Revue de Presse du Lundi 04 Mars 2019

Revue de Presse
Revue de Presse

245.230 onces d’or produits en 2018

APA-Dakar (Sénégal) Par Massamba SallLa production aurifère du Sénégal au terme de l’année 2018 s’est établi à 245.230 onces, selon les données de la Compagnie minière Téranga Gold Corporation.

Par rapport à son niveau de 2017 (233.266 onces d’or), cette production aurifère s’est accrue de 5,12%.

Depuis 2015, la production aurifère est en constante hausse, passant de 182.283 onces à 216.412 onces en 2016, puis 233.266 onces en 2016 et 245230 onces un an plus tard.

Selon la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE) l’ embellie notée en 2018 est la résultante d’une combinaison de facteurs. « L’exploitation a porté sur des sites à forte teneur, dans un contexte de hausse de la demande mondiale », avance cette structure. Ainsi, le dernier rapport du World Gold Council (WGC), cette demande a progressé de 4% en 2018, dopée par la forte hausse des achats des banques centrales (plus 74%), au regard des tensions géopolitiques accrues, de la volatilité des marchés financiers et des craintes de ralentissement de la croissance du PIB mondial

En perspectives, avec une capacité de traitement de l’usine dépassant à nouveau les 4 millions de tonnes de minerai par an, les exploitants au Sénégal escomptent un avenir plus radieux et une croissance plus soutenue en 2019 compte tenu de leurs ambitions d’étendre la production sur une ceinture aurifère plus prometteuse. Ainsi, en 2019, la production pourrait franchir la barre des 250 000 onces d’or.

Toutefois, ces objectifs de production pourraient être affectés avec les vacillations des cours de l’or sur le marché international, le tumulte politique en Europe engendré par le Brexit et d’éventuels incidents mécaniques à la mine.MS/te/APA

BAISSE DE 1, 2 % DES PRIX À LA CONSOMMATION EN JANVIER (ANSD)

Dakar, 4 mars (APS) – Les prix à la consommation ont enregistré une baisse de 1, 2 % en janvier en raison principalement du repli des coûts des produits alimentaires, boissons non alcoolisées, et de ceux des services de communication et de santé, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

L’Indice national des prix à la consommation du mois de janvier 2019 s’est replié de 1, 2 % comparé à celui du mois précédent, sous l’effet essentiellement d’une baisse des prix des ‘’produits alimentaires et boissons non alcoolisées’’ (-2,1%), des services de ’’communication’’ (-0,7%) et des biens et services de ‘’santé’’ (-0,4%), souligne la structure dans sa note de conjoncture mensuelle.
En variation annuelle, les prix à la consommation se sont accrus de 0,6%, tandis qu’en rythme mensuel l’inflation a légèrement haussé de 0, 1 %. En variation annuelle cette hausse est de 0, 4 %, relève l’ANSD dans son rapport consulté à l’APS.
De leur côté, les prix des produits locaux et importés ont diminué respectivement de 1, 4 % et 0, 1 % en janvier, comparativement à leur niveau le mois précédent. En variation annuelle, les coûts des importations et des exportations se sont relevés respectivement de 0, 6 % et 0, 8 %, rapporte le document.AKS/OID

NON RESPECT DU GEL DES IMPORTATIONS:Les Producteurs D’oignons Pleurent Sur Leur Sort

https://www.walf-groupe.com Dans la vallée du fleuve Sénégal où des milliers de tonnes d’oignons sont attendues, les producteurs sont déjà dans la psychose de voir leurs récoltes pourrir entre leurs mains. Cela, à cause du non respect du gel des importations.

Alors que leur production devrait bientôt arriver sur le marché, les producteurs d’oignons de la Vallée du fleuve Sénégal affichent une grosse inquiétude. Avec «le non respect du gel des importations»,  ces producteurs de Niandane, Boubé, Thillé Boubacar, Guiya, Ndiayéne Pendaw et de Tarédji, sont dans l’expectative. En point de presse dans la zone, Mamoudou Sall, président de l’Association pour la défense des intérêts des producteurs et ses camarades supplient les autorités gouvernementales de faire respecter aux importateurs les engagements pris vis-à-vis d’eux.

Selon le porte-parole des producteurs, ils sont au courant, qu’il y a une forte quantité d’oignons importée qui commence à inonder le marché. Il estime que ce sont des centaines de tonnes d’oignons qui sont passées au port de Dakar et qui sont en train d’être vendues par les grossistes. «Au moment où nous sommes en train de récolter beaucoup, nous avons été informés qu’il y’aurait plusieurs centaines de tonnes d’oignons importées qui sont sur le marché. Si aujourd’hui l’oignon importé continue d’envahir le marché, c’est certainement de connivence avec nos autorités. Car, si des dispositions pratiques, avaient été prises, aucun importateur ne pourrait faire entrer une seule quantité d’oignons dans le pays», souligne Sall.

Poursuivant, le responsable de l’association des producteurs d’oignons invite les responsables de l’Agence de régulation des marchés (Arm) et du ministère du Commerce à sévir. Sans quoi, dit-il, la forte production qui est déjà dans les cuvettes pourrait tout bonnement pourrir au grand désarroi de ces producteurs. Lesquels disent avoir contracté plusieurs centaines de millions de francs Cfa au niveau des banques.

Pour l’heure, ces producteurs peinent à vendre l’oignon au niveau du croisement de Boubé, point de vente. Le sac de quarante kilogrammes qui est vendu à 14 francs Cfa le kilo est jugé trop élevé par les acheteurs. «Nous ne pouvons acheter de l’oignon importé au même prix que l’oignon local,  qui est loin d’être de meilleure qualité», se plaint un commerçant venu de Touba avec son camion. Répondant à ce chauffeur de camion grossiste, les producteurs, dans l’unanimité, disent ne pas pouvoir faire autrement. «Non seulement l’oignon que nous avons récolté est de qualité, mais nous avons dépensé beaucoup d’argent pour avoir un bon produit», explique un cultivateur originaire du village de Wouro Madiwou. Poursuivant, notre interlocuteur laissera entendre que certainement d’ici un mois, voire deux, le sac pourrait coûter cinq mille francs, voire même moins.Abou KANE

Non-publication des rapports de l’Ige, l’Ofnac, la Cour des comptes… depuis des lustres : Intrigant!

https://actusen.sn SourceA dans sa parution évoque la “léthargie notée dans la publication des Rapports des différents Corps de Contrôle”. Laquelle léthargie, selon le canard, est de nature à rendre très sceptiques plus d’un, quant à la volonté du président Macky Sall de mettre fin à la mal-gouvernance qu’il avait dénoncée, avant son accession au Pouvoir, en 2012.

Les Rapports comme celui de 2017 et 2018 de l’Ofnac, ainsi que de ceux de l’Ige et de la Cour des Comptes moisissent dans les tiroirs du Palais. Cependant, selon nos confrères, si ces Rapports ne sont toujours pas rendus publics, c’est parce que le chef de l’Etat ne les a pas reçus, afin que leurs travaux puissent être portés à la connaissance de l’opinion. Mais non pas parce que les Corps de contrôle n’ont pas procédé aux vérifications et autres audits.

LOCATION D’AVION POUR LA LIGNE DAKAR-PARIS A 10.0000 EUROS DE L’HEURE: Philippe Bohn « coule » air Sénégal et enrichit la compagnie portugaise HI FLY ?

https://www.jotaay.net Air Sénégal fait le trajet Dakar-Paris-Dakar pour… rien. Pire, il lui arrive de faire de lourdes pertes sèches sur cet axe. En effet, la compagnie nationale travaille actuellement juste pour remplir les caisses de la société HI FLY. C’est la conviction de nos sources, pour qui tout ce que la compagnie tire des vols Dakar-Paris est reversé à la compagnie portugaise qui loue l’avion qui fait la ligne, depuis le 1erfévrier. Pendant ce temps, l’appareil A330 néo 900 acquis auprès d’Airbus dort dans les hangars de l’avionneur, parce que le Sénégal n’a pas encore payé la facture, malgré le grand show de son inauguration, à l’Aibd qu’il avait quitté aussitôt après. 

On dirait que la Direction générale de la nouvelle compagnie aérienne Air Sénégal SA, dirigée par le duo français Philippe Bohn et Jérôme Maillet, travaille pour le compte de la compagnie loueur d’avion Hi Fly. Car, des sources bien introduites expliquent que l’avion est loué avec son personnel à bord. Pis, la facture est établie sur la base du nombre de sièges soit 267. Pour être plus précis, que l’avion soit plein, à moitié rempli ou vide sur l’axe Dakar-Paris-Dakar, le Sénégal paie rubis sur ongle la facture établie par Hi Fly. Et c’est d’autant plus inquiétant que le prix de la location est loin d’être celui d’un car «ndiaga-Ndiaye». En effet, l’avion A330d’ancienne génération, appartenant à Emirates et que plusieurs compagnies utilisent souvent comme dernier recours, et le mot n’est pas trop fort, (en cas de panne, de grève..), est loué par HI FLY à prix d’or, environ 10.000 euros (environ 6,6 millions) de l’heure. Or on sait que pour un vol aller-retour Dakar-Paris-Dakar, il faut au moins 10 heures. Si la compagnie n’accorde pas une réduction très sensible, ce qui est peu probable, la location va tourner autour de 120.000 euros par vol. Une note trop salée pour une jeune compagnie comme Air Sénégal.Et nos sources précisent que depuis le démarrage des vols Dakar-Paris-Dakar, tout ce que la compagnie encaisse ne sert qu’à renflouer les caisses de Hi Fly. D’aucuns vont même jusqu’à ironiser, en affirmant : «c’est du Corsair sans le logo».

L’A330 néo 900 d’Air Sénégal a fini ses tests, mais reste cloué parce que l’Etat n’a pas encore payé la note

Pour ce qui est de l’arrivée toujours attendue du nouvel avion A330Neo 900, qui doit effectuer la disserte Dakar-Paris, on ne peut parler de retard dans la livraison de l’appareil. Alors que 30 jours se sont écoulés depuis le démarrage des vols tests, l’appareil a effectué tous les tests au sol comme dans les airs. Aujourd’hui, selon nos sources, il est bâché dans les hangars de Toulouse Blagnac. Et pour motif : l’Etat n’a pas encore réglé la facture.

L’Etat qui, en pleine période de test avait «contraint» l’avionneur a un vol de nuit, la veille de l’inauguration de l’appareil, à l’aéroport International Blaise Diagne de Diass.  En effet, le 31 décembre 2018, l’appareil a été présenté au Président Macky Sall pour des raisons électoralistes. Le Palais avait pesé de tout son poids, avec l’appui de Philippe Bohn, pour que Airbus autorise l’atterrissage de l’avion à l’aéroport Blaise Diagne, ne serait-ce même que pour quelques minutes.  Mbaye THIANDOUM

 «L’exploitation sexuelle est l’une des pires formes de violations»

http://www.emedia.sn La journée mondiale contre l’exploitation sexuelle est célébrée aujourd’hui, lundi 4 mars 2019. Penda Seck Diouf, présidente du Comité de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants (CLVF), fait le point dans ’’Dakar direct’’, la matinale d’iRadio (90.3).

L’ampleur de l’exploitation sexuelle au Sénégal

« L’exploitation sexuelle est une forme de violence sexuelle. Elle est comprise dans la catégorie des violences sexuelles mais ce qu’il faut remarquer, c’est que l’exploitation sexuelle est l’une des pires formes de violations des droits fondamentaux de la personne. Dans la mesure où l’exploitation sexuelle met la personne dans une situation de marchandise qu’on peut acheter, qu’on peut céder, vendre et même échanger. Souvent, l’exploitation sexuelle est liée à la pornographie ou à la prostitution. La journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle a été instituée en 2009. Dix ans après, ce qu’il y a lieu de déplorer, c’est que très souvent l’exploitation sexuelle est faite sur des enfants ou sur des femmes en situation de vulnérabilité ou d’extrême vulnérabilité. Ce sont ces cibles-là, qui sont les principales victimes de l’exploitation sexuelle. »

La dénonciation, l’information et la sensibilisation

« Au CLVF, les rares cas qu’on nous soumet proviennent des zones minières ou des familles dont la fille a été victime de traite de personnes, qui a été déportée dans un autre pays et à qui on a fait miroiter un travail dans ce pays. Et, à l’arrivée il se trouve qu’au lieu du travail promis, c’est plutôt l’esclavage sexuel ou la violence sexuelle. L’exploitation sexuelle est difficile à cerner du fait de la caractéristique des violences sexuelles, de manière générale. Dans la loi 99-05 du 29 janvier 1999, qui a apporté une modification au Code pénal en introduisant de nouvelles formes de violences, l’exploitation sexuelle n’est pas expressément citée mais comme toute forme de violence sexuelle, nous la dénonçons et, si le cas est soumis au CLVF, automatiquement le comité prend en charge et avec la victime voit quels sont les voies et moyens pour porter plainte, etc. Du fait de sa caractéristique de violence sexuelle, l’exploitation sexuelle est entourée de silence. On en fait très rarement cas. (Elle) est difficile à cerner. Les victimes ne savent pas exactement qu’elles en sont victimes, etc. Donc, au CLVF, on ne reçoit pas de cas souvent. Qu’est-ce que nous faisons face à cette situation ? Nous dénonçons toute forme de violence. Nous ne cessons de dénoncer comme nous dénonçons les viols, etc. Il faut la dénonciation, l’information et la sensibilisation, pour que les populations puissent discerner cette forme de violence sexuelle très sournoise et insidieuse. » DIÉ BA

Trois étudiants Sénégalais participent aux rencontres des lauréats du Prix Nobel

http://www.emedia.sn Marie Pascaline Sarr, Mané Seck et Philippe Bernard Himbane, sont les trois (3) étudiants sénégalais retenus pour participer aux rencontres des lauréats du Prix Nobel à Lindau, en Allemagne. Selon Le Soleil, qui donne l’information, ils sont nominés par l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS), au niveau de sélection le plus élevé.

La première citée est doctorante à l’Université Alioune Diop de Bambey (UADB) et les deux (2) autres, doctorants respectivement à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB) et à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ), renseigne la source. Laquelle précise qu’ils sont été choisis sur neuf (9) candidats des différentes universités sénégalaises.

Ces conférences qui ont lieu depuis 1951 ont pour principal objectif de réunir des lauréats du prix Nobel et six-cent (600) jeunes chercheurs à travers le monde pour favoriser les échanges scientifiques. « Marie Pascaline Sarr a été toujours major de sa promotion, de la L1 au Master. C’est l’une des étudiantes les plus travailleuses et sérieuses à l’université. Elle est extraordinaire. Nous fondons beaucoup d’espoir en elle à l’UADB », a témoigné son directeur de Thèse, Birame Dieng.

Second mandat : Macky Sall prête serment le 2 avril

http://www.dakarmatin.com  Réélu avec 58,27% pour un mandat de 5 ans, Macky Sall prête serment le 2 avril prochain. Selon L’As, si le chef de l’État est officiellement installé avant cette date, c’est tout le calendrier républicain qui risque d’être chamboulé.
En effet, s’il y a, à la Présidentielle de 2024, un second tour, la fin du mandat du président sortant arrivera à terme avant l’élection de son successeur. En clair, le second mandat de Macky Sall débutera le 2 avril prochain

Rationalisation du calendrier électoral : Me Aïssata Tall Sall suggère l’organisation d’élections législatives anticipées en 2019.

https://www.dakaractu.com/ Maitre Aïssata Tall Sall se dit consciente du temps et de la lassitude que les élections à répétition occasionnent à la population ainsi qu’aux hommes politiques.
Invitée ce dimanche de l’émission Grand Jury de la radio Futurs Médias, le maire de la commune de Podor soutient que les élections nous coûtent cher et nous prennent beaucoup de temps. Ainsi, l’avocate se dit favorable à l’organisation anticipée des élections législatives en 2019, ce qui permettra à notre pays de voir se tenir les élections présidentielles, législatives et locales à la même année.
« Avec ce procédé, nous sommes sûrs d’attendre 5 ans pour pouvoir tenir des élections. Ce qui permettra de reposer les sénégalais et les hommes politiques tout en rationalisant le calendrier électoral… », soutiendra  la présidente du mouvement « Oser l’avenir ».

LE PRÉSIDENT DU GROUPE PARLEMENTAIRE DE BENNO FAVORABLE À LA PROPOSITION D’AÏSSATA TALL SALL

http://www.emedia.sn L’idée de dissoudre l’Assemblée nationale et de coupler son élection avec les Locales prévues en décembre 2019 s’élargit dans les rangs de la majorité. Après avoir été théorisée par Me Aïssata Tall Sall, c’est autour d’Aymérou Gningue de montrer son accord avec cette idée de la mairesse de Podor.

Joint au téléphone par iRadio, le président du groupe parlementaire de Benno Bokk Yakaar (Bby) dit ne pas être contre cette éventualité. Le maire de Mérina Dakhar pense que le changement de la durée du mandat présidentiel devrait amener à une telle réflexion. « Quand le Sénégal passe d’un septennat à un quinquennat, il est plus judicieux que la Présidentielle et les Législatives se déroulent la même année », a-t-il laissé entendre. « Parce que, estime le député de l’APR, un président de la République nouvellement élu a besoin d’une majorité confortable ». Toutefois, Me Gningue trouve que l’idée de Me Aïssata Tall Sall est à approfondir pour dégager un large consensus. BABACAR FALL

Débouté par la Cedeao, Karim Wade se rabat sur les Nations-unis

http://www.dakarmatin.com/ Karim Wade n’est pas encore prêt à abandonner le combat. Après son dernier revers face à l’Etat du Sénégal, il ne compte pas jeter l’éponge. En effet, aussitôt après que la Cour de justice de la Cedeao a, ce jeudi, rejeté les demandes qu’il avait formulées, Karim Wade a saisi le Comité des droits de l’homme des Nations Unies pour faire rétablir son droit fondamental de participer librement à la direction des affaires publiques de son pays.
« Le Collectif des avocats de Karim WADE informe l’opinion publique nationale et internationale que la Cour de justice de la CEDEAO s’est abstenue, ce 4 mars 2019, de constater et de sanctionner les graves violations des droits du candidat Karim WADE d’être électeur et éligible à l’élection présidentielle du Sénégal du 24 février. Bien qu’ayant été saisie dès le mois de novembre 2018 par une procédure d’urgence, la Cour n’a pas statué avant le premier tour de l’élection, ce qui prive de tout objet l’arrêt qu’elle vient de rendre », lit-on dans un communiqué.
Selon les conseils du fils de l’ancien président de la République, « cet arrêt est, d’ailleurs, en contradiction flagrante avec les décisions de justice internationale qui ont déjà condamné les atteintes portées aux droits fondamentaux de Karim Wade par l’État du Sénégal ». Les avocats rappellent que le Comité des droits de l’homme des Nations Unies vient de juger que la condamnation prononcée par la Crei contre Karim Wade avait violé le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui s’impose au Sénégal

Affaire Karim Wade : La décision de la Cour de la Cedeao est « caduque », selon Me Demba Ciré Bathily

http://www.dakarmatin.com/ La Cour de justice de la Cedeao a débouté, ce lundi, Karim Wade de toutes ses requêtes. Mais, pour l’un des avocats du candidat recalé, cette décision de la Cour de justice communautaire est caduque. ‘’La décision de la Cour de justice de la Cedeao caduque parce que la présidentielle est derrière nous’’, a déclaré M. Demba ciré Bathily sur les ondes de la Rfm.

