Revue de presse du Lundi 19 Novembre 2019

Le GAMOU 2018 fait le menu des quotidiens

Dakar, 19 nov (APS) – Les quotidiens parvenus lundi à l’APS traitent principalement du gamou 2018, qui sera célébré le même jour à Tivaouane et partout ailleurs à travers le Sénégal.
Selon L’Observateur, la cité religieuse de Tivaouane, capitale de la Tidjaniya au Sénégal, est déjà « à pied d’œuvre pour son 117e Mawlid », la commémoration de la naissnce du Prophète Mohammed (PSL), prévu lundi.

 « C’est déjà l’effervescence dans la cité religieuse d’El Hadj Malick Sy. Tivaouane a fini les derniers réglages pour vivre son 117e Mawlid. Les services spéciaux, comme la gendarmerie nationale, la police, le service d’hygiène, les sapeurs-pompiers, le ministère de la Santé et le COSKAS…sont à pied d’œuvre pour que cette année encore », le Mawlid « soit un franc succès », écrit le journal.

« Tivaouane a fini d’accueillir tout ce que le pays compte comme hautes autorités, religieuses et politiques » et la ville s’est « parée de ses plus beaux habits pour la célébration de la 117e édition du Mawlid », ajoute L’Observateur.

 Selon Vox Populi, « la concentration humaine est telle dans la ville sainte, qu’il est déjà difficile de se frayer un passage dans les rues et ruelles de la ville de Maodo », qui « a vécu un week-end de grande frayeur avec la clôture du +Bourd+ qui a drainé des foules de fidèles (…) ».

Le journal Le Quotidien fait également observer que « les pèlerins ne cessent de venir de partout et par tous les moyens. Tivaouane vibre au rythme du gamou », autre appellation du Mawlid. « En route et avec ferveur dans le sillage de Maodo », à savoir El Hadj Malick Sy, un des principaux propagateurs de la Tidjaniya au Sénégal.

Sud Quotidien rappelle que « par amour du Prophète (PSL) », El Hadj Malick Sy avait instauré le gamou depuis 1902 « en appelant ses coreligionnaires à célébrer l’anniversaire de la naissance du Prophète Mohammed. Il proclamait que dans cette commémoration se trouvent bénédiction et résolution des difficultés ».

 Le Soleil souligne l’appel « pressant du khalife des Tidjanes à la paix », avant d’évoquer, en pleine page, l’arrivée à Dakar dimanche de la première rame du Train express régional. « Elle a été réceptionnée au Môle 2 du Port autonome par le Premier ministre et les tests dynamiques sont prévus le 25 décembre », précise Le Soleil.

Enquête et L’As reviennent sur deux sujets qui font débat ce sderniers jours, les « tensions » budgétaires au Sénégal et la « polémique » autour de l’avis du comité des droits de l’homme de l’ONU dans l’affaire Karim Wade, du nom du fils de l’ancien président Karim Wade, condamné pour enrichissement illicite présumé.

Selon Enquête, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, « a annoncé des réformes destinées à dissiper les appréhensions du secteur privé », concernant la situation économique du Sénégal, marquée par les tensions de trésorerie.

 Il cite la « rationalisation » des bras financiers de l’Etat et la révision des procédures de passation de marchés, entre autres mesures visant à enrayer les difficultés budgétaires qui pourrait impacter à terme sur la situation économique du Sénégal.

 L’As, pour sa part, estime que l’ancienne Premier ministre Aminata Touré, par ailleurs envoyée spéciale du chef de l’Etat, « clôt le débat » concernant la « polémique » autour de l’avis du comité des droits de l’homme de l’ONU sur l’affaire Karim Wade.

 Karim, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, avait été incarcéré à partir de 2014 pour enrichissement illicite et détournements de fonds et gracié en 2016 après avoir été condamné à une peine de 6 ans de prison ferme et 138 milliards de FCFA d’amende par la Cour de répression de l’enrichissement illicite.

Selon des médias sénégalais, le comité des droits de l’homme de l’ONU a demandé que le procès de Karim Wade soit révisé, un « désaveu » pour la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), selon de nombreux quotidiens.

Ces médias citent une recommandation de ce comité suivant laquelle « la déclaration de culpabilité et de condamnation (de Karim Wade) doit être réexaminée conformément aux dispositions du paragraphe 5 de l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ».

Mais de l’avis de Mme Touré, sur ce sujet, le Parti démocratique sénégalais (PDS), dont Karim Wade est le candidat déclaré à la présidentielle de février 2019, ainsi que ses avocats, « prêtent au comité des droits de l’homme des compétences magico-mystiques qu’il n’a pas ».

 « Les observations du comité des droits de l’homme sont caduques et sans objet », affirme l’ancienne Première ministre, qui a occupé pendant longtemps le poste de directeur du département droits humains aux Nations unies avant d’être en charge de la « traque des biens mal acquis » au Sénégal en tant que ministre de la Justice à partir de 2012.

Si l’on en croit Aminata Touré, dont les propos sont rapportés par l’As, les recommandations des 18 experts du comité des droits de l’homme de l’ONU « ne sont pas au-dessus des décisions des cours et tribunaux des Etats », un argument répété par de nombreux responsables du pouvoir. BK

Maouloud, politique et sport en couverture des quotidiens sénégalais

APA-Dakar (Sénégal) Par Edouard Touré La presse sénégalaise parvenue lundi à APA propose un menu varié, allant du Maouloud 2018 au sport, en passant par la politique.

« Gamou (Maouloud) 2018-Tivaouane (capitale de la Tidjaniya) paix sa note », titre L’Observateur, dans lequel journal, Pape Malick Sy affirme : « Que les politiques sachent que ce pays ne les appartient pas… »

Nos confrères rapportent également les propos du Khalife général des tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour à Idrissa Seck, leader du parti Rewmi : « Vous devez être l’un des principaux artisans de la paix ».

« Célébration de la naissance du prophète-Tivaouane dans la ferveur du Maouloud », écrit Vox Populi dans sa manchette, dénombrant déjà un mort et 75 blessés dans 16 accidents.

Pour la 117ème édition de son Gamou, Le Quotidien informe que « Tivaouane (est) Sy prête », faisant dire à Sud Quotidien : « Tivaouane, au rythme du Maouloud ! »

En politique, l’ancien Premier ministre, Aminata Toué dite « Mimi clôt le débat » dans L’As à propos de la polémique autour de l’avis du Comité des droits de l’homme de l’ONU sur l’affaire Karim Wade.

« Les observations du Comité des droits de l’homme sont caduques et sans objet. Les recommandations de ces 18 experts ne sont pas au dessus des décisions des cours et tribunaux des Etats », affirme Mimi Touré.

« Embastillement d’opposants et attaques contre la société civile-Macky fait feu de tout bois », note Walf Quotidien.

Pendant ce temps, EnQuête affiche « les réformes d’Amadou Bâ (ministre de l’Economie) relatives aux tensions de trésorerie, au secteur privé et au Plan Sénégal Emergent (PSE).

Selon nos confrères, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan annonce une batterie de réformes dont la réduction des délais d’attente très longs sur les procédures de passation de marchés.

« Train Express Régional-La première rame est arrivée à Dakar, hier », titre Le Soleil.

Parlant de sport, ce quotidien national revient sur la 5ème journée des éliminatoires de la Can 2019 et indique que « les Lions passent dans la douleur » devant la Guinée-Equatoriale (1-0).

« Can 2019-Guinée-Equatoriale/ Sénégal (0-1) : Des Lions solides leaders », renseigne EnQuête.TE/APA

Amadou BA:«Personne n’accepteras qu’on aille chez lui,et…»

http://www.emedia.sn/ « Le Sénégal est un petit pays. L’UEMOA, c’est 150 millions d’habitants. Des champions, on ne les développe pas dans un espace de 15 ou 13 millions d’habitants. Donc, toute mesure susceptible de permettre au Sénégal de rayonner sur l’extérieur, et notamment sur son environnement immédiat, doit être renforcée. La première d’entre elles est de permettre aux autres de venir ici. Personne n’acceptera qu’on aille chez lui qu’à l’inverse, le Sénégal ferme ses frontières. Les USA ou la Chine peuvent se le permettre, actuellement. Mais je crois qu’il faut trouver d’autres mécanismes qui puissent permettre à nos entreprises d’être compétitives ».

Les précisions sont faites par Amadou BA, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan. Ce dernier, repris par Enquête, s’exprimait au cours du débat, vendredi dernier, avec le secteur privé national, en perspective de la réunion du Groupe consultatif, le 17 décembre prochain, pour le financement du deuxième plan d’actions prioritaires du Plan Sénégal émergent (PSE). Ce, devant le secteur privé représenté, entre autres chefs d’entreprises, par Babacar Ngom de la Sedima, Serigne Mboup, président de la Chambre commerce de Kaolack.

Ledit secteur nourrit des craintes malgré les assurances données par l’argentier de l’Etat sur la mise en œuvre « imminente » de batterie de réformes pour leur partition dans le PSE.

’’Trump nous a décomplexés’’

PDG du groupe Sedima, Babacar Ngom, précise : « On ne peut plus souffrir de ne pas parler de patriotisme économique. Trump nous a décomplexés. Il y a des secteurs stratégiques à protéger. Dans tous les pays, il y a des secteurs qu’on ne peut pas confier à un étranger. Tout le monde le fait pourquoi pas nous. Faisons attention au foncier. Probablement 10% de notre territoire ne nous appartient plus. On sait tous que le titre foncier donne tous les droits et la tendance est de plus en plus à l’achat de milliers d’hectares ».

Le FONSIS a généré 300 milliards d’investissements en quatre ans d’exercice

https://www.lejecos.com Le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (Fonsis) emprunte la bonne direction au vu du bilan de ses quatre premières années d’existence.

L’ensemble des actions dans lesquelles le FONSIS s’est engagé ont mobilisé 300  milliards d’investissements  dans le pays, en   fonds propres et en dettes.
La révélation a été faite par Ibrahima Kane Directeur Général du FONSIS, dans le cadre d’un séminaire de mise à niveau sur le capital investissement ou Private Equity, défini comme une prise de participation  en capital dans des entreprises généralement non cotée,  organisé, le samedi 17 novembre à Saly-Portudal (Mbour), à l’intention des membres du Collectif des Journalistes Economiques du Sénégal (Cojes).
M. Ibrahima Kane de préciser que sur cette enveloppe, le FONSIS a un effet de levier de un pour 14. « Pour un franc de l’Etat du Sénégal investi par FONSIS, on a levé 14 fois le montant pour nos projets ».
Sur cette lancée, Serigne Dame Diakhoumpa, Directeur Administratif et Financier et en charge des PME au FONSIS d’y ajouter qu’avec 7,9 milliards de F Cfa de l’Etat du Sénégal, le Fonds a généré 154 milliards de F Cfa d’investissement pour neuf projets opérationnels sur 33 validés par le Conseil d’Administration.
Sur cette dynamique, M. Diakhoumpa confie que sur 31 milliards de F Cfa d’engagement à investir sur les 33 projets en question, 5,11 milliards ont déjà été décaissés et 26 milliards de F Cfa restent à être décaissés.
Lors de ce face-à-face avec les hommes de médias, il a été précisé que le Fonds travaille sur un pipeline de 26 projets.
Au-delà de ce portefeuille de projets, le Fonds a également des activités au bénéfice des PME à travers deux sous-fonds dans lesquels FONSIS a investi. Il s’agit du fonds « Teranga Capital » et du « Fonds PME FONSIS-SAED »  qui ont déjà investi dans une dizaine de PME.
M. Pape Demba Diallo, Directeur exécutif au FONSIS, Responsable du Processus d’investissement en charge du Numérique, des Services, des Infrastructures et de l’Industrie de rappeler le rôle du FONSIS comme investisseur stratégique de l’Etat et gestionnaire du fonds pour les générations futures.
Sur ce point, M. Diallo a rappelé la décision du chef de l’Etat, Macky Sall de leur confier ce fonds pour les générations futures dans lequel sera versée une part significative des revenus du pétrole et du gaz.
M. Kane, pour sa part, inscrit ces résultats cités plus haut dans la mission de fructifier l’actif et les avoirs de l’Etat, de provoquer une accélération de la mise en œuvre de ses projets stratégiques, d’investir massivement auprès des entreprises et des PME avec comme objectif la création de valeurs et d’emplois pour le pays.
« Le rôle du FONSIS est de jouer sa partition en tant qu’investisseur en capital et de faire effet de levier pour qu’un franc investi de la part des ressources du Sénégal puisse rapporter et provoquer un développement d’investissement dix à vingt fois supérieur pour notre économie ».

Des sociétés d’exploitation d’infrastructures en réalisation ou déjà créés

L’économie sénégalaise  est frappée d’un gap de financement et 2000 à 5000 milliards d’investissement  global par an sont nécessaires pour atteindre un objectif de croissance de  7% par an à l’horizon 2025, puis 10% par an jusqu’en 2030 à l’exemple des USA qui investissent 22% de PNB, de Singapour 27% ou de la Chine 45%.
Cela inclut des investissements dans le domaine des infrastructures, de l’énergie, du transport, de la distribution d’eau, du traitement des déchets, de l’industrie, des ressources naturelles…
Le directeur exécutif du FONSIS , chargé de Levée de Fonds, Energie et Mines, M. Mamadou Mbaye estime que pour combler ce retard, il est à initier des projets via un fonds d’investissement stratégique qui apporte des ressources en pré développement et noue des partenaires de co-investissement avec le secteur privé, « rôle moteur de l’investissement capital ».
C’est dans ce cadre que le FONSIS s’est vu confié le développement  de sociétés d’exploitation pour certaines des infrastructures qui sortent de terre ou en réalisation à Diamniadio, les autoroutes, entre autres, et qui ont un impact sur l’économie sénégalaise.
Selon le Directeur général du Fonds, le FONSIS a déjà reçu, par décret, certains actifs et biens pour discuter avec l’Etat et de mettre en œuvre sa politique de création de sociétés d’exploitation de ces infrastructures qui ont été déjà financées.
En prélude de cette rencontre avec les journalistes économiques, le projet POLIMED, une belle réussite du FONSIS, initié au sein de l’hôpital de Mbour a été visité.
Un projet qui selon, M. Pape Demba Diallo, a nécessité un investissement d’environ un milliard de F Cfa et qui a permis de construire un bâtiment et d’acheter des équipements d’imagerie médicale (scanner, radio, endoscopie…) au service des populations.
Un modèle que le FONSIS prévoit de répliquer dans d’autres régions et secteurs dans le pays notamment dans l’agriculture.
Dans le cadre de la ZES de Sandiara, M. Boubacar Diatta, chargé d’investissements, fait savoir que le FONSIS  a travaillé en tandem avec la mairie de la localité pour mettre en place une société qui investit dans l’infrastructure devant attirer des opérateurs. Ce sera dans le cadre d’un type d’infrastructures d’opération ou infrastructure d’affaires.
A l’en croire, plus de 100 milliards d’investissements privés sont attendus à Sandiara, pour 60 entreprises prévues sur 100 ha avec une vocation industrielle.
Et d’ajouter que 38 entreprises dont trois déjà installées avec comme objectifs principaux la création de valeur, d’emploi, l’import-substitution et l’exportation. « L’inauguration de la première phase est prévue dans le premier trimestre de 2019 ».
Le FONSIS a mis 50 millions dans la société de gestion qui prévoit une augmentation du capital à un milliard de F Cfa.
Pour rappel, le FONSIS est une initiative du Président Macky Sall pour soutenir l’investissement productif dans les projets stratégiques  et les PME, en faisant jouer à l’Etat son rôle de développeur du patrimoine national, au-delà de celui d’acteur régalien et de régulateur.
Le FONSIS a été constitué le 29 juillet 2013, en société anonyme d’un capital initial de 3 milliards de FCFA, entièrement détenu par l’Etat du Sénégal. Ismaila BA

les exportations du Sénégal vers l’UEMOA atteignent 25,5 milliards de FCFA au mois de septembre 2018

https://www.lejecos.com Vers les autres Etats membres de la zone UEMOA, les exportations du Sénégal se sont établies à 25,5 milliards au mois de septembre 2018 contre 23,7 milliards en août, soit un regain de 1,9 milliard (+7,8%).

