L’école Sainte-Jeanne d’arc de Dakar a-t-elle réellement interdit le port du voile?

L’école Sainte-Jeanne d’arc de Dakar a-t-elle réellement interdit le port du voile?
L’école Sainte-Jeanne d’arc de Dakar a-t-elle réellement interdit le port du voile?

 

https://www.senenquete.sn/ Ce 02 mai 2019, les internautes se sont réveillés avec la capture d’un mail supposé provenir de l’institution catholique Sainte-jeanne d’arc, membre de la congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny. Dans le message attribué à la proviseure de l’établissement, Rayanna Tall, il n’est mentionné ni la date, encore moins le destinataire, seules l’heure et une signature.

 » …Dans le cadre actuel de la relecture générale de sa mission et du projet éducatif, a décidé de statuer sur la tenue autorisée pour les élèves de l’ISJA ; celle-ci se composera à partir de la rentrée de septembre 2019 de l’uniforme habituel, avec une tête découverte, aussi bien pour les filles ».

Une recherche de l’origine de l’image sur les réseaux sociaux a permis de tomber sur la plus ancienne publication contenant le message dit de la proviseure, Mme Tall. Il s’agit d’une pub faite le 02 mai 2019 vers 7h du matin par un dénommé Youssou DIA sur son compte Facebook.

Un message largement repris sur les réseaux sociaux par des internautes. Ce qui a suscité un débat sur la toile quant à la légitimité ou non d’une telle décision fut-elle le règlement intérieur d’un établissement scolaire privé.

Les sites d’informations générales également n’ont pas été en reste. Beaucoup d’entre eux ont repris la capture du mail pour en faire des articles.

Une situation qui a suscité notre intérêt pour le sujet. Afin de respecter le principe de l’équilibre de l’information, nous avons appelé sur le fixe de Jeanne d’arc qui sonnait sans réponse, nous nous sommes par la suite connectés sur le site, pour nous présenter et leur laisser notre message. En poursuivant nos recherches, nous avons pu trouver le numéro de M. Baguidi, le chargé des relations intérieures de l’institution, que nous avons joint au téléphone.

Après nous être présentés, nous lui avons fait part de l’objet de notre appel, il nous a répondu ce qui suit « c’est la 3ème fois que je reçois un appel par rapport à ce sujet ». Selon M. Baguidi, il y a un mois, après qu’il a été interpellé sur la question, il avait saisi qui de droit (ndlr : son supérieur hiérarchique) qui lui avait servi cette réponse qu’il tient à préciser est toujours d’actualité « à Jeanne d’arc, nous n’interdisons pas aux élèves le port du voile, mais c’est plutôt une certaine manière de se voiler qu’on invite à revoir. Donc c’est de la manière qu’il s’agit, mais nous n’interdisons pas le voile dans notre établissement ». Au responsable des affaires internes de renchérir « Mme Reyanna Tall elle-même est musulmane, je ne comprends pas ce que les gens veulent faire passer à travers cette capture qui circule sur les réseaux sociaux ».

Pour plus d’informations sur la question, M. Baguidi, nous donne rendez-vous le 06 mai 2019, à l’occasion de la reprise des cours au sein de leur établissement, puisqu’ils sont présentement en vacances.

Pour creuser davantage, nos recherches ont été poursuivies pour avoir accès au règlement intérieur de l’école Jeanne d’arc de Dakar. Dans le document en vigueur depuis la rentrée de septembre 2017, on peut clairement lire à l’article 5.2 intitulé « Tenue vestimentaire », « la tenue vestimentaire doit être propre, décente, respectant les règles d’hygiène et de pudeur par respect pour autrui. La coiffure doit rester discrète et soignée. Les chemises doivent être boutonnées, ne laissant ouvert que le bouton du col. Le port du voile est autorisé, aux couleurs de l’institution (blanc ou bleu marine). L’uniforme avec le logo de l’Institution est obligatoire y compris le pull ; l’ensemble des tenues est vendu dans l’établissement. Aucune autre tenue n’est acceptée… »

Pour plus de précisions, l’avis des autorités publiques a saisi à travers le ministère sénégalais de l’éducation nationale, dont la direction de la formation et de la communication (DFC) a été contacté. Moustapha Diagne, son directeur nous a mis en rapport avec la directrice de l’enseignement moyen secondaire général du ministère. Cette dernière, Mme Fatouma BÂ Diallo jointe à téléphone a laissé entendre « au niveau déconcentré, l’inspection d’académie de Dakar est entrain de mener des investigations par rapport à cette affaire. Nous vous reviendrons quand nous aurons plus d’informations ».