‘’Je crois que ce qui est important c’est de dire à l’Etat du Sénégal qu’est-ce qu’il attend pour s’acquitter de la décision du Juge de travail sur la détention arbitraire de Karim Wade qui demande qu’il le répare’’, a-t-il ajouté. Le Comité des Droits de l’homme des Nations Unies avait jugé arbitraire la détention de Karim Wade. ‘’La procédure de la Cour de la Cedeao, pour nous, ne présente plus aucun intérêt, parce que l’élection est déjà passée’’, a dit Me Demba Ciré Bathily

Me Assane Dioma Ndiaye sur les nombreuses arrestations post électorales : «les Sénégalais sont saturés de procédures judiciaires ; il faut que le régime revoie son mode de gouvernance»

http://www.dakarmatin.com  Malgré les nombreuses condamnations et interpellations des organismes de défense des droits de l’Homme, les arrestations post électorales se poursuivent. Hier, on assisté à l’interpellation, à Saint-Louis, du Colonel Abdourahim Kébé par la Section de recherches de Colobane. D’ailleurs, il a été auditionné ce matin par les gendarmes. A noter que depuis le scrutin  du 24 février, on assiste à des interpellations à la pelle. Ce qui a poussé les organisations de défense des droits de l’Homme à publier un communiqué conjoint pour dénoncer ces actes.

En ce qui concerne le cas du Haut fonctionnaire de l’Etat, le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme (Lsdh), joint par Actusen.sn, dénonce une énième tentative de saper la cohésion sociale et le Sénégal doit dépasser ce stade. Selon Me Assane Dioma Ndiaye qui ne comprend pas la nécessité de ces arrestations tous azimut, les organisations des droits de l’Homme exigent, aujourd’hui plus que jamais la libération de tous ces militants. En plus les messages incriminés sont dénués d’effets pouvant provoquer un quelconque soulèvement.

Et puis, ajoute-t-il, depuis 2012, on assiste à des procédures judiciaires contre des opposants et les Sénégalais sont saturés de poursuites judiciaires et d’arrestations à n’en finir. «Il faut que le régime revoie son mode de gouvernance»

Arrestations d’opposants au Sénégal : Seydi Gassama veut que cela cesse

http://www.dakarmatin.com/ Le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, Seydi Gassama a appelé le gouvernement à mettre fin aux multiples arrestations dont certains membres de l’opposition font objet depuis la publication des résultats provisoires de la présidentielle sénégalaise donnant le candidat sortant Macky Sall vainqueur dès le premier tour avec 58;27% des voix.
« Ces arrestations doivent cesser, toutes les personnes qui ont manifesté à ce jour ont exercé leur droit de manifester et leur droit à la liberté d’expression. Nous n’avons vu nulle part les manifestations qui ont eu lieu à Dakar, d’appel à la violence ou d’actes de violence. Il faut que le gouvernement comprenne que le monde entier l’observe. Les observateurs de l’Union européenne sont là, ils seront au tribunal pour observer ces procès », a indiqué M. Gassama, sur Zik Fm.
« C’est de l’intimidation, malheureusement », a poursuivi le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal; pour qui « le président doit comprendre que ce qu’on attend de lui ce n’est pas de créer une tension artificielle en arrêtant et en emprisonnant des gens. On attend de lui, qu’il réconcilie les Sénégalais avec ces élections qui les a divisés ».
Des militants de Rewmi, parti de l’opposant Idrissa Seck, ont été arrêtés pour appel à la violence. La dernière arrestation date de ce week-end à Saint-Louis. Le Colonel Abdourahim Kébé, devenu militant de Rewmi, a été interpellé chez lui par la section de recherche de la gendarmerie

Aly Ngouille Ndiaye : « Je ne poserai jamais d’actes qui mettront en doute mon honorabilité… »

http://www.dakarmatin.com/ Après la victoire du candidat Macky Sall, le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, sur son compte Twitter a adressé ces remerciements à l’endroit des militants et partisans de la coalition BBY mais surtout aux populations de Linguère qui, selon lui, ont contribué à la réélection du Président sortant.
A ces propos, « je voudrais très sincèrement et très chaleureusement, remercier les militants, sympathisants, amis et parents du Djolof (Linguère), pour l’accueil auquel j’ai eu droit à Linguère. J’ai été profondément touché par la mobilisation des hommes et des femmes, jeunes et vieux. Les enjeux étaient absolument énormes, mais grâce à vos prières, nous avons relevé les défis. Je tiens à vous dire, du fond de mon cœur, Dieureudieuf ! Je l’avais déjà dit, je le répète, je mettrai toujours, l’intérêt du Sénégal avant toute autre considération. Et jamais, je ne poserai d’actes qui mettront en doute mon honorabilité. Parce qu’au-delà de ma personne, je considère que je représente aussi tout un terroir, pour ne pas dire un pays. Merci à toutes et à tous»

Macky Sall : «Les secrets de ma victoire résident dans l’unité de Benno Bokk Yaakar»

IGFM- Depuis les résultats de la Présidentielle, la parole du chef de l’Etat Macky Sall, était épiée. Attendue. Mais hier, le Président Sall  a brisé le silence à la suite de la cérémonie de présentation de condoléances de Boubou Sow, un imam de Rufisque décédé.

Après avoir rendu hommage aux victimes, le Président a lâché un aveu entre deux phrases émues. «Les secrets de ma victoire résident dans l’unité de Benno Bokk Yakaar», a dit Macky Sall. Qui était accompagné de Mahmoud Saleh et de Farba Ngom. Il y avait aussi les responsables Apéristes de Rufisque comme le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, celui de l’Economie maritime, Oumar Guèye, le président du Conseil départemental, Daouda Ndoye, le député Seydou Diouf, les membres du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), du Conseil économique, social et environnemental (Cese).La famille du défunt a félicité le Président de sa victoire.

Abdou Karim Guèye libéré contre 50 000 Fcfa

http://www.dakarmatin.com  Le rappeur et activiste Abdou Karim Guèye, plus connu sous le sobriquet de « Karim Xrum Xrum Xaax » a comparu, ce lundi, à la barre du tribunal d’instance de Dakar pour le délit d’appel à un attroupement. En lieu et place d’une peine de prison, il s’en est sorti avec une peine d’amende de 50 000 francs Cfa

COMPORTEMENTS IRRÉVÉRENCIEUX : La matinale leçon du Khalife Général des Mourides à l’égard des membres de sa cour

https://www.dakaractu.com/ Huées contre le Premier ministre du Sénégal, sorties incendiaires à l’encontre du  Président de la République entre autres comportements irrévérencieux ont pu être notés ces derniers jours dans la cour du Khalife Général des Mourides à Touba.

Serigne Mountakha Bassirou Mbacké vient d’y mettre un terme  après sa prière de  » fadiar  », ce dimanche. En effet, le patriarche de Darou Miname a  convoqué l’essentiel des personnes qui composent sa cour.  » Ils étaient environ une quinzaine à répondre d’urgence à la convocation  », révèle notre source.

Dans un discours magistral, Serigne Mountakha Mbacké leur fera clairement savoir qu’il est loin d’aimer un certain type de comportement manifesté à l’égard de ses hôtes. Il citera Mahammed Boun Abdallah Dionne et Macky Sall qui ont récemment essuyé, respectivement, des huées et des attaques verbales, rappelant que tous les deux faisaient partie de  ses talibés.

Redéfinissant pour ceux qui ne le savaient les bons comportements à adopter quand on est dans la cour de Serigne Touba, Serigne Mountakha choisira de tenir un langage clair et précis, non sans confier que rien de ce qui se faisait dans sa maison ne lui plaisait et qu’il était parfois blessé, et même profondément. Suffisant pour que certains d’entre ceux qui étaient présents sur les lieux, se mettent à fondre en larmes. Notre source, témoin de la rencontre, de déclarer à Dakaractu qu’elle ne pouvait divulguer les autres aspects du discours du Saint homme avant de préciser qu’aucun beuk-neek n’a été chassé, comme dit quelque part ailleurs…

Campagne Présidentielle 2019 et Marketing: radiographie des stratégies des candidats Par Aboubacar Sadikh Ndiaye,Consultant en Transformation Digitale

La campagne présidentielle a duré comme prévu 21jours et nous a permis de voir et d’analyser les dispositifs mis en place par les différents partis et coalitions pour valoriser et promouvoir les candidats et leurs offres politiques à travers la Communication Marketing intégrée sur le classique et les réseaux sociaux.

Au final les citoyens sénégalais ont voté et la CNRV(conseil national de recensement des votes) a déclaré provisoirement vainqueur Macky Sall à la sortie du scrutin en attendant la décision du Conseil constitutionnel.

Déjà nous avons remarqué l’utilisation de tous les médias(classiques et online) par tous les états-majors et un déploiement aussi sur le hors médias avec l’affichage, le Print et la Relation publique. De l’information à la communication en passant par la contre-communication et les réseaux de faux comptes, tout y était.

Au regard des différentes stratégies du trio de tête, il semble que Idrissa Seck (MVP- Most Valuable Player) a fait la meilleure prestation de la campagne du point de vue rapport moyens utilisés /résultats obtenus; Macky Sall (Champion désigné ) président sortant a eu plus de moyens et une grande visibilité et enfin Ousmane Sonko (MIP- Meilleure progression) avec moins de moyens que ses prédécesseurs, il a bénéficié d’une grande visibilité et d’un excellent taux d’engagement des populations qui l’ont suivis sur les réseaux sociaux.

IDY….MVP

Pour vendre le candidat et son staff ou équipe, son programme a été décliné  en mesures phares pour accompagner  la vision de Ndamal Kadior. En tant qu’homme politique aguerri qui participe à sa troisième présidentielle, Idy a su se baser sur une machine de guerre politique bien chevronnée et une communication structurée.

Toutes les prise de paroles étaient dimensionnées loin des bad buzz comme ce dut le cas pour le « BakkaGate ». En effet, sur les réseaux sociaux,sa campagne a été bien relayée en live avec beaucoup de visuels et surtout l’agrégation et la curation du contenu des émissions.  De plus ses lieutenants l’ont bien défendu sur les chaînes de  tv et les webtv. Et les répondeurs automatiques RA et défenseurs ont assuré le service après vente sur les réseaux sociaux

A part les quelques affiches « photoshopées » qui nous font penser à papa Wemba comme le dit le spin doctor Alcaly Ben Mohamed Diouf, idy a véhiculé une belle image. Ndamal Kadior a su gérer ses alliances, attirer plusieurs leaders recalés autour de la coalition Idy 2019 et bien communiquer sur ce qu’ils appellent la « coalition du siècle ». Idy reste le MVP de cette campagne 2019.

Sonko MIP(Most Improved player ou Meilleure progression)

Sonko est passé de 1.7% en 2017 à 19.9%en 2019 (dans les zones urbaines connectées comme dakar ) en multipliant son nombre d’électeurs par presque 20 en deux ans de présence sur la scène politique. Ce score il le doit aux réseaux sociaux en partie ou Il a mobilisé avec succès des masses de jeunes connectés et a dominé le social media avec une présence effective et dynamique dans les plateformes à très grande fréquentation  (Facebook,Twitter ).

A l’instar des autres formations politiques, ses partisans aussi ont utilisé les réseaux mobiles,Whatsapp pour la communication,l’information et la propagande afin de valoriser et vendre l’homme,son programme et sa vision. D’ailleurs, sur Facebook, Sonko (surnommé le candidat des réseaux sociaux ) récolte des milliers de vues à chaque live et obtient un taux d’engagement  (miles,commentaires et partages ) très élevé(la page de la rts1 qui diffusait tous les jours la vidéo de passage des candidats en est une parfaite illustration).

Avec moins de moyens que Macky et Idy ,Sonko a su tirer profit de la magie du clic avec  une armée de jeunes  (générations Y et Z)érigés en #sonkoboyz qui sont les principaux ambassadeurs et défenseurs pour contrer les fake news sur leur candidat et revendiquer cette marque politique estampillée « Jeunes ».

Avec la publication de son livre »Vision » et la mise en ligne du site web dédié au programme des patriotes,les equipes de Sonko ont disposé d’assez de contenus à amplifier et partager sur les réseaux sociaux. De même, il y’a eu une présence remarque sur le terrain avec du »door To door » (pour concurrencer les adversaires qui sont aussi sur le terrain avec le marketing direct) dans les quartiers de Dakar et dans les régions. Et le tout fut appuyé par une campagne branding avec des affiches grand format qui ont quadrillé les villes du Sénégal.

Révélation de ce rendez-vous électoral 2019, Sonko  en est sorti MIP(most improved player).

Macky champion

Macky Sall en président sortant a bénéficié de tous les moyens et logistique nécessaire pour dérouler la meilleure campagne de 2019.

Le president sortant a été déclaré vainqueur provisoirement par la commission de recensement des votes mais il n’a pas fourni la meilleure prestation de la campagne électorale parmi le trio de tête.  En effet, ses equipes ont produit beaucoup de contenus : textes,visuels, audio et vidéos  (la vidéo a été particulièrement le principal levier marketing politique pour positionner et vendre leur candidat ) avec une présence massive sur tous les réseaux sociaux à grande fréquentation mais ils n’ont pas obtenu le meilleur taux  d’engagement.

D’ailleurs si on se base sur les vidéos officielles facebook de la rts1 (passage des différents candidats ) Sonko les a dominés. De plus le candidat Macky Sall se place derrière Sonko et est presque à égalité avec Idy sur le nombre de personnes ayant visionné les lives des déplacements des candidats. Ses équipes ont essayé de se rattraper en s’appuyant sur des activistes pro-BBY avec la contre-communication et une stratégie d’astroturfing déroulée par des « 50cent marketing  » ou plus prosaïquement les RAA(répondeurs automatiques de l’Apr) contre les RAS (pour Sonko) et les RAI (pour Idy).

Sur la communication classique,nous avons noté beaucoup de print avec une armée de défenseurs composée de ministres et Dg représentant le candidat sortant et ils ont  débattu à la télévision et à la radio. Les équipes de BBY ont également occupé le terrain grâce à l’appareil politique de l’Apr,de ses alliés du Ps et de l’AFP pour être visible et communiquer sur le projet de continuité du candidat Sall. Mis à part les débordements de certains partisans comme Cissé Lô, adeptes de « trash-talk » qui débouchent toujours sur un web-bashing des équipes de BBY, Macky a bénéficié d’une communication efficace  pour vendre l’offre politique de reconduction.

Idy efficient, Macky efficace et un Sonko Génie surprenant:voila en résumé comment on peut qualifier notre trio en ces 21 jours de compétition  sur le marché électoral en terme de communication globale. S’il est vrai qu’une élection présidentielle ne se gagne pas sur la raison mais plutôt sur l’émotion, il faut quand même  concéder que tous les candidats ont pris la peine de proposer un programme convaincantt et compétitif.   Et cette campagne présidentielle a remis le web 1.0 au coeur  de la stratégie des candidats avec des sites web dédiés à leurs programmes et le référencement payant (google ads ).

Cela a surtout révélé le poids des médias /réseaux sociaux et plateformes de web 2.0 (avec un taux d’utilisation d’Internet de plus de 56% notamment sur Facebook qui compte plus de 3,5 millions de sénégalais ). Si tous les candidats n’ont pas eu recours au Big data ou au Retargetting pour optimiser leur campagne et convertir l’électorat flottant en partisans, nous notons qu’ils ont tous utilisé systématiquement la publicité sur facebook pour toucher massivement leurs cibles. C’est également le cas de l’achat de followers notamment sur Twitter qui restait une pratique courante pour gonfler les audiences.

La vidéo,elle, a été au coeur des dispositifs de tous les candidats pour informer et communiquer mais surtout fabriquer des fake news avec énormément de faux comptes et faux profils créés justement en Février à la veille du scrutin.

Malgré le balbutiement des fake news nous pouvons sans nulle doute dire que internet est un outil au service du droit de tous de disposer de l’information(la bonne info) et surtout de la démocratie et du contrôle citoyen.Aboubacar Sadikh Ndiaye,Consultant en Transformation Digitale,Web Spin Doctor ,Formateur en Digital Marketing,Big Data enthousiast

*Ceci est un (bref) tour d’horizon des différentes stratégies du Trio de tête car chacune d’elle peut faire l’objet d’un livre entier.

NAISSANCE AU FORCEPS D’UNE VICTOIRE CONÇUE IN VITRO PAR AMADOU TIDIANE WONE

EXCLUSIF SENEPLUS – Macky saura-t-il lire correctement les résultats du 24 février ? Saura-t- il et voudra-t-il corriger les malformations congénitales de Victoire 2019 par des interventions chirurgicales urgentes ?

« En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il était prévu pour se dérouler ainsi. » Franklin ROOSEVELT Ancien Président des Etats-Unis

L’enfant est né : il s’appelle Victoire 2019. Sa venue a été préparée durant un septennat qui était promis par le chirurgien en chef à un quinquennat. Les prémisses des difficultés prénatales de Victoire s’amoncelaient déjà. Mais n’en parlons plus. La page est tournée.

Revenons à la naissance de Victoire 2019. La délivrance est survenue le 24 février. Douloureusement. Et c’est pour cela que le cœur n’est pas à la fête. L’heure est plutôt à panser les plaies béantes laissées par les bistouris des spécialistes en chirurgie constitutionnelle et en transferts rapides d’argent et… d’électeurs… Dans ce contexte, il vaut mieux garder son self control et sa… bonne humeur, malgré l’ambiance traumatique post opératoire.

Car, et il faut le dire franchement, il y a eu des manipulations maladroites  durant la gestation de Victoire. Mais aussi des manœuvres, parfois d’une navrante grossièreté. L’enfant Victoire 2019 est en conséquence, sujet à des tares congénitales et à certaines malformations…électorales. Le baptême a donc été « suspendu » et les festivités renvoyées à plus tard. Et c’est pour cette raison que le fait de ne déposer aucun recours est, au final, la meilleure décision prise par l’opposition depuis fort longtemps. Elle perturbe le plan initial conçu par le pouvoir, axé dans la perspective de l’adversité et de la violence. Ce cas de figure inattendu,  de calme plat, force les chars de combats au repos. Il n’y a rien de plus inutile qu’un char de combat…au repos. Et les grenades lacrymogènes qui ne font couler aucune larme perdant du coup leur vocation …Bien joué !