La part de l’UEMOA dans les exportations totales du Sénégal s’est située à 22,9% en septembre 2018, en progression de 1,0 point de pourcentage, en rythme mensuel. Selon la Direction de la prévision et des études économiques, le poids des exportations du Sénégal vers Mali dans les exportations totales de l’Union est passé de 54,6% à 51,9% sur la période, soit un repli de 2,7 points de pourcentage. Le ciment reste le principal produit exporté vers ce pays partenaire avec une part de 35,8%. Adou Faye

Importations de biens en provenance des pays de l’UEMOA : 6,4 milliards de FCFA au mois de septembre 2018

https://www.lejecos.com Selon la Direction de la prévision et des études économiques(Dpee), elles sont évaluées à 6,4 milliards au mois de septembre 2018 contre 8,9 milliards le mois précédent, soit une baisse de 2,5 milliards.

Elles ont, ainsi, représenté 1,9% de la valeur totale des importations de biens du mois de septembre 2018 contre 3,7% un mois auparavant. La Côte d’Ivoire demeure le principal fournisseur du Sénégal au sein de la zone, avec une part évaluée à 54,3% en septembre 2018 contre 47,8% en août 2018. Les achats en provenance de ce pays ont principalement porté sur les «bois et ouvrages», les «fruits et légumes comestibles», les matières plastiques artificielles avec des parts respectives de 17,0%, 16,7%, et 10,2%. Adou Faye

Projet TER : Le premier ministre à réceptionné le premier train

Dakar, 18 nov (APS) – Le Premier ministre du Sénégal, Mouhammad Boun Abdallah Dionne, a procédé dimanche au Port autonome de Dakar à la réception du premier des 15 trains du projet de Train express régional (TER) devant assurer dans un premier temps une desserte entre Dakar et la Nouvelle ville de Diamniadio, a constaté l’APS.
Le train constitué de quatre wagons et d’une longueur de 72 mètres chacun est le premier d’un ensemble de 15 prototypes commandé par le Sénégal à la multinationale Alstom.
La société Alstom a commencé à expédier les 15 trains ’’Coradia Polyvalent’’ destinés au Sénégal, le 22 octobre dernier suite à l’achèvement de la production, des essais et à la validation du client APIX sur le site de Reichshoffen (Bas-Rhin)
Selon le Direcetur général de l’Agence nationale de la promotion de l’investissement et des grands travaux (APIX), Mountaga Sy, le TER ‘’c’est le nom du projet, mais c’est une composante de 15 tains’’.
Chaque train, a une capacité maximale de 565 passagers avec deux niveaux de confort ; une seconde et une première classe. Le Wifi est gratuit à bord du train sur tout le long du trajet, souligne-t-il.
‘’Le train est climatisé sur l’ensemble des wagons, mais aussi au niveau de la première classe, nous avons des tablettes de pose d’ordinateurs, des liseuses et des prises 20 pour que le passagers puisse travailler en tout confort’’, a-t-il en outre souligné.
Doté d’une vitesse de pointe de 160 Km, le TER peut fonctionner aussi bien avec de l’énergie électrique que de l’énergie thermique.
‘’Le changement de mode est incolore. En cours de trajet, s’il y a des difficultés de traction, électrique, le train peut passer en mode thermique sans que le passager ne s’en rende compte’’, a expliqué Montaga Sy.
Pour le directeur de l’APIX, ce projet d’envergure implique plusieurs lots, dont cinq techniques. Le premier consacre la réalisation des infrastructures de plateforme, des ouvrages d’art et des ouvrages hydrauliques.
‘’Les travaux de plateforme sont des travaux d’une certaine consistance qui permettent le fonctionnement sur plus de 100 ans d’une plateforme d’un train de grande vitesse’’, a-t-il dit.
‘’Dans ce train, du fait qu’il soit électrique, nous avons différents ouvrages. Nous avons 14 gares, ce qui consacre au TER, bref tout l’attribut d’un transport de masse au niveau de Dakar’’, a-t-il souligné.
Il s’agit des gares de Dakar, Colobane, de Hann, Baux Maraichers, Pikine , Thiaroye, Keur Massar, Keur Mbaye Fall, Rufisque, Bargny et Diamniadio et la gare de l’aéroport international Blaise Diagne.
‘’Ce sont des montants énormes, une ambition d’une ville et d’une vision qui consacre la mobilité urbaine’’, a-t-il fait savoir.SK/AKS

Raz de marée à Gandiole : La furie des vagues emporte plusieurs maisons et concessions

https://www.dakaractu.com Depuis hier nuit, la furie des vagues de l’océan Atlantique empêche les populations de la Langue de Barbarie de dormir correctement. Ce, du fait d’un raz-de-marée ayant occasionné des dégâts importants et autres désagréments.
Dans le Gandiolais, plus précisément dans les villages de Pilote Barre, Tassinére, Mboumbaye , Ricote , Lahrar , Dégui Niayes, voire au delà,  des maisons et concessions ont été détruites par les eaux marines.
Les populations ont passé toute la nuit à la belle étoile, surveillant le mouvement des vagues, malgré le froid de canard. Face au danger, les autochtones ont tout simplement plié bagages pour aller se réfugier dans d’autres sites préférant laissant leurs concessions à la furie des vagues. Une situation qui risque de perdurer, car l’ANACIM avait bien alerté qu’une houle dangereuse est attendue jusqu’au 20 novembre.

6000 Sénégalais rapatriés de l’étranger en six ans (officiel)

https://actusen.sn Plus de 6 000 Sénégalais, majoritairement des jeunes, ont été rapatriés de l’étranger à partir de 2013. La révélation est de Sory Kaba. Le Directeur des Sénégalais de l’extérieur fait, ainsi, état d’une accélération du processus en 2018 avec le retour d’environ 1 300 compatriotes. «Cela traduit une réelle volonté affichée pour le retour au pays», souligne-t-il.

Selon lui, 80 % de ces candidats au retour sont originaires des régions Kolda, Ziguinchor, Tambacounda et Sédhiou. Cela justifie, a-t-il expliqué, le choix fait par l’Etat et ses partenaires d’investir ces localités pour favoriser leur réinsertion. Sory Kaba annonce, à cet effet, l’inauguration prochaine, à Tambacounda (est), d’un Centre d’accueil pour les Sénégalais rapatriés de l’étranger.Actusen.sn Avec APS

Mody Guiro reconduit à la tête de la CNTS

http://www.enqueteplus.com Et de trois pour Mody Guiro ! Le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) a été réélu pour un troisième mandat de 5 ans. Seul candidat à sa propre succession, il a été reconduit  à l’unanimité, lors du 11e Congrès du syndicat organisé ce week-end sous le thème ‘’Le futur du travail et l’avenir des syndicats’’.

A l’occasion de cette cérémonie présidée par le Premier ministre, M. Guiro a décerné un trophée au directeur général de la Senelec. Mouhamadou Makhtar Cissé a été honoré pour son acte en faveur des 493 contractuels de l’entreprise qu’il a réintégrés. ‘’Nous avons signé et paraphé l’ensemble des protocoles et ils ont réintégré l’entreprise avec des Cdi.

Malgré les difficultés, Makhtar Cissé abat un travail extraordinaire et nous tenons à l’en féliciter et l’encourager’’, a dit Mody Guiro qui, cependant, a refusé de s’exprimer sur le débat sur la tension budgétaire qui fait rage, après les aveux du ministre des Finances Amadou Ba.

Cheikh Seck, Sg du Sdt3s, sur les dégâts collatéraux de la rétention de l’information:«Le système sanitaire est aveugle»

https://actusen.sn Le secrétaire général du Syndicat démocratique des travailleurs de la Santé et du secteur social (Sdt3s) revient sur l’impact de la rétention de l’information sanitaire, cette forme de grève adoptée par ce syndicat depuis le 5 octobre dernier. Cheikh Seck estime dans un entretien avec LeQuotidien que le système sanitaire est, aujourd’hui, aveugle et que les effets de la grève commencent à se faire sentir. Et si cette situation perdure, les bailleurs de fonds, ne pouvant pas disposer des rapports d’informations, seront obligés de fermer les robinets.

«Nous ne sommes pas pressés. Aujourd’hui, nous faisons la rétention de l’information sanitaire. Qu’ils vous le disent ou pas, le système est en train de souffrir. J’ai participé à plusieurs réunions avec des bailleurs de fonds (…) Lors de toutes les rencontres avec les bailleurs, les gens posent le problème de la rétention de l’information, parce qu’ils travaillent sur ces données», dit-il d’emblée.

Puis ajoute :  «la rétention d’informations a commencé à faire ses effets. Aujourd’hui, le système est aveugle. Et si ça continue, les bailleurs ne pourront plus décaisser de l’argent pour la suite des activités. Cela va sûrement perturber le système. Nous menons nos activités de consultation, de soin. Nous continuons de vacciner et nous gardons nos informations».Le secrétaire général du Sdt3s, critiquant la gestion du système de Santé, a indiqué que les infirmiers et les techniciens supérieurs sont les plus frustrés du régime de Macky Sall. Le syndicaliste promet de poursuivre le combat afin d’amener le gouvernement à ouvrir des négociations sérieuses.Actusen.sn

Décès du PR ABDOUL SOW, membre du Comité De Pilotage De l’Histoire Générale Du Sénégal

Le professeur Abdoul Sow, membre du comité de pilotage du projet d’édition de l’Histoire générale du Sénégal, est décédé dimanche à Dakar, a appris l’APS de source proche de la famille.

Le professeur Sow, ancien Doyen de la Faculté des Sciences et technologies de l’éducation et de la formation (FASTEF) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) était notamment membre de la commission III du projet d’édition de l’’’Histoire général du Sénégal des origines à nos jours’’.

L’inhumation du défunt est prévue, ce dimanche, 18 novembre à l’issue de la levée de corps à la Grande mosquée de la Scat Urbam, un quartier de Dakar, après la prière de 17 heures.

Un centre de santé de plus de 2 milliards fcfa annoncé à TAÏBA NAISSÈNE

Kaolack, 19 nov (APS) – La Fondation Alfityanu Humanitaire International (AHI) du guide religieux Cheikh Mahi Cissé prévoit de construire un centre de santé d’un coût de plus de deux milliards de francs CFA à Taïba Niassène, dans la région de Kaolack (centre).

 Le guide religieux en a fait l’annonce, dimanche, au cours d’une rencontre avec la presse au cours de laquelle il a assuré que la pose de la première pierre de cette infrastructure sera organisée bientôt, en fonction de la disponibilité du khalife de Médina Baye Cheikh Tidiane Niasse.

« Avec ma fondation (AHI), nous avons prévu de construire dans la commune de Taîba Naassène, village natal de notre vénéré Mawlana Cheikh Ibrahima Niass, un centre de santé de niveau 2 et un centre de formation professionnelle et inclusive », a déclaré M. Niasse, par ailleurs porte-parole de Medina Baye.

Ce centre de santé devait abriter plusieurs services dont une maternité, une pédiatrie, une polyclinique, un service d’hospitalisation, une salle d’urgence, une pharmacie et un laboratoire.

Selon Cheikh Mahi Niass, ce projet vise à contribuer aux objectifs de développement durable dans cette partie du Sénégal, à travers une réduction de la mortalité maternelle et infantile.

« Les populations de Taïba Niassène et des villages environnants pourront ainsi bénéficier d’un meilleur accès aux soins », se réjouit-t-il.

 Le maire de Taîba Niassène, Habib Niass, a salué cette initiative tout en remerciant le marabout ainsi que le ministère de la Santé qui selon lui « a octroyé toutes les autorisations nécessaires et a aussi promis » d’accompagner le projet.

La Fondation Alfityanu Humanitaire International est une organisation non gouvernementale (ONG) présent dans neuf pays et trois continents, selon un document remis à des journalistes.

 Cette ONG ambitionne de lutter contre l’extrême pauvreté et l’inégalité des chances dans le domaine de l’éducation et de l’alimentation.AFD/AMD/BK

HOULE : De violentes attaques de vagues à GANDIOL

https://www.ndarinfo.com La peur s’empare de pilote barre, Tassinère et Moumbaye, etc.  Plusieurs maisons ont été envahies par les eaux, dimanche, suite à la houle très dangereuse qui sévit sur l’axe Dakar-Saint-Louis.

Des populations de plusieurs villages ont été contraintes de quitter leurs concessions.

Le littéral de GANDIOL va subir d’autres dégâts en cette période de furie des vagues. Car, aucune mesure n’a été prise depuis le drame de l’année dernière pour protéger les concessions. Cette zone qui fait face à la brèche est pourtant plus exposée que la Langue de Barbarie.

Raz-de-marée : la situation est critique sur la Langue de Barbarie (vidéo)

https://www.ndarinfo.com L’eau des vagues s’est déversée sur place Pointe-à-Pitre. Les alentours du monument aux morts sont inondés ainsi que l’avenue Dodds. Les charrettes et les véhicules pataugent pour traverser la rue principale de NDAR-TOUTE. Des habitants plient leurs bagages pour s’installer dans des concessions situées loin de la mer. La situation est similaire à GUET-NDAR où plusieurs ruelles sont envahies.

637 Victimes par an au SÉNÉGAL

http://www.emedia.sn/ 637 personnes meurent chaque année sur les routes au Sénégal. Le constat est fait en cette journée mondiale du souvenir des victimes d’accidents de la route, célébrée le 18 novembre. Chaque année, plus de 4 mille blessés dont 2 mille graves, sont enregistrés au Sénégal, selon les estimations du Directeur exécutif de l’association des assureurs du Sénégal, Makhtar Faye.

Interrogé par Sud fm, il préconise la formation, la sensibilisation, le contrôle et des sanctions pour venir à bout des accidents. « Il y a de quoi s’arrêter pour réfléchir sur des mécanismes et des stratégies pour stopper l’hécatombe », indique-t-il.

