Pr Meissa Babou. : « LE VRAI TAUX D’ENDETTEMENT DU SENEGAL SE SITUE AUTOUR DE 65% »

Pr Meissa BABOU : «LE VRAI TAUX D’ENDETTEMENT DU SENEGAL SE SITUE AUTOUR DE 65%»

http://www.sudonline.sn Le vrai taux d’endettement du Sénégal se situe autour de 65%. Cette précision est de l’économiste Pr Meissa Babou.

Interpellé sur les performances économiques du Sénégal dont le Chef de l’Etat Macky Sall faisait état lors de son message à la nation du  lundi 31 décembre, l’économiste, trouve que le gouvernement est en train de procéder à des manipulations à travers ses chiffres. Parlant du taux de croissance de 7,2 % enregistré en 2017, il signale que ce taux  a été très progressif  à cause des investissements publics. Toutefois, l’économiste soutient que les populations  ne pourront pas sentir  cette croissance car  dans leur globalité, elles   sont dans la consommation primaire, c’est-à-dire manger, boire et  payer l’électricité

TAUX DE CROISSANCE DE 7,2% EN 2017 

« La conjonction de facteurs favorables tels que la bonne pluviométrie, la baisse du prix du baril du pétrole  avait mis le monde entier dans une bonne dynamique économique. Le Sénégal a profité de ses instants  pour avoir un taux de croissance de 7,2%. Surtout  que l’Etat du Sénégal a dépensé dans les 6600 milliards d’investissement. Alors si on met dans la balance ce calcul c’est comme si l’économie était en marche  alors que ce sont des routes et des ponts  qui font pratiquement la moitié de cette croissance. Cela explique le fait que les populations ne pourront pas sentir  cette croissance parce que dans leur globalité, elles   sont dans la consommation primaire c’est-à-dire manger, boire, payer son électricité,  toutes choses qui n’ont pas variées. Ces secteurs primaires qui ne sont pas très  importants dans la croissance font que l’Etat qui bénéficie de ces impôts dans cette croissance et qui n’a pas investit dans le social  fait que les Sénégalais ne pourront pas sentir cette croissance. D’autant que les investissements publics  ont été  orientés  principalement dans le secteur du transport notamment dans deux volets majeurs  le Ter et Illa Touba» .

TAUX D’ENDETTEMENT DU SENEGAL 

«L’année de base a été modifiée nous étions dans un Pib de 9000 environ, ils l’ont porté à 13000. Mais le vrai taux d’endettement du Sénégal se situe  autour de 65%.  Ces manipulations peuvent tromper le peuple mais dans la réalité ils sont rattrapés  par une tension de trésorerie, une tension sociale ave les mouvements des syndicats. Même la dette intérieure de 600 milliards demandée à tous les entrepreneurs n’a pas été payée. Dans la réalité ils sont rattrapés par ce que tous les chantiers au niveau national sont à l’arrêt  dans tous les départements. Donc il ne sert à rien  de manipuler les chiffres,  de les balancer au peuple alors que ce peuple ne sent  absolument rien de ce que tu dis. Il faut être très sérieux avec les Sénégalais et de leur dire  que nous nous sommes trompés dans la phase 1 du plan Sénégal émergent. Il faudrait  s’arrêter et  réorienter les investissements  dans des secteurs de base comme la pêche. Les ménages sénégalais achètent le Kg d’oignon à 600 francs. Ce sont ces choses qui plombent  leur quotidien. Maintenant on peut manipuler les chiffres  et dire que nous sommes à 0% d’endettement. Mais la réalité c’est que nous payons 72 milliards par mois de service de la dette. Si ce n’est pas lourd ça bloque toutes les initiatives  publiques actuellement. Est-ce que le Sénégal peut avec sa simple fiscalité faire face à autant de dépenses. La réponse c’est non. A chaque fois on emprunte pour s’en sortir. Un mois, deux mois on retourne au marché financier. Je crois que le gouvernement quand même ne dit pas la vérité. Mais les Sénégalais qui vivent leur misère  de façon stoïque  sont tranquilles dans leurs maisons  sans piper mot  pendant qu’eux sont dans les télévisions et radios  pour nous vendre des kilomètres de route  qui n’ont aucune portée sociale. Ce sont ces erreurs de vision qui ont fait que dans la deuxième partie de son discours Macky Sall est venu se rectifier pour dire que maintenant on va se  lancer dans une industrialisation. Je n’ai rien contre le fait de vouloir de faire un deuxième Pse avec autant d’argent, mais il faut comprendre que le Sénégal n’a pas les moyens de son remboursement . Et nous allons tout droit vers un ajustement structurel, parce que nous sommes le pays de la Cedeao le plus endetté. Même le Nigéria qui était à 40% c’est un grand tollé dans ce pays »

«L’IMMATRICULATION PAR AIR SENEGAL DE SES AVIONS A MALTE EST UNE PROCEDURE QUI EST TOUT A FAIT IRREGULIERE»

http://www.sudonline.sn Air Sénégal SA immatricule ses avions à Malte au lieu de le faire sur la registre national.

