Par Dr Papa Abdoulaye Seck
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Les débats font rage à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations.
Au-delà des émotions légitimes et des lectures partisanes, une évidence s’impose : ces événements n’ont pas offert une image valorisante du football continental. Plus grave encore, ils exposent à des risques majeurs sur les plans sportif, institutionnel, diplomatique et économique.
Dans ce contexte, il est impératif, sans délai, que la version officielle du pays soit formellement portée, de manière argumentée, documentée et responsable, afin d’éviter toute erreur d’appréciation susceptible de produire des effets durables et injustes.
Le dossier doit être pris en charge au plus haut niveau de l’État et du mouvement sportif national, avec méthode, anticipation et cohérence stratégique.
Les principaux risques identifiés, en cas de culpabilité établie ou supposée, sont :
1) Participation à la Coupe du monde sans l’entraîneur national, en cas de suspension personnelle, avec un impact direct sur la stabilité technique et tactique de l’équipe.
2) Affronter l’équipe de France, au mondial, avec un onze national amputé de plusieurs cadres majeurs, du fait de suspensions individuelles, affaiblissant notre compétitivité sportive et notre crédibilité internationale.
3) Suspension de notre stade pour plusieurs rencontres, contraignant l’équipe nationale à évoluer hors de ses bases, avec des conséquences sportives, logistiques et financières significatives.
4) Atteinte symbolique à la valeur de notre titre continental, qui pourrait être durablement terni par une lecture négative et biaisée des événements.
5) Engagement dans des procédures de recours longues et incertaines, énergivores sur le plan institutionnel et peu productives sur le plan stratégique.
6) Détérioration de nos relations avec les instances dirigeantes du football africain et mondial, où l’influence se construit sur la durée, la crédibilité et la constance.
7) Altération de l’image internationale de notre football, pourtant patiemment reconstruite à travers les performances sportives et les efforts de gouvernance.
8) Fragilisation de la valeur marchande de nos joueurs à l’international, les sanctions et controverses pesant directement sur leur attractivité auprès des clubs étrangers.
9) Risque de désengagement ou de frilosité de certains sponsors potentiels, qui pourraient associer notre succès sportif à une instabilité institutionnelle ou disciplinaire.
10) Imposition de lourdes amendes financières, venant grever inutilement les ressources de la fédération et, par ricochet, celles de l’ensemble de l’écosystème footballistique national.
Conclusion
Il est donc urgent de produire une narration officielle maîtrisée, fondée sur les faits, le droit et le sens des responsabilités, afin de protéger l’essentiel : l’avenir de notre football, l’intégrité de nos institutions et la valeur de nos succès sportifs.
Le silence ou la réaction tardive constitueraient, dans un tel contexte, les pires options possibles.