Cela dit, ils doivent être bien ennuyés aussi les Juges du Conseil Constitutionnel ! Privés de recours ! En chômage technique ! Privés des lumières et des spots de l’actualité.  Condamnés à rester coi et à confirmer les résultats lus, péniblement,  par le Juge Kandji qui aura, tout de même eu son moment de gloire, ses minutes d’exclusivité cathodique. Et vlan ! Les sept Sages paient, au prix fort, la perte de confiance consécutive à leur partialité manifeste dans la conduite des opérations du parrainage, suite à une loi votée dans les conditions que l’on sait, par une Assemblée Nationale dont la configuration n’est plus d’époque.

Retournons au bloc… pardon… au mode opératoire…

On aurait pu s’attendre à du raffinement dans la mise en œuvre des opérations du processus électoral. Même si le chirurgien en chef est un géologue … Car la gestation avait été minutieusement suivie par des experts en la matière  depuis que la décision de poursuivre le mandat de 5 à 7 ans avait été actée. Toutes les dispositions, conventionnelles et surtout non conventionnelles, avaient été prises pour assurer une délivrance sans encombre au soir du 24 février. Les violences verbales et physiques auraient pu être évitées. Les pertes en vies humaines aussi. Les forces de régulation sociale n’ont eu de cesse pourtant d’appeler à la raison. Inaudibles dans la furie électorale des acteurs politiques. Le peuple sénégalais a, quant à lui,  fait la démonstration de sa maturité et de son avance sur la classe politique qui peine à le mériter.  Il a voté  et, semble t- il, jeté une gêne inexprimable dans le landerneau politique. Ceux qui ont gagné comme ceux qui ont perdu sont perplexes, hagards, désorientés par le vote si subtil des sénégalais. Et ceux-ci  vaquent à leurs occupations. Sans se retourner. Méfions-nous quand même de l’eau qui dort…

Retournons au bloc cette fois-ci, car il faut surveiller le nouveau-né, ses premiers jours, ses premiers pas… Il va falloir, en effet,  tâter régulièrement  le pouls de Victoire 2019 pour sonder ses chances de survie ou de handicap sérieux. Deviendra-t-il au bout de cinq ans un mandat vigoureux qui fera la fierté de ses géniteurs ou sera-t-il cet attardé définitif dont personne ne revendiquera  jamais la paternité ? Time will tell…

Sortons de la parabole…

Le Président Macky Sall  saura t-il lire correctement les résultats du 24 février 2019 ? Saura t-il les interpréter comme il se doit et en tirer toutes les conséquences ? Saura t- il et voudra t-il corriger les malformations congénitales de Victoire 2019 par des interventions chirurgicales urgentes ? Au besoin par des amputations si nécessaires ? A lui de jauger, de juger, et de décider ! Nos félicitations resteront suspendues au succès des premières interventions qui annonceront une rémission certaine du corps de la mère, le Sénégal,  fortement éprouvé depuis sept ans…Il faut que cela change !

Quant à l’opposition, elle aura joué le jeu démocratique jusqu’au bout. Plus que de raison, pensent certains. L’urgence est à l’évaluation des erreurs commises, ainsi qu’à la mise en route d’une nouvelle stratégie pour les échéances à venir.  Analyser en profondeur les points  « gagnants »  du Président Macky Sall  et les neutraliser pour les élections législatives et locales à venir. Pour cela une analyse fine des résultats,  tenant en compte les impacts du PUDC, du PUMA, de la DER, des bourses familiales, de la CMU et des transferts d’électeurs, ainsi que de l’activisme souterrain d’un nouveau type de « chefs religieux », en plus du cas des deux K : khalifa Sall et Karim Wade  très tôt neutralisés, devrait donner une certaine lecture des résultats du 24 février 2019. De plus, implanter des leaders locaux forts, dotés de moyens logistiques conséquents, est un impératif pour qui veut gagner au niveau national.

Enfin, la pauvreté est telle dans les zones périphériques que le mot WARI qui signifie en pulaar  « a tué » a fait des ravages…si l’on y ajoute joni-joni, l’autre opérateur de transfert rapide d’argent, et qui veut dire « immédiatement »,  on voit le résultat : A WARI JONI JONI…imparable ! Sauf que, maintenir la cadence pendant cinq ans est impossible !

LOGIQUE ET POLITIQUE PAR FADEL DIA

Quel analyste imaginatif pourrait nous expliquer le sens de cette bourrasque, les performances de ce vaincu-vainqueur,de ce petit sauvageon, la quarantaine, inconnu du public il y a quelques années,qui a fait son entrée sur le ring médiatique ?

Quel analyste imaginatif et audacieux pourrait nous expliquer le sens de cette bourrasque, les performances de ce vaincu-vainqueur, de ce petit sauvageon, la quarantaine, inconnu du public il y a quelques années, qui a fait son entrée sur le ring médiatique comme fonctionnaire rebelle et irrévérencieux, qui n’est pas rompu aux roueries des politiciens, qui est sans appareil politique de grande envergure, qui n’a d’autres moyens (avoués) que ses propres ressources et celles de ses militants, qui n’a pas la caution officielle des groupes de pression nationaux, communicateurs traditionnels ou chefs religieux, dont le background est quasi vierge, qui a le tort d’être jeune dans un monde qui cultive le respect des cheveux blancs, même si selon Achille Mbembé ce monde est infesté «de vieillards… qui souillent tout ce qu’ils touchent», et enfin, pour tout dire, de cet iconoclaste qui se cogne contre les grands lobbies politiques et financiers, comme Don Quichotte aux moulins, et qui ose s’en prendre à des tabous aussi insubmersibles que le franc CFA ou la Françafrique ?

Et 1 et 2 !

Il y a deux ans déjà il nous avait surpris en réussissant là ou avaient échoué bien d’autres que l’on croyait mieux armés, et parmi eux des barons d’anciens gouvernements et des apparatchiks aguerris, et même un ancien Premier Ministre qui, à soixante ans passés, avait été soudain saisi par le démon de la politique  …

Pour cette fois, si l’on se fie aux résultats publiés par la Commission de recensement des votes, il a fait encore mieux.

Il a fait plus que tenir tête, il a menacé et quelquefois devancé le maître des horloges, celui qui dispose de l’appareil d’Etat et qui peut se prévaloir de ses moyens illimités, qui a mis en place un système sophistiqué de suivi de la consultation, qui revendique un bilan étalé à profusion sur les médias publics, et qui a passé tout le mois précédent les élections à inaugurer des infrastructures dont aucune n’était achevée ou opérationnelle.

Il a fait plus que titiller un ancien Premier Ministre qui en était à sa troisième, et peut-être dernière campagne, s’il tient sa promesse de se retirer de la scène politique à 63 ans, l’âge auquel le Prophète avait quitté ce monde, et cela donne une idée des références de ce concurrent. Il s’est payé le luxe de battre dans 30 des 53 circonscriptions électorales cet homme qui était considéré comme le vrai challenger de ces élections, qui est présent dans l’arène nationale depuis plus de vingt ans et qui en est l’acteur le plus imbu de sa personne, qui après nous avoir longtemps  éblouis par ses citations tirées du Coran  et ses badges universitaires , s’était rangé des voitures pour inaugurer l’ère de la   transhumance confrérique, un peu comme on change de société d’assurances, s’est fait conciliant en ratissant large au point qu’au final il a rallié  à sa cause la majorité des recalés, dont deux anciens Premiers Ministres et deux anciens maires de Dakar, même si malheureusement pour lui, la plupart ont été  désavoués dans leurs bases électorales et quelquefois dans leurs bureaux de vote.

Il a défait sans pitié deux rivaux qui, pour leur baptême dans une compétition de ce niveau, avaient sorti une arme que l’on croyait fatale et qui s’est révélée  un peu fluctuante : le confrérisme religieux. Le premier avait ouvert sa campagne par un clash avec son guide dont il voulait s’émanciper, ce qui lui a coûté sans doute des voix. Le second a connu un sort plus pathétique : renié par celui qu’il considérait comme son mentor contre vents et marées, mais ragaillardi par l’accueil réservé à ses bons mots  et confiant après les pèlerinages qui ont ouvert et clôturé sa campagne, il a séduit moins de 1000 électeurs dans 27 sur 45 départements, totalisé à peine plus de bulletins que le nombre de signataires de son parrainage, soit moins d’un dixième des voix de notre jeune candidat…

Faire du neuf avec du vieux ?

Pourtant, malgré ses succès, ce jeune héros nous laisse sur notre faim, comme si nous étions passés tout près d’un évènement historique. On attendait peut-être un peu trop  de cet ovni politique dont l’électorat est le plus cultivé et le plus émancipé  du pays, on pensait qu’il allait spéculer sur notre intelligence, changer nos esprits, qu’il était convaincu que «  c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la démocratie ». On croyait  qu’il allait, sans réserves, emboucher les trompettes de cette jeunesse accourue à son appel et dont le cri de cœur était : « Assez ! On efface tout et on recommence ! », ce qui était d’une certaine manière la recommandation des Assises Nationales, snobées curieusement par tous les candidats.

Aurait-il manqué d’audace en nouant des alliances compromettantes avec des  représentants de ce « Système » dont il avait fait son bouc émissaire ? A-t-il choisi d’être Guillaume Soro plutôt que Jean Luc Mélenchon ? Pourquoi a-t-il voulu faire du neuf avec du vieux, et même du très vieux, puisqu’il s’est donné pour référence et tenté de séduire un presque centenaire qui était entré en politique l’année de sa naissance, qui est le symbole même de l’hypertrophie du pouvoir exécutif décrié par tous et qui a formé, installé à des postes de responsabilité et façonné trois de ses adversaires ?

C’est pour le moins illogique d’accorder le bénéfice du doute à deux d’entre eux et d’en exclure le troisième…

Aurait-il déjà acquis les réflexes des politiciens chevronnés, adeptes de la realpolitik et des alliances de circonstance, et ne serait-il plus qu’un homme politique comme les autres ?

Aurait-il manqué d’imagination en inventant pas lui aussi sa propre stratégie de campagne électorale, pour donner un avant-goût du mode de gouvernement  qu’il voudrait instituer, une campagne adaptée à son projet, à son temps, et surtout à ses moyens, comme Wade et Obama avaient inventé les leurs ? Pourquoi d’ailleurs n’est-il pas allé puiser quelques inspirations-mutatis mutandis- chez ce dernier et même chez Macron (je parle de stratégie et non de contenu), deux hommes sur lesquels aucun bookmaker n’aurait parié une livre un an avant leur élection ?

Macron par son intransigeance sur la nécessité de réformer son pays et son refus de s’allier avec ses rivaux potentiels a réussi à dynamiter les vieilles formations politiques et contraint certains de leurs dirigeants à la retraite, même si aujourd’hui il revient à l’autoritarisme, mais cela est un autre débat. Obama avait dit « Yes ! We can ! », et dans notre contexte, cela peut signifier : « Oui ! Nous pouvons vaincre nos vieux démons, nos peurs et les pesanteurs sociales, déboulonner les vielles statues. Oui, nous pouvons tout changer mais ce changement devra se faire avec un esprit et des hommes nouveaux. Nous le pouvons, parce nous sommes le peuple, que l’important est à notre discrétion, que tout pouvoir est «  dans la même situation qu’une institution de crédit » : si à un moment quelconque, nous décidions tous ou majoritairement, de lui retirer notre confiance il s’écroulerait comme un château de cartes !

Demain seul contre tous ?

Je ne peux pas affirmer que ce jeune homme qui affrontait des candidats dont le moins âgé a presque vingt ans de plus que lui, aurait gagné les élections en tenant compte de ces recommandations. Sa campagne aurait été sans doute solitaire, mais qu’il ne se fasse pas d’illusions car aux prochaines élections présidentielles il sera, en toute logique, seul contre tous. Mais  je suis convaincu qu’avec un discours  plus cohérent, sans donner l’impression  de se livrer à un combat crypto-personnel, en alliant rigueur et esprit de tolérance et sans proférer, même sur le ton de la plaisanterie des menaces d’un autre âge (rétablir la peine de mort, fusiller, sélectivement, ses prédécesseurs, etc.) il aurait fait oublier ce que beaucoup lui reprochent : sa jeunesse et son inexpérience. Qu’importe du reste que le succès  tarde à venir : des cinq candidats qui étaient en course il est le seul à pouvoir, si l’envie lui vient, se présenter à des élections présidentielles dans trente ans !

LIBRE PROPOS : The big five de Macky II Par Abdoulaye THIAM

 Le Président de la République, Macky Sall, a été réélu pour un deuxième et dernier mandat à la tête de l’Etat du Sénégal avec un taux de 58,27 % des suffrages valablement exprimés, selon la Commission nationale de recensement des votes (Cnrv). L’opposition, tout en refusant de reconnaître sa victoire, a décidé de ne pas saisir le Conseil constitutionnel, l’instance suprême habilitée à donner les résultats définitifs de l’élection présidentielle. Encore moins féliciter son vainqueur. Ce qui est dommage pour notre démocratie tant chantée et adoubée dans une Afrique où l’on peut compter les alternances sur les doigts de la main. Abdou Diouf l’avait pourtant fait en 2000 pour Abdoulaye Wade et ce dernier n’avait pas non plus manqué de téléphoner à l’actuel Chef de l’Etat pour reconnaître sa victoire. L’opposition actuelle, quels que soient ses griefs, à tort ou à raison, aurait dû rester dans cette dynamique. Le Sénégal ne se porterait que mieux. Mais osons le dire : elle a raté le train de l’histoire.
Quant au Président Macky Sall, il ne devrait jamais perdre de vue qu’il y a 1.829.274 (soit 41,72 %) de ses concitoyens qui ne sont pas d’accord avec sa politique. Il lui appartient alors, en tant président de tous les Sénégalais, d’amorcer des ruptures pour son dernier mandat, un quinquennat, afin de faire du Sénégal un pays émergent. Nous retenons d’emblée cinq chantiers du « Macky II ».

REFORMES INSTITUTIONNELLES   

Dans sa volonté d’amorcer une rupture afin d’instaurer une gouvernance sobre et vertueuse, le Chef de l’Etat avait confié un travail à de dignes fils de notre pays en mettant en place une Commission nationale de réforme des institutions (CNRI). Mieux, il avait même réussi à sortir le Professeur Amadou Makhtar Mbow de sa retraite pour mener à bien une telle mission. Il nous plait de rappeler les grandes lignes du décret présidentiel fixant les prérogatives au Pr Mbow et Cie.
En tant que Président des Assises nationales, le Chef de l’Etat lui avait demandé d’«organiser une large concertation nationale sur les réformes à mettre en œuvre à court, moyen et long terme, pour doter le pays d’une armature institutionnelle moderne, à la mesure de son ambition de devenir et de rester une grande nation de démocratie». Selon l’édit présidentiel, les propositions que la concertation soumettra à Macky Sall devraient prendre en charge les problématiques suivantes : le recentrage de l’Etat autour de ses missions régaliennes ; la consolidation de l’Etat de droit ; l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire ; le renforcement de l’indépendance de la justice ; l’approfondissement de la démocratie représentative et participative ; le renforcement de la protection des libertés publiques ; le renforcement de la décentralisation et de la déconcentration; la territorialisation des politiques publiques ; la protection des valeurs positives de notre société ; la promotion de la bonne gouvernance, de la transparence et de l’éthique dans la gestion des affaires publiques ainsi que la culture de l’imputabilité ; la stabilité institutionnelle.
Le Président de la République avait, en outre, souligné dans sa lettre qu’il fallait veiller, en se fondant sur l’expérience des «Assises nationales», à ce que «la concertation soit large, participative, inclusive, démocratique et ouverte à tous les segments de notre société : acteurs politiques de la majorité comme de l’opposition, société civile, secteur privé, Etat, collectivités locales et ordres religieux etc.». Qui plus est, elle «devra s’appuyer sur les principes et orientations du programme de «Yoonou Yokkuté» et s’inspirer fortement des conclusions des «Assises nationales» et, en particulier, de la Charte de gouvernance démocratique qu’il avait paraphée alors et qu’il s’était engagée à mettre en œuvre, s’il est élu». Ce qui avait été fait avec brio par les membres de la CNRI avant d’être déchiré. A notre avis, ce ne serait pas impertinent de revenir à la raison et d’appliquer les résultats de ces travaux dont les réalisations auraient coûté plus de 800 millions F CFA.

BONNE GOUVERNANCE   

Toujours dans cette dynamique de redresser le Sénégal, après avoir sorti de sa désuétude la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), créée en 1981, le Chef de l’Etat avait aussi créé l’OFNAC. Toutefois, beaucoup de Sénégalais s’interrogent encore sur son utilité. Ce, à cause de ses pouvoirs plus que limités. Au-delà du départ controversé de Nafi Ngom Keïta, c’est l’utilité d’une telle instance qui se pose désormais avec acuité. Ainsi qu’en témoigne le refus systématique de plusieurs personnalités assujetties pourtant à la déclaration de patrimoine de s’appliquer cet exercice. Que dire également des différents «scandales» cités dans les médias. Les 29 milliards du Prodac, les 94 milliards invoqués par Ousmane Sonko. Sans occulter des nébuleuses qui entourent certains contrats notamment la commercialisation de l’eau à Dakar entre Suez et SDE, pour ne citer que celles-là.

APAISEMENT DE LA TENSION POLITIQUE ET SOCIALE   

Macky Sall avait exprimé sa volonté d’apaiser la tension politique en accordant une amnistie à Karim Wade et à Khalifa Ababacar Sall, si nécessaire devant les caméras de la télévision française France 24. Ce qui serait loin d’être une mauvaise chose pour notre pays. Qu’on ne vienne pas nous dire qu’il n’a pas ce pouvoir et qu’il appartient à l’Assemblée nationale de le faire. Certes ! Mais, ce ne sera pas la première fois qu’un député est appelé à porter une proposition politique savamment pilotée depuis le Palais. Ce n’est surtout pas à Macky Sall qu’on va expliquer cela. Lui qui a été chassé du Perchoir par la loi Sada Ndiaye, suggérée depuis les bureaux de Me Abdoulaye Wade.
Elargir Khalifa Ababacar Sall de prison, le plus rapidement possible et ensuite faire introduire une loi d’amnistie pour effacer les infractions pour lesquelles Karim Wade et l’ancien maire de Dakar ont été poursuivis ne feront que renforcer notre démocratie et apaiser nos cœurs. Surtout qu’une telle loi permettra de repartir de zéro pour la Présidentielle de 2024 qui, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, va se dérouler sans un président sortant. Macky Sall ne sera qu’un arbitre de sa bonne marche. Pourvu cependant qu’il ne morde pas à l’hameçon des Faucons qui théorisent déjà un aventureux troisième mandat. Mieux, cela étonnerait qu’une amnistie de Khalifa Sall et Karim Wade puisse créer un tollé à l’image de la loi Ezzan contre les supposés assassins de Me Babacar Sèye.
Enfin, Macky Sall gagnerait à revoir son entourage. Mais surtout les sorties maladroites de certains responsables, qui, dans un discours désinvolte, narguent les Sénégalais et leur donnent la nausée.

