Grande distribution – Après Auchan, Carrefour s’annonce au Sénégal

Grande distribution – Après Auchan, Carrefour s’annonce au Sénégal: Bonjour la concurrence !

https://www.leral.net/Les grandes multinationales de grande distribution sont en quête de relais de croissance dans le monde. Et l’Afrique est devenue leur terrain de jeu favori, leur terre promise dans cette ambition. Le Sénégal, en particulier, est pris d’assaut par l’enseigne française de grande distribution Auchan depuis quelques années, avec ses prix imbattables qui compromettraient l’avenir des commerçants locaux.

Mais selon toute vraisemblance, une autre enseigne française, qui a une forte puissance de feu, est dans les starting-blocks. Elle aurait déjà obtenu son autorisation de s’installer. Le contrat avec les autorités ficelé et un port spécial serait même en construction pour elle. Parce que c’est «un gros marché», nous souffle-t-on. Une tâche supplémentaire pour Auchan Dégage ? Senenews

Poursuite du bras de fer entre Auchan et les petits commerçants

https://www.pressafrik.com Les petits commerçants montrent les muscles face à l’enseigne française qu’ils accusent de dumping et de concurrence déloyale. Si le gouvernement a publié un décret visant à réglementer l’activité des supermarchés, celui-ci a été jugé insatisfaisant et les discussions se poursuivent.

La première enseigne de la famille Mulliez a levé son rideau métallique à Dakar, en 2014. Quatre ans plus tard, le Sénégal compte compte 27 enseignes, dont 22 dans la capitale et sa région, et ambitionne d’en ouvrir davantage. Un projet qui n’est pas du goût du collectif au nom sans équivoque « Auchan Dégage », qui se fait le porte-voix des petits commerçants « cannibalisés par l’enseigne »

Appuyé par l’Union nationale des commerçants et des industriels du Sénégal (UNACOIS-Jappo), le collectif citoyen dénonce la concurrence déloyale et illégale de la chaîne de magasins français. Face à la gronde, le président sénégalais a signé un décret le 3 octobre afin de réglementer les grandes surfaces. « Une réponse encourageante », selon l’UNACOIS, mais pas suffisante

Une politique agressive de casse des prix

« Auchan a assis sa position dominante sur un vide juridique », explique Ousmane Sy Ndiaye, directeur exécutif de l’UNACOIS. Il accuse Auchan de « concurrence déloyale et illégale ». Selon le directeur de l’UNACOIS, au moins 1 500 petits commerçants rencontreraient des difficultés financières face à la concurrence des magasins Auchan.

Il dénonce, pêle-mêle : des magasins ouverts entre 8 heures et 1 heure du matin, un conditionnement en vrac pour certaines denrées de base au Sénégal comme le sucre ou le très consommé lait en poudre. Un mode de conditionnement qui est traditionnellement l’apanage des petits commerçants. Mais, surtout, Ousmane Sy Ndiaye accuse l’enseigne de pratiquer une politique agressive de casse des prix.JEUNE AFRIQUE

LE FRAPP FRANCE DÉGAGE FAIT FEU DE TOUT BOIS: Guy Marius Sagna et Cie comparent le Doing Business à un «Door» marteau mondial et raillent la Directrice du Commerce extérieur

https://www.jotaay.net Alors qu’il est bousculé de toutes parts à cause de la contreperformance notée suite à la publication du rapport Doing Business 2019, le pouvoir peut revendiquer, à sa décharge, la sévère critique de l’activiste Guy Marius Sagna. Le leader du Frapp/France Dégage a, en effet, comparé le rapport du groupe de la Banque mondiale à un «door marteau». 

C’est une prise de position à laquelle les gens du pouvoir ne s’attendaient certainement pas. Ce n’est pas tous les jours que les dires des très virulents activistes et critiques de la gouvernance de Macky Sall font l’affaire du régime, même si ce n’était pas la visée des auteurs.

Constatant que la Banque mondiale, le Fmi, l’Omc, l’Otan, la Cpi sont des institutions qui oppriment les peuples à travers le monde, le Frapp/France Dégage estime que le rang du Sénégal, qui a perdu une place dans le classement 2019 et qui est 141e sur 190 pays, ne saurait être considéré encore moins exploité par les politiques. «Comme chaque année, il (le classement) va diviser la classe politique entre ceux qui vont l’utiliser pour discréditer la gestion de Macky Sall et ceux qui vont l’utiliser pour montrer que le Sénégal est sur la voie de la chimérique émergence», dit-il.

