Un scrutin plus déterminant que le référendum de 1958 PAR SIDY GAYE, JOURNALISTE*

Un scrutin plus déterminant que le référendum de 1958 PAR SIDY GAYE, JOURNALISTE*
Un scrutin plus déterminant que le référendum de 1958 PAR SIDY GAYE, JOURNALISTE*

C’est un captif qui a hérité du pays pour achever cette double décennie libérale (2000-2019). Le captif n’a ni défaut, ni qualité. Pas même de personnalité propre. Il est simplement en servitude. Son univers et son destin se résument à la survie. L’impérieuse survie. A tout prix. Sans état d’âme. Quoiqu’il advienne.

Captif, Macky Sall l’a été, du fait de Me Abdoulaye Wade. Son père en politique, et prédécesseur, a eu l’élégance de lui laisser des chantiers à achever et inaugurer, avec la franchise, le terrible inconvénient d’ardoises à honorer, avec des caisses vides. Désespérément vides. Au cœur d’une énergique quête de ressources. Dans le tourbillon d’un bourbier d’agences, de directions et services budgétivores.

Les Sénégalais en étaient, majoritairement pour le moins, à la lie de leur pain noir quand Macy s’installait et fouillait déjà rageusement, en mars-avril 2012, dans les poubelles du palais, ses premières miettes et sa mie fastueuse, dans l’apurement des grosses cylindrées trouvées sur place.

Captif du système socialo-libéral

Ce Captif du système socialo-libéral affiné en un demi-siècle de souveraineté encadrée, n’a eu d’autre choix que celui de l’esclave brutalement sevré. Il s’en est retourné, dès après la passation de service, se livrer avec outils, famille et bagages à l’ancien Maître. Cette France-là, à laquelle Me Abdoulaye Wade, le dernier mohican des indépendances, avait si hardiment, mais si hasardeusement tenté à lui seul, sans ses élites et son peuple, de se libérer pour de bon.

Depuis, ce fut l’engrenage. D’avances budgétaires en conditionnalités, le valeureux jeune Président certainement fort sincère lors de son premier message à la nation, fut bien vite happé par l’insignifiance du subordonné. Voir cédé quelque fois même, à la sous-traitance marocaine.

Captif du fait de Abdoulaye Wade, mais captif aussi par la négligence de son peuple ; un peuple jouissif qui mène ses combats, tous ses combats, par procuration. Un peuple qui se connait ; de l’intérieur. Un peuple à œillères qui se refuse pour cause, de poser le moindre regard sur son miroir historique ; préférant célébrer encore sans vergogne, Gorée et Sandiniery, les tirailleurs de Blaise Diagne et autres notabilités, abjects pisteurs de valeureux combattants de El hadj Omar Foutiyou Seydou Tall à Maba Diakhou Ba, ou délateurs des grands résistants qu’ont été, chacun selon son tempérament, nos soufis des 18-19e siècle; de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacke à El Hadj Mawdo Malick Sy…

Un peuple certes violé et défiguré par plus de trois siècles de brutales subversions, d’ardentes convoitises et d’occupation étrangère. Et répulsif à l’arrivée, à toute rigueur, rebelle à la discipline, à l’effort, ou la simple droiture. Un peuple qui en somme, ne crie plus au voleur que quand celui-ci est en flagrant délit ; qui ne toise guère plus le délinquant, que quand sa part du butin ne lui est pas servie…

C’est dire qu’après le couple Socialiste Leopold Sédar Senghor-Abdou Diouf, basé sur les prébendes de l’indépendance sur le dos notamment des véritables et anonymes combattants de la décolonisation, Abdoulaye Wade en a si bien étudié, subi et compris le jeu et les mécanismes, en vingt années de laborieuse opposition, qu’il ne s’est pas gêné à son tour, à en servir le foin. Tant attendu.

«Sénégalais = Honneur + Argent»

Triplement de l’assiette des impôts (par ponctions sur les moyens et plus faibles) gonflement de la véritable manne à corruption que sont les différents fonds politiques, nouvelles fabriques de notabilités consentantes et de milliardaires indolents ; le tout si justement résumé par ce qu’on pourrait appeler de l’intérieur, cette autre Wade formula : «Sénégalais = Honneur + Argent». Le reste, tout les reste étant une question de masla, de négociations et de juste prix.

