volontaire ou contraintes budgétaires ?
1er mai, c’est cette date symbolique qui marque la célébration de la fête du travail que Macky a choisie pour exclure toute augmentation de salaire dans la fonction publique. Tentative d’explication d’une décision qui n’a pas manqué de faire grincer des dents.
Décision volontaire ou contraintes budgétaires ? Quoi qu’il en soit, cette pilule sera difficile à avaler pour les agents de l’Etat, même s’il faut l’admettre, une bonne partie d’entre eux sont grassement payés avec des salaires et des indemnités consistants. Mieux, certains bénéficient de logements, de véhicules de fonction, d’une dotation de carburant… Face aux centrales syndicales, le chef de l’Etat a révélé que la masse salariale se chiffre à 80 milliards de FCfa par mois. Annuellement, l’enveloppe se situe à 860 milliards de FCfa, compte non tenu des agences. Pour celles-ci, le montant de la masse salariale est de 140 milliards de FCfa. Ce qui fait un total de près de 1000 milliards de FCfa consacrés aux salaires.

Une logique d’anticipation

De l’avis de l’économiste Yaya Diandy, enseignant-chercheur à la Faseg, le chef de l’Etat devait aller plus loin dans sa déclaration en élargissant cette mesure aux institutions. « Le problème est plus global. Il est à situer au niveau du train de vie de l’Etat », a indiqué M. Diandy. Il a soutenu que les exonérations fiscales dont bénéficient les grandes entreprises, parfois de manière injustifiée, sont autant de problèmes auxquels il faudrait s’attaquer. La sortie du Président serait alors, à ses yeux, plus crédible et plus juste pour tous. L’universitaire rajoute que s’il y a des efforts à faire, c’est toute la chaîne étatique qui doit être concernée : salariés, membres du gouvernement, présidence, directions, consulats, ambassades, etc. Sur les motifs qui expliqueraient cette mesure annoncée par le Président, l’économiste pense que l’Etat cherche, par là, à assurer ses arrières face à des lendemains qui risquent d’être tendus et préparer psychologiquement les syndicats (qui ne manqueront pas de mener des actions) sur ce qui peut être fait ou plutôt sur quoi il est prêt à céder. Il a rappelé, à cet effet, qu’à la suite de négociations entre les syndicats et le patronat, le Smig a connu une revalorisation dernièrement en 2018, passant de 36.000 FCfa à 52.000. L’Etat a aussi essayé de prendre à bras le corps l’amélioration du pouvoir d’achat en initiant, par exemple, une politique de baisse des loyers ou encore la baisse de l’impôt sur le revenu. De plus, a indiqué M. Diandy, beaucoup de corps ont eu à bénéficier d’une certaine revalorisation salariale. Tout cela, a-t-il justifié, est étroitement lié aux revendications syndicales qui ont connu une certaine intensité durant le premier septennat du régime en place. Pour ce quinquennat, le nouveau gouvernement veut dérouler son programme dans la sérénité et accorder une priorité à ses projets. Cependant, de l’avis de cet universitaire, la réponse servie par le chef de l’Etat peut s’avérer contre-productive. « Au regard de cette réponse sèche servie par l’autorité suprême, les syndicats pourraient, au contraire, se radicaliser davantage et se préparer, en conséquence, à une lutte plus stratégique et plus acharnée, car leurs revendications sont, somme toute, légitimes », a averti l’économiste. Toutefois, il a soutenu que face à la rareté des ressources, l’heure est à la planification et à l’arbitrage budgétaire. De plus, les projets gigantesques de l’Etat de la phase 1 du Pse, avec les services de la dette, risquent d’exacerber cette situation. Le ton est d’ailleurs donné avec l’augmentation de la taxe sur le ciment avec comme motif…le financement de la construction de logements.

Une masse salariale qui creuse le déficit budgétaire…

La dernière note de conjoncture de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) a relevé qu’au cours du 1er trimestre de 2019, la gestion budgétaire a été marquée par une accélération significative des dépenses publiques associée à une hausse modérée des ressources budgétaires. En effet, les ressources mobilisées à fin mars 2019, évaluées à 529,6 milliards de FCfa, se sont accrues de 5,8 %, tandis que les dépenses ont fortement augmenté de 57,3 % en glissement annuel, passant de 645,3 milliards de FCfa à fin mars 2018 à 1.014,8 milliards de FCfa à fin mars 2019. Au total, a noté la Dpee, le déficit budgétaire est estimé à 485,2 milliards de FCfa contre 144,7 milliards de FCfa à la même période de 2018. Cette orientation, a justifié la note de conjoncture, traduit la hausse sur les dépenses d’investissement, les intérêts sur la dette, la masse salariale ainsi que les transferts et subventions (…). Pour ce qui est des charges d’intérêt sur la dette (116 milliards de FCfa) et la masse salariale (182,7 milliards de FCfa), elles se sont confortées respectivement de 54 % et 15,9 %.