Mais, pour le Frapp/France Dégage, c’est le rapport lui-même qu’il faut critiquer. En réalité, estiment Guy Marius Sagna et ses camarades, «ce classement de la Banque mondiale ne sert qu’à une seule chose : mettre à la disposition des capitalistes du monde entier un bulletin météo où ils peuvent identifier les pays qui ont le plus appliqué le crétinisme politique de transformer leur pays en marché Sandaga où les multinationales peuvent se servir sans contrainte et exploiter ainsi les peuples».

C’est pourquoi, pour le Frapp, ce Doing Business est un «Door marteau» contre les peuples, une énorme tromperie que répètent les gouvernements soumis au consensus de Bretton Woods. «Le Frapp soutient la position du patronat sénégalais.

Ce Doing Business n’est là que pour dérouler le tapis rouge aux multinationales et  marginaliser le patronat sénégalais. Les 64% de Pme sénégalaises qui meurent avant trois ans, meurent en partie à cause des politiques de recolonisation que ce Doing Business promeut».

Direction de la comédie extérieure 

Sur l’autre point de leur communiqué publié à ce propos, les activistes s’attaquent à Assome Aminata Diatta, la directrice du Commerce extérieur. En effet, comparant la Direction du commerce extérieur à une Direction de la comédie extérieure, le Frapp s’étonne que la directrice du Commerce extérieur ait invité le candidat Ousmane Sonko à un débat public sur les Accords de partenariat économique (Ape).

Ainsi, indiquant que l’un des objectifs de l’édification du Frapp est de contribuer à mettre au cœur du débat politique en Afrique les questions de souveraineté, l’organisation se félicite que des candidats comme Ousmane Sonko, Idrissa Seck, Thierno Bocoum, Malick Gakou, Mansour Mboup disent Non aux Ape. Et en attendant de pouvoir auditionner les différents candidats, le Frapp tient à exprimer sa surprise devant la réaction de la directrice du Commerce extérieur.

Notant que le Président Macky Sall a signé l’Ape sans aucun débat national démocratique sur la question, les activistes rappellent que, jusqu’au moment où l’on parle, il n’a pas saisi l’Assemblée nationale sur la question. «[…] Et subitement, piquée par on ne sait quelle mouche, la directrice du Commerce extérieur se serait convertie aux vertus du débat démocratique ? La directrice du Commerce extérieur ne pense-t-elle pas qu’en lieu et place d’un débat avec le candidat Sonko, elle devrait plutôt réunir les conditions d’un débat national sur l’Ape néocolonial ? […]», demandent-ils. Et d’ajouter : «si Assome Aminata Diatta n’avait pas oublié le processus antidémocratique de la signature apatride de l’Ape par le président de la République, par décence, elle se garderait d’inviter à un débat public un candidat anti-Ape». Avant de terminer par se demander mais au fait qui parlait ? «La directrice du Commerce extérieur ou la présidente du mouvement de soutien à Macky Sall Jappo Ak Assome ? Ou la Directrice de la comédie extérieure ?», questionnent-ils pour terminer. Sidy Djimby NDAO

Auchan dégage:décret 2018-1888 ou la mise à mort du commerçant sénégalais

https://www.leral.net Malgré son activisme actif et ses actions sans répit, le Mouvement «Auchan dégage», porté par le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (Frapp), ne parvient pas à freiner l’entreprise française. « Auchan dégage » plaide clairement pour une sorte de protectionnisme de l’économie sénégalaise. Mais manifestement, les autorités sénégalaises, elles, n’ont pas envie de se faire taxer d’aucune forme de protectionnisme. Même raisonnable ! D’ailleurs, pour contenir la colère de ces activités, le ministre du Commerce refuse toujours de publier les termes du contrat liant l’Etat du Sénégal à cette multinationale.

