RECOMPOSITION POLITIQUE : Benno Bokk Yaakaar, Le Syndrome Ivoirien

RECOMPOSITION POLITIQUE : Benno Bokk Yaakaar, Le Syndrome Ivoirien
RECOMPOSITION POLITIQUE : Benno Bokk Yaakaar, Le Syndrome Ivoirien

https://www.walf-groupe.com Le second et dernier mandat de Macky débute avec une annonce forte du parti de Moustapha Niasse de présenter un candidat en 2024. Une déclaration qui augure, à peu de détails près, la situation ivoirienne marquée par la rupture entre les principaux vainqueurs de 2011

Dimanche dernier, dans l’émission Objection, sur Sud Fm, Bouna Mohamed Seck annonce ce que tout le monde redoutait : l’Alliance des forces de progrès (Afp) aura son candidat. Un gros pavé dans la mare. L’annonce est d’autant sérieuse qu’elle n’est pas de n’importe qui. Elle est d’un des plus fidèles lieutenants de Moustapha Niasse dont il a été directeur de cabinet à la Primature et l’est présentement à l’Assemblée nationale. L’autre poids lourd de la majorité, le Ps, sans l’avoir dit dans les mêmes termes, serait sur les mêmes positions. Ce qui augure un positionnement qui sonne une redistribution des cartes dans cette coalition qui aura battu les records de longévité, tous pouvoirs confondus. Cette situation rappelle, toutes proportions gardées, celle ivoirienne où, au sein du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et le progrès (Rhdp), équivalent de notre Benno, la scission a fini d’être actée. Vieil éléphant de la classe politique, Bédié, le «sphinx de Daoukro», comme on le surnomme sur les bords de la lagune, a, dès le lendemain de la présidentielle remportée par son puissant allié du Rdr, Ouattara, réclamé que le prochain candidat soit issu des rangs de son parti, le Pdci. ADO et ses jeunes loups ne l’entendent pas de cette oreille. Le Pdci reprend sa liberté en sortant de la coalition. Soro, un autre qui rêve d’être calife à la place du calife, refuse de courber l’échine face au diktat du Président Ouattara. S’ensuivent une série de folles rumeurs qui polluent tout Abidjan. Des rencontres pour rabibocher les positions aboutissent au constat que celles-ci son irréconciliables. Sur les pas du «sphinx», Soro démissionne de la présidence de l’Assemblée nationale. Une alliance avec l’ancien Président ivoirien est dans l’ordre du possible d’autant qu’une rumeur persistante prête à Ouattara des intentions de briguer un troisième mandat.

La ressemblance ne peut être que fortuite. Mais, la similitude entre les schémas sénégalais et ivoirien dessine les contours d’une recomposition qui pourrait être fatale à la coalition doublement victorieuse, en 2012 et 2019. Fort d’une nouvelle majorité constituée de transhumants, de ralliés de la dernière heure et d’éclopés de guerre, recalés au parrainage, Macky Sall pourrait revendiquer comme son prédécesseur, Abdoulaye Wade, en 2006, une «nouvelle majorité». Ce à quoi ses alliés pourraient lui rétorquer qu’ils ont entièrement rempli leur part du contrat, allant même jusqu’à sacrifier leurs militants, parmi les plus valeureux, et leur parti. Le Ps qui aura été, avec le Pds, l’absent historique de la dernière présidentielle sera tenté de fermer la parenthèse pour revenir sur la vocation naturelle de tout parti politique : la conquête et le maintien au pouvoir. Idem pour l’Afp. Même si son secrétaire général est frappé par le plafond constitutionnel qui fixe l’âge maximum à 75 ans, l’Alliance des forces de progrès est un terreau de cadres et de jeunes ambitieux qui se sont suffisamment entraînés au management des affaires publiques pour, à leur tour, tenter une aventure en solitaire et hors de la mouvance présidentielle, s’il le faut.

Limité par une Constitution qui verrouille le nombre de mandats «consécutifs» à deux, Macky Sall voudra bien assurer ses arrières en léguant les rênes du pouvoir au sein de sa formation.

En définitive, ce sont des alliés que tout oppose qui vont entamer leur second et éventuel dernier mandat en se regardant en chiens de faïence.Ibrahima ANNE

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