Nos recherches se continuent sur le plan légal. C’est d’ailleurs pour savoir ce qu’en la charte fondamentale, qui fait savoir dans son préambule qui est partie intégrante de sa constitution, et à son article premier, que « la République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe, de religion.Elle respecte toutes les croyances».

Ce que confirme également les articles 23 et 24 qui disposent respectivement « Des écoles privées peuvent être ouvertes avec l’autorisation et sous le contrôle de l’Etat » et « La liberté de conscience, les libertés et les pratiques religieuses ou cultuelles, la profession d’éducateur religieux sont garanties à tous sous réserve de l’ordre public.

Les institutions et les communautés religieuses ont le droit de se développer sans entrave. Elles sont dégagées de la tutelle de l’Etat. Elles règlent et administrent leurs affaires d’une manière autonome »

Port vestimentaire:L’école Jeanne d’Arc se voile de polémique

http://www.seneweb.com/ « Le voile de la controverse » (Le Soleil), « Une mesure à controverse » (Sud Quotidien) et « Jeanne d’Arc se voile de polémique » (Vox Populi). Telles sont, entre autres, quelques-unes des manchettes de la presse quotidienne consacrée à l’interdiction du port de voile à partir de la rentrée prochaine, à l’Institution Sainte Jeanne d’Arc.

Une levée de boucliers qui a poussé, révèle Le Soleil, l’Académie de Dakar à rappeler, afin que nul n’en ignore, « le caractère laïc de l’éducation ». Là où, toujours selon le quotidien national, l’Église persiste et signe sur un fait : « Notre projet éducatif bannit l’exclusion ». En tout cas, signale Le Soleil, les parents parlent de rupture de contrat.

Adjara Sy I.A Dakar:«Nous prônons le caractère laïc de l’éducation au Sénégal»

L’interdiction du port du voile à partir de la rentrée prochaine à l’institution Jeanne D’arc, suscite l’indignation des parents d’élèves qui ont saisi l’inspection d’académie de Dakar.

Mme Adjara Sy qui présidait la cérémonie de remise des prix aux filles qui se sont le plus distinguées dans les matières scientifiques, dit promouvoir le caractère laïc de l’éducation au Sénégal. Elle compte faire le déplacement dans la dite école pour rencontrer les autorités afin d’arrondir les angles.

Interdiction du port du voile:L’école Jeanne d’Arc «viole» la loi sénégalaise (juriste)

http://www.seneweb.com/ L’Institution Sainte Jeanne d’Arc (ISJA) de Dakar a décidé d’interdire le port du voile dans ses locaux. A travers un communiqué envoyé ce mercredi aux parents d’élèves, la direction de l’établissement informe que la mesure sera effective à partir de la rentrée de septembre prochain. Cette mesure « viole » la législation sénégalaise, la déclaration universelle des droits de l’Homme et le règlement intérieur en vigueur de l’école même, d’après le juriste El Hadj Amadou Thiam.

Me El Hadj Amath Thiam, consultant en droit, pense que la décision de l’ISJA de Dakar d’interdire le port du voile relève d’une « discrimination » parce qu’étant contraire à la législation régissant l’enseignement au Sénégal.

«Bien vrai que l’école appartient à l’Institut, mais, elle est, comme tous les autres établissements privés, subventionnée annuellement par l’Etat du Sénégal qui définit d’ailleurs ses programmes et organise ses examens (Voir décret N° 98 – 562 fixant les conditions d’ouverture et de contrôle des établissements d’enseignement privés). Maintenant, on ne peut pas être dans un pays et appliquer les lois d’autres pays. Ce n’est pas possible », renseigne le juriste interrogé par SeneWeb

Dans le même communiqué, la direction de l’ISJA informe que cette décision est « conforme à ce qui a toujours été observé dans l’ensemble des établissements de la Congrégation à travers le monde (57 pays) et en particulier, dans la province de l’Afrique de l’Ouest, composée du Sénégal, du Burkina-Faso, du Niger et du Togo. »

Mais, pour Me Thiam, la raison religieuse évoquée pour motiver cette mesure ne peut pas primer sur la constitution. « Chaque matin, ils effectuent des prières. A l’heure de la descente aussi, ils demandent aux élèves musulmans de sortir avant d’effectuer leurs prières. D’après eux, le projet d’enneigement catholique au Sénégal ne permet pas à l’élève de monter ses appartenances religieuses. Cette raison religieuse ne peut pas être au-dessous de la loi. Nous sommes dans un Etat de droit », a-t-il ajouté.

