Discours Macky : Les limites à un appel au dialogue

Discours Macky : Les limites à un appel au dialogue
Discours Macky : Les limites à un appel au dialogue

 

Le Président Sall a fait un discours à Nation ce mardi, le premier après sa victoire à la présidentielle très contestée par l’opposition.

Dans un discours court, il a été bref, mais précis sur ses intentions d’asseoir les conditions d’un consensus national par la dialogue. Pour ce faire, il a tendu la main à son opposition après avoir légitimé sa large victoire par l’important taux de participation et le fait que les observateurs ont attesté que le scrutin s’est bien déroulé.

Il a par la suite lancé un appel au dialogue en invoquant les anciens Présidents Diouf et Wade qui pourraient être mis à contribution.

Car, Macky qui dit tourner la page de la campagne, a voulu s’ériger en chantre de la concorde et de l’unité nationale.

Comme pour la paix en Casamance, il a tenu à dire qu’il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Une façon d’enterrer la hache de guerre et de s’inscrire dans une dynamique de construction du pays qui, dit-il, ne peut se faire qu’avec l’apport de tous.

Un nouveau discours pour Macky II. Le Grand Manitou veut tourner la page des éternels conflits avec ses adversaires politiques. La preuve, hier, tous les militants d’Idy2019, arrêtés, ont été libérés, y compris le Colonel Kébé placé sous contrôle judiciaire.

Le Président de la République a voulu donner de l’espoir à ceux qui lançaient un appel pour désamorcer la tension sociale et politique.

Il a voulu montrer que Macky II ne sera pas comme Macky I.

Très conscient de ses limites dans sa capacité à réunir l’opposition autour de sa personne, il a invoqué les noms des anciens Chefs d’Etat vivants pour montrer à quel point il tenait à se réconcilier avec son opposition et partant, avec tous les Sénégalais.

Car, faudrait-il le rappeler, l’opposition ne l’a pas félicité et n’entend pas reconnaitre sa victoire confirmée hier par le Conseil constitutionnel.

Et partant, difficile de la convaincre de répondre à l’appel de Macky.

Et pourtant, c’est la seule voix de salut. Opposition et Pouvoir sont condamnés à s’asseoir autour d’une table pour un dialogue sincère, notamment autour de questions-clefs comme le processus électoral, le parrainage, l’organisation des élections par une structure neutre, les cartes d’électeurs, le fichier, etc.

En dehors des noms de Diouf et de Wade qui ont été invoqués, les chefs religieux, y compris l’Eglise et la Société civile, peuvent s’impliquer dans cette dynamique pour rapprocher les deux camps.

Et Macky le sait, il faudra qu’il pose, d’ores déjà, des actes forts pour faire montre de sa bonne foi.

Il a promis de s’y atteler dès sa prestation de serment le 02 avril, mais il ne faudrait pas qu’il croit qu’une simple déclaration d’intention suffira.

Et au chapitre des actes forts attendus, figurent la libération de Khalifa Sall et le retour sans condition de Karim Wade au bercail.

Ces deux dossiers ont longtemps plombé les relations entre les deux camps politiques et il est inutile de convoquer Wade si son fils devra encore continuer à subir l’humiliation de l’exil.

Bien sûr, d’autres mesures sont attendues, notamment la concrétisation de tous les points du référendum de 2016, l’indépendance réelle de la Justice et toutes les réformes institutionnelles de fond.

Le futur gouvernement doit être technique et non politique, et surtout de taille raisonnable. Si ces mesures sont prises, il sera moins difficile de convaincre l’opposition qu’il a vraiment changé.

Car, c’est de cela qu’il s’agit vraiment. Durant tout son discours, Macky a voulu montrer qu’il ne sera pas le même.

On le comprend lui qui amorce un second mandat, le dernier, en principe.

Il va alors entrer dans l’histoire par la grande porte. Comme il n’y a plus de pression de second mandat, il va exclusivement se consacrer à faire émerger le Sénégal non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan institutionnel pour une démocratie plus rayonnante.

Des promesses d’un premier discours, souvent plein de louables intentions.

Alors, espérons que, comme c’est généralement le cas, la real politik ne vienne pas freiner cet élan qui semble sincère.Assane Samb

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