L’édition 2018 de la journée coïncidant cette année avec la commémoration de la naissance du Prophète Mohamed (Mawlid), il invite les automobilistes à la vigilance et à la limitation de vitesse.La journée mondiale du souvenir des victimes d’accidents de la route a été décrétée par les Nations unies depuis 2005. Ce, pour combattre les accidents de la circulation. Au niveau mondial, on relève à peu près 1 million 300 mille personnes qui décèdent sur les routes. Dié BA

 Gamou de Tivaouane:1 mort,75 blessés,16 accidents…

Igfm- (Tivaouane) Les sirènes des sapeurs pompiers continuent au cours de cette journée de siffler sur les oreilles des pélerins à Tivaouane. Les soldats du feu ne chôment pas. Et à la veille du Gamou, un pèlerin a perdu la vie en plein centre ville de Tivaouane. Il a été percuté de plein fouet par un véhicule. Son corps a été déposé à la morgue de l’hôpital Abdoul Aziz Dabakh. C’est la seule victime dénombrée pour le moment.

A pareille heure l’année dernière, il y avait eu deux morts, renseigne le lieutenant Ousmane Lô des relations publiques des sapeurs pompiers.

Les chauffeurs devraient, toutefois, redoubler de vigilance sur les routes, puisque 16 accidents ont été dénombrés, des accidents qui ont occasionné 75 blessés. Aussi, 5 malades et des accidents de moindre importance ont été aussi dénombrés.

Les « soldats du feu » ont déployé 409 gradés et sapeurs à l’occasion de ce Gamou 2018.Harouna Fall, Mor Talla Gaye, Bathie Gning, Cheikh Sarr, Pape Lam (Envoyés spéciaux)

Maimouna Lo, 2e au concours de récital du Coran à Dubai

iGFM – (Dakar) Maimouna Lo est arrivée 2ème au concours International de récital du Saint Coran de Cheikha Fatima Bint Mubarak Dubai 2018. En 2018 Sokhna Maimouna Lo était 4eme à ce même concours qui était organisé en Malaisie.

Beaucoup de cas de grippe à Tivaouane

iGFM – (Tivaouane) Doudou Diop, infirmier à l’Université Gaston Berger de Tivaouane, est membre de la commission médicale du Gamou à Tivaouane. Depuis 23 ans, il a créé un poste avancé qui s’occupe de la couverture médicale de tous les talibés qui arrivent à Tivaouane. Son travail consiste à faire le tri des malades. Il a relevé beaucoup de cas de grippes.Harouna FALL, Mor Talla Gaye, Bathie Gning, Cheikh Sarr et Pape Lam (Envoyés spéciaux à Tivaouane)

Serigne Mbaye Sy Mansour à Idy – « Vous êtes un acteur incontournable pour la paix au Sénégal »

iGFM – (Tivaouane) Le président de Rewmi, Idrissa Seck, a rendu visite ce dimanche au khalife général des Tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour, à Tivaouane, dans le cadre du traditionnel ballet des hommes politiques avant le Gamou, prévu le 19 Novembre 2018.

Il était à la tête d’une forte délégation composée de Déthié Fall, Yankhoba Diattara, Pape Abdou Mané, Sidy Kounta, Eric Ndour, entre autres responsables de ce parti.

Idrissa Seck, après avoir remercié le khalife pour l’accueil chaleureux qu’il leur a réservé, lui a demandé de prier pour la paix et la stabilité du pays : »Le Sénégal va vers des échéances électorales qui sont lourdes de tension. Nous vous demandons de prier pour que l’élection présidentielle se passe dans la paix, le calme, sans troubles », a demandé le président de Rewmi, Idrissa Seck.

Le khalife, dans sa réponse, semble avoir mis Idrissa Seck devant ses responsabilités dans la quête de cette paix et la stabilité du pays durant l’élection présidentielle.

Après avoir rappelé les liens de cordialité, d’amitié et de fraternité qui existent entre le président Idrissa Seck et la famille Sy de Tivouane, Serigne Mbaye Sy Mansour lui a fait comprendre que la paix et la stabilité du pays est entre ses mains, en tant qu’acteur politique majeur prenant part à cette élection présidentielle. « Vous êtes un homme politique incontournable pour la paix au Sénégal. Car vous êtes un  homme politique très écouté dans ce pays. De votre discours, vos actes dépendent la paix et la stabilité de ce pays. Tenez en compte. Nous, en tant guide religieux, nous prions, mais à vous aussi les acteurs politiques de faire preuve de responsabilité dans cette quête de stabilité », a dit le marabout.

Durant cette rencontre qui a duré plus d’une heure, le khalife général des Tidianes, a gratifié l’assistance d’enseignements qui doivent guider les actes quotidiens de tout musulman.Harouna FALL, Mor Talla Gaye, Cheikh Sarr, Bathie Gning et Pape Lam (Envoyés spéciaux à Tivaouane) 

Thierno Alassane Sall : «On doit prendre les dispositions pour une transparence des élections»

iGFM – (Tivaoaune) Le président de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, s’est rendu ce dimanche à Tivaouane pour la traditionnelle visite de courtoisie au khalife général des tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour. A sa sortie d’audience avec le khalife, il s’est adressé à la presse.Français

Ousmane Sonko : « Abdoul Aziz Sy Al Amine était un régulateur social »

iGFM – (Tivaouane) Le président de Pastef, Ousmane Sonko a rendu visite ce dimanche au khalife général des Tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour, en prélude au Gamou, célébré le 19 Novembre 2018. A sa sortie d’audience, il s’est confié à la presse.

Retrait de l’agrément de l’ONG “Lead Afrique”,mises en demeure servies à Oxfam et Enda… : Macky Sall traque 350 millions F Cfa présumés de “Y’en a marre”

https://actusen.s Du nouveau dans l’affaire relative au retrait de l’agrément de l’Ong «Lead Afrique» par l’Etat du Sénégal. SourceA dans sa parution indique que le régime de Macky Sall traque des financements de 350 millions F Cfa, dont aurait bénéficié, entre 2017 (150 millions) et 2018 (200 millions) le Mouvement «Y’en a marre», de la part de «Lead Afrique» et ce, via les Ong Oxfam et Enda.

D’ailleurs, ajoute le canard, le Pouvoir a adressé, en début Novembre 2018, à Oxfam et Enda des mises en demeure, au détour desquelles, lesdites Ong ont 1 mois pour se prononcer sur les présumés financements qui seraient tombés entre les mains de Fadel Barro et Cie.

Le retrait de l’agrément de «Lead Afrique» pourrait ainsi s’élargir à d’autres Ong. Si bien sûr, précise SourceA,  il est avéré que celles-ci ont posé des actes qui constituent une entorse manifeste à leurs obligations qui découlent du décret 2015-45 du 04 février 2015 fixant les modalités d’intervention des Ong au Sénégal. Une autre traque à X qui est ainsi lancée, après celle aux biens mal acquis.

Dr NDÈYE AMY NDIAYE, juriste : « l’Etat doit respecter ses engagements… »

http://www.emedia.sn La décision rendue par les experts du Comité des Nations unies pour les Droits de l’Homme saisis par les avocats de Karim Meissa Wade était au menu des discussions de l’émission « LR du Temps », animée par Alassane Samba Diop, sur iRadio (90.3 FM). Invitée de l’émission, la juriste et spécialiste des Droits de l’Homme, Docteur Ndèye Amy Ndiaye, a donné un éclairage sur la question qui a fini de faire du bruit dans le Landerneau politico-judiciaire national.

A son avis, même si les constatations n’ont pas pour objet d’ordonner une action à l’Etat, il serait plus correct de respecter ses recommandations dans la mesure où le Sénégal a librement décidé de ratifier le Pacte international des Droits civils et politiques (PIDCP). Docteur Ndèye Amy Ndiaye explique : « Si vous lisez l’acte, vous verrez que le comité dit qu’il “souhaiterait”. C’est à dire qu’il n’ordonne pas. On n’ordonne pas à une souveraineté et un Etat en est un. Maintenant, l’Etat du Sénégal a décidé de ratifier le pacte et là, il s’engage. On peut simplement signer un traité international, cela voudrait dire qu’on est d’accord sur l’esprit mais quand on le ratifie, on tire toutes les conséquences des règles qui proviennent du traité. Et l’Etat du Sénégal a ratifié ce pacte et a adhéré à son protocole facultatif qui met en œuvre cet organe. Il doit en conséquence respecter ses engagements au niveau international. Et parmi ces engagements, il y a ce pacte et les règles qui en découlent. »

Pour la juriste, l’absence de double degré de juridiction au niveau de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI) aura été le problème central du revers de l’Etat du Sénégal face aux experts des Nations unies. « L’Etat a tenté d’expliquer qu’il y en avait, plus ou moins, avec le pourvoi en Cassation, mais le Comité a répondu en disant que comme ce n’était que des examens de forme et non une appréciation des faits, on ne pouvait pas véritablement dire qu’il y avait un double degré de juridiction. Donc le Comité a rejeté cet argument et a examiné à son tour les différentes allégations pour conclure qu’il faudrait réexaminer la déclaration de culpabilité de Karim Wade en lui offrant un recours utile, une réparation. »

Face à une telle situation, Docteur Ndiaye estime qu’il faudrait que l’Etat accepte de revoir sa copie et de réexaminer la déclaration de culpabilité de Karim Wade, ainsi que suggéré par le Comité des Nations Unies Droits de l’Homme. De quelle manière ? Pour elle, l’Etat dispose de plusieurs possibilités. Comme celle d’utiliser le mécanisme d’un rabat d’arrêt qui est à considérer en ce sens qu’elle permettrait d’installer une juridiction de second degré au niveau de la CREI et de donner à Karim Wade une nouvelle occasion de se défendre pour être conforme au pacte des droits civils et politiques. Car pour avoir un procès équitable, juge-t-elle, il faudrait quand même un double degré de juridiction. » Docteur Ndèye Amy Ndiaye était l’un des deux invités d’Alassane Samba Diop, pour le troisième numéro de LR du Temps, qui recevait également le philosophe et spécialiste des Sciences cognitives Mouhamed Hady Ba. BN FAYE

Le Capital Étranger Et Nous ! Par Ousmane Ibrahima DIA

Le débat sur la transparence dans l’exploitation des ressources naturelles sénégalaises (pétrole, gaz, fer, etc.) continue de faire rage. L’opposition accuse la majorité de brader les richesses naturelles au profit des multinationales. Depuis 2012, ils sont nombreux à faire le procès de l’actuel régime, lui reprochant notamment de faire la part belle aux capitaux étrangers et français en particulier.

Dans un récent entretien avec la Deutsche Welle, le chef de l’Etat, Macky Sall, s’est défendu de brader les secteurs stratégiques à des étrangers, tout en soulignant que «nous ne pouvons pas vivre en autarcie»«Notre secteur privé est pleinement engagé ! Ceux qui veulent travailler, en tout cas travaillent. Dans tous les projets du Plan Sénégal Emergent (Pse), plus de 60 % à 70 % de tous les marchés publics sont gagnés par des entreprises sénégalaises !», a-t-il déclaré. Avant cela, le président de la République a dû prendre un décret réglementant le commerce des grandes distributions au Sénégal. C’est ce texte qui va désormais organiser l’implantation des grandes surfaces à l’échelle du territoire national, tempérant ainsi la furie des responsables de l’Unacois qui avaient lancé une véritable fronde contre le groupe français Auchan, accusé de tuer le commerce local dans le cadre de son expansion tous azimuts, faut-il le souligner, à la grande satisfaction des consommateurs qui trouvaient dans ces magasins des produits accessibles et de qualité.

Dans un monde globalisé, le Sénégal qui veut bâtir une économie développée et mettre en valeur ses richesses naturelles, peut-il se passer du capital étranger ? La mondialisation et l’économie de marché se sont imposées à tous les Etats et le Sénégal a fait le choix de l’ouverture depuis longtemps en signant des traités de libre échange, en adhérant à des grands ensembles politiques. La mondialisation permet aux Etats, aux entrepreneurs, aux individus de se déployer à travers le monde. Voilà pourquoi trouve-t-on chez nous, comme partout ailleurs en Afrique, AuchanAlstomSuezEiffage, les banques étrangères, les Chinois et les Turcs qui construisent des infrastructures. Des économistes ont longtemps accusé ces entreprises de pompage de l’épargne locale, d’exportation des profits réalisés sur place. Sous les airs d’une économie fleurissante illustrée par des taux de croissance élevés, se cache en effet, une économie extravertie à cause de la délocalisation des profits.

Il y a aussi les incitations fiscales, appelées également avantages fiscaux qui confèrent un traitement fiscal préférentiel à des groupes spécifiques d’assujettis, dépenses d’investissement ou retours sur investissement sous forme de déductions d’impôt ciblées, de crédits, d’exclusions ou d’exonérations. Par des procédés d’optimisation fiscale, les multinationales parviennent à sortir des sommes considérables d’Afrique. Un rapport du Groupe de haut niveau chargé de la question des flux financiers illicites en provenance d’Afrique, présidé par Thabo Mbeki, ancien président de l’Afrique du Sud, révélait que rien qu’en 2010, les multinationales ont été responsables de la sortie illicite d’environ 40 milliards de dollars du simple fait de la manipulation des prix de transfert. Cette pratique consiste à délibérément surévaluer les importations et à sous-évaluer les exportations de biens et services entre filiales d’une même société afin d’échapper à l’impôt, d’éviter des droits de douane ou de blanchir de l’argent.

Dans son rapport «Mobilisation des ressources domestiques en Afrique de l’ouest : opportunités manquées» rendu public en 2015, l’Ong Osiwa qui promeut la bonne gouvernance, concluait que les multinationales ont fait sortir illégalement 210 milliards de dollars de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) entre 2002 et 2011 grâce à des pratiques de fraude fiscale. Selon le même rapport, les pertes liées à la fraude des multinationales se montaient à 18 milliards de dollars en 2011, soit un tiers de plus que l’aide au développement, évaluée à 12 milliards de dollars cette même année. L’étude mettait en cause les exonérations fiscales accordées par certains gouvernements de la région aux entreprises, l’évasion fiscale et les minorations des revenus déclarés pour payer moins d’impôts.

Dans son rapport «Parlons argent : l’Afrique invitée du G7» rendu public en 2015, l’Ong Oxfam relevait que si le continent connaît l’un des taux de croissance les plus élevés au monde, ce sont les pays riches qui en récoltent les fruits. «Chaque année, des milliards de dollars s’échappent de l’Afrique, la privant de recettes fiscales qui pourraient lui permettre de financer des services de santé et d’éducation pour toutes et tous. Rien qu’en 2010, des multinationales et des investisseurs basés dans les pays du G7 ont escroqué l’Afrique de 6 milliards de dollars avec l’une des formes d’évasion fiscale : la manipulation des prix de transfert», lit-on dans ce document. A l’époque, l’Ong notait que cette somme représente plus de sept fois les fonds nécessaires pour assurer l’accès universel aux services de santé primaires dans trois pays touchés par Ebola : la Sierra Leone, le Liberia, la Guinée. L’Ong écrivait : «Les pays riches, premiers bénéficiaires de l’essor africain. Chaque année, des milliards de dollars s’échappent de l’Afrique sous la forme de transferts de bénéfices hors du continent par les investisseurs étrangers, de remboursements de la dette et de flux financiers illicites (opérations commerciales, fraude fiscale, activités criminelles comme le blanchiment d’argent, le trafic de drogue et d’armes et la traite d’êtres humains, corruption et abus de fonctions».