DESIGNATION D’UN CHEF DE L’OPPOSITION   

Pour renforcer notre démocratie, il ne serait pas futile non plus de faire droit à…un chef de l’opposition. Et sur ce point, il ne s’agirait de personne d’autre que d’Idrissa Seck, arrivé deuxième lors de la présidentielle avec 20,50 % des suffrages. Là aussi, Macky Sall devrait faire preuve de dépassement pour ne pas nous faire revivre l’épisode de 2001. Alors que tout le monde s’attendait à voir Moustapha Niasse arborer ce manteau, le pape du Sopi, déjà dans ses calculs de reconquête du pouvoir en 2007, nous sortira un faux débat sur deux chefs de l’opposition : Ousmane Tanor Dieng dont le parti (PS) comptait plus de voix (légitimité) et Moustapha Niasse (AFP) qui avait plus de députés à l’Assemblée nationale (légalité) grâce à un système dit Raw Gaddu (scrutin majoritaire). Ce qui avait fait qu’il n’a jamais été possible de désigner un chef de l’opposition même s’il faut rappeler que Me Wade avait promis de choisir celui qui aurait plus de députés après les Législatives de 2001. En l’occurrence donc, Moustapha Niasse.
Mais, à notre avis, le Sénégal, étant un régime présidentiel pour ne pas dire de pur présidentialisme, Idrissa Seck s’impose de droit. Avec plus de 300 partis politiques, ce serait bien que le Chef de l’Etat puisse avoir un seul interlocuteur, surtout pour certaines questions hautement importantes.

DESEQUILIBRE TERRITORIAL 

Un autre chantier attendu, c’est sans nul doute le déséquilibre territorial. Dakar est atteint de macrocéphalie urbaine. Avec la plus petite superficie de notre pays (550 Km2) ; soit 0,28 du territoire national, la capitale sénégalaise concentre pour autant plus de 80% des activités économiques du pays. Ce qui fait de Dakar, à la fois, la capitale économique, politique, culturelle, sportive, etc.
Les initiatives entreprises avec la nouvelle ville de Diamniadio dans le but de décongestionner Dakar, ne sont loin d’être mauvaises mais, ce serait encore mieux, si en plus de la politique de rapprochement des villages avec les villes, via des routes et des autoroutes, il y avait une autre visant à fixer les populations. C’est la seule façon de lutter contre cet exode qui tue nos campagnes et ruralise nos villes. Par Abdoulaye THIAM (Sud Quotidien)

L’autre Bourgi.

Dans la famille Bourgi, il y a Robert, l’avocat d’affaires, et Albert, l’universitaire. Le premier vient de faire frémir la classe politique, en balançant sur son passé de porteur de billets. Le second est son exact opposé.

L’un, Robert, avocat de droite proche de Chirac, de Villepin puis de Sarkozy, décoré de la Légion d’honneur, incarne de façon trouble la Françafrique ; l’autre, Albert, universitaire de gauche, longtemps éditorialiste à Jeune Afrique, en pourfend les dérives depuis quarante ans.

L’un s’est fait sorcier blanc des chefs d’Etat de nos anciennes colonies, de Wade à Bongo, de Mobutu à Sassou Nguesso ; l’autre a épousé le rêve des prisonniers et des opposants. L’un aime sans complexe le pouvoir et l’argent, a pignon sur la très chic avenue Pierre-Ier-de-Serbie, dans le 16e arrondissement de Paris et roule en Maserati ; l’autre déteste le Bristol et corrige des thèses de droit dans son petit bureau surchargé du 12e arrondissement…

Robert et Albert : deux petites lettres seulement différencient les frères Bourgi. Mais les engagements ont éloigné le « porteur de valises », sous les feux médiatiques depuis son grand déballage sur les financements occultes entre la France et le continent noir, de son frère aîné dont la trajectoire raconte un autre paysage franco-africain.

Albert, professeur de sciences politiques à Reims, reçu major à l’agrégation interne de droit public, vit dans une HLM parisienne des années 1970, avec vue sur les barres d’immeubles et un carré de verdure. Le salon au papier peint jaune, canapés verts et tapis orientaux est encombré de fétiches : peinture du Mozambique, chaînes d’esclaves du Sénégal, statues de héros de la lutte coloniale.

Du balcon parviennent des cris de gosses. « J’aime ça, vivre au milieu des écoles », s’enthousiasme ce père de deux grands enfants « très famille ». Teint basané – « un visage de métèque » – chevelure garnie et -grisonnante, jean et chemise décontractée, forme olympique, l’universitaire ne fait pas ses 69 ans. Sa femme, Evelyne, retraitée et présidente d’une association d’aide à la régularisation des immigrés, est à ses côtés.

Charmeur, sentimental, volubile, persuasif, Albert Bourgi parle avec de grands gestes, vous interpelle sans cesse par votre prénom. Tantôt soucieux : « J’interviens dans beaucoup de conférences et de débats, mais je n’ai pas l’habitude de me livrer. » Tantôt méfiant : « Vous allez mettre quoi, dans le portrait ? » Toujours passionné, capable de discourir des heures sur la décolonisation manquée, le « système incestueux » des relations entre la France et l’Afrique, son lien ombilical avec le continent noir, où il souhaite être enterré.

Né à Dakar en 1942, Albert est le fils de Mahmoud Bourgi, un riche négociant libanais, tombé amoureux de Marseille puis du Sénégal. Connaisseur hors pair du continent, Mahmoud élève ses douze enfants dans une triple culture, franco-libano-africaine.

Membre de la SFIO, à la fois proche du socialiste sénégalais Lamine Guèye, et de Jacques Foccart, le conseiller Afrique du général de Gaulle, président du comité libano-syrien d’adhésion et de bienfaisance, le marchand invite dans sa demeure dakaroise, les notables de tous bords. Il transmet à ses fils le goût des affaires et de la politique.

Chacun hérite de l’une des facettes paternelles. Albert, « Ahmed » de son prénom libanais, rédige une thèse de droit sur « La politique française de coopération en Afrique, le cas du Sénégal », publie des textes engagés dans la collection de François Maspero, lance un annuaire du tiers-monde.

Robert, de trois ans son cadet, fait sa thèse sur « De Gaulle et l’Afrique », passe le barreau mais ne plaidera jamais, devient maître en intrigues et culte du secret. Un troisième frère, avocat lui aussi, défend des grosses compagnies françaises et africaines. Un autre est secrétaire de section du Parti communiste à Sceau…

Les chemins des deux frères se croisent parfois, non sans ambiguïtés. Au Gabon, par exemple, où Omar Bongo, symbole de la Françafrique, « papa » de Robert, finance largement tous les opposants africains, poulains d’Albert compris. « Les frères Bourgi pourraient presque constituer une SARL des réseaux africains », plaisante un spécialiste du continent.

L’élection de François Mitterrand, en 1981, allume une flamme d’espoir chez Albert. Ils sont alors un petit groupe d’idéalistes à rêver d’une rupture dans la politique française d’hégémonie en Afrique. L’illusion est de courte durée.

Un mandat plus tard, le président socialiste prononce le discours de la Baule, qui conditionne l’aide hexagonale à la démocratisation des régimes africains : Albert est l’un des premiers à dénoncer une volonté d’encadrer les aspirations démocratiques du continent tout en protégeant les intérêts français. Depuis, il renouvelle tout de même sa carte au PS, y cultive ses réseaux, mais n’y sent pas le « souffle africain ».

Le vent de l’indépendance, cet Afro-optimiste le trouve chez ses amis du continent. Burkinabés, Tchadiens, Ivoiriens, Zaïrois – opposants aux dictateurs dont son frère Robert est l’oreille – viennent dîner dans la HLM du quartier de la Nation. Parmi eux, le Guinéen Alpha Condé, rencontré à la Sorbonne en 1972. « Alpha », condamné à mort par le président Sékou Touré, exilé, fête Noël chez les Bourgi, devient parrain de leur fille Cécile.

De retour à Conakry, menacé et emprisonné plusieurs fois, l’opposant appelle à l’aide son « frère » français. Une fois, Albert contacte un ami de jeunesse, Abdou Diouf, président du Sénégal, qui fait rapatrier le Guinéen en avion militaire. Une autre, il organise une campagne internationale de soutien…

Le jovial universitaire se lie d’amitié avec un autre socialiste en exil, l’Ivoirien Laurent Gbagbo. « Laurent » est son premier « frère » à accéder au sommet de l’Etat. En octobre 2000, ils célèbrent ensemble cette victoire à Abidjan. Et lors de sa première visite officielle en France, le nouveau président ivoirien tient à souper chez son vieux copain.

Ce 21 juin 2001, Albert, amateur de bonne chère, a commandé un festin chez un traiteur libanais. Outre « Laurent », il a convié Béchir Ben Yahmed, PDG du groupe Jeune Afrique, Alpha Condé, tout juste libéré de prison, Abdou Diouf, battu à la présidentielle sénégalaise de 2000, et Guy Labertit, le Monsieur Afrique du PS, un intime de Gbagbo lui aussi…

Albert Bourgi et « Laurent » travaillent alors à un livre d’entretiens, La politique est un métier, finalement annulé suite au coup d’Etat de 2002. Le Français se rend régulièrement au palais d’Abidjan, échange avec son ami au téléphone, comme il l’a toujours fait.

Mais il refuse, dit-il, tout poste rémunéré, et plus encore de jouer les intermédiaires. Vigilant, il n’enregistre d’ailleurs pas de bagage en soute lorsqu’il voyage dans certains pays du continent noir. « Albert Bourgi est un homme de coulisses et de réseaux, mais pas un comploteur ni un homme d’argent. Il a une qualité rare chez les marabouts blancs : la constance, la fidélité – au point d’être aveuglé par ses amitiés », dit Antoine Glaser, le fondateur de La Lettre du continent.

Par amitié, et au risque de trahir ses convictions, Albert ferme les yeux sur la politique de Gbagbo, les morts, les élections maintes fois repoussées et les agissements de son frère Robert, qui ouvre à l’Ivoirien les portes de l’Elysée. Tout comme il les fermera sur la campagne électorale controversée d’« Alpha », menée sur le refrain ethnique de « Tout sauf les Peuls ».

Après quarante ans d’opposition, Alpha Condé, 72 ans, est élu président de Guinée le 21 décembre 2010, jour de l’anniversaire de mariage d’Albert.

« Certains connaissent des présidents une fois en place. Moi, j’ai des rapports avec des personnes, dont j’ai partagé les idées et les combats. Ce sont mes amis, et je les défendrai jusqu’au bout. Les résultats de la dernière présidentielle en Côte d’Ivoire n’ont jamais été certifiés », certifie celui-ci.

Albert Bourgi, le fidèle, s’étonne des aveux soudains de Robert, qui a accusé cinq chefs d’Etat africains de lui avoir remis des mallettes de billets à destination d’hommes politiques français. Il croit peu en une « repentance », ignore s’il s’agit d’un calcul politique, ne souhaite pas enfoncer son frère. Cela fait douze ans que les deux frères ne se sont pas vus.

Mais pour lui, ces révélations accréditent un secret de polichinelle : « L’Afrique de l’argent découle naturellement du système néocolonial. Tout le monde le sait et depuis longtemps. Les politiques de gauche comme de droite pillent le continent, mais aussi les hommes d’affaires, les avocats, les journalistes, les communicants d’Image 7 et d’Euro RSCG, de la boîte de Patricia Balme… »

Albert se souvient d’une scène, en marge de la première visite officielle d’Alpha Condé en France, en mars 2011. A l’Hôtel Meurice, un « éléphant socialiste » se fraye un chemin à travers la foule des courtisans, serre la main du président, exprime son envie de dîner avec lui : « Peut-être pour lui proposer ses services… »

Ce jour-là, la visite d’Alpha Condé était orchestrée par Euro RSCG. « Quand je l’ai su, j’ai dit à Alpha qu’il n’avait pas besoin d’eux pour faire sa com’ », raconte Albert Bourgi, qui a suggéré au président d’autres amis. Fidèle, même à ses contradictions. Photos Simone Perolari Le Monde

Le colonel Abdourahim Kébé serait poursuivi pour incitation à l’insurrection

https://www.dakaractu.com/ Juste après son arrestation à Saint-Louis, la rédaction de Dakaractu Saint-Louis est entré en contact avec une source proche du dossier pour en connaître davantage.

C’est ainsi qu’elle nous a appris que le colonel Abdourahim Kébé est poursuivi pour incitation à l’insurrection.

« J’ai été à la brigade. Ce que je peux vous dire sur les motifs de son arrestation, c’est que le colonel Abdourahim Kébé est poursuivi pour incitation à l’insurrection suite à une publication sur sa page Facebook », nous renseigne notre  informateur.

« Le colonel vient d’être acheminé sur Dakar et c’est à partir de là-bas qu’il sera entendu sur le fond du dossier. Nous attendons la suite… »

Voici les propos tenus par le Colonel Abdourahim Kébé sur son compte Facebook

https://www.dakaractu.com L’arrestation du Secrétaire national chargé de la Défense du parti Rewmi fait suite, nous apprend-on, à un post sur Facebook. Voici In Extenso les propos tenus par le Colonel Abdourahim Kébé sur son compte Facebook : « Sénégalais debout ! Une riposte énergétique du peuple s’impose. Face à ce qui apparaît comme un hold-up électoral que veulent nous imposer les valets de Macron, une seule attitude, la révolte populaire. Nous ferons comprendre à la France que le Sénégal n’est pas un pays banania, et au pouvoir, que la confiscation de la volonté populaire ne sera pas acceptée… »

« Idy 2019 » dénonce des arrestations ‘’arbitraires’’

http://www.dakarmatin.com/ Les arrestations des partisans de Idrissa Seck se multiplient. La dernière en date est celle du colonel Abdourahim Kébé, chargé des questions de défense au parti Rewmi. Dans le camp de Idrissa Seck, arrivé deuxième lors de la présidentielle avec 20% des voix, l’on dénonce une campagne d’intimidation avec ces arrestations ‘’arbitraires’’.

‘’Nous avons remarqué que toutes les personnes arrêtées sont membres de Idy 2019. Même lorsque nous faisions la manifestation avec les femmes. Il y avait toutes les femmes de l’opposition réunies. Et aujourd’hui ce qui s’est passé est inadmissible. C’est arbitraire. C’est de l’intimidation pure et dure. Nous demandons la libération sans condition et immédiate de tous ces détenus. Parce qu’ils sont des détenus politiques’’, a dénoncé à l’émission RFM matin ce lundi, Nafissatou Wade, Leader de Deggu Jeff, Membre de Idy 2019.

‘’Nous allons nous battre démocratiquement et citoyennement de façon responsable. Nous allons exiger que démocratie soit rétablie’’, a-t-elle ajouté.

DÉTHIÉ FALL AVERTIT : «NOUS TENONS À FAIRE COMPRENDRE À MACKY…»

http://www.emedia.sn Déthié Fall, vice-président du parti Rewmi d’Idrissa Seck, ne mâche pas ses mots après l’arrestation du colonel Abdourahim Kébé, secrétaire national en charge de la défense dudit parti. D’autant que fulmine-t-il, interrogé par Sud fm, « cette arrestation intervient après celle de Moussa Thiombane, de Bassirou Dieng, Mory Gueye, d’Abdourahmane Diallo, Amélie Ngom, de Malamine Fall, de Bigué Simone Sarr, d’Amath Thiaw, Marième Soumaré, de Mamadou Diallo, d’Amadou Bathily, de Bineta Mbaye et de Yancoba Sagna. Eux tous responsables de la Coalition ’’Idy 2019’’. »

Selon des informations reçues par le second d’Idrissa Seck, la personne mise en cause aurait été arrêtée suite à « un post qu’il aurait publié sur Facebook. » Ainsi, martèle le rewmiste, « on attend qu’il (Abdourahim Kébé) soit à Dakar. » Dans tous les cas, assène Déthié Fall, Rewmi a commis des avocats « qui seront présents lors de son audition. » Aussi, avertit-il : « Nous tenons vraiment à faire comprendre à Macky Sall que ce n’est pas par l’intimidation qu’il validera une élection manipulée avec des résultats préfabriqués. »

Militaire à la retraite et ancien Directeur de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA), le colonel Abdourahim Kébé été arrêté à Saint-Louis, par des éléments de la Brigade de recherche de la gendarmerie de Dakar pour des raisons d’enquête. DIÉ BA

 Arrêté hier : Le colonel Kébé défendu par Me Ndèye Fatou Touré

http://www.dakarmatin.com/ Les responsables du parti Rewmi, qui disent ignorer encore les raisons de l’arrestation du colonel Abdourahim Kébé, ont commis Me Ndèye Fatou Touré pour assurer sa défense. C’était, nous apprend le quotidien L’As, au sortir d’une réunion d’urgence

Me Abdoulaye Tine de «Idy 2019 » : «L’arrestation du colonel vise à frapper les esprits»

http://www.dakarmatin.com/ Arrêter des opposants pour intimider l’opposition est la nouvelle trouvaille du régime. C’est l’avis du chef de file de l’Usl. En effet, pour Me Abdoulaye Tine, les propos du Secrétaire d’Etat à la sécurité du Rewmi ne contenaient rien qui puisse valoir une arrestation.
«Il me semble qu’on reproche au colonel une publication sur sa page Facebook, j’ai été moi-même consulté les propos incriminés où il appelait, face à ce qu’il considérait comme un hold-up électoral, à une posture citoyenne à savoir une révolte populaire », a-t-il déclaré sur Sud Fm.
Membre de la coalition «Idy 2019», l’avocat de poursuivre : «Ses propos ne me paraissent pas dépasser les limites de la liberté d’expression, et ne sauraient donc, comme on tente de le faire, tomber sous le coup de l’article 95 du Code pénal. Et nulle loi ne peut retirer la liberté d’un individu de ne pas vouloir reconnaitre quelque chose qui ne lui parait pas conforme aux principes démocratiques».
A l’en croire, le gouvernement tente de procéder à des arrestations préventives «qui n’ont ni plus ni moins pour but que de frapper les esprits d’une part pour essayer de marquer toutes les velléités de contestations d’autre part. Ce sont des arrestations purement arbitraires dans la mesure où c’est purement préventif. Il n’y a pas de début d’exécutions qui peuvent justifier de telles mesures excessives et attentatoires aux libertés individuelles»

Arrestation de membres de «Idy2019» : Le COS/M23 exige leur libération

https://www.dakaractu.com/ La Commission Orientations et Stratégies COS/M23 a dénoncé  dans une note qui nous est parvenue « les arrestations tous azimuts de citoyens sénégalais, auxquelles nous assistons ces derniers jours, et ainsi alerter les autorités des dangers qu’encourt le Sénégal en termes de stabilité et de paix sociale ». Abdourahmane Sow, coordinateur de ladite commission et ses camarades d’interpeller ainsi les autorités sur l’impertinence d’un tel comportement, et appellent ces dernières à une dynamique autre que la répression et l’intimidation de membres de l’opposition, surtout suite à une situation post-électorale très tendue. Aussi exigent-ils du pouvoir en place, la libération immédiate de nos concitoyens, dont la privation de liberté, disent-ils, conforte encore une fois nos craintes d’une gouvernance dictatoriale dictée par un État policier, qui met à terre les fondements de la démocratie et des libertés.
Pour finir, le COS/M23 manifeste toute sa solidarité aux victimes, des jeunes et des femmes pour la majorité, pour leur libération immédiate, et s’engage encore une fois contre la dictature, l’intimidation et la les abus de pouvoir mais aussi entend se prononcer très prochainement sur les résultats de l’élection présidentielle de ce 24 février 2019, pour en tirer les conclusions attendues et décliner des perspectives en ce sens.

