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Aimer le football ne signifie pas se taire.
Se taire, c’est accepter l’inacceptable.

S’il doit y avoir sanctions, à la suite des événements que nous avons tous déplorés, elles doivent viser en premier lieu le Président de la Confédération Africaine de Football (CAF), chef de file de la gouvernance continentale et responsable ultime de l’organisation et du bon déroulement de la compétition.

La faillite manifeste de la billetterie, qui a empêché des milliers de supporters venus du monde entier d’accéder normalement aux stades, a mécaniquement nourri un marché noir spéculatif, parfois à des prix indécents. Cette situation n’est ni accidentelle ni périphérique : elle procède de dysfonctionnements structurels graves, directement imputables aux choix opérés au sommet de l’organisation.

S’il doit y avoir sanctions, elles doivent également concerner le Président de la CAF et la commission d’arbitrage placée sous son autorité, pour avoir validé la désignation d’un arbitre dont les insuffisances techniques et les soupçons d’atteintes à l’éthique ont été largement relayés et dénoncés. Les décisions arbitrales litigieuses qui en ont résulté ont attisé les tensions, décrédibilisé la compétition et fragilisé l’image du football africain à l’échelle internationale.

À mon sens, ces deux défaillances majeures constituent la matrice des incidents observés. Par contre, persister à rechercher des responsabilités secondaires relèverait non seulement d’une injustice manifeste, mais aussi d’une faute stratégique, aux conséquences potentiellement durables pour la crédibilité, la gouvernance et l’autorité morale du football africain.

Monsieur le Président de la CAF, un dirigeant responsable ne sanctionne pas ceux qui l’ont suivi lorsque la trajectoire qu’il a lui-même tracée conduit à l’impasse. Il lui incombe d’assumer pleinement ses décisions, d’en tirer les enseignements nécessaires et de renoncer à la facilité consistant à désigner un bouc émissaire.

L’autorité véritable se mesure à la capacité d’assumer l’échec, non à celle de le déléguer.

Ces sanctions ne sauraient non plus épargner le Président de la FIFA. Celui-ci a brillé par sa partialité et a osé prendre position avant même que le Président de la CAF et les organes compétents de cette institution ne se prononcent. Une telle attitude traduit un manque de respect manifeste à l’égard des dirigeants du football africain.

Le football africain a besoin de dirigeants plus éclairés, capables d’élever le jeu, ses institutions et son avenir, et non de responsables enfermés dans des considérations financières sans limites, déconnectées de l’éthique, des peuples et de l’esprit même du sport.

Il est temps que nos dirigeants sportifs aient le courage de dire, avec courtoisie mais avec fermeté, qu’un autre jour doit se lever sur ce continent profondément attaché à cette discipline, un jour fondé sur la responsabilité, la justice, la transparence et le respect de ce que le football représente réellement pour l’Afrique.

Sanctionner le duo Motsepe–Infantino, ce n’est pas céder à la polémique, c’est constater une insuffisance organisationnelle et une perte de confiance. Ce sont précisément leurs choix et leur gouvernance qui ont contribué à façonner un écosystème propice aux événements regrettables que nous condamnons aujourd’hui.

Il est bon de rappeler que les fédérations nationales agissent sur la base d’une délégation des États. Par conséquent, la CAF et la FIFA sont autonomes, mais nullement indépendantes des autorités politiques dont elles tirent, en dernier ressort, leur légitimité.

Trop, c’est effectivement trop.
La médiocrité sportive de la CAF nous étouffe.
Celle de la FIFA nous étrangle.

On parle de sport, et de rien d’autre.
Le sport doit rester une excellence plurielle.
Le Maroc et le Sénégal sont deux pays frères qui doivent refuser des problèmes résultant du duo MOTSEPE et INFANTINO qui sont hors-jeu par rapport aux idéaux originels du football. Les règles ne sont pas en cause ici, ce sont les hommes.