Comment s’ouvrir aux capitaux étrangers tout en gardant intacte sa souveraineté, en assurant à sa population la prospérité ? Le Sénégal et les pays africains ont besoin de financement et de l’expertise étrangère pour mettre en valeur leurs nombreuses ressources. Les gouvernements ont un rôle central à jouer pour trouver l’équilibre entre la nécessité de recourir aux multinationales et l’obligation de préserver les intérêts nationaux. Cela passe nécessairement par le respect des règles de bonne gouvernance, la rationalisation et la transparence dans les incitations fiscales, le renforcement de capacité des administrations fiscales face à l’armada des experts du Capital. Dans les recommandations de son étude citée plus haut, Oxfam écrivait : «Les gouvernements doivent mener à bien la tâche de mettre un frein à l’évasion fiscale des multinationales, par la création d’un organisme intergouvernemental de coopération en matière fiscale qui réunisse tous les pays, développés et en développement, sur un pied d’égalité, et qui élargisse la portée des futures négociations fiscales aux questions essentielles pour permettre aux pays en développement de percevoir leur juste part de recettes fiscales».

La question des multinationales repose tout l’enjeu de la mondialisation. C’est tout là, «l’équilibre» entre «la puce et l’olivier» que prône le journaliste Américain Thomas Friedman dans son ouvrage «La Puce et l’olivier : comprendre la mondialisation» (1999). Selon lui, «la puce électronique symbolise tous les marchés mondialisés, les institutions financières et les technologies nouvelles qui nous permettent d’améliorer sans cesse nos conditions de vie». L’olivier «représente tout ce qui nous enracine, nous identifie en ce monde, qu’il s’agisse de notre attachement à une famille, à une communauté, à une tribu, à une nation, à une religion ou – et c’est l’essentiel – à quelque chose que nous appelons notre +Chez Nous+». L’attachement à ce «Chez Nous» ne postule pas une culture du repli sur soi.

Pas d’autarcie, comme le dit le chef de l’Etat. Loin s’en faut, notre économie a besoin de l’apport du capital étranger avec en ligne de mire l’intérêt national. Pour nous aussi, il s’agira de maintenir un équilibre entre le besoin de recourir à l’expertise technique et aux moyens financiers des autres et la préservation de nos intérêts. Car comme le dit Friedman dans son ouvrage : «Une nation saine et forte à l’âge de la mondialisation est une nation capable de maintenir l’équilibre entre la puce et l’olivier».Ousmane Ibrahima DIA

Rebondissement : Karim Wade a pris une grande décision contre l’Etat du Sénégal

https://www.leral.net Alors que l’écho d’un retour à Dakar se fait de plus en plus assourdissant, Karim Wade affine ses plans pour pouvoir se poser délicatement dans la capitale sénégalaise.

L’un de ses avocats, Me Michel Boyon, a affirmé hier sur la France 24, que Wade fils veut poursuivre l’Etat du Sénégal devant le Conseil des droits de l’homme de l’Onu et devant la Cour de Justice de la Cedeao. Une décision qui changerait beaucoup de choses.

En effet, par ces poursuites, Karim Wade et son entourage veulent obliger Dakar à réexaminer sa condamnation par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), conformément à la demande du Comité des droits de l’homme de l’Onu. Selon Me Boyon, cette demande gèle d’office l’arrêt de la Crei condamnant Karim Wade.

Et, par ricochet, d’après l’avocat, ce rebondissement permet au candidat du Pds de pouvoir participer à la prochaine présidentielle. Senenews

Mimi Touré: »Les observations du Comité des droits de l’Onu sont caduques »

Seneweb.com L’ancienne Premier ministre Mimi Touré considère que le Comité des droits de l’Onu n’est pas une juridiction supranationale ou internationale. Et que « la souveraineté juridique et judiciaire des pays prime sur les avis de (ses) 18 experts qui officient individuellement ».

De ce point de vue, laisse-t-elle dans un entretien avec L’AS, l’affaire Karim Wade ne sera pas réexaminée comme le demande l’organe onusien, qui considère que le Sénégal a violé le droit de la défense à un procès équitable.

D’autant que, signale la responsable de l’Apr, « Karim Wade a reconnu l’autorité e la chose jugée puisqu’il a demandé une grâce présidentielle et l’a obtenue après avoir purgé trois ans de peine ». « Les observations du Comité des droits de l’homme sont de fait caduques et sans objet », martèle l’ancienne ministre de la Justice.

Ousmane Ngom à Doha

Seneweb.com |Ousmane Ngom fait-il de la médiation entre Wade et Macky Sall ? Selon L’AS, l’ancien ministre de l’Intérieur a quitté Dakar hier, dimanche 18 novembre, à destination de Doha, au Qatar, où séjourne l’ancien chef de l’État aux côtés de son fils, Karim Wade. Sans se mouiller, le journal signale qu’Ousmane Ngom, devenu très proche de l’actuel président de la République, est un « fils très apprécié » du pape du Sopi. Une façon prudente de dire que s’il doit jouer les médiateurs, il présente le profil de l’emploi.

Entretien avec PAPE MODOU FALL: ‘Le fichier est fiable mais…Le pouvoir peut frauder à partir des listes d’émargement… Karim est victime de l’article L 57″

https://www.dakaractu.com Dans cet entretien que nous a accordé le seul opposant politique Sénégalais ayant siégé en permanence au niveau du comité technique de l’audit du fichier, il ressort deux enseignements fondamentaux. D’abord, que le fichier électoral est fiable et ensuite, que le pouvoir, pour se maintenir, peut explorer d’autres créneaux. Pape Modou Fall, Président de  »Deug Moo Woor  » et désormais allié à Cheikh Adjibou Soumaré, invite ainsi l’opposition à prendre ses responsabilités pour empêcher Aly Ngouille Ndiaye d’organiser cette élection présidentielle prochaine au risque de connaître des déconvenues électorales imparables.

Dakaractu : Peut-on savoir Pape Modou Fall pourquoi  »Deug Moo Woor » a choisi de soutenir la candidature de Cheikh Adjibou Soumaré. Qu’est-ce qui a été déterminant dans votre choix ?

 Pape Modou Fall : C’est le conseil national du parti qui avait décidé de soutenir le candidat Cheikh Adjibou Soumaré. La raison la plus importante c’est la crédibilité de l’homme. C’est quelqu’un qui a eu à incarner le pouvoir en tant que Premier ministre et ministre du budget et que partout où il est passé, sa gestion est irréprochable. Beaucoup de personnalités politiques sont accusées de mal gouvernance après leur gestion. Ce qui n’est pas son cas. C’est quelqu’un qui connait bien l’État et l’administration… D’autre part,  il connaît très bien la sous-région pour avoir  été Président de la commission de l’Uemoa. Il a de bonnes relations de collaboration  avec les Chefs des États voisins. Ses compétences diplomatiques  ont aussi beaucoup milité en sa faveur.  Pour être un bon Président de la République au Sénégal,  il y a deux choses qu’il faut savoir : il faut bien maîtriser la société et en faire autant avec l’appareil d’État, connaître comment les institutions fonctionnent.

Vous avez participé au processus électoral. Comment appréciez-vous le fichier électoral ?

Là c’est plus l’expert qui parle. Depuis plusieurs mois, j’ai participé au processus électoral. Ce processus est un ensemble d’opérations, d’étapes à suivre. La première étape c’est la phase préparatoire et celle-ci commence par la confection des listes, la publication des listes, la création du fichier général des élections. Dieu a fait que j’ai assisté à toutes ces opérations. J’étais la seule personne qui représentait  l’opposition au niveau du comité technique de l’audit du fichier et j’étais membre du cadre de  concertation sur le fichier électoral. Nous avons remarqué qu’il y a eu beaucoup de manquements lors de la refonte du fichier électoral en 2017. Mais  ces manquements sont en train d’être corrigés. Ce fichier que nous avons est fiable. On a revisité tout cela, on a regardé les cas de doublons, on est en train de les analyser, on a lu le rapport  avec ces 38 recommandations. Tout cela fait que si on nous dit aujourd’hui qu’on a un fichier qui fait plus de 6 millions, qui est publié et que les Sénégalais ont la possibilité de consulter sur internet, que les partis politiques ont la possibilité de regarder et de vérifier si leurs militants sont bien inscrits, que tout candidat peut visiter pour voir si ses parrains sont bien inscrits… autant accepter sa fiabilité. Le ministre vient de dire que les partis ont aussi la latitude, à partir de la semaine prochaine, d’aller au niveau de la DAF et de vérifier la bonne tenue du fichier. Je le dis honnêtement et en tant que citoyen Sénégalais et en tant qu’ expert informaticien, consultant international dans ce domaine, il n’y a pas péril en la demeure dans ce domaine.

Par conséquent, tout le monde peut dormir tranquille. Il n’y aura pas de fraude.

Le ficher est un ensemble d’enregistrements de noms, prénoms, de numéros d’électeurs et d’autres informations qui sont listées. Maintenant, il faut dissocier le fichier général des élections et les listes. Parce qu’il y a trois listes. Il y a les listes provisoires qui souvent sont affichées. Il y a les listes définitives qui sont des listes  consolidées et les listes d’émargement. C’est à ce niveau que la fraude pourra se faire. Il est possible de voler des élections. Ça, je le maintiens. Ces listes qui sont au niveau des bureaux de vote peuvent se retrouver avec des omissions expresses. Ces omissions peuvent, cumulées, permettre au voleur d’empêcher rapidement à 250.000 personnes de voter. Dans les 47 départements, il suffira de supprimer des électeurs de la liste. Et cela peut se faire sans que nul ne s’en rende compte véritablement. C’est pourquoi, il nous faudra être vigilant.

Y a-t-il d’autres créneaux, qui explorés, pourraient faciliter la fraude ?

Je considère que le ministre des élections, qui est un ministre Apériste,  fera tout  pour faire gagner son candidat. Ce serait une erreur pour  l’opposition de ne pas suffisamment se battre pour empêcher Aly Ngouille Ndiaye d’organiser ces élections.

Il y a aussi la Cena qui doit être revisitée, mais surtout le Conseil Constitutionnel qui, depuis quelques temps, n’a plus aucune relation avec l’opposition. Il n’y a plus de confiance entre le Conseil Constitutionnel et les acteurs politiques. Cette confiance doit être rétablie pour que tout le monde accepte aisément le verdict des élections, quel qu’il soit. Pour ce qui concerne ces créneaux, il y a les lieux et les bureaux de vote. Si on déplace les Sénégalais sans les rediriger au bon endroit, ils risquent de ne pas retrouver leurs centres. On a vu ce qui s’est passé en 2017. Vous vous rappelez, l’opposition lors du référendum avait dit qu’il y a eu des fraudes sur le nombre  de bureaux de vote donné par la direction générale des élections et le nombre donné par le Conseil Constitutionnel. Les deux nombres ne coïncidaient pas.

Par conséquent, aucune chance pour un candidat de l’opposition de gagner ?

Bien sûr ! Pour pouvoir gagner cette élection, il ne faudra pas brûler les étapes. Nous en sommes actuellement à l’étape d’éducation et de formation. Il faut d’ores et déjà former les représentants des candidats au niveau des bureaux de vote. Il y a aussi la sensibilisation qu’il faut faire au niveau des populations pour que le jour du scrutin, elles aillent en masse voter (…).

Un commentaire sur l’affaire Karim et la recommandation du comité des droits de l’homme des Nations-Unies…

 Quand les gens ont modifié le code électoral en son article L57 pour introduire tout Sénégalais électeur à la place de tout Sénégalais  simple, je me suis dit : attention ! C’est maintenant que le combat doit commencer. Parce que si on laisse passer cette histoire, ce sera fini. Si on n’est pas électeur, on ne pourra pas être candidat. Mais malheureusement, c’est ce qui s’est passé.

  Le combat de Karim Wade n’est pas encore fini. Nous savons tous que le Crei est une juridiction d’exception qui n’a pas sa raison d’être.  En clair, Karim a été malmené et condamné. Le processus a été accéléré. Pour le bien même des Sénégalais du Sénégal, Karim Wade doit être rejugé.

Malick Gakou à Tivaouane : « C’est une grande fierté pour moi de porter le nom de El Hadj Malick Sy… »

Venu à Tivaouane pour une visite de courtoisie chez les guides religieux dont le Khalife général, le leader du Grand Parti( Gp), a exprimé sa satisfaction de porter le nom de El Hadj Malick Sy.
Le responsable politique qui a préféré esquisser les questions liées à la politique, a magnifié la célébration du Mawlid dans tout le pays…