C’est dans ce cachot-là, et entre les mains de ce captif-là, qu’ont été imprudemment déposés les énormes avancées du mouvement démocratique sénégalais des années 2000, acquis péniblement façonnés, moissonnés et engrangés d’abord à compter de 1968, puis plus intensément, entre 1988, date de la minorisation des Socialistes, et 2000 marquant leur dernière bouffée de pouvoir.

Qui a ensuite remis en scelle les pires enfants de Senghor ; aujourd’hui réintroduits au cœur même des acquêts et privilèges indus d’un Etat toujours patrimonial ?  Ni Abdoulaye Wade, ni Macky Sall ; mais bel et bien, un soit disant «peuple des Assises» dans une alchimie politicienne qui a réussi la prouesse de réunir sous les mêmes ombres d’une virginité et d’une innocence recouvrées ; la naïveté d’idéalistes et d’activistes mal expérimentés ou intentionnés, et la cupidité de politiciens véreux ou incompétents fraichement disqualifiés à servir le peuple. Pour l’essentiel, cette même société dite civile renforcée par de prétendus révolutionnaires du 23 Juin 2011, aujourd’hui majoritairement servis au butin et docilement aux ordres d’un palefrenier en tenue marron, libelaro-communiste.

Autant pour les chantiers tracés avec son père Abdoulaye Wade, Macky Sall n’a eu de tort que d’avoir trop bien assimilé la Wade Formula. Voilà l’autel de la terrible réalité sur laquelle Abdoulaye Wade, son fils Karim Meissa et Khalifa Sall viennent de payer le plus lourd tribu de leur vie politique. Une Présidentielle, sans le PS, ni le PDS authentiques !  Qui l’eût cru au Sénégal ?

C’est pourtant l’absolue logique de tout ce qui s’est fait dans ce pays depuis un demi-siècle, soit deux générations ! L’arroseur arrosé. Il en sera autant demain de Macky Sall, ses parents, amis, alliés et obligés ; jusqu’à l’effacement complet de la conscience populaire, du sigle APR, simple cache sexe d’un jeu politique à seuls intérêts claniques, auquel il ne sert guère plus que d’alibi.

C’est le lieu de saluer ici, quel qu’ait été leur motivation, l’ardent engagement de la vingtaine de candidats qui ont voulu solliciter, avec moins que plus de succès, les suffrages des Sénégalais en ce février 2019.

Entre le véritable don de soi pour la patrie, les connivences étrangères non assumées, les affinités politiques et programmatiques mises à l’avant, l’Offre publique de vente d’une frange de l’électorat ou le larbinisme du «cadre» qui sait ne pouvoir vivre de ses seules compétences… le paysage politique s’est bien vite reclassifié en perspective de joutes que tout le monde sait pourtant, déloyaux, non transparents et pas seulement conflictogènes.

Tout le paradoxe et l’imbroglio d’une élection que le candidat Macky Sall, fortement adossé à des sponsors aussi invisibles que pesants, a voulu s’assurer les moyens de gagner d’avance.  S’il le faut, illégitimement. Voire illégalement !

Des soi-disant Associations d’Imams-tanebeer à de prétendus soufistes– exhibitionnistes qui, à leur manière, battront campagne sur la dernière ligne droite vers le scrutin…  des forces dites de l’Ordre aux ordres d’une justice dite non partisane, à une presse méthodiquement disloquée, déprofessionnalisée, précarisée, apprivoisée,  conciliante pour un sou et longuement conditionnée pour un possible coup d’Etat médiatique, tout semble prêt à faire du scrutin de février 2019, un rendez-vous-alibi avec le peuple sénégalais.

C’est dire que telle que empaquetée, unilatéralement, depuis les fameuses législatives et le référendum de mars 2016, la voix du peuple et sa réelle volonté pourraient être à peine audibles, si Macky Sall et ses supports sont laissés avec les seuls politiciens et leurs communautés partisanes.

L’équilibre fort précaire bâti de 1993 à 2000 pendant l’inter règne socialo-libéral ; au prix, Oh combien injuste, de la vie d’au moins un éminent Président de Conseil constitutionnel, Me Babacar SEYE (Paix à son âme) est à présent inopérant, parce que largement et consciencieusement sabordé.

