UEMOA – SERVICES FINANCIERS VIA LE MOBILE :Les transactions estimées à 16 943 milliards de F Cfa en 2017

UEMOA - SERVICES FINANCIERS VIA LE MOBILE :Les transactions estimées à 16 943 milliards de F Cfa en 2017
UEMOA - SERVICES FINANCIERS VIA LE MOBILE :Les transactions estimées à 16 943 milliards de F Cfa en 2017

 

http://www.enqueteplus.com/ La valeur des transactions financières via la téléphonie mobile, au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), est passée de 11 501 milliards de F Cfa en 2016 à 16 943 milliards de F Cfa à fin décembre 2017. C’est ce qui ressort d’un rapport de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) sur la question, rendu public hier.

Les souscriptions et transactions des services financiers numériques dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) au cours de l’année 2017, ont connu une augmentation. C’est ce que montre le rapport  annuel  sur  la  situation  des  services  financiers  numériques dans l’Uemoa de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Le document indique qu’au cours de la période sous-revue, le nombre de souscripteurs de comptes de monnaie électronique dans l’union est ressorti à 50,5 millions, contre 36,5 millions en 2016, soit une hausse de 38,48 %.

Le nombre de transactions, en 2017, s’est chiffré à environ 1 254,5 milliards contre 735,2 millions un an plus tôt, soit une progression de 70,6 %. Près de 3,5 millions d’opérations ont été traitées en moyenne par jour par l’ensemble des plateformes de paiement mobile qui existent dans l’union, contre 2,0 millions en 2016. ‘’La valeur de ces transactions a augmenté au cours de la période sous-revue, en passant de 11 501 milliards de F Cfa en 2016, à 16 943 milliards de F Cfa à fin décembre 2017. La valeur moyenne journalière des opérations est estimée à environ 47,1 milliards de francs Cfa en 2017, contre 31,9 milliards de francs Cfa un an plus tôt, soit une hausse de 47,6 %’’, lit-on dans le rapport de la Banque centrale.

1 261,6 milliards de francs Cfa de transactions effectuées au Sénégal

Au fait, l’évolution des services financiers s’explique notamment par l’entrée sur le marché de nouveaux acteurs, le renforcement du réseau d’acceptation, le déploiement des points de services. Mais aussi les stratégies de communication initiées par les acteurs, en particulier sur l’offre des nouveaux services. Selon la Direction générale de la Stabilité et de l’Inclusion financières de la Bceao, l’analyse des données disponibles révèle que la Côte d’Ivoire concentre une part importante de l’activité des services financiers numériques dans l’union. Elle totalise 37,9 % des comptes de monnaie électronique, soit  19,15  millions  en  hausse  de  49,0 %  par  rapport  à  2016.  Elle  est suivie du Burkina Faso (13,8 %), du Mali (13,5 %) et du Bénin (13,0 %). Pour le Sénégal, une évolution de comptes est notée. Il est enregistré en fin 2017, 5,38 millions de comptes, contre 4,40 millions en 2016.  Et la valeur des transactions via la monnaie électronique a connu une hausse de 120,9 %. Elle est ressortie à 1 261,6 milliards de francs Cf, soit 2,2 fois plus qu’en 2016.

Les filiales du groupe Orange dominent l’écosystème

Le groupe Orange, avec quatre filiales d’établissements de monnaie  électronique en Côte  d’Ivoire, au  Mali et  au Sénégal, et deux partenariats en Guinée-Bissau avec Ecobank et la Boa au Niger, représente 40,90 % des comptes de monnaie électronique ouverts dans l’Uemoa. ‘’Ses filiales détiennent 39,01 %  de  l’ensemble  des  comptes  recensés  dans  l’union,  contre  35,7 % en  2016 et  49,60 %  du  nombre  total  de  comptes  actifs  contre  50,7 %  au  cours  de  l’exercice précédent’’, précise le rapport de la Bceao.

Au total, au cours de l’année 2017, l’activité des services financiers via la téléphonie mobile a été largement  portée  par  les huit établissements de monnaie électronique que sont les quatre filiales du groupe Orange, les deux filiales autonomes du groupe Mtn (implanté au Bénin et en Côte d’Ivoire), Tigo Mobile Cash au Sénégal et Qash Services en Côte d’Ivoire. ‘’Ces institutions totalisent 63,0 % des comptes de monnaie électronique ouverts dans l’union et représentent respectivement 87,42 % et 92,55 % du volume et du montant des  transactions réalisées en 2017 dans l’Uemoa, soit 1,1 milliard d’opérations d’une valeur de 15 680 milliards de francs Cfa’’, rapporte le document.

Toutefois, il est souligné que l’écosystème est également caractérisé par la baisse du nombre de partenariats développés entre les opérateurs de téléphonie mobile et les institutions financières.  Ce qui explique le repli des activités d’émission de monnaie électronique par les établissements de crédit. Ces  derniers se partagent, avec deux institutions de  microfinance, à savoir Celpaid en Côte d’Ivoire et Asmab au Bénin, 12,58 % du volume des transactions pour une valeur de 1 262 milliards de francs Cfa.

En effet, selon le document de la Banque centrale, cette évolution ‘’assez marquée’’ des services financiers numériques dans l’union, traduit la multiplication des offres de services sur le marché. Mais aussi la ‘’confiance’’ des consommateurs vis-à-vis de ces nouveaux moyens de paiement. ‘’Au niveau de l’offre, les  partenariats  entre  les établissements  de  crédit,  les  institutions de microfinance et les établissements de monnaie  électronique doivent renforcer l’accès des populations aux  services  financiers  de  seconde  génération  tels  que  le  micro-crédit, la micro-épargne et la micro-assurance’’, relève le rapport.

Par ailleurs, les initiatives en cours de mise en œuvre par la Bceao et l’accompagnement des partenaires techniques et financiers pourraient ‘’permettre une accélération’’ du développement des services financiers numériques.

En effet, d’après la Banque centrale, le Projet d’interopérabilité des services financiers numériques dans l’Uemoa, ainsi que le Projet d’appui à la promotion de l’accès des systèmes financiers décentralisés au système de paiement régional devraient ‘’contribuer à l’amélioration’’ de l’offre de services, la réduction des coûts des services et l’accroissement de l’inclusion financière. Enfin, une révision de la réglementation permettant un élargissement du réseau de distribution favoriserait une extension de l’accès aux services financiers numériques.MARIAMA DIEME

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