Safiétou Diop : «Ce sont les femmes qui élisent mais elles sont exclues des candidatures…»

Safiétou Diop : «Ce sont les femmes qui élisent mais elles sont exclues des candidatures...»
Safiétou Diop : «Ce sont les femmes qui élisent mais elles sont exclues des candidatures...»

http://www.emedia.sn Safitou Diop du réseau Siggil Jigéen, ONG spécialisée dans la promotion et la protection des droits des femmes au Sénégal, revient l’absence de femmes candidates à l’élection présidentielle du 24 février dernier.

Quelle lecture faites-vous de l’absence de candidatures féminines à cette présidentielle ?

On a constaté une majorité de femmes dans le collège électoral et dans le suffrage exprimé. Les statistiques désagrégées par sexe doivent être une réalité. Ces élections ont montré que ce sont les femmes qui élisent mais malheureusement avec le parrainage, elles sont exclues des candidatures à cette présidentielle.

Il y avait parmi les candidats déclarés des femmes de très grande envergure capables de diriger le pays, ne serait-ce que par respect de la loi sur la parité et des conventions internationales signées par le Sénégal.

Il faudra revenir sur la loi sur le parrainage pour mettre en place des conditions à même de favoriser des candidatures féminines. Après les élections locales et législatives, les présidentielles doivent être régies par la loi sur la parité. Nous alertons toutes les autorités sur la nécessité d’y revenir.

Cette absence des femmes n’est-elle pas due au manque de prise de conscience des femmes ?

Non ! Cette exclusion est due à l’instauration de règles du jeu qui ne sont pas propices à la présence de candidatures féminines. Nous ferons des études pour mieux comprendre cette situation et prendre nos responsabilités afin de mener le débat car les femmes constituent la majorité

Quel rôle peuvent jouer les femmes pour résorber la fracture identitaire notée par la Société civile ?

Nous dénonçons l’utilisation des identifications ethnique et religieuses au cours de cette élection présidentielle. Même avant notre indépendance, nos valeurs positives partagées nous ont permis de bâtir notre cohésion nationale.

Le Sénégal reste notre patrimoine commun que nous devons sauvegarder. Chacun peut voter librement pour son candidat en faisant fi des distinctions ethniques et religieuses mais tout en respectant le choix de l’autre.

Cette cohésion sociale est à préserver d’autant plus que nous entrons dans une nouvelle ère avec la découverte de ressources naturelles à exploiter. L’unité est notre arme et, de ce fait, préserver notre image d’exemple en Afrique. Cela passera par l’éducation des enfants dans les maisons mais aussi la réintroduction de l’instruction civique dans le cursus scolaire. Propos recueillis par Ibrahima NDIAYE

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