Cet équilibre a été achevé depuis 2012.  Et ne reste plus debout, un seul des cinq consensus majeurs qui avaient pourtant fortement réconcilié les Sénégalais avec leurs urnes ; consensus nationaux explicites que l’Afrique militante toute entière nous enviait et que célébraient les Démocrates de tous horizons.

Plébiscite des URNES comme seul et unique voie d’accession au pouvoir ;  respect et implication, à tous les niveaux,  d’une société civile arbitre et médiateur direct ou indirect du jeu institutionnel ;  amélioration consensuelle du système électoral de 1988 à 1992 et sa cristallisation autour du code Keba Mbaye «le meilleur du monde» selon le Président Abdou Diouf qui a eu l’élégance de l’endosser, les yeux fermés, «sans y changer une seule virgule» ;  mise en place d’un système concerté de monitoring par tous les acteurs, en amont, comme en aval, des opérations électorales ;  élargissement enfin du corps électoral, avec l’abaissement de l’âge de vote de 21 à 18 ans.

L’imperieux secret du vote

Macky Sall et son groupe, montés à Dakar, pour le dessein de leurs seules familles, entamaient alors à peine leur vie d’adulte. A croire aujourd’hui que ces enjambées historiques, remontent à des années lumières et tiennent pour quantité négligeable dans la sommaire culture politique de ce Club… d’initiés de Gauche.

Pire encore, avec le système batard de parrainage tel que mis en œuvre, par leur seule volonté au Sénégal, c’est même le cœur d’ouvrage de notre dispositif électoral à savoir l’IMPERIEUX SECRET DU VOTE, qui a été éventré, au point de servir de matière d’œuvre à de sinistres programmeurs et autres logisticiens.

C’est à croire alors que la campagne électorale en cours est sans objet ; en dépit de l’énorme respect que chaque Sénégalais est redevable à chacun des candidats qui lui sert en réalité de paravent, supplétif  à l’incontrôlable violence politique.

Argument ne saurait mieux plaider par conséquent, pour l’indispensable financement, demain, de ce véritable service public et concomitamment, le plafonnement et l’audit des dépenses de campagne que faciliterait énormément, la démission effective et préalable de chaque candidat, de toute fonction pouvant lui assurer une quelconque prégnance sur l’appareil d’Etat.

Laisser dès lors le candidat-président au plébiscite d’une communauté partisane d’à peine 2 millions de Sénégalais, sur environ 6 millions d’inscrits parmi les quelques 14 millions de citoyens confondus, reviendrait au suicide civique pour au moins les deux tiers d’électeurs ; de facto interdits de vote (en majorité primo inscrits) ou plus souvent négligeant à chaque scrutin, sous divers prétextes, d’honorer leur Premier Devoir citoyen, loin devant même le paiement de l’impôt.

Pour reprendre nos religieux, il est presque assimilable à un «farata» qu’ensemble, Islam, Chrétienté et judaïsme somment de remplir, dans la mesure ou chaque âme sera tenue pour également responsable de toute dérive collective à laquelle elle aura participé, délibérément profité ou simplement laissé faire alors que l’occasion lui a été clairement donnée, au moins par le VOTE SECRET, de s’en démarquer, de la combattre ou d’y adhérer en toute responsabilité.

L’exemple des cités détruites que nous retracent à quelques variantes près, toutes les écritures saintes ; du déluge décrète contre le peuple de Noé as, à la noyade des armées du Pharaon persécuteur de Moussa as, en passant par le cataclysme écologique dont témoigne à ce jour, de visus, le retournement de la terre sur le peuple de Lot as, en attestent au besoin. Tous les complices ont été indistinctement punis, avec la plus extrême rigueur, ici sur terre, en attendant la sentence finale du terrible Jour de la reddition universelle des comptes.

C’est le lieu ici, pour tout Républicain authentique, de saluer avec éclat, l’engagement constant de l’Eglise sénégalaise, dans le monitoring des élections et l’appel audible, au VOTE de ses fidèles. Chacun, selon sa libre préférence. Rien de plus que ce qui est normalement attendu ; en pareilles circonstances, de tout pasteur des âmes.