Une décision contraire au règlement intérieur de l’ISJA

Il faut aussi signaler que le règlement intérieur de l’institution, en vigueur depuis 2017, parcouru par SeneWeb, autorise le port du voile.

L’article 5.2 dudit texte est clair: «La tenue vestimentaire doit être propre, décente, respectant les règles d’hygiène et de pudeur par respect pour autrui. La coiffure doit rester discrète et soignée. Les chemises doivent être boutonnées, ne laissant ouvert que le bouton du col. Le port du voile est autorisé, aux couleurs de l’institution (blanc ou bleu marine). L’uniforme avec le logo de l’Institution est obligatoire et vendu dans l’établissement. Aucune autre tenue n’est acceptée. Le port des casquettes, les piercings, le maquillage du visage et du corps, le vernis, les tongs, les claquettes ou espadrilles en savate sont interdits. Le port d’une tenue spécifique est exigé pour certaines disciplines : travaux pratiques de physique et de chimie (blouse blanche en coton). Pour l’EPS (Éducation physique et sportive), la tenue de l’établissement est obligatoire (polo blanc et short ou jogging bleu marine, avec le logo de l’Institution.) »

Dans un autre volet, Thiam soutient qu’à travers cette décision, l’ISJA viole les dispositions de la déclaration universelle des droits de l’Homme.

« L’école catholique est tenue de respecter l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui dispose : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun tant en public qu’en privé par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites », fait-il savoir.

«L’éducation nationale est laïque »

Au Sénégal, les principes généraux de l’éducation sont prévus par la loi n° 2004-37 du 15 décembre 2004 modifiant et complétant la loi d’orientation de l’Education nationale n° 91-22 du 16 février 1991 qui dispose, dans son article 4 : «l’éducation nationale est laïque : elle respecte et garantit à tous les niveaux la liberté de conscience des citoyens. Par ailleurs, l’Éducation nationale, sur la base des principes de laïcité de l’Etat, est favorable aux établissements privés susceptibles de dispenser un enseignement religieux ».

L’Article 5 du même texte législatif dit que l’Éducation nationale est démocratique : elle donne à tous des chances égales de réussite. Elle s’inspire du droit reconnu à tout être humain de recevoir l’instruction et la formation correspondant à ses aptitudes, sans discrimination de sexe, d’origine sociale, de race, d’ethnie, de religion ou de nationalité.

Selon toujours la même loi de 1991, « l’Éducation nationale reflète également l’appartenance du Sénégal à la communauté de culture des pays francophones, en même temps qu’elle est ouverte sur les valeurs de civilisation universelle et qu’elle s’inscrit dans les grands courants du monde contemporain : par-là elle, développe l’esprit de coopération et de paix entre les hommes » (article 5).

Fenapees-Bacary Badiane:«L’interdiction du voile est une mesure qu’il faut arrêter»

http://www.seneweb.com/L’interdiction du port de voile est une vieille décision que l’institut Sainte Jeanne d’arc a décidé de mettre en pratique la rentrée prochaine à travers un communiqué publié ce matin.

«Un pareil cas s’était produit au collège Hyacinthe Thiandoum, a fait savoir Bacary Badiane, président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves et étudiants du Sénégal (Fenapees). A l’époque, indique-t-il, nous avons été voir le préfet pour lui dire attention. Ce n’est pas un établissement réservé uniquement aux catholiques. Mais l’établissement est réservé aux Sénégalais (catholiques comme musulmans : parmi les musulmans il y a ceux qui portent le voile. Comme les catholiques mettent leur croix)».

En 2011, cet avis est adressé aux élèves porteuses du voile de tous les établissements scolaires privés catholiques du Sénégal. Avec au premier chef, le collège Hyacinthe Thiandoum. Ainsi, pour être admis au sein de ces différents établissements, obligation leur est faite de signer une fiche d’engagement, signée par l’un des parents ou le tuteur. Elle est ainsi intitulée : « Je m’engage à ce que ma fille respecte l’article 3 (portant interdiction du port du voile) du règlement intérieur pour les élèves de l’Office national de l’enseignement catholique du Sénégal ».

Bacary Badiane pense que «c’est une mesure qu’il faut arrêter. Et en son temps on a suivi ce que nous avions dit. Si ça se renouvelle à Jeanne d’Arc, nous allons mener les mêmes démarches. Parce que c’est une mesure qui ne peut pas être acceptée par les parents d’élèves».