Ce que disent les critères de convergence de l’Uemoa

Depuis janvier 2015, un nouvel acte additionnel instituant le nouveau pacte de convergence entre les États membres de l’Uemoa a été adopté par les Etats membres en remplacement du pacte de 1999. Pour les nouveaux critères de convergence, le nombre a été réduit à cinq dont trois de premier rang et deux de second rang. Pour ce qui est de l’horizon de convergence, il est fixé à 2019. En effet, les trois critères de premier rang, pour rappel, sont, entre autres, le ratio du solde budgétaire global, dons compris, rapporté au Pib nominal supérieur ou égal à -3%, le taux d’inflation annuel moyen inférieur ou égal à 3 % et le ratio de l’encours de la dette intérieure et extérieure rapporté au Pib nominal inférieur ou égal à 70 %. Les deux nouveaux critères de second rang sont relatifs aux ratios de la masse salariale sur les recettes fiscales inférieures ou égales à 35 % et des recettes fiscales sur le Pib nominal supérieures ou égales à 20 %. S’agissant de l’avant-dernier critère en question, l’économiste Yaya Diandy a souligné que le Sénégal fait partie des bons élèves dans l’Uemoa en matière de respect de ce critère de convergence (avec le Togo et le Mali). Citant le rapport de la commission de l’Uemoa de 2018, il a relevé que le ratio « masse salariale sur recettes fiscales » était de 32,5 % (le plus faible taux après celui du Mali), soit en dessous de la norme communautaire. Dans l’Union, le plafond est de 35 %, au moment où des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Bénin affichent des ratios de plus de 40 %, a fait remarquer l’enseignant à la Faseg. Il a plaidé pour un contrôle de la masse salariale qui peut devenir insoutenable. Une absence de maîtrise grèverait le budget de l’Etat en gonflant les dépenses de fonctionnement au détriment des investissements. Mais cette théorie est à nuancer, selon notre interlocuteur, si on suit la logique keynésienne (John Maynard Keynes). Autrement dit, l’augmentation du salaire ne doit pas être vue seulement comme une charge ou une dépense, mais un moyen d’élargir l’assiette fiscale, la consommation qui est le moteur de l’activité économique. Abdou DIAW

STRATÉGIE D’INCLUSION FINANCIÈRE DE LA BCEAO : LA SUISSE APPORTE 5, 5 MILLIARDS DE FRANCS CFA

Dakar, 13 mai (APS) – La confédération suisse va apporter une contribution de 5, 5 milliards de francs Cfa sur la période 2019- 2023 dans le cadre de l’appui à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) dans sa stratégie d’inclusion financière, a appris l’APS.
L’accord matérialisant cet appui a été signé ce lundi à Dakar par l’Ambassadeur de Suisse au Sénégal et la BCEAO pour ‘’permettre à plus d’agriculteurs, d’éleveurs, de femmes et de jeunes d’Afrique de l’ouest d’accéder à l’épargne, au crédit et aux assurances’’.
La signature de cet accord entre dans le cadre de l’appui à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) dans sa stratégie d’inclusion financière, précise le communiqué transmis à l’APS.
Selon la même source, ‘’la stratégie vise, sur un horizon de cinq ans, à permettre à 75% de la population de cette région de l’Afrique d’avoir un accès à des produits et des services financiers adaptés et à des coûts abordables’’.
La Suisse va ainsi apporter une contribution totale de 5, 5 milliards de francs Cfa sur la période 2019- 2023.
Cet appui va, d’une part directement à la BCEAO, d’autre part au Swiss Capacity Building Facility (SCBF) et à la Social Performance Task Force (SPTF), deux organisations à but non lucratif, précise le communiqué, soulignant que la SCBF crée des produits financiers adaptés aux besoins des populations et jusqu’à maintenant exclues du système financier.
Le SPTF a pour but de rendre les services financiers plus sûrs et plus avantageux pour les clients et organise des formations, ajoute le document, notant que la contribution de la Suisse est complémentaire à d’autres contributions dont celles de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale.
Cité dans le communiqué, l’Ambassadeur de Suisse au Sénégal, Marion Weichelt Krupski, a déclaré lors de la cérémonie de signature que cet appui financier marque l’engagement de son pays ’’pour le développement économique rural en Afrique en permettant à plus de personnes d’accroître leurs actifs, d’atténuer les chocs causés par des situations d’urgence, des maladies ou des accidents, et de réaliser des investissements productifs’’.
Le texte ajoute qu’en ’’appuyant la mise en œuvre de la stratégie régionale d’inclusion financière de la BCEAO dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) la Suisse vise à atteindre plus de 300 000 personnes de bas revenu, mais aussi à renforcer l’expertise des institutions financières’’.OID/AKS