Ce n’est pas son devoir à elle seule. Tous les Daraas et Foyers confrériques, ardemment courtisés, devraient s’y mettre.

En préservant d’abord, contre vents et marées, leur indispensable neutralité, par respect au moins pour la diversité de leurs fidèles, mais en invitant par contre, de la façon la plus explicite, ceux qui sont inscrits et en âge de voter, à aller accomplir leur DEVOIR CIVIL pour choisir, LIBREMENT leurs dirigeants, les jours de scrutin.

Ce type de Ndiguel citoyen, public et sans équivoque, est fortement attendu, parce que le plus conforme à la maturité des nouvelles générations.

Un simple APPEL AU VOTE, aujourd’hui encore plus qu’hier, ne serait-ce que pour s’assurer que les ressources avec lesquelles entre autres attentions, sont bâties ou rénovées des édifices et résidences religieux, proviennent bel et bien d’hommes politiques massivement choisis et réellement dépositaires de la volonté populaire.

C’est le moindre des services que nous tous pourrions rendre à Serigne Touba Cheikh Ahmadou Bamba et El hadj Mawdo Malick Sy tous ICONES DE LA CITOYENNETE pour ne s’en tenir qu’à eux.

En dépit de son hostilité assumée au programme d’occupation de la France, qui lui a valu trente-trois années de déportation dans les brimades, Khadimur Rassul qui, de tout temps, a décliné privilèges et honneurs terrestres en retournant entre autres exemples, la légion d’honneur française, recommandait à ses fidèles de payer l’impôt et d’obéir à l’administrateur colonial en tout ce qui n’était pas opposé à l’islam.

Les historiens du Mouridisme relèvent qu’il avait volontairement contribué, jusqu’à cinq cent mille frs de l’époque, au soutien du Franc, monnaie qu’on lui avait dit en difficulté.

Avec son Ami et parent Mawdo Malick, ils avaient, de leur temps, ridiculisé tous les collaborateurs français, en acceptant, de si loin, la circonscription et l’enrôlement de certains de leurs fidèles, au secours de la souveraineté de leur implacable persécuteur !  Mieux, le Saint homme de Tivaouane avait même demandé qu’on commençât par son propre fils qu’il savait, ne plus voir lui revenir par la suite. Ça devrait être cela, c’était ça, un certain Sénégal alors béni de Dieu, parce que dans la pure tradition de hauteur et de grandeur Mahométane saws

Être dix à quatorze millions de Sénégalais, légataires d’un tel haut degré de civisme et n’avoir été que 757 mille 497 électeurs sur plus de dix millions à avoir choisi le Président Abdou Diouf pour son ultime mandat en 1993, ne devrait pas faire réfléchir les seuls hommes politiques.

Ce n’est pas hasard, si ce Technocrate de haute probité morale qui a été jusqu’ici, le chef d’Etat le moins bien élu de l’histoire politique du Sénégal indépendant, avec une moyenne 969 mille 332 suffrages, ait été celui-là même qui a été le plus balloté par la haute finance internationale, et dont l’autorité sur son peuple et sur ses politiques, a été la plus malmenée par les institutions de Bretton Wodds.

La dégradation jusqu’ici non-réversible de toutes notre armature sociale (écoles, santé, filières, transport, équipements divers) qui en a résulté, n’est pas de sa seule responsabilité. Loin s’en faut.

N’en est pas exempte, celle de Leopold Sédar Senghor qui avait vu venir dès 1978, première année du pluralisme, parce que lui-même désigné, pour la première fois avec 807 mille 301 suffrages ;  sur une moyenne 1. Million 136, sur ses quatre Présidentielles,

En sont redevable également, devant Dieu et devant l’histoire des hommes, singulièrement les pseudo-syndicalistes infiltrés de l’époque, qui avaient entrepris de démanteler par la mobilisation sociale, le tissu industriel national naissant, sous prétexte de lutte des classes avec la conviction naturellement erronée, qu’on ne peut gagner une élection au Sénégal !