DÉFAITE DE BBY À TOUBA ET CASAMANCE : Serigne Modou Bara Dolly Mbacké accuse Moustapha Cissé Lô d’avoir tout gâché par ses maladroites déclarations.

https://www.dakaractu.com/ Si le Président Macky Sall a perdu à Touba et en Casamance, c’est parce que Moustapha Cissé Lô s’est adonné à des déclarations incendiaires contre des chefs religieux dans la cité religieuse après avoir traité de rebelles ceux qui étaient venus prendre part à une rencontre politique alors convoquée par Ousmane Sonko. La déclaration est de Serigne Modou Bara Dolly Mbacké. Pour le Mbacké-Mbacké, les populations de cette partie du Sénégal ont voté pour le jeune leader politique juste pour faire preuve de solidarité envers lui et sanctionné, par la même occasion le Président Macky Sall pour n’avoir pas su raisonner un homme comme Cissé Lô. Serigne Modou Bara Dolly Mbacké se réjouira des 67.437 voix engrangées à Touba avant de souhaiter des postes de responsabilité pour les leaders au niveau local…

Dr Atab Badji : « En décembre se joueront les prolongations de la présidentielle»

http://www.dakarmatin.com/ «Les élections locales de 2019 revêtent une caractéristique particulière : elles constituent à la fois une sorte de deuxième tour de la récente Présidentielle, mais aussi une sorte de premier tour (avant l’heure) des prochaines Législatives qui vont constituer de véritables «semi-présidentielles », vu l’enjeu de taille qu’elles constituent du fait de l’opportunité de cohabitation qu’elles offrent.

D’ailleurs, c’est cette modalité qui en constitue l’enjeu politico électoral majeur. En effet, il faut dire que dans les suites de l’élection passée, les Locales futures présentent, entre autres, un enjeu psychologique en cas de victoire massive, celui de remonter le moral des troupes, suite au revers électoral, de crédibiliser la thèse de ne pas reconnaître les résultats en les estimant être en deçà de leur performance. Mais le véritable enjeu, c’est l’opportunité d’un nécessaire ancrage local, idéalement institutionnalisé. En fait, une sorte de trésor de guerre, pour ne pas parler de bastion électoral. Par rapport à cette importante échéance, les chances de l’opposition tiennent de deux registres, un registre propre, intrinsèque et un registre extrinsèque qui tiendrait des points faibles du camp du pouvoir.

En effet, l’acte politique assez inattendu posé par l’opposition (même si certains parlent d’incohérence juridique), à savoir le fait de rejeter les résultats sans aucun recours, reste tout de même un acte politique pas banal qui, en déjouant les pronostics d’un conflit postélectoral qui finirait par dépeindre son image, va chercher à renforcer un certain sentiment de victimisation d’un jeu électoral qu’elle a estimé inique ; d’où une source possible de sympathie. En général, organisées à mi-mandat présidentiel, la proximité relative des élections locales avec la Présidentielle, de par le chevauchement calendaire, constitue aussi, dans une certaine mesure, un atout, en ce sens qu’elle permet de maintenir la cadence et la mobilisation des troupes, en lieu et place d’un estompement de la ferveur et d’une baisse de régime qu’occasionnerait une longue échéance. En plus, la dernière contrainte électorale que fut le parrainage a été une heureuse occasion de travail de terrain et de proximité, permettant ainsi d’avoir une idée plus ou moins précise des localités, pas forcément en termes de résultats ponctuels, mais de contacts et de repères prospectifs.

L’autre atout, c’est le renfort des recalés, surtout ceux-là qui ont une bonne assise locale, mais aussi celui d’une certaine machine électorale qui avait fait le choix de l’abstention, de même que certaines personnalités politiquement non colorées et des immanquables frustrés. L’autre registre, extrinsèque, c’est le risque de fissuration du bloc du pouvoir. En effet la logique de ‘tous pour un’ va céder, sous la poussée du choc des ambitions de figures politiques qui avaient juste tu leurs rivalités le temps d’une élection. Il s’agira véritablement de question de survie politique pour certains qui n’hésiteront pas à prendre le chemin de la dissidence.

En plus, les contraintes de l’agenda républicain avec ses grands rendez-vous (fête nationale, mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale, déclaration de politique générale, recherche de repères de la nouvelle équipe…), les aléas naturels comme l’hivernage pourraient gêner la préparation. Mais il faut préciser que le pouvoir ne manquera, toutefois pas, de prendre toute la mesure de l’importance, tant au niveau psychologique que politique, de ces échéances, pour user de tout son potentiel. De chaudes empoignades en vue. En définitive, en décembre se joueront les prolongations de la Présidentielle…»

Moustapha Guirassy : «Macky Sall doit avoir le triomphe modeste»

http://www.dakarmatin.com/ Membre de Idy 2019, Moustapha Guirassy a accordé un entretien à L’Observateur pour tirer le bilan de la présidentielle. D’emblée, il martèle que « Macky Sall doit avoir le triomphe modeste et que Idrissa Seck doit être désigné chef de l’opposition ».
Quid du parrainage ? Le député et ex-maire de Kédougou est d’avis que « ce système élimine, tel qu’il est conçu, le meilleur président de la République ». L’ancien ministre pense aussi que « l’opposition ne saurait se prévaloir de ses propres turpitudes »

Laser du lundi : Anatomie du scrutin du 24 février et de son torrent de leçons Par Babacar Justin Ndiaye

Macky Sall obtient la victoire au premier tour. L’opposition reçoit un double honneur, aussi bien par et pour son score honorable que par et pour son option également honorable et, surtout, hautement patriotique, en faveur de la paix dont les deux vaincus (Idrissa Seck et Ousmane Sonko) s’engagent à être les « artisans ». Le mot est tombé des lèvres du Président de REWMI, à l’issue d’une rencontre avec le Khalife général des mourides (Voir le journal L’OBS du samedi 2 mars 2019). Le vin électoral est donc tiré et bu jusqu’à la lie. Même s’il a manifestement le goût acide et les effets mortels de la ciguë. Indiscutablement, les deux héroïques perdants de l’élection présidentielle ont placé la patrie au-dessus de leurs personnes respectives.

Ces appréciations glorifiantes ne dispensent pas d’une coupe anatomique du scrutin du 24 février et d’une fouille instructive de son torrent de leçons. Un exercice auquel doit immédiatement et longuement se livrer le vainqueur, en l’occurrence, le Président Macky Sall. En effet, le chef de l’Etat réélu se retrouve avec un colossal cahier des charges post-scrutin. Un cahier précisément surchargé de tâches (attentes glissées en filigrane par les votants) et de taches (points noirs suffisamment perceptibles sur les multiples visages du vote) qu’il urge de prendre à bras-le-corps. Les messages codés et les dangers détectés dans cette élection-là ne sont-ils pas plus importants que les chiffres bruts reflétés, de façon aride, par les résultats contestés ou acceptés ?

A l’entame du second mandat – et au vu des 42% de votes protestataires visiblement teintés d’aversion – Macky Sall doit se convaincre que les Sénégalais aiment autant le pain que les libertés, autant la croissance économique que l’ancrage du Droit réellement vécu au quotidien. Durant le mandat écoulé, la glaciation démocratique fut rampante puis galopante. A l’orée du Sommet de la Francophonie de Dakar, en novembre 2014, le Président de la république avait gelé d’autorité, toutes les manifestations, jusqu’à la fin du conclave. Pour quelle raison ? Accueillir calmement des hôtes canadiens et français qui, chez eux, sont perpétuellement confrontés aux manifestations. Au demeurant, le Préfet de police de Paris ne bloque jamais les Sénégalais de France qui manifestent sporadiquement à l’occasion des séjours parisiens de Macky Sall. Bien au contraire. Les policiers français gardent leur air débonnaire devant les immigrés qui conspuent Macky Sall. Autre pays, autres mœurs…de gouvernance !  

En guise de rappel, des individus odieux ont profané les tombes d’un cimetière de Pikine. La colère de la population désireuse de manifester – dans le périmètre communal et non à la Place de l’Indépendance, contre les actes crapuleux de profanation et non contre la vie chère – a buté sur l’oukase du Préfet. Un oukase porteur d’interdiction. Ainsi, les Sénégalais ont été subitement transformés en mendiants de la liberté. Eux qui en furent des conquérants, bien avant 2012. Voilà une des facettes du bilan immatériel et négatif qui a pesé dans la balance électorale, au détriment du vainqueur Macky Sall. Il s’y ajoute une actualité judiciaire très foisonnante (les affaires Karim Wade et Khalifa Sall) qui a grandement pollué le septennat du fameux wakh-wakheet et fortement retenti dans les urnes, le 24 février dernier. Plus amplement, le sentiment dominant de nombreux segments de la population est que la gouvernance s’est tristement « duvaliérisée ». Le duvaliérisme (né du règne inénarrable de François Duvalier à Haïti) se traduit par le diptyque : autoritarisme et népotisme. Bref, la lèpre guette la démocratie sénégalaise.

Continuons la fouille du torrent de leçons, en dévoilant encore les taches, c’est-à-dire les points qui ont assez noirci le visage du vote ! Les poussées de fièvre confrériques et les crispations identitaires ont, avec effroi, accroché l’attention des observateurs et vivement alarmé les citoyens. Ce périlleux dévoiement de la vie politique n’est évidemment pas spontané. Il est le fruit de l’accouplement entre la gouvernance déraillée et l’exacerbation outrancière du parti-pris politique. Ce danger, hier, sous-jacent mais endigué, est, aujourd’hui, stimulé et flagrant. Le Sénégal anciennement à l’avant-garde africaine de la l’édification de la nation, campe maintenant, frénétiquement en bordure de l’abime « des identités meurtrières », pour emprunter le vocabulaire de l’écrivain d’origine libanaise, Amine Maalouf. L’inquiétude est d’autant plus grande que les propos de Maitre Moussa Diop – à défaut de provoquer le décapage de la couche de goudron de l’autoroute ILA TOUBA – amorcent le déchiquetage des fondations d’une exceptionnelle symbiose, jusque-là, emblématique et…stabilisatrice du Sénégal.

La victoire du 24 février – même pâle – fait du Président Macky Sall, le maitre du jeu, avec les cartes entre les mains. Il lui revient et lui incombe d’indiquer la direction : le cap requinquant de l’apaisement ou le chemin empierré de la tension. La présente phase est cruciale. Elle requiert un grand savoir-faire. Par bonheur, Idrissa Seck et Ousmane Sonko ne mettent pas des bâtons dans les roues. La personnalité du Premier ministre post-scrutin et la configuration de la prochaine équipe gouvernementale auront valeur de tests et seront des signaux forts. Certes, le Sénégal n’a pas quitté le club des démocraties bien notées sur le continent (Maurice, Botswana, Cap-Vert, les Seychelles etc.) mais il y est de plus en plus à l’étroit. Par conséquent, il est bien urgent que le Président Sall donne un bon et vigoureux coup de barre, au cours du second mandat, afin de quitter, en 2024, la scène de l’Histoire par la grande porte. Sinon, il en sortira par la porte cochère, la fenêtre, la cheminée ou la lucarne.

PS : l’anatomie de la victoire n’est pas incompatible avec l’auscultation de la défaite de l’opposition. Ayons le courage intellectuel de disséquer et le succès et l’échec ! La défaite de l’opposition a bel et bien des ressorts. Abstraction faite du piège juridique (le pervers parrainage), deux choses ont été fatales aux candidats de l’opposition, notamment à Idrissa Seck. Le premier coup dur renvoie à la double posture de boycott et…d’ambiguïté du Président Abdoulaye Wade. Son attitude tactiquement équivoque était concrètement en faveur de Macky Sall. Preuve que le Pape du Sopi place l’amnistie de son fils, Karim Wade, au-dessus de l’alternance à la tête du Sénégal.

Le deuxième élément explicatif est la peur que suscite le Président de REWMI dans la galaxie libérale.  Pour les caciques du PDS et pour nombre d’anciens ministres du régime libéral défunt, l’arrivée au pouvoir d’Idrissa Seck constitue une perspective cauchemardesque. Dans les confidences faites en privé, les transhumants disent que Macky Sall traque mal et punit mal. En revanche, la traque, la reddition des comptes et la vengeance sous le magistère d’Idrissa Seck seraient plus méthodiques, plus sophistiquées et plus rudes. En clair, la crème du PDS a peur et a horreur d’Idrissa Seck. Le Général De Gaulle disait : « La peur des communistes et la crainte de la guerre civile (allusion à l’OAS) rangent les Français derrière mon képi ». Chez nous, la peur d’Idrissa Seck a donné un coup d’accélérateur à la transhumance et à la ruée vers le bunker protecteur du Palais de Macky Sall.

Quelques leçons de la Présidentielle du 24 février 2019 Par Ibrahima SENE PIT/SENEGAL 

À l’issue de la campagne électorale pour la Présidentielle du 24 février 2019, il est clairement apparu l’existence de trois principaux camps qui se sont distingués de par la nature sociale des forces qui les composent,et du contenu de leurs programmes respectifs :

