La ZLECAF aura des effets positifs sur la situation macroéconomique (FMI)

La ZLECAF aura des effets positifs sur la situation macroéconomique (FMI)

 

APA-Dakar (Sénégal) Par Oumar Dembélé-La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) aura d’importants effets sur la situation macroéconomique et la répartition des revenus, a indiqué mardi le Fonds monétaire international (FMI), présentant à Dakar son rapport d’avril 2019 sur les perspectives économiques en Afrique subsaharienne.

« Elle pourrait considérablement stimuler les échanges commerciaux intra-africains, en particulier si les pays s’emploient à lever les goulets d’étranglement non tarifaires, comme les infrastructures physiques, les coûts logistiques et d’autres obstacles à la facilitation des échanges », a noté le FMI, dont le rapport était présenté par Papa Ndiaye, son Chef de division des études régionales au Département Afrique.

Toutefois, la ZLECAf n’aura pas les mêmes effets partout, a précisé l’institution de Breton Wood. « Les pays dont l’économie est plus diversifiée et ceux dotés d’une logistique et d’infrastructures de meilleure qualité tireront davantage parti de l’intégration commerciale régionale que les autres. Les pertes de recettes budgétaires consécutives à la baisse des droits de douane devraient être faibles, en moyenne, à quelques exceptions près. Par ailleurs, l’approfondissement de l’intégration commerciale est lié à une hausse temporaire des inégalités de revenu », a souligné le FMI.

Outre l’abaissement des droits de douane, préconise entre autres le Fonds, les mesures visant à stimuler les échanges régionaux devraient en priorité « chercher à lever les goulets d’étranglement non tarifaires propres à chaque pays ». Et pour faire en sorte que les avantages de l’intégration commerciale régionale soient partagés par tous, les décideurs « devraient prendre en considération les coûts d’ajustement que cette intégration peut induire ».

Par ailleurs, les pays dont l’économie est moins développée ou essentiellement agricole devraient « associer leur politique commerciale à des réformes structurelles » pour améliorer la productivité agricole et leur compétitivité.

En outre, les pouvoirs publics devraient « faciliter la réaffectation de la main-d’œuvre et des capitaux » vers d’autres secteurs, notamment par le biais de politiques actives du marché du travail, comme la formation et les dispositifs d’aide à la recherche d’emploi, et de mesures favorables à la compétitivité et à la productivité.

Ils devraient aussi « renforcer la protection sociale » (régimes d’assurance sociale et programmes de soutien au revenu) de façon à atténuer les effets négatifs temporaires de l’approfondissement de l’intégration commerciale sur les populations les plus vulnérables.

Le Sénégal et la ZLECAf

Comme pour donner la réponse du gouvernement sénégalais, le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, présidant la rencontre, a  noté que son pays « souscrit » à l’idée prônée par les inspecteurs du FMI conformément aux « orientations stratégiques de l’Union africaine » sur la ZLECAf.

A cet égard, a ajouté M. Diallo, le Sénégal a consenti « d’importants investissements sur les corridors routiers » dans le but de renforcer les échanges sous-régionaux.

Pour rappel, l’accord relatif à la ZLECAf prévoit la suppression des droits de douane sur la plupart des marchandises, la libéralisation du commerce des principaux services, la levée des obstacles non tarifaires freinant les échanges commerciaux intrarégionaux et, à terme, la création d’un marché unique continental où la main-d’œuvre et les capitaux circuleront librement.

Elle avait été adoptée en mars 2018 à Kigali, capitale du Rwanda, lors d’un sommet de l’Union africaine (UA) et compte plus de 50 pays signataires, même s’il fallait la ratification de la moitié des 44 États pour son application.

En début avril, elle a atteint le quorum de 22 États, consécutif à la ratification par la Gambie de l’accord.

A ce sujet, le président rwandais Paul Kagamé a souligné que c’était « un pas important en avant » pour la mise en œuvre de la ZLECAf. Même si, a-t-il ajouté, « on aurait souhaité que cela se passe rapidement ».ODL/te/APA

Zone de libre échange continentale:Le rapport du FMI décortique les avantages et les mesures envisageables pour la stimulation de l’intégration commerciale régionale.

https://www.dakaractu.com/Pour réussir la zone de libre échange continentale, il faudrait d’abord comprendre les facteurs et déficits importants d’échanges commerciaux et intra régionaux et en même temps, identifier les politiques conduisant à la contribution de la stimulation de ces échanges pour la réussite de la ZLECAF. D’après les études du FMI, la forme la plus visible et mesurable des obstacles du commerce réside déjà dans les droits de douane. L’analyse empirique fondée sur un modèle de gravité appliqué aux pays africains, montre nettement que les baisses des droits de douane peuvent doper le commerce intra régional.

Dès lors, d’après les études et analyses de certains services du FMI, bien que l’élasticité estimée des flux commerciaux aux droits de douane en Afrique soit relativement limitée, l’effet global d’une baisse très étendue des droits de douane, telle qu’elle est envisagée dans le cadre de la ZLECAF, pourrait être appréciable.

Il y’a aussi la distance qui, en Afrique, paraît être un obstacle au commerce intra régional. C’est un signe que certains facteurs non tarifaires alourdissent singulièrement le coût du commerce des marchandises pour les pays africains et contribuent sans doute, aux déficits commerciaux régionaux.

Cependant, le facteur de la vulnérabilité ou même de la médiocrité des services facilitant les échanges, comme la logistique et les infrastructures de transport, les procédures à la frontière et les pratiques douanières.

Parmi les facteurs soutenant le commerce intra régional, nous avons noté, selon le rapport, l’accès du secteur privé au crédit, le climat des infrastructures et aussi le capital humain. Alors, parvenir à un niveau d’approfondissement des circuits financiers comparable au niveau mondial global, favoriserait considérablement le développement des échanges.

Selon toujours ce rapport de Avril 2019, il faut développer et harmoniser les systèmes de paiement régionaux pour faciliter encore plus les paiements transfrontaliers; créer aussi des accords de crédits croisés entre banques centrales et un centre de compensation multi devises dans la région pour réduire les risques qu’induisent les transactions  commerciales dans plusieurs monnaies différentes, enfin, une coordination à travers des contrôles des banques panafricaines susceptibles de faciliter le commerce intra régional. Cela devra se faire à travers un soutien du commerce ainsi qu’à l’intégration financière visant à priori, à étoffer l’infrastructure  financière régionale.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*