Tous ces facteurs qui ont plaidé en faveur de l’abaissement de l’âge du vote de 21 à 18 ans, ont certes permis à Abdoulaye Wade et Macy Sall de se faire réélire, ou élire, avec chacun près de deux millions de suffrages favorables (respectivement 1 million 914 mille 403 pour Wade en 2007 et 1 million 909 mille 224 à Sall 2012).

Mais ramené à la croissance démographique et à un taux de participation impliquant en moyenne un inscrit sur deux, le fait demeure qu’il reste encore une réelle marge de progression qui appelle la sensibilisation «de Tous et Pour Tous» d’abord vers les Urnes.

Puisqu’en vérité, le pouvoir en soi est un bien lourd fardeau à la fois d’épreuves et de conscience, s’il s’exerce en solitaire ; s’il ne s’adosse véritablement, sur une très large légitimité qui en constitue autant l’élixir que le naturel propulseur.

Sinon, et sauf changement radical d’attitude, Macky Sall, pour le moins sa postérité, serait à plaindre si, à son grand malheur, il devrait rempiler en remportant les présentes élections 2019.

Puisque les dégâts sont déjà ENORMES et la dérobade fort tentante dans son entourage de circonstance, auquel il ne semble lié en fait, que par son sens du partage d’un pouvoir reçu comme un gâteau d’anniversaire.

Puisque, faute de politique radicale d’éradication à l’Espagnol, la mémoire négro-africaine restera, pour longtemps encore, marquée par sa négative sélectivité inoculée sur plus d’un millénaire, des suites des profonds traumatismes nés de la déshumanisation esclavagiste, puis de l’acculturation arabo-occidentale.

Faute d’estime de soi, même résiduel, du passé n’est retenu volontiers, que sa charge de négativité, les bienfaits et réalisations positives y trouvant fort peu de canaux de résurgence, de remémoration.

Malgré ses efforts méritoires dans le parachèvement d’infrastructures, il est vrai vitales pour le pays, ce qui est retenu déjà du président sortant, s’il devait quitter à présent le pouvoir, ne sera guère flatteur, ni pour sa famille, ni pour les clans ethniques pour lesquels, à l’interne, il aura davantage travaillé, ce septennat.

Au-delà de l’infortune commune du CFA qu’il s’est empressé à cautionner et qui amène à confier notre porte monnaie à une autoritaire tutélaire pour nous fixer le montant à prélever et la façon dont nous devons utiliser notre propre argent, nous ne sommes même plus maîtres, de nos autoroutes, de notre eau, notre électricité, nos sociétés de télécommunication, ou de transport ferroviaire, nos banques ou compagnies d’assurance…  Et ce ne serait qu’un début !

N’était-ce la forte mobilisation de l’Informel, même le commerce de détail y serait déjà passé jusqu’au nététou et guedj de nos braves ménagères, sans que le régime sortant qui a fermé les yeux sur les enquêtes de pénétration, n’y trouve à redire !

Passons sur les bases étrangères, réintroduites ou implantées sans notre avis, et au travers desquelles smartphones aidant, entre autres outils familiers ;  des étrangers sont habilités, sous le couvert de la délation,  l’affabulation, ou le simple management de la peur, à espionner jusqu’aux lits conjugaux des plus innocents de nos libre-penseurs, opposants, opérateurs, notabilités ou dignitaires religieux.

En résumé ce sont des pans entiers de notre souveraineté, de notre génie et de nos légitimes ambitions, de notre dignité et notre intimité, de nos intérêts à moyen et long terme, de nos piliers socio-culturels, de nos ressources et de notre patrimoine économique, qui ont d’ores et déjà été bradés, par ceux qui vivent de leur seule salive plutôt que de leur sueur.

A l’externe, des forces obscures, de plus en plus démasquées dans leurs propres pays, mais peut être malgré eux, au service exclusif de réseaux planétaires de connivence, ont trouvé en Macy Sall, un outil privilégié de transformation de nos forces de sécurité, de l’ordre et du renseignement, incarnation de notre Nation, en agents actifs, liquidateurs de notre CITOYENNETE.

Ces forces-là, projection scintillante d’un très haut niveau de conscience civique, avaient toujours fait la fierté des Sénégalais ; pour leur loyauté républicaine et leur professionnalisme. Elles sont à présent loin des populations ; défigurées, reléguées aux bêtes pulsions des parades officielles et militaires, pour ne pas dire ligotées à chaque fois que le commun du citoyen a eu réellement besoin d’elles.