Air Sénégal SA, la nouvelle compagnie aérienne nationale ambitionne d’ériger un «véritable hub aérien régional» autour de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD). Au-delà d’un réseau domestique et régional, il se projette sur Paris et Sao Paulo, une ville du Sud-est du Brésil, capitale de l’Etat du même nom. Seulement, pour pouvoir opérer en Europe, en plus de se loger sous la coupole de son principal concurrent qu’est Air France, la compagnie aérienne nationale est obligée de faire immatriculer ses avions à Malte, faute de Certificat de navigation. Une procédure jugée «irrégulière»

Air Sénégal SA immatricule ses avions à Malte au lieu de le faire sur la registre national. En atteste, alors que d’habitude les avions sénégalais sont immatriculés 6V, l’on apprend que le nouveau Airbus 330-900 NEO est immatriculé 9H, donc à Malte. Une procédure jugée irrégulière par le commandant Malick Tall, ancien pilote en chef à Air Afrique, ancien directeur des opérations d’Air Sénégal international (ASI), commandant de bord et recruteur. «C’est une procédure qui est tout à fait irrégulière, un pays qui exploite sa compagnie aérienne, qui a un Certificat d’exploitation aérienne de son pays devrait immatriculer ses avions sur le registre de son pays», a-til expliqué au micro de Sud FM Sen Radio. Revenant sur le défaut de certification d’Air Sénégal SA, à l’origine de cette donne, le commandant Malick Tall relève: «d’après ce qu’on a comme information, c’est que l’équipe d’Air Sénégal SA n’a pas procédé à ce qu’on appelle le processus de Certification IOSA (IATA Operational Safety Audit) ni le processus Third Country Operator (TCO)» qui devraient lui ouvrir l’espace aérien européen. Or, «pour pouvoir opérer en Europe, il faut absolument avoir ces deux certifications», note-t-il. Alors, «Air Sénégal, ne l’ayant pas, est obligé d’aller voir une compagnie tierce pour opérer à Paris sous la coupe de cette compagnie. D’après ce que je crois savoir, cette compagnie s’appelle Hi Fly qui est compagnie Portugaise.»

 AIR SENEGAL AVAIT PLUS D’UN AN POUR ENGAGER LE PROCESSUS DE CERTIFICATION IOSA, MAIS NE L’A PAS FAIT

Contrairement à ceux qui croiraient que la compagnie nationale a dû opérer en urgence pour honorer son engagement sur la desserte Dakar-Paris, l’ancien directeur des opérations d’ASI précise qu’elle ne s’y est pas prise à temps. «Parce que l’équipe actuelle est en place depuis septembre 2017. Quand l’équipe est arrivée (en septembre 2017), le processus de Certification pour l’obtention du permis d’exploitation aérienne était pratiquement terminé. Quand ils sont arrivés, la Certification était à sa phase 4 sur 5 et les premiers avions, les ATR qui sont destinés aux vols dits domestiques et du voisinage, étaient déjà en place, en novembre 2017. Donc, ils avaient plus d’un an pour engager le processus de Certification IOSA, ce qui n’a pas été fait. Et c’est ce qui explique qu’aujourd’hui on ne peut pas opérer sur l’Europe, sans passer par des compagnies européennes.»

L’autre absurdité indexée par l’ancien pilote en chef à Air Afrique, c’est le fait qu’Air France, une compagnie concurrente, loge aujourd’hui Air Sénégal à Roissy Charles De Gaulle. «Ça aussi, c’est une situation qu’on n’arrive vraiment pas à s’expliquer. C’est tout à fait inédit de voir une compagnie aérienne d’un Etat opérer sous la coupe de la principale compagnie concurrente et qui plus est aille se loger dans le ventre de cette compagnie aérienne étrangère au niveau de la base d’exploitation, de l’autre côté. Ça, c’est quelque chose que l’on ne s’explique pas, c’est tout à fait inédit et c’est extraordinaire.» Et de citer en exemple, l’ex-compagnie continentale africaine qui a vécu la même situation, avant d’en tirer les leçons. «Air Afrique avait connu à peu près cette même situation et elle en avait tiré tout de suite les conséquences et les conclusions en se rendant compte que c’est quelque chose qui n’était pas raisonnable, qu’on ne s’explique pas.»

«C’EST UNE SITUATION QUI NE PEUT PAS PERDURER»

Interpellé par Aliou Diarra sur les répercussions possibles de cette situation sur l’exploitation notamment sur les billets qui risquent de coûter plus chers, le commandant Malick Tall confie que cette situation ne peut pas perdurer. «Dans le contexte préétabli, c’est-à-dire le contexte qui se dessine, avec un avion immatriculé en Europe et une exploitation du Dakar-Paris sous la coupe du principal concurrent, c’est sûr qu’il n’y a pas photo. On peut dire que c’est une situation qui ne peut pas perdurer.»

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