Etat délinquant, régime en déliquescence

http://www.dakarmatin.com/ « Kou wakh fégn » (qui parle se découvre) dit un adage wolof. En trois sorties, à Touba et face aux journalistes de Deutsche Welle et de France24, le président Macky SALL s’est totalement dévoilé.
Plus besoin de revenir son déplacement chaotique à Touba ou l’inaptitude qu’il a collée à ses concitoyens, son intention exprimée d’amnistier Khalifa SALL et Karim WADE, qu’il écarte de la course à la prochaine présidentielle, confère au Sénégal un statut tout à fait nouveau. Un Etat voyou où le chef reconnait avoir ligoté certains de ses adversaires, le ministre des Finances s’illustre dans le mensonge pendant que celui de l’Agriculture met la vérité en jachère.
Ceux croyaient le dossier Karim WADE totalement clos, en plus de déchanter, montrent qu’ils sont bien loin de connaitre tous les artifices de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI). Dans l’ouvrage : Affaire Karim WADE/Macky SALL : la double victimisation gagnante de Me Wade/ LA GRANDE ENTENTE, nous donnons les raisons qui font de cette juridiction un véritable instrument de victimisation.
Avec la CREI, le b.a.-ba de la procédure pénale est relégué au second plan. Si les lamentations des libéraux ont trouvé écho favorable chez de nombreuses organisations des droits de l’Homme, c’est que cette juridiction souffre d’un mal congénital. Elle a, en effet, été instituée en juillet 1981 par l’ancien président Abdou DIOUF qui venait d’accéder à la magistrature suprême. Celle-ci a, depuis, polarisé les plus folles critiques quant à son impartialité.
Pour ses plus farouches détracteurs, le successeur de Senghor avait mis en place une telle cour pour dissuader et tenir en laisse les barons socialistes qui voyaient d’un mauvais œil son parachutage au Palais présidentiel. Venu de nulle part, Abdou DIOUF par la bénédiction de son mentor, avait doublé tous ses camarades de parti en s’installant sur le fauteuil présidentiel. La CREI sous son oreiller, Abdou DIOUF tint les caciques du PS, qui rouspétaient, à distance.
De 1981 à 2012, la Cour n’aura été mise en service qu’à deux reprises. Abdoulaye WADE, nouvellement élu, développa également une stratégie visant à ligoter certains de ses adversaires. Mais, contrairement à son prédécesseur, il s’appuya sur les tribunaux ordinaires pour mettre au gnouf de nombreux hommes politiques dont les anciens directeurs généraux Mbaye DIOUF et Abdoul Aziz TALL. Quand il s’est agi d’écarter Idrissa Seck, un ancien Premier ministre, la Haute cour de justice fut installée. Mais, Idy s’était déjà rendu à la DIC et s’était vu notifier sa garde à vue.
Macky SALL, lui-même, partit répondre à une convocation au Commissariat central de Dakar. Durant tous les mandats de Me WADE, jamais il n’a été question de la CREI qui somnolait depuis plus de 30 ans. En prenant la décision de la réveiller, par le décret n° 2012-502, Macky SALL en toute connaissance de cause déclenchait une longue procédure mettant l’essentiel des arguments valables du côté des mis en cause.
Sur le plateau d’i-Télé, le 25 octobre 2015, il reconnaissait, lui-même, «qu’elle a un fonctionnement assez particulier». Et le comble de l’injustice, quand la CREI vous condamne, vous n’avez aucune possibilité de recours. Et, c’est justement dans cette grande porte que s’est engouffré le fils d’Abdoulaye WADE en saisissant le comité des  droits de l’homme des Nations-Unies qui a, assez facilement, épinglé le Sénégal, comme l’avait déjà fait le groupe de travail sur les droits de l’Homme de l’ONU.
Un camouflet qui vient s’ajouter à celui infligé par la Cour de justice de la CEDEAO à l’Etat du Sénégal que, pour des raisons politiques, Macky SALL isole de plus en plus sur la scène internationale. Le Sénégal  qui a signé toutes sortes de conventions et chartes, les plus farfelues notamment, se met en marge de celles-ci en s’en prenant à ses propres fils.
«Durant ces six dernières années, le président de la République a prouvé qu’il n’est pas rassembleur, il n’a pas su consolider la nation. Il est partisan, chef de parti, donc chef de clan. Il n’incarne pas l’unité nationale». Il n’y a pas plus pertinente description de Macky SALL que celle-ci faite par le Professeur Amsatou SOW SIDIBE.
En confirmant tous ceux qui disaient que les procès de Karim WADE et de Khalifa SALL sont foncièrement politiques, le leader de l’APR n’a pas uniquement pilonné la Justice. Il a aussi inspiré son ministre des Finances, Amadou BA. Celui qui se bornait à présenter le Sénégal comme un pays très « liquide », a fini par suivre les pas de son mentor, en avouant. Seulement, Amadou BA se dépêche de se décharger sur les milliards que le leader de l’APR utilise pour faire sa politique si couteuse.
«C’est un choix voulu par le gouvernement du fait de la politique sociale menée par le Président de la République», s’est-t-il dédouané après avoir longtemps nié l’évidence. Vingt-quatre heures avant la fameuse interview-confession de Macky SALL, c’est le ministre de l’Agriculture qui se faisait épingler par Transparency International. Pour avoir déclaré que le gouvernement a injecté 380 milliards de francs CFA dans le monde rural, Pape Abdoulaye SECK est accusé par l’ONG de verser dans «la désinformation et la diffusion de fausses nouvelles».
« Un homme qui se noie s’agrippe à l’eau », dit un adage africain. La déliquescence d’un régime a ceci de particulier : son leader parle à tort et à travers, dans une sorte de réminiscence  extériorisée qu’au Sénégal nous appelons « diefour ». Comme quand Abdou DIOUF, sentant sa défaite, affirmait n’avoir jamais eu connaissance que ses compatriotes achetaient du lait en poudre en sachet de 25 francs CFA.Mame Birame WATHIE

Compétences et amis politiques, le talon d’Achille de la classe politique sénégalaise

http://www.dakarmatin.com/ « Il y a des amis politiques et des compétences politiques. Les amis politiques vous accompagnent à aller à la conquête du pouvoir, et les compétences politique gouvernent avec vous », disait l’ancien Premier ministre Idrissa Seck. Cette philosophie du leader de Rewmi qui devait être le viatique des acteurs politiques est hélas, très souvent mis sous le boisseau.
L’exemple type est aujourd’hui incarné par le chef de file de l’APR, jadis adepte de la gestion sobre et vertueuse, qui devait être le marqueur de sa gouvernance. Mais très vite, celle-ci a été sabordée par le choix très politicien des hommes et des femmes qui sont aux commandes du navire Sénégal.
Parce qu’à l’heure du choix sur ceux et celles qui doivent incarner la signature de la République, le Président Sall a fermé les yeux sur les compétences en optant pour les amis politiques qui ont damé le pion à ceux et celles qui sont dotés de compétence et capacités avérées dans la gestion des affaires de la Cité.

Des journalistes transformés en communicants

De là, le Président Sall s’est retrouvé tenaillé par les amis politiques, faisant ainsi la mauvaise expérience de ses prédécesseurs. Il s’est rendu compte « qu’une alternance ne change pas forcément la donne », surtout dans un pays comme le nôtre.
Mettant son slogan creux, « la patrie avant le parti » dans la corbeille, le président Macky Sall a fait l’option de privilégier le parti avant la patrie, à cause des calculs politico-politiciennes. Seulement voilà, cette tendance n’est pas uniquement l’apanage du président de la République.
En effet au sein de l’opposition se dégage aussi ces mêmes pratiques politiciennes et claniques, attentatoires à la démocratie interne de ces appareils qui veulent conquérir le pouvoir.
D’où la nécessité par nos acteurs politiques de changer de pratiques. Parce qu’il est abject de critiquer le pouvoir tandis que ce qui se passe au sein des partis de l’opposition est aux antipodes de toute volonté d’apporter du neuf dans « le vieux monde ».
Mais cela ne devrait surprendre personne parce que les hommes et les femmes politiques de notre pays ont comme profession, la politique. Donc, la rupture n’est pas pour aujourd’hui.

Serigne Mbaye Sy Mansour à la délégation du PDS : «Je ne donne pas de consigne de vote»

http://www.dakarmatin.com Le ballet des politiciens se poursuit à Tivaouane. Ce dimanche, la délégation du Parti démocratique Sénégalais (Pds) a été reçue par le Khalife général des Tidjanes. Et Serigne Mbaye Sy Mansour a été on ne plus clair dans son speech.
Il a confié au Coordonnateur national, Oumar Sarr et ses amis n’avoir jamais voté de sa vie et n’est pas dans les dispositions de donner une quelconque consigne de vote pour un candidat à la Présidentielle

MACKY et le syndrome de l’Hubris par l’éditorialiste de Seneplus, SERIGNE SALIOU GUÈYE

EXCLUSIF SENEPLUS – La référence régulière au lion (même s’il est assoupi), aux arènes, aux chutes (djel yi) dans ses discours, met en exergue la démesure discursive et l’omnipotence divine de notre omniprésident

 « Pour ce qui est de la personne que vous avez citée en premier (Karim Wade, ndlr), quand j’étais candidat, j’ai été clair sur ma manière de travailler à renforcer la bonne gouvernance dans le pays et à protéger les ressources. On a une Cour de répression de l’enrichissement illicite qui a été créée en 1981 alors que j’étais encore élève en classe de première. Cette cour a fonctionné un peu avant d’être mise en léthargie. Quand je suis arrivé, elle a été éveillée et a pris en charge un certain nombre de dossiers qui ont abouti à la condamnation de quelques personnes qui ont fait tous les recours dans le cadre de la procédure judiciaire jusqu’à la Cour suprême…

Pour le second (Khalifa Sall, ndlr), il n’a jamais nié les faits pour lesquels il a été condamné. Il a argué que c’était la pratique alors que ceci n’est pas une réponse juridique. J’ai toujours évité de parler de dossiers pendants devant la justice mais puisque c’est jugé, je pense personne n’a été éliminée volontairement. La preuve, il y a plus de 100 et quelques candidats déclarés qui ont retiré leurs dossiers et ils seront candidats s’ils remplissent les critères.

« Je ne peux pas parler d’amnistie pour les deux parce que cela ne vient pas de moi, alors ce débat ne me concerne pas. Toutefois, je ne peux pas écarter en tant que Sénégalais, dirigeant et président de la République, dans une circonstance nouvelle de réélection, si c’est la volonté des Sénégalais, d’engager une nouvelle phase de reconstruction nationale dans un esprit de renouveau et de consensus national. Je pense qu’il faut savoir tourner les pages aussi ».

Voilà une partie de la déclaration calamiteuse mais significative que le président de la République, Macky Sall, a tenue récemment sur le plateau de France 24. Jamais, un président français ne viendra dans nos républiquettes parler de personnalités françaises qui ont maille à partir avec la justice de son pays même cette justice les a déjà condamnées. Partir en France et s’exprimer devant ses médias fait partie des pratiques vexantes auxquelles nos quatre présidents nous ont habitués. D’ailleurs de tout temps, ils ont toujours considéré les journalistes sénégalais comme leurs pires ennemis s’ils ne peuvent pas les assujettir. C’est ce qui explique pourquoi, poursuivis par le complexe du colonisé, ils ont toujours réservé la primeur de leurs déclarations importantes aux médias français. On se souvient de la démission du président Senghor annoncé le 21 octobre 1980 par Pierre Barnès correspondant du journal français Le Monde.

Pour en revenir au président Macky Sall, nous disons qu’à travers sa déclaration maladroite, il étale sa toute-puissance sur les autres contre-pouvoirs que sont l’Assemblée nationale et la justice. Se prononçant sur l’affaire Khalifa Sall dont le jugement n’est pas encore à terme, la Cour suprême devant statuer en dernier ressort, le président du Conseil supérieur de la magistrature scelle définitivement le sort condamnatoire de l’ex-maire de Dakar. Mais dans une fausse magnanimité, il envisage de l’amnistier par le biais de son Assemblée godillot, lui et Karim Wade. Mais à condition d’être réélu. Cette conditionnalité articulée autour d’une très incertaine réélection met sans fard à nu tout le machiavélisme du chef de Bennoo Bokk Yaakaar qui ne veut pas s’aliéner une bonne partie des militants de Karim et de Khalifa Sall au premier tour. Aujourd’hui, Macky Sall ne recule devant rien pour se faire réélire. Quitte à surendetter le pays, à obérer les ressources du gaz et du pétrole dont le premier baril est prévu en 2021 ou à soumettre la justice à ses desiderata. Quitte à enjoindre à son Conseil constitutionnel d’éliminer certains candidats crédibles pour défaut de parrainage, à violer la loi en maintenant Doudou Ndir à la tête de la Cena, à retenir à dessein les cartes des électeurs dans les zones qui lui sont défavorables ou à verser dans la surenchère de la transhumance. Quitte à réprimer implacablement toute velléité de contestations des résultats du vote au soir du 24 février 2019 avec des Nurol Ejder ou des Ejder Yalçın III, ces fameux dragons anti-émeutes importés du pays du dictateur Erdogan.

L’obsession hubrique du premier tour

La réélection au premier tour obsède le président Sall au point qu’on se demande s’il n’est pas atteint par le syndrome de l’hubris. La pathologie de l’hubris, tel que le définit le chercheur en neurosciences, Sébastian Dieguez, chez les tenants du pouvoir est une « perte du sens des réalités, une intolérance à la contradiction, des actions à l’emporte-pièce, une obsession de sa propre image et abus de pouvoir, une confiance excessive en son propre jugement et un mépris pour les critiques et les conseils d’autrui ». On pourrait y rajouter d’autres symptômes de cette pathologie définie par le David Owen, ancien ministre anglais des Affaires étrangères et diplomate David Owen que sont « le narcissisme, l’arrogance, l’hyper-confiance, la mégalomanie ». A travers ces symptômes qui caractérisent la maladie du pouvoir, on perçoit le profil psychologique archétypique du président Sall. Selon ce dernier, la mort est plus douce que perdre le pouvoir surtout pour un président qui en est à son premier mandat. Pourtant, c’est lui qui, avec goguenardise, déclarait qu’il n’est pas obnubilé par le palais qui n’est pour lui qu’un espace de travail. Si la mort qui est la fin en toute chose sur terre semble plus douce que la perte d’un pouvoir, il y a de quoi mesurer s’alarmer sur la propension pathologique du président Sall à vouloir conserver vaille que vaille le pouvoir. Ainsi la hantise de perdre le pouvoir et le désir obsessionnel et tenace de le conserver éteint les lumières de la conscience du président sur sa propre finitude. La béatitude éternelle pour lui se trouve dans la conservation du pouvoir.  Et c’est dans cette optique qu’il faut comprendre la déclaration marrante du chef de Bennoo s’auto-attribuant, à travers un sondage, 54% qui le qualifient par conséquent dès le premier tour. Avec un tel score rédempteur, notre héros présidentiel égotiste, prétentieux, invulnérable, invincible s’est hissé sur un promontoire quasi-divin où aucun de ses opposants mortels ne peut l’y rejoindre.

Dans chacune de ses sorties, Macky Sall fait d’un histrionisme pathétique qui relègue ses opposants à de simples ectoplasmes et leur délègue éternellement les seconds rôles. On connait son fameux chant de guerre (a fagne naa ngor rog a deb no koloum a fagnine fagne fagne fagne té wadiadia) qu’il serine chaque fois qu’il veut tourner en dérision ses opposants. La référence régulière au lion (même s’il est assoupi), aux arènes, aux chutes (djel yi) dans ses discours met en exergue la démesure discursive et l’omnipotence divine de notre Omniprésident.

Pour finir, nous demandons à notre président de méditer ces propos pascaliens : « N’abusez pas de cette élévation avec arrogance ; et surtout ne vous méconnaissez pas vous-même en croyant que votre être a quelque chose de plus élevé que celui des autres. (…)

Que diriez-vous de cet homme qui aurait été fait roi par l’erreur du peuple, s’il venait à oublier tellement sa condition naturelle qu’il s’imaginât que ce royaume lui était dû, qu’il le méritait et qu’il lui appartenait de droit ? (…) Tous les emportements, toute la violence et toute la vanité des Grands vient de ce qu’ils ne connaissent point ce qu’ils sont. » sgueye@seneplus.com

Le problème du régime MACKY par FARY NDAO

POINT DE MIRE SENEPLUS – Le pouvoir refuse la compétition et la contestation émanant de partis, d’individus, ou d’ONG – On ne peut pas diriger une démocratie et ne pas être contesté, même lorsque l’on estime faire de son mieux

Cette image doit nous faire réfléchir Yalla na ñu Yalla musaal ci dëkk di weddi li ñu taxa jog ak dëddu su nu ay nitu dembb.

Que Dieu nous préserve de ce mal qui consiste à piétiner les idéaux pour lequels nous nous sommes engagés et qu’il nous évite de tourner le dos à nos amis d’hier.

Le problème fondamental du régime actuel est son refus d’une compétition et d’une contestation émanant de partis, d’individus, ou d’ONG. Or la contestation est une des dimensions les plus fondamentales d’un régime démocratique libéral. Des associations comme Y en a Marre, Enda Lead et la Société civile sénégalaise de manière générale sont un caillou dans la chaussure de tout régime, car leurs positions sont constantes. Seen waxu dembb, moy seen waxu tey : Droits humains, respect des libertés fondamentales, transparence dans le processus électoral, droit de manifester etc.

Aux opposants d’hier, comme l’était le PR Macky Sall, de savoir gérer ces sentinelles lorsqu’ils arrivent au pouvoir car on ne peut pas diriger une Démocratie et ne pas être contesté, même lorsque l’on estime faire de son mieux. Et on ne peut pas persécuter, en usant de la puissance d’Etat, ceux qui vous ont soutenu hier contre la persécution d’Etat d’alors.