Le plus représentatif de ce déclassement, ce sont certainement nos valeureux sapeurs-pompiers. Chantés peut être à raison, et paradoxalement présentés sur le tard, en détachement suréquipé, comme pour décharger toute responsabilité politique !

Ils ont assisté en tous cas, en spectateurs impuissants, après leur stupéfiante paralysie au «daaka» de Medina Gounass et au ranch de doli, aux feux-de-nuits qui ont alternativement avalé, ces deux dernières années, douze des plus grands marchés, souks et Park de l’informel.

Pas même capable, ou alors peu soucieux alors, de diligenter ou de coopérer à des enquêtes concluantes de responsabilité et de clarification, ils n’ont été d’aucun secours déterminant pour la protection de ces champs de l’informel, secteur vital ; le seul qui assure encore au Citoyen, une relative autonomie et une liberté d’initiative face à un Etat vraisemblablement apatride, ombrageux et omnipotent.

C’est dire tous les enjeux, de l’indispensable participation massive des Sénégalais, à cette présidentielle du 24 février ! Aucun électeur ne devrait en effet, se laisser divertir de ce scrutin ; manifestement beaucoup plus déterminant que le référendum historique du 28 septembre de 1958, à l’aube des indépendances.

Au contraire du référendum d’indépendance pour lequel les colonies qui n’avaient pas eu la clairvoyance de la Guinée d’Ahmed Sekou Touré ont pu tant mal que bien, se rattraper, la présidentielle à venir est, pour cette génération qui en a eu le privilège, ou l’infortune, l’occasion unique de donner au candidat qu’elle se sera choisi, la très large base de légitimité requise lui permettant enfind’oser refonder l’Etat sénégalais à notre image et l’orienter véritablement vers nos aspirations primaires les plus inlassablement frustrées depuis près de soixante ans.

Devant des puissances tutélaires vieillissantes, voire même suicidaires dans leur projections apocalyptiques, profondément indécises et divisées tant au plan planétaire que domestique, jusque sur le choix de leurs propres valeurs, priorités de vie ou de survie, la voie est réellement dégagée pour une mise à niveau sur les nouvelles opportunités à la remorque de ce décisif tournant historique.

Sauf à vouloir demeurer esclave jusqu’à ses plus lointains petits fils, l’occasion est ainsi ouverte d’une réelle prise en main de notre destinée. Par la facile liquidation de nos besoins primaires et l’endossement plénier, du leadership humaniste auquel nous prédispose l’énorme legs des grands Savants, hommes d’action et de culture vis-à-vis desquels nous nous sommes jusqu’ici, laissés éloigner.

S’il est inutile de revenir sur la puissance réformatrice, voire pacificatrice des enseignements de nos Cheikh, il serait par contre édifiant pour chaque électeur ou électrice, de mesurer l’énorme gâchis, voire l’extrême infantilisation dans lesquels, lui et les générations précédentes, ont été délibérément plongés avec la complicité au moins passive, de ceux qui les ont gouvernés à ce jour.

Le degré de négligence de notre sécurité alimentaire, premier lien d’émancipation de toute société humaine, en est une illustration.

Alors que le Sénégal est place aux carrefours de torrents inépuisables d’eaux douce sous terraines et de surface, allant tous échouer dans l’immensité océanique, ce pays fait figure d’indigent alimentaire au sein l’UEMOA.

Après cinquante à soixante années de discours, il produit moins de 3 millions de tonnes de céréales sur un total de 28 millions dans l’espace ouest africain et se classe ainsi, selon le CILSS, loin derrière des pays totalement enclavés comme le Niger (5,8 millions de tonnes), le Mali (5), le Burkina (4), ou même la Cote d’Ivoire partiellement forestière (3,3 millions de tonnes).