Il y a le Camp  des « Nationaux démocrates » qui sont pour la République  laïque démocratique et citoyenne, et le  maintien de l’Etat dans le domaine marchand.
Ce camp piloté par le Président Macky Sall, est composé des membres de BBY  constitués de libéraux, de socialistes, de communistes, de nationalistes pan africanistes, et des mouvements alliés.
C’est sur la base des réalisations des politiques publiques de ce camp, que le Sénégal a renoué avec une croissance forte et durable, mieux partagée à travers une politique de redistribution fiscale, de politiques sociales inclusives de réduction de l’extrême pauvreté et de l’exclusion territoriale, tout en augmentant notre coefficient de souveraineté nationale à travers une politique de gestion budgétaire axée sur la réduction progressive du déficit et de l’endettement extérieur du pays, tout en construisant de solides bases en termes d’infrastructures, de maîtrise de l’énergie électrique, d’aménagement d’espaces dédiés à l’investissement privé, et d’éducation et de formation professionnelle, de soutien à la modernisation de l’agriculture familiale, et de défense du pouvoir d’achat des ménages.
C’est ce premier camp qui a su réconcilier notre pays avec ses voisins, en  développant une politique de coopération et d’amitié, comme moyen stratégique pour assurer la sécurité de notre peuple, et exploiter au mieux, les ressources naturelles que nous partageons avec eux, au grand bénéfice de nos populations.
C’est ainsi que le Fleuve Sénégal et notre façade atlantique, sont devenus  des Zones de paix et de coopération, alors qu’ailleurs, l’eau est facteur de guerre fraticide !
Il y a ensuite le second camp, celui des libéraux  qui prônent   une République technocratique,  dans laquelle,  les grands Commis de l’Etat sont choisis par concours, pour les mettre hors du contrôle légitime des Elus de la Nation.
Sous couvert d’expertise, ils s’affranchissent ainsi de tout contrôle politique et citoyen, pour pouvoir se soumettre aux intérêts stratégiques du grand capital à travers l’activisme de ses lobbies.
Cette bureaucratisation de l’Etat est nécessaire pour accompagner  le retrait de l’Etat du domaine marchand, mener  la privatisation et la libéralisation du secteur de l’eau,  promettre des cadeaux fiscaux au grand capital par une politique de baisse continue de l’Impôt sur les bénéfices des grandes entreprises, l’aménagement des terres agricoles à céder à l’agro-business, le retrait des redevances de publicité du financement de l’audio- visuel public pour les consacrer à l’audiovisuel privé, tout en faisant supporter le financement de l’audiovisuel public par une augmentation des taxes sur l’électricité et le téléphone.
En outre, devant les revendications de suppression des « fonds secrets », il les maintient, tout en promettant d’en réduire le montant.
Il est, pour le maintien du CFA jusqu’à l’arrivée de la monnaie commune CEDEAO, rejoignant sur ce point la position du camp du Président e la République, qu’il combat en prétendant changer de politique économique.
En outre, il a un programme économique de 2875,116 milliards de Frs CFA par an, durant ses 5 ans de mandat, dont le financement comporte 1000 milliards de Frs CFA issus du pétrole et du gaz qui ne seront , selon ses propres aveux, disponibles qu’à partir de 2021!
Il a donc un programme qui, dès les deux premières années,  2019 et 2020, sera confronté à un manque de financement de 1000 milliards chaque année!
Avec lui, le pays va s’engouffrer dans une crise financière sans précédent dès cette année, qui va l’obliger à recourir à plus d’emprunt pour augmenter de 1000 milliards par an, le plafond de dette qu’il a limité à 550,9 milliards par an, ou de réduire les dépenses prévues pour l’exécution de son programme, s’il ne veut pas taxer davantage les ménages.
En outre, voilà le leader de ce camp qui agresse les croyances religieuses des musulmans de notre pays et du monde entier, en remettant en cause, la direction historique de leur prière qu’il croit devoir déplacer de la Mecque(Makka),  à Jérusalem (Bakka.)
Pourtant, c’est lui  qui a gagné le vote à Touba, contre un candidat issu de cette même confrérie, Madické Niang, et contre le Président sortant, candidat à sa propre succession, malgré toutes les réalisations de ses politiques publiques en faveur de ces populations en termes d’assainissement, d’approvisionnement en eau potable, en électricité, et en désenclavement routier, avec l’autoroute  ILLA TOUBA!
Il est donc proprement ahurissant de voir tous ces commentaires «  savants »  visant à qualifier le vote contre le Président Macky Sall à Touba, de « vote confrérique », en occultant le « vote sanction »  d’une partie des cadres de l’APR pour des motifs de rivalités internes !
Enfin, le troisième camp est celui des populistes, qui draine des couches moyennes intellectuelles, petite bourgeoise par nature, et idéologiquement  issues de l’extrême gauche, et de l’extrême droite islamo-salafiste, et qui sont  adeptes d’un nationalisme étroit sous couvert de  » patriotisme économique » qui confond l’anti impérialisme à l’anti occidentalisme, notamment anti français.
Ce camp avec Sonko, prétend représenter « l’anti système », alors qu’il est au service du grand Capital qui régente le « système », et malgrè ses virulentes critiques contre le fr CFA, il a fini par opter pour son maintien jusqu’à l’arrivée de la monnaie commune CEDEAO.
Ainsi, sur la question de la monnaie, aucun des deux camps de l’opposition ne se démarque des positions incarnées par le camp du Président sortant, malgré tout l’activisme débordant qu’ils ont entrepris sur cette question pour déstabiliser le pouvoir. Donc, c’est le statut quo monétaire, et non la rupture qu’ils avaient promise aux Sénégalais.
La servitude de Sonko au grand Capital est reflétée par ses promesses d’énormes cadeaux fiscaux par la  baisse de  l’impôt sur leurs bénéfices de 30% à 23%, en faisant mieux que Wade  qui l’avait arrêté à 25%!
Il a  dans ce domaine, accompli au Sénégal, les prouesses de Trump aux Etats Unis, en faveur du grand Capital.
En outre, l’étude de la  géographie des voix qu’il a engrangées, permet de  mieux comprendre la nature des forces sociales qui gravitent autour de lui.
Du Canada, en Suisse ou en Allemagne, il a été publicité par les membres les plus radicaux du MFDC, qui retardent la tenue de négociation de paix avec le gouvernement du Sénégal.
En outre, de Fès à Tunis, en passant par l’Egypte, l’Algérie et l’Arabie Saoudite, ce sont les étudiants sénégalais salafistes qui ont porté leur suffrage sur lui, de même que les IBADU et l’extrême gauche l’ont fait massivement au Sénégal et en France.
Ce sont ces trois courants populistes d’extrême gauche anti Française, salafiste  anti-occidentale, et indépendantiste,  qui font de Sonko, un homme à triple visage, très dangereux pour notre peuple, qui prétend combattre le «système », tout en faisant des cadeaux fiscaux aux maîtres du «  système » que sont  les grandes entreprises qui contrôlent notre Economie nationale.
Pis encore, sous prétexte de « défendre les intérêts du Sénégal », il cherche à mettre en mal les relations de notre pays avec les Etats limitrophes, en voulant mettre en cause la coopération que nous avons avec la Mauritanie, la République de Guinée, et le Mali dans la gestion de l’eau du Fleuve Sénégal, et  la coopération avec la Mauritanie et la Guinée Bissau dans la gestion de nos ressources pétrolières, gazières et hallieutiques, mettant ainsi notre pays dans une situation d’hostilité avec ses voisins, dans un contexte où le terrorisme islamiste menace ouvertement notre pays.
IL est présenté comme un « messie », sauveur du peuple sénégalais, alors qu’il est l’incarnation de ces trois courants extrémistes qui gangrènent notre pays, et sapent la cohésion de notre peuple.
C’est certainement pour avoir compris le danger qu’il représente pour son unité,  sa sécurité et sa stabilité, qui sont nécessaires à sa cohésion et à sa quête de progrès et de souveraineté nationale, dans l’entente et l’amitié avec ses voisins, que le peuple l’ait mis loin derrière Idrissa Seck qui, pourtant, ne lui inspire pas confiance, malgré sa grande coalition de « généraux », comme une « armée mexicaine avec peu de troupes » peu motivées par-dessus le marché.
La nature anti démocratique de ces deux camps se reflète dans leurs positions communes contre les acquis des travailleurs et du peuple en matière de dialogue politique et social, pour une meilleure prise en compte de leurs aspirations dans les politiques publiques.
C’est ainsi que sous couvert de  » gouvernance sobre », ils projettent de supprimer le Conseil Economique , Social et Environnemental, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales, et le  Conseil National pour le Dialogue Social, qui sont des organes de gouvernance participative et de concertation entre les pouvoirs publics, les forces économiques et sociales, d’une part, et, d’autre part,  entre l’Etat, le Patronat et les Organisations des Travailleurs.
Ces conquêtes institutionnelles dans le processus de démocratisation de notre Etat, consacrées dans les propositions de reforme de la CNRI, sont donc menacées de disparaître, pour laisser les coudées franches aux grands Commis de l’Etat, sélectionnés par concours, pour régenter notre peuple.
Ainsi, l’avènement au pouvoir d’un de ces camps, aurait signifié un recul sans précédent de nos acquis démocratiques.
Enfin, pour masquer leur option de maintien du Parti – Etat, ils dénaturent la proposition  des Assises nationales et de la CNRI  de non cumul de la  fonction de Président de la République avec celle de Chef de l’Etat, par le transfert du pouvoir exécutif à un Premier Ministre issu de la majorité à l’Assemblée nationale, qui détermine la Politique de la Nation, et qui est, pour cela, Chef de Parti en même temps, dont il a besoin pour gouverner.
A la place, ils proposent le non cumul de la fonction de Président de la République avec celle de Chef de Parti, comme Abdou Diouf l’avait institué en 1996, et nous l’avait légué en 2000, tout en maintenant le Parti-Etat, c’est à dire le cumul de Président et de Chef de l’Etat, qui définit la politique de la Nation et la fait exécuter par un Premier Ministre de son choix.
C’est cela  qui donne au Président de la République des pouvoirs exorbitants que nous avions continué de dénoncer et de combattre de 1996 jusqu’en 2000, et que Wade a reconduit dans sa réforme de 2001 en renforçant le pouvoir du Président par un Droit de dissolution de l’Assemblée nationale selon son bon vouloir,  après les deux premières années de la législature de cinq ans.
Donc, tous ceux qui prétendent réduire les pouvoirs exorbitants du Président de la République par des  artifices,  en laissant intact ce cumul de ses fonctions avec celle de Chef de l’Etat,  sont des adeptes camouflés du Parti-Etat, qui peut aménager ses rapports avec le Pouvoir judiciaire sans jamais le laisser indépendant de lui.
Le pouvoir judiciaire peut être indépendant du Chef de l’Etat, si la fonction n’est pas cumulée avec la Fonction de Président de la République, mais, dans tous les cas de figure, il dépend du Président de la République ou du Roi selon le cas, pour éviter l’avènement d’ un  » gouvernement des Juges ».
Mais,  pour masquer cette différenciation socio-économique de notre paysage politique qui s’opère sous nos yeux,   des intellectuels,  « politologues autoproclamés », dans les milieux universitaires, dans la presse, et dans la société civile, ont cherché à expliquer le vote du peuple sénégalais à partir de motivations ethnoculturelles ou confrériques, en   n’accordant aucune attention au rôle des réalisations socioéconomiques du pouvoir dans le choix électoral des sénégalais ce 24 février 2019, ni celui des programmes alternatifs des  différents candidats, encore moins  au degré de maturité politique de notre peuple.
C’est ainsi qu’ils ont interpellé la défaite du candidat Macky Sall à Touba comme un vote confrérique dirigé contre lui, et sa défaite en Casamance, comme un vote ethnique du Sud, contre le vote ethnique du Nord du Sénégal en sa faveur.
Ils ont évacué de l’explication du vote de la région de Ziguinchor, les inquiétudes des populations suscitées par le projet d’exploitation du Zircon, et l’installation d’une usine de fabrication de farine de poisson.
Ils n’ont tenu compte que les dommages collatéraux des propos inacceptables de Moustapha Cissé traitant de «  rebelles » tous ceux qui sympathisent avec Sonko, mais aussi, le faux bond fait au «  mouvement des femmes pour la paix » qui avait programmé de rencontrer le Candidat Macky Sall, à la gouvernance, pour l’auditionner au même titre que  les autres candidats de passage à Ziguinchor.
Ces deux circonstances ont été largement senties comme du «  mépris », vis à vis des populations de la région de Ziguinchor, qui a fortement atténué leurs appréciations positives des bienfaits des politiques publiques du Candidat Macky Sall en leur faveur, en termes de désenclavement maritime, aérien et routier par le pont transgambien, de cesassion des hostilités en vue d’une paix définitive et durable de la crise dans cette région,  et les perspectives de création d’emplois pour les jeunes, par les mesures prises pour le développement de l’agro- industrie et du tourisme, comme moteur stratégique d’un développement intégré et inclusif.
Dans ces conditions, la défaite électorale du candidat Macky aurait bien pu être comprise comme un avertissement pour les manquements notoires des cadres de l’APR et de l’Administration du territoire pour n’avoir pas pu  porter leurs préoccupations au près du Candidat, plutôt que comme une réaction éthniciste contre les candidats issus du Nord, ou une «  défiance » des indépendantistes vis à vis du pouvoir.
D’ailleurs le discours de «  dépassement, de paix et de réconciliation » que Sonko a tenu lors de son audition par le «  mouvement des femmes pour la paix », aurait dû convaincre les plus sceptiques, que le vote de la Région de Ziguinchor pour Sonko, est un «  vote pour la paix dans la dignité » !
Sonko n’ a pas été élu grâce à la région de Ziguinchor,  mais surtout, grâce à  la région de Dakar, qui lui a accordé  229. 684 voix, contre la région de Ziguinchor où il n’a obtenu que 101.938 voix; ce qui est égal à son score dans le seul Département de Dakar où il a obtenu 101.003 voix!
Mais, toute la question est de maintenant de  savoir, ce que Sonko  va faire de ce « vote de paix dans la dignité », compte tenu de la nature sociale de sa coalition, qui lui a donné le triple visage que le peuple voit en lui et qui suscite sa crainte.
Avec l’avènement de ces trois camps dans le paysage politique sénégalais, il faut y ajouter  le camp du  » libéral autocrate », le Président Abdoulaye Wade,  qui est anti républicain et quasi monarchiste, en prônant sa succession par son fils, autant dans son Pati le PDS, que dans l’Etat, en cherchant obstinément à imposer sa candidature à la Présidentielle du 24 Février.
Ce camp  reste encore le leader de l’opposition parlementaire, puisque disposant du seul  » groupe parlementaire »  de l’opposition à l’Assemblée nationale, lui conférant un pouvoir institutionnel de premier ordre.
Mais son incapacité à rassembler autour de son fils, toute l’opposition, l’amené à refuser d’en soutenir un candidat, permettant ainsi à Idrissa Seck, arrivé deuxième à la Présidentielle du 24 février, d’occuper la place de leader de l’opposition non parlementaire, avec 20% du suffrage exprimé, loin devant Sonko avec 16%.
Le peuple a ainsi rationalisé le paysage politique, sans remettre en cause le droit acquis en matière de liberté d’organisation. Il ne reste plus qu’à continuer à l’assainir en maintenant le parrainage citoyen pour tous, afin de limiter le pouvoir d’argent dans les compétitions électorales.
S’il n’ y avait pas de parrainage citoyen pour tous, la sélection des candidats par le niveau de la caution aurait permis une pléthore de  » milliardaires » de briguer le suffrage ce 24 février!
Les cinq candidats qui ont pu passer le parrainage ont démontré qu’ils ont  disposé d’une base sociale nationale que les résultats des élections ont confirmé.
Il ne peut donc plus y avoir de retour en arrière vers la sélection des candidats par l’argent.
Cependant, il est important de tenir une nouvelle concertation en vue de rendre le parrainage plus opérationnel et moins controversé, mais c’est le chemin pour assainir notre paysage politique, en mettant fin au  » louage de récépissé » à des fortunés pour leur permettre de se soustraire aux contraintes de représentativité nationale qu’il exige.
Avec ce scrutin du 24 février et ses résultats, la recomposition politique,  qui était en gestation depuis la première alternance, s’est désormais accomplie. La vie politique, devenue moderne, va être de plus en plus marquée  par des débats et des échanges sur des choix de société et de politiques publiques, que sur les hommes et femmes  à identités remarquables. Dakar le 4 février 2019

Proclamation des résultats provisoires de la présidentielle : Le PS pour la prise en compte de la voix des Sénégalais qui n’ont pas voté pour leur candidat

Le Parti socialiste qui avait désigné le Président Macky Sall comme leur candidat à la Présidentielle du 24 Février dernier s’est réjoui de la réélection au premier tour du Président Macky Sall.
Une semaine après ce scrutin les verts de laisser entendre que maintenant « il importe de tourner la page de l’élection, d’entendre et de prendre en compte la voix des Sénégalais qui n’ont pas porté leur suffrage sur notre candidat,  pour continuer, ensemble, majorité comme opposition, à bâtir notre pays, le Sénégal, pour atteindre l’émergence à l’horizon 2035 ».
Pour les socialistes cependant, cette consécration traduit « la confiance que le Président Macky SALL a su inspirer au peuple sénégalais, grâce à la qualité de son bilan et aux perspectives crédibles qu’il a su offrir et présenter avec brio tout au long de la campagne électorale  des réalisations tangibles dans tous les secteurs de la vie économique et sociale, et qui profitent pleinement à tous les Sénégalais ».
Les socialistes de magnifier la solidité de nos instituions, le professionnalisme de tous les acteurs de notre administration électorale mais aussi de faire éloge de la maturité et du sens des responsabilités de nos compatriotes qui se sont mobilisés, pour remplir librement, avec calme, sérénité et détermination, leur devoir citoyen de vote.
Pour finir,  le Parti socialiste de décerner une mention particulière à l’ensemble de ses militants et responsables, de la diaspora comme de toutes leurs instances de base nationales, qui se sont mobilisés pour contribuer, avec loyauté et engagement entier, à cette belle victoire collective, sous le leadership respecté du Secrétaire général, le Président Ousmane Tanor Dieng…

QUE MACKY GOUVERNE, QUE L’OPPOSITION S’OPPOSE ! PAR MADIAMBAL DIAGNE

Le Sénégal n’est pas dans une situation où le Président serait contraint de devoir faire appel à l’opposition pour gouverner – Il ne devrait pas y avoir de consensus qui traduirait un partage d’un «gâteau gouvernemental»

Les résultats de l’élection présidentielle du 24 février 2019 ne sont que «provisoires», en attendant que le Conseil constitutionnel ne les proclame comme «définitifs», d’autant qu’aucun des cinq candidats n’a introduit de recours. Macky Sall a été réélu au premier tour avec 58,27% des suffrages. On peut dire qu’il est donc réélu avec une confortable majorité. Nous prédisions qu’il sera élu sur un fauteuil. La dernière fois qu’un président de la République avait été élu au premier tour avec un suffrage supérieur à ce score de Macky Sall remonte à l’année 1993, quand le Président Abdou Diouf avait été élu au premier tour avec un score de 58,40% des suffrages. Mais ce qui rend la victoire du Président Sall encore plus reluisante est qu’il a été élu avec l’un des meilleurs taux de participation. Macky Sall a été élu le 24 février 2019 avec un taux de participation de 66,23%. C’est le meilleur taux de participation enregistré à une élection présidentielle depuis plus de 45 ans, c’est-à-dire plus précisément depuis l’élection présidentielle de 1973. Léopold Sédar Senghor avait été élu en 1973, alors qu’il était candidat unique, avec un suffrage de plus de 98% et un taux de participation de quelque 96%. C’était du temps des balbutiements de la renaissance de la démocratie sénégalaise. Est-il besoin de rappeler que le taux de participation à l’élection présidentielle était de 63,12% en 1978 (Léopold Sédar Senghor), 56,70% en 1983 (Abdou Diouf), 58,76% en 1988 (Abdou Diouf), 51,46% en 1993 (Abdou Diouf), 55,90% en 2007 (Abdoulaye Wade) ? Même pour les élections présidentielles à deux tours comme en 2000 et 2012, les taux de participation n’ont jamais atteint le taux de cette année 2019 où l’élection a été réglée en un seul tour. En effet, le taux de participation était de 62,23% au premier tour de l’élection de 2000 et 60,75% au second tour. Il baissera, à l’élection présidentielle de 2012, à 51,58% au premier tour, pour atteindre finalement un taux de 55% au second tour. Il s’y ajoute que de l’avis unanime des milliers d’observateurs nationaux et internationaux, «l’élection du 24 février 2019 a été crédible, transparente et démocratique». On ne le dira jamais assez, les autorités en charge de l’organisation du scrutin ont tiré leur épingle jeu.

Macky Sall, un Président libre de contraintes

Macky Sall a donc été bien élu et cette élection lui donne les coudées franches. Les électeurs ont exprimé un vote d’adhésion, de renouvellement de leur confiance, mais surtout le vote a pu être l’expression de la satisfaction pour un bilan jugé globalement positif. Le vote aurait pu être plus massif, n’eussent été des situations subjectives observées dans des circonscriptions électorales comme à Touba notamment. En effet, le Président Sall a pu indiquer durant la campagne électorale un cap clair pour poursuivre les chantiers engagés dans la première phase de réalisation du Plan Sénégal émergent (Pse). Ainsi, la phase 2 de ce Pse a pu être présentée lors d’une réunion du Groupe consultatif à Paris, le 17 décembre 2018, aux partenaires techniques et financiers et tous les financements nécessaires ont été promis. On peut donc considérer que le Président Sall ne devra pas manquer des ressources nécessaires pour conduire les actions envisagées. Un tel chef d’Etat entame donc son mandat avec une grande confiance. Il ne manquera sans doute pas de prêter une oreille attentive aux récriminations de son opposition, car il conviendra de gouverner pour chercher à satisfaire jusqu’aux couches de populations qui ont exprimé une appréciation négative de sa gouvernance en exprimant un vote d’opposition.

Pourtant, devrait-on se demander avec quelles équipes il devra gouverner. De nombreuses voix s’élèvent pour suggérer au chef de l’Etat de tendre la main à l’opposition. La démarche peut s‘avérer pertinente dans la dynamique d’une logique de dialogue politique pour renforcer le système démocratique et les institutions républicaines. Il sera de bon augure d’élargir la composition des institutions politiques à des personnalités provenant d’horizons et ayant des profils variés. Seulement, il ne devrait pas être question de rechercher un unanimisme autour du chef de l’Etat. Il reste nécessaire dans une démocratie que les vainqueurs gouvernent et que les battus restent dans l’opposition pour pouvoir faire des propositions alternatives et des critiques constructives. Le Sénégal n’est pas dans une situation où le Président Sall serait contraint de devoir faire appel à l’opposition pour pouvoir gouverner. Il ne devrait pas y avoir de consensus qui traduirait un partage d’un «gâteau gouvernemental».

Au demeurant, de tels petits arrangements entre politiciens se font toujours au détriment des populations. Il convient donc pour l’opposition, battue de manière claire et nette, de se remettre à préparer les prochaines élections et de surveiller et contrôler l’action du gouvernement qui sera mis en place. Il n’en demeure pas moins que le chef de l’Etat devra pouvoir ouvrir l’espace public et éventuellement, dans les limites de ses attributions constitutionnelles, faire preuve de mansuétude et d’esprit de pardon. Dans tous les cas, il devra apprécier librement toute mesure qu’il pourrait envisager pour desserrer toute tension politique consécutive à l’organisation du dernier scrutin présidentiel. Accorder la grâce à l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, condamné pour prévarications de ressources publiques ? Initier une loi d’amnistie en sa faveur et/ou à la faveur de Karim Wade, lui aussi condamné par la justice, mais déjà gracié ? Le Président Sall a toutes les cartes en main. Il est le maître de ses horloges.

Les chantiers du Président Sall seront nombreux et variés, mais on pourra retenir la nécessité pour lui d’opérer des réformes dans la gouvernance publique du Sénégal. Tous les secteurs de la vie nationale auront sans doute besoin de retenir son attention, mais il s’avère urgent de prendre à bras-le-corps des questions fondamentales dans la vie de la Nation, comme l’éducation, la santé, l’emploi et l’environnement économique.