L’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures procède à ses deuxièmes allocations de fonds afin de soutenir le développement de 70 000 entreprises féminines

WASHINGTON, 13 mai 2019 — L’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures (We-Fi) a annoncé aujourd’hui ses deuxièmes allocations de fonds, qui devraient bénéficier à 70 000 entreprises dirigées par des femmes et permettre de mobiliser pratiquement un milliard de dollars de financement auprès d’autres sources publiques et privées.
Avec une enveloppe de 129 millions de dollars en faveur de programmes de soutien à l’entrepreneuriat féminin, cette deuxième série de subventions devrait mobiliser 990 millions de dollars de financements supplémentaires auprès d’autres sources publiques ou privées par l’intermédiaire de quatre banques multilatérales de développement. La Banque africaine de développement a obtenu 61,8 millions de dollars pour financer des activités dans 21 pays d’Afrique tandis que la Banque asiatique de développement s’est vu allouer 20,2 millions de dollars en appui à son action à Fidji, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et au Viet Nam. De leur côté, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et la Banque interaméricaine de développement ont reçu respectivement 22,9 et 24,28 millions de dollars pour leurs opérations en Asie centrale et dans les pays d’Amérique latine et des Caraïbes.
Ce deuxième cycle de financements vient compléter la première série d’allocations annoncée en avril 2018, à hauteur de 120 millions de dollars, qui a permis de financer des projets du Groupe de la Banque mondiale, de la Banque asiatique de développement et de la Banque islamique de développement destinés à démanteler les obstacles à l’activité des femmes entrepreneures dans les pays en développement. Ensemble, ces deux vagues de financements devraient concerner 115 000 femmes entrepreneures et mobiliser 2,6 milliards de dollars de fonds supplémentaires auprès d’autres sources publiques ou privées — soit dix fois les moyens mis à la disposition de l’Initiative We-Fi par ses 14 pays donateurs.
« L’Initiative We-Fi, fondée sur un large partenariat entre de multiples acteurs afin de lever les obstacles rencontrés par les femmes entrepreneures grâce à des solutions globales et durables, est la première du genre, souligne Geoffrey Okamoto, président du comité de direction de l’Initiative We-Fi et secrétaire d’État adjoint par intérim pour les finances et le développement international au Département du Trésor des États-UnisL’idée n’est pas de financer directement ces entrepreneures mais des projets capables de s’attaquer aux causes structurelles des entraves financières à l’entrepreneuriat féminin. »
« Dès qu’elles peuvent exprimer leur potentiel économique, les femmes contribuent à améliorer la croissance, la prospérité et la paix dans le monde, observe Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondialeEn mobilisant des milliards de dollars pour les femmes entrepreneures, y compris dans les contextes les plus difficiles, l’Initiative We-Fi a dépassé tous ses objectifs. Nous avons la ferme intention de poursuivre sur cette lancée, car la réussite des femmes profite à tous. »
De fait, 70 % des allocations actuelles de l’Initiative We-Fi seront consacrées à des entrepreneuses vivant dans des pays admis à bénéficier de l’aide de l’Association internationale de développement (IDA) et dans des pays en situation de fragilité et de conflit.

Voici la répartition des ressources allouées au titre du deuxième cycle de financements :