Alors qu’il dispose d’une vallée insuffisamment aménagée et de records mondiaux de productivité rizicole avec des pics de dix à douze tonnes à l’hectares, performances inégalables chez tous ses fournisseurs, le Sénégal importait encore 700 mille tonnes de riz pour 295 millions de dollars là ou le Mali atteignait au début de la décennie, presque l’autosuffisance pour la première fois avec 1 million 200 mille tonnes ; soit plus du double de la production sénégalaise de l’époque. Le Burkina affichait dans le même temps, plus de 600 mille tonnes d’excédents toutes céréales confondues

Ce pays à fourrages et aux grandes étendues de terres non occupées, attend à chaque tabaski, essentiellement de la Mauritanie désertique et du Mali voisin, six bêtes sur dix parmi les quelques 750 mille moutons à immoler en cette occasion.

Producteur d’arachide en constante mévente, le Sénégal est pourtant le premier importateur d’huile du monde avec des besoins de 150 mille tonnes qui lui sont fournies de 40 variétés pour un coût annuel de 200 milliards de frs CFA. L’équivalent de seulement 600 mille tonnes d’arachide dont il sait pouvoir produire le double, voire le triple, sans effort particulier, chaque année d’adéquate distribution d’intrants et de semences de qualité.

On pourrait ne pas penser à un sabordage délibéré si la peur panique d’une pénurie de denrées, rizicole en particulier, annoncée par la FAO, n’avait amené en 2008, le président Abdoulaye Wade à mettre en œuvre en un temps record, ses GOANA, REVA et autres programmes spéciaux qui, dès qu’on l’a réellement voulu, ont percé pour les principaux produits cibles, tous les plafonds de production connus depuis l’indépendance.

C’est ainsi que l’oignon sans laquelle la Sénégalaise n’entre pas en cuisine, ni ne célèbre une fête, a vu sa production passer de 40 mille tonnes en 2003,  à 235 mille tonnes soit un bond de 500 pour cent en huit années seulement. Son chiffre d’affaires de 5 milliards de frs a cru de 700 pour cent, soit 35 milliards de frs CFA. Jusque-là marché juteux laissé aux producteurs européens essentiellement, il a juste suffi d’un petit gel des importations (sur deux à sept mois), accompagné de la levée de taxes fiscales et de l’aménagement de quelques infrastructures de stockage, pour en arriver à ces performances qui attendaient depuis 1960.

La pomme de terre, une certaine tomate, les produits laitiers, recèlent encore de plus importantes marges de progression dés que les hommes politiques en auront le réel souci ou la véritable liberté.  A moins qu’un cataclysme comme la grippe aviaire ne nous offre le prétexte d’un isolement, afin de nous fournir le contingent de paysans milliardaires que nous attendons depuis l’indépendance et auquel Babacar Ngom a servi de pionnier et de modèle exceptionnel. La fermeture des frontières en 2005, suite à la grippe aviaire, a eu pour conséquence de tripler la production de volaille et dérivés en moins de six ans, la création de 15 mille emplois directs et indirects et pas moins de 110 milliards de chiffres d’affaires.

Autant de cas qui attestent à l’envie, de notre CHOIX DE LA PAUPERISATION comme stratégie d’endiguement du véritable potentiel d’une économie interdite de développement.

Ces tendances inédites ; marquées à leur début du sceau de la confidentialité, aux Cafés du business non indigène, n’ont fait que s’affirmer depuis lors, prouvant chaque jour, la fausseté des problèmes et difficultés que nous imposons nous-mêmes, pour les bonnes grâces de forces tapies dans l’ombre des chancelleries.

Naturellement, si au regard des discours de campagne, le candidat Ousmane Sonko semble le mieux alerté sur ces anomalies qui renvoient au servage, cela ne constitue, ni pour lui, ni pour les autres à propos de leurs autres thèmes de prédilection, de garanties absolues qu’ils en feraient obligatoirement l’axe central de leurs politiques, une fois élus en février ou mars et aux prises avec les lascives suggestions, accointances, courtisaneries, perversions, délices, et facilités démotivantes d’un Pouvoir d’Etat non délimité ni conditionné.

L’attitude de Macky Sall vis-à-vis de toutes ses promesses, une fois installé au Palais Messmer, est suffisamment édifiante pour convaincre chaque électeur et électrice, que s’il a jamais existé, le temps est terminé, ou il suffisait de faire foi à un discours et d’élire un candidat, pour le voir prendre effectivement en charge le légitime espoir qu’il aura suscité en vous. Sans contraintes particulières, ils n’y sont pas obligés.