Par conséquent, président de la Fenapees indique qu’il va se approcher de cet établissement pour en savoir plus et voir ce que sa Fédération va entreprendre comme démarche dans les jours à venir. Parce  ce que « c’est une décision impopulaire ».

Interdiction voile:‘’L’Etat doit faire respecter le droit à l’éducation sans discrimination’’ (Cosydep)

http://www.seneweb.com/ La décision de l’institut Jeanne d’Arc d’interdire le port du voile ne passe pas. Dans une déclaration, la Cosydep invite les pouvoirs publics à rétablir la légalité. ‘’L’Etat doit prendre ses responsabilités afin de faire respecter le droit à l’éducation sans discrimination’’, suggère l’organisation.

Cheikh Mbow et Cie précisent que ‘’c’est l’Etat qui les autorise, les reconnait et les subventionne à partir de nos deniers publics, donc des cotisations de tous les Sénégalais, y compris la majorité musulmane’’.

En plus, la Cosydep rappelle que les écoles au Sénégal, qu’elles soient publiques ou privées, confessionnelles ou laïques sont soumises à la loi constitutionnelle qui prévoit un traitement égal de tous les citoyens sans discrimination de sexe, de religion, de race, d’ethnie.

‘’Sur le plan des considérations logiques ou morales, le Sénégal ne doit pas accepter d’ouvrir ces brèches qui peuvent affaiblir les fondements de la Nation’’, ajoute la note.

Le dialogue islamo-chrétien faisant la réputation du Sénégal, Cheikh Mbow et ses camarades pensent que cette entente doit se construire à l’école.

‘’Il faut éduquer les enfants dans le sens de la tolérance, de la compréhension mutuelle, de l’acceptation de la diversité ; ce qui nous éviterait les extrémismes et autres radicalisations qu’on voit ailleurs’’, ajoutent-ils.

La Cosydep pense que ce qu’il y a d’important ‘’se trouve dans la correction de la tenue, le respect de l’autre, le sens de la solidarité, l’engagement dans les études et non dans des symboles tels que le port du voile, de la Croix…’’.

Interdiction voile:Comment Kalidou Diallo avait étouffé l’affaire en 2011

http://www.seneweb.com/Après une première tentative, à la rentrée 2011, tuée dans l’œuf par le ministre de l’Education nationale de l’époque, Kalidou Diallo, l’interdiction du port du voile dans les établissements privés catholique du Sénégal refait ‘’dangereusement’’ surface en 2019. Par sa note circulaire adressée aux parents d’élèves, notifiant l’interdiction du voile islamique dans son établissement d’enseignement privé dès la prochaine rentrée, l’institution Sainte Jean d’Arc de Dakar ressuscite la question qui avait suscité à l’époque une vive tension.

Ce, suite à l’exclusion d’une vingtaine d’élèves pour port de voile au collège Hyacinthe Thiandoum suivi par d’autres établissements scolaires catholique, les Flamboyants, Anne Marie Javoueh et Abbé David Boila de Thiès, plusieurs organisations de la société civile dont l’Ong Jamra, le regroupement des parents d’élèves et l’association Jeunesse-Education-Santé s’étaient radicalement braquées, rappelant que : « les établissements privés, laïques ou confessionnels sont régis par des textes leur faisant obligation de recevoir tout Sénégalais, de n’importe quelle obédience confessionnelle ».

En son temps, Kalidou Diallo était monté au créneau en convoquant les différents protagonistes afin d’arrondir les angles. A l’issue de la rencontre à laquelle avait pris part l’inspecteur d’académie de Dakar (Ia de Dakar) d’alors, Baba Ousseynou Ly, le curé, les responsables des établissements et les parents d’élèves concernés, la tutelle avait adressé une circulaire rappelant aux établissements les principes qui régissent l’enseignement au Sénégal.

« Au Sénégal, les établissements privés, laïcs ou confessionnels sont régis par des textes qui imposent que l’école reçoive tout Sénégalais de n’importe quelle confession. Il ne doit pas y avoir discrimination de confession. Ces textes n’interdisent pas à des Sénégalais de venir à l’école avec des tenues qui correspondent à leurs croyances et à leur religion. Aucun établissement du Sénégal ne peut faire un règlement intérieur contraire au principe général », déclarait Kalidou Diallo repris par l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Interdiction voile à la Jeanne d’Arc:Le ministère de l’Education en concertation

http://www.seneweb.com/ La direction de l’Enseignement moyen secondaire du ministère de l’Education nationale est actuellement en réunion, suite à la sortie d’un communiqué de l’Institut Jeanne d’Arc indiquant que le voile sera interdit dans l’école à partir de septembre prochain. C’est-à-dire à la rentrée.