Ce retrait du droit d’exercer à l’association d’Enda Lead, retrait qui affaiblit, in fine, Y en a marre, doit interpeller nos consciences sur un sujet. Celle de la nécessité pour les Sénégalais de mettre la main à la poche pour soutenir leurs partis politiques et les organisations de la Société civile. L’engagement, au delà du coût moral et familial payé par ceux qui l’assument, a également un coût financier, dimension dont personne ou presque ne parle, surement parce que la chose est tabou. Or le soutien à l’engagement ne saurait être que discursif, il doit se sentir dans la chair et dans le portefeuille. C’est cela le prix de l’autonomie et de la pérennisation des combats de principe qui sont souvent menés par ces organisations.

Les piques de l’as de ce LUNDI

SenePlus  |   Publication 19/11/2018

 

Ousmane Ngom en route pour Doha

L‘ancien ministre de l’Intérieur serait-il le nouveau médiateur entre le Président Macky Sall et Me Abdoulaye Wade ? En tout cas, tout porte à le croire. D‘après des sources de «L’As», Me Ousmane Ngom a quitté Dakar en direction de Doha. Même si rien n’est officiel, des sources anonymes croient savoir qu’il s’y rend pour «une mission privée». Dans ce contexte tendu entre Karim Wade et Macky Sall, nos interlocuteurs renseignent surtout que Ousmane Ngom est devenu très proche du Président Macky en plus d’être un fils apprécié de Wade. Récemment, il a été aperçu aux côtés du chef de l’Etat à Ndiassane. Honni soit qui mal y pense.

Une dame charcute sa coépouse à Touba

Les scènes d’horreur se poursuivent et se ressemblent. Depuis quelques, les femmes font montre d’une violence inouïe. En effet, d’après «senactu.net», la dame Mbodja Gadiaga a balafré à la main et à l’épaule droite sa coépouse. L’altercation ayant conduit à cette boucherie a eu lieu samedi à Touba Darou Marnan derrière le forage. Mbodja, la première épouse, et sa coépouse Mame Diarra se regardaient en chiens de faïence depuis l’arrivée de la seconde à la maison. Les deux épouses de Mbaye Guèye se sont battues au domicile conjugal à l’insu du mari. En effet, tout est parti d’une longue dispute. Choquée par les propos de sa coépouse, Mbodja Gadiaga, armée d’un couteau de cuisine, s’est jetée sur Mame Diarra avant de lui administrer un coup sur l’épaule et de lui arracher une dent. Pour l’instant, leur époux Mbaye Guèye tente de régler l’affaire à l’amiable. Aucune plainte n’a été déposée pour le moment.

La coalition Jappo réclame une audience avec Macky Sall

Les membres de la coalition «Jappo And Liguey Sunu Rew» qui a été dirigée par feu le Secrétaire Général de l’Union pour le Renouveau Démocratique (URD), Djibo Leity Kâ, veulent plus de considération de la part de Macky Sall. Le Parti Africain pour la Citoyenneté et le Travail (PACT) qui a déjà intégré la structure des cadres de Benno Bokk Yakaar veut rejoindre la Conférence des Leaders et le Secrétariat exécutif Permanent. Il réclame entre autres une audience avec le Président Macky Sall qui, selon eux, reçoit les autres membres de la coalition. Il en est de même pour le Front National Démocratique (FND), Gal Gui, cette coalition composée de sept formations politiques.

Dépistages gratuits au centre Philippe Maguilen Senghor

Les populations de Yoff ont bénéficié des dépistages gratuits du diabète et de l’hypertension artérielle samedi dernier grâce à la clinique du centre de Santé Philippe Maguilen Senghor en collaboration avec Sucria, spécialiste du sucre diabétique et de l’association des pharmaciens privés de Yoff. Selon Dr Lamine Sarr, responsable de la clinique du diabète et de l’hypertension artérielle, cette journée s’inscrit dans le cadre de la journée mondiale du diabète. Les populations sont venues nombreuses pour se faire dépister. D’après Dr Sarr, des signes de nouveaux cas de diabète ont été notés ainsi que des cas d’hypertension artérielle. Tous ces patients sont invités à revenir mercredi prochain au centre de santé pour un second examen de confirmation. Dr Lamine Sarr promet qu’ils seront pris en charge et bénéficieront de conseils pour ce qui est de l’alimentation. Pour le responsable de la clinique diabète et de l’hypertension artérielle, il existe un lien entre ces deux maladies. Car, pour la plupart des patients qui ont le diabète développent une hypertension puisqu’ils s présentent les mêmes facteurs de risque.

Maïmouna Lo primée au Concours de mémorisation du Coran

La Sénégalaise Maïmouna Lo s’est classée deuxième lors de la 3e édition du concours international de mémorisation du Coran Sheikha Fatima Bint Mubarak, ouvert aux filles âgées de moins de 25 ans qui s’est tenue à Dubaï. Ses concurrentes sont venues de 63 pays à travers le monde. Notre compatriote va bénéficier d’une enveloppe de 200.000 dirhams (32 millions de FCFA). C’est la candidate du Bahreïn, Sara Mohamed Abdullah Hasan Husaini qui a remporté la palme. Elle a empoché 250.000 dirhams, soit (40 millions de FCFA). La troisième du podium est Khaoula Azouz de l’Algérie qui est récompensée à hauteur de 150.000 dirhams (24 millions FCFA). La cérémonie de remise des prix a été présidée vendredi dernier par Son Altesse Sheikha Hessa bint Maktoum bin Juma Al Maktoum et de Noura Khalifa Al Suwaidi, Directrice générale de l’Union générale des femmes.

Lycée Kennedy

Dans notre édition du week-end, nous avons malencontreusement écrit que les fais de viol impliquant un professeur de sciences de la vie et de la terre se sont passés au Lycée Kennedy. Erreur gravissime. Même si le prévenu donnait des cours au Lycée Kennedy, les faits se sont déroulés au complexe Dakar Edu, propriété de l’accusé. Toute nos excuses à nos lecteurs, mais aussi et surtout  au Proviseur du Lycée Kennedy, Mme Sarr et à ses collaborateurs.

Moustapha Diop, porteur du message du chef de l’Etat

La journée d’hier a été très longue pour le ministre de l’Industrie et des Petites et Moyennes Industries. Porteur d‘un messager du chef de l’Etat auprès des chefs religieux de Louga, Moustapha Diop a sillonné plusieurs localités pour le transmettre aux guides religieux. Partout où il est passé avec sa forte délégation,  Moustapha Diop a délivré un message bien apprécié par les guides religieux. Ces derniers, à leur tour, ont formulé des prières pour la paix sociale et la stabilité du pays. C’est à Thokhna chez Serigne Moustapha Dia Ibn Serigne Maodo Dia qu’il a assisté à la clôture du «burd».

Mankeur Ndiaye rend public le rapport Itie

Le Comité National de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives du Sénégal annonce la parution du Rapport ITIE portant sur l’année fiscale 2017 aujourd’hui. A cet effet, il est prévu une rencontre nationale de partage des résultats du Rapport ITIE afin d’en tirer les leçons appropriées pour améliorer la gouvernance du secteur des mines, du pétrole et du gaz au Sénégal jeudi prochain. L’ITIE veut ainsi offrir aux différentes parties prenantes, un cadre de dialogue constructif sur les principaux enjeux et défis de la gouvernance du secteur des mines, du pétrole et du gaz au Sénégal. L’ITIE saisira l’occasion pour procéder à la signature de deux conventions de partenariat avec le ministère de la Justice et celui en charge de la Bonne Gouvernance et de la Protection de l’enfance. Ces conventions vont porter respectivement sur la  création d’un Registre public des propriétaires réels des entreprises extractives et la mise en place de mécanismes pouvant faciliter la capitalisation et la mise à l’échelle des bonnes pratiques en matière de promotion de la Bonne Gouvernance dans le secteur extractif.

Mankeur Ndiaye rend public le rapport Itie (bis)

Le Comité National de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives du Sénégal (CN-ITIE Sénégal) va mettre à la disposition du public des  informations sur les aspects majeurs de la gouvernance du secteur extractif notamment, les procédures d’octroi des licences et des permis, les quantités et les volumes de production, le cadre réglementaire, institutionnel et fiscal du secteur extractif, les revenus générés par les activités d’extraction, etc. Le Comité national ITIE a intégré dans le Rapport 18 entreprises en production ou en exploration inscrites au cadastre minier en 2015, 8 entreprises en production ou en exploration inscrites au répertoire pétrolier en 2017, 9 entités publiques et 1 entreprise de l’Etat pour la déclaration des recettes perçues des sociétés extractives. Ces entreprises ont collaboré en transmettant les données qui ont été certifiées par un auditeur externe. Les entités publiques ont également fourni leurs formulaires remplis, lesquels ont été certifiés par la Cour des comptes. Aussi, des recommandations ont aussi été formulées pour améliorer la gestion du secteur extractif.

Deux colonels de l’armée traduits en justice

C’est une affaire qui va faire un grand bruit. Trois plaintes ont été déposées sur la table du procureur de la République contre des cadres de l’Armée sénégalaise et contre l’Armée elle-même. Le plaignant est un certain sergentchef Mallé Barry qui est dans le renseignement au 6e Bataillon d’Infanterie à Kolda. Il se dit victime de radiation pour avoir refusé de cautionner «des pratiques scandaleuses au sein de l’Armée nationale». D’après le site «flagrantdélit.net», les plaintes ont été déposées au parquet depuis le 14 mai 2018, sous le n°8152. L’une vise l’Armée nationale à qui le plaignant impute sa «radiation illégale» qui n’aurait pas respecté la procédure légale prévue à cet effet. D’après ce site , le procureur lui a suggéré de commettre un avocat en vue de déclencher une procédure par voie de citation directe. Il a ainsi saisi le cabinet de Me Assane Dioma Ndiaye. Et ça va se jouer devant le Tribunal correctionnel. Le Rg Barry est radié après 19 ans et 11 mois au service de l’Armée sénégalaise, dont 16 ans passés en Casamance, au poste de commandement. Pis, il a été radié sans aucun de ses droits. Ni son avis de radiation devant lui permettre de bénéficier de sa pension proportionnelle, ni son remboursement de la mutuelle des armées, encore moins ses primes journalières de 46 jours, ou encore son permis de conduire de sous-officier acquis en 2010, son déplacement définitif et mise en route, son livret individuel militaire ainsi que ses états signalétiques et des services.

Usine d’or de Mako

Après Tambacounda vendredi, Macky Sall s’est rendu samedi à Kédougou, à Mako plus précisément. Il a procédé à l’inauguration de l’usine d’exploitation de l’or. La mine d’Or de Mako est opérée par Petowal Mining Company SA (PMC), filiale ssénégalaise du Groupe Toro Gold. Elle opère depuis janvier 2018.

Mobilisations tous azimuts

Samedi matin, Macky Sall a emprunté la route pour se rendre à Kédougou. Sur le chemin de Missirah, il a eu droit à des mobilisations spontanées initiées par de responsables locaux. A Gourel Bowe, tous les villageois se sont massés sur la route. En dépit d’un deuil qui a frappé la communauté, ils ont répondu massivement à l’appel du Conseiller économique, social et environnemental (Cese) Mamadou Labo Bâ. Arborant des t-shirts à l’effigie de leurs leaders, les populations ont promis une victoire de Macky Sall dès le premier tour dans cette zone. Ce dernier a fait une halte de quelques minutes pour communier avec eux. Il y avait de l’émotion.

Entretien avec PIERRE GOUDIABY ATEPA : «Le Sénégal Fait Partie Des Très Rares Etats Africains Pouvant Être Développés En Un Rien De Temps»

https://www.walf-groupe.com/ Conscient qu’il n’y a pas la vision qu’il faut pour sortir le Sénégal des difficultés qui freinent son décollage, malgré un énorme potentiel, l’architecte Pierre Goudiaby Atépa, candidat à la présidentielle, crache ses vérités. Mettant le doigt sur la corruption  qui «atteint un seuil catastrophique», sur l’absence de vision des politiciens et les projets inopportuns du pouvoir, l’architecte esquisse ses travaux en béton pour faire du Sénégal un véritable Eldorado avec ses ressources naturelles. Entretien.

WalfQuotidien : Qu’est-ce qui explique votre descente dans l’arène politique ?

Pierre GOUDIABY Atépa : Cette  question est fondamentale et importante. A mon  âge, après avoir presque tout fait, je me suis rendu compte qu’un des problèmes que nous avons, c’était que la politique politicienne avait pris le dessus sur celle de développement. Nous avons accompagné tous les chefs d’Etat qui se sont succédé au Palais. A commencer par Léopold Sédar Senghor, le président Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, n’en parlons pas. Même Macky Sall, au début de son magistère.  Nous avons été frustrés, c’est le mot juste, de savoir que le développement était possible, mais que, malheureusement, les politiciens qui nous gouvernent, ne font pas la politique de développement. Nous nous sommes dit qu’il est, peut-être, temps que nous intervenions sur la scène politique. En  vérité, c’est des jeunes gens qui sont venus nous voir, il y a cinq ans. Des jeunes universitaires, des étudiants parce que nous avons toujours été proches d’eux. Il s’y est ajouté qu’il y a, à peu près, moins d’un an, des gens de la diaspora canadienne, sont venus me voir avec une clé Usb dans laquelle ils avaient repris certaines de mes déclarations.  Cela pour me dire : «Nous avons fait le tour, nous pensons que vous feriez un très bon candidat, un bon challenger pour les politiciens qui sont là». Je leur ai demandé un temps de réflexion que j’ai mis à profit pour écrire un livre programme pour me tester, voir si je pouvais avoir les germes d’une politique de développement. Quand j’ai proposé mes réflexions aux jeunes qui se sont réunis à plus de 18 mille au Monument de la Renaissance, ils m’ont demandé de porter leur voix, j’ai dit oui, j’accepte. J’étais prêt parce que je pense que notre pays est à la croisée des chemins et que nous sommes à un virage extrêmement important. Ou nous avons à la barre ou au volant des gens capables de bien négocier le virage ou notre pays va droit dans le mur. Et j’ai pensé que ma modeste expérience peut servir mon pays.

Vous paraissez convaincu que ceux qui sont à la tête du pays, sont incapables de bien négocier ce virage…

C’est plus qu’une conviction, c’est une certitude parce que quand on voit là où on nous amène, on se rend effectivement compte qu’il y a problème. On ne peut pas continuer à gérer ce pays sans vision. Il  n’y a aucune vision. Je suis désolé, mais ce n’est pas ce que nous attendions de nos dirigeants. Ce pays, on peut le développer. Il fait partie des très rares Etats africains qui peuvent être développés en un rien de temps. Je pèse mes mots (…).

D’abord, il faudra remarquer que le pouvoir a mis en place ce qu’ils ont appelé le Plan Sénégal Emergent (Pse), mais la plupart des projets phares qu’ils font actuellement ne font pas partie du Pse. Il y a une autoroute qui n’en fait pas partie. Le fameux TER non plus, etc. Cela veut dire qu’il n’y a pas la vision qu’il faut pour nous sortir de là où nous sommes. Nous devons pouvoir faire mieux. Je me réjouis, au passage, de la belle lettre du président Wade qui dit : «Oui Pierre, tu feras mieux qu’eux».

Quelle a été votre réaction quand vous avez reçu la réponse de Wade ?