Pour dire que le premier acte consistant à introduire un bulletin dans une Urne n’ouvre en fait que le début d’un processus qui passe ensuite par la sécurisation de ce vote pour qu’il ne soit pas détourné sur votre dos. Il se prolonge pendant tout le mandat, par une veille de contrôle citoyen afin que chaque engagement pris devant l’électorat, soit traduit en actes ou rappelé à juste droit, en toute circonstance.

C’est la mère des batailles engagées par les «Gilets jaunes» en France dont la revendication la plus fédératrice, passe par l’introduction dans leur pays à l’exemple de certains de leurs voisins européens,  du principe de Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) qui permettrait de ramener, en temps réel, au dressage des urnes, chaque politicien qui s’éloignerait de ses engagements ou abuserait de sa position ou de ses pouvoirs, pour enjamber ou piétiner l’intérêt général, au service duquel il a été dûment élu.

En attendant ou à défaut, il est possible d’ores et déjà à la faveur de la campagne électorale en cours, de faire prendre aux candidats qui le souhaitent, au moins trois engagements de sincérité sans lesquels il est certain que rien de ce que regrette le peuple Sénégalais depuis 60 ans d’indépendance, ne changera s’ils ne sont effectivement pris en charge.

Le premier c’est l’engagement solennel de publier et de remettre à plat l’ensemble des ACCORDS BILATERAUX en vigueur, signés depuis l’indépendance avec des Etats tiers, afin de les auditer, les recalibrer et les repasser au besoin, au crible de nos intérêts fondamentaux, en vue d’une actualisation par renégociation.

Le second, c’est l’inventaire public de l’ensemble de nos ressources naturelles, l’état réel des gisements et de leur exploitation et la renégociation, comme le souhaite l’un des candidats, de tout contrat léonien qui porterait un trop grand préjudice au peuple sénégalais.

Le troisième engagement passerait enfin, par la refonte de nos programmes d’enseignement et de formation, la fusion des filières francophone et arabophone par le bilinguisme optionnel (anglais/arabe) avec nos langues nationales et le français comme pivots obligatoires, et l’introduction de l’enseignement religieux jusqu’au Collège.

Un engagement solennel sur ces trois questions durant la campagne électorale, devrait être réitéré par le vainqueur, dès la proclamation définitive des résultats, avant sa cérémonie de prestation de serment.

Un tel dispositif qui emprunte aux Sud africains leur hardiesse quand Nelson Mandela a décidé de verser leur Nouvelle Constitution sur Internet, pour sensibilisation et enrichissement universel, permettrait peut-être, quel que soit le résultat des urnes, d’ouvrir une nouvelle page de concorde et surtout, de CONFIANCE MUTUELLE sans laquelle rien de positif n’est possible dans le pays.

Sinon, la voie la plus facile, naturellement la moins intelligente pour un peuple, une communauté ou une famille pour arbitrer ses intérêts divergents, c’est de les diluer tous, confondus, dans l’autodestruction.

Ça, c’est l’autoroute d’en face. Celle de la Barbarie. La dorsale pénétrante du gaz, du pétrole, du Zicron…  celle-là que suivent les vautours de toutes les contrées.

Laissés à nous-mêmes, rien ne nous y prédispose. Les ressorts, même résiduels, de notre raffinement culturel, autant qu’intellectuel, de nos civilités urbaines et sociabilités rurales faites de sagesse, de pondération, de tolérance, de mesure et d’active solidarité, surtout la foi monothéiste pluri millénaire imprimée dans notre ADN brut d’originels Egyptiens, nous en ont immunisé jusqu’ici.

Mais, en dépit de l’indispensable ouverture sur l’Autre, prenons garde tout de même, d’un certain type d’étranger qui n’opère que dans l’opaque clandestinité.  Celui-là même qui ne signe rien avec nous, prend ombrage de notre génie propre et préfère s’activer dans la manipulation intensive par le viol numérisé, perturbant nos douces nuits de grave insouciance. Vigilance !*Sidy Gaye est le Directeur de la Clinique Media de Dakar (CMD)Publie dans Dakartimes du Samedi 09 Fevrier 2019

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