Dans une chronique en date du 31 décembre 2018, intitulée «Ce qu’il faudrait changer au Sénégal en 2019», nous soulignions l’impérieuse nécessité d’opérer des changements structurels dans la gouvernance publique. L’Administration publique, ankylosée par des pratiques d’un autre âge, ne satisfait pas les exigences de qualité de service des usagers. Les statuts des fonctionnaires devraient être revus pour les adapter à un contexte de modernisation de l’Administration et des services publics. Il devrait en être de même également pour la législation sur le travail. Le Code du travail sénégalais a besoin d’un coup de révision afin de mieux prendre en charge les préoccupations des investisseurs. Une telle opération devra se faire dans le cadre d’un dialogue inclusif avec les partenaires sociaux.

Pour être conduites de manière efficace, les réformes auront besoin d’être conduites par un gouvernement qui répondrait davantage à certains critères de performance. Ne disions-nous pas de «réformer jusqu’au gouvernement», tout en précisant notamment que : «La réussite de toute politique est tributaire des personnes qui la portent et la mettent en œuvre. De ce point de vue, le nouveau président de la République du Sénégal devra s’entourer d’une équipe constituée d’hommes et de femmes avec un pedigree qui illustre leurs compétences et leurs capacités à conduire une action gouvernementale efficace. Il est question en l’occurrence de rompre avec une pratique qui a pu s’installer depuis une vingtaine d’années au Sénégal et qui consiste à placer, à des fonctions stratégiques au sein de l’appareil d’Etat, des personnes simplement au regard de leur engagement politique.

Un véritable népotisme a pu être constaté et les exigences d’impulser des changements porteurs de progrès majeurs dans les domaines économique et social commandent une autre façon de faire. L’architecture gouvernementale devra être plus cohérente et plus efficace et le Sénégal devrait tourner la page de l’ère des gouvernements pléthoriques, constitués dans un objectif de satisfaire une clientèle politique. Tel devra être le leitmotiv d’un Macky Sall reconduit à la tête du Sénégal. En effet, la politique qu’il a eu à conduire durant son premier mandat lui a permis d’arriver à des résultats tangibles qui ont quelque part changé le visage du Sénégal. On peut être convaincu qu’il aurait pu mieux faire s’il avait eu les compétences pour garder le tempo des performances. A la vérité, de nombreux ministres ont pu apparaître comme facteurs de blocage ou de contre-performance.

Et la perception que les populations ont pu avoir du profil des membres du gouvernement n’a pas manqué d’impacter négativement la visibilité et la lisibilité des réussites dont le Président Sall peut légitimement s’enorgueillir.»

Au Sénégal, l’opposition ne reconnaît jamais ses défaites électorales

Sur le plan politique, le prochain gouvernement aura à conduire un processus d’évaluation du scrutin, ses modalités et conditions d’organisation. A cette occasion, le parrainage intégral pour les élections nationales ne manquera pas d’être rediscuté. Une évaluation devra être conduite de ce système de parrainage et le renforcer. Cela aura l’avantage de clarifier le jeu politique et d’induire une limitation des partis politiques. On ne le dira jamais assez, la floraison des formations politiques à la petite semaine constitue le ventre mou du système démocratique sénégalais. Le Sénégal n’a que faire de plus de 300 partis et mouvements politiques. Tout le monde a pu trouver l’intérêt d’avoir suivi la dernière campagne électorale avec un nombre de cinq candidats qui ont eu toute la latitude d’exposer et de confronter leurs ambitions pour le pays. Cela a juré avec la cacophonie des élections législatives que se disputaient en juillet 2017 quelque 47 listes dont seules six avaient pu obtenir au bout du compte un ou plusieurs sièges de député. Devra-t-on réduire encore le nombre de parrains exigé de tout candidat à l’élection présidentielle ? La proposition initiale du gouvernement avait été d’exiger au moins 1% du fichier électoral comme nombre de parrains. C’était au moment du vote de la loi qu’un amendement parlementaire avait réduit le taux à 0,8% du corps électoral. On se rappelle qu’à la faveur du Code électoral dit consensuel de 1992, les parrainages de 10 mille citoyens étaient exigés de tout candidat indépendant à l’élection présidentielle. Ces 10 mille signatures représentaient justement 1% du nombre courant de votants aux élections à cette époque. La disposition avait été adoptée par la classe politique qui manifestement cherchait à rendre plus difficile la tâche pour les personnalités indépendantes qui songeraient à s’engager dans des compétitions électorales.

Pour l’histoire, on retiendra que le consensus qui avait généré le Code électoral, dit «Code Kéba Mbaye» de 1992, avait surtout été possible, car un certain Abdoulaye Wade, chef naturel de l’opposition, siégeait comme ministre d’Etat, à la table du Conseil des ministres, dans le cadre du premier gouvernement de majorité présidentielle élargie du Président Abdou Diouf (avril 1991 – octobre 1992). Le dialogue a pu se poursuivre dans le cadre du deuxième gouvernement de majorité présidentielle élargie (1995-1997 : Abdoulaye Wade à nouveau ministre d’Etat de Abdou Diouf) pour permettre la création de l’Observatoire national des élections (Onel), l’ancêtre de l’actuelle Commission nationale électorale (Cena). Le dialogue et la concertation pour arriver à une forme de consensus politique n’a jamais été possible que dans une situation où l’opposition avait été conviée à «la soupe». C’est sans doute ce qui a expliqué que tous les appels lancés par le Président Macky Sall à son opposition pour trouver des consensus politiques sont jusqu’ici tombés dans l’oreille de sourds. Seulement, l’opposition a pu faire le constat qu’en faisant la politique systématique de la chaise vide, la majorité du Président Sall n’a pas manqué de poser des actes que cette même opposition a, peut-être, payés chèrement. Un nouvel appel au dialogue politique sera-t-il éternellement ignoré ? Rien n’est moins sûr… De façon générale, on observera qu’au Sénégal, l’opposition a toujours manifesté une méfiance à l’égard du pouvoir, à tel point que l’opposition n’a jamais reconnu une défaite concédée à des joutes électorales. C’était le cas en 1963, en 1978, en 1983, 1988 et en 1993. A chaque fois que des vaincus ont eu à féliciter les vainqueurs, c’est que les vainqueurs provenaient du camp de l’opposition.

En 2000, le vaincu Abdou Diouf, candidat sortant, avait félicité Abdoulaye Wade, opposant vainqueur de l’élection. En 2007, l’opposition avait rejeté en bloc les résultats de la réélection de Abdoulaye Wade et se radicalisa jusqu’à boycotter les élections législatives de la même année. Abdoulaye Wade félicita en 2012 Macky Sall qui venait de le vaincre. Il n’y a donc rien de surprenant que Ousmane Sonko, Idrissa Seck, Issa Sall et Madické Niang n’aient pas voulu féliciter le Président sortant Macky Sall, vainqueur du scrutin du 24 février 2019. Ils rejettent en bloc les résultats du scrutin dont tous les procès-verbaux des bureaux de vote et des commissions de recensement des votes ont pourtant été signés sans réserve par leurs mandataires.

LES PIQUES DE L’AS DE CE LUNDI

SenePlus  |   Publication 04/03/2019

Saloum Dieng tire sa révérence

L’artiste chanteur Saloum Dieng, décédé dimanche à l’âge de 80 ans, était un patrimoine national pour avoir contribué à la vulgarisation de la musique du Saloum, connue sous le nom de «Ndaga», a déclaré, le maire de Ndoffane (Kaolack, centre), SambaNdiaye. «Saloum Dieng était un patrimoine de Ndoffane et je peux dire national. Etil est un des précurseurs du folklore local Ndaga qu’il a contribué à vulgariser», a dit à l’«Aps» Samba Ndiaye, soulignant entretenir de «très bonnes relations avec l’artiste». Le maire se dit «très attristé» par la disparition de cet homme à qui il a tenu à «rendre un vibrant hommage» au nom de ses administrés après l’avoir fait de son vivant par une décoration. Saloum Dieng a été inhumé dimanche à Ndoffane où il a vécu les derniers moments de sa vie.

Saloum Dieng tire sa révérence (bis)

Saloum Dieng est né àDiao Bambali dans le département de Kaffrine où il a fait ses humanités. Il a ensuite émigré à Medina Sabakh dans le département de Nioro où vit une partie de ses parents.Vers les années 70, l’auteur de la célèbre chanson «amoul guer amoul gueweul» a fait le tour du Sénégal et de certains pays européens avec son groupe mythique. Ndoffane est un grenier d’artistes avec lesquels la municipalité entretient les meilleures relations, a rappelé son maire. A l’en croire, cette commune du département de Kaolack a donné au monde des arts la défunte cantatrice Seynabou Niang, le célèbre joueur de kora Abdoulaye Socé et la chanteuse Amy Socé. Chevalier de l’ordre du mérite en 2002, il est l’auteur de plusieurs tubes rendus célèbres par des musiciens de renom comme Pape Diouf ou Youssou Ndour.

Abdoul Mbaye

Informé des conditions dans lesquelles des jeunes et des femmes ont été arrêtés par les forces de police, au lendemain de la publication des résultats de l’élection du 24 février, le Bureau politique de l’Act réclame leur libération immédiate. L’instance dirigeante du parti de Abdoul Mbaye rappelle que le seul tort de ses femmes est d’avoir organisé un concert de casseroles. Elle fustige « ces attitudes d’intimidation, qui n’honorent pas un régime, certes aux abois, mais qui vient tout de même d’obtenir sa reconduction pour cinq autres années ». «Le combat de reconquête de nos acquis démocratiques en danger vient de commencer ; il repose sur le rassemblement de toutes les forces vives de la nation pour être mené à terme. Alors pourra venir le moment de la reconstruction de notre cher Sénégal », lit-on en définitive dans le communiqué de l’Act parvenu à «L’As».

L’Act prépare ses jeunes aux Locales 2019

L’Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act) se prépare déjà aux élections locales de 2019. Conscient que les vraies ruptures dont le Sénégal a besoin seront portées par sa jeunesse, le Bureau politique de l’Act a décidé de consacrer la promotion des jeunes à la faveur des prochaines élections locales. Elles seront l’occasion de prolonger les actions citoyennes et de proximité dans lesquelles ils sont déjà engagés, leur donnant également l’opportunité de l’apprentissage de la «politique autrement».

Robert Bourgi : «J’avais dit à Macky Sall…»

IGFM-Robert Bourgi connaît bien la politique, surtout africaine, pour avoir servi nombre de chefs d’Etat du continent. C’est pourquoi ses analyses sont très suivies et ses prédictions prises au sérieux. En séjour à Dakar depuis vendredi, ce Franco-sénégalais qui assume sa fraternité et son amitié avec Macky Sall, fait une lecture lucide et froide de la Présidentielle de 2019, note les deux principaux opposants du Président Sall, Idrissa Seck et Ousmane Sonko, trace la feuille de route du chef de l’Etat et fait des projections sur l’après-Macky. 

Robert Bourgi, vous êtes à Dakar où vous avez suivi l’élection présidentielle du 24 février dernier. Macky Sall est réélu au 1er tour avec 58,27%. Est-ce que vous êtes surpris par la victoire de Macky Sall ?

Je vais vous faire une confidence. Une fois, j’avais dit au Président Mack Sall que j’écoute les discours de ses opposants, je pense que le peuple sénégalais qui est un peuple qui connaît la démocratie, qui connaît les joutes électorales, imprégné de l’esprit démocratique, va l’élire au premier tour avec au moins 55%. Aujourd’hui, la vérité est là, il est passé avec 58,27%. C’est un plébiscite.

Et quel était le fondement de votre prédiction ?

(Il observe un long silence) D’abord, je dois rappeler que le Président venu à Paris, en décembre dernier, au Groupe consultatif de Paris pour chercher 2850 milliards FCfa, s’est vu octroyer 7356  milliards FCfa. Soit trois fois plus. C’est un signe de confiance que la Communauté des bailleurs a placée en lui. C’est un signe de respect pour lui et pour le Sénégal. Ensuite, quelquefois, je reçois des flashs. Est-ce le fait que je sois un jumeau monozygote ? Je vous assure que j’ai des flashs. En mai 1988, Chirac est candidat contre François Mitterrand, sous la première cohabitation. A l’époque, j’étais conseiller politique du ministre de la Coopération. Je me trouvais à la mairie de Paris et j’avais dit à Chirac qu’il ne va pas gagner devant Mitterrand. Tout le monde sait combien j’affectionne Nicolas Sarkozy, mais en 2012, quand il m’avait demandé comment je voyais les choses, je lui avais fait part de mes inquiétudes. Car, il avait perdu la banlieue pour n’avoir pas été intéressé à ces populations et aux binationaux. La banlieue, c’est 500 000 personnes et plus.» Et la différence des voix entre Hollande et Sarkozy, c’était le poids politique de la banlieue. Je vois les choses comme ça. Et je ne pouvais pas imaginer un seul instant que Macky Sall puisse perdre ces élections et de ne pas passer au premier tour. Je me rappelle l’avoir dit dans votre journal il y a un peu plus de sept mois.

Mais les résultats sont contestés par ses adversaires…

Le comportement des adversaires de Macky qui ont été défaits, n’est pas démocratique. Ils disent contester   les résultats, mais ne déposent pas de recours. Ils manquent de cohérences dans la démarche. S’ils ne font pas de recours, c’est parce qu’ils savent bien qu’ils n’ont aucune preuve de quelque tricherie que ce soit. L’époque où les urnes étaient bourrées est révolue. Dans chaque bureau de vote, il y avait les représentants de chacun des candidats et le Président de la Cour d’Appel, Demba Kandji, est un homme au-dessus de tout soupçon. Ce sont les résultats sortis des urnes qui ont été proclamés sous le contrôle de la Cedeao, de l’Union africaine, de la Francophonie, de l’Union européenne, de la Société civile… Pourquoi mettent-ils en doute le scrutin ? Macky a gagné. Et avec la manière. Le pays lui fait confiance. Je considère les adversaires de Macky Sall comme la grenouille de la Fables qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf. La suite, on connaît…

Est-ce que Macky Sall n’a pas gagné faute d’avoir des adversaires forts ?

Il y a un score qui m’aura quand même surpris, c’est celui de Idrissa Seck qui a fait quelque chose comme 800 000 voix. C’est énorme. Mais, il y a un autre score qui m’a impressionné, c’est celui de Ousmane Sonko. J’ai écouté quelques discours que les amis sénégalais me transmettaient, je n’imagine pas l’avenir de l’après-Macky Sall sans Ousmane Sonko. Idrissa Seck vient de perdre sa troisième tentative à la Présidentielle. Le temps va passer pour lui. Il n’est constant ni dans ses discours ni dans ses convictions. Son discours sur la Kaaba est troublant et resté dans l’esprit de beaucoup de Sénégalais qui sont des gens pieux. Mais Ousmane Sonko qui a un discours, me dit-on, de salafiste, a de l’avenir. Je ne le vois pas ne pas grimper dans le cœur des Sénégalais. J’ai constaté, lors de la campagne électorale, un amour fou des jeunes et des femmes pour Macky Sall. Mais j’ai constaté aussi que les jeunes affectionnent tout particulièrement Sonko. La manière dont ils affectionnent Sonko n’est pas la même approche de celle qui existe pour Idrissa Seck. Aujourd’hui, Idrissa Seck apparaît comme un homme du passé. Même par rapport à Macky Sall, Idy est un homme du passé, son discours est vieux, ancien. C’est l’ancien monde. Sonko, c’est le monde de demain, le Sénégal de demain. N’oubliez pas ceux qui sont pour lui, il y a ceux qui n’ont pas l’âge de voter. Ceux-là voteront pour lui. Toutes ces voix pourraient partir vers lui.

Comment vous appréhendez l’après-Macky Sall ou son héritage politique ?

Son héritage sera énorme sur le plan des infrastructures, sur le plan de l’éducation, de la santé, dans le social… Cet homme a déjà transformé le pays, mais il va le transformer encore plus pendant les cinq années qui vont venir. Les héritages sont lourds, difficiles à supporter. Pour l’après-Macky, je dois dire que je ne connais pas bien son nouvel entourage, mais je ne serai pas étonné que deux à trois personnalités fortes s’affirmeront. Ces personnalités se forgeront à l’école et au contact du Président.

D’après vous, quels doivent être les grands défis de Macky Sall pour les cinq prochaines années ?

Voilà le conseil que je lui donne : «Macky, franchement, tu es un leader. Rends un service éminent à ton pays, inities le dialogue avec les opposants. Tu es Président, tu es au-dessus de la mêlée, c’est ton dernier mandat, essaies de tout faire pour laisser le pays en paix.» Si je dis ça, c’est parce qu’il y a eu des tensions, la sortie des blindés, des troupes, les grenades lacrymogènes… (Il ne termine pas la phrase). Je ne dis pas que c’est la faute du pouvoir, c’est même à cause de l’agitation des opposants. Mais, je l’inviterai à tenter de nouer un dialogue avec ses opposants. Il n’y a que Sonko que je ne connais pas. Madické est un homme que je respecte, on a fait des missions avec Karim Wade quand la Française était détenue en Iran en 2009. Madické est un homme de paix. Idrissa est un homme ouvert et je pense qu’il ne dira pas «Non» à un dialogue avec le président de la République. Il faut que les Sénégalais se retrouvent et essayent de s’entendre pour que la préservation de la paix sociale soit assurée. Cessons les tensions, c’est mauvais. Il faut préserver l’héritage de Macky Sall. Il a fait des choses énormes pour notre Sénégal. Il inspire la confiance. C’est un homme qui a le culte de l’Etat encré en lui, il a pour lui le service de l’Etat, il a pour lui le service de l’intérêt général, il a pour lui le service de l’intérêt des Sénégalais, l’honnêteté, le courage. Et tout cela mélangé fait que le Sénégal a réélu, pour encore 5 ans, un Président digne de ce pays et dont tous les Sénégalais peuvent être fiers. C’est pour cela que, de la même manière que j’avais dit sur le plateau de Jean-Jacques Boudin : «J’aime Sarkozy», je vais aussi dire ici : «J’aime Macky.»

Comment vous vous êtes connus ?

Je dois vous avouer que j’entendais parler de Macky Sall quand il était ministre de l’Intérieur du Président Abdoulaye Wade. Je sais qu’il avait rencontré le Président Sakorzy quand celui-ci était aussi ministre de l’Intérieur. Comme Sarkory me sait Sénégalais et Français, il m’avait dit que c’est un garçon très bien et qu’il lui voit un destin national. J’ai gardé cela pour moi. Karim Wade, alors ministre de tous les ministres de tous les départements importants du Sénégal, avait jugé nécessaire que je connaisse Macky Sall. Il m’avait conduit à la Primature et nous avions discuté longuement. Rentré à Paris, je lui avais fait une lettre pour lui dire quel était le sentiment qui se dégageait en lui. Et de ce jour, je n’ai jamais cessé d’entretenir des relations avec Macky Sall. J’ai continué à le fréquenter quand il était en semi-disgrâce à l’Assemblée nationale et quand il avait quitté ses fonctions. D’ailleurs, je lui rendais visite chez lui à Mermoz où je buvais le thé avec lui. C’était deux ans avant la Présidentielle que Wade avait perdue. Un soir, je suis allé le voir avec un chauffeur et une voiture mis à ma disposition par Karim et le Président Wade. Macky Sall m’avait alors dit : «Robert, tu penses que le Président Wade va accepter que tu sois venu me rendre visite.» Je lui ai répondu : «Tu es mon ami, je ne vois pas pourquoi je te tournerai le dos.» Macky Sall ne se trompait pas parce que, le soir même, j’ai reçu un coup fil de Karim Wade extrêmement dur. Et le lendemain, était prévu un déjeuner au Palais, il y avait le Président Wade, Karim et moi-même, au dernier étage du Palais. Le Président Wade m’avait fait savoir qu’il n’était pas content de la visite que j’ai rendue à Macky. Ce qui m’a plus marqué, c’est que je n’ai jamais entendu Macky Sall, dans l’intimité, dire quelques mots désagréables à l’égard du Président Abdoulaye Wade.

