Le Sénégal importe plus de 396 milliards de F Cfa, par an, en tissus

http://www.enqueteplus.com Dans la deuxième phase du Plan Sénégal émergent (Pse), une agropole sera construite dans la zone Centre, à savoir Kaolack, Kaffrine, Fatick et Diourbel.  

‘’La valorisation des produits locaux’’ est le thème de la 4e édition de la Foire internationale de Kaolack (Fika). De ce fait, une journée a été dédiée au ministère de l’Industrie et de la Petite et moyenne industrie. Plusieurs sous-thèmes ont été développés, notamment celui sur la filière textile. A cet effet, Serigne Mboup a révélé que le pays consomme 396 milliards de francs Cfa en tissus. ‘’Nous devons confectionner des tissus, parce que nous avons du coton. Le textile doit être exploité ici, dans le pays’’, dit-il. Une situation qui doit être corrigée. ‘’Lorsque que l’on confectionne des boubous, on a tendance à dire que c’est du consommer local. Mais, réellement, ce n’est pas le cas, car c’est uniquement la main-d’œuvre qui est locale, les produits viennent de l’extérieur’’, lance-t-il. Avant d’exhorter les autorités à encourager la fabrication locale.

Il espère qu’avec cette nouvelle dynamique, le Sénégal peut reprendre l’industrialisation des produits textiles, en particulier à Kaolack. Puisque dans la ville, une usine de textile dénommée Domitexka est fonctionnelle.

Ce à quoi le secrétaire général du ministère de l’Industrie et de la Petite et moyenne entreprise, Adama Baye Racine Ndiaye, répond que la deuxième phase du Pse place l’industrialisation au cœur du développement économique inclusif, avec le secteur privé comme principal moteur. Et vise l’opérationnalisation du volet industrie du Pse et du Plan d’aménagement et de développement du pôle territoire Sine-Saloum et Diourbel.

Ainsi, une agropole, annonce-t-il, sera construit dans la zone Centre, regroupant Kaolack, Kaffrine, Fatick et Diourbel, qui sera un espace de compétitivité et de partage d’expériences. Mais également source d’innovation et de créativité pour les entreprises incubées. Ainsi, dit-il, ‘’le tissu industriel de Kaolack sera diversifié, densifié et modernisé, avec le développement et la valorisation de toutes les chaines de valeur des ressources locales, notamment les céréales, les oléagineux, le sel, les produits halieutiques et de l’élevage’’.

Il constate que ‘’la Fika est un grand moment pour développer des discussions concernant la production locale’’. Selon le directeur des Petites et moyennes industries, P. Amadou Sall Dial, qui a fait un exposé sur ‘’Agropole centre : défis, opportunités et perspectives pour un développement industriel régional durable’’, ce projet vise à freiner cette importation. En plus de valoriser les produits et de mettre sur le marché des produits répondant aux normes. En réponse à la doléance de Serigne Mboup, il précise qu’une agropole va accompagner le saut qualitatif réglementé du marché.

Il génère 18 000 emplois. ‘’Des Sénégalais consomment des produits alimentaires du Maroc‘’, souligne M. Dial.

« L’étude de faisabilité sera lancée d’ici trois mois »

L’agropole va aussi permettre la mise en place de chaines de valeur à travers des partenariats visant à construire des synergies d’affaires. Selon le Pr. Amadou Sall Dial, Kaolack a été choisie, parce que la région présente d’énormes potentialités. Des visites sur le terrain ont permis de sélectionner trois filières pour démarrer l’agropole : l’arachide, le mil et le lait. Sans oublier le poisson et le sel choisis comme modèles spécifiques. Des modules centraux sont retenus dans la zone et des centres de transformation de proximité. Dans ses perspectives, le projet va démarrer d’ici trois mois, par l’étude de faisabilité, car les acteurs ont déjà discuté des modules. La contribution de la Banque africaine de développement (Bad) à ce projet est d’environ 535 millions de francs Cfa, celle de la Coopération belge de plus de 262 millions de francs Cfa pour l’appui à la naissance de l’agropole et celle du gouvernement du Sénégal, dont le montant n’est pas précisé par la partie sénégalaise, est ‘’disponible’’.

Des renforcements de capacités sont en vue. L’engagement belge va permettre d’avoir un appui d’environ 15 milliards de francs Cfa. Plus un fonds de garantie. La Banque mondiale et l’Italie vont apporter leur soutien. Le directeur général de l’Agence de promotion et d’aménagement des sites industriels (Aprosi),Momath Bâ,croit que le Sénégal doit produire et consommer localement.AIDA DIENE

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