Décidé à prendre la défense des commerçants sénégalais et protéger l’économie sénégalaise, la campagne France dégage est vent debout depuis quelques mois contre l’Etat du Sénégal. Les membres demandent au gouvernement de rendre public les termes du contrat avec Auchan et de revoir comment protéger les producteurs locaux dans ce duel de David contre Goliath. Mais les autorités sont restées aphones, flegmatiques face à cette requête. Le message ne semble pas être entendu par les premiers destinataires.
Une solution qui laisse à désirer 

Tout ce que l’Etat a fait récemment, c’est de dire que pour toute nouvelle boutique à ouvrir par Auchan, il faudra d’abord une concertation entre les acteurs du commerce, les représentants des consommateurs, du ministère du commerce. Cela a tout l’air d’une poudre aux yeux. C’est dans ce contexte que l’on apprend que l’autre grande enseigne française, Carrefour en l’occurrence, a acquis elle aussi sa licence pour opérer au Sénégal. Cette dernière serait encore plus redoutable en matière d’affaire. D’ailleurs, elle, n’est pas seulement dans la grande distribution, mais aussi dans d’autres secteurs comme les BTP. « Eux, ils sont plus puissants que Auchan. Auchan n’est rien face à Carrefour. J’ai même appris qu’ils ont un bâtiment ici», nous confirme une source.

Les avocats défenseurs des commerçants locaux et partisans du protectionnisme à la sénégalaise ont donc du pain sur la planche. Non seulement «FRAPP France dégage» ne parvient pas à venir à bout d’Auchan, mais devra faire face à une enseigne sœur d’Auchan, Carrefour. Selon nos informations, Carrefour a déjà signé avec l’Etat du Sénégal, «en toute discrétion» depuis quelques mois et va bientôt se déployer dans le pays. Certainement comme avec Auchan, personne ne saura les termes de ce contrat. Depuis juin 2015, le magazine panafricain Jeune Afrique annonçait l’intérêt de Carrefour pour 8 pays d’Afrique subsaharienne dont le Sénégal.

En quête de relais de croissance, ces entreprises de grande distribution ne s’interdisent rien. Pendant qu’Auchan a choisi le Sénégal, Carrefour, lui, est déjà présent en Algérie et dans des pays du golfe en attendant d’atterrir à Dakar. En vérité, Dakar sera la principale porte d’entrée pour cette autre entreprise de grande distribution dans d’autres pays ouest-africains, sachant qu’elle est aussi intéressée par l’Afrique centrale. L’on apprend que sa puissance de feu est telle qu’un port spécial serait en construction pour elle seule.

D’après le site lsa-conso.fr, Carrefour s’est joint en 2013, au Groupe CFAO déjà bien installé dans ces régions africaines ciblées, afin de développer différents formats de magasins dans 8 pays. Il s’agit du Cameroun, du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Ghana, du Nigeria, de la République démocratique du Congo, en plus du Sénégal.

En 2015, Xavier Desjobert, directeur général de CFAO Retail, annonçait que son groupe ambitionnait d’ouvrir près de 100 magasins Carrefour en Afrique dont 30 dans des centres commerciaux dans les 10 années à venir. C’est dire donc que le Sénégal n’échappera pas à cette invasion de Carrefour très bientôt. Auchan, qui a actuellement pignon sur rue au pays de la teranga, redouterait même cette arrivée imminente de Carrefour au Sénégal. Ce qui expliquerait que la première venue s’empresse d’acheter des sites ici et là pour son implantation.
Le Sénégal loin d’être un Etat stratège 

Reste à savoir si l’Etat, en accueillant à bras ouvert ces multinationales, négocie de sorte que les intérêts du Sénégal dans ces contras soient préservés et qu’il veille à ce que le tissu économique du pays ne soit entamé. La bonne gouvernance exige la transparence. Et puisque le régime nous a parlé d’une gouvernance transparente sobre et vertueuse, les contrats avec Auchan comme avec Carrefour devraient pouvoir être disponibles et accessibles.

Le protectionnisme n’est pas mal en soi puisque tous les grands pays occidentaux, à un moment de l’histoire, ont pratiqué le protectionnisme. Certains pendant des siècles. Pourquoi les pays africains ne le feraient-ils pas ? Aujourd’hui encore, à Bruxelles, capitale de l’Europe, combien de milliers de lobbyistes travaillent pour protéger les intérêts de l’Union européenne dans le monde ? Face à cela, les pays africains devraient être des Etats stratèges sans avoir à toujours se fier à certaines considérations de l’OMC.

On peut bel et bien protéger et réserver certains secteurs de l’économie aux nationaux. C’est ce qu’a fait l’Ethiopie et a créé des milliers de millionnaires éthiopiens. Le mouvement risque d’être surpris. Selon toute vraisemblance, Auchan semble venir que pour baliser le terrain à d’autres grande surface, notamment française. D’après une source, Carrefour se préparerait à poser lui aussi ses valises au Sénégal pour opérer aux côtés d’Auchan. Les hommes d’affaires sénégalais doivent se réveiller. Par Noël SAMBOU

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