L’on a constaté que vous étiez là lors de la campagne électorale et le jour du scrutin…

J’ai eu l’honneur et le plaisir de participer pendant trois jours à la campagne électorale du Président Macky Sall. Je suis allé en Casamance, plus exactement à Ziguinchor, chez mon ami Abdoulaye Baldé que j’ai bien connu du temps du magistère du Président Abdoulaye Wade. Et je lui ai maintenu mon amitié et mon estime et mon respect, bien que je sois son aîné. Parce que c’est un garçon d’une intégrité et d’une loyauté absolues. Au moment de l’affaire Karim Wade (Traque des biens supposés mal acquis : Ndlr), je n’ai pas du tout apprécié qu’on ait cherché à culpabiliser et à charger Abdoulaye Baldé. Au mois de décembre dernier, m’entretenant avec lui au téléphone et ayant appris qu’il était candidat à la Présidentielle, ce que je jugeais prématuré et un peu disproportionné, je l’ai appelé et j’ai discuté avec lui à plusieurs reprises en lui disant de ne pas brûler les étapes. Pour revenir à votre question, j’ai été à Ziguinchor et à Bignona, j’ai vu un peu le monde qu’il y avait autour du candidat Macky Sall.

Votre présence à ce meeting de Bignona vous a coûté un lynchage dans les réseaux sociaux…

Si je suis allé au meeting de Bignona, c’est parce que Abdoulaye Baldé avait mis à ma disposition une voiture et un chauffeur. J’ai été agréablement surpris en arrivant à Bignona devant la foule, des milliers de supporters du candidat Macky Sall, un homme courtois s’est approché de moi et s’est présenté comme le chargé du protocole du candidat Macky Sall. Il m’a demandé de le suivre pour être installé à la tribune officielle. Ce garçon m’installe tout de suite derrière le Président, à la deuxième rangée. J’avais même hésité et j’ai demandé à une dame d’échanger sa place avec moi et je me suis retrouvé un peu décalé du siège du Président. Quand Macky Sall est monté sur la tribune, il m’a serré la main et était content de me voir. Et à la fin du meeting, j’ai eu l’agréable surprise de voir le Président se retourner dans ma direction pour me dire : «Robert, dis à ton chauffeur et ta sécurité de se mettre dans le cortège présidentiel. Et toi, tu viens avec moi.» Tout le monde a entendu cela et nous descendons de la tribune et j’ai dit : «Mon Dieu, le Président qui me met en avant, c’est un peu gênant.» Le Président me prend la main et m’entraîne vers la voiture. Le Colonel chargé de la sécurité du Président m’ouvre la porte et m’installe dans la voiture du Président et ce dernier monte à côté moi. De Bignona jusqu’à Ziguinchor, nous étions ensemble.

Pourtant, il y a certains qui ont dit que le Président ne vous a pas invité…

Non seulement cela m’a surpris, mais cela m’a fait rigoler. Ce sont des réflexions et des remarques de gamins. Parce que je me demande comment un homme peut s’installer à la tribune présidentielle derrière le président de la République sans y avoir été invité ? Alors que les éléments de sécurité se comptaient par dizaines, voire par centaines. Et deuxièmement, comment voulez-vous qu’un homme puisse rentrer dans la voiture du président de la République sans y avoir été invité ? Cela m’a fait sourire et je sais que les internautes, les soutiens de Idrissa Seck et de Karim Wade et des autres opposants se sont déchainés sur les réseaux sociaux. Et lorsque j’en ai parlé au président de la République, il m’a dit ceci : «Robert, tu dis à ceux qui veulent violer la vérité, que c’est moi qui t’ai fait installer dans la tribune. Que c’est moi qui t’ai demandé de monter dans la voiture pour faire le parcours de Bignona à Ziguinchor.» C’est clair !

A votre avis, pourquoi votre présence aux côtés du Président Sall gênerait certains ?

Sur les réseaux sociaux, après ma présence en Casamance, on m’a traité de démon de la Françafrique, de suppôt de la Françafrique. A travers votre journal, j’interpelle le Président Wade, son fils Karim Wade et Idrissa Seck en leur posant la question de savoir : «Pourquoi, pendant près de 12 ans pour la famille Wade, et pendant plusieurs années pour Idrissa Seck, m’ont-ils fréquenté ? Pourquoi m’ont-ils reçu ? Pourquoi m’ont-ils ouvert leurs portes ? Est-ce qu’ils ont oublié tous les services que je leur ai rendus ?»

Quels genres de services vous leur avez rendu…

J’ai rendu des services éminents au Président Wade et à Karim Wade. Comprenez que je ne puisse m’étendre là-dessus. Ils savent quels sont les services que je leur ai rendus. Karim Wade, nous nous sommes vus une centaine de fois pendant 12 ans. C’était un visiteur assidu de mon cabinet à Paris. Je l’ai accompagné chez le Président Sarkozy, chez Claude Guéant. Je l’ai accompagné un peu partout, même à Libreville, au Gabon, du temps du Président Omar Bongo.

Et Idrissa Seck ?

Je l’ai fréquenté quand il était ministre d’Etat, directeur de Cabinet du Président Wade. J’ai été chez lui, nous nous sommes vus à Paris. A chaque fois qu’il arrive à Paris, il descendait à l’hôtel Saint James dans le 16e, on était toujours ensemble. Comment se fait-il que cet homme, tout d’un coup, demande à ses fidèles de me traiter de démon de la Françafrique ? Je n’ai jamais fait de mal ni à Karim Wade ni au Président Wade, encore moins à Idrissa Seck. D’ailleurs, dans les interviews que j’ai données, j’ai toujours dit que Idrissa Seck avait une envergure d’un homme d’Etat, c’était un homme intelligent et que je ne le suivais pas dans certains de ses choix politiques. Quant à Karim Wade, la seule fois où je me suis opposé violemment à lui, c’est quand il m’a réveillé le jour des émeutes de l’électricité à Dakar (27 juin 2011 : Ndlr) pour me demander de dire au Président Sarkozy de faire intervenir les Forces françaises à Dakar. Tout le monde se rappelle de sa phrase : «Tonton, le pays brûle.»NDIAGA NDIAYE

APRES LA VICTOIRE DE BBY A LA PRESIDENTIELLE : Gorgui Ciss attend plus que deux ministres socialistes dans le gouvernement de Dionne

http://www.enqueteplus.com Après la victoire très large de Benno Bokk Yaakaar à Yène, le maire socialiste de la localité pense que le Ps est en droit d’attendre plus que 2 ministres dans le gouvernement de Macky Sall.

‘’A part Diamniadio qui fait un score de 66 %, soit 4 405 voix pour le président Macky Sall, la commune de Yène est la deuxième collectivité locale, dans le département de Rufisque, en matière de pourcentage pour notre candidat’’, déclare professeur Gorgui Ciss, le maire de la commune de Yène. Il a présidé, samedi dernier, chez lui, une assemblée générale de remerciements à ses militants, après la belle victoire de la coalition Benno Bokk Yaakaar, avec ‘’6 812 bulletins sur un total de 10 670 votants, soit 64 %. Le secrétaire général de la 28e coordination Ps de dire que le président Macky Sall et la coalition n’ont jamais atteint ce score dans cette commune. ‘’La participation a été forte, avec un taux de 80 %’’, se félicite-t-il.

Dans le département de Rufisque, on pense que le secrétaire aux relations extérieures du Parti socialiste est en droit de revendiquer un poste ministériel. A cette question, il a fait savoir : ‘’C’est quand même trop tôt de parler de ministre, parce que nous attendons dans le cadre de notre coalition. Notre parti ne s’est pas encore réuni pour se prononcer’’, précise-t-il. Toutefois, il a livré le fond de sa pensée : ‘’Quand nous soutenions le président Macky Sall dans le cadre de la création de Benno Bokk Yaakaar, c’était sans condition. Mais, cette fois-ci, je pense qu’il y aura des négociations au plus haut niveau, pour que le Ps puisse avoir peut-être plus que deux ministres. Je pense que c’est légitime et que, le moment venu, notre secrétaire général sera chargé, par notre parti, de discuter et de négocier avec le président Macky Sall.’’

En attendant ces dividendes de la réélection de Macky Sall, le maire demande aux militantes et militants, surtout aux jeunes, de ‘’rester mobilisés et de continuer le travail’’, en perspective des élections locales à venir. Car, soutient-il, ‘’si cette dynamique continue, il n’y a pas de raison que nous ne remportions pas, pour la quatrième fois, les élections locales au niveau de Yène’’.

En outre, l’édile de Yène, après le score réalisé par sa commune, demande au président Macky Sall de poursuivre les réalisations en faveur de la zone. ‘’Ce que nous attendons, c’est que le président Macky Sall continue son œuvre dans notre commune, parce qu’il a beaucoup fait pour notre commune, surtout dans le domaine de la pêche, mais aussi dans les secteurs de la santé et de l’éducation’’, dit-il.PAPE MOUSSA GUEYE

HOLD-UP PRESIDENTIEL AU SENEGAL:la troisième alternance empêchée,la première alternative reportée par Diagne Fodé Roland

C’est devenue une coutume de Macky/APR/BBY d’annoncer les chiffres avant de voler les suffrages et les faire confirmer par les institutions dédiées à cet effet (CENA, Commission de Recensement des votes et Conseil Constitutionnel). Ces forfaitures ont été réalisées lors :

– du référendum du waxeet 2016

– des législatives du chaos orchestré de 2017

– du parrainage sélection 2018

– de la présidentielle « j’en fais mon affaire » 2019

Dicter aux institutions censées être non partisanes ce qu’elles doivent annoncer montre que la formule d’Obama selon laquelle « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes » est un mensonge qui contient une vérité parce que justement ce sont  » les hommes forts qui font des institutions fortes et les institutions fortes qui produisent des hommes forts ». Il y a donc une dialectique de l’interdépendance entre « hommes forts et institutions fortes » et non le demi-mensonge obamien repris en écho par les esprits aliénés.

L’autocratie Mackiste/APR/BBY se croit tout permis et veut encore une fois que l’opposition accepte d’être les dindons de la farce. Or cette fois, la déclaration commune des 4 candidats ne reconnaît pas « les résultats Kandji » et refuse de faire recours à l’arbitrage du Conseil Constitutionnel considéré comme indigne de confiance.

Macky/APR/BBY gagnent par le coup d’état permanent pour se maintenir au pouvoir, mais le Sénégal et les Sénégalais perdent tout ce que les Assises Nationales avaient mis en orbite pour doter le pays d’un contrat national et moral fondé sur l’état de droit, des institutions indépendantes respectables et respectées (justice, législatives, administration).

L’alternance représentée par la coalition Idy 2019 est écartée

Contre le vol des élections et la félonie des institutions chargées de dire le vrai, il n’y a que le soulèvement populaire à l’instar du 23 juin 2011 qui peut faire respecter la volonté du peuple. Or manifestement il y a pas grand monde pour tenir la rue et braver la répression pour obtenir un second tour permettant une troisième alternance libérale.

Il est clair que tous les moyens (distribution des cartes d’électeurs, fichiers, parrainage, inscription dans les bureaux de vote, bourrage des urnes, nombre de votants supérieur au nombre d’inscrits, proclamation des votes sans compter l’achat des consciences avec l’argent du contribuable, etc) étant unilatéralement et exclusivement sous le contrôle de Macky/APR/BBY, c’est un jeu d’enfant que de fabriquer les résultats à la Kandji (58%) qui ne sont que les chiffres améliorés du zèle dicté par le premier ministre (57%) à peine quelques heures après la clôture du vote et qui rappellent drôlement ceux de la présidentielle 2007.

Les résultats Kandji attribuent à la coalition libérale concurrente Idy 2019 la seconde place. Ce qui fait penser que dans le plan B du hold-up Mackiste/APR/BBY, les voleurs ont pensé en faire « le chef de l’opposition » fixé dans la Constitution du waxeet en comptant sur le fait que Idy est connu pour être « opposant radical le jour et opposant négociateur la nuit ».

La signature des 4 candidats au bas de la décision de rejeter les résultats Kandji et de refuser le recours au Conseil Constitutionnel tire le tapis sous les pieds de Macky/APR/BBY en posant clairement la nécessité de sortir du cycle infernal des putsch électoraux des libéraux néocoloniaux au pouvoir.

Se pose donc la question que va faire le « vainqueur » après la fête pour conjurer le cauchemar de la frayeur de perdre ? Libérer Khalifa Sall, laisser rentrer et blanchir Karim Wade, chercher à réconcilier la famille libérale néocoloniale, garder les sociaux libéraux du PS/AFP/PIT/LD. Peut-il coupler élections locales et législatives ou va-t-il les organiser dans des temps différents ? L’équation est comment écourter la durabilité du mépris que les Sénégalais affichent pour les « 58% volés » Macky tout comme ils l’ont fait pour le « ma waxoon waxeet » de Wade ? L’élection d’une nouvelle Assemblée Nationale apparaît probable pour qu’elle reflète les résultats Kandji et sa mise en conformité avec la disposition constitutionnelle du « chef de l’opposition », celle d’aujourd’hui étant le reflet des législatives 2017 du chaos dont les résultats mettaient en second la coalition du PDS suivie de celle de Khalifa Sall.

La marche vers l’alternative patriotique

Notre coalition Sonko Président arrive en troisième position dans une fourchette de poche avec le second selon les résultats Kandji. Des centaines de milliers de Sénégalais ont voté pour l’alternative patriotique qui allie les conclusions des Assises Nationales avec la sortie de la France du CFA, le rejet des APE, la renégociations de tous les contrats miniers avec les Multinationales et de touts les accords de sujétions à l’impérialisme, la séparation réelle des pouvoirs Exécutif, Législatif et judiciaire, etc.

Malgré la machine à voler Mackiste/APR/BBY, il était difficile, voire quasi -impossible de masquer l’impact électoral de la montée en puissance dans le peuple de l’adhésion au programme patriotique, anti-libéral, anti-impérialiste de l’alternative à la mal-gouvernance libérale néocoloniale représentée par la coalition Jotna de Sonko Président.

La présidentielle 2019 a révélé l’existence d’une tripolarisation de la scène politique : les libéraux néocoloniaux au pouvoir et transhumants (APR/BBY/PS), les libéraux non transhumants (Reewmi/Taxaw Dakaru/Grand Parti, etc) et les patriotes/gauche de l’alternative souverainiste anti-libérale et panafricaine. L’ancienne bipolarisation entre lessociaux libéraux (PS et ses démembrements) et les libéraux (PDS et ses démembrements) cède de plus en plus la place à une période transitoire façonnée par les coalitions nées de la sélection du parrainage calculé pour préparer le coup d’état électoral présidentiel.

Macky/APR/BBY vont s’atteler à ce qu’ils savent faire le plus, à savoir débaucher à coups de transhumances ou/et alimenter une opposition libérale factice pour brouiller les pistes et tenter de faire de l’ombre à l’alternative anti-libérale et patriotique. Macky/APR/BBY vont tout faire pour bloquer l’ascension du camp patriotique et son leader O. Sonko, y compris en cherchant à l’embastiller tout comme ils l’ont expulsé de la fonction publique et vont aussi organiser les élections locales et l’éventuelle dissolution de l’Assemblée Nationale ou à date échue des législatives avec cet objectif que l’on peut résumer par le slogan « tout sauf l’alternative patriotique ».

La campagne présidentielle a montré une force montante fulgurante sur le plan électoral, une grande capacité collective à partager les propositions programmatiques tant par les réseaux sociaux que sur le terrain par le déploiement auprès des masses. Le leader de la coalition, O. Sonko, et le directoire de campagne de la coalition ont montré collectivement un grand sens tactique en cherchant à rallier par le discours et les actes l’électorat qui pour divers raisons rejetait la mal-gouvernance Mackiste/APR/BBY. C’est le cas de la rencontre avec le vieux crocodile libéral néocolonial A. Wade obnubilé et motivé que par le sort de son fils biologique. C’est le cas de la visite en prison au social-libéral Khalifa Sall et au doxontu à Sandaga avec le social-libéral Barthélemy Dias, etc.

La Coalition Sonko Président doit être maintenue sur la base du programme Jotna, mais il faut s’attendre à des débauchages face à l’adversité répressive que Macky/APR/BBY vont nous faire subir.

Les forces anti-libérales, anti-impérialistes et panafricaines doivent fusionner dans un grand parti de l’alternative patriotique. La rébellion contre la mal-gouvernance de la jeunesse saine du pays, leur énergie, l’enthousiasme de leur engagement, de leur don de soi, leur savoir faire et leur maîtrise de la communication moderne, du langage d’aujourd’hui alliés à l’expérience, à la mémoire des luttes du passé et aux valeurs programmatiques de la gauche historique en rupture avec l’opportunisme sont les deux mamelles nourricières de l’alternative aux alternances libérales du Sénégal.

Il y a aussi un potentiel de démultiplication du leadership à faire éclore pour éviter ce qui est arrivé plusieurs fois dans l’histoire de l’Afrique résistante. Les exemples sont légion: Sankara, Lumumba, Nkrumah, Cheikh Anta Diop, Cabral, etc. L’impérialisme et les bourgeoisies néocoloniales neutralisent un leader et tout s’effondre, c’est ce que l’Asie a su déjouer dans les cas Chinois, Vietnam, Nord-Coréen et que l’Amérique du Sud expérimente actuellement à Cuba, au Venezuela. La construction du leadership collectif collégial et démocratique sous le contrôle de la démocratie participative de la base est l’assurance-vie de la pérennisation du projet et du combat émancipateur.

L’histoire ne nous pardonnera pas de rater l’opportunité de fonder par la fusion le grand parti-front rassemblant les classes et couches sociales qui ont intérêt à sortir du système néocolonial : la bourgeoisie souverainiste, l’intelligentsia éthique, la jeunesse estudiantine, les femmes laborieuses, les paysans, les éleveurs, les pêcheurs, les artisans, les travailleurs de l’informel et la classe ouvrière. Ce parti-front des classes sociales contre le néocolonialisme à l’instar du RDA à l’échelle ouest-africaine en octobre 46 s’appelle aujourd’hui à l’échelle du Sénégal Pastef.1er mars 2019

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*