LES PRODUCTEURS DE DAGANA INCRIMINENT LES INDUSTRIELS

LES PRODUCTEURS DE DAGANA INCRIMINENT LES INDUSTRIELS
LES PRODUCTEURS DE DAGANA INCRIMINENT LES INDUSTRIELS
https://www.seneplus.com/ http://www.sudonline.sn Le courant ne passe plus vraiment entre les producteurs de tomates de Dagana et les industriels intervenant dans le secteur.
Les responsables des 09 unions villageoises de Dagana ont vigoureusement dénoncé l’attitude de ces derniers qui ont unilatéralement violé les contrats qui les lient concernant la campagne fraiche 2019. Des manquements  qui ont occasionné de lourdes pertes dans les productions. La situation  risque de causer le non-remboursement par les producteurs de leurs dettes s’élevant à hauteur de 225 millions de nos francs contractées à la Cncas pour la présente campagne. Lesquels producteurs de tomate ont aussi profité de l’occasion pour lister les nombreux maux qui plombent leur filière.
Les temps ne  sont plus comme avant chez les producteurs de tomates. Des unions villageoises de Dagana ont exprimé leur colère fustigeant ainsi le manque de considération notoire de la part des industriels. A en croire le secrétaire administratif de l’union zone A de Dagana, les agriculteurs n’en peuvent plus de cette situation qui est de trop. « La filière tomate est à l’agonie et va sûrement à sa mort si rien n’est fait pour arrêter les industriels véreux. Depuis plus de 20 ans, la filière tomate ne fait que chuter d’année en année. Le prix du kilogramme de la tomate est resté toujours à 51,5 francs pendant deux décennies, alors que les prix des intrants ne cessent de flamber. Cela est vraiment une injustice. Même le son du bétail « ripass » qui est un sous-produit du riz coûte trois fois plus cher que le kilo de la tomate fraiche », a déploré Iba Diop.
Très remonté contre les industriels, M. Diop de révéler que des milliers de tonnes pourrissent dans les périmètres, faute de moyens de transport pour les évacuer vers les usines. « Dans les contrats, ce sont les industriels qui doivent procéder à l’enlèvement en nous fournissant des camions quotidiennement pour que la production ne pourrisse pas dans les champs. Mais ils ne le font pas pour mieux spéculer. Or, sous le magistère de Feu président Fédior, avec un seul industriel, la filière parvenait à produire plus de 80.000 tonnes, alors qu’avec 03 industriels, les producteurs peinent terriblement à écouler moins de 50.000 tonnes. Ce qui montre qu’il y a un sabotage de leur part pour tuer la filière et les producteurs. Mais nous ne l’accepterons jamais car nous ne connaissons que l’agriculture  » a-t-il martelé.
Raison pour laquelle les unions de Dagana invitent les autorités étatiques à se pencher rapidement sur cette situation catastrophique. D’autant que les producteurs  de Dagana ont  emprunté un crédit de 225 millions de francs Cfa auprès de la Cncas pour la campagne saison froide 2019. « Les manquements des industriels  constituent un goulot d’étranglement pour les producteurs parce que nous sommes endettés jusqu’au cou et les pertes subies ne favorisent pas le remboursement des crédits. Heureusement, les dirigeants de la Cncas sont descendus sur le terrain pour constater de visu la violation des contrats par  les industriels », a expliqué Lamine Diop, avant d’ajouter que la liste des difficultés des producteurs de tomates est loin d’être exhaustive.
Selon le président de l’Union de Dagana, cette situation critique pousse à exiger l’audit de la filière tomate et la destination des 0,5F prélevés sur chaque kilogramme de tomate pesée pour que la structure puisse retrouver sa véritable place de défense des producteurs de tomates. Pour Lamine Diop, l’Etat est aussi interpellé sur l’enveloppe de plus de 1 milliard  500 millions francs Cfa qui a été allouée à l’épongement des dettes des producteurs et du matériel agricole de mauvaise qualité octroyé à leur union. A l’issue de la rencontre, les producteurs ont tendu une main  au nouveau ministre de l’Agriculture et au patron de la Saed pour une collaboration franche au bénéfice des acteurs du secteur agricole.YVES TENDENG

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