SAES, UNIVERSITE, BANQUE MONDIALE… Les vérités de Cheikh Oumar Hann

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http://www.enqueteplus.com/Samedi dernier, à l’occasion de la cérémonie de présentation du livre du professeur Buuba Diop, à L’harmattan, le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, Cheikh Oumar Hann, est revenu sur ses premières années à l’université, dans le Saes…

L’université, un milieu complexe. Le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur semble bien en être conscient. Samedi dernier, il était à la cérémonie de présentation du livre du professeur Buuba Diop. Cheikh Oumar Hann, accusé de toutes parts sur son niveau d’étude, a montré qu’il n’est pas en terrain inconnu. Lui l’ancien étudiant à l’Ucad, l’ancien doctorant à l’Ucad, l’ancien enseignant à l’Ucad, l’ancien responsable du Syndicat autonome des enseignants du Sénégal. Il informe : ‘’Mon entrée dans le Bureau national du Saes, c’est quand j’ai remplacé le professeur Buuba Diop, poste pour poste. Il était toujours dans le Bureau national, parce que les gens ne voulaient pas qu’il quitte à cause de ce qu’il représentait. Par son leadership, Buuba Diop continuait, en effet, à être la personnalité morale du syndicat. Il avait conduit de main de maitre la mise en place de la première cité des enseignants. Ce qui n’était pas du tout évident.’’

Mais la rencontre du nouveau ministre avec l’université Cheikh Anta Diop remonte à plusieurs années. Nous sommes dans les années 1980. Il vient d’obtenir son Baccalauréat et débarque à l’université Cheikh Anta Diop, plus précisément à l’Ecole nationale supérieure de technologie (Ensut). Très vite, l’étudiant s’engage dans les mouvements estudiantins où il était un militant actif, plus proche des hommes de gauche. C’est ainsi qu’il dit avoir connu l’éminent professeur Buuba Diop. Leur premier contact, à l’en croire, c’était dans les années 1980. Il venait fraichement de déposer ses baluchons. A l’occasion des journées culturelles de l’Ecole supérieure universitaire de technologie, ils devaient organiser un débat. En bureau d’amicale, plusieurs noms avaient ainsi été retenus pour animer la conférence. Parmi eux, Buuba Diop. ‘’A l’époque, tout était sujet à réflexions, à débats. Il y avait, en plus de Buuba, d’autres candidats et on avait défini des critères. Finalement, c’est le professeur Buuba Diop, mon candidat, qui a été retenu’’.

Comme si, d’un coup, Cheikh Oumar a senti le besoin de montrer qu’il est parmi les siens, qu’il connait et l’universalité et ses hommes, il cite les ‘’grands’’, ses ‘’grands’’ qu’il se plait, du haut du présidium, à saluer, à faire signe de la main. Taquin, il lance à leur endroit : ‘’Il y a dans cette salle beaucoup de grands qui m’ont accueilli à l’université en tant qu’enseignant et qui ont guidé mes premiers pas dans le Saes. Je vois Wagué, Moussa Samb… Je vois que des années se sont passées, puisque je vois beaucoup de bonnets. Il y a 30 ans, peut-être vous ne l’imaginiez pas.’’ La salle plonge dans l’hilarité. Cheikh Oumar, lui, poursuit ses hommages et se réjouit de la longue marche du mouvement syndical universitaire, ses désormais partenaires ou adversaires. Il dit : ‘’Je vois que ceux qui se sont battus pour que l’université sénégalaise reste debout sont encore là.’’

Pour lui, le Saes a toujours été à l’avant-garde du combat pour l’amélioration des conditions de vie des enseignants. ‘’Je me rappelle, argue-t-il, dans les années 1994, bien que nous n’ayons pas le soutien de tout le monde, nous nous étions battus contre les réformes des institutions internationales, de la Banque mondiale et étions arrivés à les faire fléchir, à revoir leurs politiques en Afrique, au Sénégal particulièrement. Mais malgré ces innombrables acquis, l’ancien Sga du Saes estime que les défis qui interpellent encore l’université restent importants. ‘’Il y a encore beaucoup de choses à faire’’, déclare-t-il.

C’était ainsi sa façon de témoigner toute sa considération à l’endroit du professeur Buuba Diop, envers qui il ne tarit d’éloges. A l’en croire, ‘’C’est quelqu’un qui s’est beaucoup battu pour l’émancipation de nos peuples, mais aussi pour l’université sénégalaise. Dans les années 80, il était jeune enseignant, mais déjà un grand leader dans la bataille syndicale dans le campus universitaire de Dakar. De loin, on assistait aux assemblées générales du Saes. On constatait alors que la communauté universitaire dans son intégralité avait déjà confiance ».

Prenant la parole, l’ancien Sg du Saes, Seydi Ababacar Ndiaye, d’attester le passé universitaire et militant de son désormais ministre. « Ce qui me rend plus fier, dit-il, c’est de voir Cheikh Omar. Quand je suis arrivé, je l’ai trouvé dans le Bureau national, en tant que Sga du Saes et, aujourd’hui, il est de l’autre côté’’. Blagueur devant l’éternel, il se réjouit : ‘’Le Saes est partout. Nos militants ont occupé toutes les stations. Il ne nous manque que le poste de Pm. Malheureusement, il n’existe plus. Donc, il ne nous reste qu’à occuper cette station que je ne veux pas nommer’’, a dit l’ancien aspirant à la candidature de la présidentielle.

Cette tache noire du déficit de niveau enlevée, il reste à l’ancien directeur du Coud de se laver relativement aux accusations portées par l’Ofnac sur sa personne.

La part de Buuba

Les propos du nouveau ministre de l’Enseignement supérieur ont été tenus à la cérémonie de présentation du livre « Les syndicats dans l’histoire : regard et partition universitaire’’. Pour l’ancien Sg du Saes, le tonitruant Seydi Ababacar Seydi, ceci est la part de Buuba. « Ce dernier, dit-il, lance un défi à tous les enseignants, en particulier aux militants et responsables du Saes. Chacun devra écrire sa part du Saes ».  L’actuel Sg, Malick Fall, parlant du livre, souligne que « le titre est plein de sens et de symbole, en ce qu’il permet de regarder dans le rétroviseur, d’analyser la posture des universitaires. Avec un discours franc, Buuba a défini le syndicat, jeté un regard critique sur les relations entre syndicats, entre syndicats et partis politiques, entre syndicats et acteurs économiques… ». D’après lui, l’auteur a retracé toutes les péripéties ayant prévalu à la mise en place du Saes. « Il a fait une analyse pointue de la trajectoire du mouvement syndical. C’est une belle initiative. La jeune génération a entre ses mains un patrimoine inestimable sur le Saes, sur l’université ».

Dans sa longue marche pour l’amélioration de la condition des enseignants, des défis importants ont été relevés, si l’on en croit les participants. Et le Saes co-fondé par le Pr. Buuba Diop y a joué un rôle déterminant. Désormais, la question qui se pose est, selon eux : « Quelle orientation doit prendre le Saes ? » « Quels types de rapport avec les autorités étatiques, coutumières et religieuses, avec les syndicats… ? »MOR AMAR


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