J’en étais très heureux. Je connais le président Wade depuis très longtemps.  Pour qu’il dise de quelqu’un ce qu’il a dit de ma modeste personne, cela ne pouvait que me réjouir. En tout cas, je ferai tout pour mériter cette confiance. Au-delà de la lettre, ce qui était important pour moi,  c’est qu’il ait dit : Oui Pierre, que je connais, tu peux être président de la République. Dans la tête de beaucoup de gens, c’est un artiste, un architecte… Mais, c’est surtout un  patriote qui a une expérience avérée qu’il veut mettre à la disposition de son pays et qui a fait ses preuves. Il ne faut pas plus pour bien diriger un pays. Le plus important, c’est l’amour du pays. Ce patriotisme qui fait qu’on évite les écueils, les solutions faciles pour soi, qui fait qu’on fait un don de soi. C’est ce don de soi que je veux faire aux Sénégalais. J’ai travaillé 45 ans pour  ma famille, maintenant je voudrais offrir cinq ans de ma vie, si Dieu me la prolonge, à mes concitoyens pour qu’ils puissent bénéficier d’une expérience avérée. J’aurais eu quelques hésitations sur le développement il y a trois ou quatre ans, mais quand Dieu bénit votre pays, lui donne du gaz et du pétrole, mettez des gens qui savent travailler, qui savent sortir de ce pays de là où il est. C’est la raison pour laquelle nous prônons, avec les gens qui commencent à nous suivre, la Révolution économique et industrielle du Sénégal (Res).

Au-delà de Wade, quelles autres personnalités avez-vous contactées ?

Beaucoup. Il ne faut pas parler d’eux. J’ai beaucoup d’amis chefs d’Etat. Tous, de manière unanime, ont dit : «Pierre, pourquoi tu as attendu jusqu’à maintenant». J’ai dit qu’il fallait que je fasse mon projet. Maintenant que j’ai pratiquement tout fait et qu’à l’analyse, je me rends compte que ça ne va pas et qu’on peut mieux faire, je me jette à l’eau.

Vous avez tout à l’heure parlé du Ter. Que reprochez-vous concrètement à ce projet cher au chef de l’Etat ?  

Il y a son coût d’abord. Ensuite, ce n’est pas opportun aujourd’hui. Est-ce que vous savez que ce Ter n’arrive pas à l’aéroport. Savez-vous également que ce Ter de 30 km coûte à peu près 1 milliard d’euros et que le Tgv marocain qui a été inauguré jeudi, coûte deux milliards d’euros et fait 300 km. Quand vous êtes devant des choix comme cela, tu te dis que ce n’est pas possible qu’on gère un pays comme cela. Mieux ou pis, j’ai demandé, du temps d’Abdoulaye Wade, si on pouvait obtenir des Indiens qu’ils nous fassent une étude de faisabilité de chemin de fer Dakar-Tambacounda-Kolda-Ziguinchor. Toutes les études sont là et c’est le même prix que le Ter. Quand je vois des choses comme cela, je me dis non, moi, je suis un patriote qui considère tous les petits enfants du Sénégal comme les siens et qui veut, pour eux, un avenir meilleur, pour ne pas dire rayonnant. Je sais que c’est possible.

Le Ter traverse une ville alors que le Tgv marocain passe en campagne. N’y a-t-il pas une nuance à faire sur les coûts ?

Aucune. C’est vrai qu’il y a des gens à dédommager, mais dans des cas comme celui-là, quand tu fais le calcul, tu essayes de trouver une autre solution. Il fallait peut être un rail suspendu. C’est cela les mauvais choix. Je suis architecte, ingénieur. Il fallait faire un rail suspendu. C’est tout. Encore une fois, le Ter n’est pas opportun. Encore qu’il n’arrive pas à l’aéroport. Entre un Ter de 40 km et un chemin de fer de 700 km qui va décongestionner, faire une continuation du territoire, il n’y a pas match. Qu’ils arrêtent de nous parler du Ter. Parce qu’à chaque fois qu’ils le font, ils s’enfoncent. Encore une fois, le Ter n’arrive pas à l’aéroport, c’est aberrant. Si vous devez voyager, arrivé à Diamniadio, vous mettez vos valises sur la tête et marchez six ou sept kilomètres. Il faut arrêter cela. Ce n’est pas le bon choix.

En dehors du Ter, que reprochez-vous d’autre à nos gouvernants ?

Mais je ne suis pas là pour jeter des pierres ou faire des reproches. Tous les jours, vous voyez les reproches qu’on fait à ce régime (de Macky Sall, Ndlr). Il  y a également que la corruption a atteint un seuil catastrophique. On ne peut pas développer un pays dans la corruption. Pour parler de cela, je n’en ai pas les preuves, mais je me pose beaucoup de questions à propos de ce qui a failli se faire avec les mines de fer de la Falémé. Vous avez tous suivi le bras de fer entre le pouvoir et nous-mêmes. C‘est une aberration.

En quoi est-ce une aberration de songer à en confier l’exploitation à des Turcs prêts à débourser 2 milliards de dollars… ?

Premièrement, le plus important, c’est que j’ai évalué la valeur de la mine. On nous dit qu’il y a 750 millions de tonnes de réserve. Je le sais parce qu’entre parenthèse, c’est moi qui ai amené l’Anglo-American (investisseurs, Ndlr), il y a plus de 20 ans, du temps de Diouf, quand personne ne parlait du fer de la Falémé.  J’ai un ami qui est en Afrique du Sud, qui est venu. Nous sommes allés voir ce qu’était ce gisement de fer de la Falémé. Personne ne s’y intéressait. C’est une très longue histoire. Il s’agissait de prendre le minerai et d’aller le transformer en Afrique du Sud. Nous connaissons bien le dossier. J’ai les prix qu’Anglo-American avait mis sur la mine. Je n’en parlerai pas, parce que j’étais conseiller de l’Etat à l’époque. Je sais que c’est X fois supérieur aux deux milliards dont on parle. Deuxièmement – et c’est le plus important – nous disons que cette mine a une valeur d’à peu près 52 milliards de dollars. Quand vous prenez 750 millions de tonnes, multipliés par 66, 67 ou 68 dollars la tonne de minerais, on est entre 52 et 55 milliards de dollars. Multipliez, c’est simple. Cela veut dire que la montagne que l’on voit là, a une valeur de  52 à 55 milliards de dollars suivant les fluctuations. Pour quelle raison allez-vous la brader pour deux milliards de dollars.

Mais il y a mieux. Parce qu’aujourd’hui que, grâce à Dieu, nous avons du pétrole et du gaz (c’est ce que j’appelle la révolution économique  et industrielle), nous avons avec ce fer les moyens de développer l’industrie sidérurgique la plus importante d’Afrique. Des 750 millions de tonnes, avec une teneur de 60 %, vous pouvez dégager 450 millions de tonnes de fer. Allez sur internet, vous allez voir que la tonne de fer que vous allez dégager a une valeur d’à peu près 660 dollars. Je ne sais plus quel est le cours du jour. Ainsi, ces 60 % permettent de dégager plus de 300 milliards de dollars, c’est-à-dire largement de quoi développer un pays comme le Sénégal. Nous ne sommes que 14 à 15 millions d’habitants. D’ici là, on sera à 20 millions. Mieux, si vous prenez les 20 % de ces 450 millions de tonnes de fer, vous en faites des alliages qui pourront générer 200 autres milliards de dollars. Cela veut dire que, rien que sur cette mine, en utilisant notre gaz, nous dégageons 500 milliards de dollars. On nous dira qu’il faut des investissements. Ils ne dépasseront pas 20 milliards de dollars. C’est cela la donne. Je mets qui que ce soit au défi de me dire que ce que je dis n’est pas vrai.

Grâce au gaz, le port minéralier qui devait faire de l’exportation des minerais, va servir à l’importation de ces mêmes minerais. Nous avons des pays frontaliers qui regorgent de bauxite. Les Américains en achètent pour aller la transformer chez eux. On est juste à 400, 500 kilomètres de ces régions. Si vous transformez la bauxite, c’est 500 milliards de plus. On peut avoir des conventions avec ces pays. Leur dire : «vous n’avez pas d’énergie ; nous en avons. On va faire fifty-fifty». On est déjà à mille milliards de dollars. Je n’ai pas encore touché au pétrole, ni aux mines de Sabadola. Là aussi, après les minerais de fer, nous devons en parler. On nous dit que c’est six millions de tonnes par an. Je parie que c’est le double. Quand ils viennent prendre l’or, on encercle la ville. Personne ne sait ce qui se passe.

Dans 30 ans, la grande révolution économique et industrielle que j’appelle de mes vœux, c’est plus de 1 700 milliards de dollars, plus de 1 million de milliards de francs Cfa. Avec cela, nous devenons un des pays les plus riches du monde. On ne sera que 24 millions de Sénégalais. Le développement est possible, mais il faut mettre le pays dans des mains expertes.

Voulez-vous dire que la gestion des ressources n’est pas transparente… ?

Vous savez qu’il n’y a pas de transparence. Ils ne savent pas comment on négocie. Ou alors, ils ne savent pas la valeur de ce qu’ils ont. Je vais même plus loin. Je n’exclus pas une réflexion – je pèse mes mots – sur une possibilité de nationalisation de nos ressources minières et pétrolières. Je ne l’exclus pas. Parce que ce sont les intérêts du Sénégal qui nous importent. Parce que, encore une fois j’estime que nos ressources sont bradées. Et si l’on prend le pouvoir, non seulement nous allons renégocier mais que nos partenaires sachent que nous n’exclurons pas une nationalisation. J’espère qu’on ne le fera pas parce qu’ils seront raisonnables. C’est très clair parce que ce pays encore une fois peut être développé. Mais, je ferai comme Donald Trump : le Sénégal d’abord.

Comment réagissez-vous quand vous entendez le président de la République dire que tous ceux qui parlent des ressources minières parlent de quelque chose qu’ils ne maitrisent pas ?

Il parle des autres. Parce qu’ils savent que je sais. Le Président sait qu’il sait que je sais. Et moi, j’ai des dossiers. Vous savez aussi que je suis un opérateur économique. Je suis également patron de la Brvm. Donc, je connais le monde. J’ai des bureaux un peu partout dans le monde, à Paris, en Inde, en Chine, à Moscou. Je sais de quoi je parle. Il parle peut-être des autres. C’est vrai qu’il y a beaucoup de gens qui ne savent pas de quoi ils parlent. Si j’appelle tout de suite, on me sort les dossiers sur les chemins de fer, le phosphate, etc. Sachez qu’il y a trente-cinq ans, j’avais créé la première cellule pour l’étude de faisabilité des mines de phosphate de Matam. Donc, quand il parle des gens qui ne savent pas, je n’en fais pas partie. D’autant que – et vous ne le savez peut-être pas – je suis dans les mines. C’est ainsi que je détiens 60 % des mines de phosphate de Kolda.

N’y aura-t-il pas un conflit d’intérêt entre le candidat à la présidentielle et l’homme d’affaires que vous êtes ?

Il n’y a aucun conflit d’intérêt pour la simple raison que le jour J, quand vous me demanderez de faire l’évaluation de mes biens, tout sera là et de façon très claire. Je le dis parce qu’il y a des gens qui disent qu’il veut prendre le pouvoir pour faire ses projets d’architecture. Quand j’ai dit que je vais faire l’université du numérique ou quand je sors le plan de Petrópolis que je veux construire dans la nouvelle ville Potou, on dit voilà, il veut caser ses projets, c’est pourquoi il veut être élu président de la République. J’ai été très clair : j’ai créé une fondation qui est dirigée par une de mes filles. Tout ce que j’aurai comme honoraire de ce que je fais, je le verse à ma fondation. C’est très clair, net et précis. Donc, demain, il n’y aura pas de conflit d’intérêt entre le chef de l’Etat Pierre Goudiaby et les affaires de Pierre Goudiaby. Une commission sera là pour s’en assurer.

En attendant, je suis obligé de tirer la sonnette d’alarme. Et, malheureusement, il n’y a pas beaucoup de personnes qui puissent le faire. D’autant que je demeure convaincu qu’il faudra que nous fassions naître une nouvelle race d’opérateurs économiques sénégalais qui prennent les choses en main. Je m’en exclus parce que j’ai 71 ans et j’ai des affaires.

Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de n’avoir pas voulu travailler avec Macky Sall comme vous le faisiez avec Me Abdoulaye Wade ?

Je voudrais quand même que les uns et les autres réfléchissent et ne fassent pas de confusions de genre ni d’autre chose. Macky Sall m’a invité au début de son magistère. Après, il m’a donné du travail. C’est moi qui ai fait l’Inpg et il y a plus d’un milliard de francs Cfa d’honoraires. Donc, je n’ai aucune frustration de ce côté-là. C’est moi qui ai fait le parc industriel. Donc, Macky Sall me donne du travail. Seulement, le travail que je fais là, cela représente entre 10 et 20 % de ce que je fais globalement. Donc, il n’y a aucun problème. Vous pouvez ne pas aimer mes bretelles, mais écoutez ce que je vous dis et tirez-en ce que vous voulez.

En outre, Macky Sall est un ami et je le considère comme tel. Mais, comme je l’ai dit au début de notre entretien, une affaire d’Etat ce n’est ni une affaire de famille ni une affaire d’amis. Si maintenant, les gens pensent que ce que je dis n’est pas bon pour le Sénégal ou s’ils sont complexés comme beaucoup de ceux qui nous gouvernent pour penser que ce n’est pas possible et qu’il n’y a que les Blancs ou les Arabes qui peuvent faire cela, alors, que Dieu sauve le Sénégal ! Parce que, nous perdons tellement de temps dans des considérations inutiles. Ecoutez ce que Goudiaby Atépa vous dit, allez vérifier si ce qu’il vous dit est vrai ou faux. Voilà peut-être quelqu’un qui de par son expérience, de par son carnet d’adresses, de par son vécu peut beaucoup apporter à son pays. Vous ne le savez peut-être pas mais, moi, c’est Magib Ndaw qui est encore là qui m’a prêté trois millions, il y a quarante-trois ans. J’en ai fait ce que j’en ai fait. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que si vous me donnez ce pays, j’en ferai peut-être une partie de ce que j’ai pu faire pour moi-même. C’est aussi clair que cela. 

Vous avez dit tantôt qu’il n’y aura pas de conflit d’intérêt entre le futur président, Pierre Goudiaby Atepa et Pierre Goudiaby Atepa businessman. Avant vous, certains avaient eu à tenir un discours semblable. Ne risquez pas d’être rattrapé par l’histoire ?  

Ce n’est pas possible pour trois choses. La première, comme je vous ai dit, lui c’est lui, moi, c’est moi. Est-ce que j’ai déjà dit une chose et son contraire ? Non. Deuxièmement, je ne vois aucune raison pour laquelle je vais me renier. Ce que je vous dis, c’est clair. Quelqu’un d’autre qui vient et qui lit ce que j’ai écrit, va dire que c’est celui ci qu’il faut pour le Sénégal. Et puis, je n’ai pas faim. Le problème que j’ai, c’est comment faire comprendre aux Sénégalais que le développement, il est là devant nous et qu’il est possible si c’est avec Pierre Goudiaby Atepa parce qu’il a fait ses preuves. De l’autre côté, vous n’avez aucune chance parce qu’ils ont prouvé qu’ils ne peuvent pas. Le Plan Sénégal émergent (Pse) machin, ce sont des blagues.