• La Banque africaine de développement a obtenu 61,8 millions de dollars pour son programme de discrimination positive pour le financement en faveur des femmes en Afrique (AFAWA). Ce programme entend proposer des outils financiers innovants et sur mesure, à l’image du mécanisme, unique en son genre, de partage des risques, une formation spécialisée dans le renforcement des capacités et des initiatives ciblées pour réformer en profondeur l’environnement propice aux activités des femmes entrepreneures. Sur les 21 pays ciblés, le programme AFAWA s’adressera en priorité aux pays IDA ou aux pays fragiles et en conflit, où les femmes ont beaucoup de mal à accéder aux financements, aux marchés, au savoir et aux programmes d’accompagnement. Sont notamment concernés le Burundi, les Comores, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, le Niger, l’Ouganda, la République démocratique du Congo, le Sénégal, la Sierra Leone, la Tanzanie, le Tchad, la Zambie et le Zimbabwe.
• La Banque asiatique de développement a reçu 20,2 millions de dollars pour son programme visant à accélérer le développement des entreprises féminines dynamiques en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique ((WAVES). Ce programme soutiendra plus de 5 105 entreprises dirigées ou détenues par des femmes en Indonésie, dans le Pacifique et au Viet Nam et s’emploiera à faire évoluer durablement les comportements des principaux interlocuteurs, publics et privés. En Indonésie et au Viet Nam, des prêts axés sur les performances permettront d’élargir l’accès aux financements tandis que Fidji émettra la première obligation de l’Asie du Sud-est et du Pacifique ayant une dimension sexospécifique. La Banque asiatique de développement travaillera avec des partenaires nationaux pour réaliser la première enquête de conjoncture auprès des entreprises féminines du Pacifique et soutiendra l’introduction de dispositions relatives à l’égalité hommes-femmes dans le droit commercial du Viet Nam. Les capacités et la confiance des femmes entrepreneures seront renforcées par des programmes d’initiation à la finance, d’accélération commerciale et d’accompagnement dans le but d’accroître leurs contributions à l’édification d’économies inclusives et dynamiques.
• La Banque européenne pour la reconstruction et le développement a reçu 22.9 millions de dollars pour son programme de soutien aux entreprises féminines en Asie centrale. L’intégralité de l’allocation We-Fi ira aux pays IDA, notamment la Mongolie, l’Ouzbékistan, la République kirghize et le Tadjikistan. Le programme a adopté une approche holistique pour s’atteler à tous les obstacles (offre, demande, environnement) dans le but d’enclencher un changement systémique au niveau du marché comme dans les entreprises.
• La Banque interaméricaine de développement a reçu 24,28 millions de dollars pour son programme dédié aux femmes entrepreneures pour l’Amérique latine et dans les Caraïbes (WeForLac). Ce programme entend améliorer l’accès aux financements, aux marchés, aux compétences et aux réseaux mais aussi renforcer l’écosystème entrepreneurial pour soutenir les entreprises dirigées ou détenues par des femmes. Il devrait bénéficier à plus de 19 252 femmes, en priorité dans les communautés mal desservies en Argentine, au Brésil, en Colombie, en El Salvador, au Honduras, au Guatemala, au Mexique et au Pérou.

L’Initiative We-Fi :

Lancée en 2017 lors du sommet du G20 à Hambourg (Allemagne), l’Initiative We-Fi a pour objectifs d’aider les femmes entrepreneures à accéder aux marchés, aux financements, à la technologie, à des services d’accompagnement et autres et, parallèlement, grâce à une collaboration avec les États et le secteur privé, de faire évoluer les lois et les politiques bridant l’entrepreneuriat féminin dans les pays en développement.
L’Initiative We-Fi est soutenue par de nombreux pays : Allemagne, Arabie saoudite, Australie, Canada, Chine, Danemark, Émirats arabes unis, États-Unis, Fédération de Russie, Japon, Norvège, Pays-Bas, République de Corée et Royaume-Uni.
Contacts
À Washington :             Nicole Frost, +1 (202) 458-0511, Nfrost@worldbankgroup.org
Service audiovisuel :      Huma Imtiaz, +1 (202) 473-2409, himtiaz@worldbankgroup.org
UN FLOU TOTAL: Les fonds de dotation et de concours alloués par l’État aux collectivités territoriales ne sont pas encore disponibles.
http://www.enqueteplus.com Ce qui n’est pas sans conséquence au sein de ces structures où des responsables dénoncent les critères de répartition. Si l’argent n’est pas disponible, il y a des risques réels de voir les travailleurs des conseils départementaux privés de salaires, à la fin du mois de mai et passer une Korité très difficile.
Quels sont les critères de répartition des fonds de concours et de dotation alloués aux collectivités territoriales ? Difficile de répondre à cette interrogation, confient plusieurs maires et présidents de conseil départemental interpellés sur ce sujet. Et pour cause, le principal critère démographique mis en avant n’est pas respecté. A titre d’exemple, en ce qui concerne le fonds de concours, la commune de Ndoulo, qui est plus peuplée que celle de Ndindy, s’est vue allouer la somme de 26 931 163 F Cfa contre 31 682 042 pour Nd

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