« Nous allons d’abord échanger en interne, après nous vous reviendrons », a promis Fatoumata Ba Diallo, Directrice de l’Enseignement moyen secondaire général.

Imam Boubacar Cissé sur l’interdiction du voile: »L’école est dans ses droits »

http://www.seneweb.com/ L’institut Jeanne d’Arc a interdit le port du voile dans l’établissement. Pour imam Boubacar Cissé de Ouakam, l’école est dans ses droits.

Pour ce dernier, « l’islam est démocratique ». Donc  les parents doivent se plier à la décision de l’école car c’est eux qui ont pris la décision d’intégrer leurs enfants dans des établissements catholiques.

Interdiction du voile à Jeanne d’Arc:Imam Kanté invite à éviter des « actes

de provocation »

http://www.seneweb.com/ Ahmadou Makhtar Kanté, imam à la mosquée du Point E, ne comprend pas la décision de l’institution Sainte Jeanne d’Arc d’interdire le port du voile dans l’établissement. « Je suis étonné et surpris, d’autant plus qu’il y a une jurisprudence en 2011. Le ministre avait sorti un communiqué pour dire que les établissements peuvent avoir des règlements intérieurs, mais ils ne peuvent pas être au-dessus de la loi constitutionnelle qui autorise la liberté de culte ».

Par conséquent, ajoute-t-il, il a du mal à s’expliquer pourquoi l’institution Sainte Jeanne d’Arc revient à nouveau avec la même mesure. « Cette interdiction est discriminatoire. Je crois que les autorités doivent régler ce problème une bonne fois pour toute. Il ne faut pas que ça revient tous les deux ans », souligne-t-il.

Imam Kanté rappelle que le Sénégal est toujours cité en exemple de cohésion et de cohabitation harmonieuse entre les religions. Il faut donc éviter de poser certains actes. « À chaque fois qu’il y a cohésion, c’est que la majorité a fait beaucoup d’efforts. Il ne faut pas que la minorité chrétienne fasse des actes de provocation. On n’a pas besoin de fissurer cette cohabitation », renchérit-il.

Interdiction de port du voile à ses élèves:Jamra ramène l’Institut Jeanne d’Arc à la raison

https://actusen.sn/ Plus tôt dans la journée, la Rfm a rendu public un communiqué de l’Institut Jeanne d’Arc adressé aux parents d’élèves. La note faisait état de l’interdiction aux élèves de porter le voile. Outrée par cette mesure, l’Ong Jamra «alerte l’Etat sur le radicalisme de l’Institut Jeanne d’Arc». une décision qui n’est pas appréciée par Mame Matar Guèye et ses camarades.

Dans un communiqué, l’Ong rappelle qu’à l’époque, de pareilles mesures avaient été prises par l’école Hyacinthe Thiandoum. A cet effet,  l’organe ramène les responsables de l’établissement à se référer à la note-circulaire, prise en 2011, par le ministre de l’Education d’alors, Kalidou Diallo. «Aucun établissement ne peut avoir un règlement intérieur supérieur aux lois et décrets qui régissent le fonctionnement des écoles privées». Lesquelles lois s’inspirent toutes de la Constitution du Sénégal qui, en son article 24, garantie la liberté de culte, lit-on dans la note.

L’organe qui cite la circulaire de ministre, rappelle que «la Loi fondamentale, ainsi que le décret régissant les écoles privées au Sénégal, stipulent que celles-ci ont le devoir et l’obligation de recevoir tous les enfants sénégalais, quelle que soit leur confession. Aucun établissement ne peut avoir un règlement intérieur supérieur à ce principe». Non sans ajouter «la nécessité de faire respecter les textes fondamentaux du Sénégal, qui est un pays laïc, démocratique respectant toutes les sensibilités».

D’ailleurs, ajoutent les membres des bureaux exécutifs, le ministre avait prévenu les chefs d’établissements scolaires concernés du risque de «fermeture encouru par toute école qui dérogerait à la loi». «Ainsi, grâce à Dieu, avait été jugulée une source potentielle d’incompréhensions entre parents d’élèves musulmans et chefs d’établissements privés catholiques».

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