Avez-vous mis votre expérience à la disposition du président de la République, Macky Sall ?

Mais, bien sûr. Mais il est l’otage de son entourage. Macky Sall est quelqu’un de bien et de joyeux d’ailleurs parce que, dans son Niangal, quand il explose de rire, c’est agréable. Mais, il reste l’otage de son entourage. Je lui ai donné des conseils, y compris pour le chemin de fer, avant même qu’il ne parle du Train express régional (Ter). Il m’avait invité à aller à Ziguinchor, je lui ai rétorqué que je viendrais uniquement si, à la tribune, il nous promettait le Train pour lequel les études sont terminées. Il m’a dit viens Pierre, je le dis devant toi. Et j’y suis allé. Il a dit devant moi qu’il va faire le train qui va partir de Ziguinchor, Kolda, Tambacounda jusqu’à Dakar. Tout le monde a applaudi.

Il revient pour nous faire un Ter qui coûte le même prix pour seulement 30 km. Alors, comment voulez-vous que je continue à lui donner des conseils. Je suis frustré comme beaucoup de Sénégalais qui voyaient en lui une solution pour les problèmes du Sénégal. Je suis frustré, oui. Encore une fois, ce n’est pas parce que je suis un voyant, mais je vois le développement du Sénégal devant moi. C’est clair, net et limpide.

Mon rêve, c’est que dans dix, quinze ou vingt ans, des bateaux chargés de bauxite, pour ne parler que de ça, viennent décharger au port minéralier du Sénégal. Au lieu que nous soyons en train d’exporter, qu’on importe les minerais vers d’autres pays africains pour faire du pays un pôle économique conséquent. C’est cela que le gaz veut dire. C’est également cela que le pétrole veut dire.

Parlons du pétrole. Je vous ai dit que le véritable débat n’a pas encore été instauré. Le véritable débat, c’est quoi ? Que pouvons-nous faire du pétrole en dehors de la pompe à essence ? Les lunettes que je porte, c’est du pétrole, de même que la brosse à dents que vous utilisez ou le crayon que vos enfants utilisent. Et, c’est là où je vous ai dit que je vais créer à Potou, Petrópolis, la ville du pétrole avec un million d’emplois. Celui qui vous le dit, vous avez vu ce qu’il a fait en 45 ans. Actuellement, je suis en train de faire une ville nouvelle dans un pays que je ne nommerai pas.

Mais votre nom avait été cité dans l’affaire des Panamas Paper’s. Qu’êtes-vous allé faire dans un paradis fiscal si tant est que vous n’avez rien à vous reprocher ?  

Mais il faut faire la différence entre les politiciens qui volent votre argent pour le mettre au Panama et des gens comme moi qui peuvent optimiser leurs avoirs, les mettre dans des paradis fiscaux pour rapatrier le maximum et faire travailler les sénégalais. Qu’est-ce qu’il y a de mal dans cela ? On fait toujours dans l’amalgame. C’est cela qui est mauvais. Le développement du Sénégal, c’est pour cela que j’ai sorti mon nouveau slogan : La révolution économique et industrielle du Sénégal. Et elle est possible. En tout cas, le démarrage de cette révolution, c’est dans cent jours. C’est pour cela également, que je lance demain (ce samedi, Ndlr), jour J moins 100 pour accéder au palai

Qu’est-ce que vous allez faire concrètement durant ces 100 jours ?

Je vais sillonner le pays. Parce que, jusqu’à présent, je n’ai pas bougé de mon bureau et on a déjà tous les parrainages dont on a besoin. C’est cela qui est rassurant parce que les Sénégalais savent qui est qui. Je n’ai pas bougé de mon bureau, nous avons déjà le parrainage. Cela veut dire qu’au fond, ils parlent beaucoup, mais commencent à se réveiller. Je crois que, quand les gens du pouvoir ont fait le parrainage, ils pensaient bloquer les gens. Mais, c’est contre-productif. Parce qu’à cause du parrainage, des gens comme moi qui ne sont pas connus à l’intérieur du pays, vont profiter du parrainage pour porter leur parole à l’intérieur du pays. Et, c’est ce que je compte faire en commençant par Guédiawaye. Parce que, pour moi, la banlieue, on peut en faire quelque chose d’extraordinaire. Hier, il y avait un grand lutteur qui est venu me donner son soutien et qui est de la banlieue. Et je lui ai promis que la grande marche que je vais faire vers le palais, elle va partir de la banlieue en passant par les autres villes de l’intérieur du pays. On va faire tout le pays.

J’ai commencé par la diaspora. J’ai eu un accueil magnifique à Paris et je n’en revenais pas. Après Paris, je suis allé au Maroc où il y aura peut-être 8 000 inscrits. On m’a promis au moins cinq mille parrainages. Je suis venu de là-bas avec 2 000 parrainages dans mes bagages. Cela veut dire que les Sénégalais commencent à comprendre. Jusqu’à présent, on a fait de la politique politicienne. Et, il y a un architecte qui est ingénieur, qui a fait ses preuves et qui dit que lui, ce n’est pas un parti politique qu’il a mis en place. Il a créé une plateforme pour que les Sénégalais sérieux puissent venir pour que nous créions cet arc-en-ciel de compétences sénégalaises que j’appelle de tous mes vœux pour prendre les rênes de ce pays qui a été sous-traité à des étrangers. Je n’ai rien contre eux. Parce que 80 % de mon chiffre d’affaires, c’est à l’étranger. Mais on a sous-traité avec eux…

Prenez un exemple comme Air Sénégal. Vous voulez me dire que cinquante ans après Cheikh Fall, un enfant du Sénégal, qui a été le premier Directeur général d’Air Afrique, première compagnie aérienne de toute l’Afrique, on ne peut pas avoir un Sénégalais pour diriger Air Sénégal. Quand vous voyez ces incohérences, tu as envie de faire du fippu. Prenez notre aéroport Aibd. Le président Wade a atterri sur cet aéroport. Or, avec un aéroport, ce que vous ne voyez pas est plus important que ce que vous voyez. Cela veut dire que l’aéroport était terminé à 80 %. Il n’y avait que des enjoliver à mettre et des fauteuils. On prend une société étrangère, turque pour ne pas la nommer, pour faire des enjoliver et lui confier la gestion de l’aéroport pendant trente ans, c’est révoltant. Et, à ce qu’on me dit, les gens se plaignent à Aibd. Oui, les Turcs nous prennent pour des moins que rien. Il faut que ça s’arrête. Il faut que les Sénégalais se réveillent. Si jamais on me confie le pays, plus personne ne prendra une pirogue pour sortir du pays. Au contraire, les Européens prendront des bateaux pour venir chez nous. Actuellement, les Portugais font la queue devant l’ambassade d’Angola durant 4 à 6 mois pour avoir un visa. C’est ce qui va se passer avec le Sénégal si on nous le confie.

Pourtant le pouvoir a bâti la ville de Diamniadio…

Je ne vais pas critiquer des confrères. Je pense que la création d’une nouvelle ville est une excellente politique. Seulement, à mon avis, il faut la structurer autrement pour créer de la richesse qui se paye toute seule. Je pense que le schéma économique n’est pas le bon. C’est une bonne chose de créer des villes nouvelles et je n’ai pas de critiques majeures, sauf qu’on aurait dû structurer cela autrement. Pour faire les nouvelles villes, il faudra les faire autrement

Comment structurer ?

Je vous donne une anecdote. Le président Macky Sall m’a amené au Qatar avec lui et au retour il a fait un Conseil ministériel, il m’avait laissé là-bas. A l’époque, on parlait du projet Lac Rose : comment réaliser la ville de Lac Rose. Je lui ai dit : «Monsieur le président, vous m’avez laissé la bas et j’ai deux nouvelles : une bonne et une mauvaise. On va commencer par la mauvaise nouvelle : les Qataris vous ne les verrez pas. La bonne nouvelle : c’est qu’on n’a pas besoin d’eux pour créer la ville». Je lui ai expliqué que quelqu’un qui avait acheté un terrain aux Almadies d’un hectare à 40 millions, il y a 40 ans, ce terrain a maintenant une valeur d’un milliard. Cela signifie que si vous prenez 1 000 hectares à Diamniadio ou à Lac Rose ou même à Kayar, vous dites aux Sénégalais d’investir, ils vont investir. Parce qu’ils savent que si vous y mettez un million, dans 20 ans, le million sera 100 millions qu’ils vont laisser à leurs progénitures. Al Sissi a développé son canal de Suez et il n’a pas pris un franc dehors. Il a fait appel à l’épargne publique égyptienne. En une semaine, il a eu 7 milliards de dollars. Si on est au pouvoir, on va demander aux Sénégalais que chacun mette quelque chose. Parce que par exemple, si chacun met un million de francs Cfa dans la nouvelle société Miferso, elle sera plus dynamique. Si vous mettez un million, votre enfant à la majorité aura 200 millions pour commencer sa vie. Il n’y a aucun risque car la montagne est là, le gaz sortira dans 4 ans. Cela veut dire quoi : organisons l’épargne des Sénégalais, y compris des Sénégalais de l’extérieur. En tant que président de la BRVM, j’ai envoyé le Directeur de la Bourse à New York avec la Banque de l’Habitat pour sortir les obligations de la Diaspora, pour que les gens qui envoient de l’argent continuent à le faire. Mais plus pour que ça ne serve qu’à des dépenses quotidiennes. Qu’ils puissent l’investir pour que dans quelques années, ils n’aient plus à envoyer de l’argent. Si on ne faisait la même chose pour nos ressources minières, naturelles et pétrolières, vous allez voir ce que vous allez voir.

En tant que président de la Brvm, pouvez-vous nous dire pourquoi les entreprises sénégalaises rechignent à se faire coter ?

La valeur vedette de la Bourse, c’est la Sonatel. Ce n’est seulement pas le Sénégal. La bourse, c’est la transparence et beaucoup de gouvernements ne veulent pas que certains fleurons dans lesquels ils peuvent traficoter soient cotés. Parce qu’une fois que c’est mis en bourse, on ne peut plus faire de combines. Nous avons commencé ce que j’ai souhaité dès le début de ma présidence : sortir le compartiment des petites et moyennes entreprises. Là également, les Pme hésitent à rentrer parce qu’elles ne connaissent pas le véritable fonctionnement de la bourse. Nous pensons que cela va venir.

Est-ce que ce n’est pas dû au fait que les entreprises  sont familiales ?

Le problème, c’est cela. Les entreprises familiales devraient consolider leur pérennité pour que ça aille au-delà de la famille. C’est quelque chose de nouveau et de relativement compliqué. Les gens ne savent pas le fonctionnement de la bourse, mais petit à petit, ils vont le comprendre. Je me bats pour que nous puissions mettre le compartiment des Mines. Tout le mécanisme dont je vous parlais est un mécanisme boursier. Comment on fait pour que les Sénégalais puissent investir par exemple dans les mines en créant ce département des mines au sein de la bourse. On travaille à cela pour avoir le compartiment minier pour que les gens puissent investir à la bourse pour développer nos matières premières.

En tant que président de la Brvm, allez-vous donner l’exemple en faisant coter Atepa technologies ?

On voulait, on y a pensé, mais on préfère être dans le grand compartiment. Il en est de même pour quelqu’un que je ne nommerai pas, mon ami de la Sedima, Babacar Ngom. Tous les deux, on était tenté d’aller au compartiment des Pme, mais nos chiffres d’affaires sont assez importants et nous sommes en train de travailler pour que dans 2 ou 3 ans, nous puissions aller directement dans le grand compartiment. Il y a beaucoup de Pme qui gagneraient à aller tout de suite au compartiment. Parlant des Pme et de l’expérience internationale, c’est nous qui avons négocié et créé avec les Indiens ce qu’on a appelé le Time 9. Le Time 9, c’est huit pays africains dont le Sénégal qui l’a initié sous la présidence de Me Abdoulaye Wade. Nous avons initié ça et l’Inde nous a donné une ligne de crédit d’un milliard et demi de dollars. Je suis président, co-fondateur de l’Africa Indian Economic Foundation. Nous avons pu négocier avec le gouvernement indien, une ligne de crédit de 10 milliards de dollars pour que la cinquantaine de millions de Pme indiens puissent faire des transferts de technologie en Afrique. En Inde, il y a 50 millions de Pme et elles pourront venir, pas pour faire du dumping comme certains amis que je ne nommerai pas. Elles vont nous amener des usines modernes pour développer l’industrie sidérurgique. Un de mes jeunes frères qui sera sans doute un excellent président, parle de délocaliser certaines industries européennes pour les amener chez nous parce que l’Europe sera aux voitures électriques. Je dis non parce qu’il a tout faux. On a investi dans les minerais qui développent les batteries. Une fois que vous avez la batterie, vous avez 60 % de la voiture. Lorsque vous avez ça et les minerais de fer parce que le fer nous allons le transformer et que vous y ajoutiez l’aluminium de nos pays voisins, vous allez faire 100% de la voiture électrique ici au Sénégal. C’est cela la solution et nous allons exporter nos voitures propres vers l’Europe. Il ne faut pas que nous continuons à être la poubelle de l’Europe.

Dans votre coopération avec les Indiens vous annoncez la création d’une sucrerie avec ces derniers. Vous avez également annoncé une zone franche industrielle, où en êtes-vous avec ces projets ?

On ne m’a pas suivi. Parce que, comme vous le savez, sans l’accompagnement de l’Etat, ces choses-là ne sont pas possibles. Toutes les études sont faites. On avait même donné le nom. Cela fait 7 ou 8 ans, il y avait un monopole qui était très fort. On n’a pas voulu que je fasse mon sucre Tyson. On avait un groupe qui était disposé à le faire, mais cela n’a pas abouti. Sans la volonté politique d’un développement interne et sans la volonté politique de faire des Sénégalais les moteurs de l’économie, on n’y arrivera pas. En Mauritanie, toutes les banques sont contrôlées par des Mauritaniens. Ici, il n’y a que la banque Ouatarde qui est contrôlée par un Sénégalais. Je félicite Baba Diao au passage. Si vous n’avez pas ces leviers, vous ne pouvez rien faire. Cela fait également partie de notre programme de gouvernement : comment faire en sorte que l’économie sénégalaise soit tenue par des Sénégalais. Une économie qui dépend de l’extérieur, ça ne peut pas marcher.

A vous entendre parler, on a comme l’impression que vous voulez faire un mandat unique de 5 ans ?

Chez nous, c’est 5 – 5 – 5 – 5. Nous sommes pour un mandat unique de 5 ans  parce que d’abord nous pensons qu’il faut former des plus jeunes que nous et les accompagner. Nous sommes là pour faire les fondations comme parle un bon architecte. Après les fondations, on laisse aux plus jeunes prendre les rênes. Nous allons faire 5 ans. Nous avons 5 grands projets. Le plus important, c’est de corriger les comportements parce qu’on ne reconnaît plus les Sénégalais. Il y a le cas de l’apprenti de car qui fait ses besoins en plein public. Il y a la transhumance. Ceux qui viennent chez nous ne serons jamais des transhumants parce qu’on n’est pas un parti politique. (A suivre)Propos recueillis par Seyni DIOP et Georges Nesta DIOP (WalfQuotidien)

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