HAUSSE DU PRIX DE L’OIGNON : Explications et assurances du Dci et de l’Arm 

HAUSSE DU PRIX DE L’OIGNON : Explications et assurances du Dci et de l’Arm 
HAUSSE DU PRIX DE L’OIGNON : Explications et assurances du Dci et de l’Arm 

 

http://www.enqueteplus.com Le directeur du Commerce intérieur (Dci), Ousmane Mbaye, et celui de l’Agence de régulation des marchés (Arm), Amadou Abdoul Sy, affirment que le prix du kilo d’oignon vendu actuellement à 700 F Cfa, va revenir à la normale, dans deux semaines.

Le prix de l’oignon a pris l’ascenseur. Le coût du kilogramme de ce condiment presque indispensable à la cuisson a atteint au moins 700 F Cfa, dans certains marchés de la capitale sénégalaise. Une hausse exceptionnelle que le directeur de l’Agence de régulation des marchés (Arm) explique par le fait que la récolte a été ‘’mauvaise’’ en Europe. ‘’Les prix qui tournaient autour de 8 euros (soit 5 247 F Cfa) par sac ont atteint 16,5 euros (environ 10 823 F Cfa). Et dès que le produit est rare, son coût devient élevé. Du côté de la production locale, le retard est surtout lié au climat. Cette année, le climat n’est pas stable. Tantôt il fait chaud, tantôt c’est le contraire. Ce qui a un impact sur la culture de l’oignon’’, renseigne Amadou Abdoul Sy.

Au fait, l’oignon a besoin de beaucoup de chaleur pour mûrir. ‘’Mais d’ici une semaine, la situation va revenir à la normale’’, assure-t-il. Toutefois, le directeur de l’Arm précise qu’il est difficile de déterminer la quantité d’oignon local attendue pour les prochains jours. ‘’On a des réunions du 11 au 14 mars prochains, aussi bien au niveau de la vallée que de la zone des Niayes. On aura une idée sur ça. Mais les surfaces emblavées sont très importantes, même s’il n’y a pas eu de tests pour évaluer les rendements’’, informe-t-il au téléphone d’’’EnQuête’’. Ainsi, M. Sy estime que la production locale peut, malgré tout, satisfaire la demande durant le reste de l’année. ‘’L’année passée, on a fait presque 7 mois et 15 jours sans importation et j’espère que ce sera la même chose ou un peu plus. Ce matin (hier), j’ai appelé au niveau de la vallée et il y avait plus de 4 camions qui venaient vers Dakar et les premières récoltes sont sur le marché depuis plus de 15 jours. Mais c’est de manière timide’’, dit-il. Il souligne, sur ce, que le gel des importations a été prononcé depuis le 7 janvier dernier.

Le Dci Ousmane Mbaye : ‘’Encourager les producteurs à sortir très vite l’oignon local’’

Pour sa part, le directeur du Commerce intérieur (Dci) admet qu’il arrive que les prévisions ‘’ne collent pas trop’’ avec la réalité. ‘’Lorsque nous avons arrêté les importations, il avait été prévu suffisamment d’oignon pour couvrir la période de janvier jusqu’en fin février. La production locale devant arriver en début mars. Il y a de cela deux ans, nous avions autorisé beaucoup d’oignon, ce qui faisait qu’avec l’arrivée de la production locale, il y avait une cohabitation des deux offres’’, explique Ousmane Mbaye.

Selon le Dci, cette situation faisait que l’offre locale ‘’ne parvenait pas’’ à se vendre. Et c’est fort de cela que, depuis l’année passée, ils travaillent sur des hypothèses pour ‘’diminuer’’ cette situation de suroffre qui ‘’porte préjudice’’ à la production locale.

En effet, pour cette saison, M. Mbaye reconnait que la difficulté est notamment liée au fait que la production locale commence à arriver sur le marché, mais de façon timide. ‘’Les derniers relevés que nous avons faits nous indiquent une arrivée progressive au courant du mois de mars. Nous avons conscience de la situation. Aujourd’hui, la solution, ce n’est pas de libérer de nouvelles importations, c’est plutôt d’encourager les producteurs à sortir très vite l’oignon local. L’année passée, nous avons frôlé les 400 000 t et cette saison, on espère battre le record. La consommation d’oignon va augmenter, car les gens n’en utilisent pas beaucoup, lorsque les prix augmentent’’, fait-il savoir.

Toutefois, il souligne qu’il est ‘’difficile’’ de trouver l’équilibre. Car il leur est certes possible de travailler sur des projections, mais s’il y a un petit retard sur la production locale, ça se ressent sur le marché. Et c’est ce qui est arrivé. ‘’L’oignon importé nous provenait pratiquement de la Hollande. Mais, l’année dernière, il y a eu une situation de sécheresse et la récolte n’a pas été très bonne là-bas. Pour cette saison, les gens sont allés jusqu’en Chine pour importer de l’oignon. Ce qui est une première’’, signale le Dci.

La surprise des consuméristes

En tant que consommateurs et défenseurs de consommateurs, Emile Sène explique qu’ils sont ‘’surpris’’ de ne pas voir l’oignon local sur le marché, jusqu’à la fin du mois de février. ‘’Au plan de la consommation et de la commercialisation, c’est cette période de transition entre l’oignon local et celui importé qui pose toujours problème. La période du gel, c’est en fonction de la disponibilité de la production. Quand le marché est suffisamment approvisionné, on doit prononcer le gel pour protéger les producteurs locaux’’, déclare le chargé de la Sécurité en approvisionnement denrées alimentaires des marchés au sein de l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (Uncs).MARIAMA DIEME

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